L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Ven 11 Déc 2015 18:40 
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Les discussions allaient bon train alentour, ce qui n'était pas pour déplaire à l'elfe blanc. Une bonne ambiance était ce qu'on pouvait rêver de mieux pour l'aventure. La douce Aamu se contenta de signaler qu'elle avait simplement aperçu la reine arriver. Faëlis se figea légèrement, souriant poliment tandis qu'il cherchait comment ne pas avoir l'air stupide. C'était hélas un projet avorté avant même sa conception, aussi, il préféra passer à autre chose.

C'était apparemment aussi la pensée du milicien qui se retira sans avoir dit un mot. Il y avait comme une tension chez cette Hrist, qui semblait dire qu'elle n'était pas déçue de voir ce compagnon ennuyeux se retirer. Et cela pouvait se comprendre : n'y a-t-il rien de plus épuisant que de voyager en compagnie de compagnons silencieux et mornes, portant tout le poids d'un auto-apitoiement muet pendant tout le chemin ? Il en savait quelque chose, lui, Faëlis Nyris'Kassilian, pour avoir voyagé avec un sindel hargneux et une semi-elfe enragée !

Tout de même... Hrist... ce nom lui disait quelque chose. N'y avait-il pas eu une noble dame, fort loin d'ici, qui avait terrorisé les populations et qui portait parfois un tel nom ? Il devait s'agir de quelqu'un d'autre, car celle-ci, malgré son maintien noble, ne semblait pas issue d'une haute cour !

Mais point davantage de considération psychologique, son moment de solitude était passé comme la belle Aamu promettait de transmettre la monnaie qui convenait à Cromax. C'était tellement bête que le jeune elfe s'en voulu de ne pas y avoir pensé : sur un autre monde, les pièces ne devaient pas être frappées de l'effigie du roi Solennel ! Il leur faudrait en effet de quoi se fournir à Illyria. D’ailleurs, maintenant qu'il y pensait, un des livres qu'il avait lu mentionnait une monnaie appelée de Lys... Aamu pourait leur en dire plus. Bon, ce n'était pas que profiter des largesses de la ravissante trésorière lui déplaise !

Comme la reine se proposait de laisser un peu de temps au groupe de faire connaissance, il sourit avec ravissement à ses futurs compagnons de route. Mieux valait en effet connaître ceux qui allaient l'aider à sauver le monde ! C'était ce qui lui avait manqué au manoir, lorsqu'il avait combattu les langorans. Il ne connaissait pas ses glorieuses compagnes et la synchronisation en avait souffert. Lui qui était archer il avait dû exposer sa précieuse peau ! Le résultat était là, certes, mais il y avait du travail pour éviter de reprendre de tels risques !

Leykhsa, de son côté, assura qu'ils pouvaient bien attendre une demi-journée de plus pour que leur nouvelle compagne ait le temps de se préparer, autrement dit de rencontrer l'esprit de l'air. Ce soudain élan de sagesse chez une telle tête brûlée surprit le jeune homme. Il approuva sans discuter :

« Voilà qui est bien dit. Même si l'urgence est grande, il ne sert à rien de s'égailler à tout vent. Surtout qu'il nous manque déjà la petite Guasina et l'homme de pierre, Khalas. »

Cromax approuva aussi, affirmant qu'il ne souhaitait bousculer tout le monde. Il présenta aussi des excuses pour ses propos un peu vifs sur la lenteur des voyageurs de Niyx, affirmant qu'il ne s'était pas ennuyé lui-même. Y avait-il besoin de s'excuser pour si peu ? Sans doute pas, mais c'était tout de même agréable. Comme il questionnait l'elfe sur sa perte de sens de l'humour, ce dernier se demanda si le commentaire avait réellement eu une vocation humoristique. Si c'était le cas, un trait d'humour de la part d'un milicien était surprenant, mais sa mauvaise qualité finalement compréhensible. Faëlis rit :

« Il n'y a point d'offense ! Mais je vous assure que je n'ai chevauché que mon cheval au cours du voyage, et ce n'est pourtant pas que les femmes de Nyix ne soient pas attrayantes ! En fait, elles valent bien au moins autant que les Aigails ! »

Il joignit à son commentaire un clin d’œil coquin. Il n'avait pas été dupe des regards du sindel dont il avait vaguement entendu parler à Kendra Kâr sous le titre d'Amant de la Rose Sombre et, plus prosaïquement, de Viagra.

De con côté, Leyksha entreprit de raconter ce qu'ils savaient, notamment l'affaire du drainage, la nécessité de se rendre à Illyria et la liaison entre l'affaire et un artefact ancien qui serait entre les mains des humains. Elle semblait bien catégorique sur le sujet. D'ailleurs, Cromax interrogea sur ce qu'ils savaient, déclarant qu'il ne s'agissait pour lui que d'une hypothèse. Faëlis hocha la tête :

« En effet, gare à ne pas s'élancer sur des sentiers herbeux qui finiraient par n'être que les broussailles d'une forêt encore vierge. Tout d'abord, nous ne savons même pas si ce sont les humains qui sont en cause. Les elfes et les lutins ont eux aussi perdu leurs pouvoirs aux temps mythologiques, et ce alors qu'ils étaient très liés à Ankh Onaka, le dieu de la magie et de la sagesse. Ils ont accusé les humains de cette perte, mais pourraient bien vouloir récupérer leurs pouvoirs. Puisque c'est l'épouse de ce dieu qui a créé l'artefact, ils sembleraient tout indiqués pour le maîtriser... »

Mais il y avait plus important à mentionner ici, et il s'empressa d'ajouter :

« Cela dit, l'artefact n'est qu'une hypothèse. Un objet mentionné dans les mythes et qui n'a peut-être jamais existé. Il s'agit d'une piste intéressante, mais rien de plus pour l'instant. Un point intéressant, cependant, qui m'a raconté Aman, l'esprit de la lumière : un tel drainage s'est déjà produit par le passé, à l'époque des dieux. Il semble donc bien qu'un tel phénomène puisse avoir une origine divine. Et si tous les dieux ont disparu, l'artefact existe peut-être toujours. Bref, il semble que nous en soyons réduits à de simples spéculations. »

Cromax expliqua ensuite les troubles qui sévissaient dans la cité marchande, ce à quoi l'elfe blanc ne put qu'acquiescer. Il n'y avait pas grand-chose à ajouter. Il ajouta tout de même :

« Oui, la lutte politique semble rude entre les deux neveux du roi et un prétendu fils illégitime. L'un des neveux est partisan du commerce avec les élémentaires, mais l'autre profite de la crainte des foules envers l'inconnu. Les humains accusent toujours les élémentaires de leur avoir volé leur pouvoir. Cet homme, ce... Leodos, pourrait bien être source de problèmes, surtout s'il remarquait notre lien avec les élémentaires. »

Cela devait déjà faire beaucoup d'informations pour la nouvelle venue, il décida donc de se taire pour la laisser digérer.

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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Sam 12 Déc 2015 05:57 
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(« Je la sens poindre. ») Couina Cèles.
(« De ? »)
(« La migraine. Enfin... Si ça avait été possible. »)

Hrist observait d'un œil attentif l'ensemble des prestataires et écoutait avec beaucoup d'attention leurs dires. Ce faisant, elle se donnait une assez bonne idée de qui était qui et des relations qu'avaient les aventuriers entre eux. Hrist avait appris à lire un air dédaigneux, un regard malsain, un œil lubrique et savait relever les mâchoires serrées de colère sans soucis. Le problème étant bien là, selon sa première analyse de la situation, c'était un véritable enfer.

La Dame Pureté jetait des regards chargés de deux tonnes de mépris (une par œil) à ce jeune Elfe qui parlait si bien. C'était d'ailleurs un détail amusant, l'envie que pouvait avoir certains mâles mielleux à tourner des phrases alambiquées de deux pieds de long. Elle n'avait jamais compris ce genre de mode, bien qu'il soit assez rare de rencontrer ce genre de personnalité à Omyre, c'était un des souvenirs marquant qu'elle gardait de Bouhen. Il y avait de nombreux marchands qui s'adressaient à elle en appuyant sans hésiter sur de lourdes formules de politesse et se référant au protocole à chaque fois qu'il devait faire un geste. Bien que le phénomène ne soit pas déplaisant à entendre, il était d'un ennui mortel à la longue.

Cromax, quant à lui, et elle en était définitivement sûre, était celui qui avait passé le plus de temps ici, à Ilmatar. Il escortait la Reine arme à la ceinture et semblait avoir une connaissance assez poussée de la situation. Le second à en avoir dit autant ou presque était cet Elfe du nom de Faëlis que Cèles était incapable d'entendre sans ricaner au fond des Bracelets de l'Ombre Noire. Tous lui décrivirent la situation avec précision et annonçaient même ce qu'ils étaient sur le point de faire.

Mais un détail resta accroché au creux de l'oreille de la femme. Un détail qui était dépeint comme étant un mythe, une piste, une vague idée. Faëlis et Cromax (« Dis... Rien ne te vient à l'esprit? ») mentionnèrent tous deux un artefact. Un ancien objet datant de ce phénomène en ce monde nommé le Crépuscule des Dieux. Un nom poétique et ravissant qui annonça jadis la fin des entités Divines, des Sindels et probablement des Nains.

Hrist songea de nouveau à l'endroit d'où elle avait chuté. Ce temple en ruine au décor ravissant même après les âges. Selon Telam c'était un ancien lieu de vie Sindel disparus il y avait mille-huit-cents ans. Mais rien ne stipulait la fin de l'histoire, s'était-elle achevée par la mort des Dieux ? Ce monde était donc sous le contrôle des Élémentaires qui avaient sans doute pris le relais.
La tueuse rassembla les informations car selon elle, si des êtres magiques prenaient le contrôle de quelque chose, il fallait bien des sujets et ceux d'Ilmatar étaient probablement des descendants des Elfes Gris dont le fluide avait pris le dessus sur leur race. En tout cas, ils semblaient avoir beaucoup de points communs avec les Elfes, il n'y avait qu'à observer les lieux. Ca puait les villages Elfiques perdus derrière des forêts inviolables gardées par des centaines d'archers capable d'envoyer une flèche dans l'oeil d'un lapin à cent pas. Fort heureusement pour elle, il n'y avait pas de forêt à traverser pour rejoindre le palais. Hrist détestait ça.

Mais ses divagations l'éloignèrent du vif du sujet. Un artefact. La mort des Sindels pourrait être la cause de l'arrêt de la magie qui opérait si un Sindel contrôlait l'Artefact en question et que par l'opération d'une mauvaise incantation, il se soit tué lui et les siens en l'utilisant pour échapper à la condition Divine.

(« C'possible? »)
(« Tu parles...  Oui ça semble tenir la route ? Mais le sorcier qui incante ça est loin d'être une demi-baguette hein. L'idée ressemble un peu à ce que mettent les Dieux en pratique lorsqu'ils créent quelque chose. On dirait que quelqu'un a voulu un jour se défaire des Dieux et qu'aujourd'hui, son talisman, sa baguette, son livre ou son caillou rutilant est tombé entre les mains de quelqu'un qui n'aime pas les Élémentaires et qui veut avoir la maison pour lui tout seul. »)

L'idée était surprenante, mais audacieuse car si le monde pouvait tourner sans Dieux, alors Yuimen pourrait tourner sans eux aussi. Hrist et sa loyauté reçurent une gigantesque gifle en pleine face. Si elle était venue ici pour sauver ce monde voilà qu'on lui soufflait l'idée de s'exonérer d'une existance sous la tutelle des Grands et qu'elle pouvait les remplacer. L'espoir délirant qu'il s'agisse là d'un artefact germa dans son esprit et lui ouvrit des opportunités nouvelles. De plus, la prochaine mission donnée aux aventuriers était de se rendre à Ilyria pour y désamorcer un conflit provoqué par des humains.

Une perspective qui faisait jubiler d'avance la Sindel car si elle aimait quelque chose en particulier, c'était bien les problèmes provoqués par les humains. Ils étaient si ingénieux et téméraires à s'enfoncer parfois dans la bêtise et les erreurs grossières. De plus, le portrait parlé qu'on lui dressait été si beau, un Souverain mourant et des charognards qui se battaient pour la place si convoitée et la couronne assortie. L'idée était des plus plaisantes car Hrist savait que ça ne se terminerait que d'une façon, car si les trois belligérants n'étaient déjà pas capable de respecter un ordre établi et un héritier légitime, pour partager le pouvoir et l'argent, elle émettait de sérieux doutes.

