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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Mer 11 Jan 2017 15:14 
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A mes paroles, Leodos se tend quelques secondes, avant de retrouver son aplomb habituel alors qu'un sourire carnassier naît sur son visage. Sans pudeur, il pose une main sous mon menton et je dois me retenir de toutes mes forces pour ne par le repousser avec dégoût. Et, m'invitant d'un geste à le regarder dans les yeux, il m'expose son plan. Son but. Son ambition à propos d'Ilmatar et de toutes les autres cités d'élémentaires des Crocs du Monde. Ainsi lorsqu'il sera au pouvoir, il les écrasera, les exterminera, pour récupérer les terres qui « reviennent de droit à Illyria ». Un sourire carnassier fleurit sur mes lèvres. Un sourire que je n'ai même pas besoin de feindre tant je jubile. Moi qui culpabilisais, moi qui doutais... Voilà que cet idiot me donne une excellente raison de le saigner comme un porc. « Détruire Ilmatar ? Et puis quoi encore. Essaie déjà de survivre à cette matinée, tu feras des plans pour l'avenir plus tard. » Voilà ce que je meure d'envie de lui dire. De lui lancer en plein visage. Car il n'y survivra pas, à cette matinée, j'en fais le serment. Laisser une telle personne accéder au pouvoir serait irresponsable, de toute manière, et je ne compte pas le laisser faire à sa guise. Et puis... Et puis quel bonheur cela sera de le voir se vider de son sang...

Le Porc tape deux fois dans ses mains et, immédiatement, un serviteur apparaît dans l'embrasure de la porte. Leodos annule la journée de chasse. Pour moi. Tant pis, je le tuerai ici. Après tout j'ai le pendant d'Uraj. Dès le départ du valet, le Baron se tourne de nouveau vers moi pour me demander ce que c'est que d'habiter dans les Crocs du Monde, apparemment intrigué par ma vie imaginaire. Désireuse de paraître la plus crédible possible, je réponds en me servant de ma propre expérience dans la forêt de Tulorim.

« C'est... Dangereux. Sauvage. Mais palpitant, d'une certaine manière. Les paysages y sont magnifiques, les animaux à chasser nombreux... Pour une fille des bois comme moi, c'est un paradis. »

A ces mots, je réalise bien vite que cela contredit ma supposée haine des élémentaires et je m'empresse d'ajouter un petit commentaire cinglant.

« Ou c'en serait un si nous n'étions pas tant appauvris par la présence des élémentaires. »

Le Porc me sourit et m'assure qu'ils ne resteront pas bien longtemps dans les parages. Que tu crois.

« Mon père sera ravi de l'apprendre, » réponds-je. « Mais l'armée d'Illyria sera-t-elle suffisante ? Pour avoir vu plusieurs de leurs patrouilles, je puis vous assurer que les élémentaires ne sont pas à prendre à la légère. »

Ce n'est qu'un demi-mensonge : j'ai bel et bien rencontré certains de leurs soldats, et ils ne me sont pas apparus comme incapables dans les arts de la guerre, loin de là. Aussi la puissance d'Illyria m'intrigue-t-elle réellement : serait-elle réellement capable d'annihiler tous ces peuples à elle-seule ? Leodos semble le penser, car il m'affirme que leur armée est la plus importante du continent. Je fronce les sourcils. Si c'est vrai, alors c'est potentiellement ennuyeux.

« Oui mais les élémentaires... ils ont la magie... » ajouté-je, essayant de jauger sa réaction.

Il me rétorque que même la magie a ses limites face à leur nombre écrasant, et qu'ils ne se seraient pas retrouvés acculés dans les Crocs du Monde si ils ne les craignaient pas. Ce dont je doute, d'une certaine manière. Les craignent-ils réellement ? Après tout les élémentaires m'ont semblé vivre dans de bonnes conditions : ils ne semblent pas particulièrement apprécier la compagnie et ils mangent vraisemblablement à leur faim. Ont-ils réellement besoin de plus ? Enfin, je ne devrais peut-être pas essayer de tant analyser les paroles d'un homme qui semble n'avoir aucune idée de ce que sont les élémentaires. Après tout si il les hait tant, c'est certainement qu'il n'en a jamais rencontré un de sa vie. Et ce n'est pas prêt d'arriver au vu de ce que j'ai en réserve pour lui. Tâchant de passer à un autre sujet, je force un sourire.

« Si vous êtes si certain de votre réussite alors... C'est tout ce que j'avais besoin d'entendre. »

Aussitôt, il s'approche quelque peu de moi, un sourire aux lèvres. Il veut... passer aux choses sérieuses ? J'espère qu'il parle du tir à l'arc, ou je le tuerai bien plus tôt que prévu. Pour éviter tout malentendu, je me lève et montre mon arc.

« Oui, allons voir ces cibles ! » fais-je avec un air que j'aurais voulu plus enjoué.

Alors il se lève lentement, son éternel ignoble rictus aux lèvres, et me tend la main. Que je prends avec réluctance.


(((790 mots)))

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Merci à Dame Itsvara pour la signature


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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Ven 13 Jan 2017 16:12 
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Illyria – Chez Frouillot

    Frouillot regarda la jeune lutine avec intérêt, ne répondant pas tout de suite à ses questions.

    - J’ai bien entendu deux trois trucs sur c’qui s’passe dans les égouts, paraît qu’des créatures étranges y rôdent. ‘fin, plus étranges que d’habitude. Y paraît même qu’ça s’propage dans tout Elysian, enfin c’est c’que dit la Gardienne de Nuit. L’Gardien d’Jour, lui, y croit pas beaucoup y paraît. Moi j’sais pas quoi croire, tout ça m’paraît bien trop lointain.

    Il poursuivit quelques pas dans un silence songeur et renfrogné.

    - P’têtre ben qui s’passe quelqu’chose, pour qu’même une p’tite dame comme toi r’sente quelqu’chose. J’ai pas vu qu’c’était particulièrement dans l’sous-sol, mais j’suis pas devin non plus. Si y’a des gens qui changent, comme z’avez l’air d’penser, y s’ront p’têtre massé dans l’quartier pauvre, là où on envoie les gens qu’on veut pas.

    Alors qu’il discutait, ils entrèrent de nouveau dans la cité d’Illyria et se rendirent jusqu’à la maison de Frouillot. Il descendit à bas de sa monture avant de se tourner vers la lutine et de lui dire :

    - Attends deux p’tites secondes ici, ma p’tite dame.

    Il pénétra dans sa maison pour en ressortir quelques minutes plus tard avec dans les mains de fioles miniatures, contenant pour l’une d’elle un liquide verdâtre et la seconde un liquide ambré.

    - V’la un p’tit truc pour m’faire pardonner la frayeur, ma p’tite, dans la fiole verte, y’a un poison somnifère, t’peux l’utiliser deux fois et ça endormira la cible pendant un p’tit quart d’heure, tu peux l’utiliser sur un projectile. La s’conde fiole, l’ambrée, contient un p’tit tonique, si jamais tu sens qu’t’es pas loin d’flancher, qu’il t’manque de force, t’as qu’à la boire, j’l’ai dosée pour ta taille.

    Il lui lança un regard critique, toujours aussi renfrogné.

    - Alors, qu’est-ce-tu compte faire maintenant qu’t’as remboursé ta dette ?

(Ajout sur ta fiche de la Broche de l’Aile Ethérée et des deux fioles).


Illyria - Rues

    Mastriani semblait renfrogné, tout en lançant à la volée des regards derrière lui pour chercher du regard les gens qui devaient les suivre. Il ne semblait manifestement pas satisfait des explications d’Earnar, ayant manifestement l’impression d’être tenu à l’écart des informations qu’il devrait connaître en sa qualité de Dauphin pour envisager la suite des évènements, évènements qu’il ne comprenait toujours pas.

    - Je ne suis pas satisfait de vos explications. Quelle catastrophe est supposée venir ? Pourquoi les élémentaires interviennent maintenant après près de 2000 ans de silence ? Si je dois être mêlé à toutes ces affaires, je veux comprendre ce qu’il se passe où je ne servirai à rien et je n’aurais aucune crédibilité, d’autant plus que nous allons à la cour du Roi Coryphème. Ma mère la Reine est morte, et je compte reprendre son flambeau correctement, donc je vous prie de cesser ces mystères.

    Quelques minutes après que le Prince eût fini de prononcer ses mots, deux personnes surgirent des ombres pour le saisir par les bras. Mastriani tenta de se débattre, mais il avait à faire à des professionnels et la prise était trop forte. Earnar, pendant ce temps, se faisait acculer dans un coin par deux autres types louches, couteaux sortis. Autour d’eux, les badauds de ce quartier pauvre s’écartaient en n’osant qu’à peine leur jeter des coups d’œil.

    - Donnez-nous votre argent, et ça s’passera bien, dit l’un d’eux, un type aux cheveux noirs et aux yeux marrons torves.


Illyria – Chez l’Affranchi

    L’Affranchi écouta les paroles de Hrist sans afficher d’émotion, le visage simplement analytique et froid. La seule chose qu’il laissa transparaître fut un haussement de sourcil lorsqu’elle annonça vouloir tuer Leodos, mais il disparut bien vite.

    - Quelle Caste d’Assassin ? Pourquoi as-tu demandé cette rencontre ?

    Il fit néanmoins un signe de tête à l’adresse de l’un de ses gros bras, lui faisant manifestement signe de répondre à la provocation de Hrist, souhaitant manifestement voir de lui-même ce qu’elle avait dans le coffre. L’assaillant de Hrist était un grand homme aux muscles noueux, vêtu de vêtements de cuir noir protégés de quelques lamelles de fer au bon endroit, n’entravant ainsi pas sa liberté de mouvement tout en lui donnant une certaine protection. Ses cheveux étaient d’un noir de jais et ses yeux tout aussi sombres tandis que sa peau était d’une teinte olive. Son expression, elle, était neutre et professionnelle. Ses armes étaient deux dagues, l’une recourbée et l’autre droite. Il lança lui-même les hostilités à l’adresse de Hrist, lançant une petite attaque de test sans se mettre en danger.


Illyria – Appartements de la Régente


    Insilbêth semblait perplexe face aux révélations de Cromax et son regard passait alternativement de l’un à l’autre des trois hommes, l’exigence des réponses manifestement impérieux dans le fond de ses prunelles. Camiran, lui, semblait incertain de la marche à suivre et s’agitait sur son siège.

    Ce fut le roi qui brisa le silence, d’une voix lente et douloureuse, quoi que pourvu d’une vigueur qui en était autrefois absente.

    - Insilbêth, ma fille, ma prunelle. Trop longtemps j’ai été aveuglé par l’aigreur du temps et du pouvoir...

    - …Père ! tenta de l’interrompre la Régente en protestant, mais elle se tut lorsque son père leva la main pour réclamer son silence.

    - Je pèse mes propos, cet être que voici, venu d’un autre monde, m’a ouvert les yeux sur ce que j’étais devenu et sur les devoirs qui incombent ce pouvoir qui est encore entre mes mains, et ce jusqu’à ma mort. Aujourd’hui, j’ai pris de graves décisions, elles sauront avoir un impact puissant sur l’avenir d’Illyria et sur ses politiques futures. Il vous incombera, mes enfants, de limiter le bain de sang qui suivra mon édit.[/color][/b]

    Le roi prenait manifestement plaisir à ménager son effet. Insilbêth ne le voyait manifestement pas de cet œil car elle serrait sa fourchette à s’en blanchir les jointures, le regard rivé sur celui de son père.

    - Cet édit annonce au peuple d’Illyria que je nomme officiellement Insilbêth Amalia Mergathrion, Princesse d’Illyria, fille de Coryphème Mergathrion, Roi d’Illyria, héritière officielle du trône et Dauphine d’Illyria. A ma mort, tu montras sur le trône, secondée par Hascan Mergathrion, reconnu officiellement en ce jour mon fils bien aimé et Prince d’Illyria.

    La stupeur était visible sur les visages du frère et de la sœur. Hascan, qui jusqu’à présent s’était tenu avec un petit sourire en coin, avait à présent le regard légèrement voilé. Camiran, manifestement gorgé d’histoires de preux chevaliers à l’eau de rose, regardait la scène avec un œil humide. Un petit silence suivit l’annonce du roi. Ce fut, évidemment, la Régente qui le brisa en premier, retrouvant ses esprits et son acuité politique.

