L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Ven 20 Mai 2016 18:18 
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Localisation: Derrière Cromax
Le ciel peu à peu se parait de teintes plus sombres. Sous sa couverture, le complot des deux Sindels prenait peu à peu forme. La fusion de ces deux esprits, l'un paré de bonnes attentions, l'autre noir et cruel, avait formé un petit quelque chose. Une graine. Une graine qui ainsi fécondée dans ce paisible lieu donnerait naissance à ce plan machiavélique.

Hrist approuva les propos de Cromax d'un signe de tête, et puis de toutes façons, même s'ils n'avaient pas ce fameux minéral létal, il y aurait probablement un peu de vitriol ou de cyanure. Hrist n'était pas trop regardante mais elle aurait souhaité avoir un peu plus de fantaisie et pour ça, sa seconde Katalina lui manquait terriblement. Cette femme, la fidèle empoisonneuse qui la suivait depuis Keresztur avait un esprit farceur psychopathe et des connaissances incroyables en matière de toxines et de poison. En peu de temps, elle parvenait à mettre au point de dangereux poisons et ce, avec une précision extrême. Hrist avait toujours envié ce talent mais elle estimait de bon coeur qu'il était assez compatible avec le sien.

Le plan final venait donc d'éclore. Sortant légèrement de terre de petites pousses attirée par le ciel constellé. Cromax resterait donc sur place pour surveiller les chambres des deux cibles et restera aussi pour faire bonne figure en cas de demande particulière de la Régente ou de ses Vassaux. Hrist de son côté devrait avoir assez d'une nuit pour acheter un poison mortel. Ou même un lot de plusieurs poisons histoire qu'il soit plus compliqué de faire le lien entre cet achat et la subite mort de Léodos.

Malheureusement pour elle, Cromax n'avait pas de foulard à lui confier, elle qui voulait sortir dissimulée trouverait une solution alternative, quitte à prendre un tissus sombre pour en faire un de fortune. Dès lors que le dîner sera terminé, la Murène se glissera hors du Palais et ira quérir son précieux et funeste bien dans les bas fonds de la cité, ayant Cromax pour couvrir ses arrières.

Il l'invita d'ailleurs à la rejoindre à l'intérieur afin de ne rien rater des animations de la Cour, arrachant la tête d'une rose afin de la humer sous le ciel déclinant et de la lui tendre. Hrist hésita un instant, observant tour à tour les yeux sombres de Cromax et la rose rouge au bout de ses doigts. Elle la recueillit comme un petit oiseau blessé au creux de ses mains avant de l'observer doucement à la lueur des derniers rayons du jour. Passant son doigt sur les pétales fraichement nés d'une douceur inégalable. Elle paraissait légèrement triste en observant la fleur, et sachant qu'elle n'avait pas pu dissimuler ce visage fade, elle répondit, toujours les yeux rivés sur la rose.

" Jamais encore on ne m'avait offert de fleur. "

Elle marqua un temps, où elle ne dit rien et ne fit que regarder la rose, soupira et la garda sur elle avant de dire, le visage fermé.

" Rentrons. "

La germination commençait. Qu'allait-il sortir de cette terre ? Une petite plante, fébrile et fragile ? Du chiendent ou encore un arbre colossal ? Cette petite graine qui était jusqu'à présent le plan théorique allait passer la douloureuse épreuve de la pratique. Le sort était jeté.

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548 mots - 2000 mots au total

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La petite ombre de la Mort à Elysian.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
Au milieu des cercueils,
Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


Némésis d'Heartless


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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Sam 21 Mai 2016 13:42 
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Illyria – Auberge des docks

    La serveuse dégagea son bras de la prise d’Earnar et s’en alla avec un hochement de tête. Elle revint quelques secondes plus tard avec une chope de bière moussue et ambrée qu’elle posa devant l’assassin.

    - Il paraît que l’homme, là-bas, cherche à vendre son navire. Un bateau marchand. Je crois qu’il le vendait aux alentours des 50 000 lys.

    Elle ne s’était pas assise à la table et restait debout de l’autre côté.

    - Ouais, on connaît deux trois ragots sur les villes, mais va falloir être plus précis si vous voulez des informations sur quelque chose de précis. Et allonger la monnaie.


Illyria – Les égouts

    - On peut parfois entendre des bruits étranges provenir des égouts. Certains disent que ce sont des rats, d’autres de très gros rats et d’autres encore quelque chose de bizarre et d’étrange, avait répondu Berus avec un air de comploteur.

    Lorsque Guasina évoqua sa volonté à se rendre à l’intérieur des égouts, ils la regardèrent avec de grands yeux, impressionnés par tant de bravoure chez un être si petit. Ils acquiescèrent néanmoins lorsque la lutine leur demanda de veiller sur le choucas, et elle avait sans doute bien fait de préciser qu’il était avec elle car les enfants en auraient sans doute fait un compagnon de jeu, malgré sa volonté.

    La pièce était sombre et le peu de lumière qui filtrait à l’intérieur permettait à peine de distinguer des murs de pierre. Les ombres qui s’épaississaient plus encore à certains endroits permettaient de deviner plusieurs couloirs s’enfonçant dans les ténèbres. Il n’y avait aucun bruit dans sa proximité directe, mais elle pouvait entendre le chuchotement de l’eau qui s’écoule au loin. Elle put également entendre un bruissement provenir de l’un des couloirs, bien qu’elle ne puisse pas en être certaine.

    Image


Illyria – Bibliothèque


    Le jeune homme haussa un sourcil et se gratta le menton.

    - Sible, Sible… Ce nom me dit quelque chose. AH ! Vous devez parler de Sihle. En ce cas, vous êtes au bon endroit. Nous avons récemment acquis un livre sur la cité et son peuple, il semblerait qu’il résume assez bien ce peuple, quoi que je ne puisse vous dire grand-chose sur la fiabilité de l’auteur, puisque nous n’avons que peu de récits pour comparer. Sihle est une cité qui nous est assez étrangère après tout.

    Tout en bavassant, le bibliothécaire se leva et accéda à une pile de livres pour en retirer un ouvrage qu’il tendit à Faëlis.

    - Vous pouvez le consulter directement sur place, sur les tables qui se trouvent là-bas. Par contre les livres ne peuvent pas être empruntés.


Illyria – La Planque

    Syrah hausse un sourcil intéressé lorsque Leykhsa prend la parole pour proposer de l’argent et son intérêt va croissant alors que la semi-elfe poursuit. Lorsque Leykhsa achève sa présentation, la jeune femme reste quelques instants songeuse et finit par hocher la tête en rengainer son arme.

    - Bien. Je vais voir ce que je peux faire pour t’arranger une entrevue. Toi, tu restes ici et tu ne bouges pas ou mes gamins te tomberont dessus pour te réduire en miettes.

    Sur ces paroles, elle s’en alla dans un bruissement de la cape qu’elle portait sur les épaules. Elle revint environ trois quart d’heures plus tard.

    - Viens, dit-elle d’un ton péremptoire. Toi aussi, Jaral. Si je dois bouffer pout ta connerie, tu boufferas avec moi.

    Le gamin tremblait à présent comme une feuille, mais il acquiesça et suivit Syrah. La jeune femme les mena hors de la Planque, mais s’arrêta juste devant celle-ci. Elle se tourna vers le duo et sortit deux bandeaux noirs.

    - Aucun de vous n’a la confiance requise pour que je vous emmène là-bas sans vous bander les yeux, donc laissez-moi mettre ce bout de tissus devant vos yeux. Je vous escorterai.

    Syrah s’approcha d’abord de Jaral et plaça le bandeau autour de ses yeux avant de faire de même avec Leykhsa. Elle serra le bandeau sans aucune douceur et elle fut aveuglée. L’éradicatrice pu sentir la main de Jaral s’accrocher à sa manche tandis que Syrah prenait son bras libre et l’entraînait. Ils marchèrent à un bon pas malgré l’aveuglement du duo et Syrah ne leur disait que les obstacles majeurs sur leur chemin pour qu’ils ne tombent pas, mais tous deux trébuchèrent régulièrement.

