L'Univers de Yuimen


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 Sujet du message: La cour des duels
MessagePosté: Jeu 26 Jan 2017 10:29 
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La cour des duels (ou cour des héros)


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La cour des duels est l'un des plus anciens bâtiments de la ville. Elle a été bâtie au même moment que le château lui même. Cet endroit est chargé d'histoire mais également de mystère. Laissé à l'abandon depuis des décennies, il s'éteint lentement au fur et à mesure que ses murs s'effritent. Toutes les entrées sont scellées par de lourdes chaînes dont les clefs ont été perdues. Le délabrement avancé des murs rend l'escalade dangereuse. Les gardes ont pour ordre d'arrêter quiconque tenterait de pénétrer en ces lieux de toute façon.

Ceux qui, malgré ces obstacles, parviendraient à entrer dans l'amphithéâtre seraient sans doute bien déçus. Plus petit que la nouvelle arène de Kendra-Kâr le lieu n'a rien d'étincelant. Le sable autrefois doré de l'arène se mêle maintenant à la poussière et aux gravats dans des teintes grisâtres. Les tribunes tombant en ruine pouvaient accueillir près de cinq mille spectateurs, prouesse technique pour l'époque mais qui représente moins de la moitié du monde qui peut désormais contempler les spectacles dans la nouvelle arène. Seule preuve de la gloire passée, quatre imposantes colonnes de marbre sont encore debout, formant un large carré dans l'arène. Curieusement, le temps semble ne pas avoir pas eu d'emprise sur elles. Dessus sont gravés en lettres d'or les noms des combattants qui se sont illustrés dans la cour des duels.

A sa construction, il ne s'écoulait pas une semaine sans qu'un nouveau nom ne s'ajoute à la longue liste. Le monument eut une époque de grande gloire qui lui valut d'ailleurs son nom officieux de "cours des héros". L'endroit était un lieu de rencontre pour tout un peuple. Les spectacles étaient gratuits et chacun venait, peu importe son extraction sociale. C'était une zone neutre. Les pires scélérats y côtoyaient les plus nobles figures de la ville. Aucun larcin n'était jamais commis dans l'enceinte du monument. Une loi fut même ratifiée, interdisant les arrestations au sein de l'amphithéâtre. La trêve tacite des lieux fut alors officielle. Cependant, dès les combats finis et les murs des arènes franchis, les règles revenaient. La milice essaya à plusieurs reprises de coincer des bandits connus de l'époque aux portes de la cours des duels. Ils n'y parvinrent jamais, les hommes de l'ombre disparaissaient toujours par des endroits inconnus des gardes.

Puis, un jour, tout s'arrêta. Un matin on trouva les entrées fermées et verrouillées. Il n'y eut aucune déclaration officielle et aucune explication ne fut fournie. L'ordre avait été donné par le roi de l'époque et nul ne sut jamais pourquoi. Le temps passa et tout le monde sembla se désintéresser de la question. Aujourd'hui, des milliers de personnes passent tous les jours devant ce monument tombant en ruine sans même lever les yeux. Seuls quelques anciens se rappellent de sa gloire d'antan. Pourtant, derrière ses apparences mortes, la cour des duels n'est pas encore totalement éteinte. Certaines nuits, pour ceux qui savent prendre le temps de les entendre, de mystérieux bruits proviennent de l'antique arène, tels des échos du passé...

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 Sujet du message: Re: La Cour des Duels
MessagePosté: Jeu 9 Fév 2017 23:56 
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Je fus réveillé par un petit gémissement plaintif près de mon oreille. J'ignore comment mais une fois de plus Dexter m'avait retrouvé. Encore sur le ventre je tournai mollement la tête vers mon petit compagnon. Il salua mon retour à la réalité par un petit cri de joie. Je tentai de me redresser mais une douleur fulgurante me traversa. La flèche du capitaine me faisait terriblement souffrir. En gémissant je parvins à me relever avec une extrême lenteur. Je ne pouvais pas beaucoup m'appuyer sur ma jambe droite mais je tenais debout.

Je regardai autour de moi pour me faire une idée du temps qui s'était écoulé. Le tumulte qui m'avait accompagné dans mon sommeil avait cessé et le soleil avait avancé dans le ciel. J'avais du rester assoupi environ trois heures. C’était un repos bien mérité. Debout je pouvais voir la grande place qui s'étendait en contre bas. La vie avait repris son cours normal, la milice comme les dockers s'étaient dispersés. Le soleil n'allait pas tarder à se coucher et le lieu commençait à se vider. En claudiquant je fis demi tour pour faire fasse à la cour des héros dont m'avait tant parlé mon grand-père.