    - Père, cet édit va faire sombrer Illyria dans des temps de guerre civile. Le Grave d’Hyst perd son accès au trône car sa fille ne sera pas mariée au roi, Leodos en profitera pour fomenter une révolte avec tous les nobles outrés de cet violation des traditions, et il y en a de nombreux que déjà ma régence faisait grincer des dents. Seigneur, les temps sont graves, nous ne pouvons nous permettre de faire couler le sang du peuple et nous affaiblir face à la menace qui plane sur Illyria et sur Elysian toute entière. Père, je vous en conjure, revenez sur votre décision, Hascan fera un très bon roi.

    Hascan secoua la tête aux paroles de sa sœur.

    - Insilbêth, tu sais aussi bien que moi que je serai un bon roi pour Illyria, mais que toi tu seras une grande reine. Et ce n’est pas d’un bon roi qu’à besoin en ce moment notre peuple, mais d’un grand souverain qui prendra les décisions qui doivent être prises. Et ceci doit commencer maintenant, pendant ces périodes de changement pour imposer un ordre nouveau.

    La Princesse se tourna vers son père à la recherche de soutien et, n’en trouvant aucun, posa son regard sur Cromax, haussant un sourcil. La future Reine d’Illyria souhaitait manifestement savoir à quel point le sindel était impliqué dans cette nomination et la façon dont il voyait les choses.


Illyria – Manoir de Leodos

    Leodos écouta en souriant les paroles de Leykhsa, les buvant manifestement autant qu’il buvait son visage et son apparence générale. Le Baron plaça la main de la semi-elfe sur son bras et l’escorta ainsi jusqu’au jardin, à l’arrière du bâtiment. Le jardin lui-même était gigantesque, parcouru d’allées rectilignes ou symétriques bordées de part et d’autre de buissons parfaitement coupés, certains prenant même des formes diverses. L’entièreté du jardin semblait ainsi maîtrisée à la feuille près. Ils passèrent ce qui ressemblait à un labyrinthe de buis coupés en rectangles de près de deux mètres de haut, masquant les éventuels joueurs du regard des gens.

    Leodos passa devant tout ceci sans leur accorder un regard. Il tourna à quelques endroits jusqu’à arriver devant un terrain d’entraînement sur lequel se trouvaient des cibles pour le tir à l’arc. Là, il lâcha le bras de Leykhsa en lui déposant un baiser possessif sur la joue avant d’aller chercher un arc et des flèches et revenir vers elle.

    - A toi de commencer, ma chère Anna.

    Il lui adressa un grand sourire en se plaçant derrière elle.


[Guasina – xp : 0,5 (discussion), 0,5 (questions), 0,5 (relique), 0,5 (longueur) ;
Cromax – xp : 0,5 (introspection), 0,5 (organisation du repas), 0,5 (longueur) ;
Hrist – xp : 0,5 (introspection), 0,5 (révélations), 0,5 (longueur) ;
Earnar – xp : 0,5 (explications)
Leyhksa – xp : 0,5 (longueur)]


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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Sam 14 Jan 2017 22:25 
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Sur une piste !



Frouillot soutint mon regard un petit moment avant de se décider de répondre à mes questions. Il m’avoua enfin avoir entendu quelques rumeurs au sujet des créatures se déplaçant dans les égouts. Il paraîtrait que des créatures plus étranges que de coutume y circulaient. L’on racontait que cela se propageait dans tout Elysian. C’est ce que la gardienne de nuit avait raconté alors que le gardien de jour n’en croyait goutte. En ce qui concernait Frouillot, il ne savait qui ou quoi croire.

Il se tut quelques minutes pendant laquelle, la vieille monture nous emmenait à bon rythme vers Illyria. Je respectai ce silence et j’attendis patiemment qu’il réengage la conversation. Ce qui ne tarda pas. Il finir par supposer que quelque chose se passait réellement puisque même moi je pouvais percevoir quelque chose. Il n’avait pas vu ce qui se passait dans le sous-sol, mais il croyait que si les gens changeaient, il y avait des chances pour qu’ils se soient réfugiés dans les quartiers pauvres. C’était là que les marginaux, les reclus, étaient envoyés

(Enfin, une piste ! )

Nous étions en pleine discussion lorsque nous entrâmes dans la cité d’Illyria. La conversation s’était avérée si intéressante et instructive que je n’avais pas vu le temps passer. Une fois arrivé à la maison du vieil homme, il descendit de sa monture et me pria de l’attendre un petit moment. Ayant cette fois entièrement confiance en cet homme bourru, mais honnête, je l’écoutai et attendis. Il ressortit quelques minutes plus tard avec deux petites fioles dans sa main droite. Il me les tendit en m’expliquant qu’il me les offrait pour se faire pardonner la frayeur que j’avais eue dans le terrier. La fiole verte contenait un poison somnifère, il y en avait pour deux doses. Ce poison pourrait endormir ma cible pendant près quinze minutes, je pouvais en imbiber mes projectiles. La seconde, ambrée, contenait un petit tonique qui me redonnerait des forces. Il avait pris soin de l’équilibrer en fonction de ma taille.

Reconnaissante, et un peu intimidée par tant d’attention de sa part, mes joues s’empourprèrent. Je le regardai tout de même dans les yeux pour le remercier.


« Mais vous n’avez pas à vous faire pardonner, vous n’y êtes pour rien si j’ai eu peur. Mais j’accepte ces présents. Je vous remercie de tout cœur et je vous promets d’en faire bon usage. »

Je posai le regard sur ma main gauche et je retirai un petit anneau.

« Je tiens également à vous offrir un cadeau. Ce n’est pas grand-chose, un tout petit anneau, mais je crois qu’il saura vous protéger comme il a su le faire pour moi. Et au bout d’une chaîne, vous pourrez le porter à votre cou. »

Et avec son air renfrogné, qui ne m’intimidait plus puisque je croyais avoir cerné le grand cœur qui se cachait sous l’air bourru, il me demanda ce que je prévoyais pour la suite.
Suite à la mésaventure dans le terrier du rongeur, je ne ressentais plus de méfiance envers le vieil homme. Je me décidai alors de lui confier la vérité.

« Je suis une protectrice d’âme. Je ne vous ai pas menti, mais je ne vous ai pas tout dit. Mais à présent, vous avez acquis ma confiance. Je viens d’un autre monde. On m’a demandé de venir ici afin d’aider le peuple d’Elysian, afin de trouver ce qui se passait d’étrange. Et je ne partirai pas d’ici tant que je n’aurai pas réussi à trouver ce qui ne tourne pas rond, même si cela devait prendre des années. Je vous en fais la promesse. »

Tout en disant cela j’avais effectué une petite révérence. Je poursuivis ensuite en lui dévoilant mes intentions.

« A la lumière de ce que j’ai vu dans le terrier et de ce que vous venez de me dire, j’aimerais rencontrer la gardienne de nuit. Et ensuite, je me rendrai dans ce quartier pauvre. Vous pensez que la gardienne de nuit acceptera de me dévoiler ce qu’elle sait ? Si vous n’êtes pas trop occupé, je vous demanderais de m’y accompagner afin d’augmenter mes chances. Ou encore de me signer un petit mot de recommandation et de m’indiquer le chemin »

((( 704 mots
-don de l’anneau du squelette ardent
-demande d’accompagnement ou de recommandation auprès de la gardienne de nuit )))

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Guasina, protectrice d'âme


Dernière édition par Guasina le Dim 29 Jan 2017 23:47, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Mer 18 Jan 2017 21:40 
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Les fumées qui s'élevaient des brûloirs commençaient à lui piquer le nez. L'air était quelque peu chargé et moite comme si la pièce était restée pleine et fermée trop longtemps. Hrist n'avait pas beaucoup d'indices quant aux activités que l'Affranchi pouvait avoir ici même, pas plus que sur le but de cet endroit. Frouillot de dit rien, difficile de savoir s'il réprouvait ce que disait la jeune femme mais celle-ci préférait parler la seule langue que les truands connaissaient, la violence.

Le Mâchefer demanda à quelle Caste d'Assassin il avait à faire et le motif clair de sa venue. D'un signe de tête, il fit ordonner à un de ses hommes de main de s'avancer pour répondre au défi de la Frémissante. Hrist le vit avancer d'un pas certain, ne manifestant aucune émotion comme le ferait un assassin accompli ou un fanatique bien entraîné. C'était pourtant avant un combat que l'on pouvait voir ces petites émotions, vives et sincères dans le regard d'un homme. Celui-ci n'en avait guère, la mine fermée, il s'avança, deux armes à la main. Des dagues tout ce qu'on faisait de plus simple chez les humains, l'une était droite et franche, la seconde plus fauve et exotique avait été forgée le fil recourbé.

Hrist l'ignora un court instant, juste le temps qu'il ne soit assez proche pour l'attaquer ce faisant quoi, elle en profita pour répondre à l'Affranchi.

" Tu ne la connais pas. Cette Caste existe dans un autre monde, un autre univers. Celui de Yuimen. Elle porte le symbole d'une Murène et j'en suis la créatrice. J'ai demandé à Calech une rencontre afin que nous puissions... Devenir amis ? "

L'homme à l'armure de cuir lança un premier assaut, délibérément lent afin de jauger la femme qui se tenait en face de lui. Hrist observait sa posture franche et solide, son équipement de facture correcte, il serait probablement plus dur à mettre à terre qu'un simple coupe-gigot mais elle en avait vu d'autres. Et bien pires.

Reculant d'un pas agile pour éviter l'assaut, Hrist tira d'une traite la Vieille Rengaine et contre attaqua dans la foulée, de toute sa vitesse afin de ne pas lui laisser l'occasion de la tester une seconde fois.

(" On ne se moque pas de la mort impunément. ") Se dit-elle tandis que sa lame fendait l'air en direction de la gorge de son solide adversaire.

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Contre attaque fatale + Perce âme avec la Vieille Rengaine.

_________________
La petite ombre de la Mort à Elysian.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
Au milieu des cercueils,
Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


Némésis d'Heartless


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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Ven 20 Jan 2017 13:14 
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La régente semble un instant incrédule face à mes révélations, laissant un regard empreint de doute balancer entre son frère et moi. Elle veut tout savoir de ce qui s’est passé, et ne semble pas sûr de nous accorder sa confiance face à mes réponses qui peuvent, je n’en doute pas, lui paraître surprenantes. À côté de moi, Camiran, apparemment mal à l’aise, s’agite sur sa chaise nerveusement, comme un enfant impatient qui ne se sentirait pas à sa place, et qui voudrait le faire remarquer. Je soutiens avec certitude et confirmation tacite le regard d’Insilbêth, jusqu’à ce que le souverain lui-même, Coryphème, Roi d’Illyria, prenne la parole d’un ton solennel et d’une voix fatiguée, quoique plus impliquée et décidée que le ton abandonné à la folie réclusive que j’ai entendu plus tôt ce jour dans ses propres appartements renfermés. Il s’adresse à sa fille, sans hésitation, avouant ses torts, son aveuglement à son propos à cause de l’aigreur du temps et du pouvoir. Mon regard se tourne vers lui avec fierté. Lui ai-je à ce point ouvert les yeux sur sa situation de roi et de père ?

Père. Le mot filtre dans la pièce, protestation vaine d’une fille qui ne comprend pas les aveux de son père. Celui-ci ne se laisse pas interrompre, cependant, et ramène à l’ordre son unique héritière légitime en lui rabattant le caquet d’une main levée et impérieuse. Cette dernière n’a pas le choix que de se plier à ce silence que lui demande son paternel vieillissant, et il peut reprendre le cours de ses paroles sans plus se faire interrompre, cette fois. Après avoir affirmé peser ses mots, il me prend directement à parti en indiquant les conséquences de mon entreprise osée de le faire voyager. Selon ses propres mots, je l’ai amené à ouvrir les yeux sur ce qu’il est devenu, et sur les devoirs qui lui incombent encore, outre son état dégressif. Sans révéler tout de suite la nature de ses graves décisions, il avoue qu’elles pourraient avoir désormais de sanglantes retombées sur la capitale humaine, leur prévoyant un impact puissant. Un plaisir sadique que je m’amuse à le voir maitriser, et réussir à imposer, au vu de l’ostensible nervosité de sa fille, qui serre les doigts sur ses couverts si fort que ses articulations blanchissent sous l’effort.