    Au bout de quelques minutes, Leykhsa put sentir les odeurs changer et la fange laisser place à une odeur moins incommodante. Ils poursuivirent la marche durant une trentaine de minutes avant que Syrah ne s’arrête et échange quelques mots d’une voix étouffée avec quelqu’un. L’instant d’après, elle les entraînait à l’intérieur d’un bâtiment et la porte se ferma sur eux. Ils montèrent un escalier et ce ne fut que dans la pièce d’après que le bandeau leur fut retiré. Devant Leykhsa, assise sur un fauteuil aux allures de trône se trouvait une femme à la prestance et au port altier. Sa peau avait un grain fin et lisse, dépourvu de défauts et de longs cheveux blonds étaient adroitement coiffés, auréolant un visage gracieux orné d’yeux céruléens. La Femme était vêtue d’habits moulants et d’un corset mettant en valeur sa poitrine tandis que ses jambes étaient masquées sous une jupe dont l’avant était assez transparent pour permettre d’en observer les courbures délicates. Elle avait tout de la courtisane de luxe, jusqu’aux manières lascives.

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    Elle semblait jauger Leykhsa du regard, en appréciant le physique comme on regarderait une belle pièce de viande.

    - Syrah m’a conté une histoire fascinante, Anna, et j’aimerai en entendre le fin mot de ta bouche.

    Sa voix était mélodieuse, à tel point qu’elle avait presque quelque chose d’envoûtant, s’entremêlant de danger.

    - Mais avant que tu ne commences, sache que je suis ici la personne qui aura la meilleure écoute, celle à qui tu dois tout dire, aussi est-il préférable que tu ne te pares pas de mystères et en vienne directement aux faits.


Illyria – Le Palais

    Les deux jeunes gens finirent par trouver la salle où la noblesse d’Illyria en quête de rencontre se réunissait. La salle était vaste, parcourue de plusieurs colonnes reliées par des arches ornées de dorures. L’ensemble était dans les teintes chaudes qui semblaient caractériser le palais d’Illyria. Il y avait là un espace dédié à de nombreuses tables rondes pouvant accueillir de cinq à dix convives autour desquels s’essaimaient une nuée de serviteurs. Une autre partie de la salle semblait caractérisée par un buffet face à un espace vaste et dépourvu de meubles. Les nobles semblaient avoir le choix entre picorer quelques mets du buffet ou s’asseoir pour un repas plus consistant aux tables. Plusieurs groupes étaient formés, devisant, complotant allègrement. L’ambiance n’était pas celle d’une fête particulière ou d’un banquet mais d’une soirée somme toute classique en ces lieux.

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    [Idée générale, la salle elle-même est plus grande que celle-ci.]

    Un jeune homme avisa de leur présence et vint à leur rencontre. Il avait les cheveux blonds et de grands yeux verts. Il semblait être richement vêtu à la dernière mode et son visage exsudait la joie de vivre et une certaine innocence rarement trouvée dans la noblesse. Ses lèvres étaient souriantes alors qu’il s’inclinait devant les deux aventuriers.

    Image


    - Seigneur, Ma Dame, votre présence ravit ce palais, dit-il en guise d'entrée en la matière. Je me présente, je suis Camiran d’Epuytail, le fils du Grave d’Epuytail. Pardonnez mon audace en exprimant la question qui est sur toutes les lèvres, seriez-vous deux fières âmes venues d’Outre-Monde ?

    Sa question semblait lui brûler les lèvres, mais son regard était emplis de curiosité.



[Cromax – xp : 0,5 (intériorisation) 0,5 (discussion), 1,5 (longueur) ;
Hrist – xp : 0,5 (intériorisation), 0,5 (discussion), 2 (longueur) ;
Guasina – xp : 0,5 (découverte), 0,5 (longueur) ;
Faëlis – xp : 0,5 (question) ;
Leykhsa – xp : 0,5 (négociation réussie) ;
Earnar – xp : 0,5 (question)]

_________________
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Une question ? Par ici.
Pour une demande de commentaire, de dirigé,
par là.
Pour une demande d'intervention ou de sévices,
de ce côté.


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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Sam 21 Mai 2016 14:14 
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Le bibliothécaire corrigea bien vite. La ville s'appelait en fait Sihle, voilà qui lui apprendrait à ne pas demander de carte à emporter ! Sa mémoire lui jouait des tours. Il approuva bien vite et écouta. Apparemment, il n'y avait que très peu de liens et la ville était méconnue d'Illyria. Tant mieux, si sa présence paraîtrait plus surprenante, ses éventuelles erreurs n'en seraient que mieux masquées. Il n'y avait qu'un seul livre sur le sujet, à lire sur place. L'elfe s'inclina :

« C'est exactement ce que je cherche, merci beaucoup ! »

Il tendit une pièce en récompense et alla lire l'ouvrage. Il représentait probablement toute la somme des savoirs à propos de cette ville. Ceux qui ne le connaissaient pas ne pourraient infirmer ses dires et ceux qui le connaissaient n'entendraient de sa part que des choses qu'ils avaient lus. Conformément à la nature humaine, ils seraient plus enclins à le croire, même en sachant la source peu fiable...

Il prit donc le livre tendu par l'homme et s'installa sur un pupitre de lecture, plus loin, cherchant des informations sur la ville de Sihle, ses coutumes et ses rapports avec les autres villes, en espérant qu'elle ne soit pas trop retirée pour rendre son histoire de marchand trop invraisemblable.

Au final, le livre se révéla assez flou. Apparemment, le peuple était assez renfermé, sauvage, voire partisan de l’esclavage. Il n'avait pas très bonne réputation... Bon, prétendre qu'il travaillait pour un marchand de là-bas risquait de surprendre, mais en même temps, comme il l'espérait, il prenait peu de risques : il n'y aurait aucun expert pour s'assurer qu'il disait vrai. Il prit donc un peu de temps pour essayer de monter une histoire simple qui permettrait d'éluder rapidement les questions. Puis, il sortit en remerciant le bibliothécaire et sortit dans les rues. Le soir approchait. Il reprit le chemin de l'auberge, mais commença au passage ses recherches en vue de trouver un marché sur le trajet. Quel dommage qu'il n'ait pas pensé à se renseigner sur le type de marchandises qui s'échangeaient avec les élémentaires... mais ce serait l'occasion de combler ces lacunes.

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L'homme de toutes les femmes, la femme de tous les hommes
Lampadaire officiel de la quête 32

Le thème de Faëlis


Dernière édition par Faëlis le Dim 22 Mai 2016 14:19, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Sam 21 Mai 2016 23:48 
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Réajustant sa capuche pour ne pas dévoiler son visage d'elfe et surtout ses oreilles effilées à la serveuse qui devait être aussi fille de joie dans cette auberge de marins. Se dégageant de sa prise, elle se déhancha jusqu'au comptoir et revenu auprès de lui avec une chope de bière ambrée et au col mousseux.

La serveuse lui révéla qu'elle avait bien entendu un homme souhaitant vendre son navire marchand à un prix d'à peu près 50 000 lys, en d'autres termes toute l'économie d'une vie, à moins qu'il ne se mette à voler les caisses des grandes échoppes dans le quartier riche. Un peu d'émotion forte n'était pas pour lui déplaire mais la nuit n'était pas encore tombée et il valait mieux faire profil bas pour l'instant surtout qu'il ne savait pas comment les voleurs et assassins locaux allaient se comporter face à la concurrence. Tout cela pour dire qu'Earnar avait tout intérêt à trouver la somme correspondante ou de chercher un autre moyen de convaincre le vendeur de lui céder son bateau.

- Un peu cher, marmonna-t-il.

Il attrapa la chopine et but lentement la bière mousseuse et ambrée écoutant la diatribe de la serveuse sur le fait qu'elle connaissait certains ragots sur les villes d'Elysian mais elle lui précisa qu'il allait falloir qu'il soit être plus précis sur ses demandes et bien entendu allonger la monnaie.

Il ne pouvait lui en vouloir, l'elfe lui-même avait promis de l'argent en échange d'informations solides. Il sortit trente cinq pièces de sa bourse devant lui et soudainement ses griffes sortirent de leur étui pour former comme une cage autour des pièces.

- Comme promis la monnaie, mais d'abord les informations évidemment. Quelles sont les habituelles marchandises qui circulent dans ce port, leur provenance ? Quelle est la situation politique à Illyria, j'ai ouïe dire que le roi n'était pas en état de régner de nos jours, alors qui dirige en ce moment ?

- Une grande cité telle que la vôtre doit avoir son lot d'organisations secrètes, peut-être en connaissez-vous ou du moins connaissez-vous leur appellation ? Et enfin une dernière question: avez-vous vu des elfes récemment ou plus anciennement ou entendu des rumeurs sur leur présence à Illyria ?

