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 Sujet du message: Re: Terres Désolées (Izurith)
MessagePosté: Lun 3 Oct 2016 16:08 
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Inscription: Mer 24 Fév 2010 10:07
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???


    Quand les deux êtres face à Sithi acceptèrent leur destin, cette dernière leur adressa un signe de tête solennel.

    « Merci. Du fond du cœur, » lâcha-t-elle.

    Et ainsi, la fusion acheva son processus. Ces êtres qui avaient été si proches jusque là ne furent, pendant une brève qui sembla leur durer des heures, plus qu'un. Le procédé était particulièrement troublant, à la fois douloureux et apaisant, triste et joyeux. Pendant une brève seconde, l'entièreté de l'être de Syndalywë appartenait à Tanaëth, et l'entièreté de l'être de Tanaëth appartenait à Syndalywë. Lorsque ce fut terminé, chacun retrouva sa conscience propre, mais un lien éternel, indescriptible et inaltérable les unissait. Ils étaient de nouveau deux, mais à tout moment ils pourraient redevenir un, sur la simple volonté partagée des deux êtres. Sithi, observant avec satisfaction le résultat obtenu, reprit la parole.

    « Te voilà Lame du Crépuscule, mon Champion. Mais n'oublie pas, Tanaëth : sur Izurith comme sur Yuimen, les pouvoirs du fluide de Vision seront à jamais limités. Même en passant par Syndalywë, le manipuler te sera difficile et le résultat obtenu sera confus. Mais tu sauras faire bon usage de ce don, j'en suis certaine. »

    Elle se retourna de nouveau vers la lune, devant laquelle passaient quelques nuages.

    « J'aimerais vous garder ici plus longtemps, mais je ne le peux. Le lien va bientôt se briser. Aussi, entends bien ces paroles, Tanaëth, car elles seront peut-être les dernières que je pourrai t'adresser avant bien longtemps : si les devoirs d'une mère pour ses enfants sont infinis, le seul devoir d'un enfant vis à vis de sa mère est de vivre. En tant que mon Champion, ta mission est de guider mon peuple, de le faire vivre. Car tu es mon représentant sur Yuimen. »

    Elle se retourna une dernière fois vers lui, le regard déterminé.

    « Tu as bien compris ? Je t'ai donné ce pouvoir pour sauvegarder mon peuple, pas pour me sauvegarder moi. »

    [suite plus bas]


Terres Désolées – Tunnel


    Et comme ça, sur les derniers mots de la Déesse, Tanaëth s'éveilla, en compagnie de Syndalywë, dont il partageait maintenant le destin.

    Cela arriva près d'une minute après la claque d'Irina, dont Tanaëth pouvait sentir la chaleur sur la joue, qui le picotait significativement.



[Tanaëth : 0,5 (introspection) ; 0,5 (engagement auprès de Sithi) ; 1 (bonus : Lame du Crépuscule) ; 2,5 (bonus longueur)
Irina : 0,5 (introspection) ; 0,5 (sbaf!) ; 2,5 (bonus longueur)
Arkalan : 0,5 (introspection) ; 0,5 (menaces à Irina) ; 1,5 (bonus longueur)
Kay : 0,5 (introspection) ; 1,5 (bonus longueur)]

_________________


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 Sujet du message: Re: Terres Désolées (Izurith)
MessagePosté: Mar 4 Oct 2016 01:31 
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Inscription: Jeu 26 Fév 2015 21:51
Messages: 6796
Localisation: Nessima, Naora
Sithi nous remercie, du fond du coeur, d'accepter le rôle qu'elle souhaite nous voir endosser. Ces remerciements m'étonnent d'une certaine manière. J'ai rêvé tant de fois, enfant, que j'étais un héros remportant de grandes victoires en son nom, que je faisais partie de ses élus. Nous jouions dans les rues de Nessima, vaillants guerriers saints contre dangereux maraudeurs Shaakts, au grand dam des adultes parfois car nous étions indubitablement turbulents. Et aujourd'hui, en cette nuit particulière entre toutes, ce rêve se réalise, devient réalité. C'est à moi de la remercier, de l'honneur qu'elle me fait, de la confiance qu'elle m'accorde, et plus que tout de réaliser mon rêve le plus fou. Je n'ai que le temps d'incliner le visage et d'entrouvrir la bouche pour lui faire part de ma pensée lorsque soudain...

***

Il fait nuit. Une nuit d'un noir d'encre, absolue. Je ne vois rien, strictement rien. Il n'y a aucun repère, aucun de mes sens ne me fournit la moindre parcelle d'information. Je n'ai pas de sol sous les pieds, mais je ne tombe pas, j'ai l'impression d'être totalement immobile. Je n'entends aucun bruit, même lorsque je tente de faire claquer mes mains l'une contre l'autre. En vain car je ne les sens pas se heurter. Je ne sens pas d'odeur, pas même celle qui parfume toujours l'air, si faiblement que ce soit. Aucun goût n'emplit ma bouche, il n'y a rien, absolument rien. Si le Néant existe, c'est à ça qu'il ressemble, cela ne fait pas le moindre doute.

Pourtant...

Je pense.


Des points lumineux apparaissent soudain, partout, en nombre apparemment infini. Il n'y a aucune progression, il n'y avait rien, il y a subitement quelque chose. J'essaye de me rapprocher de l'un de ces points, mais en vain, tout est immobile, immuable, moi compris.

Pourtant...

Je voudrais avancer.


Quelque chose change. Les points se mettent en mouvement, certains changent de couleur, de taille, mais je ne peux toujours pas m'en approcher. Quelque chose a changé: le temps est apparu. Mais je n'ai aucun lien avec lui. Il se déroule, infiniment lentement, mais sans moi. Je ne peux qu'observer, et penser.

Pourtant...

Il y a quelqu'un.


Je ne le vois pas, mais je sais qu'il existe. Ce quelqu'un devient plusieurs, je ne sais pas comment mais ils naissent de ces points de différentes couleurs et tailles. Cela prend longtemps, très longtemps. Tout se passe au ralenti, il s'écoule des éternités entières qui n'ont pour moi aucune importance. Je ne peux que concevoir une vague notion de durée.

Pourtant...

Le temps passe.


Tout accélère soudain. Certains points changent rapidement, ils deviennent des sphères, des plateaux, et mille autres formes encore. Ils se colorent d'infinies nuances, il n'en existe pas deux identiques. La sensation de rapidité croît encore, de plus en plus, le temps semble pris de folie. Cela dure longtemps, très longtemps, jusqu'à ce que...

Le temps me frôle.

Et m'emporte dans sa course folle.

***

J'apparais sur un...monde. Oui, c'est ainsi que les...dieux...ont appelé ces...formes étranges. Les dieux, je ne sais pas pourquoi ils s'appellent comme ça. Ils ont des formes, je ne sais pas pourquoi. Ils sont nés, ou apparus, comme moi, mais un peu plus...tôt? Ce sont eux qui ont créés ces mondes. Je crois qu'il fallait qu'il y ait des mondes pour que j'apparaisse. Mais je n'en suis pas certain. Certaine? Certain? Certaine? Je? Je. Et Je ne suis pas seule. Seul? Nous sommes nombreux. Nombreuses? Je crois que ça ne s'applique pas à moi, mais il me semble qu'il y a, ou qu'il y aura, une différence. Les dieux essayent de faire quelque chose, cela m'intrigue, je les observe. Nous les observons. Ils essayent longtemps, en vain. Alors ils se tournent vers nous et nous expliquent ce qu'ils veulent faire: relier tous les mondes entre eux. Nous ne savons pas pourquoi ils veulent faire ça, mais nous pensons que c'est peut-être comme pour nous: il faut que ces liens apparaissent pour que d'autres...choses...apparaissent. Nous relions les mondes, ce n'est pas très difficile mais je ne sais pas comment on fait. Puis il y a le Premier Quelqu'un qui vient vers nous. Il nous dit qu'il s'appelle Zewen et qu'il a encore besoin de nous. Zewen? Nous lui demandons ce que c'est, un Zewen. Il rit et nous explique que c'est son nom, que c'est ainsi qu'on le différencie des autres.

Ah! Alors ça, ça nous plaît! Nous aussi on veut un nom!!! Après tout, les machins de toutes les formes ils ont un nom: mondes. Les autres machins qui remuent et qui ont des formes bizarres aussi ils ont un nom: dieux. Nous disons ça au Zewen, et il rit de plus belle. Il lui faut un sacré moment pour nous expliquer la différence entre un dieu et un Zewen. C'est compliqué son histoire. Nous finissons par comprendre, il est le Dieu Zewen. Ah! Alors ça, ça nous plaît encore plus! DEUX noms! Nous aussi on veut DEUX noms! Et ça aussi ça le fait rire, mais il nous donne un nom: Faëras. Puis il nous dit que le deuxième nom il nous sera offert plus tard, chacune de nous aura le sien, pour la différencier des autres. Oui, mais si on veut en changer, lui demandons-nous? Là nous le prenons un peu de court, je crois. Il ne rit pas cette fois, il réfléchit. Puis il nous dit que nous aurons beaucoup de noms, que nous en changerons chaque fois que nous aiderons un autre de ses futurs enfants à accomplir son destin, et que ce sera celui que nous aurons choisi qui nous le donnera. Ah! Alors ça, c'est chouette! Nous ne comprenons pas tout, enfants, destin, nous ne savons pas ce que c'est, mais nous aurons DEUX noms et l'un des deux changera souvent, il n'en faut pas davantage pour nous rendre heureuses!

Nous aidons le Dieu Zewen, et ensemble nous créons des liens dans le temps. C'est plus difficile cette fois, parce que nous voyons et apprenons beaucoup, beaucoup de choses. Nous allons dans le futur, si loin que tout, absolument tout, a changé. Nous avons peur de nous perdre, parfois, et le disons à Zewen. Il rit, et nous dit qu'il a tout prévu, tout écrit, et que nous, Faëras, ne pourrons jamais nous y perdre. La peur disparaît, et nous pouvons alors enfin voir notre rôle, notre destin tel que Zewen l'a écrit. Et ça, ça nous plaît presque autant que d'avoir DEUX noms!

Il arrive à un moment que les Dieux créent leurs premiers enfants. Nous savons maintenant quelle est notre place dans le grand livre de Zewen et nous nous précipitons vers eux. Mais Zewen a mis une condition: ce sont ses enfants qui devront nous trouver car ils sont beaucoup plus nombreux que nous et seuls certains auront donc la chance de nous avoir pour guides. Nous trépignons d'impatience, qui sera la première d'entre nous à recevoir son deuxième nom, celui qui la différenciera des autres? Nous nous dispersons par groupes plus ou moins nombreux sur les mondes et dans les temps qui nous ont plu, mais surtout nous choisissons le destin qui nous plaît le plus parmi tous ceux existant dans le grand livre. Je choisis d'aller sur Eden, quelques jours avant qu'une Déesse du nom de Sithi ne crée un nouveau peuple: les Sindeldi.

***

Les souvenirs se multiplient, s'entremêlent de manière insensée pour former une tapisserie démentielle de complexité. Passé, présent, futurs innombrables dont n'émerge jamais qu'un seul en définitive, tout se mélange si indiciblement que je panique soudain, rigoureusement incapable de discerner le moindre détail là dedans. Je vais me perdre à jamais, me disperser dans une infinité de temps et de lieux, de possibles dont aucun ne semble se réaliser! Je sais que c'est faux, sur un nombre colossal de possibilités il y en a UNE qui sera, mais allez la trouver dans la masse...Syndalywë...Syndalywë est capable de trouver son chemin dans cet imbroglio cosmique sans jamais risquer de se perdre, elle voit tout, ce qui fut, ce qui aurait pu être, ce qui est, ce qui pourrait être, ce qui sera et ce qui aura pu être. Elle peut tisser des liens de causes à effets en nombre apparemment infini, mais moi...moi Tanaëth je ne vois qu'une masse informe, ignoble, sans queue ni tête! Des images défilent à la vitesse d'un stroboscope pris de folie, elles n'ont plus ni couleurs ni texture, elle n'ont plus de forme, plus de sens.