Et enfin vient la révélation, le contenu de cet édit que le Roi a fait promulguer. Bien entendu, c’est sans surprise, contrairement à Insilbêth, que j’assiste à son accession au titre de Dauphine d’Illyria, et héritière du trône du Royaume. Comme pour insister sur cet état de fait, il précise qu’à sa mort, c’est elle et nul autre qui montera sur le trône. Mais Coryphème parvient à me surprendre également, lorsque dans le même temps, il affirme qu’Hascan est désormais reconnu comme son fils légitime, et Prince d’Illyria, et qu’il secondera Insilbêth dans ses décisions pour le trône. Il passe ainsi second sur la liste de succession, sans qu’aucun vote de la noblesse ne soit nécessaire. Une opération rondement menée, au final. C’est avec fierté et approbation que je regarde le vieux souverain reprendre une partie de sa superbe d’antan.

Hascan partage visiblement lui aussi ma surprise, le sourire en coin qui l’a accompagné jusque maintenant se muant en regard inquiet. Camiran, lui, semble submergé par l’émotion. Je n’ai pas eu tort, le concernant : il ne posera aucun souci concernant cette décision royale, et j’en ai la confirmation visuelle, dès à présent. Insilbêth, elle, est bien entendu la plus touchée par la révélation. Frappée de stupeur, il lui faut quelques secondes d’un silence pesant pour s’exclamer, retrouvant son pragmatisme politique en passant outre la surprise. Elle dénonce la dangerosité de cet édit, affirmant qu’une guerre civile serait pratiquement inévitable, et précisant les raisons de cela : Le père Hyst perd son accès au trône, et Leodos ne manquera pas de fomenter une révolte avec ses alliés de la noblesse conservatrice. Sa réaction est compréhensible, mais je la sens dramatiser un poil excessivement les conséquences de tout ceci. Elle conjure son paternel à revenir sur sa décision séant, avant qu’elle ne paraisse publiquement, affirmant qu’il serait plus habile de nommer Hascan Roi d’Illyria à sa place. Je fronce les sourcils, me demandant ce que le Roi répondra, mais c’est le bâtard légiféré qui prend la parole aussitôt. En des termes plein de sagesse, il affirme que s’il fera un bon Roi, elle sera une Grande Reine. Et que c’est ce dont la cité-état a besoin en ce moment. Rendue muette par cet argument, la dauphine se tourne vers son roi et père en attente de soutien, qu’elle ne trouve aucunement dans son regard décidé. Perdue, elle finit par se tourner vers moi, m’interrogeant silencieusement du regard. C’est donc à moi de prendre la parole dans cette assemblée que j’ai monté de toutes pièces. C’est paré d’un air satisfait que je déclame :

« Mes félicitations, héritière légitime du trône d’Illyria. Vous savez pertinemment que c’est la meilleure chose qui puisse être. Votre frère, votre père et moi en sommes persuadés, en tout cas. Vous dites craindre des guerres intestines et des révoltes. En aurait-il été différemment si un autre avait pris le pouvoir ? Le sire Leodos aurait fomenté ses plans dégradants s’il n’avait pas été élu, qu’importe le couronné. Et s’il avait été celui-ci, cela aurait auguré bien pire qu’une guerre civile : la fin de ce monde. Je vous en ai parlé, rappelez-vous. »

Puis, je regarde chacun ici, abattant mes cartes petit à petit. Des cartes préparées avec soin depuis mon arrivée ici. Je me remémore un instant la discussion que j’ai eue avec Thélie d’Hyst, la fille du Graves, et sa ferme volonté de prendre elle-même la décision de son époux futur. Ainsi que la probabilité que ce soit Hascan, aveu que j’ai fini par lui tirer du nez.

« Hascan est reconnu prince d’Illyria, fils légitime de sa majesté. Si le Graves D’Hyst prétend toujours influencer le trône, il n’aura qu’à donner sa fille en mariage à Hascan. » Je jette une œillade au principal intéressé, pour préciser : « Avec votre accord, bien sûr. »

Puis, revenant sur Insilbêth, j’explicite un peu plus mes propos.

« Thélie D’Hyst elle-même, du peu que j’ai pu discuter avec elle, pourrait même être intéressée par cette perspective, refusant à son père des fiançailles arrangées avec le Seigneur Leodos. Quant au jeune et fier Ser Camiran ici présent… »

Je le regarde, non sans satisfaction de mon effet. Il est temps de révéler à l’assemblée les plans que j’ai prévu avec lui lors du même repas, qui a été plus que productif, décidément.

« Il m’a assuré quitter de lui-même la course au trône pour être nommé ambassadeur d’Illyria en mon monde. Ambassadeur de tout Elysian, même, si les tensions s’apaisent et que les guerres cessent. Ser Camiran, acceptez-vous cet édit royal dont vous êtes témoin ce soir ? Allez-vous faire tout ce qui est en votre pouvoir pour qu’il soit accepté par tous, noblesse et peuple, en contrant les contrevenants de cette décision royale irrévocable ? »

C’est Insilbêth qui, la première, répond à mon discours, d’un air désolé, secouant la tête avec fatalisme. Elle affirme le soutien que recevra Leodos bien plus aisé pour lui si elle monte sur le trône. Elle invoque un peuple conservateur, qui s’indignerait de la présence d’une femme aussi jeune à sa tête. Foutaises que ceci. Je n’y crois guère : le petit peuple se fout pas mal de qui le dirige, pour peu que ce soit bien fait. Les décisions justes et en faveur du peuple d’Insilbêth en qualité de régente parleront pour elle, auprès de celui-ci. Il n’y a que la noblesse qui pourrait poser souci, par le biais de Leodos et de ses alliés. Et ça… c’est uniquement s’il survit à la tentative d’assassinat posée sur sa tête. Car même ça, nous l’avons prévu : il ne posera bientôt plus de souci, si mes pairs sont aussi efficaces que moi dans leur rôle respectif. Ainsi, ses inquiétudes, je les balaie d’un mystérieux sourire, alors qu’Hascan prend la parole à son tour, sombre mais déterminé. Il revient sur mon interrogation brève sur l’éventualité de son mariage avec Thélie d’Hyst. Philosophe, il avoue être préparé à une telle chose depuis longtemps, et précise que la transaction devra se faire au plus vite, ainsi que les épousailles. Je m’attriste qu’il parle de ça en des termes si impersonnels. Ils sont deux jeunes et beaux partis. Il devrait presque se réjouir d’avoir une épouse aussi jolie, intelligente et tournée vers le bien-être du peuple. Nul doute qu’il saura profiter de ces aspects, une fois la gravité de la situation passée. Le coquin. Je lui souris d’un air entendu et badin, espérant qu’il comprenne tacitement le fond de mes pensées. La dauphine donne à son tour son avis sur la jeune Thélie, précisant qu’elle est ambitieuse, et qu’elle verra très certainement son intérêt dans ce mariage, presque inévitable, désormais, même si elle en perd partiellement l’accès à la couronne. Partiellement, seulement, puisque son époux sera héritier tant qu’Insilbêth n’enfantera pas.

Camiran, lui, se met enfin en avant dans la discussion, et précise fièrement qu’il sera ravi d’endosser ce rôle si le souverain et sa fille l’acceptent. Sans tarder, la Dauphine opine du chef, marquant son accord à cette potentialité montée de toutes pièces par mes soins. Je suis, une fois encore, plus que ravi de la tournure que prennent les choses. Mon plan fonctionne à merveille, et j’en tire une certaine fierté. Moi qui ai toujours détesté les mondanités, je me retrouve à jouer un jeu d’éminence grise plutôt pertinent et efficace. Après qu’elle ait promis son futur poste à Camiran, qui approuve, content, et répond que nous aurons en échange son propre soutien ainsi que celui de la Seigneurie d’Epuytail, dirigée par son père.

Afin de lui donner un nom de poste entier, Insilbêth me demande explicitement le nom de mon monde. La question est délicate, puisque j’ai laissé entendre à Camiran qu’il s’agissait d’Eden, sans cependant lui confirmer. C’est donc avec finesse et subtilité, prudence, que je réponds à son interrogation.

« Eden, le monde qui a vu naître les miens, n’est plus. Les sindeldis ont donc migré vers un autre monde, Yuimen, où ils ont prospéré. C’est de ces landes magnifiques que je proviens. Mais je n’y suis guère un seigneur sédentaire. Je n’ai de point d’accroche que les cités auxquelles je suis attaché par ce que j’y ai vécu. Tulorim est l’une de celles-là, et vous y officierez fort bien, Seigneur Camiran. Le soutien de la Seigneurie d’Epuytail et de votre père nous sera plus que précieuse. »

Puis, me reportant sur le reste de la compagnie :

« Vous aurez également mon soutien, bien que mes projets en ce monde soient encore nombreux, et dépassent le seul destin d’Illyria. Si le chaos menace cette cité, vous pourrez compter sur mes lames pour vous aider. »

Insilbêth répond à mon discours en inclinant la tête, finalement satisfaite de la tournure que prennent les choses. Presque amusée, maintenant, elle affirme que ma venue aura apporté de nombreux changements. Je lui réponds d’un sourire affirmé, et levant mon verre rempli d’un vin sombre, je porte un toast à notre réussite.

« Que ces changements soient le meilleur qui puisse arriver. A Illyria, à Elysian ! »

Et le repas se poursuit sans plus de discussions majeures. Les plats se succèdent et l’ambiance est conviviale. Je me prête à plaisanter sur la beauté de Thélie avec Hascan, faisant d’elle un parti plutôt agréable, fut-il forcé par les choses de la politique. Je m’entretiens brièvement avec Camiran sur la description de quelques beautés de Yuimen, citant quelques cités que j’ai eu l’honneur de visiter. Je laisse de côté pour l’instant toute la dimension géopolitique de mon monde, ne citant guère Oaxaca ou même une quelconque guerre. Il doit d’abord être attiré par ces contrées, avant d’être au fait, plus sérieusement, du rôle que je compte lui faire jouer. Son aspect manipulable me convient ici bien : puisque je suis à l’origine de son statut, il sera plus aisé pour moi de l’amener à mes objectifs pour Tulorim. L’ambiance du repas est bonne enfant, et c’est avec plaisir que je me laisser aller, enfin, à un peu d’insouciance, savourant les mets qui me sont servis et amenant le rire à cette petite assemblée à laquelle je commence à tenir, malgré moi. Tous ici me sont chers, d’un certain point de vue. Un attachement rapide, mais légitime, compte tenu de mon implication dans l’avenir de leur vie.

Lorsque la soirée est avancée et que le repas touche à sa fin, je me permets un dernier commentaire :

« Merci à tous de votre compréhension, de votre implication dans le meilleur avenir qui puisse être pour votre cité et ce monde. Ensemble, si nul ici ne trahit, ce dont je suis persuadé, nous ramènerons Illyria au premier plan sur ce monde. Longtemps, encore, on chantera son rôle dans la survie de ces landes splendides et empreintes de magie. »

Puis, avisant chacun, je salue l’assemblée.

« Je me retire, pour ce soir. Dame Insilbêth, votre Majesté, Ser Hascan et Camiran, je vous souhaite une bonne soirée, et une bonne nuit. L’annonce de cet édit, demain, sera majeure, et mieux vaut que nous soyons tous dans la meilleure forme. »

Je laisse mon regard trainer un instant sur Insilbêth. J’ai encore une demande pour elle, mais ça attendra. Ça attendra que nous soyons seuls. Ça attendra que l’annonce soit faite, et les conséquences de celle-ci tombées. Un nouveau plan est né, dans mon esprit tortueux, visant une fois de plus au rétablissement d’une paix durable et d’alliances solides sur ce monde. Mais pour l’heure, je quitte cette agréable compagnie pour retourner dans mes appartements pour y passer la nuit… SI l’on me laisse faire, cette fois !