Le départ semblait pressant car tous essayaient de partir au plus tôt tout en restant assez courtois pour ne pas trop se forcer l'un ou l'autre mais le message était passé sans heurts. Ils seraient partis avant la tombée de la nuit.

Pureté confirma les dires, elle encouragea d'une certaine façon Hrist à rencontrer le dit Esprit qui rappelait ce propos de la Reine. Hrist ne savait pas de quoi il s'agissait, Aaria avait pourtant mentionné qu'il serait nécessaire de visiter cet esprit afin de prendre pleinement possession de Muutos. Le risque en valait la peine, même si elle ne faisait déjà plus attention à l'évanescence de ses mouvements.

« J'ai effectivement entendu parler d'un drainage, comme vous le dites. C'est Telam, le Milicien qui m'en a parlé. Mais je viens à peine d'arriver en ces lieux et je dois reconnaître être un peu déboussolée face à toutes ces informations. »

Elle mordit un peu le bord de ses lèvres comme dans une moue désolée mais son petit rictus se raffermit bien vite.
« Mais il va sans dire que je vous accompagne avec plaisir, je voudrais juste rencontrer cet esprit dont vous me parlez, Aaria » Lâcha-t-elle pour la Reine, avec une note de fermeté pour dissuader un des aventuriers de la presser davantage.

Mais voilà qu'elle reprit avec un entrain plus manifeste : « Mais soyez assurés que je garderai mes questions pour la route afin que nous ne perdions pas de temps. Devons-nous attendre des... Ennuis particuliers pour entrer en Ilyria ? A combien de temps est cette ville ? »

Puis, se tournant vers Faëlis en lui adressant un regard des plus suaves elle lui dit doucement : « Soyez amour, si nous devons faire un bivouac, je crains de n'avoir que peu de vivres, j'ai tout juste quelques pommes récupérées à Tulorim. Prenons éventuellement de quoi nous restaurer. Sans avoir à faire de feu. »

Les vieilles habitudes de la femme reprenaient alors le dessus. Hrist avait passé beaucoup de temps sur les routes à user ses bottes et à se prendre des rafales de poussière cinglantes sous un vent coulis qui venait de face. Elle avait appris, souvent à ses dépends à cueillir le pignon et le champignon, le pissenlit et l'ortie, la grenouille et l'escargot et à les grignoter en marchant.
Aussi à protéger ses yeux de la lumière du soleil, extirper les tiques et les poux d'un seul coup d'ongle et vider ses bottes au réveil avant de les enfiler. Aujourd'hui, la voici à Elysian, prête à avaler de nouveau des séries de kilomètres en compagnie inconnue auprès d'aventuriers dont elle ne savait rien (« Tu es sûre que son nom ne te dit rien? ») pour une destination encore plus inconnue.

« Je suis disposée à vous suivre sans plus attendre, Aaria, une fois ceci fait, je marcherai avec les autres afin de... Régler l'incident. »


Sans s'en rendre compte, elle avait dit ça avec un ton plutôt froid mais son sourire, quant à lui, était tout ce qu'il y avait de plus sincère. A dire vrai, la Sindel était très excitée d'être ici et voyait un avenir nouveau se dessiner devant elle. Alors, si elle pouvait ajouter à ce fresque nouvelle le sang de quelqu'un, encore mieux.

(« Cromax. Ca doit bien t'évoquer quelque chose. »)
(« Vaguement... Le genre de nom qu'on murmure. »)
(« Tu crois que... »)
(« Je l'ai trouvé. »)

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1500 mots

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La petite ombre de la Mort à Elysian.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
Au milieu des cercueils,
Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


Némésis d'Heartless


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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Dim 13 Déc 2015 18:26 
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Lorsque je parle de la théorie impliquant les humains dans cette histoire, Cromax me reprend immédiatement, m'accusant de conclure un peu trop facilement et sans preuve. Ses remarques m'arrachent un léger froncement de sourcils, qui ne fait que s'aggraver quand Faëlis confirme ses propos, me faisant passer pour une parfaite idiot. Il semblerait que j'avais raison de ne pas aimer ce sindel. Il est tout aussi insupportable que ses frères.

Avant de répondre, je prends le temps de desserrer mes dents, de détendre mes sourcils, de relâcher les muscles de mon visage, de réguler ma respiration, tout ça de manière imperceptible pour ne pas laisser voir plus longtemps que j'ai pu m'énerver pendant quelques temps... Peut-être est-ce la cité des Sylphes qui fait cela, mais je n'ai pas envie de créer une querelle, pas maintenant, pas avec eux, pas là-dessus. Il est par contre nécessaire que je les reprenne, et que je leur fasse comprendre que je ne les laisserais pas me désigner comme une conne pour les faire paraître plus intelligents qu'ils ne le sont.

« Si j'avais eu une quelconque confirmation je n'aurais pas employé le terme "penser" mais "savoir", il me semble donc que le fait que ce ne soit que des hypothèses était quelque peu compréhensible. Maintenant si vous avez de nouvelles informations concernant ce drain, je vous en prie, faites m'en part. Parce que lorsque je suis arrivé ici, les soupçons étaient ouvertement portés sur les humains, et la théorie de l'artefact était ce qu'on avait de plus concret à se mettre sous la dent. Alors comme je suis partie du principe qu'il n'y avait pas de nouvelles informations disponibles, effectivement, j'ai évoqué celle-ci. »

J'ai lancé ma réplique sans colère, mais je peux sentir que j'ai échoué à la rendre exempt de toute animosité dans sa forme. Mais soit, qu'ils voient mon mépris, qu'ils comprennent que je n'apprécie pas trop de me faire traiter comme une conne.

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Merci à Dame Itsvara pour la signature


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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Lun 14 Déc 2015 16:24 
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À nos explications, la grise nous indique que le dénommé Telam l’a mise au courant de la situation dans sa globalité. Elle semble cependant ne rien savoir de plus, et avoue sans honte son déboussolage face à une telle salve d’informations. Elle confirme alors qu’elle viendra avec nous suite à sa rencontre avec l’esprit : ça va de soi. Quoi qu’en dise ou qu’en pense Pureté, qui me lance des œillades courroucées à la suite de mes propos. Elle a l’air drôlement sympathique, celle-là. Pas étonnant que Faëlis ait perdu son humour en sa compagnie. Heureusement, il semble en retrouver une pointe, et grivoise qui plus est, quand il assure n’avoir chevauché que son cheval ces derniers jours, malgré la beauté des femmes de Nyix. Dans la foulée, je lui lance, goguenard :

« Oh, pourtant je suis persuadé que de telles chevauchées ne doivent pas vous prendre beaucoup de temps. »

Un sourcil levé, un sourire mutin collé aux lèvres, ma pique peut se montrer compliment comme attaque envers ses performances charnelles. La suite de sa phrase me fait perdre cet air narquois, alors qu’il évoque, avec un regard entendu, la beauté des aigails. Je ne garde cependant le masque de la surprise qu’une seconde. Nous n’avions pas été très discrets, le premier soir, disparaissant sans plus donner de nouvelles lors de l’assemblée menée par Aaria, juste avant l’explosion du volcan. S’il savait ce qui était advenu ensuite, cette nuit-même, il ferait sans doute moins le malin. Je reprends mon air moqueur pour préciser :

« Oh, je ne m’y fierais pas. On raconte que les élémentaires d’eau, telles des sirènes, dévorent leur partenaire après l’amour. Peut-être est-ce répandu chez tous les peuples des Crocs du Monde. Ne craignez-vous pas pour les tripes de Kerenn ? »

Le sourire mystérieux sur mes lèvres, et l’assurance de mon regard, peuvent effrayer pour qui ne remettrait pas en contexte ma sentence, ou prendrait mes mots au premier degré. Je me permets un clin d’œil lointain à Aaria, afin de m’assurer qu’elle ne prenne pas mal ma boutade. Il serait inconvenant de blesser la régente ancestrale d’Ilmatar avec une pointe maladroite d’humour. Par chance, tout humour semble déterminé à se casser la gueule, puisque Pureté, que l’on pourrait même ici renommer Susceptibilité, pour le coup, rétorque qu’elle n’a en rien dit que ses assertions concernant l’artefact et sa possession par les humains étaient fondées. L’aurais-je vexée ? Il semblerait bien, même si elle fait mine de ne pas m’en tenir rigueur. L’acide perce dans ses mots, ne fut-ce que parce que ce sont les seuls qu’elle prononce alors. Elle me provoque même directement, me demandant si j’ai moi-même eu de nouvelles informations sur la question. Je balaie sa phrase d’un geste de la main, répondant à ses propos non sans plaisir de la faire fulminer.

« J’ai recueilli des informations, que je me ferai un plaisir de vérifier en arrivant à Illyria. Mais rien qui concerne le drain de magie, raison pour laquelle, en vérité, je n’en ai pas davantage parlé. Je trouve plutôt malvenu de biaiser le jugement de notre nouvelle collègue de travail en parlant en priorité d’hypothèses dont nous n’avons aucune preuve. »

J’ai beau dire ça pour provoquer, un peu malignement, son ire, mes propos sont réels, et je les pense sincèrement. La pauvre Hrist a suffisamment à ingérer pour qu’on lui laisse de côté les racontars infondés. Faëlis, parant ses propos d’une métaphore toute… elfique, j’imagine, se range de mon côté, et précise que d’autres espèces, comme les lutins et elfes, ayant aussi perdu leurs pouvoirs, et accusé les humains d’en avoir été alors responsables, sont aussi dans la course. Chose à laquelle l’esprit apparemment réducteur de la charmante encolérée n’a visiblement pas songé. L’elfe confirme la pertinence de sa présence en résumant globalement la situation politique d’Illyria, sur laquelle il semble s’être renseigné. Bien. Il est moins inutile et pédant qu’il n’en a l’air. Une bonne chose pour lui. Je rétorque à ses propos :

« Nous sommes donc au courant des mêmes informations. Je propose que nous échangions les détails de celles-ci en chevauchant vers Illyria, dès que tout le monde sera prêt. »

Un regard empreint de respect pour Hrist, un autre, égrillard, à l’attention de Leykhsa, et je me tourne vers Aamu, alors que la baronne déchue, si tant est qu’il s’agisse bien d’elle, apostrophe l’elfe lumineux éteint en le prenant pour son nouveau laquais aux basses mœurs. Elle lui ordonne, jouant la carte de la séduction suave, de faire le nécessaire pour que nous n’ayons pas à souffrir de la faim ou d’un sommeil inconfortable lors de notre trajet. N’ayant aucune réponse à ses questions sur le temps de trajet jusqu’à Illyria, ou la distance exacte qui nous en sépare, je parle à la jeune trésorière sylphe :

« Je suis prêt à vous suivre, demoiselle. Allons voir comment les sylphes s’occupent des bourses d’un aventurier licencieux. »

Un petit haussement de sourcil, un sourire gouailleur, et je m’apprête à la suivre dans la précitée trésorerie.

(Tu es incorrigible.)

(Et oui. On ne me changera jamais.)

(Ca, c’est ce que tu crois. Je me souviens du jour de notre rencontre. Tu disais pareil, alors. Et pourtant, vois comme ta vision du monde, des peuples et des idéaux a changé.)

(Il est pourtant des choses qui ne changent pas.)

Elle ne me répond plus, et je ne sais si c’est parce qu’elle réprouve ce qui se passe entre Ixtli et moi et qui, pour le coup, change plutôt fort de mes habitudes avec la gent féminine, ce qui m’aurait fait fermer mon caquet, ou si c’est parce que son attention est attirée vers autre chose. Je sens son esprit pointer vers Hrist, sans que j’en comprenne la raison.

