Alors que la vieille guerrière regardait tour à tour les quatre voies qui se présentaient à elle sans savoir laquelle choisir, Miha lui fit remarquer que les pierres gravées contenaient peut-être la réponse à leur question. Cette remarque était plus que sensée. Or seul Gurth semblait apte à déchiffrer ces singuliers symboles et il ne tenait qu’à lui de dévoiler ou non les informations qu’ils avaient découvertes.
Le paysan, quant à lui, ne tint compte aucunement des remarques de ses compagnons et s’engagea dans la voie de gauche. Perplexe, Virina le regarda s’éloigner. Pour sa survie, elle savait qu’il était préférable qu’ils demeurent tous ensemble, et voir cet homme faire fi de ses recommandations la contrariait. Peu volubile, elle n’aimait pas répéter ses paroles. Bien décidée à ce qu’ils restent tous unis, elle fit un pas en avant dans le but bien arrêté de stopper l’avancé de Ybeild en plaçant fermement une main sur son épaule. S’il refusait d’obtempérer, la guerrière se ferait un plaisir d’employer la force pour parvenir à ses fins.
Mais malheureusement pour la vieille créature, ses plans furent déjoués par une secousse sous ses pieds. En fait, avant même que Ybeild ne pût s’éloigner et alors que Gurth caressait de son gros doigt boudiné les gravures des pierres, le sol s’effondra à l’endroit précis où ils avaient pied. Leur chute fut de courte durée, mais tout de même un peu éprouvante pour le derrière de Virina. Bien que la douleur la tenaillait quelque peu, la vieille femme ne prit même pas la peine de masser la région blessée. Dure sur son corps, elle avait d’autres préoccupations pour le moment.
Alors qu’elle aurait dû se lever prestement pour examiner plus à fond cette salle souterraine creusée dans la roche et la terre, elle n’en fit rien. Ses yeux ne quittant pas le tas d’objets pour le moins intéressant qui se trouvaient devant elle, elle ne put voir la porte de bois se trouvant derrière elle et qui constituerait peut-être la sortie.
Sans un mot, la barbare se leva enfin. Sans un regard envers ses compagnons, elle se dirigea vers le trésor qui lui faisait face. De tous les armes et équipements de qualité, que regorgeait cette grotte éclairée faiblement par de curieuses torches, une seule l’intéressait.
Sans préambule, ni scrupule, Virina s’étira le bras et s’empara du
magnifique cimeterre qui trônait sur le sommet de l’amoncellement d’objets précieux. La lame courbe de soixante-dix centimètres dans les mains, un sourire figé sur le visage, Virina était fascinée par cette arme très particulière qui requérait une approche complètement différente d’une épée conventionnelle. Virina n’était pas sans savoir que cette lame courbée permettrait de glisser sur les armures et les cottes de mailles et pourrait ainsi lui permettre de reprendre une attaque manquée. Notre guerrière se réjouissait à l’avance, s’imaginant les effets dévastateurs d’une telle arme sur le champ de bataille.
Son admiration face à sa nouvelle acquisition était telle qu’elle en oublia la présence de ses compagnons.