L'Univers de Yuimen déménage !


Nouvelle adresse : https://univers.yuimen.net/




Forum verrouillé Ce sujet est verrouillé, vous ne pouvez pas éditer de messages ou poster d’autres réponses.  [ 100 messages ]  Aller à la page Précédente  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7  Suivante
Auteur Message
 Sujet du message: Re: Terres Désolées (Izurith)
MessagePosté: Mer 26 Oct 2016 14:41 
Hors ligne
Admin
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mer 24 Fév 2010 10:07
Messages: 6214
Terres Désolées – Grotte


    La jeune elfe écouta attentivement les paroles d'Irina et de Tanaëth. Elle sembla particulièrement interloqués aux mots du Sindel, aussi choisit-elle de commencer par lui lorsqu'elle amorça ses réponses.

    « Vous devriez éviter d'appeler qui que ce soit « Fils » ou « Fill de Sithi » ici, Messire Ithil. Les Sindeldi d'Izurith ont depuis longtemps rejeté les préceptes de notre Mère à tous. Exceptés certains, qui la vénèrent secrètement... Mais qui sont exécutés lorsqu'ils sont découverts. Les Matriarches de la Rose sont très ferme au sujet de notre Déesse. »

    Elle semblait chagrinée par ses propres paroles, adoptant une moue triste à mesure qu'elle évoquait le sort réservé aux adeptes de Sithi.

    « Et vous devriez éviter d'évoquer les Danseurs d'Opale également. Ils ont fait parti, il y a de cela dix-sept millénaires, des guerriers nous forçant à l'Exil. Et non pas vingt, » ajouta-t-elle avec un froncement de sourcils, visiblement suspicieuse. « Mais je suis néanmoins heureuse de rencontrer d'autres représentants de notre espèce que les esprits fermés d'Izurith, Tanaëth. »

    Elle se tourna ensuite vers Irina pour répondre à ses interrogations.

    « C'est un vaste sujet que vous me demandez d'éclaircir, » commença-t-elle. « Mais je tâcherai d'être concise. Du peu que j'en connais sur les habitudes de vos peuples sur Yuimen, les nôtres sont très proches. Nous n'avons simplement pas d'ordre religieux. Sinon, les shaakts font vivre notre petite cité de nuit, et nous la faisons vivre de jour. Il y a plusieurs factions, généralement d'une seule de nos deux espèces, qui s'entendent de moins en moins ; elles ont des pouvoirs officieux sur les autres membres de ces factions, mais c'est le Clan de la Rose qui est la loi ici, et ce depuis avant notre arrivée sur ce monde. Que dire de plus... Notre histoire laisse penser que les shaakts étaient bien plus cruels et dominateurs avant leur rencontre avec les Sindeldi, mais les Sindeldi l'étaient, eux, bien moins. Ils avaient également, à l'époque, une société qui prônait une certaine égalité des sexes, mais des siècles de cohabitation avec les shaakts les ont poussé à adopter une société matriarcale. Concernant vos vêtements, je crains que je n'ai rien avec moi, mais je tâcherai de vous faire parvenir quelque chose dès que j'en aurai l'occasion. Que voulez-vous, exactement ? »


[Tanaëth : 0,5 (introspection) ; 0,5 (questions) ; 1 (bonus longueur)
Irina : 0,5 (introspection) ; 0,5 (questions) ; 1,5 (bonus longueur)
Kay : 0,5 (introspection) ; 0,5 (bonus longueur)
Arkalan : -

_________________


Image




Haut
 

 Sujet du message: Re: Terres Désolées (Izurith)
MessagePosté: Jeu 27 Oct 2016 19:19 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Jeu 26 Fév 2015 21:51
Messages: 6796
Localisation: Nessima, Naora
La jeune Sindel est visiblement perturbée par mes mots, assez pour me répondre aussitôt en me fournissant bon nombre d'éclaircissements que j'écoute de toutes mes oreilles, le visage figé en un masque de neutralité bienveillante. Ainsi le souvenir de l'existence de notre Mère ne s'est pas totalement perdu mais les Sindeldi d'Izurith l'ont reniée, allant jusqu'à exécuter ceux qui lui sont restés fidèles. L'adolescente me conseille d'éviter de saluer qui que ce soit comme je viens de le faire avec elle, évoquant de mystérieuses matriarches de la rose qui seraient intransigeantes avec cette part de notre histoire. L'Izurithienne me recommande aussi de ne pas parler des Danseurs d'Opale, considérés d'après elle comme étant les responsables de leur exil. Elle précise, suspicieuse, que cet exil a eu lieu voilà dix-sept millénaires et non vingt, ajoutant pour finir qu'elle est tout de même heureuse de rencontrer un Sindel à l'esprit moins fermé que ceux de ce monde.

Plutôt que de réagir immédiatement, je préfère écouter ses réponses à Irina tout en réfléchissant à ce que je viens d'entendre. Aënalia nous explique qu'il y a peu de différences entre les peuples d'Izurith et ceux de Yuimen, à ce détail près qu'ici il n'existe pas d'ordres religieux. Les Shaakts vaquent prioritairement la nuit et les Sindeldi le jour, plusieurs factions existent mais ces deux peuples ne s'y mélangent guère et ces différents groupes s'entendent de moins en moins bien. A nouveau elle évoque ce clan de la rose, précisant qu'il détiendrait le pouvoir depuis des temps plus reculés que l'arrivée des Sindeldi sur Izurith. Les Shaakts, comme sur Yuimen, auraient-ils occupé ce monde avant l'exil des miens? Cet ordre serait-il issu de ce sombre peuple? Un point à creuser, parmi tant d'autres. Néanmoins la jeune Elfe continue ses explications, nous disant que les Elfes noirs auraient été bien plus cruels et dominateurs que les Elfes gris, qui avaient à une époque lointaine une société égalitaire entre hommes et femmes. Ce qui aurait changé à force de côtoyer le système matriarcal des Shaakts. Ses derniers mots me font doucement sourire, ainsi l'aparté murmurée d'Irina ne visait qu'à obtenir des frusques plus adaptées à la séduction que les sacs fournis par les humaines, pourquoi ne suis-je pas surpris?

Quoi qu'il en soit, ce discours m'a laissé le temps de cogiter la moindre. Je vais devoir être prudent, certes, mais d'un autre côté j'ai des principes inflexibles que je ne trahirai sous aucun prétexte. Je suis prêt à me battre, à mourir s'il le faut, pour ce en quoi je crois. Je dévisage la jeune Elfe gravement pendant quelques secondes avant de reprendre la parole:

"Dix-sept millénaires, vingt, qu'importe? Peut-être le temps s'écoule-t'il différemment sur nos deux mondes, peut-être n'êtes vous pas arrivés sur Izurith directement après la fin d'Eden, peut-être encore avez-vous arpenté le temps dans votre voyage en plus du déplacement spatial. Ce que je sais avec certitude, parce que je l'ai vu, c'est que Sithi et les Danseurs d'Opale se sont sacrifiés pour permettre la survie de notre peuple, sans eux notre race se serait éteinte sur Eden car le Clergé de Sithi refusait à tous l'accès aux portes menant à d'autres mondes. Ce que je sais avec la même certitude, c'est que celui ou celle qui renie sa Mère pour de mauvaises raisons se coupe de ses racines, de ses origines, et finit par dépérir."

Sithi n'a jamais rien ordonné ou exigé de nous, elle s'est efforcée de nous conseiller quand nous faisions fausse route sans jamais contraindre parce que bien plus que la vie, elle nous a offert une liberté totale, un libre-arbitre absolu. Quelle plus belle preuve de respect, d'amour et de confiance une mère peut-elle offrir à ses enfants? Je n'en vois pas. Quand nous avons commis l'irréparable sur Eden, elle s'est sacrifiée pour nous, pour que les Sindeldi survivent malgré leurs actes insensés, tout comme l'ont fait les Danseurs d'Opale. Non parce qu'elle l'a exigé d'eux, mais parce que telle était la Voie pure et magnifique qu'ils avaient apprise d'elle, ils se sont dévoués par amour envers leur peuple, ils ont choisi librement de mourir pour soutenir Sithi dans sa lutte pour nous permettre de survivre. Mon point de vue sur la question est limpide: honte à ceux qui se sont détournés d'elle, honte à ceux qui craignent de prononcer son nom car elle est notre Mère et nulle plus qu'elle ne mérite notre respect et notre amour. Je ne tairai pas son nom, jamais, je suis son Fils et j'en suis immensément fier.

Je désigne d'un geste large le monde d'Izurith, poursuivant d'un ton qui n'a rien d'accusateur, je ne fais qu'exposer ce qui est:

"Vous, je parle des peuples d'Izurith, avez dévasté ce monde avec vos guerres, vous en avez fait un enfer au sein duquel vous crevez lentement parce que plus rien ne pousse, ni ne vit à sa surface. Vous avez engendré des haines mortelles entre les peuples si bien qu'il n'existe presque plus aucune porte de sortie à cette situation. Vous avez renié votre Mère, vous n'avez pas retenu la leçon d'Eden vous avez réitéré la même erreur, il n'y a que la manière qui change. Et tout ça pour quoi? La domination, le pouvoir, l'avidité sans limite de quelques fous. Tu as évoqué un ordre de la rose qui, dis-tu, ferait la loi depuis bien avant l'arrivée des Sindeldi sur Izurith. Beau résultat si j'en juge par ce que je vois...Mais dis-moi plutôt, quelle est son origine, que prône cet ordre? Qui sont celles qui le composent? Des Shaaktes? Des Sindeldi? Les deux? Pour quelle raison exécutent-elles ceux qui croient en Sithi?"

Je marque une pause pour lui laisser le temps de me répondre puis je questionne encore:

"J'aimerais aussi que tu nous parles de ces différentes factions, du moins les plus importantes. Leurs noms, leurs dirigeants ou dirigeantes, leurs principes, en quoi sont-elles particulières et quels liens elles ont les unes avec les autres, ce sont ces renseignements qui nous sont indispensables. J'aimerais aussi savoir comment tu as rencontré les humains, comment tu en es venue à avoir des contacts avec eux et la nature précise de ces contacts. Oh, et cette marque bleue que tu as sur le front, que signifie-t'elle?"

Nouvelle pause, puis j'ajoute doucement:

"Comprends-moi bien, Aënelia, nous sommes venus sur ce monde pour vous aider à résoudre cette situation infernale avant qu'il y ait un nouveau massacre, mais nous avons peu, très peu de temps. Six jours, pour être précis, c'est le délai qui nous a été imparti pour réaliser l'impossible. Cela me désole de te presser ainsi de questions mais, une fois cette discussion achevée, il nous faudra élaborer un plan avec ce que tu nous auras appris et le mettre à exécution sans délai. Nous n'aurons pas de deuxième chance, vous n'aurez pas de deuxième chance, si nous échouons ce sera certainement la guerre, et la fin des Elfes d'Izurith."

(env.1200 mots)


Haut
 

 Sujet du message: Re: Terres Désolées (Izurith)
MessagePosté: Sam 29 Oct 2016 13:29 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 14 Juin 2016 21:18
Messages: 738
Localisation: Kendra Kâr
Ce furent les mots de Tanaëth qui provoqua le plus d'émoi chez la jeune elfe - ce que Kay ne trouva pas étonnant car le maître d'armes avait utilisé une salutations tout à fait particulière, en faisant appel à Sithi qui ne devait être plus guère connue sur Izurith comme l'avaient laissé entendre les humaines. Ainsi, ce fut elle, la plus surprise, quand Aënelia conseilla à Tanaëth de ne pas reproduire cette salutation devant les autres. Les mots qu'elle choisit fut particulièrement révélateur. "Mère à tous", "notre Déesse" ; Aënalia faisait sûrement partie de ceux qui la révéraient en secret, comme elle le disait elle-même. Peut-être était-ce d'ailleurs pour cette raison que les humains avaient pris contact avec elle (ou l'inverse, qu'importait) ? À part peut-être en ce qui concernait les Ithilausters, Kay ne croyait pas que des Sindeldi fidèles à Sithi pussent envisager l'extermination d'une race pour la seule domination de la planète. Mais ce n'était pas cela qui la poussa à prendre la parole immédiatement après cette déclaration.

"Tu ferais donc partie d'une sorte de résistance ? Combien êtes-vous à peu près ?"

S'ils étaient assez nombreux, cela pourrait leur être bénéfique ; sans doute ces Sindeldi seraient plutôt poussés dans leur camp et pourraient ainsi les aider à mieux servir leur cause. Régler ce conflit sans qu'aucune goutte de sang ne fût versée.
Poursuivant, Aënalia affirma aussi qu'évoquer les Danseurs d'Opale ce n'était pas une bonne idée, compte tenu du fait que c'étaient eux qui les avaient poussés à l'Exil. Premier froncement de sourcil. Exil qui, d'ailleurs, ne s'était pas déroulé vingt mille ans auparavant, mais dix-sept mille. Deuxième froncement de sourcils. Ce pourrait-il que ce ne fussent pas les Danseurs qui permirent l'Exil, mais qu'au contraire, c'étaient eux qui voulurent l'empêcher ? Non, impossible. Tanaëth était trop confiant sur ce sujet. Ce devait être la vérité. Ou alors ce pourrait (encore) être un coup des Ithilausters ? Faire croire à la culpabilité des Danseurs pour redorer leur blason. C'était typiquement ce dont ils étaient capables. Restaient ces trois mille ans de différence. Tanaëth lui avait dit que cette période était très floue et incertaine. Mais de là à se tromper de trois mille ans ? Un horrible pressentiment la saisit. Le Sindel, lui, ne semblait pas s'en préoccuper comme il le dit, avec son ton de bienveillance paternelle que Kay commençait à bien connaître. Évidemment, lui voulait voir une unité entre les Sindeldi d'Izurith et ceux de Yuimen.

