L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Sam 31 Oct 2015 12:18 
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Ixtli finit par admettre que j’en sais sans doute plus qu’elle sur la guerre et ses mécanismes, précisant qu’elle n’a pour sa part participé qu’à quelques escarmouches, et rappelant le rôle de Jillian dans l’essor d’une force armée de métier au sein des peuplades élémentaires. Ils privilégiaient la paix, avant lui. Une noble cause, un état d’esprit fort et éthique. Hélas il ne fonctionne que s’il est partagé par tous, et souvent les pacificateurs anti-guerre se font bouffer par les forces armées d’un voisin entreprenant. La belle idéologie, qu’un monde de paix où la violence n’existe pas… Quel monde horriblement barbant cela devrait être. Les êtres comme moi n’existeraient même pas, les guerriers valeureux aux mille exploits guerriers. Leurs héros, à eux, seraient des inventeurs de pâtisseries et de remède contre les maladies.

Et ils finiraient, gonflés de bouffe et de fainéantise, se reposant sur leurs acquis, à crever, écrasés sous leur nombre sans cesse croissant. Pour préserver la paix, oui, ils en seraient venus à sacrifier leurs nouveaux nés pour ne pas créer de rancœurs de voisinage. À bien des égards, cette guerre aux visages de l’horreur, a aussi des bienfaits. Purge démographique, avancées technologique, entretien physique d’une grande partie des citoyens. Bref… sans la guerre, nous ne serions rien.

Je cligne des paupières quand elle me dit être de mon côté, sans répondre à ses paroles. Et elle embraie à nouveau sur le thème de Lysis, décontenancée sans doute par ma présentation d’elle. Elle s’inquiète, dans un premier temps, de savoir si elle voit et entend tout ce que je fais. Est-ce de la pudeur, que je perçois là ? Une crainte de s’exposer à quelqu’un dont elle ignore tout ? Cela explique peut-être son attitude distante.

Quoi qu’il en soit, l’instant d’après, c’est à mon tour d’être surpris, lorsqu’elle évoque le terme de faera. Ainsi connait-elle leur existence. Jillian doit avoir la langue bien pendue, pour révéler un tel secret. Car celui de leur existence n’est généralement connu que de ceux qui en possèdent, les demoiselles de fluide étant généralement assez secrètes sur leur nature aux corps qui leurs sont étrangers. Je hausse les sourcils avant d’affirmer :

« Oui. Oui voilà, une faera. J’ignorais que tu connaisses leur existence. Elles sont si… rares. »

Ainsi, je me redresse sur un de mes coudes, tournant mon visage vers la jeune femme pour lui répondre plus précisément.

« Plus que de voir ou entendre ce que je vois et entends, elle partage littéralement mon esprit, mes pensées. Elle les lit et je lis les siennes. Nos esprit sont liés pour ne former qu’un… en quelque sorte. »

C’est plus compliqué à expliquer qu’il n’y parait, en vérité. Je m’essaie à une analogie métaphorique.

« Elle fait partie de moi comme ma main fait partie de mon corps. C’est une extension de moi-même. Avec… plus de liberté d’agir, ceci dit. Un peu comme… »

(Tu lui sors une comparaison avec un organisme parasitaire, j’me barre.)

« Heu… »

(Mouais… c’est bien ce qui me semblait.)

« … c’est difficile à expliquer, je trouve. Je ne connais aucun lien semblable à celui-là. C’est un peu comme une voix que tu aurais dans ta tête, une conscience. Comme si quand tu te parlais à toi-même, une voix te répondait. C’est assez pratique, pour l’introspection. »

Mon discours doit lui sembler décousu et peut-être incompréhensible. Moi-même j’ai du mal à me suivre. Je poursuis sur une autre spécificité de Lysis : son incarnation.

« Mais même parmi les siennes, elle est spéciale : normalement, elles sont uniquement faites de fluide, et ne prennent pas d’apparence humanoïde. C’est un pouvoir qu’elle a fini par développer… J’en ignore la raison, et le fonctionnement, en vérité. Mais ça m’a maintes fois sorti de mauvaises passes. »

Puis, curieux à mon tour, je la questionne.

« Comment connais-tu leur existence ? As-tu déjà eu un contact avec l’une d’elles ? Les esprits de votre monde sont-ils la version… Elysiane des faeras du nôtre ? »

Tout de go, elle me questionne :

« Est-il vrai qu’une personne possédant une faera sait qu’une autre en possède une quand elle lui fait face ? »

Je lève un sourcil, interloqué, pour simplement lui répondre, cette fois :

« Oui, c’est le cas. »


[669 mots]

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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Lun 2 Nov 2015 14:51 
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Ilmatar - Tour d'Abandon

    Ixtli semble un peu hésitante, ne maîtrisant clairement pas le concept des faeras. Elle écoute cependant ses paroles, la curiosité marquée sur ses traits.

    - Ce n’est pas dérangeant d’avoir quelque… un toujours dans son esprit, qui connaissent la moindre de tes pensées ? qui vit tout ce que tu vis, même dans les moments les plus intimes ?

    A la dernière question de Cromax, elle vient s’asseoir à côté de son corps étendu sur le lit, ses yeux dérapant sur sa blessure auréolée de lumière.

    - Disons que j’en ai… entendu parler des faeras par une autre personne en possédant une, mais je n’ai pas eu beaucoup de détails, cela semble être quelque chose de secret.

    Elle prononça ses derniers mots avec un air indiquant qu’elle ne comprenait pas le pourquoi de cette restriction. Elle leva la main et enleva d’une caresse une mèche rebelle de la chevelure de Cromax, effleurant délicatement sa joue dans le processus.

    - Je vais peut-être te laisser te reposer, Cromax.

    Elle approcha son visage du sien et effleura doucement ses lèvres des siennes.

    - Pourfendeur de Léviathan, ajouta-t-elle dans un murmure, un franc sourire sur le visage et ses yeux pétillants et malicieux revenus.


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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Lun 2 Nov 2015 18:10 
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La belle hésite un peu avant de me répondre. Elle ne sait visiblement pas sur quel pied danser, concernant ce sujet délicat qu’est ma Faera. Et je n’ai guère le temps de lui demander pourquoi, ni même d’y songer moi-même, qu’elle finit par l’avouer elle-même, sous forme d’un doute qu’elle émet quant à l’aspect dérangeant d’avoir sans cesse quelqu’un qui observe le moindre de mes faits et gestes. Et pensées. Même les plus intimes. Je dois avouer être un peu interloqué par la question : je ne me l’étais moi-même jamais posée. Tout a toujours été très naturel avec Lysis. Aucun jugement réel, rien de dérangeant ou de trop intrusif. Je la savais présente, mais reculée, dans mes moments d’intimité. Ou profitant sainement de la vue, sans que cela me perturbe le moins du monde. Mais… je conçois qu’on puisse y trouver un trouble certain, sans savoir avec exactitude ce qu’est une faera. Je prends le temps d’un long cycle de respiration méditatif pour répondre enfin.

« C’est... plus complexe que ça. Une faera n’est pas vraiment « quelqu’un d’autre ». Elle fait partie de moi, au même titre qu’une pensée. Qu’une voix dans ma tête. Elle respecte mes moments d’intimité. »

La comparaison à une pensée n’est pas bête : on peut choisir d’y songer ou non, de se concentrer ou non dessus. Et elle réagit en conséquence, se mettant en avant avec des commentaires, ou restant en retrait, invisible, intangible. Je poursuis, afin d’être le plus clair possible.

« Elle est un peu comme ces marques, sur ma peau. Ce collier, cette broche, ce… muutos. Sans être partie intégrante de mon corps, elle y est tout de même logée. On ne peut nier son existence, mais… on finit par s’y habituer, ne plus s’en soucier. Apprendre à en maîtriser les aspects. »

La comparaison est plutôt juste. Même si… Lysis a plus de personnalité qu’une broche. Et les avis qui vont avec. Mais ça, je ne suis pas forcé d’en faire étalage pour amener à la bonne compréhension de ma compagne archéologue élémentaire.

Elle s’en vient s’asseoir sur le lit, à mon côté, et je laisse ma main se poser contre sa hanche, à l’endroit où sur mon corps, tout est si douloureux. Elle avoue en avoir déjà entendu parler, des faeras, sans en savoir plus. Le sujet lui avait alors semblé tabou. Je me pare d’un sourire compréhensif. Jillian.

« Ca l’est. Leur existence est secrète pour nombre des vivants. Elles n’aiment pas se faire connaître d’eux. »

Je cesse mes paroles lorsque sa main se met à bouger, passant dans mes cheveux pour arranger une mèche rebelle de ma chevelure indisciplinée. Silencieux, yeux fermés, je profite de ce doux contact. Ses doigts effleurent ma joue en une apaisante caresse. Le silence tombe, et elle ne le rompt que pour déclarer qu’elle ferait peut-être mieux de me laisser me reposer. Mes yeux restent clos, mais je souris. Et bientôt, je sens son souffle s’approcher de mon visage, et ses lèvres se déposer sur les miennes en un fugace baiser. Alors qu’elle éloigne un peu son visage, je rouvre les paupières pendant qu’elle murmure un surnom qui, faisant écho à mes exploits du jour, efface le deuil triste de cette créature qui marquait ses traits.

Pourfendeur de Léviathan.

Ses yeux sont de nouveau illuminés de cet éclat pétillant. La malice s’y trouve à nouveau, et me fait fondre comme à la première seconde. Je soupire d’aise, souriant sans même le vouloir, et réponds à son murmure par un autre :

« Reste. Reste, et dors à mes côtés. Tu as besoin de sommeil autant que moi. »

Veillant à ne pas rouvrir ma plaie en bonne voie de guérison, même si le pouvoir du pendentif semble plutôt lent à faire son office, je me dégage un peu en arrière, lui laissant suffisamment de place sur le sommier pour qu’elle s’allonge à mon côté. Ma main cherche la sienne, et mon corps le contact du sien, alors que s’approche lentement l’heure des songes. Je me laisse bercer par sa présence…

[681 mots]

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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Dim 8 Nov 2015 11:37 
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Ilmatar – Tour d’Abandon

    Ixtli acquiesce aux explications de Cromax, cherchant à trouver un sens à ses mots, à un concept qui lui est étranger.

    - Pourquoi tant de mystères de leur part ? s’interroge-t-elle tout de même, sans réellement demander de réponse.

    A la requête de Cromax lui demandant de rester la nuit à ses côtés, le sourire mutin d’Ixtli s’accentue, comme si elle n’avait attendu que cela. Prenant garde à ne pas s’appuyer ni déranger la blessure du Sindel, la jeune Aigail se couche à ses côtés, du côté qui ne fut pas troué par l’énorme corne du Léviathan et pousse un petit soupir en se blottissant contre lui.

    Au petit matin, l’Aigail s’agite la première et se redresse, murmurant à l’oreille de Cromax.

    - Fléau des arthropodes, il est l’heure de s’éveiller, le soleil salue déjà les hautes cimes de Jättivuori qui étincellent.

    Le ventre de Cromax était entièrement guéri, ou alors très proche de l’être. Le bijou, accompagné d’une longue nuit – pour un elfe – de sommeil, avait suffi à la blessure pour qu’elle se referme, ne devenant plus qu’une cicatrice encore fraîche, mais en voie de disparition.


