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 Sujet du message: Re: Palais (Izurith)
MessagePosté: Sam 17 Sep 2016 09:54 
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Tous les yuiméniens rassemblés autour de la table, le Sergent Collin semble prêt à passer à des explications, mais il est interrompu par le geste maladroit de la jeune humaine blonde. Le morceau métallique pouvant bouger sur le catalyseur ayant été poussé par son étrange arc, l'arme magique émet un son étouffé, mais ne fait rien. Tina ne souffle mot, mais adresse un bref instant un regard suspicieux à l'égard de la jeune personne. Leur guide les rassure, les informant qu'il faut posséder des fluides pour faire fonctionner la chose. Tant mieux, car si l'objet avait été comme une sorte d'arbalète perpétuellement tendue, l'humaine blonde aurait pu causer quelque chose de grave. Maladresse ou geste délibéré ? En tous cas, Tina n'a guère l'intention de compter sur elle à l'avenir. Une timidité et un manque d'aplomb capable de ruiner un plan, c'est tout ce qui faut à l'esprit de tulorienne pour écarter une possible coopération avec elle.

La première réponse du balafré est de façon surprenante exprimée sans le moindre accroc. Les Forces Spéciales sont l'élite armée d'Izurith, composées d'une cinquantaine d'individus de confiance du Seigneur Valaï. Une poignée donc, comparée à la totalité de la population. Dans l'hypothèse où les Maisons concurrentes parviendraient à provoquer un soulèvement populaire, nul doute que ces maigres défenses ne suffiraient pas.

Quant au fait que le Colonel Shizune s'intéresse à elle, leur interlocuteur semble aussi peu informé qu'eux. La tulorienne marque sa compréhension d'un léger signe du chef, bien décidée à savoir ce que la gradée a derrière la tête. Il répond ensuite au petit être verdâtre concernant l'entretien du téléphone, avant de sortir le sien en montrant la carte à la ronde. La belle se penche donc sur la table, bras en appui sur cette dernière et soutenant ses atouts de femme. Elle est bien décidée à ne perdre aucune miette d'explications.

Une cité d'apparence ovale, avec le Palais et la Bibliothèque royale au centre. À l'Ouest, la Maison Kobayashi, noble, mais hors de la course au pouvoir. Elle est sous la direction du Colonel Shizune, et responsable de la protection du Rempart Ouest.

( L'endroit contient donc à la fois le Canon et Yumiko, la source probable de ses munitions. Une chance que la Maison soit fidèle au Seigneur Valaï. Elle aurait des arguments de poids sous la main dans le cas contraire, ou sous une quelconque contrainte... )

Deux autres maisons nobles existent, mais trop désorganisées et dépourvues des moyens pour empêcher leur surveillance. Toutefois, Tina n'exclut pas de se renseigner à leur sujet. Avant de s'attaquer à de grosses proies convoitées, n'importe quel prédateur sait devoir se faire crocs et griffes sur plus petit. C'est une porte d'entrée possible parmi la noblesse izurithienne.

Le gros de l'explication démarre concernant les quatre maisons suspectes. D'abord, au nord-ouest du Palais, la Maison Atalante, plus puissante rivale actuelle, et presque vainqueur de la précédente élection. Historiquement productrice des plus grands dirigeants militaires de la Révolution, donc probablement peu disposée à négocier avec les elfes. Qu'est-ce qui s'est passé pour les faire perdre ? La rancune créée dans ces conditions est inversement proportionnelle à la proximité de cette victoire échappée. Et les militaires sont généralement revanchards.

Ensuite, vers le sud-ouest, la Maison Francisque. Tina ne parvient qu'à peine à masquer un sourire de connaisseuse, quand elle entend qu'il s'agit d'une de celles se servant de sa force financière pour peser dans la politique. À l’instar de plusieurs familles tuloriennes, en somme. Ayant moins de liens avec la Révolution, ils ont certainement moins de scrupules à faire "audacieusement" appel à des partenaires particuliers.

Puis, au sud, la Maison Angloise. Elle est semblable à la précédente, mais dispose de moins de moyens financiers. Quelque chose incite la jeune brune à envisager une rivalité entre ces Maisons, ou au contraire une possible association. Là encore, c'est peut-être une porte d'entrée possible. Les ressources de cette maison sont certainement utilisées à d'autres fins que la surveillance étroite du Palais et de ce qui s'y passe. Moins de risques de savoir qu'une opération se prépare là, donc.

Enfin, vient la Maison Kartage, dont l'histoire fait presque pétiller les yeux vert d'eau de la tulorienne. Une structure faible quelques siècles auparavant, ayant grimpé en quelques temps en matière de fonds et de biens, au point de pratiquement égaler les Atalantes. Tout cela sonne comme une histoire bien suspecte, mais étonnamment familière aux oreilles de la jeune femme. Après tout, cela n'est pas nouveau en Tulorim. Le Sergent Collin formule le pressentiment de la brune, en les soupçonnant d'être à la tête du crime organisé de la cité. Ils disposeraient d'établissements aux activités suspectes dans des quartiers à risque de l'Est de la cité. Sauf dans le plus dangereux de tous, dit quartier cramoisi.

Et en-dehors des Maisons existe le GPET, diminutif pour Groupe Pour l’Éradication Technologique, usant de technologie contre celle-ci, qu'ils jugent mauvaise. Quelle étrange raisonnement que voilà. Les armes sont peut-être néfastes, mais comment des choses qui apportent la lumière sans brûler peuvent l'être ? Tina a du mal à concevoir leur façon de penser. En tous cas, la haine de ceux-ci envers les elfes est plus forte encore que les autres.

Les explications plus ou moins données, le balafré offre ses dernières recommandations. Tina conserve un bras sous son opulente poitrine, amenant l'autre main contre son visage, en lissant ses lèvres du petit doigt. Le jeune gradé suggère aux plus diplomates d'infiltrer les Maisons, et aux discrets d'enquêter en ville. La belle ne sait pas encore ce qu'elle va décider de faire. Entrer directement en contact avec les pontes de la cité semble difficile, et puis elle ignore encore ce que la presque-ynorienne lui réserve.

Toutefois, elle a, comme depuis son arrivée, un tas de questions, et écarte légèrement sa main de son visage pour les formuler.

"Sauriez-vous si les maisons ont quelques griefs les unes envers les autres ? La Bibliothèque permettrait-elle d'en apprendre davantage sur le passé et le patrimoine de chacune d'entre elles ? D'ailleurs... Certains membres des Forces Spéciales, à l'image du Colonel, peuvent-ils avoir un lien avec certaines ?"

Les yeux de Tina passent doucement, comme avec tendresse, d'une balafre aux yeux du jeune homme. Depuis qu'elle sait que Shizune porte le nom de Kobayashi, pourquoi ne pas envisager que Collin puisse aussi être affilié plus ou moins directement à l'une des factions ? La tulorienne attrape et froisse pensivement une mèche libre de sa chevelure attachée, avant de reprendre la parole.

"Entrer en contact avec les différentes maisons ne semble pas aisé. Sans doute avez-vous quelque information concernant les habitudes de membres davantage accessibles, comme du style à passer du temps dans vos tavernes ou... Oh !"

Elle marque une pause, réalisant quelque chose et plongeant vivement la main dans la petite bourse dissimulée dans son sac, pour en extraire quelques yus de différentes valeur.

"Je n'ai que quelques menues pièces avec moi... Que faire s'il nous faut effectuer des achats pour donner le change ? Avons-nous quelques réserves à disposition ?"

Tina se sait capable de tisser une histoire à son propos aisément, mais elle n'est pas en mesure de créer de l'or. Nul doute que plus la Maison sera puissante, plus le cercle de ses membres sera difficile d'accès. Élitiste, en somme. Atteignable, comme l'a prouvé son jumeau, mais demandant du temps et des moyens. Et difficile de dire combien de temps elle a devant elle. Tant que le Seigneur Valaï vit, la politique ne devrait pas se montrer trop changeante, mais tout de même...

Atteindre de hautes sphères plus vite que Tino... C'est le genre de défi que Tina s'amuserait beaucoup à relever.




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Dernière édition par Tina le Sam 24 Sep 2016 20:12, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Palais (Izurith)
MessagePosté: Sam 17 Sep 2016 16:12 
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Après mon intervention, Fenouil nous donna son numéro de téléphone, uniquement composé de huit. Je le consignai dans le « Répertoire », avant de lui donner le mien.
Puis, il demanda au Sergent Collin une arme pour combattre au corps à corps, ce qui finissait ma liste de capacités de combat des autres aventuriers. Vadokan, possédait des fluides de foudre et de glace. Tina, des fluides de nature inconnue pour le moment. Moi, des fluides de feu. Phyress n’en possédait pas, mais savait utiliser un arc. Et Fenouil n’en avait pas non plus, mais savait utiliser des armes de corps à corps.
Pendant que je faisais ma petite liste, Vadokan essayait son téléphone, le triturant et regardant de tous côtés comment l’utiliser. J’allais me retourner quand il posa une question sur la carte et la localisation. Sur un ton ferme, il demanda si d’autres pouvaient connaître notre position, et si on pouvait les en empêcher en désactivant une fonction quelconque. Question intéressante, puisque l’idée d’être « suivie » ne me plaisait pas non plus. Il choisit la tenue légère, et refusa le casque qu’on lui proposait. Je souris, assez fière de cela. Ce casque me répugnait au plus haut point. Il demanda aussi si nous pouvions avoir, en plus de celui de Shizune et du sien, celui du Seigneur Tiret, du Prof Rabat-Joie et de L’adolescente Dopée. Oups, pardon, du Seigneur Valaï, du Prof Hynt et de Yumiko. Il fallait rester calme…

Phyress demanda ensuite un arc, ce qui me fit penser à quel genre d’arc ils avaient ici. Peut-être d’énormes trucs qui n’auraient rien à voir avec ceux de Yuimen…par contre, j’appris que Phyress ne savait pas non plus manier des armes de corps à corps. Et une info en plus pour ma petite liste.

Le sergent Collin répondit ensuite à tout le monde. Pour Vadokan, il répondit en bafouillant que c’était construit avec, que ça ne les concernait pas, gna gna gna…Donc ils nous espionneraient. Autant cet engin était utile pour nous, autant il pouvait être utile aux autres. L’air sombre, mon ami lui rendit avec délicatesse son avis. Je n’étais pas bien placée pour parler, mais bon. Il alla chercher leurs « catalyseurs », gros engins peu discrets. J’aurais préféré quelque chose de plus…fin ? Comme ma baguette, que j’avais actuellement. Néanmoins, je le pris quand même, ils ne devaient pas connaître les baguettes ici et ce serait encore moins discret de la prendre que cette…chose…

Il ramena un arc à Phyress, qui était…énorme ? Avec des leviers, des boutons, bref, tout ce qu’il était totalement inutile de rajouter sur un arc. Jusqu’ici, je pensais que privilégier l’utilité était la principale préoccupation des gens d’Izurith concernant leurs habits, leur décorations…visiblement, les armes faisaient exception. Et une dague pour Fenouil, qui s’approchait déjà plus que ce que je connaissais. Il me donna également son consentement pour que je garde les deux tenues, ce qui m’arrangeait déjà plus. Le sergent proposa ensuite de trouver une excuse à Vadokan, puisqu’il ne porterait pas de casque.

En parlant de Vadokan, il avait trouvé une arme encore plus grosse que nos catalyseurs à nous, que le Sergent Collin lui déconseilla de toucher, cette arme étant un prototype. Il ne ferma pas le casier, probablement conscient que Vadokan était assez grand pour faire ce qu’il voulait. Mon ami s’engagea donc à faire un compte rendu des utilisations qu’il en ferait, en faisant un clin d’œil pour mettre le Sergent bien mal à l’aise. Il nous donna le numéro du standard du Palais, pour contacter Hynt et Valaï qui ne possédaient pas de téléphone. Pour Yumiko, nous devrions demander à sa mère, Shizune. Puis, nous nous rassemblâmes autour de la table, afin de parler de nos talents respectifs.

