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 Sujet du message: Re: Campement au Sud de Bouhen
MessagePosté: Jeu 7 Juil 2016 01:26 
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Pour seule réponse, je n'ai qu'un nom. Visiblement celui de la personne qui fait son entrée, mais je décide de l'ignorer tout bonnement. En cet instant, mon attention toute entière est et restera sur le Colonel Shizune. Je veux une réponse, je n'y dérogerai pas. Je ne peux en aucun cas tolérer de travailler avec elle si cela implique d'aider les Omyriens, d'une manière ou d'une autre. Enfin ça, c'est ce qui aurait effectivement dû se passer, dans l'idéal. Moi menaçant en partie la gradée, elle me donnant des réponses. Mais au lieu de ça, quelques secondes plus tard, l’émissaire de me désigne du bout de son doigt et un instant plus tard, avant même que j'arrive à comprendre ce qui m'arrive, une violente douleur vient me saisir au niveau de la tempe. Je n'ai pas le temps de me retourner, ni de voir qui vient de me frapper, car presque instantanément, ma vue se trouble avant basculer dans les ténèbres. Basculer, c'est aussi ce que fait mon corps, très vite suivi par mon esprit. Je sombre dans l'inconscience.

***


Le noir. Le plus absolu. Puis d'un seul coup, une désagréable et saisissante sensation de fraicheur. Quelqu'un vient de me jeter un seau d'eau au visage pour me sortir de la torpeur dans laquelle on m'a plongé de force. Lentement, j'ouvre les yeux et le seul des deux qui est encore valide me laisse voir le visage d'une femme qui, bien que jeune, semble déjà avoir connu quelques batailles, si j'en crois la cicatrice qui barre son visage. Visage dont je ne peux apercevoir que les yeux, tant le reste du visage, à l'instar du corps et recouvert d'une étrange armure métallique. Mais ces yeux marrons...cette coiffure, elle me fait vraiment penser à quelqu'un. J'y suis, du peu que je vois, elle est presque le portrait craché du Colonel Shizune! Serait-ce sa fille ? Bah, au final, peu m'importe. Parce que si j'en crois ses dires, ma réaction face à celle que je suppose être sa mère lui a franchement déplu et alors qu'elle menace de me démembrer, contrairement à sa génitrice qui semble trouver un intérêt à me garder en vie. Foutaises.

Mais alors que je m'apprête à répliquer, la jeune fille se lance dans un monologue interrogatif. M'expliquant les grandes lignes de l'histoire de son peuple. L'esclavage, le retour des elfes repentants. Elle me demande ensuite ce que je ferai à leur place. Oh certes, je comprends tout à fait leur ressenti et leur refus de coopérer avec leurs elfes. Certes je comprends leur manque de confiance envers les monstres qu'elle me décrit et les efforts qu'ils font pour ne pas retomber sous leur joug. Par contre, s'allier avec des gens du même acabit et traiter les personnes venues les aider comme de vulgaires outils, comme...des esclaves, relève à mon avis d'une stupidité sans borne. Et je me dois de lui faire comprendre. Il est hors de question que je courbe l'échine devant eux. Ils ne méritent pas mon respect, aucunement et le nier souillerait mon honneur à tel point que je n'aurais plus qu'à me donner la mort. Alors quitte à passer de vie à trépas, je préfère le faire en gardant toute ma fierté d'Ynorien.

"Premièrement inutile de me menacer. Je n'ai pas peur de la mort et encore moins de souffrir."

Je la regarde dans les yeux pour donner un peu plus de poids à mes propos. Me faire démembrer...Ca a déjà failli m'arriver chez cet infâme Rewolf Grantier alors bon...Rien de nouveau.

"Deuxièmement, n'essayez pas de m’apitoyer sur votre sort. Ne parlez pas comme si votre peuple avait le monopole de la souffrance. C'est voué à l'échec. Je comprends parfaitement ce que les vôtres ont pu endurer. Et comme vous me posez une question, je vais vous répondre avant de venir à mon troisièmement."

Soudainement, mon ton se fait plus sec, peut-être plus que je ne l'aurai vraiment voulu, mais les graines de la colère ont été semé par les propos de sa mère. Elles commencent à germer et le jeune femme risque fortement d'en récolter les fruits.

"Ce que je ferais ? Je ne m'allierai pas avec le même genre d'esclavagistes que ceux que je désire combattre. Vous refusez de croire les elfes qui peuplent vos contrées, mais acceptez de passer des accords avec les Omyriens ? C'est d'une telle absurdité! Ensuite, je m'abstiendrai de traiter ceux qui viennent m'aider comme de vulgaires outils. Les écartant avec violence et les menaçant de mort au moindre pas de travers. Vous agissez exactement comme ceux que vous honnissez. En cela, vous faites preuve de la plus incroyable des stupidités qu'il m'ait été donné de voir. Si c'est tout ce dont votre peuple est capable. Il ne mérite aucunement mon aide...Et encore moins mon respect. C'est maintenant que j'en viens à mon troisièmement..."


Je me relève pour me tenir droit et fier face à mon interlocutrice.

"Jamais je ne souillerai mon honneur pour venir en aide à des alliés d'Omyre!"

[834 mots]

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 Sujet du message: Re: Campement au Sud de Bouhen
MessagePosté: Ven 8 Juil 2016 19:56 
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Campement (Ama A'as)

    Le soldat face à la vieille hybride leva les bras devant lui, paumes vers le ciel, dans un désarroi ostensible malgré son armure intégrale.

    « BIEN ! » capitula-t-il. « Très bien ! J'abandonne, vous pouvez venir avec moi. »

    Puis il tourna les talons et prit la direction de la tente centrale.

    [Suite plus bas]


Campement (Aliéron)

    Le soldat qui faisait face à Aliéron resta silencieux quelques secondes, mais son armure ne donnait aucun indice concernant la cause de ce mutisme. Mais finalement, il prit la parole, et une certaine surprise était perceptible dans sa voix.

    « Vous connaissez le Professeur Hynt ? Eh bien... Suivez-moi, alors. »

    Et il tourna les talons et mena le maître d'armes vers la tente centrale.


Campement – Tente Centrale (Ama A'as, Aliéron)


    Arrivé devant la tente centrale, le garde qui menait Aliéron croisa Ama A'as et son garde. Après un bref échange entre les deux, expliquant la présence de la vieille hybride ici comme une aide pour leur monde, le soldat en charge d'Aliéron prit le relais et pénétra dans la tente, après avoir fait signe aux deux autres de le suivre.

    La tente était spacieuse. Il y avait de quoi faire tenir une bonne trentaine de personnes sans le moindre soucis. Et pourtant, elle était presque intégralement vide. En dehors d'un large fauteuil où était assise une femme entre deux âges et aux traits Ynoriens et de quelques chaises vides à l'aspect relativement confortable, rien ne semblait justifier un tel espace.

    Image


    La femme se tenait nonchalamment sur le canapé : sa posture n'avait pas grand chose de militaire. Si son accoutrement n'était pas aussi étrange que ceux des soldats à l'extérieur, il restait étrange : une combinaison moulante bleue foncé qui semblait faite dans une matière inconnue, plus ou moins proche du cuir, visuellement.

    « Colonel, » appela le garde, dépourvu d'une certaine tenue militaire. « Cette femme dit venir nous aider, et celui-ci veut rencontrer le Professeur Hynt. »

    L'intéressée haussa un sourcil avant de se lever.

    « Laisse-nous, » fit-elle au soldat, qui disparut aussitôt. Puis, aux deux aventuriers : « Je suis le Colonel Shizune. Toi, » fit-elle à l'attention du maître d'armes : « Que veux-tu au Professeur Hynt ? »


Derrière le Campement (Duncan)


    Aux paroles de Duncan, la jeune femme lâcha le seau vide et se gratta la tempe, les sourcils froncés.

    « Il a répondu complètement à côté ce con, » marmonna-t-elle. « Elle m'a pas dit ce que je devais faire s'il répondait à côté. »

    Ses yeux étaient plissés, et plus le temps passait plus elle frottait sa tempe avec ardeur, ébouriffant quelques mèches au passage.

    « Je suis pas très bonne pour les initiatives, » se lamenta-t-elle, regardant le sol, comme pour réfléchir. « Pourquoi elle m'a dit de pas le tuer ? Je sais faire que ça bordel ! »

    Elle remonta finalement son visage vers Duncan, les sourcils toujours aussi froncé, la main toujours sur sa tempe. Elle semblait réellement très frustrée. Perdue, même.

    « Tu pouvais pas juste répondre à la question ? »

    Elle sembla réfléchir quelques secondes de plus avant de finalement laisser son crâne tranquille et de reprendre quelque peu contenance.

    « Bon, la bonne réponse c'était "Je le fais", » lâcha-t-elle finalement. « Les Sindeldi et les Shaakts que tu hais te demandent de l'aide pour sauver leurs enfants et leur espèce. Ils te promettent qu'ils ne seront pas une menace. Que fais-tu ? La bonne réponse c'était "Je le fais". On va passer à autre chose. Une autre chance : Tu es d'accord avec ça ? Tu es d'accord avec le fait de les aider ? Tu me dis que tu n'as pas peur de mourir, alors je suppose que tu resteras loyal à tes propres idées. Donc dis-moi : avons-nous raison de leur venir en aide ? Et oublie Omyre, nous en reparlerons si tu survis à cette réponse. »



[Ama A'as : 0,5 (introspection) ; 0,5 (bonus longueur)
Aliéron : 0,5 (introspection) ; 0,5 (bonus longueur)
Duncan : 0,5 (introspection) ; 0,5 (bonus longueur) ; 0,5 (confrontation en situation dangereuse)]

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 Sujet du message: Re: Campement au Sud de Bouhen
MessagePosté: Sam 9 Juil 2016 11:36 
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La frêle mais néanmoins dangereuse demoiselle répondit calmement et posément à la Shaakt, confirmant le ton qu'elle devait adopter en s'adressant à la petite guerrière. Cependant, seulement les grandes lignes furent énoncées, alors que les questions de l'elfe noire sous-entendaient qu'elle attendait plus d'informations que cela, comme l'identité de ceux qui privaient ces gens étrangement vêtus du meurtre des volontaires Shaakt. ( Il faudra faire avec, ou plutôt sans. ) Les informations manquantes arriveraient sans doute par la suite.