[964 mots]

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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Lun 14 Déc 2015 17:30 
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La sindel écouta patiemment et silencieusement tout ce qu'ils avaient à dire tandis que Cromax continuait ses blagues grivoises, questionnant « subtilement » l'hinion sur ses performances au lit et déclarant qu'il soupçonnait les aigails et les élémentaires d'une manière générale de manger leurs partenaires. Il disait cela d'un air si convaincu que le jeune homme se demanda s'il ne croyait pas vraiment ce qu'il disait. Peut-être s'était-il imaginé des choses avec l'ambassadrice... mais au vu du caractère du personnage il ne pouvait qu'en douter. Il se permit de répondre à la pique :

« Mettre au défi les talents... d'équitation... d'un Nyris'Kassilian est une chose risquée... »

Il fut surpris lui-même, alors qu'il voulait lancer cela sur le ton de l'humour, de sentir une ambiguïté étrange s'en mêler. Il frissonna légèrement. Dans les ténèbres de l'esprit, il est bien des choses qui se tapissent... des choses qui restaient bien mieux en sommeil. Il préféra se détourner, ignorant la gamine qui se plaignait d'être une incomprise, comme à son habitue, pour écouter Hriste qui tirait ses conclusions. Elle avait hâte d'en savoir plus et, en attendant, souhaitait également se préparer au voyage. Elle sembla également vouloir demander des vivres à l'elfe qui se sentit légèrement dérouté. Il chercha autour de lui en quête d'un serviteur. Il n'y en avait pas. Que pouvait-elle attendre de lui dans ces conditions ? Il se contenta de répondre :

« Je suis sûr que les sylphes ont tout prévu. »

D'ailleurs, Cromax était déjà en train de préciser son intérêt pour ce qu'Aamu pouvait mettre dans ses bourses. Avec un commentaire sous-entendant qu'il aurait préférer les vider. Ce manque de subtilité était consternant, mais comme dit précédemment, il ne fallait pas s'attendre à mieux de la part d'aventuriers.

Il fit un pas en avant :

« Allons-y donc. Je viens aussi, dame Aamu. Vous serez peut-être plus rassurée de ne pas être seule en compagnie d'un homme aussi lourdement équipé que le légendaire sergent Cromax ! »

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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Mar 15 Déc 2015 14:37 
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Ilmatar – Cuisines

    Aaria’Weïla, qui regardait d’un œil amusé les échanges des mercenaires, acquiesça lorsque Hrist lui indiqua qu’elle était prête à la suivre et lui fit signe d’entrer en sa compagnie dans le palais. Ses couloirs sont de pierres blanches parsemées de statues représentant des êtres, des animaux, des scènes de légendes qui se retrouvent également sur plusieurs tapisseries accrochées aux murs, colorant les lieux et réchauffant l’ambiance du lieu. Les deux femmes croisèrent quelques Sylphes qui saluèrent la reine et la nouvelle venue de la même manière, inclinant la tête sur leur passage, et Aaria’Weïla y répondit de la même manière.

    - Vos compatriotes Yuiméniens vous ont d’ores et déjà donné quelques bribes d’informations, aussi leur ajouterai-je quelques détails, commença la reine dès qu’elles furent entrées entre les murs du palais, tout en la faisant cheminer dans les couloirs.

    « Telam vous a sans doute fait part de ce troublant drainage des fluides d’Elysian, emportant avec lui notre maîtrise et une partie de notre essence. Nous craignons qu’à terme, nous ne puissions plus protéger ces terres de ravages qu’un tel drainage entraînerait. C’est déjà arrivé 1800 ans plus tôt, lors du Crépuscule des Dieux. A ceci s’ajoute des considérations plus personnelles, car il est possible que notre être, à nous, élémentaires constitués de fluides, s’en trouve lui aussi drainé jusqu’à ce que nous voir disparaître.

    « Nous souhaiterions que vous vous rendiez dans les cités d’Elysian afin d’enquêter sur l’origine du drainage, de la trouver et ainsi l’arrêter. Aucun des nôtres ne peut mener cette tâche à bien car les élémentaires sont rapidement reconnus comme tel et toute enquête venant de notre part serait rapidement percée à jour.

    Les deux femmes sentirent lentement monter des odeurs alléchantes et rapidement elles entrèrent dans ce qui ne pouvait qu’être des cuisines. Plusieurs grands feux brûlaient dans les âtres tandis que de nombreux sylphes s’afféraient à préparer des mets. Certains levèrent les yeux à leur approche et leur adressèrent un rapide salut, mais aucun ne sembla s’étonner de l’arrivée de la Sylphide et de la Sindel. Aaria’Weïla proposa à Hrist de prendre quelques pâtisseries posées dans un panier avant d’en chiper une à son tour en remerciant l’une des cuisinières. La Reine lui proposa alors de prendre un instant pour la manger tranquillement si elle le souhaitait ou de poursuivre selon ses envies. Si Hrist souhaitait s’arrêter, Aaria’Weïla prendrait un petit verre d’alcool étrange, brumeux et glacé qu’elle proposerait à la Sindel. Il avait un goût inhabituel, légèrement sucré. Elles pourraient alors s’asseoir à une table dans un coin de la cuisine.

    Aaria’Weïla continua son exposé de la situation :

    - Pour que vous compreniez la situation actuelle, il me faut reprendre des évènements qui se sont déroulés voilà 1900 ans, ce que l’on appelle le Crépuscule des Dieux. Ces derniers, pour une raison qui s’est perdue dans les affres de la guerre, ont commencé à se quereller, emportant dans leurs croisades leurs priants et les races qui se trouvaient sur leur chemin. A cette époque, hommes, elfes, orques, et toutes les races que vous connaissez sur Yuimen possédaient des fluides et avaient la capacité de les utiliser. A l’issue du Crépuscule, ils ont perdu cette capacité et pour pallier au déséquilibre, les élémentaires sont nés, mais je m’avance.

    « Cette magie était un don d’Ankh Onaka, le dieu de la magie, l’un des rares à ne pas avoir prit parti durant cette guerre. Il fut cependant l’un des premiers à mourir et à sa mort les fluides, devenus incontrôlables, se déchaînèrent, s’arrachant de ces races qui s’en trouvèrent alors dépourvues. Ankh Onaka avait pour épouse, dit-on, Caelès, déesse mère de la terre d’Elysian, aussi les fluides lui étaient intimement liés. A la mort du dieu, l’équilibre des fluides se trouva rompu, entraînant dans ses rais une déstabilisation d’Elysian. Séismes, raz-de-marée, éruptions volcaniques se succédèrent.

    « Caelès, pendant ce temps, pleurait son époux et négligeait ses devoirs, laissant la terre ravagée et les races dépérir. Quelques rares personnes osèrent l’approcher et parvinrent à la convaincre d’agir avant qu’il ne soit trop tard. Pendant ce temps, la folie des dieux se poursuivait et un à un ils tombaient, durant un siècle. Caelès parvint à créer un artéfact qui canalisa les fluides en lui et, couplé à ses propres pouvoirs, elle l’utilisa pour nous créer nous, élémentaires, afin que nous fassions ce qu’elle ne pouvait plus faire : sauver Elysian. Nous parvînmes à canaliser les éléments de sorte à ramener le calme dans ces contrées et depuis nous veillons sur cet équilibre. Et Caelès mourut, dernière représentante des Dieux d’Elysian, car tous étaient morts plus tôt dans le Crépuscule.

    « Mais les humains nous jugèrent responsables de la perte de leurs fluides et refusèrent, jusqu’à il y a peu, d’avoir le moindre contact avec nous. Nous nous installâmes alors dans les Crocs du Monde, dans les ruines de ce qu’étaient autrefois d’anciennes civilisations, rebâtissant les merveilles qu’ils avaient pu construire et qui avaient été détruites.

    Elle fit une pause, observant la jeune femme qui se trouvait devant elle.

    - J’ai beaucoup parlé et j’ai conscience que ces informations sont assez denses, avez-vous des questions avant que je ne poursuive ?


Ilmatar – Bureau d’Aamu


    Aamu eut un petit éclat de rires aux paroles de Faëlis et de Cromax, et indiqua à ces derniers, ainsi qu’à Pureté, de la suivre. Elle les mena dans une aile du palais qu’ils n’avaient pas encore visité, surplombant la ville et ses multiples tours en contrebas. Elle les fit pénétrer dans un bureau spacieux dans lequel se trouvait, entre autres, une grande table pleine d’un fatras de papier divers et plusieurs étagères pleines de livres. Elle leur proposa de s’asseoir sur les chaises en face de son bureau et s’en alla farfouiller à l’intérieur d’un tiroir pour en sortir quatre bourses.

    - Voici des bourses de 1000 lys, dit la Sylphide avec sérieux, une avance sur votre dû final, à la fois pour vous permettre de couvrir vos frais sur place et vous donner les moyens d’acheter les informations que vous souhaiterez. En somme vous êtes libres de vider vos bourses comme vous le souhaitez. Il s’agit de la monnaie courante sur Elysian, vous pourrez l’utiliser dans n’importe quelle ville humaine et même chez certains marchands élémentaires. Vous pouvez également faire changer vos yus ici, les deux monnaies ont la même valeur.

    Elle tendit une bourse pleine de monnaie à chacun d'entre eux et en tendit une de plus à Cromax.

    - Pourriez-vous s'il vous plaît donner ceci à Hrist, vous aurez sans doute plus d'occasions que moi.


[En fait vous pouvez considérer qu’Aamu vous donne plus, pour tout ce qui est frais courants, auberges, etc que vous ne payez pas sur Yuimen, mais vous ne pourrez dépenser que 1000 lys dans les magasins d’équipement]

[Cromax – xp : 4 (posts), ajout d’une bourse de 1000 lys, ainsi que d’une seconde ;
Leykhsa - xp : 2,5 (posts), ajout d’une bourse de 1000 lys ;
Faëlis - xp : 2 (posts), ajout d’une bourse de 1000 lys ;
Hrist - xp : 2,5 (post), 1 (informations)]

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Une question ? Par ici.
Pour une demande de commentaire, de dirigé,
par là.
Pour une demande d'intervention ou de sévices,
de ce côté.


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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Mer 16 Déc 2015 03:41 
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Hrist écoutait d'une oreille attentive les racontars qui allaient bon train mais elle comprit rapidement que la sûreté des informations qu'on lui jetait à la figure de chaque côté n'était pas des plus pertinente. Le petit groupe qu'elle venait de rejoindre ne semblait pas d'accord et là où certains préféraient émettre des réserves quant à l'objectif de la mission, d'autres s'enhardissaient déjà de mettre la main sur le précieux artefact. Le but semblait clair, le détruire, mettre fin à ce mal afin qu'il ne puisse recommencer à nuire ce monde ou un autre dans quelques décennies. Mais que se passerait-il si Hrist détenait cet artefact et que vint alors le choix de le détruire ou de tenter de le contrôler ? Un tel objet devait détenir un pouvoir immense pour mettre à bas les Dieux eux même. Bien qu'elle soit très douteuse sur ses capacités à employer un tel artefact magique, elle décida quand même de garder cette idée dans un coin de sa mémoire pour le moment venu.

Ignorant les blagues épaisses des deux hommes qui se jetaient des clins d'œil appuyés à chacune de leur grossièreté, Hrist répondit d'un sourire au geste avenant et gracieux de la Reine qui l'invitait à la suivre au sein du Palais pour rencontrer cet esprit. Elle quitta les aventuriers qui quant à eux, se dirigeaient avec Aamu dans un endroit différent afin d'échanger leurs Yus en une autre monnaie. Hrist soupesa sa bourse d'un geste du doigt et grimaça sous sa légèreté.

Si ses richesses étaient mise à mal, il n'en était rien du palais d'Ilmatar. La clarté de la pierre et l'architecture aérienne ornée de colonnes majestueuses et de dorures raffinées illuminait le hall du palace tandis que chacun de ses pas lui évoquait Keresztur.

(« Et bien... C'est pas déjà moins lugubre que ton château. »)

(« Ancien domaine. »)
(« Oui, c'est vrai que désormais, tu squattes les caves d'une taverne à Omyre. AHAHA ! »)

Hrist poussa un léger soupir et s'empressa de se reprendre afin de saluer deux Sylphes qui firent respectueusement un salut de tête à la Reine.