J’ignorai délibérément sa question, consciente que malgré mon poste, la diplomatie n’était le talent dont je me servais le plus. Je savais être diplomate, mais ma tendance non négligeable à ouvrir ma grande gueule ne m’aidait pas. En revanche, m’infiltrer parmi les nobles me plairait bien, puisque j’avais passé ma vie à la cour.
Vadokan lui, répondit en précisant la nature de ses fluides, et qu’il n’était pas un guerrier. Il se sentait capable de tout faire tant que ce ne serait pas du combat. De toute façon, je souhaitais rester avec lui pour le moment, si on le pouvait. Je suppose qu’on devrait faire des binômes, et c’était en lui que j’avais le plus confiance. Tina prit ensuite la parole, pour qu’on lui précise ce que sont les Forces Spéciales, et leurs affiliations. Elle précisa également que la Colonelle avait sûrement des projets pour elle, et qu’elle ne savait pas lesquels. Elle sortit de sa petite cachette, portant la tenue qu’elle avait choisie, rehaussée par une bande de tissu blanc. Elle avait beaucoup de goût, c’était sûr. Quand elle arriva à la table, elle s’assied pour poser une dernière question : Pouvait-on avoir un peu plus de précisions sur les Maisons d’Izurith ?
Fenouil continua sur leur lancée, en parlant d’un de ses couteaux, le comparant à ce téléphone, et à lui-même. Il voulait savoir si on devait lui redonner de l’énergie, et si on pouvait le désactiver. Deux bonnes questions, même si formulées d’une manière assez originale pour le coup. Pour finir, il parla de lui, se décrivant comme une espèce de magicien capable de faire disparaître les objets. Un voleur, en quelque sorte. Je n’avais rien contre les voleurs, tant qu’on ne me vole pas…

Pendant ce temps, Phyress jouait avec son arc distraitement, appuyant sur une détente, qui provoqua un petit bruit étouffé, faisant s’arrêter mon cœur un petit moment, avant de redevenir silencieux. Le Sergent lui précisa qu’il fallait posséder des fluides pour utiliser cette fonction, juste avant que des étrangers rentrent dans la pièce avec la colonelle, un homme et une vieille elfe…j’inclinai la tête devant elle en signe de respect, et saluai avec un sourire l’autre arrivant, puis me reconcentrai sur la discussion. Il répondit à Tina que les Forces Spéciales sont une armée d’élite constituée d’une cinquantaine d’hommes et femmes, dont certains que nous avions vus à Bouhen. Pour l’enthousiasme de la Colonelle, elle pourrait lui demander elle-même quand elle aurait fini avec les deux nouveaux arrivants.

Pour le téléphone, il n’avait pas besoin d’être « rechargé », mais on pouvait le désactiver en appuyant sur le bouton latéral de l’appareil.
Les réponses aux questions données, il sortit son téléphone, afficha la carte de la cité, nous encourageant à faire de même. Il nous donna la position du Palais, de la bibliothèque et de la Maison Kobayashi, sur le mur ouest. C’était une maison gérée par la Colonelle, ayant renoncé au pouvoir. Elle avait juré de protéger le mur ouest.
Le mur ouest, avec le Canon quelque part là-bas, et Yumiko. Il devait donc être du côté de la maison Kobayashi.

Sinon, deux autres maisons mises à l’écart, il restait quatre maisons suspectes. La maison Atalante, qui était la maison officielle des détracteurs de Valaï, mais aussi des dirigeants de la Révolution, donc peu capable de négocier avec les elfes. La maison Francisque, capable de négocier avec eux et puissante financièrement. La maison Kartage, très puissante aussi, et également la maison de la pègre Izurithienne. Puis la maison Angloise, à peu près la même que la Maison Francisque.
Les différentes maisons mises à part, un seul élément n’apparaissait pas sur la carte. Le GPET, ou groupe pour l’éradication technologique. Des terroristes voulant bannir la technologie d’Izurith, mais incapables de s’allier avec les elfes.

Le sergent nous donna juste un dernier conseil, celui d’éviter les quartiers de couleur. Puis, il nous demanda si nous avions des questions, ce à quoi Tina répondit qu’elle aimerait savoir si certaines factions se battaient entre elle, et si on pouvait l’apprendre à la bibliothèque, si certains membres des Forces Spéciales en faisaient partie, et si on pouvait avoir de la monnaie qui pouvait être utilisée ici.

Je continuai avec juste une question, celles de Tina étant amplement suffisantes pour le reste :

- « Fenouil l’a souligné…ce téléphone, si trouvé par un membre des maisons, pourrait nous trahir…dites-moi, n’y a-t-il pas un moyen de le verrouiller, comme une porte, à l’aide d’un code ou d’un modèle quelconque ? » demandai-je.

Enfin nous allions voir Izurith…

[1383 mots]

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 Sujet du message: Re: Palais (Izurith)
MessagePosté: Dim 18 Sep 2016 22:41 
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Seul la vieille et moi accompagnons la colonelle vers une autre pièce, laissant le guerrier et sa créature ressemblant à un grand chien, avec le professeur Hynt. Je ne réalise qu’une fois mon discours prononcé, à part avec Shizune, que j’ai commis un imper, je me prends un cinglant imbécile dans la tête, certainement mérité vu mon imprudence. J’ai le temps, tout le temps d’apprendre plus avant de me démarquer. Ce n’est pas une course, on débute à peine donc inutile de griller toutes mes cartes en une fois. Prudence est mère de sureté que l’on dit… Observer avant d’agir, jauger les gens, tenter de percevoir leurs forces, leurs faiblesses, mais surtout leur vrai but. Il est clair que ça fait mal, que c’est terriblement vexant de me faire rabrouer de la sorte, mais ça me fixe une limite claire. L’apprentissage est en cours, ponctué d’erreurs, d’échecs qui servent à rebondir et assimiler les leçons de vie. Clairement je n’en veux pas à la Colonelle, je suis un crétin, un idiot qui veut précipiter les choses. S’ils ont quelque chose à me dire, ils le diront bien en temps et en heure. Je baisse la tête, penaud de me faire de la sorte repousser et n’émet pas le moindre son, lui faisant comprendre qu’elle avait raison et que je regrettais déjà d’en avoir trop dit. Heureusement personne n’a pu entendre ce que je lui ai dit. C’est là, en relevant la tête que je m’aperçois qu’on n’est pas vraiment seul dans cette pièce.

Mais Shizune ne me laisse pas le temps de les regarder, elle nous entraine, la vieille Ama et moi-même à l’écart pour nous présenter un drôle d’objet. Elle en récupère deux sur une table et nous les tend à chacun, en présentant ces étranges choses comme des téléphones et comme pour nous convaincre nous dit que ça sert à communiquer à distance. Un peu comme la communication faerique entre ma fille et moi mais là sans faera. Leur magie est puissante, ou est-ce ça la technologie ? Il n’empêche que ça doit être très pratique d’avoir la possibilité de contacter qui on veut, n’importe où et n’importe quand. L’objet n’est pas bien grand, à peine la taille d’une main, l’un des côtés est recouvert d’un verre et émet de la lumière, l’autre est sombre dans une matière que je ne connais pas lisse, doux et avec une légère chaleur très agréable. Son poids est si léger que c’en est étonnant, j’ai peur de le casser, pensant que c’est un objet qui doit coûter des fortunes tant son utilité est prodigieuse. La colonelle voit qu’on a du mal à comprendre et précise comment utiliser l’appareil. D’abord se choisir un numéro de huit chiffres, c’est un code qui permet de joindre personnellement la personne choisie. Que c’est malin, mais qui peut se souvenir de ça, huit chiffres quand même, ça me met mal au crâne rien que d’y penser. Shizune n’a pas vraiment de patience et me demande de trouver un numéro, n’y arrivant pas elle m’en trouve un au hasard « 1.9.8.2.0.7.1.1 ». Elle nous indique alors comment ajouter quelqu’un dans un répertoire, afin de ne pas avoir à se souvenir des huit chiffres. Elle nous donne ainsi le sien et celui de l’homme dans la pièce nommé Sergent Collin, celui entouré de cinq autres étranges aventuriers, sans nul doute des Yuimeniens comme moi au vu de leur accoutrement. J’échange par politesse mon numéro avec celui d’Ama qui a encore plus de mal que moi à comprendre ce genre de technologie. Shizune nous explique comment faire un appel sans nous le montrer car nous sommes à ses côtés et nous explique qu’il y a une carte intégrée de la ville pour nous repérer ainsi qu’une fonction qui indique où nous sommes sur la carte.

Elle ne nous laisse pas le temps de nous habituer à l’appareil et nous attire prêt d’un placard rempli de leur tenue complète. Elle ne perd pas de temps et semble s’être adoucie depuis mon contact précédent qui n’a pas été d’une grande réussite. Elle me fait remarquer que mon équipement est de bonne facture, plus efficace que ceux qu’ils ont à me proposer. Un choix m’est présenté : rester comme je suis et potentiellement me faire remarquer, ou me fondre dans la ville dans une tenue de chez eux mais moins efficace. J’avoue hésiter un instant. Certes, mon équipement est bon, mais avoir de quoi aller discrètement en ville serait un grand confort. Il n’empêche que je ne me vois pas porter ce genre d’accoutrement. Et qu’ai-je à craindre réellement d’être moi ? Non sérieusement je ne peux pas me passer de mon équipement actuel. Je n’ai pas le temps de dire ma réponse à Shizune qu’elle s’occupe de la vieille qui en a vraiment besoin. Je n’ai pas à me faire passer pour un soldat ou quelconque autre catégorie d’Izurith. Ils apprendront à faire avec, à moi de me fondre, d’être rapide et discret. J’ignore où j’irai, ni comment, mais j’imagine leur ville pleine de couloirs et de rues étroites, sans doute remplies de cachettes et d’endroits dérobés. De même que pour les équipements, les armes ne me seront pas utiles, la Colonelle me le rappelle sans détour. Tant mieux, je ne peux pas me séparer de mon arme favorite, pas après tant d’entrainements pour en tirer un maximum de son potentiel. Je n’ai toujours pas le temps d’ouvrir ma bouche, sans doute j’ai encore à l’esprit mon erreur d’il y a quelques minutes, que Shizune nous demande d’aller écouter le Sergent Collin.

Je m’approche alors de tous, repérant le Sergent aux cicatrices qu’il a sur le visage. Accident ou combat difficile de dire, mais l’homme dégage un certain charisme. L’équipée Yuimenienne est hétéroclite et m’étonne dans sa composition, je les détaille un à un, surpris de voir certains d’entre eux. Il y a là une très jeune Hinionne aux cheveux blonds qui n’a pas finie son adolescence, on dirait encore une enfant. Je me suis toujours bien entendu avec les Hinions, mais elle semble trop jeune pour ce genre de mission. A ses cotés deux jeunes humaines qui semble être le jour et la nuit. La blonde, qui semble blessée au vu du bandage à sa cheville, se balade avec des vêtements usés jusqu’à la corde. Par contre, l’autre humaine, une jeune femme brune, est plus rayonnante et sûre d’elle que la première et même si elle semble jeune, fait bien plus femme que la blonde, surtout au niveau de ses vêtements riches, qui l’a met bien en valeur il faut avouer. Les deux femmes sont par contre encore très jeunes, difficile de dire pourquoi elles sont là elles aussi. Se méfier des apparences sera le plus important dans ce monde on dirait bien. Les deux derniers sont bien plus étranges et si on n’était pas en mission n’aurait sans doute fait long feu. Le premier semble être un Sekteg ! Que fait-il là ? Un agent d’Oaxaca j’imagine. En l’observant un peu, je peux voir qu’il ne présente pas de danger apparent, on dirait même que c’est un enfant incarné dans un mauvais corps. A surveiller toutefois, l’ennemi n’est pas à son premier coup fourré. Le dernier, enfin, est le plus impressionnant du groupe, je n’arrive pas à identifier sa race, tout comme pour la vieille. Il semble issu d’un mélange intéressant, ou issu d’un autre monde ? Il a belle allure, fier et de peau noire, ses traits rappellent le Garzok, mais d’autres caractéristiques me font passer aux Shaakts. Se pourrait-il y avoir des hybrides de ces races ? Pourquoi pas, mais attention car ces origines sont donc issues de l’ennemi aussi. A se méfier d’autant plus, même si je ne vois aucune arme sur lui.