[2327 mots]

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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Ven 20 Jan 2017 21:57 
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Son compagnon humain n'était guère de bonne compagnie, peut-être que le Roi oubliait-il que ses sujets étaient humains et non des elfes, race dont il appartenait avec fierté. Mastriani essayait de chercher leurs poursuivants, bien entendu sa vision était celle d'un humain et trop peu habitué à parcourir les bas-fonds d'une cité humaine, il n'était guère d'une grande aide. Cette première impression se confirma bien vite lorsque le roi ayant perdu son royaume se renfrogna à l'écoute de ses paroles et prit visiblement la mouche semblant soupçonner que l'earion lui dissimulait des informations d'extrême importance. Il lui en fit part alors qu'Earnar avançait toujours prudemment à travers la foule, arrachant quelques cris de protestation aux misérables badauds et pauvres hères délaissés par le pouvoir central au profit de la bourgeoisie et de la noblesse. Tous ces riches se regroupaient autour du palais comme des sangsues prêtes à pomper le moindre hectolitre de sang royal. Alors que l'earion écoutait à grande peine les interrogations de l'ancien prince du royaume d'Arden, il vit soudainement deux ombres s'emparer de son précieux colis le maintenant fermement près d'une masure aussi délabrée que l'état des routes dans ce quartier populaire.

Earnar, de par son expérience, reconnut là une bande de voleurs prêts à égorger ceux qu'ils extorquaient plutôt que des assassins chevronnés. Pouvait-il les battre tous alors que Mastriani était maintenu avec fermeté, l'empêchant ainsi de se défendre ? Devait-il d'ailleurs intervenir et laisser ce fameux roi incapable de réagir et de penser correctement alors que les renseignements épars qu'il lui avait confiés permettaient d'entrevoir la raison de l'intervention des élémentaires au sein des peuples d'Aliaénon. Une envie intense de le laisser à son propre sort le tenailla, après tout sa mère était morte et ne risquait plus de l'accuser de l'avoir abandonné à son propre sœur, il l'avait de surcroît protéger en le faisant s'échapper du palais d'Arden et puis c'était un humain, répugnant, ignorant et destructeur comme tout ceux de sa race.

Soudain, il revit l'image de sa femme qui lui souriait, cette douce earionne, fille de pêcheur et pourtant plus sage qu'il ne le sera jamais. Il se souvient des paroles exactes qu'elle avait prononcées un peu avant d'avoir été tuée brutalement par des malandrins de la même espèce qu'il avait en face de lui.
(Il y a tellement d'amour en toi Earnar et pourtant tu t'obstines à n'éprouver que douleur et rancœur à l'encontre du monde entier. Protège le monde, ne le détruis pas...)

Alors que l'image de sa femme disparaissait et qu'il tendait la main comme pour rattraper ce souvenir à la volée, l'un des brigands s'adressa à lui, il souhaitait sa bourse ou sa vie. Il l'ignora et posa ses yeux sur Mastriani:

- Les humains ont tué tout espoir et toute joie en moi, et pourtant je n'ai pas oublié mon serment: protéger ce monde. Il y a des choses que tu devras apprendre par toi-même Mastriani, je ne peux pas te donner des informations comme on donne une bectée à un enfant. La colère et l'amour sont deux forces qu'il faudra que tu uses pour reconquérir ce qu'il t'appartient.

Ces paroles sibyllines résonneraient peut-être dans l'esprit du jeune roi et peut-être comprendra-t-il un jour. Lentement, il posa sa bourse au sol près des deux comparses qui s'approchaient de lui et souriant, il passa à l'attaque. Dévoilant sa nature elfique aux humains, il activa son Muutos pour les désarçonner et sa dague à la main, il concentra son ki tout autour avant de lancer une lame de ki en direction de l'un des deux assaillants qui maintenait le prince, peut-être cela suffira-t-il à Mastriani à se libérer de leur emprise pour se battre à ses côtés.

(utilisation de la CC tranché de Rana lvl 10)
(669 mots)

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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Sam 21 Jan 2017 17:46 
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Post squelette :

-Le suit.
-Retient un rictus de dégoût quand il la baise (hum).
-Vise la cible à quelques centimètres du centre et tire.

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Merci à Dame Itsvara pour la signature


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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Jeu 26 Jan 2017 16:06 
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Illyria – Antre de la Gardienne de Nuit

    Frouillot regarda avec circonspection l’anneau que lui offrit Guasina et bredouilla des remerciements, manifestement peu habitué à ce qu’on lui offre des cadeaux. Sur un dernier signe de tête en remerciement, il le fit disparaître dans sa poche et écouta la suite des paroles de Guasina. Son air s’assombrit alors qu’elle progressait dans ses révélations et à la fin il la regardait d’un air qui aurait pu paraître méchant, mais qui ne lui était pas destiné.

    - Un autre monde ? J’sais pas c’que c’est qu’ces histoires, mais ça m’a l’air bien sordide, tout ça. Mais ouais, j’vais t’emmener auprès de la Gardienne de Nuit, j’sais pas exactement c’que c’est et sans preuve, normalement j’t’aurais jamais emmené comme ça à elle, mais… Bah j’suppose que ta p’tite taille est une preuve suffisante que t’es pas la bestiole la plus commune qu’on va trouver dans l’coin… Par contre, j’peux pas t’y emmené sans masquer ton r’gard, c’est qu’la planque de la Maîtresse des Plaisirs est justement une planque.

    Sur ces mots, il disparut de nouveau dans la maison et revint avec un carré de tissu suffisamment petit pour masquer les yeux de la lutine. Cela ressemblait à un bout de chemise arrachée. Il lui tendit en disant :

    - Y vous arrivera rien d’mal, montez sur mon épaule.

    Il attendit qu’elle accepte et fasse les manœuvres nécessaires avant de se mettre en marche. Au bout de quelques minutes, Guasina put sentir les odeurs de ce quartier relativement pauvre changer et laisser place à une odeur moins incommodante. Ils poursuivirent la marche durant une trentaine de minutes avant que Frouillot ne s’arrête et échange quelques mots d’une voix étouffée avec quelqu’un. L’instant d’après, il les entraînait à l’intérieur d’un bâtiment et la porte se ferma sur eux. Ils montèrent un escalier et ce ne fut que dans la pièce d’après que le bandeau lui fut délicatement retiré par Frouillot. Il déposa Guasina sur une chaise, devant un fauteuil aux allures de trône sur lequel se trouvait une femme à la prestance et au port altier. Sa peau avait un grain fin et lisse, dépourvu de défauts et de longs cheveux blonds étaient adroitement coiffés, auréolant un visage gracieux orné d’yeux céruléens. La femme était vêtue d’habits moulants et d’un corset mettant en valeur sa poitrine tandis que ses jambes étaient masquées sous une jupe dont l’avant était assez transparent pour permettre d’en observer les courbures délicates. Elle avait tout de la courtisane de luxe, jusqu’aux manières lascives.

    Image


    - Encore toi, Frouillot ? J’ai trop vu ta sale figure en deux jours, dit-elle d’une voix qui pourtant recelait un peu d’affection. Qu’est-ce que tu m’amènes là, cette fois ?

    Son regard bleu perçant était fixé sur Guasina et il était clair que la question lui était destinée à elle.


Illyria – Chez l’Affranchi

    La contre-attaque de Hrist ne parvint pas à toucher l’homme, mais de justesse. Celui-ci, qui s’était attendu à une attaque vive de la part de la jeune femme, esquiva le coup. La lame passa cependant à un cheveu de la peau de sa gorge, valant à Hrist de voir dans les yeux de l’assassin une petite étincelle. Surprise, doute, peur, respect ? Difficile de le savoir. Toujours est-il qu’il lança un regard à l’Affranchi et celui-ci acquiesça d’un simple signe de tête ; il en avait manifestement assez vu. L’homme acquiesça à son tour et se recula, brisant ainsi le combat. Il garda néanmoins ses dagues à la main, ne faisant manifestement pas confiance à la nouvelle venue.

    - Devenir ami ? s’esclaffa l’Affranchi. Qu’est-ce que j’aurais à gagner ? Qu’est-ce que vous aurez à y gagner, là est ma question.


Illyria – Le Palais

    Ding, dong, ding, dong, ding, dong… Le lendemain, ce fut le son des cloches qui réveilla Cromax, seul dans son lit marital. Par la fenêtre, la lueur blanche et brillante d’un soleil radieux pénétrait dans la pièce, illuminant les tapis d’une lueur chaude. Ding, dong. Le son des cloches persistait et ne s’arrêtait pas. S’il se dirigeait vers le balcon, il verrait des oiseaux chanter non loin, piailler gaiement, indifférent aux bruits graves qui perçaient l’air.

    Pourtant, la ville n’était plus comme avant, quelque chose avait changé. Un voile semblait s’être déposé dessus, une sorte d’immobilité, comme si elle s’était retrouvée un instant enfermé dans le temps, dans une chape. Tous les visages étaient tournés vers ces grosses cloches qui dominaient le palais et qui sonnaient, sonnaient à n’en plus finir. Ces cloches sonnaient comme le glas.

    Un serviteur toqua à la porte de Cromax. Son visage était défait et une lueur de panique brillait tout au fond.

    Ses paroles furent simples, car elles ne nécessitaient rien d’autre :

    - Le Roi est mort. Vive la Reine.


Illyria – Rues

    Mastriani sembla clairement peu convaincu par les paroles d’Earnar, qui n’avait pas grand-chose à voir avec ce que lui-même avait dit et demandait.

    La tranchée de Rana ne fonctionna pas. Peut-être la déesse d’un autre monde ne pouvait pas lui répondre, ou peut-être ne lui avait-il pas suffisamment adressé ses prières pour lui répondre positivement. Ce qui fonctionna, en revanche, fut le dévoilement de sa nature elfique et son muutos, qui, eux, provoquèrent un mouvement de recul qui permit à Mastriani de se défaire de leur emprise pour rejoindre Earnar. Leurs ennemis le regardaient avec de grands yeux.

    C’est là que les cloches se mirent à sonner. Elles résonnèrent dans l’air, provoquant l’envol de plusieurs oiseaux à proximité tandis que les regards des badauds se levaient vers le palais du sommet duquel provenait ce son, oubliant tout de la rixe qui menaçait d’avoir lieu. Les assaillants d’Earnar eux aussi regardèrent le ciel avant de se regarder les uns, les autres et de partir rapidement, sans un mot, profitant du fait que les passants les ignoraient.

    La rue était plongée dans un silence oppressant et même le regard de Mastriani se fit plus sombre, inquiet, presque.

    - Le Roi d’Illyria est mort, annonça-t-il. Nous devons rejoindre le palais, avant que la guerre civile n'éclate.


Illyria – Manoir de Leodos

    La flèche de Leykhsa fila se ficher dans la cible, à quelques centimètres du sens, arrachant à Leodos un petit rire.

    - Bien, très bien, mais regarde, on pourrait améliorer un peu ta posture, comme ça…

    Joignant le geste à la parole, il vint se placer derrière Leykhsa pour corriger légèrement sa posture, en profitant pour se coller sans vergogne aucune à elle, plaçant une main sur l’arc, au-dessus de la sienne et l’autre au niveau de la corde tandis que sa tête était à quelques centimètres de son oreille. Il fit semblant de bander l’arc dans une position somme toute très correcte pour le tir à l’arc.

    Soudain, le son des cloches envahit l’air. Leodos, restant collé à Leykhsa, lâcha cependant la main qui tenait la corde pour la poser sur l’épaule de la jeune femme et regarder en l’air, vers le sommet du palais visible depuis le jardin. Le son était grave, puissant, mortuaire. Le nez toujours levé vers le ciel, ayant complètement oublié des cibles, Leodos murmura d’un air satisfait :

    - Le Roi est mort. On va pouvoir commencer…


[Guasina – xp : 0,5 (introspection), 0,5 (don d’objet), 0,5 (décision), 0,5 (longueur) ;
Cromax – xp : 0,5 (introspection), 1,5 (blablabla), 2 (longueur) ;
Hrist – xp : 0,5 (attaque) ;
Earnar – xp : 0,5 (attaque), 0,5 (longueur)
Leyhksa – xp : -]


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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Dim 29 Jan 2017 06:25 
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La gardienne de nuit (1re partie)



Je commençais à apprécier de plus en plus cet homme bourru, il me faisait penser à l'un de mes oncles, même aspect et attitude renfrognée avec un coeur d'or à l'intérieur. Tout comme une agate, si on réussissait à percer la couche rocheuse, il était possible de découvrir le trésor qui s'y cachait en son centre. Ainsi, il ramassa l'anneau, et tout en grommelant il l'enfourna dans sa poche et d'un hochement de tête, il me remercia.

