L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Route entre les Duchés des Montagnes et Omyre
MessagePosté: Lun 12 Fév 2018 18:01 
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Localisation: Duché d'Amaranthe
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La descente sur l'étroit sentier menant au temple se déroula sans encombres, laissant Kurgoth penser que les pillards ne s'y étaient pas installés très récemment et avaient pris le temps de bien reconnaître les dangers de ce chemin escarpé. Bien que les journées hivernales étaient très courtes, les garzoks arrivèrent au pied du mont suffisamment tôt pour installer leur campement avant la tombée de la nuit. Le barbare, par soucis de sécurité, répartit ensuite ses troupes en six groupes équilibrés devant se relayer pour monter la garde. Comme il ne les connaissait pas individuellement, le chef de clan les laissa choisir le groupe dont ils voulaient faire partie et l'heure de leur garde. Comme il fallut s'y attendre des garzoks, certains choix furent décidés à la force des poings et Kurgoth s’abstint d'intervenir, tant que le camp était gardé, cela lui suffisait. Afin de se faire bien voir des peaux-vertes, il ajouta la viande qui lui restait de son brok'nud au cadavre de sa victime matinale pour le repas commun. S'il savait que la plupart des guerriers lui en voulaient d'avoir refusé d'attaquer Amaranthe, cette initiative sembla le faire remonter dans leur estime et le prêtre savait que même s'il avait vaincu Olur, il n'était pas exclus que l'un de ses sous-fifres ne tente de le tuer pour prendre sa place.

Au matin, Kurgoth leur imposa à nouveau la prière à Thimoros et bien que tous s'allongèrent sur le sol dans la position qu'il leur demandait, beaucoup semblaient encore hostiles à cette pratique. La prière terminée, les pillards plièrent bagage et reprirent leur chemin à travers bois jusqu'à la mi-journée, quand leur chef leur fit signe de s'arrêter. Le barbare crut en effet entendre des voix humaines et arrêta immédiatement sa troupe pour écouter. Tous purent entendre ces voix ainsi que des bruits ressemblant à coups contre des planches de bois, résonnants entre les troncs. L'un des garzoks s'approcha alors de son meneur.

"Il doit s'agir du camp de bûcherons que nous avons attaqué il y a quelques jours. Inutile de s'attarder, il n'y a plus rien à piller ici."

"Bien sûr qu'il s'agit de ce camp, comment crois-tu que je vous ai trouvé? Ce doit être une patrouille de gardes, envoyés pour constater les dégâts. Moins nombreux que nous et possédant sûrement quelques vivres. Fait passer aux autres, c'est pas Amaranthe mais on va quand même les attaquer."

Le pillard sembla immédiatement s'enthousiasmer du combat à venir et transmit le message à son compagnon le plus proche, qui le transmit lui-même aux garzoks adjacents, le transmettant à leur tour et ainsi de suite. Kurgoth agita son bras gauche dans les airs afin que tous puissent le voir, alternativement dessinant un cercle et pointant une direction. Ses troupes semblèrent comprendre l'idée de la consigne et commencèrent à se disposer en arc de cercle autour du camp en ruines. Avançant accroupis dans la neige épaisse pour se camoufler, les peaux-vertes prirent position à l'orée de la clairière, laissant environ cinq mètres entre chaque assaillant. L'opération prit un certain temps et durant tout le trajet Kurgoth sentit la neige poudreuse qu'il déplaçait venir s'engouffrer dans les ouvertures de son équipement, fondant au contact de sa peau plus chaude et le faisant tressaillir lorsque l'eau, tout juste liquide, coulait le long des stries de ses muscles.

Au centre de ce qui était, il y a encore quelques jours, un campement de bûcherons, se tenaient cinq soldats dont un monté sur un cheval, probablement leur chef. La monture était trapue, bien plus adaptée au rude climat local et aux chemins forestiers encombrés qu'aux galops épiques tels que les humains aimaient les raconter dans leurs histoires. Son cavalier, quant à lui, semblait impatient de quitter les lieux et ne cessait de resserrer autour de lui l'épaisse cape de peau dans laquelle il était emmitouflé. Ils étaient si peu nombreux, cela semblait si facile. Au moment de lancer l'assaut, Kurgoth hésita un moment alors qu'il avait déjà sa kikoup et sa kitranche en mains. Ses armes, sa kitranche particulièrement, étaient de médiocre facture, bien en deçà de l'arme à deux mains de son mentor. Il n'avait jamais manié d'armes aussi imposantes, aussi, poussé par sa curiosité et la facilité du combat à venir, il décida de ranger ses armes pour s'armer de l'énorme kitranche qui collait mieux à l'image habituelle du chef de clan de pillards que connaissait les humains et aiderait sans doute à les effrayer.

