L'Univers de Yuimen déménage !


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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Sam 15 Oct 2016 21:00 
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Tâche pour créature de petite taille


Cette pièce dans laquelle je me trouvais ressemblait à un atelier. Enfin, à ce que je m’imaginais de ce que pourrait ressembler un atelier d’alchimiste pour le peu que je connaissais de cette profession, c’est donc dire peu de choses. Les murs étaient remplis d’étagères garnies à leur tour de pots divers. De tailles variées, leur contenu s’avérait assez particulier. Certaines substances semblaient transparentes et limpides alors que d’autres, brunâtres et visqueuses. Certains contenants semblaient même contenir des créatures vivantes ou du moins, je pouvais observer un mouvement. Et puis, sur une grande table gisaient plusieurs outils, ainsi que des équipements de protection. Gants, lunettes et tablier, et même masque devaient s’avérer des moyens de protection essentiels pour qui exerce un tel métier.

Par son aura, Frouillot ne semblait pas méchant, mais il n’était pas dupe pour autant. Les bras croisés, le dos appuyé contre un meuble et son regard lucide m’indiquaient qu’il se doutait que je n’avais pas tout dit. Sans mentir, j’avais en effet escamoté une partie de la vérité. Certes, je lui devais la vie, mais je ne pouvais risquer celle des autres et puis j’allais d’ici peu payer mes dettes.

Ainsi, il me demanda ce qu’une lutine pouvait bien faire dans cette cité, et cette fois, je lui répondis franchement puisque j’étais venue sur Illyria pour en connaître un peu plus sur cette ville.

« Je devais me rendre dans une ville lutine dont je tairai le nom, mais on m’a parlé d’Illyria, comme étant une ville où il y avait beaucoup d’échanges commerciaux, c’est donc par curiosité que je me suis arrêtée. Juchée sur un panneau publicitaire d’un artisan, j’observais les gens passés. Et puis j’ai vu les enfants. Je suis donc descendue leur parler. Les enfants sont d’ordinaire plus ouverts à la différence et possèdent moins de préjugés. »

Je ne savais pas s’il allait me croire. Peut-être que oui, ou peut-être pas, comme il arrive souvent lorsque l’on dit la vérité.

Outre sa question au sujet de mon intérêt pour Illyria, il m’expliqua brièvement la tâche qu’il voulait me confier. Il s’agissait simplement d’aller chercher des ingrédients alchimiques très rares qui se trouvaient dans un endroit dont il n’avait pas accès, vu sa grande taille.

« Je n’ai plus qu’un mal de tête tolérable qui devrait se dissiper lorsque j’occuperai mes pensées à autre chose qu'à la douleur. Je suis donc disposée à vous aider à récupérer ces ingrédients, vous n’avez qu’à m’expliquer où aller et ce que je dois chercher. Mais, sans vous offusquer, je vais être franche, je n’irai pas chercher pour vous un produit qui appartient à un autre, je ne suis pas une voleuse. »

Dis-je d’une voix naturelle dénuée de toute agressivité, arborant mon sourire habituel.

Cet homme à l’air rustre et sévère me semblait quelqu’un à qui on pouvait parler franchement, sans détour. Ainsi, debout, la tête relevée pour pouvoir le regarder dans les yeux, j’attendis sa réponse. S’il répondait à mes conditions, je me mettrais alors immédiatement à la tâche.

(((509 mots )))

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Guasina, protectrice d'âme


Dernière édition par Guasina le Sam 29 Oct 2016 03:56, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Dim 16 Oct 2016 11:56 
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La réaction de Hrist à mon discours m’arrache un sourire terne et las, lorsqu’elle m’affirme que je ne sais pas reconnaître mes alliés. Son soi-disant pacte de sang, elle a formulé l’hypothèse de le trahir dès le moment où elle a voulu agir contre ma volonté en souhaitant tuer Camiran après que je lui ai interdit. Susceptible, je crois avoir touché une corde sensible sur ses capacités et aptitudes d’assassine, lorsqu’elle énonce toute une litanie sur le choix de Vallel à son égard, usant d’ironie pour pointer du doigt ce qui semble lui être évident. À elle, bien sûr. Parce qu’à part mettre en danger mes plans, elle n’a jusqu’ici montré aucune efficacité, restant même dangereuse en voulant emporter hâtivement, sans préparation – ce qu’elle me reproche maintenant erronément – et sans enquête préalable, la moitié de la cité dans la mort.

Elle se moque à demi-mot de mes pouvoirs, les jalousant sans doute, en les traitant de « tours », mais m’accusa, je cite, de ne pas me rendre compte qu’elle n’a pas levé la main sur quiconque. Je la regarde étrangement à cette affirmation. La double négation signifiant l’inverse de ce qu’elle semblait vouloir dire était-elle intentionnelle, faite pour me leurrer ? Ou un lapsus révélant ses sombres intentions, peut-être. À moins, mais je le pense moins, qu’elle ne soit pas apte aux arts de la langue, leur préférant la lame et les poisons, pour compenser une éducation imparfaite. Elle poursuit en affirmant n’avoir pas tenté de tuer qui que ce soit dans son périple dans la basse-ville, auprès de la pègre, pas même le vendeur du poison pour couvrir ses traces. Je hausse les épaules, signifiant le peu d’importance de la question. Ils sont des personnages secondaires, dont la mort m’importe peu. Elle aurait pu les tuer, étancher sa terrible soif de sang, se défouler une bonne fois pour toutes afin de ne pas mettre en péril tout le reste. Pourquoi croit-elle que je l’aie envoyée elle-même quérir ce poison dans les bas-fonds de la plèbe ?

J’accepte la coupe vin qu’elle me tend, la reniflant mécaniquement pour en absorber les arômes fruités et capiteux, négligeant la viscosité du pied de la coupelle, maculée du sang de la main meurtrie de l’elfe. Pire, sans doute, je m’en rends compte, puis me lève doucement le bout des doigts maculés, goûtant à son sang avant d’absorber une gorgée de vin, pour ôter de mon palais le goût ferreux de ses veines tranchées. Une fois de plus, elle se perd dans des considérations complexes lui échouant de base. N’a-t-elle réellement aucune confiance en sa propre spécialité ? Elle affirme avoir besoin de préparation, sinon elle le fera au dîner comme prévu. Elle précise même n’avoir plus envie d’assassiner le Roi, affirmant qu’il devrait se débrouiller seul. Même ça, elle ne l’a pas compris, la nuance de mes propres mots. Tuer le Roi, non pas de suite, mais quand ça s’avèrera nécessaire. Je secoue la tête, défait, vidant d’une traite ma coupe de vin. A-t-elle voulu m’empoisonner ? Je n’en ai cure, je sais pertinemment que ça ne pourra marcher. Je suis immortel, immunisé à tout poison, intouchable par sa propre lame. Elle ne peut m’atteindre. Je pose la coupe sur un guéridon avant de lui répondre, finalement.

« Un peu d’imagination, bon sang ! » et j’insiste sur l’expression, comme pour lui rappeler que je lui ai goûté le sien, « Tu es l’assassine, moi le guerrier. Réfléchis donc à ce meurtre, prépare-le à ta convenance, et épargne ceux que je t’ai dit d’épargner. Le reste, je m’en fiche : c’est ta tâche, et j’aurai bien assez à faire avec les miennes pour m’en soucier davantage. J’irai voir Hascan et l’interrogerai. J’irai voir le Roi, pour constater de son état, et l’interrogerai s’il est capable de répondre. J’irai voir Camiran pour m’assurer de son désistement. Ensuite, Leodos pourra mourir, le roi pourra mourir, et les autres devront survivre. »

Je me tourne vers le lit brusquement, désireux qu’il soit le jour pour que je puisse œuvrer. Aux premières lueurs de l’aube, pas si lointaines, je me rendrai dans l’intimité d’Hascan pour le cueillir au réveil. Et pour être sûr de ne pas le manquer, je préfère aujourd’hui méditer plutôt que de dormir. Fi des plaisirs d’un sommeil profond, où une dense médiation suffit. Je pourrai dormir, je pourrai rêver, lorsque tout ceci sera terminé. M’asseyant en tailleur sur la couche défaite par notre bagarre emplumée, je m’adresse une dernière fois à mon épouse.

« Ne me déçois pas, assassine, et tu seras récompensée. Trahis-moi, et tu en paieras les conséquences. »

Et je me laisse absorber par la méditation, sans prêter plus attention à ce qu’elle peut répondre. Je laisse les heures filer, jusqu’à ce qu’à travers mes paupières, filtrant depuis la fenêtre, les premières lueurs d’un soleil matinal réchauffent mon iris sombre. J’ouvre alors les yeux, sans même me soucier de constater la présence de Hrist dans la chambre, et me lève, toujours vêtu de ces habits de cour, diadème posé sur la tête, rapière au côté et lame métamorphe épinglée sur ma veste comme une broche bleutée magnifique. J’éclabousse mon visage de l’eau d’une bassine prévue à cet effet pour me débarbouiller, je passe ma main dans mes cheveux pour me recoiffer au mieux, et me sens fin prêt pour aborder cette nouvelle journée. Il n’y a plus de temps à perdre, désormais. Aussi, je me presse de quitter la chambre, sans me soucier davantage de ma consœur grise. Elle sait ce qu’elle a à faire, et… étrangement, je lui fais confiance. Non… Peut-être pas à ce point, mais au moins je lui laisse le bénéfice du doute. Une erreur dure à corriger, mais qui saura être punie si elle sort des rails de mes consignes claires.

L’air confiant et assuré, je parcoure les couloirs de pierres du faste palais d’Illyria. Au premier domestique que je croise, je demande sans m’en cacher la position des appartements d’Hascan, sinon l’endroit où il se situe actuellement. Et s’il l’ignore, je passerai au serviteur suivant, jusqu’à apprendre l’information et, sans attendre plus, m’y rendre. Là, je lui ferai porter le message que le Ser Amarthan souhaite vivement s’entretenir avec lui. Une motivante entrée en matière signifiant à demi-mot l’urgence de la situation qu’il saura saisir, je le crois. Et j’espère de tout cœur qu’il saura me recevoir vite, et dans un endroit suffisamment sûr pour n’avoir pas à surveiller mes mots.

    [1078 mots. - Total : 3540]

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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Mer 19 Oct 2016 07:19 
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Il but son sang. Hrist l'observait renifler son verre, se délecter de ce qu'elle venait de lui servir et recommencer sur le même ton. N'avait-elle pas été claire ? L'entendait-il ? Peut-être mais il ne l'écoutait certainement pas. Il venait de lui dégager une sensation abjecte et Hrist senti frissonner ses membres. De l'aversion. Voilà bien quelque chose qu'elle n'avait pas vécu depuis longtemps. Elle s'était entraînée à toujours obéir silencieusement et à remplir ses directives sans poser de question et sans contredire sa hiérarchie mais ce Seigneur de l'Ombre... Il mettait son serment à l'épreuve.

Pourquoi est-ce que Xenair l'avait envoyée ? Peut-être parce qu'il savait qu'elle finirait par se retourner contre lui, Ô grand Maître assassin d'Oaxaca qu'il était et peut-être avait-il imaginé qu'elle ne reviendrait pas de son périple.