Il demeura très sceptique quant à l'existence d'un autre monde, mais il accepta tout de même de me conduire à la gardienne de nuit. Il n'avait pas de preuve concrète à lui apporter, mais ma petite taille pourrait, selon lui, contribuer à convaincre la dame. Cependant, il rajouta que mon regard devrait être masqué pendant tout le trajet qui me mènerait à elle. Je ne devais connaître l'emplacement de la cachette de la maîtresse des plaisirs. Ce disant, il repartit à l'intérieur de sa maison tandis que moi, les sourcils froncés d'incompréhension, je le regardai partir.

(Maîtresse des plaisirs ? Mais je croyais qu'il allait me conduire à la gardienne de n...)

Et c'est là que le déclic se fit dans mon petit cerveau. Jusque-là, lorsqu'il avait parlé de la gardienne de nuit, je croyais qu'il faisait référence, à un officier supérieur, une femme portant des gallons et à la tête de gardes qui protégeaient les habitants de la ville. Mais à présent qu'il avait fait mention de cette seconde appellation, faisant référence aux plaisirs, je compris, non pas sans rougir, qu'il était question d'une tout autre sorte de gardienne.

Il revint quelques secondes plus tard, un petit bout de tissu à sa main droite. Il me tendit ce qui ressemblait à un bout de manche de chemise et me pria de monter sur son épaule me rassurant qu'il ne m'arriverait rien. Étant encore sur le dos de sa monture, je n'eus qu'à prendre un petit élan de deux pas avant de sauter pieds joint.
Experte dans la matière, comme tous les lutins, pas plus, pas moins, j'atterris lestement sur son épaule droite. Je m'asseyais ensuite et je couvris mes yeux de la petite étoffe verte telle qu'il me l'avait demandée.

Il se mit à marcher d'un pas régulier, demeurant silencieux. Je ne fus pas davantage bavarde, me concentrant sur mes sens qui n'étaient pas voilés. Alors que je comptais sur mes oreilles principalement, ce fut mon odorat qui me renseigna. Les effluves qui parvenaient à mon nez s'avéraient plus agréables. J'en déduisis que nous arpentions à présent un quartier moins pauvre. Ce n'est qu'au bout d'une trentaine de minutes de marche qu'il s'arrêta. J'entendis Frouillot échanger quelques mots avec une tierce personne, mais même en tendant l'oreille, je ne pus comprendre aucun mot. Il me fallait prendre mon mal en patience, et attendre la fin du parcours avant de satisfaire ma curiosité. Étrangement, je n'éprouvais aucune crainte. Me fiant à mon instinct, je faisais entièrement confiance à mon porteur.

Quelques secondes plus tard, nous entrâmes dans un bâtiment. J'en étais certaine, puisque je sentais l'air plus chaud et les bruits de la rue étaient à présent presque inaudibles, sans oublier la lourde porte que j'entendis se refermer. Frouillot commença à gravir l'escalier. Pendant la montée d'une vingtaine de marches, je m'agrippai à son col de chemise par précaution. Une fois à l'étage supérieur, nous entrâmes dans une autre pièce et je sentis alors les gros doigts de Frouilot sur ma peau alors qu'il s'affairait à dénouer délicatement mon bandeau afin de me le retirer.

Il me déposa avec précaution sur une chaise alors que je laissai mes yeux s'habituer à la soudaine lumière suite à une privation de plus d'une demi-heure. Devant moi, assise sur un fauteuil, une jolie femme aux cheveux châtains soigneusement coiffés qui mettait en avant ses plus beaux atouts me regardait avec curiosité tout en s'adressant au vieil alchimiste. Elle lui demandait ce qui lui valait une deuxième visite en moins de deux jours et l'interrogeait de ma présence.

Debout, la tête droite, le sourire présent, je saluai la fière dame en effectuant une charmante révérence, et me présentai:

« Je me nomme Guasina. Guasina Roquin, fille de Tony Roquin, lui-même fils d'Odilon. Je me suis promenée dans les égouts et puis dans un terrier de rongeur, et j'y ai rencontré des créatures non seulement étranges, mais plutôt altéré, dénaturé. Lorsque j'ai questionné Frouillot au sujet de ces étranges phénomènes, il m'a emmenée jusqu'à vous. J'aimerais bien enquêter sur ces singularités, peut-être seriez disposés à partager les informations que vous possédez.»

(((765 mots)))

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Guasina, protectrice d'âme


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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Mar 31 Jan 2017 17:14 
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La détente de la Murène n'eut pas l'effet escompté, l'homme rompu aux combats avait anticipé la frappe de justesse, la pointe de la lame l'ayant frôlé à la gorge. Il avait le temps d'une demi-seconde abandonné son visage neutre, laissant ses yeux trahir un petit quelque chose. Il se ressaisi bien vite, reprenant son équilibre suite à son esquive in-extremis et recula sans même contre-attaquer. Il avait eu de la chance car la moindre coupure aurait pu lui être fatale à cause du poison.

Il recula en adressant un regard à l'affranchi qui le lui rendit. Visiblement, il en avait assez vu pour jauger la femme et ne souhaitait pas d'effusion de sang en ces lieux. Le gardien se recula davantage, gardant ses armes à la main au cas où la femme chercherait de nouveau le conflit. Mais Hrist n'était pas sotte, elle s'inclina doucement, saluant poliment l'homme de son combat bien que court où il avait néanmoins évité un assaut mortel qui aurait coûté la vie à beaucoup d'hommes.

L'Affranchi lui demanda quel intérêt aurait-il à devenir ami avec elle. Question lourde de sens en définitive, que voulait-elle exactement ? Ce qu'elle attendait d'eux et ce qu'elle pouvait offrir en échange.

La jeune femme rangea la Vieille Rengaine doucement, préparant sa réponse et pour cela, il valait mieux dire la vérité et ne point se jouer du monde comme le faisait Cromax, croyant pouvoir berner la terre entière.

" Comme je le disais, je viens d'un autre monde. La Reine des Sylphes a fait mander des aventuriers de Yuimen, mon monde, afin d'enquêter de façon neutre sur un mal qui tiraille le votre. Cependant, ma mission est un rien plus compliquée que ça. Je suis une Murène d'Omyre, une des plus redoutables Castes d'Assassins et aussi le bras droit de Xenair, Général de l'armée d'Omyre et de la Reine Noire Oaxaca. "

Elle s'avança de quelques pas, remontant sa manche pour lui dévoiler le tatouage magique de Serpent et de la Murène.
" Notre monde est encore peuplé par de nombreux croyants, il y a de nombreuses divinités et des magiciens, des gens qui arrivent à faire des flammes capable de fondre l'acier ou d'autre de projeter des souffles glacés capables de fendre même le coeur des pierres. Mon Maître, Xenair veut que je porte soutien à un aventurier ici, lui même Général de l'armée d'Oaxaca afin que nous puissions établir une solide entente entre les villes de ce monde et du notre. "

Elle remonta ses manches et se tourna vers les gardes, observant chacun d'eux.
" Je sais qu'il y a des choses que vous ignorez, et il est des choses que je ne connais pas non plus mais une entente entre les Murènes et les Mâchefers serait profitable lorsque cet accord sera entendu. J'ai des quartiers dans chaque ville importante, l'accès à la magie, aux réseau d'espions et d'assassins expérimentés... " Elle s'arrêta un court instant, portant un petit sourire amusé car en fin de compte, elle ajouta :
" Ce qui nous fait d'ailleurs un point commun. "

Puis, plus grave elle continua, observant cette fois l'Affranchi.
" Mon supérieur et moi n'avons pas les mêmes méthodes, je répugne à dire que je suis sous sa responsabilité, mais c'est le cas et je vais m'en accommoder, il se passe des choses ici qui dépassent mon entendement et le votre alors je resterai à ma place. Il offre d'aider les légitimes héritiers à rejoindre le trône et pour ce faire, je dois tuer Léodos pour éviter qu'une guerre civile n'éclate et ainsi que nous puissions enfin nous concentrer sur notre objectif principal, savoir pourquoi votre monde dépérit. "

Hrist se pencha davantage comme si elle allait le murmurer à l'Affranchi et dit :
" Et puis... Je commence à manquer sérieusement de temps, cette rencontre m'a retardé et si je le tue, vous n'auriez rien à vous reprocher en cette action, toutefois si vous m'aidez à le tuer, vous pourriez aussi en recevoir le crédit puisque je me dois de le faire sous le couvert d'une extrême discrétion et d'un anonymat certain puisque je suis logée au Palais Royal. "

Hrist se redressa et tourna le dos à cet homme pour lui laisser le temps de formuler une réponse, même si elle ne doutait pas qu'il la connaissait déjà. Elle s'avança de Calech qui n'avait pas quitté les lieux et lui tendit quelques pièces qu'elle tira de sa bourse comme pour le remercier de cette rencontrer, de toutes façons, Hrist le savait bien, ce qui allait suivre ne le concernerait probablement plus.
Elle se retourna vers l'Affranchi, attendant son point de vue.

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823 mots

_________________
La petite ombre de la Mort à Elysian.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
Au milieu des cercueils,
Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


Némésis d'Heartless


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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Mar 31 Jan 2017 17:21 
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Mais rien ne vient m’interrompre, ni rencontre subite, ni téléportation inattendue, ni arrivée impromptue d’une Hrist encolérée. Je soupire d’aise en m’allongeant sur le grand lit défait de nos frasques de ce matin. Ou de la veille ? Je ne parviens plus à le déterminer. Il s’est passé tant de choses depuis cette entrevue avec la tueuse, et cette fameuse bataille de polochons. J’ai du mal à tout replacer dans l’ordre. Ce que je sais, fermant les yeux en soufflant pour mieux profiter de cet état de confort retrouvé, c’est que j’ai bien œuvré, aujourd’hui. Tous mes plans se sont révélés efficaces, et l’alliance née autour de deux des prétendants au trône autour d’une troisième inattendue est foncièrement scellée, grâce à mon intervention. Je sais l’avoir joué humble en ne réagissant pas aux propos flatteurs d’Insilbêth, mais je suis conscient de mon implication fondamentale dans tout l’avenir de la Cour et de la Royauté d’Illyria. J’ai convaincu le Roi Coryphème, Hascan et Camiran du bienfondé de la succession féminine au trône. J’ai trouvé des sorties honorable au futur Conseiller de la Reine, et au futur ambassadeur d’Elysian sur Yuimen. Qu’ont fait mes pairs, pendant que j’œuvrais ici dans le palais, pour Illyria ? Kerenn, isolé ; Faëlis, disparu de la circulation depuis que Hrist l’a entrevu ; Hrist elle-même, et sa mission meurtrière ; cette lutine dont m’a parlé Aaria’Weïla ; et tous les autres parcourant ces terres ? Ont-ils été aussi efficaces ? Il me tarde d’avoir de leurs nouvelles, d’en apprendre plus sur ce qu’ils ont fait.

Mais pour l’heure, j’aspire au repos. Non cette maudite méditation qui est certes suffisante pour recouvrer mes forces, mais un vrai somme, tout humain, abandonné dans les limbes des rêves et de l’inconscience. Cette nuit, je compte bien en profiter, et ne tarde d’ailleurs pas à choir dans un profond sommeil, dont je ne suis tiré, non sans brusquerie, que le lendemain matin, alors que l’aube pointe ses lueurs éthérées. Et pas par n’importe quel moyen : un véritable carillon sonne sur Illyria. M’étirant tel un chat sortant d’une sieste confortable, je me lève et me déplace vers la source lumineuse de la pièce, cette fenêtre donnant sur un balcon, où un radieux soleil projette son apaisante et vive lumière.

Le beau temps dénote avec l’ambiance de la cité qui s’étend sous mes yeux : là où la vie prenait son cours avec un fourmillement nerveux la veille, tout semble à la fois calme et tendu, sous les tintements frénétiques du bronze.

