L'Univers de Yuimen déménage !


Nouvelle adresse : https://univers.yuimen.net/




Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 75 messages ]  Aller à la page Précédente  1, 2, 3, 4, 5
Auteur Message
 Sujet du message: Re: Route entre Cuilnen et Lùinwë
MessagePosté: Lun 15 Juil 2013 18:53 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 27 Déc 2011 18:08
Messages: 492
Localisation: Cuilnen - Dehors.

Ramasser le bois, le transporter et allumer le feu ne fut pas très difficile bien que fatiguant. Des branchages secs, de la résine de pain, beaucoup de friction et d'huile de coude et, finalement, le feu avait prit, illuminant l'endroit et permettant à l'Elfe de se réchauffer. Pour Fear, ce n'était pas encore le moment de se reposer. Il était retourné en forêt, bien qu'il faisait maintenant nuit, et il s'était mit en quête d'un animal quelconque qu'il pourrait attraper et, bien évidemment, faire cuire et manger. C'était plus facile à dire qu'à faire car après un bon moment à déambuler dans les bois, il n'y avait rien trouvé ! Quelques fruits sauvages, peut-être, mais, rien de plus et, de toutes les façons, il fallait qu'il soit honnête avec lui-même, il n'aurait ni le courage ni le droit de tuer un animal pour satisfaire sa faim, déjà qu'il ne la satisfaisait pas, alors encore moins pour aller se permettre de tuer un être vivant. Maintenant, si le combat venait à éclater malgré lui, il serait bien évidemment en droit de se défendre et de tuer son adversaire, du moins si celui-ci venait à vouloir en faire de même. Un cas de figure qu'il n'imagina que très brièvement avant de chasser cette idée pour le moins fourbe.

Il se décida donc, après une heure de recherches infructeuses, à rebrousser chemin. Malheureusement pour lui, ou plutôt heureusement, le hasard fait très bien les choses. Alors qu'il remontait une rivière qui s'écoulait paisiblement au travers de bois, qu'il avait descendu afin de ne pas perdre son chemin et surtout pour trouver une éventuelle proie, il tomba nez à nez avec une étrange créature à la peau très épaisse, massive et peut-être même ferrée de quelques pointes de lance, à en juger par son apparence. Elle ressemblait à un sanglier de très grande taille. Elle était en train de boire et faisait beaucoup de bruit. Fear s'immobilisa, pensant qu'elle ne l'avait pas remarqué mais, son odeur le trahis et elle ne tarda pas à se retourner vers lui. Son rythme cardiaque accélérait et il commençait déjà sentir la brûlure de l'adrénaline. La créature n'était pas seule, il y en avait d'autres avec elle, de plus petites tailles, une mère et ses enfants certainement. Elle lui était inconnue et elle le fixa un instant, comme pensive, puis se mit à rugir, grattant le sol de ses pattes arrières. Certainement pensait-elle que ses petits étaient en danger mais, Farrell n'avait pas du tout l'intention de leur faire du mal. Il commençait à reculer, lentement, afin de ne pas l'effrayer, essayant de lui faire comprendre qu'il ne voulait que passer son chemin.

Mais, la mère sanglier géante ne l'entendait pas de cette oreille car, pour elle, le guérisseur noir passait d'agresseur à repas potentiel et aussi se décida-t-elle à charger en sa direction, défenses pointées. La réaction de Fear fut très simple, courir aussi vite qu'il le pouvait. Malheureusement, aussi rapide pouvait-il être, il ne faisait pas la poids face à cet animal en terme de course forestière. Il esquiva le premier coup en se jetant sur le côté, quand il sentit qu'elle le talonnait, et laissa cette dernière percuter un arbre, arbre dont le tronc fut irrémédiablement abîmé. Il se releva en catastrophe et reprit sa course, profitant que cette dernière était coincée dans le bois pour gagner du terrain. Elle ne mit pas longtemps à se dégager, cependant, et reprit rapidement la poursuite. Elle le rattrapa d'ailleurs bien vite et d'un coup de tête, enfin de défense, elle le piqua en-dessous des fesses et lui fit faire un bond en avant. Farrell se réceptionna très mal, roulant sur le sol et finissant sa course contre un arbre. L'animal, tout en rugissant, tenta de l'écraser contre le tronc et il évita sa première frappe de peu, se couchant rapidement le côté. Elle ouvrit grand la gueule, voulant le croquer à vif et ce dernier plaça son bras devant lui, par réflexe. Elle referma sa mâchoire dessus, broyant tout simplement l'os et lacérant la chair, tout en agitant la tête.

Fear hurla de toutes ses forces, sentant son bras se désarticuler brutalement, puis, sans qu'il ne sache trop pourquoi, il riposta en mordant de toutes ses forces la truffe de l'animal, jusqu'à en sectionner un bout à l'aide de ses incisives, faisant à son tour hurler son agresseur qui lâcha alors prise. La blessure n'était pas belle à voir, on aurait dit qu'il allait tout simplement tomber ! Son habit était déchiré, le sang coulait à flots et l'os, fragmenté, ressortait de la chair disloquer par endroit. Il serra les dent et crispa son visage, devant rouge et au bord des larmes tant la douleur était forte. Mais le sanglier n'en avait pas encore terminé. Enragé par sa truffe mutilée, il prit du recul et, frappant le sol avec ses pattes, il chargea à toute allure sur le guérisseur noir. Ce dernier ne bougea pas mais, envisagea la solution au problème. C'était un quitte ou double, il attendit que l'animal soit suffisamment proche pour ne plus pouvoir s'arrêter et envoyant la pointe de son bâton dans sa direction, à contre-sens de la charge. Le boit finement taillé en pointe perfora la truffe de l'animal et l'élan de ce dernier lui permit de s'enfoncer en profondeur dans son corps, l'empalant vivant. Voilà qui le stoppa net et le fit hurler à la mort mais, Fear avait oublié un détail. Il avait tenu l'arme de façon à ce que la pierre s'appuie sur son épaule, afin d'absorber le recul mais, l'animal était doté d'une grande force et et le choc fit que la pierre percuta son épaule avec violence, s'enfonça dans sa chair et fracturant l'articulation.

L'animal mourut peu de temps après, et le guérisseur noir savourant sa douloureuse victoire en silence. Il ne bougeait pas, il ne le pouvait plus, on pouvait l'entendre gémir sèchement, la sueur perlait sur son visage qui n'avait de cesse de se tordre. Il respirait bruyamment, de façon saccadée. Comment diable allait-il pouvoir se sortir de là ?! C'était la question qu'il se posait, encore et encore. Il invoquait en silence, priant son dieu de lui venir en aide et, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il fut exhaussé. Peu de temps après, il entendit la voix de Pénélope, cette dernière l'appelait et elle n'était pas rassurée à en juger par le timbre de sa voix. Certainement l'avait-elle entendu hurler. Elle cherchait dans les bois mais le trouvait pas et le fait qu'il ne lui réponde pas ne faisait qu’accroître ses craintes, peut-être était-il déjà mort. Pourquoi le guérisseur noir ne lui répondait pas ? Il n'en savait rien, peut-être parce qu'il était trop occupé à souffrir ? Elle continuait de l'appeler et mais sa voix se faisait de plus en plus lointaine, elle ne suivait pas le bon chemin ! Dans un dernier effort, il plia son avant-bras, douloureusement cependant, et le ramena sur jambes, ouvrant la paume de sa main.

Malgré tout, et à l'aide de ses prières, il parvint à faire momentanément le vide dans sa tête et, concentrant ses énergies, il fit apparaître une timide boule lumière qu'il s’efforça de faire grandir. Elle grossissait, puis rétrécissait, scintillante, puis, elle fit un formidable éclat et s’éteignit presque aussitôt. Non, il n'en avait pas la force mais, ce bref appel lumineux aura eut le mérite d'attirer l'attention de l'Elfe qui finit alors par le retrouver, écarquillant les yeux devant ce qu'elle vit.

- Mais qu'est-ce qu'il s'est passé ?! Qu'est-ce que t'as encore foutu ?!

S'exclama-t-elle horrifiée. Il s'agenouilla, vérifia s'il était encore en vie, plus par affolement qu'autre chose, et dégagea le sanglier, extirpant le bâton de son épaule. Elle tremblait, elle bégayait, elle ne savait pas quoi faire, construisant des phrases insensées en utilisant des jurons et le prénom du guérisseur noir. Cela dura un instant avant qu'elle ne se décide à se calmer.

- Okay, calme, tranquille, t'es encore en vie, c'est pas si grave, on va trouver une solution !

Dit-il avant de se mettre à réfléchir. Il fallait stopper les hémorragies, et pour cela, il lui faudrait de l'eau et du tissu. Il faudrait aussi lui faire deux attelles, et pour ça, elle avait des branchages. Elle s'en retourna au campement chercher une gourde puis revint auprès du guérisseur noir. Elle nettoya tant bien que mal ses plaies, bien que celle du bras était spectaculaire, et récupéra des lambeaux du vêtement noir de Fear pour bander les plaies et stabiliser l'os, avec une certaine précipitation dans ses mouvements. Farrell commençait à piquer du nez mais, elle le réveilla à l'aide d'une gifle.

- Dors pas ! Dors surtout pas !

C'est que ses forces commençaient à lui manquer. Elle en eut pour une petite demie-heure, faisant tout son possible pour le soigner. Elle parvint à stopper l'écoulement de sang mais à stabiliser correctement son bras et son épaule. Il allait avoir besoin de soins et rapidement s'il ne voulait pas y passer.

- Allez debout ! Il faut qu'on se remette en route ! Pas de temps à perdre !

Dit-elle alors que elle-même avait déjà du mal à marcher seule, elle avait été obligée de s'aider d'un long bout de bois, à la façon d'une béquille, pour venir jusqu'à lui, espérait-elle vraiment arriver à le faire marcher ? D'autant plus qu'il était aussi blessé à l'arrière des cuisses, tout en haut. Il avait besoin de dormir, s'il parvenait à passer la nuit, peut-être arriverait-il à se soigner demain. Pénélope insista pour l'aider à se lever mais, il n'en fit rien, restant simplement assis à sa place, en silence. Elle comprit alors qu'il ne bougerait pas et décida à ramener le feu qu'il avait allumé ici, au moins n'aurait-il pas à endurer la froideur de la nuit en plus de ça. Elle s'en alla chercher une bûche allumée et le tas de branchages qu'il avait amassé, avant de rallumer le feu devant lui. Il était déjà endormi quand elle était revenu et, cette fois-ci, elle ne réveilla pas même si elle décida de rester éveiller et de contrôler son rythme cardiaque toute les dix minutes. Elle craignait qu'il ne meurt dans la nuit, et elle avait raison de le craindre mais, que pouvait-elle faire à part le surveiller ? Rien ... Mais, elle et il espéraient que cela n'arrive pas.

_________________


Haut
 

 Sujet du message: Re: Route entre Cuilnen et Lùinwë
MessagePosté: Lun 29 Juil 2013 19:18 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Lun 10 Juin 2013 01:01
Messages: 51
Localisation: La foret aux alentours de Cuilnen
Les Lames Rouges


Mon voyage vers Luinwë a commencé. Il me faudra traverser la forêt de Cuilnen, puis, une partie de la plaine du royaume d'Anorfain. Je pense que ça me prendra à peu près deux jours et demi en marchant normalement. La nuit est noir et profonde, les chutes de Ramnen sont derrière moi et devant moi, se dresse de nouveaux les arbres de la forêt de Cuilnen. Je marche vers l’est, sûr de moi, mes pats sont rapides et pleins d’entrains. La forêt défile sous mes yeux, les animaux dorment et j’avance dans ce silence nocturne. Mais la nuit, le moindre bruit s’entend a plusieurs mètres et je dois faire attention de ne pas me faire repérer. Je ralentis et marche plus doucement pour faire moins de bruit.

(Je dois tout faire pour arriver à Luinwë et j’espère, que Nagareth est loin de moi.)

Apres trois heures de marche, derrière moi, résonne un bruit comme quelqu’un marchant sur une brindille. Je m’arrête et regarde tout autour de moi, puis, m’accroupis derrière un arbre. Plus aucun bruit ne me parvient, je me calme alors et reprends la route.

(Je me demande ce que s’était. Nagareth ? Non, j’aurai ressenti son aura maléfique. Peut-être un animal ?)

En marchant, je pense à la nuit de hier soir. Quelqu’un a pris possession de mon esprit pendant ma méditation, mais encore une fois, Aéwin est venu à mon secours. Les forces misent en œuvre contre moi sont puissantes. Aéwin est la clef aux réponses que je me pose tant, mais il m’est impossible de savoir où elle. Je réfléchis et comprend alors, que elle aussi, doit être traqué. Peut-être qu’elle doit fuir tout en essayant de me protéger et donc dépenser beaucoup de magie.

(Je ne suis pas le seul à vivre des moments difficiles. Aéwin, nous avançons chaque ’un de notre côtés, mais un jour nous nous rencontrerons. J’en suis sûr.)

Puis, mes pensées se tournent vers mon enseignement magique. Le premier enchantement du livre est rompu et un nouveau sort apprit. Mais comment traduire cette langue bizarre. Mais mon voyage m’empêche d’étudier correctement à cause de tous ces événements. Luinwë sera une occasion parfaite pour étudier tranquillement, m’exercer à la magie mais aussi à l’alchimie et trouver des indices sur la suite de ma quête.