(« C'est... Loin de ce que je m'imaginais. Une Reine je veux dire. Je la voyais mieux... »)
(« Gardée par un contingent de gardes en armure lustrée et qui marchent au pas ? C'est pour les défilés ça. Un gars tout carapacé avec une arme de vingt livres c'est pour impressionner. Tu aurais le temps de tuer le roi, le dépecer, lui couper la tête et te faire un masque avec son visage mort le temps que sa garde ne soulève son coupe-lard. »)
(« ... »)
(« Et il n'y a que toi pour imaginer qu'on puisse vivre avec une escorte armée qui t'escorte jusqu'aux latrines. »)

Hrist détourna l'attention sur une teinture de velours aux motifs dorés. Certes, ce n'était pas la première fois qu'elle voyait ce genre de chose. Elle savait qu'il était nécessaire pour les peuples d'illustrer les hauts-faits par divers moyens. Elle n'avait jamais apprécié les ménestrels, pour la femme, c'était un métier indigne, être destiné à crapahuter le long des chemins armés d'un oud pour conter des exploits antiques, selon Hrist, ce genre de métier était destiné aux vagabonds qui ne pouvant payer une nuit à l'auberge, tentaient d'échanger une paillasse sèche en échange de chanson et de danse. D'ailleurs, le Roi lui même avait ses propres valets d'amusement. Ce qui devrait dissuader les autres d'en avoir.

Il y avait aussi l'écriture, les gravures magnifiques à l'encre d'Oranan et à la plume d'oie. Elle n'imaginait pas le temps que mettait un scribe pour réaliser un parchemin, mais Hrist avait conscience de la beauté de la chose. Un scribe était difficile à trouver, les bons surtout, ceux qui savent faire chanter des mots et piquer l'imagination de chacun pour faire rêver des éveillés. C'était déjà différent de dégoiser des chansons grotesques en tripotant un crin-crin mal accordé et hors d'âge. - Elle détestait les ménestrels. -

Venait ensuite le tour des peintres et des tisseurs. L'un manipulait les couleurs et l'autre les textures. Là où le peintre colorait une image éternelle, le tisseur de ses mains parvenait à donner un relief, un petit monde de velours, de soie et de chanvre tiré à l'aiguille pour embellir une scène de guerre, de chasse ou le portrait d'un Roi et de sa famille. Ici, les Sylphes qui avaient érigé cette œuvre avaient fait preuve d'une dextérité époustouflante. La scène représentait un monde de vivants surplombés d'immenses créatures aux couleurs riches et prenantes. Il s'agissait d'une scène divine à en juger la différence de taille des personnages. Les gens ont souvent l'habitude d'imaginer leurs Dieux grands et magnifiques. L'amertume monta dans la gorge de la Sindel qui continua la marche, adressant à la teinture un dernier regard. On jugerai que les dessins bougeaient tant le tisseur avait fait preuve d'application.

La bonne Reine faisait une explication plus que bienvenue après le charivari d'informations qu'elle venait d'ingurgiter. La situation semblait assez claire, le monde perdait son sang comme l'avait souligné Cèles et l'illustration était très parlante. Aaria avait fait appel à des mercenaires, des aventuriers de tout bord afin d'enquêter en son nom. C'était donc elle, la Reine d'Ilmatar la commanditaire de sa venue ici. Probablement la seule à avoir suggéré l'initiative de faire appel à un monde extérieur et cela probablement soufflé par le général, frère de Telam qui était sans doute ici depuis plus longtemps à en juger à son titre. N'est pas général qui veut du jour au lendemain, surtout si la ville de Tulorim ne souhaite pas s'y impliquer, il n'avait donc pas une présence ici politique et diplomate. Si les fragments de l'histoire de rassemblaient doucement, Hrist émettait un doute sérieux sur la présence des humains en ce monde.

(« Si je me souviens bien, il y a de nombreux dictons de sagesse populaire Elfe, Nain, Garzok qui traitent des humains. »)
(« Comme quoi ? »)
(« Et bien que ça peut faire tout et n'importe quoi pour se désennuyer. Ou pour le pouvoir. Que ça peut réinventer la méchanceté en y ajoutant des fioritures maladroites et... Qu'ils sont mauvais joueurs ? ») Conclua Cèles.
Hrist, amusée se prit au jeu de la conversation le temps de quelques secondes. (« Oui, je me souviens un peu. Ils sont sujets à une nombre considérable d'expressions perdues et désabusées, comme '' Un humain, c'est pas très patient et ça a un sens très propre de la culpabilité. »)
(« Et ils donnent à leurs Faeras des noms à coucher dehors. Je connaissais une Faera de glace que son humain, un jeune garçon avait renommé Fleur de printemps. FLEUR DE PRINTEMPS ! Et pourquoi pas... J'en sais rien moi. Lierre grimpant. Petite rosée matinale ! Petit matin brumeux ? »)
(« C'est totalement imbécile. »)
(« Nooon mais je dis ça hein. Elle s'en remet hein. Mais c'est humain. Presque laid. D'ailleurs, elle tombera bien du même avis, cette fameuse sagesse populaire de dire que les humains, c'est bête et méchant. Dans chaque monde ou presque, ce sont les premiers à se montrer irresponsables, bornés, haineux tout ça doté d'un sens très propre de l'intérêt. Un humain, dans le fond du fond, c'est un peu comme... Une grenouille. »)
(« … Une grenouille ? »)
(« Parfaitement ! ») Conclait Cèles avec un entrain animé. (« Quand un humain devient vraiment méchant et entreprenant c'est qu'il y a dans l'air une brusque variation, un changement soudain, aussi bien le drainage de fluide que la future mort de feu le roi d'Ilyria. L'humain est un... Attention, les oreilles, une sorte d'indicateur météorologi... Enfin, du temps qu'il fait quoi. Et là, nos petits humains d'Elysian si on en suit ce que disent les trois compères, sont en train de passer en Tempête. »)
Hrist poussa un soupir intérieur, légèrement distraite par une odeur sucrée qui planait dans l'air avec la légèreté d'une crème fleurette.

(« Si je comprends bien, il faudra se dépêcher pour endiguer ce problème avant que le monde ne soit trop fragile et que nous soyons obligées de le fuir en retournant dans notre monde et condamner l'accès au Fluide avec de grosses planches et des chiens de garde ? »)
(« Voilà ! ») piailla Cèles d'un ton enjoué.
(« Mais... Une chose que je ne comprends pas. Un humain, aussi bête que ça puisse être, c'est forcément obligé un jour de comprendre qu'il faut vivre en bonne intelligence avec les autres et d'y trouver un moyen ? »)
(« Oui. Enfin, oui oui, plus tu es mortel, plus tu peux oui. C'est pour les Elfes qui vivent looongtemps que pour vivre agréablement, il faut avoir un sens pointu et développé de la futilité. Un peu comme ces teintures. Parce que pour qu'un type passe des nuits et des nuits à se ruiner la prunelle à la lueur d'une bougie pour faire un tel chef d’œuvre, c'est qu'il a à un moment donné oublié de comploter contre quelqu'un. Toute espèce douée de raison agit de même, à moins d'être suicidaire ou profondément abruti. Donc, prenons en exemple du concret, Elysian. Un humain qui ferait son possible pour déclencher une guerre dans un monde déjà en péril d’annihilation c'est plutôt du suicide, ou débile ? »)
(« C'est humain »). Ponctua Hrist décidément distraite par cette odeur de four chaud et de sucre cuit.

Aaria venait de conduire Hrist jusqu'aux cuisines. Il y travaillait de nombreuses personnes coiffées de toques ridicules et peu enviables qui s'essuyaient dans des tabliers raides de sauces et de gras. Il y avait dans des paniers d'osier des fruits intrigants et des odeurs inconnues. Quelques marmites crapotaient des volutes de fumée qui s'élevait au plafond un peu comme un écosystème dans le palais. Les gâtes-sauce saluèrent la Majesté d'un signe de tête emprunt d'un profond respect qu'elle rendit à chacun d'eux.

Hrist était impressionnée de perdre ses illusions ainsi forgées. Une Reine pour peu qu'elle impose le respect n'a pas forcément besoin de craindre les assassinats de couloir ou les tentatives de putsch. Au contraire, émanait d'elle un curieux ressentiment qui soufflait à Hrist que si quelqu'un devait mourir pour protéger ce monde, Aaria se sacrifierait la première. La tueuse chassa cette idée saugrenue de sa tête et se vit inviter par la Reine à prendre une petite pâtisserie. Affamée par son voyage, Hrist ne résista pas longtemps à l'appel de cette petite chose qui lui évoquait une tartelette ronde qui renfermait une crème jaune et épaisse qui lui évoquait vaguement une pâtisserie de Tulorim confectionnée à partir de jaune d'oeuf et de sucre.

Hrist croqua maladroitement dedans faisant tomber quelques miettes et jura qu'il n'y avait rien de plus agréable après un long voyage que de mordre dans quelque chose de chaud et de bon. On était déjà bien loin de ses rations que survie et des bandes de viande que son passeur, Fiori, faisait cuire en s'asseyant dessus toute la journée. La Reine offrit alors de s'installer et les jambes engourdies de Hrist ne résistèrent pas à la petite table et au tabouret qui s'offrait à elle. Cette Reine avait un profond sens des convenances et lui offrit même un breuvage jusqu'alors inconnu. Lorsque ses doigts se refermèrent sur le calice glacé et que son petit nez venait humer les premières odeurs, elle remarqua assez vite que la boisson était alcoolisée et qu'en dépit de l'envie, la sobriété en mission était une chose très importante. Mais elle trempa tout de même les lèvres pour irriguer un peu sa gorge sèche.

« C'est un excellent repas. » Dit-elle avec beaucoup de sobriété. « C'est.. On dirait du Shu-Shen. Un alcool de miel qui vient de mon monde. Oranan. Une jolie citée protégée par des Samouraïs. De puissants guerriers qui suivent une doctrine et un mode de vie très strict. J'ai été formée à l'art martial par ces hommes... Mais ils ont un sens des convenances moins poussé que le votre. » Puis, remarquant son erreur, elle essaya de se rattraper. « Bien que, c'est tout à fait normal. Vous êtes Reine. Enfin je ne voulais pas vous comparer aux... Bref. » Elle se cacha le nez en buvant une gorgée supplémentaire de cet alcool et croqua dans le reste du gâteau tout en attendant que la Reine ne s'assoie avant de l'imiter.

La Reine Aaria lui dressa alors un tableau historique de ce monde, mentionnant encore le Crépuscule des Dieux et les deux divinités majeures de cette époque à en croire la façon dont la femme appuyait son récit sur eux. Le Dieu de la magie et sa Déesse Caèles (« C'pas moi, juré ! »). La dernière Déesse de ce monde, déchue après le Crépuscule laissant derrière elle un monde en proie au désastre. Les élémentaires étaient donc fut un temps des exilés. Chassés des terres humaines à cause de la rancœur et condamnés à vivre dans ce qui fut des ruines, aujourd'hui, la Reine d'Ilmatar pouvait si elle le voulait, dire que le vent avait tourné. Elle aurait pu, si elle même n'était pas en danger de mort.

« Je vous en prie, Aaria. Je suis justement avide de ces informations et sachez que vos mots ne sont pas vains. Toutefois, je dois vous poser effectivement quelques questions. Combien de villes sont dirigées par les humains à Elysian ? Et concernant Ilyria, que préconisez-vous ? Qui selon vous conviendrait mieux pour conserver une paix entre vous et les humains ? Et cette jeune femme... Pureté, elle a mentionné une armée plus tôt. Vous avez déjà dû vous défendre contre quelque chose ? »

Hrist poussa un peu son verre et s'approcha de la Sylphide pour parler plus bas, après avoir jeté un coup d’œil afin de détecter une éventuelle oreille indiscrète. « Aaria... Suspectez-vous quelqu'un, quelque chose, un élémentaire ? Un humain ? Et cette menace serait-elle venue d'un autre monde comme nous l'avons fait naguère ? Et... Vous avez également dit que je devais rencontrer un esprit afin de.. Maîtriser mon muutos. Qu'est-ce qu'un esprit ? Est-ce une sorte de rémanence de fluide latent qui date du Crépuscule ? »
(« Pfuah. Vl'a qu'elle se met à causer comme un bouquin. Tralalala, que vous eussiez, Ô Majesté la bienséance d'éclairer ma lanterne d'ignorance afin que de part votre lumineuse sagesse, les insectes de la connaissance viennent faire danser leurs petites membranes ailées dans une parade nuptiale de connaissance autour de moiiii. ») Ricana la Faera devenue très expressive depuis son arrivée sur ce monde.