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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Lun 9 Nov 2015 16:55 
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Pourquoi tant de mystères de leur part ? La question flotte un instant dans les airs, rhétorique, et résonne en moi en un écho curieux. Curieux, car j’ai beau connaître et être lié à Lysis depuis pas mal de temps maintenant, jamais elle ne m’a fait part des raisons de ce secret inhérent à leur être. Il peut y avoir des tas de raisons, bien sûr, mais sont-elles bonnes, justifiées ? Leur pouvoir pourrait attirer les convoitises des plus puissants, qui se mettraient en masse à leur recherche pour les emprisonner ou s’y lier de force – si tant est l’action possible – et les utiliser comme esclaves de leurs volontés. Mais… les puissants sont souvent ceux qui sont au courant de leur existence, et s’y associent en de nombreux cas. Comment Oaxaca voyagerait-elle entre les mondes, sans une faera ? Même Jillian, ici, sur Elysian, en possède une. Alors c’est peut-être pour garder le mystère au petit peuple, aux citoyens lambda qui ne comprendraient pas, à l’instar d’Ixtli pour qui c’est une nouveauté, le concept même d’une faera. Ils prendraient peur, comme la délicieuse ondine, d’être épiés sans cesse, et cela foutrait une ambiance de paranoïa généralisée qui serait au détriment de l’ordre public et de la paix spirituelle. Oui, ça serait un bon argument, mais… qu’en ont-elles à faire, les faeras, de l’ordre public et mental des citoyens, qu’ils soient humains, orques ou elfes ? Leur vie, à tous, est si courte face à la leur. Ils ne sont rien pour elles, s’ils ne se lient pas à elles. Peut-être, alors, cette paranoïa serait suffisante à amener des troupes de villageois encolérés à venir détruire leur habitat, la forêt des Faeras non loin de Bouhen, là où je me suis lié à Lysis. Là où elle m’a emmené. Peut-être, mais là encore j’y crois à moitié seulement. Voyant que ça me perturbe plus que ça ne devrait, Lysis, lasse, lâche un semblant de réponse dans mon esprit.

(Connaître nos pouvoir, notre existence, forcerait les simples à rêver d’une vie meilleure. Et tous ne peuvent pas, comme toi, la vivre, ni même y penser.)

Je ne comprends pas. Je trouve ça odieux de leur cacher pour qu’ils restent dans leur misère, sans espoir d’en sortir.

(Ils sont plus heureux dans l’ignorance. C’est en connaissant les choses qu’on commence à les envier. Et tous ne peuvent pas être des êtres magiques, des puissants ou des riches. En restant ignorants, ils restent heureux.)

C’est un mensonge idéologique, en somme. Je marque ma forte opposition à l’argument trop facile de ma faera :

(Mais au moins pourrait-on leur laisser le choix ! C’est à chacun de décider ce qu’il fait de sa vie, de ses envies, de ses besoins. Une personne humble ne cherchera pas forcément à devenir autre chose, si elle est sage. Et je connais bien des puissants qui donneraient tout pour avoir l’insouciance d’une âme simple. Chacun devrait être libre de donner un sens à sa vie.)

(Mais Cromax, ça serait le chaos.)

(La liberté, rien de plus. Rien de moins. Le chaos n’est qu’un passage vers un autre équilibre.)

Pour une fois, et je crois bien qu’il s’agit de la première fois, je pense que Lysis s’accorde à mes pensées, et non l’inverse. Elle m’a toujours poussé au chaos, aux actes égoïstes. Et maintenant que je les défends face à elle, pour autrui, elle s’y opposerait ? C’est inconcevable pour moi, et elle le sait. Ce qui vaut pour moi doit valoir pour les autres. Elle reste quelques secondes silencieuses, avant de me laisser, en arrière-pensée, un murmure mental.

(Je n’ai plus rien à t’apprendre. Tu es à la maturité de ton être, Cromax.)

Bien sûr qu’elle a encore à m’apprendre. Je ne suis qu’un ignorant face à la somme de ses savoirs. Mais… je comprends ce qu’elle dit. À force des années, je me suis forgé un mode de pensée, une ligne directrice qui a muri en moi et avec moi. Et maintenant, ce que je dois faire, c’est m’y tenir. Pour moi comme pour les autres. Refuser l’autorité, si elle n’est pas sage. Vivre libre, sans outrepasser les autres, s’ils ne le font pas eux-mêmes. Des préceptes fondateurs qui sont profondément ancrés en moi. Et qui marqueront ma ligne de conduite pour les années à venir. Peut-être… Après tout, ne suis-je pas un être changeant, libre et sans contrainte ? Il serait ridicule que je m’en mette moi-même.

Le temps de cette réflexion, il est trop tard pour répondre décemment à Ixtli. Répondant à mon invitation, avec plus d’enthousiasme que je n’aurais cru, elle s’est allongée près de moi, lovée contre mon corps. La dernière chose que je vois d’elle est son sourire, mutin, et ses yeux pétillant d’une lueur satisfaite. Puis, je ferme à mon tour mes paupières, souriant moi aussi sans même le vouloir. Souriant parce que je suis bien, souriant parce qu’elle est là, et qu’elle est contre moi. Souriant malgré ma blessure, malgré ma fatigue. Et là, je m’endors. D’un sommeil de plomb, un sommeil sans rêve. Un sommeil du juste, épuisé que j’étais par cette harassante journée de sauvetage, de fouilles archéologique et d’exploit meurtrier héroïque.

***


C’est pourtant rêvant de ce mastodonte à forme de serpent gigantesque et à tête de dragon que je me fais réveiller le lendemain matin par la douce et légèrement humide main de l’aigail. Fléau des arthropodes, comme elle décide de m’appeler. J’ignore, en vérité, ce qu’est un arthropode, mais… ça doit ressembler à ce titanesque monstre que j’ai vaincu la veille.

(Amateur. Il s’agit juste d’un embranchement d'animaux invertébrés dont le plan d'organisation est caractérisé par un corps segmenté formé de métamères hétéronomes munis chacun d'une paire d'appendices articulés et recouvert d'une cuticule ou d'une carapace rigide, qui constitue leur exosquelette, dans la plupart des cas constitué de chitine.)

(Rien compris.)

Elle n’insiste pas. De bon matin comme ça, de toute façon, ça ne sert à rien. De toute façon, le sens était là : elle parle de la grosse bestiole écailleuse morte hier par nos soins conjugués. Le surnom est flatteur, héroïque, et teinté d’un attachement mignon qui me met de bonne humeur. Davantage que les considérations complexes et scientifiques de la flammèche dans mon esprit.

(Hé, oh.)

La jeune ondine m’annonce que le soleil est déjà haut sur les cimes des Crocs du Monde, et du volcan dont elle me rappelle le nom qui me faisait déjà défaut : Jättivuori. N’avaient-ils rien de plus complexe ? Avec un nom comme ça, moi aussi à force j’aurais envie d’exploser. Sa main, pour m’éveiller, s’est posée sur la cicatrice presque guérie de ma blessure de la veille. Surpris par le contact, je tressaille de surprise, et mes yeux se posent dessus. Elle est presque intégralement guérie. Je n’en ressens plus la douleur, et elle ne gênera plus mes mouvements ou déplacements. C’est une bonne nouvelle. Une excellente nouvelle-même. Je n’en reviens pas de l’efficacité de l’amulette. Mais la surprise laisse vite place à un tout autre sentiment. Sa main, faussement humide, sur ma peau dénudée me donne soudain une irrépressible envie de me rapprocher d’elle.



Bon, pas juste de me rapprocher d’elle. Je ferais bien rugir mon monstre à tête de dragon dans la grotte du lac de son corps. Le faire plonger furieusement jusqu’à ce que sa magie le mette à mal, non sans fracas et remue-ménage. Une irrépressible envie, causée tant par la joie d’être guéri que celle de la voir là face à moi. Je plaque ma main dans son dos et l’attire à moi, avec passion, posant mes lèvres sur les siennes pour reprendre, enfin, le moment que ce fichu volcan illuminé nous avait volés. La fougue du premier baiser passée, j’écarte mon visage d’elle pour lui souffler, mutin à mon tour :

« Tu vas voir, il n’y a pas que des arthropodes dont je suis le fléau. »

Et je pivote pour la faire passer sous moi, l’embrassant de plus belle en laissant mes mains vaquer à leurs occupations en fonction de leur fructueuse imagination.

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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Mar 17 Nov 2015 22:43 
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Ilmatar – Tour d’Abandon

    Ixtli, d’abord surprise, répondit aux caresses de Cromax en les lui rendant avec une vigueur accrue, prenant tout de même soin – la plupart du temps – de ne pas trop solliciter sa blessure.

    - Cette fois-ci, aucun Arzebeth pour nous déranger, murmura-t-elle avec un sourire chafouin.

    Elle se laissa aller avec passion à ses étreintes, et, lorsque tout fut achevé, elle resta quelques instants, souriantes, dans ses bras. Petit à petit, le soleil se levait à l’est et il pénétra dans la pièce, illuminant les deux amants. Ce n’est qu’à ce moment qu’Ixtli s’étira légèrement et se redressa en adressant un sourire à Cromax, dans lequel se lisait son contentement percé de ces petites touches malicieuses. Elle posa un léger baiser sur ses lèvres.

    - Que comptes-tu faire ? finit-elle par demander.

    Si son esprit revenait au triste présent, consciente que cette joie ne pouvait durer, elle conservait cependant se même sourire taquin.


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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Mer 18 Nov 2015 12:35 
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[:attention:] Post à connotation cromaxienne.

Cette fois-ci, aucun Arzebeth pour nous déranger. Les mots de l’aigail résonnent dans mon esprit quelques secondes, sans que ne j’y réponde. Nul volcan dévastateur, cette fois, pour empêcher cette union charnelle. Pourtant, le feu en moi explose et se déverse sous la forme d’une dévorante passion pour son corps offert. La lave de mes caresses glisse sur l’eau de sa peau, en une rencontre brulante et apaisante à la fois, mais aussi engendreuse d’envies d’encore. De plus. De toujours plus. La flamme de nos être s’embrase alors que nos corps se mêlent, s’étreignent, glissent l’un contre l’autre comme s’ils étaient animés d’une vie propre, unis comme s’ils n’étaient qu’un. Une fusion brûlante parcoure de caresses.

Si l’étreinte commence avec la lave recouvrant l’eau, quelle n’est pas ma surprise lorsque l’ondine renversa la situation en une vague déferlant sur moi sans répit, écumant, s’écrasant sur le roc de mon corps avec la puissance d’une tempête. Mais au lieu d’éteindre le feu, ça l’éveille encore plus, et la ferveur redouble d’intensité, dans cette bataille unificatrice des éléments. Quand, finalement, à bout de souffle, alors que nos respirations se concordent, ahanantes, nous glissons sur les draps défaits, silencieux et souriants. Tous mes muscles se détendent, emplis d’une pleine satisfaction, alors que ma peau luit comme la sienne de la chaleur de nos ébats. Je laisse ma main fugitive délivrer quelques dernières caresses, alors qu’elle repose dans mes bras, pendant que le soleil grimpe dans le ciel, transperçant la fenêtre pour illuminer de son aura nos corps unis.

Alors, Ixtli se redresse et s’écarte, m’octroyant un regard que seule une amante peut avoir. Elle s’étire et m’embrasse, avant de me questionner sur mes projets. Un brusque retour à la réalité, me faisant quitter le confort de cette union avec une violence certaine… mais nécessaire. Il n’y a guère de temps à perdre, sur Elysian. Des vies sont en jeu. La vie d’Ixtli, celle d’Aaria. Je dois les aider. Mieux : je veux les aider. Et pour ça, il me faut être efficace et concentré.

(A peine crédible.)

(Hey ! L’étreinte m’aide à me surpasser.)