(Là-bas, je pense que je serai en sécurité. J’y resterai quelques jours, puis, quand je partirai, je serai encore plus puissant et plus apte à combattre.)

La nuit défile et j’avance sans que rien de particulier ne se passe. Je décide de faire une pause maintenant, avant que le jour ne se lève. Je pose mon sac près d’un arbre et reprends mon souffle. Ensuite, je bois un coup, puis, m’assoie par terre pour manger un peu. Je sors deux fruits de Gloam de mon sac et les dégustent, comme promis, en pensant à Yuimen. La nuit commence à se terminer pour laisser sa place à l’aube.

(Dans à peu près une heure, le soleil va se lever. Je devrai faire encore plus attention.)

La pause maintenant terminé, je reprends mon sac et me prépare à repartir, lorsque tout à coup, j’entends le bruit du décochement d’une flèche. Je me retourne et vois une flèche enflammée partir très haut dans le ciel. Je comprends alors mais trop tard, que j’ai étais suivi par un éclaireur ou un pisteur. Et avec cette flèche, il vient de prévenir surement le reste de son groupe de ma position. L’éclaireur en question est de taille moyenne, vêtu d’une cape à capuche verte et sombre. Son visage et le corps caché par son accoutrement, tout ce que je vois est son équipement. Il tient un arc long fait de bois à la main et dans son dos, dépasse son carquois. Je remarque aussi une sorte de blason sur son épaule gauche. Deux lames rouges se croisent en laissant couler une goutte de sang. Il reste là, sans bouger et sans dire un mot. Peu après, des bruits de chevaux se font entendre, les problèmes arrivent, je suis maintenant repéré et de nouveaux ennemis entre dans mon histoire.

(Mais qui sont ces gens et que me veulent-t-ils ???)

D’un coup, des cavaliers humains surgissent de tous les côtés, ils sont neuf, armés de différentes armes : arcs, arbalètes, lances, épées… Il m’encercle en me menaçant avec leurs armes, puis, stoppent leurs montures. Ils puent et sentent la transpiration, la crasse obscurcie leurs visage, ils portent des armures de cuirs et de mailles, salies par le sang et le temps. Ils portent aussi, tous, le même blason que l’éclaireur. Apres un instant, ils commencent à ricaner bêtement.

« Hé, hé, hé, hé, hé, hé, hé… »

J’ai peur pour la suite mais je ne me laisse pas faire est leurs réponds en criant.

« Qui es-t-vous ? Et que me voulez-vous ? Je ne vous connais pas et je vous ai rien fais. »

Ils s’arrêtent tous de rire et un silence s’installe. Je suis apeuré et angoissé, même si je ne le montre pas.

Les cavaliers devant moi, s’écartent et se placent avec ceux à côtés de moi. Au loin, j’entends un autre cavalier qui arrive en marchant au pat. Une homme au visage très menaçant et a l’impressionnante carrure arrive et me regarde fixement. Il a de longs cheveux blanc grisonnant. Une longue balafre travers son œil gauche. En mieux le regardant, je remarque qu’il a un œil de verre dans lequel, se trouve le blason aux deux lames rouges. Il a une lance toute faite de métal et le fourreau d’une grande épée dépasse de son dos. Il porte une large armure de plate en acier et une grande cape faite en peau de bête.

(Lui… il doit être très fort)

Je reste là sans dire un mot, impressionner par la présence et le charisme de ce guerrier. Tous les autres cavalier, ainsi que l’éclaireur le salues en levant le bras et en criant une sorte de cri de guerre.

« AH, HOU… »

(Ce guerrier doit être leur chef.)

Puis, il passe devant l’éclaireur en le félicitent pour sa réussite.

« Bien joué le muet… De retour à la maison, tu auras autant de prostitués que tu veux, ah, ah, ah. »

Le muet sourit et hoche la tête. Il pousse un cri stressant en guise de joie en levant la tête. Sa capuche tombe en arrière, me laissant voir son visage. Il est entièrement brulé, la peau fripée et abimée. Il est pratiquement chauve, les yeux marron et remplis de folie. Cet homme fait peur, très peur.

De plus, quelque chose m’interpelle soudainement.

(J’ai déjà entendue cette voie il n’y a pas longtemps… Mais oui… Les cavaliers dont je me suis caché pendant leur passage, juste après être partis de chez moi. Mais une minute… La personne qui recherche, c’est donc moi…)

Le chef s’arrête devant moi, puis, descend de son cheval. Je me recule et me pique contre les lances pointées sur moi. Apres un moment destination, je m’avance alors et répète ma question d’une voie forte.

« Qui es-t-vous ? Et que me voulez-vous ? »

Apres quelques pats et un bref silence, Le chef s’arrête à quelques mètres de moi et me dit.

« Je suis Kaiser Klauss, chef des lames rouges. Nous sommes des mercenaires et notre boulot est de te tuer… A non pardon, les ordres on changer depuis peu. On doit te capturer et te ramener enchaîné, tu as de la chance qu’on ne t’ait pas trouvé avant aaaaaaaah, ah, ah, ah. »

Puis, tous les autres mercenaires se mettent a rire.

(Hier on voulait me tuer. Et aujourd’hui, c’est de me capturer qu’il s’agit. !!!)

« Qui vous a ordonné de me capturer ? Je veux savoir son nom. »

Il sourit ironiquement et répond.

« La discussion est terminer mais juste une dernière chose. Personne ne me donne d’ordre. On m’a payé très cher pour te retrouver. Je te conseils de te laisser faire tranquillement, ou s’a va faire mal. »

Il lève la tête vers un de ses hommes et lui dit.

« Met le au fer et attache le sur un cheval »

Il fait maintenant jour, le mercenaire descend pour exécuter les ordres, une mauvaise journée qui s’annonce. Je suis encerclé et mes ennemis sont au nombre de onze, le moindre geste suspect et ils m’attaqueront. Mais au moment où le mercenaire s’avance vers moi pour me capturer, le sol se met soudainement à trembler tout autour de nous et au loin, résonne l’incantation magique d’un magicien.

(C’est la voie de Radagrand !)


[Lire la suite : plus bas]

_________________


Dernière édition par Celeborn le Ven 2 Aoû 2013 14:31, édité 3 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Route entre Cuilnen et Lùinwë
MessagePosté: Lun 29 Juil 2013 19:35 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Lun 10 Juin 2013 01:01
Messages: 51
Localisation: La foret aux alentours de Cuilnen
Le retour de Radagrand


« Que la terre se réveil et sème sa colère. Que le sol tremble sous mes ennemis, aaaaaaaah… »

Une secousse sismique se propage tout autour de moi, la plupart des cavaliers tombent de leurs montures et frappent violement le sol. Kaiser et l’homme charger de m’attacher, sont déstabilisés mais restes debout. Tous leurs chevaux s’enfuient, causant le désordre parmi les lames rouges. L’éclaireur c’est réfugier en haut d’un arbre en un seul bond. Beaucoup d’entre eux sont partiellement blessés mais leur chef les rappelle à l’ordre.

« Ressaisissez-vous bordel. C’est surement le sortilège d’un magicien. Calmez-vous, reprenez votre formation et sortez vos armes. Trouvé moi se mage et tué le. Le muet, tu me protège à distance. »

Pendant ce temps je profite de ce moment pour attaquer le mercenaire en face de moi.

(Il est déstabilisé et le reste du groupe cherche Radagrand. Je dois en profiter.)

Je lève ma baguette, concentre mon fluide terre et lance la frappe du golem.

« Par la pierre, que la Frappe du golem écrase et détruit. »

Une colonne de pierre magique se forme au-dessus de mon ennemi. C’est alors que je rabats ma baguette en visant le mercenaire et la colonne s’abat sur lui, en l’écrasant au sol. Ses os craquent, broyé par la pierre. Le sort se dissipe et je vois le mercenaire pousser un dernier cri avant de s’évanouir de douleur.

(Désolé, mais vous ne me laissez pas le choix.)

Kaiser me regarde méchamment en jetant sa lance vers moi pour me blesser.
Je n’ai pas le temps de tenter de lancer un sort et décide de me jeter à terre pour esquiver. Mais Kaiser est très adroit et rapide. Sa lance me frôle en me tailladant la jambe avant même que je puisse prendre mes appuis pour esquiver. Blessé à la jambe, je pose un genou à terre, puis, regarde Kaiser dans les yeux. Je décide de tenter le tout pour le tout. Mais la tâche sera très difficile, car en tant que jeune magicien, je n’ai pas beaucoup de fluide. De son coté, Kaiser sort son épée a deux main de son fourreau et s’avance vers moi.

Au même moment, le sol s’arrête de trembler, le sortilège de Radagrand prend fin.
Mais avant de lancer mon dernier sort, Le muet surgit de nulle part et atterri aux côtés de son chef. Il brandit son arc, puis décoche une flèche.
Stopper dans mon élan, je ne peux rien faire, le timing du muet est parfait. La flèche arrive sur moi à toute vitesse mais en un instant, un bouclier de pierre se forme devant moi.

« Que la pierre te protège. »

La flèche se brise devant moi, puis, le bouclier se dissipe. C’est alors que Radagrand, se montre enfin. Il surgit de derrière moi dans la plus grande discrétion et se place à mes côtés, Kaiser s’arrête et se recule un peu. Il me sourit, mes la main sur mon épaule, puis, il regarde Kaiser et le muet et s’avance vers eux. Tous les autres mercenaires rappliquent à toute vitesse et se positionnent autour de Kaiser. Radagrand les met en garde de ne pas poursuive le combat.

« Arrêtez tant qu’il est encore temps, cette forêt et ma maison et mes amis nombreux. Je n’ai pas le cœur à tuer mais je ferai tout pour protéger Celeborn. Repartez d’où vous venez et restez y. »

Mais les mercenaires restent sur leur position. Kaiser regarde ses hommes, puis, donne la charge.

« Tuez le vieux et capturer l’elfe. Chargez… »

Pendant ce temps, j’entends Radagrand chuchoter une incantation dans sa barbe.
Le groupe nous attaque. Pendant que les mercenaire charge, le muet fait un grand saut pour atteindre Radagrand au plus vite. Mais le vieil ermite a tout prévue et a préparer sa stratégie avant de se lancer dans le combat.
Je décide de laisser agir Radagrand et de garder mon fluide pour pouvoir le protéger. Lorsque surgies de nulle part des oiseaux colossale, deux griffons. Les amis de Radagrand arrivent enfin. Même en danger et en plein combat, tellement passionné, je ne manque rien et observe Radagrand avec une très grande attention. Aussi magnifique que dangereux, l’arrivée des griffons, ainsi que leurs cris, plongeant la plupart des mercenaires dans la peur. Ils sont de grande envergure, des ailes impressionnantes et des griffes redoutables.

Le premier, attrape en plein vol le muet, puis, l’écrase contre le sol. Le deuxième fonce dans le tat, en emportant plusieurs mercenaires dans son attaque. Une grosse partie des hommes de Kaiser, s’enfuit pour réchapper aux griffons. Seul Kaiser est là, prêt à combattre. Il se rue frénétiquement vers Radagrand en hurlent toute sa haine. Radagrand pointe sa baguette vers Kaiser, mais le chef des lames est rusé. Il s’arrête tout à coup de charger et nous lance dessus, une potion contenue dans une petite fiole. Je m’apprête alors à lancer un bouclier de terre pour nous protéger, mais Radagrand utilise sa magie pour me projeter en arrière afin de m’écarter du danger. Je vol en arrière et tombe au sol, puis, me redresse pour regarder le combat. En même temps, la fiole magique touche le sol et éclate, mais l’ermite parvient à lancer un sortilège sur Kaiser. Les griffons attaques pendant ce temps le reste de la troupe mais laisse s’échapper les fuyards.

« Que la terre devient boue et stop mon ennemi »

Une boue épaisse, recouvre alors Kaiser, l’étouffent et le compressant, l’empêchant ainsi d’agir. Mais la fiole et maintenant brisé et laisse s’échapper une fumée noire qui atteint Radagrand. Il tombe soudainement à genou et cri en se tournant vers moi.

« Recule Celeborn, c’est une potion à base de feuilles Aledrum… »

Tout à coup, une partie du fluide de Radagrand commence à s’échapper de son corps. Une lueur marron et verdâtre flotte, puis, s’évapore.

« Je perds mon fluide, Celeborn nous devons fuir ou se sera la fin pour nous deux. »

De plus, je vois que le sort sur Kaiser commence à se dissiper et que dans quelques secondes, il sera libre de ses mouvements. Radagrand émet alors un sifflement rapide et aigu. Les amis de l’ermite sont bons et loyaux, les griffons, revienne aussitôt vers nous en volant et nous emportent dans le ciel. Pendant la fuite on peut entendre Kaiser hurler de fureur.

« Je me vengerai. AAAAAAAAAH. AAAAAAAAAH. AAAAAAAAAH… »

Apres un court vol au-dessus de la forêt, les griffons nous déposent en lieux sûr. Même si les lame rouge mon fait perdre du temps, les griffons m’ont permis de rattraper un peu ce retard. Mais les amis de Radagrand doivent maintenant repartir vers la montagne. L’ermite les remercie pour leurs aides. En leur parlant dans les yeux en caressant leurs plumages.