Je sens mon coeur battre dans ma poitrine à un rythme effréné, je sens mon esprit vaciller sur le bord friable de la folie, pencher inexorablement du mauvais côté tant le vide semble attirant par rapport à cette monstrueuse perception temporelle. Je vais céder, mon esprit va se rompre brutalement et mon âme se déchirer dans un milliard de lieux et de temps différents, je vais simplement...exploser. Cesser d'être. Et ce sera si bon de ne plus rien voir, de ne plus penser, que j'en viens à appeler cet instant fatidique de tous mes voeux. Par pitié Sithi, fais que cela s'arrête! Fais que cela s'arrête...

***

Il y a un enfant, un tout jeune Sindel d'une dizaine d'années tout au plus. Il est dans une vaste pièce richement meublée, lumineuse et aérée, et tente de grimper sur une chaise pour atteindre le dessus d'un buffet. Ses yeux brillent de convoitise, il ne ménage pas ses efforts pour escalader l'obstacle et , tendant une petite main potelée, finit par s'emparer à tâtons de l'objet de son désir. Ahanant, l'objet est trop lourd pour lui, il le tire, le tire de toutes ses forces pour l'amener au bord du meuble. Soudain tout bascule, la chaise se renverse et le bambin tombe rudement au sol dans un grand fracas, puis c'est l'objet de tant d'efforts qui choit et lui tombe droit sur la tête, manquant l'assommer pour le compte: une épée. Une épée de mithril bleu. Le gamin se frotte la tête d'un air penaud, au bord des larmes, puis sans transition glousse de joie en réalisant qu'il est parvenu à ses fins. Sa frimousse se crispe sous l'effort qu'il fait alors pour extraire la lame de son fourreau, mais soudainement il se fige en avisant une grande silhouette qui le regarde sévèrement depuis l'embrasure d'une porte: sa mère.

"Tanaëth!!! Combien de fois dois-je te répéter de ne pas toucher à l'épée de papa?! File dans ta chambre, ouste!"

Le gamin obéit, tête basse et moue contrite, mais avec pourtant un petit sourire en coin: la prochaine fois sera la bonne! A peine dans sa chambre, il ferme soigneusement la porte et, faute de mieux, joue au guerrier avec son épée en bois, mettant en fuite toute une armée de peluches, de redoutables méchants très très forts, à lui tout seul!

***

"TANAËTH!"

"Oui papa?"

"Pose cette épée, TOUT DE SUITE!"

"Oui papa...mais moi aussi je veux une épée!!! Elle m'a dit que je serai un grand guerrier! Un grand guerrier sans épée c'est NUL!!!"

"Qui t'a dit ça?!"

"Ben, la petite dame dans ma chambre..."

"Pffff...Tanaëth, il n'y a PAS de petite dame dans ta chambre..."

"SI!!! je l'ai VUE! Et j'veux une épée!!!"

"Bon, ça suffit maintenant! File te coucher, tu n'as que quinze ans et il est tard! Hop hop, au lit et que ça saute!"

"Oui papa...mais je veux quand même une épée...la petite dame elle a dit que..."

Regard sévère, mains sur les hanches, le père toise le bambin qui finit par faire profil bas et file en maugréant que c'est vraiment pas juste.

***

"Monsieur Ithil, cela ne peut plus durer, votre fils a ENCORE failli assommer l'un de ses petits camarades!," récrimine l'érudit en charge de l'éducation du gamin.

"Ah. J'imagine qu'ils jouaient une fois de plus à Shaakt perché..."soupire le père.

"Oui, mais cette fois ils avaient dérobé des épées d'entraînement dans la salle de garde..."

"TANAËTH!"

"Oui papa?"

Ce soir là le petit elfe va se coucher avec les fesses bien rouges et ses parents, naïfs, espèrent que cela lui servira enfin de leçon. Ils déchantent dès le lendemain, en s'apercevant que Tanaëth a disparu. La moitié du quartier est ameutée, des recherches sont entreprises mais nul ne retrouve le garçon. Il réapparaît deux jours plus tard, crasseux comme un mendiant, épuisé, affamé les habits en loques.

"Par Sithi où étais-tu passé?!" s'exclame la mère en larmes.

"Ben...j'ai été faire la guerre dans les vieux souterrains...y'avait des ennemis partout et je les ai poursuivis...mais t'inquiète pas maman, on a gagné!"

"Tu veux bien m'expliquer comment il se fait que tu y as passé deux jours, Tanaëth?" demande le père à bout de nerfs.

"Oh, ça. Je me suis perdu...un peu. Mais la petite dame m'a montré comment ressortir. Et puis j'ai trouvé un super temple avec plein de statues très très moches!!!"

"Je ne sais pas ce qu'on va faire de toi..." soupire la mère.

"Un grand guerrier!!! La petite dame m'a dit..."

"Oui, oui, je sais ce qu'elle t'a dit..." marmonne le père excédé, "bon, écoute, on va faire un marché toi et moi: pas de bêtises pendant trois mois et je t'offre une vraie épée. D'accord?"

"OOOOOUUUUUAAAAAAIIIIIIIIIIS!"

Trois mois d'accalmie plus tard, le jeune elfe recevait sa première épée. Le lendemain, son père dit à son épouse, déprimé:

"Tu sais, je crois que j'aurais dû exiger qu'il soit sage trois ans au lieu des trois mois avant de lui offrir ce jouet..."

A quoi la mère répond:

"Trente ans, ça aurait été bien..."

***

Syndalywë, c'était elle la petite dame. Elle était là, à mes côtés depuis le jour de ma naissance même si je ne le savais pas. Depuis cet instant nos souvenirs se mêlent, se confondent, assez familiers pour que je retrouve des repères et m'éloigne de cet abîme de folie qui me menaçait. Je vois ma vie de son point de vue, elle voit la sienne du mien. Nos deux visions se complètent peu à peu, nous n'étions pas encore liés à l'époque, elle n'avait pas accès à mes pensées et ne pouvait se montrer trop ouvertement à moi, ni même me parler trop souvent car j'aurais été enfermé pour folie douce à sans cesse parler d'une petite dame invisible qui me causait. Je revois maintenant par ses yeux des événements de mon passé, incrédule ou amusé, atterré parfois. En particulier en ce qui concerne Jaëlle, mon premier amour. Le corps que l'on m'a montré après qu'elle ait soi-disant été déchiquetée par un dévoreur des sables...j'aurais dû voir que ce n'était pas le sien, si mutilé soit-il. Mais j'étais aveuglé par le chagrin, par la rage, et j'ai vu ce que les Ithilausters voulaient que je voie. Je l'ai crue morte, sans même supposer que l'on pouvait me mentir, me manipuler. Et pendant toutes ces années, ces décennies qui se sont écoulées, elle était en vie...captive et torturée à un point inimaginable, jusqu'à en faire la Banshee que j'ai tuée en Hidirain.

Ma vision se brouille, une rage écarlate occulte tout, inextinguible. Averren...symbole maudit d'un clergé prêt à tout pour accroître son pouvoir, sa richesse, sa domination sur mon peuple...Eden ne vous a pas suffit, non, oh non, vous n'avez rien appris de vos erreurs, corrompus et abjects que vous êtes! Jaëlle non plus ne vous a pas suffit, il a fallu que vous assassiniez Moraën, que vous obligiez mon propre père à tenter de mettre fin à mes jours, que vous assassiniez ma mère. Patience, maudits, patience, je suis bientôt prêt et l'heure de votre chute est proche. Vous connaîtrez le poids de ma colère, de ma haine...

La haine...

Ils débarquent par dizaines, par centaines, par milliers, d'une porte chatoyante. Mon peuple, qui arrive sur Yuimen abattu, épuisé, désespéré. Quelques temps plus tard, une guerre qui va durer des siècles commence. Les Sindeldi se lancent à la conquête du Naora, et pour cela il faut exterminer ceux qui occupent le terrain. Les images défilent, insoutenables. Dirigé par un Clergé qui vient de retrouver sa toute-puissance, mon peuple massacre aveuglément les Elfes Noirs, hommes, femmes et enfants, sans la moindre pitié. En parallèle les Ithilausters traquent les familles et amis des Danseurs d'Opale, puis leurs descendants. Officiellement les hérétiques sont emprisonnés, le clergé se charge de les ramener sur la vraie voie de Sithi, avec bienveillance. Officieusement, les crabes sont bien nourris, et la terre assez meuble pour y creuser de grandes fosses. Il y a bien assez de bois au Naora pour confectionner quelques bûchers, un spectacle qui réjouit une certaine frange extrêmiste parmi les extrêmistes. Je voudrais pouvoir détourner les yeux de toutes ces images, je le pourrais sans doute, il me serait assez aisé de me tourner vers d'autres souvenirs, ce n'est pas ça qui manque dans l'esprit de ma Faëra. Mais je m'y refuse, si je dois guider mon peuple ainsi que le souhaite Sithi je dois connaître son histoire, ses erreurs et ses réussites.

Je vois défiler des millénaires de guerres, d'inquisition, de massacres et de ravages en tous genres. Des souvenirs terribles, à n'en plus finir. Quelque chose en moi se brise, mes dernières illusions peut-être. Comment, après cela, croire encore en la supériorité de mon peuple? Comment haïr encore après avoir vu de quoi la haine était capable, à quelles atrocités elle menait? Ténèbres je vous salue, les abysses n'ont pas de fond, merci de me l'avoir appris.

Il n'y a pas que cela, pourtant, de loin pas. Certains des miens savent la valeur de la bonté, de la compassion et de la tolérance. J'en vois qui dissimulent des Shaakts et les aident à s'enfuir. D'autres tentent de soulager leur misère, ou celle des Sindeldi car tous ne sont pas aussi aisés que ma propre famille, il en est qui peinent à se nourrir malgré l'opulence de la noblesse et du clergé. D'autres encore créent des oeuvres d'art fabuleuses, des poèmes magnifiques, tentent leur vie durant d'honorer les préceptes de Sithi et s'efforcent de guider notre peuple vers un avenir meilleur. Là encore, tant de souvenirs, tant d'images défilent en mon esprit que j'en ai le tournis. Lumière je te salue, même dans les plus absolues ténèbres il reste toujours une lueur d'espoir, merci de me l'avoir appris.

"Es-tu prêt, Tanaëth, à devenir mon Champion sur Yuimen, mon héraut qui empêchera à mes enfants de s'égarer plus encore ?"

La question de Sithi résonne en mon âme, en notre âme, apaisant le fleuve furieux qui nous a emporté au travers des âges et nous ramenant au présent. Sommes-nous prêts? Nous l'ignorons, mais nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour l'être. J'étais empli de doutes, de peurs et d'incompréhensions que je dissimulais sous un masque d'assurance plus fragile que du cristal. Je ne sais pas si je serai capable de la suivre, mais je discerne désormais une voie. Je ne prétendrai jamais qu'elle est la seule, ou qu'elle est parfaite, cela n'aurait pas le moindre sens, mais il en existe une que je peux arpenter en connaissance de cause. Que nous pourrons arpenter en connaissance de cause car rien ne pourra jamais dissoudre le lien qui s'est créé entre Syndalywë et moi. Nous sommes un et, paradoxalement, cela n'empêche en rien que chacun de nous ait son identité propre.

***

Sithi nous observe avec satisfaction, et nous lui sourions comme un seul avec la plus ineffable tendresse tandis qu'elle déclare que me voici désormais son Champion, première Lame du Crépuscule de Yuimen. Notre Mère me rappelle que sur Izurith comme sur Yuimen le pouvoir du Fluide de Vision sera à jamais limité, flou et imprécis. Cela me rassure plutôt, après ce que je viens de vivre. Je ne tiens pas à pouvoir contempler le passé à ma guise, pas plus que je ne souhaite connaître le futur, j'en ai déjà trop vu et c'est au présent que l'on vit.