Cloche d’alerte ou de célébration, je ne tarde pas à l’apprendre, lorsqu’un serviteur du palais débarque dans ma chambre, arborant une expression dont il ne sut se défaire de la panique et du malaise. Ses mots furent brefs, mais signifiaient tout :

« Le Roi est mort. Vive la Reine. »

J’accuse le choc, atterré par la nouvelle. Très vite, de folles pensées s’emballent dans mon esprit, partant dans tous les sens. Je ne peux me permettre d’y prêter attention. Je dois rester pragmatique sur la situation. Sans doute pas un meurtre. La journée de la veille a été éprouvante pour lui, un voyage libérateur, une décision difficile à prendre, une longue soirée de pression et de stress… Il est normal qu’il n’ait pas passé la nuit. Qu’il repose en paix, ce bon souverain que nombreux avaient déjà enterré, et qui s’est finalement réveillé une bonne fois avant de partir, sous mon injonction. Je reprends ma respiration, me forçant au calme. S’il annonce que la Reine est nommée, c’est que la nouvelle de l’édit royal a déjà fait le tour du palais. Serviteurs, nobles et invités sont au courant, et bientôt toute la cité saura qui est leur nouveau souverain : Insilbêth première du nom, première femme à accéder au pouvoir en ces terres. Là encore, je souffle pour évacuer le stress montant. Avant qu’il ne s’en aille, j’adresse la parole au serviteur :

« Où est la Reine ? Où est Insilbêth. Je dois la voir. »

Il m’indique qu’elle se trouve dans son bureau. J’acquiesce sans un mot pour le libérer : je sais où cette pièce se trouve, pour y avoir été reçu la veille. Nouveau soupir. Je me prépare hâtivement, passant mon visage à l’eau dans la salle des ablutions de ma chambrée, et préfère enfiler aujourd’hui mes habits d’aventurier, mon armure somme toute élégante, pour me présenter face à la Reine. La journée sera dangereuse pour tous, aujourd’hui, aussi préféré-je m’y préparer au mieux. Toujours nichée dans mon corps, dans ma chair, partageant celle-ci de ses pouvoirs faeriques, Lysis m’enjoint à me hâter. Mais alors que je finis de me préparer, et que mes pas me rapprochent, à travers les couloirs du palais, vers le bureau de sa majesté, je sens le médaillon qui pend à mon cou vibrer. Le pendant d’Uraj. Et alors que je m’en saisis, une vois apparait dans mon esprit, que je reconnaitrais entre mille.

(Kerenn…)

Ce qu’il annonce, en des termes pressés et hachés, n’est pas pour me plaire. Pas du tout du tout. Si je n’avais été au courant de la situation politique de ce monde, j’aurais même pu douter de ses affirmations. Pourtant, là, je sais qu’elles sont vraies : Arden, la cité qui aurait pu être l’alliée d’Illyria, est tombée aux mains de la redoutée coalition entre Valmarin et Sihle. J’ai échoué. Je n’ai pas été assez rapide pour gérer Valmarin et l’interdire d’entrer en guerre, via mon contact avec son prince. Rageur, je frappe de mon poing un mur du palais, serrant les dents sous la colère. Il affirme également que la Reine de la cité a été assassinée. Il précise, cependant, que la situation politique de Sihle est instable, et qu’il œuvre là-bas pour… Réincarner une déesse ? Quelle folie lui prend-il, pour penser que c’est à cette heure la bonne solution ? Qui est cette déesse, Shill, qu’il veut ramener sur ces landes ? Je décide, pour le coup, de lui faire confiance. Il indique, pour conclure son message, qu’il me tiendra au courant grâce aux pendants d’Uraj. Apparemment, Yuralria a terminé d’étudier les capacités de cet objet magique décidément fort puissant, tel que me l’avait annoncé la Reine des Sylphes. Et si je ne sais comment les utiliser en ce sens, je sais désormais qu’il est possible d’envoyer des messages avec. Ce qui est une très bonne chose. Nous allons enfin pouvoir nous coordonner, communiquer nos avancées.

Je lui répondrais bien en indiquant la présente situation à Illyria, mais j’ignore comment m’y prendre, et mes pas m’ont amené devant le bureau d’Insilbêth. J’aviserai plus tard pour lui prévenir. Quand j’aurai eu plus d’informations sur ce qui s’est passé cette nuit. Je n’ai pu m’empêcher, parcourant les couloirs du palais, de remarquer une présence bien plus nombreuse été accrue de gardes que les jours précédents. Un branle-bas de combat qui n’annonce rien de bon. Tous sont sur le qui-vive. Les menaces de Leodos sont-elles déjà tombées ? La coalition des connards de la noblesse locale a-t-elle dévoilé son odieux visage ? Ceux qui glisseront bientôt le long de mes lames s’ils ne cèdent pas à la diplomatie pacifique. L’on m’ouvre la porte, et je peux apercevoir dans l’office la nouvelle Reine, have, les traits tirés et bien plus pâles qu’à l’accoutumée, mais préservant ce regard acéré et combattif. Elle ne ploiera pas face au chagrin qui doit l’accabler. Elle est Reine, désormais. Je ne suis pas surpris de voir à son côté Hascan, son beau-frère et conseiller.

Je ferme derrière moi la porte du bureau, et me dirige vers le duo, la mine grave.

« Majesté, Ser Hascan. »

Je les gratifie d’un bref salut, trop peu guindé, sans doute, mais qu’importe.

« Je vous présente mes plus sincères condoléances pour le décès du Roi Coryphème. Je vous promets que j’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour que ses derniers instants soient à nul autre pareil. Je garderai de lui cette image d’un vieillard au regard illuminé de l’émerveillement d’un enfant, face au spectacle de ce pour quoi il s’est battu toute sa vie. »

Je baisse un instant les yeux, en signe de recueillement, mais les relève aussitôt, les plantant avec intensité dans le regard de la Reine.

« Mais de graves nouvelles m’amènent. J’ai appris de source sûre qu’Arden, la cité à laquelle vous souhaitiez vous allier, est tombée sous le joug d’une alliance martiale entre Valmarin et Sihle. Sa Reine aurait été assassinée. Je vais devoir me rendre au plus vite à Valmarin pour faire cesser cette folie, grâce aux contacts que j’ai là-bas. Je ferai mon possible pour faire stopper cette guerre avant qu’elle ne puisse atteindre Illyria. Par la voie de la diplomatie, ou s’il le faut par le feu de mon être, les lames et le sang. Leurs armées n’atteindront pas vos portes indemnes. »

Je suis conscient de la brusquerie de la nouvelle, et du fait qu’elle soit malvenue, en ce jour. Mais l’urgence est réelle, et je ne pouvais laisser telle information traîner. Je poursuis, ferme et droit, volontaire et sévère.

« Mais avant de partir, je me dois de respecter ma promesse : comment est la situation à Illyria ? L’annonce de votre succession a-t-elle été réalisée ? Des soulèvements sont-ils à apaiser au sein de la noblesse ou du peuple ? Je ne quitterai pas la cité sans votre autorisation, ni l’assurance de ne pas vous laisser seule face à une situation insoluble. »

Et je la regarde, fier, sûr de moi, attendant sa réponse.

Si d’abord, elle me précise qu’elle n’est pas encore Reine et qu’elle ne mérite pas que je l’appelle pour l’heure par ce titre avec un sourire un peu triste, elle n’en acquiesce pas moins sincèrement aux condoléances que je lui présente. Elle va même plus loin, précisant que si je ne l’ai que peu connu, j’ai su, en peu de temps, considérablement changer le Roi Coryphème, le rendant à lui-même, même si ça n’a été que pour quelques heures. Alors qu’elle me remercie, je la salue en silence, sent la gêne me monter aux joues sous le compliment. Mais je ne commente guère, car le sujet redevient sérieux, quand elle aborde non sans avoir été au préalable surprise, la chute d’Arden. Ni elle ni son frère, au vu de leur sursaut et de la panique subite dans leurs yeux, ne sont au courant de ce qui s’est passé : je suis bien le premier à leur en parler. Je ne me ferai pas chantre de l’information, en divulguant cette information au reste d’Illyria : ils sauront le faire pour moi le moment venu. Et qui sait, pourquoi pas s’en servir comme moyen de pression pour apaiser les foules soulevées par les nobles misogynes et frustrés.

Insilbêth affirme que la chute d’Arden met directement en péril Illyria, surtout si une guerre civile éclate aux suites de la succession litigieuse au trône royal. Ils ne sauront pas faire face à l’union de ces trois cités, quand bien même la troisième y aurait été embarquée de force. Un allié de moins pour Illyria, dans une période bien trouble. Aussi m’encourage-t-elle de me rendre prestement à Valmarin, sans attendre, afin que je puisse faire tout ce qui est en mon pouvoir pour ramener la paix. Ou en tout cas éviter la guerre, la retarder, la tuer dans l’œuf. Afin de me montrer sa motivation dans mon projet, elle me propose même un navire sur lequel je pourrais voyager. Je rétorque, avec un sourire mystérieux :

« Grande Dame, je ne vous referai pas le discours de mes premières erreurs d’étiquette, prophétiques, à votre égard. Mais plus que quiconque vous méritez ce titre. Ne laissez personne vous convaincre du contraire. »

Puis, plus sérieusement :

« Je ne vous départirai d’aucune troupe ou d’aucun navire, Dame. Vous en aurez besoin ici si la guerre civile éclate. Et j’ai mes propres moyens de voyager… Je me rendrai donc au plus vite à Valmarin pour couper court à cette guerre et alliance, tuant les deux dans l’œuf aussi vite que je puis le faire. Soyez assurée que d’autres œuvrent dans le même but, en ce monde. »

Elle opine sentencieusement du chef, non sans avoir esquissé un petit sourire au rappel de notre première rencontre, et poursuit sur l’annonce de la succession, dont elle dit qu’elle a été faite ce matin à la Cour avant le décès du Roi. Comme prévu la veille, lors de notre repas commun, certains ont crié au scandale, appelant aux dernières volontés d’un fou pour renverser l’édit promulgué, mais sans qu’aucun ne soit particulièrement visé comme le meneur de la bande. Beaucoup sont apparus comme indécis sur la question. Beaucoup qui pourraient crouler sous le poids politique du Seigneur d’Hyst ou du Baron Leodos. Je serre les mâchoires, ne sachant pas si Hrist a pu mettre son assassinat à l’œuvre. Je dois pourtant m’en assurer… Ou lui faire confiance ? Sombre, mais innocemment, je rétorque :
« Le Seigneur Leodos est-il à la Cour, en ce moment ? Avez-vous pu déterminer sa réaction à la succession ? Sera-t-il un danger, dans ceux qui pourraient vous accabler ? »

Sans hésiter, elle m’indique qu’elle ignore où il peut bien se trouver, désignant son manoir, sa résidence à Illyria, comme l’endroit le plus probable. Elle le suspecte de rassembler des partisans, sans avoir de vraies nouvelles de lui, bien qu’elle le décrive comme un danger évident pour la suite des événements. Je fronce les sourcils. Aucune nouvelle d’un assassinat, d’une mort prématurée. Soit Hrist a été foncièrement discrète, soit elle n’a pas encore œuvré, et Leodos reste un danger. Mais je ne peux mêler la future Reine ou son Conseiller à ces détails macabres : j’acquiesce donc, avant de conclure :

« Si d'aventure mon épouse reviendrait ici pour quérir de mes nouvelles, dites-lui qu'elle me trouvera à Valmarin. Elle saura quoi faire. Je prends congé de vous, Dame, Ser, avec la promesse de revenir au plus vite, porteur des meilleures nouvelles. »

Insilbêth me remercie encore, assurant que je n’aurais qu’à demander si je voulais quelque chose de leur part. Le temps viendra pour les demandes. Une alliance avec les élémentaires, un soutien indéfectible dans la recherche de l’origine du drainage et sa destruction. Mais pour l’heure, ils ont fort à faire. Sans un mot, je salue le duo et me tourne vers la porte pour quitter la pièce. Mais alors que je m’en approche, la voix d’Hascan, proche, intime, me parvient. Il s’est approché de moi pour murmurer, subrepticement :

« Ce que vous avez fait avec mon père, est... je n'ai pas de mot pour le dire, mais je ne saurais vous en être assez reconnaissant. Vous avez réconcilié une famille sur un lit de mort, en plus d'avoir permis à un mourant de mourir le cœur apaisé. »

Avant de m’assurer que je n’aurais qu’à demander pour qu’il me concède ce que je souhaite. Je me tourne une dernière fois vers lui, posant une main amicale sur son épaule, le regardant dans les yeux avec une volonté indéfectible.