Aënalia finit de donner des explications qui avaient fait défaut aux humaines et Kay écouta attentivement bien qu'une partie de son cerveau restât occupé par ce mystère d'histoire. Comme ils en avaient déjà eu l'écho, les Sindeldi et les Shaakts s'entendaient de moins en moins. Paradoxalement, il semblait tout de même qu'ils se fussent inter-influencés aux premiers temps, les Shaakts devenant moins cruel et les Sindeldi plus, jusqu'au point où les deuxième abandonnèrent l'égalité femelle-mâle au profit d'un matriarcat. Il y avait de nombreuses factions, mais il paraissait qu'une seule, le Clan de la Rose, dominât les autres et ce, depuis les premiers temps de l'implantation des elfes. Comme on pouvait s'y attendre, Tanaëth posa toutes les questions possibles sur ces factions, après avoir fait une leçon de morale et avant de réaffirmer son attention de résoudre le conflit pacifiquement. Les questions du Sindeld s'orientèrent aussi vers la personne même d'Aënalia, mais sa curiosité n'alla pas sur le sujet qui intéressait vraiment la semi-elfe. Quand il eut fini, Kay s'avança.

"Il y a plusieurs choses que nous devrions savoir avant de rejoindre les tiens. Par exemple : y a-t-il des habitudes ou des choses que vous faites, que vous auriez développé après votre arrivée, de telle sorte que nous ne pouvons les connaitre, mais qui nous ferait passer immédiatement pour des étrangers ? Ah et aussi, quand tu mentionnes l'Exil, est-ce seulement celui des Sindeldi ? Depuis quand les Shaakts sont-ils sur ce monde ?"

Avant de continuer, elle jeta un coup d'oeil à Tanaëth. Il l'avait lui-même évoqué en chemin, mais à présent, il n'en disait mot. Pourtant, Kay pensait qu'aller au plus direct serait le mieux.

"Sais-tu quel est l'opinion des différentes factions sur la situation actuelle ? Y en a-t-il pour la paix ou d'autres déterminées à tuer tous les humains ?"

Elle crut en finir là, mais elle fronça les sourcils sous la pensée qui venait de lui arriver en tête comme si elle ne se rappelait que maintenant d'une chose importante.

"On nous a parlé d'une autre divinité qui s'appelle, euh... Zarha'Eïla je crois ? Quelle est son influence parmi les elfes ?"

Une dernière chose la chiffonnait, mais celle-là, elle ne s'en ouvrit pas à haute voix. Ou peut-être serait-ce pour plus tard, mais pas devant leur guide. Aënalia était blanche comme une Hinïonne et paraissait mieux connaître les elfes de Yuimen que les humaines, ceux de leur propre monde. Bizarre.

(800 mots)

_________________
Kay de Kallah, Maître d'Armes et demie-Sindel

Multi : Ædräs


Haut
 

 Sujet du message: Re: Terres Désolées (Izurith)
MessagePosté: Dim 30 Oct 2016 20:48 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 25 Mar 2012 14:07
Messages: 240
Localisation: Quête 33
Entre les Sindels, les discussions s'échangent. A propos de leurs passé, de leurs divinités et d'autres choses encores. Je sais peu de choses sur Sithi, encore moins sur les Danseurs d'Opales. Mais ce que j'entends est interessant. Les Sindels d'Izurith sont donc issue d'un exil qui se sont "Shaktiser" aux contacts des elfes noirs. Je pousse un souffle cynique par le nez, à peine étonné. Les Shaakts sont un virus, contagieux, resistant et extremement cruel.

Au dela des conversations concernant les elfes blancs, l'elfe pale nous donne quelques informations. Bien maigres selon moi.

Les Shaakt agissent la nuit, les Sindels le jour et le Clan de la Rose semble à la tête des factions de la petite cité.

Quelque chose me dérange, je regarde par dessus mon épaule, méfiant, j'hume l'air comme si je pouvais detecter une odeur suspecte.

"Aenalia."

Mon ton est courtoix malgré sa fermeté. J'ai besoin de son attention et d'une réponse, tout ceci est bien trop étrange.

"Comment avez vous rencontrer les soeur Koyabashi et comment en êtes vous venu à espionner les votres pour elles ? "

Depuis le départ cette histoire ressemble à un traquenard. Je n'arrive à calmer ma paranoïa qu'en me disant que c'est bien trop de moyens dépensés pour parvenir aux but. Et quel but ? Capturer des Yuiméniens ? Me capturer ?

Non, je n'ai pas autant d'importance, c'est certain. Capturer un membre du groupe ? Mon regard se pose immédiatement sur Tanaëth. Un Sindel important, sans aucun doute. Qui selon ses propres mots a tués bon nombres de Shaakts dont certaines matriarches importantes.

Ca aurait plus de sens, mais un tel piège reste disproportionné pour un seul individu.

On ne peux pas me reprocher d'être méfiant envers tout ceci. Même après notre rencontre avec ce fameux contact nous n'avons toujours pas vraiment de solution pour résoudre ce casse tête diplomatique en si peu de temps, si celui ci existe.

Je continue dans mon élan.

"En plus des informations que vous venez de nous transmettre est-ce que vous auriez un embryon de piste à suivre pour atteindre notre but ? "


Je complete après un soupir.

"Je prefere être honnete avec vous. J'ai de sérieux doutes sur nos réussites. Vous savez qu'en cas d'echec nous devons vous ramenez de gré ou de force chez les Koyabashi ? Quel est votre avis la dessus ?"


Encore une fois mon regard se dirige vers l'obscurité environnante, cherchant à deceler une autre presence.

"Les soeurs nous ont dit que vous seriez susceptible d'être sous surveillance, mais vous ne semblez pas particulièrement inquiète, vous êtes certaine de ne pas être suivie ?"

Je plonge mon regard dans le sien, concentré sur sa réaction, cherchant à deceler ne serait-ce qu'une goutte de mensonge.

_________________


Haut
 

 Sujet du message: Re: Terres Désolées (Izurith)
MessagePosté: Jeu 3 Nov 2016 00:48 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mer 15 Juin 2016 00:52
Messages: 500
Localisation: Kendra Kar
Bien que déçue par l'arrivée tardive de nouveaux vêtements, Irina put tout de même mettre sa déception de côté pour être un peu plus attentive au discours de ses compagnons et de la jeune elfe grise, ou plutot blanche. Et une information réveilla la curiosité d'Irina. Un certain Clan de la Rose serait une organisation qui régirait la société des elfes sombres d'Izurith. Un clan regorgeant d'assez de puissance et force pour régir toute une société survivante. Bien que cette simplement description alléchait d'ores et déjà l'esprit manipulateur de la Shaakte, l'elfe noire était d'autant plus intéressée par ce clan dont le doux nom rappelait ceux qu'elle avait rejoint il y a de cela à peine quelques années : les Amants de la Rose. Y avait il un lien entre cette organisation et le Temple des Plaisirs ? Pulinn l'avait elle seulement envoyer pour conquérir de nouvelles âmes ? Plus les questions étaient nombreuses, plus Irina sentait le challenge grandir. Et pour une grande quête, il y a forcément de belles récompenses.

À propos d'interrogations, Irina n'était sans surprise pas la seule en avoir des milliers. Que de questions à profusion en l'espace de quelques secondes. Aënalia avait de quoi se sentir agresser par ces flux incessants d'interrogations et de doutes, surtout que les deux mâles ici présents n'étaient pas doués de tact. Entre Arkalan et son doute perpétuel envers le monde entier et ceux des autres, et Tanaeth, exprimant sa désapprobation face au discours de la jeune Sindel avec la délicatesse d'un garzok en colère. Kay, quant à elle, tentait tant bien que mal à se faufiler dans la masse pour se faire entendre et poser des questions plus ou moins plausibles.

Mais c'était de Tanaeth et de son discours qu'Irina s'inquiétait. Sa théâtralité sans borne et son ego sans faille pouvaient retourner la situation en leur défaveur. Malgré les apparences et le physique de chacun, Aënalia avait clairement l'avantage sur le petit groupe, de part sa connaissance du terrain, complètement inconnu aux yuimeniens. Il fallait ménager leur guide si ils ne voulaient perdre leur seul moyen d'intégrer la société des elfes sombres sans dommages collatéraux sévères.

Irina se plaça donc face à Tanaeth le tenant par les bras, tournant simplement la tête vers leur guide, sourire tendre aux lèvres.

"Excusez le, il est parfois un peu rustre. Nous sommes tous dans le flou et l'ignorance nous mène parfois à des indélicatesses. "

Irina tourna ensuite son visage vers le maitre d'armes, exprimant par ses traits la colère que la Shaakte ressentait envers son adversaire. Les mots qu'elle lui chuchota étaient singlants, telle des lames acérées.

"Je vous suggère de mettre de côté votre ego et votre amour quelque peu disproportionné pour votre déesse de côté si vous ne voulez pas que l'on finisse tous morts une fois arrivée chez les elfes d'Izurith. Aënalia est notre guide et je tâcherais personnellement à ce que vous la considérez en tant que telle pour la réussite de notre mission. Et si la moindre de vos indélicatesses futures mettait en péril la réussite de cette mission ou une de nos vies, je n'hésiterais plus à profiter de la moindre de vos faiblesses."

Les yeux d'un rubis flamboyant fixait Tanaeth d'un regard de ténèbres. Sans attendre une réponse quelconque à cette menace, Irina se tourna de nouveau vers Aënalia, toujours avec un sourire bienveillant aux lèvres.

"Je suis toute aussi intéressée que mes compagnons aux réponses que vous fournirez à leurs questions. J'aurais cependant quelques questions supplémentaires. Quel est ce fameux "Clan de la Rose" ? De qui était il constitué ? Quel est réellement ses rôles et son champs d'action ? Pensez vous qu'il puisse être possible de l'infiltrer ?"

Irina marqua une courte pause, afin d'aérer ses propos, pour qu'il soient les plus compréhensibles possibles.

"Je sais que c'est beaucoup d'un seul coup, mais nous avons besoin de toutes ces informations, c'est vital."

(644 mots)

_________________
Image

Multi de Hild, Humaine de Wiehl, Archère et Herenndil, Hinïonne, Guerrière


Haut
 

 Sujet du message: Re: Terres Désolées (Izurith)
MessagePosté: Ven 4 Nov 2016 14:44 
Hors ligne
Admin
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mer 24 Fév 2010 10:07
Messages: 6214
Terres Désolées – Grotte


    Aënelia sembla choquée par le discours de Tanaëth. Ses yeux s'écarquillèrent et sa bouche s'entrouvrit alors qu'il évoquait la chute d'Eden.

    « La fin... d'Eden ? » répéta-t-elle, incrédule. « Ce... ce n'est pas ce que j'impliquais par l'Exil... »

    La nouvelle semblait l'avoir profondément bouleversée.

    « Et que voulez-vous dire quand vous dites que... Que Sithi s'est sacrifiée ? »

    Le reste du discours de Tanaëth lui fit cependant froncer les sourcils.

    « Je suis née il y a moins de soixante ans, Messire Ithil. Et je ne suis pas fière de l'héritage de mes parents. Mais j'en suis complètement innocente et je partage votre point de vue, alors gardez votre sermon plein de haine pour une autre Sindel. »

    « Le clan de la Rose, » continua-t-elle après un soupir, « est l'instigateur d'une rébellion sur Eden. Rébellion qui a mal tourné, puisque nous fûmes tous bannis après notre défaite contre l'armée régulière et les Danseurs d'Opale. C'est donc un ordre purement Sindel, qui ne prône pas grand chose en dehors de sa suprématie et de l'aversion en Sithi, qui nous aurait tous abandonné à notre sort selon les matriarches. Au début, tout le monde était d'accord avec elles. Mais depuis notre défaite contre les humains, leur commandement a été remis en question et certains Sindeldi se sont tournés de nouveau vers Sithi, lui demandant le pardon pour leurs péchés. En ce faisant, ils remettent en question la toute puissance de l'Ordre de la Rose, qui a donc répondu avec fermeté par... l'exécution. »

    « La remise en cause de la Matriarche Suprême n'est jamais évoquée à voix haute, mais il y a effectivement plusieurs factions dissidentes plus ou moins... respectables. Il y a d'abord ceux que l'on nomme les Patriarches. Comme leur nom l'indique, ils sont les hommes les plus influents de notre camp et tentent d'instaurer une domination masculine sur notre société. Ils sont si bien Shaakts que Sindeldi, et pour eux c'est le laxisme des Matriarches qui nous a fait perdre la guerre contre les humains. Ils veulent... »

    Elle se mordilla la lèvre inférieure, visiblement gênée à l'idée d'évoquer une telle chose.

