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 Sujet du message: Re: Route entre les Duchés des Montagnes et Omyre
MessagePosté: Jeu 6 Oct 2016 18:29 
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Prologue


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Pour bien comprendre comment je suis devenu l'homme que je suis aujourd'hui, faut déjà que je vous raconte comment j'ai fait la connaissance de Daëlle. Et ça implique de vous raconter comment j'ai entendu parler d'elle la toute première fois.

Ca faisait près de deux semaines que mon village avait cramé, et après avoir chialé comme la petite pucelle que j'étais pendant des jours, je me suis retrouvé à changer complètement d'optique. Voyez-vous, je pense qu'un homme a besoin d'un but pour vivre, quand il en a pas il se retrouve à compter les nuages toute la putain de journée, un peu comme je faisais quand j'étais encore dans les jupons de maman. Sauf que pour un fils de paysan, le but il est un peu tout tracé, t'as pas vraiment ton mot à dire : tôt ou tard faudra reprendre la baraque et faire la même chose que ton paternel... Qui a fait pareil que son paternel, qui a fait pareil que son paternel, et ainsi de suite jusqu'à... très loin, généralement. Mais bon du coup, sans famille, sans maison, sans terre, c'était un poil à l'eau, comme objectif. Sauf qu'avec tout mon village fraîchement massacré devant ma gueule, bah le but de remplacement j'ai pas mis des mois à le trouver : j'allais claquer du Kendran. Bon, avec le recul je reconnais que c'était un peu débile, et, oui, je sais ce que vous allez me dire, Omyre aurait fait la même chose dans le cas de Kendra Kâr. Globalement c'est un peu les deux mêmes connasses ces cités, je suis d'accord. Mais bon ça avait beau être circonstanciel, c'était bien ces connards de bourgeois du Sud qui m'avaient volé ma vie, alors faut comprendre que j'étais un peu remonté contre eux.

Alors du coup, je chiale quelques jours, donc, et là, comme un débile, je fonce droit sur le premier campement militaire Omyrien que je trouve sur mon chemin. Bon on est d'accord, j'étais pas une flèche, mais en même temps les seuls garzoks que j'avais croisé jusque là, à part parler fort et se foutre des marmites de bière dans la gueule à neuf heure du matin, ils étaient pas si effrayants que dans les histoires. Bon j'ai appris plus tard que c'est parce qu'on avait vraiment hérité des moins débiles, et qu'ils avaient pour ordre express de pas s'en prendre à nous, mais bon du coup faut comprendre que quand j'ai cherché à me venger de Kendra Kâr ça m'a paru logique d'aller les voir.

Donc à mi-chemin entre les ruines de mon village paumé à la frontière thorkin et Omyre, je tombe sur un petit patelin qui sert de garnison à des dégénérés d'orcs tant qu'ils sont pas appelés au front. Un genre de petite caserne de relève pour se pointer vers Mertar le plus vite possible au besoin. Eeeet... Et en y repensant, avec le recul, je m'en suis quand même tiré à bon compte. Parce que, outre l'immense claque que je me suis pris dans la gueule par la sentinelle quand il m'a vu débarquer, j'ai pas vraiment ramassé. Comme quoi ces brutes d'orcs, ces brutes d'orcs... Bon je vous cacherais pas que maintenant que je maîtrise la langue, je me rends compte qu'il a été question de me foutre au repas du soir à un moment... Mais quoiqu'il en soit je suis reparti de là entier, et avec une bonne info en prime. Excellente, même, puisqu'elle a influencé le reste de ma vie.

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 Sujet du message: Re: Route entre les Duchés des Montagnes et Omyre
MessagePosté: Mer 2 Nov 2016 19:12 
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Luminion, enfin. C'était la seconde fois que la jeune femme se reposait dans la cité frontalière après avoir récupéré une relique du Chasseur d'Ombres. La première fois, elle venait de tuer une horde de morts-vivants et un nécromancien légèrement instable dans un village du duché et avait été accueillie assez chaleureusement par les habitants de la ville et, surtout, par les miliciens. Ce qu'elle ne savait pas, cependant, c'était qu'après son départ les Luminais lui avaient trouvé un surnom des plus... spectaculaire. Et ainsi, quand elle avait foulé la ville dans le but de se reposer une nuit ou deux à la milice, elle avait eu la surprise de se faire appeler « Purificatrice » par les citadins la reconnaissant. Johan avait ri, Camille s'était gentiment moquée et Anastasie avait passé tout le trajet des portes de la ville à la milice à rentrer sa tête entre ses épaules pour passer inaperçue. En vain.

Heureusement, les soldats furent plus discrets. Etant considérée comme amie de la milice de Luminion, ils consentirent à héberger les trois voyageurs pour la nuit, à leur fournir un bain chaud et à laver leurs vêtements. L'eau était, évidemment, noire après le passage des deux jeunes femmes. La Comtesse en profita pour recouper ses cheveux, qui commençaient à devenir intégralement blancs. Les racines avaient été touchées par les fluides de lumière, et les quelques mèches qui n'avaient viré que blondes commençaient petit à petit à décolorer, vieillissant par la même ostensiblement la jeune femme d'à peine vingt-deux ans. Elle devrait bientôt choisir entre les laisser tels quels et les teindre, ce qui impliquerait de renouveler le procédé régulièrement si elle ne voulait pas avoir l'air négligée. Aussi la première solution s'imposa d'elle-même sans trop de difficulté ; elle avait depuis longtemps renoncé à rester aussi belle et désirable que lorsqu'elle n'était qu'une noble parmi tant d'autres, et une crinière blanche assumée serait indéniablement plus attrayante qu'une chevelure brune ou blonde mais aux diverses mèches incolores.

Quelques jours plus tard, ils arrivèrent finalement à Akinos, où leur chemin devait se séparer. Après la nuit, Camille et Johan partiraient pour Kendra Kâr pour faire un rapport sur leur mission au Temple de Gaïa, mais Anastasie, elle, partirait en direction du Château d'Endor. Elle leur avait également confié une missive à déposer au Domaine Terreblanc, dans laquelle elle tâchait de rassurer sa pauvre mère qu'elle n'avait pas visitée depuis plusieurs mois. Elle avait laissé une noble douce et incapable partir, elle récupérerait une guerrière accomplie ayant échappé à la mort de nombreuses fois. Le choc serait rude – quoiqu'elle avait déjà été prévenue des expéditions de sa fille.

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 Sujet du message: Re: Route entre les Duchés des Montagnes et Omyre
MessagePosté: Dim 22 Jan 2017 12:31 
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Cela faisait maintenant quelques jours que Kurgoth avait laissé derrière lui le camp de bûcherons en ruines et un messager agonisant. Etant à présent potentiellement poursuivit par le groupe de pillards auquel il appartenait et assurément recherché par les autorités humaines environnantes suite à son attaque sanglante, il devait quitter ces montagnes et retourner dans ses terres natales: les plaines sauvages de l'Omyrhie. Bien qu'il était en fuite, il ne voulait pas perdre ce temps aussi s'entraînait-il tout en progressant parmi les conifères. Furieux contre lui-même après son lancé d'arme digne d'un manchot maladroit, il passait son temps à lancer tour à tour sa kikoup ou l'une de ses kitranches en direction des troncs qu'il croisait avant de soigneusement les récupérer, la majorité du temps au sol, mais jour après jour plus fréquemment plantées dans le bois.

Cette nuit là, il avait planté sa tente dans la forêt enneigé, car son endurance avait encore des limites, tout garzok qu'il était. Il profita donc de la nuit, durant laquelle les risques d'attaque humaine étaient fortement réduits, pour se reposer. Si ses anciens camarades l'avaient suivi jusqu'au camp qu'il avait parsemé de cadavres, les garzoks auraient eu affaire avec les gardes humains sensés arriver peu après son départ et auraient éventuellement stoppé la poursuite, sa vie n'ayant pas suffisamment de valeur pour le traquer trop longtemps. Ce n'était pas la première nuit durant laquelle il dormait depuis sa fuite, et puisqu'il n'avait toujours pas été attaqué, son sommeil se faisait de plus en plus calme et reposant malgré sa situation encore précaire. Il n'oubliait pas de prier les dieux, Thimoros, dieu de la guerre, et sa fille Oaxaca, déesse de la terreur, pour qu'ils lui pardonnent son blasphème, Phaïtos pour qu'il ne l'appelle pas à lui avant l'aube et Ter Zignok pour le remercier de l'irdak qu'il avait attrapé durant la journée et lui demander de continuer à lui faire profiter des ressources de la nature sauvage tout en le protégeant de ses dangers.

Il avait profondément dormi cette nuit-là, trop profondément, son sac de provisions avait disparu à son réveil. Émergeant paniqué de sa tente, il remarqua rapidement une large trace dans la neige, quelqu'un ou quelque chose avait traîné son sac. Rangeant rapidement, mais cette fois-ci correctement, sa tente et s'équipant de ses armes, il n'identifia pas le curchran enneigé à côté duquel il avait passé la nuit et suivit la trace profonde laissée dans le manteau blanc de la forêt. Bien que Kurgoth n'était pas un bon pisteur, la neige aidant, il arriva à suivre les traces laissées par le voleur. C'est d'ailleurs grâce à des traces, elles aussi laissées dans la poudreuse, qu'il avait tué sa proie la veille... Il commençait d'ailleurs à penser que c'était l'odeur de cette viande qui avait attiré un prédateur pendant qu'il était assoupi. Mais quel prédateur avait donc pu lui voler ses provisions? Si l'animal ne pouvait soulever le sac, il s'agissait probablement d'un petit carnivore tel un asternia, mais celui-ci avait-il seulement la force de bouger le sac? Tout ce qu'il espérait en son for intérieur, c'est qu'il ne s'agissait pas d'un grizzly, auquel cas il devait se résigner à lui abandonner ses victuailles. Après plusieurs heures de marche dans un terrain péniblement praticable, il finit par trouver son sac au sol entourés de traces animales. Il n'était pas suffisamment curieux pour prendre le risque de tomber nez à nez avec un voleur, possiblement capable de l'abattre d'un coup, qui se serait tapis en l'entendant arriver. Il avança donc rapidement pour récupérer ses biens avant de filer. Mais au moment ou sa main se refermait sur le garde-manger de toile, il entendit un bruit de pas étouffé par la neige juste derrière lui.

L'instant suivant Kurgoth avait roulé au sol et ne devait à présent sa survie qu'au fait qu'il avait réussi à glisser sa lance in extremis entre sa gorge et la gueule de son assaillant. Il était à présent cloué au sol par un loup qui mordait violemment dans le manche de la lance qui l’empêchait d'atteindre sa proie. Une fois le choc initial passé, durant lequel il ne pouvait que ralentir la progression des crocs vers sa trachée, le garzok parvint, en regroupant ses forces, à repousser le canidé en faisant brusquement pivoter son arme sur le coté.
Les deux carnassiers se relevèrent de concert et se faisaient à présent face, chacun exposant à l'autre ses mâchoires acérées. L'inquiétude grandissait dans l'esprit de Kurgoth. Les loups vivaient en meute, rarement en solitaire, et le bipède ne souhaitait pas découvrir si celui-ci avait effectivement une troupe dans les alentours. Comme s'il avait lu dans le regard de son ennemi, l'animal poussa un long cri qui semblait appeler ses congénères. Ce long hurlement hérissa les poils et cheveux du garzok qui tressaillit en l'entendant. Ne pouvant se permettre le luxe de perdre plus de temps ici, il chargea et enfonça sa lance dans le poitrail de la bête alors qu'elle terminait son dernier appel, empalée.

