L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Trajet maritime sur la Perle Rouge entre Kendra Kâr-Tulorim
MessagePosté: Lun 16 Jan 2012 22:32 
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Je fouillais dans tous les recoins de ma tête, cherchant un moyen de me débarrasser d’elle. L’insulter, lui sauter à la gorge ? Non. Lui apporter son eau ? Non plus. Fuir ? Non, mais l’ignorer me sembla être une bonne idée. Elle s’en retrouverait décontenancée, peut-être même déçue et je n’espérais ni plus ni moins. J’aggripai Loys par la manche pour l’entraîner avec moi une seconde fois, mais son sang-chaud punit l’elfe de son impolitesse. Excédée, elle leva son doigt menaçant vers elle, prête à la congédier avec fermeté. Seulement, elle ne réussit qu’à la ridiculiser : de son doigt sortit un mince mais puissant jet d’eau qui aspergea l’importune, la rafraichissant comme elle l’avait exigé. Elle avait soif ? La voilà repue d’eau ! Loys s’émerveilla de la chose et rougit autant que l’elfe. Manifestement, rien n’avait été prévu. Le hasard est parfois de bonne fortune !

L’elfe, le visage encore humide, hurla de colère, prête à nous assassiner pour la farce douteuse de Loys qui m’attrapa à la volée pour m’entraîner dans sa course folle et déchainée. Nous nous engouffrâmes comme des chats dans la foule fourmillante pour y trouver une cachette satisfaisante : un gros tas de cordes enroulées. Le tas était aussi gros que nous et je me demandai si un homme normal serait capable de porter une telle charge. Tous deux dissimulés derrière le mont noueux, Loys rit joyeusement, fière de sa mauvaise blague. Moi je souriais de façon contrite, priant pour que l’elfe ne nous retombe pas dessus. Les matelots nous regardaient d’un air ahuri et incrédule, ce qui me fit rougir. Ils devaient nous prendre pour des fous à lier, ou peut-être tous simplement des enfants peu mûrs.

Son hilarité passé, Loys prit mes mains entre les siennes et les plaqua sur ses joues. Elle était brûlante et d’une voix fiévreuse me dit qu’elle se sentait mal.

« – Tu es bouillante, Loys, tu devrais te reposer je pense. Viens, suis-moi, je te ramène à la chambre. »

Sur quoi je lui tendis mon bras qu’elle accepta volontiers. Je nous guidai à travers matelots, chancelant sous les secousses de la mer jusqu’à arriver face à notre chambre. J’ouvris la porte, veillant à ce que Loys ne tombe pas. Son visage était devenu aussi pâle que la lune en pleine nuit et ses jambes tremblait. Elle semblait si fragile ainsi !

L’étendant sur son lit, je la couvrais un peu sans la border pour autant. Même malade, je supposai qu’il lui serait désagréable d’être traitée comme une enfant. Je restai à son coté, posai la clé sur mon propre lit et fis mine de ranger mes maigres affaires en attendant que le sommeil la prenne. Quand ses yeux se fermèrent enfin, je quittai la pièce à pas de loup avec cette aisance qu’ont les hobbits pour être discrets. Fermant soigneusement la porte, je tressaillis quand un matelot cria dans mes oreilles :

« – Le chef-gabier vous demande le hobbit ! Il vous cherche partout vous et votre amie !
– Chut ! Vous allez la réveiller ! Soufflai-je, excédé.
– Venez vite sur le pont ! C’est important à ce qu’il parait ! »

Et il s’en alla, martelant le parquet de ses grosses bottes. A chaque pas, mon corps se tendait en même temps que ma tête se baissait, crispée. Le bruit qu’il faisait était désagréable et assourdissant. Ne connaissait-il pas les mots douceur et respect ?

Toujours discrètement, je m’en allai, grommelant à chaque matelot trop bruyant qui empruntait le même couloir que celui de notre chambre et après avoir grimpé quelques escaliers, je montai sur le pont, vérifiant du coin de l’œil que l’elfe Aenwë ne fut pas dans les parages. Que me voulait le chef gabier par ce si beau temps ?

<Jour 2-4>

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 Sujet du message: Re: Trajet maritime sur la Perle Rouge entre Kendra Kâr-Tulorim
MessagePosté: Sam 21 Jan 2012 21:11 
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Willow m'invita à retourner à la cabine, surpris par la fièvre qui m'avait atteinte. Je m'allongeais sur la simple couchette, et elle me sembla dure comme de la pierre. Ma tête m'élançait, et je plaçais ma cape pliée en dessous de celle-ci pour la surélever un peu, espérant que cela réduirait la migraine qui l'habitait. J'étais désormais vraiment fiévreuse, si bien que je peinais à garder les yeux ouverts. Je voulais murmurer à Willow de rester avec moi, mais mes paroles se transformèrent en un méli-mélo de mots comateux et confus. Paniquée à l'idée de rester seule, je luttais contre l'endormissement pour surveiller la présence du hobbit à mes cotés, mais en à peine quelques secondes, la position couchée me força à tomber dans un sommeil profond.



J'ouvris les yeux et me sentais beaucoup mieux. Autour de moi, la chambre que je partageais avec Alex. Je me retournais avec délice dans ce lit moelleux, et enfonçais ma tête dans l'oreiller blanc. La fièvre et la migraine s'en étaient allées. Par la fenêtre ouverte, les rayons du soleil baignaient la pièce dans une douce lueur, tandis que les voilages fins et laiteux ondulaient au rythme de la bise légère qui les caressait. Mon doux Kendran s'installa près de moi, caressant amoureusement mes cheveux du bout des doigts. Je me serrai contre lui, ce corps chaud et protecteur que j'aimais tant, et tendis mes lèvres vers les siennes pour le gratifier d'un baiser. Ses yeux se fermèrent doucement, et tandis que j'étais proche de lui, ses paupières fondirent sur son visage. Son visage entier coula comme de la cire fondue, tandis que ses cheveux tombaient peu à peu. Je me reculais brusquement de cette vision d'horreur, et criai de toutes mes forces. Voulant m'enfuir de ce corps coulant comme glace au soleil, je tombais du lit, et me cognais la tête contre que quelque chose.


Je me réveillais avec la tête douloureuse, plus par le fait de m'être cognée contre le coin de la commode, qu'à cause de la migraine qui m'avait assailli avant de m'endormir. Encore un cauchemar, une nouvelle fois j'étais en nage. J'attrapais mollement la bassine au coin de la pièce, et y déversais de l'eau du bout du doigt, comme j'avais appris à le faire sur Aenwë. Par chance, cela marcha, et je pus me frotter vigoureusement le visage et la nuque avec ce liquide glacial. Cela me rafraichit un peu et permit d'atténuer la crispation et les bribes de souvenir de ce cauchemar encore frais.

Je me sentais profondément perturbée, faiblarde, et ma tête bien que moins douloureuse me semblait bouillante et prête à exploser. Ma blessure au bras avait rougi, et tandis que je grattais légèrement la croûte marron qui s'était formée, un liquide visqueux et jaunâtre s'écoula,m'arrachant un haut-le-cœur. Finalement, je n'avais pas l'air d'avoir tant guéri que ça. Oscillant entre les images morbides qui m'étaient apparues durant mon sommeil, et cette blessure pas jolie à regarder, je me sentais seule et perdue, loin de celui qui j'aimais. Vulnérable. Je me roulais en boule sur ma couchette, et serrai entre mes doigts ma chère montre à gousset dorée. Elle brillait d'une légère lueur verdâtre apaisante, et m'amusais à l'ouvrir et la refermer dans ce doux bruit métallique que j'adorais.