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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Dim 22 Mai 2016 14:59 
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Bien qu’il ait été bien innocent de ma part, cette petite attention, ce don d’une rose à peine éclose, semble toucher Hrist plus que je n’aurais pu le penser. Son trouble semble réel, et elle trouve même nécessaire de s’exprimer sur celui-ci, brièvement, avouant que c’est la première fois que quelqu’un lui offre une fleur. Pensive, fermée subitement, elle soupire en regardant mon présent, et conclut que nous devrions rentrer sans plus tarder. Perplexe, je l’accompagne néanmoins dans les détours du palais, sans m’empêcher de poser quelques hypothèses sur ses réactions. L’une d’elle me fait sourire, de par sa nature sombre et, finalement, peut-être réaliste. Sans doute, dans son monde de morts et de crimes, n’offre-t-on des fleurs qu’aux tombes des défunts, commémorant leur décès par quelques pétales raffinés. L’explication est peut-être pragmatique, aussi. Dénuée de tout sentiment, elle ne comprend juste pas la nature de ce présent. Empoisonneuse en plein, elle aura sans doute trouvé que la rose manque d’intérêt, étant limite comestible, à côté des autres fleurs à haute toxicité qu’elle a cherché dans ces jardins. Mais outre le côté plausible de cette solution, je me refuse d’y croire, préférant y voir une nouvelle fragilité, un émoi qui, troublant, la plonge malgré elle dans le domaine des sentiments, des émotions… Une voie qu’elle ne maîtrise et ne côtoie que peu. Et dont elle prend peut-être peur.

Fort de cette hypothèse, je me concentre un peu plus sur le décor qui nous entoure. Nos pas finissent par nous mener jusqu’à une salle où le beau monde semble se rassembler. Vaste salle à la colonnade toute colorée de teintes chaudes et dorées, au faste toujours mis en avant de manière grandiloquente, comme partout dans ce palais aux mille richesses, siège du pouvoir politique et commercial d’une cité à la puissance économique certaine, l’endroit semble accueillir toutes les âmes nobles désirant deviser dans une ambiance sereine. Comploteurs et deviseurs se rencontrent ici devant l’éternel, qui rapportant les dernières nouvelles de régions lointaines, qui radotant sur le bon vieux temps, qui ragotant sur les rumeurs fraîches et les plus vicieuses.

Les serviteurs voyageaient entre les tablées rondes comme l’auraient fait les danseurs d’un balai savamment orchestré, véritable armée de domestiques aux petits soins des nantis du royaume. À se demander comment la cité pouvait se payer autant de luxe et de personnel sans plonger à perte dans une faillite certaine.

Dans tout ce beau monde, perclus dans un quotidien classique, bien que la débauche de petits plats du buffet et de l’armée de serviteur puisse indiquer le contraire à un œil non averti, je tente de repérer un visage connu : Insilbêth, Hascan, voire même le serviteur nous ayant accueilli, ou le héraut nous ayant annoncé aux portes de la salle du trône. En vain, hélas : nul ici ne semble nous connaître, ce qui n’est pas pour faciliter notre venue. Pourtant, assez vite, et avant même d’avoir pu nous avancer vers une table ou l’autre, ou nous isoler à une tierce où nous aurions pu observer ces gens posément, un être curieux s’approche de nous. Je pose, curieux, le regard sur ce jeune premier aux allures innocentes et candides. Il me rappelle presque Faëlis, sous certains aspects. Une naïveté placardée sur les traits, une lueur de jeunesse dans le regard. Un homme qui se ferait dévorer sans répliquer, dans des quartiers dangereux et mal famés. Une proie.

Le jeune homme n’est pas dénué de charme, cependant, avec ses mèches blondes et ses yeux smaragdins. Le faste de son habit aux dorures rapiécées de pierres précieuses indique clairement sa classe sociale élevée, même parmi le parterre des courtisans du cru. Le sourire enjôleur de ses lèvres accompagne la révérence polie qu’il nous sert pour s’introduire à nous, alors que je lui rends ses muettes salutations par une légère inclinaison de mon buste et de ma tête vers lui. Mais alors que mon regard se pose à nouveau sur le sien, c’est avec un soudain intérêt analytique poussé. Car le jeunot vient de se présenter comme étant le sieur Camiran d’Epuytail, fils du Grave éponyme, et successeur potentiel au Roi d’Illyria, prétendant au trône. C’est donc ce freluquet à peine sorti de l’adolescence que j’ai arbitrairement décidé de placer au centre de mon plan diabolique pour nous débarrasser d’une pierre deux coups des deux prétendants retors. Et tout à coup, cette place d’honneur de l’empoisonneur prend un fameux coup dans l’aile. Qui ici irait croire que le damoiseau innocent que voici irait jouer les meurtriers auprès de ses puissants pairs, requins affirmés de la politique locale.

Le pauvre, j’en ai presque du remord. Mais le problème peut s’avérer réel : si l’on doute de sa culpabilité, nous serons, Hrist et moi, inculpés et accusés. Ce qui nuirait grandement à notre image locale. Subitement, je ne vois plus cet oisillon comme une réelle menace, comme un prétendant sérieux au titre royal de la cité. Qui voudrait d’un enfançon comme dirigeant ?

(N’importe qui qui puisse le changer en sa marionnette en en tirer les ficelles.)

L’analyse est tranchante et pertinente. Évidemment qu’un jeune manipulable serait un monarque idéal pour qui saurait le contrôler. Et vu sa tête, ça ne doit pas être bien difficile. Un avis quelque peu hâtif, j’en suis pleinement conscient. Néanmoins je m’y fierai jusqu’à preuve du contraire. Et du coup, ça confirme les propos d’Insilbêth qui trouvait que son accession au trône serait une catastrophe sans nom pour Illyria. Là où la cité a besoin d’un monarque fort, au caractère trempé, et à l’intellect sapiens, ce jeune benêt la plongerait droit vers sa perte, sa soumission à d’autres puissances, plus fortes en caractère, et son déclin commercial progressif.

Sa première intervention rallie en plein ces élucubrations à son propos : il semble être un jeune idéaliste rêveur un peu niais, quand il nous demande, après s’être présenté poliment, si nous sommes des fières âmes venues d’Outre-Monde. Les termes employés sont éloquents : il rêve de l’Outre-Monde, fantasme sur les voyages spatiaux. Autant le contenter en plein. Arborant un fier sourire de convenance, je lui réponds :

« Vous êtes bien informé, sieur d’Epuytail. Je suis Amarthan d’Eden, et voici mon épouse, Lenneth, Perle de Sithi. Ravi de vous rencontrer. »

Et à nouveau, je simule une nouvelle révérence polie, accompagnant avec faste mes présentations courtoises.

« Vous semblez porter un grand intérêt à ce que vous appelez l’Outre-Monde. Nous serions ravis de combler vos curiosités si vous nous faites l’honneur de vous joindre à nous. »

De quoi ferrer le poisson avec un appât digne de l’intéresser. Le but étant d’en apprendre plus sur lui que d’en révéler, bien entendu. Ne connaissant rien des mœurs locales, j’attends sa réaction, histoire de voir s’il nous invite à une tablée, ou si nous en rejoignons une neuve, où discuter à trois avec plus de chances de le duper, si besoin.

[1148 mots]

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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Lun 23 Mai 2016 03:19 
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Vrais fantômes ou chimères (Partie 1)


Petit ou grand, gros ou maigre, orque, elfe, humain, gobelin ou lutin, que soit une question de tailles, de races ou même d’âge, la diversité sur Yuimen s’avérait impressionnante et je supposai logiquement qu’il en était de même sur Elysian. Les grands félins ailés, les poissons volants n’étaient sans doute que des échantillons de ce que je pouvais rencontrer dans cette contrée inconnue. Ainsi, c’est avec une prudence calculée que j’entrepris d’explorer les égouts.