Je surprends Lysis sobre et distante face à cette étreinte matinale. Peut-être respecte-t-elle les craintes de l’ondine d’être jugée et observée. Peut-être est-ce autre chose. Elle ne m’en fait pas étalage, en tout cas. Je lève la main vers le visage lumineux et souriant de mon amante pour en caresser la joue, avant de répondre, laconique.

« Je vais déjà commencer par m’habiller. »

Ce disant, je me redresse, me lève en passant une main vérificatrice sur ma blessure de la veille, intacte. Ce pendentif a fait des merveilles. Puis, une fois debout, je dépose sur ses lèvres un tendre baiser, avant de me pencher pour ramasser mes affaires et m’en équiper. Tout en m’habillant, je précise à l’aigail :

« Je dois voir Aaria. Et Jillian aussi. A moins que tu ne veuilles voir la Reine pour lui annoncer toi-même notre découverte d’Andarsté et… les secrets de ses profondeurs. Saurais-tu me mener à l’un des deux ? Je dois m’entretenir avec votre général sur… des points encore obscurs de la sécurité dans les Crocs du Monde. »

Un message très terre à terre, juste à la suite d’une étreinte amoureuse. Mais il est nécessaire, toutefois. Et si j’aurais clairement pu trouver mes cibles tout seul, l’idée qu’elle m’y accompagne, prolongeant un instant ce moment privilégier, m’enchante. J’attends sa réponse, prêt à partir moi-même retrouver le général des armées élémentaires, ou la Reine des Sylphes d’Ilmatar. Il est temps de faire bouger les choses. D’activer la machinerie. Les autres aventuriers tardent, dans leurs lointaines cités. Je ne vais plus les attendre indéfiniment, d’autant que je possède les qualités pour agir efficacement en solo. Après les derniers détails glanés auprès des deux éminences de la cité des vents, je projetterai de partie pour Illyria sans plus tarder. Boosté à bloc, il me tarde de régler toute cette situation et de revenir, une fois toute cette histoire terminée, me lover dans les bras d’Ixtli.

[677 mots]

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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Sam 21 Nov 2015 15:50 
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Ilmatar - Terrain d'entraînement

    Ixtli écoute Cromax raconter ses plans de la journée en taquinant légèrement ses gestes d’habillage d’une caresse par-ci, par-là, avant de se rhabiller à son tour.

    - Te mener à eux sera une tâche simple, dit-elle avec un sourire.

    La jeune Aigail attends qu’il finisse de se préparer avant d’ouvrir la trappe leur faisant quitter la Tour d’Abandon pour le reste du palais.

    - Au vu de l’heure, Jillian doit se trouver dans la salle d’entraînement à superviser les soldats d’Ilmatar. Quant à Aaria… Elle doit être dans les jardins ou dans son bureau, je pense. Mais allons voir Jillian. C’est un lève-tôt. J’ai le souvenir, lorsque j’étais plus jeune et qu’il m’apprenait le maniement des armes, d’avoir été réveillée bien trop souvent aux aurores.

    Elle avait un léger sourire en se rappelant de son souvenir.

    - Lorsque Marikani était là elle aussi, nous avions pris l’habitude de nous lever encore plus tôt et d’aller nous cacher, forçant Jillian à nous chercher dans tous le palais. Il aurait sans doute pu envoyer des Sylphes à notre poursuite, mais il nous cherchait presque toujours en personne. Nous ne lui avons guère facilité la vie !

    La jeune Aigail prononça ces mots sur un ton guilleret, prenant plaisir à partager un souvenir d’enfance avec cet étrange être venu d’outre-monde.

    Elle le mena dans un dédale de couloirs jusqu’à une salle, fort grande, pourvue de différents terrains d’entraînement et de plusieurs râteliers d’armes où pendaient des armes aussi diverses que variées. De grandes baies-vitrées se trouvaient sur l’un des murs, menant manifestement vers les jardins où semblait se poursuivre un terrain vague permettant de jouter en plein air. Quelques Sylphes et Sylphides combattaient dans un ballet étrange et brumeux à un ou plusieurs, ou pratiquaient des mouvements face à des mannequins de paille tandis que d’autres se contentaient de les observer. Certains levèrent les yeux sur l’arrivée des deux aventuriers et les saluèrent de la tête. Ixtli répondit de même, ajoutant un signe de main à certaines connaissanes.

    Jillian se trouvait face à deux duellistes en sueur et leur expliquait quelque chose. Lorsqu’il vit Cromax et Ixtli approcher, il acheva de prononcer les quelques mots qu’il adressait aux deux bretteurs avant de venir à eux.

    Ixtli s’avança et lui posa une bise sur la joue.

    - Bonjour Oncle Jillian. Je t’amène Cromax qui souhaitait discuter avec toi.

    Le regard du Général alla de l’un à autre.

    - Tu as une tête à être allée te fourrer dans des bêtises, nota-t-il.

    - Nous avons juste occis un Léviathan, rien de bien grave. Où se trouve Aaria ?

    Jillian resta un instant interdit avant de secouer la tête.

    - Un Léviathan, hein ? Mais encore… ?

    - Cromax te racontera, je pense. Pour ma part je vais rejoindre Aaria, où se trouve-t-elle ?

    Le regard de Jillian passa au Sindel, se faisant scrutateur.

    - Dans le jardin.

    Ixtli le remercia avant de les saluer tous deux et se s’en aller en direction du terrain de joute extérieur et de les laisser tous deux.


[Cromax – xp : 1 (post)]

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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Dim 22 Nov 2015 14:50 
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Alors que je me vêts, la délicieuse aigail à la peau si douce me taquine de caresses mutines qui ne m’aident pas dans ma volonté de faire avancer les choses. J’ai beau être au courant qu’une éternelle idylle avec la jolie femme-eau ne serait possible dans la situation actuelle, elle me tente. Rester ici, à profiter d’elle quitte à la perdre, me tente. Une tentation à laquelle je ne cède pas, baignant dans la tendresse qu’elle témoigne à mon égard et répondant à ses gestes par des sourires enjoués. Effectivement, comme elle le témoigne, me mener jusqu’aux deux personnalités les plus importantes d’Ilmatar, alias la Reine Aaria’Weïla et le Général Jillian Averosa, n’est pas vraiment la plus lourde tâche qui lui ait été confiée ces derniers jours. Entre l’apaisement du volcan Arzebeth tout en se faisant agresser par des monstres emplumés et la bataille épique sous des ruines ancestrales contre une entité que moi-même je n’aurais imaginé exister, ma demande passe plutôt pour un cadeau de vacance. Elle me le souligne, moqueuse, et s’habille à son tour sous mon regard admirativement scrutateur.

(Voyeur, hé.)

(Esthète, voilà tout !)

Elle précise, ce faisant, que Jillian est sans doute en train de mener l’entraînement de ses troupes dans la salle idoine, et ce depuis tôt le matin. Aaria, elle, moins lève-tôt que l’ex-milicien prometteur de Tulorim, se promène sans doute dans les jardins de la cité, ou dans son bureau. Si elle est levée, bien entendu. Dans le doute, l’ondine conclut, et je la suis dans son raisonnement, qu’il vaut mieux aller trouver Jillian en premier. Ça m’arrange, en vérité. Je préfère terminer mes entretiens par celui avec la Reine, amenant mes conclusions finales et lui laissant le dernier mot officiel des élémentaires à mon égard avant mon départ vers la cité humaine, Illyria. J’aurais d’ailleurs plusieurs questions à lui poser à ce propos, afin d’être préparé au mieux à la politique locale. Nous nous dirigeons donc, quittant l’antre d’Ixtli en descendant de sa haute et isolée tour, vers la salle d’entraînement. En route, l’aigail babille quelque souvenirs anecdotiques de son passé entre ces murs, et je l’écoute avec intérêt et sympathie. Elle m’apprend ainsi avoir été liée à Marikani, la flamboyante Ekhi, assez jeune. Partageant leur enfance en faisant les quatre cent coups dans le palais, elles menaient la vie dure à Jillian qui tentait, un peu vainement, de leur inculquer une discipline militaire. J’imagine assez bien l’humain dont l’honneur n’est plus à prouver courir après deux gamines qui ne pensaient qu’à le rendre chèvre. L’image est assez drôle, en vérité, et nourrie d’une certaine tendresse, une légère note de nostalgie d’un passé pas si lointain que ça.

Et ça me fait d’un coup prendre conscience de l’immense différence d’âge entre Ixtli et moi. J’ai déjà courtisé nombre de jeunes humaines, mais jamais leur âge ne m’avait paru être une barrière. Ce n’est pas le cas ici non plus, bien sûr, mais j’en prends la mesure. Jillian n’est ici que depuis une dizaine d’années… Et il a connu Ixtli enfant. Elle doit avoir la vingtaine, là, maintenant. Vingt ans, contre cent vingt-cinq pour moi, à la louche. Plus d’un siècle nous sépare. Et j’avoue me porter plutôt bien, pour un elfe séculaire. L’incongruité des rapports entre des espèces si éloignées biologiquement et pourtant si proches physiquement. Je ne m’étais jamais vraiment posé la question et… à vrai dire, je ne me la pose pas plus aujourd’hui. Je vis, et je m’en fous de telles considérations.

(Drôlement prolixe, pour quelqu’un qui s’en fout.)

La pensée glisse sur mon esprit comme l’huile enflammée sur une nappe d’eau, et je me reporte aux paroles d’Ixtli, qui donne les détails de leurs parties de cache-cache avec la jeune cornue pendant que le preux général se fendait de venir les chercher en personne, perdant ainsi un temps précieux. Amusé par cette idée, je me laisse aller à l’imaginer, jeune et important, à fureter partout dans le palais pour retrouver et sermonner avec trop peu de sérieux pour paraître crédible, trop fier sans doute de les avoir retrouvée, et de pouvoir enfin les former. Je ponctue le discours d’Ixtli d’un petit éclat rieur soutenant ses propos souriants.

Finalement, après quelques détours dans les couloirs d’une partie du palais que je ne connaissais pas encore, nous débarquons dans ce qui semble être la susnommée salle d’entraînement : une vaste pièce à la décoration aérée, laissant tout le loisir aux combattants s’y entraînant de prendre la place qu’ils souhaitent sans être gênés par d’inutiles fioritures. D’immenses baies vitrées donnent sur des parcs extérieurs eux aussi dédiés à l’entraînement aux armes. Plusieurs sylphes étaient présents, s’affrontant dans des duels d’entraînement ou pratiquant des exercices contre d’immobiles mannequins de paille. D’autres, analysant leurs pairs, prenaient sans doute note de leurs propres défauts pour les corriger ensuite en s’exerçant longuement. Un entraînement tel que dans ma vie entière je n’en ai jamais eu. Ma formation au combat, je l’ai faite en qualité d’autodidacte, me fiant à mon sens aigu de la survie pour me sortir, avec plus moins de classe, de dangereuses situations.

Nous saluons brièvement les quelques qui nous aperçoivent, et nous rendons prestement jusqu’à la position que Jillian occupe, donnant une sacrée leçon d’escrime à deux novices en sueurs qui peinent à contenir ses coups, alors que de son côté, les tenant en respect, il parvient à leur expliquer leurs fautes et corrections à apporter à leur tenue. S’il avait été au courant de mon arrivée, nul doute que je l’aurais suspecté de vouloir m’impressionner. Lorsqu’il s’aperçoit de notre présence, il vient vers nous et Ixtli le salue d’une bise, l’appelant « oncle Jillian ». Je ne peux me retenir de pouffer sous cape à cette appellation, me promettant de faire regretter amèrement e premier qui aurait le culot de m’appeler « tonton Cromax ». Un titre qui vieillit atrocement cet homme pourtant jeune aux yeux de sa pupille chétive et mutine, symbole de la vraie jeunesse insouciante.