Le Sergent prend la parole et répond aux questions des aventuriers. Un bruit suspect et tout le monde sursaute. C’est la petite blonde qui a fait une mauvaise manipulation avec un appareil, mais Collin rassure tout le monde expliquant qu’il faut des fluides pour faire fonctionner l’équipement. N’ayant pas entendu les questions des Yuimeniens, je ne comprends pas vraiment les réponses, le Sergent répond avec professionnalisme à la jeune humaine au profond décolleté. Il parle vaguement des forces spéciales. Je retiens que ce sont ceux qu’on a vu au sud de Bouhen, qu’ils sont une cinquantaine, divisé entre Izurith et le campement sur Yuimen et que ce sont des personnes liées au Seigneur Valaï. Il répond ensuite au petit Sekteg et semble décontenancé face à sa question. Là encore je retiens juste une information qui est qu’on peut éteindre l’appareil qu’on nous a fourni, ce téléphone, par simple pression sur un bouton sur le côté et puis encore appuyer sur éteindre sur le verre. C’est bon à savoir, maintenant je sais allumer, éteindre, appeler et rajouter des numéros dedans, c’est vraiment pratique !
Une fois les questions finies, le Sergent nous demande de poser les téléphones sur la table devant soi. On s’exécute tous et il nous montre comment faire pour rejoindre une carte, c’est le plan de la ville qui s’affiche sur l’écran ! Le Sergent expose enfin la situation d’Izurith. Actuellement nous sommes dans le palais, au centre de l’écran, l’appareil dévoile l’ensemble de la carte. Nous pouvons accéder à la bibliothèque royale si on veut en apprendre plus, par leurs livres et archives. Mais comment savoir quoi chercher dans toute une masse de documents ? J’apprends ensuite que la Colonelle est à la tête d’une maison, celle de Kobayashi et que c’est la maison qui gère les remparts Ouest de la ville, celle qui défend en première ligne en cas d’attaques elfes. C’est une maison qui n’a plus prétention au pouvoir et au vu de l’implication de Shizune, c’est une alliance des plus solides avec Valaï, le Sergent précise de fait qu’elle est hors de soupçons, comme deux autres maisons nobles trop petites qui sont déjà totalement espionnées. Il reste quatre maisons qui potentiellement ont la capacité à fomenter ce complot contre le pouvoir en place.

Le Sergent nous détaille ces quatre maisons suspectes. La première, la maison Atalante est dite comme la plus puissante rivale de la maison Valaï. Mais c’est une maison issue des héros dirigeants de la Révolution contre les elfes, donc la maison Valaï ne les soupçonne pas de s’allier contre les elfes. Je pense que c’est une bêtise. Il est clair qu’ils veulent le pouvoir, et leur Révolution date de combien ? Plusieurs siècles si je me souviens bien, les hommes d’aujourd’hui ne sont plus ceux d’avant. Qu’est-ce qui empêcherai ce genre d’alliance de fortune dans le but de prendre le pouvoir absolu ? L’honneur des ancêtres ou le pouvoir ? Sérieusement c’est très louche tout ça, mais j’attends d’en apprendre plus. La seconde maison, appelée Francisque est globalement similaire à la première mais elle est supposée la plus suspecte pour le Sergent. Il continu en nommant la troisième maison, la maison Angloise, sans préciser autre chose qu’ils sont bien moins riches que les deux premiers. Finalement il parle de la quatrième et dernière suspecte, la maison Kartage, qui, plus intéressante, semble être à la tête d’une organisation criminelle ayant Izurith dans leur main. Étant donné leur croissance en biens et fonds des plus rapides, elle fait partie des plus suspectes. L’argent et le pouvoir font bon ménage. Et une maison quasi anonyme il y a quelques siècles, arriver à ce niveau en peu de temps. Étrange et préoccupant. Le Sergent indique trois autres établissements prétendument lié à cette maison à l’est de la ville, dans une zone dangereuse signalée sur la carte.

Il continu, nous parlant d’une organisation n’ayant pas de maison, dangereuse, qui utilise la technologie dans le but de détruire la technologie. On ne sait pas les trouver, mais ce groupe ne semble pas avoir de liens avec les elfes étant donné leurs aversions pour eux. Ils sont juste un danger pour le pouvoir, mais ne doivent pas être les plus dangereux. A voir si on tombe par hasard sur une de leur planque en chemin si on peut les faire parler. Le Sergent nous précise que nous avons carte blanche pour notre mission mais qu’on doit faire attention dans les quartiers en orange et rouge sur la carte. Reste à savoir diplomate ou discrets ? Les premiers seront idéalement envoyés dans les maisons suspectes, les autres dans les quartiers sensibles. Je ne pense pas être le meilleur diplomate, surtout vu la bourde faite il y a peu avec la Colonelle, alors une visite des quartiers sensibles est bien pour me plaire. Mais difficile pour moi de me faire discret, ma seule arme est ma rapidité. Contrôler les établissements suspects lié à la maison Kartage ? Et bien pourquoi pas, je ne fais pas couleur locale, mais au moins je suis humain. Je passerai pour l’original de service et en cas d’embrouille j’ai assez d’entrainements pour m’en sortir. Du moins je l’espère. Je pose quand même une question au Sergent tout en me présentant.

"Sergent Collin, je me présente, Lelma, je viens de Kendra Kâr. Très intéressant exposé sur les forces de ce monde et vos doutes. Personnellement je ne suis pas des plus diplomates, ainsi je suis fort intéressé par aller voir directement dans ces établissements suspects. Le danger n’est pas quelque chose qui m’impressionne. Par contre je n’ai pas une tenue très discrète il est vrai, mais qu’importe. Pensez-vous que je puisse passer pour un original d’Izurith afin de quand même déambuler en ville ? Je cache mon arme et mon casque bien entendu et ma cape est très bien pour dissimuler le reste. Comprenez que je suis très attaché à ce que je porte." J’espère que ça sera possible, je sais que je suis très rapide et que je peux me fondre dans le décor. Est-ce que ça sera suffisant ?


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 Sujet du message: Re: Palais (Izurith)
MessagePosté: Mer 21 Sep 2016 03:46 
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Alors qu'ils étaient tous autour de la table à partager leurs informations personnelles au sujet de leur talent. La timide Phyress, dont les yeux brillaient depuis qu'elle avait obtenu un nouvel arc en acier de bien meilleure facture que l'arc de bois qu'elle possédait déjà, s'approcha maladroitement de l'arme énorme que Vadokan avait trouvé dans un casier et appuya sur la détente... involontairement. L'appareil technologique émis un puissant bruit bref et puis... rien ne se passa. Fenouil, les sourcils froncés, regardait le gros objet nommé catalyseur, lorsque le sergent Collin expliqua que seuls ceux en possession de fluides pouvaient l'activer. Le petit Gobelin soupira alors d'aise. Il était certes naïf, mais il avait fini par comprendre que ces fameux fluides dont ils parlaient tous n'avaient pas rapport avec ses fluides corporels, il s'agissait de magie.

Suite à cet incident, Fenouil tourna sa tête vers la porte lorsqu'il vit deux nouveaux aventuriers et la colonel Shizune entrer dans ce qui servait lieu de vestiaire. Le premier fut un homme de bonne stature et d'allure athlétique. Fenouil fut impressionné par son équipement entièrement constitué de plates elfiques, mais son regard fut rapidement captivé par la jeune dame qui accompagnait l'homme. Dotée d'un physique particulier, cette jeune femme d'une dizaine de centimètres de plus que son compagnon, portait une chevelure bleu-grise coupée au carré. Fenouil la regardait avec curiosité alors que là colonel Shizune s'entretenait avec elle et l'homme.

Le sergent Collin répondit à Tina que les forces spéciales s'avéraient à être les soldats qu'ils avaient vu au campement de Bouhen, ils constituaient l'unité d'élite de l'armée Izurithienne.

Le jeune homme balafré se tourna ensuite vers le Gobelin. Un peu décontenancé par la nature de la question de celui-ci, il lui répondit que le téléphone n'était pas un être vivant et n'avait par conséquent pas besoin de dormir et de se nourrir. Cette réponse déçut le petit Gobelin qui croyait sa question bien pertinente.

Ayant répondu aux questions posés, Collin déposa son téléphone sur la table, en retira une carte intéractive et s'assura que chacun avait compris comment faire avant de commencer ses explications. Il parla d'abord d'une bibliothèque située non loin de. leur position actuelle. À ce moment, la respiration de Fenouil s'arrêta. Bien qu'il ne sache pas lire, il ne détestait pas les livres, par contre il gardait un très mauvais souvenir d'une certaine bibliothèque remplie d'enfant ainsi que d'autres aventuriers.

Le soldat présenta ensuite les autres maisons, nommant celles qui étaient nobles, décrivant laquelle s'avérait la rivale, celle qui était la plus puissante financièrement. Il montra également les maisons les plus suspectes ainsi que les endroits les plus risquer de s'aventurer. Il parla également d'un organisme nommé GPET. Leur quartier général était inconnu et leur but n'était pas de prendre le pouvoir mais plutôt de se débarrasser de la technologie.

Son laïus terminé, le soldat céda la parole à la belle Tina. Elle s'intéressait à l'historique de ces maisons et demanda si l'information pourrait se retrouver à la bibliothèque. Fenouil tenta de dissimuler sa moue de déception. Il aurait bien aimé accompagné la belle dame aux ravissants cheveux foncés, mais il ne voulait pas se retrouver dans une bibliothèque. Mais son sourire s'élargit lorsqu'elle parla de monnaie, elle en avait peu et croyait qu'il serait pertinent d'en posséder. Curieux de nature, Fenouil r'enchérit:

"Tina a raison, il nous serait bien utile de posséder quelques pièces de monnaie de ce monde."

Puis il se tourna vers la voix de Yuélia, qui tout comme Fenouil fit remarquer que leur téléphone pourrait bien les trahir si entre de mauvaises main. Elle demanda alors s'il était possible de les verrouiller. Trouvant l'idée excellente, Fenouil fixait Collin de ses gros yeux globuleux, attendant sa réponse avec impatience lorsque le nouveau venu prit la parole. Il se présenta comme Lelma, originaire de Kendra Kâr. Il se proposa pour se rendre directement sur les lieux suspects.

Fenouil pour sa part, ne savait pas trop où se rendre. Il choisit donc se taire et attendre les commentaires des autres aventuriers avant de faire son choix.

(((677 mots )))

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Dernière édition par Fenouil le Lun 26 Sep 2016 02:08, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Palais (Izurith)
MessagePosté: Mer 21 Sep 2016 15:35 
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Toute changée dans sa nouvelle tenue, qui bien qu’insistant sur ses formes aguichantes ôtait à la demoiselle le côté un peu sauvage et spontané d’une séduisante apparence au plongeant décolleté, la jeune Tina posa de nouvelles questions sur le monde qui nous entourait. Intarissable, elle semblait s’accrocher à des détails qui, outre leur nombre élevé, avaient effectivement leur importance. Le nom des maisons opposées, l’allégeance du groupe dont Colline faisait partie. Des informations qui seraient utiles, à n’en pas douter, et qui ne m’étaient pas venues à l’esprit de demander. Une étourderie qui m’aurait valu quelques mauvais points si j’avais voulu jouer la carte du bluff sans connaître pleinement mon sujet. Mais je savais à quoi elle était due : un empressement de ma part de me libérer de cette entrave subjective de serviteurs de ce grand palais sans vie. J’avais hâte de rencontrer la vie dans ce monde, ces fameux traitres qui avaient leur propre logique de raisonnement. À voir quelles valeurs ils véhiculaient.