Elle se tourne pour regarder quelques nuages qui voilent la lune, un signe que je comprends avant même qu'elle ne l'explique. Le temps est venu de nous séparer. J'écoute avec la plus extrême attention ses paroles suivantes, les dernières qu'elle pourra probablement m'adresser avant longtemps, un ultime conseil en somme. Elle considère que les devoirs d'une mère envers ses enfants sont infinis, mais que les enfants n'en ont qu'un seul: vivre. Mon rôle consiste donc à guider son peuple pour qu'il puisse vivre, je serai dorénavant son représentant sur Yuimen, son héraut, et ce sera à moi de transmettre ce qu'elle m'a révélé en ce jour. Elle se tourne une dernière fois vers moi avec un air déterminé pour s'assurer que j'ai bien compris que c'est son peuple, mon peuple, que je dois sauvegarder, et non pas elle. J'incline le visage avec le plus profond respect en signe d'acceptation de sa volonté mais, parce qu'elle nous a aussi offert le libre arbitre, je murmure:

"Tu fais partie de mon peuple. Prends soin de toi, Bien-Aimée, nous nous reverrons."

Aussi soudainement que nous sommes arrivés en ce lieu extraordinaire, tout bascule subitement. La texture de l'air change, de même que les odeurs et les sons, nous sommes de retour sur Izurith...

***

Je garde un instant les yeux fermés, gravant en ma mémoire la dernière image que j'ai de Sithi, puis j'ouvre lentement les paupières, étonné de sentir que l'une de mes joues me picote salement. Je découvre avec surprise que je me trouve à nouveau dans le tunnel, dont je ne discerne pour l'instant que le plafond, et avec un étonnement plus grand encore qu'Irina est penchée sur moi. Du coin de l'oeil j'aperçois fugitivement que sa main est en train de s'abattre sur mon visage à toute volée! Je bloque instinctivement le coup en saisissant son poignet d'une main ferme mais douce, et l'attire contre moi pour lui murmurer avec un sourire légèrement narquois au coin des lèvres:

"Si c'est une fessée que tu veux, c'est une très bonne entrée en matière..."

Je lui offre une petite tape sur les fesses de ma main libre en guise d'amuse-bouche, puis je me dégage en douceur et me relève tranquillement sans lâcher son poignet, l'aidant à se relever à son tour avec toute la délicatesse d'un gentleman. Je découvre alors Kay et Heckiël non loin, ce qui me fait hausser un sourcil amusé:

"Hum...navré de ce...contretemps, certaines invitations ne se refusent pas. Merci de m'avoir traîné jusque là. J'ai...dormi combien de temps, au juste?"

J'ai l'impression qu'il s'est écoulé des siècles depuis que je me suis effondré comme une poupée de son mais je doute que ce soit le cas étant donné le délai restreint qui nous a été imposé. Mes compagnons m'auraient sans doute abandonné si mon sommeil avait duré plus de quelques heures, et je n'aurais pu qu'approuver.

(env. 4000 mots)


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 Sujet du message: Re: Terres Désolées (Izurith)
MessagePosté: Mer 5 Oct 2016 19:59 
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Localisation: Kendra Kâr
À la proposition de Kay de prendre son tour de garde pendant la nuit, Hekell répondit que c'était inutile car il n'arriverait, visiblement, pas à s'endormir. La jeune guerrière se demanda brièvement pourquoi, puis se rappela les nombreuses meurtrissures qui éclataient sa peau noire. Si la peau se soignait, il n'en allait pas toujours de même pour le corps et peut-être certaines expériences étaient encore trop récentes pour lui pour qu'il espérât trouver le repos.

(Mais ça ne me regarde pas.)

Hekell s'adressa ensuite directement à Irina, toujours penchée au-dessus du corps assoupi de Tanaëth, lui demandant si elle avait trouvé quoique ce soit qui indiquât que le sommeil du maître d'arme n'avait pas une origine naturelle. Seulement, avant qu'elle pût répondre, le bras du Sindel se leva et vint arrêter son poignet encore en l'air. Il l'attira ensuite contre lui pour lui murmurer quelque chose que Kay ne réussit à saisir - mais ce n'était pas important ; cela devait faire partie de leur jeu. Il lui donne une (amicale ? malicieuse ?) tape sur les fesses avant se relever, non sans garder sa prise ce qui lui permet d'aider Irina à se remettre sur pied, à son tour. Il s'adressa alors à Hekell et Kay, s'excusant, puis remerciant et enfin, demandant combien d'heures il avait dormi.

"Moins d'une heure, je dirais. En fait, on s'apprêtait à se préparer à passer la nuit ici."

D'un signe du menton, elle désigna simplement le tunnel où ils étaient retournés après que l'elfe gris se fût effondré sans raison apparente. Tandis que la gifle d'Irina l'avait fait bondir sur ses pieds, Kay, devant le réveil de son mentor, s'était contenté de hausser un sourcil. Sa curiosité était même trop faible pour qu'elle l'interrogeât sur ce qui venait de se passer. De toute façon, s'il en sentait l'envie, Tanaëth parlerait. Il aimait bien partager. Kay étouffa un bâillement. Elle aurait bien entamé sa nuit sans ambages (bien qu'elle pût tenir relativement longtemps sans dormir, la seule mention du sommeil la plongeait presque dedans), mais ce ne serait pas très correct. Elle se résolut donc à attendre que cette décision vînt des autres - si elle venait car, après tout, l'autre debout, ils n'avaient plus de réelles raisons à entraver leur chemin et le plus vite ils seraient à Aënalia, le mieux ce serait.

(Quoiqu'il en soit, qu'elle qu'a pu être cette "invitation", ça l'a changé.)

Mais la semi-elfe était incapable de dire dans quelle mesure ou même en quoi. Le guerrier paraissait juste différent. Les prochaines minutes, heures, leur permettront peut-être d'approcher la réponse. En tout cas, il avait l'air d'aller bien. C'était tout ce qui importait.

(Oui ; c'est bien le plus important.)

Alors pourquoi sentait-elle un poids en son cœur ? Pourquoi n'arrivait-elle pas à se réjouir de la bonne nouvelle qu'était de savoir Tanaëth en bonne santé et prêt à reprendre leur mission ?

(env. 500 mots)

_________________
Kay de Kallah, Maître d'Armes et demie-Sindel

Multi : Ædräs


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 Sujet du message: Re: Terres Désolées (Izurith)
MessagePosté: Jeu 6 Oct 2016 15:24 
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Une autre gifle menace de s'abattre sur le Sindel endormi, commençant à me demander si ça n'était pas devenu du pur sadisme de la part d'Irina.

Mes poings commencent à se serrer. Je regrette déjà de l'avoir laissé approcher.

Je m'apprête à lui dire que ça suffit, que c'est assez mais son geste est stoppé par Tanaeth qui sort de sa torpeur.

Et à peine est-il réveiller que le jeu recommence, me faisant pousser un soupir nasal discret.

Ils ont beau faire les tourtereaux, jouer l'un avec l'autre mais il viendra un moment où ce jeu tournera mal et où elle prendra le dessus. Qui sait ce qui se serait passé si ils n'avaient été que tous les deux pendant son sommeil si brutal.

Il s'excuse auprès de nous, justifiant que certaines invitations ne se refusaient pas. Je plisse les yeux, que voulait-il dire ? Qu'est-ce que ça signifiait ? Je garde cette interrogation dans un coin de ma tête ne pouvant de toute manière pas y trouver la réponse tout de suite et ne sachant même pas si ça avait la moindre importance avec notre mission.

La mission justement, il est temps de s'y concentrer. La semi elfe répond à Tanaeth, lui indiquant qu'il n'était pas endormi depuis très longtemps et que nous nous apprêtions à passer la nuit ici.

Je me lève, donnant plus d'indication.

"Oui nous envisagions de nous reposer en même temps que vous et d'attendre demain matin pour voir si vous seriez réveillé ou si nous aurions dû vous abandonner ici. Mais comme vous êtes conscient il serait probablement mieux de prendre la route tout de suite. "

Je range ma flèche dans mon carquois mais garde mon arc à la main, réajustant mon sac avant de poursuivre.

"Malgré la région désertique, les températures sont corrects et je ne pourrais pas dire comment elles seront quand le jour sera levé, la lune est assez grande est dévoilé pour nous offrir une vision suffisante, sans oublier notre vision nyctalope."

Je jette un regard vers Irina, ne sachant pas vraiment si les Sindels étaient aussi capable de voir la nuit comme en plein jour.

"D'après le peu d'informations que nous avons des sœurs sur ces terres, elles sont inhabitables. J'en conclue que nous avons pa.."

Je marque une pause, l'air méfiant avant de poursuivre.

"Peu de chances de croiser un prédateur et que si c'est le cas nous avons une vue assez dégagé pour le voir venir de loin. A moins qu'ils se cachent sous terre."


Je fais alors quelques pas vers Tanaeth.

"Il y a une demi-journée de marche alors nous avons des chances d'atteindre notre destination avant que le jour se lève ou avant que sa chaleur ne devienne vraiment handicapante. Cela devrait nous laisser le temps d'établir un plan avec le peu d'informations que nous avons."

Du pied, je tire ma cape qui traine sur le sol sans quitter la Shaakt des yeux avant de la ramasser rapidement et de la ranger dans mon sac.

Je plonge ensuite mon regard dans les leurs, ne pouvant m'empêcher de froncer les sourcils de méfiance et de colère quand mes yeux rencontrent les iris améthyste et rubis d'Irina. Je précise ensuite en toute sincérité.

"Loin de moi l'idée de commander ou de diriger ce groupe. Je propose juste ce qui me semble le mieux à faire."

Je me dirige ensuite à nouveau vers un emplacement où je peux voir l’entrée et les avoir dans mon champ de vision, attendant une réponse de leur part. Mais mon regard est surtout dirigé vers Tanaeth car il n’y a aucun doute que même sans s’en rendre compte, il occupe la place de chef de groupe. Il en a la carrure, la prestance et le charisme, je sais que le dernier mot lui reviendra.

Tout en patientant, je me concentre pour chasser mes souvenirs liés aux déserts. Assombrissant mon regard et figeant mon visage dans une grimace de peur et d’une très vieille souffrance. Le souvenir de ma fuite de Khonfas.

((670 mots))

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 Sujet du message: Re: Terres Désolées (Izurith)
MessagePosté: Sam 8 Oct 2016 17:51 
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La combine d'Irina semblait fonctionner. Tanaëth se perdait dans ses histoires rocambolesques de la découverte de ses armes fantastiques. L'une venait de ses ancêtres, l'autre d'une certaine princesse Hinïonne, liée avec l'arc qu'il portait à son dos. La dernière lame lactée venait quant à elle de Caix Imoros, la terre mère d'Irina. Cette lame paradoxalement sombre causa de sombres dessins à la famille Ithil. La Shaakte se demandait quel lien pouvait avoir cette arme avec sa ville natale, n'ayant jamais entendu parler de cette lame blanche.De ce fait, Irina apprit par corrélation l'origine du départ de Tanaëth de Naora et donc de son destin d'aventurier. Qu'avait-il donc fait pour éveiller une telle haine de la part de son paternel ? Quel lien entretenait-il avec lui pour que cette relation prenne une fin aussi tragique ? Encore un fil sur lequel tirer pour arriver au cœur de glace du Sindel.
Perdue dans ses réflexions, l'elfe gris parut sonder un instant l'esprit de la belle noire avant de la regarder avec un sourire triomphant. Ses lèvres se rapprochèrent de l'oreille de la créature ténébreuse pour que le murmure du Sindel ne soit audible que d'elle.

"En parlant de ténèbres, j'espère que vous me parlerez de ce fluide qui court en vos veines...lorsque nous serons...entre nous."