Alors qu'au bout de la lance le corps tombait mollement dans la neige encore immaculée, dont la surface poudreuse voleta jusqu'au visage de son meurtrier, des réponses lancées dans le vent à destination de la dépouille atteignirent les oreilles du bourreau. Ce dernier ne pouvait plus fuir, il allait devoir affronter la meute s'il ne voulait pas être chassé à la manière d'une vulgaire proie et dévoré en étant encore vivant. Ils étaient cinq et parmi eux le mâle alpha recouvert de sang jaugeait l'intrus qui avait pénétré sur son territoire, se tenant sur une petite butte aux cotés de sa partenaire pendant que le reste du groupe commençait à encercler la menace.

(S'il est aussi blessé qu'il en a l'air, il ne devrait pas attaquer. Tâchons de rester en vie, si j'arrive ne serait-ce qu'à les blesser il se replieront puisqu'ils n'ont pas de chef capable de mener l'attaque)

Prenant l'initiative, Kurgoth lança sa kikoup en direction du dominant qui semblait avoir les flancs et le dos lacérés par des coups de griffes et de profondes morsures mais, malgré son état, celui-ci fit un rapide pas en arrière et la lame, manquant sa cible, atterrit entre ses pattes. Aucun aboiement ne lança l’assaut, la lame projetée avait fait reculer le couple dominant mais avait également sonné la charge pour les trois autres membres du groupe. Le garzok décrivit alors un demi-cercle devant lui avec sa lance ce qui eu pour effet d'arrêter la course des carnivores. Profitant du court instant avant qu'ils ne se jettent sur lui, les doigts de sa main gauche glissèrent sur la tête de la kitranche rangée à sa ceinture et la projetèrent subitement sur les loups. Cette arme ne parvint pas à fendre un crâne comme son propriétaire l'aurait souhaité mais sa tête en acier provoqua un léger craquement lorsqu'elle heurta une patte avant de sa cible qui n'avait pu l'éviter, la mettant dès lors hors de combat.

Kurgoth avait réussi, il avait touché un adversaire en combat en projetant son arme et était très fier de son acte, même si sa technique n'était toujours pas au point. Encouragé par son demi-succès qui représentait beaucoup pour lui, il réussit à éviter un canidé se jetant sur lui en interposant sa lance mais celle-ci lui échappa. Le suivant le mordit à la jambe et, le tirant de toutes ses forces, le fit basculer au sol tandis que celui qu'il venait d'éviter finissait sa course dans l'épaisse couche neige, laissant tomber l'arme qu'il tenait dans sa gueule, avant fondre droit sur sa gorge. Utilisant sa jambe libre pour faire lâcher prise au loup qui l'avait mis à terre à grands coups de botte au visage, il réussit à se libérer mais sa lance se trouvait à présent hors d'atteinte. A peine eut-il le temps de se relever et de dégainer une seconde kitranche que la bête l'ayant mis à terre et celle qu'il avait esquivé de justesse étaient à nouveau sur lui. En accueillant une d'un coup de kitranche porté directement à la tête, il fut une fois de plus projeté au sol dans une situation précaire.

Sa dernière arme se trouvait coincée entre son large dos et le manteau neigeux et il ne pouvait l'atteindre car ses doigts se trouvaient dans la gueule de son assaillant. Le dos de ses mains plaquées contre son cou par la puissante morsure de l'animal, il sentait la salive du carnassier mêlée à son propre sang couler jusque dans sa nuque avant d'humidifier la neige dans laquelle il était enfoncé alors que ses propres mains coupaient sa respiration. Assénant un violent coup de genou dans le bas-ventre du carnivore, ce dernier lâcha prise et s'écarta en couinant. Roulant en arrière il saisit sa dernière arme et l'envoya droit sur la femelle dominante qui s'était lentement approchée et était prête à bondir. Mais la lame se planta dans le flanc du mâle blessé qui avait préféré bondir pour s'interposer et couvrir la mère de sa progéniture. Kurgoth recula prestement jusqu'à sa lance en voyant ses ennemis se regrouper en rangs serrés. Alors qu'il finissait sa course sur les fesses après avoir trébuché sur un cadavre encore chaud, ses yeux ne quittaient pas le grand mâle qui se roulait dans la neige pour extirper l'arme de son flanc. Alors que la meute avançait déjà prête à bondir un puissant aboiement l'arrêta. Leur adversaire avait blessé la plupart d'entre eux et leur chef, gravement blessé par un combat précédent, ne jugeait plus que cette proie valait les risques qu'ils prenaient. Après un second aboiement, la meute disparu lentement entre les conifères alors le garzok, les mains restant crispées sur sa lance, tentait de les suivre du regard aussi loin que possible.

(M'ont-il laissé vivre parce que j'ai prouvé ma valeur? Non impossible ce sont des animaux... Auraient-ils été envoyés par les dieux pour me mettre à l'épreuve? Cette meute était peu nombreuse et le dominant semblait profondément blessé... Ont-il affronté une autre meute ou un grizzly il y a peu?... Qu'importe j'en ai tué deux et je suis toujours en vie c'est le plus important.)

Ramassant une à une ses armes éparpillées dans la zone de l'affrontement, Kurgoth récupéra sa nourriture et repris son chemin pestant contre le froid qui ne rendait ses blessures que plus douloureuses. Il se résigna, après quelques bouchées de viande encore chaude, à laisser les cadavres derrière lui aux autres charognards, ne souhaitant pas réitérer cette expérience avec une meute plus nombreuse ou un animal plus féroce encore.

1884mots

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 Sujet du message: Re: Route entre les Duchés des Montagnes et Omyre
MessagePosté: Sam 28 Jan 2017 19:10 
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De longues journées de marche avaient passées pour Kurgoth. Il avait continuer d’améliorer son lancer d'arme alors qu'il progressait lentement mais surement vers le col de Lebennon, seul passage vers Omyre depuis ces montagnes enneigées. Mais quelle ne fût pas sa déception alors qu'il apercevait enfin le col. Une patrouille humaine semblait occuper le passage pour empêcher les troupes d'Oaxaca de pénétrer ces terres... Ou de les quitter dans le cas de notre héros. Approchant furtivement sous le couvert des derniers buissons éparses, il reconnu l'emblème de l'Aube Radieuse. Cet ordre était connu par tous les pillards comme la plus grande menace de ces contrées et tous préféraient tenter leur chance contre les remparts de Kendra Kâr que d'affronter le vieux Kardân, paladin de Gaïa et imperator de l'Aube Radieuse, et ses troupes. Le garzok avait entendu maintes horreurs à propos de ces hommes soit-disant "civilisés".

Alors que ceux ci condamnaient sa race pour leurs pillages, tous ceux passant la frontière, bien qu'encouragés par leur reine "maléfique", le faisaient de leur plein gré. Qui plus est, la plupart de ces pillards kidnappaient des esclaves pour les revendre à Omyre et dévoraient les charognes de ceux s'opposant à eux afin d'en tirer le meilleur parti. Que faisaient donc ces humains "civilisés" de mieux? Ils abattaient à vue tous les garzoks ainsi que tous les humains maniant une autre forme de magie que la leur ne faisant jamais de prisonniers, gaspillant de ce fait une main d'oeuvre potentielle. Ils gâchaient également de la bonne viande en laissant leurs victimes aux rogneurs cadavériques. Et enfin ils n'avaient aucune liberté, ils obéissaient aveuglément à un chef tyrannique et fanatique. Ce chef n'était d'ailleurs plus qu'un vieillard ne pouvant diriger que des soldats abrutis et lobotomisés alors qu'un véritable chef, comme l'est n'importe quel chef garzok, est capable d'imposer ses décision par la force et de défendre sa place contre des prétendants rivalisant d'astuce et de puissance pour lui voler son titre.

Bien qu'à ce point méprisables, ces soldats représentaient pourtant l'élite de leurs ennemis et, en nombre suffisant, constituaient une réelle menace. La patrouille gardant le col, bien que composée que d'environ une dizaine de soldats, représentait tout de même un obstacle impressionnant pour un garzok seul. C'est pourquoi Kurgoth décida d'attendre patiemment la nuit, rongeant son frein, pour profiter d'une ouverture, aidé par l'obscurité qui ne gênait la vue que de ses ennemis mais pas la sienne. Son plan tomba cependant à l'eau, ou plutôt au feu, puisque les hommes de Kardân avaient allumé un mur de flammes autour de leur campement. Ils semblaient mieux renseignés sur les garzoks que la plupart des humains et les chances de notre héros de passer discrètement sous les étoiles s'étaient envolées dans la fumée de ce brasier. Engourdit par le froid mordant et hypnotisé par l’envoûtante danse des flammes, notre héros finit par s'endormir sous son buisson.

Après une nuit dans une position très inconfortable à cause de son équipement, Kurgoth fut réveillé par des mouvements sur son flanc. Un mignon petit ourson essayait en effet d'ouvrir son sac de nourriture. Le garzok voyait déjà en lui un repas de viande tendre et un chapeau de fourrure bien chaud. Alors que sa main approchait le jeune animal, il se figea soudain, pétrifié par ce qui se tenait devant lui. La mère protectrice du juvénile importun fixait le garzok à seulement un mètre de lui. Les deux adultes ne se lâchèrent pas des yeux, prêts à bondir, l'un le plus loin possible et l'autre sur la menace pesant sur sa progéniture, au moindre geste brusque pendant ce qui sembla être de longues minutes à l'humanoïde.

(Quel monstre! Si je bouge, je suis mort! Il pourrait éliminer un dizaine d'homme à lui tout seul...)

Une idée traversa alors l'esprit de Kurgoth, une idée osée, incroyablement risquée, mais potentiellement salvatrice. Il entreprit alors de se remettre sur ses jambes lentement, très lentement, ne quittant pas des yeux l'ursidé femelle. Il restait accroupit près du sol, se montrant aussi inoffensif que possible jusqu'à ce que l'ourson, intrigué par ses mouvements, vienne jeter un œil curieux au creux de ses bras.

L'instant suivant les gardes de l'Aube Radieuse se retournaient dégainant leurs armes pour voir, abasourdis, un garzok les charger portant une boule de poils dans ses bras et étant poursuivit par un ours enragé. Alors que les humains se regroupaient pour l'accueillir de leurs armes, Kurgoth, arrivant à une quinzaine de mètres projeta de toutes ses forces l'ourson en laissant son élan le faire tomber dans la neige. Ne s'occupant que de la sécurité de son enfant, l'ourse n'accorda pas plus d'attention à celui le lui avait dérobé pour le protéger de la menace qu'elle voyait dans le malheureux soldat dans les bras duquel il avait atterrit.
Sitôt la mère passée au dessus de lui, le voleur se releva et profita de la brèche et de la confusion qu'elle créa parmi les soldats. Alors qu'il tentait de contourner les soldats attroupés, un cavalier l’aperçu et se dirigea dans sa direction. Kurgoth pris le parti de plonger dans les jambes de la monture. Il évita ainsi la lame s’abattant sur lui et, grâce à sa carrure impressionnante, perturba l'équilibre de l'équidé qui s'écrasa avec son maître dans la neige, libérant ainsi la voie pour le garzok qui traversa le col, n'accordant qu'un rapide regard en arrière pour le mammifère qu'il avait sacrifié pour continuer sa route.

