Je revenais de cet incroyable voyage au sein du monde du Vent et de son esprit avec une motivation redoublée. Il fallait que je m’arme de ce courage car le périple risquait d’être dangereux. J’espérais pouvoir me fondre dans la masse lors de l’enquête sans que personne ne s’aperçoive de ma nature véritable.
J’arrivais devant le portail qui m’avait conduit à rencontrer l’Esprit au même moment que Méraxès et le regardai d’un air extasié. J’entamai la discussion et lui parlait de cette fabuleuse rencontre si riche en enseignements. Je lui décrivais également L’Esprit du Vent, un loup majestueux doté d’une grande sagesse et qui reflétait toute la grâce du vent, son désir ardent de liberté.
« Il est de plus en plus évident que Rana m’a guidé ici afin que j’agisse tel son Hérault et que je brave les menaces pour sauver ce monde en danger. » Méraxès me répondit que la rencontre avec l’Esprit de lumière fut également une source de connaissances et en appela à la lumière de Gaïa qui l’avait illuminé en ce jour mémorable.
Ilmarien se tenait toujours là et quand nous arrivâmes à sa hauteur il nous notifia que la Reine nous attendait tout en exprimant son désir que nos rencontres fussent intéressantes.
« Merci Ser Ilmarien, la rencontre fut parfaite en tout aspect. Ne perdons plus de temps à présent si la Reine nous attend. »Je commençais à marcher d’un pas énergique et prenait le temps de penser de nouveau au futur. Bien sûr j’avais peur, cette émotion primaire me susurrait d’arrêter de croire en cette déesse factice, qu’il était plus prudent de retourner dans l’auberge du pied levé, d’y retrouver Talic le tenancier et la sérénité. Pourtant, je sentais ma foi en Rana ancrée au plus profond de mon cœur, de mon âme. Depuis que j’avais embrassé cette religion ma vie avait enfin un véritable sens. Je n’étais plus le Sinari isolé sur lui-même, qui ne savait quoi faire de son destin. J’avais appris à aimer la vie ainsi que la liberté et toutes ces valeurs qu’il me fallait maintenant défendre dans ce monde qui m’était étranger.
Je regardai le ciel et pensai à Anar. Notre rencontre avait été brève elle aussi, pourtant j’en étais sorti grandi, comme maintenant avec l’Esprit.
(Serais-tu fier de moi ?)J’espérais que oui et continuait de marcher à la faveur du soleil. Je pénétrais le jardin qui une nouvelle fois m’enivra par ses fragrances délicates et délicieuses et me baissai pour cueillir une fleur aux pétales en forme d’étoile. Je l’installai sur mon oreille alors qu’Ilmarien flanqué de Méraxès me dépassait soudain. Je me pressai de les rejoindre et nous cheminâmes pendant une dizaine de minutes pour arriver à l’entrée du palais. La Reine était en compagnie de l’homme, Kalas dont le visage m’était familier et le golem végétal. Les autres personnes présentes m’était inconnu.
Je distinguai un homme plutôt svelte dont le visage était caché par un foulard noir et recouvert d’une large capuche. Il était en compagnie d’une femme affublée d’une ample chemise et d’un bas brun dont la peau tirait vers un jaune clair. Ses cheveux se voyaient remplacés par une multitude de nageoires flottant dans les airs. Son expression à l’instar de son camarade de route était joyeuse, ouverte sur le monde et ses habitants. Cette malice dans les yeux m’évoquait celle de l’Esprit du Vent et cette pensée me fit sourire.
Je m’approchai pour les saluer chaleureusement, me présentant, quand une autre femme arriva alors. Son air impassible tranchait avec celui de l’Agail. Son port était altier et une large cape recouvrait tout son corps à l’exception de ce visage opalescent, encadré par de longs cheveux lisses à la teinte argentée, sur lequel figurait un tatouage au-dessus de deux yeux couleur ambre.
La reine la présenta comme étant Yuralria, ambassadrice d’Ishtar avant de tous nous regarder. Un fin sourire ornait comme d’habitude sur son visage tandis qu’elle déclama d’une voix pleine d’assurance ô combien elle était heureuse que des aventuriers tel que nous agissent pour le bien d’Elysian et des élémentaires avant de montrer les chevaux qui se tenaient non loin de loin. Ils me paraissaient très grand mais heureusement je vis un poney qui m’était sans doute destiné. J’avais peur de tomber d’un cheval mais sur un poney cela devrait aller.
La reine continua de parler, évoquant les vivres et la carte retraçant les points de repères et villes du monde. Elle termina en s’adressant à Méraxès et moi, nous expliqua qu’elle nous avait donné des pendants d’Uraj, sorte d’objet magique pouvant téléporter son possesseur et une personne en plus au maximum dans un lieu connu mais qu’il ne fallait surtout pas l’utiliser en cas de stress car le risque d’échouer était trop important.
Elle termina en s’adressant de nouveau à tous, précisant que l’Agail, Ixtli allait nous accompagner sur une partie du voyage jusqu’à Illyria si c’était toutefois notre destination. Je m’avançai et remerciai chaleureusement la reine, lui jurant une nouvelle fois que j’allais tout faire pour accomplir ma divine mission avant de me tourner vers Méraxès et de lui demander où il voulait aller. Je me sentais responsable de ce jeune homme et préférait le suivre à travers ce monde inconnu. Il me répondit qu'il comptait aller à Aetherhyt et je hocha la tête en signe d'accord.
J’allai ensuite flatter l’encolure du blanc poney qui devait me servir de monture, lui glissant des mots avec un ton doux et affectueux. Il s’ébroua alors et j’eus une bonne idée. Je fouillai dans le sac à la recherche d’un condiment et y dénicha une carotte que je donnai avec joie à mon poney qui l’avala très rapidement. Je lui flattai une nouvelle fois le cou et sentit alors la surface rugueuse de la bride que je préférai retirer. J’enlevais également la selle, je savais que cela allait me faire souffrir, que les cahotements de la route deviendraient peut-être insupportables mais je préférai épargner au maximum mon fier destrier.
Une fois débarrassé de la source d’embarras, je montai sur le poney quand l’homme masqué proclama d’une voix forte qu’il fallait y aller tout en s’assurant auprès de la Reine et de ses conseillers que les frontières étaient surveillées.
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