Le temps sembla s'arrêter un instant. L'esprit d'Irina perdit pied, comme si le jeu s'échappait d'entre ses mains. Jamais une proie n'avait ainsi retourner la situation, jamais le chasseur devint chassé. Chacune de ses victimes avaient été chassées, traquées, jusqu'à être manipuler et chacune de ses proies l'avaient été de leur plein gré. Tanaëth avait magistralement gagné cette manche, d'une victoire d'autant plus écrasante que surprenante. Comment avait-il pu ? Comment pouvait-il savoir ? Peut-être était-ce l'oeuvre de la fameuse aide venue avec lui, comme il l'avait suggéré plus tôt à la maison Kobayashi. Irina se devait connaître l'identité de cette aide pour le contrôle et en prendre possession sinon la partie était perdue. Irina devait se ressaisir face à un adversaire se révélant de plus en plus coriace et de plus en plus intéressé par les multiples talents de la Shaakte en matière de plaisir, qui s'amusait innocemment à remettre une des mèches rebelles dans la chevelure immaculée de la belle.
Une idée fugace emplie de haine s'empara un court instant de l'esprit de la belle créature, l'incitant à mettre fin aux longs jours du Sindel. Mais le tempérament de joueuse téméraire refit rapidement surface, jugeant que cette version de fin de partie serait bien décevante et venue beaucoup trop tôt.

Tanaëth reprit de vive voix son discours, signifiant que le temps imparti pour réaliser cette mission était très court et qu'il fallait établir une stratégie. Beau détournement du sujet, encore un point pour le Sindel.La Shaakte devait à tout prix reprendre possession de la partie, sinon, la fin arriverait bien promptement et l'issue ne serait pas celle souhaitée par Irina. Elle s'adressa donc au Sindel, le regard plongé dans le sien , qui se révélait de plus en plus espiègle.

" Il est vrai qu'une semaine, c'est extrêmement court. Je suppose que votre esprit brillant a quelque chose à me proposer. Quant à moi, je pense que nous pourrions symboliser l'entente entre nos deux peuples en restant ensemble. Je suggère que nous discutions à notre contact quant à la possibilité de passer pour un couple de leur communauté et ainsi intégrer les hautes sphères de leur groupe organisé. "

Irina s'approcha peur à peu du Sindel, fusionnant son buste avec le sien, laissant sa main droite sur la cuisse de l'elfe griset sa main gauche sur son dos armé. Le visage noir s'approcha du gris avec douceur et tendresse,pour que les mots murmurés par les lèvres de la Shaakte trouvent rapidement un foyer au creux de l'oreille de l'elfe gris.

"Ainsi, nous aurions, je l'espère, un moment rien qu'à nous, où nous pourrions nous révéler à nous-mêmes, où nous serions complètement à nu. Et peut-être pourrais-je alors vous enseigner certains de mes secrets. Mais chaque mystère mérite salaire. Je vous dévoilerais chaque parcelle de mon intimité au fur et à mesure que vous me révélerez vos secrets. j'espère que cela durera plus de cinq minutes. Tout dépend de vous, Tanaëth. "


A mesure que les paroles de la manipulatrice se frayaient un chemin vers les oreilles du Sindel, sa main droite descendait sensuellement le long de la cuisse de l'elfe gris. Le mithril rouge inhibait la sensation charnelle de deux corps chauds se rencontrant mais la main experte d'Irina arriva sans mal entre les jambes du Sindel. Avec la naissance de ses doigts fins, la belle créature noire frôlait avec de légers mouvements de haut en bas l'intimité de Tanaëth. Cherchant à prouver à son adversaire que la partie n'était pas finie et encore moins remportée, la main gauche de la Shaakte, tentant de se faire oublier, se frayait un chemin discret pour toucher la lame lactée du Sindel, restant à l'écoute de ses sensations les plus infimes, cherchant à recueillir la plus petite des informations sur cette arme originaire de sa ville natale.

*

La main de la Shaakte s'était rabattue avec fracas sur la joue du Sindel encore endormi. Irina savait que cette technique ne pouvait réellement sortir son partenaire de sa torpeur. Mais cela soignerait tout du moins sa frustration de en pas avoir pu répondre à l'elfe lorsque celui-ci découvrit les fluides sombres qui parcouraient le corps de ténèbres de la Shaakte.En tout cas, sa frappe avait suscité des réactions chez ses compagnons. La bâtarde se dressa d'un seul coup, main sur la poignée de son épée, prête à dégainer pour aider son maître. Puis, étrangement, la bipolaire se rassit, comme si l'action de la Shaakte ne l'intéressait plus. (Quelle étrange personne). La semi'elfe suggéra de laisser son cher et tendre tranquille, lançant par la même occasion un léger pic à propos du physique précieux de la noire. Amusée, Irina choisit donc de lui répondre pour faire remarquer que pour une fois, elle porta une attention à sa petite personne.

" Je peux sacrifier un peu de mon temps pour son bien-être. En est-il vraiment question pour vous ? "


Hekell s'adressa alors à la Shaakte, de la manière la plus neutre qui soit, la questionnant sur l'origine de la torpeur de l'elfe gris.

" Je ne vois rien et ne ressens rien de particulier. Peut-être est il seulement faible ? "


La dernière phrase était dotée d'une pointe d'ironie. la gifle qu'elle avait donnée plus tôt lui avait fait un bien fou, la libérant quelque peu de la frustration née de leur conversation dans la navette. Alors pourquoi ne pas profiter de cet état léthargique pour se défouler ?

Irina releva à nouveau sa main, pour frapper la joue déjà rose du Sindel. Mais étonnamment, la main noire fut stoppée dans sa course par la poigne ferme de Tanaëth, sorti un peu trop tôt de sa torpeur. Malgré son écroulement soudain, le Sindel semblait frais comme un gardon et n'avait pas perdu de sa témérité et de son espièglerie, comme le témoignait la légère fessée qu'il donna à la Shaakte.Il se souleva alors, entraînant avec lui Irina, avec douceur et galanterie. Le Sindel s'excusa de sa torpeur, se demandant pendant combien de temps avait-il été dans cet état, spécifiant que certaines invitations ne se refusaient pas. Des invitations ? Aurait-il rencontrer quelqu'un pendant son sommeil ? Un mage ? Un dieu ? Serait-ce cette présence qu'il avait spécifiée auparavant, l'accompagnant dans cette mission ? Irina se rapprochait peu à peu de la vérité, il lui fallait maintenant creuser.
Kay, toujours prête à faire bonne figure devant son maître, lui répondit sagement que son sommeil avait duré une heure tout au plus et que nous allions passé la nuit dans la grotte.

Hekell exposa alors un autre point de vue, précisant qu'il serait plus prudent et plus rapide de partir directement, ne craignant ni les prédateurs, ni l'obscurité, ni le climat. Alors qu'Irina trouvait le discours du Shaakt tout à fait logique et respectable, les yeux d'Hekell ne cessaient de témoigner toute sa haine contre les femelles de sa race. Ces propos étaient louables, cependant, l'elfe noir ne voulait tenir la place de chef pour autant, jetant un regard vers Tanaëth, le désignant alors comme tel. Le charisme du Sindel était en effet incontestable, et il n'était pas sans savoir cette capacité qu'il avait d'agir sur les êtres, d'où cette énorme confiance en lui et son ego surdimensionné.

Irina se tourna alors vers le chef de meute, les yeux et la voix pleins de mystère.

" Je ne pense pas que vous vouliez que ma main soit ainsi entravée . "

La Shaakte planta ensuite son regard dans celui d'Hekell, toujours prisonnière du Sindel.

" Je pense que vous avez raison, nous devrions y aller rapidement. "

Irina se rapprocha doucement de son geôlier, avec un visage des plus purs mais aussi sincères, lui adressant ces mots intimes.

" Que Sithi nous protège. "

( environ 1500 mots)

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 Sujet du message: Re: Terres Désolées (Izurith)
MessagePosté: Dim 9 Oct 2016 18:07 
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Ma remarque murmurée à propos des fluides déstabilise totalement la Shaakte, je la sens perdre pied alors que pour la première fois son regard s'emplit de doutes. Cela ne dure guère, sa stupeur laisse place à une bouffée de haine telle que mon corps se tend instinctivement en l'attente d'un geste malheureux, prêt à réagir de la manière la plus foudroyante qui soit au moindre mouvement suspect. Quelques secondes de latence s'écoulent, Irina se rend-elle compte qu'à cet instant sa vie ne tient plus qu'à un minuscule fil tout effiloché? J'ignore quelle est la raison première, mais par chance pour elle la Shaakte se reprend rapidement, préférant plus sagement tenter de reprendre le contrôle d'une situation qui lui échappe en revenant à notre jeu "pacifique".

Elle me propose de nous faire passer pour un couple qui symboliserait l'entente entre nos deux peuples, espérant ainsi que nous pourrions accéder aux hautes sphères de la société Elfique d'Izurith. Joignant le geste à la parole, elle se colle à moi comme une amante lascive, me susurrant à l'oreille que nous pourrions ainsi partager un moment d'intimité qu'elle se fait fort de rendre brûlant à souhait, à condition bien évidemment que je lui révèle quelques-uns de mes mystères en échange de ses secrets érotiques. Au fur et à mesure de ses paroles la ténébreuse s'enhardit dans ses caresses, mon corps étant caparaçonné de mithril je ne sens évidemment rien, mais l'intention y est...l'invitation pourrait difficilement être plus directe. Je me contente toutefois de lui adresser un sourire ambigu avant de lui répondre à mi-voix:

"C'est une possibilité, mais j'aimerais avoir l'avis de nos compagnons de voyage avant de décider de la meilleure manière d'aborder ces Elfes. Je serais peut-être le seul à pouvoir approcher la Matriarche Sindel..."

Je n'entends pas lui laisser reprendre l'avantage dans notre partie, cette petite phrase devrait lui faire comprendre que je ne suis pas une conquête si aisée qu'il suffise de quelques caresses pour me faire tourner la tête. Il est temps de corser un peu le jeu...et de le rendre plus ambigu que jamais. Je glisse une main caressante derrière la nuque de la Shaakte et rapproche mes lèvres des siennes jusqu'à les frôler, murmurant encore:

"La semaine ne suffira pas, je le crains..."

Je goûte langoureusement à ses lèvres si impudiquement offertes, laissant transparaître dans ce contact un peu de la passion volcanique qui se dissimule derrière le masque de glace que j'arbore la plupart du temps, puis je me recule lentement et lui fais un discret clin d'oeil avant de reprendre mon air le plus neutre.

***

Terres désolées, plus tard:

Kay répond sommairement à ma question, assurant que je n'ai pas dormi plus d'une heure et m'informant qu'ils s'apprêtaient à passer la fin de la nuit ici. Heckiël ajoute qu'ils attendaient de voir si j'allais me réveiller d'ici le matin, ou s'ils allaient devoir m'abandonner ici, ce qui aurait été fort compréhensible. Il propose de partir sans plus tarder puis range la flèche qu'il tenait encochée sur son arc et remet son sac en place. Je l'observe avec intérêt, cherchant à comprendre ce qui s'est passé durant mon...absence. Qui a-t'il menacé avec cet arc? Sans doute pas Kay car elle se trouve à ses côté, ce que je ne peux m'empêcher de trouver surprenant. Irina alors? Mais dans quel but? Empêcher cette dernière de lui nuire, ou pour me protéger de la Shaakte?

L'Elfe Noir poursuit, nous faisant remarquer que la température est clémente durant cette nuit, mais que cela pourrait changer durant le jour. La lune, dit-il encore, est suffisante pour éclairer notre chemin, d'autant plus que certains d'entre nous sont nyctalopes. Il semble toutefois se demander si c'est bien notre cas, ignorant peut-être que la plupart des Sindeldi ne voient pas la nuit, mais ne s'attarde pas sur cette question et évoque alors d'éventuels prédateurs qui, selon lui, risquent peu d'exister sur ces terres inhabitables. Il signale judicieusement que même s'il y en avait nous les verrions venir de loin, à moins qu'ils ne se dissimulent sous terre bien entendu. Il fait ensuite quelques pas vers moi et poursuit son discours, espérant que nous pourrons accomplir la demi-journée de marche avant que le soleil ne se lève et proposant que nous mettions ce temps à profit pour établir un semblant de stratégie.