« Faites juste en sorte qu’Illyria ne sombre pas. C’est ma seule demande, pour l’heure. »

Et après un regard entendu, je tourne les talons et passe la porte, qui est refermée par les gardes derrière moi. Je fais rapidement le chemin de retour vers ma chambre, où il me faudra décider de ma destination future : le manoir de Leodos ? Valmarin ? L’urgence me dicte de me rendre au plus vite dans la cité du Prince Valérian pour faire taire à jamais ces rumeurs de guerre, et briser l’alliance malsaine qu’ils ont menée avec Sihle, mais un doute persiste, concernant l’avenir de Leodos. Et si Hrist avait échoué ? Si elle s’était perdue ? Si elle ne s’était pas montré à la hauteur, ou avait trahi mes plans ?

Tout dans ma réflexion, je croise un serviteur affairé, auquel je demande, sans conviction de connaître ma destination, où se situe le Manoir de Leodos. Il me l’indique grossièrement, bien assez pour que je puisse le retrouver, et je le remercie avant de pénétrer dans ma chambre, fermant la porte derrière moi et me saisissant de toutes mes affaires restantes : sac, bourse et tout le reste. Puis, m’approchant de la fenêtre, je soupire. Le choix est nécessaire, maintenant…

Et je choisis la confiance. Je choisis la foi en mes comparses, en mes pairs aventuriers. Eux aussi ont droit à leur heure de gloire en ce monde, fut-elle macabre. Aussi prends-je l'apparence d'un rapace, d'un aigle majestueux, et m'envolé-je vers la cité lointaine de Valmarin, aussi vite que je le puis. Aussi prestement qu'il m'a été donné de le faire. Là-bas, à vue de la cité, mais sans qu'on puisse me voir, je reprendrai ma forme elfique. Celle sous laquelle le prince de cette cité m'a connu, et me reconnaîtra. Et j'avancerai vers les portes d'un pas décidé, demandant sans hésiter à voir le Prince Valérian, qui m'y attend.



[2843 mots]

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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Jeu 2 Fév 2017 23:09 
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Dans la ruelle sombre au pavage délabré, zébré et cassé à plusieurs endroits par le passage fréquent des caravanes et autres charrettes transposant leurs précieuses cargaisons, de nouveau alors qu'il faisait face aux voleurs, la puanteur de la cité humaine irritait son odorat et ne lui rappelait que trop bien les épreuves qu'il avait endurées à Tulorim, rejeté par les humains par sa différence physique, renié par les siens qui lui avaient imputé la mort de sa femme. Sa dague sortie dont le pommeau stylisé représentait le torse d'une femme, peut-être de la divinité dont il avait entendu la voix à plusieurs reprises. Alors que sa lame brillait un court instant, elle finit par arrêter de luire, son ki refluant dans son corps tel un escargot se repliant au fond de sa coquille.

Les brigands, cependant eurent un hoquet de stupeur lorsqu'ils découvrirent sa nature elfique et évidemment le muutos qu'il avait activé, permettant au futur roi d'Arden de se défaire de leur emprise. Un roi qui ne savait même pas se défendre contre de simples voleurs méritait-il le trône, méritait-il d'avoir autant de pouvoirs sur ses sujets et avait-il le droit d'avoir un quelconque impact sur le destin de ce monde ? Mastriani s'était figé lorsque le roi Ashmane a assassiné sa mère, il n'avait rien fait pour l'éviter et encore moins pour la venger, de ce fait Earnar ne comprenait pas du tout cet humain ni ne l'estimait. Dans sa position, comment pouvait-il alors lui confier de précieuses informations s'il continuait à traiter celui qui l'avait tiré des griffes du roi de Valmarin comme n'importe lequel de ses sujets. Aurait-il dû sauver le général à la place ?

En vérité, Earnar songea que s'il se moquait du sort de l'héritier, c'était peut-être parce qu'il n'était qu'une mission parmi d'autres, il n'était qu'un contrat signé par l'assassin et n'avait pas vraiment de lien avec cet humain ou les autres. Les Aigails, ses frères et sœurs earions de la cité d'Elivagar lui manquaient atrocement. Son cœur était aussi sec à présent que ses écailles.

Les cloches se mirent soudain à sonner, ce qui le ramena du pays des songes et firent hésiter les malandrins qui regardèrent en direction du palais tout comme les badauds. Earnar ne comprenait pas, ce n'était que le son d'une cloche, il n'y avait rien d'alarmant sauf si Illyria était déjà attaquée par la coalition ennemie.

- Hé! Revenez ici, je n'en ai pas fini ! s'écria l'elfe bleu à ses poursuivants qui détalaient comme des lapins.

Mastriani intervint brutalement, son regard assombri et luisant d'inquiétudes en annonçant que le Roi d'Illyria était mort et qu'il leur fallait rejoindre le palais pour éviter une guerre civile.

- Je... (M'en moque éperdument, aurait-il voulu dire). Je vous suis jusqu'au Palais, je vous donnerai les précieuses informations avant mon départ de ce trou à rat.

Abaissant sa capuche, désactivant son muutos, reprenant la bourse qu'il leur avait lancé pour les distraire et rengainant sa dague, il s'élança à côté de Mastriani, bousculant les passants aux alentours pour se frayer un chemin jusqu'au palais afin d'éviter ce qui s'annonçait être un massacre public.

((569 mots))

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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Ven 3 Fév 2017 04:36 
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Mes doigts lâchent la corde et la flèche part à toute vitesse, se plantant à l'endroit exact où j'ai visé. C'est à dire à quelques centimètres du centre. Leodos ricane, certainement heureux que je me montre moins douée que lui, je suppose, à l'arc. Sans se douter, évidemment, que j'aurais pu atteindre ce centre avec certainement bien plus de facilité que lui. Je réprime un rictus à mon tour alors qu'il s'approche de moi pour soi-disant me conseiller. Il ajuste ma posture en se collant sans aucune gêne à moi alors que je tente de ne pas montrer mon agacement. Il ne semble pas pouvoir s'empêcher de me toucher, de me caresser, comme si je n'étais que l'une de ses très certainement nombreuses conquêtes. Il vient approcher son visage de mon oreille, soufflant doucement dans celle-ci. Mes muscles se crispent alors que je le sens profiter une fois de plus de la situation.

Mais soudain les cloches sonnent. Est-ce déjà la mi-journée ? Cet événement semble accaparer l'attention de mon hôte, qui lâche l'une de mes mains pour tenir mon épaule alors que sa tête se tourne vers un imposant bâtiment, certainement le palais. Et, après un léger silence, il murmure une phrase qui me glace le sang. « Le Roi est mort ». Quoi, déjà ?! Il est à l'agonie depuis des mois et à peine arrive-t-on qu'il se laisse mourir, alors que je n'ai pas encore eu le temps de mettre en œuvre le moindre plan ? D'autant que l'autre déclare d'un ton morbide qu'« ils », quels qu'ils soient, vont pouvoir commencer, me prouvant l'urgence soudaine de la situation. Si Leodos est certain d'être couronné Roi, alors à peine entendrait-il la mort de celui-ci qu'il courrait jusqu'au palais pour officialiser tout cela, pensé-je.

Doucement, ma main droite détend la corde de mon arc avant de la lâcher, pour attraper le poignard ornementé que j'ai à la ceinture. Il n'est pas particulièrement tranchant, mais une jugulaire tranchée nécessite rarement une arme de première main. Je dois le tuer. Pour éviter une guerre à Ilmatar. A Aaria'Weïla. Pour éviter un massacre des sylphes, ces créatures dont l'équilibre est le seul but. J'utiliserai le pendant d'Uraj pour m'enfuir avec Syrah, mais avant cela je dois mettre fin aux jours de ce dément. Alors que j'empoigne le manche de mon arme d'appoint, je lève les yeux vers Leodos pour bien cibler son cou.

Mais ce n'est pas tout. Je n'ai pas droit à l'erreur. Il est bien plus fort que moi et je suis affaiblie par ma jambe. Peut-être que Syrah pourrait me sortir d'un mauvais pas, mais je ne la connais que trop peu, tant ses capacités que sa loyauté. Autant dire qu'il ne vaut mieux pas avoir besoin d'elle. Alors j'utilise mon nouvel atout pour mettre toutes les chances de mon côté. Mon esprit vagabonde à l'intérieur de mes sens, de mon esprit, pour trouver mes fluides, si sombres, noirs. Je dois frapper fort. Que si la précision fait défaut à ma main, mon arme se plante avec violence là où elle touchera, pour l'handicaper si cela ne le tue pas. Alors je transforme cette source d'énergie étrange, la modifiant comme me l'a appris Iyaroak. Elle change au gré de mes envies, prenant la forme que je désire, mais le plus difficile reste de lui donner une intention, un but. Si je ne fais que la transformer physiquement, rien d'autre qu'une forme étrange en sortira, dénuée de toute propriété magique, quoique potentiellement dangereuse tout de même. D'autant que la forme, cette fois, est on ne peut plus simple : j'imagine un courant magique qui vient intensifier la force de mes muscles, se canalisant essentiellement dans mon bras pour me permettre de lancer mon poignard de toutes mes forces. Un courant qui puisera dans mes fluides et, très certainement, dans mon énergie vitale, si je veux avoir la force nécessaire pour transpercer son armure en cas de mauvaise visée. Puis je donne l'intention. La force. La puissance à l'état brut, pour gonfler l'efficacité de mes muscles, les pousser dans leurs derniers retranchements et donner l'intégralité de leur potentiel. Puis, à la même seconde, sans prendre le temps d'en attendre les effets, je vise son cou et y envoie mon poignard de toutes mes forces, frappant pour tuer.


(((Environ 700 mots. Tentative d'apprentissage du sort "Force obscure : Vous sacrifiez un peu de votre énergie vitale pour attaquer plus fort (-1PV/lvl, for+3/lvl). Le gain de force dure lvl/2 tours." Désolé pour le retard.)))

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Merci à Dame Itsvara pour la signature


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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Ven 3 Fév 2017 19:34 
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Illyria – Antre de la Gardienne de Nuit

    La Gardienne des Plaisirs regarda la lutine se présenter avec intérêt.

    - Il s’en passe, des choses étranges en ce moment, murmura la femme qui trônait sur son siège. D’abord une envoyée des élémentaires vient à moi, et à présent une créature d’Ætelrhyt pointe le bout de son nez pour me parler d’étranges phénomènes.

    Elle marqua un temps de pause, méditative, avant de poursuivre.

    - J’ai en effet mis quelques oiseaux sur cette affaire qui me paraît des plus étranges, mais jusqu’à présent j’ai vu plus de questions que de réponses soulevées.

    La Gardienne de Nuit pencha la tête sur le côté, faisant miroiter ses boucles à la lumière des lampes. Elle était manifestement curieuse et cherchait à comprendre.

    - Qu’est-ce qui amène une créature comme vous – une lutine, si je ne m’abuse ? – à venir s’intéresser aux problèmes d’Illyria ? A quoi seraient-ils dû, selon vous ?

    Elle se tourna vers Frouillot.

    - Frouillot, mon chou, tu veux bien aller chercher de quoi se rafraîchir et prendre une chaise à ton tour ?

    Le vieil homme acquiesça sans mot dire et s’en alla quelques secondes hors de la pièce avant de revenir avec un plateau de fruits secs et de biscuits qu’il posa devant la lutine avec un thé. Il avait manifestement pris le récipient le plus petit pour que la lutine puisse boire, mais il était tout de même trop grand pour qu’elle puisse s’en servir correctement. Frouillot prit une chaise et s’assit à son tour.

    C’est à ce moment que les cloches se mirent à sonner. Le son venait de l’extérieur de la ville, il était impressionnant, lourd et grave, emplissant l’air d’une ambiance sombre. Le visage de la Gardienne de Nuit et de l’Alchimiste se durcirent soudain.

    - Le Roi est mort, déclara la Maîtresse des Plaisirs. Le jeu d’échec commence pour de vrai.

    A ce moment, le Pendant d’Uraj se mit à bourdonner, à vibrer tandis que la voix de Yuralria, l’Ambassadrice Ishtar, lui parvenait aux oreilles.

    « Possibilité de communiquer par Pendant Uraj. Une seule personne à la fois. Message court. Usage limité. Soumis à interférences. Usage : penser à la personne et penser le message. »

    Soudain, de nulle part, Leykhsa et une jeune fille en fin d’adolescence apparurent de nulle part. Elle avait des cheveux courts, noir et des yeux de la même couleur sur une peau pâle. Elle était vêtue de nuances de gris sombre et possédait deux poignards à son côté. Les yeux de la fille étaient écarquillés de panique et elle regardait Leykhsa, horrifiée, avant de s’écarter brutalement d’elle.