Mes pensées vagabondes furent interrompues par le jeune Fenouil, gobelin de Nirtim. Tout comme moi, il émettait quelques réserves sur l’utilisation de cet objet curieux que l’on nous avait donné, ce téléphone permettant de nous contacter. Il affirmait que bien qu’il soit utile, il pouvait aussi être bien dangereux, car si on l’égarait, quiconque le trouverait serait en mesure de localiser tous les autres. Un biais alarmiste. Un peu trop, selon moi. Car pour celui qui mettrait la main dessus, nous ne serions jamais que des inconnus, des personnalités lambda perdues dans la masse des habitants d’Izurith. Ce fut à cet instant, alors qu’il expliquait ses aptitudes à faire disparaitre les choses sans le moindre pouvoir magique, que trois personnes entrèrent dans la pièce. Un visage connu, Shizune, mais également deux nouvelles têtes, qui au vu de leurs frusques étaient yuimeniens. Un jeune homme aux cheveux en broussaille, dont le regard émeraude était parcouru de la lueur de ceux qui en ont déjà beaucoup vécu, et une elfe d’un âge canonique, au teint étrange et aux cheveux gris et au calme sourire édenté. Un personnage fort incongru dans une situation d’aventure comme celle que proposait ce monde. La désagréable Shizune, pragmatique, se chargea de combler leur retard en les équipant des mêmes attributs que nous.

Un bruit étrange se fit alors entendre. La demoiselle aux cheveux blonds, qui avait déjà auparavant fait preuve d’une naïveté à la fois touchante et maladroite, venait d’activer, heureusement sans effet, l’un des catalyseurs magiques proposés par Colline. Par chance, cela ne causa aucun dégât, et le jeune sergent balafré lui fit une remontrance que je trouvai fort douce, en expliquant qu’il fallait des fluides pour le faire fonctionner. Je fronçai les sourcils en la regardant, émettant moi aussi une muette, mais sévère, remontrance à son égard, jeune imprudente qu’elle était. Puis, Colline se départit de répondre aux questions qui lui avaient été posées, sur les forces spéciales de la cité, et sur l’inutilité d’une quelconque source d’énergie au téléphone. Il nous montra également comment le désactiver, chose qui me parut pertinente : inutile de l’abandonner, donc.

Il nous montra alors la manœuvre à y effectuer pour avoir accès à une carte interactive de la cité. Sommaire, mais reprenant les points d’intérêts majeurs pour notre mission. Là, il se mit à déblatérer un discours si long et empli de détails que je pris peur que la moitié de ceux-ci soient mal compris par l’ingénue Phyress ou le distrait Fenouil. Sans compter la probable indigente elfe trop âgée pour être respectueusement utile à cette mission. Cette carte, bien sommaire, il allait mettre un certain nombre de mots pour expliquer ses tenants et aboutissants, et je m’appuyai sur la table pour en ouïr les détails, les yeux rivés sur l’écran coloré de mon téléphone. Le palais se situait en plein centre de la ville, conception classique, en soi. Les mondes avaient beau changer, les technologies affluer, les puissants se tenaient toujours au centre de leurs cités, dans un emplacement rappelant à la fois leur place prépondérante, et garantissant également qu’en cas d’attaque, ils soient les derniers à être touchés. Des planqués, en d’autres termes. Nous étions non loin de la bibliothèque royale, où nous pourrions nous renseigner sur divers sujets concernant Izurith. Chercheur, je reconnaissais l’utilité d’un tel édifice, mais ne pensais pas qu’il soit de bon aloi de passer notre temps de mission le nez planté dans des livres. Fussent-ils fort intéressants. Sans doute qu’une visite entre ces murs serait pertinente, une fois tout ceci réglé. Mais avant, j’espérais pouvoir penser qu’ils nous donneraient toutes les clés pour comprendre ce monde sans devoir passer par de longues heures de lecture. Car étudier un livre, ça prend du temps. Et le temps, c’est ce qui leur manquait justement.

Il présenta alors la maison la plus occidentale de la cité. La maison Kobayashi. Anciennement maison noble, elle se serait elle-même dépossédé de ses titres pour remplir pleinement une mission de cœur : défendre la muraille ouest, où les elfes auraient le plus de chances d’attaquer en cas de déclaration martiale. La maison de Shizune, apparemment, dont elle serait à la tête. Colline, en bon soldat suiveur sans cervelle ni jugeote, indiqua qu’elle était par conséquent hors de soupçon. Je l’apostrophai à ce titre, moins convaincu que lui, tout en jetant une œillade à Shizune.

« En situation de complot, tout excès de confiance peut s’avérer mortel. Sauf votre respect, madame. Aussi, je suis sûr que vous ne diriez rien contre le fait que nous enquêtions au sein de votre maison semblablement aux autres. »

Elle pouvait mal le prendre. Ça pouvait blesser son honneur orgueilleux, mais ce que je disais n’en avais pas moins de sens. Dans une telle situation, même les personnes les plus proches, les soi-disant hors de cause, formaient des ennemis probables. C’était d’eux, même, qu’il fallait le plus se méfier. Elle était intelligente : elle savait qu’une récalcitrante à mon propos amènerait le doute chez bien d’autres aventuriers présents. SI elle n’avait rien à cacher, elle accepterait ma requête soupçonneuse. L’information qui suivit, déblatérée avec assurance par Colline, me refroidit encore davantage sur les mœurs de la maison mère d’Izurith. Il passa rapidement sur deux maisons trop faibles, selon lui, pour comploter contre eux. Une assurance que Valaï avait prise en les espionnant sans gêne. Je pinçai les lèvres, me retenant de dire les pensées sombres que j’avais à propos d’une telle attitude. Un pouvoir autocrate brimant les libertés individuelles, et craignant tout ce qu’il ne contrôle pas. Mon avis sur Valaï et les siens était de moins en moins approbateur. Mais je tus tout commentaire, préférant écouter la présentation des quatre maisons soupçonnées.

La première était l’archétype de l’ennemi idéal : puissante et influente. Rivale de la maison Valaï. Les méchants pas beaux tout désignés, pour le Seigneur de ses lieux, à qui profiterait sans doute une déchéance publique de ces adversaires de taille. Les Atalante, donc. Au nord-ouest du palais. Des anciens héros de la révolution contre les elfes, ce qui les éloigne un peu d’une possible alliance avec ceux-ci. Si on part du fait que les mœurs ne peuvent évoluer au sein d’une même famille, bien sûr, même de nombreuses générations après. La suivante, la maison Francisque, bien pourvue financièrement, et ouvertement détractrice du pouvoir en place. L’opposition, en quelque sorte, en des termes plus politiques. Ils ne seraient pas particulièrement hargneux contre les elfes, ce qui en faisait des cibles de choix pour l’initiation du complot contre Valaï. Rien à redire, l’argument se tenait. Restait à savoir si ce complot n’était pas, en vérité, dans l’intérêt d’Izurith. Mais ça, je devrais l’apprendre en enquêtant seul. Ou accompagné, mais sans l’aide d’officiels du pouvoir en place, corrompus moralement par celui-ci de par leur aveugle allégeance. La troisième, la maison Angloise, était semblable à la précédente, si ce n’était ses moyens financiers nettement moindres. Qu’importe : avec de la volonté, on peut s’armer de beaucoup. La dernière, enfin, les Kartage, était par le passé une petite maison mineure qui aurait récemment acquis de fastueux moyens, de manière vraisemblablement frauduleuse. Les dirigeants officieux, sans qu’aucune preuve ne soit amenée, du crime organisé à Izurith. Des… gens bien, en somme. Mais n’ayant pas non plus la totale main mise sur les quartiers chauds, le quartier le plus oriental de la cité, arborant le doux qualificatif de cramoisi, semblait échapper à leur contrôle.

Colline nous indiqua à leur propos trois établissements qui leur appartiendraient, au moins en allégeance. Il était relativement clair que les quartiers notifiés en orange, rouge et cramoisi sur la carte interactive étaient les mauvais quartiers de la cité.

Une dernière organisation était cependant notable, sans qu’ils soient parvenus, malgré toute leur technologie d’espionnage, à en repérer les accès directs dans la cité, et les points de chute et différents quartiers généraux. Ils l’appelaient le GPET. Le groupe pour l’Eradication Technologique. Des gens pleins de bon sens, au final, quand on voyait ce qu’était devenu ce monde à cause de ladite technologie. Une association terroriste révolutionnaire se battant contre l’oppression d’une science autodestructrice, en somme. Seul souci : ils semblaient détester les elfes au moins autant que la technologie.

Colline conclut son long discours en précisant qu’il nous fallait sans doute éviter le quartier cramoisi, jugé comme très dangereux, et que nous redoublions de vigilance dans les deux autres quartiers chauds, sans en donner la raison précise. Il conseilla que les diplomates d’entre nous se rendent dans les maisons nobles, et les plus discrets dans les quartiers dangereux. Je comptais, pour ma part, œuvrer avec le plus de diversité possible. Tina, comme à son habitude, fut à la fois la plus prompte à réagir, et la plus pertinente dans son intervention. Elle quémanda d’autres informations sur les maisons, notamment les griefs éventuels qu’elles auraient l’une envers l’autre. Elle posa la question de la pertinence d’une recherche dans la bibliothèque sur ces dernières, afin d’en décrire les caractères principaux. Je n’y croyais que peu, personnellement, persuadé qu’on les connaitrait bien plus en allant directement nous confronter à elles. Ceci dit, elle évoqua également la difficulté d’entrer en contact avec les différentes maisons, question fort pertinente, posée à demi-mot, à laquelle j’acquiesçai pourtant ostensiblement. Et enfin, elle évoqua le souci de notre monnaie désuète en ce monde. Une chose à laquelle je n’avais pas songé, mais qui pouvait s’avérer fort problématique, si nous voulions nous faire passer pour des membres de ce monde.

Le jeune homme qui se présenta sous le pseudonyme de Lelma précisa quand il lui fut demandé qu’il préférait se charger des quartiers chauds. Personnellement, je connaissais mes aptitudes, et ne craignais pas de m’y mêler. Mais il me fallait d’abord des informations concrètes sur la plèbe locale, et leurs dirigeants. J’allais donc me charger d’enquêter sur la maison Kartage. Soucieux, cependant, de ne pas indiquer aux officiels la direction de mes recherches : cela ne les concernait en rien, je me sevis de mon téléphone pour écrire un bref message à tous les aventuriers présents, y compris les deux derniers arrivants dont je pris le numéro avant d’œuvrer à l’écriture de mon message :

Code:
« M’occupe de la maison Kartage. Seul, dans un premier temps. Ai un plan. Vadokan le Noir. »


Pour ceux qui n’étaient pas encore au fait avec mon nom, le qualificatif les aiderait sans mal, vu que j’étais noir intégralement, désormais, habits compris. Je me tournai ensuite vers Yuélia, qui, je le sentais, voudrait sans doute venir avec moi. Je la pris à l’écart pour me pencher vers elle et lui murmurer :

« Je sais que je peux te faire confiance, Yuélia, parce que tu es celle que je connais le mieux ici. C’est justement pour ça qu’il nous faut nous séparer : chacun œuvrera de son côté, et nous obtiendront ainsi davantage d’informations que nous pourrons communiquer par le biais de cet appareil. »

Je lui indiquai le téléphone avant de poursuivre.

« Tu es habituée aux grandes maisons et à la diplomatie. Il serait sans doute pertinent que tu ailles te mêler aux Atalantes, ou à l’une de ces deux maisons détractrices, les Francisque ou les Angloise. Je peux compter sur toi ? »

Sans attendre la réponse, cependant, et afin de ne pas perdre de temps, je demandai à Colline :

« Quels dangers pourrions-nous concrètement rencontrer dans les quartiers chauds ? Et pourquoi le secteur Cramoisi est-il plus dangereux que les autres ? »

Dans une cité où le terrorisme pouvait frapper partout, les quartiers de la plèbe, plus populaires, étaient vraisemblablement les moins visés. Quel danger pouvait-il être supérieur à cette menace ? Irrémédiablement, je me sentais attiré par ce danger, par ce quartier cramoisi. Sans doute m’en ferais-je une meilleure idée en contactant la famille Kartage. Une fois les réponses à mes questions tombées, je quitterais cet endroit au plus vite pour me diriger sans attendre vers la maison Kartage.


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    [2156 mots]

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 Sujet du message: Re: Palais (Izurith)
MessagePosté: Jeu 22 Sep 2016 02:13 
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Lorsque son petit doigt pressa la tige mécanique, elle senti comme un rouage intérieur qui s'activa mais sans faire davantage qu'un petit bruit.