Me glisser entre les barreaux avait été chose facile, puisqu’il ne m’avait même pas été nécessaire de me présenter de profil. Immobile, scrutant les lieux de mes petits yeux aiguisés, et grâce à la faible lumière qui y pénétrait, je parvins à discerner des murs de pierres et à deviner que les coins les plus sombres dissimulaient des couloirs. Ma vue ne pouvant me donner plus de détails, je fis appel à mon ouïe. Immobile, je me concentrai et j’entendis au loin le faible chuchotement de l’eau. Patiente, je demeurai en position, attendant d’autres indices sonores. Et c’est au bout de quelques minutes que me parvint un faible bruissement, provenant sans doute de l’un des corridors. Les enfants m’avaient raconté que des bruits étranges provenaient des égouts. Certains croyaient en la présence de gros rats alors que d’autres évoquaient des créatures bizarres.
Ce qui me fit penser à une anecdote que mon père m’avait racontée. Alors qu’il n’était qu’un petit lutillon, il se promenait dans la forêt avec des amis, tard dans la nuit, lorsque soudain un cri épouvantable les effraya. Certains de son groupe croyant à la présence d’un démon avaient détalé en direction du village sans demander leur reste. Mon père et son amie décidèrent de s’approcher de la source de ce cri inhumain. Et c’est à leur grand soulagement qu’ils constatèrent, qu’il s’agissait qu’un bébé sanglier qui s’était pris la patte gauche dans le piège de braconnier. La pauvre bête se débattait en vain sans réussir à se déprendre. Mon père nous avait raconté cette histoire afin de nous faire réfléchir. Tout comme lui, je tenais à vérifier par moi-même ce qui causait la frousse aux habitants d’Illyria.
Sans faire de bruit, je pris mon arc d’ombre et à pas feutré, je me dirigeai vers la source de ce son qui m’avait mise en alerte, bien décidée à en avoir le cœur net.
À pas lent, afin de vérifier où je mettais les pieds, je m’avançais de plus en plus profondément dans les sombres égouts d’Illiria, jusqu’à ce que je n’y vis plus rien. À ce moment-là, je m’arrêtais et tentai une fois de plus de discerner le faible bruissement. Je perçus quelques couinements de rats ainsi que leurs pas, puis un autre bruit légèrement plus fort qui s’éloignait de moi.
Il y avait quelque chose de vivant dans cet égout, et cette chose avait détecté ma présence et s’éloignait dès que je m’approchais. Déduisant qu’il serait vain de tenter de la poursuivre ainsi indéfiniment, je tentai une autre approche :
« Hé ho ! Il y a quelqu’un ? » Dis-je d’une voix qui se voulait amicale et douce. « Je suis une petite femme de vingt centimètres, je ne vous veux aucun mal. Je veux seulement discuter avec vous. »

Rien ne me garantissait que l’auteur du bruissement était un être pensant, ou doué de la parole. Mais je n’avais rien à perdre, autant essayer que de rester là et le laisser s’éloigner.

(((578 mots )))

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Guasina, protectrice d'âme


Dernière édition par Guasina le Lun 30 Mai 2016 01:24, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Lun 23 Mai 2016 14:08 
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Syrah semble immédiatement intéressée par ma proposition d'argent, et plus encore lorsque je lui parle des éventuels bénéfices que je lui apporterais si ma visite plaisait aux Mâchefers. Etonnamment, elle ne me demande aucun montant, aucune somme, et accepte presque immédiatement de m'arranger une entrevue. Moi qui m'attendais à devoir lâcher une somme importante, voilà qu'elle déguerpit comme si une poignée de pièces lui suffirait. Je comprends que ces gamins s'emballent pour la moindre petite somme, mais à ce point là ? Enfin peu importe, je verrai bien au moment de la régler. Et puis, peut être que mon second argument la plus convaincue que le premier, après tout.

Elle rengaine donc son arme et disparaît presque aussitôt, m'intimant de rester ici avec Jaral. J'obéis avec un roulement des yeux vers le ciel, et m'assoit par terre pour l'attendre. Et je fais bien, car l'attente est interminable. In-ter-mi-nable. Je ne saurais pas dire exactement combien de temps, mais les minutes s'écoulent, et s'écoulent, et s'écoulent encore. J'ai déjà attendu le gamin des heures durant en me levant ce matin, voilà qu'il me faut patienter de nouveau, encore et toujours. Je hais l'immobilisme. Enfin... en ville, en tout cas. Dans une forêt il y a toujours quelque chose à faire. Dans une forêt, même se prélasser sur une large branche est plaisant. Dans une forêt, le temps semble s'écouler paisiblement, ni trop rapidement, ni trop lentement. Mais là... Là c'est une plaie. Ca pue, il fait sombre, il n'y a rien à faire, les seuls bruits sont ceux des citadins au dehors et des gamins en bas, et une minute semble faire une heure.

Après cette attente interminable, finalement, Syrah revient. Et elle me fait signe de la suivre, ainsi qu'à Jaral. Le gamin commence à trembler comme une feuille aux propos de la jeune femme, qui lui dit qu'il partagera la responsabilité si quoique ce soit de mauvais se produit. Nous sortons alors de la planque, mais la chef s'arrête immédiatement, sortant des bandeaux. Je comprends immédiatement, et une certaine réticence naît en moi. Elle veut nous cacher la vue avant de partir voir ses supérieurs. Ca me semble logique, en même temps, si bien que j'aurais sûrement dû m'en douter. Pour autant, l'idée ne m'enchante guère. Elle ne m'enchante même pas du tout. Après une certaine hésitation, et une grimace parfaitement visible, cependant, je cède et la laisse me bander les yeux. Aussitôt après, je sens la petite main du gamin s'accrocher à ma manche, puis la main ferme de Syrah attraper mon bras libre pour me tirer vers l'avant.

Si le voyage qui suit aurait pu se dérouler sans heurt, c'était sans compter l'empressement et le mutisme de notre guide. Ne nous avertissant que rarement des embûches qui se dressent devant nous et gardant une allure plus que soutenue, nous nous retrouvons, Jaral comme moi-même, à trébucher tous les quinze pas, manquant plus d'une fois de finir le nez par terre devant le manque de finesse de Syrah. Pour autant, nos hésitations ne semblent pas la gêner le moins du monde, car jamais elle ne ralentit le rythme, et jamais elle ne décide de remplir son rôle de guide jusqu'au bout et de nous avertir des obstacles moins imposants que des murs ou des charrettes. Et ce malgré mes multiples grommellements mécontents et autres interventions plus ou moins subtiles de ma part.

Finalement, après avoir très nettement changé d'atmosphère, et donc certainement de quartier, et une longue marche, Syrah s'arrête. Je peux l'entendre marmonner quelques mots à quelqu'un non loin de nous, après quoi elle tire de nouveau vivement sur mon bras pour m'entraîner à sa suite dans un bâtiment. La porte se referme derrière nous, nous montons vivement un escalier dans lequel je manque de tomber au moins deux fois, puis, arrivé en haut, nos bandeaux sont – enfin – retirés.

Je prends quelques temps pour recouvrer la vue, clignant frénétiquement des yeux pour retirer la désagréable sensation que le tissu a laissé, avant d'observer la jeune femme assise sur le fauteuil luxueux face à moi. Une blonde à la coiffure sophistiquée et à la poitrine opulente, le port royal et a la beauté que même moi suis forcée de reconnaître. Elle me regarde de haut en bas, et je ne me prive pas de faire de même avec elle, puis elle prend la parole. Elle me tutoie et m'appelle par mon prénom d'emprunt immédiatement, me demandant de lui révéler tout ce que je ne voulais pas révéler à Syrah. Et, avant que je ne puisse protester, elle me prévient que je ne rencontrerai pas plus haute autorité comme cela. Autrement dit, je dois tout lui dévoiler à elle, et non m'attendre à voir quelqu'un de plus important pour cela.

Je prends quelques temps avant de répondre, croisant mes bras sous ma poitrine et la jaugeant à mon tour du regard. Elle a les manières d'une femme autoritaire et un charisme certain, ce qui me donne l'amer impression qu'elle me regarde de haut. Pour ne rien ajouter, elle m'a posé des questions avant même de se présenter, de me donner un nom ou d'expliquer ne serait-ce que sa fonction. Alors qu'elle connaît mon nom. Enfin... pas le vrai, certes, mais ça elle ne peut le savoir.

Il me faut maintenant savoir ce que je peux et ce que je ne peux lui raconter. A bien y réfléchir, j'aurais peut être dû régler cette question avant d'arriver ici. Pendant ces dizaines et ces dizaines de minutes d'attente, par exemple. Il faut toujours que j'agisse avant de réfléchir, que je parle avant de réfléchir... et quand vient le temps de mentir je ne sais pas quoi dire. Pesant chacun de mes mots, je prends donc la parole.

« Jaral, » commencé-je en montrant le gamin de la main, « m'a parlé un peu des Mâchefers. En tant que simple gamin des rues, cependant, il ne semblait pas en savoir beaucoup. Mais il m'a laissé entendre quelque chose de tout à fait étonnant : l'Affranchi semblerait se moquer complètement des histoires de succession. »

Je prends quelques temps pour rassembler mes idées avant de continuer.