    « Ils voudraient que l'on reprenne le pouvoir par la force et que l'on éradique l'énorme majorité des humains. Pour qu'il ne reste qu'un nombre d'esclaves insuffisant à une autre rébellion. Alors ils leur feraient créer des machines capables d'accomplir les mêmes tâches que les humains pour ensuite exécuter tous ces derniers et ainsi se prévenir d'une autre révolution. Il y a également les Matriarches Shaakts. Elles se plaignent d'un traitement de faveur à l'encontre des Sindeldi et voudraient récupérer le pouvoir. Puis, mais ce n'est pas une réelle faction, il y a ceux qui aimeraient faire la paix avec les humains. Il est difficile d'estimer le nombre de personnes d'accord avec ces idées car elles sont également considérées comme de la trahison – et vont bien souvent de pair avec un culte à Sithi – et personne n'a eu le courage de les réunir. Mais je pense personnellement que cette idée est très répandue. »

    « Je ne suis pas habilitée à vous parler de ma relation avec les humains, j'en ai peur, » fit-elle à l'attention des derniers questionnements de Tanaëth. « Quant à cette marque sur mon front, c'est... »

    Elle sembla hésiter.

    « C'est le signe de mon ascendance... Le signe que je devrai un jour diriger l'Ordre de la Rose au côté de la Matriarche Suprême. »

    Elle se tourna ensuite vers Kay.

    « Comme je le disais, ce n'est pas une résistance. Je fais juste partie des partisans de la paix, mais ce n'est pas un front uni. Malheureusement. Quant au Shaakt, ils sont sur ce monde depuis aussi longtemps que nous. Nous étions alliés avant de trouver Izurith. Quant à Zarha'Eïla... C'est... compliqué. Je ne connais pas grand chose à son propos, en fait personne ne connaît grand chose. C'est une divinité qui était là avant nous. Ni une mortelle, ni tout à fait une Déesse, elle semble plus être une créature aux pouvoirs exceptionnels qui a décidé de nous aider pour le simple plaisir de son amusement. Ou par vengeance, je ne sais pas trop. Elle a donné à la Matriarche Suprême ses pouvoirs et son immortalité et nous a ensuite regarder torturer les hommes pendant des millénaires... Avant de simplement décider de retourner la situation en aidant le Docteur Hynt à armer ses semblables. »

    « Et pour tes autres questions, je crois y avoir déjà répondu en répondant à celle de Tanaëth Ithil. »

    Aux remarques et questions d'Arkalan, elle fronça de nouveau les sourcils.

    « Encore une fois, je ne suis pas habilitée à vous répondre concernant mes relations avec le Clan Kobayashi. J'aimerais juste que... que vous me fassiez confiance, malgré mes relations avec l'Ordre de la Rose. Je suis en faveur de la paix avec les humains et je pense que c'est en rassemblant ainsi les foules vers ce but commun que nous pourrons arrêter la domination de la Rose sur cette société et nous diriger vers la paix. »

    « Et je sais que si cela venait à dégénérer, Ai aimerait me voir ramenée à elle. Mais je ne peux pas accéder à cette requête. Jusqu'au bout, je tenterai d'établir la paix entre nos deux peuples. Et je suis généralement sous surveillance, mais... Je sais quand je le suis et quand je ne le suis pas. Et présentement, personne ne nous observe, soyez en assurés. »

    Puis, pour terminer, elle s'adressa à Irina.

    « Je vous remercie de votre sollicitude, mais je comprends l'énervement de votre compagnon de route. Infiltrer le Clan de la Rose, cependant, me paraît quelque peu compliqué. Il a les pleins pouvoirs, la société entière lui doit des comptes. Ce n'est pas impossible, mais je ne saurais pas comment le faire à votre place. Mais moi, de mon côté, je peux essayer d'en apprendre plus. Il faut que vous compreniez : je ne suis pas quelqu'un de confiance au sein de la Rose. On me cache beaucoup de choses pour le moment et il sera difficile pour moi de rentrer dès maintenant dans leur cercle de confiance. Mais j'essaierai. »


[Tanaëth : 0,5 (introspection) ; 0,5 (questions) ; 1 (bonus longueur)
Kay : 0,5 (introspection) ; 0,5 (questions) ; 0,5 (bonus longueur)
Arkalan : 0,5 (introspection) ; 0,5 (questions)
Irina : 0,5 (introspection) ; 0,5 (questions) ; 0,5 (bonus longueur) ; -0,5 (retard)]

_________________


Image




Haut
 

 Sujet du message: Re: Terres Désolées (Izurith)
MessagePosté: Sam 5 Nov 2016 17:56 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Jeu 26 Fév 2015 21:51
Messages: 6796
Localisation: Nessima, Naora
Lorsque j'évoque l'Exil, l'exode de notre peuple suite à la chute d'Eden, la jeune Sindel semble complètement perdue, effarée, choquée. Elle ne semble pas croire ce qu'elle vient d'entendre, me répondant que ce n'est pas de cela qu'elle parlait en mentionnant un exil. Visiblement bouleversée, elle me demande ensuite ce que je veux dire en parlant du sacrifice de Sithi. Quelque chose m'échappe, juste là...Aënalia ne semble pas être au courant qu'Eden n'est plus et pourtant, à la date qu'elle a évoquée, soit dix-sept millénaires plus tôt, notre monde était ravagé depuis plus de trois mille ans...et si ce n'était pas de cela qu'elle parlait en évoquant l'Exil, alors de quoi, bon sang? Perplexe, je lui réponds songeusement:

"Eden n'est plus, il y a un peu plus de vingt millénaires que notre monde a été ravagé par un déséquilibre fluidique. Les Sindeldi ont été contraints à l'exil. Tu l'ignorais?"

Evidemment, l'histoire a fort bien pu être aussi dénaturée ici que sur Yuimen, volontairement ou pas. Compte tenu des événements, beaucoup avaient intérêt à présenter leur version plutôt que la stricte réalité, sans même parler de l'inévitable altération due au temps. Et si j'ai moi-même vécu certains événements par procuration grâce à ma Faëra, je n'en connais malgré tout qu'une bribe infime et indubitablement partiale. J'ai quelques certitudes, pourtant, il y a des faits qui ne trompent pas, des indices en faisceau qui témoignent tous de la même chose. Quand j'évoque Sithi, son amour pour son peuple, je ne me base pas sur des légendes mais sur ce que j'ai vécu en la rencontrant.

"Sithi est une mère, elle aime ses enfants à un point que tu n'imagines sans doute pas. Elle s'est condamnée à une solitude éternelle pour que ses enfants survivent, Aënalia, parce qu'il n'y avait pas d'autre solution. Les mondes propices à notre survie ne le sont pas à la sienne, et réciproquement. Elle ne nous a pas abandonnés, pourtant. Lorsque les temps l'exigent elle envoie à ses enfants un Héraut, une Lame du Crépuscule, afin qu'il ou elle guide son peuple lorsqu'elle-même n'est pas en mesure de le faire."

La réaction de l'adolescente à la suite de mes paroles me fait hausser un sourcil d'incrédulité. Un sermon plein de haine? Il me semblait avoir pris soin de rappeler les faits sans l'accuser, de la manière la plus neutre qui soit. Je voulais simplement m'assurer qu'elle avait la possibilité de réaliser que ce n'était pas une situation normale que de vivre sur un monde aussi dévasté, supposant qu'il pouvait être difficile pour des natifs de cette terre d'avoir un point de comparaison avec un monde encore préservé. De la haine...s'il y a bien un sentiment que je n'éprouve pas actuellement c'est celui-ci. De la tristesse, une certaine amertume en étant confronté une fois de plus aux conséquences de la folie des vivants, cela oui, mais la haine n'a aucune place dans tout cela. Je m'abstiens de répondre, cela ne servirait à rien pour l'instant, il n'y a pas de pire sourd que celui ou celle qui n'a pas envie d'entendre et je suppose que c'est là un point extrêmement sensible parmi les jeunes de ces peuples condamnés à payer pour des erreurs qu'ils n'ont pas commises. Tout comme avec les trois fillettes humaines que nous avons rencontrées en arrivant, j'ai le sentiment d'avoir à faire à des écorchées vives de l'existence, quelle tristesse...

Les réponses suivantes d'Aënalia sont si impensables que je manque en avaler de travers. Le clan de la rose se serait rebellé sur Eden et aurait été défait par l'armée Sindel et les Danseurs d'Opale avant d'être condamné à l'exil? Rien d'impossible en y songeant, à condition de considérer le facteur temps comme imprécis ou faussé pour une raison ou une autre. Cela dit, j'en sais assez sur les fondateurs des Danseurs d'Opale pour être certain que de telles extrémités n'auraient pu être envisagées sans raisons extrêmement graves et puis, je suis accompagné de quelqu'un ayant les réponses à ces questions!

(Tu es au courant de cette histoire, Syndalywë?)

(Oui...triste affaire...cet ordre a tenté un putsch quelques siècles avant la fin d'Eden, ils ont échoué et ont du quitter cette terre.)

(D'où leur aversion pour Sithi et leur pensée qu'elle les a abandonnés...je vois...dis-moi, tu perçois des fluides chez cette enfant?)

(Oui, elle possède du fluide de Lumière...)

(Tiens donc...)

La jeune elfe nous explique encore que cet ordre purement Sindel ne prône pas grand chose d'autre que sa volonté de suprématie et une forte aversion envers Sithi qui, selon ses matriarches, les aurait abandonnés. Si tous étaient d'accord avec cette vision de notre créatrice, la défaite cuisante contre les humains a néanmoins insufflé le doute, l'autorité de ce clan aurait été remise en cause et certains Sindeldi se seraient retournés vers Sithi pour lui demander de pardonner leurs errances. Le clan de la rose aurait alors réagi violemment afin de rétablir sa suprématie compromise en exécutant purement et simplement les contestataires. Une réaction d'une logique imparable pour des êtres aveuglés par le pouvoir, mais stupide sur le long terme, les régimes de terreur ne survivent jamais bien longtemps, ils engendrent toujours une opposition qui se durcit proportionnellement à l'étau imposé, l'histoire l'a assez montré. Toutefois, un dénuement extrême permet à ce genre de gouvernement de maintenir sa position plus longuement, c'est peut-être bien ce qui permet à ce clan d'être encore au pouvoir chez les elfes d'Izurith.

Aënalia poursuit en évoquant les différentes factions, nous parlant pour commencer d'un clan de patriarches qui voudrait remplacer le régime matriarcal. Elle décrit ces patriarches comme partisans de la solution militaire, férocement esclavagistes et partisans de l'éradication pure et simple des humains, une fois que ceux-ci auront fabriqué des machines permettant de se passer d'eux du moins. La première guerre ne leur a pas suffit, apparemment, je serais intellectuellement curieux de savoir comment ils compteraient s'y prendre au vu du rapport de force avec les humains...et j'espère pour eux qu'ils ont accès à un fluide spatial menant à un nouveau monde s'ils venaient à passer à la pratique.

Il y a encore, nous dit la Sindel, un clan de matriarches Shaaktes qui se plaindraient d'un favoritisme à l'égard des Sindeldi et voudraient donc reprendre le pouvoir. Afin de mettre en place un favoritisme Shaakt sans doute, histoire d'équilibrer un peu... Je grimace lugubrement à toutes ces évocations, il n'y en a pas un pour rattraper l'autre dans ce foutoir...et nous avons une semaine pour mettre bon ordre dans tout ça? Je jette un coup d'oeil entendu à Heckiël, dans le genre panier de crabes on a trouvé le gros lot! Pour finir, Aënalia évoque les partisans de la paix, allant souvent de pair avec les adeptes de Sithi, mais ils ne formeraient pas une véritable faction car ils seraient inévitablement considérés comme traîtres et donc exécutés. Nul n'a eu le courage de les rassembler, comme c'est étonnant, mais l'adolescente suppose que ces idées sont largement répandues. Je souris imperceptiblement pour moi-même, c'est un parieur fou qu'il leur faut, prêt à risquer sa peau sur ce voeu pieux...

Mon visage se transforme en un masque froidement poli aux paroles suivantes de la jeune femme. Ainsi elle ne peut pas nous révéler la nature de ses liens avec les humaines...tiens donc. Je hausse un sourcil lorsqu'elle poursuit avec une nette hésitation, nous révélant que sa marque bleue est le signe de son ascendance, qui la voue à prendre place aux côtés de la matriarche suprême du clan de la rose pour diriger les elfes...

(Tu penses comme moi, Syndalywë?)

(Moui, là je crois qu'on commence à cerner l'embrouille. Mais ça...)

(...ouvre certaines possibilités, à condition de...)

(...parvenir à définir quelles en seraient les conséquences.)

(Voilà. C'est salement risqué compte tenu...)

(...de ce que nous savons de la situation.)

(Patience...)

(Oui, écoutons pour l'instant...)