    Image


    Leykhsa, elle, pu aviser de la Gardienne de Nuit assise sur son trône avec, en face d’elle, Frouillot et Guasina, tous trois sirotant un thé avec des gâteaux.

    - Ça alors… murmura la Maîtresse des Plaisirs en haussant un sourcil.


Illyria – Chez l’Affranchi

    Un long, très long silence accueillit les propos de Hrist. L’Affranchi la regardait dans les yeux sans ciller un instant tandis que ses hommes se lançaient des regards incertains, se demandant manifestement quel crédit accorder à la femme. Alors qu’il s’apprêtait à ouvrir la bouche, une nouvelle personne fit irruption dans la pièce et s’approcha de l’Affranchi sans accorder le moindre regard à Hrist ou aux autres personnes présentes. Il s’agissait d’un homme, pour autant qu’elle puisse en juger, mais son visage était masqué. Il s’approcha suffisamment du Gardien de Jour pour se pencher à son oreille et murmurer quelques mots. Un très bref choc suivit d’une lueur amusée perça dans le regard de l’homme qui reporta son attention sur Hrist en disant :

    - Je ne parviens pas à déterminer si tu es bien celle que tu dis. La magie n’existe pas sur Elysian, pas plus que je n’ai entendu parlé d’autres mondes. Je crois qu’il va me falloir un peu plus de preuves que deux simples tatouages. Ta proposition reste néanmoins… Alléchante.

    Il fit une pause avant de poursuivre, un demi-sourire accroché au visage.

    - On vient cependant de m’annoncer deux nouvelles d’intérêt indéniable. Il semblerait que quelqu’un vous ait damé le pion, le Baron Leodos est mort, il a été assassiné. Le Roi est également mort et nous aurions… une Reine, dès qu’elle sera couronnée du moins. Si elle l’est seulement un jour car la guerre civile se prépare. La Princesse Insilbêth aurait pris du galon en peu de temps, je me demande ce qui est arrivé à son vieux père. Décidément, il n’y a rien pour que je m’ennuie…

    A ce moment, le Pendant d’Uraj se mit à bourdonner doucement contre Hrist et une voix lui parvint.

    « Possibilité de communiquer par Pendant Uraj. Une seule personne à la fois. Message court. Usage limité. Soumis à interférences. Usage : penser à la personne et penser le message. »


Illyria – Le Palais

Pour Earnar

    Les deux hommes parvinrent au Palais d’Illyria, qui semblait être emplis d’une cohue sans nom. Des gardes armés parcouraient les couloirs et les regardèrent entrer avec une méfiance manifeste. Peut-être était-ce leurs habits ou quelque chose dans leur regard, toujours est-il qu’ils purent pénétrer dans le couloir principal du palais, menant manifestement à la salle du trône. Ce n’est que là qu’ils furent arrêté par un garde qui leur bloqua le passage en leur disant que le reste du palais était fermé par décision de la Régente.

    Mastriani fit alors un pas en avant et dit au garde d’une voix donc les inflexions dures s’approchaient soudain de celles de sa mère.

    - Je suis le Prince Mastriani d’Arden et je demande en urgence une entrevue avec la Régente.

    L’homme hocha la tête, martial et professionnel et leur demanda de patienter quelques minutes et disparut dans un couloir.

    Durant cette attente, le Pendant d’Uraj d’Earnar se mit à vibrer et une voix parla dans son esprit, une voix qu’il reconnut comme étant celle de Yuralria, l’Ambassadrice Ishtar.

    « Possibilité de communiquer par Pendant Uraj. Une seule personne à la fois. Message court. Usage limité. Soumis à interférences. Usage : penser à la personne et penser le message. »

    Peu après, le garde revint avec ce qui semblait être le Chambellan, un homme savamment apprêté et guindé qui leur demanda de le suivre. Au lieu de les mener à la salle du trône, il les mena jusqu’à un grand bureau. Celui-ci, s’il était décoré de beaux meubles et dans des teintes brunes, n’en restait pas moins pratique. Sur un grand bureau, entourée de paperasse, se trouvait une femme. La Régente venant tout juste de dépasser la trentaine d’années et était vêtue d’une robe satinée noire. Elle tenait entre ses mains une plume qu’elle laissa de côté à leur entrée et se leva pour venir à leur rencontre, ce qui leur permit de voir qu’elle avait les traits tirés et le visage pâle. Néanmoins, elle se tenait avec toute l’autorité et la grâce de sa fonction de Régente de la Cité-Etat la plus influente d’Elysian.

    Image


    Les deux gardes en faction à l’extérieur entrèrent et se placèrent de part et d’autre de la porte.

    - Votre Altesse, mes condoléances, j’ai entendu les cloches… commença Mastriani. Un héritier a-t-il été nommé ?

    Manifestement, les deux membres de la royauté s’étaient déjà croisés et se connaissaient au moins de vue.

    - Prince Mastriani, mes plus sincères condoléances également, la nouvelle du décès de votre mère la Reine vient tout juste de nous parvenir, de même que la prise d’Arden par les rois Bellangern et Ashmane, bien que nous ne possédions aucun détail. Je crains que la situation ici ne soit critique également, le Roi Coryphème, mon père, est mort cette nuit dans son sommeil, non sans m’avoir nommée héritière. La situation risque d’être dangereuse au palais et je crains que vous ne vous mettiez en danger en restant ici.

    Son regard se posa alors sur Earnar.

- Messire, à qui ai-je l’honneur ?


Illyria – Manoir de Leodos


    Le poignard s’enfonça dans le cou de Leodos qui poussa un cri, ou du moins le tenta-t-il car de ses lèvres ne s’échappa qu’un râle douloureux. Il lança à Leykhsa un regard interloqué, comme s’il ne parvenait pas à comprendre ce qui lui arrivait ou qu’une femme puisse en être la cause. Il s’effondra doucement, lentement sur le sol. Syrah, instantanément, fut aux côtés de Leykhsa alors que le corps touchait à peine le sol.

    - Vite, on doit fuir, les gardes vont pas tarder à rappliquer !

    A ce moment le Pendant d’Uraj se mit à bourdonner autour du cou de Leykhsa et la voix de Yuralria parvint dans son esprit.

    « Possibilité de communiquer par Pendant Uraj. Une seule personne à la fois. Message court. Usage limité. Soumis à interférences. Usage : penser à la personne et penser le message. »

[Indique moi ce que tu comptes faire et je poursuivrais ta màj.]


[Guasina – xp : 0,5 (introspection), 0,5 (présentation), 0,5 (longueur) ;
Cromax – xp : 0,5 (introspection), 0,5 (discussion), 0,5 (Valmarin), 1,5 (longueur) ;
Hrist – xp : 0,5 (discussion), 0,5 (longueur) ;
Earnar – xp : 0,5 (introspection), 0,5 (palais) 0,5 (longueur)
Leyhksa – xp : 0,5 (introspection), 0,5 (apprentissage), 1,5 (meurtre de Leodos), 0,5 longueur)]


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 Sujet du message: Re: Illyria - Cité des Hommes
MessagePosté: Ven 10 Fév 2017 07:07 
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Localisation: Derrière Cromax
L'homme ne dit rien. Un long moment, leurs regards se heurtèrent tandis que les hommes autour d'eux, ses gardes, s'échangeaient quelques œillades étonnées et observaient l'Homme et la Femme à la dérobée. Personne ne brisa le silence, personne dans la pièce du moins, car celle-ci accueilli un nouveau visiteur qui, comme une ombre, glissa jusqu'à l'Affranchi et se pencha pour lui parler en secret. Probablement un espion, l'homme au visage dissimulé parlait si bas que ses mots ne brisèrent pas le silence qui régnait en ces lieux.

Hrist se demandait bien ce qu'ils pouvaient se dire. En d'autres circonstances elle aurait bien utilisé Cèles mais en ce monde qui fuyait la magie comme on perd son sang, la précieuse Faera était mieux confortablement cachée des les bracelets de l'Ombre. Hrist sentait que son étincelle était fébrile et à peine plus forte qu'une bougie mourante alors que sur Yuimen elle rayonnait et brûlait d'énergie.

L'Affranchi, avare en émotion depuis le début fut soudainement illuminé par les propos de l'espion et se tourna donc vers la femme. Il lui dit de but en blanc que la magie n'existait pas dans ce monde et qu'il n'avait pas connaissance d'un autre monde que celui d'Elysian. Hrist ne pouvait pas le lui reprocher, il était parfois impensable d'imaginer d'autres mondes, elle qui avait pu voyager avait su pour d'autres planètes, des îles flottantes, des mondes inconnus qui gravitaient ça et là dans l'infini fleuve de cet univers si vaste... Mais elle estimait que Yuimen était probablement plus avancé qu'eux en en matière de connaissances. Aussi, elle ne releva pas tout de suite, confortée dans l'idée qu'il trouvait malgré le doute ses propos dignes d'intérêts.

Cependant, après une courte pause, il continua en annonçant la mort de Léodos et sans même prendre temps de la ménager, celle du Roi, désignant la Reine comme héritière au trône.

Hrist reçu une gifle. Tout d'abord, elle le prit assez mal puisque cet homme était de toute évidence un espion. Et qui dit espion, dit qu'on lui avait demandé d'enquêter sur Léodos ou sur les héritiers et prétendants. Et donc, que les Mâchefers avaient quelque chose à voir là dedans. Puis, elle repensait à ce que Calech disait au premier soir, que des assassins oeuvraient pour tuer le Roi. Les ficelles se nouant dans son esprit, Hrist plissa doucement les yeux comme pour déceler la moindre trace de trahison dans le regard de l'Affranchi.

Ensuite, elle le prit plutôt bien, au moins, elle n'aurait pas à risquer sa couverture en tuant un Noble dans une ville dont elle ignorait presque tout. De surcroît, elle s'épargnait une tâche ingrate pour pouvoir rejoindre Cromax et donc, s'assurer qu'il ne cède pas à ses fantaisies Ô combien nombreuses.

Puis, elle se souvint que c'était plutôt à Hascan de prendre le trône et non pas à la Régente. Et de nouveau, elle le prit mal en comprenant qu'encore une fois, Cromax avait probablement changé d'avis et avait offert de mettre la Régente sur le trône. De là, quelques envies de meurtre commencèrent à naître dans son esprit tourmenté.

Hrist ne savait pas si Cromax était un génie capable d'échafauder des plans d'une telle finesse qu'il parvenait à la mener en bateau si facilement, ayant prévu depuis le début de mettre la Régente au pouvoir, ou s'il n'était qu'un Diplomate raté qui changeait d'avis comme il changeait d'apparence. Fort étrangement, Hrist optait plutôt pour la seconde option et n'appréciait vraiment pas cette irrégularité.

Autre détail troublant, ce fut ce collier, ce fameux pendentif qui vibrait sur sa poitrine et elle entendit une voix de femme annoncer qu'il lui serait possible de communiquer avec les autres aventuriers grâce à ce pendentif. Au départ, elle cru que la voix venait de la pièce, aussi, elle la balaya d'un regard interloqué qui convenait plutôt bien à la situation dans laquelle elle se trouvait avant de comprendre que cette communication se faisait par la pensée. Un petit air de magie dans un monde pourtant dépourvu.

Elle se cura du bout de la langue une canine et secoua la tête, aussi étonnée que l'était l'Affranchi de ces deux nouvelles.
" J'ai... Le bête sentiment de m'être faite duper. "

Et là, une petite envie de génocide gagna l'esprit déjà noir de la Tueuse.

Hrist s'inclina doucement d'une révérence à l'Affranchi et ajouta :
" Je me dois d'enquêter un peu de mon côté. Si une guerre civile éclate, il me faudra bien agir de quelque façon puisque tel est mon rôle. Affranchi, je crois que nous nous reverrons... " Ajouta-t-elle un sourire aux lèvres.

Puis, usant de toute son agilité et de la puissance de son Muutos, la jeune femme transforma la Murène tatouée sur son bras, l'animant en un animal étincelant dans cette pièce obscure, un courant d'air souffla une bougie tandis qu'elle se jeta sur l'homme qu'elle venait d'affronter plus tôt, rendue presqu'invisible par la magie du Vent et... Disparue.

---------------

822 mots

_________________
La petite ombre de la Mort à Elysian.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
Au milieu des cercueils,
Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


Némésis d'Heartless


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