Hrist étouffa un sourire et ajouta, plus sérieuse : « Aaria, je ne voudrais pas m'avancer ni vous mettre mal à l'aise... Enfin, quand je demandais si un élémentaire pouvait être lié à ce genre de catastrophe. Je veux juste m'assurer de ne pas mettre de côté la moindre piste afin d'éviter d’aggraver les choses. A quoi dois-je m'attendre à Ilyria ? Puis-je me rapprocher de quelqu'un qui a votre confiance ? »

Hrist se redressa doucement sur le tabouret et termina son verre d'un trait, prête à boire les paroles de la Reine.

Cèles quant à elle, était plutôt passionnée par la beauté imperturbable de la Sylphe. Il était vrai que la femme faisait une excellente impression. Non seulement, ses sujets semblaient l'adorer et la respecter mais en plus, elle se mettait à leur hauteur, loin de demander des interminables séances de doléances où elle ferait semblant de hocher la tête en écoutant les pleurs de tel ou tel manant qui viendrait la perturber entre deux activités moins ennuyeuses.

(« C'est vrai que ça change, par le passé, les Roi étaient plutôt dans leur coin. A entretenir une cour composée de maîtresses et de compagnons de chasse. D'ailleurs, ici ils ne risquent plus vraiment de vénérer qui que ce soit, si les Dieux sont morts. C'est déjà une bonne chose, un Roi qui ne croit pas ou qui n'aime pas la chasse par chez nous, c'est presque un crime de lèse-Majesté. Car quand il n'est pas en train d'écouter des sermons oniriques, il cavale après des bestioles. ») Commenta Cèles.
(« Je ne pense pas que ça soit la mode, par ici. Ilmatar semble être un havre. Je n'ai pas vu le moindre mendiant, le moindre cadavre de caniveau, le moindre seau de merde jeté par la fenêtre qui retombe sur un état de fruits ou de légumes terreux qu'un traîne-misère à la mauvaise haleine viendra acheter pour nourrir ses chiards rachitiques. »)
(« On sent que tu aimes la poésie, toi. Tu es assurément sensible des jolies choses. Les belles villes, les hautes tours blanches, les teintures dorées qui fêtent un événement resplendissant, les cadavres décomposés dans les caniveaux couverts de fiente... Non vraiment... Charmant. Fin. Très fin. »)

Malgré cette ville aux reflets merveilleux plantée là dans ce décor féerique, Hrist se rappela de l'amertume qu'elle ressentait aux Crocs du Monde. Il y avait beaucoup de sentiments en cette terre, quelque chose de triste et de colérique. Quelque chose de latent et d'indicible comme une hargne patiente qui se montrait prête à attraper la gorge de la première proie qui passerait à sa portée. Hrist était consciente que sa paranoïa lui porterait préjudice, mais Cèles confirma à sa façon le sentiment que sa maîtresse avait des Crocs du Monde.

(« Tu sais, quand ils ont été chassés par les humains, les élémentaires ne devaient pas être... Enfin, ils souffraient quoi. Et la douleur ce n'est pas soluble dans le temps et les âges. Tu te souviens du temple Elfe ? La douleur y a stagné, formé une grosse flaque triste et y croupit des années durant. Elle calcairise, se fossilise mais elle perdure tandis que les vestiges de tout ce qu'elle emportait de bon s'évaporait. Comme quand on récolte du sel dans l'eau saline évaporée. Sans doute pour ça que les revenants hantés et les morts vivants ne poussent pas des cris de plaisir en agitant joyeusement leur guenilles. Que ça soit des humains ou de quelqu'un d'autre, quelque chose hurle à la vengeance dans ce monde, j'en suis presque sûre ! »)

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3000 mots

_________________
La petite ombre de la Mort à Elysian.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
Au milieu des cercueils,
Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


Némésis d'Heartless


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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Mer 16 Déc 2015 16:13 
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Les deux elfes mâles continuent leurs plaisanteries mal venues encore quelques temps, s'échangeant des piques que je préférerais ne pas comprendre à tour de rôle, c'en est navrant. Je décide de ne pas leur prêter attention, du moins pas quand ils parlent de ça pour me concentrer sur la nouvelle venue. Elle prend le temps d'assimiler les informations que nous lui donnons avant de se tourner vers la reine et de lui proposer de finalement aller faire la connaissance de l'esprit. Bien, ainsi nous ne seront que plus rapidement partis – étant donné que les deux autres ont également proposé d'attendre quelque peu, je ne me débarrasserais de toute façon pas d'eux, alors à quoi bon.

Cromax me reproche de donner des hypothèses que nous n'avons pu vérifier... alors même que ces hypothèses nous ont été données par les sages habitants mêmes de cette cité. Il commence à m'énerver, mais je préfère ne pas répondre. Il se tourne ensuite vers la trésorière pour lui dire être fin prêt à l'accompagner jusqu'à la trésorerie d'Ilmatar, non sans une petite remarque grivoise, évidemment. Faëlis vient à la rescousse de la Sylphide et, naturellement, je viens me joindre à leur groupe lorsqu'Aamu nous fait signe de la suivre.

Commence alors une longue traversée du château à travers des ailes que je n'avais pas vues lors de ma première venue ici, jusqu'à arriver dans un grand bureau quelque peu bordélique - il y a des papiers partout sur le bureau, mais je suppose que c'est normal pour une bureaucrate. Elle nous fait signe de nous asseoir et je prends place sans plus attendre sur une chaise face à son bureau. Il s'est passé beaucoup de choses aujourd'hui, et je dois avouer que la perspective de poser mes fesses est plus que bienvenue. Entre ma rencontre avec l'esprit, la découverte de ma magie et mon entraînement à celle-ci, la fatigue commence à se faire sentir, quoiqu'elle est plus émotionnelle que physique.

Aamu nous tend à chacun une bourse contenant, selon ses dires, mille lys, qu'elle décrit comme une avance sur notre paiement. La devise étant de la même valeur que le yu, c'est plus d'argent que je n'en ai jamais vu au même endroit : je suppose qu'ils ont l'intention de nous payer grassement pour nos efforts. Enfin, je ne suis pas là pour l'argent, pas du tout, mais pouvoir améliorer mon équipement en chemin ne sera pas du tout de refus. J'aurais peut être moins l'air d'une idiote avec une véritable armure sur le dos plutôt que ma tenue de mauvaise qualité. Je sais bien que je ne suis qu'une archère, mais on est jamais à l'abri d'une attaque pour autant.

J'observe la seconde bourse à ma ceinture, celle concernant mes yus : la trésorière nous dit que l'on peut les faire changer en lys ici, mais je ne suis pas certain que ce soit nécessaire pour moi, il n'y a que des clopinettes là-dedans, rien qui ne mérite cette perte de temps. Mes compagnons de route, cependant, quelque chose me souffle qu'ils auront largement de quoi se couvrir de yus d'ici quelques minutes. Ils sont tous les deux biens habillés, distingués (pour ne pas dire efféminés), ils me font bien trop penser à des bourgeois pour que leur porte-monnaie soit aussi vide que le mien.

Diantre ! Diantre... fait chier, même. Je vais devoir passer les quelques jours suivants en leur compagnie, après avoir supporté celle de l'Hinïon et de l'insupportable Kerenn ? Cette perspective ne m'enchante pas vraiment. Mais que faire d'autre ? Je tenterais de discuter avec la dénommée Hirst plutôt qu'avec eux, tant pis. Et puis... suis-je vraiment certaine que ce Cromax est si terrible que ça ? Je devrais peut-être tenter de clarifier les choses, au risque de les aggraver – mais bon il commence déjà à m'insupporter, le risque est faible.

« Cromax ? » l'interpellé-je. « Pourquoi m'avez vous fait un clin d’œil tout à l'heure ? Est-ce que nous nous connaissons ? »

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Merci à Dame Itsvara pour la signature


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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Mer 16 Déc 2015 16:50 
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Faëlis a ça pour lui : sous ses airs de fiotte pédante, il ne se laisse pas faire. Du nobliau chaste et pudibond, il n’en a que l’apparence, car s’il ne fait que légèrement me rabrouer sur mes plaisanteries concernant ses performances, teintant sa réponse glorifiant sa famille d’une nouvelle pointe d’humour rappelant la mienne, il n’hésite en aucun cas à poliment envoyer Hrist sur les roses avec sa demande déplacée. Il ne se laisse pas faire, le petit. Je l’avais méjugé initialement, décidément. Il ne devait pas être en forme, lorsqu’il est arrivé sur Elysian. Ou tout ce beau monde nouvellement découvert a pu le perturber et le faire se porter pâle. Bien qu’être pâle, pour un elfe blanc, ne signifie pas grand-chose.

À ma grivoise plaisanterie à la plaisante Aamu, il rétorque qu’il nous accompagne de même vers la trésorerie, argumentant sa venue d’une escorte faite à la jeune sylphe pour la protéger de mon… lourd équipement. Je pouffe sous cape à l’envoi, tout comme la jeune femme qui n’hésite pas à rire ostensiblement aux galéjades elfiques de notre cru. Du peu que j’avais pu en voir, et puisque j’avais rencontré les deux en même temps, mon impression était on ne peut plus équitable, je préférerais encore qu’Aamu nous accompagne et que Pureté reste à compter les Lys de la Cour élémentaire plutôt que l’inverse. Elle semble bien plus sympathique, facile à vivre et… engageante. Ce qui pour une mission de diplomatie, est toujours préférable. Leykhsa a beau avoir tous les atouts pour se mettre en avant et donner une très agréable première impression, elle semble ne pas les mettre en avant, ou les gâche en tout cas par un caractère aussi revêche que maussade. De celles que les mômes, lorsqu’ils sont ensembles, finissent par charrier d’être toujours seules et exclues alors qu’eux rient et s’amusent en chœur.

Enfin bon, nous devrons nous y faire. Au pire abandonnerons-nous la à Illyria, où elle ira pester de son côté pendant que nous œuvrerons à notre enquête. Je n’en ai cure, et n’aurai aucun mal à m’habituer à sa présence, même si l’inverse me semble davantage compromis.

Nous suivons donc tous trois la trésorière alors qu’Aaria emmène l’elfe grise vers, sans doute, les jardins, afin de lui faire passer l’épreuve de l’esprit du vent. J’espère qu’elle sera prête rapidement : le temps d’empocher la monnaie locale, de préparer mes affaires pour le voyage et de saluer une dernière fois la douce Ixtli, et je me mettrai en route, qu’importe qui sera prêt alors. À propos de l’elfe grise, je me tourne mentalement vers l’esprit de Lysis.

(Qu’avais-tu donc à la scruter de la sorte ?)

(Il me semblait que… que… non, rien. Rien de bien important.)

Étrange. Je me demande ce que Lysis aurait bien à suspecter à une personne ainsi fraîchement rencontrée, qui n’a même pas pris la peine de m’adresser directement la parole. Je hausse les épaules et me concentre sur la marche, plutôt courte, que nous menons vers l’endroit où les fonds pécuniaires des élémentaires sont gardés. Nous nous rendons ainsi dans une aile du palais que je n’avais pas encore vue, malgré mes furetages deux nuits plus tôt. Nous pénétrons ainsi dans un bureau, aux meubles chargés de paperasses et d’ouvrages littéraires divers, évoquant sans doute plus les grandes théories économiques que les livres romancés et légendaires de l’ondine à la peau si douce. Je reste debout alors qu’elle nous propose de nous asseoir, les mains appuyées sur la chaise à l’assise en cuir qu’elle vient de me proposer. Je ne suis pas le genre d’homme à m’asseoir à un bureau, quelle qu’en soit la raison. Et si je gage que Faëlis adore user ses fonds de culotte sur les sièges de velours des cours de ce monde, il me semble, à sa décharge, que Pureté est du genre à être plongée dans l’action également. Elle n’a pas non plus que des défauts. Enfin, peut-être. Après, quel genre d’action… ça ne regarde qu’elle, et je ne me permettrai pas de les suspecter sans un témoignage ferme de sa part.

(Encore que… je la verrais bien dans certaines actions, la petite.)

(Outrancier malotru.)

(Je sais, oui.)