Finalement, un peu plus en forme bien que fiévreuse, j'entrepris d'approfondir ma toilette, j'ôtais mon corset et ma chemise, et me refroidis le corps, insistant sur ma blessure suintante.

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 Sujet du message: Re: Trajet maritime sur la Perle Rouge entre Kendra Kâr-Tulorim
MessagePosté: Mar 14 Fév 2012 18:41 
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Je m’approchai du chef gabier. La façon dont il piétinait le parquet du bateau laissait entendre combien il était impatient de me voir. Timidement, je lui souris pour lui signifier que je venais d’arriver. J’allais le saluer poliment quand, me jaugeant du regard, sourcil relevé, et d’un ton qui trahissait sa surprise, il remarqua :

« – Ton amie Loys n’est pas là ?
– Malheureusement non. Elle n’a pas l’air d’aller bien.
– Est-ce l’air marin ?
– Qui lui fait ce désastreux effet ? Je ne pense pas. »

Le chef sembla s’inquiéter de la situation et de son absence.

« – Vous m’avez demandé ?
– Oui. Il nous faut faire descendre une nouvelle voile et au plus vite. Les vents changent et nous risquons de rencontrer une tempête si nous n’accélérons pas notre rythme de voyage.
– Eh bien, je suis là, dis-je avec une fierté qui n’était pas mienne.
– A l’œuvre Hobbit ! Vois-tu la voile là-haut ? Tu es gabier n’est-ce pas ? Alors détache la voile de ses nœuds et dépêche-toi ! »

Il me poussa vers le mât qui la retenait. Je déglutis, effrayé à l’idée de m’acquitter de cette tâche. Je n’avais pas d’arc et ne maîtrisais pas la magie, contrairement à Loys. Etais-je donc contraint à monter aussi haut ? Tout là-haut ? J’aurais voulu appeler Loys à l’aide. Elle aurait surement trouvé un moyen simple et efficace de détacher la voile sans que j’aie à risquer ma vie en montant au mât. Mais Loys n’était pas là. Elle dormait, affaiblie par un mal inconnu. La situation me semblait pathétique et je suppliai du regard le chef-gabier de demander à quelqu’un d’autre de s’en occuper. Seulement, il fit mine de ne pas saisir mon désarroi et croisa fermement ses gros bras.

« – Ne peut-on pas de…
– Allez Hobbit ! J’attends.
– Mais, n’y a-t-il pas d’autre gabier qui puisse s’en occuper ?
– Tu dois prouver ton droit de voyage si tu ne veux pas être jeté à l’eau. Je le répète une dernière fois, j’attends. »

Il n’y avait donc plus aucun moyen de reculer, aucune autre possibilité que de monter à ce mât à la force de mes petits bras. Je m’avançai vers l’énorme tronc pour en jauger la hauteur, déjà pris de vertiges avant d’avoir gouté au vent. On me prêta de petits gantelets de cuir et on me proposa des chaussures que je refusai.

Mes mains ainsi protégées, je m’avançais jusqu’au cordage que j’empoignais vivement. Mon ascension commença ainsi, avec cette désagréable sensation de nausée. Mon sang semblait avoir quitté tout mon corps et mon cœur battait aussi fort que celui d’un homme poussé au bûcher, je grimpais cependant, de maille en maille, petit à petit, une sueur froide mouillant mon dos.

« – Surtout, ne te retourne pas Hobbit ! Ton but n’est plus loin ! »

Mon corps secoué par les tremblements qui le traversaient, je fermai les yeux et soufflai pour en reprendre le contrôle. Mes pieds me brûlaient déjà et mes mains semblaient ne plus répondre à mes désirs. J’avais mal à les plier et à les détacher du cordage, terrifié à l’idée de tomber. Quelle distance avais-je parcouru depuis le pont du bateau ? Je ne le savais pas.
Je repris ma progression, la tête vissée vers le haut pour ne pas apercevoir la mer au bas. Le vent se mit à souffler de plus en plus fort, faisant bourdonner mes oreilles et masquant le brouhaha infernal des matelots. J’ouvris les yeux plus grand quand j’aperçus le nœud de la voile à quelques mètres seulement de moi. Du fin fond du bateau, on me criait des mots que je ne discernais pas.

Quand ma main toucha enfin le nœud de la voile emprisonnée, mon cœur bondit dans ma poitrine et un haut-le-cœur me fit vomir le vide de mon estomac. Me remettant de ces secousses, j’entrepris de m’asseoir sur la poutre soutenant la voile. Je m’y pendis comme un damné, terrorisé. Le vent soufflait assez fort pour me happer si je lâchais mes prises. Il poussait mon petit corps frêle, comme s’il essayait de me détacher et de me faire échouer. Mes bras crispés étaient douloureux et prêts à me lâcher. Était-ce la fin ?

Un agréable rayon de soleil vint caresser mes joues froides et réchauffer mon pauvre corps meurtri. Reprenant courage, je desserrai l’une de mes prises, enroulant fermement la poutre de mes jambes. Bien couché dessus, je détendis ma seconde main et la laissai filer en direction de l’énorme cordage qui retenait la voile en place. Le cordage était durement serré et je crains de ne pas réussir à le défaire. Examinant le cordage, je me mis à jongler entre les différents morceaux de corde et vis avec plaisir et stupéfaction le nœud perdait de sa consistance. D’une main, je tirai de toutes mes forces sur le bout de corde qui retenait le dernier nœud.

Dans un claquement ravissant, la voile chut, capturant les chauds rayons du soleil pour resplendir dans le bleu infini de la mer. Je la vis se déployer comme un rapace aurait déployé ses ailes ou une jeune fille fait voler sa robe. Le spectacle fut grandiose et je ne pus m’empêcher de sourire devant ce tableau. Je ris même et, m’asseyant sur la poutre, hurlai mon bonheur de vivre, profitant de l’accélération fulgurante du bateau. Les bras levés et mes vertiges abandonnés, j’avais cette sensation de voler, d’être immortel. J’étais euphorique. Je me sentais vivant.

Mais une grosse vague me rappela à l’ordre, révélant de nouveau ma finitude à ma conscience. Le choc contre la coque du bateau venait de me faire perdre l’équilibre et j’étais prêt à tomber. Priant pour ne pas avoir à dire adieu à ce nouveau monde que je découvrais, je mis toute mon énergie à me rattraper, mais une seconde secousse eut raison de moi. Je fus arraché à la poutre et chus à une vitesse folle. Tout me rattrapa : le brouhaha des matelots, les cris inquiets des autres gabiers et de leur chef, les mots d’Ellana, ceux d’Odomar. Tout était confus et j’essayai à de multiples reprises d’attraper le cordage qui défilait devant moi, cependant, chaque fois que je le touchais, je n’arrivais qu’à ralentir ma course vers la mort, échauffant mes mains à chaque contact rugueux.