Le barbare bondit alors hors du manteau neigeux en rugissant et se précipita vers les gardes humains suivit de près par les autres garzoks, émergeant du bois à l'unisson en hurlant. Tandis que le chef humain criait des ordres et que ses gardes firent front devant lui en levant leurs boucliers, les troupes de Kurgoth avançaient dans la neige épaisse avec une vitesse étonnante, au prix d'efforts éreintants. Mais alors que le prêtre de Thimoros avait dépassé les premières ruines de bois brûlé et n'était plus qu'à une dizaine de mètres des gardes, il s'écroula sur le sol, une violente douleur traversant subitement sa jambe. Se retournant au sol pour voir l'origine de cette douleur, il vit une flèche traverser son mollet de part en part. Lorsqu'il releva sa face, ridiculement recouverte d'un masque de neige lors de sa chute, il entrevit, dans les décombres d'un bâtiment de bois, un archer ré-armant son arc. Le barbare, affrontant la douleur lancinante, se releva et hurla à ses guerriers:

"Dans les décombres! Des archers! Massacrez-les!"

Les pillards les plus avancés n'avaient alors plus d'attention que pour les gardes sur lesquels ils étaient sur le point de se jeter sauvagement, mais ceux ayant pris un léger retard durant la charge, que ce soit parce que la neige était plus épaisse ou parce qu'ils courraient simplement moins vite, changèrent sur-le-champ de trajectoire et se dirigèrent vers les constructions en ruines pour en déloger les occupants. De son côté, Kurgoth s'arracha la flèche du mollet non sans un grognement puis, après l'avoir brisée en deux en la serrant dans son poing, se rua vers le responsable de ce tir, ignorant sa blessure. L'archer tira une flèche qui siffla aux oreilles du barbare avant de toucher un autre pillard puis, constatant qu'il était repéré, recula dans les décombres hors de la vue du chef de clan. Lorsque le barbare défonça la porte noircie et branlante d'un puissant coup d'épaule, l'humain se jeta sur lui avec sa kikoup courte. Le garzok massif fit un pas de côté in extremis et la lame, plutôt que de pénétrer sa chair, entailla son gilet de cuir et entraîna son porteur la tête la première dans la neige, hors du bâtiment de bois effondré.

Profitant du temps nécessaire à l'archer pour se relever, Kurgoth examina la situation aux alentours qui semblait avoir totalement basculé en sa faveur. Le chef humain et ses gardes étaient submergés par une vague verte comportant trois à quatre fois plus de guerriers qu'eux au centre du campement et le reste des pillards commençaient à ressortir des constructions, leurs armes ensanglantées. Le massif garzok brandit alors la lourde lame dans les airs, prêt à trancher en deux l'archer inexpérimenté, quand un des siens s'interposa en se glissant entre lui et sa cible. Il s'agissait qui était déjà venu lui parler avant qu'il n'ordonne l'assaut du campement, mais cette fois-ci son impertinence ne plut pas du tout à Kurgoth qui le menaça.

"Dégage de mon chemin si tu veux pas finir tranché en deux avec la vermine humaine!"

"Attendez chef, écoutez-moi. Il faut en laisser au moins un en vie!"

"Foutaises, qu'ils meurent, ils ne te traiteraient pas autrement! Vous vouliez piller n'est-ce pas? Alors ne prenons pas le risque de garder des survivants, dégage!"

"Chef Kurgoth, tous les pillards laissent des survivants! Sinon comment les humains sauront-ils qui est responsable? Votre nom sera ainsi connu et craint, comme celui de Thimoros."

La mention de son dieu sembla calmer le prêtre qui abaissa son arme, réfléchissant pour savoir ce qu'aurait fait le dieu de la guerre. Le prêtre n'avait jamais entendu, lui sembla-t-il, que Thimoros fut de ceux laissant derrière lui des survivants du temps où il parcourait Yuimen. Mais être craint au même titre que son dieu, savoir que son nom pouvait terrifier les alentours, cela plaisait au barbare. Si cela pouvait l'exposer au risque d'être chassé par le seigneur local, cela ne le mettrait guère plus en danger qu'il ne l'était déjà, les humains tuant à vue tout ce qui pouvait se rapprocher d'un garzok ou d'un sekteg. En outre, il rentrait dans les terres omyrhiennes et serait déjà loin le temps que le messager retourne vers son maître pour lui annoncer la nouvelle. Tandis qu'il réfléchissait, les combats se terminaient autour de lui et les troupes commencèrent à se rassembler.

"Très bien humain, tu vivras, le temps de porter un message à ton seigneur. Et toi guerrier, comment t'appelles-tu?"

"Lurbuk."

"Dans ce cas allume un feu et fais-y chauffer la lame de ma kikoup. Les autres, rassemblez les corps, partagez-vous les armes et entassez la viande sur le cheval! Il nous aidera à tout transporter."