« Merci à vous mes amis, bon voyage dans les montagnes et prenez soin de vous. »

Les griffons hochent la tête puis, s’envolent pour rejoindre les siens. Maintenant en sécurité, je remercie le vieux magicien pour son aide.

« Merci, vraiment merci… »

Radagrand me sourit et me répond.

« Remercie plutôt le destin, c’est lui m’a mené jusqu’à toi. »

Je m’assoie et commence à guérir ma blessure à la jambe tout en discutant. Je nettoie la plaie, puis, utilise un de mes restes de cataplasmes. Radagrand me questionne sur ma quête et me demande si j’ai trouvé Ramnen. Il me demande aussi ce que me voulaient ces mercenaires. Je raconte alors mon excursion aux chutes de Ramnen mais aussi tous les évènements qui s’y sont déroulés. Je lui dévoile aussi ma quête au sujet Aéwin, de Nagareth et des lames rouges. Radagrand est impressionner et surprit par mon discours. Mais maintenant, je lui fais totalement confiance et je sens en moi que je peux tout lui dire. Je fini la discussion en lui parlant de mon voyage vers Luinwë et des raisons qui me poussent à m’y rendre. Puis, je me rends compte que Radagrand regarde fixement le sol. Puis, après un bref silence, il se lève, me regarde et me dit avec une très grande conviction.

« Je viens avec toi, je veux t’accompagner dans ta quête. »

(Pourquoi ce changement soudain ? C’est un ermite, il n’a jamais quitté la forêt et il a fait le serment de la protéger.)


« Tes paroles m’honorent vraiment, mais ta vie est ici. Pourquoi ce changement soudain ??? »

« C’est trop long à expliquer mon ami, nous en parlerons plus tard. Tous ce que je peux te dire… C’est que nos deux destin sont liés et que les dieux mon donnaient un rôle à jouer dans ton histoire. »

Je me lève sans poser de question et dit avec enthousiasme.

« Alors allons y. Marchons vers Luinwë ensemble. »

Radagrand sourit, passe devant moi, me sert l’épaule en guise d’amitié et ouvre la marche. Ma blessure est guérit, je peux maintenant reprendre la route. Nous reprenons le voyage, fatigué mais le moral est là. On est en pleine après-midi et nous devons avancer le plus possible avant la tombée de la nuit. Radagrand est un humain et il doit donc dormir pour reprendre des forces. Et même si il ne dit rien, je devine que la potion Aledrum l’a beaucoup affaiblit.


[Lire la suite : plus bas]

_________________


Dernière édition par Celeborn le Mer 31 Juil 2013 12:32, édité 4 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Route entre Cuilnen et Lùinwë
MessagePosté: Lun 29 Juil 2013 19:51 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Lun 10 Juin 2013 01:01
Messages: 51
Localisation: La foret aux alentours de Cuilnen
Ensemble vers Luinwë


Nous marchons à travers la forêt de Cuilnen, et maintenant accompagné dans mon aventure, je me sens en sécurité. Les arbres défilent, nous nous concentrons sur notre voyage sans nous attarder. La forêt est toujours aussi belle et la mousse toujours aussi verte. Et, les animaux bien plus présent, depuis que Radagrand m’accompagne. Des Merenras nous suivent au-dessus des arbres et nous encourage de leurs chants.

(J’ai de la chance de l’avoir à mes côtés.)

Tout en marchant, nous parlons de chose et d’autres, mais une question me trotte dans la tête. Je questionne alors Radagrand sur étrange potion que Kaiser a utilisée.

« Radagrand... »

« Oui »

« Qu’est-ce que l’Aledrum ? »

« Je vois que tu es curieux, hé, hé, hé. Je vais t’expliquer. »

« L’Aledrum, plus précisément la variété, Fléau du mage, possède des feuille noire qui ont une particularité très spécial. Elle contient une substance qui repousse littéralement les fluides magiques afin de se protéger de la magie. Comprends-tu Celeborn ? Si tu rentres en contact avec cette substance, tu perdras tes pouvoirs et ton fluide. »

« Euh… Et ou la trouve-t-on ? »

« Pratiquement à un seul endroit, les bois sombres, au royaume d’Omyre. »

« Euh… Et à quoi ressemble-t-elle ? »

Radagrand me regarde et rigole de ma curiosité. Je souris alors timidement. Puis, il me décrit l’Aledrum.

« C’est une plante qui pousse au ras du sol, sous la forme de petites touffes feuillues. Parfois, on peut voir des petites fleurs blanches au bout d’une longue tige. Voilà, je t’ais tous dit. »

« Merci beaucoup »

Nous continuons à marcher sans nous arrêter et on peut voir au loin, le soleil, qui commence à aller se coucher. Nous avons marché un long moment, plus précisément toute l’après-midi. Nos corps sont fatigués de cette longue marche mais aussi du combat contre les lames rouges. Mais nous décidons quand même de marché encore une heure, jusqu’à la tombée de la nuit. Mais même si Radagrand est à mes côtés, une partie de moi pense à Nagareth. Je deviens alors un peu nostalgique et avance sans dire un mot. Radagrand remarque mon mal aise. Il se retourne vers moi en souriant et me dit d’une voie douce.

« T’inquiète pas mon ami… Je suis là maintenant… »

Ses deux phrases me suffisent pour aller mieux. Je reprends alors confiance en moi et chasse ces mauvaises pensées de mon esprit. Apres un long silence, la nuit arrive enfin, signe d’un repos bien mérité. Nous nous arrêtons entres plusieurs arbres proche les uns des autres, puis, posons nos affaires et sac de voyage pour établir un camp. Radagrand très fatigué, s’adosse à un des arbres pour se reposer. Je le regarde avec enthousiasme et lui dit.

« Repose toi, mais avant bois un peu d’eau. »

Je prends ma gourde et la donne a l’ermite. Il boit, puis, me la rend. Je bois à mon tour avant de la ranger. Ensuite, je sors des Gloam de mon sac et en donne deux à Radagrand. Il me remercie pour ma gentillesse, puis, s’endort juste après avoir fini de manger. Je le regarde passionnément pendant que je fini mon repas. Puis, je décide à mon tour de prendre du repos, car demain, nous allons marcher toute la journée. Je ferme alors les yeux et médite pour reprendre un maximum de force.

La nuit passe tranquillement, sans que rien ne vienne troubler ma méditation et le sommeil de Radagrand. En sortant de ma méditation, Radagrand dort encore. En entendant qu’il se réveil, je décide de réfléchir a un problème que je me pose depuis ma rencontre avec Nagareth.

(Je ne comprends pas ! Je me sens évoluer mais mon fluide reste limité. Comment en avoir plus ?)

(J’ai entendu parler de que certain marchants en vendent.)

Le soleil se lève, réveillant tendrement Radagrand, qui s’étire, puis, se lève doucement mais surement. On se salut en guise de bonjour, puis, nous nous hâtons de préparer nos affaires. Je lui demande comment il va, par rapport à l’Aledrum qu’il a inhalé hier.

« Mon corps va mieux merci, mais mon fluide mettra beaucoup plus de temps à revenir comme avant. Mais ne t’inquiète pas pour moi, ça va aller… »

Puis, une fois nos sacs sur le dos, nous repartons en direction de l’est.

« Bien… Continuons notre voyage, nous n’avons pas de temps à perdre. Selon mes calculs, nous devrions arriver à Luinwë demain dans l’après-midi. »

« Tu as raison, allons-y. »

Nous reprenons donc la route et continuons à traverser la forêt pour atteindre la plaine. Mais je me rends compte tout à coup, que je n’ai jamais vu autres chose que la forêt de Cuilnen. Tous mes souvenirs sont ici, mais j’ai toujours rêvé de voir le monde. Je suis triste et heureux en même temps. Radagrand, en tant qu’ermite de la forêt, comprend mes sentiments. Il me rassure en me disant que je pourrai toujours revenir pour revoir les gens que j’aime. Tout ça me fait penser à mes amis elfes verts. Durant toute la matinée de notre voyage, je raconte à Radagrand ma rencontre avec Elros, Lorin et Enetari. Puis, je lui décris tous les bons moments passe en leurs compagnies. Je rigole à certains passages de mon histoire et Radagrand me suit de bon cœur dans mes rires. Apres notre partie de rigolade, Radagrand me regarde et me dit.

« Tes amis te manque ? »

« Oui, mais mon destin me pousse à aller plus loin. Je sais qu’ils m’aiment et qu’ils ne m’oublieront pas. »

Radagrand, soupire, puis me dit.

« Moi c’est la forêt qui me manquera. Mais comme toi, mon destin m’oblige à aller voir ailleurs. »

Apres avoir marché toute la matinée, nous décidons de nous arrêter pour manger. Nous buvons et mangeons, adossés à un arbre, en observant les alentours. Nous sommes seuls et c’est tant mieux. Kaiser est blessé et en fuite mais Nagareth occupe encore mes pensées. Je trouve étrange qu’il n’est pas réapparu, comme si il avait arrêté de me traquer.

(Pourquoi ??? Aurait-il peur de quelque chose ???)

La pause terminée, nous repartons de nouveaux. Au fur et à mesure que nous avançons, mon ami et de plus en plus nostalgique et marche en silence. Bientôt, nous arriverons aux plaines du royaume elfe blanc. Je laisse Radagrand dans son coin, car aucun de mes mots ne pourra le réconforter de ce changement soudain. Puis, après que trois heures se soit écoulées, nous arrivons à la frontière de la forêt. La couse des arbres se termine ici et un nouveau paysage s’ouvre sous nos yeux.

Une immense plaine, verdoyante et sans trop de relief s’étend à perte de vue. C’est en fait, une sorte de vallée, au milieu de deux collines. La vue est tellement bien dégagée, qu’on peut voir au loin une partie de Luinwë. Elle se trouve sur une cote rocheuse près de la mer. Et même si elle est encore à presque un jour de marche, la voir me redonne de la force. Mais Radagrand n’est pas du même entrain que moi. Le visage triste, il s’avance près de moi et me demande une faveur.

« Celeborn… Je sais que nous devons faire vite mais accorde moi une faveur. »

« Bien sûr, tous ce que tu veux. Dit moi. »

« Je veux passer une dernière nuit dans la forêt… Je n’ai pas eu le temps de lui dire adieu. »

Je souris et le réconforte en acceptant sa requête.

« Oui, faisons comme ça. Mais j’aimerai qu’on en profite pour que tu me parle des raisons qui t’oblige à venir avec moi »

« D’accord Celeborn. Ce soir, je te dirai tout. Mais avant, j’aimerai passer un moment seul. »

« A tout a l'heure, mais fait attention à toi on ne sait jamais. Je t’attends ici, prend le temps qu’il te faut. »

Je m’assoie sur une pierre et regarde le vieil homme partir. Il avance lentement et tristement, mais je vois aussi une grande conviction dans son cœur. Je me retrouve seul en attendant que Radagrand fasse son deuil. Mais après un instant, les sentiments de Radagrand me rattrapent et je me retrouve pris par une grande nostalgie. Mon cœur me pousse à chanter et je commence alors à fredonner une chanson parlant de notre départ.

« La maison est derrière, le monde est devant.
Nombreux sentiers ainsi je prends.
A travers l'ombre, jusqu'à la fin de la nuit
Jusqu'à la dernière étoile qui luit
Brumes et nuages, noyés dans l'obscurité
Tout va se mêler, oh oh oh oh tout va se mêler »


Puis je reprends le sourire en passant à toutes les grandes choses qui m’attendent. Je reste la, a m’imaginer le monde extérieur et tous les peuples qui y vivent. Une heure après, je commence à entendre des pats venant dans ma direction. Puis, j’aperçoive Radagrand qui revient enfin. Il a l’air d’aller mieux et son cœur est plus léger. Il s’assoie à côtés de moi et me dit.

« Je me sens mieux à présent, je peux partir l’esprit tranquille. »

« Je suis contant que tu aille mieux »

La nuit arrive, nous mangeons les derniers fruits de Gloam ainsi que l’eau qu’il nous reste. Mais pas d’inquiétude, demain nous serons à Luinwë.


[Lire la suite : plus bas]

_________________


Dernière édition par Celeborn le Mer 31 Juil 2013 12:55, édité 1 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Route entre Cuilnen et Lùinwë
MessagePosté: Lun 29 Juil 2013 20:09 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Lun 10 Juin 2013 01:01
Messages: 51
Localisation: La foret aux alentours de Cuilnen
La vision de l’ermite


Notre repas terminé, Radagrand se tourne vers moi et prend un air sérieux et énigmatique. Puis, après un long silence, Radagrand entame la conversion et me raconte son histoire au sujet de nos destins liés.

« C’était pendant la dernière pleine lune, il y a quelques jours. J’étais en pleine méditation pour communiquer avec la forêt. Lorsque tout à coup, je fus pris d’une transe bizarre. Une vision divine me vint alors, une vision aussi claire que la réalité. »

Puis, pendant un bref silence, Radagrand hésite à me raconter la suite. Je deviens alors insistant et lui fait comprendre que des indices peuvent se cacher dans cette vision. Radagrand se lève, fait quelques pats et regarde le ciel. Puis, se lance à nouveaux dans sa description.