(" Vous êtes deux idiots. C'est une QUÊTE. Elle vous met à l'épreuve, elle tente de vous opposer les uns aux autres et à vous rendre fous. Là, on en est au moment où les deux protagonistes se prennent le bec alors qu'ils ont franchement mieux à faire que de discutailler.") Sentenca Cèles.

Hrist ne partageait pas l'avis de sa petite boule de fluides, elle commençait doucement à remettre en question non pas son allégeance à Cromax, mais celle à Xenair et même celle d'Oaxaca. Elle n'avait pas beaucoup fréquenté les Généraux mais celui-ci... Quelque chose lui était clairement monté à la tête. Il était aveuglé par quelque chose et ce quelque chose, Hrist ne parvenait pas à mettre le doigt dessus.

(" Pfeuh... Le problème des vivants, c'est qu'ils sont trop sentimentaux. Voilà donc à quoi ressemble quelqu'un qui veut préserver la vie de ceux qu'il ne connaît pas. ")
(" Ah, ça ma vieille, pour reprendre tes propres mots, il y a du sang qui mérite d'être versé et du sang qui ne mérite pas d'être versé. ")
(" C'est complètement hors contexte. Je parlais d'une jeune femme marié de force à un fou furieux. ")
(" Oui oui oui oui, je sais. Tu l'as tué, découpé en morceaux et donné à manger aux gens qui fêtaient son mariage, avec le tragique incendie qui a emporté la moitié d'un village, ses récoltes, ses granges, une partie de son bétail et comme l'hiver tombait, les a complètement condamnés, femmes, enfants, vieillards. Ton record il me semble. ")

Hrist le quitta des yeux, ignorant ses propos grossiers comme quoi elle serait récompensée si elle parvenait à obéir à ses ordres. Son aigreur gagnait maintenant son estomac.

La femme n'aurait pas toléré de dormir à côté de lui, pas un fragment de son corps n'aurait voulu à un moment donné sentir le sien au creux de la nuit. Elle tourna le dos à Cromax, déjà couché. Il lui fallait se ressourcer. Fermer les yeux, oublier ce qui venait de se passer, se concentrer sur la mort. La grande faucheuse, la lame sombre qui ôterait la vie de ses victimes tôt ou tard. Il lui fallait se passer les nerfs sur quelque chose et comme il était impossible de toucher un serviteur ici, elle devrait se contenter de méditation.

Cet exercice remontait du temps où elle vivait encore, partagée entre l'esprit de Silmeria et le sien. C'est à Oranan, ville l'ayant particulièrement marquée que la Vénérable du terrain d'entrainement lui enseigna cette méthode. En y repensant, un petit sourire se dessina sur ses lèvres rouges. Lors de sa première tentative, elle avait passé un après midi dans un champ d'herbes folles sous un cerisier verdoyant. Le soleil lui créait des malaises, son corps était traversé de part en part par des éclairs blancs provoqués par les crampes et son esprit distrait par les insectes qui bourdonnaient auprès d'elle. Lorsqu'elle revint au village, Silmeria n'avait trouvé nul secours dans la méditation mais le lendemain, Hrist tenta l'expérience avec un résultat plus encourageant.

Hrist était une femme plus créative que sa Jumelle à l'esprit plus scientifique. Elle se découvrit un monde. Lorsqu'elle fermait les yeux, le champ d'herbe folle n'était plus qu'une grande étendue de terre retournée et détrempée de sang. Les arbres et les buissons, bosquets et branchages formant de petits ponts au dessus des cours d'eau, tout ça n'était plus qu'un vague souvenir. Son esprit était ailleurs, là où les arbres étaient brûlés. Là où des étendards ensanglantés et déchirés flottaient mollement dans le vent. Là où, plus tôt une armée d'hommes et de femmes, fervents défenseurs de ce Royaume marchaient vers les troupes de la Reine Noire, arborant leurs armures scintillantes et leurs fluides de lumières.

Mais l'issue était sombre. Les corps jonchaient le sol, les armures scintillantes étaient couvertes de boue et enfoncée sous les chocs barbares de puissants Garzoks et guerriers du Nord. La terre buvait comme si jamais elle ne serait rassasiée, elle buvait le sang des vivants, le sang des hommes, des femmes, le sang de ces défenseurs de la liberté qui se frayait un chemin au travers des armures, des cottes de maille pour noyer le sol rougissant.

Lorsqu'elle ouvrit les yeux de nouveaux, Hrist était recouverte de pétales roses. Le cerisier avait ouvert ses fleurs et elles étaient déjà mortes. Certains auraient vu là un signe de Yuimen lui même, pardonnant à la femme ses pêchés passés. Hrist vit là un signe différent, la mort.

Elle se leva, tendit les bras aux cieux en s'étirant et dit toute radieuse :
" Si la terre a grand' soif alors je dois l'abreuver. "

La Frémissante s'accouda un instant à la rambarde de la fenêtre, ses yeux portés sur ce spectacle qui s'offrait à elle. Depuis sa venue ici, avait-elle pris le temps d'observer de quoi ces humains étaient capables ? Avait-elle simplement levé les yeux pour observer une statue, un monument ? Non. Pourtant tout ceci était devant elle, à portée de main et d'émerveillement. Mais ce n'était pas pour elle. Son monde à elle ne voulait pas de beauté ni de laideur. Hrist n'était pas comme Cromax, absolument et parfaitement binaire. Bon ou mauvais, bien ou mal. La Murène se savait incomprise car elle l'avait vu dans le regard de l'Elfe que lui aussi éprouvait du dégoût lorsqu'il apprit ce qu'elle avait fait au chef de la guilde des marchands. Elle ne pensait pas avoir aussi bien choisi ses mots qu'elle le raillant de puceau de l'infamie.

La jeune femme ferma les yeux et tout autour d'elle, le monde changea. Un tumulte assourdissant se fit entendre car là, en face d'elle, le Palais s'écroula dans un vacarme assourdissant. Son esprit frappait ce monde, martyrisait la Capitale afin que croule leurs tours de verre et de fer. Qu'elles s'écroulent dans un vacarme d'enfer sur leurs bâtisseurs.

Ne restait qu'en apesanteur le petit balcon où elle était assise, les genoux croisés adoptant la pose des Samouraïs d'Oranan, la main gauche sur le genoux et la main droite devant son visage, à demi-close, l'index et le majeur pointant vers le ciel.

Et le ciel alors devint noir et cracha de terrible éclairs qui éclataient en rencontrant le sol. La fumée noire des incendies montait jusqu'à elle et les cris... Le cri plaintif des femmes et des enfants massacrés sans discernement. Ce piaillement aigu et lointain si semblable au cri élégiaque des mouettes.

La Cité des hommes à feu et à sang. Les gardes dépassés, les hommes prenant ce qui leur tombait sous la main afin de tenter de repousser l'envahisseur mais en vain. Les Ombres noires qui marchaient en cadence dans les ruelles de la Ville portaient toutes le symbole de Hrist, celui des Murènes. C'est ainsi qu'elle façonna son rêve. Emportant dans son songe éveillé l'image de cette ville sous les flammes et la mort, et au milieu de tout ceci, Léodos, luttant vaillamment contre ses ennemis tandis qu'une autre ombre plus rapide celle-ci s'approchait de lui, prête à le surprendre par derrière...

Sa méditation était si forte et réaliste que son corps ressenti même la sensation du coup de couteau, lorsque son ombre noire perça le coeur de Léodos et le regarda s'écrouler à terre dans un bruit de métal froissé.

Peut-être que tuer Léodos était une bonne façon de s'approcher un peu plus de cette vision. Peut-être que ça serait là le premier coup de pinceau de son chef-d'œuvre.

Lorsqu'elle ouvrit les yeux, le jour avec percé le coeur de la nuit comme son poignant celui du Baron. Le soleil brillait sous ce monde qui s'éveillait et s'animait doucement. Quelques fumées quittaient les cheminées des boulangeries, des forges et des nombreuses habitations qu'elle surplombait des hauteurs du Palais.
La chambre était complètement vide. Cromax s'était déjà absenté et avait laissé quelques traces derrière lui que la femme pouvait remarquer en parcourant la chambre. Le creux du lit était à peine tiède, il y avait quelques traces d'eau éparpillées partout autour d'une bassine et quelques cheveux noirs à sa surface. Hrist se dirigea vers le grand miroir situé dans un angle de la pièce et s'observa, la mine grave.

La fatigue n'avait pas marqué ses yeux. Ils étaient toujours d'un violet vif et perçant entouré du noir intense de ses cils. Ses lèvres rougies par le maquillage tranchaient net avec la pâleur et la froideur étonnante de son visage. Elle n'était pas vraiment d'humeur avenante en ce jour. Elle arrangea un peu la natte de ses cheveux qu'elle accrocha fermement à l'aide de l'aiguille d'argent. Ses vieilles habitudes de la Cour, arborer une tenue impeccable avec un air légèrement négligé mais toujours maitrisé. Une insulte à l'étiquette et au beau savoir vivre.

" Il est du sang qui mérite d'être versé... Prenez garde à vous, Baron. Car vous n'avez rien d'une jeune femme en détresse persécutée dans un petit village... Vous et tous les autres serpents parfumés de cette Cour..."

Elle se tut un instant, ses yeux fixés dans son reflet. Glaciale, elle laissa s'échapper tout bas :
" Prenez garde... "

A son tour, la femme quitta la chambre. Elle marchait doucement dans les couloirs, observant les gens, observant les tableaux, les peintures et les dorures. Tout ce travail invisible aux passants pressés, réalisé par de petites mains expertes et discrètes... Mais son regard fixait ses merveilles d'un air torve et sans lueur comme si elle n'observait rien de plus exceptionnel qu'un tas de foin dans une grange...

Hrist avait fait son deuil du Merveilleux. C'en était fini.

C'est ainsi que le coeur vide elle se rendit dans la Grand' Salle où quelques heures plus tôt ils rencontraient je Chambellan du Château. Elle s'adressa directement à l'homme, sans plus de cérémonie.
" Dites moi. Il y a un dîner demain avec les Prétendants, Camiran, Baron Léodos, Hascan et la Régente en son temps. Mon époux et moi même y serons toutefois, je serais honteuse de venir les mains vides. Auriez-vous la bienveillance de m'indiquer si ces Nobles gens ont la moindre préférence ? Est-ce que le Baron Léodos a une échoppe dans laquelle il aime se rendre afin que je puisse lui faire une surprise ? Quant à Camiran, ce jeune homme était habillé avec beaucoup de goût. Savez-vous auprès de quel tisserand il s'habille ? Quant à Hascan, je crois que Cromax doit le rencontrer aujourd'hui, il pourra sans doute m'en dire plus après mais si vous avez de bons conseils... "

Elle tendit une poignée de Lys d'or dans la main du Chambellan, ajoutant :
" Je sais que vous êtes un homme discret, mais je me doute que vous savez où se trouvent leurs préférences et ainsi m'aideriez vous à trouver un présent adapté. "

---------------

Pot de vin au Chambella pour des informations.

Tente de localiser un endroit où embusquer Léodos.

5500 mots

_________________
La petite ombre de la Mort à Elysian.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
Au milieu des cercueils,
Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


Némésis d'Heartless


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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Ven 21 Oct 2016 11:17 
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Illyria – Chez Frouillot

    Frouillot émis un grognement aux premières paroles de Guasina, d’approbation ou d’incrédulité, difficile de dire. Il balaya ses secondes paroles d’un coup de main.