Kay prend le relais en posant quelques interrogations joliment pertinentes, ce qui ne manque pas de me surprendre tant elle s'est faite discrète durant les dernières heures. Aënalia lui répond que les partisans de la paix dont elle fait partie ne forment pas un front uni, et ne peuvent donc être considérés comme une forme véritable de résistance. Elle dit également que les Shaakts sont sur ce monde depuis aussi longtemps que les Sindeldi, qu'ils étaient alliés avant de trouver Izurith. Voilà qui éclaire un nouveau pan du passé...un passé que j'entends bien creuser davantage pour comprendre ce qui s'est véritablement passé. La jeune Sindel poursuit en parlant à Kay de la déesse Zarha'Eïla, la présentant comme n'étant ni vraiment divine ni vraiment mortelle. Peu de choses sont connues sur elle, si ce n'est qu'elle était là avant les Elfes, que c'est une créature aux pouvoirs exceptionnels ayant décidé de les aider pour son amusement, ou par vengeance. Hum, pourquoi par vengeance?! Encore un mystère qu'il faudra éclaircir... Quoi qu'il en soit c'est elle qui aurait donné à la matriarche suprême ses pouvoirs et son immortalité avant d'observer les Elfes torturer les humains pendant des millénaires, avant de se retourner contre eux en aidant un professeur Hynt à armer les hommes.

Puis c'est Arkalan qui ajoute ses propres questionnements, nuancés d'un doute sérieux quand à la possibilité de réussir cette mission qui nous a été confiée. Aënalia répète qu'elle n'est pas habilitée à nous parler de ses liens avec la maison Kobayashi, mais aimerait tout de même que nous lui fassions confiance malgré cela et son lien au clan de la rose. Elle ajoute penser que c'est en rassemblant les foules en faveur de la paix qu'il sera possible de supprimer la domination de son propre clan sur la société elfique et d'atteindre ainsi une solution pacifique. Je jette un regard à Heckiël, m'efforçant de conserver un air impassible malgré l'amusement mêlé d'ironie que ces déclarations font naître en moi. La Sindel ajoute qu'elle se battra jusqu'au bout pour que la paix soit possible entre les peuples, et qu'elle n'ira donc pas de son plein gré rejoindre les humaines si nous échouons. Une douce idéaliste, à moins que tout ceci ne soit qu'une comédie savamment orchestrée. Un peu des deux, à mon avis...Je plisse légèrement les yeux à son assertion suivante, disant qu'elle est généralement surveillée mais qu'elle sait quand elle l'est et que ce n'est pas le cas actuellement.

Lorsque Irina se manifeste à son tour, c'est pour se placer face à moi en me tenant les bras et, le visage tourné vers la jeune Sindel, lui demander de pardonner la rudesse pourtant très relative de mon discours. Je hausse un sourcil, hésitant à me dégager sèchement de cette étreinte qu'elle se permet mais, avant que je n'aie eu le loisir de le faire, elle me dévisage avec colère puis m'abreuve en murmurant de remontrances quant à mon ego et à l'amour que je porte à Sithi, me conseillant de les mettre de côté. Loin de s'en tenir à ces commentaires aussi déplacés que stupides, elle pousse la témérité jusqu'à me menacer de profiter de mes faiblesses si je devais manquer encore de délicatesse et, d'après elle, menacer ainsi sa précieuse existence. Je suis las. Infiniment las de ces comportements enfantins et irréfléchis, las des menaces proférées à mon encontre. Il me semblait pourtant avoir prévenu cette elfe noire de se tenir à carreau, il me semblait également avoir précisé lors de notre marche jusqu'à ce lieu que j'allais provoquer des réactions afin que se révèle ce qui se voudrait dissimulé.

Mon énergie intérieure jaillit du lac du silence qui se trouve en chaque être, plus aisément que d'habitude car ma récente rencontre avec Sithi m'a apporté une paix de l'esprit que je n'avais encore jamais atteinte. Je sens mon Ki se déployer en moi, fleuves d'argent liquide qui se répandent en mes muscles, en mes nerfs et en mon âme, prêts à briser leurs digues, à déferler en une létale explosion améliorant puissamment ma maîtrise martiale. Mon épée d'Eden glisse hors de son fourreau à la vitesse de l'éclair, sa garde et ma main frôlant au passage le visage de l'elfe noire si proche de moi que la moindre erreur dans ce geste la blesserait...

Le mortel tranchant s'arrête net contre la peau de la gorge d'Irina alors que la pointe de mon arme est encore au fourreau, faisant perler quelques gouttelettes de sang. Mon regard d'obsidienne est plus froid encore que ma redoutable lame, inflexible et impitoyable, je suis d'Ombre et il suffirait que j'accentue à peine la pression pour que la Shaakte rejoigne ses dieux sombres. D'un ton glacial dénué de toute émotion je m'adresse à la noire:

"Tu as écouté ce que je vous ai dit pendant que nous marchions, petite sotte?"

De ma main libre je la force lentement à s'éloigner de moi d'une poussée sur son sternum, laissant ma lame aux trois-quarts dégainée regagner son réceptacle par la seule force de son poids. Mes prunelles sont rivées à celles d'Irina alors que je lui murmure encore:

"Ta prochaine menace à mon encontre sera aussi la dernière, Shaakte."

Je vais m'adosser calmement au mur le plus proche, chassant de mes pensées ces enfantillages pour réfléchir posément à ce que je viens d'apprendre. L'appartenance d'Aënalia à ce clan de la rose me laisse songeur et, lorsque j'y ajoute le fait que les liens entre elle et les humaines reste occulté, il y a quelque chose qui me dérange profondément. Il se pourrait qu'il y ait une entente entre ce clan Sindel et la maison Kobayashi, les matriarches de la rose pourraient manipuler leur monde pour recouvrer leur pouvoir absolu en contrant la raison principale de l'opposition, et chercher à créer une alliance entre elles et les humains. Elles seraient ainsi en mesure de brider Patriarches et partisans de Sithi, prouvant par cette alliance qu'elles maîtrisent la situation. La position de force qui en découlerait leur permettrait en outre d'écraser les matriarches Shaaktes et de préserver leur suprématie totale. Dans cette hypothèse, Aënalia serait la marionnette plus ou moins consciente des dirigeantes, son joli minois radieux d'innocence invitant à une confiance aveugle. Plus vicieux encore, les matriarches de la rose utilisent simplement la naïveté de l'adolescente pour amener leurs opposants à se révéler, prêtes à écraser sans pitié tous ceux qui se manifesteront.

Autre possibilité, la jeune femme a été convaincue par les humaines qu'il fallait abolir l'autorité de son propre clan pour obtenir la paix, la place de matriarche suprême aurait pu lui être promise et elle aurait vu là une manière de réaliser son utopie pacifiste. Ce qui en ferait le pantin des humaines, qui pourraient alors influencer les Elfes dans le sens qui leur plairait. La maison Kobayashi pourrait alors avoir accès à leur technologie et utiliser cela pour s'emparer du pouvoir dans la cité d'Izurith. Elle pourraient inciter les elfes à agir contre les autres factions influentes de la cité et, en cas d'échec, reporter sur eux la responsabilité. Elles pourraient même profiter d'un tel échec et de la position nouvelle et précaire des elfes parmi les humains pour les éradiquer. D'autant plus que la jeune Sindel utopiste devenue matriarche serait sans doute prête à rendre le canon elfique inopérant au nom de la paix...

Enfin il y a cette espèce de Déesse aux agissements pour le moins étranges. Qui est-elle, quels sont ses buts? Aënalia a évoqué une possible vengeance, mais une vengeance dirigée contre qui, et pourquoi? Là encore le passé est la clé de la compréhension, le présent se construit sur des rancoeurs, des haines ou des vexations plus ou moins anciennes, tant que nous ne saurons pas exactement de quoi il retourne, nous serons aveugles. D'autre part cette déesse aurait offert l'immortalité et de mystérieux pouvoirs à la matriarche suprême, ce qui pourrait nous poser de sérieux problèmes si nous devions nous confronter à elle à un moment ou à un autre.

Irina pose encore quelques questions concernant l'ordre de la rose, demandant en particulier s'il est possible de l'infiltrer. Ce à quoi la jeune Sindel répond que ce ne serait pas impossible mais qu'elle ne verrait pas comment procéder. Elle précise encore qu'elle n'est pas en odeur de sainteté au sein de son clan et qu'elle est tenue à l'écart de passablement de choses, mais qu'elle peut tenter d'en apprendre davantage en s'efforçant de gagner leur confiance. Je pousse un discret soupir, la notion de temps semble échapper aux deux jeunes femmes...inflitrer un clan, ou même simplement gagner sa confiance est un travail de longue haleine, pas le genre de chose que l'on aurait une chance de réaliser en cinq ou six jours. J'ai bien une ébauche de plan susceptible de donner quelque chose, mais la Shaakte vient de démontrer qu'on ne pouvait pas compter sur elle. Au delà de ses mots suaves, elle ne cherche qu'à obtenir du pouvoir et le fait avec une maladresse naïve, se surestimant largement en supposant pouvoir tromper des dirigeantes expérimentées. Plus probablement ces dernières l'utiliseraient sans vergogne, lui offriraient des mirages et la prétendue manipulatrice devenue pantin à son insu deviendrait un danger pour chacun de nous. La seule solution raisonnable serait de mettre fin à ses jours ici et maintenant, je n'ai pas besoin d'user de mon pouvoir de Vision pour savoir que cela nous éviterait bien des problèmes...mais, par chance pour elle, je ne suis pas un assassin, je ne tue pas à la demande sur de simples présomptions.

Je finis par demander à Aënalia:

"Quelques questions encore: cette déesse...où puis-je la trouver? Tu as dit qu'elle pouvait chercher à se venger, mais de qui, de quoi? Autre chose, le cas échéant, pourras-tu me conduire discrètement à cette Matriarche suprême? Ou encore me faire rencontrer les dirigeants des Patriarches, ou les Matriarches Shaaktes? Et enfin, existe-t'il un moyen de faire passer rapidement un message à l'ensemble des elfes de votre cité?"

(env. 3200 mots)


Haut
 

 Sujet du message: Re: Terres Désolées (Izurith)
MessagePosté: Dim 6 Nov 2016 19:17 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 14 Juin 2016 21:18
Messages: 738
Localisation: Kendra Kâr
Après elle parlèrent encore Hekell et Irina. Le premier faisant encore montre de sa paranoïa (naturelle ou acquise sous les épreuves ? il semblait bien que cela fût la deuxième option alors que Kay se rappelait son corps couturé de cicatrices affreuses) et la deuxième de sa sournoiserie qui était assurément naturelle pour le coup, d'un côté en susurrant des mots doux à Aënelia, d'un autre en prenant le bras de Tanaëth d'un geste presque maternelle. D'ailleurs la réaction de ce dernier fut surprenante : il la repoussa brutalement et alla même jusqu'à dégainer à moitié l'une de ses épées, la menaçant clairement de mort - encore une mort. Kay regarda la scène, les yeux grands étonnés. Qu'en était-il de leur jeu de séduction ?

(Elle a... perdu ?)

Un fantôme de sourire triomphant releva la commissure de ses lèvres, tandis qu'elle sentait une grosse boule chaude au creux de son ventre. Kay avait finit par se résoudre à accepter la vérité et sa jalousie et jouissait désormais d'une belle victoire sur sa "rivale". Heureusement pour elle - ses pensées se tournaient bien trop souvent vers Irina, les déclarations d'Aënelia la firent très vite tourner son visage vers la jeune elfe, une nouvelle fois par surprise. Tout d'abord, il eut sa face bouleversée à l'évocation de la chute d'Eden et de l'exil combiné - pouvait-on dire, de Sithi et de ses enfants. Elle crut ensuite éclaircir la situation en expliquant que leur exil à eux venait d'une rébellion sur Eden qui avait mal tourné conduisant à un bannissement par les Danseurs d'Opale - si cela était effectivement arrivé avant la chute d'Eden, ça paraissait logique pour la semi-elfe. Sauf qu'il y avait un problème qu'ils avaient déjà relevé : la chute avait eu lien vingt mille ans auparavant et leur exil datant de dix-sept millénaires. Incompatible. Tanaëth informa Aënelia de ce fait, mais n'alla pas plus loin. Ce fut Kay qui, décidément interloquée par toute cette histoire, décida de mettre les choses au point.

"Comment votre exil peut-il dater de trois mille ans après la destruction d'Eden dont vous êtes apparemment partis ?"

(Et si Eden avait finalement survécu... ? Non, pas possible. Pas possible...)


Elle coula un regard au maître d'armes. Et pourtant... Si c'était bien ce qui était arrivé, quelle joie serait la sienne ! Avec tout l'Ordre, ils se mettraient immédiatement à la recherche de leur planète. Mais non. Si Eden avait survécu, Sithi le lui aurait déjà dit.
Kay écouta attentivement les explications d'Aënelia sur les différentes factions pour éviter de penser à cette triste réalité. Elle leur présenta deux factions dissidentes : les Patriarches (tient donc !) et les Matriarches Shaakts (étonnant !). Kay pensa aussitôt à Hekell et Irina pour infiltrer respectivement l'un et l'autre. Mais on verrait plus tard. Soudain, la plus belle surprise de la journée (ou du moins, à cet instant) arriva : la marque sur le front de leur guide, que Kay avait pris pour un simple tatouage, était en réalité le symbole de sa destinée : reprendre la tête de l'Ordre de la Rose. À cette déclaration, le sourcil gauche de la guerrière fusa dans les airs.