Espérant qu'elle soit la seule à avoir entendu ce bruit ridicule, elle leva les yeux vers l'assemblée et vit que non. Elle n'était pas la seule et elle avait même complètement interrompu une conversation assez sérieuse. Ceci dit, le Sergent fit preuve d'une courtoisie remarquable et ne lui tint en aucun cas rigueur. Il expliqua cependant que l'origine de cet heureux échec était du au fait que la jeune femme ne possède pas de fluides. Phyress avait en effet entendu maintes fois parler de ces fluides inconnus que certains mages et érudits absorbaient de leur plein vouloir afin de gagner d'étranges pouvoirs. Yvain, le conteur de son village parlait d'hommes capables de faire naitre des flammes du bout de leurs mains, parfois même assez fortes pour faire fondre le métal. D'autres pouvaient lancer des gerbes d'air si glacé qu'ils fendaient le coeur des pierres tandis que certains transformaient l'eau tranquille en véritable tempête.

Phyress, elle arrivait tout juste à ne pas manquer une cible immobile. Mais c'était déjà ça.
Regardant tour à tour les aventuriers, elle croisa le regard noir de cet homme à la fois Elfe et Garzok et sentit un léger frisson parcourir son dos. Il avait l'air peu commode et semblait juger sévèrement chacun de ses gestes ou de ses mots. La jeune femme reconnaissait volontiers être maladroite et ne pas avoir fait preuve jusqu'ici d'une adresse particulière que ça soit en matière de courtoisie ou de maniement martial. Tous semblaient plus assurés qu'elle et la jeune femme savait que ce manque de confiance lui ferait défaut et ne lui apporterait que des problèmes. Il lui fallait s'allier avec quelqu'un de plus expérimenté, quelqu'un de plus dur qui n'hésiterait pas à lui enseigner son expérience et ses connaissances. Phyress était d'une grande pauvreté que ça soit en matière de connaissance ou de bien. Elle n'avait jamais connu autre chose qu'une humble vie de tisserande devenue chasseuse par un fâcheux concours de circonstance.


Le Sergent reprenait les explications, dévoilant une carte immense représentant la ville où ils se trouvaient. Au centre, il y avait le Palais où tous furent rassemblés. Ce lieu gardé par les agents en noir que Phyress avait rencontré plus tôt était le lieu de vie du Seigneur Alvéoles et disséminés un peu partout, les différentes maisons incriminées. Certaines se trouvaient à proximité immédiate, d'autres étaient plus éloignées, à l'extrémité de la ville. Phyress ne visualisait pas bien ce que ça signifiait, est-ce que ça faisait loin ? Trop pour s'y rendre à pied ou fallait-il une monture ? En observant davantage ce lieu extrêmement plus avancé technologiquement que sa cabane en purin et en paille, Phyress émettait le doute, se déplaçaient-ils vraiment en poney ?

Quoiqu'il en était, les voyageurs qui devraient l'accompagner dans cette mission écoutaient avec attention, certain la main posée sous le menton, buvant les paroles de ce Sergent dont ils ne savaient encore rien. Phyress cherchait du regard la personne qui pourrait lui servir de mentor et lui prêter son expérience. Elle hésitait à demander à cet homme en noir, elle ne savait rien de lui ni de ceux de sa race mais son instinct lui murmurait qu'il serait assez poignant pour se montrer apte à diriger quelqu'un d'aussi inexpérimenté. Ceci dit, elle s'exposait à une autre humiliation si elle se voyait refuser cette doléance, surtout devant les autres aventuriers.

Lorsqu'il demanda au sujet des quartiers cramoisis, réputés dangereux, elle sauta sur l'occasion. Il confia à la jeune Elfette que de part sa confiance en elle, il estimait qu'il valait mieux être séparés. Encore quelque concept qui lui échappait, si elle avait eu quelqu'un de confiance sous la main, elle ne s'en serait pas débarrassée à la première occasion. Peut-être un jour comprendrait-elle la raison de ce mystérieux manège.

Elle s'approcha nouvellement armée de cet arc métallique et de sa tenue des plus singulière.

" Vous... Vous ne comptez quand même pas vous y rendre seul ? Enfin... Vous y rendre tout court en fait. "

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 Sujet du message: Re: Palais (Izurith)
MessagePosté: Ven 23 Sep 2016 15:25 
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Palais – Laboratoire


    Aux questions d'Aliéron concernant sa nomination pour cette mission, Hynt fit quelque peu la moue, comme gêné.

    « Il y a deux raisons à cela, » répondit-il. « Premièrement, Yumiko est quelque peu occupée ces temps-ci, bien trop, et par des choses bien trop importantes, pour que je lui demande d'aller chercher de nouveau ce sabre. Ensuite parce que, si ce sabre disposait d'une histoire, d'une trace, sur Yuimen, d'indices pouvant la localiser... Elle vient juste d'apparaître sur Izurith, il m'est donc difficile de savoir où elle se trouve sans simplement la chercher à l'aveuglette. C'est pour ça que j'aurais besoin de votre sabre ici présent, » ajouta-t-il en avançant quelque peu sa main avec insistance. « J'ai créé un dispositif qui me permettrait de localiser sa jumelle, mais pour cela j'ai besoin de l'empreinte de celle-ci. »

    Il continua ensuite sur le sujet des silnogures, affichant de nouveau une mine gênée.

    « Eh bien, disons que... Hum... Nous avons commencé à... Observer Yuimen... Avant de venir quémander l'aide de ses aventuriers et états. Cela explique notre connaissance aiguë de votre monde. »

    Il termina finalement concernant les derniers questionnements d'Aliéron, relatifs à sa place dans la pièce adjacente.

    « Vous aurez bien le temps de nous aider plus tard, » balaya-t-il, désinvolte. « Le fait est qu'Izurith, en dehors de sa cité, est un monde vaste. Peut-être pas autant que Yuimen, mais assez pour que la perspective que ce sabre soit à l'intérieur des murs soit improbable. Donc quand je l'aurai localisé, nous saurons si vous avez besoin de vous intégrer à la cité dès maintenant ou si cela peut attendre le temps que vous alliez chercher le sabre, où qu'il soit. Nous vous ferons un résumé de la situation à votre retour. »

    Terminant son discours, il insista de nouveau de la main, apparemment impatient de remettre ses doigts sur le sabre. Après qu'Aliéron le lui ait tendu, il mena la relique jusqu'à ses machineries douteuses. Il posa l'objet de sa convoitise sur un socle relié à une machine plus grande, tapota quelque peu un objet doté de touches représentant chacune une lettre de l'alphabet et, sitôt après, un rayon bleu vint parcourir l'objet de fond en comble. L'opération dura quelques minutes, après quoi la lumière s'arrêté et Hynt afficha un sourire triomphant.

    « Trouvé ! » s'exclama-t-il. « Bien, bien, bien. Bon. C'est pas la porte à côté, par contre. »

    Il sembla réfléchir quelques instants avant de se gratter pensivement la joue.

    « Et c'est, euh... Comment dire. Dans une zone quelque peu secrète. »

    Il fit les cents pas devant Aliéron, visiblement gêné par cette découverte.

    « Ah, de tous les endroits, il a fallu que ce soit celui-ci, » baragouina-t-il. « En même temps, c'est grâce à lui que j'ai obtenu la localisation de l'artefact, » continua-t-il, se parlant visiblement à lui-même.

    Après quelques longues secondes de réflexion, il retrouva finalement ses esprits et fit de nouveau face à l'aventurier.

    « Eh bien, je n'ai pas le choix, je vais devoir demander à Shizune de vous trouver un chaperon. Je suis sûr que vous me comprendrez, je ne peux pas vous laisser vous balader librement dans une zone secrète, interdite même à notre armée. Attendez-moi là. »

    Sur ces mots, il quitta la pièce en direction de celle où étaient partis Shizune et les deux autres aventuriers. Il laissa Aliéron là seul quelques instants, avant de revenir, un peu plus joyeux.

    « Bien, bien, tout est arrangé : vous irez sur place avec Hina, la fille adoptive du Colonel. »

    Il tendit alors un petit objet rectangulaire à Aliéron.

    « C'est un téléphone, pour contacter des personnes à distance, » expliqua-t-il.

    [HRP : Je vais pas t'expliquer comment fonctionne un téléphone. Donc pars du principe qu'il explique tout ce que tu sais sur eux, au niveau fonctionnement. Ils peuvent avoir un répertoire et ils ont une carte intégrée, rien d'autre. Concernant la carte, je te la donnerai plus tard, quand tu reviendras en ville et que t'auras ton débrief. Elle sera de toute manière assez minimaliste de par la nature de la cité. Puisque Fenouil en a déjà pris l'initiative, tu peux choisir un numéro si tu veux.]

    Il expliqua le fonctionnement de l'objet à Aliéron, et inscrivit dans son répertoire le numéro de Shizune, celui d'un Sergent nommé Collin, ainsi que ceux de Hina et Yumiko, qu'il rejoindrait bientôt dans leur Maison. Il activa finalement un nouveau portail, tout à fait semblable à celui qui leur avait servi à se transporter de Yuimen à Izurith et envoya presque Aliéron à travers celui-ci.

    [suite dans la Maison Kobayashi]


Palais – Salle de préparation


    Après avoir écouté les dernières remarques et questions de chacun, le Sergent Collin reprit la parole pour leur répondre à tour de rôle. Il commença par Tina et ses questions relatives aux Maisons sur lesquelles ils devaient enquêter.

    « En dehors des Maisons mineures, les Maisons nobles d'Izurith sont un peu toutes les une contre les autres. Mais elles restent unies quand il s'agit d'accuser le pouvoir en place. Mais disons qu'en dehors de la Maison Kartage, que personne n'apprécie guère, et de la Maison Kobayashi, considérée comme sous-fifre de la Maison Valaï, les Maisons entretiennent des relations tendues mais ouvertes. Quant à leurs histoires respectives, vous pourriez découvrir quelques choses à la bibliothèque, oui, mais je pense que le plus efficace serait de se rendre directement dans la rédaction d'un des journaux de la ville. Je vous indiquerai la localisation de certains d'entre eux si vous voulez y faire un tour. Et, non, il n'y a pas de membres de Maisons nobles autres que la Maison Kobayashi dans les Forces Spéciales. La plupart d'entre nous venons des bas quartiers à vrai dire. »

    Il se tourna ensuite vers Yuélia, qui s'inquiétait du sort de son téléphone s'il tombait entre de mauvaises mains.

    « Le problème, c'est que n'importe quelle sécurité peut-être passée par un expert. Néanmoins, vos téléphones sont déjà équipées d'un dispositif qui vous permettra de gagner quelques heures s'il venait à se retrouver entre de mauvaises mains. Lorsque vous avez activé votre appareil pour la première fois, votre empreinte génétique y a été apposée. Donc personne ne devrait pouvoir s'en servir aisément. Heu... » sembla-t-il hésiter quelques instants. « Ca signifie toutefois que si vous venez à être capturés avec votre téléphone et n'avez pas eu le temps, par exemple, de le détruire ou de le cacher... Je vous conseillerai d'accepter de l'activer de gré. Sinon il leur suffira de, euh... Enfin... D'utiliser votre empreinte génétique sans votre autorisation... Ca pourrait être douloureux, selon les méthodes employées. »

    Vint ensuite le tour de Lelma, l'un des nouveaux arrivants.

    « Votre tenue devrait au moins vous tenir à l'écart de soupçons concernant votre appartenance à notre armée. Après, oui, vous passerez pour un original, et votre passage laissera certainement une trace dans les souvenirs de vos interlocuteurs, plus que si vous vous fondiez dans la masse. Mais en dehors de cela, ça ne présente pas d'autres dangers. »

    Il se tourna ensuite vers Vadokan et ses paroles à l'encontre de Shizune, qui lui tirèrent un ostensible froncement de sourcils, comme on en avait jamais vu sur son visage d'ordinaire ouvert.