Ainsi, les Shaakts volontaires à l'appel à l'aide partiraient en mission d'infiltration, au cœur de la faction "ennemie". Selon les dires de la demoiselle, la faction sombre serait divisée en deux camps, prônant d'une part l'asservissement des humains, d'autre part une paix interraciale. Si le camp ennemi était déjà en prise d'une guerre civile politique, il était suspect que les humains n'eussent pas déjà profité de cet avantage conséquent. La nature méfiante et calculatrice des membres de sa race sont un obstacle conséquent aux êtres leur cherchant querelle mais Irina serait en tirer partie, connaissant que trop les femelles Shaakt qu'elle fréquenta durant sa jeunesse.

De ce court discours, Irina émit l'hypothèse que les partisans de la paix seraient les Sindels, connaissant les pulsions dominatrices de ses semblables. La Shaakt côtoya peu d'elfe gris, la tâche qui lui incomberait serait alors plus ardue.

Cependant, le frisson de désir, familier à la belle créature des ténèbres, parcourut tout son être, sensation prédisant que sa soif de domination pourrait être asservie, et ce de manière magistrale. Un Shaakt, une femelle qui plus est, serait une proie des plus luxueuses et des plus délectables tant il est complexe de manipuler un être lui même animé de désir de puissance. Un peuple entier d'êtres dominants et machiavéliques, manipulés à leur insu par un seul et unique être, qui sera, ironie du sort, recomposé grassement d'y avoir pris plaisir. L'idée lui traversant l'esprit, la Shaakt mordilla inconsciemment sa lèvre inférieur de désir : grandiose extase en perspective.

Alors qu'Irina allait annoncer de manière triomphale sa participation à la mission, son homologue masculin s'avança avant elle, crachant à nouveau son venin envers les femelles de son espèce. De son être détesté, l'elfe tenebreuse admira tout de même l'audace, ou l'inconscience, avec lequel le quidam noir pestait ses propos, oubliant apparemment qu'elles pouvaient en être les conséquences. La Shaakt n'y répondit rien, préférant l'ignorance à la violence. Elle savait pertinemment que les dires de l'elfe à l'oreille tailladée se retourneraient contre lui tôt ou tard, punis de sa main ou des matriarches noires vers lesquelles ils se dirigeaient. L'elfe noire fut d'ailleurs piquée de curiosité de savoir comment le Shaakt allait être accueilli et allait réagir face aux grandes femelles ténébreuses. Elle en pouffa malgré elle par avance.

Irina souleva sa longue chevelure de sa main délicate avant de prendre la parole.

" Quant à moi, je suis prête à jouer mon rôle dans cette opération. Croyez bien que je mettrais tous mes talents à votre disposition pour mener à bien cette mission. Je compte sur vous pour nous donner toutes les informations nécessaires pour optimiser notre réussite."

Alors que l'archer sombre questionna l'humaine féroce sur leur destination, Irina eût un éclair de lucidité sur une information qui lui avait adressée la belle Pulinn avant son départ, quant à la présence d'un certain Duncan. La Shaakt se tourna de nouveau vers la jeune demoiselle.

" Qu'en est il des autres volontaires ? Aurons nous l'occasion de les rencontrer ? Il me semble important que nous nous présentions à eux afin qu'il n'y est aucune ambiguïté quant à notre présence ici. Et cela permettrait une véritable cohésion au sein de notre opération, ne trouvez vous pas ? "

Un éclair d'amusement traversa l'esprit de la manipulatrice, souhaitant tester son interlocuteur masculin. Elle fit alors face à lui, le sourire aux lèvres.

" Nous ne nous sommes pas présentés. Je me nomme Irina, enchantée de faire votre connaissance. Dommage que nous nous rencontrions dans de telles circonstances. "

La Shaakt se pencha légèrement, dévoilant ainsi la naissance de sa poitrine, où ses longs cheveux blancs contrastant avec sa peau cendrée plongeaient avec délicatesse et volupté.

(684 mots)

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Multi de Hild, Humaine de Wiehl, Archère et Herenndil, Hinïonne, Guerrière


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 Sujet du message: Re: Campement au Sud de Bouhen
MessagePosté: Dim 10 Juil 2016 23:33 
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Cette conversation n'a strictement aucun sens, pas le moindre intérêt. La gamine qui me fait face n'apporte pas la moindre information intéressante, n'amène pas le moindre début de ce qui pourrait ressembler à des excuses. Non tout ce qu'elle fait, c'est réciter son texte, déblatérer ce qu'elle a gentiment appris quand bien même tout ça n'a aucun rapport avec la situation actuelle. De ses propres propos, elle aurait préféré me tuer et étrangement, j'en viens à regretter qu'elle ne l'ait effectivement pas fait. Cette conversation est épuisante, inutile...énervante. Mais je crois que le pire que tout c'est qu'elle me ose me sortir d'oublier le sujet d'Omyre pour le moment. Oublier Omyre. C'est à cause de ce sujet que je me retrouve là, désarmée, menacé de mort. C'est justement pas là qu'elle devrait commencer! Le reste ne m'importe pas! Comment fait-elle pour ne pas s'en rendre compte ? Pour ne pas comprendre les sentiments qui m'habitent alors qu'ils sont tout ce qu'il y a de plus évident.

Je dois tenter de garder mon calme, mais je n'en peux plus. Je vais vraiment finir par exploser. Stupide, elle est vraiment stupide. C'est triste, mais je ne trouve aucun autre qualificatif concernant cette jeune enfant. Qui est elle ? Qui sont-ils, tous ? Ils viennent quérir notre aide pour affronter une menace partiellement identifiée et là et pourtant ils nous traitent d'en l'irrespect le plus total. Le comble, c'est que la demoiselle OSE me demander s'ils font les bons choix en aidant leurs vieux ennemis qui leur demandent de l'aide. Au final, ils ne savent même pas ce qu'ils font, ce qu'ils doivent faire. C'est incroyable...pitoyable même. Ils font n'importe quoi. Tout bonnement n'importe quoi. Et le meilleur service que je peux leur rendre, c'est d'essayer de leur ouvrir les yeux. Pour le reste, je ne pense pas avoir suffisamment de force, de connaissance et de patience...

Retenant autant que possible la colère qui m'habite, j'essaye tant bien que mal de répondre de manière calme.

"Taisez-vous. Votre discours n'a aucun intérêt. Je vous ai déjà dit qu'il était inutile d'essayer de m’apitoyer sur votre sort. Vous osez me demander ce que vous êtes supposer faire ? Comment pouvez vous demander de l'aide à des étrangers, si vous n'êtes même pas capables de savoir ce que vous devez faire vous-mêmes ? Vous êtes comme des enfants qui jouent à la guerre...c'est pathétique."

La colère retombe. Je suis plus dépité qu'en colère à présent. Épuisé. Je n'ai plus envie de chercher à comprendre.

"Revenez donc me voir quand vous aurez appris à marcher et peut-être qu je vous apprendrais à courir, si vous êtes suffisamment convaincant. Et oublier Omyre ? Certainement pas. C'est pour moi, le seule sujet qui vaille la peine d'être discuté. Maintenant, vous avez mon arme en main, alors faites ce que vous avez à faire...ou rendez la moi et laisser moi partir."

Mon sort est maintenant entre ses mains. Mais peu importe ce qu'elle décide, mon honneur et mes convictions resteront sauf. Je ne regrette absolument rien.

[506 mots]

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 Sujet du message: Re: Campement au Sud de Bouhen
MessagePosté: Lun 11 Juil 2016 11:21 
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Campement - Tente N°4 (Arkalan ; Irina)


    La jeune femme hocha la tête à leurs paroles, avant d'attraper les armes sur le sol et de les leur tendre sans autre forme de procès.

    « Vous pouvez récupérer ça, » leur dit-elle. « Vous en aurez peut-être besoin. »

    Puis, se tournant vers Irina :

    « Vous ne pourrez pas rencontrer les autres immédiatement. Peut-être pas du tout, même, tout dépendra de votre efficacité chez les elfes. »

    Elle sortit finalement un petit objet métallique circulaire de sa ceinture, qu'elle plaça au centre de la tente. Il ressemblait à un socle, sauf qu'il était troué au milieu. Après quelques tripatouillages que les deux shaakts ne pouvaient voir, elle s'écarta vivement du socle, et, quelques secondes plus tard, un énorme "trou" apparut de nulle part devant eux. Il ne semblait pas être fait de quoique ce soit, il était un simple trou dans l'air, à travers lequel on pouvait voir un autre lieu, sans aucun rapport avec le pan de la tente que l'on pouvait voir quelques secondes plus tôt en regardant au même endroit. A la place, il y avait un étrange décor aux matières inconnues [voir topic suivant].

    « Traversez, » ordonna la jeune femme. « On discutera des détails là-bas. »

    [Suite dans "Izurith - Maison Kobayashi" pour vous]


Derrière le campement (Duncan)


    Aux paroles de Duncan, Yumiko fronça de nouveau les sourcils, avant de replacer sa main sur sa tempe, frustrée.

    « Mais qu'il est con, » marmonna-t-elle. « Qu'il est con, qu'il est con, qu'il est con... »

    Puis, d'une voix de nouveau haute et intelligible :

    « Je ne peux pas te tuer tant que tu ne représentes pas une menace, je ne peux pas te laisser partir tant que je ne suis pas certaine que tu n'es pas une menace et je ne peux pas te demander de nous aider tant que je ne sais pas si tu serais une menace si tu avais connaissance de nos plans. Tu comprends mon dilemme maintenant ? »

    Elle sembla réfléchir quelques instants avant de reprendre la parole.