Paternel, le Général entre dans son rôle susdit, et demande à Ixtli dans quel pétrin elle s’est encore fourrée. J’aurais bien envie de lui signifier qu’en vérité, c’est moi qui l’ai fourrée, mais bon… C’est peut-être un peu délicat, et je ne le connais pas assez pour qu’il apprécie l’humour un peu provocateur dont je peux faire preuve, à l’occasion. Ixtli s’en sort elle-même plutôt bien, puisqu’elle notifie notre meurtre sur un Léviathan avec un recul notable, comme s’il s’agissait d’une banalité toute normale. Elle me laisse, devant l’air pantois de Jillian, me débrouiller moi-même pour les explications, demandant à son brave tonton la position exacte d’Aaria. Les jardins, comme elle l’avait deviné.

Elle s’en va donc la retrouver, nous laissant comme deux ronds de flanc. Jillian, penaud comme après son premier râteau, et moi, tout sourire, mais bien embarrassé quand même de devoir tout expliquer, sans savoir jusqu’où aller. Pas jusqu’au lit, gagé-je sans peine cependant. Je salue la jeunette d’un clin d’œil et me tourne, circonspect, vers Jillian. Faisant mine d’être gêné, un peu, parce que la situation l’indique sûrement, plus que l’étant réellement, je me gratte les cheveux et commente, brièvement :

« Sacrée Ixtli, hein ? Hem. »

Par où commencer, en vérité ? Et comment l’amener ? Je favorise un peu de flagornerie, d’instinct, pour le mettre à l’aise, commentant ses prouesses armées face aux deux guerriers sylphes.

« Jolie technique. Vos mouvements sont dignes d’une vraie chorégraphie. Reste… à savoir s’ils sont aussi nets, dans une vraie situation de combat. »

Question style, en combat, je dois plus ressembler à un spaghetti cuit esquivant habilement toutes les attaques en en mettant moi-même quelques-unes assassines qu’à un duelliste professionnel à la maîtrise rigoureuse. Mais c’est efficace, comme en témoigne ma survie jusqu’ici. Je ponctue ma sympathique pique par une proposition.

« Je serais ravi de croiser le fer avec vous, un de ces quatre. »

Avant que je parte pour Illyria, certainement. Prenant les devants sur ses questions concernant le Léviathan si subtilement amené par Ixtli, je prends la parole pour décrire nos actions communes, à l’ondine et moi, de la veille.

« Haem. Pour expliquer un peu plus clairement ce dans quoi nous nous sommes fourrés, Ixtli et moi, je dois revenir à avant-hier matin. Ixtli était partie calmer la ferveur du volcan Erzebeth dans les hauteurs des Crocs, et je l’ai rejointe, prévenu d’un danger la guettant par Terhenetar. Quatre busards noirs la menaçaient, alors qu’elle n’avait plus la force de les combattre, fourbue de fatigue. »

Je laisse un silence d’appréciation s’installer, qu’il s’imagine la scène, avant de poursuivre plus avant.

« Nous sommes parvenus à nous en débarrasser, ceci-dit, et j’ai ensuite conduit Ixtli à couvert dans l’antique cité d’Andarsté, où elle a pu prendre du repos. Vous n’êtes pas sans savoir – vous me l’avez-vous-même appris - que ces ruines appartenaient autrefois au peuple dont je fais partie, du moins génétiquement parlant. La curiosité m’a poussé, pendant son repos, à aller explorer un peu ces lieux oubliés. »

Nouveau silence, le temps qu’il digère un peu avant de me lancer dans la suite, que je compte d’avance faire d’une traite pour ne pas lui laisser le temps de placer un mot, dussé-je paraître trop prolixe.

« Il s’est avéré que mes qualités insoupçonnées d’archéologue autodidacte se sont… confirmées. J’ai trouvé une entrée praticable, mais jusque-là non pratiquées, vers les profondeurs d’une habitation, qui, après quelques recherches non sans risque, m’ont mené à un passage secret s’enfonçant dans les profondeurs des Crocs du Monde. C’est là qu’Ixtli m’a rejoint, et que nous avons trouvé, sur des squelettes sindeldi, ces pendentifs complémentaires que nous arborons aujourd’hui. »

Ce disant, et sans m’interrompre, je lui montre le pendentif de lune qui pend à mon cou.

« Suite à ça, nous avons exploré un tunnel secret rempli de… choses bizarres, de sciences occultes d’un autre temps, et nous sommes finalement arrivés dans une immense grotte souterraine abritant un grand lac au centre duquel une ruine dissimulait un autel à l’image du symbole unis de nos pendentifs. Nous… avons été un peu imprudents en les plaçant sur l’autel. Ça a… un peu énervé un résident du lac, un immense monstre aquatique de plusieurs dizaines de mètres, qui… s’est attaqué à nous. Après un combat rude, durant lequel par chance, nous avons veillé l’un sur l’autre, nous sommes parvenus à le vaincre, non sans mal. Son… Cadavre orne le lac qui l’a vu grandir. »

Une petite note d’épique, une autre de tristesse. Un juste milieu, finalement, qui sied bien à la situation. L’annonce est toutefois un peu raide : comment résumer la chose sans choquer, finalement ? Je me reprends, un peu hésitant.

« Hem… J’avais… quelques questions pour vous, si ça ne vous dérange pas d’y répondre, malgré tout ça. Aaria vous en a peut-être parlé, j’ai… pas mal appris sur son compte, et sur le passé des élémentaires, depuis mon arrivée sur Elysian. J’ai pu lui soumettre plusieurs interrogations, mais pour certaines, concernant la situation actuelle, elle m’a fait comprendre que vous seriez plus à-même d’y répondre. »

Ainsi, je me lance :

« On m’a dit que vos troupes patrouillaient dans les Crocs du Monde. Ont-ils aperçu, par hasard, des déplacements inhabituels, notamment d’humains ou d’autres espèces pensantes ? Dans l’hypothèse où le drainage serait effectué par un artefact tangible, il est possible qu’un déplacement de celui-ci, ou son activation, ait pu être remarqué, et initier le drainage, s’il se trouvait dans les Crocs. Une instabilité qui aurait pu mener, à terme, à l’explosion de l’Erzebeth, par exemple. »

S’il connait le moindre détail sur d’éventuels mouvements, je dois les connaître pour mener à bien ma mission.

« Il en va de même pour le fluide menant sur Elysian. S’il a été traversé par d’autres que nous, auriez-vous un moyen de le savoir ? Et plus globalement, connaitriez-vous un autre accès à ce monde. Même si ce ne sont que des rumeurs ? »

Rien n’indique une intrusion à la milice de Tulorim. Le problème vient-il de ce monde, ou du nôtre ? Cette certitude éliminerait déjà pas mal de pistes fallacieuses. Je cesse là mes interrogations, attendant ses réponses avant de mener plus loin mon investigation.

[2042 mots]

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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Dim 22 Nov 2015 16:24 
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Ilmatar – Terrain d’entraînement

    Jillian écouta avec attention chacune des paroles de Cromax sans l’interrompre, son attention allant croissante, bien qu’il garda majoritairement un visage neutre.

    Il garda le silence quelques instants lorsque Cromax eut fini son exposé et ses questions, rassemblant ses idées et assimilant tout ce qu’il lui avait annoncé. Il finit par prendre la parole en ces mots.

    - Il semblerait qu’Ilmatar – et moi-même – vous devions une belle chandelle et mes remerciements. Ce que vous m’apprenez que le Léviathan… Je n’aurais pas cru qu’une telle créature couvait sous nos terres. Si vous n’étiez pas venu en compagnie d’Ixtli, j’aurais hésité à remettre vos paroles en question. Je vais envoyer des troupes à Andarsté, j’aimerai que tout ceci soit étudié dès que possible. Niyx devra également être mise au courant…

    Il avait prononcé ces derniers mots comme s’il réfléchissait à voix haute à ce qu’il convenait de faire, sans réellement les adresser à Cromax. Il releva cependant la tête vers le Sindel avec un petit sourire en coin.

    - Et bien, pourquoi délayer ? vous avez vos armes, j’ai les miennes et nous sommes sur un terrain d’entraînement. Croisons le fer.

    Le Général dégaina d’un geste fluide son épée. Il s’agissait d’une épée un peu plus large qu’une rapière, mais demeurant tout de même fine. Elle était faite d’un métal inconnu sur Yuimen et sa garde avait la forme de ce qui ressemblait à une petite aldryde, dont les bras et les ailes écartées faisaient les quillons tandis que sa tête ornait la fin de la poignée et sa robe était ciselée sur le début de la lame. Mise à part cet ornement, elle était simple, quoi que d’indéniable bonne facture.

    Une fois qu’ils se furent mis en garde et se furent salués, Jillian se fendit de la première attaque, un coup de taille que Cromax para sans mal. Ce faisant, le Général poursuivit :

    - Mes troupes ont perçu des traces de pas sur le sol en périphérie de nos terres, vers Illyria, mais cela n’a rien de vraiment inhabituel car il y a quelques groupes de paysans là-bas, et quelques villages. Ce qui était plus inhabituel cependant est que ces traces avaient été effacées, ou du moins quelqu’un s’est donné du mal pour qu’on ne puisse pas les suivre, mes pisteurs ont perdu leur trace.

    Ils poursuivirent les coups et Jillian se fendit à d’une autre attaque, un coup de taille encore une fois paré par Cromax. Leur duel commençait à attirer l’attention des soldats qui s’entraînaient. Les deux bretteurs se mouvaient avec grâce et efficacité, ils étaient assurément de bons combattants, maîtrisant leur art.

    - Votre théorie d’un artéfact en mouvement est intéressante et mériterait d’être creusée, cependant je n’ai en ma possession aucune information pouvant l’étayer ou non. Quant au fluide, sa traversée sans que nous puissions le remarquer est extrêmement difficile, mais je serais excessivement arrogant si je la disais impossible, d’autant plus qu’avant le drainage, il était sans surveillance constante.

    Une nouvelle série de coup fut portée avant que Jillian ne poursuive.

    - A ma connaissance, il n’y a pas d’autres fluides ouverts sur Elysian, mais… mes connaissances se réduisent malheureusement à celles que possèdent les élémentaires et encore une fois, il serait fou que de penser le contraire. Il doit exister de nombreux autres fluides, comme sur Yuimen, mais de là à savoir entre les mains de qui ils se trouvent…


[Cromax – xp : 3,5 (post) ; 1 (informations)]

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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Lun 23 Nov 2015 17:09 
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Avant de répondre, Jillian le brave accuse le coup de mes nombreuses paroles par un moment méditatif durant lequel il ne dit rien. Seuls les bruits des entraînements se poursuivant autour de nous me font me dire que le temps ne s’est pas, l’espace de quelques secondes, arrêté. Suspendu à ses lèvres, j’attends sa réaction, qui finit par venir. Et en des mots emplis de gratitude, il notifie sa surprise et ses remerciements à mon égard. Tant d’avoir sauvé Ixlti que d’avoir débarrassé les Crocs d’un tel monstre ancestral. Et sans doute un peu d’avoir découvert un passage menant vers les tunnels sous les ruines d’Andarsté. Il annonce d’ailleurs qu’il enverra des troupes sous peu dans l’ancienne cité sindel afin qu’ils puissent étudier nos découvertes. Il compte prévenir au plus vite Niyx, également, la patrie des Ishtars. Pour leurs capacités de chercheurs, sans doute. J’espère bien être mis au courant des avancées sur ce plan : je prendrais mal être tenu à l’écart d’une découverte que j’ai faite, et qui finalement a davantage de quoi me concerner que les élémentaires, de par le sang qui coule dans mes veines, bien malgré moi ceci dit. Comme il ne semble pas directement s’adresser à moi, mais bien penser tout haut à ce qu’il doit faire des informations que je lui ai confiées, je me contente d’opiner du chef sans rien répondre oralement, le laissant revenir à moi pour poursuivre.