    « Le Colonel Shizune est absolument hors de cause, » déclara-t-il, catégorique. « Ce ne serait que perdre votre temps de... » continua-t-il, mais il fut bien vite interrompu par un geste de la main de sa supérieure.
    « Notre Maison est remplie de pièces dont le caractère secret garantit la survie d'Izurith, » rétorqua-t-elle. « Aussi, vous voyant interdit d'entrée dans ces zones garantissant la sécurité publique, je crains que vous n'en veniez à avoir des soupçons infondés. Mais tout le reste de ma demeure vous sera accessible, ainsi que l'entretien avec tous les membres de ma Maison. »

    Elle avait prononcé ces mots en fixant l'hybride droit dans les yeux, d'un regard glaçant mais non dénué d'un certain pétillement. Collin entrouvrit la bouche comme pour protester, mais s'abstint finalement, reprenant ses réponses aux dernières questions de Vadokan.

    « Heu, oui, les dangers des quartiers chauds, » reprit-il. « Eh bien la criminalité là-bas y est décuplée. Ce sont des zones loin de l'influence bénéfique de la Maison Kobayashi ou du quartier du Palais, aussi les malfrats ont-ils commencé, peu à peu, à y établir leur loin. Beaucoup de rondes y sont organisées pour minimiser la casse, mais ça ne suffit pas vraiment, et nous n'avons pas trouvé de moyen efficace d'endiguer le flot de trafics divers et de meurtres, de larcins et de viols dans ces endroits. Si les quartiers Rouge et Orange restent relativement sûrs dans les allées les plus fréquentées, le quartier Cramoisi est lui presque une zone de non-droit, certains de ses groupes criminels n'hésitant pas à s'attaquer à nos militaires en poste si ceux-ci se retrouvent en sous-nombre. Donc dans ces quartiers, les risques de se faire agresser, voler, assassiner, sont bien plus hauts que dans les autres. »

    Ses réponses terminées, il se leva enfin de son siège, comme pour leur signifier que le départ était proche.

    « Bien, je crois que vous êtes aussi prêts que possible, compte tenu des circonstances. »

    Il sortit finalement une dizaine de cartes d'un tiroir non loin de lui, qu'il déposa sur la table.

    « Ces cartes sont le moyen de paiement sur Izurith. Elles contiennent toutes un crédit de mille Izurs, notre monnaie. Pour payer, il suffit d'entrer le montant sur une machine et de passer cette carte à l'intérieur de la fente prévue à cet effet. Concernant vos moyens de transport, nous disposons ici de trains. Ce sont... Comment dire... Des gens d'aynores, mais qui ne volent pas, et qui quadrillent la cité jour et nuit de manière très régulière. Vous avez une station juste en face du Palais. Pour l'utiliser c'est très simple : des portiques reconnaîtront votre téléphone, qui a été pourvu d'un droit d'accès illimité à la plupart de ce genre de services. Vous passerez par les portiques, entrerez dans un wagon menant vers la destination de votre choix, et devrez descendre quand vous serez à l'endroit choisi. Ca prend quelques minutes, plutôt que de nombreuses heures à pied. »

    Il s'écarta alors de la table pour aller vers le fond de la pièce, dont il ouvrit un des placards qui donna...

    Sur une petite ruelle.

    « Vous ne pouvez pas sortir par l'entrée principale, » déclara-t-il. « En longeant la ruelle vous arriverez sur la place du Palais. Juste en face il y a la station de train, comme je vous le disais. Bonne chance, et si vous avez besoin d'autre chose, nous restons à votre disposition. »



[Tina : 0,5 (introspection) ; 0,5 (informations) ; 1 (bonus longueur)
Yuélia : 0,5 (introspection) ; 0,5 (informations) ; 1 (bonus longueur)
Lelma : 0,5 (introspection) ; 0,5 (informations) ; 2 (bonus longueur)
Fenouil : 0,5 (introspection) ; 0,5 (informations) ; 0,5 (bonus longueur)
Vadokan : 0,5 (introspection) ; 0,5 (informations) ; 2 (bonus longueur)
Phyress : 0,5 (introspection) ; 0,5 (informations) ; 0,5 (bonus longueur)
Aliéron : 0,5 (introspection) ; 0,5 (informations) ; 0,5 (prêt du sabre) ; 0,5 (téléphone) 0,5 (bonus longueur)]

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 Sujet du message: Re: Palais (Izurith)
MessagePosté: Mar 27 Sep 2016 00:13 
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Fenouil entendit un petit son provenant de son nouveau téléphone, intrigué, et sans dire un mot, il y jeta un coup d’œil. Il reconnut le numéro de Vadokan puisqu’il avait une bonne mémoire des chiffres et s’avérait assez bon en calcul. Par contre, tout cet enchaînement de petits symboles qu’étaient les lettres constituait un vrai charabia pour le petit gobelin. Ayant trop honte d’avouer sa lacune niveau lecture et ne pouvant connaître la teneur du message de l’imposant homme à la peau noire, il préféra l’ignorer. Il aurait aimé le suivre, mais il ne pouvait communiquer avec ce dernier qui semblait préférer écrire plutôt que de parler.
Et une fois de plus, le sergent Collin répondit aux questions des aventuriers, il donna quelques détails sur les Maisons, précisant qu’elles étaient ennemies entre elles et qu’elles aspiraient toutes en quelque sorte au pouvoir. Et les seules fois où elles s’unissaient, s’étaient pour accuser la Maison au pouvoir. Puis, il proposa à Tina de consulter la bibliothèque si elle voulait en savoir davantage. Juste au mot bibliothèque, le petit Fenouil frissonna. Il n’avait rien contre cet établissement, pas davantage contre les livres. Mais illettré qu’il était, il se sentait honteux chaque fois qu’il se retrouvait devant un bouquin. Et il attendait secrètement le jour où quelqu’un aurait la patience de lui apprendre.
Puis se tournant vers Yuélia, Collin expliqua que le téléphone était muni d’une sécurité génétique. En effet, le téléphone avait enregistré non seulement leur numéro de téléphone, mais leur empreinte génétique. Fenouil, émerveillé par tant de technologie, regardait son petit appareil les yeux tout ronds. Le soldat les prévient par contre que face à l’ennemi, ils devaient savoir comment cacher leur téléphone ou bien s’en débarrasser. A ce moment, Fenouil esquissa un petit sourire taquin, il avait une cachette à toute épreuve pour ce genre de situation.

Enfin, Collin répéta que le quartier cramoisi était à éviter. Dans cette zone, le taux de criminalité était élevé et les crimes tels que trafics, viols et meurtres y étaient chose commune. Même les soldats n’étaient pas en sécurité dans cette zone.

Ayant répondu à toutes les questions, Collin se leva, ouvrit un tiroir et en sortit de petites cartes rectangulaires qu’il déposa sur la table centrale sous l’œil attentif de Fenouil. Ces objets plats de matières rigides s’avéraient la monnaie dans ce monde. Une seule carte valait mille Izurs ! Fenouil ne connaissait pas la valeur d’un izur, mais il savait suffisamment compter pour savoir que mille pouvait valoir beaucoup. Mais il se doutait également, il ne leur aurait pas donné ainsi une fortune. Il en déduisit donc que les Izurs valaient beaucoup moins qu’un Yu. Mais que cela ne tienne, il saurait bien assez tôt ce qu’il pourrait acheter avec cette somme d’Izurs. Pour Fenouil, ce monde était fabuleux. De l’argent qui tenait dans une petite carte, un téléphone qui leur permettait de se parler sans se voir et enfin la dernière nouveauté, un anyore qui fonctionnait sur des rails. Il avait bien hâte de sortir de ce palais et d’explorer davantage ce monde à la fois étrange et fascinant.

Puis le sergent Collin s’éloigna de la table centrale et ouvrit une porte d’un placard. Fenouil s’attendait à y voir d’autres objets insolites, mais au lieu de ça, la porte menait directement à l’extérieur, plus précisément sur une petite ruelle.

Fenouil s’approcha alors de la table où se trouvaient plus de cartes que d’aventuriers dans la pièce. Il en ramassa une, l’examina de tous les côtés, puis la replaça sur la table. En fait, il fit semblant de la remettre en place, mais en vérité, la petite carte se trouvait en fait bien dissimulée dans sa manche. Puis il en prit une seconde et cette fois, il montra clairement qu’il l’a mettait dans sa poche de pantalon à côté de son téléphone.

Son casque sous le bras, debout, les sourcils, légèrement froncés, il regarda les aventuriers un à un, se demandant qui ferait le meilleur compagnon. Il n’était pas un solitaire et désirait partager ses aventures avec un autre. Il aurait bien aimé accompagner la belle Tina, mais elle était déjà sortie de la pièce et avait atteint la ruelle.

Il se tourna donc vers le grand homme aux beaux habits et s’en approcha. Le dénommé Lelma avait fière allure et sa stature athlétique avait fortement impressionné Fenouil.

« Je vais vous accompagner ! Je suis rapide, efficace et avec moi à vos côtés, vous aurez l’air encore plus excentrique. »

Fenouil s’était redressé les épaules et avait parlé d’un ton convaincant et sûr de lui, il espérait que l’homme accepte sa compagnie.

(((772 mots)))

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 Sujet du message: Re: Palais (Izurith)
MessagePosté: Jeu 29 Sep 2016 02:10 
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Àma franchit le seuil de la porte à la suite du Colonel Shizune et de l’aventurier humain. Aussitôt parvenue dans la salle de préparation, une bouffée d’angoisse saisit la vieille elfe. Pas moins de neuf personnes se trouvaient dans cet espace clos dont les murs semblaient se refermer sur la rôdeuse misanthrope ! Neufs bipèdes… C’était huit de trop.

L’œil vif sautant d’un inconnu à l’autre, Àma découvrit avec le plus grand déplaisir que deux d’entre eux descendaient de toute évidence de l’engeance Omyrienne. Le plus grand et robuste, la couleur de sa peau et de son habillement reflétant sans nul doute la noirceur de son âme, en avait hérité ces canines bestiales qui dépassait d’une mâchoire légèrement prognathe. Le reste de son apparence physique tempéra cependant cette réaction viscérale. Sa taille élancée et ses pommettes hautes, son port droit et posé également, tout cela ne collait pas avec une origine Garzok. En tout cas, pas avec l’idée qu’elle se faisait de ce peuple qu’elle connaissait fort mal en réalité… Non, sa carnation noirâtre semblait plutôt indiquer une ascendance shaakt. Un hybride ? Un bâtard comme elle ? Peut-être le fruit d’un acte de violence… voilà qui ne surprendrait pas la Naorienne compte tenu de ce qu’elle avait entendu dire de ces peuples.

Quoi qu’il en soit, Àma aviserait de sa position vis-à-vis du bâtard le moment venu : si elle avait pour habitude d’abattre les phacochères sans procès, ce porteur de défenses ci était l’un des invités des maîtres d’Izurith. Une attaque sous les yeux de tous ne serait pas bien vu, assurément. Et puis ses jours de chasseuse vigoureuse étaient révolus ; elle n’était pas sûre de pouvoir faire quoi que ce fut contre cet énergumène.

Le Sekteg en revanche…

Mais encore une fois, l’évidence la retînt : ils étaient censés œuvrer au même but. Tous autant qu’ils étaient, ici réunis dans cette salle de préparation, ce sas de l’aventure d’une vie, ils étaient venus démêler l’imbroglio diplomatique dans lequel les dirigeants Izurithiens se trouvaient empêtrer. Du moins en principe.

Et de surcroît, il avait une mine sympathique ce nabot de gobelin, songea la vieille Àma. Était-ce à force de tapes amicales et de frottements paternels sur le dessus de sa tête qu’il avait développé cette tonsure naturelle à un si jeune âge ? L’idée la fit sourire. Et suivant le mouvement des commissures de ses lèvres, l’humeur de l’elfe revêche s’éleva un petit peu. Suffisamment pour qu’elle reporte son attention sur le Colonel alors que celle-ci lui remettait un boitier quelconque (qu’est-ce que ça ?) et que son voisin lui récite une suite incompréhensible de chiffre… (Àma… concent’es-toi bécasse !...) Déjà que les concepts de technologie, technomagie et techno-scientifique machin lui faisait des nœuds dans le cerveau, si elle n’écoutait pas elle serait vite larguée.

Devant son air égaré, Lelma lui précisa poliment qu’il s’agissait de son numéro de téléphone (Soit… « téléphone », c’est l’mot qu’a dit l’ Colonel) et la sonda de ses yeux verts. Il s’attendait à ce qu’elle lui donna le sien… Panique.