« Voilà mon problème : en tant que réseau si organisé et si important du banditisme, il me paraît absurde que vous surviviez sans mettre votre nez dans la politique de la cité. Et j'ai moi-même intérêt à mettre mon nez dans la politique de la cité. Et comme je pense que vous aussi, je suis venu vérifier par moi-même, et, si je ne me trompe pas, en discuter avec vous. Mais avant de continuer... tu connais mon nom, alors il serait de bon ton de te présenter. »

(((1 114 mots)))

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Merci à Dame Itsvara pour la signature


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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Lun 23 Mai 2016 18:06 
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Après avoir enfoncé le bouton de rose dans une poche et attrapé le bras de son compagnon, tous deux se rendirent sans plus attendre dans l'enceinte du Palais d'Illyria. Le duo Elfique traversa quelques couloirs conduisant jusqu'à la salle de réception où ils s'arrêtèrent. Face à eux, de nombreuses allées et venues de nobles et de valets, tous magnifiquement parés de leurs livrets d'or et de soie. Sous les lustres étincelants, on pouvait se servir auprès de magnifiques buffets sans cesse réapprovisionnés par les servants. Il y avait de jolies poulardes grasses et fumantes, de nombreux fruits entiers ou déjà découpés et disposés sur de grands plateaux, harmonisant les couleurs, les formes et les parfums.
Il y avait bien entendu les tranchoirs, très appréciés des humains, ces larges tranches de pain qu'on garnissait de viandes fumantes et épicée.

D'autres préféraient rester à table et ces derniers n'étaient pas non plus en reste. La marée continuelle de valets s'occupait de répondre à toutes les attentes des élites du Palais. L'estomac de Hrist commençait à gratter et elle estimait que la faible collation avec Faëlis plus tôt dans la journée n'avait pas été suffisante pour combler le vide que lui avait infligé ce long voyage.

Elle savait par expérience que c'était toujours la faim qui frappait avant le sommeil, et elle était en carence pour les deux. La nature était ainsi faite. Malgré un faible appétit, la Murène avait déjà repéré beaucoup de choses intéressantes sur les buffets et au hasard des plateaux portés par les valets. C'était largement mieux que les soupes épaisses au fenouils ou à l'oseille, inconsistantes et qui sentaient mauvais. Mais la jeune femme avait appris à ses dépends par le passé à aimer ce qu'on lui servait ou souffrir de la faim.

Bien qu'occupée à lorgner sur la nourriture, elle vit s'approcher un jeune homme blond richement vêtu. Il avait une gueule à peine mature, ronde et presque des airs enfantins. Il se présenta poliment mais avec cette énergie amusante, presque joueuse qui laissait entendre un faible goût pour les us snobs. Hrist avait compris qui il était avant qu'il se présente, Camiran, fils du Grave et prochaine victime de ce complot malsain qu'ils venaient de monter à peine quelques minutes plus tôt.

Cromax fit encore une fois les présentations en son nom, Hrist ironisa pour elle. Elle lui aurait bien répondu quelque chose de sarcastique mais il fallait dès maintenant rentrer dans le rôle plus séducteur qui lui avait été attribué. Et sous le couvert de la nuit, elle irait trouver de quoi faire accuser ce jeune homme.

La jeune tueuse avait déjà remarqué qu'il ferait un excellent candidat. Il cachait forcément quelque chose, ce jeune homme si avenant et souriant, ne pouvait être ce qu'il montrait au public. Elle savait par expérience qu'on ne s'en sort pas en politique avec un sourire. C'était une facette, il cachait quelque chose, c'était sûr. Hrist connaissait et appliquait cette méthode à sa façon. Le fait de se faire passer pour une jeune femme, douce et raffinée alors qu'en réalité elle avait sans doute fauché plus d'âmes que les généraux de ce Palais. Camiran devait faire de même, gagner la confiance et les secrets des autres. Elle enviait presque Cromax de pouvoir entrer dans sa chambre pour y découvrir quels odieux secrets il aurait pu dissimuler dans l'ombre.

Lui rendant son salut en lui tendant une main nonchalante, attendant son baiser, elle ne dit rien d'autre. Se contentant de lui adresser un petit sourire en coin, toute amusée qu'elle était par ce nouveau personnage.

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600 mots

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La petite ombre de la Mort à Elysian.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
Au milieu des cercueils,
Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


Némésis d'Heartless


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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Mar 24 Mai 2016 22:29 
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Je sens mes fluides d'obscurité jaillir, peu puissants encore mais parfaitement maîtrisés pour une fois, ils atteignent ma monture et la calment immédiatement à la plus grande surprise d'Ixtli qui aura ainsi bien plus de facilité à la diriger. Je sens le regard de l'Aigail se poser sur moi, sans doute a-t'elle réalisé d'où venait cet apaisement soudain, mais l'heure n'est pas aux explications et nous nous lançons à bride abattue sur le sentier dans l'espoir d'échapper aux monstres qui nous poursuivent. Quelques minutes durant nous avons l'impression que nous pourrons parvenir à fuir, mais un fracas titanesque retentit juste derrière nous alors qu'arbres et branches se brisent sous un poids considérable. Une énorme créature s'abat en rugissant de rage, elle nous a manqué mais aussitôt d'autres lui répondent, proches, trop proches. Je n'ai pas pu discerner précisément l'animal mais il est monstrueux, tenter de combattre tel colosse avec une paire de dagues serait insensé, c'est un marteau de guerre qu'il me faudrait, et encore serait-il indispensable que je sache m'en servir correctement!

L'Aigail me crie que nous ne parviendrons pas à leur échapper, je suis bien d'accord avec elle et comme je le lui ai dit précédemment, je n'ai jamais cru que nous les distancerions ainsi, seulement que faire d'autre? Elle m'affirme pourtant être capable de les retenir à condition d'être seule, et m'engage à poursuivre ma route sans me retourner, par Meno pense-t'elle que je vais l'abandonner comme un lâche alors que le combat s'annonce des plus coriace?! En même temps que cette pensée, une autre s'insinue en moi: je ne connais rien des pouvoirs de ces élémentaires. Dois-je lui faire confiance en espérant qu'elle n'agisse pas idiotement pour préserver la vie d'un aventurier censé sauver son peuple? Je n'hésite qu'une seconde, et ce qui emporte ma décision ferait sans doute bondir n'importe quel imbécile de preux chevalier: elle n'est rien pour moi, si elle a l'intention de se sacrifier pour que je vive, que m'importe? Je me souviendrai peut-être de son visage avec une vague gratitude, un honneur rare dont elle ne saura évidemment rien mais quelle importance?

Je lui réponds donc simplement que je l'attendrais plus loin, lorsque le jour se sera levé, mais elle m'annonce qu'elle ne peut franchir la frontière du royaume des humains et que je dois continuer sans m'arrêter. Ma foi, soit. C'est son cheval après tout, et il est meilleur que celui que m'ont remis les Sylphes. Je la distingue du coin de l'oeil sauter à bas de sa monture et enfoncer ses mains dans la terre, mais déjà la jument m'entraîne au loin et je la perds des yeux. Le bruit des ailes des créatures me poursuit un moment mais je ne tarde pas à réaliser qu'il se fait de plus en plus lointain, d'autant plus que Nis galope à une allure effrénée sans manifester le moindre signe d'épuisement, ce dont je lui sais gré. Je manque perdre mon précaire équilibre lorsque un soudain vacarme évoquant de la glace brisée retentit, par Meno que se passe-t'il? L'Aigail, sans doute, ainsi les élémentaires d'eau maîtrisent aussi la glace, voilà une information intéressante. Les bruits d'ailes ont cessé suite à ce raffut, je donnerais cher pour voir de mes yeux ce qui s'est produit! Presque aussitôt le bruit de glace brisée résonne à nouveau, et cette fois ce sont les rugissements qui se taisent! Ixtli serait-elle parvenue à exterminer ces monstres volants? Je peine à le croire, mais le silence persistant semble bel et bien indiquer que les fauves ailés ont été neutralisés, voilà qui n'est pas pour me déplaire! Je me surprends à espérer tout de même que l'Aigail aura survécu, pensée qui me tire un soupir légèrement consterné. PAr les mamelles velues des matrones Shaakt, que je déteste cette foutue sensiblerie qui s'est vicieusement insinuée en moi depuis que cette maudite lumière m'a touché!