Pour finir il tire du pied une cape posée au sol, ce qui me fait légèrement hausser un sourcil surpris lorsque je réalise que ce Shaakt a pris soin de me couvrir de son vêtement, détail auquel je n'avais pas prêté attention jusque là. Il la ramasse rapidement et la fourre dans son sac, déclarant après un regard méfiant et colérique à Irina qu'il ne prétend ni diriger ni commander notre groupe, mais se contente de nous exposer ce qu'il pense le plus sage. Pour finir, il se dirige vers un emplacement d'où il peut tenir à l'oeil la sortie et notre groupe, mais son regard est surtout tourné vers moi, comme s'il attendait ma décision. Je discerne une discrète expression de peur et de souffrance sur ses traits, qu'il s'efforce visiblement de maîtriser. J'accroche son regard avec une expression sérieuse et garde un instant le silence avant de m'exprimer à mon tour:

"Vos paroles sont emplies de bon sens, messire Heckiël, je partage votre avis. Ceci dit, je n'ai pas plus que vous la prétention de commander qui ou quoi que ce soit, c'est à chacun et chacune de faire ses choix. Et...merci, pour la cape."

Irina se tourne à nouveau vers moi et me dévisage d'un air mystérieux me disant que je ne souhaite sans doute pas que sa main soit entravée, je lui souris tout aussi mystérieusement en retour, répondant d'un ton empli de sensualité et légèrement taquin:

"Vous n'avez nul besoin de mon aval pour laisser vos mains vagabonder librement, apparemment, c'est très bien comme ça en ce qui me concerne."

Je plisse cependant les yeux lorsqu'elle requiert de la manière la plus incongrue qui soit la protection de Sithi. Je pourrais lui rétorquer de ne pas mêler l'Astre Nocturne à notre jeu, étant raisonnablement certain qu'elle ne s'est jamais souciée de notre Créatrice avant ce jour, mais je lui réponds d'un air énigmatique:

"Elle vous protégera aussi longtemps que vous ne tenterez pas de nuire à ses Enfants, soyez-en assurée..."

Je dévisage ensuite tour à tour chacun et chacune d'un regard perçant puis je reprends:

"Mettons-nous en route et discutons un peu de la manière dont nous pouvons aborder le problème qui nous préoccupe?"

Comme nul ne semble s'opposer à un prompt départ, je me dirige vers la sortie et, sans m'adresser à personne en particulier je récapitule:

"Nous savons que les Matriarches Sindeldi sont actuellement les chefs suprêmes des Elfes d'Izurith. Nous savons également que les Shaakts sont de plus en plus méfiants à l'égard des Elfes Gris, mais que les dissensions ne sont pas suffisantes à l'heure actuelle pour les désunir. Selon Ai, les Elfes comploteraient pour reprendre le pouvoir, ce qui ne serait pas étonnant compte tenu de leurs conditions de vie telles que décrites. Seule la technologie leur permettrait de survivre en localisant des créatures vivantes réfugiées sous terre et en les élevant pour s'en nourrir. Les plus faibles des Elfes mourraient de faim, et la plupart seraient adeptes de l'esclavagisme. Nous pouvons donc supposer que nous allons découvrir une société extrêmement rude, impitoyable, dont les rapports sont basés sur un système de castes ou approchant, probablement rigide et très autoritaire. Nous savons aussi qu'il n'y a qu'une Divinité, et qu'elle est peu connue. Nous savons qu'ils ne sont pas originaires de ce monde et qu'ils seraient arrivés entre sept et douze millénaires, voire davantage. Enfin, nous savons que notre contact là-bas est une adolescente Sindel pourvue d'une marque bleue sur le front, et qu'elle est étroitement surveillée. Dernier point, non le moindre, nous avons une semaine pour faire le nécessaire. Pour user d'un délicat euphémisme: c'est court. Très court."

Je réfléchis quelques instants en silence, puis je reprends pensivement:

"La première étape à mon sens, c'est d'obtenir un maximum d'informations sur l'écheveau politique. Qui sont les groupes influents, qui les dirigent, que prônent-ils, quels liens ont-ils entre eux, ce genre de renseignements nous seront précieux. La question qui en découle est: comment pouvons-nous les obtenir en un laps de temps de, disons...un jour, deux au maximum? Ce qui nous en laisserait cinq ou six pour faire pencher la balance dans le sens désiré."

Je fais quelques pas sur les terres arides et désolées de ce monde ravagé, plaines craquelées en apparence sans fin, soulevant une poussière ténue qui se dépose sur mes bottes comme un pâle linceul. Quelques squelettes d'arbres tendent leurs doigts crochus vers les cieux, vers cette lune énorme qui éclaire notre chemin de son éclat rougeâtre. Chaque pas m'éloigne un peu plus du tunnel qui m'a amené ici, de l'unique lien qui me relie encore à mon passé, au monde sur lequel je suis né. Chaque pas m'éloigne davantage de mes rares amis, de mon peuple que j'ai été chargé de guider. Que fais-je ici? Ne suis-je pas en train de me diriger dans la mauvaise direction? Je devrais retourner sur mes pas, regagner Yuimen et aller m'occuper des miens, n'est-ce pas ce que Sithi m'a demandé? Je suis son représentant sur Yuimen, a-t'elle dit, elle n'a pas évoqué ce monde d'Izurith. J'aurais aimé pouvoir lui poser certaines questions, à ce propos comme à d'autres, mais je n'en ai pas eu le loisir. Tout a été si vite. Pourtant, si elle a pris la peine de spécifier que je ne devais pas focaliser mes préoccupations sur sa survie, elle n'a pas précisé que je devais me consacrer exclusivement aux Sindeldi de Yuimen. Ceux d'Izurith sont ses enfants également et le péril qui les menace est immense autant qu'immédiat.

Une semaine. Qu'est-ce qu'une semaine pour un Sindel?

C'est le temps que nous avons pour réaliser l'impossible: permettre la paix entre des peuples qui se vouent une haine farouche depuis des siècles. J'en viens à me demander si nos commanditaires souhaitent réellement cette paix, ou s'il ne s'agit que d'une manipulation politique qui leur permettra de prétendre avoir tout tenté en ce sens. Avons-nous une chance de réussir à convaincre les peuples Elfes que la solution pacifique est la seule valable en un délai si restreint? Nous devrons certainement faire face à une forte opposition, cela alors que nous ignorons tout de leur culture, de leur fonctionnement.

(Ô Sithi, comment réussir une tâche aussi colossale que celle qui nous est demandée en si peu de jours? Sur quelle voie guider notre peuple pour qu'il survive, cela alors qu'il ignore sans doute tout de toi? Et même si ce n'était pas le cas, pour quelle raison admettraient-ils que je suis ton envoyé? A bien y songer, le problème sera exactement le même sur Yuimen, pourquoi mon peuple me reconnaîtrait-il en tant que Champion de Sithi?)

(Te souviens-tu de la manière dont Ethërnem a été reconnu, Tanaëth?)

(Oui...bien sûr. Mmm. Ce que tu veux me dire, c'est que ce sont ses actes qui ont fait de lui un représentant de Sithi respecté et écouté...rien d'autre.)

(Précisément. Sithi vous a donné les armes, mais...)

(...c'est par notre seule volonté qu'elles se meuvent.)

(Oui. C'est la véritable signification de cette devise.)

(Il nous faut un plan, une stratégie qui nous assure un maximum d'efficacité...si nous agissons au hasard, nous n'aurons aucune chance...)

(Oui, mais...)

(...il est peu probable que nos compagnons soient prêts à suivre un chemin commun, et puis, pouvons-nous avoir...)

(...confiance en eux? La réponse à cette question est multiple. Les futurs possibles sont nombreux. Dans certains ils sont dignes de confiance, dans d'autres ils ne le sont pas.)

(Je sais...nous verrons bien. Pour le moment il serait temps d'établir une ébauche de stratégie, et d'en discuter avant d'arriver chez ces Elfes.)

Sortant de mes pensées je dévisage mes trois compagnons et demande finalement:

"Je pense que nous devrions agir de manière concertée et stratégique, même si chacun de nous emprunte une voie différente pour aborder ce peuple. Mais...comment voyez-vous les choses de votre côté?"

(env. 2000 mots)


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 Sujet du message: Re: Terres Désolées (Izurith)
MessagePosté: Mar 11 Oct 2016 12:03 
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Après que Kay eut informé Tanaëth, ce fut au tour d'Hekell de se relever et de prendre la parole. Tandis que la semi-elfe avait émis l'idée qu'ils s'apprêtaient à passer la nuit dans ce tunnel, l'elfe noir était d'avis, maintenant que le Sindel était sorti de son étrange torpeur, de reprendre la route. Ses arguments étaient de poids : la température, la luminosité étaient actuellement suffisantes, alors qu'ils ignoraient tous de ces conditions en journée. Peut-être crèveraient-ils de chaud sitôt le soleil levé ? De plus, si, comme l'avaient prétendu les humaines les ayant accueillis, ces terres désolées étaient inhabitables et donc inhabitées, ils avaient peu - Hekell faillit dire "pas" mais se repris juste avant - de probabilité de rencontrer une quelconque sorte de vie mal disposée à leur égard. Il ne le dit pas, mais même s'ils rencontraient pareille créature, Kay pensait qu'à quatre, ils sauraient parfaitement se débrouiller - enfin surtout grâce à la présence du maître d'arme en leur sein. Hekell fit quelques pas en direction de ce dernier, justement, finissant d'argumenter par le fait que, ayant devant eux une demi-journée de marche et plus encore avant le lever du soleil, ils auraient tout le temps d'élaborer un plan. Ramassant sa cape dont il s'était servi pour couvrir le Sindel, il acheva en disant qu'il ne prétendait pas vouloir devenir leur chef, mais simplement leur soumettre ce qu'il pensait comme étant le meilleur - et, réellement, c'était sûrement le cas.

(Adieu ma nuit.)

Ce n'était pas si grave, compte tenu du fait que Kay s'était déjà un peu reposée dans le wagon qui les avait emmenés jusque là. Seulement, l'idée même l'ayant fait bailler, elle entreprit de faire quelques étirements rapides afin d'être de nouveau d'aplomb. Pendant ce temps-là, Irina, dont la main était toujours dans celle de Tanaëth se libérait de quelques remarques persifleuses dont elle était coutumière. Kay ne lui prêta pas attention, pas plus qu'au moment où la noire lui avait répondu, quand elle avait fait allusion à son physique. L'ignorer était définitivement la meilleure chose à faire si elle ne voulait pas que l'envie de frapper ce visage féminin à l'excès ne la démangeât au delà de l'endurable. Pour ce qui était de Tanaëth, sans surprise, il continua sur le jeu sensuel qu'ils se livraient tous deux, lâchant cependant un commentaire attendu sur sa volonté de n'être, pas plus qu'Hekell, le chef de leur petite bande. Ayant (pour le moment) finit avec Irina, il proposa ensuite, les regardant tous successivement dans les yeux, de se mettre en route, pour de vrai, cette fois-ci. Kay laissa s'échapper un inaudible soupir.

(Je dois réapprendre la patience, semble-t-il.)

La guerrière n'était pas certaine de ce qui la mettait la plus à cran : voir Tanaëth batifoler en plein milieu d'une mission aussi importante (ne serait-ce qu'à cause de ce que cela voulait dire : d'autres mondes avec d'autres Sindeldi !) ou la simple inaction alors qu'ils étaient si proches de cette ville où se mélangeaient deux races d'elfes qui, sur Yuimen, ne pouvaient même s'apercevoir sans se donner la charge ? La deuxième solution supposerait que Kay fût un minimum curieuse de tout cela, ce qui n'était pas dans ses habitudes. Mais, après tout, prendre pied sur un autre monde n'était pas non plus dans ses habitudes.

(Disons que je suis curieuse, dans ce cas.)

Ils ressortirent. À nouveau, les Terres Désolées, un sol mortifié, scarifié de tous côtés, un horizon vide, un univers morne et mort. Tanaëth, de son côté, récapitulait tout ce qu'ils savaient de la société dans laquelle ils s'apprêtaient à plonger, mettant l'accent sur le peu de temps qu'ils possédaient. Selon lui, la meilleure solution était de se procurer très vite les informations sur les principaux groupes influents afin de, tout aussi rapidement, faire pencher la balance du côté voulu.

(Mais la politique ne marche pas comme ça ! Une telle tâche devrait demander des années, des décennies peut-être ! Et nous, nous n'avons qu'une semaine ?!)