    « Bon, on va tenter de te motiver un peu, monsieur inutilement têtu. Les accords avec Omyre sont les suivants : s'ils nous sont d'une utilité suffisante, notre Seigneur a prévu de leur donner accès à notre technologie. Mais si ce sont leurs ennemis qui sont d'une utilité suffisante, ce sont leurs ennemis qui ont accès à cette technologie, et non eux. Autrement dit, si tu pars maintenant tu donnes une opportunité supplémentaire à Omyre de récupérer des armes capables de vous détruire en une grosse semaine à tout casser. Tu veux bien m'écouter maintenant ? »

    La question n'était pas rhétorique, elle semblait réellement attendre une confirmation de sa part.


[Arkalan : 0,5 (engagement)
Irina : 0,5 (introspection) ; 0,5 (engagement) ; 0,5 (bonus longueur)
Duncan : 0,5 (introspection) ; 0,5 (informations) ; 0,5 (bonus longueur)]

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 Sujet du message: Re: Campement au Sud de Bouhen
MessagePosté: Mar 12 Juil 2016 13:41 
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Visiblement mon heure n'est pas encore venue. Visiblement j'ai un effet relativement néfaste sur le cerveau de la demoiselle, ce dernier semblant être sur le point de fondre à chaque fois que je ne lui donne pas la réponse qu'elle désire. Mais je ne suis pas là pour ça. Je ne suis pas là pour gentiment lui dire ce qu'elle veut entendre. Mentir pour protéger ma vie, certainement pas. Mais malgré tout, les choses semblent enfin s'améliorer. La jeune Yumiko a enfin l'air de comprendre que je n'attends qu'une seule chose et que tout ce qui a été dit dernièrement, bien que vrai, n'a au final que très peu d'intérêt. Les accords avec Omyre. Cela m'avait pourtant l'air relativement évident, pourquoi lui a-t-il fallu autant de temps ? Au risque de se lancer dans un éternel débat. Car oui, si j'en crois ses premiers dires, elle ne peut ni me tuer, ni me laisser partir et peut encore moins me demander de l'aide officiellement, tant qu'elle n'est pas assurée du niveau de menace que je peux représenter. C'est naturel, tout à fat compréhensible. Cela me prouve seulement qu'au final, elle a réellement à cœur de protéger sa patrie, de faire les meilleurs choix et en tant qu'Ynorien, je ne peux que comprendre ce sentiment. D'une certaine manière, je suis touché et malgré moi, un léger sourire vient doucement habiller mon visage.

Et enfin, vient le moment que j'attendais. Enfin des explications. Enfin des informations sur les accords avec la Cité Sombre. Et elles sont tellement simples...que je comprends encore moins pourquoi elles ont mis tant de temps à venir sur la table. Si les Kendrans et leur alliés se montrent les plus efficaces dans l'aide apportée au peuple de la jeune Yumiko, ils seront récompensés, si ce sont les Omyriens, c'est à eux que reviendront les présents...Et quels présents! A dire vrai, pour moi, c'est là que le bât blesse. Si Omyre reçoit cette technologie promise...Ils seraient visiblement capables de nous terrasser en une semaine tout au plus et je suppose que cela marche aussi dans l'autre sens. Incroyable, mais surtout...Terrifiant. Il ne faut absolument pas qu'Omyre puisse avoir accès à une telle puissance, mais je ne suis pas non plus certains que cette force doive atterrir dans les mains des forces alliées. C'est bien trop. Je n'ai pas tout les détails et d'une certaine manière, ça me dépasse un peu. N'importe qui sur ce monde d'ailleurs, serait bien vite dépassé. Une force destructrice capable de mettre à genoux une nation en une semaine, même utilisé par les personnes aux intentions les plus pures, c'est bien trop dangereux. Le pouvoir peut aisément corrompre. Mais je suppose que j'ai le temps d'y réfléchir. D'acquérir plus de renseignements pour me faire un avis plus précis.

Mais pour ça, il faut d'abord que je rassure la jeune demoiselle. Maintenant que je sais ce qu'il en est, il n'y a aucune raison que je ne lui apporte pas l'aide qu'elle réclame. Il faut juste que je choisisse mes mots soigneusement...Nous sortons à peine d'une situation quelque peu houleuse.

" Dame Yumiko. Vous écouter, je ne fais que ça depuis le début. Mais il est vrai que je l'aurais fait de manière plus calme et plus ouverte si vous aviez commencé par ces informations dès le début. Enfin, je suppose que je vous dois des excuses malgré tout, car oui, je me suis emporté."


Une main sur le cœur, je m'incline profondément avant de poursuivre.

"Mes plus profondes et sincères excuses donc. Mais comprenez moi. Les relations entre Omyre et ceux de ma patrie sont particulières dans nos contrées et je ne pouvais, d'aucune manière, tolérer de m'allier à eux de quelque manière que ce soit. Enfin, toujours est-il que vous avez toute mon attention et surtout...ma sérénité. J'ai des tas de questions, mais elles attendront."


Oui elles attendront, surtout que je pense pouvoir affirmer sans trop de problème que la demoiselle n'est certainement pas la plus apte à y répondre. Mais j'espère vraiment rencontrer quelqu'un qui en sera capable...le plus rapidement possible.

[678 mots]

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 Sujet du message: Re: Campement au Sud de Bouhen
MessagePosté: Mar 12 Juil 2016 16:33 
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Derrière le campement (Duncan)


    Aux paroles de Duncan, Yumiko poussa un profond soupir.

    « Eh bah c'est pas trop tôt, » lâcha-t-elle. « Et j'ai bien compris que ce qui te bloquait c'était les accords avec Omyre, mais figure toi que si j'ai rien dit jusque là c'est que c'était des infos secrètes. Normalement on est censé dire qu'on les laisse nous aider individuellement en échange d'un peu de savoir et de babioles, un peu comme tous les aventuriers venus nous aider quoi. Mais maintenant que j'y pense t'étais peut-être déjà dans les choux quand on en a parlé, » ajouta-t-elle en se grattant l'arrête du nez, pensive. « 'Fin bref, la situation est pas très plaisante pour moi, maintenant que tu sais ça, donc j'ai besoin de savoir deux trois petites choses. Déjà, est-ce que tu sais mentir ? Non parce que les infos que t'as, et que t'es sur le point d'avoir, c'est pas des conneries, l'avenir de notre monde dépend de ta capacité à fermer ta gueule tu comprends ? »

    Elle sembla réfléchir quelques instants avant de poursuivre.

    « T'es couillu, et puis tu fais le parangon de l'honneur et de la justice, c'est pas mal pour nous ça. Parce qu'en fait, Maman elle aime pas trop les accords avec Omyre. L'esclavage, tout ça, c'est pas sa tasse de thé. Mais... Elle aime pas trop l'autre ville non plus, Keken Kâr, là. On se dit, y a d'jà la guerre, tout ça, pas la peine de vous déballer un canon capable de faire des cratères de douze kilomètres de diamètre en prime. Au moins là c'est les soldats qui meurent, pas les gosses qui jouent dans le jardin. Alors d'accord c'est moche un enfant garzok, j'ai vu ça l'autre jour, ça ressemble à rien, m'enfin je sais pas s'il faut tous les tuer pour autant. Enfin bref, je m'égare. Nous on veut sauver les elfes, et arrêter avec ces conneries d'armes qui bousillent la moitié de la planète à chaque coup. »

    Elle marqua un temps d'arrêt, sourcils froncé, avant de reprendre d'un ton désolé.

    « Aaah, oui... C'était le moment où je devais te laisser le choix d'entendre ces infos ou non... Parce que là si tu comptes pas nous aider... Je suis un peu obligée de te mettre dans un cachot jusqu'à ce que ce soit réglé... Tu comprends, je suis sûr. Hein ? Donc heu... T'es avec nous ? Et tu sais mentir ? Sinon je suis obligée de t'emmener chez moi, c'est chiant. »



[Duncan : 0,5 (introspection) ; 0,5 (informations) ; 0,5 (bonus longueur)]

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 Sujet du message: Re: Campement au Sud de Bouhen
MessagePosté: Jeu 14 Juil 2016 23:47 
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Localisation: Nessima, Naora
Nous quittons la zone d'embarcation de Bouhen et, selon les indications reçues, nous enfonçons dans les bois se trouvant au sud de la ville. Nous marchons ainsi un bon moment, jusqu'à ce que la faim commence à se faire sentir en fait. Je désigne un tronc couché se trouvant au bord du chemin à Kay, pour lui proposer de nous y asseoir afin de faire une halte. Je réalise que j'ai sombré depuis plusieurs jours dans un profond mutisme, engoncé dans mes souvenirs, mes réflexions quant aux paroles de l'oracle, aussi. Non que je n'aie envie de bavarder, mais il était plus facile de ne rien dire que d'entamer une conversation. Mais, alors que nous mangeons un morceau, je finis par me dire que ma compagne a le droit de savoir un peu plus amplement de quoi il retourne avant que nous nous engagions plus avant dans cette mission. Je soupire discrètement puis me décide à aborder le sujet:

"Je n'ai pas été très bavard ces derniers jours...depuis l'oracle, en fait. J'en suis désolé, je n'avais guère le coeur, ni la tête, à discuter de la pluie et du beau temps, ou d'autre chose d'ailleurs. Mais nous approchons de notre destination et il y a certaines choses que tu as le droit de savoir."