- 1,2,3,4,5,6,7,8 … ? hasarda-t-elle sur le ton de la question, incertaine.
-
Apparemment satisfait, il tapota quelque chose sur le clavier qui affichait des chiffres et rangea le boitier dans un poche de sa cape au moment où le Colonel les pressait de la suivre. Se dirigeant vers l’armoire où celle-ci les conduisait, Àma songea avec résolution qu’il faudrait qu’elle demande à quelqu’un de lui réexpliquer comment utiliser cet engin.

Heureusement, avec la suite de la conversation, la vieille elfe reprit pied. Il s’agissait de chiffons et de gourdins… c’était déjà plus son rayon. Certes, elle n’avait jamais vue parmi pareilles étoffes, ni n’avait-elle imaginé que des tenues pour femmes aussi moulantes et révélatrices pouvaient exister ailleurs que dans les songes éveillés qui avaient ponctués les nuits de sa solitude campagnarde. A y bien réfléchir, si, elle en avait vu une : celle de leur interlocutrice. Et Àma ne put réprimer un regard déshabillant sur l’autoritaire Shizune… Celle-ci tout à son examen de l’humain ne sembla cependant pas remarquer ce sursaut lubrique d’une sexualité poussiéreuse et continua de passer en revue l’équipement rutilant de Lelma.

C’était peu dire que son attirail martial était efficace. L’aventurier humain était protégé dans un enchevêtrement savamment agencé de plaques métalliques délicatement ciselées et modelées selon les formes de son corps. Un ouvrage elfique à n’en pas douter. Àma n’en avait pas vu de pareil depuis son enfance en Taheltan. Car en effet, ce n’était pas dans la campagne où elle avait été reléguée pour vivre le reste de sa vie de bâtarde qu’on rencontrait ce genre de chose. Et comme pour en témoigner, son équipement à elle était aussi usé que l’armure de l’aventurier était reluisante. Ce qu’observa avec franchise le Colonel Shizune avant d’insinuer qu’elle disposait peut-être d’une arme plus performante et de les enjoindre d’écouter le briefing imminent…

Obtempérant, Àma rejoignit la troupe avec Lelma en songeant qu’elle ne souhaitait pas changer d’arme (un bon coup d’lance bien placé… y a qu’ca d’vrai), pas plus que de vêtements, et entreprit d’écouter, attentivement cette fois, la description des différentes Maisons et factions.

Si elle trouva dangereux l’excès de confiance que les dirigeants fesaient encore preuve envers le dispositif de sécurité mis en place par le Colonel Shizune, tantôt pour protéger le Canon, tantôt pour défendre les intérêts de la Maison Valaï, Àma ne suspectait cependant pas les Kobayashi de tremper dans quelque chose de louche. Un pécher d’orgeuil peut-être, voilà tout son ressenti.

Les Maisons riches lui paraissaient effectivement des suspects crédibles dans la mesure, où leur esprit de compétition pouvait les amener à forger une alliance risquée avec les elfes. En particulier, la Maison Atalante qui pouvait se trouver une légitimité à régner dans le fait qu’elle avait pris part à la Révolution, et qui pour avoir par le passé vaincu les elfes, pouvait sous-estimer le danger à traiter avec ceux-ci.

La Maison Kartage ne l’intriguait pas outre mesure. Le crime organisé existe partout et porte souvent un visage officiel parmi la noblesse d’une ville. A son avis, il était même peu probable que ceux-ci cherchaient à déstabiliser un pouvoir en place dont ils avaient de toute évidence réussi à manipuler ou à contourner de manière prospérer financièrement. Une période d’instabilité politique serait probablement pour eux synonymes de troubles dans leurs affaires aussi douteuses que juteuses.

Et en toute honnêteté, Àma ne pouvait pas s’imaginer infiltrer ces Maisons. Pas par la grande porte en tout cas, pas avec ses manières de péquenaude. Et probablement que même les domestiques reconnaitraient en elle une alien. Surtout avec sa compréhension si rudimentaire de ce monde étrange et de cette « technologie ».

Une possibilité lui vint cependant à l’esprit en entendant Colin évoquer l’existence du groupe anti-technologie. Un petit groupe de fanatiques, a priori œuvrant avec peu de moyens, parvenant à échapper au contrôle des Valaïs et Kobayashis alors même que ceux-ci disposent de la puissance de l’Etat… tout cela lui paraissait suspect. Certes, un réseau de l’ombre peut être plus difficile à espionner qu’une Maison. Néanmoins… son instinct lui soufflait que derrière cette organisation à la furtivité insolente se cache un élément de l’intrigue des comploteurs.

Il se pouvait fort bien que le GPET ne soit que la bande de fanatiques réactionnaires que perçoivent les dirigeants Izurithien. Mais justement, comme tout bon fanatique, ils seraient facilement manipulables par une tierce organisation, qui sous prétexte de sympathie idéologique leur ferait faire son sale boulot. Et une nébuleuse d’activistes telle que le sergent dépeint le GPET serait d’autant plus facile pour des conspirateurs anti-Valaï à manipuler.

Que se passerait-il si quelqu’un de mal intentionné soufflait à l’oreille qu’un signal fort à envoyer aux élites de ce monde technologiques serait de neutraliser l’arsenal de guerre… de faire péter un certain Canon par exemple… Les Kobayashi se retrouveraient dépourvus de leur arme de dissuasion et les Valaï devrait abdiquer où voir leurs ennemis à l’extérieur faire feu avec leur propre Canon.

Le GPET refuserait de traiter avec des elfes… ? La belle affaire. Si des humains des Maisons nobles conspiraient pour la restauration au pouvoir des elfes d’Izurith, c’étaient peut-être ceux-là qui entraient en contact avec le GPET.

Et de manière à les identifier, il lui faudrait infiltrer ce groupuscule obscur. Une chance : elle serait plus vrai que nature dans le rôle de l’activiste anti-technologie. Peut-être pourrait-elle-même faire passer sur le dos d’une expérience biologique ratée son apparence inédite aux yeux d’un Izurithien… à voir.

Tandis que son opinion se forgeait, le sergent collin répondit aux interrogations de Lelma, puis du bâtard Gazork avant de terminer par une humaine qui revêtait une tenue de ce monde mais qui au vu de sa question venait de Yuimen. Elle s’enquerra du moyen de paiement en vigueur sur Izurith. Ce à quoi, avant de leur montrer la sortie, le gradé izurithien répondit qu’une carte technologique muni d’un certain crédit était à leur disposition.

Sans se faire prier, Àma se saisit d’une des dix cartes déposées en vrac sur la table… avant d’aviser et d’en soutirer une seconde dans un discret mouvement de retrait. Il n’avait pas été dit combien de cartes leur était destinée à chacun, et il y en avait plus qu’une par personne... alors quel était le mal ?

(((1500 mots)))

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 Sujet du message: Re: Palais (Izurith)
MessagePosté: Jeu 29 Sep 2016 11:55 
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 Sujet du message: Re: Palais (Izurith)
MessagePosté: Mar 21 Fév 2017 06:02 
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Palais – Salle de préparation (Vadokan)


    Lorsque Vadokan arriva à la porte de service par laquelle tous les Yuiméniens étaient sortis, il ne put l'ouvrir. Mais, très vite, l'entrée secrète glissa pour le laisser entrer.

    A l'intérieur se trouvait Collin, toujours en tenue civile, l'attendant debout près de la porte dérobée.

    « Je vous attendais, » fit-il simplement.

    Il semblait plus assuré que précédemment, plus nonchalant, aussi.

    « Shizune m'a prévenue que vous aviez retiré le logiciel espion lorsque vous étiez chez les Kartage. Je suppose que vous êtes là pour ça ? »


    [HJ : Discussion en privé possible.]

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 Sujet du message: Re: Palais (Izurith)
MessagePosté: Ven 3 Mar 2017 19:51 
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Comme je m’y attendais, la sortie secrète des forces spéciales du palais n’était guère surveillée. J’y accédai sans trop de souci, et frappai contre celle-ci sèchement. Bien entendu, elle était close de l’intérieur : n’importe quel curieux ne pouvait pas se rendre ici et se retrouver dans le quartier général des activistes de Valaï, en présence de prototypes dangereux tel celui que je trimballais avec moi. Si elle était fermée, elle ne le resta cependant pas longtemps, puisque peu après mon arrivée, elle glissa et me laissa pénétrer dans cette aile connue du palais d’Izurith. Je reconnus aisément le portier des lieux, dernière face fidèle à Valaï que j’avais vue en ces murs, en la personne de Colline. Le frère d’Aylin. Le crétin de la fratrie, s’il fallait croire sa sœur. Un imbécile idéaliste piégé par les règles strictes de l’armée. Piégé par la maison Kobayashi.

Il se trouvait là, seul, en civil, ses mèches sombres plaquées en arrière et ses yeux bleus de tombeur de basse extraction. Ses premiers mots me firent froncer les sourcils, cependant, car il arriva à me surprendre. Il affirma m’attendre. Stupeur passagère : même moi j’ignorais réellement si j’allais venir ici, il n’y a même pas un quart d’heure. Heureusement, le jeunot ne garda pas longtemps secrètes les cartes qu’il avait en main, et les abattit sans plus attendre, me révélant qu’il tenait de Shizune ma visite chez les Kartage, où j’avais ôté le logiciel espion du téléphone qu’ils m’avaient confié. Nonchalant, ingénu, il me demanda si j’étais là pour cette raison.

Je grognai pour toute réponse, lorgnant aux alentours pour voir s’il était vraiment seul, avant de parler d’une voix sombre et menaçante, mais pas à son égard.

« Shizune peut bien aller se faire voir si elle croit pouvoir m’empêcher d’enquêter objectivement sur cette affaire. Si vous nous aviez prévenus d’un tel logiciel, je l’aurais fait enlever ici même. »

Je me tournai vers le jeune homme avec appoint.

« Mais ce n’est pas pour ça que je suis ici. Je ne souhaite en rien le récupérer, ni m’expliquer de cet acte délibéré. Les gens qui ne me prêtent aucune confiance ne méritent pas la mienne. Elle l’apprendra bien assez vite à ses dépens. »

Je m’approchai de lui, sans considération pour ses limites de pudeur, jusqu’à ce qu’il puisse sentir mon souffle sur son visage. Sans doute eut-il préféré que ce soit celui de Tina, et que son opulente poitrine ait été pressée sur son torse militaire… J’avais repéré quelques regards intéressés de sa part en direction de la belle tulorienne. Mais non. Il devrait se contenter de moi pour le moment. Je lui soufflai, décidé :

« Ce n’est pas à Shizune que je viens parler, mais bien à Valaï. J’ai une proposition à lui faire qui verrait décroître drastiquement la présence de la GPET dans la cité d’Izurith. Je suis persuadé que ça pourrait l’intéresser. Que nul ne vienne dire après ça que je ne défends pas ses intérêts. »

J’en avais suffisamment dit pour le moment. Je me tus et m’écartai du soldat, gardant le reste de ma plaidoirie pour quand Valaï serait là.


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    [530 mots]

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 Sujet du message: Re: Palais (Izurith)
MessagePosté: Lun 6 Mar 2017 13:33 
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Palais – Salle de préparation (Vadokan)


    Le visage de Collin se teinta d'une certaine mélancolie aux paroles de Vadokan concernant Shizune.

    « J'aimerais que vous puissiez comprendre le Colonel, » déclara-t-il, son regard se portant au plafond. « Hélas elle tient la position la plus compliquée de ce monde et rien de ce que je suis autorisé à vous dévoiler ne pourrait vous aider à comprendre la complexité de sa tâche. »

    Il reporta bien vite son regard sur le bâtard, changeant de sujet.

    « Si vous venez pour combattre la GPET, alors, je suis certain qu'il vous recevra. Suivez-moi. »

    Et, sur ces mots, il tourna les talons pour mener Vadokan à travers le dédale du Palais, repassant par tous les couloirs de métal qu'ils avaient emprunté plus tôt dans la journée. Lorsqu'ils arrivèrent de nouveau dans la salle d'entretien dans laquelle ils avaient pu converser avec Valaï à leur arrivée en ville, Collin fit signe au Noir de l'attendre et disparut l'espace de quelques minutes. Il revint rapidement avec le Seigneur d'Izurith sur les talons et tous deux s'assirent autour de la longue table, faisant signe à Vadokan de les rejoindre.