Je n'en poursuis pas moins ma route, ne tardant pas à voir les champs remplacer peu à peu la sylve profonde, approcherais-je d'Illyria? Mais la journée s'écoule sans que je ne distingue encore mon but et, le soir venu, je me résous à passer une nouvelle nuit dehors. En temps normal j'en serais ravi, mais compte tenu de la faune déplaisante qui hante ce monde, c'est un peu nerveux tout de même que je finis par m'endormir à l'abri d'un petit bois, armes à portée de main et cheval toujours harnaché attaché juste à côté. La nuit est paisible, une fois n'est pas coutume, et c'est donc sans autre incident que je me remets en route dès l'aube, chevauchant à une allure modérée pour ne pas fatiguer inutilement ma monture. Il est à peu près la mi-journée lorsque je découvre enfin la première étape de mon voyage depuis un promontoire: une immense cité, plus vaste que toutes celles que j'ai eu l'occasion de voir de ma longue vie! Certaines bâtisses sont tout simplement prodigieuses, démesurées, écrasantes, jamais je n'ai rien vu de tel! Si je ne parviens pas à distinguer l'extrémité de la mégapole, j'aperçois en revanche le détroit et même la cité située sur la rive opposée, un spectacle magnifique mais qui ne parvient pas à me toucher vraiment, qu'en restera-t'il une fois que la guerre aura ravagé ce monde? Ruines, fumées, champs jonchés de cadavres, le tout survolé par des nuées de corbeaux. A quoi bon alors s'extasier, si cela ne sert qu'à attiser ensuite les regrets d'un monde qui fut beau?

Je me dirige sans plus m'attarder vers les faubourgs de la ville, construits de bois tandis que le centre de la cité est constitué de bâtiments de pierre, un peu songeur quant à la suite de mon périple. Je vais cependant avoir d'autres préoccupations plus immédiates: mon équipement Sylphe n'est sans doute pas la meilleure manière de me fondre dans la masse, je dois dépasser la plupart des habitants de cette cité de deux têtes et je suis un Sindel, peuple disparu de ce monde depuis des millénaires. Aucune chance de passer inaperçu, il me faut donc tirer parti de ce fait plutôt que d'en faire une faille. Seulement je n'ai pas la moindre idée de la manière dont les autres aventuriers se sont présentés ici, ni de l'accueil qu'ils ont reçu. Je pourrais tenter de retrouver Cromax, s'il est allé rencontrer les dirigeants de la cité il serait aisé de retrouver sa trace, mais j'ignore tout de sa stratégie. A sa place j'aurais pris un nom d'emprunt et je me serais fabriqué une identité ainsi qu'un rôle précis en fonction de mes objectifs. Ma présence et ma méconnaissance de ses projets pourraient mettre sa couverture en difficulté, ce qui serait totalement contre-productif. Retrouver d'autres aventuriers? Vu la taille de la ville, autant chercher un Shaakt honnête à Caix Imoros, les chances seraient plus grandes.

Mais alors quoi? Aller directement au port pour trouver un navire et traverser le détroit? C'est une solution, seulement à nous disperser ainsi sans la moindre coordination, nous allons perdre temps et efficacité. C'était ma "crainte" alors que nous étions encore à Tulorim lorsque j'ai vu le groupe disparate et à dire vrai peu glorieux que nous formions. Le présent me donne tristement raison, nul n'a été capable de mettre en place un semblant d'organisation et nous finirons par le payer chèrement. Je soupire imperceptiblement, il va falloir faire avec mais cela ne me plait pas. J'espère que les Ishtars parviendront vite à trouver une manière d'utiliser ces pendants d'Uraj pour que nous puissions communiquer, cela permettra de résoudre en bonne partie ce problème, mais d'ici là...

Je chevauche donc vers la porte permettant de franchir les murailles du centre ville la plus proche, j'y trouverai bien un garde susceptible de m'indiquer le chemin du port. Et en effet, un garde répond distraitement à ma question, lorgnant une greluche à forte poitrine qui passe à cet instant. J'hésite un peu à lui cogner le crâne contre la muraille pour lui apprendre le respect dû à un Sindel, être supérieur par excellence, mais me mettre la garde à dos avant même d'être entré en ville me semble assez moyen. Les occasions ne manqueront sans doute pas, me connaissant, aussi je passe sans relever l'affront et pénètre enfin dans la cité proprement dite. Elle bruisse d'animation, toute une foule se presse dans les rues mais je me fraye sans mal un chemin grâce à ma monture et grâce aux indications sommaires du garde, je finis par arriver en vue du port. Je m'arrête un instant en réalisant que ledit port est immense, véritable enchevêtrement de quais couronné d'une forêt de mâts qui parait s'étendre à l'infini. Hum, il va falloir que je me trouve un guide, ou alors la capitainerie, si je veux trouver rapidement un navire pouvant m'emmener de l'autre côté du détroit. Je m'approche donc d'un marchand de poissons vantant bruyamment sa marchandise et lui demande:

"Je cherche un navire pour traverser le détroit, peux-tu m'indiquer dans quel coin du port j'ai une chance de trouver cela?"

(1629 mots)

_________________
Kerenn


Si vous ne parvenez pas à trouver la vérité en vous-même, où donc espérez-vous la trouver?

Zenrin Kushu


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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Sam 28 Mai 2016 13:25 
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Ilmatar – Le Bon Marché

    Les pas de Faëlis s’en retournant à l’auberge le menèrent vers ce qui ressemblait à un marché haut de gamme. Il déboucha sur une petite place fort mignonne. Les bâtiments, ici, étaient également de pierre et agréablement ouvragés sans être dans l’excès. Quelques badauds s’y trouvaient là, manifestement riches au vu de leurs habits. Une fontaine se trouvait au milieu de la place, représentant une femme tenant des coupes desquels s’écoulait l’eau. La place était manifestement marchande et prospère. On y trouvait quelques étals ainsi que, derrière, des échoppes.

    Image


    Il semblait qu’en cette heure s’approchant grandement du soir, les étals et les échoppes soient proches de la fermeture.


Illyria – Auberge des docks

    La serveuse tendit les doigts pour prendre les pièces et retira vivement la main lorsqu’il fit sortir ses griffes pour enserrer les pièces. Elle eut un petit hoquet de surprise et lui lança un regard noir.

    - Mais vous êtes un grand malade !

    L’action d’Earnar et l’exclamation de la serveuse attirèrent quelques regards, à commencer par celui de l’aubergiste qui s’avança lourdement vers Earnar, le regard mauvais, et posa une grosse main sur la table.

    - Ici, on est civilisé et on ne sort pas les armes. Range-la ou je vous vire de cet établissement.


Illyria – Les égouts

    Les exclamations de Guasina perturbèrent les rats qui se mirent à courir dans tous les sens, la bousculant au passage, mais la lutine n’eut aucune autre réponse dans les ténèbres. Rapidement, le silence se fit de nouveau, simplement perturbé par le bruit de l’eau qui coule.


Illyria – Antre des Mâchefers


    La courtisane balaya la remarque de Leykhsa sur l’Affranchi d’un geste de main, comme on se débarrasserait d’un insecte.

    - L’Affranchi n’est qu’un imbécile.

    Elle écouta la suite des paroles de Leykhsa avec intérêt, et la fin de ses propos étira sur ses lèvres un sourire dangereux. Elle se leva gracieusement de son siège et s’approcha d’un guéridon sur lequel se trouvait une bouteille d’alcool. La courtisane se saisit d’un verre et y versa quelques gouttes d’un liquide mauve. Elle s’adossa ensuite sur le guéridon, tout en observant Leykhsa, son expression n’ayant pas changé.

    - Je suis la Maîtresse Amaryllis, Maîtresse des Plaisirs et Gardienne de Nuit des Mâchefers, finit-elle par dire, avant de retrouver un visage aussi lisse que celui d’une statue. Nous agissons nécessairement dans la politique de la Cité. A présent… quel est ton intérêt dans la politique d’Illyria ? Tu ne sembles pas d’ici et voilà que tu clames vouloir un entretien avec l’Affranchi et modifier la politique de cette cité. De plus, qu’est-ce qui te fait penser que notre intérêt soit… commun ?


Illyria – Rive sud

Pour Kerenn


    Le marchand de poisson, lui, clairement, remarque la stature de Kerenn et le regarde d’en bas avec des yeux quelques peu affolés. Il parvient néanmoins entre tremblement à lui indiquer un endroit où il est possible de prendre des petites navettes.