    - J’suis pas bleu au point d’filer un boulot d’larcin au premier v’nu. Donc t’en fais pas, p’tite chose. J’te laisse dormir sur cette paillasse, demain à l’aube, on partira.

    Sur ses paroles, il lui tendit un chiffon propre qui pouvait lui servir de couverture et s’en alla pour ne revenir qu’aux premières lueurs. Là, il prépara quelques affaires en disant à la lutine :

    - C’est à une p’tite heure d’ici.

    Dehors, un cheval les attendait, sur lequel il proposa à Guasina de monter, si elle le désirait. Ils s’en allèrent alors, Frouillot menant une vieille carne aussi mal en point que lui, qui néanmoins faisait son office. Ils ne tardèrent pas à sortir de la ville pour entrer dans les faubourgs et ceux-ci ne tardèrent pas à disparaître également au profit de champs et de bosquets épars. C’est vers l’un de ces derniers que Frouillot s’engagea, la menant jusqu’au centre où se trouvait une sorte de terrier d’une trentaine de centimètres de diamètre, entouré d’arbre, de buissons et de mousses. Si Frouillot ne l’avait pas montré, il aurait été difficilement décelable.

    - Y s’agit d’un terrier. A l’intérieur, y’a un genre de toile, l’idée, c’est d’l’enrouler autour d’un bâton et d’me la ramener. C’est pas plus du vol que d’piquer des œufs à une poule. Alors, t’en dis quoi, ma p’tite ?


Illyria – Maison de Hascan

    Les serviteurs indiquèrent à Cromax qu’Hascan devait probablement se trouver dans sa maison en ville et lui indiquèrent le chemin à parcourir pour l’atteindre. Sa demeure, si elle se trouvait à proximité du palais, n’était pas cependant dans les quartiers les plus riches, mais dans les quartiers de bourgeois aisés sans ostentation. Sa maison elle-même était sans ostentation, quoi qu’assez grande et en colombages, à toit d’ardoise.

    Image


    A l’intérieur, une simple servante, un peu âgée, invita Cromax à entrer.

    - Oh, Seigneur, il est rare que des gens de la cour viennent quérir Hascan jusqu’ici. Attendez, je vais le prévenir de votre arrivée ! dit-elle avec l’empressement d’une servante dévouée à son travail.

    Un peu replète, elle fit signe à Cromax de l’attendre dans l’antichambre et se précipita à l’étage d’où elle redescendit quelques instants plus tard pour lui dire de la suivre. Là, elle le mena jusqu’à un cabinet où le fils illégitime du roi se trouvait assis à un bureau, une liasse de papiers sous les yeux. Il leva ses derniers à l’entrée de Cromax et se leva pour venir l’accueillir à la porte.

    - Seigneur d’Amarthan, bienvenue. Mes excuses, j’ignorai que vous viendriez, et rien n’est prêt pour vous accueillir. Bahia, apporte le thé, s’il te plaît.

    La servante hocha la tête et s’inclina avec un :

    - Bien sûr, Monsieur !

    Et elle fila de la pièce. Hascan reporta son attention sur Cromax et l’invita à prendre place sur l’un des gros fauteuils du cabinet, qui entouraient une table basse.

    - Dites-moi, à quoi dois-je le plaisir de votre visite ?


Illyria – Le Palais

    Hrist parvint en effet à débusquer le chambellan qui lui répondit, non sans avoir récupéré les lys :

    - Le Baron Leodos aime tout particulièrement les pâtisseries venues de la Maison Frusteau, dans les beaux quartiers d’Illyria. Camiran, comme beaucoup de nobles, se fait habiller par le couturier du Bon Marché. Votre robe provient de là-bas, si je ne m’abuse. Hascan est un homme fort simple dans ses attentes, je crains de ne pas avoir de conseil à vous donner, de même pour Son Altesse la Régente, quoi qu’elle apprécie à l’occasion quelques bons mets, mais rien de trop sucré.

    Il inclina le buste, indiquant qu’il avait terminé.


[Guasina – xp : 0,5 (introspection), 0,5 (mensonges par omission), 0,5 (longueur) ;
Cromax – xp : 0,5 (introspection), 0,5 (discussion), 3,5 (longueur) ;
Hrist – xp : 0,5 (introspection), 0,5 (discussion), 5,5 (longueur)]


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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Ven 21 Oct 2016 17:30 
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Les deux gardes me regardent, se regardent, regardent Syrah puis regardent le sol... Puis l'un d'eux me fait signe de le suivre, m'escortant à l'intérieur pour rencontrer le baron. Je le suis à travers le jardin, au bout duquel il demande quelques informations à un serviteur, avant de se diriger vers l'intérieur du manoir, non sans s'être enquis au préalable que j'étais toujours sur ses talons, suivie de l'adolescente.

L'intérieur ne jure pas avec la façade. Du luxe, du luxe et encore du luxe, accompagné de quelques trophées de chasse. Je n'ai rien contre la pratique, mais je ne comprendrais jamais l'intérêt d'exposer ainsi ses prises. En attrape-t-il si peu qu'il se sent obligé d'en faire étalage à ses invités ? Et puis ce sont des êtres vivants, merde, les traquer pour se nourrir est une chose, que l'on en prenne du plaisir passe encore, mais leur ôter la vie dans le seul but de pouvoir se la raconter devant d'autres trouduculs de nobles, ça me dépasse.

Le garde nous mène jusque dans une salle d'attente, avant d'aller chercher le baron pour le prévenir de leur présence. C'en est presque étrange : cet homme se croit assez important pour faire attendre ses invités dans un salon annexe, mais il ne donne l'autorisation à ses hommes de faire entrer une parfaite étrangère sur son domaine. Quelque chose m'échappe et m'échappera toujours avec la noblesse et la bourgeoisie... Nous n'attendons cependant pas très longtemps avant que notre guide ne revienne pour nous mener dans un autre séjour. Celui-ci est encore richement décoré, pourvu de nombreux trophées, dont la tête d'un cerf aux ramures comme je n'en ai que rarement vu, d'un âtre gigantesque et d'une table basse entourée de quelques fauteuils. Sur l'un d'eux se trouve le motif de ma visite : Leodos. Grand, musclé et assurément charismatique, il est habillé d'une tenue de chasse qui, même elle, reflète sans mal sa richesse personnelle. Néanmoins il ne me faut pas plus de quelques secondes pour sentir une vague de mépris et de haine parcourir mon corps. Ce regard... Ce regard qui m'observe des pieds à la tête comme si je n'étais qu'un énième trophée de chasse à accrocher à son mur... Je ne suis qu'un morceau de chair à ses yeux, un morceau de chair à consumer. Et à peine a-t-il terminé son inspection qu'il m'adresse un sourire immonde, le sourire d'un homme satisfait de la qualité d'un produit qu'il viendrait d'acheter. Je réprime un frisson de dégoût. Au moins rendra-t-il la tâche de son assassinat plus facile. Nettement plus facile.

Le baron me demande de m'approcher, me nommant « Ma Dame » et s'enquérant du motif de ma visite. Et évidemment, il en profite pour glisser un compliment mal venu dans la conversation. Je me force mentalement à ne pas lui cracher au visage et tente d'adopter une attitude frêle et naïve. Je ne suis pas la meilleure des actrices,mais s'il y a bien un rôle que j'ai appris à jouer dans ma vie c'est celui-ci.

« Bonjour, Messire, » fais-je avec une révérence, adoptant un demi-sourire niais. « Je vous remercie de me recevoir. Heu... Comme je le disais à vos gardes, je me nomme Anna de Terreblanc, et je viens d'arriver en ville... Et j'ai entendu dire que vous étiez un excellent chasseur et comme... »

Je sors mon propre arc de mon épaule, le tenant nonchalamment par la branche.

« Je sais bien que ce n'est pas une activité correcte pour une Dame, mais je me suis dit... Que peut-être... Vous accepteriez que je vous accompagne durant votre prochaine partie de chasse ? »

Je ne me détache pas de mon petit rictus gêné, certain du petit effet qu'il fait aux hommes dans son genre, et attends sa réponse.


(((630 mots)))

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Merci à Dame Itsvara pour la signature


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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Sam 22 Oct 2016 21:06 
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Le terrier de la bête


Un grognement fut la première réaction du vieil homme. Peut-être était-il insatisfait de mes réponses, mais je ne pouvais lui fournir plus d’information sans compromettre la mission et les autres aventuriers.

Puis de son air bourru qui semblait faire partie intégrante de sa personnalité, il me répliqua qu’il avait assez d’expérience pour ne pas confier le mandat de voler à quelqu’un qu’il connaissait à peine. Son grand âge et ses expériences passées l’avaient sans doute mené à développer une grande méfiance envers les inconnus. Il me pria de ne pas m’inquiéter et m’indiqua qu’on ne partait que le lendemain matin, ce qui me donnait un peu de temps pour me rétablir complètement. En bon hôte, il m’offrit un chiffon propre qui allait me servir de couverture. Je le remerciai de sa bonne attention à mon égard, et déjà épuisé par l’épreuve que j’avais subie plus tôt, je me couchai sur l’éponge qui me servait de lit et me recouvris d'un long bout de tissu que Frouillot m’avait fourni. Je regardai Frouillot éteindre les lumières une à une, puis je cessai de combattre le sommeil, permettant à mes yeux de se fermer.

Comme il arrive souvent lorsque nous séjournons pour la première fois dans un nouvel endroit, je me réveillai à quelques reprises de brefs moments avant de me rendormir. Aux petites lueurs du jour, au moment même où la pièce laissa les rayons du soleil l’éclairer, je sortis du domaine des rêves et j’ouvris les yeux.

Immobile et silencieuse, j’observais le vieil alchimiste terminer ses préparatifs. Lorsqu’il s’en aperçut, il m’informa que notre destination se trouvait à plus d’une heure d’Illyria. Je me levai doucement craignant les maux de tête. A mon soulagement, aucun mal ne m’accabla. La nuit était venue à bout des derniers vestiges de mon empoisonnement. Lorsque nous sortîmes de la petite boutique, un cheval était attaché à un poteau et apparemment préparé pour notre petite excursion. Frouillot me proposa d’y monter et j’acceptai l’invitation. Ayant retrouvé la forme, je me dirigeai vers l’arrière du cheval. Je sautai agilement et attrapai le bout de sa queue et l’escaladai jusqu’à sa croupe. Puis, debout et entièrement à l’aise, je traversai le dos de l’animal, gravit son cou et m’asseyai sur sa tête, entre ses deux oreilles. Tout en caressant l’animal, je fis signe à Frouillot que j’étais prête. Notre trajet s’effectua en silence pendant que nous traversâmes la ville et ses faubourgs. Le vieil homme arrêta sa vieille monture lorsque nous passâmes près des bosquets. L’alchimiste se dirigea vers l’un d’eux, et nous conduisit vers un terrier d’un diamètre assez important, entouré d’arbres, de buissons et de mousses. Bien dissimulé, il fallait un œil averti pour le distinguer. Nous descendîmes de cheval, et l’alchimiste m’expliqua en quoi consistait ma tâche. Tout en m’indiquant le terrier, il me dit que je n’avais qu’à y pénétrer et d’enrouler une sorte de toile autour du bâton et de lui ramener.

Cette fois, ce fut moi qui le regardai droit dans les yeux, les bras croisés, ayant le sentiment qu’il me cachait quelque chose.