Je croque pensivement dans une poire, cherchant comment lui expliquer simplement quelque chose qui ne l'est pas, puis je reprends:

"Cette armée Shaakt que nous avons attaquée se dirigeait sur Hidirain pour s'emparer d'une relique, cela tu le sais déjà. Ce que tu ignores en revanche, c'est que cette relique en question a appartenu jadis à une Elfe dorée du nom de Shaeya 'naer Elsayim, qui n'était autre que la mère d'Oaxaca. C'est pour plaire à cette dernière que les Shaakts voulaient récupérer cette relique ô combien symbolique. J'imagine que tu sais que cette sombre Déesse mène sur notre monde une guerre de grande ampleur, et qu'elle a déjà envahi tout le nord de Nirtim, et tenté de conquérir également le Naora?"

Je marque une pause pour laisser à Kay le temps d'assimiler mon discours et de me répondre, puis je poursuis:

"Les Hinïons d'Hidirain voulaient à la base l'envoyer à Luinwë, mais tôt ou tard d'autres adeptes d'Oaxaca auraient tenté de s'en emparer, et peut-être mis en danger l'Anorfain. Ceci étant il fallait trouver une meilleure solution, mais je n'en voyais guère. Peu de lieux sont véritablement à l'abri des laquais de la noire déesse, de nos jours. Et puis il y a eu l'oracle...mais pour que tu comprennes ma question il faut peut-être que je te parle d'abord d'une réalité mystique dont la plupart des êtres ne se soucient pas. Chaque être possède une destinée idéale, un chemin de vie qui, s'il est parfaitement suivi, mène à un accomplissement personnel remarquable, parfait. On appelle cela le Fil d'Or du destin. Celui qui s'en éloigne se perd, ses réalisations seront imparfaites, éphémères, il connaîtra le regret car il n'aura pas accompli ses rêves les plus profonds, n'aura pas réalisé ses véritables aspirations. J'ai donc demandé à l'Oracle où je devais mener ma Danse pour approcher au plus près du Fil d'Or de ma Destinée..."

Je prends une seconde pour me remémorer les paroles exactes de l'Oracle avant de reprendre:

"Sa réponse fut la suivante: C'est à travers la lumière, dans le noir au coeur du gris que tu danseras. Des hommes étranges et étrangers t'en apprendront les pas. Comprends-tu maintenant la raison de ma question au responsable de la milice? Quand il nous a appris l'existence de ces hommes vers lesquels nous nous rendons...possiblement venus d'un autre monde...toutes les pièces du puzzle se sont assemblées en mon esprit. Je devais aller me rendre compte par moi-même, et cela constituait aussi une solution parfaite pour protéger cette relique, et par là Hidirain. Même si..."

Une ombre passe dans mon regard alors qu'une vague de doute et de tristesse me submerge, mais je la dompte sévèrement pour continuer:

"Même si m'éloigner longtemps d'Hidirain me fend le coeur. Je n'ai pas vu mes proches plus de trois jours au cours des six derniers mois, et voilà que je les abandonne à nouveau pour un temps indéfini...cela alors même que la menace sur Hidirain n'est pas totalement supprimée. Seulement...seulement j'ai fait un choix de vie...j'ai choisi de devenir un Danseur d'Opale, de lutter pour en faire advenir les idéaux, quel qu'en soit le prix. Et pour cela, je dois suivre le Fil d'Or de ma destinée au plus près, c'est l'unique manière susceptible de me donner une chance d'atteindre mon but un jour."

Je souris à Kay avec, au fond des yeux, une résolution inébranlable, puis je lui demande doucement:

"Et toi, as-tu appris quelque chose à propos de ton père, ou as-tu posé une autre question?"

Un peu plus tard, nous sortons de la forêt et ne tardons pas à apercevoir quatre gigantesques tentes sur lesquelles veillent une bonne dizaine de gardes pourvus d'armures telles que je n'en ai encore jamais vu. Je marmonne entre mes dents serrées:

"Par Sithi, pour être étranges ils le sont...sortent d'où ces asticots-là?! Et, bons dieux, ils respirent comment avec ce truc qui leur couvre tout le museau?!"

Je m'avance vers eux d'un pas tranquille, en apparence du moins car je me tiens prêt à réagir au quart de tour en cas d'agression, ils n'ont pas l'air spécialement accueillants, dans le coin. L'un des soldats s'approche immédiatement pour me barrer la route, demandant d'un ton protocolaire:

"Motif de la visite?"

Je hausse un sourcil, puis examine des pieds à la tête mon vis-à-vis avant de répondre. J'hésite d'ailleurs à lui rétorquer qu'ils ont installé leurs tentes sur mon coin à champignons, mais quelque chose me dit que le sens de l'humour ne doit pas faire partie de leurs attributions premières...moi aussi j'ai fait partie de l'armée, autrefois, je connais ce genre de bougre. Et je mentirais d'affirmer qu'ils m'ont manqué. Seulement, le temps a passé et je réponds donc avec un imperturbable sérieux:

"Toujours besoin d'un coup de main, soldat?"

(1106 mots)


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 Sujet du message: Re: Campement au Sud de Bouhen
MessagePosté: Ven 15 Juil 2016 17:18 
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Campement - Tente Centrale (Aliéron, Ama A'as)


    Aux paroles d'Aliéron, le visage de Shizune blêmit. Mais, après quelques secondes de silence, elle reprit sa contenance et prit la parole.

    « Un petit oiseau de métal, c'est tout à fait lui, aucun doute, » lâcha-t-elle avec un léger sourire en coin. « Seulement, sur ordre du Seigneur Valaï, je ne peux laisser passer personne qui n'a pas pour projet de nous venir en aide. »

    Elle se tourna vers la vieille hybride, à qui elle lança un regard perçant.

    « Tu es d'origine Sindel, n'est-ce pas ? Mais si tu es venue nous aider, soit, tu auras un résumé de la situation. »

    Elle retourna s'asseoir sur son confortable fauteuil avant de leur faire signe de prendre place sur les chaises à côté d'elle.

    « Nous sommes d'un autre monde. Littéralement, je veux dire, nous ne venons pas de Yuimen. Et sur cet autre monde, les humains ont longtemps été esclaves des Sindeldi et des Shaakts. Nous leur avons échappé il y a de cela sept siècles, et exilé loin de nous. Ou disons plutôt qu'ils se sont échappé après la monumentale défaite qu'ils ont essuyé. Après plusieurs millénaires d'oppression, nos ancêtres les ont tout bonnement massacré, réduisant... drastiquement, leur nombre. Drastiquement, » insista-t-elle. « Seulement ils complotent avec des ennemis du pouvoir en place pour revenir en ville. Et comme tout le monde est soupçonné de trahison à l'heure actuelle, nous avons besoin d'aide extérieure. »

    Pour terminer, elle se tourna vers Aliéron, à qui elle adressa ses derniers mots.

    « Le Professeur Hynt est le plus éminent scientifique de notre monde. Il veut probablement observer cet artefact pour identifier votre technologie, et peut-être s'en servir. Mais je ne peux pas laisser un étranger fouler notre palais pour une raison aussi futile. Alors nous aideras-tu ? »



[Aliéron : 0,5 (introspection) ; 0,5 (informations) ; 1 (bonus longueur)
Ama A'as : retard]

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 Sujet du message: Re: Campement au Sud de Bouhen
MessagePosté: Ven 15 Juil 2016 20:03 
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Une fois au sol, j'ai des drôles de sensations, comme si mon équilibre était perturbé, ma tête tourne et mes jambes chancellent. Ça ne dure que quelques instants et je me reprends en quelques secondes. Si la grande majorité des passagers vont vers la ville, je regarde pour ma part en direction du sud. Dans la nuit pas facile de distinguer quoique se soit, j’aperçois quelques collines couvertes d'une forêt sombre. Ça ne va pas être une partie de plaisir. Je dois paraitre étrange aux yeux des passagers et marchands qui déchargent leur ballots de toutes sortes : tissus, pièces de vaisselles, bouts de métal. Je m'éloigne de quelques pas et range ma cape délicatement dans mon sac, en compagnie de mon casque. Je n'en aurais pas besoin, j'ai besoin de rapidité de mouvement, et la cape pourrait s'accrocher en forêt. Mais j'ai aussi besoin de toute ma visibilité, et avec le casque sur la tête, ma visière ne me laissera aucune chance de percevoir quoique ce soit. Je suis équipé de tout le reste de mon attirail, je serre d'un cran de plus la ceinture de ma rapière, regarde encore vers le sud, jauge les distances et les directions puis je franchis d'un pas la frontière entre le monde civilisé encore éclairé, et les terres sauvages dans l'ombre.

J'ai envie de m'amuser car après un an en ville, revoir autant d'espace sauvage me fait un bien fou. Je respire à plein poumon un air frais, sentant de suaves odeurs végétales, signe d'un après-midi chaud. En quelques pas je suis déjà aux abords de la forêt, j'entre sans appréhension car j'aime ces endroits, même si je connais les dangers qu'elles cachent. Trois pas de plus et je passe en mode course, c'est bien plus difficile qu'en ville où tout est pavé. Ici, mousses, pierres et feuilles jouent à qui me fera glisser le premier. Je dois me frayer un chemin dans les dédales de la forêt, tout en ne perdant pas la direction vers où aller. C'est un bon entrainement, et je suis vite fatigué avec mon équipement sur moi et mon sac. Je suis moins rapide qu'en ville, mais je progresse vite, même si le terrain monte, et parfois sèchement. Parfois je glisse, parfois je tombe, mais sans mal, je dois juste faire plus attention, mais rien de facile dans la pénombre ambiante.

Au bout d'un heure de course je stoppe quand j'atteins un petit ruisseau. Je suis bien content de pouvoir boire de son eau, car évidement j'ai pensé à beaucoup mais pas vraiment au ravitaillement. Je prends quelques minutes de pause et trouve non loin un massif de mures par chance à maturité. J'en mange une petite poignée de ces fruits sucrés avant d'entendre des bruissements autour de moi. Les bruits de la forêt peuvent être effrayant pour un jeune homme, mais j'ai déjà tellement voyagé que je n'y prête pas vraiment attention. Je sais qu'Aakia, ma faera veille au grain et me préviendra en cas de danger immédiat. Je n'aimerai pas retomber sur Ti'an, pas déjà, pas maintenant. Mais rien de tout ça n'arrivera aujourd'hui, j'ai trop de chemin à faire et personne ne sait que je suis là, en plein milieu d'une forêt totalement sauvage au sud de Bouhen.