« Comme je le disais, je me retrouve dans cette vision mais je n’avais pas peur. Je pouvais sentir une aura extrêmement puissante et bénéfique. Une scène de combat se déroula alors sous mes yeux. Toi et moi, combattions un ennemi redoutable. Avec ce que tu m’as dit tout à l’heure, Je pense qu’il s’agit de l’éradicateur qui t’as poursuivie. Nagareth. Le combat fut long et terrible mais la vision s’arrêta avant de voir l’issue du combat. »

« Une vision prémonitoire !!! L’annonce d’un grand combat. »

« Oui, tu es très intelligent Celeborn. Je pense même que ces les dieux eux même, qui veulent nous prévenir de cette épreuve. »

« Il faut nous y préparer. »

« En effet… Arriver à Luinwë, je te formerai Celeborn et continuerai ton enseignement sur la géomancie. Nous étudierons aussi les livres de la bibliothèque pour découvrir les secrets de ton grimoire. »

« Une dernière choses, tu te souviens du lieu. Où se déroulait le combat ? »

« Je ne sais pas exactement. Mais ça ressemblait à l’intérieur d’une grande caverne. Je ne sais rien de plus. »

« Merci de m’avoir parlé. Je sais maintenant ce qui m’attend, du moins au sujet de Nagareth. »

« Je t’aiderai à passer cette épreuve, car c’est aussi la mienne. »

« Merci… »

Une grande amitié et en train de naitre. Nous nous regardons comme deus frère d’arme, près a combattre ensemble. Puis, Radagrand clôt la discussion sur ces dernières paroles.

« Nous devons nous reposer maintenant. Il nous reste encore de la route à faire. »

« Tu as raison, bonne nuit à toi »

Radagrand se couche, mais un peu soucieux, il mettra un moment à s’endormir. Moi, comme à mon habitude, j’entre en méditation. La nuit passe et nous nous réveillons à l’aube. Nous sommes maintenant près a quittés la forêt et à voir le reste du monde.

Nous reprenons alors notre voyage, le cœur léger et plein d’espoir. Nous sortons de la forêt et arrivons sur la plaine qui nous sépare de la ville. Ici, le soleil éclaire tout et aucun arbre n’est là pour le stopper. Nous avançons à travers la vallée le plus vite et le plus surement possible. La vue et très dégagée et les dangers sont donc plus prévisibles. Pas habitué à ce style de paysage, je suis comme un enfant curieux et observe tout. Nous traversons au sein d’une vallée bordée par deux collines verdoyantes. Derrière nous se trouve la forêt et devant la côte rocheuse. Et au loin, en plus de Luinwë, on peut voir dans ses alentours, un des bâtiments emblématique du royaume d'Anorfain. La tour de Nial'tanr, réputée dans le monde entier pour être un lieu abritant bon nombres des savoirs magiques. De nombreux mages y passent pour partager leurs connaissances. Je ne peux la décrire vu la distance mais j’imagine très bien sa magnificence. J’interpelle mon ami et lui montre mon contentement.

« Regarde Radagrand, au loin, la tour de Nial'tanr ! »

« Oui Celeborn, en effet, un endroit très réputé magiquement. »

« Penses-tu que les mage de la tour peuvent nous aider pour le livre ? »

« Peut-être, mais la plupart des mages ne partages pas leurs savoirs gratuitement. De plus, tu es jeune et inexpérimenté par rapport à eux. Ils te prendraient de haut sans t’écouter sérieusement. Je pense qu’il est plus raisonnable de compté que sur nous-mêmes. »

« Je te fais confiance… »

A la fin de la matinée, nous arrivons au bord d’un lac et en profitons pour boire et remplir nos gourdes. Nous avons plus de quoi manger mais Luinwë est à vue. Nous y serons dans à peu près trois heures et décidons de vite reprendre la route pour arriver au plus vite. La nuit, les portes de la ville sont certainement fermées. Mais la fatigue commence a gagné nos jambes, ce qui nous forces à ralentir. La fatigue est telle que nous ne disons plus aucun mot pendant le reste du trajet. Nous marchons droit devant, poussé par notre destin. On aperçoit maintenant la mer au loin et Luinwë, qui grandit de plus en plus au fur et à mesure qu’on avance. Avec une bonne vue, on peut voir aussi en tout petit, les ilots de l’archipel qui protège la ville de la mer et de ses envahisseurs. Mon cœur est de plus en plus impatient d’arriver à destination.

(Nous sommes bientôt arrivé, encore un effort.)

Et, après des heures de marche, nous arrivons enfin. Le temps de reprendre notre souffle, nous restons là quelques minutes à admirer Luinwë.

« Nous y voilà Celeborn… Luinwë, le port elfique du royaume d'Anorfain. »

« Ouaaa !!! »

Les remparts sont hauts et entièrement sculptés. Fait de pierre blanche comme tout le reste de la cité, Luinwë brille sous le soleil et se reflète dans la mer. De belles plantes rampantes entourent chaque tour et montent chaque rempart. Deux statues immenses, représentent Gaia et Yuimen, sont placées aux portes de la ville. Des archers et des soldats elfique protègent la ville du haut des tours et des remparts. La porte de la ville est faite de plusieurs bois précieux et sculpté par les plus grands. Des gardes protègent l’entrée, ils sont lourdement armés et portent les armoiries des nobles de la ville.

Radagrand perd de sa nostalgie face à un tel spectacle. Il se tourne alors vers moi et me dit le sourire aux lèvres.

« Allons-y mon ami. »

(Père… Mère… Je vais devenir un grand magicien. )


[Lire la suite : cliquez ici]

_________________


Haut
 

 Sujet du message: Re: Route entre Cuilnen et Lùinwë
MessagePosté: Dim 10 Mai 2015 23:56 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Jeu 30 Oct 2014 01:07
Messages: 228
Localisation: Cuilnen
(précédant)

Ils s'engagèrent sur la route, s'éloignant de Lùinwé alors que les premiers rayons du soleil faisaient leur apparition.


Ils s'engagèrent sur un chemin bien entretenu qui' s'engouffrait entre de petites collines verdoyantes. Daarel marchait en silence, laissant ses compagnons discuter ensemble de tout et de rien. Le décor autour d'eux ne changea guère et ils ne croisèrent personne de toute la matinée.

A la mi-journée, alors que les collines disparaissaient pour laisser place à une plaine baignée par les rayons du soleil, ils s'arrêtèrent pour manger. Ils s'assirent à même le sol et entamèrent leurs provisions.

"Il n'est pas très bavard ton ami" dit Morvan à Altric.
"Pas beaucoup, non."
"D'où viens-tu, mon garçon ?"
"De Nosveris, mais je n'ai d'attache dans aune ville. J'ai beaucoup voyagé."
"T'as la bougeotte, hein ? Un peu comme nous."

Daarel resta pensif quelques instants. Il se remémora sa vie sur Nosveris. A part la courte période qu'il passa chez les Wotongoh, il ne s'était jamais sentit chez lui nulle part. Il avait beaucoup voyagé, remplissant ses missions de coursier sur tout le continent. Il avait passé le plus clair de son temps seul dans la nature, là où il se sentait le plus à l'aise. Il finit par reprendre :

"J'aime voyager, c'est vrai."
"Et qu'est ce qui t'a poussé à venir sur Nirtim ?"
"Découvrir de nouveaux lieux et de nouvelles cultures principalement."
"Et bien tu ne vas pas être déçu. Tu verras Cuilnen est une ville magnifique."
"Je n'en doute pas. D'ailleurs, comment avez-vous découvert le chemin pour y accéder ? J'ai cru comprendre que le chemin était bien gardé."

Cette fois, ce fût Altric qui répondit :

"Nous ne le connaissons pas. Nous avons rendez-vous avec un Hinïon qui nous guidera à travers la forêt jusqu'à Cuilnen."
"Encore une surprise. Décidement tu me caches bien des choses.
"Je ne pouvais pas tout te dire. Il faut bien que je me protège. Nous ne nous connaissons que depuis hier après tout."
"Hum, ça ne t'a pas empêché de me demander de t'accompagner sans plus te renseigner sur moi."
"C'est vrai. Aller, oublions tout ça. Je n'ai plus d'autres surprises pour toi en réserve."

Daarel ne répondit rien.Il y avait vraiment quelques choses de louche avec cet homme. Il lui avait proposé de voyager ensemble sous prétexte qu'être en groupe était plus sûr que seul, mais jusqu'ici le demi-elfe n'avait ressenti aucun danger sur la route. Et s'il devait rencontrer un Hinïon qui les guiderait par un chemin connut seulement de lui et de ses semblables, alors il n'y avait aucun risque d'être attaqué. Tout cela le rendait perplexe.

Quand ils furent rassasiés et reposés, ils se remirent en marche. Daarel resta de nouveaux silencieux, perdu dans ses pensées. Il avait jusqu'ici crut qu'Altric se servirait de lui comme d'un compagnon de route et l'abandonnerait arrivé à Cuilnen pour ne pas avoir à le payer comme il le lui avait promis, mais la présence de Morvan et l'absence de danger réfutaient cette hypothèse. Il avait du mal à cerner les deux hommes et ne comprenait pas leurs intentions. Son instinct lui dictait de se méfier d'eux. Plus il y réfléchissait, et plus il pensait qu'ils l'avaient éloigné de tout pour le dépouiller. Ce devait être comme cela qu'ils leur vie en plus de faire coursiers. Ils devaient entrainer dans leurs périples des étrangers, leur promettant de les payer, puis ils les dépossédaient de leurs biens une fois seul dans la nature. Et si personne n'avait porté plainte contre eux, cela voulait dire qu'ils devaient tuer leurs victimes pour ne pas laisser de trace.

Cette réflexion n'étonna guère Daarel. Il savait depuis le début que quelque chose clochait dans cette expédition et il était sur ses gardes. Il devait seulement faire un peu plus attention maintenant. Il décida seulement de ne pas montere à ses compagnons ce qu'il avait découvert. Il les laisserait agir à leur guise mais se tenait prêt à contre-attaquer. L'effet de surprise jouerait en sa faveur. Faisant comme si de rien n'était, il questionna Altric :

"Quand doit-on rencontrer notre guide ?"
"Demain à la mi-journée. Synlem nous attendra dans une auberge à l'orée de la forêt."

Daarel retint mentalement le nom du guide, au cas où il finirait le voyage sans ses compagnons. S'ils ne devaient le rejoindre que le lendemain, cela voulait dire qu'ils passeraient probablement la nuit tous les trois à la belle étoile.

(Si leur plan est bien de me dépouiller, c'est à ce moment là qu'ils agiront. Ils espèrent surement profiter de mon sommeil.)

Tout ceci ne l'inquiéta guère. Puisqu'il pensait connaître leurs intentions ainsi que le moment où ils agiraient, il se tenait prêt à leur réserver une surprise.

Ils continuèrent d'avancer. A l'horizon se découpait une chaîne de montagne. La plaine verdoyante se transforma quelque peu. Un sol rocailleux remplaçait petit à petit l'herbe fine qui les avait accompagné jusqu'ici. Ils arrivèrent à une intersection et bifurquèrent vers l'ouest. Ils finirent par apercevoir au loin ce qui semblait être une forêt. Ils marchèrent encore un moment puis, le soleil déclinant dans le ciel face à eux, ils s'arrêtèrent pour la nuit. Ils s'écartèrent du chemin et se glissèrent entre un amas de rocher. A cette période de l'année, les nuits n'étaient pas trop fraîche et l'on pouvait dormir avec une simple couverture. Ils mangèrent puis discutèrent un moment. Daarel répondit à quelques questions personnelles sans trop en dévoiler sur lui-même. Il finit par leur annoncer qu'il était fatigué et souhaitait dormir.

-Nous allons en faire de même, nous devons reprendre des forces pour demain.

Daarel s'éloigna de quelques mètres, s'allongea à même le sol et se recouvrit d'une couverture. Il ferma les yeux et entra en transe. De part son côté elfe, il pouvait passer plusieurs jours sans dormir tant qu'il faisait une pause de quelques heures en état de transe. Un autre avantage à cela, c'était qu'il gardait ses sens en éveil tout en se reposant.

(suite)

_________________


Dernière édition par Daarel le Lun 11 Mai 2015 01:19, édité 2 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Route entre Cuilnen et Lùinwë
MessagePosté: Lun 11 Mai 2015 00:13 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Jeu 30 Oct 2014 01:07
Messages: 228
Localisation: Cuilnen
((( [:attention:] Certaines scènes de ce rp sont à forte connotation violente/gore, aussi est-il recommandé aux lecteurs sensibles d'y réfléchir à deux fois avant d'en entamer la lecture.)))


(précédant)

Plusieurs heures s'écoulèrent sans que rien ne se passe. L'aube se rapprochait à grand pas et la nuit s'éclaircissait. Daarel commençait à douter de ses prédictions sur les intentions de ses compagnons quand il les entendit approcher malgré leurs efforts pour ne pas faire de bruit. La discrétion ne semblait pas être leur qualité première. Le demi-elfe sentait bien qu'il avait à faire à des voyous de bas étage. Il ne ressentait pas de grand danger et se savait capable de les maîtriser même à un contre deux.