Elle s’assied tout de même au bureau, et attend Aamu tout à son tour. Après qu’elle ait farfouillé ses tiroirs et ôté de ceux-ci quatre lourdes bourses tintant des écus qu’elles contiennent, la trésorière nous les tend. Un pour Faëlis, un autre pour Pureté, et… deux pour moi. Je la regarde, circonspect, sourcil droit relevé. L’explication vient d’elle-même, sans que je n’ai eu à la demander : la part de la grise. Elle me la confie, et comme l’a annoncé Aaria plus tôt, ce n’est pas une somme dérisoire, sans même me connaître plus que ça. Un excès de confiance qui, de la part d’une trésorière, est du plus malvenu. Enfin, j’imagine qu’elle se dit qu’il serait improbable que je la lui dérobe. Les sylphes ne semblent après tout pas à court de revenus, vu ce qu’ils escomptent payer les aventuriers pour la résolution de l’enquête. Une petite voix en moi me dit que tout cet or finira de toute façon dans notre poche, que nous réussissions ou non. Si nous découvrons l’origine du drainage et y mettons fin, nous aurons notre récompense. Sinon… il nous suffira juste de nous servir copieusement dans ces salles avant de fuir ce monde condamné. Des pensées que je rejette très loin sitôt qu’elles pointent leur nez dans mon esprit.

(C’pas moi, pour une fois !)

Et pourtant, ça serait bien son genre d’y songer. Finirait-elle, comme elle le prétend, par déteindre sur moi ?

Aamu nous explique que cette somme est une avance sur notre paie finale, donc, et qu’elle nous permettra de couvrir nos dépenses lors de notre voyage dans la cité-état humaine. Elle précise qu’en sus d’être notre pourvoyeuse de monnaie, elle sert aussi de bureau de change. Je lance, sur le ton de la plaisanterie :

« Tant de rôles responsables pour une même personne ! J’espère que ce poids n’accable pas vos frêles épaules. »

Je laisse mon regard courir sur celles-ci, à la peau pâle, avant de revenir sur son doux visage, non sans une moue séductrice plus singée que réellement engagée. Je me plais à jouer le séducteur, ne fut-ce que pour faire bisquer davantage Pureté et ses principes éculés. Pourtant, contre toute attente, alors que nous empochons tous trois notre dû, la jeune femme à l’arc m’interpelle pour me demander la raison d’un clin d’œil que je lui aurais fait plus tôt, se demandant si nous nous connaissons. Je ne me souviens même plus d’en avoir fait un, mais… Sans doute est-ce vrai. Je réponds, d’une voix insouciante :

« Oh, n’en prenez pas ombrage. Mes clignements n’ont aucune valeur contractuelle : je les fais sans même y songer. Une marque de sympathie que j’octroie bien volontiers aux gens qui présentent bien. N’y voyez aucun affront. »

Autant ne pas éveiller inutilement la bête en elle : parlons-lui avec tact et prudence. Sur un ton égal, je poursuis.

« Quant à nous connaître, je ne crois pas. Mais peut-être avez-vous déjà entendu parler de mes aventures. Certaines sont assez populaires. »

Je pense bien sûr à mes frasques libidineuses à Kendra Kâr. Subrepticement, bien sûr, et davantage concernant sa présence éventuelle lors de cette orgie charnelle à la taverne des sept sabres que pour les aventures précitées. Celles-ci, je les détaille pour la remettre en contexte, au cas où. Il est vrai qu’il n’est pas simple de mettre un nom sur des faits notables, parfois.

« Il est vrai qu’il est assez rare qu’un aventurier fasse s’écraser l’île d’entraînement des Treize d’Oaxaca sur le nord de Nirtim, faisant s’ébranler le continent, ou sorte vivant des Enfers de Phaïtos après avoir exploré des contrées éloignées peuplées de dangereux dragons. »

Je jette un coup d’œil à Faëlis, ponctuant mes propos d'un petit rire visant à la simplicité. Lui qui siège sûrement dans certaines cours de Nirtim, il doit certainement avoir entendu parler de ces faits, les plus notables sans doute de mes aventures, bien que pas forcément les plus significatifs pour moi. Loin de me vanter pour me faire mousser, j'aime en rire pour préciser implicitement que je n'ai absolument pas la grosse tête, mais que ces actes font partie de mon vécu, et m'ont forgé comme je suis. Je conclus :

« Votre nom, cependant, ne me dit rien. Et je gage que si nous nous étions rencontré précédemment, je n’aurais pu oublier votre visage. »

Le compliment est un art que j’aime manier, mais qui ne sert pas qu’à séduire. Enfin… Qui ne sert pas qu’à une séduction ayant un but amoureux ou érotique. Pour renforcer cet effet désengagé, et passer à autre chose sans m’attarder plus sur la question, je me tourne vers Aamu à nouveau, et pose sur le bureau une lourde bourse de yus. La quasi intégralité de ma fortune emportée. Je garde quelques réserves sur moi, au cas où, et je sais qu’un bas de laine m’attend à la maison des dépôts de Kendra Kâr. Je ne risque pas grand-chose en faisant les choses en grand.

« Voilà trente mille yus. Auriez-vous suffisamment pour me les changer en Lys ? Tout homme a son prix. Et c’est particulièrement vrai chez les humains. Mais je gage que ceux que nous devrons convaincre ne sont pas de ceux qui se satisfont de peu. Cet or sera ma meilleure clé pour ouvrir les portes qui pourraient nous être closes. »

Je ne compte pas tout sur l’argent, bien sûr, l’investissement étant plutôt gigantesque, mais autant avoir un joker à sortir en cas de coup dur. Je ne comptais initialement pas mettre mes pairs au courant de ces riches possessions, mais… c’est un gage de confiance, finalement, de ne pas leur cacher. S’il arrive quoique ce soit à cet argent, ils devront en répondre avec sincérité. On ne vole pas impunément Cromax. Le cadavre d’une orque insouciante en témoigne, pas loin de l’ancien chantier naval d’Omyre.

[1680 mots]

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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Mer 16 Déc 2015 17:59 
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Aamu les mena tranquillement vers le palais. Les couloirs étaient toujours aussi lumineux, et ne portaient déjà presque plus de séquelles de l'éruption. Il fallut un certain temps pour arriver à la trésorerie, où elle leur remit une bourse bien remplie de ces fameux « lys ». Elle proposa même d'en changer quelques-uns en plus. Faëlis était très occupé à détailler les meubles relevants d'un fort bon goût. Il se demandait s'il y avait une salle du trésor quelque part, mais visiblement, il faudrait se contenter des tiroirs de comptabilités de la jeune sylphe. En ces lieux, elle apparaissait clairement comme une véritable femme noble assurant une fonction importante. Soudain, il se dit que ses commentaires, et ceux guère moins subtiles du sergent de Tulorim, pouvaient tout de même froisser une dame bien éduquée, même si elle le cachait. Il se glissa près d'elle :

« J'espère, demoiselle Aamu, que nos jeux ne vous dérange pas. Il est bon de se détendre un peu en ces heures sombres... mais soyez certaine que le sort de votre monde reste dans notre esprit ! »

Pendant ce temps, le sergent s'était mis à discuter avec la semi-elfe, se vantant d'avoir détruit une île, d'être revenu de l'enfer... L'île des Treize... Faëlis en avait vaguement entendu parler, mais apparemment, les faits s'étaient déroulés pendant qu'il était prisonnier du manoir. Pour ce qui est de cette histoires aux enfers, il l'avait entendu raconter à Cuilnen, bien sûr, mais il avait peine à croire que ce soit possible. Cela dit, le personnage était auréolé de mystères autant que de légendes et cela restait fort possible. L'elfe blanc pouffa légèrement devant le déluge de hauts-faits et fit une révérence exagérée :

« Messire, vous oubliez votre plus grand exploit : je ne connais personne qui pourrait porter le poids d'une telle modestie sans mourir écraser ! »

Puis, se redressant, il admit :

« Tout cela semble irréel, mais je l'ai déjà entendu raconter en Anorfain. Même s'ils ont pu être enjolivés, ces récits ne peuvent que provenir d'exploits hors du commun. Mais maigres faits d'armes seront sans doute oubliés qu'on parlera encore de vous. Je ne saurais dire si c'est une chance d'être ainsi lié à la mémoire collective des peuples de Yuimen... »

Comme le héros légendaire échangeait une somme mirobolante, estimant qu'elle pourrait servir à acheter des informations, l'hinion hocha la tête et tendit sa propre bourse :

« Hélas, pauvre noble désargenté, j'ai beaucoup moins à mettre au service d'Elysian. Mais vous pouvez changer ces mille yus. Il serait dommage de s’apercevoir que notre expédition à échouée pour une poignée de monnaie ! »

(((442)))

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L'homme de toutes les femmes, la femme de tous les hommes
Lampadaire officiel de la quête 32

Le thème de Faëlis


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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Mer 16 Déc 2015 18:32 
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Cromax semble presque surpris lorsque je fais allusion d'un clin d’œil. Comme s'il avait oublié. Comme si ce n'était pas important. Les mœurs de ces gens de la ville seront toujours un mystère, pour moi. Mais peu importe, il me dit qu'il les fait presque machinalement, qu'ils ne signifient pas grand chose, peut-être ne devrais-je donc pas le juger si hâtivement. Il est vrai que les hommes ont un fort penchant pour la séduction, mais cela ne veut pas dire qu'ils cherchent à mettre dans leur lit toutes les femmes qu'ils rencontrent. Je décide donc d'accorder une chance à ce Sindel, ne serait-ce que parce que je chevaucherais peut-être très bientôt à côté de lui pour un long moment. Il n'y a aucune raison à ce que je ne tente pas de rendre le voyage plus agréable.

Mais il ne s'arrête pas là, après cela il me dévoile être plutôt connu de part le monde. Je me demande bien à quel point. N'est-ce que de la frime, ou est-il véritablement une célébrité ? A vrai dire, je dois avouer ne pas être une experte en personnages célèbres, je ne me souviens pas du nom de la reine de l'Anorfain et j'ai mis un bon moment à retenir celui du roi de Kendra Kâr ; je ne m'intéresse en général que peu aux événements du présent, ils ne me concernent pas. Du moins, ils ne me concernaient pas. Pas jusqu'à Elysian.

Mais les fables qu'il vient me conter sont tout à fait impressionnantes : la chute d'une île volante entière sur le continent de Nirtim (l'événement me rappelle vaguement quelque chose), la sortie des Enfers, des combats contre des dragons... Si c'est ne serait-ce qu'à moitié vrai, effectivement, c'est impressionnant. Et l'Hinïon semble le croire. Si on l'écoute, ces événements sont légendaires dans la capitale elfique. Après cela, Cromax clôt le débat d'un compliment sur mon physique, que je décide de ne pas mal prendre, pour une fois. Puis je réalise. Des Enfers ? Je me redresse immédiatement, alerte.

« Vous êtes allé aux Enfers ? Dites moi, comment était-ce ? Qu'y avez-vous vu ? Comment en êtes-vous sorti ? Il paraît qu'il y a des portails y menant, est-ce comme cela que vous vous y êtes rendu ? »

Mon flot de paroles m'effraie presque. Moi qui suis d'ordinaire si muette, voilà que je me mets à déblatérer à la vitesse de l'éclair. Je prends quelques secondes pour reprendre subrepticement mon calme avant de reprendre.

« Vous avez visité les contrées du Seigneur Phaïtos et en êtes resorti vivant. Si vous me disiez comment vous avez fait, je pourrais peut-être... faire de même ? »

La mention du nom de mon Dieu a mis quelque temps à faire son chemin jusqu'à mon esprit – sans doute la preuve que ma fatigue commence à prendre le dessus – mais je suis maintenant avide d'information. C'est décidé, peu importe s'il attend Hrist ou non, je suivrais ce Sindel lors de son voyage jusqu'à Ilyria. Je veux savoir tout ce qu'il sait sur les Enfers. Tout ce qu'il sait sur Phaïtos. Et puis, s'il a été capable de tels exploits, peut-être l'ai-je effectivement mal jugé ? Peu importe, de toute façon, qu'il soit un con ou non, je veux savoir ce qu'il a à dire.