    Là-bas, un homme lui demande deux lys d’argent pour la traversée et lui indique un petit bateau dans lequel s’amasse déjà une dizaine de personne. Peu de temps après, ils larguent les amarres pour prendre la mer. La mer du détroit d’Illyria est des plus agitée, mais la petite barcasse et les marins qui la manœuvrent semblent avoir l’habitude de faire des allées et retour d’un côté à l’autre d’Illyria. Ils croisent même une autre barcasse en chemin. La traversée prend entre trois quart d’heure et une heure et ils se retrouvent obligés de louvoyer entre des navires de toutes tailles, allant de la grande frégate marchande et du navire militaire à la petite chaloupe de pêcheur. Le détroit est, indiscutablement, un lieu fréquenté.

    Il finit par arriver de l’autre côté, dans un petit port dépourvu des grands mâts qui mouillent dans d’autres eaux. L’endroit est plein de passants et d’habitations dans le même style que la ville de l’autre côté.

    Image


Illyria – Salle de réception du Palais

    - Tout le plaisir est pour moi, répondit le jeune homme en inclinant gracieusement le buste.

    Il attrapa délicatement la main de Hrist pour l’effleurer très légèrement de ses lèvre en lui offrant un sourire sincère.

    - Je dois bien avouer être des plus fasciné par l’Outre-Monde, mais qui ne l’est pas ! Il existe tant de mystères sur ces terres lointaines et me voilà peiné à l’idée de ne jamais les découvrir. Tant de merveilles avez-vous dû voir !

    Ses lèvres s’étirèrent en un grand sourire avant qu’il ne poursuive :

    - Je bavasse, je bavasse, et j’en manque à toutes les règles de courtoisie. Sieur D'Amarthan, Dame Lenneth, laissez-moi vous introduire auprès de la cour, commençons par le buffet ! J’ai ouï dire que des mets venus tout droit de chez les élémentaires étaient à l’honneur, ce soir !

    Il les mène autour de la longue table où s’amassent de multiples mets, tous plus colorés les uns que les autres. Visiblement, l’idée est de d’indiquer les mets que l’on souhaite à un serviteur qui les amènera ensuite à une table. Parmi les plats, il s’en trouve beaucoup à la viande et au fromage. Dans les viandes, certaines sont cependant différentes de ce à quoi les deux aventuriers sont habitués, de même pour les légumes. Il leur indiqua ceux qu'il préférait, parmi lesquels se trouvait quelques pâtisseries au gingembre et à la cannelle qu'il disait provenir d'Ilmatar et d'autres au chocolat d'Elivagar.

    Camiran, une fois leur choix fait, leur propose de s’asseoir à une table, libre à eux de choisir les petites tables intimistes ou les grandes tables permettant à ceux qui le souhaiteraient de s’asseoir à leurs côtés.


[Cromax – xp : 0,5 (intériorisation) 0,5 (présentation), 1 (longueur) ;
Hrist – xp : 0,5 (intériorisation), 0,5 (longueur) ;
Guasina – xp : 0,5 (introspection), 0,5 (longueur) ;
Faëlis – xp : 0,5 (marché) ;
Leykhsa – xp : 0,5 (introspection), 0,5 (négociation), 1 (longueur) ;
Earnar – xp : 0,5 (question) ;
Kerenn – xp : 0,5 (longueur), 0,5 (traversée), 1,5 (longueur)]

_________________
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Une question ? Par ici.
Pour une demande de commentaire, de dirigé,
par là.
Pour une demande d'intervention ou de sévices,
de ce côté.


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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Sam 28 Mai 2016 15:15 
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Finalement, il tomba sur un marché en train de fermer. Les lieux étaient visiblement assez luxueux et pourraient bien contenir des marchandises de valeur. Il doutait que le commerce se soit ouvert aux élémentaires simplement pour acheter du grain... après, s'agissait-il d'acheter des objets magiques ? Peu probable, mais des objets comme des bijoux plus fins car façonnés par la magie, c'était fort possible...

Il s'approcha de quelques étales, observa, saluant les marchands. Il s'arrêta à la fontaine au centre et but un peu. La fraîcheur du soir rendait l'endroit fort sympathique et il en fit part à une jeune marchande en train de ramasser ses affaires. Elle vendait des bijoux fort élégants.

« Hélas, si c'était pour moi, je vous achèterais bien quelques ornements, car ils sont divinement beaux ! Hélas, mon employeur a d'autres projets... »

Puis, il entra dans le vif du sujet :

« Mademoiselle, peut-être pourriez-vous me renseigner... connaissez-vous quelques grands marchands traitants avec... les peuples des Crocs du monde ? Mon employeur a entendu parler de cela, et se demande si ce ne serait pas une occasion d’investir à Illyria... »

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L'homme de toutes les femmes, la femme de tous les hommes
Lampadaire officiel de la quête 32

Le thème de Faëlis


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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Sam 28 Mai 2016 18:04 
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Le poissonnier semble effrayé par ma présence, sans doute sa vie de pauvre hère n'est-elle pas un long fleuve tranquille dans cette immense cité, mais parvient tout de même à m'indiquer l'endroit où je trouverai un navire susceptible de me déposer de l'autre côté du détroit. Je le remercie d'un vague signe de tête et fends la foule jusqu'à parvenir devant un frêle esquif déjà chargé d'une dizaine d'humains et de quelques bestiaux. L'un des marins me confirme que la barque va bien partir d'ici peu pour l'autre rive et me demande deux lys pour prix de la traversée. Je sors de mes fontes de quoi le régler et entreprends de faire monter mon cheval à bord sous les regards un peu inquiets des autres passagers, mais le chargement se déroule sans accroc et le bateau largue les amarres quelques minutes plus tard.

La traversée est délicate, les vagues sont traîtres et quantité de navires plus gros croisent dans les eaux du détroit, mais les bateliers connaissent leur affaire et manœuvrent habilement, si bien que nous finissons par parvenir à bon port après environ une heure de traversée. Je récupère ma monture sans prononcer un mot et quitte de même l'esquif puis le port, me dirigeant vers la sortie de la ville en direction de Sihle.

Alors que j'approche des portes, je me mets en quête d'un caravansérail ou d'un lieu similaire. Sans doute existe-t'il des échanges commerciaux avec cette ville du désert, j'espère donc trouver un convoi ou du moins quelque personne connaissant ce désert et la cité où je souhaite me rendre afin d'obtenir les informations indispensables à ma survie. Un désert reste un désert mais mes récentes expériences avec la faune de ce monde m'ont rendu prudent. D'autre part, un contact connaissant la région pourrait m'ouvrir quelques portes et me faciliter la tâche...

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Si vous ne parvenez pas à trouver la vérité en vous-même, où donc espérez-vous la trouver?

Zenrin Kushu


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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Lun 30 Mai 2016 01:44 
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Et pourquoi pas la musique ?


Mes paroles provoquèrent une réaction, mais pas celle escomptée. Les rats gros et petits, mais tous gris, coururent dans tous les sens en couinant. Quelques-uns me bousculèrent même au passage avec leur longue queue dégarnie. Je ne m’affolai point, ces petits rongeurs s’enfuyaient sans m’attaquer et malgré ma petite taille, je ne subis aucune blessure.

L’être que je croyais tapi dans l’obscurité n’avait point bougé. Fruit de l’imagination des habitants d’Elysian ou non, j’étais bien décidée à percer cette histoire d’égouts hantés.

J’attendis donc que le calme règne à nouveau avant de poursuivre mon exploration.
Une fois de plus, tous mes sens en éveil, je me remis en route. Empruntant un rythme lent calculé, je fis quelques pas avant de m’arrêter pour fouiller dans ma besace. Si quelque chose de vivant hantait les égouts, il était à présent au courant de ma présence et il m’épiait sans doute. Alors, il n’y avait plus de raisons à ce que je demeure silencieuse. Si je ne pouvais venir à lui, peut-être bien que je pouvais attirer sa curiosité afin qu’il vienne à moi. Je ramassai ma petite flûte de bois et entrepris de jouer une douce mélodie, tout en demeurant attentive à ce qui se passait autour de moi. Scrutant les lieux à la recherche du moindre indice.