(Eh bien ! On nous a pas filé n'importe qui !)

Se tournant alors directement vers, Aënelia poursuivit en parlant de Zarha'Eïla que les humaines d'Izurith avait présenté comme une déesse généralement adorée des deux côtés. En réalité - et comme elle l'avait soupçonné, la situation était un poil plus compliqué que cela. Ne sachant toujours pas si cela valait le coup d'enquêter de ce côté-là, elle voulut demander si la déesse pouvait éventuellement être rencontrée, mais Tanaëth, à nouveau, la devança. Elle haussa les épaules, ne trouvant plus rien à dire. Vu le peu de temps qu'ils avaient, il ne serait certainement pas question d'infiltration. En revanche, il y avait trois factions qu'il était hors de question de voir au pouvoir. Et la seule qui fût pacifique et ouverte ne pouvait se revendiquer comme tel. Deux solutions semblaient apparaître : prendre la tête de ces elfes pour les rassembler et faire un coup d'état ou...

(Engendrer une guerre civile entre les trois autres factions.)

Kay plongea son regard dans celui d'Aënelia.

"Tu n'es peut-être pas respectée par les autres membres de l'Ordre de la Rose, mais tu es bien censée les diriger un jour, non ? Que se passerait-il si tu réclamais ce pouvoir maintenant ?"

(700 mots)

_________________
Kay de Kallah, Maître d'Armes et demie-Sindel

Multi : Ædräs


Haut
 

 Sujet du message: Re: Terres Désolées (Izurith)
MessagePosté: Mar 8 Nov 2016 16:53 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 25 Mar 2012 14:07
Messages: 240
Localisation: Quête 33
Le rictus qui s'empare de mon visage montre clairement la confiance que j'apporte à cette elfe pâle.

Nous ne devons faire que ça depuis le départ, faire confiance, écouter, croire, se jeter dans la gueule du loup. Inutile de préciser que c'est difficile pour moi de me laisser guider dans une mission aussi périlleuse par des gens qui, justement, ne m'inspire aucune confiance.

Je suis entre l'amusement et la colère et visiblement je ne suis pas le seul qui commence à avoir l'esprit qui chauffe car le Sindel manque de décapiter Irina.

Je ricane franchement, le jeu entre eux va maintenant vite changer de forme. Il est possible que l'action de Tanaeth à augmenter l'appétit lubrique de la Shaakt et donc son envie de le soumettre ou alors elle se dit que c'est trop risqué et fera en sorte de le neutraliser à la première occasion. Je dis ça en connaissance des Shaakt mais il se peut aussi que le Sindel pense exactement la même chose.

Je pose un regard sur Kay dont le visage c'est fendu de l'ombre d'un sourire. Elle pense sûrement que c'est terminé et qu'elle va pouvoir retrouver sa place au près de son mentor. C'est faux, rien ne va plus séparer les deux joueurs à présents, bien trop méfiants pour accorder ne serait-ce qu'une seconde de répit. Du moins, tant qu'on ne les sépares pas.

La jeune semi elfe pose ensuite une question intéressante à laquelle je réponds à la place de notre guide.

"Elle se ferait assassinée en cas de désaccord. Mais l'idée est à creuser."

Tout comme Tanaeth, je vais m'adosser à une paroi du couloir.

"C'est même une bonne idée de vous mettre au pouvoir si vous pouvez ensuite trouver des alliés pour amener une solution pacifique. Mais je doute que nous pouvons faire ça de manière..."

Je marque une courte pause pour trouver le mot qui convient.

"Traditionnelle ?"

J'hoche la tête, assez satisfait, avant de poursuivre.

"Et il reste le facteur temps. Combien de temps ça prendrait ?"

Je me pince l'arrête du nez, visualisant un début de plan.

"Il faut oublier toute idée d'infiltrer un clan ou l'autre, c'est bien trop long et trop suspect que des elfes venus de nulle part grimpent d'un coup les échelons. Mais nous avons une fenêtre d'entrée dans un clan très important, grâce à vous Aenalia. A défaut de s'infiltrer nous devons nous fondre dans la masse. Quels sont les attitudes que nous devons adopter face aux différentes personnes que nous allons croiser ? Dites nous tout, même les détails qui vous semblent sans importance. Ensuite, nous pourrons vous accompagner chez vous, vous ferez passer Tanaeth pour un garde du corps, un ami ou un amant peu importe ce qui lui permettra de pénétrer une couche importante de votre clan. Il faudrait encore penser à une façon pour vous d'accéder au pouvoir mais si quelqu'un voudrait s'en prendre à vous, je ne doute pas que Sindel serait en mesure de vous protéger."

Je me gratte la joue. Il reste beaucoup de zones d'ombres dans ce plan, mais ce n'est qu'un brouillon. Et pour l'instant nous n'avons pas beaucoup mieux.

"J'ai conscience que ca peut paraitre flou mais est-ce qu'on a mieux pour l'instant ? Si Tanaeth peut déjà aller aussi loin nous aurons un sacré pas dans le clan. Quant à nous trois, nous pourrons nous fondre dans la plèbe plus ou moins modeste. Qu'en pensez vous ?"

((615 mots))

_________________


Haut
 

 Sujet du message: Re: Terres Désolées (Izurith)
MessagePosté: Jeu 10 Nov 2016 01:08 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mer 15 Juin 2016 00:52
Messages: 500
Localisation: Kendra Kar
La manche avait été mal jouée mais fut tout de même instructive. Aux mots de la Shaakte, le Sindel sembla perdre son sang froid, sortant de son fourreau une de ses lames acérées, posant son tranchant sur la gorge fragile d'Irina. Tandis que de fines gouttelettes de sang perlaient sur la lame immaculée, l'elfe noire soutenait le regard perçant du Sindel, feintant la douleur qui lui déchirait doucement le cou. Irina reçut le message on ne peut plus clair que son tour avait été mal joué, mais à défaut de le reconnaître, la manipulatrice préféra tourner cette bévue en sa faveur.

Les traits de son visage exprimant une seconde plutôt une colère sourde dessinaient à présent un sourire amusé. Une simple commissure de lèvres plutôt improbable après l'épisode tranchant témoignait seulement à l'adversaire de la noire que le jeu n'était pas fini. Pour que la partie soit remportée, l'un des deux rois doit tombé, en dans ce cas, sous les coups de l'autre.

Tandis que le Sindel extirpa de son espace vital la Shaakte d'une poussée sur son sternum, vociférant que sa menace sera la dernière, Irina retient un instant la main grise sur son plastron, la relevant quelque peu afin qu'elle repose sur sa poitrine cloisonnée dans sa camisole. De ces yeux de velours, la Shaakte caressa le visage du Sindel avec tendresse et avidité.

" Il est vrai que vous n'avez pas besoin de vous forcer pour provoquer des réactions "percutantes". Chez les autres comme pour vous , Tanaeth. "

Irina appuya sur la désignation des réactions, comme le fit Tanaeth lors de leur marche avant leur rencontre avec Aënalia.
Le Sindel prévint sa victime en un murmure que la prochaine menace à son égard sera la dernière. Irina répondit simplement à ces propos d'un gloussement sourd, portant sa main délicate à sa bouche.

Le Sindel s'adossa à la parois de la grotte, semblant vouloir s'éclipser de son environnement pour faire le point. Profitant de ce moment de tranquillité, Irina prit soudain conscience de la plaie à sa gorge et la douleur inculquée par le tranchant de la lame. Il y avait bien longtemps que son corps n'avait pas ressenti ce genre de traitement. Sa jadis dévotion au Temple de Valshabarath à Caix Imoros avait pourtant son lot de torture et de souffrance mais ces quelques années de liesses et de confort avaient guéries son corps de ces sévices réalisés au nom de la déesse Araignée. La souffrance est inévitable à qui a de grands desseins, qu'on la subisse ou qu'on l'administre. Et plus elle est puissante, plus la réussite est probable. Irina semblait l'avoir oublier au Temples des Plaisirs et vit cette coupure de bonne augure, comme pour la remettre dans le droit chemin, un signe des Dieux sombres la menant vers son accomplissement.

Reprenant son attention sur les propos de leur guide, Irina fut de nouveau déçue par ses informations. Le Clan de la Rose, dont Irina semblait y voir une possibilité intéressante d'approche, n'était qu'un Clan élitiste et extrémiste de Sindeldi. Dégoûtée de cette information, la manipulatrice ne voyait même plus sur quel Clan se rabattre pour masquer sa frustration. Seule l'histoire de la prétendue déesse éveilla l'intérêt de la Shaakte, se reconnaissant dans sa manière de fonctionner, égoïste et manipulatrice, cherchant seulement à s'amuser.
Autre information plutôt réjouissante : ce fameux Clan de la Rose comptait partis ses membres de Sindeldi arrogants des partisans pour la paix et pas des moindres. L'héritière même s'était retournée en secret contre l'institution. La puissance grise n'était donc pas aussi omniprésente sur ce monde, il y avait des failles, d'immenses failles.

Kay prit alors la parole, faisant ainsi place à Hekell. À son habitude, ses propos étaient structurés et réfléchis, cherchant à s'accrocher à la moindre opportunité de confiance ou de sécurité. Mais ces dernières paroles effrayaient presque la Shaakte. L'elfe noir suggéra que Kay, Irina et lui meme se fondent dans la masse, à l'exception de Tanaeth qui atteindraient les hautes sphères de la société. ( Me mélanger à la pègre ?? ) Il était hors de question que la Shaakte soit au niveau que n'importe quel être vivant lambda, encore moins si son adversaire avait accès à l'Eldorado des âmes puissantes.

Afin de rétablir la situation apres l'évocation de cette idée des plus désastreuses, Irina écouta la dernière remarque de Tanaeth, qui avait déjà envisagé selon son discours de faire cavalier et de retirer toutes les gloires de la réussite de cette périlleuse mission, contrôlant les matriarches Sindeldi et Shaaktes, la divinité et la pègre. Il était tout simplement hors de question.

" Il va s'en dire que j'accompagnerai Tanaeth lors de ses rencontres diplomatiques. Je vous serais bien plus utile dans un environnement qui m'est familier plutôt que de me fondre dans la masse, ce qui n'est pas, je vous l'accorde, ma spécialité. "

Au fur et à mesure de son discours, Irina s'approchait prudemment de son adversaire, jusqu'à arriver à ses côtés. Tandis qu'elle prenait soin de ne pas toucher aux précieux joujoux du maitre d'armes, la Shaakte arriva à la fin de sa tirade au niveau de l'oreille du Sindel, où elle y glissa en son creux un simple murmure.

" Nous vous éloignez pas de moi, Tanaeth. Nous avons encore beaucoup de nos secrets à nous révèle, rappelez vous. "

À ces paroles teintées d'un érotisme sous entendu, Irina s'adressa ensuite à Aënalia.

" Si j'ai bien compris votre discours, Sindeldi et Shaakts cohabitent plus que ne vivent en communauté, sauf les Patriraches, qui doivent leur union par une simple haine commune des Matriarches. Comment régirait votre peuple dans le cas d'une alliance entre nos deux races, entre un mâle une femelle ? De plus, notre arrivée parmi les votres ne passera, de toutes les manières, pas inaperçue. Comment expliqueront nous notre présence ? Qui seront nous ?"

Marquant une courte pause, Irina chercha un court instant ses mots pour formuler sa dernière question.

" J'aurais une dernière question, un peu plus spécifique. Comment se manifestent les fluides ici ? Certains elfes en ont ils le contrôle ? Ou la "technologie" a-t-elle fait table rase de son usage ? "

(1010 mots)

_________________
Image

Multi de Hild, Humaine de Wiehl, Archère et Herenndil, Hinïonne, Guerrière


Haut
 

 Sujet du message: Re: Terres Désolées (Izurith)
MessagePosté: Jeu 10 Nov 2016 21:45 
Hors ligne
Admin
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mer 24 Fév 2010 10:07
Messages: 6214
Terres Désolées – Grotte


    La jeune elfe secoua la tête à l'intention de Tanaëth lorsque celui-ci expliqua la chute d'Eden. Puis son visage afficha une mine triste lorsqu'il évoqua le destin de Sithi à l'issue de ce cataclysme.

    « Je ne comprends pas, nous avons quitté Eden il y a seulement dix-sept millénaires, » fit-elle, confuse.

    Son expression changea pour de l'effroi lors de la démonstration de violence du Sindel, cependant.

    « Messire Tanaëth ! » s'interposa-t-elle. « Voyons, avez vous perdu l'esprit ?! S'il vous plaît, pas de violence ! Plus de violence ! Nous sommes supposés aider à l'entente et au pacifisme... »

    Son ton était presque défait lors de ces derniers mots. L'incident clos, cependant, elle consentit à répondre aux questions et propositions des autres elfes, à commencer par Kay.

    « Je n'ai aucune autorité au sein de l'Ordre. C'est à ma mère de gouverner aux côtés de la Matriarche Suprême, toute objection de ma part serait prise comme une trahison. Cependant, il m'est possible de demander à avoir plus de responsabilités. »

    Puis, à l'intention d'Arkalan.