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Merci à Dame Itsvara pour la signature


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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Sam 19 Déc 2015 19:34 
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Ilmatar - Les Jardins

    Aaria’Weïla sirotait sa boisson en écoutant les paroles de Hrist et esquissa un sourire à l’issue des premières.

    - Il n’y a pas de mal. Jillian, mon général, m’a parlé de cette ville, Oranan, et, étonnamment, il a eu la même remarque que vous sur cet alcool, le tuuli. Nous le distillons à partir d’une plante qui ne pousse qu’ici, un cadeau des Golems.

    Elle écouta les questions de Hrist en grignotant sa pâtisserie, une sorte de petite tartelette constituée de petites baies très rouges.

    - Il y a quatre villes principales appartenant aux Humains, Illyria et Valmarin sont les plus importantes, ensuite vient Sihle (qu’elle prononça Shilé) et finalement Arden. Il existe ensuite des clans et des villages plus petits, mais de bien moindre importance.

    « Concernant Illyria… Si j’ai fais venir des personnalité extérieures à Elysian et d’horizons si divers, c’est à la fois parce que je ne pouvais pas envoyer d’élémentaires enquêter sur place et que je préférai ne pas avoir affaire aux humains d’Elysian, ne sachant pas d’où vient la menace, mais aussi parce que je souhaite un regard neuf sur la situation. Un regard qui ne soit pas orienté par le prisme des élémentaires et de notre point de vue, que je sais être bien réduit, et qui pourrait voir des choses que nous ignorons. Aussi je préfère ne pas vous donner d’avis préalable et laisser votre regard neuf, du moins autant que faire se peut.

    « Voici ce que je peux vous dire : la situation politique est délicate. Les élémentaires n’ont de lien qu’avec une seule cité humaine, via les accords commerciaux qu’elle possède avec Ilmatar : Illyria. C’est, économiquement, la ville la plus puissante d’Elysian, car il s’agit d’un carrefour commercial de premier choix, mais elle est balayée par des troubles politiques, car le roi avec lequel les accords ont été conclus est mourant et refuse de nommer un successeur. Elle attise la convoitise des autres Cités-Etats. Quant à celles-ci, soit elles sont trop lointaines pour que nous fassions du commerce avec elles, soit elles voient nos fluides comme une menace, une inconnue sur laquelle ils n’ont aucune maîtrise et refusent de traiter avec nous, ou encore préfèrent rester en autarcie. Je demanderai à Jillian de vous faire parvenir avant votre départ une liste de nos contacts à Illyria. A ma connaissance, aucun élémentaire n’est impliqué, mais là encore, je puis rien garantir avec certitude.

    Elle marqua une petite pause, avant de poursuivre.

    - Les élémentaire n’ont jamais eu à combattre de grande forces armée, guère plus que des escarmouches à nos frontières, mais les Crocs du Monde ne sont pas un endroit assez attractif pour les humains. Trop sauvage. En réalité, nous n’avons jamais eu de véritable armée rangée avant l’arrivée par hasard de Jillian, il y a de cela une dizaine d’année. C’est lui qui a prit en main toutes nos armées et a fait de nos guerriers et de nos mages de véritables soldats.

    « L’Esprit que vous allez rencontrer s’appelle Terhenetar. Il est… une incarnation du fluide du Vent. Le fluide personnifié, si je puis dire. Suivez-moi, je vous emmène dans son Antre.

    Une fois qu’elles eurent terminé, la Reine se leva et mena Hrist jusque dans les jardins. Ces derniers étaient constitués de buissons fleuris, touffus, de fleurs et de grands arbres, le tout savamment orchestré pour donner une impression de foisonnement chaotique néanmoins agréable à l’oeil. Elle s’engagea sur un sentier s’enfonçant parmi les arbres.

    Elle s’arrêta devant un petit portique de pierres blanches qui s’enfonçait dans ce qui semblait laisser place à une forêt entièrement naturelle, composée de sapins et de feuillus qui se recouvrirent petit à petit de neige là où les plantes du jardin étaient aussi fleurissantes qu’un matin de printemps.

    Elle s’arrêta et sorti un pendentif qu’elle tendit à Hrist.

    Image


    - Voici un Pendant d’Uraj. Il vous permettra de vous transporter presque instantanément, une fois par jour, dans un lieu d’Elysian que vous avez déjà visité. Il vous suffit de penser fort à lui en ayant le pendentif en main. Chacun des autres yuiméniens en possède un.

    « A présent, je vous laisse poursuivre seule vers l’Esprit, il s’agit d’une rencontre personnelle. Si vous avez des questions, cependant, je suis toute ouïe.

    Ce disant, elle fit un geste indiquant le sentier qui s'enfonçait toujours plus dans le bois.

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Une question ? Par ici.
Pour une demande de commentaire, de dirigé,
par là.
Pour une demande d'intervention ou de sévices,
de ce côté.


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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Dim 20 Déc 2015 00:04 
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Localisation: Derrière Cromax
La Reine d'Ilmatar était des plus fascinante. Il semblerait qu'autour d'elle règne une sorte de confiance absolue, le tout étroitement lié à une douceur naturelle, presque naïve. Là où les serviteurs brimés pourraient être tremblants à attendre le moindre signe de contrariété de leur maître, les voici souriants et de bonne volonté. Ce spectacle sciait complétement la tueuse qui découvrait quelque chose de nouveau. Hrist avait toujours été forgée sous la tyrannie, qu'il s'agisse là de la sienne ou de celle des autres. Sa première rencontre avec le Seigneur Xenair en était un exemple marquant.

Elle se souvenait encore du moment où, en passant la porte, elle vit un solide gaillard implorer le maître Assassin de l'épargner et comment celui-ci, d'un geste souple et rapide avait tué l'homme. Le regard du cadavre, la tête plongée en arrière avait croisé celui de la tueuse qui n'avait rien oublié de la scène. Les maîtres avaient toujours un sens très particulier de l'intérêt, c'est ce qu'elle avait gardé comme leçon, voyant l'assassin du Fauconnier, dont la dépouille fut jetée par la fenêtre pour être dépouillé par des Sektegs et des Garzoks, sans plus de cérémonies.

Elle chassa d'un revers de la main ses souvenirs houleux et de l'autre main, appuya son petit menton pour observer la Reine sans rien perdre de ses mimiques et de sa façon de se comporter. Elle avait là une grande personne devant elle et secrètement, jalousait un rien la Reine d'Ilmatar. Cette dernière découlait encore ses précieuses informations, cela permettant à Hrist de dresser mentalement un schéma plus clair des opérations à mener.

Hrist tâcha de retenir de tête les villes dressées par les humains, Ilyria était la plus grande d'entres elles et c'était aussi, selon Sa Majesté, le précieux axe commercial que devait convoiter Tulorim et par extension, la Reine et ses Supérieurs de l'ombre. Mais qu'en était-il de sa mission ? Elle devait accompagner le Seigneur de l'Ombre et lui prêter main forte pour assurer la réussite de ses objectifs mais qu'en était-il de lui ? Hrist n'était pas encore sûre qu'il s'agisse bien là de Cromax, même si ce nom ne lui était pas inconnu, les faits relatés ne semblaient pas correspondre à un des Lieutenants d'Oaxaca, plutôt le contraire.

Hrist se remémora aussi la carte confiée par Telam et se souvint de la présence d'une mer séparée par une péninsule où se trouvait la fameuse Ilyria. Elle supposa une présence navale importante et repensa immanquablement à son Capitaine, Von Klaash qui aimait à brailler sur tous les toits que lors d'une guerre, la suprématie marine était un pilier important de la réussite et qu'il n'y avait que, pour le citer " Ces connards de mange-merde de cul terreux pour en douter ".

Bien qu'ici, la notion de guerre soit encore approximative, le portrait qu'on lui dressait évoquait plus la situation d'une guerre civile complexe et profonde qu'une véritable bataille.

(" Le problème est que si nous arrivons trop tard... Et que le Roi est déjà mort, il faudra prendre le conflit en cours de route avec les complots qu'on imagine déjà, mensonges, meurtres... Un Royaume sans héritier c'est la porte ouverte au saccage. Je vois d'ici des fratricides et des assassins à la petite semaine qui vont tenter de se faire un nom. Sans parler des prétendants au trône qui vont essayer de rallier à leur nom et leur cause tous ce qui se fait de noble et de puissant. Je me demande d'ailleurs comment on pourrait désamorcer tout ça.")

La femme imaginait déjà des rues en proie aux émeutes et aux incendies, aux soldats incapables d'endiguer les assauts répétés et maladroits d'une bande de citoyens ulcérés et en armes. Un frisson délicieux traversa alors son échine et Hrist en fut alors persuadée.

Elle adorait le chaos qui s'apprêtait à régner en maître absolu ici.

Elles se levèrent de concert.
" Bien sûr, il me tarde d'ailleurs de rencontrer ce fameux Jillian. Telam a vaguement fait référence à son frère."

Le doute concernant Telam laissait une marque amère et désagréable dans l'esprit de Hrist. Elle ne lui faisait pas confiance et son silence laissait planer l'ombre d'une odieuse trahison car elle savait par expérience qu'un homme forcé à grandir dans l'ombre d'un des siens finissait très souvent par basculer du mauvais côté de l'histoire. Et quelle histoire !

La Reine continua avec Hrist la brève marche qui séparait les cuisines chaudes à la froideur de l'extérieur. Un jardin entouré des hauts murs du Palais, dans celui-ci avait poussé un petit écosystème entretenu avec une maîtrise étonnante, donnant là l'aspect de sauvage sous la tutelle d'un entretien qu'elle devinait régulier. Il y avait de beaux arbres, des buissons gras qui vivaient à l'ombre des feuillages, quelques fleurs plus timides qui se protégeaient de la neige pour permettre à leurs pétales de ne pas brûler, ce n'est que par l'absence manifeste de champignons et de mousse grasse que Hrist devinait à quel point l'entretien qu'on apportait aux jardins était respectueux de la nature et de ce côté sauvage, à l'image des Crocs du Monde, mais qu'il y apportait également une maîtrise assez stricte pour rentre les promenades accessibles.

A son tour, la Reine tendit quelque chose à Hrist qui offrit ses mains pour récupérer le présent. Au bout d'une cordelette de cuir aux reflets bleu marin, un pendentif. Ou plutôt, si on s'en tenait à l'aspect solide et peu esthétique de l'objet, un artefact. La Reine le présenta comme le Pendentif D'Uraj, Hrist ne se souvint pas avoir entendu malgré toute son attention un tel nom et ne pu l'identifier à quoique ce soit, mais grâce à ce précieux objet, elle pourra se rendre instantanément dans un lieu de ce monde qu'elle aura déjà pu visiter, faisant de ce pendentif un objet stratégique de taille que chaque Yuiménien pouvait employer.

Hrist engagea une petite révérence et remercia la Reine qui s'apprêtait à prendre congé, laissant là la Tueuse, prêter à rencontrer ce fameux esprit dont on lui parlait depuis son arrivée.

" Merci Aaria, mais vous avez déjà tant fait pour m'aiguiller. Sachez que j'ai entendu vos mots et respecterai mes engagements auprès de vous lorsque le moment viendra. " Elle se redressa et continua avec un sourire amusé
" Il est donc temps pour moi de rencontrer ce fameux Esprit. Une fois ceci fait, je me rendrais séance tenante à Ilyria pour y apporter mon regard. "

Elle avait failli continuer en disant " et pour prendre les mesures nécessaires face à la situation " mais s'était résigné. Hrist savait qu'avant ceci, elle devrait se concerter avec le fameux Cromax afin d'établir un semblant de plan à supposer qu'il ne soit pas parti avant qu'elle même ne soit prête.