Tout sourire, enfin du moins paré d’un sourire en coin, l’expression la plus extatique qu’il m’ait été donné de voir sur son visage guerrier, il répond à ma proposition et à ma provocation en acceptant le duel d’entraînement que je lui proposais. Et sans crier gare, déclarant que nous croiserons le fer, il dégaine son épée. D’une superbe facture, cette arme doit être son arme de fonction. Une arme d’apparat qui ne semble pas pour autant inoffensive. Rien à voir avec une arme d’entraînement mouchetée, en tout cas, comme celles qu’utilisent les néophytes de l’escrime classique. La garde de son arme est sculptée en forme de corps féminin ailé. La lame, elle, est plus large que celle de ma rapière, mais moins qu’une épée conventionnelle comme en sont souvent parés les généraux d’armées, sur Yuimen. Un choix de finesse qui, sans être aussi extrême que l’apparence de ma rapière des Enfers, me plait de par la rapidité et la maniabilité qu’elle doit faire preuve.

Alors qu’il commence à me saluer de sa lame, je dégaine mon arme métamorphe, d’un air goguenard, en citant :

« Je ne vais en dégainer qu’une, histoire de vous laisser une chance. »

Une manière habile de lui signifier qu’usuellement, je m’en sers de deux à la fois, tout en provoquant sympathiquement sa fierté, sans me laisser ouvertement impressionner de sa volonté d’en découdre rapidement. Un lâche aurait sans doute crié au manque d’échauffement pour pallier à une probable défaite, mais… les combattants de mon cru – notre cru s’il est aussi valable qu’il le semble – n’en ont guère besoin, et louent suite au combat la valeur du vaincu avec autant d’efficacité que si c’était la sienne propre. Pour poursuivre la provocation amicale, cependant, je change mon arme en une réplique exacte de la sienne, curieux de voir le trouble s’animer dans ses yeux face à ce changement si inattendu. Car si le métal de sa lame m’est inconnu, il ne doit pas connaître du tout la matière dont est faite la mienne. Même moi qui en suis le possesseur, à vrai dire, je l’ignore.

Je me mets à mon tour en garde, rendant à mon adversaire improvisé son salut courtois. Généralement, je mets peu de forme avant un combat, les miens étant généralement face à des ennemis qui n’attendent qu’une chose : me tuer. Mais l’étiquette d’un combat amical doit être respectée, et je m’y plie non sans un sourire moqueur, commençant à tourner autour de Jillian, lame à la main dans sa direction, pour vérifier la bonne tenue de ses appuis. Il suit le mouvement sans peine, et prend même l’initiative d’attaquer le premier. Une fente agile pour porter un coup de taille, que je pare sans peine en bondissant sur le côté pour interposer ma lame face à la sienne, afin de la repousser avec fermeté. Alors qu’il se redresse, se remettant en garde et parant une petite attaque directe en écartant ma lame d’un revers de la sienne, il commence à répondre à mes nombreuses interrogation. Ainsi, entre deux séries de passes d’armes relevant plus de l’échauffement que du combat réel, tous les coups étant parés sans difficulté, il m’annonce que des traces de pas, plutôt habituelles au vu de la population rurale de l’endroit, ont été retrouvées effacées à la bordure de leur territoire, vers Illyria. Effacées. Avant qu’il ne l’énonce, je partage déjà ses conclusions sur ce fait : c’est étrange que quelqu’un se soit donné tant de mal à effacer des traces sur une route où il ne serait pas surprenant d’en voir. D’instinct, je me dis que ça doit suggérer des traces particulières, inhabituelles dans cette région d’Elysian. Des orques ? Des charriots chargés ? Ou des créatures normalement sauvages qui se seraient fait domestiquer pour servir de bêtes de bât ? Tout est envisageable, dans cette situation.

Une attaque plus poussée me fait perdre le fil de mes idées. Je la pare sans mal : un coup de taille, encore. Mais il se redresse avant que je n’ai eu l’occasion de le contrer, cette fois. Pris de cours par mes songes, je suis momentanément sorti du combat. Je me reconcentre en reprenant ma sixte stricte, la position la plus classique de garde à l’épée. Mais sans lui laisser le temps de me donner un nouveau coup, je frappe à mon tour en balayant ma lame de droite à gauche pour le perturber, avant de modifier la monotone balade de mon arme pour lui porter un coup à la cuisse. Vif, il baisse sa lame pour briser mon estoc, et la repousse vers le sol. Elle rencontre le dallage de la salle dans un bruit métallique alors que je recule prestement, rajustant ma garde pour qu’il n’y voie aucune ouverture.

Les attaques et les parades se succèdent avec une agilité notable de la part des deux combattants. Là son mon côté elfe se montre naturellement plus aérien, vif et agile, il le compense sans peine par un avantage net sur l’assurance de ses appuis, un équilibre parfait et une rapidité d’action très nette. Le rendu doit être appréciable, puisque les guerriers sylphes commencent à se presser autour de nous, rompant leur propre entraînement pour admirer la gestuelle d’un combat orienté aérien. Nul doute que notre style naturel de combat, outre la technique pure, se porte vers les mêmes spécialités de coups. Et dans ce style aérien, l’on note deux types de combattants, généralement : le bretteur, tout d’abord, qui prend l’initiative de l’attaque et harcèle son adversaire par sa rapidité et le nombre de ses assauts vifs et répétés. Le second est l’opportuniste, esquivant habilement toutes les attaques adverses jusqu’à épuiser celui-ci, ou en tout cas trouver une faille dans sa défense, due à son acharnement continu. Et… je dois avouer que pour le coup, nous nous renvoyons la balle, rentrant dans ces deux rôles tour à tour, pour le plus grand plaisir des spectateurs qui, du coup, ne peut voit aucun dominant, ni aucun dominé, dans ce ballet martial semblable à une danse.

Le souffle plus court qu’au début de nos hostilités, Jillian me précise que ma théorie d’un artefact en mouvement n’est pas stupide, bien que rien ne permette de confirmer l’hypothèse. Il ajoute, entre deux pas chassés esquivant des estocs furieux de ma part, que le fluide n’est surveillé que depuis le début du drainage. Or, le responsable de celui-ci est sur Elysian depuis plus longtemps, sans l’ombre d’un doute. Mais j’imagine que la milice de Tulorim ne m’aurait pas caché une information si cruciale d’une faille dans leur propre système de surveillance des allées et venues dans les fluides en leur possession. Encore que son positionnement, à l’étage plutôt que dans l’habituelle cave, puisse montrer quelques failles. Surtout si sa surveillance n’est assurée que par l’ahuri de l’accueil. Enfin, rien n’indiquait une quelconque effraction sur les portes menant dans lesdites pièces, m’y étant moi-même penché personnellement. Si Earnar le bleu avait été là avant moi, je ne dis pas, mais là…

Jillian reprend l’assaut à son compte, et projette de me faire reculer prestement vers le mur pour m’acculer, en enchainant plusieurs attaques rapides sans cesser d’avancer. Derrière moi, la foule s’écarte alors pour me laisser libre le passage. L’action est rapide, mais je sais que je peux me montrer plus rapide encore. Alors que nous approchons du mur, et avant de n’avoir plus la latitude pour effectuer le moindre mouvement, je force une parade plus farouche qui ralentit momentanément le rythme de ses assauts, et me retourne vers le mur pour… courir sur celui-ci, à la verticale, avant de prendre mon élan dessus pour bondir, tête en bas, laisser un Jillian tout perdu passer sous moi et retomber face à son dos. Il ne perd pas contenance pour autant, même s’il est temporairement désorienté par ma cabriole, et esquive en se baissant le coup traitre que je tente de lui mettre, d’une taille du plat de l’arme dans le dos. Il dévie de sa lame mon coup, me refaisant face, et roule sur le côté pour n’être plus lui-même acculé au mur, pris dans son propre piège. Je lève un sourcil mi admiratif, mi provocateur, et le laisse se remettre de la scène en précisant qu’il n’y a à sa connaissance aucun autre fluide sur Elysian. À sa connaissance, autrement dit pas grand-chose, puisqu’elle est synonyme de celle des élémentaires. Je rebondis sur cette motion, directement cette fois.

« Tiens, j’aurais pensé qu’en tant qu’humain, vous vous seriez aventuré plus avant dans les pays d’outremer. À ce titre, si vous avez visité Illyria ou l’un des autres royaumes humains, je vous saurais gré de m’indiquer le plus de détails que vous pourriez nommer à propos de leurs mœurs locales, leur culture et leur politique. Mon prochain départ vers la grande capitale de leur monde ne s’en retrouverait que facilitée. »

Noms de nobles, coutumes traditionnelles… De quoi me fondre dans la masse sans paraître trop incongru, en somme. Une autre question me vient, alors qu’il fait tinter son acier sur le mien, en une attaque puissante que je bloque de ma lame, maintenant la position alors qu’il tente de la forcer.

« Tiens, d’ailleurs, vous nous aviez signifié l’exclusion des races comme les elfes ou les nains, mais… y-en-a-t-il souvent, à Illyria ? Sont-ils davantage acceptés que les élémentaires, dans les humaines cités ? »

C’est alors que je tente une action plus… particulière, certainement moins « à la régulière » au sein d’un duel amical. Prenant appui comme pour porter un coup de tête, je pivote subitement sur moi-même pour enchaîner si rapidement le mouvement qu’il devrait s’en trouver perturbé, afin de le toucher finalement non pas à la tête, mais du plat de la lame sur le métal de ses jambières, au niveau du tibia. Une feinte qui j’espère, saura tromper le sieur qui s’est cru capable de me défier aux suites d’un premier combat.

[1891 mots]

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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Mar 24 Nov 2015 23:33 
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Ilmatar – Terrain d’entraînement

    A la remarque goguenarde de Cromax au début du combat, le demi-sourire de Jillian s’était plus franc. Il écouta par la suite les paroles de Cromax tout en continuant de croiser le fer.

    Leur joute avait pris des allures de leçon d’escrime pour les quelques Sylphes qui les entouraient, les regardant avec intérêt, bien qu’ils ne puissent entendre le contenu des mots échangés. Le Général prit le parti de répondre une fois que le Sindel eut terminé toutes ses questions.

    - Oh, mais j’ai voyagé dans les Cités-Etats humaines, cependant les fluides ne sont pas quelque chose dont on parle ouvertement, peut-être encore moins ici qu’ailleurs et je n’ai trouvé aucune information qui puisse m’étayer dans mes recherches, d’autant plus que lorsque je m’y suis rendu mon but n’était pas encore celui-ci, car cela remonte à il y a plusieurs années. A présent je suis bien trop pris par mes devoirs pour Ilmatar et les autres peuples élémentaires, d’où votre venue.

    Il exécuta une série de passes un peu plus rapides que les autres durant lesquelles il se tut avant de poursuivre lors d’une accalmie.