Illuminé par le bon sens et le désir de vivre, je tentai le tout pour le tout, bien décidé à ne pas me laisser écraser ni à me noyer comme un vulgaire idiot. J’attrapai une corde qui trainait là et m’y accrochai de toutes mes forces, ne la lâchant plus. Je glissais à présent le long de la corde et le cuir qui protégeait mes mains eut raison de ma survie, car malgré l’épaisseur des gantelets, je sentis le contact rugueux de la corde brûler mes mains, prêt à ronger mes chairs. Mon cœur battait la chamade, prêt à s’arrêter, l’adrénaline se déversant en moi comme l’eau fraîche d’une cascade.

« – Lâche la corde Hobbit ! »

Ne sachant pas à quelle distance je me tenais, je fus incapable de le faire. Ce fou voulait-il ma mort ? Je l’entendis grogner :

« – Il va y laisser ses mains l’abruti ! »

C’est alors, que, tout contre ma volonté, je retombais. Une flèche avait fusé au-dessus de ma tête, tranchant de façon nette la corde contre laquelle je glissais et à laquelle je m’agrippais comme un forcené. De gros bras musclés m’accueillirent soudain dans un bruit sourd. Le voyage du haut du mât m'avait paru durer une éternité.

« – Mais quel inconscient ! Quel inconscient ! Est-ce que ça va Hobbit ?
– Très bien ! souriais-je.
– Tu mériterais une claque, bouffon ! A-t-on jamais vu qu’on se laissait aller au vent ainsi ! Tu aurais pu mourir !!! Et … »

Le bonheur d’être sain et sauf, sauvé par un bon gros matelot, celui d’avoir goûté au vent là-haut, tout là-haut, celui d’avoir volé comme un oiseau, d'avoir senti la vie me remplir, altérait mon bon sens et je souriais bêtement, avec une béatitude sans précédent. Je me sentais bien et laissai les paroles inquiètes du chef-gabier voguer loin de moi. Je ne les écoutais plus, trop heureux.


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Dernière édition par Willow le Dim 22 Avr 2012 17:57, édité 4 fois.

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 Sujet du message: Re: Trajet maritime sur la Perle Rouge entre Kendra Kâr-Tulorim
MessagePosté: Mar 14 Fév 2012 18:44 
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<Jour 2-4>

La douleur m’avait tout de même vite rattrapé, surtout quand on dut me retirer les gants. Mes mains étaient si brûlées qu’on en voyait la chair, la peau étant partie en lambeau. Quand je repense à l’enfer vécu quand on me les désinfecta, je peux vous assurer que l’élancement ressenti quand on m’avait retiré les gants ne valait rien face à celle infligée par l’alcool brûlant une seconde fois ma chair à vif. L’épreuve fut si pénible que j’en vomis de douleur, mon estomac subissant des crampes violentes.

Le chef-gabier avait calmé ses ardeurs et jura une dernière fois quand il me dit qu’il prierait pour que mes plaies ne s’infectent pas et que je n’attrape rien.

Après avoir remercié tout le monde et avoir accueilli le respect, l’admiration et les peines partagées de quelques marins, les mains enroulées dans des moufles de bandages, je décidai d’aller retrouver mon amie pour lui conter l’heureux événement, fier de mes plaies, trophées incongrus de quelque acte héroïque. Je traversai le bateau, m'engouffrant dans son ventre, en quête du couloir qui abritait notre chambre. Chaque mouvement impliquant mon poignet me faisait geindre de douleur. Mais j’allais retrouver mon lit. Peut-être le sommeil apaiserait-il l’élancement continuel qui me tordait le visage en une grimace hideuse qui mêlait à la fois souffrance et bien-être.

« – Loys ? Loys, c’est moi, Willow. »

Toujours un peu sonné, j’ouvris délicatement la porte qui grinça sur ses gonds dans un doux bruit métallique…

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 Sujet du message: Re: Trajet maritime sur la Perle Rouge entre Kendra Kâr-Tulorim
MessagePosté: Mar 21 Aoû 2012 22:20 
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Tout en montant à bord l’elfe regarda sur la coque du navire et appris ainsi qu’il était sur le point de s’embarquer sur la Perle rouge, ce qui était pas très étonnant, vue que le patron de l’auberge avait mentionné ce nom. Il put se rendre compte que c’était un navire de grande taille et cela le rassura quelques peu, il devait surement y avoir pas mal de marin à bord et la sécurité devait être la priorité du Capitaine du vaisseau.
En haut de la rampe il s’adressa directement à la personne qui se trouvait là, un marin, surement un peu gradé par rapport aux autres, car il portait un uniforme, et un tricorne.


"Bonjour, je dois me rendre à Kendra Kâr, auriez-vous une place disponible ?"

Le gars regarda l’elfe de la tête aux pieds avant de répondre :

"C’est possible. Vous y allez pour affaires ?"

"Non pas vraiment je dois rejoindre une de mes connaissances, j’ai de quoi payer le passage, ne vous en faites pas pour cela."

"Je ne crains rien de ce côté, sinon vous ne monteriez pas à bord."

Dit-il en faisant un signe de tête en direction de sa gauche, ou se trouvait trois autres marin, et ceux-là n’avait pas l’air d’être manchot :

"Le prix sera de 30 yus. Le voyage dure 6 jours et vous serez nourris. Nous appareillons dans deux heures."

"Cela me conviens, tenez voilà le prix de mon passage."

Fit l’elfe en comptant les yus demandé de sa bourse, et les tendant à son interlocuteur :

"C’est vous le Capitaine ?"

Empochant la somme et faisant signe de monter sur le pont :

"Non, je ne suis que le second, le Capitaine est occuper. Mais vous aurez surement l’occasion de le croiser pendant le voyage, vu que les repas sont pris en salle commune."

Un coup d’œil à un des marins et celui-ci apparut aussitôt a côté d’Isilrà :

"Montre lui sa cabine et le réfectoire. Vous n’avez pas de bagages à ce que je vois, suivez cet homme il va vous montrer le navire. Faites bon voyage."

Puis il se tourna vers un nouvel arrivant.
Isilrà suivis le marin qui lui fit faire le tour du navire, qui en effet était de bonne taille, une fois cela fait il lui montra le réfectoire, qui pouvait facilement abriter dans les 80 personnes. Ensuite ils descendirent sous le pont et traversant plusieurs coursives, le marin lui désigna sa cabine :


"Voilà, les repas sont le matin à partir de la huitième heure, le midi à la douzième heure et en soirée à partir de la vingtième. Bon voyage."

Puis il tourna les talons et pris la coursive en sens inverse.
La cabine n’était pas grande, mais assez spacieuse pour une personne. Une couche assez confortable, pour un navire, et un petit placard, qui ne servira pas à Isilrà. Sur une petite table se trouvait un broc et une cuvette, toute deux maintenu en place grâce à un renfoncement qui avait été aménagé dans la planche de la table, celle-ci étant fixée au sol, surement pour éviter toutes chutes en cas de tempête.
S’allongeant sur la couche, l’elfe ferma les yeux en attendant le départ. Un coup de sifflet lui indiqua que le départ était imminent, et en effet il sentit que le navire commençait à prendre de la vitesse. Comme il restait une heure avant le repas, Isilrà en profita pour prendre un peu de repos et s’habituer au tangage du navire.