Laissant derrière lui les hommes de Kardân dans sa course effrénée à flanc de montagne, puisque les routes n'étaient qu'un vague concept dans les terres qu'il pénétrait, Kurgoth voyait déjà les roches s'assombrir au loin indiquant le chemin vers la cité noire.

1013mots

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 Sujet du message: Re: Route entre les Duchés des Montagnes et Omyre
MessagePosté: Lun 30 Jan 2017 23:55 
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A mesure que Kurgoth avançait, la neige semblait s'effacer autour de lui pour dévoiler des roches sombres et acérées, n'attendant qu'un pas maladroit pour se planter dans sa chair ou se dérober en l'entraînant dans un glissement de terrain fatal. Cela faisait des années qu'il n'avait plus foulé ces terres, le groupe de pillards auquel il appartenait faisant partie des rares à ne rentrer au pays, non pas pour profiter de leur butin, mais pour reformer leurs rangs après de lourdes pertes si les garzoks rescapés d'autres clans qu'ils recueillaient ne suffisaient plus à maintenir leur population stable.

Un climat hostile se dégageait de chaque élément du paysage, de la roche aiguisée telle une kikoup de golem émergeant de la montagne, jusqu'aux furieux torrents prêts à emporter quiconque s'en approcherait pour boire sur ses rives abruptes, en passant par la végétation composée de rares malarrhes épineuses poussant dans le peu de terre meuble existante. Mais ce n'était pas cela qui mettait le garzok le plus mal à l'aise, il avait grandi dans cet environnement après tout. Ce qui le perturbait était ces aurores boréales qu'il n'avait jamais vu auparavant. Bien que les humains l'en auraient cru incapable, il était sensible à leur beauté et n'hésitait pas interrompre ses marches nocturnes pour profiter du spectacle. Ce dernier n'avait pourtant rien de rassurant malgré sa splendeur. Il avait certes entendu les anciens ayant beaucoup voyagé parler de ses phénomènes dans son enfance, mais il avait toujours entendu dire que ces lumières intrigantes n'existaient qu'en Nosvéris.

Bien que subjugué par ce qu'il voyait, il ne pouvait s'empêcher de s’interroger sur leur origine. Était-ce un maléfice de Gaïa pour guider ses fidèles vers la cité noire d'Oaxaca? Était-ce au contraire les restes d'un très puissant sortilège lancé par la reine sombre alors qu'il pillait les Duchés des Montagnes? Était-ce un message des dieux à la veille de grands changements en ce monde? Ou peut-être Thimoros l'avait-il simplement fait sombrer dans la folie et ses formes flottant dans le ciel n'étaient-elles que le produit de son imagination? A la manière d'une femme fatale, elle apparaissaient certains soirs pour le ravir par leur danse envoûtante et disparaissaient au petit matin, non pas pour revenir la nuit suivante fidèles à leur rendez-vous nocturnes mais quand bon leur semblerait, se ainsi faisant attendre du garzok qui chaque soir espérait leur retour parmi la nuée d'étoiles scintillantes. Mais celles lueurs enchanteresses avaient un côté sombre et perfide qui nuirait gravement à notre héros s'il n'atteignait pas rapidement la capitale... Le sac de provisions commençait à se vider dangereusement et il fallait rationner la nourriture encore plus sévèrement que dans les montagnes enneigées car ici il n'y avait pas grand chose à chasser et s’arrêter chaque nuit d'aurores boréales ralentissait significativement sa progression. Mais Kurgoth ne pouvait leur résister et chaque fois qu'elles apparaissaient il cherchait un point d'observation dégagé pour les admirer jusqu'à l'aube.

Un soir, alors que le garzok s'émerveillait une fois de plus des déchirures luminescentes serpentant le ciel, il ne perçut pas le bruissement menaçant près de lui. Le regard noyé dans ces vagues de lumière, il se demandait si les autres habitants de ces terres les voyaient également ou s'il était le seul à profiter de cette oeuvre d'art céleste. Il aurait aimé savoir, à cet instant, dans le cas où il n'était pas le seul à les percevoir, quelle était la réaction des autres gens. Seraient-ils charmés tout comme lui? Serait-ils terrifiés en pensant voir les cieux se fracturer, annonçant ainsi leur chute imminente et la fin des temps? Quels messages de leurs dieux les prêtres y liraient-ils? Les parents auraient-ils peur de laisser leurs enfants sortir la nuit y voyant une malédiction ou les réveilleraient-ils pour profiter de ce flot lumineux si majestueux?

Le champ de vision baigné de lumière de Kurgoth s'assombrit soudain lorsqu'une ombre apparu. Tout juste eût-il le temps de relever ses bras vers son visage par un réflexe défensif que ceux-ci se firent sauvagement lacérer. La créature entailla ainsi la chair de ses avant-bras jusqu'à ce qu'il retrouve ses esprits et la repousse d'un coup violent. Se relevant en titubant, il atteignit sa lance posée contre une paroi proche mais lorsqu'il se retourna il n'y avait plus aucun ennemi. Cette "chose" semblait avoir disparu aussi rapidement qu'elle était apparue mais ses avant bras aussi déchirés que les cieux ne pouvait le tromper. Il avait été attaqué et il attendait maintenant le retour de son assaillant alors son sang coulait le long de sa lance. Le second assaut ne fut pas long à venir et, pris à nouveau au dépourvu, le guerrier senti des griffes traverser son gilet de cuir et se planter dans son dos. Après un cri de douleur, il se jeta en arrière contre le bloc de roche le plus proche. Un craquement se fit entendre et la bête lâcha prise mais elle était encore bien capable de combattre. Se retournant aussi vite qu'il le pu, Kurgoth n'eu droit qu'à un bref instant pour identifier son adversaire avant que celui ne disparaisse en se glissant entre deux rochers.

S'il avait vu juste, alors il était la proie de ce qu'on appelait communément un "Traqueur Obscur", un monstre humanoïde créé par Vallel, l'un des treize lieutenants d'Oaxaca. Ces créatures, d'après les histoires qu'il avait entendu, étaient extrêmement discrètes et pouvaient altérer la pigmentation de leur peau pour se fondre dans le paysage mais elles n'étaient pas sensées être aussi agiles. Elles étaient également connues pour ne jamais laisser filer une proie, il devrait donc trouver un moyen de la tuer. Tout en tournant sur lui-même pour tenter de déceler sa présence il songeait à un plan. Il voyait aussi bien la nuit qu'en plein jour mais le camouflage de ce monstre ajouté aux innombrables cachettes fournies par les rochers alentours le rendaient parfaitement invisible. Alors qu'il jetait un regard rapide à ses avant-bras sanguinolents pour constater l'état de ses blessures, il entrevit une solution à ses pieds: son ombre.

Il chercha alors l'escarpement le plus abrupt dans les environs et s'y dirigea au pas de course. La créature parvint à le saisir à la cheville alors qu'il franchissait d'un bond un espace entre deux massifs blocs de roche. S'étalant face la première sur le sol, il se sentait tiré en arrière par son ennemi alors qu'il tentait de glisser ses doigts dans une fissure pour se retenir. Alors qu'il battait des pieds dans le vide pour détacher son agresseur, il essayait de se hisser sur le bloc depuis ses appuis précaires. Alors que la pression qu'il exerçait sur ses doigts pour se hisser atteignait la limite que ses avant-bras déchirés pouvaient fournir, il sentit sa botte heurter la mâchoire du traqueur qui relâcha son étreinte, assommé. Profitant de l'allègement de la charge à tracter, il fit un dernier effort pour passer une genou sur le bloc pour se relever et continuer sa course, reposant enfin ses bras exténués.

Se positionnant dos au vide, il tenait nerveusement sa lance et attendait en fixant son ombre, projetée par les lumières qu'il admirait il y a encore quelques minutes. L'ombre ondulait au rythme des vagues célestes et la tension montait alors que le temps s'écoulait. Avançant d'un pas pour s'éloigner un peu du gouffre, Kurgoth, qui était prêt à se retourner à tout instant, sentait l'acide lactique s'accumuler dans ses muscles tendus comme des ressors. Chaque pas qu'il devrait faire pour soulager ses jambes immobiles compromettrait un peu plus le seul plan qu'il avait pour se tirer de cette situation. Tout était calme et silencieux dans le paysage de désolation qui l'entourait mais il senti soudain un léger mouvement d'air près de son mollet. Baissant les yeux, il reconnu l'ombre d'une main décharnée et griffue. Tous ses muscles se relâchèrent en une fraction de seconde et, tranchant l'air plus vite que l’œil n'aurait pu la suivre, la lance vint se planter dans le torse de la création du meneur d'humanoïdes alors que celle-ci s’apprêtait à frapper. La bête continua cependant à avancer vers le garzok en se hissant le long de l'arme. Maintenant cette dernière de sa main gauche, le guerrier saisi l'une de ses kitranches de sa main libre avant de l'utiliser pour fendre le crâne de son ennemi. Une fois le corps retombé au sol, il dégagea ses armes et, par mesure de sécurité, donna un autre coup de kitranche pour décapiter son agresseur.

Kurgoth inspecta rapidement le cadavre à la recherche d'un bien d'une quelconque utilité que la créature aurait obtenu d'une précédente victime et retourna vers ses affaires. Il déchira alors de longues bandelettes de tissus de son garde-manger qui, à présent presque vide, n'avait plus besoin d'être aussi vaste et s'en servit pour bander ses avant-bras dont l'hémorragie ne s'était toujours pas interrompue. Il décida, malgré l'attaque subie, de finir la nuit en admirant le ciel, cela lui offrirait un peu repos avant de reprendre sa marche vers la cité noire dont il apercevait la grande tour dépasser des derniers monts les séparant.

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 Sujet du message: Re: Route entre les Duchés des Montagnes et Omyre
MessagePosté: Mer 22 Mar 2017 19:24 
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Trente jours, trente très courts jours pour aller jusqu'aux alentours de Luminion, y chercher un servant de Gaïa durant un temps dont seul Zewen a le secret, puis revenir à la cité noire avec un prisonnier à transporter... Cela semblait, pour Kurgoth, à la limite du miracle mais il devait y croire. Sa liberté était en jeu et il refusait de perdre cette opportunité de quitter le temple au plus vite. Certes la vie au temple lui était devenue supportable, il était décemment nourri et il pouvait s’entraîner au combat chaque jour, mais le bâtiment restait une prison d'où il ne pouvait sortir en toute liberté, notamment pour exercer sa vengeance sur Olur, vengeance qu'il ressasse depuis bientôt un an... depuis la dernière célébration de Ghwar.

Quelques heures seulement après leur départ d'Omyre, le soleil se rapprochait déjà de l'horizon. Plus la lumière déclinait, plus l'anxiété du garzok grandissait. Bien qu'il ne s'agissait que du départ, il sentait déjà le temps glisser entre ses doigts. Lorsque la nuit arriva, et qu'Eden arrivait à bout de forces, le guerrier récupéra tous les sacs de nourritures, enroula les cordes les reliant au bout de son bâton pour s'en faire un baluchon, et continua sa route en portant l'enfant sous son bras libre. Il marcha ainsi toute la nuit durant, puissant dans l'endurance exceptionnelle si caractérisée des garzoks, pour ne prendre une pose qu'au petit matin.

Alors que les premiers rayons du soleil apparurent timidement dans cette partie du monde où les plaines sauvages de l'Omyrhie se fondent peu à peu dans les montagnes, Kurgoth déposa Eden au sol et s'allongea sur le ventre à un pas de lui. Si un observateur extérieur eu pu croire que le guerrier était exténué mais, comme s'en est rapidement aperçut l'humain à son réveil, il était simplement en train de prier Thimoros. Après avoir fini sa longue prière rituelle à Thimoros, il adressa de rapides prières à Phaïtos, Oaxaca et Ter Zignok.