Je reprends le chemin, je longe le petit ruisseau puis escalade quelques amas de rochers avant de tomber sur un petit sentiers qui s'enfonce encore plus vers les sommets des collines. Je peux reprendre de la vitesse et j'aime sentir le vent sur mon visage alors que mes foulées s’accélèrent. Le vent, Rana, Caffreen... J'ai vécu d'étranges moments ces derniers mois, penser au vent me rend triste. Je suis fier d'avoir la confiance d'une Déesse et de son apprentie, mais ça me rappelle aussi que je dois prouver à Gaïa que je suis fiable et digne défendre Seyra, une de ses enfants. La tâche s'annonce ardue, mais je ne dois pas trop y penser et me consacrer totalement à la mission que m'a confié mon frère Naren, pour lui et Kendra Kâr. Le sentier monte en fait vers une tour en ruine, une tour ici ? J'ai une mauvaise impression vite confirmée par Aakia.

(Tu ne dois pas continuer, la tour est dangereuse, coupes à travers bois) me prévient mentalement ma faera.

Je lui obéis sans discuter, je n'ai pas le temps en mystère supplémentaire, mon but est de trouver le campement des gens de l'autre monde. Le terrain s’aplanit puis redescend, quelques mètres plus tard j'entre dans une grande clairière. La nuit au dessus de moi a sortie ses plus brillantes étoiles. Le ciel est magnifique, mais pas le temps de rester, je poursuis et rentre à nouveau dans la forêt dense en hêtres, frênes et autres essences typiques du pays. Les arbres ici ont des tailles peu communes et des troncs noueux de parfois plusieurs mètres de circonférence. C'est une merveille végétale que je n'ai pas vraiment l'occasion de voir tant je cours à travers elle sans m'arrêter et en évitant de chuter à nouveau. La descente me semble plus douce que la montée, mais je prends vite de la vitesse et me ramasse une première fois dans un fossé remplie de feuilles mortes. Sans gravité heureusement. Je continue à courir et file à travers les bois pendant deux heures supplémentaires avant de m'arrêter à nouveau. Une ravine de quelques mètres me barre le passage, je n'hésite pas et saute l'obstacle en me rattrapant de justesse de l'autre coté. Finalement, plus d'une heure après j'arrive à un endroit plus plat où la prairie remplace les arbres.

J'ai de l'herbe jusqu'à la taille ce qui entrave un peu ma progression. Mais rien ne pourra m'arrêter, si le plan que m'a montré Naren est juste, alors le campement n'est qu'à quelques kilomètres de là, proche de la cote sud de la péninsule. J'ai toujours eu un don, l'intuition de la bonne direction. Je n'ai pas besoin de boussole, je sais me repérer partout où je vais. C'est une chance et là encore ce don ne m'a pas laissé tomber. En effet le campement se devine vite avec quatre énormes tentes d'un aspect étrange. La nuit n'arrange rien, et ce n'est pas la lumière de la lune qui m'aide à distinguer quelque chose. Aakia me prévient qu'il y a du monde à proximité. En effet, je vois très vite des silhouettes qui se découpent dans la faible lumière. Le campement a des gardes et nul doute qu'ils m'ont déjà repéré. Je ne fais rien pour me cacher et j'avance prudemment.

Un des gardiens m'arrête très vite aux abords du campement.

"Motif de votre visite!" Le ton est clair, directif et ne laisse pas de place à la discussion. Je reste étonné par l'aspect de celui qui vient à ma rencontre. Ça ne ressemble à rien de ce que je connais, son armure recouvre la totalité de son corps et son casque n'a aucune visière. Mais qui sont-ils ? Je réponds quelques secondes après, le plus poliment possible, en essayant de masquer mon trouble.

"Je viens aider des amis qui en ont fait la demande, si l'on veut bien de mes services."

L'apparition semble attendre autre chose. "Je me nomme Lelma et je viens de Kendra Kâr." J'ai chuchoté pour ne pas me faire entendre, sais-t-on jamais de qui peut être déjà arrivé dans ce campement.


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 Sujet du message: Re: Campement au Sud de Bouhen
MessagePosté: Ven 15 Juil 2016 21:51 
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(((désolé pour le retard, j'aurais du prévenir)))

Pour la première fois depuis le début de leur conversation, le soldat abandonna sa posture guindée et exprima par la gestuelle son désarroi le plus total. Il s’était enfin rendu à l’évidence : mieux valait ne pas chercher à comprendre la logique scabreuse d’une vieille peau déterminée à vous faire aller dans son sens. C’est donc avec une certaine satisfaction qu`Àma emboîta le pas à son guide en songeant à la manière dont elle lui avait embrouillé l’esprit pour parvenir à ses fins. Un sentiment de victoire teinté d’une exceptionnelle mauvaise foi, car elle oubliait volontiers l’échec cuisant de sa comédie de vieille femme aux pouvoirs psychiques surnaturels. La mémoire flanchante des Earions avait ses avantages …

Sa lance dans une main et son tabouret pliant dans l’autre, la rôdeuse rattrapa rapidement l’étranger et parvenue à ses côtés cala sa démarche sur la sienne, lourde mais précipitée, avant de tourner la tête vers lui pour demander :

- Où c’est qu’tu m’amène alors, hein?

Aucune réponse. Pas même un geste de la main. Peut-être avait-il même allongé le pas dans l’espoir de la distancier. Àma renifla bruyamment ; elle le saurait bien assez tôt. Les deux tentes périphériques du camp étaient déjà derrière eux, et contournant une troisième, Àma découvrit enfin ce qui devait être leur destination : un chapiteau dressé à la croisée de plusieurs sentiers et qui surplombait le reste du campement. L’édifice de toile grisâtre évoquait vaguement ces lieux de fêtes agraires que l’ancienne éleveuse fuyait comme la peste. Toutes ces greluches qui se paraient le temps d’une soirée comme les dames de Tahelta, à mi-chemin entre les prostituées des quais et les courtisanes du palais !... Mais Àma chassa résolument ce souvenir de sa vie passée en Naora ; elle avait tout laissée derrière elle pour une raison : les gris étaient un peuple perdu entre une classe dirigeante sclérosée et un peuple servile, décérébré et qu’un clair de lune suffit à éblouir.

Alors c’est avec une certaine aigreur d’estomac qu’elle s’entendit être saluée par un l’un de ses congénères… Qui ça ? Ah, oui, les quelques minutes qui avaient précédées n’avaient fait que traverser la tête pleine d’eau de la bâtarde sindelo-earionne. Son guide et elle avaient rejoint un duo d’inconnus devant l’embrasure de la porte. Et tandis que leurs escortes métalliques respectives tentaient surement de se refiler l’un l’autre la charge de conduire les potentielles recrues à leur supérieur, un jeune homme la dévisageait tranquillement, sans gêne aucune. Pour sûr, il devait s’attendre à voir les femmes rougir sous le feu de ses yeux – flippantes ces iris dilatées– avec son physique de jeune premier : Cette peau délicatement hâlée, cette barbe de trois jours et demi soigneusement négligée, et comble du ridicule ce bandeau en argent et cette longue cape d’un bleu acier qui travestissaient la pragmatique simplicité de son amure de cuir !

Mais ce dont elles se souvenait c’est combien elle exécrait ce genre de bellâtres tout à la fois narcissiques et en manque de confiance, qui semblaient demander au monde de les rassurer sur le pouvoir de leurs charmes. Et il n’avait même pas ouvert la bouche qu’elle l’avait déjà ainsi catalogué. Ainsi donc, lorsqu’il s’adressa enfin à elle pour lui dire qu’ils partageaient une ascendance Sindel, la langue de celle-ci se perdit entre les nombreuses insultes, rictus et grognement méprisants qui se bousculaient pêle-mêle dans sa bouche. *L’opale qui brûle… p’tit péteux*.

Lorsqu’il tourna les talons sans tenir compte du mutisme grossier de son aînée, une note de surprise fit cependant dissonance au sein de ce refrain haineux maintes fois entonné. La rôdeuse misanthrope s’était attendue à ce que son attitude revêche provoque chez ce jeune bien-pensant une moue offusquée, une certaine dose d’indignation… Mais au contraire, celui-ci lui adressa un simple sourire dont la franchise ne faisait aucun doute, même aux yeux de l’elfe la plus opiniâtre de Naora. C’était un fait inédit. : Àma doutait de sa première impression sur quelqu’un.

Ainsi donc, la bâtarde A’As pénétra sous le chapiteau à la suite de cet intriguant aventurier, son regard planté dans son dos, préférant observer sa souple et puissante démarche que l’intérieur spartiate dans lequel ils étaient conduits par le soldat en armure. Et c’est presque avec surprise qu’elle entendit une voix féminine s’élever d’un canapé isolé. Une jeune femme les y avait attendus et s’était levée avant de se présenter à eux : Colonel Shitzune. Un officier de l’armée Ynorienne ? Non, sa tenue vestimentaire exotique la désignait comme l’une des étrangers. Le regard d’Àma s’arrêta notamment, avec une vague lueur d’appétit émoussé, sur les courbes de son corps moulées par le cuir élastique de sa combinaison noire. Aucune Ynorienne ne se montrerait ainsi en public ; cette contrée lointaine promettait d’offrir d’intéressante perspective pour ses yeux, si ce n’est avec beaucoup de chance pour ses mains usées.