    - Illyria est une cité à l’apogée de sa puissance et ses membres sont à cette image, assez aisément gorgé de leur propre importance, surtout lorsqu’ils sont membres modestes de son gouvernement. Fort heureusement elle bénéficie d’une certaine tempérance envers les étrangers que Valmarin, par exemple, ne possède pas. Ces deux cités s’opposent pour l’hégémonie commerciale, qui passe, pour Valmarin, par une flotte importante et pour Illyria par une position stratégique. Arden est une cité plus anecdotique, portée sur l’agriculture, qui bénéficie néanmoins des apports des deux cités. Sihle, quant à elle, est une cité du désert, assez étonnamment semblable aux déserts d’Imiftil dans son fonctionnement clanique. Elle possède nombre d’articles de luxe, à commencer par les épices, mais n’a jamais su faire preuve d’une intelligence commerciale, lui préférant les arts guerriers.

    Une nouvelle pause s’accompagna d’une recrudescence de coups. Le Général ne semblait pas souffrir outre mesure du fait de faire deux choses à la fois, mais il avait parfois besoin de reprendre un peu son souffle, en profitant alors pour se lancer dans de nouvelles attaques.

    - Le roi d’Illyria possède une maladie débilitante et sombre sans doute dans une certaine forme de folie, si bien qu’il n’a jamais nommé d’héritiers. Les trois prétendants sont ses deux neveux et un fils bâtard. L’un des neveux, Leodos, est le plus vieux, mais fils de la plus jeune sœur du roi, tandis que l’autre, Camiran, est plus jeune mais fils de la sœur ainée du roi. Vous voyez où le bas blesse… Mais c’est sans compter sur l’influence exercée par Hascan, le fils illégitime qui contrôle une partie des marchands de la ville et n’est pas dépourvu d’un certain poids auprès du peuple. Leodos est un type rusé, mais peu intelligent et opposé aux accords avec Ilmatar, tandis que Camiran au contraire a beaucoup de ses intérêts chez nous, bien qu’il ne soit pas des plus brillants. Hascan, quant à lui est un mystère, je ne le connais guère, son nom se faisait à peine entendre lorsque je me suis rendu à Illyria, mais sa rapide ascension et l’appui qu’il a su avoir des marchands dénote d’une intelligence certaine, bien que nous ignorions tout de ses dispositions envers nous. En somme, un de ces trois types héritera sous peu du trône, mais nous n’avons aucune idée duquel.

    Il s’en suivit quelques minutes durant lesquelles ils furent tous deux trop préoccupés pour poursuivre la discussion, avant que Jillian ne reprenne la parole.

    - A ma connaissance, les nains non plus n’ont pas survécu au Crépuscule des Dieux, mais avec cette race et le peu de contacts que nous avons avec les autres, ça ne veut pas dire grand-chose… Et les elfes et lutins ne sont pas exclus, c’est plutôt qu’ils ont choisi d’eux-mêmes une vie d’autarcie. Peu d’entre eux s’aventurent hors de leur forêt dans les villages humains voisins et plus rares encore sont ceux qui poussent jusqu’à Illyria, mais ce n’est pas non plus du jamais vu. Disons que lorsque ça arrive, cela alimente les conversations sur plusieurs semaines. Les elfes étant ceux qui ont un grief envers les hommes, les accusant de la mort d’Ankh Onaka, les hommes eux les considèrent avec plus de neutralité ou de curiosité car les générations sur plus promptes à oublier. Ils sont par conséquent plus facilement acceptés.

    Il parut un instant songeur et sembla tester les défenses de Cromax en différents points, poussant le Sindel à des gestes plus vifs et précipités pour se défendre.

    - Si je puis me permettre, vous avez une vivacité étonnante et d’honnêtes réflexes, mais vous avez beaucoup tendance à vous mettre en danger, misant plutôt sur votre assurance de pouvoir encaisser les coups. Il s’agit d’une démarche que je déconseillerais chez chacun de mes hommes, mais je dois avouer que chez vous elle semble particulièrement efficace. Cependant, vos coups sont certes puissants, mais ils manquent un peu de technique, dit-il d’un ton purement académique, sans que ses propos ne dénotent de la moindre condescendance, il s’agissait de simples conseils dont le Sindel pouvait faire ce qu’il souhaitait. Laissez-moi vous montrer…

    Soudain, Jillian perdit de sa matérialité, laissant la bride au muutos de vent. Il ne devint plus qu’une volute évanescente, rapide, dont il était difficile de distinguer les mouvements et plus difficile encore de parler les attaques. Cromax, à plusieurs reprises, fut même mis en difficulté par les attaques du Général et forcé de reculer. Leur combat, d’ailleurs, les avait mené jusque dans la partie ouverte sur les jardins du terrain d’entraînement. Jillian calma alors ses coups.

    - Vous avez la maîtrise du muutos du Vent, utilisez-le pour tromper votre adversaire, pour feinter et porter vos attaques avec plus de précision en l’empêchant de pouvoir vous atteindre.

    Il laissa à Cromax l’opportunité de tester.


[Cromax – xp : 3 (post) ; 1,5 (informations)]

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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Mer 25 Nov 2015 13:35 
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Alors que notre duel continue en s’intensifiant, le public amassé pour nous regarder étant sans cesse plus nombreux et ravi d’assister à cette démonstration de force de la part d’un charismatique aventurier étranger face à leur général entraîneur préféré, Jillian prend le temps de me répondre, d’une voix suffisamment claire pour que je le comprenne sans devoir trop me concentrer sur ses lèvres, là où mes yeux fixés dans son regard prévoient déjà avec exactitude ses mouvements futurs et ses désirs de prouver qu’il est le plus fort, mais assez basse pour que toute la cour des lorgneurs ne pipe mot à ce qu’il dit.

Ainsi, il parle d’abord de ses voyages effectifs dans les cités humaines, où parler de fluides spatiaux n’est guère monnaie courante. Un peu comme sur Yuimen, en somme, même si ça semble encore plus omniprésent ici. La raison ? Il la cache, s’il la sait. Je dois me laisser aller à des hypothèses hasardeuses pour trouver pourquoi c’est si particulièrement tu, ici. Un lien direct avec les choses de la magie, peut-être, fort peu acceptée en ce monde depuis qu’elle est l’apanage des élémentaires, privant les humains, entre autres, de ces connaissances et de son utilisation. Ou peut-être est-ce dû à une politique secrète et non transparente. Protéger le peuple en le laissant ignorant, afin qu’il ne se fasse pas de film sur ce qu’il pourrait faire de telles choses, lui donnant des espoirs aveugles. Il m’est déjà arrivé de songer longuement à ce genre d’assertion. Par manque de connaissance, je ne peux hélas pas déterminer si c’est pertinent d’y songer pour Illyria et ses sœurs humaines. Je laisse donc mon vis-à-vis justifier son manque d’informations concernant ce domaine par l’ampleur de sa tâche à Ilmatar, en tant que général des armées nouvellement créées. Et je comprends très bien que ça puisse prendre énormément de temps. Moi-même, je ne pourrais juste pas. Rester lié sans possibilité de voyager, d’errer sans but ou de partir sur un coup de tête, même pour une cause noble, serait contraire à toutes mes valeurs libertaires. Il sous-entend même que sans ces tâches chronophages, il se serait lui-même chargé de cette affaire de drainage. Enfin, en partie, j’imagine. Car je sais qu’il est loin d’être contraire à la présence d’aventuriers étrangers qu’il ne connait pas du tout. Ou… qu’il est suffisamment loyal à sa Reine pour ne pas remettre en cause son jugement.

Enfin bref, tout ça pour dire qu’il ne sait rien sur l’existence probable d’un fluide spatial autre que celui présent dans les ruines d’Andarsté, et que du coup, je ne suis guère plus avancé sur le sujet. Il faudra que j’œuvre moi-même dans cette enquête qui pourrait receler la clé de tout le problème. Les puissants d’Illyria sauraient sans doute m’éclairer davantage, si tant est que je parvienne à les infiltrer efficacement.

Comme s’il avait été vexé de ma question, ou de se rendre compte de sa position pieds et poings liés à Ilmatar, il expulse son ressenti en actant une série d’attaques plus rapides, que je pare sans peine, mais non sans devoir davantage me concentrer sur ses mouvements. Arrivés en bout de ligne, alors que je reprends l’assaut plus posément, pour ménager notre respiration, il poursuit en me donnant, cette fois, des informations fort pertinentes sur ma prochaine destination. Attentif, je note mentalement tout ce qu’il me dit, à commencer par la puissance d’Illyria, et son statut au sein du Monde d’Elysian. Ainsi, j’apprends que les citoyens d’Illyria sont gorgés d’une suffisance certaine, trouvant son explication dans la notoriété et la richesse de ce qu’on peut appeler la capitale des hommes d’Elysian. Même si, au vu de son statut de cité-état, ce n’est pas tout à fait exact. Il insiste, non sans ironie, sur la présence de cette superbe au sein du gouvernement « modeste » qui dirige la cité. Jillian souligne toutefois, malgré cette condescendance généralisée, une ouverture d’esprit plus grande que certaines cités, comme Valmarin, qui se caractérisent davantage par un esprit fermé à tout ce qui est étranger. Traduction : à Valmarin, tout ce qui n’est pas humain est malvenu. Message enregistré, reçu cinq sur cinq. Je n’ai pas intérêt à me pointer là en touriste elfe, au muutos venteux activé, sous peine de me faire flécher à vue. Des gens charmants, s’il en est.

Il poursuit sa comparaison des deux cités en les qualifiant de concurrentes sur le domaine du commerce. Illyria a une position stratégique centrale d’importance, alors que Valmarin se démarque par une flotte importante, sillonnant les flots des mers d’Elysian. Un bref souvenir de la carte du monde me rappelle cependant la position d’Illyria, contrôlant intégralement l’accès d’une mer à l’autre par la voie des eaux. De quoi ronger le frein des extrémistes mariniers. Jillian poursuit en décrivant sommairement les autres cités humaines, à commencer par Arden, une cité de moindre importance dédiée à l’agriculture, allié de tous. Il poursuit avec Sihle, une ville construite dans un désert qu’il compare directement à ceux que je connais bien, sur Imiftil. Tout en combattant, j’opine du chef pour marquer ma connaissance de ces lieux. Il qualifie Sihle comme luxueuse et dotée de nombreuses ressources commerciales… Sans avoir l’esprit y étant associé. Ville de guerre, malgré ses richesses, elle a préféré s’orienter vers une spécialisation martiale qu’économique. Espérons qu’il s’agisse d’une spécialité défensive plutôt qu’offensive. Dans toute cette histoire, on a assez des tensions entre élémentaires et humains, et d’une crise politique à Illyria, pour encore y ajouter une cité belliqueuse n’attendant rien de mieux qu’une occasion pour déclarer la guerre à ses voisines. Même si… ça pourrait être un outil efficace pour obtenir plusieurs informations. Les portes s’ouvrent parfois plus facilement, en temps de guerre.

Une nouvelle pause dans son discours me permet d’ingérer toutes ces informations. Riche en contenu, son discours n’en est pas moins complexe et peu adapté à une situation de duel comme celle que nous sommes en train de vivre. Même si pour le coup, je note une certaine logique dans nos actions : le cérébral prend le dessus dans les moments plus calmes de notre combat, et peut se laisser aller à un redémarrage de performance intellectuelle lorsque la rudesse de la bataille redouble d’intensité. Ainsi, Jillian profite de sa force supérieure à la mienne pour me rudoyer un peu. J’esquive sans chercher à les parer ses coups rageurs, profitant de mon avantage de souplesse pour ce faire. Et alors que je contrattaque subtilement, visant ses failles sans qu’il ne me laisse cependant les atteindre, il reprend son discours fort intéressant, alors que je prête oreille à ses dires, une fois de plus.