Le garzok se rapprocha ensuite de l'enfant qui était affairé à allumer un feu pour se réchauffer. Ils avalèrent rapidement quelques tranches de viande séchée chacun puis le blessé attrapa quelques brindilles du feu entre lesquelles de l'herbe sèche brûlait et s'en servit pour cautériser les plaies et coups de poignard subis la veille. A chaque fois que les flammes léchèrent sa peau, une grimace de douleur se dessina sur son visage. Une fois ce traitement appliqué à ses blessures, il éteignit le feu en l'étouffant de son pied massif et reprit la route avec son apprenti après avoir englouti, lui aussi, un morceau de viande séchée.

Ce second jour fût réellement éprouvant pour le guerrier, certes son exceptionnelle endurance naturelle lui permettait de sauter une nuit de sommeil, mais il n'avait plus eu à pousser son organisme aussi loin depuis son admission dans le temple de Thimoros. Cette obsédante sensation du temps filant entre ses doigts plus vite que ses pas ne le portent à but permit à Kurgoth de marcher tout le jour durant sans prendre une minute de repos. A la nuit tombée cependant, le garzok éreinté trouva un rocher le protégeant du vent et s'y endormi presque immédiatement, sans même s'occuper de son compagnon. L'enfant, qui n'avait jamais connu autre chose que le camp de travail et Omyre, immita son mentor et s'endormi lui aussi.

Mais en ce lieu, à l'extrême limite des plaines finissant de se fondre dans la montagne, moult dangers attendent les campeurs inattentifs. Au beau milieu de la nuit Kurgoth senti quelque chose le secouer frénétiquement. Emmergeant petit à petit de son sommeil, il compris qu'il s'agissait d'Eden qui tentait désespérément de le réveiller.

"Debout! Réveilles-toi! Bon sang, ouvre les yeux sinon on va y passer!"

Ouvrant difficilement une paupière lourde comme le plomb, il aperçut une ombre se dirigeant vers eux. Écarquillant soudainement les yeux devant la menace imminente, il évalua la bête aux allures félines à un bon mètre de haut et remarqua les écailles se fondant dans son pelage. Alors qu'il s'affairait à équiper son gilet de cuir et ses armes, relativement lentement pour ne pas brusquer le prédateur qui se tenait à une vingtaine de mètres, il chuchota ses ordres à Eden.

"Ramasse discrètement la nourriture et prépare toi à courir... Dès que je te le dis, fonce te cacher pendant que je l'attaque."

"Tu as déjà croisé un monstre pareil?"

"Je ne sais pas,... Et j'ai presque peur de savoir de quoi il s'agit..."

Il marqua un silence alors qu'il se relevait lentement pour affronter le carnivore puis donna une dernière consigne.

"Si c'est bien ce que je pense... Je n'arriverai pas à le tuer... Quand tu seras caché, range tous les morceaux de viande séchée dans le même sac et tiens-toi prêt à me le lancer... S'il me tue, autant dire que ne t'en tireras pas non plus."

Étrangement, alors qu'il s'apprêtait à sauter sur son adversaire, le guerrier réalisa qu'il n'avait pas ses kitranches en mains main son bâton, comme si son inconscient le poussait, lui aussi à s’éloigner de son adversaire. Prenant son courage à deux mains et une grande inspiration, il se jeta sur la bête en criant.

"Cours!"

Eden bondit instantanément derrière le rocher contre lequel ils s'étaient endormis. Dans le même temps, le garzok se rua sur la bête qui, excitée par ces mouvements, bondit également. Le bâton fendit l'air à toute vitesse mais la cible, plus rapide encore, esquiva le coup d'un pas sur le côté. La contre attaque ne se fit pas attendre et les griffes acérées frôlèrent la manche de la bure qui, à une fraction de seconde près, aurait fini en lambeaux tout comme la chair qu'elle entoure. Le guerrier ne pu cependant esquiver l'attaque suivante et finit plaquer au sol par la bête féroce. Tendant ses bras pour repousser son agresseur avec son bâton, ce dernier fini dans la gueule du monstre. Alors que la mâchoire se resserrait le morceau de bois, son propriétaire sentait celui-ci se fragiliser petit à petit jusqu’à rompre subitement. Il hurla alors à destination de l'humain:

"Lance moi la viande! Maintenant!"

Au moment même où l'arme cédait, Kurgoth envoyait un puissant coup de genou dans le ventre du dévoreur, l'envoyant rouler au dessus de sa tête. Se relevant à la même vitesse que la bête, il lança un des morceaux du bâton vers sa tête mais celui-ci fut dévié d'un violent coup de patte. Bien que l'effet de cette attaque sembla inexistant, elle permit au garzok d'atteindre le sac en vie. Jetant la dernière partie de feu son arme pour ralentir encore la progression du prédateur qui la saisit au vol dans sa gueule avant de la briser. Quand l'attention du monstre revint sur le guerrier, celui-ci avait déjà ouvert le sac de viande, résigné à le sacrifier pour sauver sa vie, et en déposait quelques morceaux sur le sol. Tout en attrapant une de ses kitranches, il jeta le dernier lambeau de chair séchée en direction de son adversaire et recula sans lui tourner le dos. L'animal à l'insatiable faim ne se fit pas prier pour se jeter sur la viande ainsi offerte, cela permit aux deux compagnons de fuir à toutes jambes et, heureusement pour eux, il ne furent pas rattrapés par la bête.

Cette expérience modifia radicalement l'organisation de la suite du voyage. En effet, afin d'éviter de revivre une telle situation, les aventuriers se reposèrent chaque nuit, Eden profitant des lumières célestes pour monter la garde sans allumer un feu qui attirerait potentiellement d'autres créatures. Kurgoth lui avait également confié le poignard qu'il avait ramassé sur le sekteg à Omyre, même si le garçon avait pour consigne de réveiller le guerrier en cas de problème durant son tour de garde s'étendant du milieu de la nuit au matin. Pendant la première partie de la nuit, correspondant au tour de garde de la peau verte, ce dernier continuait à avancer, comme il l'avait fait durant la première nuit du voyage, avec l'enfant sous le bras tant la fatalité du temps qui passait le rongeait intérieurement.

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 Sujet du message: Re: Route entre les Duchés des Montagnes et Omyre
MessagePosté: Ven 6 Oct 2017 17:35 
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(Avant)

Quand ça s'en va, ben un jour faut qu'ça r'vienne !

(1)



Quelque chose d'incroyable se passe. Un truc hors du commun, bizarre, incompréhensible. Zu'Gash est en train de... Réfléchir. Mais pour de vrai ! Et c'est pas qu'son esprit est parti loin parce qu'elle a vu un truc qui lui a rappelé des souvenirs pour une fois, nan. Elle cogite vraiment ! Enfin, ça aide d'être coincée depuis une bonne demie-journée dans une cavité d'montagne à cause d'une grosse pluie. L'eau n'la gêne pas, elle, mais pas les crevettes qui la suivent. Sauf que c'est pas leur santé ou leur confort qui l'emmerde.

"On fait quoi alors ?", fait-elle en soutenant le baluchon à provisions. "Nan, m'dites rien. J'vais devoir m'farcir toute la chasse et vous allez m'piquer les meilleurs bouts quand j's'rai en train d'pioncer, hein ?"

Les yeux rouges fixent les autres formes. D'abord, y'a Aroroa, sa corbac de Phaïtos. Pas la peine de s'préoccuper d'elle, la piaf peut s'contenter d'bestioles qui grouillent dans l'sol. La peau-verte aussi, mais il en faudrait des cafards et des vers pour lui remplir la panse chaque jour. La gamine brune fronce le nez quand l'oiseau déniche un machin plein d'pattes et l'gobe d'un coup. Encore à jouer les précieuses la Maya !

"Il nous en reste pour combien de temps ?", demande la gosse, assise sur un rocher pendant qu'elle étrille sa longue chevelure noire.

"D'bouffe ou d'trajet ?"

"Eh bien... Les deux ?"

"Alors là...", commence la garzoke en s'grattant la raie du haut. Elle ménage son effet, regarde gravement la Messagère de longues secondes et finit par ouvrir sa boîte à crocs. "J'en sais foutre rien !", s'esclaffe-t-elle quand la tension est à son comble.

Soupir en chœur d'tous les présents.

"Nan mais, j'y suis pour rien c'te fois !", lâche la Coureuse en s'curant l'pif puis en gobant le résultat d'sa fouille. "T'as qu'à t'en prendre à l'aut' armurée, là !"

Convergence de regards vers Julianna, la "pas si morte que ça" et porte-bouclier relevée par Maya. Pâle comme le cadavre qu'elle est, toute droite dans son armure lavée par la pluie, la v'là qui fronce les sourcils et croise les bras. Sauf qu'ça passe pas à cause du bouclier, et qu'elle doit faire la même d'l'aut' côté pour y parvenir.

"Pfeuh !"

Et vas-y qu'ça boude. Déjà qu'une nana tricheuse qui s'castagne avec du métal sur l'dos c'chiant à fréquenter, mais quand elle a des sautes d'humeur en plus, c'est pire. Quoique. Ça aurait aussi pu être une elfe. , ça aurait été l'pompom.

"Si je n'étais pas devenue ce... Ce..."

"Poids mort ?", lance la peau-verte, la langue sortie, fière de sa connerie.

"Silence, créature !"

"Zu'Gash."

"Dégénérée !"

"Zu'Gash, j'te dis."

"Immonde bougresse délavée !"

La garzoke prend appui sur son poing fermé, matant d'ses mirettes sanguines la femelle en armure tenter d'approcher à chaque injure. Et derrière, Maya qui soupire, la main tendue vers sa morte de frangine.

"Ben dis donc. J'sais pas où tu l'as élevée ta grande sœur, mais côté insultes, j'ai vu mieux. Oaip, Juju', c't'un peu court tout ça.", se moque la garzoke en agitant l'index. "T'aurais pu dire, ô Phaïtos, bien des trucs en somme en variant l'ton. Genre..."

"Zu'Gash.", coupe la gosse.

"Ben nan, ça c'est moi."

"Et si nous en revenions à notre problème ? Hum ?", insiste la jolie Maya, en rajustant le pan de sa robe bleu nuit.

"Ah oais ! C'est vrai ! Euh...", fait la peau-verte sous peau d'ours en s'grattant l'autre raie. "Qu'est-ce j'disais déjà ?"

"Ra-tions.", rappelle la corbac à trois mirettes.

"Ah ! Ca m'revient. Oaip, j'disais qu'j'sais pas combien d'temps ça va prendre d'rentrer à Dent D'or. Merci à Madame boite d'métal ! Ça sait qu'y'a des patrouilles qui vont faire chier en ch'min, mais c'est pas foutue d's'rappeler où !", emmerde la Coureuse en haussant les épaules avec un sourire moqueur. "Donc on évite l'coin d'Luminion et on s'paume en montagne. Efficace, la Juju !"

"J'aurais du te laisser te jeter dans leurs jambes... Voir ta carcasse criblée de flè..."

"Laaaaalalaaaaa !", gueule Zu'Gash en s'bouchant les oreilles. "Les mooorts, ça n'cause paaaas ! On entendrait qu'eux qui s'plaigneuuuh !"