    « Faire passer Tanaëth pour mon garde du corps pourrait être une bonne idée, en effet, si nous ne trouvons rien de mieux. Cependant, concernant les détails de notre société... C'est... Beaucoup trop vaste. Vous ne pouvez pas me demander de résumer une société, cela prendrait des heures et des heures, et encore... »

    Elle se retourna ensuite vers Tanaëth.

    « Zarha'Eïla se trouve sous Izurith, normalement. Il faudrait demander à Ai l'autorisation de vous y rendre lors de votre retour en ville. Quant à la raison de sa vengeance... C'est flou, même pour les dirigeants Sindeldi. Nous ne savons pas exactement ce qui s'est passé avant notre arrivée, mais il semblerait que Zarha'Eïla ait voulu donner une leçon aux humains. »

    Elle fronça les sourcils à ses autres demandes.

    « Seule ma mère est habilitée à rencontrer la Matriarche Suprême. Quant aux autres dirigeants, je pourrais vous les indiquer, mais cela va sans dire qu'ils ne m'apprécient guère. Et... Il y a bien un moyen de faire une annonce à tous les elfes, mais... Ce sera dangereux et évidemment les dirigeants vous entendront. »

    Pour terminer, elle se tourna vers Irina, d'abord pour répondre à ses questions concernant les relations entre les différents elfes.

    « C'est plus compliqué que cela, » répondit-elle. « Les classes dirigeantes, les familles nobles, ne se mélangent pas entre elles. Mais parmi les citoyens les relations sont légèrement moins tendues. Ce n'est pas forcément omniprésent mais il existe beaucoup de Shaakts et de Sindeldi entretenant une amitié de longue date, ou une romance, même. Il y a beaucoup de couples et d'enfants bâtards. Concernant votre arrivée, vous arriverez inaperçus, si. Je vous ferai entrer dans la ville discrètement, puis vous n'aurez qu'à vous mélanger à la masse et à prétendre que vous avez toujours été là. Seule votre arrivée au cœur des conflits sera observée d'un œil suspicieux. »

    Puis, à la dernière question de la Shaakt, elle leva une main devant elle et fit apparaître une petite boule lumineuse.

    « Je suis moi-même magicienne, et la magie est plutôt présente dans notre société. Et concernant la manifestation des fluides sur Izurith... Je... Ne suis pas sûre de comprendre votre question. C'est une énergie qui circule dans notre corps et que... heu... Nous manipulons. Est-ce différent sur Yuimen ? »




[Tanaëth : 0,5 (introspection) ; 0,5 (attaque) ; 0,5 (questions) ; 3 (bonus longueur)
Kay : 0,5 (introspection) ; 0,5 (proposition) ; 0,5 (bonus longueur)
Arkalan : 0,5 (introspection) ; 0,5 (proposition) ; 0,5 (questions)
Irina : 0,5 (introspection) ; 0,5 (questions) ; 1 (bonus longueur)]

_________________


Image




Haut
 

 Sujet du message: Re: Terres Désolées (Izurith)
MessagePosté: Ven 11 Nov 2016 04:15 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Jeu 26 Fév 2015 21:51
Messages: 6796
Localisation: Nessima, Naora
La jeune Sindel manifeste une profonde incompréhension lorsque je lui répète qu'Eden a été ravagée voici plus de vingt millénaires. Elle est visiblement certaine que les Sindeldi d'Izurith ne l'ont quittée que dix-sept millénaires auparavant et n'évoque aucun passage par d'autres mondes qui aurait pu expliquer qu'ils ne soient arrivés sur cette terre que trois mille ans plus tard. Cela étant, mes connaissances sur les mondes autres que Yuimen sont très limitées, je pense qu'il est possible que le temps ne s'écoule pas de la même manière d'un monde à l'autre mais je n'ai aucune certitude à ce propos. Il me semble envisageable également que leur exil ait emprunté un fluide temporel, mais là encore mes connaissances sont trop lacunaires pour que je puisse affirmer quoi que ce soit. Quoi qu'il en soit ce mystère historique n'est pas notre priorité dans l'immédiat, aussi je hausse les épaules en répondant à Aënalia:

"Il y a sans doute une explication logique à ce décalage, mais pour l'instant nous avons un problème plus pressant à résoudre. Ce qui est important dans cette histoire, c'est que ces événements lointains sont la cause, ou la conséquence, du rejet de Sithi et de ses principes par les Sindeldi de ce monde."

Il y a un autre point qui m'intrigue: selon les paroles de la jeune elfe les Sindeldi et les Shaakts étaient alliés avant d'arriver sur Izurith, ce qui signifie que les noirs viennent également d'Eden. Mais là encore c'est de l'histoire antique et, même si ce passé a clairement posé les bases du présent, je n'ai guère le temps de l'étudier en détail. En connaître les grandes lignes afin de comprendre l'essentiel des liens entre ces peuples me suffit pour l'instant, j'approfondirai plus tard en cas de besoin.

Irina réagit par un sourire amusé à la menace létale qui s'abat sur elle lorsque ma lame frôle sa gorge, un sourire que je ressens comme étant quelque peu forcé. Elle soutient mon regard, me défiant toujours et refusant d'admettre ouvertement qu'elle a commis une erreur stratégique grossière dans son jeu de manipulation. Lorsque je la repousse posément, elle s'arrange pour poser sa main sur la mienne et la dévier directement sur sa poitrine, me dévisageant avec une tendresse avide et remarquant que je n'ai en effet aucun besoin de me forcer pour engendrer des réactions percutantes que ce soit chez les autres ou en moi. Elle glousse, une main devant la bouche, lorsque je l'informe que sa menace est la première et dernière que je tolérerai. Je me contente d'un indéfinissable et discret sourire en allant m'adosser au mur, elle n'a visiblement pas cerné grand chose de moi et la partie lui échappe plus qu'elle ne se l'imagine.

Kay observe la scène avec des yeux ronds, visiblement surprise, Heckiël de son côté ricane et Aënalia, elle, réagit avec effroi à mon acte, tentant à retardement de s'interposer en s'insurgeant contre cette démonstration de "violence". Je la dévisage un instant d'un air imperceptiblement attristé avant de lui répondre avec douceur:

"Puisse-tu conserver encore longtemps ton idéalisme pacifique, jeune femme. Mais crois-tu vraiment que nous pourrons faire régner la paix sur ce monde par la seule force des mots en une seule et unique petite semaine? Si c'est le cas il faut m'expliquer comment réaliser un tel miracle, parce que je ne vois pas de quelle manière cela serait possible..."

J'écoute ensuite mes compatriotes poser diverses questions, à commencer par Kay qui demande ce qui se passerait si Aënalia briguait maintenant le pouvoir auquel elle est destinée. Heckiël rétorque aussitôt qu'elle se ferait assassiner, la jeune Sindel répond quant à elle que ce serait considéré comme une trahison et que c'est à sa mère de gouverner auprès de la matriarche suprême mais qu'elle pourrait cependant demander plus de responsabilités. Heckiël remarque que c'est tout de même une idée à creuser et évoque subtilement qu'il faudra probablement assassiner quelques personnes pour rendre cela possible, puis relève une fois encore que le temps imparti constitue notre handicap majeur. Il ajoute qu'il faut oublier toute idée d'infiltration pour cette raison, mais que nous avons en revanche la possibilité d'entrer rapidement dans un clan important grâce à la position sociale d'Aënalia. Il suggère ensuite que je me fasse passer pour le garde du corps, l'ami ou l'amant de la jeune Sindel, ce qui me fait hausser un sourcil légèrement sarcastique. Pendant ce temps, dit-il, lui et nos deux compagnes pourraient approcher le commun des mortels, voilà qui va plaire à Irina, sans aucun doute. Il demande encore un maximum de précisions quant à cette société dans laquelle nous allons pénétrer, ce à quoi la Sindel répond logiquement qu'il lui serait impossible de faire le tour du sujet en un temps raisonnable. Elle semble penser que me faire passer pour son garde du corps pourrait être une bonne idée si nous n'en trouvons pas de meilleure, ce qui me fait hausser le deuxième sourcil dans la foulée. Je reste cependant plongé dans mon éphémère mutisme, me contentant encore d'écouter pour l'instant.

Aënalia répond ensuite à mes questions, m'apprenant d'abord que l'espèce de divinité de ce monde se trouve probablement sous Izurith et que seule Ai pourrait m'autoriser à la rencontrer. Quand cette histoire de vengeance, il semblerait que l'étrange divinité ait voulu donner une bonne leçon aux humains, mais l'elfe ne sait pas de quoi il retourne exactement. Elle m'explique ensuite que la seule à pouvoir rencontrer la matriarche suprême est sa mère et qu'elle peut éventuellement m'indiquer les personnalités importantes des autres factions mais guère plus, ces derniers ou dernières ne l'appréciant évidemment pas. Enfin, il serait possible de transmettre un message à l'ensemble des Elfes, non sans danger puisque les différents dirigeants l'entendraient également.

Irina réagit à cet instant, comme je l'avais supposé l'idée d'Heckiël ne lui plait pas, son ambition dévorante ne peut se satisfaire d'aller côtoyer la plèbe...elle annonce sans détour sa volonté de m'accompagner dans les hautes sphères, justifiant qu'elle n'est pas destinée à se fondre dans la masse, étonnant, vraiment...Tout en parlant elle se rapproche de moi, non sans prudence cette fois, pour me murmurer à l'oreille de ne pas m'éloigner d'elle alors que nous avons encore tant de secrets à partager. Des secrets très intimes d'après le ton de sa voix mais, une fois encore je m'abstiens de la moindre réaction, me bornant à la dévisager en silence de mon air le plus neutre. Toute à son plan, elle retourne son attention vers notre guide pour lui demander des précisions sur la manière dont sont perçus les couples mêlant les deux peuples et la façon dont nous expliquerons notre subite apparition au sein de la société elfique.

La Sindel explique que les dirigeants ne mélangent pas le gris et le noir mais qu'au sein du peuple en revanche c'est pratique courante, bien que loin d'être systématique. Elle ajoute que notre arrivée passera inaperçue, du moins tant que nous ne nous mêlerons pas aux conflits entre factions, auquel cas nous serons sans doute considérés avec suspicion. Irina pose une dernière question à propos des fluides, demandant si leur usage est courant ou si la technologie a supplanté la magie. Aënalia répond en faisant apparaître une petite sphère de fluide de lumière, expliquant qu'elle est elle-même magicienne et que c'est monnaie aussi courante ici que sur Yuimen. Hum, voilà qui ne me plaît guère, je n'ai pas vraiment d'affinités avec la magie, à plus forte raison concernant ses émanations meurtrières que je n'ai que trop eu l'occasion de subir. Je soupire imperceptiblement, songeant qu'après tout je suis encore en vie, contrairement aux adeptes de l'obscurité qui ont tenté d'user de leurs pouvoirs contre moi.

(Bon...je vois deux possibilités, mais dans tous les cas ça va être juste au niveau temporel...)

(Moui...je n'aime pas ta première idée, cela provoquerait peut-être bien un bouleversement majeur dans ce panier de crabes mais tu t'exposeras beaucoup trop.)

(Je sais, mais ce n'est pas ce qui m'inquiète. Le risque majeur c'est que ça provoque un carnage et ce n'est pas le but. Je ne suis pas adepte du pile ou face...mais nous n'avons pas le temps de finasser.)

(En effet, mais tu devrais quand même prendre le temps d'assurer un peu tes arrières.)

(C'est sûr. Mais par Sithi, comment?)

(Le savoir est la clé du succès, je dirais...)

(C'est vrai, il y a encore quelques points à éclaircir avant de décider de la stratégie à adopter.)

(Euh...Tanaëth?)

(Oui, je sais, diplomatie on a dit...)

Je sors de mon silence pour demander à Aënalia:

"Dis-moi, qu'est-ce que ta mère pense de tout ça, au juste? Est-elle au courant de tes ambitions pacifistes? De ta relation...ambiguë...avec les humaines de la maison Kobayashi?"

J'attends qu'elle m'ait répondu pour poursuivre mes interrogations:

"Tu disais qu'elle était la seule à pouvoir approcher la matriarche suprême, cela signifie-t'il que cette dernière vit en recluse? Elle n'apparaît jamais en public? Tu disais aussi qu'elle avait reçu l'immortalité et certains pouvoirs de cette "déesse". Que sais-tu de ces pouvoirs et de cette immortalité? Est-elle "simplement" immunisée contre le passage du temps ou cela va-t'il au-delà? Question bête peut-être, mais est-elle mariée, en couple? A-t'elle des serviteurs? Des gardes? Est-ce que vous avez une armée de métier? Qui exécute les opposants au régime, au juste? "

Une courte pause, et je demande encore:

"Autre chose, connais-tu des personnes influentes dont tu es absolument certaine qu'elles aient la volonté d'établir la paix avec les humains?"