« Mais l’accès à ce terrier fait une fois et demie ma taille. Dites-moi quel animal y habite ? N’ayez crainte, je ne changerai pas d’idée et je m’acquitterai de la tâche que vous m’avez confiée, mais je dois d’abord savoir à quoi je dois m’attendre pour mieux me défendre, le cas échéant. »

Il me répondit qu’il s’agissait d’un genre d’insectes.

(Un insecte de cette taille ! )

Quelques secondes plus tôt, je nourrissais des doutes, mais cette fois, j’en étais certaine, il me cachait quelque chose. Sans décroiser les bras, les sourcils froncés, mais le ton de voix toujours aussi aimable, je le questionnai encore :

« Il ne s’agirait pas d’une araignée plutôt ? Et puis, si j'en juge la grosseur du trou, elle est de bonne dimension. Plus grande et grosse que moi ! Je veux bien pénétrer dans ce trou, mais il va falloir que vous m’informiez sur les capacités et les moyens d’attaque de cette bête. Vous ne serez pas plus avancé si je ne suis pas capable de sortir vivante de ce trou. »

Cela dit, je ramassai quelques brindilles par terre et je les mis dans mon carquois. Puis je regardai de nouveau Frouillot. J’étais bien décidée à ne lui obéir que lorsqu’il m’aurait fourni les informations que je lui avais demandées.

(((737 mots)))

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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Ven 28 Oct 2016 11:55 
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Illyria – Manoir de Leodos

    Le sourire de Leodos, aux paroles de Leykhsa, n’est rien moins que prédateur, celui d’un prédateur tentant de charmer sa proie, décidé à prendre son temps avec elle et d’en savourer chaque instant.

    Il tapote le fauteuil à côté de lui et propose à la jeune femme :

    - Venez donc vous asseoir, charmante demoiselle, il serait inconvenant que vous restiez debout et moi assis, on me prendrait pour ce que je ne suis pas.

    Son sourire était tout aussi charmeur.

    - Montrez-moi donc cet arc ? Il a l’air d’être d’une des meilleures factures bien que je ne parvienne pas à mettre le doigt sur sa provenance. Vous n’avez pas choisi là l’outil d’un débutant.

    Il eut une moue faussement réflexive avant de poursuivre en disant :

    - Cela tombe fort bien, je m’apprêtais à partir pour ma demeure de campagne pour une petite partie de chasse, mais peut-être pourrions-nous commencer à pratiquer ici, dans le jardin, il y a quelques cibles par lesquelles vous pourriez débuter. Dites-moi, où se trouve Terreblanc ? Mes excuses, je n’ai pas le souvenir d’avoir entendu le nom de ce lieu avant.

    Syrah déplaça son poids sur son autre jambe, de façon parfaitement naturelle, mais Leykhsa, elle, pourrait voir l’avertissement donné par la jeune voleuse.


Illyria – Bosquet

    A la question de Guasina, Frouillot répondit d’un mouvement de bras peu concerné.

    - Boarf, c’t’une p’tite bestiole, le trou appartenait à un rongeur quelconque. Puis y paraît que les araignées ça a huit yeux, y’a qu’à taper dedans. D’toute façon j’ai pas choisi l’heure par hasard pour laisser ta p’tite bouille se r’mettre de ses émotions, c’est parc’que c’est l’heure à laquelle ça dort, ces bestioles. Aller, zou, j’ai pas toute la journée.

    Lorsque la jeune lutine pénétra dans le terrier, l’obscurité la recouvrit et, plus elle avançait, plus l’obscurité se faisait prégnante et son aura dangereuse. Le sol était de terre noire mêlée de quelques mousses et lichens et feuilles, morts depuis bien, bien longtemps. L’odeur, elle, était celle de la terre mêlée d’autre chose de plus acide et dérangeant. Au bout de quelques mètres à avancer ainsi, la lutine pu voir une légère lueur prendre le pas sur l’obscurité ambiante, une lueur très diffuse issue d’un simple fil posé au sol, un fil pourvu d’un halo opalescent. Celui-ci serpentait le long des murs, progressant toujours plus profondément dans le petit terrier, jusqu’à arriver à une fourche. Là, il prenait le chemin de gauche, celui de droit, lui, était aussi obscur qu’une nuit en enfer.


[Guasina – xp : 0,5 (introspection), 0,5 (terrier), 0,5 (longueur) ;
Leykhsa – xp : 0,5 (introspection), 0,5 (discussion), 0,5 (longueur)]


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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Ven 28 Oct 2016 23:14 
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Le chambellan se pencha vers elle tout en récupérant au creux de sa main les pièces qu'elle lui laissait sous couvert de discrétion. Il lui répondit en prenant bien soin de ne pas porter sa voix trop fort que Léodos appréciait les pâtisseries d'une éminente maison située dans les beaux quartiers qu'elle avait visité plus tôt. Camiran quant à lui s'habillait au tailleur du Bon Marché, au moins connaissait-elle déjà ce lieu et pourrait y revenir sans mal. Il se montra toutefois plus avare en informations quant à la Régente et le prétendant légitime de ce trône mais la tueuse avait déjà l'information qu'elle convoitait.

Hrist quitta le palais après avoir salué distraitement le Chambellan et descendit les marches qui donnaient sur la rue principale. Machinalement, elle se dirigea vers l'auberge de la Cosse pour prolonger la location de la chambre et ainsi avoir un lieu où elle pourrait se changer en toute discrétion sans avoir à le faire dans la rue comme la dernière des mendiantes.

Les nombreuses échoppes ouvertes attiraient les passants comme les mouches à miel. Il se déversait dans les rues de doux parfums qu'elle s'amusait à essayer de reconnaître. Il y avait celui de l'huile de noix que les menuisiers employaient pour donner à leurs créations une couleur chaude et brillante. La lavande que des enfants vendaient en petits paquets de toile pour l'usage médicinal. Puis l'odeur plus mordante de la suif dont on faisait les bougies. Hrist préférait de loin le parfum gras de la cire. Cette senteur ne lui évoquait pas de bons souvenirs, la conduisant à l'époque où elle vivait pauvre et perdue dans des taudis avec la misère pour seule compagnie. Les nobles du village avaient accordé aux nécessiteux quelques bougies de suif, pas question d'offrir de la cire aux pouilleux, et si elles éclairaient, ce n'était pas sans dégager une fumée épaisse et persistante aux relents toxiques.

La femme secoua la tête pour reprendre ses esprits et entra dans l'Auberge.

Elle régla bien vite l'affaire de la chambre puisqu'elle offrit au Tenancier de quoi lui laisser sa chambre pendant un bon moment. Il prit même la peine de lui proposer une collation pour la route, chose qu'elle refusa tout net et s'enferma sans tarder dans ses quartiers.

Assise sur le lit, elle déballa doucement ses affaires, observant tour à tour ce qu'il lui faudrait pour cette mission. Elle avait l'aiguille d'argent dans les cheveux, la Vieille Rengaine, la Tueuse de Mage ainsi que les poisons et la bombe. Hésitante, elle commença par fermer les volets et se changea, abandonnant la magnifique robe du Bon Marché pour celle des Sylphes, beaucoup plus discrète mais également plus adaptée aux situations périlleuses.
Elle détacha ses cheveux et les coiffa en un chignon raté qu'elle cacha du couvert de sa capuche.

(" Tu... Vas pas tuer Léodos en pleine rue ? ")
(" Je ne vais pas tuer Léodos. Enfin... Pas personnellement.")

Cèles marqua un court silence et dit enfin :
(" Mais... Et le plan de Cromax ? ")
(" Cromax a dit lui même qu'il n'était qu'un guerrier. C'est un sot imbu e sa personne et qui pense pouvoir déléguer des tâches dont il n'y entend goutte. ")
(" Oui mais... De là à désobéir à un ordre direct de Général d'Oaxaca... Y a un monde. ")
(" Qu'elle crève. Elle et tous ses Généraux, s'ils ressemblent ne serait-ce qu'une seconde à cette caricature de chef, j'aime autant garder mes Murènes. ") Dit-elle en enfonçant la Vieille Rengaine dans son fourreau d'un claquement sec.

(" Tu sais, la vie n'est pas avare de mauvais coups, je sais même que tu en as déjà reçu pas mal, mais ce n'est pas une raison pour aller les chercher toi même. Souviens toi que ceux qui survi..")
(" Je sais. ") Coupa Hrist. (" Ceux qui survivent longtemps sur le champ de bataille finissent par croire qu'ils sont invincibles. ") Se hâta-t-elle d'achever d'un ton morne.
(" C'est juste que ce... Qu'il n'arrange en rien les choses. Lui, Faëlis et Pureté sont tellement obstinés. Obstinés à essayer de décimer cette famille Royale à la con qu'ils en oublient leur but premier. F'ranchement. A quoi servira à Hascan, Carmininanmachin ou Léodos sur le trône quand ce monde sera poussière. ")

Elle poussa un profond soupire. Cèles se hâta de répondre. (" Certes... Mais il faut quand même assurer le commerce entre Tulorim et ce monde. ")
(" Je ne suis pas d'accord avec les méthodes de Cromax. L'argent et le pouvoir sont déjà bien assez puissants pour régler ça, lui il joue avec les passions. Tiens, cet abruti est assez niais pour aimer voyager, autant lui faire plaisir et le nommer ambassadeur ! Quoi ? Noooon inutile, je lui fais confiance, si si rassurez-vous mon Prince, je l'ai accompagné pendant au moins cinq minutes !" Ah, et lui ? Il a l'air méchant dites donc ! Quoi ? En plus il veut se marier de force avec une petiote ? Attention ça c'est de la d'moiselle en détresse ou je ne m'y connais pas ! Foi de Cromax Le Bon ! Et faisais fi de ce fait que ceci existe depuis des années et même plus ! )

(" Hm... Sûr que s'il devait tuer tout homme qui se marie de force... Il y aurait plus grand monde à épouser. ")

(" Et ça monte sur ses grands chevaux dès qu'on s'oppose un temps soit peu à son plan risible. Il n'est même pas sûr de la marche à suivre qu'il faut déjà que je commence mon office. Insupportable. Non mais comment on peut se laisser diriger par ses émotions. Tiens, la Reine des Sylphes elle a l'air gentille, on va l'écouter coûte que coûte ! Tiens, on va mettre lui sur le trône, il a l'air gentil et sa soeur elle est d'accord, et elle aussi je la connais depuis longtemps ! Hier au moins. Ah, et je me demande si cette femme poisson a un vagi...")

(" Ouiiii oui oui. On a saisi. Tu es vexée et envieuse. ")

Elle soupira en snobant la remarque de Cèles et décida de sortir. Elle était partagée entre plusieurs choix. Soit elle se rendait jusqu'à la première taverne et demanderait à Calech s'il avait quelques informations sur une personne pratiquant des rites et des cultes anciens. Une sorte d'Oracle, n'importe qui ayant des... Ressources capable de l'alerter sur ce qui arrive à ce monde ou bien de se rendre à la Pâtisserie et y établir un plan.

Hrist avança dans les rues où elle vit de nombreux enfants jouer et certains venaient même lui demander des sucreries. Interloquée, elle ignora les demandes de ces bambins, se contentant de remonter son foulard noir sur son visage et de continuer à avancer dans les ruelles.