Me laissant bercer par le tangage, ce qu’après un moment je finis par trouver assez relaxant, je me remémorai le passé et la fois ou mes parents me firent savoir que j’étais requis dans la grande salle afin de me présenter quelqu’un. J’eu ce jour-là la surprise de me retrouver en face d’un couple, et d’une jeune elfe, qui me fut présenter comme Sinaëthin, jeune fille dont nos parents respectifs seraient fier de pouvoir nous unir. Ce fut une journée mémorable, car ni elle, ni moi ne comptions prendre partenaire, pas à cette époque en tout cas.
Nos parents ne furent naturellement pas enchanter d’apprendre que l’union était totalement hors de propos et que peu importe ce qu’ils auraient à dire, cela n’y changerai rien. Nous nous croisâmes naturellement encore plusieurs fois, vu que nous vivions dans la même ville, mais à aucun moment il ne fut question de changer d’avis. Puis vint le jour où j’apprenais que je ne risquerai plus de la croiser, car elle avait pris le large pour aller visiter le monde. Quelques siècles plus tard il m’aura suffi de venir à Tulorim, à mon tour pour découvrir le monde, afin de rafraîchir ces souvenirs, en entendant simplement prononcer un nom. La vie était tout de même bizarre. Et me voilà en route pour aller à sa rencontre suite aux allégations que j’ai pu entendre à son sujet, et qui m’étonne grandement de la part d’une des nôtres.
Des pas résonnants dans la coursive me ramenèrent à la réalité, et je sus qu’il était temps de se rendre au réfectoire car l’heure du repas était proche à présent. Me levant, je mets de côté mes souvenirs pour le moment et sortant de la cabine je fais à l’envers le trajet que j’ai parcouru pour rejoindre ma cabine. Entrant dans le réfectoire, je me rends compte que je ne suis pas le premier, car il y a déjà une bonne dizaine de personnes a table attendant d’être servis. Je me dirige vers une table et prend place. A peine quelques instants plus tard un marin apparait :


"De l’eau, du vin ou de l’hydromel ?"

Fait-il en me tendant un menu ou j’ai le choix entre deux repas différents, je choisi celui qui ne comporte pas de viandes mais beaucoup de légumes, lui désignant celui-ci du doigt :

"Je prendrai de l’eau."

Et le voilà partis direction le fond de la salle et disparait par une porte pour réapparaitre quelques instant plus tard et venir déposer une cruche d’eau devant moi, puis il s’en retourne s’enquérir des désirs de ceux qui sont arrivé juste après moi. Le temps d’attente du repas, j’en profite pour un peu détailler les présents. A deux tables de moi se trouve un couple d’humain, a n’en pas douter des marchands vue leur tenue richement brodé. Plus loin j’aperçois un autre groupe discutant vivement, il est composé de nain et d’humain, et a première vue ils ont un désaccord sur quelques chose car leur conversation se continu et par moment l’humain fait non de la tête, mais n’étant pas ici pour m’occuper des problèmes des autres, je me ferme à leur conversation, et commence a entamer mon assiette qui viens juste d’être déposée devant moi.


(Suite a venir)

_________________
Le temps et l'usage rendent l'homme sage.

Fingolfin Isilrà

A Kendra Kâr, a l'auberge de la tortue.


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 Sujet du message: Re: Trajet maritime sur la Perle Rouge entre Kendra Kâr-Tulorim
MessagePosté: Ven 4 Jan 2013 12:26 
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Nous finîmes par arriver sur les quais sombres, aux odeurs âcres. Il ne manquait pas d’activités en ces lieux, mais il y régnait une atmosphère que je n’aurais su décrire. Les nantis avaient totalement disparu, laissant place aux mariniers et aux vagabonds. Je ne me sentais en aucun cas en sécurité. Pourtant, Anastasia, si forte, ne se laissait pas troubler par les hommes au visage tanné qui nous regardaient avancer en nous lançant des blagues salaces sans aucune impunité. Je n’étais pas vraiment choquée par leurs paroles, ce n’était pas la première fois que je les entendais. Mon époux était un véritable boute-en-train lorsqu’il s’agissait de m’insulter. Mais là ! Nous étions deux jeunes femmes en milieux hostiles. Si ces hommes en avaient envie, ils auraient très bien pu nous frapper jusqu’à ce que mort s’en suive sans que nous puissions nous défendre. Peut-être étais-je totalement paranoïaque ? De tels crimes ne devaient pas se produire tous les jours… Comme si elle avait lu dans mes pensées, Anastasia tenta de me rassurer à sa manière.
«S’ils tentent quoique ce soit je les endors avec une potion que j’ai concocté hier matin.»

Je n’en revenais pas, mais cette Anastasia avait plus d’un tour dans son sac ! Tout d’un coup elle m’enleva un poids, je me sentais un peu plus en sécurité bien que les marins continuaient de nous suivre. J’observais Anastasia qui cherchait quelque chose aux alentours.
«Dame Firelia m’a dit que le bateau s’appelait la Perle Rouge. Il est en liaison avec Tulorim.»

Je me mis donc en quête du navire. Etait-ce une barque ? Une galère de guerre ? Un navire marchand ? Dame Firelia aurait tout de même pu nous donner de plus amples informations… Enfin ! Cela ne devrait pas être très compliqué tout de même. Anastasia finit par me tapoter l’épaule et me fit désigna un énorme bateau. Les voiles étaient repliées, quelques marins paressaient sur le pont, scrutant l’horizon, attendant sans doute de nouvelles aventures en mer. Je ne les enviais guère, les mers devaient être bien trop dangereuses pour une jeune fille comme moi. Nous nous approchâmes alors du bâtiment. Ce devait sans doute être un navire marchand. Anastasia héla un marin en lui demandant si nous pouvions monter.
«Vous avez une autorisation ?
- Oui, une minute.»
lança-t-elle impatiente en cherchant dans son sac une feuille de parchemin.«Voilà une missive jonchée du sceau de l’Obédience.»

Le marin nous invita alors à monter sur le navire et lut rapidement le parchemin, surpris de ce qui y était inscrit. Anastasia me fit un sourire et me donna un coup de coude malicieux.
«Très bien, vous avez vingt minutes. Le navire s’en va dans quelques instants.
- Très bien, très bien. C’est plus de temps qu’il nous en faut.»


Je suivis Anastasia qui descendit à l’étage inférieur. Elle avait l’air de savoir exactement où se diriger. Je ne comprenais pas comment cela était possible, nous devions trouver un jeune magicien, il devait donc se cacher quelque part dans le navire…
«Anastasia, qu’était-il écrit sur le parchemin ?
- Rien d’extraordinaire, le sceau de l’Obédience a tout fait. Allons chercher cet enfant, suis-moi !
- Mais, vous savez où il se trouve ?
- Bien entendu.»


Je n’en demandai pas plus, Anastasia était si parfaite, elle devait savoir où aller sans aucun doute. Nous finîmes par arriver dans une petite sale dans laquelle se trouvaient des cordes, des sacs de grains et des blocs de marbre. Ce devaient être les marchandises que le navire transporterait jusqu’à Tulorim. Un rat passa entre nos jambes et grimpa les escaliers que nous venions de descendre. En revanche, il n’y avait nulle trace d’un quelconque apprenti magicien en ces lieux. Peut-être était-il là, quelque part, tapi dans l’ombre. Je cherchais du regard un éventuel mouvement, mais rien… Seules nos ombres frémissaient.
«Il n’y a personne Anastasia.
- Bien sûr que si ! Tu es là, je suis là. Nous sommes deux et c’est bien suffisant pour ce que je vais faire.»