Kay secoua la tête. Tout cela ne lui disait rien de bon. Elle commençait même à penser qu'une action lente, sinueuse, comme celle-ci n'était pas de mise, qu'il faudrait plutôt recourir à une action brève, mais très retentissante. Ainsi, la semi-elfe s'approcha d'Hekell pour lui faire part d'une idée qu'elle avait eue plus tôt. À peine une journée auparavant, ce serait vers son mentor qu'elle se serait tournée, sans l'ombre d'une hésitation. Kay se disait qu'elle avait juste peur que son idée fût si ridicule qu'Irina en profiterait à pleine dent pour se gausser et que, par là peut-être, elle perdrait tout crédit au yeux du Danseur d'Opale. Alors qu'Hekell... Il avait l'air raisonnable.

"Je me disais... Le principale problème, c'est leur canon. Si on détruit celui des elfes, les humains utiliseront le leur. Mais l'inverse aussi se produirait. Et si on détruisait leurs deux canons, dans le secret ? Ensuite, on pourrait lancer la rumeur que celui des humains ne fonctionne plus. Ils prendraient peur et les elfes seraient apparemment en position de force. Cela pourrait hâter des négociations sans pour autant risquer une extermination pure et simple des humains."

Et même, une extermination pure et simple de tout être vivant sur la surface de ce monde, vu le pouvoir destructeur, limite incontrôlable de cette arme. Cependant, pour être honnête, la dernière partie venait de lui arriver en tête, en même temps qu'un plan tout aussi fou (bien que réalisable en terme de probabilités pures et ce, d'autant plus grâce à l'une des leurs dont sa spécialité serait alors fort à propos). Mais Kay était certaine de ses conclusions : une diplomatie lente, "normale" ne serait jamais suffisante ou plutôt : ne le serait pas dans les temps impartis. Tandis qu'elle achevait d'exposer son plan au Shaakt seul, Tanaëth, sortant de ses pensées dans lesquelles il s'était perdu, sans doute pour réfléchir de son propre côté, leur demanda justement leur vision de la situation que d'aucuns trouveraient peu encourageante au premier abord.

(env. 1000 mots)

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Kay de Kallah, Maître d'Armes et demie-Sindel

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 Sujet du message: Re: Terres Désolées (Izurith)
MessagePosté: Mer 12 Oct 2016 00:22 
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Les autres semblent réceptifs et d'accord avec les faits que j'énonce. Le sindel parvient même à me faire ricaner en m'appelant messire et ensuite en disant qu'il ne veut pas prendre le commandement. Pourtant, peut-être s'en sans rendre compte, il est celui qui nous met en route.

Nous sortons donc de la caverne pour retourner dans les terres arides et commençons notre périple vers la seule montagne visible.

Mais à peine nous commençons à marcher que la semi elfe s'approche de moi à l'arrière du groupe pour m'exposer un plan.

Je l'observe d'un air surpris. Pourquoi moi ? Est-ce que c'est la présence d'Irina qui fait qu'elle ne parle plus à son semblable ? Néanmoins malgré mon étonnement je l'écoute exposer son plan, celui de détruire les canons pour forcer les négociations.

"J'y avais pensé moi aussi mais y a trop de zones d'ombres pour y parvenir. Premièrement il faudrait, dans un délai très court, trouver les canons et les détruire. Mais nous ignorons à quoi ils ressemblent, où ils sont et comment les neutraliser. De plus, j'imagine qu'une arme de ce genre est bien surveillée. Mais admettons que nous parvenons à détruire les canons, ça ne ferait qu'aggraver les choses. Les humains sont bien plus nombreux et ils n'ont pas de raison de sortir de la cité pour finir les elfes alors que ceux-ci dans ces terres sont voués à disparaitre comme nous l'ont précisés les sœurs et encore moins de raisons de faire la paix. Sans parler des mouvements de panique que pourrait créer une rumeur sur un canon défectueux. En réalité, les canons ne sont pas un problème, ils sont pour l'instant ce qui maintient la paix. Mais tu as raison en soit, il faut trouver une façon de hâter les négociations. "

Je poursuis plus bas, uniquement à l’attention de la semi-elfe.

" Si tu la laisse t'éloigner de lui, tu la laisse gagner. C’est une femelle Shaakt, la manipulation fait partie d’elle. Je ne doute pas que ton ami sois très fort mais elle arrivera à ses fins. Reste attentive. "


Mon regard scrute l'horizon, l'air dur alors que je me creuse la tête pendant que Tanaeth récapitule ce que nous savons et propose une première étape à suivre en recueillant des informations.

"On peut penser que notre contact sur place pourrait répondre à ces questions. Elle devrait savoir comment fonctionne la société ou en tout cas mieux que nous. Après ça je me demande si le plus efficace et le plus rapide ne serait pas de directement allez voir les dirigeants pour simplement... Dire la vérité. Qui nous sommes, d'où nous venons et pourquoi nous sommes là. "

Je lâche un ricanement tant l'idée peut sembler stupide et en même temps lumineuse.

"Peut-être que ça pourrait les décider à faire un premier pas vers la paix."


Le Sindel a raison, nous avons un délai trop court. Nous n’avons pas le temps de nous renseigner, ni de patienter pour attendre le bon moment. Tout l’inverse de ma façon habituelle de procéder. Nous devons y aller rapidement, à l’aveugle, sans aucune sécurité. Si on voulait nous jeter droit dans un piège, c’était la bonne façon de le faire.
Je jette un regard vers les autres membres du groupe, me demandant si j’étais le seul à me méfier des sœurs et des informations que nous avons.

((560 mots))

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 Sujet du message: Re: Terres Désolées (Izurith)
MessagePosté: Jeu 13 Oct 2016 01:47 
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Alors que nous nous mettons en marche, Kay se place aux côtés du Shaakt et entame une palabre de façon à ce que lui seul entende, ce qui me fait pousser un discret soupir. Il me semblait avoir posé une question directe et non dépourvue d'importance...méritant des réponses intelligibles à tous. Peut-être est-ce pour elle une manière de réagir au jeu auquel je me livre avec Irina, dont je doute fort qu'elle ait saisi la véritable nature. Qu'importe au final, c'est à elle de choisir son chemin et je n'ai pas à intervenir dessus tant que cela ne me nuit pas, d'autant plus que ses insultes répétées et son mutisme prolongé m'ont fait relever sérieusement mes remparts à son égard.

Plus intéressant, Heckiël nous fait ensuite part de ses réflexions, que j'écoute avec le plus grand intérêt. Il pense que notre contact sur place pourra nous fournir bon nombre d'informations, ce que j'approuve simplement d'un hochement de tête. Il poursuit en évoquant la possibilité d'un abordage frontal, consistant à asséner purement et simplement la vérité sur nos origines et les raisons de notre présence ici aux dirigeants des Elfes. Je réfléchis quelques instants à cette hypothèse, puis réponds pensivement:

"Je pense que nous avons intérêt à choisir avec le plus grand soin ceux à qui nous révélerons tout cela. Si ce que nous a dit Ai est exact, ce qui reste à démontrer, les Elfes "complotent" pour reprendre le pouvoir aux humains, qu'ils haïssent et méprisent. J'imagine que la rancune doit être salée, ils ont été presque éradiqués et les survivants vivent dans des conditions misérables. En outre c'est fondamentalement une société esclavagiste, toujours en admettant que ce que nous avons appris est exact. Comment réagiront-ils lorsque nous, Elfes, leur dirons que nous sommes envoyés par ces humains pour établir la paix? En nous écoutant avec attention ou en nous classant d'office comme traîtres? Je ne parierais pas trop sur la première hypothèse, personnellement. Je pense plutôt que s'ils ont besoin de main d'oeuvre gratuite pour des tâches mortelles, nous ferons joliment l'affaire."

Je marque une pause avant de poursuivre:

"Nous n'avons pas le temps de mener une enquête approfondie ou de finasser, là je vous rejoins entièrement. Avec un peu de chance notre contact pourra nous dire en gros qui est en faveur de la paix avec les humains et qui ne l'est pas. Mais, n'oublions pas ceci: c'est une adolescente, et elle est étroitement surveillée. Ce qui signifie qu'elle est peu expérimentée et possiblement tenue à l'écart de pas mal de choses."

Nouvelle pause, plus j'y pense plus la tâche m'apparaît insoluble en un temps aussi restreint. Mais nous sommes entrés dans la danse, et j'entends faire en sorte d'y survivre, observer de mes yeux l'effet de leurs foutus canons ne me tente pas franchement.

"Nous pourrions entrer discrètement en contact avec la dirigeante la plus influente parmi celles qui sont en faveur de la paix, et lui dévoiler tout ou partie de cette vérité que vous évoquiez afin d'obtenir son appui. Ensuite il serait peut-être très instructif d'avoir l'avis d'un opposant à la solution pacifique. Pour l'instant, nous n'avons que la version d'une unique faction d'un unique peuple, ce qui n'est pas suffisant pour nous faire une idée objective de la situation. Et je pense que c'est là notre priorité: obtenir les informations essentielles pour nous forger notre propre opinion. Ensuite, à mon sens, nous devrions en discuter entre nous et définir un plan d'action qui tienne la route. Quant à ma place dans cette histoire...je pense qu'un bon coup de bâton dans la fourmilière s'impose vu le temps imparti. Je vais provoquer des réactions percutantes, les pires comme les meilleures, il semblerait que je n'aie pas besoin de me forcer beaucoup pour les faire naître..."

Un léger sourire froidement carnassier souligne mes dernières paroles, comme le dirait un Thorkin de ma connaissance: rien ne vaut un bon Rock!

(env.700 mots)


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 Sujet du message: Re: Terres Désolées (Izurith)
MessagePosté: Dim 16 Oct 2016 17:11 
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À cause d'Irina ou peut-être à cause de sa propre jalousie, c'était à un Shaakt que Kay s'était ouverte. Le monde à l'envers. Cependant, Hekell lui accorda son attention et quand elle eut fini, lui répondit que c'était aussi quelque chose auquel il avait pensé. Néanmoins, de multiples obstacles s'élevaient contre la mise en oeuvre de ce plan, ce qu'il ne manqua pas de lui énumérer, en plus du fait que les effets ne seraient sans doute pas escompter. Le seul point sur lequel Kay avait raison, c'était qu'il fallait hâter les négociations. Pensive, elle hocha la tête, prête à revenir à la hauteurs des deux autres quand l'elfe noir ajouta quelque chose à voix basse qui la fit tressaillir. Sans même expliciter son propos (mais pourquoi en aurait-il eu besoin ?), Hekell lui conseilla brusquement de faire attention à Irina et à ses capacités de manipulation. Kay serra la mâchoire. Avant qu'elle n'eût réfléchi plus avant, sa réponse fusa, brutale.

"Je ne vois pas pourquoi vous me dites ça. Ça ne me concerne pas."

La jeune guerrière fit quelques pas vers celui qu'elle considérait jusque là comme son mentor. Hekell intervint alors de façon à ce que tout le monde l'entendît pour faire remarquer que toutes leurs interrogations concernant la société qu'ils s'apprêtaient à rejoindre trouveraient sûrement réponse dans leur contact, avant de déclarer qu'une des solutions seraient d'aller voir les dirigeants pour leur raconter toute la vérité. Kay fit la grimace. Atteindre les dirigeants, ce n'était pas justement leur objectif ? Elle doutait qu'on pût les voir comme cela. Ni même que révéler la vérité fût tout à leur avantage comme le souligna d'ailleurs Tanaëth. Le Sindel continua en déclarant qu'à ses yeux, la meilleure option serait de trouver la dirigeante en faveur de la paix la plus puissante, d'obtenir son appui en lui révélant la vérité au passage et aussi de donner "un bon coup de bâton dans la fourmilière".

(Au moins, on a les mêmes idées.)

Cette fois-ci, Kay n'eut pas honte de dérouler le fil de ses pensées à haute voix.

"Il faudrait en tout cas parvenir rapidement jusqu'aux matriarches. J'imagine qu'Irina aurait très bien pu faire ça, mais ce sont des matriarches Sindeldi, pas shaakte."