(" Dis. Tu penses qu'ils ne trouveraient pas ça suspect que tu loues une chambre en dehors du Palais ? Si Léodos meurt, il va y avoir une enquête, c'est sûr. ")
(" Et bien non. Pas grand chose d'alarmant, je suis une femme qui aime sortir mais qui se sent parfois mal, il est normal que je puisse louer une chambre pour me reposer lorsque mes malaises surviennent. De plus, la Régente a elle même assisté à ce malaise. ")

Hrist semblait sûre de son plan, au moins de son approche, restait à tuer sa cible et ce travail n'était pas le plus aisé.

Perdue dans ses pensées, la jeune femme trébucha et tomba en pleine ruelle, se prenant les pieds dans une canne qu'avait laissé un vieil homme assis contre un mur. Sous le choc, elle vérifia n'avoir rien perdu et lorsqu'un petit garçon vint l'aider à se relever, elle le repoussa, craignant qu'il n'en profite pour essayer de lui soustraire son argent. Le vieil homme s'excusa immédiatement, peinant à se relever. Il était entouré de deux enfants, le jeune garçon et une petite fille dans une brouette, celle-ci semblait malade et sa robe était tâchée de toute part. Tous trois semblaient bien plus miséreux que les autres passants du coin, elle n'avait pas encore gagné les Faubourgs mais les quartiers riches étaient déjà bien derrière elle.

'' C'n'est rien vieillard. Mais fais attention la prochaine fois ! Tu pourrais tomber sur quelqu'un qui te tabasserait à gourdin raccourcis. ''

Elle se tourna vers le jeune garçon qui triturait un objet singulier entre ses mains. Un tas de plumes en apparence, mais lorsqu'il le changea de sens, Hrist comprit qu'il s'agissait là d'un masque. Un masque de chouette plus précisément. Une vieille peau de cuir parfaitement recouverte de plumes brunes et noires et un bec de bronze, brillant et pointu, parfaitement courbé comme un poignard. Le vieillard en avait trois à ses pieds ainsi que quelques Lys d'étain. Il vendait des masques, probablement de sa confection pour gagner de quoi soigner la petite.

Hrist leva un sourcil curieux derrière son foulard et eut une idée.
" Tiens. " Dit-elle en glissant sa main sous sa cape pour en tirer cinq lys d'or. " Prends toi ça vieil homme. Offre à tes petits un repas chau et un lit sec. "

Elle se pencha pour récupérer les trois masques de chouette. Ils avaient un aspect terrifiant et elle en frémit d'avance...

--------------


Au bout d'un long moment de marche, Hrist retrouva enfin son chemin jusqu'à la petite Auberge qu'ils avaient occupé Cromax et elle quelques jours plus tôt. C'était là qu'ils avaient laissé leurs montures, aussi si l'enquête venait à apprendre qu'elle était venue jusqu'ici, elle pourrait expliquer qu'elle faisait simplement rapatrier ses chevaux jusqu'au Palais Royal.

Elle ne trouva cependant pas le palefrenier, peut-être était-il déjà rentré pour déjeuner. D'ailleurs le soleil était déjà haut et son estomac commençait à se faire vide. Elle ne dirait pas non à une collation et ça lui offrirait un bon prétexte pour s'installer à la table de Calech s'il était là.

Hrist ouvrit la porte et retira son foulard, inutile de se dissimuler ici puisqu'elle venait simplement demander à ce qu'on conduise ses montures.
" Hey, vous. Je ne vois pas le garçon qui s'occupait de mon cheval, mais s'il le conduit jusqu'au Palais avec celui de mon compagnon, tu auras le droit à deux autres pièces d'or. " Adressa-t-elle au Tenancier en lui glissant sur le bar deux lys.

S'adossant sur le comptoir, elle chercha Calech du regard.

---------------------------
1777 mots.

Loue la chambre à l'Auberge
Achète trois masques de chouette
Fais venir les chevaux au Palais et cherche Calech du regard.

_________________
La petite ombre de la Mort à Elysian.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
Au milieu des cercueils,
Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


Némésis d'Heartless


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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Sam 29 Oct 2016 04:51 
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L’antre de la bête endormie


À ma question, plus que légitime, Frouillot me rassura me confirmant que le trou appartenait à un autre rongeur, le propriétaire de la toile, étant une petite araignée. Comme les araignées possédaient quelques paires d’yeux, il me suggéra de les écraser d’un coup. Puis, il rajouta d’un ton franc et direct que notre heure de visite n’avait aucunement pour but de me laisser du temps pour récupérer, mais plutôt parce qu’elle correspondait aux horaires de repos de la bête. Cet homme s’avérait à la fois abrupte et inquiétant, pourtant il n’avait rien fait jusqu’à présent pour mériter une méfiance de ma part. Mais je restais tout de même sur mes gardes, car je ne savais pas quel sort il me réserverait une fois que j’aurais accompli la mission qu’il m’avait confiée.

Je le regardai quelques instants perplexes, prenant le temps d’analyser chacune de ses phrases. Si ce terrier appartenait à un autre rongeur, rien ne confirmait que cet animal en question n’y était pas. À la réflexion, je ne devais pas me méfier d’une seule bestiole, mais bien de deux.

J’étais bien consciente que je prenais un certain risque à pénétrer dans ce terrier, mais je tenais plus que tout à respecter ma parole. Je m’armai donc de mon épingle à chapeau et pénétrai prudemment et silencieusement grâce à mes bottes de l’ombre dans l’antre de la bête.

Sitôt entré dans les tunnels souterrains, l’obscurité et l’impression d’étroitesse m’envahit. A chaque pas, la noirceur obscurcissait mes pas et m’imprégnait de son aura dangereuse. Puisque la vue ne pouvait m’être de secours, je me concentrai sur mes autres sens. Mes pieds me renseignèrent sur l’état du sol. Ce dernier n’était pas seulement composé de terre, je pouvais y percevoir la mollesse de la mousse, et mes oreilles percevaient le froissement des feuilles mortes lorsque je pilais dessus. Mon odorat pour sa part, percevait une odeur de terre, mais également une autre plus acide et légèrement désagréable. Je m’arrêtai alors quelques instants. Bien que j’étais à peu près rétablie, je ne pus m’empêcher de craindre la présence du poison. Après un moment d’hésitation, je décidai de poursuivre mon chemin. Une journée s’était écoulée depuis ma visite dans les égouts. En cas de danger, je pourrais toujours utiliser mon pendentif. Puis après quelques mètres d’avancée à tâtons, je perçus une faible lueur. Plissant les yeux, je découvris que ce faible halo de lumière provenait d’un simple fil posé au sol. Ce dernier pouvait être le lien à la toile que je devais recueillir sur les petites brindilles de bois que j’avais mis dans mon carquois. Prudente, et toujours aussi silencieuse, je décidai de suivre cette voie qui m’était offerte en prenant soin de ne pas le toucher craignant de me brûler ou de créer une vibration qui pourrait alerter un éventuel prédateur. Et puis, j’arrivai à un croisement des chemins et je dus choisir entre la voie de droite et celle de gauche. La lueur transmise par le fil opalescent se prolongeait dans le côté droit alors que dans le gauche régnait une obscurité complète et oppressante. C’est sans hésitation que je décidai de suivre le chemin de la lumière, mon épingle en main prête à affronter un quelconque danger.

(((542 mots )))

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Dernière édition par Guasina le Mar 8 Nov 2016 03:45, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Lun 31 Oct 2016 19:59 
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Je ne tarde pas, dans ma quête pour trouver Hascan au Palais, à apprendre de la bouche de quelques serviteurs interrogés que le rejeton illégitime du puissant roi de la cité des Hommes d’Elysian ne se trouve pas dans le fastueux bâtiment où je me trouve, siège de toute la vie politique et nobiliaire de cette grande capitale, mais bien dans sa maison personnelle et privée. Je ne suis qu’à moitié surpris d’apprendre qu’il n’a guère de pied-à-terre constant en les murs du palais. On le dit proche du peuple, après tout. Ce n’est que légitime qu’il vive parmi ses pairs, et non dans une tour d’ivoire, loin de toutes les considérations populistes. Sans geindre ni s’y opposer, les servants m’indiquent bien vite la direction de sa propriété, et je note mentalement les tours et détours nécessaires pour m’y rendre. Elle n’est pas loin, inutile donc d’user trop avant de ces pouvoirs de déplacement rapide que me confère mon nouveau statut de semi-divin. La marche sera bien plus agréable, de bon matin.

Je sors ainsi rapidement du siège central d’Illyria pour me laisser un instant éblouir par le soleil naissant à l’horizon, inspirant profondément pour souffler lentement, prenant le temps de faire la part des choses. Cette nuit a été riche en émotions. J’ai encore, à vrai dire, bien du mal à me dire que tout ce qui s’y est passé n’est pas simplement le fruit de mon imagination. Puis, je ressens, en moi, cette nouvelle puissance encore indomptée, presque inconnue, qui me parcoure sans que je l’aie voulu. Et je sais que tout est vrai. Fort et confiant en cette certitude, je m’échine à suivre au mot les indications du personnel de la royauté illyrienne pour trouver la propriété d’Hascan. Je ne tarde ainsi pas à arriver à proximité d’une demeure cossue, quoiqu’au luxe non tape-à-l’œil, qui tout en restant proche du palais, n’était pas sise dans les quartiers les plus bourgeois de la cité. Grande et élégante, elle note tout de même l’importance de celui qui y vit, quoiqu’il ait pu choisir plus blinquant, au vu de sa position. Je m’approche sans tarder de cette grande masure à colombages, à l’aigu toit d’ardoises sombres, et en frappe fermement la porte d’entrée, d’une cognée de bronze décorant le panneau de bois solide.

C’est une petite dame d’un âge plutôt avancé, gouvernante de la demeure, sans doute, qui vient m’ouvrir et, répondant à mon désir exprimé de rencontrer Hascan au plus vite, s’étonne de ma présence ici, les nobles du palais ne se rendant que rarement dans ces quartiers moins pourvus pour rencontrer le bâtard royal. Avec un souci de bien faire évident, elle s’empresse d’aller m’annoncer à son patron, me laissant dans l’antichambre pour se précipiter à l’étage, où elle me presse de la suivre un instant après, m’introduisant dans le bureau privé du sieur Hascan, où celui-ci semble pris en plein travail administratif. De la paperasserie. L’horreur la plus absolue, pour un être d’action comme moi. M’apercevant, il se lève pour venir m’accueillir, s’excusant du manque de prévoyance de ma visite, et commandant à sa servante d’apporter du thé. Je la laisse partir à sa quête d’une boisson chaude et reporte mon attention vers Hascan, qui sans préambule me demande les raisons de ma visite impromptue. Je lui souris d’un air affable.

« Allons, inutile de vous en faire : je ne suis ni noble, ni fils de roi. C’est moi qui suis confus de vous déranger à une heure si matinale… mais comme vous le savez, le temps presse. »

Je ne suis pas un de ces nobliaux de cours à s’insurger de ne pas être reçu avec l’honneur digne à son rang. Il m’aurait accueilli en robe de chambre, encore allongé dans son lit, les yeux collants de la nuit, que ça ne m’aurait pas plus dérangé que ça. Il m’invite à m’asseoir sur un siège en face de celui où il se rassoit à son tour, et je m’exécute sans me laisser prier, et enchaine assez directement sur la suite de mon propos.