Je ne comprenais pas où elle voulait en venir. Mon regard interrogateur ne la perturba pas le moins du monde. Elle me regardait, les yeux entrouverts.
«Je ne comprends pas, ne sommes-nous pas venus chercher…
- NON ! Tais-toi, tu me gonfles et surtout arrête de faire la mijaurée !
- Qu… quoi ?»


Anastasia semblait avoir changé du tout au tout. Ses traits étaient tirés, ses pupilles projetaient des éclairs dans toutes les directions. Perdue, j’aurais voulu m’enfuir, mais la jeune femme me bloquait le passage. J’étais prisonnière de sa volonté, j’étais terrifiée. Cette magicienne allait sans doute me tuer, Dame Firelia m’avait mise en garde contre ces personnes et elle m’avait entichée d’un de ces serpents venimeux. J’étais sûre que toutes ces bonnes choses étaient en fait un coup du sort !
«Tu ne pensais tout de même pas que j’allais devoir supporter une petite gamine dans ton genre, j’ai bien d’autres choses faire.
- M… mais Dame Firelia vous fera payer !» lui hurlai-je dans un dernier espoir. «Quand elle verra que j’ai disparu elle vous chassera de l’Obédience !
- Mais c’est qu’elle mordrait ! Je lui dirai simplement que tu es partie retrouver ton homme, qu’il te manquait et que tu regrettais de t’être enfuie. Elle n’y verra que du feu et toi pauvre gourde, tu moisiras en mer.»


Je n’en revenais pas, je m’étais laissée abuser comme une bleue. Moi qui la pensais aimable et solidaire, elle voulait me radier de la surface de Yuimen ! Alors là ! J’étais tellement stupéfaite que je n’arrivais pas à trouver les mots, ni-même le courage de tenter quoique ce soit pour m’en sortir. J’étais condamnée. Anastasia leva sa main qui luisait d’une aura marron et à ce moment-là je sentis mes pieds s’immobilisaient. Cette folle était en train de me transformer en statue de pierre. La roche continuait de recouvrir mon corps inexorablement. Je me débattais de toutes mes forces, tachant de me débarrasser de cette emprise maléfique, mais rien n’y faisait, la pression était bien trop forte et moi vraiment faible.
«C’est un nouveau sortilège que j’ai appris à l’Obédience. Amusant, non ?
- Laissez-m…»


La roche venait de recouvrir mon visage. Je ne voyais, ni n’entendais plus rien. Prisonnière de la pierre, j’allais mourir asphyxier dans quelques minutes. Affolée, je tentais de faire de petits mouvements, mais cela était complètement inutile. J’avais l’impression d’être retournée dans les geôles de Kendra Kâr, mais cette fois-ci je ne m’en sortirai pas. Quoique je fasse, quoique j’entreprenne, j’étais condamnée. Je n’arrivais pas à croire que cette fille m’avait manipulée. Pourquoi ne m’avait-elle pas tout simplement expliqué qu’elle ne désirait pas aider une nouvelle recrue ? Je l’aurais laissée tranquille, cela ne m’aurait en aucun cas froissée. Mais voilà, cette bonne femme avait voulu en faire qu’à sa tête, dévorée par ses démons intérieurs. Oh Moura ! Comment ai-je pu penser que ma situation allait s’arranger ?

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 Sujet du message: Re: Trajet maritime sur la Perle Rouge entre Kendra Kâr-Tulorim
MessagePosté: Mar 8 Jan 2013 12:10 
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Le temps s’écoulait et je n’arrivais pas à me libérer de l’emprise du sortilège de cette pétasse. Je ne pouvais pas mourir ici, aussi bêtement ! J’avais survécu aux coups de mon époux, à sa ceinture de cuire qui avait lacéré ma peau maintes fois. Alors là, il fallait que je fasse quelque chose ! Quoi ? Je l’ignorais, mais je ne pouvais perdre plus de temps. Les minutes étaient comptées, je ne voulais pas être asphyxiée. Après tout, j’étais moi aussi une sorcière ! Moins redoutable sans doute que cette sale garce d’Anastasia, mais tout de même, je maîtrisais deux étonnants sortilèges. L’amure acide me serait d’aucune utilité ici. Quant à la projection aquatique ne serait pas non plus d’une efficacité extraordinaire… Pourtant, j’allais devoir faire un choix.

(C’est assez limité…)

Bon… Etant donné que je ne m’étais pas exercée de nombreuses fois avec l’armure acide, je me dis que la projection aquatique serait peut-être la meilleure solution. Comment mettre en œuvre l’enchantement ? Il y avait un interstice entre moi et la pierre, peut-être que si j’arrivais à le remplir d’eau, la roche romprait et je serais libérée ? Dans tous les cas, c’était la seule option que j’avais. J’espérais seulement ne pas mourir noyée, ce serait somme toute assez stupide de la part d’une disciple de Moura. Appelant ma magie fébrile, j’implorais la puissante Déesse des océans. Mes mains ne pouvaient se mouvoir, j’allais donc devoir user seulement mon esprit.

(Oh Gabrielle ! Dans quel pétrin tu t’es encore fourrée !)

Mes fluides voulaient réagir, mais mon manque de pratique m’empêchait d’arriver à jeter le sort. C’était terrible ! L’air commençait à être lourd, la chaleur se faisait insoutenable, ma respiration devenait de plus en plus difficile à mesure que le temps s’échappait de mes doigts. Je transpirais toute l’eau qui se trouvait dans mon corps sans pour autant réussir à me libérer de l’emprise de cette folle. Pétrifiée par l’idée de disparaître changée en une pauvre statue, les larmes commencèrent à me submerger. Pourtant, je savais que ce n’était pas la solution et que si je laissais mes sentiments prendre le dessus, je ne pourrais réussir quoique ce soit. Dans une dernière tentative, j’essayai de reprendre la maîtrise sur mes fluides pour les invoquer. Mais, tout ce que je réussis à réaliser était de matérialiser de l’eau qui s’écoulait lentement, remplissant la statue à une vitesse folle. Le liquide m’arrivait déjà au niveau des genoux et continuait son ascension inexorablement. Ce fut à ce moment précis que je me rendis compte que je venais de faire une grosse bêtise.

(Oh ! Je vais mourir noyée !)

J’aurais voulu hurler, me débattre, mais mes membres étaient tétanisés. Ce paradoxe entre mes désirs et l’horrible réalité à laquelle je devais faire face, me rongeait les sens. Je n’étais qu’une pauvre fermière emprisonnée dans de la roche. Poussière j’étais à la poussière je retournerai et cela ne saurait tarder.

Un craquement…

Un rayon de lumière dansant dans l’ombre de la calle…

La pierre se fissura, laissant apparaître la chandelle de la lampe à huile que j’avais amenée avec moi. Puis d’un coup, je m’écroulai sous mon propre poids, ne comprenant pas tout de suite ce qui venait de se produire. Je baignais dans une flaque d’eau maculée de débris rocheux. Je reprenais lentement la respiration, observant les alentours pour tenter d’apercevoir Anastasia. Mais, j’étais seule, oui toute seule. Mon apparente amie s’était enfuie, me laissant croupir dans cette cale, voulant sans aucun doute que je ne m’en sorte pas. Pourtant, j’avais survécu, l’eau était plus forte que la pierre, la pression avait fait imploser l’enveloppe dans laquelle je me trouvais, me libérant de cette emprise macabre.

(Je suis vivante !)