La garzoke continue d'chanter avec sa voix pétée. C'drôle de voir la morte en armure gesticuler et menacer d'lui foutre un coup d'bouclier, tout en étant retenue par une Maya qu'en a marre. Sauf qu'au bout d'un moment, même Aro' en a ras l'croupion et vient caler un beau coup d'bec à la Coureuse.

"Oailleuh ! Eh ! T'fais pas partie des joueurs, Aro' !"

Re-coup d'bec.

"Si-lence !"

Zu-Gash tord la bouche et tire la langue. Ses mirettes coloris sang s'posent sur un autre problème.

"Et ça, on en fait quoi ?"

Dans son coin, qui tente de s'faire tout p'tit, y'a celui que la peau-verte a appelé "l'aut' là". Ben oais, pas d'nom d'sa part. L'truc a l'air humain avec une taille proche d'la sienne, deux bras, deux jambes, une tête et d'la peau comme un biscuit trop cuit, sous tunique rapiécée d'partout qu'a du être un beau cuir à une époque. L'plus chiant, c'est qu'ça s'met à faire trembler la terre avec sa magie dès qu'la garzoke tente de voir si ça pendouille ou pas ent' les pattes. L'problème de c'machin muet, c'est qu'en plus d'piquer dans les vivres, il va passer pour un esclave à cause d'ses menottes noires. D'accord, c'est c'qu'il était, sauf qu'les Messagers n'font pas dans c'genre de commerce. Si elles s'ramènent avec ça, ça va encore gueuler.

Le truc marrant pour la peau-verte et bien chiant pour l'reste du groupe, c'est qu'cette saloperie les suit d'puis qu'la garzoke a récupéré l'objet d'leur mission : les feuilles d'métal d'obscurité. Elle a bien essayé d'le semer c'tempêcheur d'avancer droit, d'le balancer en contrebas d'une pente à coup d'pied dans l'fondement, mais y'a rien à faire. Ça revient à la charge comme un sekteg en manque d'os à ronger !

Grouuuh.

En parlant d'ça.

"L'a pas l'air bien gras, mais quand on tombera à court de bouffe, ça f'ra t'nir un ou deux r'pas.", dit la Coureuse en se levant et s'tapant le poing dans la main.

"Euh... Non, sans façon."

"Mais tu n'y penses pas, monstre !", beugle la morte qui s'était pourtant calmée. "Assassin ! Cannibale !"

"Ca-qui-quoi ?"

"Ca-nni-ba-le, Zu'Gash. Ceux qui mangent leurs semblables.", précise la Maya, en jetant un drôle de regard à l'aut' là.

"Beuh ? Et alors ? Quand t'as faim, faut bien t'remplir la panse avec c'que tu trouves.", affirme la traqueuse avant d'afficher un sourire de chieuse. "Ou qui !"

"Et elle dit cela comme cela ! Sans gêne !", éclate encore porte-bouclier.

"Julianna...", dit tranquillement la jeune nécromancienne. "Tu devrais avoir compris qu'elle fait cela juste pour te faire réagir. Tu n'étais pas aussi impulsive de ton vivant."

Le cadavre se tourne vers sa sœur, l'air bien con. Maya la fixe avec une tronche blasée. À s'demander laquelle des deux est la plus vieille en fait. Sauf qu'un jour, ça va s'inverser, non ? On vieillit aussi quand on est mort ?

"Vi ! Avi ! Avant ! Vivant ! Hé ! Hi ! De mon... Héhé. Gniii !"

Ohla. La Juju a le visage qui se crispe. Et vlan les mains qui s'collent à ses joues ! Et crac le cou quand sa tête se tourne d'un coup, pis d'une façon pas normale. Si elle n'était pas d'jà clamsée, ça aurait fait bobo. Enfin, juste le temps d'srendre compte qu'elle vient d's'tuer toute seule, c'te conne. N'empêche, la voir avec des yeux qui sortent presque d'leurs trous et un sourire de dingue, ça peut donner des cauchemars. Et c'est parti pour la mâchoire qui claque et le rire de tarée. Elle a beau se marrer, y'a rien d'drôle, là. La morte finit par se figer. Ah ? Déjà la deuxième étape ? Ben oui, un hurlement digne d'une banshee. Et que ça racle les mains gantées sur l'armure. Et que ça grince des dents entre deux cris aigus. Et quand ça a fini ? Ben ça tombe à genoux, et ça s'met à chialer en d'mandant pardon à c'te luciole de Gaïa, là.

"Moais. C'moins drôle la cinquième fois.", lâche de façon boudeuse la garzoke pendant qu'elle se cure l'oreille.

"Alors cesse de la provoquer, par Phaïtos !", gronde la gosse en prenant sa frangine dans ses bras.

"Ah ben là, c'est toi qu'a dit c'qui fallait pas !", s'esclaffe-t'elle.

N'empêche... Ce s'rait pourtant pas mieux que la cuirassée aille voir l'meilleur des dieux une fois pour toute ? Doit bien y avoir un moyen, non ? Parce que là, suffit qu'Maya fasse pas gaffe en parlant d'elle et pouf ! Apparition ! Mais pour ça, faut rentrer vite fait au château et en causer avec Mériri. Donc d'ici quoi... Deux semaines ? Trois ?

C'qui ramène à leur problème de départ : qu'est-ce qu'on mange ?


(Après)

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Dernière édition par Zu'Gash le Lun 9 Juil 2018 21:27, édité 4 fois.

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 Sujet du message: Re: Route entre les Duchés des Montagnes et Omyre
MessagePosté: Mar 7 Nov 2017 21:28 
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Dès leur départ du campement militaire, les deux compagnons reprirent leur rythme effréné. Il ne leur restait en effet, d'après le guerrier, que huit petits jours pour rentrer à la cité noire. Au moment de partir, Kurgoth pris également soin de rassembler la nourriture restante dans seulement deux des trois sacs restants. Confiant ceux-ci à Eden, celui-ci pouvait les porter sans problème puisqu'ils avaient la même charge que celle qu'il portait au départ. Dans le même temps, le fanatique utilisa le dernier sac pour aveugler sa victime. Le sac recouvrant sa tête et ligotée avec dix mètres de corde maintenant tout autant ses membres collés à sont tronc, le sac sur sa tête et servant de bâillon en passant également dans sa bouche, la jeune acolyte n'avait aucun moyen de se repérer ou de s'échapper.

Le garzok trimballait ainsi sa victime sur ses épaules tout le jour durant et, pendant la moitié de la nuit, portait également sous le bras son apprenti. Il ne permettait à la religieuse d'appréhender le monde les entourant qu'à l'aube et au crépuscule, lorsqu'il la nourrissait et la laissait faire ses besoins tel un animal de compagnie tenu en laisse. Bien qu'il n'avait à la base prévu de la nourriture que pour deux personnes, et qu'il en perdit une partie pour échapper au dévoreur des plaines, il était moins inquiet par le manque de nourriture que par le temps qui s'écoulait. Lorsqu'ils faisaient partie de la troupe de Baronk "Le Borgne", ils étaient nourris avec les ressources des militaires, compensant ainsi la nourriture sacrifiée pour survivre au prédateur. De plus, Eden, étant un enfant, consomme moins de vivres qu'un adulte, ce qui leur laissait juste assez pour se nourrir, eux et leur prisonnière.

Le voyage de retour à Omyre, bien que placé sous le signe d'un écoulement du temps continu, imperturbable et toujours plus pesant, se déroula sans encombres jusqu'à la troisième nuit. Au milieu de cette dernière, au moment où le garzok s'accordait enfin son repos quotidien et confiait à l'humain la surveillance des alentours, les voyageurs se trouvaient dans une zone désolée de la montagne, une région inhospitalière de roche nue se découpant en ravins à pic et en arêtes étroites et déchiquetés dans le ciel. Ils n'avaient jusqu'ici rencontrer aucune menace semblable au dévoreur des plaines du précédent trajet et la nuit semblait aussi calme qu'une zone aussi peu remplie de vie apparente le laisserait supposer.

"Réveilles-toi! Kurgoth! Réveilles-toi!"

Le guerrier émergea brusquement de son sommeil, secoué par l'enfant en train de crier. Reprenant ses esprits et réalisant où il se trouvait, il ne saisit que quelques mots de ce que son apprenti tentait de lui dire, mais ceux-ci étaient amplement suffisants pour comprendre la situation.

"... prisonnière ... partie ... rattraper ..."

Écarquillant les yeux, il scruta les alentours mais ne vit rien, sa prisonnière semblait bel et bien avoir disparu. L'heure n'était pas à connaître la manière utilisée pour s'échapper mais à récupérer le sacrifice avant qu'il ne soit trop tard. Se relevant d'un bond, sa kikoup et sa kitranche en mains, il ne pu que suivre la maigre piste à sa disposition: le bras de l'enfant en sanglots tendu dans une direction que le garzok espérait être la bonne. Sans plus attendre, il se précipita dans cette direction, équipé uniquement de ses armes en lançant toutefois à Eden:

"Ramasse les affaires et rejoins-moi au plus vite!"

Alors qu'il avançait rapidement entre les roches découpées, Kurgoth maudissait intérieurement la luminosité ambiante due aux lumières dans le ciel. Il faisait toujours sombre certes, mais il faisait encore suffisamment clair pour qu'un humain se repère dans ce monde de rochers et lui faisait ainsi perdre une partie de l'avantage qu'il avait grâce à sa vision extrêmement plus sensible la nuit. Il réalisa également que les environs offraient bien trop de cachettes pour que son avantage visuel, déjà réduit, soit son seul outil pour détecter l'acolyte. Il se mit alors à ralentir sa course pour diminuer le bruit qu'il provoquait, finissant par s'arrêter pour utiliser pleinement son ouïe. Le fanatique resta immobile de longues secondes, scrutant chaque recoin du paysage à portée de ses yeux.

Finalement, il se décida à continuer sa course, convaincu que l'humaine n'était pas ici. Il entendit cependant glisser quelques cailloux juste avant qu'il ne sente sont propre pied bouger. Alors qu'il se ruait vers l'origine de ce bruissement, son pas lourd alerta la jeune femme qui, prise de panique, sortit de sa cachette et tenta de lui échapper. Leur course-poursuite dura quelques minutes dans ce terrain accidenté sur lequel aucun n'était réellement à l'aise. Mais l'acolyte s'arrêta soudain, faisant face à un précipice, alors que derrière elle le garzok se rapprochait. Ce dernier l’aperçu commencer à concentrer sa magie entre ses mains. Levant les armes au niveau de son visage, il continuait d'avancer. Si elle désirait tenter sa chance au combat, il fallait pour le guerrier réduire la distance qui les séparait avant que les hostilités ne commencent réellement pour maximiser ses chances.

Alors que chacun se préparait mentalement au combat apparemment inévitable, tout en se tentant prêt à agir au moindre mouvement suspect de l'autre, un grognement très proche détourna simultanément leur attention. Un humanoïde au physique trapu et aussi musculeux que disgracieux les observait en montrant les crocs. Tout en gardant sur la créature, le garzok continua de s'approcher de l'humaine qu'il ne quittait pas des yeux. Il vit celle-ci pâlir au point que son teint devienne semblable aux neiges immaculées du Mertar. Semblant désespérée par la situation, elle esquissa un pas en arrière mais la falaise se rappela à son souvenir. C'est alors que guerrier entrevit ses lèvres se mouvoir presque imperceptiblement. Tendant l'oreille aux murmures de la jeune femme, il saisit que quelques mot qui le firent céder à la panique.

"... Gaïa ... miséricordieuse ... rejoindre ... Phaïtos ..."