« J’ai des nouvelles à vous confier, mais également, au préalable, des questions à vous poser, auxquelles vous répondrez si cela vous sied. »

Appâter l’animal pour mieux le cerner, lui donner une carotte, les nouvelles en question, pour le motiver à répondre avec hâte et précision à mes interrogations. J’enchaine sans attendre, profitant d’avoir ferré ma proie.

« Quelles seraient vos premières mesures en qualité de Roi d’Illyria, compte tenu de la situation menaçante sur ce monde ? L’alliance entre Valmarin et Sihle est inquiétante à bien des égards pour la situation d’Illyria, mais elle l’est aussi pour les Elémentaires. Comment réagiriez-vous à une proposition de cette alliance de les rejoindre dans une éventuelle croisade contre les peuples élémentaires, en échange de la paix sur Illyria ? Comment, si elle n’y est pas mêlée, Illyria gèrerait une guerre entre cette alliance humaine et les peuplades élémentaires des Crocs du monde ? »

J’en suis presque à lui demander un programme politique détaillé, en vérité. Mais j’espère le voir répondre avec franchise et sincérité à mes propos. Une autre question me vient alors, sensiblement liée aux précédentes :

« Et enfin, dans un autre registre, qu’est-ce qui fait de vous le meilleur prétendant au trône, face aux deux autres ? »

Va-t-il me servir une banalité crasse ? J’espère que non, je mise beaucoup sur sa sapience et la pertinence de son raisonnement. Les yeux plongés dans les siens, je l’observe avec insistance, curieux de ce qu’il pourra répondre. Pour ne pas trop le brusquer, cependant, je nuance les choses avant qu’il n’ouvre la bouche :

« Excusez le caractère sans doute intrusif et urgent de ces questions. Mais j’ai besoin de mieux connaître les personnes qui, plus tard, sauront être de puissants alliés. »

Silencieux jusqu’ici, analytique, sans doute, de mes propos volubiles, il prend appui sur ses coudes pour me répondre d’un air engagé. Ainsi, il me détaille ses projets essentiels s’il accède à la royauté, mettant l’accent sur la préparation des armées de la cité pour la de plus en plus inévitable guerre qui se projette à l’horizon d’Elysian, depuis la nouvelle d’une alliance forte, conclue par des fiançailles, entre Valmarin et Sihle. Selon lui, même si le danger est réel pour Illyria, et selon moi plus encore pour les élémentaires, si les habitants de Valmarin n’ont pas évolué en mentalité depuis la rédaction du livre les concernant écrit par un de leurs rois de jadis, c’est pourtant Arden, petite cité agricole, qui serait la première cible. Accaparer les richesses faciles, comme pour rôder une nouvelle union. Et supprimer une alliance de cette ville moindre avec Illyria à l’avenir. À propos des élémentaires, justement, il affirme vouloir faire appel à eux pour l’aider. Je fais une moue ennuyée à ces paroles. Ils seraient forcés de suivre cet appel s’ils veulent préserver une amitié entre la cité humaine et leurs villes des Crocs du Monde, mais ne sont actuellement pas en posture pour aider qui que ce soit, eux-mêmes fort touchés par le drainage. Une occurrence que je me dois de lui signifier, dès qu’il aura fini de répondre à mes nombreuses questions.

Ainsi, pour l’heure, je le laisse enchaîner sur l’appel qu’il lancerait, sans grande conviction de succès, aux elfes et lutins de la forêt d’Aetelryth. Et autres peuples dont j’ignore peut-être l’existence. J’opine du chef silencieusement, alors qu’il accorde à notre entretien un court moment de répit. Je sais que certains se sont rendus dans cette forêt excentrée au peuple un peu exclu. Peut-être parviendront-ils de leur côté à œuvrer pour faire sortir ces elfes et assimilés de leurs bois. C’est tout ce que je peux espérer pour le moment, sachant que je ne m’y rendrai sans doute pas moi-même, tant j’ai encore de choses à faire en ce monde pour régler ces complexes et entremêlées situations.

Après son silence, il insiste sur les raisons le poussant à prendre cette position forte : il ne croit pas à un monde dominé par les humains, au dépend des autres espèces vivantes. Il est conscient que ça engendrerait plus de fragilités qu’autre chose pour le monde, qui manque déjà cruellement d’équilibre actuellement.

Je perçois un aigre sourire sur son visage alors qu’il poursuit, répondant à ma dernière question. Celle demandant pourquoi il ferait un meilleur roi que les autres. Et s’il avance des évidences que j’ai moi-même comprises, en la naïveté manipulable du trop jeune Camiran, et la dangerosité manipulatrice et vile d’un Leodos, qui soutiendrait certainement l’exclusion des élémentaires de ce monde et se rallierait, en échange de la tête d’Aaria, à cette alliance pro-humaine. Imprévisible et colérique, il serait prêt à tout, au pire comme au mieux. Mais le risque est trop grand. Il met alors en avant ses propres qualités : l’oreille du peuple, son rapprochement certain avec ce dernier, et les conseils avisés de sa sœur, parangon de noblesse d’âme et de justice régnante. Et là, une information à laquelle je ne m’attendais pas perle de sa bouche : il se dit pour que sa demi-sœur, Insilbêth, soit proclamée Reine. Pour lui, c’est elle qui a le plus de légitimité au trône. J’avais, dès que je l’ai croisée, envisagé cette option, mais elle l’a vite mise à mal en assurant que ça ne serait pas possible. Que les mœurs d’Illyria ne sont pas assez ouvertes pour ça, ce que m’a confirmé Aaria’Weïla ensuite, par un commentaire sur la récente ouverture de la cité ayant osé laisser une femme en régence de celle-ci. Hascan affirme qu’elle est meilleure politicienne qu’eux trois, et que puisqu’il la suivrait, le peuple en ferait autant.

Il en a fini avec ses réponses. À moi de parler à nouveau. Et pour se faire, j’attends un instant, pensif, l’analysant de mon regard. Je ne dois rien oublier de ce qu’il a pu me dire.

« Je partage votre avis sur les forces de ce monde, et l’utilité de leurs pluridisciplinarité. Mais comme je vous l’ai annoncé, les peuples élémentaires ne sont pas au mieux de leur forme : leur magie se fait drainer par une force ancestrale récemment réactivée. Pour profiter de la pleine potentialité de leurs forces, dans le cadre d’une guerre ou d’une alliance moins violente, il faut qu’ils sortent de cet état. Pourriez-vous, si elle n’est requise ailleurs, mobiliser l’aide des personnes à qui de droit pour trouver cette source de drainage et la détruire pour assurer la survie des élémentaires et, par extension, celle de ce monde, menacé par les anciennes puissances ? »

Sobrement, il confirme qu’il pourrait mobiliser des forces en ce but, sans mettre pour autant en péril la sécurité d’Illyria. J’espère, quoiqu’il en soit, que mon message est passé : sans son aide, les élémentaires ne pourront sans doute pas eux-mêmes venir à son secours lorsqu’il en aura besoin. Je poursuis avec mes propres révélations :

« J’ai discuté avec Camiran. Il se dit prêt à abandonner ses vues sur le trône, car il n’en a pas l’intérêt personnel. Il est juste la marionnette de nobles souhaitant le manipuler à l’envi. Il préférerait à ce rôle qui ne lui convient pas celui d’un ambassadeur auprès des élémentaires et, à terme, auprès de notre monde. Un garant de nos accords. Car bien que nous ne venions pas d’Eden, notre monde a bien des choses à apporter au vôtre, et vice versa. Un lien, une alliance dont il serait garant, pour vous. S’il sort de la course au trône, pensez-vous pouvoir convaincre ceux qui le suivaient pour vous être fidèles ? »

Là encore, Hascan semble un instant méditatif et, après un temps, répond sobrement qu’une alliance avec Camiran serait positive, puisque ses suivants soutiendraient désormais Hascan, s’il se retirait officiellement de la course au trône pour le rejoindre. Mais ça ne ferait pas tout : Leodos a davantage encore de soutien dans la noblesse, et son projet de mariage avec la jeune ingénue d’Hyst garantirait encore plus ces alliés de rigueur. C’est sans compter la mission que j’ai donnée à Hrist, et dont j’espère qu’elle saura respecter les limites, pour une fois. Et concrétiser le meurtre de Leodos une bonne fois pour toutes. Une fois débarrassés de lui, la voie vers le trône sera… royale pour Hascan. Ou pour sa sœur.

« Insilbêth a un sens inné de la justice et de grandes connaissances en politique et en diplomatie. Elle a l’étoffe d’une souveraine, mais semblait signifier qu’une telle chose serait impossible. Je crois que ce changement que vous pourriez vouloir passe par vous, Hascan : Devenez roi, changez les lois et les mœurs, et destituez-vous vous-même pour qu’elle prenne cette place qui lui revient de droit, si tel est votre souhait. Que vous soyez l’un l’autre dirigeant et conseiller ou vice versa ne pourrait, je le crois, qu’être positif pour la cité d’Illyria. »

Il acquiesce une nouvelle fois à mes propos, promettant tacitement de s’en occuper, lorsque tout ceci sera terminé, et que les troubles ne menaceront plus Elysian et Illyria.

« Cette sincérité vous honore. Sans doute ne vous aurais-je pas défendu, sans elle. Une fois la situation réglée ici, quand il sera sûr qu’à la mort de votre père, vous accéderez, vous ou Insilbêth, au trône, je m’en irai à Valmarin pour voir où en est la situation. Le prince héritier me doit la vie. Une faveur que je saurai lui réclamer, au nom de la paix en ce monde. Je me présente à vous comme un allié aux multiples ressources, Hascan. Vous pouvez compter sur moi tant que vous servez les intérêts de ce monde, tel que je vous les ai exposés. Pensez-vous pouvoir m’obtenir un entretien avec le sire votre père, s’il est capable encore de mener une conversation ? Je ne le fatiguerai pas plus que de rigueur. Ensuite, peut-être serait-il bon de convier Camiran et votre sœur à un repas avec vous où je serai présent, et où nous pourrions évoquer la suite de tout ceci, et officialiser les positions de chacun. Qu’en dites-vous ? »

D’un air sobre, quoiqu’appréciateur, il affirme :

« Vous avez su placer vos pions sur ce monde. »

Je ne peux masquer un petit sourire face au compliment. J’espère qu’il a raison, et que plus encore qu’il ne le pense, je suis maître de la situation. Il me souhaite que le prince de Valmarin m’entende dans mes demandes, et accepte ensuite de m’emmener à une audience avec son père, le roi mourant d’Illyria. Le hasard décidera, quant à lui, de son état. Moment de lucidité ou douce agonie silencieuse, ce n’est qu’en me rendant à son chevet que je pourrai en attester. Alors qu’il assure le bienfondé de mon idée de repas, je me lève de mon siège, délaissant le thé de la pauvre servant s’étant décarcassée pour rien, bien que j’en hume le parfum coloré avant d’en goûter une subtile gorgée, et suis le prétendant au trône hors de sa demeure pour, j’espère, enfin rencontrer le souverain impotent de cette importante cité.