J’aurais voulu sauter de joie, mais mon bonheur fut de courte durée. En effet, je me rendis bien vite compte que le bateau sur lequel je me trouvais était en route…

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 Sujet du message: Re: Trajet maritime sur la Perle Rouge entre Kendra Kâr-Tulorim
MessagePosté: Lun 30 Juin 2014 13:52 
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"Ma jambe de bois que j'ai jamais vu une aussi sale gueule..."

Il pouvait parler lui, une bouche quasi-édenté, un museau de fouine, une balafre rougeâtre sur la joue, il me regardait de travers avec son regard jaunâtre tandis que ses cheveux gras collaient son visage en sueur. Mais pour autant que je puisse le constater, pas de jambe de bois.

S'engageait alors les négociations, ma dernière aventure m'avait rapporté suffisamment d'argent pour entamer un tour du monde. Néanmoins, je préférais paraître pour quelqu'un ayant peu de moyens. Je ne voulais pas passer par-dessus bord au milieu de l'océan après qu'on m'ait pillé mes biens.

Je négociais donc serré, feintant la pauvreté et le désintérêt :

"Si ça ne vous convient pas, je trouverais sans doute un capitaine qui ne crachera pas dessus."

L'argument lui fit jouer des mâchoires dans un cliquetis squelettique.

"Marclé chonchu"

se décida-t-il après un moment de réflexion. Je lui tendis la bourse de Yus qu'il compta soigneusement avant de me laisser embarquer.

Je grimpais donc à bord, j'ignorais si ce navire avait toujours servi au transport de passager, mais maintenant je pouvais mettre ma main au feu que les voyageurs jouaient un rôle important dans la trésorerie. En effet, de nombreux passagers, de races diverses, patientaient sur le pont.

Je pris l'escalier pour descendre au pont inférieur pour trouver une couche libre.



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Dernière édition par Arkalan le Mar 21 Juin 2016 15:51, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Trajet maritime sur la Perle Rouge entre Kendra Kâr-Tulorim
MessagePosté: Lun 20 Juin 2016 20:58 
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Je n’ai fait que quelques pas dans le sous pont avant de retrouver la sensation d’être observé, suivi.

Les poils de la nuque hérissés, les sueurs froides le long du dos et des tempes. Les mains moites. Le cœur qui s’accélère.

Tous les signes sont là. Je suis repéré. J’en suis certain.

Je presse le pas, n’hésitant pas à bousculer les voyageurs sur le chemin. Je les entends se plaindre sans vraiment les comprendre, leurs paroles sont couvertes par le bourdonnement dans mes oreilles.

Je descends dans la cale et me dissimule derrière une pile de tonneau. J’essaie de contrôler mon souffle pour reprendre mon calme et me faire plus discret.

J’attends. Une minute. Deux minutes. Trois minutes. Au bout de la dixième, je commence à me dire que je me suis laissé emporter. Pourtant impossible de me séparer de ce sentiment d’être en danger.

(Encore cinq minutes et je sors.)

Me dis-je dans mon crâne pour ne pas passer tout le voyage ici.

Dix minutes passent encore. Je chasse un rat qui me prend pour un sac de grains.
Trois minutes plus tard il revient avec des amis à lui pour montrer qu’il n’a pas menti au sujet de ce grand sac qui bouge.

Soudain, un craquement dans les escaliers. Quelqu’un descend. J’ignore les rongeurs qui mordillent ma cape pour me concentrer sur l’intrus. Empoignant fermement ma dague.

Une silhouette fine, des oreilles pointues, des cheveux longs et blancs. C’est bien un Shaakt qui est sur mes traces. Encore un serviteur envoyé par les prêtresses.
Le couinement des rats attirent son attention. Je me cache à temps mais je l’entends se tourner et marcher prudemment dans ma direction.

Je jette un regard inquisiteur aux rats qui m’ont trahi. Il approche. Je me préparer à bondir. A l’instant où je vois la pointe de sa botte je saute sur lui, arme en avant, prêt à lui transpercer la chair.

J’échoue, il y était préparé. Il a un mouvement de recul qui lui permet d’éviter le coup. En un éclair il saisit mon bras et me percute la mâchoire avec son poing. Il libère mon bras et m’envoie un deuxième coup qui me met au sol. Sonné mais toujours conscient, j’aperçois les rats fuir. Ils ont enfin compris que je n’étais pas un sac.

Je me tourne sur le dos et vois mon assaillant s’approcher, arme à la main. Je dois mon salue à un soubresaut du navire qui doit sûrement lever les voiles, le faisant trébucher, l’obligeant à se rattraper.

Je saisis l’occasion pour me relever. Je lui fais face à présent, nous nous jaugeons un instant avant qu’il s’avance pour me porter un coup de dague.

Je bloque son poignet et me propulse, épaule en avant pour le bousculer contre les tonneaux. Le choc provoque un vacarme effroyable. Je lui rends dans la foulée les deux coups de poing qu’il m’a donné. Il gémit mais se ressaisit, bloquant mon troisième coup qui devait lui être fatal. Il me tord le bras, me forçant à lâcher ma dague et me repousse à l’aide de son pied, m’envoyant moi aussi dans une pile de caisse.

L’instant d’après, il se jette sur moi en grognant de rage. Je roule sur le côté, évitant la pointe de la dague qui se plante dans le bois. Il lâche son arme sans même essayer de la retirer. Il tente à nouveau de me frapper au visage. Je bloque et riposte d’une droite. Je sens son nez et mes phalanges se briser. J’essaie d’ignorer la douleur et lui remet directement un deuxième puis un troisième coup, le sonnant pour de bon.

Pas le temps de reprendre mon souffle, il n’est peut-être pas seul et il est étonnant que personne ne soit encore venu voir l’origine du bruit.

J’arrache la dague du bois et m’enfui en montant les marches deux par deux.
La voie jusqu’au pont est libre et je m’y précipite, arme au poing.
Tout le monde est sur le pont, observant Kendra Kar qui s’éloigne.

Certains se retournent vers moi et cela me suffit pour avoir l’impression que tous me fixent. Ils sont tous de mèches ! Mon instinct m’hurle de fuir ! Je dois quitter ce navire !
Paniqué, en sueur et en sang. Je cours vers le bord du bateau pour me jeter à la mer.



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 Sujet du message: Re: Trajet maritime sur la Perle Rouge entre Kendra Kâr-Tulorim
MessagePosté: Sam 27 Aoû 2016 15:55 
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Germain partie 1 : restaurant-le-lotus-d-oranan-t1548-15.html

Germain

Partie 2


Omyre étant très loin, nous avons donc du prendre le bateau .
Le trajet a duré 6 jours.
Jour 1-
Quand je pense que j'ai du payer 40 yuns pour avoir le mal de mer et retrouver mon père que je déteste !
Arahel a passé toute la journée à parler au capitaine et à expliqué pourquoi on allait à Kendra Kâr. Quant à moi j'ai passé ma journée à vomir et à avoir mal à la tête.

Jour 2-
La deuxième journée moi et Arahel avons aidés les matelots, ça nous a occupés et Arahel a fait la cuisine ! J'ai eu beaucoup moins le mal de mer.

Jour 3-
Nous avons croisé un bateau en route, on a tous pensé à des pirates mais non.
Ce bateau appartenais à des aventuriers de Exech. Rien de grave ils ont juste dis que la boulangerie de Kendra Kâr était fermée.