    « Messire Vadokan, n'est-ce pas ? » commença Valaï. « Que puis-je faire pour vous ? »

    [HJ : Discussion en privé possible.]


[Vadokan : 0,5 (introspection) ; 0,5 (bonus longueur)]

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 Sujet du message: Re: Palais (Izurith)
MessagePosté: Ven 10 Mar 2017 12:32 
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Loin d’être aussi réactif que sa supérieure hiérarchique, Colline ne sembla pas s’offusquer de mes mots durs envers le Colonel Shizune. En lieu et place de me rabrouer comme elle l’aurait fait, matriarche froide et implacable, il se para d’une expression presque nostalgique pour me signifier qu’il aimerait que je comprenne Shizune. Je levai un sourcil à cette affirmation, alors qu’il poursuivait en disant qu’elle tenait une position fort complexe dans cette cité. La plus complexe, sans doute, même si je remis aussitôt mentalement ce superlatif un peu exagéré, quand on savait ce que vivaient les elfes en dehors, ou la pression subie par les pauvres hères dans les quartiers est de la ville. Il sembla désolé de ne rien pouvoir me dévoiler qui pourrait m’aider à comprendre sa tâche. Aussitôt, je commentai amèrement :

« Peut-être un jour comprendrez-vous ce qu’un enquêteur privé attend d’un gradé des services spéciaux, ser Colline. La loyauté aveugle ne mène nulle part, surtout quand la survie du monde en dépend. »

Mais la discussion ne se poursuivit pas. Ces paroles avaient pour but d’instiller une graine qui germerait à terme, sur une échéance que j’espérais la moins longue possible, mais qui prendrait du temps néanmoins. Rapportant sur moi son regard, il affirma que si je voulais combattre la GPET, Valaï me recevrait certainement. Sans aucun doute, même. Et aussitôt, il me demanda de le suivre pour rejoindre son dirigeant planqué. Nous parcourûmes donc à deux le dédale métallique et froid du grand Palais d’Izurith, bâtiment sans âme ni cœur, à l’armature glaciale et impersonnelle. Je frissonnai de voir cet endroit comme je l’avais vu la première fois. Ce sentiment imprégné d’une dégénérescence profonde des choses importantes : l’art, la vie, la joie, les courbes généreuses d’une femme comme Tina. Ici, tout disparaissait irrémédiablement derrière des angles, des coins abrupts d’une tristesse sans nom.

Une fois revenus au premier endroit où j’avais rencontré Valaï, Colline prit congé de moi temporairement pour aller quérir son seigneur. J’attendis patiemment jusqu’à ce que ce dernier daigne se montrer, et m’invite à prendre place à leur côté sur les sièges de la salle de réunion. J’obtempérai en les observant tous deux attentivement. Je n’avais pas le droit à l’erreur. Je devais me montrer convainquant. Une fois que je fus assis, Valaï prit la parole pour me demander ce que je voulais, tout en demandant confirmation de mon nom. Je le saluai poliment de la tête avant de répondre.

« Précisément, oui. Je viens vous prouver mon efficacité et réduire les soupçons que vous pourriez avoir envers moi suite à notre dernière entrevue, ser. Je suis parvenu à trouver un moyen de nuire à la GPET durablement, voire même d'annihiler cette association terroriste de votre cité. »

La bombe était lâchée. Je laissai un instant passer pour laisser un effet de suspense s’instaurer, puis je poursuivis d’une voix assurée.

« La Maison Kartage, chez qui j'ai enquêté et qui est hors de soupçons pour un éventuel complot contre vous pour ce que j'en ai découvert, a réussi à localiser des planques de la GPET dans le quartier Cramoisi, et ont embauché des mercenaires locaux, sans foi ni loi, pour attaquer lesdits QG. Ils auront néanmoins besoin de tout le soutien nécessaire pour parvenir à éradiquer cette vermine... Et c'est la raison e ma visite ici, ser : vous demander de l'aide, militaire, contre ces terroristes retors. Coup double, pour vous : l'annihilation d'un ennemi au sein de vos murs, et un rapprochement de la Maison Kartage, puisque vous partagez là le même objectif. »

La vérité, et rien que la vérité. Pas dans son ensemble, bien entendu : je ne devais pas trahir la confiance qu’avaient placée en moi les deux sœurs dirigeantes de la Maison Kartage. Mais je n’irais pas bien loin en mentant effrontément à Valaï non plus. Un coup de poker, une fois encore. Un coup dans l’eau, peut-être, puisque Valaï s’assombrit à mes paroles, en me demandant s’il lui était nécessaire de s’associer à des criminels pour en combattre d’autres. Il s’inquiétait de l’image que son gouvernement refléterait après ça. À mon tour, je pris un regard sombre pour lui répondre :

« Qui traitez-vous donc de criminels ? Je vous rappelle que la Maison Kartage est une maison noble tout à fait officielle, bien que récente. Quant aux mercenaires, vous ne verrez aucun monde où un souverain, si juste et bon soit-il, n'a pas fait appel à cette engeance pour parvenir à ses fins de justice. La seule différence, ici, c'est que vous ne débourserez rien pour ce service allant dans votre sens : la Maison Kartage s'occupe généreusement de tout. Vous me demandez de quoi votre gouvernement aurait l'air, ser ? La réponse est simple : d'un gouvernement qui aide son peuple, celui dans une situation des plus précaires, au lieu de s'enfermer dans sa tour d'Ivoire. Vous y gagneriez de la légitimité. »

Mon discours était enflammé, plein de volonté. J’espérais convaincre Valaï de l’importance de cette alliance, de cette guerre contre ses vrais ennemis. Il ne sembla pas le comprendre. Courroucé, il rétorqua que s’associer à ces soldats de la Maison Kartage ne ferait que légitimer les cartels et réseaux clandestins et criminels d’Elysha. Il craignait que son image ne pâtisse d’une telle association. Colline intervint cette fois pour lui signifier, sagement, qu’il fallait parfois se salir les mains pour parvenir à ses objectifs : user d’un danger pour éliminer un fléau bien plus grave. Fataliste, malgré la pertinence de l’argument du sergent, Valaï commenta en affirmant que laisser faire la Maison Kartage signerait la perte d’Izurith. Cette fois, c’était à moi de prendre un ton courroucé, insatisfait de cette réponse lâche et désintéressée.

« Des engeances... est-ce ainsi que vous parlez de votre peuple, Seigneur Valaï ? Ce peuple que vous laisseriez crever dans sa merde parce que vous le méprisez ? Je comprends mieux que vous craigniez des complots contre votre personne, en ce cas, si toutes vos paroles sont aussi abjectes. Ainsi donc, vous laisseriez oeuvrer librement une association terroriste avérée, meurtrière, pour cause d'un doute infondé sur une maison noble de votre cité ? De quel genre d'hermétisme êtes-vous atteint, Valaï ? Pourquoi la Maison Kartage signerait-elle la perte d'une Izurith déjà en pleine déroute, sur le déclin à cause de votre inaction ? »

Les mots étaient durs, blessants. Il fallait qu’il réagisse. Je pris une profonde inspiration avant de poursuivre, convaincu de mes mots, mais plus posément cette fois.

« Vous m'avez fait venir ici pour enquêter sur les travers de votre cité, ser. Alors laissez-moi vous ouvrir les yeux sur vos manquements, et sur des solutions qui vous garantiraient une paix durable et prospère, sans que vous ne craigniez plus vos pairs. Vous êtes seuls. Je vous propose une alliance pour vous défaire d'un ennemi bien réel. Allez-vous vraiment cracher dessus, alors même que vos conseillers vous enjoignent de m'écouter ? »

Je jetai un regard vers Colline avant de reporter mon attention vers le seigneur de ces lieux. Son visage se défaisait à mesure que mes mots l’atteignaient. Le désarroi s’empara de lui, une tristesse profonde qui lui fit baisser les yeux. Il murmura, désespéré, que je ne comprenais pas. Que je ne pouvais pas comprendre. Relevant son regard meurtris dans le mien, il avoua n’avoir jamais voulu diriger. N’avoir jamais voulu porter ce fardeau. Colline sembla touché par la détresse de son souverain, puisqu’il l’apostropha comme pour le soutenir… Mais Valaï ne l’écoutait guère. Il baissa à nouveau la tête et, défaitiste, dépité, annonça que nous n’avions qu’à faire comme bon nous semblait. Il mit Colline à la direction de l’opération, et conclut en disant que de toute façon, les habitants de ce monde étaient perdus. Une assertion que je ne pouvais pas laisser passer. Je plongeai mon regard de ténèbres dans le sien, cherchant à le capter pour parler d’un ton bien plus posé, quoique grave et sérieux.

« Je suis nouveau en ce monde, Ser. Je ne comprends que ce qu'on veut bien m'en dire. J'entends que vous ne vouliez pas diriger. Nul homme ne devrait être forcé à faire une chose à laquelle il n'est pas destiné. Pourtant, vous êtes à votre place, Seigneur Valaï. Dirigeant de cette cité en perdition. La sagesse vous dicte d'écouter les conseils de ceux qui vous entourent et vous soutiennent, si vous hésitez vous-même. Ne soyez pas fataliste : je crois en la survie de ce monde. Toutes mes actions seront dirigées vers sa sauvegarde. Plus que jamais, Izurith a besoin d'un chef capable de les mener vers l'essor. Et c'est à vous qu'il incombe de prendre ce rôle. Laissez-moi vous y aider, ser. Vous ne le regretterez pas. »

Je me tournai alors vers Colline. Je devais garder la main mise sur le projet commun des Maisons Valaï et Kartage. Projet dont j’étais à l’origine. Je devais en garder le contrôle.

« Nous préparerons cette opération ensemble, suite à cet entretien, sergent. A deux, afin de ne pas tourmenter davantage votre seigneur. »

Puis, me tournant vers Valaï pour mettre fin à cet entretien à la fois rude et bref :

« Seigneur, vous ne regretterez pas la confiance que vous mettez en moi. Ensemble, nous purgerons ce monde des maux qui l'accablent. »

Il ne répondit guère par les mots à cette dernière affirmation. Se relevant, et avant de prendre congé de nous, il m’adressa un regard profondément touché. Empreint de sentiments mêlés. J’y distinguai de la panique, du doute, de la gratitude. Je lui offrais une voie de sortie honorable. Je suivis sa silhouette lorsqu’il s’éloigna, me laissant seul avec Colline, vers qui je me tournai alors.

« Allons-y. Faites-moi le rapport de vos forces et de vos possibilités d’action, sergent. »


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    [1633 mots]

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 Sujet du message: Re: Palais (Izurith)
MessagePosté: Jeu 16 Mar 2017 04:12 
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Palais – Salle de préparation (Vadokan)


    Collin, après le départ de Valaï, sembla troublé quelques secondes. Mais, se reprenant rapidement, il se tourna vite vers Vadokan pour lui répondre.

    « Si l'opération doit se dérouler ce soir, je pense pouvoir réunir plus de cinq cent soldats sans provoquer de faiblesse dans nos défenses. Je peux également demander de l'aide au Colonel Shizune, si vous le désirez. En tant que chef des Forces Spéciales et Commandante des légions Kobayashi, elle pourrait nous être d'une grande aide. »

    Il sembla réfléchir quelques secondes avant de continuer.

    « Le problème viendra grandement de notre matériel militaire. Nos armes lourdes sont, pour la plupart, concentrées à l'Ouest, proches du mur qui nous sépare des elfes. Il sera compliqué d'en acheminer jusqu'à l'Est, dans le Quartier Cramoisi. Et certains de nos rapports laissent penser que la GPET aurait réussi à se procurer et à construire quelques armes d'une efficacité inquiétante. Pensez-vous possible de retarder les opérations jusqu'à demain matin ? »


[Vadokan : 0,5 (introspection) ; 0,5 (discussion) ; 0,5 (convaincation) ; 1,5 (bonus longation)]

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