[2511 mots]

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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Ven 4 Nov 2016 19:03 
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Leodos ne se départ pas de son sourire répugnant tout le long de mon discours ; je retiens un frisson de dégoût et garde mon air niais et fragile. Puis il tapote le fauteuil à côté de lui pour me faire signe de m'asseoir, déclarant qu'il ne voulait pas passer pour un malpropre. J'accentue mon sourire et réponds à sa proposition en venant timidement me placer non loin de lui. Mes nerfs se crispent imperceptiblement alors qu'il me questionne sur mon arc et me demande d'y jeter un œil. Il ne faudrait pas qu'il reconnaisse là la facture d'Ilmatar. Ou en tout cas pas qu'il ne me prenne à mentir à ce sujet. Dois-je trouver une excuse pour expliquer son origine élémentaire, ou au contraire la cacher ?

« La chasse est un sport des plus sérieux par chez moi, » clamé-je alors qu'il vante la qualité de l'arme.

Tout en se faisant, je lui tends l'arc pour qu'il puisse l'observer de plus près, alors qu'il me confie avoir prévu une partie de chasse l'après-midi même. Une aubaine, peut-être. Si je m'y prends bien, je serais même capable d'en finir dès aujourd'hui ; mais il faut que je sois certaine de pouvoir m'échapper avec Syrah dans la foulée. Celle-ci m'interpelle d'ailleurs en se tortillant de manière étrange, bien qu'imperceptible, à côté de moi. Et ce en réaction à une autre question du Baron : d'où viens-je ? Car, dit-il, il n'a jamais entendu parler de Terreblanc auparavant. Une question à laquelle je m'attendais, ceci dit. Mon excuse est toute trouvée, mais cela reste une prise de risque monumentale. Et en cas d'échec, j'ai intérêt à savoir m'adapter. Cependant, si ce Leodos semble plutôt rusé, voire presque fourbe - car je doute que sa question soit anodine - il m'a tout l'air du genre d'idiot à ne pas voir en la femme un danger suffisant pour s'en méfier. Surtout si celle-ci est belle et bat des cils de manière répétée.

« Eh bien... Si vous n'avez jamais entendu parler de Terreblanc, Messire, c'est que... »

Je baisse timidement les yeux, comme gênée par ce que je m'apprête à dire.

« Disons que mon père a... quelque peu inventé ce « de ». Pour tenter de nous faire entendre d'Illyria. Nous ne vivons en effet pas du bon côté de la Mer Scélérate. Ne vous méprenez pas, nous restons très loin de l'influence des élémentaires, mais il y a bien longtemps que notre domaine, si l'on peut l'appeler ainsi, ne vit plus de rien d'autre que de la chasse et de la pêche. Ilmatar ne nous laisse pas nous balader librement sur ses terres, nous empêchant l'accès à leurs ressources naturelles, et Illyria ne connaît même plus notre existence. »

Je prends un air triste et honteux pour ces derniers mots, tâchant de tromper sa vigilance par une apparente fragilité. J'ai passé sous silence la provenance de l'arme mais si jamais il devait revenir à la charge sans penser qu'il provenait tout simplement de ma région, je n'aurais qu'à inventer un nouveau mensonge laissant imaginer que les élémentaires et ma soi-disant famille ne s'entendent pas du tout.



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Merci à Dame Itsvara pour la signature


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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Sam 5 Nov 2016 13:35 
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Illyria - Auberge la Fourchette et le Couteau

    Hrist n’était installée que depuis quelques minutes à peine lorsque Calech entra dans la salle principale de l’auberge, saluant au passage quelques habitués. Il s’approcha bien vite du comptoir et avisa de la présence de Hrist, et décida de s’approcher de celle-ci.

    - Ah, ma bonne dame, v’z’êtes de nouveau ici ! C’est qu’le palais était pas à vot’ bon goût ? dit-il, suffisamment bas pour que les autres habitués ne puissent pas entendre ses mots.


Illyria – Le Terrier

    Le chemin de la lumière s’enfonçait toujours plus profondément dans les entrailles de la terre, si bien qu’elle était probablement arrivée à deux ou trois mètres en-dessous de la surface, pour peu qu’elle puisse en juger. Le tunnel autour d’elle paru s’étriquer un peu sur quelques mètres, assez pour qu’elle soit obligée de pencher la tête afin d’éviter que ses cheveux ne se frottent à la terre. Soudain, le tunnel cessa pour laisser place à une grande cavité. Elle faisait peut-être un mètre cinquante de haut pour trois mètres de large et était entièrement recouverte d’une myriade de petits fils de lumière, semblables à ceux que la petite lutine avait suivi jusqu’à venir en ces lieux. Tous ses fils étaient fixés aux parois de la cavité et émanaient d’un halo suffisamment puissant pour qu’elle puisse aviser de la grandeur des lieux et de son incongruité.

    De là où elle se tenait à l’entrée de cette cavité, elle pouvait voir deux autres sorties qui s’enfonçaient de nouveau dans les ténèbres. Une odeur lourde lui montait aux narine, mêlée à la terre. Les lieux semblaient avoir été habités il y a peu, mais elle était bien en peine de savoir par quelle créature, car le sol fait de terre avait été bien trop piétiné pour que de nouvelles marques s’y déposent.


Illyria – Manoir de Leodos

    Lorsque Leykhsa s’était assise à côté de lui, il avait soulevé le bras qu’il avait étendu nonchalamment sur le dossier du sofa, derrière le dos de la semi-elfe qu’il effleurait à présent. Il écouta avec attention les paroles de la jeune femme et plissa imperceptiblement les yeux à son explication quant à son nom. Syrah, elle, était plus tendue que jamais et ses poings derrière son dos étaient serrés, comme si elle se préparait à recevoir un coup. Mais Leodos reprit la parole.

    - J’ignorais que des humains vivaient sur les terres des élémentaires, dit-il d’une voix qui n’était plus tout à fait nonchalante. Pourquoi restez-vous sur leurs terres si elles n’ont rien à offrir ? Illyria est assez grande pour accueillir des frères de sang. Quelle est la raison exacte de votre venue dans mon manoir ? Ce n’est pas pour la chasse, n’est-ce pas ?

    Son regard était devenu acéré, un peu plus méfiant. Manifestement, il n’aimait guère que l’on se joue de lui et sa question semblait plus rhétorique qu’autre chose.


Illyria – Appartements du Roi Coryphème

    Hascan accompagna Cromax dans un silence songeur jusqu’au palais, comme s’il se préparait à affronter un champ de bataille. Il dénicha le chambellan en l’enjoignant de les mener vers le Roi. Le chambellan parut hésiter un instant, son regard dardant de Cromax à Hascan avant d’incliner en buste en disant que le Roi était malade, mais qu’il pourrait les recevoir. Il les mena ensuite dans une grande aile gardée de nombreux soldats, différente de celle des appartements de la Princesse et qui semblait uniquement dédiée au Roi. Ils arrivèrent finalement devant une porte extrêmement bien ouvragée que le chambellan ouvrit en leur indiquant d’entrer. A l’intérieur, la lumière extérieure était en partie obstruée par d’épais rideau et la pièce sentait le renfermé, la maladie. Cromax pu voir un sol recouvert de riches tapis, des tentures sur les murs. Le seul et unique meuble était un fauteuil au centre de la pièce, dans lequel se trouvait un homme avachis en avant, un coude pausé sur un accoudoir et son autre main sur son genou. Il possédait de longs cheveux et une longue barbe d’un blanc grisé et des traits tirés, las, extrêmement fatigués. Une cape ornée de gros joyaux reposait sur ses épaules d’un marron pâle, passé. Son front était orné d’une couronne.

    Il leva les yeux sur les nouveaux arrivants. Un regard dur dans un visage qui avait dû être, il y a bien longtemps, le portrait de la majesté et de la royauté dans ce qu’elle a de plus tenace. Son visage reflétait encore le poids des décisions qui avaient été prises sous cette couronne, de décisions parfois dures. Le Roi Coryphème posa un long moment les yeux sur Hascan, puis sur Cromax. Le Prince s’avança et posa un genou devant son père qui le regarda à peine avant de se relever et de poser un regard lourd sur le chambellan, lui indiquant clairement que sa présence n’était pas la bienvenue. L’homme hésita une nouvelle fois avant d’incliner le buste et de sortir de la pièce, laissant seul le Roi, le Prince et Cromax.

    Image


    Ce fut sa Majesté qui brisa le silence.

    - Mon bâtard. Cela fait trop longtemps que tu n’es pas venu. Craindrais-tu de voir ton vieux père ? Attendrais-tu sa mort ? dit-il d’une voix trainante, usée.

    Hascan ne broncha pas sous l’insulte sous-jacente dans les paroles du Roi. Il ne lui répondit pas, non plus. Son visage était un masque impassible. Le Roi poursuivit, dardant son regard sur Cromax.

    - Que m’amènes-tu ? Un nouveau serpent, un nouveau charognard venu se gorger des restes de mon royaume ?

    Au lieu de répondre, Hascan se tourna vers Cromax, lui faisant signe de se présenter à Coryphème, Roi d’Illyria, la plus puissante des Cités-Etats d’Elysian, comme il le souhaitait.


[Guasina – xp : 0,5 (introspection), 0,5 (choix), 0,5 (longueur) ;
Cromax – xp : 0,5 (introspection), 1 (questions), 2,5 (longueur) ;
Hrist – xp : 0,5 (introspection), 0,5 (préparations), 1,5 (longueur)
Leykhsa - xp : 0,5 (introspection, 0,5 (explications), 0,5 (longueur)]


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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Mar 8 Nov 2016 04:33 
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Une toile d'araignée lumineuse


Sans perdre courage, je poursuivis l’exploration de ce terrier tout en suivant le fil lumineux. Il s’enfonçait de plus en plus dans le sol, si bien que j’évaluais me trouver plus de trois mètres sous la surface. Je n’étais pas une naine pour me sentir bien à l’aise dans les tunnels souterrains, mais le petit halo de lumière produit par le fil suffit pour me rassurer. Une obscurité complète m’aurait probablement quelque peu troublée.
Puis chemin faisant, je dus me pencher légèrement afin d’éviter de me heurter la tête contre le plafond. Vu ma petite taille d’à peine vingt centimètres, il ne m’était pas coutume de me pencher de la sorte, ce qui m’arracha un petit sourire. Enfin, le tunnel s’ouvrit vers une grande cavité. Une cavité dans laquelle aurait pu tenir un nain debout sans difficulté, ainsi qu’un très grand orque couché sur le plancher. Ce dernier était jonché d’une multitude de petits fils lumineux tous fixés aux parois de la salle adjacente au tunnel dans lequel je me trouvais toujours.

Observant avec soin cette salle mystérieuse sans y pénétrer, je perçus d’autres sorties qui semblaient s’enfoncer dans les ténèbres. Je n’entendis aucun bruit, mais je sentis par contre une odeur lourde qui envahissait mes narines. Le sol pour sa part était piétiné et trop dur pour que des empreintes de pas puissent s’y enfoncer.

Je me devais d’être prudente et sur mes gardes, j’avais envahi le terrier d’un animal et il pouvait se pointer d’une seconde à l’autre. Tenant mon épingle à chapeau de ma main gauche, de ma main droite, je ramassai une des brindilles de bois que j’avais placé dans mon carquois.

Doucement, je fis un premier pas dans la salle lumineuse puis un second. Il y avait beaucoup de fils et je ne savais pas par lequel commencer. J’étais certaine d’au moins une chose. Je ne devais pas toucher au fils qui m’avait permis d’arriver ici, j’en avais besoin pour repartir.