Cette fois, c’est de la situation particulière d’Illyria qu’il parle. Il précise ainsi le cœur de la tension politique locale, trouvant son origine dans la maladie débilitante avancée de leur souverain, celle qui fait si peur aux élémentaires qui voient leur accord commercial pacificateur avec la cité humaine remis en doute. Ainsi, cette maladie le rend sénile et inapte à gouverner, et promis bientôt à une mort certaine, sans avoir pu lucidement nommer de successeur. Ce qui, vu la situation, semble particulièrement embarrassant, puisqu’il n’a aucune descendance directe, ce qui dans les royaumes classiques tels que je les connais sur Yuimen, constitue une priorité tout à fait arbitraire de passation du pouvoir. Rendons aux bien-pensants leurs valeurs : face à un système décadent et séculaire d’hérédité du pouvoir, comme en est paré Kendra Kâr, nombre de nouveaux systèmes, tous plus pertinents, ont vu le jour : La république d’Ynorie, par exemple, qui élit des conseillers représentants du peuple pour une période fixe. Tulorim, également, qui met en figure de proue les personnes ayant gagné le plus d’influence sur la cité, que ce soit par leur poids politique, leur richesse ou leur popularité auprès des citoyens. Même la position de tyran éclairé d’Oaxaca, dominant son peuple par la force pour le mener à la baguette vers un meilleur idéal, reste plus censée selon moi qu’une passation des rênes du pouvoir par le seul lien du sang.

Illyria ne semble pas déroger à la règle, puisque les trois principaux successeurs se battant pour le trône sont du sang du présent régent. Pour deux d’entre eux, la légitimité est notable : ce sont les fils des sœurs du Roi. Le souci se pose cependant entre eux, car l’un est premier-né de sa génération, mais fils de la plus jeune sœur du Roi, alors que l’autre est le cadet, mais enfanté par la sœur ainée du roi. Jillian note avec amertume la complexité de la situation. Il me les décrit sommairement. Leodos, par exemple, le premier et plus âgé des deux, a une position d’opposition nette par rapport aux élémentaires. Un fieffé connard, en somme, qu’il décrit comme rusé et méfiant, mais pas très intelligent. Je note la subtilité entre ruse et intelligence, qui n’est pas appréciable par beaucoup. Jillian est lui-même loin d’être bête. Le second, plus jeune, se nomme Camiran. Il a une position bien plus ouverte par rapport aux rapports avec les élémentaires, mais ne brille guère d’aucune qualité d’exception. Que vaut-il mieux, finalement ? Un mauvais souverain ouvert, ou un stratège avisé détestable au possible ? Cette dualité est cependant mise à mal par la présence d’un troisième lurron, peu connu de Jillian, puisque son ascension est assez récente, en la personne du bâtard de sa majesté : le Sieur Hascan. Lui concilie puissance économique en ayant la main mise sur les guildes de marchands de la ville, et popularité notable auprès du peuple. C’est tout ce qu’il peut m’en dire, hélas, ne le connaissant que peu.

En résumé, la situation d’Illyria se trouve être à choisir entre la peste et le choléra. La position du bâtard est idéale à tous point de vue… Et c’est bien son ombre qui pose problème ici. Je devrai faire de ma priorité là-bas l’approche des proches de ce sombre personnage. Je dois m’en référer à lui pour voir ce qu’il vaut, et où vont ses intérêts. Écarter les deux autres à son profit ne sera alors plus qu’une broutille… Si tant est qu’il en vaille la peine. Avant de me prononcer sur un choix, donc, je dois en apprendre plus sur lui… Et je ne saurai le faire qu’une fois là-bas. Au moins, ça me fixe des objectifs clairs.

La pause entre deux réponses se fait ici plus longue, et nous nous adonnons avec plus de vivacité à notre duel amical, feintant et esquivant, bondissant de biais pour défendre ou attaquer, tourbillonnant l’un autour de l’autre dans un fracas métallique de nos lames qui s’entrechoquent. Le ballet presque aérien se poursuit avec toujours plus de ferveur, sans qu’un vainqueur ne soit déclaré. Loin de là, même. Il faut dire, par rapport à d’habitude, je ne cherche pas à le vaincre à tout prix : je laisse à mes combats à mort les sales coups qui humilient mon adversaire. Ici, le but est de prendre une bonne leçon d’escrime comme je n’en ai jamais eue, pas de le défier ouvertement ou de critiquer sa force devant ceux de qui il a la confiance aveugle. Aussi me borné-je, malgré quelques opportunité de putasserie notable, à rester vaillant et honorable dans ma manière de combattre, laissant à l’escrime pure tout l’art dont elle peut faire preuve.

Il finit cependant par poursuivre, évoquant cette fois les autres espèces d’Elysian, comme demandé par mes soins. Il indique les nains comme éteints depuis le Crépuscule des Dieux. Une race autrefois forte sur nombre de mondes, qui va vers son lent déclin, d’où qu’ils soient. Le peuple des petits hommes barbus faillit. Il précise, concernant elfes et lutins, qu’ils ne sont pas exclus par les autres, mais qu’ils s’isolent eux-mêmes des autres sociétés par souci de préservation. Ainsi, la présence d’un elfe entre les murs d’Illyria n’est pas totalement incongru, mais suffisamment inhabituel pour attirer l’attention. Ça peut avoir ses avantages… Comme ses inconvénients. J’ai la grande qualité de pouvoir m’attirer tant les projecteurs que de rester dans l’ombre, de par mon pouvoir de métamorphose. J’en userai sûrement, dans cette ville qui nous est promise. Apparemment, les elfes accusent les hommes d’être responsables de la mort d’Ankh Onaka. Passivement, puisque les hommes semblent l’avoir oublié. D’instinct, je sens que ces peuples sont sans doute moins impliqués que les humains dans toute cette histoire. Ils ne seront, dans cette aventure, qu’une parenthèse. Je ne vois pour l’instant pas l’intérêt de m’y attarder plus longtemps.

Il me vient une question, une seule encore à lui poser, pour préparer au mieux ma venue à Illyria. Et il semble le plus indiqué ici pour y répondre.

« Vous dites que vous vous y êtes rendu, par le passé. Vous seul ici pourrez donc me répondre. Avez-vous des connaissances, là-bas, d’anciens amis, alliés ou… conquêtes, peut-être, qui sauraient être des personnes de confiance ? Auriez-vous des contacts qui partageraient vos valeurs et celles des élémentaires, qu’ils soient des gens du peuple ou du gouvernement, marchands, nobles, conseillers et j’en passe ? Et… peut-être aussi des gens à qui confier des informations pour qu’elles vous soient transmises ? Sans ça, nous serons coupés de vous, là-bas. Et si la situation évolue ici, dans les Crocs, il nous faudra savoir sur qui compter pour nous renseigner. »

Une nécessité absolue. J’espère qu’il y aura pensé. Il reste un instant songeur, et s’applique subitement à exercer des mouvements bien plus techniques, me forçant à me concentrer pour ajuster au mieux mes mouvements de défense. Maladroitement, parfois, je parviens néanmoins à parer ses coups, mais le constat est là : je manque de technique. Il n’hésite d’ailleurs pas à me le souligner, au sein d’un discours dénué de toute condescendance, qui relate d’abord mes qualités de combattant avant de mettre le doigt sur les quelques défauts qui m’animent. Je m’en explique rapidement :

« Oui, c’est bien possible. Je suis un pur autodidacte, en matière de combat. J’ai appris sur le tas, comme on dit, sans jamais prendre de cours normé, comme vous en donnez ici. »

Il n’empêche que malgré ça, il ne soit pas parvenu à prendre le dessus sur moi. Ma technique a des défauts, mais je compense assez bien par mon expérience du combat. Je suis cependant ouvert à ses conseils, et lorsqu’il me propose une démonstration de technique, je suis réceptif intégralement. Sans crier gare, le brillant Jillian active le pouvoir de son muutos, se rendant plus aérien, moins visible, moins prévisible aussi dans ses mouvements. Et d’assaut en assaut, il me met petit à petit en difficulté. Je suis obligé de battre en retraire, de reculer vivement pour éviter ses coups. Reculant de la sorte, je me retrouve à l’extérieur : il m’a poussé hors de la salle d’entraînement pour que nous poursuivions hors des murs du palais, dans les terrains extérieurs bordant celui-ci. Là, il m’indique que la maîtrise du muutos du vent peut servir en combat pour tromper mon adversaire, feinter et porter des attaques plus précises et imprévisibles, tout en restant sécure. J’acquiesce alors qu’il me laisse l’opportunité d’essayer.

Je prends une longue inspiration, et me concentre sur le tatouage à l’intérieur de mon poignet. Celui-ci s’illumine comme plus tôt les marques sur l’esprit lupin du vent, et mon muutos s’active, alors que mon corps, épousant mes mouvements, se fond un peu dans les airs, rendant moins précise la perception que les extérieurs peuvent avoir de moi. Je suis au milieu de sylphes. Ils sont habitués à ce type d’effet. Mais j’imagine sans mal la surprise d’un peuple qui n’a jamais rien vu de tel. Un avantage certain que je pourrais prendre, lors de combats futurs.

Profitant de cette instabilité visuelle, je fais mine d’attaquer d’un côté, changeant au dernier moment ma portée pour diriger différemment mon attaque, trompant mon adversaire en feintant, tournoyant pour le perdre dans ces volutes émanant de moi afin d’être moins bien perçu. Et la technique fait mouche. J’atteints pour la première fois mon adversaire, d’une touchette qui claque sur son armure sans l’abimer pour autant. Je m’en voudrais de déparer cette armure finement ouvragée, plus prête à parader qu’à se retrouver en combat, si j’ai un avis à donner, mais qui doit quand même suffisamment protéger pour ses activités quotidiennes ici, à Ilmatar. Fort de cette touche, j’enchaine sur une série de pas chassés qui, dans la vitesse du mouvement, à l’effet flou augmenté par les volutes aériennes qui me suivent et me rendent imprécis à cibler, perd complètement Jillian. Il a beau s’y attendre et être au courant du subterfuge, il ne s’en laisse pas moins prendre au piège. La technique est infaillible. Là où une feinte peut être prévue en connaissant bien son adversaire, ce nouveau type d’effet a une forte probabilité d’être impossible à parer ou à prévoir. Les mouvements sont trop erratiques, imprévisibles, et surtout indistinguables. Je tâche d’être sans cesse en mouvement, pour accentuer la présence du muutos, et ne paraitre plus qu’un esprit libre, libéré même de son corps, face à mon adversaire.

Je tourne autour de Jillian comme un vautour frénétique autour de sa proie, je virevolte, brumeux, filant comme le vent en lui ascénant à l’occasion l’une et l’autre touche qu’il ne peut voir venir. Combattant confirmé, il en pare certaine de sa lame, mais se laisse vite submerger par la rapidité et l’efficacité de mes actions. De taille, d’estoc, je vise ses pieds, ses spalières, ses protections d’avant-bras pour tenter d’y mettre de petites touches amicales, mais précises et incisives, les moins prévisibles possible.

Je m’écarte soudain de lui, lui laissant l’occasion de respirer, le lorgnant d’un air fier.

« Comme ça ? Mieux ? »

Mais aussitôt, sans lui laisser plus de répit, je fonds sur lui une nouvelle fois, me fendant pour le piquer au vif d’une pointe expressément émoussée pour ne pas le blesser. Dans ma frénésie du muutos, je laisse mon arme changer d’apparence à chaque coup porté, modifiant encore davantage l’effet de surprise. Stilet, sabre, épée longue, elles piques, coupent, heurtent de différents angles, avec différentes manières d’approche, si bien que Jillian ne sait de nouveau plus où donner de la tête.