Après ce flot de nouvelles questions je dévisage tour à tour mes trois compatriotes et la Sindel, me demandant s'il est bien sage de leur parler de mes ébauches de plans. Je doute fort qu'Irina ait les mêmes objectifs que moi dans cette histoire et je ne tiens pas particulièrement à provoquer l'évanouissement immédiat de notre utopiste pacifique de guide. Quant à Kay, un jour plus tôt je lui aurais fait confiance mais j'ignore où elle en est maintenant. Elle paraît avoir développé une sourde rancoeur à mon égard et avoir renié les armes que je lui avais offertes était d'une sottise pure et simple, en sus d'être une insulte à mon égard, alors comment savoir? Ironiquement, le seul en qui je me fierais à l'heure actuelle est Heckiël, comme quoi...Enfin, en attendant il y a toujours certains points que je peux aborder, histoire de mettre quelques cartes sur la table:

"Je partage entièrement l'avis d'Heckiël: nous n'avons pas le temps d'infiltrer les factions en présence. Nous n'avons pas le temps non plus de faire évoluer en douceur la société elfique d'Izurith, on ne change pas les mentalités d'un peuple en une semaine. D'après ce qui vient de nous être dit, nos seuls opposants véritables sont les Patriarches, ou du moins les plus extrémistes d'entre eux. Les matriarches Sindeldi du clan de la rose veulent la suprématie, soit, mais si j'ai bien compris elles ne sont pas forcément opposées à la paix avec les humains, pour autant que cette paix renforce leur position au sein des peuples elfes. Les matriarches Shaaktes quant à elles se rebellent à cause d'un favoritisme envers les Sindeldi, mais elles ne prônent pas forcément la guerre non plus."

Je m'interromps le temps de laisser à mes interlocuteurs le loisir de soupeser mes paroles puis je reprends:

"Il serait tentant de vouloir résoudre les différends entre ces factions afin de rendre cette société plus juste et équitable, mais ce n'est pas notre but premier et je crois que c'est important de le garder à l'esprit. Ce sera aux elfes d'Izurith de créer un nouvel équilibre plus sain entre eux, notre rôle c'est avant tout de faire en sorte d'éviter une guerre capable d'anéantir définitivement ce monde et ses habitants. Maintenant il y a un point qui me chiffonne: cela fait sept siècles qu'elfes et humains vivent dans leurs coins respectifs, il y avait un équilibre dans cette situation, même s'il était précaire. Et voilà qu'après tout ce temps les humains apprennent subitement que, je reprends les mots d'Ai, "les elfes complotent pour reprendre le pouvoir". Et là j'ai une question: comment l'ont-ils appris, puisque de leur propre aveu ils n'ont pas accès au camp elfique et qu'ils ne savent presque rien d'eux?"

Je dévisage pensivement Aënalia durant quelques secondes et poursuis à mi-voix:

"Tu es apparemment la seule elfe en contact avec eux, alors j'aimerais comprendre, Aënalia. Les humains ont-ils capturé des elfes et les ont-ils forcés à parler, ou est-ce toi qui leur a appris ce qui ce tramait? Je pourrais comprendre que tu aies pensé que c'était la seule manière de protéger ton peuple de l'extinction, une guerre vous détruirait et il n'y avait pas trente-six manière de l'éviter. A ta place j'aurais probablement tenté le coup..."

Je lui souris avec douceur, avant d'achever ma tirade:

"Les humaines de la maison Kobayashi nous ont dissimulé pas mal de choses, toi tu ne veux pas répondre quand on te demande quel lien tu as avec elles. Et toutes vous nous demandez de vous accorder aveuglément notre confiance, cela alors que nous sommes plongés dans un véritable foutoir d'intrigues politiques et de luttes d'influence pour que quelques nantis puissent obtenir davantage de pouvoir. Mes compagnons et moi-même allons risquer nos vies dans cette histoire et, pire, nous allons jouer les vôtres, toutes les vôtres. Alors vois-tu, la confiance aveugle dans toutes ces magouilles, c'est un luxe que nous ne pouvons pas nous permettre. Je ne tiens pas à me présenter devant Sithi pour lui expliquer que notre peuple sur Izurith a été anéanti parce j'ai hésité à exiger des réponses claires à mes questions. Je me fiche de vos luttes de pouvoir, d'influence, je n'ai rien à faire de savoir qui ou quoi dirige ici au final. J'ai un but, un seul: permettre à mon peuple de survivre et de vivre en paix. Et il me semble que c'est ce que tu souhaites aussi. Alors je te le demande encore une fois: quel est ton lien avec la maison Kobayashi?"

(env. 2500 mots)


Haut
 

 Sujet du message: Re: Terres Désolées (Izurith)
MessagePosté: Ven 11 Nov 2016 20:51 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 25 Mar 2012 14:07
Messages: 240
Localisation: Quête 33
J'aurais dû m'en douter. Irina n'attend pas pour déclarer qu'elle tient à rester avec Tanaeth. Evidemment, hors de question pour elle de se mélanger à la pegre et pire encore, perdre son adversaire de vue.

Je claque la langue contre mon palais, agacé. Tanaeth à la tenue et la carrure du garde du corps ou même de l'amant. Pensais-je avec un léger sourire. Mais j'avais de sérieux doute quant au fait que cette maudite femelle puisse se fondre dans un clan aussi important sans tenter ses petits tours de manipulation.

Je peine encore à cacher mon agacement quand Aenalia refuse de me donner des informations sur le fonctionnement de la societé, ayant pris au pied de la lettre les termes que j'ai utilisé. Pour moi ça ressemble à une mauvaise excuse et un refus clair de nous informer, accentuant encore ma méfiance

Mais l'idée semble plaire à notre guide et après quelques haussements de sourcils sarcastiques de Tanaeth, celui ci pose des questions très pertinentes soulevant les liens qu'elle a avec les soeurs Koyabashi.

Je ne suis donc pas le seul à trouver tout ça étrange. Après qu'il ait achevé sa tirade je hoche la tête vers lui d'un air entendu pour ensuite plonger mon regard dans celui de l'elfe pale, attendant ses reponses.

_________________


Haut
 

 Sujet du message: Re: Terres Désolées (Izurith)
MessagePosté: Lun 21 Nov 2016 16:39 
Hors ligne
Admin
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mer 24 Fév 2010 10:07
Messages: 6214
Terres Désolées – Grotte


    La jeune elfe ferma les yeux quelques secondes aux paroles de Tanaëth. Avant de les rouvrir pour déclarer d'un ton grave :

    « Je suis peut-être idéaliste mais je ne suis pas naïve, Tanaëth. Je sais que pour mener à bien cette mission vous devrez très certainement faire couler du sang. Peut-être même celui des miens... »

    Elle referma les yeux quelques secondes avant de planter un regard triste mais déterminé dans les yeux du Sindel.

    « Peut-être même celui de ma mère. Cela ne signifie pas que la violence doit être si... gratuite et arbitraire. Ne tuez pas pour une querelle, je vous en prie. Gardez votre haine et votre force pour ceux qui ne vous laisseront aucun autre choix. »

    Finalement elle laissa cet incident de côté pour se concentrer sur les questions de Tanaëth.

    « Ma mère ignore que je dialogue avec des humains. En tant que la conseillère de la Matriarche Suprême elle est évidemment à l'opposé, ou peu s'en faut, de mes propres convictions. Pour autant, elle sait que je ne pense pas comme elle. Sans connaître la profondeur de ceux-ci, elle sait que je rêve d'un monde plus pacifique. Mais si elle venait à apprendre que je priais Sithi et était à l'origine d'un complot contre les siens... Je pense qu'elle me ferait exécuter comme une vulgaire traîtresse. »

    Ses traits s'étaient légèrement crispés à l'annonce de ce fait.

    « La Matriarche Suprême n'apparaît jamais en public. Je ne l'ai moi-même jamais aperçue. Pour son immortalité... Je serais bien en peine de vous répondre. Je ne pense pas qu'elle soit... invincible, non. A vrai dire je sais qu'elle a été chassée par les héros de la révolte humaine lors de l'exil, c'est qu'elle doit craindre la mort. Elle a bien des serviteurs mais aucun qui ne puisse la croiser personnellement. Ses gardes sont ceux de sa demeure. Et elle n'a jamais été mariée, non. Nous avons effectivement une armée de métier, mais tous les elfes doivent recevoir un enseignement militaire pour être capable de faire la guerre si nous devons nous lancer à la reconquête d'Izurith un jour. C'est bien pour cela que la Cité nous craint : si nous venions à nous dresser tous ensemble, nos guerriers seraient presque aussi nombreux que les leurs. Quant aux personnes influentes prônant la paix... J'en connais quelques unes, oui. »

    Finalement elle écouta le long monologue de Tanaëth, pendant lequel son visage se crispa et se referma ostensiblement. A la fin de celui-ci, cependant, elle baissa un regard honteux vers le sol.

    « Je comprends vos réticences, Messire. Mais ce secret ne m'appartient pas... Je n'ai pas le droit de vous le révéler car il ne me concerne pas uniquement. »

    Finalement elle redressa son regard pour le flanquer dans le sien.

    « Mais je vous promets que ce secret n'a rien à voir avec ces intrigues. Shizune est venu me rendre visite elle-même il y a de cela trois ans. Elle m'a donné une radio pour me permettre de les contacter, elle et ses filles. Et depuis... »

    Elle se mordilla la lèvre inférieure, incertaine.

    « Depuis nous avons tâché de travailler main dans la main pour un meilleur futur pour Izurith. Je comprends que vous ne puissiez nous faire entièrement confiance, mais je n'ai rien de mieux à vous proposer pour le moment. Quant à votre question : c'est bel et bien Shizune et Yumi qui ont attrapé des espions elfes et ont eu vent du complot de cette manière. Seulement vous vous trompez sur deux choses : l'Ordre de la Rose veut la guerre contre les humains, car elle voit en celle-ci la seule manière de récupérer leur terre ; et une guerre ne serait pas forcément perdue pour mon peuple. Comme je vous le disais, l'immense majorité de la population elfique dispose de capacités de combats supérieure à celle d'un soldat ordinaire. En nous alliant avec une Maison d'influence d'Izurith et avec des plans suffisamment bien pensés, nous serions certainement capables de prendre le pouvoir. C'est bien pour cela qu'il faut agir maintenant. Et avant que vous ne me posiez la question : non, je ne sais pas quelle Maison complote avec ma mère. C'est le genre d'information confidentielle dont je ne dispose pas. »


[Tanaëth : 0,5 (introspection) ; 0,5 (questions) ; 2 (bonus longueur)
Arkalan : 0,5 (introspection)
Kay : -0,5 (retard)
Irina : -0,5 (retard)]

_________________


Image




Haut
 

 Sujet du message: Re: Terres Désolées (Izurith)
MessagePosté: Mar 22 Nov 2016 01:12 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Jeu 26 Fév 2015 21:51
Messages: 6796
Localisation: Nessima, Naora
La jeune Aënalia admet qu'elle est consciente que le sang coulera inévitablement, elle évoque même la possibilité que nous devions éliminer sa mère, déclaration qui me laisse quelque peu songeur et me ramène sans douceur à un passé encore trop proche pour que j'aie eu le temps d'en chasser l'amertume. Toutes les traditions de mon peuple s'opposent à ce qu'un Sindel en tue un autre, c'est l'une des raisons pour lesquelles le bagne de Raynna a été créé, et je suis certain que cela correspond à la volonté de Sithi. Comment une mère pourrait-elle accepter que ses enfants s'entre-tuent? Et pourtant, je revois de mes yeux ouverts la flèche qui a tué mon père, une flèche que j'ai décochée de mes mains. Aujourd'hui encore je ne parviens pas à déterminer si cet acte était véritablement nécessaire, un autre choix aurait-il été possible? Je ne sais pas, je ne le saurai jamais, sur le moment je n'en voyais pas d'autre et je devrai vivre avec ce doute.

L'adolescente me demande de ne pas tuer pour ce qu'elle considère comme une simple querelle, qualifiant mon acte de violence gratuite et arbitraire, et m'enjoint de conserver mes forces et ma haine pour ceux qu'il sera véritablement nécessaire d'éliminer. Je me retiens de lui rétorquer qu'elle ne sait rien des raisons qui m'ont poussé à agir ainsi, qu'elle ne sait rien des Shaakts de Yuimen et de leur malveillance, qu'elle est aveuglée par son désir de paix et que cette Shaakte que j'ai menacé nous plantera sans hésiter un couteau dans le dos si cela sert ses ambitions. Toute mon éducation me hurle que je devrais mettre fin à ses jours immédiatement, tout mon vécu m'incite à agir sans délai en ce sens. Mais il y a aussi quelque chose de vrai dans les paroles de la jeune Sindel, quelque chose que je n'ai pas vraiment envie d'admettre mais que je ne parviens pas à occulter totalement: je tue un peu trop facilement depuis quelques temps. J'ai massacré des légions de Shaakts sans le moindre état d'âme, pire, j'ai vu mourir des compagnons d'armes à côté de moi sans que cela ne m'atteigne vraiment. J'ai tué mon propre père sans hésitation, cela ne m'a pas empêché de dormir, j'ai appris la mort de ma mère et l'ai accepté sans que cela engendre en moi plus qu'une très vague tristesse. J'ai tué une Banshee qui n'était autre que mon premier amour, j'ai vu Moraen être assassinée devant mes yeux alors qu'elle était ma compagne, mais rien de tout cela ne m'a abattu, j'ai versé quelques larmes et j'ai continué mon chemin comme si de rien n'était. Que suis-je devenu?