1028mots

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Dernière édition par TheGentleMad le Mar 3 Juil 2018 11:13, édité 5 fois.

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 Sujet du message: Re: Route entre les Duchés des Montagnes et Omyre
MessagePosté: Mar 7 Nov 2017 21:52 
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Sans plus prêter attention au danger potentiel causé par la bête, il se jeta sur son sacrifice qui semblait s'être résignée à mourir et se laissait tomber dans le vide, préférant apparemment cette option aux deux monstres auxquels elle faisait face. Lâchant son kikoup dans les airs, il s'étendit au maximum pour saisir la dernière cheville visible avant qu'elle ne disparaisse. Emporté par son élan et l'énergie du corps en chute libre qu'il tentait de retenir, il se sentit irrémédiablement entraîné dans le vide. ne pouvant utiliser sa main droite, retenant fermement ce pourquoi il voyageait depuis presque un mois, il agita sa main gauche en tous sens dans l'espoir d'accrocher la kitranche qu'il tenait dans une des aspérités de la roche. Sa glissade vers la mort, d'autant plus terrifiante qu'elle n'était pas particulièrement rapide mais au contraire plutôt lente, pris fin avec un à-coup qui le fit grimacer en atteignant la jointure de son épaule.

Cherchant à évaluer comment se sortir de la situation dans laquelle il se trouvait et qu'il savait précaire, il leva les yeux. La kitranche semblait s'être coincée dans la roche suffisamment solidement pour retenir le poids qui y était pendu mais le manche tout entier pendait dans le vide et le garzok ne parviendrait probablement pas à se hisser à la seule force de son bras gauche. Conscient qu'il allait devoir utiliser son bras droit, il baissa les yeux vers ce dernier qui tenait toujours fermement la cheville de l'humaine. En abaissant le regard il remarqua que la bure de sa victime, puisque celle-ci était retenue la tête en bas et s'agitait à présent en tous sens en criant, s'était en quelque sorte retournée, lui offrant ainsi une vue imprenable sur les cuisses et le bas ventre, d'une délicate teinte rosée, de l'humaine. Pendant un instant, une moue dont il n'eut même pas conscience se dessina sur ses lèvres avant d'en disparaître aussitôt. Bien qu'il ne se sentait pas physiquement attiré par la jeune femme, puisque la société garzok ne glorifiait que la puissance, qu'elle soit physique, magique ou intellectuelle, l'humaine ne représentant donc pas particulièrement une partenaire de choix, il savait que nombreux auraient été les humains à envier cette vue.

Cette pensée eu tout juste le temps de lui traverser l'esprit qu'il vit la créature humanoïde apparaître au sommet de la paroi. Après un échange de regards durant lequel chacun tentait de jauger des intentions de l'autre, la bête se balança d'elle même dans le vide avant de s'accrocher de manière aussi désinvolte que déstabilisante à la paroi en plantant ses doigts à même la roche pour créer un prise. Kurgoth ne savait comment interpréter les actions du skadi qui l'imitait. Il avait bien d'autres soucis auxquels réfléchir car l'effort prolongé exercé par les muscles de ses avant-bras qu'il ne pouvait soulager commençait le faire trembler. Bien qu'il ne sentait pas de douleur particulièrement forte, une grimace, que le skadi essaya aussitôt d'imiter, vint se dessiner sur son visage alors qu'il sentait son corps entier se crisper à cause de l'effort qu'il lui demandait.

Suspendu dans le vide, le garzok se creusa les méninges de longues secondes pour trouver comment sortir de ce guêpier mais il se sentait un peu plus se rapprocher de ses limites physique à chacune des bien trop longues secondes de réflexion qu'il s'accordait sous le regard inquisiteur de la curieuse créature pendant à côté de lui. Cet humanoïde, aussi étrange soit-il, était sans doute son seul échappatoire... Mais était-ce seulement possible de communiquer avec lui? A défaut d'autre solution, le guerrier lui adressa une phrase simple pour voir sa réaction.

"Tu sais parler?"

"Ruh sê barrai"

Tout d'abord surpris d'obtenir une réponse, prouvant à quel point cette tentative était désespérée, il s'inquiéta ensuite des capacités de compréhension de la chose, "chose" car il ne savait si son interlocuteur était plus proche de l'animal sauvage ou d'une quelconque espèce possédant une civilisation primitive. Il tenta alors une phrase à la construction plus simple, plus primitive:

"Toi comprendre moi? COM-PREN-DRE!"

"Tah kromprandreuh mah ... KROM PRAN DREUH!"

La manière dont la bête singeait le fanatique fit esquisser un geste de recul à ce dernier, principalement car, dans la bouche de l'être sauvage, le dernier mot, sur lequel Kurgoth insista, sonna de manière agressive. Il remarqua cependant ce qui semblait être un lueur de jubilation et de fierté enfantine dans le regard de son interlocuteur, comme s'il était fier de pouvoir ainsi l'imiter. La peau-verte en vint donc à penser qu'il n'avait pas eu affaire à un signe d'agressivité, ce qui ne le soulagea guère car il conclu dans le même temps qu'il lui serait extrêmement compliqué de communiquer avec cet être sorti de nulle part. Il tenta enfin de lui indiquer le corps qu'il retenait en agitant celui-ci et en faisant des signes de tête.

"Tu peux la tenir? Tenir ça!"

Mais le skadi se contenta de descendre le long de la paroi pour examiner la jeune femme qui, voyant la bête s'approcher, se mit à hurler de plus belle. Se résignant à ne plus rien attendre de l'humanoïde, l'esprit de Kurgoth revint sur son dilemme alors qu'il réalisa que ses doigts avaient glissés jusqu'au bout du manche de la kitranche.

Son regard se mis à voyager frénétiquement d'un bras à l'autre, l'un assurant sa survie et l'autre sa liberté. S'il lâchait l'acolyte, il pourrait se hisser à l'aide de ses deux mains et sauver sa vie, mais il serait condamné à retourner dans le temple pour au moins un an. S'il lâchait la kitranche, il tomberait dans le ravin avec son précieux sacrifice. Peut-être survivraient-ils, en tout cas elle aurait bien plus de chances de survivre s'il accompagnait sa chute que si elle tombait la tête la première dans les rochers. Sa liberté valait-elle le risque qu'il prendrait pour sa vie en tombant dans le ravin? Mais pouvait-il seulement supporter une année de plus d'enfermement à attendre la liberté qu'il aurait lui-même abandonné à l'ultime moment? Se choix le déchirait au point que la vitesse à laquelle courrait son regard lui faisait perdre le sens de l'équilibre, aussi décida-t-il de fermer les yeux.

Ses paupières clauses, ce fut par son sens du toucher qu'il appréhenda son environnement. L'humaine continuait de se débattre sans relâche dans sa main droite, semblant définitivement préférer la mort à la compagnie des deux "monstres" tandis que sa main gauche continuait de glisser sur le manche en bois de l'arme. Seuls son pouce son index et son majeur le retenait et il savait que d'une seconde à l'autre il perdrait sa prise et serait envoyé au fond du gouffre vers une mort quasi certaine. Toute son attention était désormais portée sur cette main car au moment ou sa prise lâcherait, il devait avoir pris une décision, et peu importait laquelle puisqu'il n'y aurait plus de retour en arrière possible. Les secondes passèrent... Le garzok restait pendu dans le vide les yeux fermés... L'humaine se débattait et hurlait qu'on la laisse mourir... Le skadi l'inspectait en silence... Les doigts glissaient... Et son majeur finit par lâcher prise.

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 Sujet du message: Re: Route entre les Duchés des Montagnes et Omyre
MessagePosté: Mar 7 Nov 2017 21:55 
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Ses yeux restaient fermés. Ses deux mains s'étaient rejointes sur la même cible. La kitranche resta plantée dans la roche. Le skadi observa la scène. La jeune fille poussa un hurlement, elle était en chute libre. Le garzok était resté pendu à son arme. Il resta ainsi quelques instants, le temps de réaliser pleinement la décision que son instinct de survie l'avait poussé à prendre. Avant d'ouvrir les yeux, il releva la tête vers le sommet de la paroi rocheuse. Il avait laissé tomber son sacrifice et refusait de voir sa liberté écrasée entre les rochers dans une position soulignant ses membres disloqués. Perdu dans ses pensées, l'esprit tourmenté par ce qu'il venait de vivre, il se hissa lentement le long de son arme qu'il récupéra une fois debout au bord du vide. Alors qu'il s'avançait, la tête tombante, pour ramasser le kikoup qu'il avait lâché avant de plonger dans le ravin, un cri strident se fit entendre derrière lui. Après une roulade quelque peu maladroite pour se retourner tout en ramassant son arme, le garzok interloqué vit devant lui l'humanoïde se tenant au bord du ravin, tenant d'une de ses mains massives l'une des jambes de la jeune fille.

"Teunirr Sah!"

Son visage s'illumina. Qu'importe si la chose avait compris ce qu'il lui avait dit, s'il l'avait juste imité en retenant l'humaine ou s'il avait remarqué qu'il était à bout de force et lui ramenait celle qu'il essayait de sauver, l'acolyte était sauve et il avait ainsi encore une chance de regagner sa liberté. Le guerrier baissa alors sa garde et s'approcha de la créature de la manière la moins hostile qui soit, presque amicalement pour un garzok, tant il était empli de reconnaissance envers l'humanoïde primitif. Il se penchait vers l'humaine pour vérifier qu'elle allait bien lorsqu'il entendit une voix familière.

"Lâche-moi! Casse-toi! Fous le camp! Ah Kurgoth! Pas le temps d'expliquer faut dégager et viiiite!"

Eden venait de surgir d'entre deux rochers, les bras chargés de leur équipement et courrait à toutes jambes dans sa direction. C'est quand il arriva à sa hauteur que le fanatique comprit la raison de sa course effrénée. Un monstre bipède à la fourrure rouge-sang du même gabarit que le guerrier venait que jaillir du sol en hurlant. Kurgoth se mit immédiatement en position de combat mais le cri puissant émis par la créature à côté de lui le fit reculer d'un pas. Un moment de flottement, débordant de tension s'en suivit alors que les deux habitants des montagnes se jaugeaient en montrant les crocs. Le garçon en profita pour lancer à son mentor le sac à dos qu'il portait et ce même mentor l'enfila d'un geste. Ce fut également le moment choisi par l'humaine pour tenter de s'enfuir, concentrant sa magie en un flash lumineux pour hébéter tout ce beau monde.

Le stalas, plus sensible que les autres, tituba en poussant un cri déchirant et le skadi, qui étant dos à la jeune femme ne fut guère atteint, sauta sur l'occasion et bondit sur son ennemi juré. Alors que les créature s'affrontaient dans un combat d'une rare violence, l'acolyte pris ses jambes à son cou mais, déséquilibrée par la peau-verte qui parvint à saisir une de ses manches pour la retenir, s'étala sur le sol de tout son long. Kurgoth ne pris même pas le temps de la ligoter, il se contenta de l’assommer avec le plat d'une de ses kitranches avant de fuir au plus vite avec Eden alors qu'un des rochers que s'envoyaient les créatures siffla au dessus de leurs tête.

Après s'être, à leur goût, suffisamment éloignés du combat de titans, les aventuriers s'arrêtèrent et le plus grand des deux en profita pour ligoter et bâillonner à nouveau sa proie. Sachant que cette discussion finirait bien par arriver, le plus jeune pris les devants et se confessa.