L'un d'eux s'agenouilla à sa droite. D'après son odeur, ce devait être Morvan. Altric, quand à lui, se tenait à quelques mètres sur sa gauche. Daarel décida de passer à l'action avant qu'ils ne soient tous les deux sur lui. Il ouvrit les yeux et vit immédiatement le poignard que tenait Morvan. Il leva les bras et planta ses ongles, durs et tranchants tel une pointe de flèche, dans le bras de l'homme. Surpris et blessé, celui-ci fît tomber son arme. Daarel se releva d'un bond et esquiva le coup d'épée que lui asséna Altric. Il lui envoya en retour un coup de pied en pleine poitrine qui le fit basculer en arrière. Il se retourna pour voir Morvan se relever, grimaçant de douleur. L'homme avait récupérer son poignard et le tenait en main gauche. Le sang coulait de sa blessure à son avant-bras droit.

L'effet de surprise avait bien fonctionné et l'un de ses agresseurs était amoindrit. Les deux hommes échangèrent un regard et Daarel aperçut dans leurs yeux le doute s'installer. Ils s'attendaient à tomber sur une proie facile qui ne leur opposerait pas ou peu de résistance, et non de devoir combattre un jeune homme vif. Les trois combattants s'observèrent et se jaugèrent. Ses adversaires ne prenant pas l'initiative, le demi-elfe dit :

"Déposer les armes, et je serais clément."
"Ne dit pas de connerie, tu es seul contre deux hommes armés. Tu ne t'en sortiras pas."

Sa voix manquait d'assurance. Cela convenait à Daarel. Il devait profiter de ce moment de doute.

"Je vous ai laissé une chance de vous en sortir, mais si vous n'en voulez pas..."

Sans prendre le temps de finir sa phrase, il se jeta bras droit en avant sur Morvan. Celui-ci n'eut que le temps de lever son poignard, ce qui obligea Daarel à dévier son attaque. Ses ongles frôlèrent le visage de son adversaire, laissant une coupure légère sur sa joue. Voyant son attaque échouer, il faucha du pied les jambes de l'homme qui chuta lourdement. Il ne pu profiter de la situation, Altric arrivant dans son dos et lui assénant un coup de taille puissant de tout son élan. Il plongea sur sa gauche pour éviter la lame, roula sur son épaule et se releva dans le même mouvement. Altric ne lui laissa aucun répit. Il lui fonçait déjà dessus en envoyant un nouveau coup d'épée. Daarel esquiva l'attaque, ainsi que les suivantes, tout en reculant. L'homme tailladait de droite et de gauche, misant exclusivement sur sa force. Heureusement pour le demi-elfe, la subtilité n'entrait pas dans la tactique de son assaillant. Mais à force de reculer sans voir où il allait, ses pieds percutèrent un petit rocher et il tomba sur le dos. Altric en profita pour lancer un coup en direction de sa poitrine. Daarel roula sur lui-même et la lame se planta à demi dans le sol, portée par la puissance de l'attaque. Toujours au sol, il envoya un coup de pied qui obligea son adversaire, pour esquiver, à lâcher son épée avant d'avoir pu la retirer.

L'intensité du combat s'estompa d'un coup, les deux ennemis se fixant du regard. Daarel s'était relevé, grimaçant sous l'effet d'une douleur aux côtes. Altric quand à lui soufflait bruyamment, fatigué par la dépense d'énergie qu'il venait de consommer. Morvan profita de ce moment de calme pour rejoindre les combattants. Il dit à son ami :

"Il faut qu'on en finisse."

(C'est valable pour moi aussi) pensa Daarel.

L'effet de surprise était passé depuis un moment déjà. Le demi-elfe savait que seul sa rapidité et le fait d'avoir séparé ses adversaires l'avaient sauvé jusqu'ici. Maintenant que les deux humains s'étaient regroupés, le combat n'en deviendrait que plus difficile. Sa prochaine attaque devait mettre définitivement hors d'état de nuire l'un des deux hommes. Mais lequel choisir ?

(La blessure de Morvan l'oblige à se battre sur son mauvais bras mais il reste tout de même dangereux, alors qu'Altric est ralenti par la fatigue malgré que je n'ai pas encore réussi à le toucher.)

Daarel hésita quelques secondes. Il ne pouvait se permettre plus. Ses ennemis en avaient déjà profité pour se placer de chaque côté de lui. Il comprit ce qu'il devait faire. Malgré les réticences qu'il éprouvait à se servir des fluides obscurs, il n'avait d'autres choix que de les utiliser. L'irritation le gagna. Cela assombrirait son esprit et il détestait cette facette de sa personnalité.

(Trop tard pour les regrets.)

Il concentra les fluides dans sa main droite et s'élança vers Altric qui se mit en garde avec un petit poignard, seule arme qui lui restait depuis la perte de son épée. Au bout de quelques pas seulement, Daarel se retourna brusquement. Il tendit le bras devant lui, paume ouverte face à Morvan, et déclencha le seul sort qu'il connaissait. Le souffle de Thimoros entra en action. Les fluides obscurs happèrent l'homme et aspirèrent sa vie, sans que rien ne fut visible à l'oeil nu. Tout ce qu'Altric pu observer, ce fut que Morvan s'écroula en pleine course, le visage crispé.

Le demi-elfe ne maîtrisait pas assez la magie pour tuer un être de la corpulence de sa victime ; mais, celle-ci ayant perdu beaucoup de sang de sa blessure à l'avant-bras, cela suffit à la rendre inconsciente. Il pivota alors vers son autre adversaire qui semblait paralysé par ce qu'il venait de voir.

"Que...comment as-tu fait ça?"

Darrel ne répondit pas. Le silence sur la plaine rocailleuse rendait l'ambiance quelque peu effrayante. Il espérait que cela affecterait un peu plus Altric après ce qu'il venait de voir. La fatigue se fit sentir. L'utilisation du souffle de Thimoros aspirait beaucoup d'énergie. Le demi-elfe essaya de le cacher à son ennemi tout en avançant vers lui.

Altric le perçut-il ou fut-ce la peur qui le fit agir ? Il s'élança néanmoins sur Daarel dans un enchaînement de coups de poignard désespéré que le demi-elfe esquiva difficilement, se penchant à gauche ou à droite selon la direction du coup porté. Il n'arrivait pas à contre-attaquer tellement l'homme assénait ses frappes désordonnées les unes derrière les autres. Il fit alors semblant de plier sous le poid des attaques et mit un genou à terre. Altric tomba dans le piège et, un rictus vainqueur sur les lèvres, leva bien haut son arme pour inscrire de sa lame le point final à ce combat. Il n'en eut jamais le temps. Daarel venait de planter des ses deux mains ses ongles longs et plus tranchants qu'une épée dans le cœur de l'homme. Celui-ci s'effondra, mort avant d'avoir touché le sol.

Le demi-elfe ne prit pas le temps de souffler. Il se dirigea vers Morvan, toujours inconscient. Son irritation devenue colère, les fluides obscurs tourbillonnant en lui ainsi que le sang goûtant de ses doigts tendaient à rendre son humeur plus sombre encore. Il se pencha vers le corps inerte, l'attrapa par les cheveux pour lui soulever la tête et, de son autre main, lui ouvrit la gorge de tout son long. Le sang s'écoula de la blessure en flots rapides. La mort ne mit que quelques secondes à intervenir.

Daarel resta ainsi sans bouger de longues minutes, tentant de retrouver son calme. Il finit par relâcher son étreinte et la tête de Morvan retomba face contre terre, baignant dans son propre sang. Des larmes apparurent aux coins de ses yeux, brillant sous les premiers rayons du soleil naissant. Il se détestait dans ces moments là. Il venait d'ôter la vie à deux êtres vivants. Certes ceux-ci l'avaient agressé et l'un d'eux péri en combat singulier, mais pour l'autre c'était très différent. Une exécution, voilà de quoi il venait de se rendre coupable.

Rien de bon ne pouvait naître de son état. Seule la transe l'aiderait à retrouver les idées claires. Il essuya le sang sur ses mains à même les vêtements du cadavre allongé devant lui puis quitta le lieux du combat.


suite

_________________


Dernière édition par Daarel le Mer 10 Juin 2015 15:59, édité 2 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Route entre Cuilnen et Lùinwë
MessagePosté: Mer 10 Juin 2015 15:53 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Jeu 30 Oct 2014 01:07
Messages: 228
Localisation: Cuilnen
précédant


De retour au camp, Daarel s'agenouilla sur sa couverture et ferma les yeux. Il parvint en quelques secondes en transe. Cet état, que seul les elfes et les demi-elfes savaient atteindre, permettait de reposer à la fois le corps et l'esprit. Il sentit immédiatement les fluides obscurs cesser de tourbillonner en lui. Il se concentra alors sur son état mental. La colère prédominait tous autres sentiments. Colère contre Altric et Morvan pour ce qu'il avaient essayé de lui faire. Colère contre lui-même pour avoir exécuté un homme inconscient. Colère contre sa condition de demi-shaakt qui le rendait hostile aux yeux des autres gens. Mais aussi colère contre les fluides obscurs qu'il tenait pour responsable de cette personnalité qu'il détestait tant.

Daarel lutta un moment puis, petit à petit, reprit le dessus sur ses sombres sentiments. Son esprit s'apaisa. Sa fureur disparut pour laisser la place aux regrets. S'installa alors la culpabilité d'avoir laissé ses compagnons agir, de s'être laissé entraîner dans ce combat malgré sa découverte de leurs intentions, mais surtout de les avoir sous-estimé, ce qui l'obligea à utiliser ses pouvoirs shaakts. Il manquait encore beaucoup d'expérience, surtout vis-à-vis de ses congénères. L'ironie voulait qu'il dut sa survie aujourd'hui à ses fluides tant haïs. Il devait apprendre à mieux se battre et être plus vigilant à l'avenir s'il voulait réussir à s'en passer. Ou alors apprendre à s'en servir de manière différente, et non pour donner la mort. Voilà une idée intéressante. Il ignorait si cela était possible, mais il décida de prendre le temps de se renseigner. Où, Comment ? Il ne le savait pas encore. Les bibliothèques, source d'un savoir immense, pourrait-être un bon début mais il ne savait pas lire. Ce qui impliquait d'avoir recours à une tierce personne. Il n'aimait guère cela. Il préférait garder secret sa connivence innée avec les fluides obscurs, mais il n'avait pas le choix s'il voulait en apprendre plus sur eux.

Il se sentait plus serein maintenant. Avoir un but lui redonnait l'envie d'avancer. Il plongea plus profondément dans sa transe pour reprendre des forces et n'en ressorti qu'à la mi-journée. Sa douleur aux côtes, qu'il avait oublié jusqu'ici, se rappela à lui. Il se palpa délicatement pour voir de quoi il en retournait.

(Pas de fracture à première vue, seulement un bon coup lors de ma chute. Quelques jours tout au plus et ça passera.)

Daarel rassembla ses affaires, prêt à partir. Avant cela, il fouilla les paquetages de ses anciens compagnons. Il prit tout ce qu'il trouva d'intéressant puis laissa le reste sur place. D'autres voyageurs tomberaient sûrement dessus et, voyant le campement abandonné, examineraient alors les alentours. Ils trouveraient les cadavres mais le demi-elfe n'en avait cure. Il serait déjà loin à ce moment là.

Il remit son baluchon sur ses épaules et reprit le chemin de la foret, à l'ouest. Le sol rocailleux, qui ne s'étendait depuis les falaises en bord de mer que sur quelques kilomètres, laissa vite la place à une plaine verdoyante légèrement vallonnée. Il marcha tout l'après-midi à bonne allure. La foret à l'horizon se rapprocha rapidement et, bientôt, il n'en fût qu'à quelques pas. A l'orée de celle-ci se tenait une bâtisse en bois. Elle se tenait au bord du chemin et, quand Daarel arriva à sa hauteur, il aperçut une enseigne plutôt simple, sans autre couleur que celle du bois. Il ne pût déchiffrer ce qui était écrit mais la gravure de couverts croisés sur une assiette était explicite.

(J'espère que c'est bien ici qu'Altric avait rendez-vous avec l'Hinïon.)

Il s'approcha de la porte et la franchit d'un pas hésitant.


suite

_________________


Dernière édition par Daarel le Sam 12 Sep 2015 00:14, édité 4 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Route entre Cuilnen et Lùinwë
MessagePosté: Ven 19 Juin 2015 22:56 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 30 Mai 2015 13:59
Messages: 55
Localisation: Cuilnen
Jour 2

L'aube est arrivée quand je m'éveille, sur le lit de paille. Il fait froid, brumeux, humide, une mauvaise journée pour marcher en perspective, et surtout une mauvaise nouvelle pour mes articulations. Le temps est toujours un facteur décisif pour mes douleurs et mes gênes, je préfère de loin quand il fait un grand soleil, la chaleur n'est pas un soucis pour moi, la pluie oui. Après avoir mangé un rapide premier repas, je prépare mon sac à dos, ramasse mon fauchard dont la lame me paraît tellement lourde aujourd'hui et passe la porte du refuge, direction le second refuge puis Lùinwë.

Autour de moi, les oiseaux chantent, tandis que le soleil se lève, lentement mais sûrement, dissipant peu à peu la brume. Cependant, le ciel, à travers la canopée est loin d'être bleu, mais plutôt d'un gris noirâtre annonçant une forte averse.

Le chemin est assez bien dessiné, du moins au regard d'un chemin secret. Je me doute que les humains, plus lourdauds et peut-être moins observateurs, ont plus de difficulté à se mouvoir dans ces chemins forestiers les plus serrés.