J’étais une petite lutine de parole. J’avais promis au vieil homme de lui ramener ce fil lumineux, mais je ne pouvais m’empêcher d’hésiter de me mettre à l’action. Cet enchevêtrement de fils constituait à ne pas en douter à une énorme toile d’araignée. Il s’agissait en fait d’un piège à insecte. Le mécanisme était fort simple. Lorsque la mouche osait y mettre les pattes, celles-ci restaient collées sur la toile. La vibration causée par l’insecte qui se débattait pour se déprendre alertait l’araignée qui s’approchait de sa victime, l’emballait dans ses fils et la gardait en réserve pour manger plus tard. Dès que je toucherais cette toile, j’alerterais le prédateur muni d’un nombre plus qu’appréciable d’yeux.

Je rangeai donc mon épingle et m’armai plutôt de ma petite fronde. Je déposai une roche dans le sac et tenant bien les deux brins. Utilisant mon poignet pour amorcer le mouvement, je fis tournoyer ma fronde sur le plan vertical, le long de mon corps. Au bout de deux tours, alors que la vitesse maximale fut atteinte, je lâchai le brin largable et ma petite roche partit dans une trajectoire en forme de cloche à l’autre extrémité de la salle. Mon but était de déjouer l’araignée en l’attirant loin de moi, me donnant le temps de ramasser quelques bouts de toile autour de mon petit bâton de bois.

(((551 mots )))

((( Avec la fronde, effectuer un tir en cloche, afin que la petite roche tombe sur la toile, à l’autre extrémité de la pièce )))

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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Mar 8 Nov 2016 12:46 
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Nous voyageons de concert dans un silence total, jusqu’à arriver au palais. Songeur, soucieux, peut-être même, Hascan s’est muré dans un mutisme complet, et je le laisse de bon gré à ses pensées, arguant pour moi-même que la rue n’est pas le meilleur endroit pour parler de politique conspirationniste ou d’avenir désastreux de la cité-état humaine avec le bâtard d’un roi sur le déclin. Le peuple ne saurait comprendre sans y être directement confronté, aussi le laissé-je à ses habituelles préoccupations plus terre-à-terre que les miennes, sans doute. Le fils illégitime de sa majesté le Roi d’Illyria semble, plus que silencieux, parfaitement concentré. Comme si cette visite était difficile pour lui. Comme s’il avait besoin de faire appel à des ressources profondes pour y participer.

Sans attendre, nous nous dirigeons rapidement vers le Chambellan, celui-là même qui nous avait annoncés, Hrist et moi, à notre arrivée au Palais, à Insilbêth dans la salle du trône. Hascan invite ce dernier à nous mener au Roi, ce qui arrache chez l’homme une moue de peu de probation, l’espace d’un instant. Il hésite, regard passant d’Hascan à moi plusieurs fois avant de finalement accepter de nous y mener. Il précise néanmoins que le roi, bien que malade, sera en mesure de nous recevoir. Je me questionne un instant sur le pouvoir de ce chambellan de décider qui verra ou non sa majesté mais je passe vite dessus pour le suivre en compagnie d’Hascan dans les couloirs du palais, jusqu’à arriver dans une aile encore inconnue, surveillée de nombreux gardes. Après un bref parcours dans ces couloirs semblant être uniquement dédié au souverain de la cité, nous arrivons devant une grande porte au style reflétant le faste usuel de cette grande capitale commerciale. Le bois, finement ouvragé, comporte dorures et coups de biseaux habiles. Sans paraître y prêter attention, y étant habitué sans doute, le chambellan ouvre la porte à la volée et nous permet d’entrer dans la chambre royale.

Je porte une main à mes lèvres en entrant dans ce lieu semblable à un sanctuaire, un mausolée. La lumière y est feutrée, partiellement obstruée par d’épais rideaux voilant les fenêtres, depuis longtemps fermées au vu de l’odeur de renfermé régnant plus que le roi lui-même dans cette pièce. Ça sent le malade. Ça sent la mort approchant. Un endroit qu’ils auraient mieux fait d’aérer un peu plus souvent. Comment espèrent-ils que leur souverain puisse mourir paisiblement, et peut-être guérir, dans un environnement si vicié ? Pour le reste, la pièce a dû être belle, autrefois, avec de riches tapis et des tentures ouvragées. Mais telle la ruine affligeant le régent, l’endroit semble éteint. Je me passe toutefois de tout commentaire. Non pas que j’aie peur d’affirmer mes propos, mais je ne veux pas porter préjudice à Hascan d’avoir osé faire venir dans la chambrée royale un trublion malvenu.

L’unique meuble de la pièce est un fauteuil, central, dans lequel se tient, recourbé sur lui-même, un homme. Le Roi Coryphème en personne. Je suis surpris, en vérité, de ne pas l’apercevoir alité. Quel besoin a-t-il d’encore trôner, s’il a confié les rênes du royaume à sa vie légitime ? D’autant qu’il semble dodeliner de la tête et qu’il serait sans doute bien mieux couché, faible qu’il semble être ainsi avachi sans force ni prestance. Une bien piètre image d’un souverain, en vérité. Je détaille un instant l’être qui, de nombreuses années, a régné d’une main de maître sur cette grande et faste cité. Il a l’air défait. Au bout du rouleau. Des cheveux et une barbe filasses, gris et éteints, laissés négligemment pendouiller sans plus les entretenir. Une couronne de bronze ceint un front ridé, surplombant des traits tirés, vieux et fatigués d’avoir trop vécu, d’avoir trop décidé. Le poids des années et des dures décisions d’une vie de régence se lisent sur ses traits, maussades. Même sa cape, autrefois prestigieuse sans doute, a l’air éteinte dans ses teintes. Brun délavé, aux joyaux impressionnant par leur taille plus que par leur éclat.

Alors que nous approchons, il lève vers nous des yeux fatigués, cernés, perclus de lassitude, mais gardant une dureté cinglante, celle d’un roi inflexible et ferme. Il nous regarda, silenxieux, pendant un long moment, avant qu’Hascan ne décide de s’approcher pour mettre un genou à terre, révérant son roi selon les règles du protocole. L’imitant, soumission en moins, j’incline respectueusement le buste pour saluer sa Majesté, alors que le bâtard royal presse d’un regard sévère le chambellan pour qu’il quitte la pièce sans plus tarder, ce qu’il finit par faire sans demander son reste.

Nous sommes donc seuls avec lui. Le roi, Hascan et moi, dans cette pièce à l’atmosphère étouffante et malsaine. Hascan semble vouloir laisser l’initiative de la parole à son père biologique, ce que ce dernier ne tarde d’ailleurs pas à faire, ironisant sévèrement sur les trop rares visites de son fils. Sa voix, bien que faible et souffreteuse, garde le ton cinglant d’une insulte bien portée. Il pose la rhétorique question de la peur d’Hascan à venir voir son vieux père, renchérissant en lui demandant s’il n’attendrait pas tout simplement sa mort. Je jette un instant un regard à mon guide, qui reste impassible et silencieux face à l’affront. Y est-il habitué, pour réagir ainsi avec tant de flegme, sagesse opportune ? Je reporte mon regard sur Coryphème alors qu’il m’évoque en des termes peu élogieux, arguant que je suis un serpent, un charognard venu me repaître des restes de son royaume. Moins entraîné qu’Hascan, je serre les mâchoires face à cet injuste préjugé sur ma personne, mais ai le bon sens de ne pas leur donner réponse : la maladie semble lui affecter l’esprit. Hascan, ne souhaitant visiblement pas répondre directement, se tourne simplement vers moi, m’enjoignant de répondre moi-même à la question peu scrupuleuse de son souverain de père.

Prenant une inspiration plus longue qu’à l’accoutumée, je me plie aux présentations en ravalant mon amertume.

« Rien de tout cela, votre Majesté. Je ne suis qu’un esprit libre désintéressé de toute notion de pouvoir. Ser Amarthan, émissaire sindel. Ma visite ici n’a rien de celle d’un charognard, je n’aspire qu’à la survie de ce monde qui est le vôtre, menacé aujourd’hui par de bien nombreux maux. »

Je laisse un instant l’effet de ma présentation se faire dans l’esprit du souverain, avant de reprendre la parole.

« Êtes-vous encore au fait, Roi Coryphème, des menaces qui ciblent votre belle cité, et plus généralement le monde d’Illyria ? »

Une question ne manquant pas de sagacité, le remettant à sa place de manière détournée s’il ne sait pas, et entrant dans le vif d’un sujet délicat, s’il est au courant de tout ce qui se passe. Insilbêth aura-t-elle parlé à son père de ce que je lui ai révélé, en quête de conseils ? Je laisse sa souveraineté me répondre, silencieux à mon tour.


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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Mar 8 Nov 2016 16:38 
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Localisation: Derrière Cromax
Les regards ne tardèrent pas à se croiser. L'Auberge était calme, il n'y avait pas eu de remarques mal placées quant à sa venue contrairement à l'auberge daubée dans laquelle elle trouvait plus tôt des informations. Calech entra avec l'insouciance de quelqu'un qui rentre chez lui après une dure journée. Il salua le visage radieux ses compères et camarades de beuverie et comme une anguille, se glissa jusqu'au comptoir, l'air de rien, prêt à se commander un grand gobelet de bière fraiche et tourna doucement le visage vers la femme.

Hrist ne savait pas s'il s'agissait d'humour lorsqu'il demanda simplement si le confort des Nobles était inhabituel pour elle. D'expérience, elle savait que les servantes des Maîtresses de domaine avaient souvent l'habitude de déserter les logements à disposition des serfs pour retourner dans leurs bicoques s'entasser comme des poules en départ pour le marché. Avait-il vu en quelque chose que Hrist n'était pas tout à fait issue de la noblesse ?

Cette pensée lui fit dessiner un petit sourire amusé.
" Rien de tout cela... J'ai à te parler, mais avant d'aller plus loin... "

Elle glissa quelques pièces d'or sur la table qu'elle dissimula sous un gobelet retourné qu'elle plaça devant le bonhomme.

" Si mon histoire d'intéresse... Paie une chambre que nous discutions en privé. J'ai besoin de tes services, toi et ton frère. "

Elle porta une petite croute de pain à ses lèvres et croqua du bout des dents la croûte noire qui craqua doucement.

" Je voudrais que tu persuade un homme de me rencontrer. Je ne m'attends pas à ce qu'il accepte alors il faudra certainement employer des moyens plus rustres. Si en plus, toi qui a les oreilles qui trainent un peu partout, tu pouvais m'obtenir des informations sur cette personne, s'il a une femme, des enfants... C'est bien dans tes cordes, tout ça. "

Elle esquissa un petit sourire mauvais, se souvenant des spéculations qui allaient bon train quand Cromax et elle mentionnaient sa cicatrice. Alors, un soldat ? Un bandit ? Contrebandier ou ancien espion ?
" Il y a de l'or à la clef. La personne que tu devras convaincre n'est pas un notable, ni un noble. Je ne pense même pas qu'il soit protégé ou armé, en gros un petit travail qui ne te forcera pas trop à te salir les mains. "

(" C'est plutôt mon affaire, pour le coup. ")

Elle retira sa main du gobelet qui renfermait les pièces d'or et ajouta tout sourire :
" On fait affaire ?"

_________________
La petite ombre de la Mort à Elysian.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
Au milieu des cercueils,
Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


Némésis d'Heartless


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