(" J'ai déjà ma petite idée... ")
(" Moi, j'pense que tu devrais faire attention à ce petit Elfe Blanc. Ils ont l'air de s'entendre comme larrons en foire, ces deux cochons là. ")
(" L'Elfe Blanc n'est pas une menace... S'il devient trop regardant sur mon petit manège... Et bien. C'est tout de même un monde hostile. Et dangereux. Un accident peut arriver plus vite qu'il n'y paraît. ")
(" Et pour la donzelle boudeuse ? ")
(" Même chose. Quoiqu'elle ne semble pas porter ni l'un ni l'autre dans son cœur. Ils semblent étrangers mais ne nous égarons pas. Ce n'est pas tous les jours qu'on peut rencontrer l'Esprit du vent... Ou de quoique ce soit d'ailleurs. Tu crois qu'il ressemble à quoi ? ")

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1200 mots

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La petite ombre de la Mort à Elysian.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
Au milieu des cercueils,
Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


Némésis d'Heartless


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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Dim 20 Déc 2015 16:36 
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Ilmatar - Bureau d’Aamu

    Aamu écouta avec intérêt les paroles de Cromax, et, même si elle ne devait pas comprendre toutes les allusions, n’en saisissait pas moins l’importance. Cependant, à sa demande d’échanger 30 000 yus, la jeune femme pâlit perceptiblement en regardant Cromax comme s’il affabulait. Mais lorsque la bourses tomba sur la table, elle semblait s’être fait une raison.

    - Et bien… Cela va faire un petit trou dans le trésor de la reine, mais je suppose que si vous ne menez pas cette mission à bien, le trou n’aura aucune importance, alors que si vous la menez à bien, il sera largement comblé…

    Elle prend la bourse entre ses mains, peinant clairement sous son poids, tout en écoutant les paroles de Faëlis.

    - Le rire est une façon d’expier le mal, lui répond-elle avec un sourire, vous devriez voir les Jeux Ekhii… Aussi vos badinages ne me dérangent-ils pas, ils me font rire.

    Elle s’en va alors dans la pièce attenante à son bureau et y disparaît durant quelques instants en les laissant discuter avant de réapparaître avec une bourse tout aussi remplie que la précédente qu’elle pose devant Cromax.

    - Les voici, 30 000 lys. Et les 1000 pour vous, Sieur Faëlis.


Ilmatar - La Clairière

    - Vous le rencontrerez sans doute, dit la Reine avec un sourire en parlant de Jillian. Telam et lui sont deux êtres bien différents.

    Ses yeux se teintèrent un très bref instant de sollicitude avant de reprendre leur éclat.

    - Je vous en prie, merci à vous de venir nous prêter main forte.

    Elle inclina la tête et fit signe à Hrist de s’engager sur le chemin. Si cette dernière tournait de nouveau la tête, elle ne verrait que le vent là où s’était trouvée la Sylphide.

    Alors que Hrist s’avançait sur le chemin boisé, elle pu sentir et voir la neige s’épaissir, alourdissant les branches des arbres, recouvrant les quelques rares fourrés qui parsemaient le chemin. De part et d’autre le vent sifflait autour d’elle, un vent froid et vigoureux qui semblait jouer avec ses mèches de cheveux. Lentement, la jeune Sindel acquis la certitude qu’elle ne se trouvait plus vraiment à Ilmatar, sans pour autant avoir quitté les lieux. Elle se trouvait dans un monde étrange, celui de l’Esprit du vent.

    Le vent se fit plus fort, et il lui sembla entendre un murmure :

    « Femme aux deux vies… »

    Ce murmure, presque imperceptible, sembla repris par de multiples voix et à chaque chuchotement, il semblait emprunt d’une signification, d’un sens différent. Femme qui a connu la Mort, femme qu’une faera habite, femme aux doubles jeux, femme…

    Devant elle se trouvait une clairière au centre de laquelle se trouvait un gros rocher à côté duquel s’étendait un plan d’eau gelé pourvu de quelques roseaux tout aussi gelés. Une brusque bourrasque de vent souleva l’épaisse couche de neige qui maculait le sol et les flocons s’élevèrent gerbes avant de retomber, laissant apparaître une sombre silhouette. Elle était d’une taille semblable à celle de Hrist, et, alors qu’elle s’approchait, elle pu en distinguer les détails. D’abord sa taille, fine, et ses habits noirs rehaussant la pâleur de sa peau. C’était la silhouette d’une femme qui se tenait, gracile, parmi les bourrasques de vent, qui aurait presque parut fragile s’il n’émanait pas d’elle une certaine dureté. Lentement, elle distingua ses traits, ceux d’une Sindel, l’exacte réplique des siens. Un seul détail différait cependant. Ses yeux étaient verts.


[Hrist, je t'envoie un mp avec plus d'explications. Cromax, Faëlis et Leykhsa, vous pouvez discuter entre vous pendant mon absence.]

[Cromax – xp : 2,5 (post) ;
Leykhsa - xp : 1 (post) ;
Faëlis - xp : 0,5 (post) ;
Hrist - xp : 5 (post), 2 (post), 1 (informations)]

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Pour une demande de commentaire, de dirigé,
par là.
Pour une demande d'intervention ou de sévices,
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 Sujet du message: Re: Ilmatar - Cité des Sylphes
MessagePosté: Dim 20 Déc 2015 18:26 
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Aamu reste un instant interdite alors que je pose sur son bureau la bourse contenant une grosse partie de ma fortune personnelle, et sans doute la plus grosse somme personnelle qui lui ait été donné de voir de sa vie d’intendante des finances, au vu de son expression extatique lorsqu’elle la saisit pour la soupeser. Incrédule, d’abord, puis impressionnée ensuite, elle commente en disant que ça fera sans doute un beau trou dans le trésor régalien de la noble cité d’Ilmatar, mais que ce trou serait sans peine comblé si j’arrivais, à l’aide de mes compagnons d’aventure, à résoudre la pesante situation. Sans quoi le trésor tout entier ne suffirait pas à sauver les élémentaires, si riches qu’ils soient. Très bien. Nous sommes donc sur la même longueur d’onde, elle et moi, et nous comprenons de manière tacite. Je vois en elle une professionnelle : elle ne babillera pas plus que de rigueur sur la petite fortune que je lui laisse en échange de ses Lys. Souriant, sans me départir d’une certaine confiance en moi, je prends la parole en réponse aux siennes.

« S’il advenait que je doive laisser la vie durant cette enquête, confiez ces yus à Aaria avec ces termes : Ils offriront une porte de sortie à tous les élémentaires qui voudront se réfugier sur Yuimen, fuyant un monde où le Lys n’aura plus aucune valeur. »

Mes propos, s’ils émettent une sombre prescience, se veulent néanmoins encourageants : ils ne sont là que pour la forme, et tout dans le ton l’exprime. Je ne compte pas mourir ici. Aucunement, même. Et les Sylphes ne seront jamais obligés de devoir choisir une telle extrémité. Mais déjà, la mignonne s’est tournée vers Faëlis qui se défend de nos badineries humoristiques en les raisonnant d’une fuite émotionnelle d’une situation dramatique. En soi, il n’a pas tort dans le fond, même si… le révéler oralement avec une explication si pointue s’avère bien futile. L’essence même d’une badinerie est la façon dont l’interlocuteur le prend à sa manière, sans être au courant de toutes les règles du jeu, ou s’il l’est, en ne le révélant pas. Aamu, décidément délicieuse, assure qu’elle n’en tire aucun ombrage, comprenant nos motivations profondes, et les associant à des jeux Ekhi dont jusqu’ici, j’ignorais tout.

(Lorsque tout ceci sera fini, il faudra que je me plonge un peu dans leur peuple flamboyant. Il m’a l’air tout bonnement pétillant.)

(Je ne saurais t’en dissuader, je lui trouve moi-même plus d’un intérêt.)

Tu m’étonnes. Tous les avatars du feu sont-ils donc pareils ? Ma question mentale résonne dans mon esprit alors que mes yeux se perdent sur les courbes d’Aamu, qui s’en va à la recherche de mon dû. Et de celui, bien dérisoire, de Faëlis, puisqu’il faut l’aborder pour être totalement exhaustif. Lorsqu’elle passe la porte de la pièce attenant à son bureau, je laisse là ma muette admiration pour le pouvoir envoutant de la gent féminine pour me reporter sur une autre membre de ce groupe aussi hétéroclite que perturbant : Pureté. Non sans percer d’un nouveau trait d’humour piquant, Faëlis a confirmé mes propos, non sans m’encenser davantage encore que je ne l’ai moi-même fait, et la jeune femme en semble profondément interloquée. Au point de se redresser de son auguste séant pour écarquiller les yeux, et s’enquérir tout aussitôt de précisions sur ces aventures passées. Elle dirige son interrogatoire vif sur ce qui semble le plus la toucher : ma visite aux Enfers.

Décidant de profiter de l’absence d’Aamu pour combler la curiosité de la jeune et jolie demoiselle au caractère si revêche, je me lance :

« Je suis allé aux Enfers, oui. Mais je vous déconseille vivement de faire de-même. Ce sont des régions sinistres et dangereuses, tout à fait inhospitalières. Je ne dois ma survie qu’à mon expérience avancée du combat, et à celle de mes compagnons. »

Tout en parlant, je me remémore ces instants forts en stress de mon existence. Des instants qui avaient disparu de ma mémoire, après en être ressorti, mais qui me sont revenus, petit à petit, non sans l’aide de Lysis.

« Nous avons été accueilli dans une vaste pleine remplie de morts-vivants répugnants qui nous assaillaient en hordes nombreuses, souhaitant sans doute nous faire rejoindre leur clan, perdus dans les limbes. Nous en tuâmes des centaines avant de parvenir à les fuir, éclatés dans diverses zones que nous pensions plus sécures. »

Il va de soi que ce n’était là que la première difficulté. Je poursuis.

« Ce n’était pas le cas, bien sûr. Après avoir failli être absorbé par un visage géant formé de multiples essaims de mouches, et esquivé des grottes aux trous sans fond où les morts souhaitaient nous entraîner, nous nous sommes retrouvés dans une caverne où une démone infernale mettait au monde de son ventre gonflé de multiples abominations souhaitant se repaitre de notre chair. »

Voilà pour la liste, fort résumée, de nos péripéties en ces sombres lieux. Et encore, je suis passé sur nombre de détails sordides, et sur ce que les autres ont pu vivre, ne me cantonnant qu’à ma propre expérience, en compagnie de Lillith et Daïo.

« Mais le maître des lieux, le grand Phaïtos, a su se montrer magnanime. Lorsqu’enfin nous trouvâmes son antre, il daigna nous recevoir en personne. Il offrit à notre groupe une vie. Une âme d’un défunt qu’il voulait bien ramener à la vie. Nous nous décidâmes sur l’un de nos compagnons tombé au combat. Mais nos peines ne s’arrêtèrent pas là. Pour nous punir de notre intrusion en son Royaume, et nous permettre de sortir de celui-ci en prouvant notre vaillance, il nous fit combattre son champion. Un géant cornu au corps rougeoyant léché de flammes incandescentes. Lorsque nous le mîmes à bas, esquivant les coups de son arme létale, il consentit à nous libérer et me récompensa même, en souvenir de ce passage fortuit au Pays des Morts. »

Je dégaine la Rapière ténébreuse qui pend à mon côté pour la présenter, maintenant la garde et lame posée sur mon autre main, à Pureté.

« Un cadeau divin d’une grande valeur, qui m’accompagne depuis lors dans la moindre de mes aventures. »

Je la laisse contempler un instant l’arme, tout en répondant à la dernière de ses questions.

« Nous avons découvert le seul passage connu menant aux Enfers, lors de cette expédition visant à explorer Verloa., un continent pour le moins inhospitalier. Mais par volonté de ne pas vour voir succomber à une tentation qui signerait votre mort, je préfère garder pour moi son emplacement exact, si vous n’y voyez aucun inconvénient. »

Je me tourne ensuite vers Faëlis, pour répondre, enfin, à sa remarque préliminaire.

« Ainsi, voyez-vous, noble Hinion, quand on a vécu de telles choses, les notions telles que la modestie ou la fierté s’effacent pour n’être plus que le récit d’actes concrets s’étant déroulés. Ça peut paraître vantardise, pour qui ne les a pas vécu, mais ce ne sont pourtant que des mémoires, que l’on décide ou non d’exposer aux oreilles curieuses. Et je ne pense pas me vanter, c’est la première fois que je dresse un récit aussi détaillé de mes aventures dans l’outremonde. »

Je laisse là mes paroles volubiles, laissant le crachoir à mes pairs alors qu’Aamu revient pour dispenser ses Lys, dont je m’empare sans demander mon reste, empochant dans ma besace ce qui me permettra d’obtenir ce que je veux, ou presque, à Illyria. Ou du moins l’espéré-je.

[1252 mots]

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