La voix chaleureuse dudit Opale-qui-brule répondit posément au Colonel. Encore une fois, son attitude surprit la vieille elfe : elle se serait attendu à ce qu’il fasse le coq devant un brin de femme tel que l’Ynorienne, ou du moins qu’il réponde avec la suffisance du misogyne. Mais au contraire, il s’adressa à elle avec déférence et droiture. Elle-même aurait peut-être eu du mal à prendre l’officier au sérieux au premier abord. Alors la rôdeuse resta prudemment en retrait, attendant de se faire une opinion sur leur interlocutrice, et observa l’étrange tube métallique qu’Aliéron désigna curieusement comme étant un sabre… Un sabre sans lame !? Un sourcil haussé, son œil ouvert en entier comme il l’était rarement, Àma l’écouta avec intérêt expliquer qu’il recherchait un second exemplaire dont un certain Professeur Hynt connaissait l’existence.

Ce nom semblait évoquer quelque chose d’effrayant, d’intimidant tout du moins, car la carnation du colonel Shizune vira au gris dans une sorte de camouflage qui avait quelque chose de comique. Peut-être que la jeune femme n’apprécia pas la lueur moqueuse dans les yeux d’Àma, car celle-là lui jeta un regard où le mépris n’égalait qu’une haine palpable. Mais la raison de se ressentiment était en fait tout autre, de ce que la rôdeuse pouvait juger des dire du Colonel lorsqu’elle s’adressa enfin à la vieille elfe :

- Tu es d'origine Sindel, n'est-ce pas ? Mais si tu es venue nous aider, soit, tu auras un résumé de la situation.

L’officier ne portait visiblement pas dans son cœur les elfes gris. Qu’elle la comprenait... ! Àma se détendit à l’idée que ces jeunes gens semblaient partager ses valeurs.

Cependant, elle n’obtempéra pas lorsque le Colonel les invita à s’asseoir pour écouter le briefing. Les habitudes ayant la vie dure, Àma préféra s’installer sur son pliant de pêche en bambou et toile. Et de cette manière, elle restait la plus proche de la sortie au cas où l’entretien tournerait au vinaigre.

Luttant contre les faiblesses de sa mémoire d’Earion, Àma tenta d’enregistrer du mieux qu’elle pouvait le flot d’informations qui suivit. Elle devrait vraiment apprendre à écrire convenablement pour prendre des notes dans de pareils moments… Mais peu importe, plus tard elle tenterait de coucher sur le papier ce dont elle se souviendrait, une fois seule et au calme. En attendant, deux choses résonnèrent profondément avec les motivations de la bâtarde vengeresse. Etrangement ce n’étaient pas que la femme qui leur parlait venait d’un autre monde – leur accoutrement était pour sûr pas d’ici. Après tout, les Sindeldi venaient eux aussi d’une planète nommée Eden à en croire les légendes ; elle la croyait donc sur parole.

Non, ce qui retint son intérêt c’est la précision qu’apporta le colonel concernant le Professeur Hynt : c’était un scientifique de premier plan chez eux. Peut-être connaissait-il le secret de technologies qui permettrait à la rôdeuse d’exercer sa vengeance sur les Gazorks qui avaient massacrés le village de sa mère. Et, plus encore, Àma avait le pressentiment qu’il y avait des leçons importantes à tirer de l’histoire de ce peuple opprimé qui avait éradiqué ses tyrans. Comment s’y étaient-ils pris ? Avaient-ils vaincu par la force des armes, ou par un moyen plus sournois… un moyen qu’une vieille elfe déterminée pourrait mettre en œuvre contre l’engeance Omyrienne. Un souvenir de son voyage remonta des brumes de sa mémoire : un groupe d’Anciens Earion lui avait raconté une histoire qu’ils se transmettaient oralement de génération en génération. Celle de la disparition des Garzorks primitifs et de l’apogée du royaume Earion en Omyrie… Une maladie avait décimé ces concurrents des Earions selon les Anciens… se pouvait-il que l’arrivée propice de ce mal mystérieux n’ai pas été un accident ? Et les humains de ce monde dominé par les Sindeldi et les Shaakt avaient-ils eux aussi recours à une arme biologique ? *Arf… tas de conneries tout ça*

Àma se reprit aussitôt, comme d’autres après avoir dit une quelconque grossièreté. Les réflexions alambiquées avaient quelque chose d’indécent, surtout venant d’elle, trouvait la rôdeuse. En bonne chasseuse, elle se rappela son mantra : * la piste, c’est la piste ici et maintenant. On suit une trace après l’aut’, l’oreille cont’ le sol et l’ nez dans la fange*. Donc commençons par le commencement :

- Si j’peux en placer une... attaqua-t-elle de mauvaise grâce, moi j’ vous aiderai. Si j’comprend bien, faut débusquer les taupes dans vot’ potager humain avant qu’elles dézinguent les patates royales et autres courges dirigeantes ? Ca m’ connait les nuisibles ; suffit de leur dire ce qu’ils veulent entendre et ils déballent tout en retour. Trop heureux d’avoir quelqu’un à qui parler… des vauriens en manque d’attention.

Et Àma ponctua ce diagnostic murement réfléchi d’un raclement de gorge aboutissant à un glaviot entre ses pieds… Bah quoi, ça faisait longtemps qu’elle se retenait. Mais par bonté d’âme, la vieille elfe étala son méfait dans la poussière d’un geste de botte négligent.

Finalement, la rôdeuse se redressa sur son séant – pour autant que sa bosse lui autorisait – et repris en plantant son regard mi-clos dans les yeux naturellement bridés du colonel Shizune :

- Ça risque de pas êt’e de la tarte c’la dit, vot’ histoire-là… Moi, comme l’jeunot ptet aussi, ajouta-t-elle en désignant d’un geste de la tête son congénère, on risque de pas se fondr’ dans l’ paysage. J’imagine pas que vous faites la distinction entre bâtard et pur-sang Sindeldi par chez vous hein, et qu’est-ce qui vas nous empêcher d’être étripés à vue par la foule ? C’est vot’ Seiiiigneûr Valaï qui va nous protéger ?

Puis en marmonnant dans sa barbe :

- C’est qui ça d’ailleurs… J’aime pas ça, d’bosser pour un péteux d’aristo. Non, non, j’aime pas ça.


(((1700 mots)))

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 Sujet du message: Re: Campement au Sud de Bouhen
MessagePosté: Sam 16 Juil 2016 23:29 
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Ils quittaient la zone d'embarquement de Bouhen d'où ils étaient arrivés par cynore. Un voyage confortable duquel Kay était sortie encore légèrement endormie. Sitôt cette zone dépassée, Tanaëth l'entraina dans une forêt qui se trouvait au sud de la ville. Il n'y avait personne autour d'eux et la semi-elfe se demanda brièvement s'ils n'arrivaient pas en retard, après la bataille. Elle haussa les épaules. Bah, ils verraient bien quand ils seraient au campement de ces étranges humains. Ils avançaient en silence, chacun avec, pour conversation, ses seules pensées. Kay n'y prêta pas spécialement attention - elle observait son environnement avec attention, essayant de repérer les différences entre ici et ce qu'elle avait pu voir sur Imiftil, jusqu'à ce que son ventre criât famine. Elle n'osa alors le faire remarquer à son mentor.

(À bien y réfléchir, il ne parle plus depuis qu'on est parti d'Hidirain. Non ; même depuis l'oracle.)

Kay ne nourrissait aucune curiosité quant à la question de Tanaëth et la réponse qu'il avait obtenue de l'oracle. Elle aurait juste voulu savoir si cela avait un quelconque lien avec son attitude taciturne depuis lors. Cependant, Tanaëth leva le bras, décidant d'une pause bienheureuse pour se ravitailler et, à cet instant, finit par desserrer les dents. Ce qu'il commença par dire fut exactement ce que Kay attendait. Or donc, Tanaëth était bien resté troublé par la réponse de l'oracle et avait eu d'autres choses en tête que de lui faire la conversation. La jeune guerrière se sentit quelque peu honteuse de ne pas l'avoir déjà accepté comme un fait et d'avoir effectivement désiré un trajet plus... Convivial ?
Mais le maitre d'armes n'en avait pas terminé. En réalité, il avait décidé de lui raconter tout ce qu'il pouvait et en particulier ce qui concernait leur actuelle mission. Avec grande attention, elle l'écouta, sa curiosité se réveillant soudainement. Tout d'abord, elle apprit enfin quelle était la relique qu'elle avait aidé à protéger. Et ce n'était rien moins qu'une possession de la mère d'Oaxaca. Ce qui expliquait largement l'intérêt des Shaakts pour elle.

- Oui, j'en… ai entendu parler, dit Kay, répondant par là à Tanaëth qui lui demandait si elle connaissait la sombre Déesse et ses projets tout aussi peu gai.

Le Sindel lui expliqua ensuite où la relique aurait dû être cachée - à Luinwë, et pourquoi, comme elle l'avait déjà deviné, une meilleure solution avait dû être trouvée. Puis il aborda le sujet de l'oracle et Kay dressa toutes droites ses oreilles pointues. Fil d'or, destinée, elle comprit sans se sentir néanmoins concernée - n'était-elle pas, de base, une simple paysanne ? Pas plus ne la surprit la suite, la réponse mot pour mot de l'oracle. Elle ne comprenait pas du tout cette histoire de lumière, de noir et de gris, mais les "hommes étranges et étrangers" sonnèrent familièrement à son ouïe puisque c'étaient les exacts termes qu'avait repris Tanaëth quand il avait interrogé le milicien, à Hidirain.

- Je comprends tout à présent. Et tu crois vraiment qu'ils viennent d'un autre monde ?

Cette insistance pour prendre en charge la relique et surtout, être envoyé en mission sur ce qui paraissait n'être qu'une simple rumeur. Kay leva les yeux au ciel, comme elle aimait bien le faire quand elle voulait se vider l'esprit. Oui, tout cela était sûrement ce qu'on appelait la Destinée. Plus qu'une simple intuition. Plus qu'une simple envie. Vraiment pas le genre de choses qui pourrait un jour lui arriver - sauf s'il s'agissait de son père. Bah ! Quelle importance ? Kay n'était pas le genre de femme à rêver de gloire et d'exploits héroïques ! Sa vie actuelle lui était plus que suffisante.