"J'suis désolé de l'avoir laissé filer... Pendant la nuit je l'ai entendu bouger alors j'ai viré le sac sur sa tête pour la regarder, faut dire qu'elle est vach'ment belle quand même... A c'moment là, elle m'a dit que si j'la libérait, elle m'ramènerait en sécurité avec elle chez les humains, qu'y fallait pas qu'je reste avec un monstre comme toi... Quand j'lui ai dit qu't'était sympa et que j'te f'sait confiance, elle a dit qu'il fallait pas et a red'mandé que je la libère. J'lui ai dit que j'pouvais pas, qu'si j'le f'sais c'moi qui s'rait sacrifié! Pis elle a baissé la tête, ensuite elle a d'mandé si j'pouvais pas "à peine" desserrer ses liens car t'y était allé comme une brute et ça coupait son sang. Elle a aussi promit de pas s'échapper, disant qu'les gens d'Gaïa comme elle, ils préfèrent mourir que d'faire mourir un enfant comme moi. Comme elle voulait pas s'barrer j'l'ai fait mais elle m'a mis un grand coup d'pied quand ça s'est desserré. Après s'êt' dégagée des cordes, elle a essayé de m'prendre de force avec elle mais m'a lâché quand j'me suis défendu avec un coup de dague... Enfin elle est partie et c'la que j't'ai réveillé... J'suis désolé."

"Maintenant tu sais à quoi t'en tenir, ne me refait jamais ça!"

Le ton était froid et cinglant, tout comme le fut le reste du voyage. Le piège avait semblé tellement évident, même pour Kurgoth, que ce dernier se jugeait déjà d'une trop grande sympathie en ne dévorant pas l'enfant suite à un tel évènement. Cette brusque distance posée entre eux, que le garzok laissait durer sans chercher à la réduire, était une souffrance pour l'enfant. Il le savait et telle était la punition qu'il avait choisi. Et le voyage continua sans autre incident notable si ce n'est cette ambiance morose jusqu'à la cité noire.

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 Sujet du message: Re: Route entre les Duchés des Montagnes et Omyre
MessagePosté: Ven 5 Jan 2018 16:46 
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Après une dizaine de jours de marche dans les terres désolées de l'Omyrhie, se nourrissant des morceaux de cadavre qu'il avait ramassé au pied des remparts de l'antre des exclus lors de son départ, Kurgoth atteignait la zone des montagnes recouvertes par la neige en cette saison hivernale lorsqu'il aperçut une forme étrange à l'horizon et se cacha derrière un rocher. La voyant approcher, il reconnut une troupe de garzok et sortit de sa cachette pour avancer dans leur direction, sans doute revenaient-ils des Duchés et peut-être pouvaient-ils l'aider à trouver Olur.

Alors qu'il s'approchait, le barbare remarqua l'état pitoyable de la troupe. La plupart d'entre eux ne semblaient pas posséder de monture et tous semblaient porter des blessures plus ou moins graves. Leurs équipements, souvent abimés, semblaient tous similaires et arborer les symboles de l'armée oaxienne. Alors que le prêtre s'arrêtait devant le chef de file pour l'interpeler, il ne put cacher sa surprise en le reconnaissant.

"Baronk?! Baronk le Borgne? C'est moi, Kurgoth. Qu'est-ce qui s'est passé?"

"Kurgoth? Ah le p'tit fanatique... Ben j'espère que tu t'en es mieux sorti avec ton haténesia que nous avec ce chien de Kardân!"

"Je suis devenu prêtre grâce à ton aide, mais comment l'Aube Radieuse a-t-elle pu vous affaiblir ainsi, avec tous les éclaireurs que vous aviez?"

"On s'est fait avoir en beauté! Voilà comment ça s'est passé! Un convoi comportant un énorme coffre lourdement escorté à la fois par les hommes du duc Pérussac et les paladins de Kardân, ça ne pouvait être que les impôts de l'année en route pour la capitale kendranne et s'en emparer aurait pu nous offrir un avantage inespéré dans cette guerre... Quel bel appât, les coffres étaient vides et j'y ai laissé un quart de mes hommes."

"Ce seul affrontement vous a laissé en si mauvais état?"

"Bien sûr que non! Pour qui me prends-tu, gamin? On les a anéanti ces humains! Le combat était rude et on a eu des pertes, mais on l'a largement emporté, avant de se rendre compte qu'il ne s'agissait que d'un leurre. Le véritable combat a eu lieu quand on est retourné à notre camp. Toute l'Aube Radieuse, au grand complet, nous attendait en embuscade. Encore fatigués et blessés du précédent affrontement, celui-ci fut une véritable débâcle au point que j'ordonne la première retraite de ma carrière! La peste soit de Kardân! Notre reine sera furieuse d'apprendre une telle nouvelle..."

Ponctuant son récit d'un crachat lancé au sol avec colère, les hommes restants vociféraient insultes et jurons à l'intention des paladins qui les avaient ainsi battus, comme pour appuyer le discours de leur chef. Ce dernier releva son regard vers le barbare et l'interrogea.

"Quoi qu'il en soit, que fais-tu à marcher en direction des Duchés maintenant que tu es prêtre? Après une telle victoire, l'Aube Radieuse se montrera encore plus acharnée dans sa traque à nos semblables."

"Je n'ai que faire de l'Aube Radieuse. Je cherche à retrouver le clan de mon ancien mentor pour prendre ma revanche. Avez-vous entendu parler d'un certain "Olur le Fourbe" avant de vous faire piéger?"

Le capitaine réfléchit quelques instants puis donna un nom qui ne manqua pas de faire réagir Kurgoth.

"Olur, Olur... Ce nom de me dit quelque chose... Ah oui, un guerrier qui semblait perdu dans les Duchés et qui nous a rejoint, un peu comme toi la dernière fois, m'en a parlé. Il s'appelait Kharg."

"Kharg", Kharg le Brutal, le frère de Kharn le Sombre, l'un des jumeaux avec qui Olur dirigeait le clan de pillards. Les poings du barbare se resserrèrent sur la poignée de la kikoup.

"Vous êtes certain du nom? "Kharg"? Où est-il? Je dois le voir, maintenant."

"Oublie ça Kurgoth, il est mort. Il m'avait impressionné durant l'attaque du convoi qui servait de leurre, mais il n'a pas pu échapper à l'embuscade du camp."

"A-t-il au moins dit ce qu'il faisait là? Un indice sur le lieu où se cache Olur? Baronk, je dois savoir!"

"Amaranthe. Il a dit que ton ami Olur avait tué son frère et pris le pouvoir au sein du clan. Il a alors préféré rentrer en Omyrhie pour former son propre clan avant d'aller réclamer vengeance."

Kurgoth ne put alors s'empêcher d'éclater d'un rire nerveux où la colère restait palpable.

"Décidément, Olur porte bien son nom de "Fourbe"... Deux sur trois, il ne reste à présent plus que lui à tuer... Quel est le meilleur moyen d'aller à Amaranthe sans mourir en route?"

"Vers l'est, à travers la forêt de conifères. Assures-toi de toujours rester dans cette partie de la forêt et tu n'auras que la route du Col Blanc à traverser. Tu passeras par le Royaume de Mertar et l'Aube Radieuse cessera de te poursuivre. Sachant qu'on est encore proche du col de Lebennon, il te faudra environ deux semaines à pied pour y arriver. Reste bien sous le couvert de la forêt, rare sont les groupes de pillards à s'aventurer si loin."

Kurgoth répéta machinalement les instructions afin de les mémoriser, le voyage s'annonçait long pour mettre la main sur Olur. Alors qu'il reprenait son chemin, après avoir remercier Baronk pour ces renseignements, le barbare sentit tous les soldats ayant entendu la conversation lui donner une tape d'encouragement sur l'épaule. Affronter son mentor était une épreuve par laquelle tous les garzoks adultes ou presque étaient passés.

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 Sujet du message: Re: Route entre les Duchés des Montagnes et Omyre
MessagePosté: Lun 8 Jan 2018 17:34 
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Kurgoth suivit les indications du capitaine de l'armée noire et se dirigea vers l'est une fois le col de Lebennon passé tout en s'assurant de bien rester dans la forêt de conifères. Ses maigres provisions vinrent cependant à manquer rapidement et le froid mordant de l'hiver montagnard l'obligeait à manger en quantité pour pouvoir supporter les basses températures.

Un matin cependant, peu après avoir émergé de l’abri précaire qu'il s'était creusé dans la neige pour se protéger du froid, le garzok découvrit un sentier de traces fraiches zigzagant entre les troncs. Bien qu'il ne fût pas pisteur, le barbare n'eut aucune difficulté à suivre les empreintes animales dans la neige épaisse, entrainé par son estomac fatigué de n'avoir à digérer que de la neige et de l'écorce, tant elles étaient nombreuses. S'il était certain que les traces n'appartenaient ni à des humains ni à des nains, Kurgoth était bien incapable d'identifier l'animal qui était passé ici et, par mesure de précaution, dégaina ses armes dès qu'il entreprit la traque.

La chasse dura plus d'une heure et prit brusquement fin lorsque le barbare, sortant d'un buisson épineux, se retrouva face à un mur de cornes et de défenses. Il s'immobilisa immédiatement, comprenant sa situation critique, puis réalisa qu'il faisait face à une harde de Brok'nuds. Bien que les animaux lui faisant face continuaient de dégager la neige afin de remuer la terre pour se nourrir, le prêtre se rendit compte qu'ils ne détournaient jamais longtemps leurs regards de lui. Si l'idée de tuer une bête de plus de cent cinquante kilos de muscles lui donnait l'eau à la bouche, celle de mourir encorné, piétiné, puis en partie dévoré l'intéressait beaucoup moins.

La tension était palpable entre le garzok affamé et les suidés occupés à déterrer des racines. Kurgoth n'avait en effet pas l'intention de laisser passer cette chance de se remplir le ventre tout en ayant des réserves conséquentes pour les prochains jours, mais ces repas ne seraient pas simples à obtenir. Le prêtre de Thimoros adressa alors une prière à Ter Zignok, dieu veillant sur la nature, les forêts et toutes les bêtes qui y vivent.

(Ter Zignok, protecteur de la nature, mon estomac crie famine, laisse-moi me repaitre de l'un de tes protégés.
Ter Zignok, chasseur parmi les chasseurs, regarde moi mériter ma pitance et accorde moi cette viande salvatrice.
Ter Zignok, roi des bêtes, accorde moi de manger à ma faim jusqu'à ce que je rencontre Olur à nouveau.
L'un de nos deux corps nourrira tes loups.
)

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 Sujet du message: Re: Route entre les Duchés des Montagnes et Omyre
MessagePosté: Lun 8 Jan 2018 18:53 
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Jet de dés : Réussite de justesse


Les dieux répondent à la demande des fidèles, mais pas toujours de la façon espérée. Peut-être que les dieux jugeait que la proie visée constituait trop de viande pour un chasseur, peut-être aussi qu'il voulait te protéger de l'attaque de ces bêtes cornus ? On pourrait en discuter longtemps sans en trouver la réponse.

Ainsi, non loin de toi, 2 lièvres tout blancs, sortirent de la neige, il semblaient être attirés pas la terre remuée du côté des gros herbivores. Et pour le moment, proie faciles, il était immobile. Il restait à savoir si tu allais profiter de cette situation et changer de proie ou bien poursuivre dans ton idée primaire.