Jour 4-
Arahel et moi sommes allez pécher sur le pont nous avons récupéré des poisson bien gros qu'on a fait frire.

Jour 5-
Le capitaine nous a informés qu'un groupe de bandit est peut-être sur la route d'Omyre mais il n'est pas sur.

Jour 6-
Dernier jour sur le bateau et nous avons dis au revoir à tout le monde.

C'est bon, on est à Kendra Kâr superbe !

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Ma fiche : edwin-flacot-archer-lvl1-t7554.html#p621696


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 Sujet du message: Re: Trajet maritime sur la Perle Rouge, Kendra Kâr-Tulorim
MessagePosté: Mar 19 Sep 2017 09:57 
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Bien qu’il semble comprendre facilement les règles du jeu, Alaran se montre être un piètre joueur mais heureusement pas un mauvais perdant. Il accepte de prendre défaite sur défaite avec le sourire et ne s’arrête de jouer que quand tu te sens trop mal pour continuer.

Quand le soleil se couche et que le pont commence à se vider de ses voyageurs qui descendent se reposer. Il ne reste que quelques membres d’équipage et quelques autres couche-tard plus ou moins louche. D’ailleurs deux gaillards s’approchent de toi. Deux Whielois à n’en pas douter. Les yeux bleus, l’un aux cheveux châtains clairs tandis que l’autre à les cheveux plus foncés. Les deux sont bien plus grands et costauds que toi. L’homme aux cheveux clair et à la mine patibulaire reste silencieux, te fixant simplement d’un regard mauvais, son acolyte lui t’adresse la parole après avoir ricané à ton encontre.

"En voilà une épée intéressante. Tu devrais peut être nous la donner avec le contenu de ta bourse."

Tu es seul, aucun signe d’un membre d’équipage ou d’Alaran. Que vas-tu faire alors qu’ils s’avancent lentement vers toi pour te coincer contre le bastingage.


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Xël

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Gentil Animateur, pour vous servir


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 Sujet du message: Re: Trajet maritime sur la Perle Rouge, Kendra Kâr-Tulorim
MessagePosté: Dim 26 Nov 2017 18:35 
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Chapitre 1 : Un départ mouvementé


« Ah, l’automne ! Plutôt froid cette année mais la récolte de maïs a été exceptionnelle »

Quand mon père ne sait pas quoi dire, il parle toujours de son boulot. Et aujourd’hui, alors que je m’apprête à embarquer pour Yarthis, il me semble gêné. Par chance, ça fait suffisamment longtemps que je traîne dans les champs des Noireterre pour pouvoir lui tenir la conversation.

« Oui, enfin la gestion du stockage du grain n’a pas été de tout repos. Il faudrait vraiment améliorer l’organisation des silos centraux l’année prochaine ».

Aujourd’hui, je n’ai pas le cœur à discuter. Je suis impatient. Impatient de partir à l’aventure.

Je fais figure d’exception dans ma famille. Bien qu’ayant été éduqué pour reprendre l’affaire familiale, je n’ai pas envie de passer le reste de ma vie au même endroit à faire pousser des plantes. Cette activité est certes rentable, mais je ne suis pas en quête d’argent. Enfin pas principalement. Ce que je veux c’est le pouvoir, l’influence et tout ce qui peut me permettre de peser sur le destin du monde.

Ce n’est qu’après d’âpres négociations pendant plusieurs années que mes parents m’ont donné leur bénédiction pour aller tenter ma chance. M’est avis qu’ils ont surtout attendu que mon jeune frère se révèle capable de me remplacer à la tête du commerce Noireterre. Que papa soit rassuré, toute la famille n’a pas perdu la raison.

«- Je crois que j’aperçois le bateau là-bas !, m’exclamais-je soudain, coupant court à une discussion fascinante sur la possibilité d’intégrer des courgettes dans les rotations orge-luzerne.

- Ah oui, voilà la fameuse Perle-Rouge et sa proue arrogante…Plutôt malin pour décontenancer les ennemis ».

Le bateau du Capitaine Alodra est en effet connu pour la sirène géante trônant à l’avant du navire qui avait éveillé les premiers émois de bon nombre de jeunes adolescents de Kendra-Kâr.

C’est sur ce vaisseau que je dois embarquer pour me rendre à Yarthis. Le voyage ne sera pas de tout repos. Il faudra faire escale à Tulorim avant de pouvoir rejoindre cette cité mystérieuse dont la gloire passée m'a toujours fascinée. Bien qu'aujourd’hui un peu ternie, la ville a la réputation d’attirer les aventuriers des quatre coins de Yuimen à la recherche d’une quête glorieuse à accomplir. Inutile de dire que c’est exactement ce qu’il me faut. J’aurais pu rester dans ma ville natale que je connaissais bien mais l’envie de la nouveauté est trop forte. Je dois prendre la mer et partir. Comment pourrais-je prétendre à une activité prestigieuse en restant toujours dans le même trou après tout ?

Arrivé au pied du bateau, mon père me fait les dernières recommandations d’usage :

«Mon fils, sache que ta famille te soutiendra toujours quoi que tu fasses. Ne te mets pas en danger inutilement, respecte ton prochain et n’oublie pas que Gaïa guidera ta route »

Je le remercie chaudement et l’embrasse, en lui souhaitant de prendre soin de lui et de la famille tout en lui assurant que je repasserai par chez nous. Je ne l’imaginais pas mais je dois bien dire que ça me fait quelque chose de laisser ma famille derrière moi. Mais bon, ça n’est pas comme s’ils risquaient grand-chose en restant à Kendra-Kâr...

Quelques heures plus tard, me voilà sur le pont, accoudé aux rebords en bois lustré par le temps de la Perle-Rouge. L’odeur de la mer et des algues se mélange avec celle du tabac de ma pipe tandis qu’un vent frais caresse mon visage. En observant l’activité du pont, je remarque un individu non loin de moi. Un humain, visiblement Kendran tout comme moi au vu de sa peau claire et de ses yeux bleu acier caractéristiques. Il est vêtu d’une armure de cuir, porte une épée bâtarde à la ceinture et regarde tranquillement l’horizon. Je décide de l’aborder.

« -Vous vous rendez à Tulorim ?

-C’est exact ! J’y vais louer mes services de mercenaire.

-Ah oui…vous m’avez l’air d’un fier guerrier…ça fait longtemps que vous faites ça ?

-C’est pour tout dire mes débuts. Mais bon il faut bien commencer quelque part…Et vous, que faites-vous par ici ? »

Je lui explique alors les raisons de mon voyage. Ce Kendran, Titouan de son prénom, est bien sympathique et nous taillons le bout de gras pendant quelques dizaines de minutes au bout desquelles je décide de rejoindre mon hamac pour faire une petite sieste en attendant le dîner.
Je suis soudainement réveillé par un remue-ménage plutôt étrange. J’entends des voix fortes et des pas précipités autour de moi. Ne comprenant pas ce qu’il se passe, je vais vers le pont où je retrouve Titouan.

« Ah vous voilà ! On a repéré un bateau inconnu qui semble se diriger vers nous. Le capitaine a demandé a tout l’équipage d’être vigilent. »

Un rapide coup d’œil à tribord me permet d’apercevoir un navire arrivant rapidement dans notre direction grâce à un vent arrière. Il est moins long que le nôtre mais assez grand est surtout finement construit pour être aérodynamique. Au fur et à mesure de son approche, on entend des cris et l’équipage semble armé. Quelques flèches menaçantes volent. Le vent est de leur côté, ce qui rend l’abordage inévitable. Nous sommes tombés sur des pirates. Bien ma veine pour un début d’aventure.