Je sens la présence attentive de ma Faëra, elle suit le cours de mes pensées mais n'intervient pas, c'est un chemin que je dois arpenter seul, les conclusions et les choix qui en découleront devront être les miens, elle ne peut les faire à ma place. Les paroles suivantes d'Aënalia franchissent néanmoins le brouillard de mes réflexions, sa mère ne sait rien de ses accointances avec les humains, elle la ferait exécuter comme une vulgaire traîtresse si elle apprenait que sa fille s'est retournée vers Sithi et a noué ces contacts. Et moi, que serais-je prêt à faire pour empêcher qu'une fille de Sithi soit exécutée sommairement par des Sindeldi ayant renié leur mère? La réponse à cette question m'effraie: j'anéantirais implacablement ses bourreaux, quel que soit leur nombre, avec la même indifférence que je briserais le col d'un lapin pour en faire un souper. La jeune elfe se trompe en parlant de haine, c'est un sentiment qui m'a déserté lors de ma rencontre avec Sithi: j'ai le sentiment d'être devenu aussi froid et insensible que l'acier de mes lames. Est-ce l'inéluctable conséquence qui frappe tous ceux qui ont vu trop d'êtres mourir devant eux? Je me souviens avoir déjà réfléchi à cela peu avant de parvenir à la Perle Blanche, je m'étais promis de me garder de cette indifférence que je sentais m'envahir, persuadé alors qu'il fallait la combattre pour éviter de devenir un monstre. J'ai échoué, apparemment, mais comment échapper à la folie autrement que par le détachement? Combien d'elfes devrais-je tuer sur Izurith pour remplir notre mission? Pourrais-je vivre avec ça si je devais pleurer chaque mort? J'en doute, et c'est précisément ce doute permanent qui a fait de moi ce que je suis devenu. Là encore, je devrai vivre avec.

Aënalia évoque ensuite la Matriarche suprême, nous apprenant qu'elle ne se montre jamais en public et qu'elle ne l'a elle-même jamais seulement aperçue. La jeune femme ne sait pas grand chose sur cette dirigeante mystérieuse et ses pouvoirs, elle sait seulement que les héros de la révolte humaine l'ont contrainte à la fuite et qu'elle n'a jamais été mariée. Elle a des gardes et des serviteurs, mais rien ne peut laisser supposer que ceux-ci ont un contact direct avec elle. L'adolescente nous apprend ensuite quelques éléments instructifs sur l'organisation qui régit ces deux peuples militairement parlant. Ils ont bel et bien une armée de métier, mais tous les elfes sont formés au combat, si bien qu'ils pourraient opposer un nombre de guerriers presque égal aux humains si la guerre éclatait. C'est d'ailleurs, nous dit-elle, la raison pour laquelle les hommes craignent les elfes. Je songe à part moi que la crainte est plus probablement réciproque et liée à ces déplorables canons et aux conséquences qu'aurait leur usage, mais j'ai trop peu d'éléments pour en être absolument certain. Notre guide affirme ensuite connaître certaines personnalités influentes favorables à la paix, voilà enfin une bonne nouvelle que nous pourrons peut-être exploiter, mais comment?

La jeune femme se crispe et se referme comme une huître alors que je lui exprime le fond de ma pensée sur les cachotteries qui nous sont infligées, elle finit par baisser les yeux, submergée de honte pour ce que j'en distingue. Elle affirme ne rien pouvoir nous dire car ce secret ne lui appartient pas et ne concerne pas qu'elle, puis relève les yeux et les rive dans les miens pour me promettre qu'il n'a rien à voir avec les intrigues qui nous préoccupent. Elle nous explique qu'une certaine Shizune est venue la voir voilà trois ans et lui a donné une "radio" lui permettant de la contacter elle et ses filles. Je me retiens de lui demander ce qu'est une "radio" et qui est cette Shizune, préférant la laisser achever plutôt que de l'interrompre au risque d'y perdre quelques informations car je la sens hésitante et profondément troublée. Une nouvelle fois je me demande ce qu'elle nous dissimule et pour quelle raison, mais je l'ai assez ébranlée pour l'instant et je me contente d'écouter la suite. Elle dit encore que depuis ce jour elles travaillent pour préparer un meilleur futur à ce monde, et affirme comprendre que nous ne leur fassions pas entièrement confiance tout en déclarant n'avoir rien de mieux à nous proposer.

Le regard entendu que m'a jeté Heckiël lorsque j'ai abordé ce sujet ne m'a pas échappé, visiblement je ne suis pas le seul à mettre en doute la fiabilité et les intentions réelles de nos interlocutrices...Quant à Kay, elle s'est replongée dans le profond mutisme qui semble avoir sa préférence depuis que nous sommes arrivés sur ce monde et Irina semble maintenant opter pour la même attitude, la collaboration s'annonce festive...

Je plisse les yeux tandis qu'elle nous apprend que cette Shizune et "Yumi", un petit surnom qui en dit long, ont bel et bien capturé des espions et que c'est d'eux qu'elles ont appris l'existence d'un complot visant à rétablir la suprématie Elfique. Elle affirme ensuite que je me suis trompé sur deux points, selon elle l'Ordre de la Rose souhaite la guerre contrairement à ce que je supposais, seule manière selon lui de récupérer leurs terres, et le peuple des Elfes serait en mesure de remporter cette guerre du fait de leurs capacités martiales. A condition d'avoir l'appui d'une puissante maison d'Izurith, dont elle précise avant que je ne pose la question qu'elle ignore de laquelle il s'agit. En même temps, vu que je ne sais quasiment rien de l'organisation des humains d'Izurith et de leurs factions, cette réponse ne m'aurait pas servi à grand chose dans l'immédiat Mais, là encore elle ne parle absolument pas des canons et je ne peux m'empêcher de trouver étrange qu'elle n'ait pas mentionné une seule fois ces armes et leur influence dans l'équilibre des forces ou les conséquences d'une guerre. Un point qu'il faudra que je creuse, mais pour l'instant je me contente de deux questions en apparence anodines:

"Qui est Shizune, au fait? Et qu'est-ce qu'une...radio?"

Toujours adossé à l'une des parois de la grotte, je tourne et retourne tous les éléments en ma possession pour tenter d'élaborer une stratégie qui tienne la route. J'entrevois bien quelques possibilités mais chacune comporte des risques dont je ne peux mesurer l'ampleur, d'autant plus que je me demande de plus en plus sur qui je pourrais réellement compter dans cette histoire. Tout serait plus simple et plus facile si nous formions une équipe soudée mais je suis raisonnablement convaincu que ce ne sera jamais le cas, Kay est trop...absente, Irina ne jouera jamais que son propre jeu et gagner la confiance d'Heckiël prendra trop de temps. Quoi qu'il en soit il faudra que je fasse avec, même si l'idée de me fourrer plus profondément dans ce sac de nœuds sans soutien fiable ne m'inspire pas plus que ça. Il y a des enfants de Sithi dans ce nid de serpents, je ne peux pas renoncer à les protéger après le serment que j'ai fait à notre Mère et l'honneur qu'elle m'a fait en me choisissant pour être son champion. Je ne pourrais même pas me prétendre encore Danseur d'Opale si je tournais les talons en sachant ce qui se trame ici. Je soupire discrètement, chassant mes doutes et mes craintes, puis je me redresse lentement en m'étirant souplement avant de reprendre la parole à l'attention de mes compagnons de route:

"Bien...j'espère que vous aimez danser entourés de précipices et les yeux bandés, parce que c'est ce qui nous attend."

Je laisse filer un instant de silence avant de reprendre:

"Chacun de nous a une raison différente d'être ici, nous ne nous connaissons pas et n'avons aucune raison de nous faire confiance les uns les autres. Peu importe tout ça, nous avons au moins un point commun: une guerre sur ce monde ne servirait les intérêts d'aucun de nous. Alors voici ce que je propose."

Je me tourne vers Irina pour commencer:

"Irina, vous êtes la seule à pouvoir approcher les Matriarches Shaakts. Entrez dans leur cercle, voyez si vous pouvez apprendre lesquelles sont en faveur de la paix et lesquelles ne le sont pas. Tâchez aussi de cerner leurs doléances envers les Sindeldi, les raisons exactes de leur rancoeur, définissez leur influence, leurs forces et leurs faiblesses."

Je fais ensuite face à Heckiël:

"Heckiël, vous pouvez approcher les Patriarches. Je présume que, comme eux, vous n'êtes pas très favorable à une société qui relègue les mâles au rang de larbins? Tâchez d'apprendre qui sont les plus virulents partisans de la guerre parmi eux, voyez si certains peuvent être convaincus que la guerre n'est pas une option, examinez leurs forces et leurs faiblesses, leur influence parmi le peuple."

Puis c'est Kay que je dévisage avec un léger sourire en coin:

"Kay, je pense qu'il serait réciproquement profitable que tu approches ceux qui ont retrouvé foi en Sithi. J'aimerais que tu te débrouilles pour répandre parmi eux une rumeur, de manière discrète et prudente mais aussi de façon à ce qu'elle enfle rapidement. Je voudrais que cette rumeur dise que Sithi n'oublie jamais ses Enfants et que, lorsque les temps l'exigent, elle envoie aux siens un Héraut pour les protéger et les guider vers la paix. Je voudrais qu'ils murmurent que déjà l'envoyé de l'Astre Nocturne marche parmi eux et qu'ils se tiennent prêts à répondre à son appel. Avoir une idée du nombre de ceux qui partagent cette foi serait aussi très utile si les choses devaient tourner au vinaigre."

Mon regard se tourne ensuite vers Aënalia:

"Quant à nous deux, je te propose de nous livrer à une petite comédie. J'espère que tu as un ou deux amis sûrs capables de jouer un rôle de manière convaincante. A toi de me dire si le scénario est envisageable et te semble crédible: il faut que tu te fasses agresser en ma compagnie dans un lieu où il y ait assez de témoins pour que le fait ne puisse être mis en doute, mais où nul ne se souciera particulièrement de te venir en aide. Les agresseurs seront tes amis, déguisés de manière à ce qu'ils ne puissent pas être reconnus, et prendront la fuite après un bref combat. Je t'escorterai jusque chez toi, puis tu expliqueras à ta mère que nous nous sommes rencontrés voilà quelques temps, que nous avons sympathisé et que je viens de te sauver la vie. Tu lui diras que cette agression t'a fait réfléchir sur ton rôle dans la société et que tu veux maintenant l'assumer en prenant plus de responsabilités, mais que, te sentant menacée, tu as besoin d'un garde du corps et que c'est moi que tu veux dans ce rôle parce que je suis un des rares en qui tu as confiance. Elle peut me mettre à l'épreuve si cela lui chante, je devrais pouvoir tenir le rôle d'un bon chien de garde sans trop de problème, même face à des soldats mieux formés que la moyenne."

Je m'adresse ensuite à tous:

"Nous pourrions ainsi avoir accès rapidement et simultanément aux principales factions et obtenir les informations qui nous manquent. Nous conviendrions ensuite d'un rendez-vous discret d'ici, disons dans deux ou trois jours, pour discuter ensemble de ce que nous aurons appris et mettre en place une stratégie qui tienne le pavé. Ce qui nous laisserait ensuite trois jours pour faire ce qui doit être fait. Qu'en dites-vous?"

J'observe avec curiosité mes compagnons, peut-être ont-ils d'autres idées ou des améliorations à proposer, mon plan n'est au mieux qu'une ébauche grossière et je serais ravi qu'ils m'en proposent un meilleur. Pour ma part je veux percer l'énigme de cette matriarche suprême, existe-t'elle seulement? Je trouve plus que surprenant qu'elle ne se montre jamais, se pourrait-il que ce ne soit qu'un masque vide destiné à manipuler le peuple par l'aura de mystère surnaturel qui semble l'entourer? Rien d'impossible, mais il faudra jouer serré pour en avoir le coeur net d'après ce que nous en a révélé Aënalia. Ma Faëra pourra peut-être m'aider dans cette tâche délicate, je me demande d'ailleurs s'il en existe aussi sur ce monde. Et comme la meilleure manière d'obtenir une réponse est toujours de poser la question, je n'hésite pas plus longtemps:

(Dis, Syndalywë, tu sais s'il y a aussi des Faëras sur Izurith?)

Pour le reste, il faudra que je me débrouille pour approcher l'une ou l'autre Matriarche d'assez près pour obtenir quelques confidences, un challenge de taille en deux ou trois jours. La partie s'annonce rude mais, dans un combat comme dans la vie, c'est l'attente qui est la plus redoutable, j'ai hâte que la danse commence véritablement!

(env. 2600 mots)


Haut
 

Afficher les messages postés depuis:  Trier par  
Forum verrouillé Ce sujet est verrouillé, vous ne pouvez pas éditer de messages ou poster d’autres réponses.  [ 100 messages ]  Aller à la page Précédente  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7  Suivante


Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 0 invités


Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets
Vous ne pouvez pas éditer vos messages
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages

Aller à:  
Powered by phpBB © 2000, 2002, 2005, 2007 phpBB Group  

Traduction par: phpBB-fr.com
phpBB SEO

L'Univers de Yuimen © 2004 - 2016