Elle s'interrompit. La seule femelle du groupe, avec, en plus, du sang sindel... c'était elle. Kay se demanda très sincèrement si elle pouvait y arriver. Elle n'était que demi-sindel, mais il y avait fort à parier que le métissage elfe humain ne devait pas être monnaie courante. Peut-être pourrait-elle passer pour une demi-elfe Shaakte/Sindel ? Ou tout simplement, une Sindel avec quelques problèmes de pigmentation...

(Non ! Impossible !)

Ce n'était pas la bonne solution ! Elle était trop faible, trop jeune, trop inexpérimentée. Son regard passa discrètement sur le visage de Tanaëth. Tout ça pour qu'il... Quelle immaturité. On dirait une gamine de 35 ans ! Elle devait se reprendre, voyons ! Ce n'était plus de son âge, de telles chamailleries pour rien ! Comment pouvait-elle mettre en péril son amitié avec l'elfe gris juste à cause d'un petit jeu qui - en plus de ça - ne la regardait absolument pas ? Réfléchir à un plan. La meilleure chose à faire pour n'y plus penser.

"Ou alors... On pourrait se présenter comme des ambassadeurs. Des elfes venus d'un autre monde et qui donc, veulent tisser des relations, mais évidemment, pas avec des humains. Ça pourrait éventuellement nous permettre de rencontrer les matriarches ?"

(600 mots)

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 Sujet du message: Re: Terres Désolées (Izurith)
MessagePosté: Lun 17 Oct 2016 14:42 
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    Après de longues heures de marche, alors que le soleil du matin commençait tout doucement à poindre le bout de son nez, les quatre elfes arrivèrent au bas de la montagne-colline, où les attendait une porte en ferraille directement encastrée dans la roche.

    S'ils entraient, ils pourraient trouver une petite grotte mal éclairée d'environ quatre mètres de large qui se transformait en long couloir dont ils ne pouvaient voir le bout au bout de cinq mètres. Là, assise, les yeux fermés, les attendrait une jeune elfe à la peau étrangement blanche. En les entendant arriver, elle se relèverait avec précipitation et leur offrirait un sourire timide.

    Image
    (((Cliquez pour la HD)))


    « Oh, bonsoir. Enfin, bonjour. Je suis Aënelia Mylaëna, votre guide. »


[Tanaëth : 0,5 (introspection) ; 0,5 (discussions) ; 0,5 (plan) ; 2 (bonus longueur)
Kay : 0,5 (introspection) ; 0,5 (discussions) ; 0,5 (plan) ; 2 (bonus longueur)
Arkalan : 0,5 (introspection) ; 0,5 (discussions) ; 0,5 (plan) ; 1 (bonus longueur)
Irina : 0,5 (introspection) ; 0,5 (discussions) ; 0,5 (plan) ; 1,5 (bonus longueur)]

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 Sujet du message: Re: Terres Désolées (Izurith)
MessagePosté: Mer 19 Oct 2016 23:37 
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Alors qu'Irina tentait tant bien que mal de reprendre en main la partie, le Sindel semblait s'échapper de l'emprise de la Shaakte. Faisant appel à leurs compagnons de la navette jusque là absents de la conversation, Tanaeth rappela non sans innocence qu'il serait le seul capable de s'approcher de la matriarche Sindele.

Et sans qu'Irina ne puisse calculer sa riposte, les lèvres grises de l'elfe s'approchèrent des siennes, jusqu'à les frôler. Un murmure s'y échappa avant que sa bouche ne fusionne avec les lèvres ténébreuses. Plus qu'un simple baiser, ce simple geste éveilla chez les deux êtres une passion quelque peu refoulée. Tels deux amants éloignés depuis bien trop longtemps, les elfes oublièrent durant cet instant partagé leur jeu, s'adonnant pleinement ce baiser. Lèvres et langues se joignaient et se mouvaient dans une chorégraphie presque trop parfaite, où frustrations et désirs se libéraient.

Mais cette utopie ne pouvait durer. Bien que ce contact intime rappela de si bons moments passés au Temple des Plaisirs, le leurre devait suffire. Dans cette partie, Irina était deux fois gagnante par le geste que Tanaeth semblait avoir accompli avec fierté, comme le témoignait son clin d'œil. Non seulement Irina avait pris un plaisir immense à embrasser ce beau Sindel, mais elle avait également réussi à l'amener vers elle. Les filets d'Irina entravaient de plus Tanaeth et il réclamait déjà d'elle son corps, arme à destruction massive s'il en est. Seulement, Irina désirait plus que le corps du Sindel, il fallait son esprit, son âme. Et le processus de manipulation était en marche. (Encore, viens encore à moi Tanaeth).

Ils se détachèrent finalement l'un de l'autre, reprenant petit à petit conscience de la dure réalité qui les entourait. Apres un léger clin d'œil espiègle, Tanaeth reforma sa barriere de glace et reprit son visage glacial qu'il arborait jusque là à ses compagnons. Visage qu'Irina tentait de réchauffer petit à petit.

Apres ce moment passionnel, Irina préféra jouer la carte de la tendresse, pour finir leur entrevue sur une note de douceur.

" Si la semaine ne suffira pas, tachons du moins en profiter. Reposons nous le temps de ce trajet interminable pour être prêt pour cette mission."

À ces mots, la Shaakte posa sa tête contre l'épaule du Sindel, se blotissant tant bien que mal contre le mithril rouge, malgré l'inconfortabilité de son pectoral.

" Je me permets d'user de l'hospitalité de vos bras, Tanaeth. Reposez vous bien."


Les yeux améthyste de la belle elfe noire se fermèrent doucement, avant d'entrer dans un sommeil récupérateur, où ses doux souvenirs passés au Temple des Plaisirs à Kendra Kar refaisaient doucement surface, avant d'être progressivement remplacé par le souvenir plus récent d'un baiser passionné.


***




La longue marche vers la guide Sindele était propice à la stratégie. Chacun exposait à son tour ses stratagèmes, ses idées et ses ruses. Des alliances incongrues se formaient, comme celle Kay et Heckell, tandis que d'autres se fragilisaient.
Seule Irina restait muette alors chacun de ses compagnons s'étaient exprimés sur la façon d'aborder leur mission. Bien qu'aucun mot ne sortait de sa bouche, la Shaakte ne manquait en rien veux des autres, retenant les stratégies énoncées une à une par les aventuriers. L'un prônant l'honnêteté et la sincérité envers les patriarches, l'autre une approche à la fois percutante et rusée, tandis que la dernière voulait jouer une pièce de théâtre, endossant le rôle d'ambassadeurs sortis de nulle part. Bref résumé mais suffisant pour le moment.

Quelque chose préoccupait l'esprit d'Irina. Voilà presque deux ans que Edonia Is'lavan n'avait donné de nouvelles d'elle. La seule personne en ce monde dont Irina supportait la domination, sa tutrice, son maitre, avait en effet beaucoup à faire dans le Temple de Phaïtos de la ville sombre de Caix Imoros. Cependant, les conseils de la puissante Shaakte manquait à son apprentie, qui malgré sa débauche n'a jamais oublié les enseignements de sa maîtresse. Mais des conseils les plus avisés, ce sont les informations concernant Ilya Thil'isy, la grande matriarche de Caix Imoros, qui se faisait languir. Sa chère et tendre grand-mère cherchait, depuis la desertation de sa petite fille, à supprimer de ce monde sa chaire et son sang. Traîtresse abandonnant sa famille et Valshabarath pour Phaïtos et Edonia, Irina eut souvent besoin du vaste réseau de la prêtresse du dieu de la mort pour contrer les tentatives d'assassinat à son égard. Même si elle semblait être à l'abri du danger en ces lieux inconnus de Yuimen, la jeune Shaakte ne put s'empêcher de penser à cette nouvelle population noire, capable de tout pour préserver sa race, et ce même si il en coûte de nombreux vies et sacrifices.

Le trajet fut terriblement long pour l'équipe, surtout pour l'esprit empli de doutes que celui d'Irina.
Mais enfin, comme une délivrance à leur calvaire mais paradoxalement le messager de futurs ennuis, quelques rayons de soleil commençaient à darder à l'horizon. Cette lumière déjà forte pour une aube à peine naissante révéla une gigantesque porte de metal fusionnant avec la roche, quelque peu intimidante. Bien que la présence d'une entrée soit plus qu'évidente, il en était pas de même pour leur guide.

Déjà usée de leur longue promenade, il était hors de question pour Irina de perdre son temps à chercher cette demoiselle. Sa patience avait jusque là été trop souvent éprouvée et il n'était plus question de perdre plus de temps. Emplie d'une frustration étrange et une certaine montée d'adrénaline, la Shaakte s'approcha de la porte, tel un défi à surmonter. Se tournant vers les hommes de la troupe, elle leur jeta un regard quelque peu agacé.

" Honneur aux dames."

Sans attendre de remarque quelconque, l'elfe noire poussa la porte métallique. Lourde mais pas insurmontable, la porte s'ouvrit petit à petit sur une immense grotte où les ténèbres y avaient trouver foyer. Aucune lumière ne montrait le chemin, l'obscurité était à porter de bras. Et là où les ténèbres commençaient, une jeune elfe semblablement endormie se tenait assise.

Ai avait annoncé une adolescente Sindele en tant que guide. Bien que son âge semblait être celui annoncé, la pigmentation de la peau de la demoiselle ressemblait davantage à celle du Hiniônne qu'à celle du Sindele. Une batarde ? Encore ? Ou alors était ce seulement du à son mode de vie sans lumière ? En tout cas, sa couleur de peau avait de quoi rendre perplexe.
A l'ouverture de la porte, la jeune elfe se réveilla en sursaut, se précipitant un peu maladroitement vers les nouveau venus en leur adressant un timide sourire. Elle se présenta alors Aënalia Mylaëna, leur guide. Irina se demanda pourquoi les trois soeurs avaient choisis cette jeune femme et non un autre être pour servir de guide à elle et ces trois compagnons. Qu'avait elle fait pour mériter une telle distinction de ces semblables par les trois humaines. Yuimiko ne s'était pas cacher du dégoût et de la haine que lui inspirait les deux races d'elfes sombres. Même Hina nourrissait une colère sourde à l'égards des quatre compères. Mais cette demoiselle avait réussi à toucher le coeur fois et primitif de ces humaines. Le stratagème dont elle a du user intéresser vivement la Shaakte. En devenant plus intimes, la jeune Sindel n'aurait aucun mal à révéler ces secrets à l'elfe manipulatrice, qui saurait faire bon usage de ces nouveaux savoirs.
Afin de rendre les politesses, Irina sourit également à la jeune Aënalia.

" Bonjour Aënalia. Je me présente, je m'appelle Irina. Le beau et grand Sindel aux multiples lames, c'est Tanaeth Ithil. Voici Heckell. Et ... la c'est... Kay c'est ça ?"

Désignant tour à tour ces compagnons, Irina lança un petit pic assez simple, elle en convenait, mais somme toute assez efficace de manière générale, accompagnée d'une petite moue entre le dégoût et le désintérêt.
Sans s'attarder sur une possible remarque de la semi elfe, la Shaakte reprit de plus belle.

" Vous n'êtes pas sans savoir que nous avons fait un long chemin pour venir jusqu'à vous. Le temps nous est compté alors j'irais droit au but. Ai et ses sœurs nous ont déjà donné quelques informations sur notre mission et Izurith. Mais nous manquons cruellement de renseignements sur votre Izurith à vous, les Sindeldi et les Shaakts. Nous avons besoin de savoir comment vous fonctionner, qui dirige, quelles sont vos habitudes,... Nous avons beau être nous mêmes Sindel ou Shaakt, nous ne sommes pas du même monde. Alors dites nous tout ce dont nous avons besoin pour réussir notre mission, pour palier à nos différences. Nous avons déjà réfléchi à différentes approches mais nous avons besoin de votre savoir pour améliorer notre stratégie. "


Irina se pencha ensuite à l'oreille de leur guide, de manière à ce qu'elle seule entende ses mots.

" Ai m'a également dit que vous pourriez m'aider pour régler mon différent... vestimentaire. Pourriez vous me procurer de quelque chose de disons... plus confortable ? Je vous en serais extrêmement reconnaissante."