L'apparition de ces petits rongeurs blancs, est-ce une réponse du divin ? Ou celle de la coïncidence ? ... C'est à toi de faire tes propres hypothèses

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 Sujet du message: Re: Route entre les Duchés des Montagnes et Omyre
MessagePosté: Mar 9 Jan 2018 18:19 
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Avant qu'il ne se lance à l'assaut des suidés, un mouvement attira l'attention du barbare sur sa droite. Deux lièvres blancs se faufilaient dans la neige épaisse en bondissant, semblant intéressés par la terre remuer par les brok'nuds. Les nouvelles proies, bien moins dangereuses que les précédentes, s'approchèrent de ces dernières pour dénicher quelques racines dans la boue. Bien que les lièvres ne pourraient probablement pas lui suffire pour le reste du trajet, le prêtre de Thimoros changea ses plans et ses armes de mains afin de pouvoir lancer sa kitranche de son bras fort en direction des lagomorphes.

(((HRP: Les lièvres et les lapins ne sont pas des rongeurs mais des lagomorphes, d'après wikipédia.)))

Lentement, afin de pas effrayer les bêtes cornues, Kurgoth arma son bras droit tenant la kitranche et pointa la kikoup tenue dans son bras gauche en direction de sa cible pour s'aider à la visée. Tout en gardant sa lame en direction des lièvres, le garzok tourna rapidement son buste en tendant son bras droit, projetant son arme à toute vitesse sur les animaux immobiles. Celle-ci décapita sa cible, mais alerta dans le même temps la harde de suidés qui se mit à charger dans sa direction après un claquement de dents. Le garzok bondit alors instinctivement derrière le premier arbre venu afin de se protéger.

Il n'eut pas le temps de se rendre compte, contrairement à l'un des animaux, que le tronc était pourri, qu'un suidé défonçait déjà le bois mort dans sa charge et propulsa l'humanoïde dans les airs. Tentant de s'accrocher à ce qu'il avait de plus de sa main libre, sur le moment une corne de brok'nud, le garzok massif déséquilibra l'animal et tous deux roulèrent au sol. Tandis qu'ils se relevaient simultanément, le quadrupède comprit que les siens l'avaient distancé et, voyant son prédateur prêt à bondir, chargea à nouveau. Kurgoth esquiva l'attaque de justesse en faisant un pas de côté, mais lorsqu'il abattit sa kikoup, la lame entailla le cuir épais sans parvenir à le traverser. Alors que l'animal se retournait pour charger à nouveau, le barbare comprit qu'il n'aurait pas d'autre chance s'il désirait avoir plus que le lièvre pour se nourrir, s'il ne l'arrêtait pas, le brok'nud profiterait certainement de sa vitesse pour s'enfuir et rejoindre sa harde. Tous deux s'élancèrent l'un vers l'autre, mais, juste avant l'impact, le prêtre de Thimoros attrapa de son épaisse main brune l'une des défenses du suidé. Concentrant sa force dans ce bras, il parvint à bouger la tête de la bête in extremis afin de bloquer la tête de l'animal sur son épaule sans se faire empaler. Le choc brisa une corne sur le boutoir de l'animal et la clavicule du garzok ne résista que parce que son trapèze gonflé absorba le plus gros de l'impact.

Les pieds du barbare glissèrent sur un bon mètre dans la neige pour encaisser l'énergie de la charge de l'animal. Sitôt qu'il sentit ses appuis stables, Kurgoth, d'un effort conjoint de ses cuisses, ses lombaires et son bras stabilisant la hure, se releva brusquement, la bête chargée sur son épaule. Profitant d'un moment d'hésitation chez l'adversaire, dû à la situation particulière dans laquelle il se trouvait et à laquelle aucun de ses congénères n'avait sans doute été confronté avant lui, le garzok planta à plusieurs reprises sa kikoup dans le flanc de l'animal par de grands mouvements de son bras droit. Le brok'nud, sentant les blessures de la lame glacée parvenant à traverser son cuir, s'agita en tous sens, faisant perdre son équilibre au prêtre qui commençait à ressentir le contre-coup de son effort surhumain. Tombant lourdement sur son assaillant renversé, le suidé fit de son mieux pour mordre ou empaler le bipède qui s’accrochait désespérément à ses cornes pour ne pas se faire éventrer par les défenses ou piétiner par les pattes puissantes. Kurgoth, qui laissa échapper son arme en basculant, se fit traîner dans la boue et la neige durant de longues minutes. S'il restait accroché de manière à éviter les défenses, ses jambes étaient assaillies tantôt par des coups de pattes au niveau des pieds, tantôt pas des morsures lorsqu'il les repliait.

Sentant l'épuisement l'envahir à cause de cet adversaire obstiné, le quadrupède finit par se diriger vers un arbre massif contre lequel il écrasa l'humanoïde. Entre deux puissants coups de crâne enfonçant son dos dans le conifère, le barbare aperçut sa kitranche toute proche et, s'étendant de tout son long entre les coups, parvint à la récupérer du bout des doigts. Dès qu'il la tenu fermement en main, cette dernière positionnée très près de la tête de l'arme puisqu'il était collé à sa proie, le garzok rassembla ses dernières forces pour s'agripper de sa main gauche à la crinière de l'animal tandis qu'il lui tailladait la gorge de sa main droite à grands coups de kitranche. Le suidé massif finit par se vider de son sang, la carotide et la jugulaire gauches tranchées, laissant son lourd cadavre écraser les jambes endolories de son meurtrier.

Dans un ultime effort, le barbare fit glisser sur le côté la carcasse de sa victime pour libérer ses jambes avant de se laisser choir sur le sol, appuyé contre le corps de bête imposante, exténué, meurtri et couvert de bleus. Quelques longues minutes plus tard, il se releva pour ramasser sa kikoup, lâchée durant le combat. En revenant vers le brok'nud, il s'approcha de l'endroit où il avait ramassé sa kitranche et trouva, non seulement le lièvre décapité, mais aussi le second, tous deux piétinés par la harde en furie. Après avoir dévoré celui à la tête tranchée, il vida le second et l'attacha à sa ceinture par les oreilles, il serait son prochain repas. Il vida également sa plus grosse prise du jour et, à l'aide de sa kitranche, réussit à séparer du corps les cornes et défenses les plus grandes, cette proie serait bien assez lourde à transporter sans cet attirail. Une fois ce travail de boucher sommairement exécuté, Kurgoth, boitant, repris sa route vers Amaranthe, un lièvre à la ceinture et un brok'nud sur les épaules.

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 Sujet du message: Re: Route entre les Duchés des Montagnes et Omyre
MessagePosté: Mer 10 Jan 2018 12:57 
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Cela faisait trois semaines que Kurgoth avait quitté l'antre des exclus et, s'il n'avait pas tourné en rond dans la forêt, il pensait se trouver dans le duché d'Amaranthe, la destination indiquée par Baronk le Borgne. Il ne lui restait de sa dernière que deux pattes de brok'nud gelées, qu'il transportait sur une épaule reliées par une lanière de cuir taillée dans la peau de l'animal. Le garzok se savait dans la bonne direction, il avait traversé sans encombre la route du col blanc sous le couvert de la nuit quelques jours auparavant et continuait à suivre la forêt vers l'est. Alors qu'il avançait dans le manteau neigeux recouvrant le sol du bois de conifères, un bruit attira son attention à travers les arbres.

A mesure qu'il s'approchait à pas de loup, le barbare réussit à identifier les sons. Il s'agissait d'un bûcheron poussant la chansonnette afin de se donner du courage tandis que sa kitranche heurtait le bois d'un rythme régulier. En s'approchant, tendant l'oreille, Kurgoth eut de plus en plus l'impression que l'humain était seul en ces bois, chose étrange qu'il n'avait jamais constaté durant ses années de pillages. Méfiant dans cette situation inconnue, qu'il jugeait également incongrue, il s'avança prudemment, alerte, épiant les alentours pour ne pas se retrouver encerclé, entre les troncs, ne s'arrêtant qu'à quelques mètres du montagnois. Les alentours étaient totalement déserts et le bûcheron, absorbé par son travail, ne semblait pas se soucier des bêtes pouvant rôder autour de lui. Kurgoth pensa que l'humain devait se sentir en sécurité en chantant ainsi, la plupart des animaux préférant se tenir éloignés des bruits pouvant signaler un chasseur.

Le garzok profita de l'inattention du montagnois pour se faufiler derrière l'arbre qu'il était en train d'abattre. Lorsque celui-ci finit par céder sous les coups de kitranches, sous le choc de voir ainsi apparaître un garzok en armure, le bûcheron tomba sur les fesses en lâchant son outil. S'avançant d'un air menaçant et arborant un sourire sadique, le barbare attrapa l'être tremblotant par le cou et l'amena à sa hauteur. Ce ne fut cependant par le garzok qui prononça les premières paroles.

"P-pourquoi vous êtes revenus? V-vous nous avez déjà tout pris, allez-vous en et laissez-moi en paix, la garde finira par vous retrouver!"

Ces mots firent hausser un sourcil au prêtre, il semblait être sur la bonne piste.

"Je ne suis jamais venu ici, mais tu parles sans doute de ceux que je recherche... Si tu veux vivre, raconte-moi ce qu'il s'est passé, maintenant!"

L'incompréhension mêlée à la peur initiale, le bûcheron se mit à sangloter, mais s’exécuta.

"Des peaux-vertes, euh garzoks, sont venus piller notre campement. Il ont tout volé, tout brûlé. Les rares survivants ont fuit vers la ville, mais je devais rester. Ma famille est très pauvre et on ne passera pas l'hiver si je..."

"Ta vie ne m'intéresse pas! Quand les pillards sont-ils passés? Où sont-ils allés? Parle!"

"Il y a deux jours, j-je crois. Ça faisait quelques temps qu'on entendait des rumeurs sur eux, paraîtrait qu'ils ont leur campement dans le temple de Yuïa abandonné. C'est tout ce que je sais, ne me tuez pas..."

Kurgoth ne pouvait être totalement certain qu'il s'agissait d'Olur, et pourtant son instinct le poussait à retrouver ce temple pour en avoir le cœur net.

"Ce temple, où est-il?"

"Dans un col tout proche, mais avec cette neige, seuls les montagnard connaissant l'unique chemin y menant peuvent l'atteindre sans se perdre ou se tuer dans les pentes escarpées... Laissez-moi partir maintenant."

Kurgoth réfléchis quelques instants avant de répondre.

"Non. Tu vas venir avec moi et tu m'amèneras au temple. Et cesse de paniquer inutilement, je ne suis pas plus un monstre que ton peuple ne l'a été envers le mien. J'ai besoin que tu m'y emmènes, si tu me trahis, tu mourras c'est certain. Mais si j’atteins ce temple, tu auras de quoi manger pour ta petite famille."

A ces mots, le garzok lâcha l'humain pour tapoter l'une des pattes de brok'nud pendant à son épaule.

"Alors? Quand y serais-je?"

Le montagnois terrifié, comprenant que son interlocuteur ne lui laissait qu'une mort immédiate comme alternative, se soumit à la volonté du barbare.

"En partant maintenant, nous serons à l'orée du sentier la nuit venue. Il faudra encore compter une journée entière de marche pour atteindre le temple."

"Bien, je te suis. Mais rappelle-toi, une seule fourberie de ta part et la tête vole loin de tes épaules. Passe devant."

Une nouvelle fois, après Eden, Kurgoth suivit son guide improvisé en direction de sa prochaine destination, le temple de Yuïa.

835mots

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Dernière édition par TheGentleMad le Mar 3 Juil 2018 11:19, édité 1 fois.

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