Je finis mon numéro en changeant mon arme en long fouet, que j’entoure en quelques voltes autour de mon adversaire déconfit, le ligotant sans qu’il ne puisse plus rien faire. Cessant tout mouvement, je me colle contre son dos et mes lèves viennent effleurer son oreille, dans un murmure :

« Je suis pleni de surprise, mon général. »

Et mon arme, libérant le sieur Averosa, reprend la forme d’un petit poignard que je glisse à ma ceinture, prêt à recevoir les retours acerbes de mon formateur d’un jour sur ma pratique de sa technique.

Je pense, ceci dit, avoir retenu la leçon : Ne faire qu’un avec le vent. Être le vent : libre, inarrêtable, imprévisible et mordant.


[3149 mots]

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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Sam 28 Nov 2015 16:11 
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Ilmatar – Salle d’entraînement

    Jillian paraît surpris des changements d’armes successif de Cromax, mais réagit promptement, ne prenant pas le temps de s’attarder sur l’incongruité de la situation. Il finit, après les attaques successives de Cromax, par se faire toucher. Un manque de rapidité de sa part, une déstabilisation causée par l’arme métamorphe de Cromax et le coup est joué.

    Lorsqu’ils arrêtent le combat, c’est un grand et franc sourire qui illumine le visage du guerrier, le faisant un instant paraître plus jeune, loin des soucis causés par son monde adoptif.

    - Je ne doute pas que vous soyez plein de surprises, Cromax. Cela faisait longtemps que je n’avais pas eu un tel combat, merci ! Vous êtes un fier et impressionnant guerrier !

    Il n’y a dans ses paroles aucune flatterie, simplement la constatation d’un fait. Il rengaine sa lame toujours tout sourires, lorsqu’Aaria’Weïla apparaît au travers de la foule pour s’avancer vers eux. Il est étrange de voir cette forme éthérée s’avancer au travers d’autres formes éthérées qui s’écartent pour la laisser avancer. Les lèvres de la Sylphides sont également ornées d’un sourire alors qu’elle s’arrête à côté des deux combattants. L'attitude de Jillian ne se modifia que légèrement, se détendant imperceptiblement à son approche.

    - Ce fut un admirable combat, vous nous avez présenté une magnifique prouesse, dit-elle, baume de de douceur après tant de violences. Cromax, j’ai cru comprendre que tu souhaitais me parler ? Il semblerait que vous ayez éveillez les sombres secrets que recèlent les entrailles d’Elysian, si j’en crois les rumeurs qui s’élèvent.


[Cromax – xp : 5 (post) ; 0,5 (apprentissage validé), 0,5 (entraînement)]

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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Sam 28 Nov 2015 17:54 
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Rapidement, alors que cette nouvelle technique de combat déstabilise mon adversaire amical, le duel cesse. Jillian, tout souriant, rengaine sa lame et salue ma performance en me remerciant pour lui avoir fait partager un combat si prenant. Il est vrai qu’un beau duel dans les règles de l’art, c’est bien trop rare. Et je n’ai eu que trop peu d’occasion dans ma vie d’aventurier sans cesse sur les routes de démontrer mes talents de bretteur en mettant en avant mes qualités d’escrimeur plutôt que celles de survies, fort utiles néanmoins. Même si ça l’a perturbé, il ne commente aucunement les changements de forme de mon arme, et se contente de me remercier tout en m’affirmant que je suis un fier et impressionné guerrier. Flatté par le compliment, qui n’est guère flatterie pour celui qui le prononce, je ne peux m’empêcher de sourire à mon tour pour lui répondre :

« Le plaisir était partagé, Jillian. Espérons que nous n’ayons pas à faire preuve de nos capacités martiales sur le terrain trop vite, cependant. »

Trop vite, oui, et pas tout court. Car il ne fait aucun doute que d’ici la fin de tout ceci, nous devions tirer les armes. Ensembles, ou l’un contre l’autre… Rien ne permet de l’affirmer avec certitude, pour l’heure. Mes aventures m’ont prouvé par le passé que la plus sympathique personne, même si on s’y croit lié intimement, peut s’avérer être un traître. Non pas que je le suspecte, mais… je préfère ne faire aucune conclusion hâtive sans connaître en détail la personne, de longue date. Il a beau me sembler honorable et sympathique, je ne connais le Général Averosa que depuis quelques jours, et à part ce combat et quelques souvenirs sur Estera, nous n’avons guère partagé grand-chose durant ce laps de temps. Espérons que ma première impression sur sa personne soit la bonne.

Il n’empêche, tout de même, que je suis conscient de ma position actuellement fort subjective. Je ne suis, depuis le début, que du côté des élémentaires, avec leur point de vue sur la situation. Un voyage à Illyria m’apprendra peut-être beaucoup plus, sur les humains d’ici comme sur les élémentaires. Et ce n’est qu’alors que je pourrai prendre parti en toute conscience. Si parti il y a à prendre. La situation politique d’Illyria se règlera peut-être très bien, sur une alliance forte avec les élémentaires. Ce qui déclencherait, sans doute, une guerre avec Valmarin, qui trouverait sans doute des alliés chez ses amis humains, qui verraient le ralliement entre Illyria et Ilmatar comme une trahison à leur cause. Ou… simplement une guerre humains contre élémentaires. Ou d’autres subtilités que je ne suis pas encore apte à apprécier. Il y a tellement de possibles, en fonction de nos actions et de nos inactions. J’espère me montrer digne de la confiance qui m’a été accordée, et ne peux qu’espérer également qu’aucun de mes condisciples yuimeniens ne commette de bourde qui ferait tout capoter. Nous n’avons qu’une petite marge de manœuvre.

D’ailleurs, je me demande où ils en sont, tous. Kerenn qui s’annonçait volontaire pour rejoindre les amants, la lutine rousse, l’elfe bleu, le nobliau hinion, et tous les autres. Je me demande bien ce qu’ils vivent actuellement comme aventures dans les différentes cités élémentaires. Ont-ils seulement rencontré leur esprit respectif, et maîtrisé leur muutos ? Nul ne peut le savoir, tant qu’ils ne sont pas de retour. Je doute de plus en plus les attendre pour partir vers Illyria. Il n’y a pas de temps à perdre, dans cette histoire, et j’ai suffisamment attendu ici pour retarder plus mon départ. D’ailleurs, je note aussi l’absence de Baratume, qui était pourtant censé rester à Ilmatar, lui aussi. Peut-être une mission l’a-t-il mené ailleurs. Peut-être prend-il du repos dans les jardins, ou se baignant dans ces cuves automatisées de nos chambres. Enfin… je verrai bien ce que me dira Aaria.

En parlant d’elle, la voilà qui arrive près de nous, fendant de son pas aérien les formes éthérées qui nous entourent avec des mines réjouies comme un corps évanescent fendrait des flots, comme une flèche habile traverserait les airs, comme plutôt j’ai moi-même pénétré Ixtli. Hem. Non. Non en fait, pas tout à fait de cette manière-là. Bref, son apparition, divine comme elle semble en avoir coutume, attire son lot de regards, dont le mien. Celui-ci se fixe sur les lèvres, ornées d’un paisible sourire qui apaise instantanément la fureur d’un combat passé et rassérène les cœurs. J’observe du coin de l’œil un effet semblable chez le vaillant général, qui se détend d’un coup en entendant les premiers mots de celle qui, je n’en doute plus maintenant, partage ses nuits. Au moins en pensées, si elle ne lui a pas laissé l’accès à sa couche, à son corps. Le changement est subtil, et ne peut être perçu, sans doute, que par un combattant ayant vécu la ferveur du combat. Un rythme respiratoire différent, plus serein, une posture à la fois plus droite et moins rigide, des traits emplis de confiance, là où l’analyse d’action s’y lisait il y a peu. Je doute que les sylphes présents aient noté le changement. Et à vrai dire, il n’est que mineur face à cette apparition qui prend la parole, imposant le silence sans même le demander.

À son tour, elle complimente notre combat, parlant de magnifique prouesse. Sa voix est douce comme une brise printanière légère, embaumant le retour des fleurs dans les senteurs du monde. Je salue d’un signe de tête le compliment, ne me départissant pas de mon sourire, et écoute la suite de ses propos, me concernant bien plus directement, puisqu’elle invoque mon nom pour les augurer.

Elle annonce qu’Ixtli a mené à bien sa mission, et se rend disponible pour que je lui parle. Elle énonce également les sombres secrets que recèlent les entrailles d’Elysian, pour reprendre ses mots avec exactitude, et l’appellation m’arrache une courte expression incrédule.

« Allons, les rumeurs ne grossissent-elles pas le trait ? »

Et en une pirouette orale, je poursuis :

« Même si celles-ci sont fondées, je leur préfère l’information précise. Et celle-ci ne saurait être dispensée devant tant de monde. Pourrais-je te parler en privé, Reine des Sylphes ? »

Ainsi, les rumeurs, que je viens de confirmer, s’étendront dans le peuple d’Ilmatar comme une traînée de poudre. La Reine, consciente qu’il sera plus simple pour nous de discuter en privé, m’accorde ce privilège et, abandonnant la salle d’entraînement, me mène vers ses jardins paisibles où, plus tôt, nous avions déjà devisé.

Je ne quitte pas la salle, ceci dit, sans me tourner une dernière fois vers Jillian.

« Merci encore de vos enseignements. Et de vos renseignements. J’espère que vous me tiendrez au courant de l’évolution de la situation, lorsque je serai à Illyria. »

Et je m’en vais sans plus de cérémonie aux suites de la Reine. Nous parcourons rapidement, dans un silence absolu, les détours et couloirs qui nous séparent de ses quartiers de tranquillité, là où la nature épouse la pierre en une symphonie de paix qui se repait des regards des sylphes pour toute nourriture. Une fois dans ces jardins merveilleux, je me tourne vers elle pour lui signifier :

« Merci de me recevoir, une fois de plus. J’imagine que tes allusions aux forces des sous-bassements des crocs signifient qu’Ixtli t’a mise au courant, pour le Léviathan ? Souhaites-tu davantage de détails qu’elle n’a pu t’en donner ? »

Puisque j’ignore ce que l’ondine a pu lui dire, autant lui proposer un rapport plus circonstancié, que je dresserai avec plaisir, si elle me le demande. Et à cette seule condition. Je poursuis, pour ma part, sur mes questions.

« Je pense partir prochainement à Illyria. Comme je l’avais dit, la situation presse, et mes compétences font qu’il ne sera guère un souci pour moi d’y aller seul. Cependant, et dans une optique de clarté, j’aimerais savoir si tu avais connaissance de la position actuelle des autres aventuriers ? Dois-je en attendre ? »

Et un peu plus loin, encore :

« Une fois que je serai là-bas, je serai coupé d’Ilmatar. Y a-t-il un moyen pour moi de vous contacter facilement ? Pour faire rapport de l’avancée de mon enquête, et qu’en réponse tu me donnes la situation d’ici ? »

Je lui précise :

« Jillian m’a dressé un plan général de la situation, là-bas. Mais il est une chose qu’il ne peut connaître aussi bien que toi : quels sont les termes exacts de l’accord commercial actuel entre Illyria et Ilmatar. Me serait-il possible d’en avoir une copie écrite, pour étayer une éventuelle argumentation allant dans le sens de la diplomatie ? »

Je lui en demande peut-être beaucoup, surtout si ce n’est qu’un accord de principe oral. Mais j’ai besoin d’en savoir le plus possible pour mener à bien ma mission.

[1474 mots]

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