Le butin fut maigre, il n'y avait qu'une dizaine de soldats et quelques querelles éclatèrent lorsqu'il fallut s'attribuer les meilleures pièces d'équipement. Deux guerriers vinrent également arracher brutalement l'armure du soldat épargné dont l'arme fut également volée. Après que le partage fut effectué et puisqu'il n'y avait pas participé, il ne resta à Kurgoth que quelques objets en piteux état. Il y avait également quelques provisions, mais les corps des vaincus constitueraient la principale source de nourriture pour le voyage à venir. De son côté, Lurbuk pris l'arme que Kurgoth lui tendait et s'attela à rassembler quelques morceaux de bois que la neige n'avait pas détrempé pour allumer un feu de camp fébrile avant d'y plonger la lame comme lui avait ordonné son chef. Lorsque l'arme fut chauffée, le prêtre traina sa victime jusqu'au foyer autour duquel ses pillards s'étaient rassemblés. Le jeune humain tremblait à la fois de peur et de froid, son manteau ayant été arraché en même temps que son armure et n'ayant nulle part où fuir puisqu'il se retrouvait encerclé.

Le barbare ne cacha pas sa déception lorsqu'il posa le doigt sur sa kikoup pour évaluer sa température, mais il savait qu'il serait compliqué d'obtenir un meilleur résultat avec ce qu'ils avaient à leur disposition. Il dégaina alors sa kitranche à deux mains et, sans prévenir, trancha net un bras de l'humain. Ce dernier hurla à la fois de surprise, de douleur et de terreur. Il pensait qu'il serait renvoyé dans le froid hivernal jusqu'à Amaranthe, mais ne s'attendait pas à être ainsi mutilé. Tandis qu'il se recroquevillait dans la neige, sanglotant en tenant son moignon d'où le sang coulait à gros bouillons, un nouveau hurlement lui fut arraché lorsque Kurgoth utilisa sa kikoup pour cautériser la plaie béante.

"Ceci n'est rien pour notre dieu Thimoros! Quiconque d'entre vous défiant mon autorité ferait mieux de prier tous les dieux qu'il connaisse afin d'être traité comme cet humain, car je lui réserve bien pire. Quand à toi, dont les semblables nous chassent comme des animaux, tu diras à ton seigneur que son armée ne fait pas le poids face à la reine noire, et qu'il devrait se soumettre s'il ne veut pas risquer la vie de son peuple."

Tout en parlant, Kurgoth maintenait sa lame sur la plaie et la jeta à nouveau dans les flammes à la fin de sa déclaration. En un sens, il n'avait pas tort, comment un petit duc pouvait-il espérer contrer l'armée oaxienne s'il ne pouvait empêcher un groupe de pillards de ravager ses terres? Il se gardait bien en revanche de parler du fait que l'armée entière aurait bien du mal à parvenir si loin de la frontière sans rencontrer l'armée impériale en chemin. Le barbare avait par ailleurs bien écouté son guerrier et comptait terrifier l'humain afin de bâtir sa réputation tout comme il avait vu les chefs de clans le faire dans sa jeunesse. S'il venait à être capturé, il ne serait pas plus mal traité que s'il était inconnu, mais la peur chez ses ennemis pourrait sans doute l'aider dans un futur combat, du moins, c'était ce que répétait Romthaars’t aux fanatiques du temple d'Omyre. Le prêtre leva à nouveau sa kitranche à deux mains et trancha l'autre bras de sa victime avant d'y appliquer à nouveau la lame brûlante de sa kikoup.

"Raconte bien à ton maître ce qui s'est passé ici. Décris-lui toute la sauvagerie avec laquelle nous avons mis en pièce tes compagnons et comment nous les dévoreront comme du vulgaire gibier. N'omets aucun détail de la terreur qui t'habite et n'oublie pas de lui dire qui a dirigé tout cela. Kurgoth. Retiens bien ce nom comme celui du monstre qui a ruiné ta vie et viendra dévorer les tiens s'ils résistent à la reine noire, Kurgoth."

"Le Cruel! Kurgoth le Cruel!"

Le garzok qui avait ainsi pris la parole n'était autre que Lurbuk. Son intervention ne manqua pas de faire se serrer les poings du barbare, mais celui-ci réalisa que contrairement aux autres meneurs garzoks qu'il avait côtoyé, il n'avait pas de titre descriptif associé à son nom. "Le Cruel", Kurgoth le Cruel, dans le fond pourquoi pas? Sans être original, cela pouvait effrayer et il serait difficile de trouver un être à qui un tel titre conviendrait mieux qu'à un prêtre de Thimoros.

Le chef de clan n'avait plus rien à faire dans ce camp dévasté. Ses troupes avaient réunies les provisions, y compris les bras nouvellement tranchés qui furent bien vite récupérés, et son messager connaissait à présent sa mission. Kurgoth rangea alors ses armes et tourna les talons. Suivit par ses semblables, certains blessés, aucun n'ayant succombé, mais surtout tous satisfaits d'avoir pu combattre, il s'enfonça dans les bois enneigés, reprenant son chemin vers le col de Lebennon et la cité noire en laissant derrière lui un humain mutilé, terrorisé et à moitié nu avec un message à délivrer.

2503mots

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'Cause I'M TheGentleMad and THAT makes me JUST BETTER... Think about it ;)
"Que quiconque pensant que la générosité est incompatible avec le culte de Thimoros révise son jugement, nul n'est plus généreux en ce monde qu'un serviteur du dieu de la guerre répandant la souffrance." Kurgoth Barbare Garzok
Gloire au chibi!


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