Je ne croise aucune trace de prédateurs, aucune trace de monstres, de créatures dangereuses, en fait, je croise peu de créatures tout courts. Ces bois sont peu fréquentés par les marchands ou par les aventuriers, Cuilnen la secrète reste hors du monde, cachée par les bois et protégée par les Taurions qui arpentent ces terres depuis toujours, ou presque.

Il faut dire que je me souviens encore la dernière fois où le Roi, le grand-père de la Reine actuelle, avait accepté d'ouvrir les portes de sa cité au monde. A l'époque, je n'étais qu'une gamine qui écoutait les contes et légendes et qui parcourait la ville à la recherche de son futur. Je me souviens du jour précis où cette idée avait failli tourner au massacre. Plusieurs marchands kendrans, accompagnés d'une troupe de baladins s'étaient installés en bordure de la ville, sous les grands arbres. La nuit était fortement avancée, ils avaient mangé et bu avec les nôtres; ils avaient partagé le sel, l'eau et le pain avec les nôtres.
Voulant prolonger la fête, ils ont sorti les haches et ils ont coupés n'importe comment et aléatoirement des arbres autour du camp. Totalement ivres morts, ils ont cherché à abattre encore du bois et se sont dirigés vers le haut-quartier. Ils ont été arrêtés, de justesse, par les gardes de la ville. Je me souviens encore des cris de ma mère qui vivaient non loin du feu de camp et qui a vu partir les oreilles rondes avec leurs outils de bûcheronnage; je me souviens de mon père, dont la cuirasse avait été littéralement fendue par un fer, heureusement sans blessure.

Quelques jours plus tard, l'armée avait reconduit jusqu'à Kendra Kâr les humains pour qu'ils soient jugés dans leur cité pour leurs crimes. A la cité des humains, rien ne s'était passé comme prévu. Des années plus tard, on me racontait comment l'ambassadeur avait été renvoyé vers la cité blanche sous les rires et les quolibets et comment les marchands avaient été libérés. Les Kendrans voulaient même forcer les elfes à rembourser les marchandises confisquées, ce qui avait été refusé catégoriquement.

Cette affaire a été le début d'un conflit diplomatique qui a fait fermé les frontières de l'Anorfain durant plusieurs siècles. Depuis, et tant que cette histoire serait connue, Cuilnen restera cachée, loin, le plus loin possible des humains.

Pour ma part, j'en étais surtout à me demander si, en deux millénaires, les kendrans avaient évolué ou étaient restés des rustres incapables de comprendre les règles et les lois de leurs hôtes. Je n'en ai pas vu depuis plus d'un siècle et les derniers que j'ai vu étaient des nobles venus négocier avec la Reine. Est-ce que le peuple a lui aussi appris la politesse et le respect de base ?

C'est sur cette question qui rythmera mes prochains voyages que je commence à recevoir les premières gouttes de pluie, je l'avais presque oublié. J'avais espéré que l'orage attendrait la nuit, ou au moins la fin d'après-midi, mais non, bien sûr. Il était à peine le midi quand je me retrouve sous des trombes d'eau. Hors de question de faire une halte nutritive sous ce temps-là. Je rattache mon voile sur mes cheveux gris et, pestant, j'avance tant bien que mal, commençant à patauger dans la gadoue du sentier.

Plus la journée avance, plus l'eau vient détremper mon chemin, plus je galère à marcher, sachant que la douleur vient paralyser mes mollets. Je m'accroche cependant, me rappelant les conseils du chasseur rencontrés hier. Puis surtout, je sais qu'un toit m'aiderait à récupérer des forces, pour la dernière journée de marche avant le port de l'Anorfain. En fait, plus la journée avance, plus c'est la possibilité d'un feu de camp et d'un abri pour la nuit qui me permettent de mettre un pied devant l'autre.

C'est finalement alors que la nuit est déjà tombée que je parviens à rejoindre la grande cabane à l'orée de la forêt. Elle est facile à trouver, d'autant qu'une agréable flamme y brille et y brûle, augurant la possibilité de me sécher et de manger chaud. C'est une surprise plutôt bonne finalement, en cette fin de journée maussade et pénible à marcher. La première bonne nouvelle depuis le réveil à l'aube, comme quoi, il ne faut jamais désespérer.

_________________
Syletha Fë-Galadh, guerrière Hiniön

Je crois qu'il faut toujours un coup de folie pour bâtir un destin Marguerite Yourcenar

Je suis aussi GM14, Lothindil, Hailindra, Gwylin et Naya

code couleur : #3984b2


Haut
 

 Sujet du message: Re: Route entre Cuilnen et Lùinwë
MessagePosté: Sam 12 Sep 2015 00:08 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Jeu 30 Oct 2014 01:07
Messages: 228
Localisation: Cuilnen
précédant


Daarel se retrouva dans une salle petite mais bien agencée. Quelques tables rondes, en bois clair, étaient disposées de façon à ne pas gêner la circulation même si la pièce était bondée, ce qui n'était pas le cas à ce moment là. Seul cinq personnes, à part le demi-elfe, se trouvait là. Tous des Hinïons, évidemment. Un se tenait seul dans le coin gauche de la salle, une chope devant lui. Deux autres se faisaient face et étaient occupés à déguster leur repas à une table sur la droite. L'aubergiste et une jeune serveuse discutaient proche du comptoir. Les rayons du soleil pénétraient par deux grandes fenêtres situées de chaque côté de la porte et éclairaient encore assez bien la pièce en cette fin d'après-midi.

Le silence se fit à son entrée. La présence d'un shaakt dans ce lieu semblait incongru. Les deux clients sur sa droite se regardèrent, haussèrent les épaules et retournèrent à leur repas. Daarel s'avança jusqu'au comptoir.

"Bonjour."
"Que peut-on pour vous ? Il semblerait que vous vous êtes perdu."

Le ton de l'aubergiste, ainsi que son regard méprisant, montraient bien que le demi-elfe n'était pas le bienvenue ici.

"Je cherche un dénommé Syndel. Le connaissez-vous?"
"Non. Autre chose ?"

Daarel ne le croyais pas. Il avait remarqué le coup d'oeil que l'aubergiste avait jeté au client assit tout seul au fond de la salle. Si celui-ci était bien l'elfe qu'il recherchait, il devait attirer son attention.

"Je suis un ami d'Altric. Il avait rendez-vous avec Syndel ici-même."
"Je ne connais ni d'Altric, ni de Syndel. S'il n'y a rien d'autre pour votre service."

L'aubergiste accompagna sa parole d'un mouvement du bras désignant la porte. Daarel ne sut que répondre. Il avait espéré que le Hinïon l'aurait amené jusqu'à Cuilnen. La cité, réputée magnifique, n'était pas accessible sans l'aide d'un guide. Il ressentit une immense déception à l'idée de devoir faire demi tour maintenant.

(Tant pis, ce ne sera pas pour cette fois. J'espère seulement qu'une occasion se représentera.)

Le demi-elfe se dirigea vers la porte le regard baissé. Il s'apprêtait à sortir quand une voix l'interpella.

"Tu es un ami d'Altric ?"

Daarel se retourna pour voir qui lui parlait. L'hinïon assis seul dans le coin gauche de la pièce lui fit signe de s'approcher et il obéit. L'elfe semblait âgé. Ses longs cheveux oscillaient entre le doré et le blanc crème. Sa peau blanche et lisse n'étaient marquées de quelques rides qu'autour de ses yeux et de sa bouche. Une grande sagesse se lisait dans son regard gris clair. Daarel s'immobilisa face à lui et attendit. L'elfe le détailla un moment en silence puis finit par dire :

"Tu ne m'as pas répondu ?"
"Je suis un compagnon de route d'Altric plus qu'un ami. Je ne le connais que depuis peu."
"Il n'est pas avec toi ?"

Daarel hésita. Il savait que cette question serait posée. Il espéra que sa voix ne le trahirait pas quand il répondit :

"Il a eu un empêchement de dernière minute. Il m'a confié sa mission."
"Quel genre d'empêchement ?"
"Je...Je ne sais pas. Il ne m'a rien dit."
"Tu n'es pas très proche de lui on dirait ?"
"Non, c'est vrai."
"Pourtant il te confie une mission de coursier importante. Il doit avoir une grande confiance en toi."
"Certainement. C'est à lui qu'il faut demander."
"Mais c'est à toi que je le demande."

Daarel ne sut que répondre. Il voyait bien que l'elfe ne le croyait pas. Il se trouvait dans une situation difficile et ne savait pas comment s'en sortir.

"Alors ?"
"Je ne sais pas. Je ne connais pas ses motivations."
"Pourquoi me ment-tu ?"
"Je..."

Bien qu'il n'éleva pas la voix, le ton de l'elfe se fit plus dur. Daarel sentit son regard le traverser et l'étudier en profondeur. Il était complètement désarmé face à lui. Pourtant, l'hinïon ne semblait pas vouloir l'accuser mais seulement découvrir la vérité. Il comprit que mentir ne servirait pas ses intérêts. Il dit alors à voix basse :

"Altric est mort."

Syndel continua à le fixer en silence. Daarel se sentait totalement nu face à lui. Il lui semblait qu'il arrivait à lire dans ses pensée et son cœur. Cette sensation était à la fois gênante et bénéfique. Au moins, il ne ressentait pas le besoin de se justifier sur ses origines. L'elfe ne paraissait pas y prêter attention. Aucun mépris ne se lisait sur ses traits. Comme pour confirmer les pensées du demi-elfe, il reprit :

"Tu es à moitié Shaakt, n'est-ce pas ?"
"Oui."
"Et je dirais aussi, Hum...voyons. Wotongoh ?"
"C'est exact."
"Drôle de mélange, ce n'est pas courant. Enfin tu ne semble n'avoir prit que du physique du côté Shaakt...et peut-être aussi des fluides. Je me trompe ?"

Daarel hésita. Il n'aimait pas avouer qu'il possédait des fluides obscurs. Pourtant, la question de l'hinïon n'était pas agressive et il se sentait en confiance avec lui. Il décida d'être sincère, du moins temps que son interlocuteur se montrerai compréhensif.

"Même si je déteste cela, je possède des fluides obscurs."
"Tu es franc, c'est bien...Je sens que tes pensées sont troublées, et qu'une bataille se déroule en toi."

(Peut-il vraiment lire dans les pensées ? C'est insensé.)

"j'ai beau tenter d'ignorer les fluides, ils sont en moi. Malgré que je prie Yuimen plutôt que Thimoros, rien n'y fait. Ils sont présent et me mènent parfois la vie dure. Je ne peux renier mes origines, même si j'aimerais vraiment pouvoir le faire."

Les mots étaient sortis sans qu'il ne s'en rende vraiment compte. C'était la première fois qu'il parlait aussi librement de lui-même. Sans savoir pourquoi, il se sentait en confiance avec Syndel. Un fin sourire apparut au coin des lèvres de celui-ci.

"Intéressant. Tu m'intrigues mon garçon. Comment t'appelle tu ?"
"Daarel."
"Eh bien Daarel, raconte moi ce qui est arrivé à Altric."

Le demi-elfe se mit à parler. Sa rencontre avec Altric, puis avec Morvan. Comment ils l'avaient attaqué et comment il les avait tué. Ensuite il parla de son ressenti d'avoir utilisé les fluides obscurs et, pour se justifier, il narra sa vie au sein des Shaakts, la mort de sa mère, son séjour chez les Wotongoh et, enfin, sa résolution d'arriver à contrôler les fluides obscurs sans pour autant en faire une arme mortelle. Les mots s'écoulaient de sa bouche sans s'arrêter et il parla jusque tard dans la nuit.

_________________


Haut
 

 Sujet du message: Re: Route entre Cuilnen et Lùinwë
MessagePosté: Sam 12 Déc 2015 23:42 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Jeu 30 Oct 2014 01:07
Messages: 228
Localisation: Cuilnen
précédant


La lueur qui filtrait à travers les volets mal fermés réveilla Daarel. La chambre que l'aubergiste avait consenti à lui loué sous l'influence de Syndel était petite mais douillette. Le lit prenait la majeur partie de la pièce. A gauche de la fenêtre se tenait une petite armoire et à droite un fauteuil à l'air confortable.

Le demi-elfe se sentait bien. Sa discussion de la veille avec l'Hinion lui avait remonté le moral. La confiance qu'il lui portait le touchait même s'il n'en comprenait pas vraiment l'origine. L'elfe avait lu dans son cœur et souhaitait l'aider dans sa quête du contrôle des fluides obscurs sans en subir de conséquences négatives. Il ne connaissait pas encore ses motivations mais cela ne l'inquiétait guère. Il ne ressentait pas de danger, même si son expérience récente avec Morvan et Altric lui dictait de rester tout de même méfiant.

(Syndel veut t'aider et il va t'ouvrir les portes de Cuilnen, profite de l'aubaine tout en restant sur tes gardes.)