(((268 mots)))

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Guasina, protectrice d'âme


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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Mar 31 Mai 2016 00:03 
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La serveuse cria et le traita de dégénéré, l'Earion avait entendu pire à son sujet et la réaction de la serveuse lui semblait excessive. Une catin qui servait des marins était-elle si frêle à la simple vue d'une arme ? Cependant, ses paroles et sa voix de crécelle attirèrent les regards des clients et autres habitués de cette auberge ainsi que de l'aubergiste. Ce dernier d'ailleurs se mouvait avec la même grâce qu'un ogre dans un magasin tenu par un lutin. Il finit par l'engueuler et l'avertir qu'il n'autorisait aucune arme dans son établissement. Bon gré mal gré Earnar se plia aux exigences de l'humain retirant sa main de la table avant de faire rentrer ses griffes dans leur étui d'acier. Les humains sentaient la sueur à plein nez dans l'auberge et l'odeur de bière n'aidait nullement à chasser cette odeur de la pièce commune. Il essayait d'oublier les pathétiques êtres à côté de lui mais rien n'y fit. Il soupira légèrement et abaissa sa capuche, dévoilant son identité. Earnar regarda l'aubergiste de ses yeux d'un blanc aussi pur que la glace.

- Je ne ferais pas de vague, je ne suis pas ici pour cela, je ne viens que pour des informations et pour savoir si un voyage est possible en direction d'Arden. Aussi vite votre serveuse pourra me donner les informations pour lesquels je paie, aussi vite je pourrais disparaître de cette cité. La civilité était d'obtenir les informations avant de s'emparer avidement du paiement vous en conviendrez aisément.

Regardant autour de lui les marins en train de les observer, il valait mieux les mettre de son côté et il connaissait un moyen efficace et facile pour cela. Il leva sa chope.

- J'offre une tournée générale à vous autres bons marins, que ce cadeau soit un bon présage pour vous tous lorsque vous serez de nouveau sur la mer !

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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Mar 31 Mai 2016 17:25 
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Hrist, ou plutôt Lenneth, en cette officielle occasion en présence de pontes de la grande cité d’Illyria, ne dit rien aux suites de mes présentations, mais adopte néanmoins une attitude que d’aucun qualifierait d’ouverte à la séduction. Œillades amusées, sourires connivents, elle aborde le fils de Grave avec une aisance étonnante. Est-ce l’assurance de sa mort prochaine qui la met tant à l’aise ? Vu son caractère un peu macabre, ça ne m’étonnerait qu’à moitié, en vérité. Camiran, lui, répond poliment, doté d’un grand sens de la diplomatie flatteuse, sans doute habitué à caresser les nobles dans le sens du poil, en affirmant son plaisir de nous rencontrer. Plus personnellement, ensuite, et après avoir baisé la main de l’elfe grise avec force délicatesse, il affirme s’intéresser particulièrement à l’Outre-Monde. Ce qu’il appelle comme tel, en tout cas. À l’entendre, on dirait qu’il croit qu’il n’y a qu’un monde extérieur à Elysian. Peut-être est-ce le cas, après tout. Il affirme lui-même n’avoir jamais eu la chance de s’y rendre ou de s’en approcher. Face à sa crainte avouée de ne jamais pouvoir s’y rendre, je le rassure avec un sourire poli :

« Oh, mais n’ayez crainte. Il existe tant de moyens pour visiter ces mondes, tous si différents du vôtre, et pourtant au moins aussi magnifiques, chacun à leur manière. »

De quoi attiser son intérêt. Car déjà, je vois une issue de sortie moins létale que celle initialement prévue pour ce bougre qui n’a pas l’air si dangereux ni requin que ça. Un peu comme on nous l’avait décrit, par ailleurs. Un être un peu simplet, peut-être, mais prônant l’ouverture vers les élémentaires et vers les peuplades haïes du peuple sans qu’aucun ne se souvienne vraiment de la raison, ancestrale et faussée par des légendes diabolisantes.

Ainsi, le jeune homme nous présente vite un fastueux buffet remplis de mets tous plus appétissants les uns que les autres. Il annonce, non sans une fierté ostensible, que les plats le composant sont toutes des spécialités élémentaires. Le voilà bien content de nous présenter, à notre premier repas dans le palais, une nourriture plutôt exotique pour lui, sans doute. Il ignore que des élémentaires, nous en avons visité la capitale officieuse, Ilmatar, et que quelques-uns de ces mets étaient déjà présents sur les tables garnies d’Aaria’Weïla. Je les inspecte pourtant avec une curiosité non feinte, et un appétit gargouillant qui s’impose à moi : nous n’avons rien mangé depuis le matin, à part la collation embarquée depuis l’auberge, et le petit morceau de chocolat, fort bon mais également fort petit, commandé par mon ordonnée sur ces terres. Autrement dit, j’ai un creux. Et pas un petit.

Après plusieurs secondes d’hésitation, observant les plats mêlant fromage et viandes variées, en particulier, pendant que Camiran s’attarde à nous indiquer ses préférences parmi les desserts élémentaires, sucrés et parfumés, pâtisseries aux parfums masqués et chocolats d’Elivagar, patrie originaire de la délicate Ixtli, je finis par me décider sur une pièce de viande à l’odeur suave, dont je ne reconnais pas la fibre ni le parfum. Plus sombre que du bœuf, elle a également l’air goûtue. Une pièce de choix, à en voir la découpe aisée. Une chair tendre d’où filtre un filet sanguinolent qui me fait me lécher les babines. Je l’indique au serviteur qui se charge de remplir de ce met une large tranche de pain. Il étale sur la viande saignante une sauce pâle et épaisse, filandreuse, sans doute au fromage, et pose à côté une sorte de gratin de légumineuses curieuses aux reflets violets, dont la texture ressemble un peu, d’un premier coup d’œil, à une pomme de terre.

« Vous mettrez aussi un de ces biscuits au gingembre, et quelques pièces de chocolat, un échantillons de vos meilleurs goûts. »

Je salue de la tête l’officiant du palais, et me tourne vers le probable non-successeur au Roi, bien qu’il n’en sache pour l’instant rien, qui nous présente deux choix pour nous sustenter : le confort privé d’une table restreinte, ou l’ouverture à d’autres sur une tablée plus large. Si d’aventure, j’aurais privilégié une table ouverte, où les rencontres auraient pu être nombreuses, je dirige ici mon choix sur une table plus privée, intimiste, et je motive mon choix au jeune sieur.

« Allons sur celle-ci, nous serons plus à l’aise pour évoquer ce que vous désirez savoir sur ces mondes que nous avons parcourus, ma tendre épouse et moi-même. »

Alors que nous prenons place, un trio de serviteurs nous suit et pose devant chacun de nous notre plat fumant contenant nos choix de mets pour le repas de ce soir. Un quatrième remplit, et je ne le refuse pas, d’un vin sombre et rouge un godet d’argent posé devant chacun de nous. Je m’en saisis doucement pour en humer le parfum le temps que tout le monde soit assis, et avant de commencer le repas, décide d’aborder directement le vif du sujet de l’ébauche de plan qui m’a traversée l’esprit, surtout pour mettre au courant Hrist de celle-ci par sous-entendu que par réel empressement vis-à-vis de Camiran.

« Peut-être avez-vous entendu parler de nous, d’ores et déjà ? Un être de votre statut doit être bien renseigné, dans un palais comme celui-ci. J’ai ouï dire que vous aviez des prétentions sur le trône, à la succession du présent roi d’Illyria, hélas fort mal en point. »

Je secoue la tête d’un air désolé, singeant parfaitement la compassion de rigueur à un royaume dans leur situation précaire. Mais bien vite, je reprends le crachoir.

« Une affaire fort regrettable, certainement. Mais une grande opportunité pour vous, sans en douter. Cela pourrait évidemment compromettre un avenir de voyages nombreux et réguliers vers l’Outre-Monde, dont nous pourrions garantir la prospérité. Mais dans la vie, il faut faire des choix, n’est-ce pas ? La sédentarité d’une couronne, ou les voyages merveilleux vers nombre de contrées inconnues et riches en paysages… Cela ne doit pas être simple, je gage. Surtout avec une occasion en or de concrétiser ce rêve d’Outre-Monde que nous apportons avec nous… »

Je laisse mon discours sur ce sous-entendu. S’il a entendu parler de nous, je le saurai, ainsi. Sinon, au moins aurai-je piqué sa curiosité. Ainsi, sans poser de vraie question, j’espère, dans l’entre-ligne de sa réponse, dégoter nombre d’informations sur ses intentions, désirs et connaissances du but de notre visite.


[1061 mots.]

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