Quand le bateau arrive à portée, on peut constater que l’équipage est composé de plusieurs races différentes. Je reconnais des humains d’horizons variés mais aussi des orques et même un shaakt debout sur le pont, pointant une hallebarde vers nous.

« On dirait que Dahràm nous envoie un convoi d’ambassadeurs », grommela Titouan.

Effectivement, cette cité est connue dans tout Nirtim pour être le repère des bandits préférant officier sur les mers plutôt que dans les ruelles sombres des capitales. Vu le mélange ethnique du bateau d’en face, nous n’avons heureusement pas affaire à un groupe de Sang Pourpres. Plus à l’aise dans l’eau que n'importe qui et habitués à détruire tout navire ayant le malheur de se trouver sur leur passage, des Sang-Pourpres n’auraient sans doute fait qu’une bouchée de notre équipage. Les pirates de Dahràm n’ont pas l’air d’être plus d’une soixantaine, ce qui nous donne l’avantage du nombre, mais le combat semble inévitable.

Je serre mon bâton entre mes mains tandis que Titouan sort son épée et que les marins se rassemblent sur le pont. La navire pirate arrive rapidement à notre niveau par le flanc, le capitaine ayant sans doute prévu un abordage en belle.

Soudain, tout s’accélère. En quelques secondes le bateau adverse se met à faire un écart brutal tandis que les pirates décochent une pluie de flèches pas assez précise pour blesser gravement, mais permettant de faire diversion. Les deux vaisseaux se cognent alors violemment et le choc me fait perdre l’équilibre. A peine ai-je me temps de me relever qu’une première vague d’ennemis saute sur notre bateau et investissent le pont en poussant des cris de guerre. Le combat commence.

Je reste un instant bouche bée par ce qu’il vient de se passer. J’ai bien sûr appris à me battre en tant que Kendran mais je n’avais jamais dépassé le stade de l’entraînement et de l’escarmouche en plaine. M’étant par la suite dirigé vers la magie, je n’ai pas eu l’occasion de combattre en situation réelle, et surtout pas sur un bateau au sol instable et à l’espace restreint.

(Allez, c’est le moment d’utiliser ces fameux pics de pierre), me dis-je en reprenant une contenance.

Je me mets à analyser la situation. Le combat semble pour l’instant assez égal. Les quelques pirates n’ayant pas encore sauté à bord sont ralentis par des flèches lancées par l’équipage. L’attaque éclair nous a cependant fait subir quelques pertes. Je décide de rester en seconde ligne derrière les guerriers occupés à repousser l’assaut.

Alors que je me dirige en courant vers la mêlée, une lance siffle à mon oreille. Je fais volteface pour localiser mon assaillant mais n’ai que l’occasion de voir un poing énorme me frapper en plein plexus. Le souffle coupé, je tombe à genoux par terre tandis qu’un orque de deux têtes de plus que moi brandit un hachoir pour m’achever. Pas le temps de mon concentrer pour invoquer un sort, mon aventure semble devoir s’arrêter plus vite que prévu.

Soudain, le crissement d’une lame sortie de son fourreau retentit et Titouan, qui était sur mes talons au début du combat, surgit en zébrant le torse de l’orque d’un coup de son épée.

« - Ah ces magiciens : ça pense, ça pense, mais dès qu’il faut se salir les mains y’a plus personne !» Me lança-t-il, moqueur.

Il charge alors le Durhàm et s’engage un féroce combat au corps à corps. J’en profite pour concentrer mon pouvoir. Les mains sur le sol, je fouille à la recherche de matière première susceptible de me permettre de créer un sort. Par chance, le bateau dispose de réserves de sable disposées un peu partout afin de pouvoir maîtriser les incendies. Ça fera l’affaire. Fermant les yeux un instant, je tente de me rappeler de mes leçons de magie. J’arrive à concentrer mon fluide et je sens alors le sable s’agglomérer, les cristaux se mélangeant afin de former un pic solide.

(Je n’ai pas trop perdu la main il faut croire...)

J’ouvre les yeux et je tourne brusquement ma baguette vers la poitrine de l’orque. Un pic jaillit du sol en défonçant le bois mais mon ennemi, en esquivant un coup de Titouan, m’oblige à revoir ma trajectoire au dernier moment. Le pic traverse alors sa cuisse de part en part, lui faisant plier l’échine dans un rugissement de douleur. Profitant de l’occasion, Titouan lui assène un coup puissant lui coupant net la gorge.

« -Et ces guerriers ça bourrine, ça bourrine mais ils doivent bien avouer qu’un peu de magie c’est bien utile de temps en temps

-Oui enfin pour ce que j’en ai vu, un javelot aurait été tout aussi efficace

-Ne soyez pas aussi critique envers une bonne synergie de combat mon bon Titouan, le raillais-je alors.

-Il faut bien avouer que notre petite escarmouche fut des plus réussies. D’ailleurs, nous n’avons pas l’air d’être les seuls à maintenir l’assaillant en déroute »

Effectivement, il faut croire que des années de conflit entre Kendra-Kâr et Tulorim avaient forcé le capitaine Alodra à engager un équipage entraîné au combat. Pendant que nous combattions l’orque, les marins avaient fait un véritable carnage dans les troupes ennemies. Les pirates Darhàm, mal équipés et une fois la surprise de l’attaque passée, s’étaient heurtés à une riposte sanguinaire. Ils ne sont désormais plus qu’une dizaine à tenter de porter encore quelques coups.

Un cri perçant s’élève soudain en couvrant le bruit des armes et les glapissements de douleur. Alodra, à la barre, donnait ses ordres dans un langage fleuri.

« Allumez les flèches ! Tirez, bande de larves, pendant que je nous sors de là ! »

Le bateau vire brusquement de bord tandis que la baume de la Perle rouge change de direction en craquant. Les archers lancent alors une pluie de flèches sur le bateau ennemi qui s’enflamment en l’air, sans doute sous l’action d’un magicien, avant de se ficher dans les voiles d’en face qui prennent immédiatement feu. Le bateau de Durhàm est perdu. A cette vue, les quelques pirates restant lâchent leurs armes en espérant être épargnés mais le capitaine n’étant pas connu pour sa tendresse, il ordonne qu’on les achève.

Quelques heures plus tard, après avoir débarrassé le pont, nettoyé le sang et après m’être fait sérieusement engueuler par Alodra pour avoir failli faire, selon ses dires, un trou dans la coque, le bateau avait repris son activité normale.

Soulagé d’avoir survécu à ma première attaque, qui serait sans doute suivie par de nombreux combats, je décidais de me récompenser de mes efforts en me préparant une pipe de la victoire. Soufflant la fumée âcre par le nez, je plongeais dans mes pensées en regardant l’eau dont les reflets brillaient de rose et d’or à la lumière du soleil couchant. Demain je resterai quelques heures à Tulorim, le temps de manger un repas chaud avant de prendre le premier bateau vers Yarthis. Là-bas, j’espère pouvoir apprendre, progresser et me faire un nom avant de poursuivre ma route vers des horizons plus larges. En fixant l’eau défiler sous la coque, je ne peux n’empêcher de sourire.

(Yuimen, me voilà.)

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