Daarel se leva, s'habilla et descendit dans la salle principale de l'auberge. Syndel, assit à la même table que la veille, lui fit signe. Le demi-elfe le rejoignit et commanda son déjeuner. Etant les seuls clients, celui-ci arriva vite et ils mangèrent en silence. Quand ils eurent fini, ils récupérèrent leurs affaires et se mirent en route vers la cité des Hinions. Ils s'engagèrent sur le chemin, à quelques mètres à peine de la foret.


suite

_________________


Haut
 

 Sujet du message: Re: Route entre Cuilnen et Lùinwë
MessagePosté: Lun 1 Fév 2016 16:03 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 10 Nov 2013 19:47
Messages: 952
Localisation: Montagnes de Nirtim
Honorable résultat

Qu’il est bon de se mettre en route avec l’assurance de ne manquer de rien et le confort relatif d’un convoi de commerce assuré par des sinaris et des elfes. En cette saison, en forêt, le risque que je meure de froid ou de faim est pour ainsi dire inexistant ; ce n’est pas pour autant que je crache sur une bonne couverture et un repas chaud que je n’aurai pas à chasser, surtout après une longue journée de marche. Certains de mes compagnons ont un peu grogné en apprenant que nous allions partir si vite. En ce qui me concerne, je suis presque soulagé. Rester enclos entre ces murs, au sein de cette population étrangère et si différente, ne me plait guère. Prendre l’air, découvrir ce territoire que jusque là je n’ai jamais exploré, voilà qui me convient mieux. Arpenter les chemins sous les frondaisons de l’Anorfain, même encadré par quelques solides miliciens, vaut toujours mieux que de ne rien connaître de ces bois. Jamais je ne me serais risqué à y mettre les pieds sans autorisation, à y traquer une bête, à y abattre le moindre volatile pour mon dîner, par crainte respectueuse des archers dont on prétend qu’ils gardent les frontières de ce royaume végétal. Seul mon combat avec le shaakt, cette embuscade qui a pour lui si mal tourné, m’a conduit à l’orée de la forêt. Et je me suis empressé de poursuivre ma route.

Que moi j’aille m’user les arpions si vite sur la route, ça ne me choque pas. Mais Bravephin a l’air de me cacher quelque chose. C’est pas banal, pour un marchand, de filer si vite d’une ville à l’autre. Pas même une journée à trainer les tavernes et les grossistes, pour vendre le nectar de ses coteaux. Un tour par le marché, un tour par la milice, et nous voilà repartis. Je peux comprendre qu’il y ait à faire des secrets, et qu’on ne me dise rien. Mais alors qu’on me dise qu’on ne peut pas me dire. Faudrait voir à pas me prendre pour un lapin de six semaines. J’ai déjà assez baroudé et morflé pour flairer un truc pas net quand il se pointe. Et mon petit doigt commence à me dire que le sinari n’a pas été tout à fait honnête avec moi. Un petit mensonge par omission. Avec la bénédiction du vieux Viki, ce qui n’excuse rien, mais me rassure au moins.

Tant que les cachotteries ne me conduisent pas droit dans des emmerdes, après tout, ça me convient. Moins j’en sais, plus c’est clair pour tous, moins je risque de me faire tirer les vers du nez pas n’importe quel marle un peu plus fouineur que moi.

De loin, notre petite équipe a tout pour ne pas éveiller les soupçons. Les sinaris ne sont guère menaçants de prime abord, tous armés cependant, comme tout voyageur qui ne veut pas être à la merci du premier porteur de surin venu ; des miliciens font le trajet avec nous, pour veiller au grain, pour nous surveiller aussi, je crois ; tous les tonnelets sont solidement arrimés sur des ânes solides et placides, seules bêtes du convoi, car nous irons tous à pied. Elles portent en sus une partie des provisions, et des toiles cirées au cas où nous nous ferions surprendre par une averse. Si j’avais su, je me serais bien passé de mon achat… Pour le reste du couchage, à chacun de se démerder.

Nous allons donc nous trainer au cœur du royaume des elfes, là où peu d’hommes sont admis. Ca me fera quelque chose à raconter au vieux Viki en échange de quelques gobelets de ses bonnes bouteilles. Je me demande si ce n’est pas la seule raison pour laquelle il m’a expédié là. Avoir des yeux et des oreilles ouverts sur le monde, qui ne soient pas celles d’un gars du bourg.

Reconnaissance

_________________
* * *




Dernière édition par Jager le Ven 8 Juil 2016 15:02, édité 1 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Route entre Cuilnen et Lùinwë
MessagePosté: Ven 8 Juil 2016 15:01 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 10 Nov 2013 19:47
Messages: 952
Localisation: Montagnes de Nirtim
C'est reparti


Pas eu besoin de monter la garde la première nuit, et tant mieux : rien que pour ça, je suis reconnaissant à ces elfes, même si je ne sais pas trop à quoi m’en tenir avec eux. Ce serait pas vrai, ce qu’on raconte sur eux ? Qu’ils ne pioncent pas comme nous, qu’ils dorment que d’un œil, comme les canards ? Nous avons fait un peu moins de la moitié du chemin, nous sommes loin de la ville, dans mon élément.

Le sergent qui commande la poignée de milicien nous a fait une rapide mise au point pendant que nous nous restaurions avant de reprendre la route. La voie est tracée jusqu’à Luinwë, un sentier parmi d’autres, carrossable. Parce qu’il est fréquenté, il est connu, et pas que de nos alliés semble-t-il. Les shaakts mènent une guerre d’usure au nord, et les groupes de francs-tireurs ne sont pas rares à venir harceler les convois. Voilà quelque chose qui me parle… j’en ai fait les frais, de leur foutue rivalité, et le gars en face encore plus. Je pensais tout de même que nous serions plus tranquilles une fois lancés, surtout avec ces types en armure autour de nous. Faut croire que non.

Par contre, le noiraud qui me fera la peau pendant que je me planque au milieu du troupeau, je ne l’ai pas encore croisé. Pas question de me laisser flécher aussi bêtement. Alors quand le sergent explique qu’il va envoyer des gars pour reconnaître le terrain, je me porte volontaire. Je vois bien qu’il tique un peu, malgré toute sa maîtrise ses sourcils se froncent ostensiblement, une petite moue lui déforme le museau. Sous le manteau, il ne peut pas voir ma broche, mais peut-être s’en souvient-il ; ou encore souhaite-t-il me faire confiance. Il gardera probablement ses motivations pour lui, mais accède à ma demande, et me confie, comme à un autre éclaireur de sa race, un petit cor, avec pour consigne de ne l’utiliser qu’en dernier recours pour signaler un danger. Il a été clair sur une chose : ça ne signifiera pas qu’on viendra me chercher, mais au moins les autres auront-ils le temps de se préparer. Si je vois quelque chose, demi-tour sans me faire voir, et retour au convoi ventre à terre.

Mon objectif de reconnaissance est simple, voilà sans doute pourquoi on me l’a confié : au sud du chemin se trouve une combe où peuvent se dissimuler des guerriers et des archers, sans risquer de se faire repérer de loin, lovés dans un pli du terrain. Tout ce que j’ai à faire, c’est progresser en avant, en parallèle de la route, ne pas me perdre, trouver le creux, vérifier qu’il n’a pas été récemment occupé, revenir rendre compte. Les marchands vont me laisser une longueur d’avance, le temps de charger les bêtes, mais il faudra que je force le pas. Le sergent m’a dit de ne pas m’inquiéter, que je pourrai avaler le premier kilomètre sur le chemin, et privilégier la rapidité et la discrétion.

Alors je me suis mis en route. Quand j’ai bifurqué dans le bois pour de bon, l’atmosphère a changé, à moins que ce soit mon imagination. Personne n’a nettoyé cette forêt, ramassé de bois mort, abattu d’arbres, seuls sont passés les animaux et les feux. Le sol est riche, le couvert de feuille ne s’est pas encore complètement décomposé et bruisse à chacun de mes pas, mais assez tassé pour dévoiler les obstacles, racines, branchages. Le moindre craquement paraît assourdissant sous les branches, et fait se taire quelques instants le chant des bêtes. Des buissons, des ronces, des fossés, des trous là où un jour un arbre est tombé, arrachant avec ses racines de la terre, une bauge s’est formée près d’un tronc pourrissant, marqué par des défenses. Ca vit à plein, à cette saison, surtout ici, je crois. Ma progression dérange trois chevreuils qui s’enfuient en bonds par-dessus les broussailles et les talus dans lesquels je m’empêtrerais. En d’autres circonstances, l’un d’eux aurait pu constituer un bon dîner ; heureusement pour eux nous transportons de quoi manger. Leur présence me rassure, le vent est dans ma face, ils auraient probablement perçu une menace venant de la direction où je me dirige.

Le soleil s’élève sans troubler la fraîcheur et l’humidité du sous-bois, il faudra encore du temps pour que la chaleur monte, et tant mieux. Avec la troupe, j’aurais déjà commencé à suer. Même si j’ai laissé une part de mon bagage sur un des ânes, ne prenant que mon sac et le nécessaire pour m’en tirer au cas où je serais séparé, je reste trop lourd, trop encombré, par mes armes notamment. Si ça tourne au vinaigre, je serai content d’avoir la hache, le bouclier, et le casque pour protéger ma caboche d’un sale coup. C’est ça, la guerre… Je me souviens des mois pas si lointains où je pouvais courir les bois sans ces entraves, plus libres, chargé de mes seules proies…

« C’est p’t’êt bien les pèl’rins d’Rana qu’ont raison… Une fois qu’tu t’mets en chemin, tu changes, tout change… »

J’arrive à la combe, et identifie un bruit qui m’inquiétait déjà bien avant d’arriver en vue du lieu. Elle n’est pas vide, loin de là…

_________________
* * *




Haut
 

 Sujet du message: Re: Route entre Cuilnen et Lúinwë
MessagePosté: Sam 19 Aoû 2017 12:27 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 10 Nov 2013 19:47
Messages: 952
Localisation: Montagnes de Nirtim
La bête suspend soudainement ses mouvements, tait ses grognements, tandis qu'il m'aperçoit et me hume. Perdu dans cette combe, il me paraît immense, massif, menaçant ; c'est par contraste que m'apparaît la faiblesse qui l'accable. Sa patte est coincée dans un piège. Les deux mâchoires d'acier devaient être dissimulée dans les buissons ras qui couvrent le creux, sans trop de peine tant les feuilles mortes s'accumulent. Des chênes formant voûte tombent les brassées de glands qui ont sans doute attiré la victime de cette ruse.

J'ai beau le savoir entravé, être assez loin pour me sentir en sécurité, tandis que je l'observe, j'ai retenu mon souffle. Le brok'nud me fixe et j'ignore comment réagir.

Jamais les elfes ne piégeraient ainsi un refuge, ou tout ce que j'ai pu apprendre sur eux est erroné. Des chasseurs peut-être ? Ou ces maraudeurs shaakts que redoute la caravane ? Pour quelques voyageurs, le repli du terrain peut offrir un refuge. C'est également là que viendraient patrouiller des éclaireurs craignant une embuscade. Dans tous les cas, un marcheur peu averti pourrait poser le pied là où il ne faut pas, sans songer à sonder le tapis qui dérobe le sol à sa vue. Un animal paye pour des rivalités qui ne le concernent pas. Je vis de mes proies, de leurs dépouilles, de leur peaux. Jamais je n'ai chassé un gibier aussi redoutable et je me garde bien de les approcher. Il y a une différence entre tuer une bête et la laisser agoniser ainsi. Combien de temps avant qu'il se vide de son sang ? Que la gangrène saisisse ce membre déchiré ? Que des prédateurs, des charognards, le harcèlent, forts de sa faiblesse ?

(Yuimen, protège-le, donne moi la force et le courage de lui porter assistance.)

La prière vaut ce qu'elle vaut, pas assez pour m'ôter des tripes la trouille qui s'y est logée. Je fais un pas dans la direction de ce bloc de muscle hérissé de défenses et aussitôt il s'ébroue. Je n'en mène pas large, pas au point de mouiller mes chausses, mais... Ce que je contemple, c'est ma mort, celle de bien des chasseurs ou voyageurs imprudents, éventrés, piétinés, dévorés. Son sursaut me permet de mieux saisir la situation dans laquelle il se trouve : le léger mouvement d'ondulation sous les feuilles, le cliquètement, indiquent que le piège est relié à une solide chaîne dont je devine l'accroche à peine dissimulée à un tronc proche. Pas moyen pour le piégé de s'en aller en traînant la patte et le piège. Ouvrir ou mourir. Y a-t-il en sus du poison qui se diffuse dans le sang du malchanceux, qui pourrait contaminer ceux qui lui viendraient en aide ? Depuis combien de temps le brok'nud est-il là ?

« Désolé... Je ne peux rien faire pour toi. Je reviendrai. »

Sans un regard de plus, je m'éloigne en prenant toutes les précautions. Du bout de la hache, je sonde mon chemin jusqu'à un noisetier dont je prélève une perche assez longue et large pour fouiller efficacement devant moi. Pas question de me faire avoir de la même manière. Ce que je perds en vitesse et en discrétion, je le récupère en sécurité, j'anticipe déjà sur un retour, accompagné peut-être. Il me suffira de me placer dans le sillage que j'aurai tracé. Laisser une trace aussi évidente... c'est le comble... Pourvu que ces elfes soient à la hauteur de leur réputation et de tout ce qu'on raconte sur leur proximité avec la nature et les animaux. M'en fiche pas mal qu'ils leur parlent, qu'ils leur chantent, si au moins il y en a un qui pourrait apaiser le bestiau le temps qu'on ouvre les mâchoires du piège... S'il faut décider de l'achever... Ce n'est pas à moi de le faire. Je ne suis pas chez moi, peut-être épié. Pas question de merder.