La Shaakte se releva alors sans précipitation, cherchant à jauger du regard leur interlocutrice. Malgré son regard interrogateur, ses lèvres ténébreuses dessinaient un léger sourire sur son visage, attendant patiemment la réponse de leur guide.

( environ 1500 mots )

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 Sujet du message: Re: Terres Désolées (Izurith)
MessagePosté: Jeu 20 Oct 2016 20:30 
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Au final les idées s’échangent mais nous en venons toujours au même problème. Le cruel manque d’informations. Si bien que je garde le silence tout le reste du trajet. Ecoutant simplement les stratégies de l’un ou l’autre.
La marche dure toute la nuit et ce n’est que quand l’aube commence à exposer ses premiers rayons. Nous parvenons devant une autre porte. Encore une, et Irina n’attend pas pour l’ouvrir, nous menant dans une caverne large que nous pénétrons pour finalement déboucher dans un couloir étroit où au bout nous trouvons notre source d’information.

Une elfe à la peau blanche. Bien plus blanche que le plus pâle des Sindels et cela ne fait que me poser une question de plus.

Irina nous présente, d’une façon bien à elle. Provoquant encore la semi elfe de notre groupe. Je jette un regard vers elle pour voir sa réaction. Je l’ai senti téméraire dès le départ et je me demande combien de temps elle supportera d’être une cible de moquerie de la part d’une race qu’elle déteste.

Elle interroge ensuite l’elfe du nom d’Aënalia. Il n’y a pas grand-chose à ajouter à ses questions. Juste à attendre les réponses et si elles ne sont pas suffisantes, je prendrais ça comme une blague.

Je reste donc en retrait, les bras croisés. Fixant l’elfe blanche d’un air inquisiteur, l’invitant à répondre rapidement, de manière concise et clair et surtout de ne pas répondre qu’elle ne sait pas grand-chose.

((242 mots))

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 Sujet du message: Re: Terres Désolées (Izurith)
MessagePosté: Jeu 20 Oct 2016 22:40 
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Kay finit par s'exprimer, disant qu'il nous faudrait en effet approcher rapidement les matriarches. Elle ajoute qu'Irina aurait pu s'en charger mais que ce sont des matriarches Sindeldi et non Shaaktes. Je rectifie pensivement:

"C'est une Matriarche Sindel qui est à la tête de ce peuple, mais il y a également des matriarches Shaaktes d'après ce que j'ai compris. D'après Ai les elfes noirs se méfient de plus en plus des Sindeldi, j'imagine donc qu'ils ont leurs propres dirigeantes."

La jeune femme propose ensuite de nous faire passer pour des ambassadeurs venus d'un autre monde souhaitant nouer des relations avec les Elfes plutôt qu'avec les humains, ce qui aurait une certaine logique.

"C'est une possibilité à creuser, en effet. Mais des ambassadeurs étrangers en quête de relations commerciales ne se mêlent pas de politique en théorie, or notre but est justement d'influencer directement le cours des choses...Dans l'immédiat je ne vois pas trop comment le justifier si nous nous présentons de la sorte. Après, rien n'empêche d'utiliser plusieurs angles d'approche. Ceci dit, je devrais pouvoir approcher assez aisément la matriarche Sindel je suppose. Il suffit de se faire remarquer d'une manière ou d'une autre et ça...c'est dans mes cordes. A voir si nous voulons rester ensemble ou pas, et de quelle manière vous souhaitez aborder le problème."

Ni Irina ni Heckiël ne semblent avoir d'autres hypothèses stratégiques à partager, si bien que c'est en silence que nous finissons par parvenir au pied des collines. Je ne peux que comprendre leur position, nous manquons encore trop d'informations pour établir un plan sérieux, j'espère que notre contact pourra remédier à cette lacune. Le soleil commence à poindre à l'horizon lorsque nous trouvons enfin la porte de la "cité" des elfes, une simple ouverture dans la roche close par un huis en ferraille. Irina paraît maintenant impatiente voire agacée et ne perd pas un instant pour aller ouvrir le passage, décidant que l'honneur doit être aux dames. Je hausse un sourcil légèrement étonné, nous avons évoqué la possibilité que notre contact ait été découvert, auquel cas c'est un traquenard qui pourrait bien nous attendre derrière ce méchant battant de fer. Mais après tout, si la Shaakte veut passer devant...je n'y vois pas vraiment d'inconvénient. Je rassemble néanmoins mon Ki alors qu'Irina pousse la porte, mes mains se posent calmement sur les poignées de mes lames. Si c'est un piège j'en connais qui vont avoir une surprise explosive...

Rien. Rien qu'une grotte se poursuivant par un couloir taillé dans la roche. Tous mes sens sont aux aguets, nous ne voyons pas à plus de quelques mètres et nous ignorons ce qui peut se dissimuler dans les ténèbres. Un sourire indéfinissable retrousse mes lèvres alors que je repense à mes pérégrinations au coeur du Rock Armath, si quelqu'un m'avait dit alors que, bientôt, je parcourrai les souterrains d'un autre monde...Je discerne soudain une jeune femme assise au sol, les yeux fermés comme si elle dormait. Il n'en est rien pourtant car en nous entendant elle se relève précipitamment et nous sourit timidement. Je l'observe avec attention, remarquant que sa peau est d'une pâleur inhabituelle pour une Sindel, mais qu'elle a cependant l'âge et le tatouage bleuté décrits par Ai. L'adolescente nous salue et se présente comme étant Aënelia Mylaëna, notre guide. Irina nous présente sans tarder, non sans manifester un certain mépris envers Kay qu'elle gratifie d'une moue dédaigneuse. Je plisse imperceptiblement les yeux mais m'abstiens de réagir, la semi-elfe a renié les lames que je lui ai offertes et insulté Sithi, qu'elle assume et fasse sa place seule puisque c'est ce qu'elle a indirectement exprimé par ses actes.

Irina prend une nouvelle fois les devants et demande de manière concise et efficace les renseignements dont nous avons besoin avant de se pencher à l'oreille de la jeune Sindel pour lui murmurer quelque chose qui ne nous est visiblement pas destiné. Quand à Heckiël, il ne pipe mot, se contentant de fixer notre guide d'un air inquisiteur et pas franchement avenant, je crois qu'il est temps que je manifeste ma place...

Je m'avance vers la Sindel et incline le visage avec courtoisie, main droite posée sur le coeur:

"Je te salue Aënelia Mylaëna, Fille de Sithi. Heureux jour que celui qui voit les Sindeldi se retrouver après vingt millénaires d'exil sur des mondes différents, petite Soeur."

Je lui adresse un sourire cordial et serein, le ton est donné et je suis certain que mes deux Shaakts de compagnons auront saisi qu'il serait préférable pour eux de ne pas s'en prendre à cette jeune Sindel sans excellentes raisons. C'est aussi à dessein que j'ai évoqué Sithi et le passé de notre peuple, je suis profondément curieux de savoir si les Sindeldi de ce monde se souviennent de cela, étant à peu près certain que notre origine est commune. En fonction de cela, mon approche de ces peuples d'Izurith se définira dans ses grandes lignes, j'aurai un atout sérieux, ou pas. Je précise encore:

"Cela ne te dit peut-être rien, mais je suis un Danseur d'Opale, un ordre guerrier voué à la protection de notre peuple. Quant à la jeune elfe qui m'accompagne, son nom complet est Kay de Kallah. Elle est ma compagne d'aventures, et mon apprentie, accessoirement."

Tout en parlant j'observe avec attention l'adolescente. Je lui trouve un petit air triste dans le regard, là où devrait plutôt se trouver la flamme joyeuse de la jeunesse. Peut-être fais-je erreur mais, plus probablement, les rudes conditions de vie de ce monde ne prédisposent-elles pas à la joie. Enfin, nous sommes là pour changer ça, et j'ai hâte d'en savoir plus sur elle, sur notre peuple de ce monde.

(env. 1000 mots)


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 Sujet du message: Re: Terres Désolées (Izurith)
MessagePosté: Ven 21 Oct 2016 11:54 
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Localisation: Kendra Kâr
L'idée des ambassadeurs ne parut pas plaire. Alors, à la réponse de Tanaëth, Kay haussa légèrement les épaules. Tant pis. C'était une idée qui avait émergé telle un perce-neige, mais qu'elle n'avait pas pris le temps de développer en elle-même et qui, donc, tout comme cette fleur était vouée à disparaitre rapidement.

Quand le Sindel eut fini parlé, ils se mirent en marche et le silence s'empara rapidement du groupe. À nouveau, Kay était seule avec ses pensées. Seule avec ses doutes. Avec sa jalousie. L'ennui - si ce n'était que ça, c'est que Tanaëth représentait beaucoup à ses yeux. Il n'était pas seulement l'elfe qui avait commencé à l'entrainer. Il était celui qui devait lui donner une place parmi les Danseurs d'Opale. Sans lui, comment pourrait-elle encore espérer y entrer ? À les côtoyer - au cours de deux brèves, mais intenses batailles, toutes deux portées sur les Shaakts, la jeune guerrière en était venue à désirer sincèrement faire partie d'eux. Il était donc impératif qu'elle se rattrapât aux yeux de son mentor. Mais comment ? Son cerveau tourna jusqu'à s'assécher et, finalement, elle passa la nuit à se concentrer sur chacun de ses pas qui, inexorablement, l'emmenaient à leur destination qu'ils ne rallièrent que lorsque le soleil se mis à mordorer doucement les plaines désolées.

Tandis que Kay commençait à se demander comment ils pénètreraient dans les souterrains où vivaient les Shaakts et les Sindeldi de ce monde - aucune silhouette supposée de leur guide n'était en vue, ils découvrirent une porte encastrée à même la roche. Comme ils pouvaient s'y attendre, ce fut Irina qui prit l'initiative et l'ouvrit lentement, à la mesure de sa masse conséquente. À l'intérieur, ils découvrirent une petite grotte qui s'évadait par un couloir dont ils ne purent apercevoir la fin - certainement, conduisant au reste du campement. Et dans cette grotte, une jeune elfe. Sa peau très blanche fit immédiatement froncer les sourcils à Kay. Une telle couleur de peau... Cela correspondait davantage à une Hinïonne qu'à une elfe noire ou grise. Cependant, elle avait bien le tatouage bleu dont avait parlé Ai et vint à leur rencontrer comme si elle n'avait fait que les attendre - ce qui était sûrement le cas. À nouveau, Irina prit les devants, se présentant d'abord puis le maître d'armes par une périphrase bien tournée, Hekell et enfin, la semi-elfe avec tout le mépris dont elle était capable. Kay prit une profonde inspiration et releva la tête, adressant à l'elfe noire un sourire absolument courtois. Pour rattraper le coup, elle envisagea un instant d'aller saluer Aënalia pour se présenter encore, mais chassa vite cette pensée qui était somme toute d'une réaction parfaitement puérile. Mais, à sa grande surprise, ce fut Tanaëth qui en fit l'initiative. Et Kay sentit une vague de chaleur envahir son cœur en l'entendant. Ainsi donc, toute estime de sa part n'était pas perdue.

(Il faut absolument que je me rattrape. Et que je surveille ma langue.)

Mais déjà Irina déballait toutes leurs questions à la jeune elfe pâlichonne, avant de se pencher pour lui murmurer à l'oreille quelque chose qu'ils n'entendirent pas. Essayait-elle de la monter contre eux ? Peu probable ; ils avaient déjà compris qu'ils auraient besoin de travailler ensembles. Assurément, Irina était en train de réclamer en douce un quelconque traitement de faveur. Bah ! Quelle importance ? Seul (avec elle) Hekell resta silencieux. Kay lui adressa un regard curieux, mais reporta bien vite son attention sur Aënalia, les questions surgissant une nouvelle fois dans sa tête.

(Pourquoi est-elle si blanche ? Et pourquoi l'a surveille-t-on ? D'où vient-elle ?)

(637 mots)

_________________
Kay de Kallah, Maître d'Armes et demie-Sindel

Multi : Ædräs


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