Son regard revint sur le maitre d'armes quand celui-ci lui partagea l'infime part de doute et de tristesse qui subsistait malgré tout et qu'elle pouvait voir clairement sur son visage. En six mois, il n'avait pas vu ses proches plus de trois jours. La semi-elfe senti son cœur s'alourdir d'une peine étrangère. Ils étaient partis si vite d'Hidirain que, tout en se posant la question, elle avait opté pour une réponse négative. Mais Tanaëth avait bel et bien des proches. Kay se demandait d'ailleurs ce qu'il entendait par là - il lui avait raconté comment il avait été banni de son pays natal et donc, privé de ses parents.

(Est-ce cela, un Danseur d'Opale ? Un bel héros qui ne peut plus voir personne ?)

Tanaëth se raccrochait à l'Opale, à son fil d'or. Il était sûr de ce qu'il faisait. Paradoxalement, c'était cela qui fit douter Kay. Elle non plus n'avait plus de famille (les humains qui en étaient les membres étaient probablement tous décédés à présent), mais cela ne lui semblait pas une raison pour dédier sa vie à des missions toujours plus importantes ! Kay n'eut cependant pas le temps d'y réfléchir plus avant car Tanaëth l'interrogea sur sa propre expérience à l'oracle de Khonfas et cette pensée disparut dans les tréfonds de son esprit.

- Non, je voulais en savoir plus sur mon père. Et… toujours maintenant. Mais enfin, maintenant, je sais qu'il est vivant.

Elle lui sourit avant de baisser les yeux sur le morceau de viande séchée qu'elle dévorait pourtant avec appétit. Elle ne parla plus et, bientôt, ils reprirent la route. Peu de temps, encore, leur fut nécessaire pour sortir de la forêt et rallier un campement composé de quatre grandes tentes que gardaient une dizaine de soldats, tous vêtus de la plus singulière des armures. Tanaëth marmonna quelque chose à propos de leur origine bien bizarre et, bien qu'il dû penser que ces quelques mots n'avaient pu être entendus que de lui seul, Kay souris à leur entente.

(Je suis sûre que si tu leur parles comme ça, ils vont nous accueillir à bras ouverts !)

La semi-elfe se garda bien, elle, de formuler cette pensée à haute voix, même dans un chuchotis, car ils étaient déjà assez proches des tentes pour qu'un garde leur barrât le passage, leur demandant d'un ton aussi protocolaire et monotone qu'un employé d'Air Gris, le motif de leur visite. Kay se retint de peu d'annoncer qu'ils étaient venus pour cueillir des champignons. Heureusent, Tanaëth était moins brocardeur qu'elle et préféra demander de façon assez rhétorique si ces hommes étranges étaient, eux, toujours en recherche d'un coup de main.

1053 mots

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Kay de Kallah, Maître d'Armes et demie-Sindel

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 Sujet du message: Re: Campement au Sud de Bouhen
MessagePosté: Lun 18 Juil 2016 14:25 
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Campement (Tanaëth et Kay)


    Aux paroles de Tanaëth, le garde le scruta de la tête aux pieds, avisant certainement de son impressionnant attirail, avant de faire un pas en arrière.

    « Ah, vous êtes là pour nous aider, » répéta-t-il. « Je vais... chercher quelqu'un de plus compétent... De plus gradé, vous voyez. »

    Et, sans un autre mot, il tourna les talons et marcha à une allure proche de la course vers la tente centrale. Mais il finit par contourner celle-ci pour se rendre dans celle juste derrière. Quelques seconde plus tard en resortait une jeune fille aux traits Ynoriens, qui s'approcha immédiatement des deux Sindeldi.

    Image
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    Arrivée à leur hauteur, la jeune femme, qui faisait près de deux têtes de moins que Tanaëth, les salua nonchalamment.

    « C'est toi qui fait peur à mes soldats ? » demanda-t-elle d'un ton neutre. « Bon matériel, effectivement. Vous venez ? »

    Et sans autre mot, elle tourna à son tour les talons pour les mener jusqu'à la tente de laquelle elle était sortie.

    Celle-ci était vide, et pourtant anormalement grande, pouvant accueillir sans difficulté une bonne trentaine de personnes. Lorsqu'ils arrivèrent à l'intérieur, elle se tourna finalement vers eux et reprit la parole.

    « Bon, il paraît que les Sindeldi ici ils sont pas trop cons, alors je vais vous épargner le couplet sur le fait que votre vie ne tient qu'à un fil et que si vous faites un pas de travers je vous découpe. Mais on va quand même mettre les choses au clair : si j'en crois le troufion qui vous a accueilli, vous êtes venus nous aider. Seulement nous aider signifie jouer contre les Sindeldi de notre monde. Vous vous en sentez capables ? »

    Elle laissa un petit silence passer avant de préciser :

    « Enfin, les Sindeldi et les Shaakts. Ils bossent ensemble. »


Campement (Lelma)


    Face à Lelma, le garde hocha la tête.

    « Bien, suivez-moi, » lui fit-il en tournant les talons.

    Ils se dirigèrent vers la tente centrale, et une fois à destination, le garde releva un pan pour faire passer Lelma.

    [Suite un peu plus bas]


Campement – Tente Centrale (Ama A'as, Aliéron)


    Dès les premières paroles d'Ama A'as, Shizune tenta de réprimer un sourire, jusqu'à la chute concernant les aristos, à laquelle elle éclata finalement d'un rire franc, quoique particulièrement élégant. Les paroles d'Aliéron lui attirèrent également un large sourire, faisant ressortir quelques rides aux coins de ses lèvres.

    « Eh bien, que de questions, que de questions, » lâcha-t-elle.

    Et elle y aurait bien répondu, si seulement elle n'avait pas été interrompue par l'arrivée d'un soldat et d'un aventurier (voir description de Lelma).

    [Arrivée de Lelma dans la tente]

    La tente était spacieuse. Il y avait de quoi faire tenir une bonne trentaine de personnes sans le moindre soucis. Et pourtant, elle était presque intégralement vide. En dehors d'un large fauteuil où était assise une femme entre deux âges et aux traits Ynoriens, de quelques chaises vides à l'aspect relativement confortable et de deux hybrides à l'allure insolite (voir description de Ama A'as et Aliéron), rien ne semblait justifier un tel espace.

    Image


    La femme se tenait nonchalamment sur le canapé : sa posture n'avait pas grand chose de militaire. Si son accoutrement n'était pas aussi étrange que ceux des soldats à l'extérieur, il restait étrange : une combinaison moulante bleue foncé qui semblait faite dans une matière inconnue, plus ou moins proche du cuir, visuellement.

    « Colonel, » héla le garde. « Un nouvel aventurier venu nous aider. »

    L'intéressée fit signe au jeune homme d'approcher et au garde de s'en aller avant de reprendre la parole.

    « Colonel Shizune, » se présenta-t-elle. « Tu tombes bien, je n'aurai pas à tout expliquer deux fois de suite. Enfin... Tu serais mieux tombé une minute plus tôt, mais passons. Premièrement récapitulons ce que je viens de leur dire – et que tu aurais entendu si tu étais arrivé une minute plus tôt. »

    Elle avait laissé entendre que son arrivée tombait à pic, mais pourtant une légère aigreur dans son ton, ainsi que la répétition de ce retard d'une minute à ses premières explications, pouvaient laisser penser qu'elle était quelque peu irritée qu'il soit arrivé juste après qu'elle en ait terminé.

    « Nous venons d'un autre monde dans lequel les humains étaient les esclaves des Sindeldi et des Shaakts pendant plusieurs millénaires. Nous leur avons échappé il y a sept siècles, depuis ils sont exilés, mais des ennemis du pouvoir complotent avec eux pour fomenter leur retour et voler le pouvoir en place. Comme tout le monde est soupçonné de trahison – en dehors de moi-même évidemment – nous avons besoin de personnes extérieures en dehors de tout soupçon : vous. »

    Elle poussa un soupir avant de s'adresser un sourire à elle-même.

    « Je savais bien que je pouvais faire court. A force de voir les hommes faire de même... »

    Elle adressa un clin d’œil à Aliéron, visiblement très fière de sa plaisanterie grivoise, avant de finalement reprendre la parole, à l'adresse des Sindeldi cette fois, mais sans pour autant laisser Lelma de côté.

    « Le problème avec vous deux, » expliqua-t-elle, « c'est que vous ne ressemblez ni à des Sindeldi ni à des humains. Je ne peux pas vous envoyer du côté des elfes car ils comprendraient que vous n'êtes pas des leurs en quelques secondes, et, effectivement, vous serez quelque peu en danger en plein cœur de la ville. Il y a des solutions, cependant. Premièrement, Messire Aliéron ne ressemble pas tant à un elfe que cela. Nos humains n'ont jamais rencontré de personnes lui ressemblant, donc ils penseront juste qu'il est bizarre, étrange, sans se poser de question relatives à ses origines. Quant à toi... Bon, se balader en ville sera quelque peu dangereux, mais vous ne serez pas non plus massacrés sans sommation... Enfin, ça dépend où vous vous rendez, évidemment, et il faudra faire attention, mais nous avons eu notre lot de semi-elfes dans la cité. Plusieurs millénaires d'occupation ne se font pas sans quelques bâtards au milieu. Tu pourras prétexter être une très très vieille demi-elfe. Ou sinon, tu pourras te promener avec une armure complète. Tu auras l'air d'une soldat, donc certaines portes te seront également fermées, mais au moins ne seras-tu pas attaquée à vue. Ce sera à toi de voir ce que tu préfères une fois sur place. »

    Elle se tourna ensuite vers Aliéron pour répondre à ses questions en les résumant pour ne pas avoir à les répéter à Lelma.