_________________
* * *




Haut
 

 Sujet du message: Re: Route entre Cuilnen et Lúinwë
MessagePosté: Lun 25 Sep 2017 23:46 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Jeu 26 Fév 2015 21:51
Messages: 6796
Localisation: Nessima, Naora
Après avoir quitté la plaine où se posent les cynores, nous ne tardons guère à rejoindre une vaste forêt dans laquelle je m'enfonce à la suite d'Isil qui paraît connaître les environs comme sa poche. Les sentiers sont assez nombreux pour qu'il soit aisé de s'y perdre. J'ai entendu dire que nul ne trouvait la Fontaine de Vie s'il n'y était invité, je comprends mieux le sens de ces paroles maintenant que j'arpente cette sylve ancienne et apparemment sans fin. Nous ne parlons guère durant cette journée, ce qui n'a rien pour me déranger car je n'ai pas l'habitude de meubler le temps de bavardages futiles, ayant la plupart du temps voyagé seul. C'est un lieu apaisant que cette forêt, je vois au fil des heures la tension s'estomper du visage d'Isil et j'en suis ravi pour elle.

Le soir venu, nous nous installons dans une petite clairière pour passer la nuit tandis que nos compagnons se mettent en quête d'une proie. Après avoir ramassé du bois et allumé un bon feu, je sacrifie à mes habitudes comme si l'Elfe n'était pas là, me décrassant soigneusement avant de m'assurer du parfait état de mon équipement. Un peu plus tard, alors que nous partageons un repas, Isil m'informe soudain que nous en aurons pour deux semaines de marche environ, pour autant que tout se passe bien évidemment. J'incline simplement le visage avec un léger sourire aux lèvres pour lui répondre:

"Une jolie petite ballade qui nous donnera le temps de faire un peu connaissance, cela me va très bien. D'autant plus que cette forêt est splendide."

Je remets une bûche dans le feu avant de reprendre, les yeux rivés à ceux de l'Elfe:

"En parlant de faire connaissance, j'aimerais vous présenter quelqu'un."

Sans transition ni signe annonciateur, ma Faëra apparait soudain sur mon épaule, entortillée dans une mèche de ma chevelure qu'elle utilise comme un manteau pour se dissimuler à moitié. Un sourire radieux orne sa petite frimousse alors qu'elle prend la parole d'une petite voix un peu timide:

"Bonjour, Isil. Je m'appelle Syndalywë."

J'observe l'Elfe avec attention, curieux de voir sa réaction à cette apparition si rare de ma petite compagne de fluide.

L'Elfe me jette un regard surpris lorsque je parle de lui présenter quelqu'un, puis elle pousse un hoquet de surprise en écarquillant les yeux en apercevant ma chère petite compagne. Après être restée quelques secondes sans voix, Isil bredouille d'un ton quelque peu incrédule:

"Qu’est… Qui êtes-vous ? Qu’êtes-vous ?"

Sindalywë sourit de plus belle et réplique fièrement comme si cela expliquait tout:

"Je suis une Faëra!"

Je ris doucement à cette réponse, ajoutant rapidement:

"C'est une être de fluide, nous sommes liés un peu comme vous l'êtes avec Lhyrr. Elle se montre très rarement, peu de gens connaissent leur existence et..."

"Je l'empêche de faire des bêtises", me coupe-t-elle d'un ton taquin.

Je lui jette un regard faussement réprobateur, qui ne résiste guère à l'amusement qui reprend vite place sur mon visage. Ces explications, si laconiques qu'elles soient ramènent un peu de couleur sur les traits de l'Elfe qui sourit légèrement:

"Un travail de chaque instant, je n’en doute pas."

Elle reprend son sérieux avant d'ajouter:

"Je… je pensais que vous n’existiez pas."

Je hausse un sourcil à l'attention d'Isil et marmonne avec une légère gêne teintée de malice:

"Voyons, qu'allez-vous imaginer là, je suis sage comme une image."

Sindalywë, elle, explique en adoptant un petit air subitement inquiet:

"C'est le but, nous ne voulons pas que notre existence soit connue. N'en parlez pas, s'il vous plait, gardez ce secret au fond de votre coeur."

Un petit clin d'oeil, puis elle disparait comme elle est apparue. Les yeux d'Isil restent rivés un instant à l'emplacement désormais vite où elle se trouvait, puis elle me demande:

"Mais… pourquoi ? Pourquoi s’est-elle montrée à moi si leur existence doit rester secrète ?"

Je dévisage gravement l'Hinïonne en silence durant un instant avant de lui répondre:

"Je ne sais pas ce que je verrai de vous en utilisant ma vision pour essayer de démêler votre passé, mais il est probable que je découvre certaines choses que vous ne révéleriez pas à n'importe qui. Alors, à mes yeux comme à ceux de Sindalywë, il est important que ce soit un partage plutôt qu'une ouverture à sens unique, qui ne nous mènerait pas loin."

Je laisse filer un instant de silence, puis je demande doucement:

"Nous pourrions faire une première tentative maintenant, si vous le souhaitez. Vous sentez-vous prête?"

Isil m'observe un instant avant d'acquiescer en disant sobrement "Merci", puis elle laisse passer un instant avant de demander:

"Que dois-je faire ?"

Je souris légèrement et réponds:

"Cela dépend. Je dois me concentrer un moment pour avoir une vision, ensuite je pourrais simplement vous en parler, auquel cas vous n'auriez qu'à écouter. Mais je peux aussi vous montrer ce que je vois en rêve, pour peu que vous soyez dans un état de méditation similaire au sommeil. Comme vous préférez."

Laconique, sans doute parce qu'elle appréhende ce que nous pourrions découvrir, elle hoche la tête en me disant de lui montrer, une décision qui me surprend quelque peu, bien que je prenne soin de ne pas le montrer. L'idée que je puisse influencer ses rêves ne semble pas la perturber, bien que ce soit un pouvoir qui, personnellement, m'inquiéterait passablement s'il était possédé par un quasi inconnu. Mes principes m'interdisent d'utiliser ce pouvoir à la légère, mais je ne suis plus assez naïf pour ignorer qu'il pourrait être usité de manière extrêmement discutable et pernicieuse. Une fois encore la confiance qu'Isil m'accorde m'honore et me touche, ce que je manifeste simplement en portant la main droite à mon coeur et en inclinant le visage.

Lhyrr revient alors qu'Isil s'installe pour dormir, adoptant une posture vigilante qui m'indique qu'il veille sur elle. Je le fixe au fond des yeux durant quelques secondes, calme et serein, je suis content qu'il soit là et protège son amie, bien qu'elle n'ait rien à redouter de moi. Je laisse passer un moment, le temps nécessaire pour qu'elle s'endorme, puis je ferme à mon tour les yeux et plonge lentement dans l'état de profonde méditation qui me permet d'avoir des visions.

(Montre-lui ce que je verrai, Syndalywë, le plus précisément possible.)

Ma Faëra m'ayant assuré qu'elle ferait de son mieux, je commence par visualiser le beau visage de ma compagne de voyage, jusque dans ses moindres détails. Puis je me focalise sur son regard, utilisant ce reflet de son âme pour plonger dans son passé. Je me sens dériver, loin, de plus en plus loin, en quête de l'instant qui pourrait me révéler l'origine de son lien avec Lhyrr, que je considère comme une clé essentielle à la compréhension du présent.

L'univers devient gris, cotonneux, indiscernable. Je ne vois plus que ses deux prunelles couleur de nuit, seuls repères dans les brumes du temps. J'ai la sensation diffuse qu'il change peu à peu, qu'il devient plus dur, plus profond aussi d'une certaine manière, reflets d'une âme identique et pourtant autre, reflet d'une autre vie sans doute. Au prix d'un puissant effort de volonté, je contrains à faire reculer ma vision de manière à voir celle qui possédait ces yeux si subtilement différents, jusqu'à la distinguer enfin, avec une partie de ce qui l'entoure. Je sens mon coeur sombrer à cette vision, seule la présence de ma Faëra et la fusion de nos âmes me permet de garder mon esprit focalisé sur la scène terrible, déchirante, qui se dévoile.

Je vois Isil, celle qu'elle était jadis, une Ermansi à la peau dorée d'une beauté à couper le souffle, enchaînée à une espèce d'autel de pierre sombre. Ses yeux sont emplis de rage, mais aussi de terreur, son corps aux trois-quarts dénudé est couvert de marques de coups, de lacérations, de sang qui trace sur elle de sinistres arabesques. Un être est penché sur elle, un Sindel de haute taille et de grande prestance, je ne discerne par parfaitement ses traits mais je vois le sourire sardonique qui tord ses lèvres. Un peu en retrait, il y a quelqu'un d'autre, une silhouette plus massive, inquiétante, une ombre parmi les ombres dont je pressens qu'elle a une importance cruciale dans cette vision, sans parvenir à définir laquelle pourtant. Je tente de forcer ma vision afin de discerner ses traits mais ils se dérobent sans cesse et, brutalement, je reviens au présent, le coeur battant à tout rompre et les temps couvertes de sueur.


Je vois du coin de l'oeil Isil qui se redresse en sursaut et tend quelques instants après vers son Loykarme qui, à ma profonde surprise, fuit le contact en reculant et s'envole sans demander son reste. Encore profondément perturbé par cette scène que je viens de voir, je me garde de prononcer le moindre mot, n'en trouvant de toute manière aucun qui puisse être de la moindre pertinence dans l'immédiat. L'Elfe finit par se tourner vers moi et pousse un long soupir avant de bredouiller:

"Désolée, je ne pensais pas que… je ne savais pas."

Mon regard, jusque alors rivé aux flammes, se perd un instant dans les ombres de la sylve avant que je ne me décide à le reposer dans celui d'Isil que je dévisage en silence durant de longues secondes avant de répondre à mi-voix:

"Vous n'avez pas à être désolée, Dame. Je...ça va, vous?"

Elle secoue la tête, comme pour chasser ces souvenirs, avant de ramener ses jambes vers son corps, d’enrouler ses bras autour et de poser sa tête sur ses genoux.

"Oui. Non… Je ne sais pas."

Elle semble retenir sa respiration un instant, avant de la relâcher pour avouer:

"Non. J’ai l’impression de me retrouver avec plus de questions encore."

Je me lèverais pour aller près d'elle et la prendre dans mes bras afin de la réconforter, si je l'osais, mais je n'ai pas oublié son geste de recul lorsque j'ai simplement esquissé le geste de lui frôler la joue sur le cynore, alors comment interpréterait-elle cela? Mal sans doute, si bien que je me fais violence pour rester aussi immobile qu'une statue, forçant mes traits à redevenir rigoureusement impassibles. Seuls mes yeux trahissent peut-être légèrement la compassion mêlée d'une sorte de tendresse indéfinissable que j'éprouve, mais sans doute ne le verra-t'elle pas, rares sont ceux capables de percer les expressions de mes prunelles. Je finis par remarquer doucement:

"Il y avait une troisième personne, massive, sombre. Je n'ai pas réussi à voir ses traits, ni même à définir à quelle race il appartenait. Mais nous savions que nous ne découvririons pas les réponses en une soirée, demain...demain je pourrais essayer d'en voir davantage."

Isil détourne le regard après avoir croisé le mien, resserrant ses bras un peu tremblants autour de ses jambes en acquiesçant à ma proposition de tenter d'en savoir plus le lendemain. Elle me demande ensuite si ces visions sont exigeantes pour moi, une question à laquelle je réfléchis soigneusement avant de me décider à répondre d'une voix neutre en fixant à nouveau le feu:

"En soi, non, cela nécessite juste beaucoup de concentration."

Je relève lentement les yeux vers ceux de l'Elfe avant d'ajouter d'un ton un peu hésitant:

"Mais je savais que...que c'était vous sur cet autel...et Lhyrr qui se tenait au-dessus de vous."

Isil hoche la tête à mes premières paroles, puis détache son regard du feu aux secondes en s'efforçant tant bien que mal de m'adresser un sourire rassurant:

"Oui, il semblerait que notre passé ne soit pas des plus lisses. Quoi qu’il en soit, merci, Tanaëth, du fond du cœur."

Je chasse ses remerciements d'un petit signe de la main indiquant qu'ils ne sont pas nécessaires, geste que je tempère d'un sourire légèrement amusé:

"Fade et ennuyeuse, voulez-vous dire? Je me doutais vaguement qu'elle ne le serait pas, vous connaissant tout de même un peu. Ce qui tombe bien, j'ai horreur de la monotonie et je ne crois pas courir grand risque que ma vie le devienne à vos côtés."

Mes paroles ramènent un sourire un peu plus vrai sur le visage d'Isil qui réplique:

"Dormez, Tanaëth, et encore merci. Je monterai la garde, cette nuit."

J'incline simplement le visage, comprenant qu'elle aura du mal à retrouver le sommeil après ce qu'elle vient de voir et, après un sourire tranquille, vais m'installer en tailleur dos contre un arbre pour me ressourcer quelques heures en méditant.


Haut
 

Afficher les messages postés depuis:  Trier par  
Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 75 messages ]  Aller à la page Précédente  1, 2, 3, 4, 5


Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 0 invités


Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets
Vous ne pouvez pas éditer vos messages
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages

Aller à:  
Powered by phpBB © 2000, 2002, 2005, 2007 phpBB Group  

Traduction par: phpBB-fr.com
phpBB SEO

L'Univers de Yuimen © 2004 - 2016