    « Notre monde se nomme Izurith. Nous sommes venus sur Yuimen par de la technologie plus ou moins calquée sur les fluides spatiaux, des sortes de portails magiques qui mènent d'un monde à l'autre. Quant aux contacts avec les Sindeldi et les Shaakts, non, nous n'en avons pas eu. Pas en dehors des prisonniers que l'on a pu faire de temps à autre, en tout cas. Mais nous savons dores et déjà que leurs peuples sont désunis. Plusieurs factions s'affrontent, effectivement, certaines voulant notre éradication, d'autres le retour à l'esclavage et de rares voies au milieu s'élèvent pour proposer la paix. »

    Finalement, elle se redressa et sortit un petit objet métallique circulaire de sa ceinture, qu'elle plaça au centre de la tente. Il ressemblait à un socle, sauf qu'il était troué au milieu. Après quelques tripatouillages que les autres ne pouvaient voir, elle s'écarta vivement du socle, et, quelques secondes plus tard, un énorme "trou" apparut de nulle part devant eux. Il ne semblait pas être fait de quoique ce soit, il était un simple trou dans l'air, à travers lequel on pouvait voir un autre lieu, sans aucun rapport avec le pan de la tente que l'on pouvait voir quelques secondes plus tôt en regardant au même endroit. A la place, des murs gris clair fait d'une matière toute aussi inconnue que ce qu'ils avaient pu voir depuis qu'ils étaient arrivés sur place et quelques étranges machines.

    « Voilà le portail. C'est sans danger, vous pouvez traverser. Mais sachez que si vous passez, vous acceptez de nous aider, et de ne repartir qu'une fois votre mission accomplie. »

    [Suite dans Izurith - Palais si vous décidez de traverser. Se référer au tout premier post du sujet.]
    [HJ : Vous pouvez RP le passage : ça vous donne le tournis quelques secondes, mais en dehors de cela aucun problème. Vous n'avez pas l'impression d'être transporté, juste de passer un seuil.]


    [:attention:] Mise à jour de MàJ ICI pour vous trois [:attention:]



[Tanaëth : 0,5 (introspection) ; 0,5 (informations) ; 1 (bonus longueur)
Kay : 0,5 (introspection) ; 0,5 (informations) ; 1 (bonus longueur)
Lelma : 0,5 (introspection) ; 1 (informations) ; 1 (bonus longueur)
Ama A'as : 0,5 (introspection) ; 0,5 (informations) ; 1,5 (bonus longueur)
Aliéron : 0,5 (introspection) ; 0,5 (informations) ; 1,5 (bonus longueur)]

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 Sujet du message: Re: Campement au Sud de Bouhen
MessagePosté: Lun 18 Juil 2016 20:28 
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Le soldat me lorgne comme je viens de le faire à son égard, des pieds à la tête. Il répète mes mots puis, semblant quelque peu perturbé pour je ne sais trop quelle raison, il nous informe qu'il doit aller chercher quelqu'un de plus compétent, quelqu'un de plus gradé autrement dit. Je lui réponds d'un ton calme et neutre:

"Faites, soldat, faites."

Une fois qu'il s'est détourné, je laisse un infime sourire doucement ironique relever le coin de mes lèvres, pas peu fier d'être parvenu à le dissimuler suffisamment longtemps pour que le bon petit soldat ne s'en aperçoive pas. Il me rappelle des souvenirs, celui-là, brave petit pion soigneusement moulé comme tous ses petits camarades, pas un brin d'initiative, surtout, en cas de question, on appelle un gradé! J'efface cependant rapidement ma moue sardonique et me recompose un visage impassible alors qu'il court vers l'une des tentes située un peu en retrait de celle occupant le centre. Il en sort quelques instants plus tard une jeune femme ressemblant à une Ynorienne, mais bardé elle aussi de bien étranges vêtements. Contrairement au troufion son visage est visible, du moins la moitié du haut car sa bouche est dissimulée par une espèce d'appareil inconnu. Hum, voilà qui doit être pratique pour causer...ils ont vraiment des idées bizarres ces étrangers...peut-être se nourrissent-ils uniquement de soupe, avalée au moyen d'un roseau? Quoi qu'il en soit, la femme qui m'arrive à peu près au milieu de la poitrine semble très jeune, et elle s'approche rapidement de nous avec une attitude désinvolte. Elle me demande alors si c'est moi qui fait peur à ses soldats puis, sans même me laisser le temps de répondre, remarque la qualité de mon matériel puis nous invite à la suivre. Je hausse un sourcil pensif, à quoi bon poser des questions auxquelles on ne veut pas de réponse?! Ces humains, décidément, ils ne sont pas vraiment finis...

Nous la suivons cependant dans la tente qu'elle vient de quitter, immense, et vide. Là encore quelque chose m'échappe, mais l'heure n'est pas aux questions, pas encore. La gamine nous déballe alors un discours digne de l'académie de diplomatie Garzok, précisant qu'elle n'a pas besoin de nous faire un couplet d'avertissement, couplet que, comme de juste, elle nous sert dans la foulée. Selon elle les Sindeldi de Yuimen ne seraient pas trop cons, venant d'une humaine cette sortie-là prête à sourire la moindre. Mais, toujours aussi subtile, elle nous apprend ensuite que c'est contre des Sindeldi qu'ils cherchent de l'aide! Je la dévisage quelques instants en silence, songeur. Peu m'importe la sottise de cette gamine, peu m'importent ses insultes, ses provocations puériles, il existe des Sindeldi sur un autre monde!!! Sont-ils également originaires d'Eden? Vénèrent-ils Sithi? Ont-ils un clergé? Un roi? Les questions fusent en mon esprit, mais je n'ai pas le temps d'extrapoler plus avant, pas plus que de poser la moindre question d'ailleurs car la fillette nous affirme alors que les Sindeldi de son monde sont alliés aux Shaakts! Par Sithi, sont-ils devenus fous, nos cousins de cet autre monde? C'est insensé, totalement insensé!

Je me reprends sévèrement, la gamine attend visiblement une réponse et je ne peux pas me permettre de lui envoyer ses quatre vérités dans le museau, pas si je veux avoir une chance d'accomplir la mission qui nous a été confiée. Je soupèse donc soigneusement mes mots avant de lui répondre:

"Je peux t'assurer qu'il y a de véritables crevures parmi les Sindeldi de Yuimen, comme il s'en trouve dans tous les peuples que j'ai eu l'occasion de côtoyer. Maintenant, damoiselle, tu me demandes de but en blanc si je suis prêt à me joindre à vous contre mon propre peuple. Sans vouloir t'offenser en rien c'est une approche légèrement...maladroite."

Je lui souris légèrement, calme et assuré, puis reprends:

"Ceci dit, je suis placé pour savoir que certains de mon peuple sont des ordures finies, on en trouve de belles dans le gouvernement du Naora. Alors, si vous me demandez de lutter contre mon peuple, la réponse est non. Mais si vous me demandez de lutter contre quelques pourritures qui le dirigent de manière imbécile, la réponse est oui. Quant aux Shaakts...je peine à concevoir que mon peuple se soit allié à ces vermines. Mais, autre monde, autre histoire, autres moeurs, alors je veux bien te croire si tu l'affirmes."

Une pause, pour lui laisser le temps de cogiter mes paroles, puis je lui suggère:

"Explique-moi donc, même vaguement, ce que vous attendez de moi et la raison pour laquelle vous avez sollicité de l'aide et me demandez d'agir contre les miens. Je pourrai alors répondre clairement à ta question, damoiselle."

(834 mots)


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 Sujet du message: Re: Campement au Sud de Bouhen
MessagePosté: Lun 18 Juil 2016 22:15 
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La tension redescend tranquillement, ce qui au final n'est pas pour me déplaire. La jeune Yumiko pousse un profond soupir, de soulagement sans doute. Les frustrations semblent avoir disparu et la discussion peut maintenant repartir sur des bases nouvelles...de bonnes bases. Elle commence alors à m'expliquer le pourquoi du comment. Comme le fait qu'elle n'était pas supposée me donner toutes ces informations, prenant ainsi quelques risques en me les transmettant. La demoiselle continue ensuite, vantant quelque peu mes mérites, louant le fait que je sois un homme d'honneur, du côté de la justice. Enfin, elle me donnes quelques informations supplémentaires, sur leur technologie et le fait qu'ils ne soient pas vraiment enclin à nous la transmettre. A cet instant, je ne peux m'empêcher de hocher la tête tant cette décision est sage et avisée. Plus elle parle, plus je suis rassuré. Et je l'écoute, toujours plus sereinement.

C'est ensuite que vient une question. Une question qui n'a rien de vraiment étonnant au final. Suis-je capable de mentir. C'est la question ultime, celle qui revient à me demander si maintenant, Yumiko peut me faire confiance. Si elle peut compter sur moi. Si je peux faire comme si elle ne m'avait rien dit. Bien évidemment, la réponse coule de source. Je suis capable de mentir, sinon je n'aurais strictement rien à faire chez les Amants de la Rose Sombre. Un secret d'une certaine envergure que je n'ai pas vraiment de peine à garder. Alors oui, je suppose que oui, mentir fait partie de mes compétences. Je n'ai donc pas besoin d'attendre plus longtemps avant de lui répondre.

"Mentir ? Oui, je suis tout à fait capable de mentir. Si c'est ce dont vous avez besoin, ma bouche restera close aussi longtemps que cela vous sera nécessaire. Je suis du genre à toujours réfléchir avant de répondre à une question et...Même si l'on me torture, vos secrets ne seront pas dévoilés."

Oui, c'est un fait. Je suis de plus en plus doué pour garder les secrets...Si seulement elle savait à quel point. Et pour ce qui est de la torture, je l'ai tellement subit ces derniers jours que c'est presque devenu une routine. La douleur, les menaces...C'est d'un classique maintenant! Oui, je pense être la personne la plus sûre qui soit pour ce qui est de garder des informations.

[386 mots]

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