Je me trouvai deux mètres au dessus de la plus haute rangée de gradin. L'arène s'étendait sous mes pieds. L'endroit était gigantesque. Le temps n'avait pas non plus épargné l'intérieur que l'extérieur du monument. Toutes les tribunes étaient fissurées et couvertes de poussière. Il manquait des marches aux escaliers et des blocs de pierres étaient tombés jusque l'arène. Le sable se mêlait à la poussière, formant un ensemble uniformément gris. Pourtant l'endroit était grandiose.

J'étais le premier à contempler ce spectacle depuis près d'une décennie. Alors que j'avançais prudemment dans un escalier l'ensemble me fit me sentir minuscule. J'étais le seul être vivant dans un lieu conçu pour en contenir des milliers. Alors que le vent soufflait entre les places vides je ne pus qu'imaginer la grandeur passée de cet endroit. Le bruit qu’avait du causer le rugissement, poussé comme une seule voix, d'un millier de spectateur. Le silence précédent la fin d’un combat et finalement les acclamations pour le vainqueur.

Je n'avais jamais été un grand fervent des combats en arène. Ma rencontre avec Hélios n'avait fait que transformer mes sentiments en aversion pour cette pratique. Cependant ce lieu n'avait rien d'une arène clandestine. Devant un tel endroit je ne pouvais que saluer la grandeur des gladiateurs. Les comptes de mon grand-père prenaient soudain un tout nouveau relief. J'eus un sourire et une larme coula sur ma joue alors que je m'arrêtai à mi-chemin. Je restai là un instant, Dexter sur mon épaule se blottissant contre mon cou, juste à m'imaginer que mon grand-père s'était assis à l'une de ces places. Je l'imaginai dans sa jeunesse, juste à côté de ma grand-mère.

C'était la première fois que je pensais à elle depuis mon second départ de la maison. Je la revis malade telle que je l'avais quittée. La vérité était que je l’avais abandonnée. J’avais essayé mais je n’avais juste pas pu rester auprès de cette femme qui ne me reconnaissait plus. Cette même femme qui m’avait bercé alors que je n’étais encore qu’un nourrisson, celle qui pendant des années avait préparé tous mes repas, celle qui m’avait appris à coudre, à différencier les plantes, à compter et avait tenté de m’enseigner les lettres, celle qui presque tous les soirs jusqu’à mes treize ans m’avait raconter les légendes des temps passés, celle qui m’avait par ses comtes transmis le gout de l’aventure comme à ma mère avant moi. Cette femme ne voyait en moi plus qu’un inconnu. Je n’avais pas pu le supporter.

Je sentis une autre larme couler le long de ma joue. Je la laissai glisser. Je me mis à pleurer. Ce fut comme une vanne qui s’ouvrait en moi. Les larmes se mirent à couler en un flot continu. Je restais debout, incapable de m'assoir ou d'avancer. Je pleurai.

Ce fut Dexter paniqué qui ma ramena à la raison en poussant des petits cris plaintifs. J'essuyai mes larmes d'un revers de manche et tout en le caressant je lui promis que j'allais bien. C'était vrai, je me sentais mieux. J'avais encore une flèche plantée en moi et j'étais sans doute recherché par la milice Kendrâne mais j'étais plus serein. Retrouvé ma mère était une douce folie. Il était temps que j'arrête les frais et que je rentre à la maison pour accompagner ma grand-mère jusque la fin. Je lui devais bien ça.

J'étais entrain de réfléchir à un moyen de rejoindre les docks quand soudain une petite créature apparut à quelques centimètres de mon visage. Je fis instinctivement un bond en arrière. J'avais oublié que j'étais encore dans un escalier. Mon pied buta sur la marche supérieure et je manquai de tomber sur les fesses. Une vive douleur me rappela que c'était la pire chose à faire. Dans un effort désespéré je tordis mon torse de manière grossière à mi-chemin de ma chute. Au moment où Dexter sautait de mon épaule, je finis par me rétamer sur le côté. Je me retins du mieux que je pus de mon bras gauche.

Mon impact au sol souleva un léger nuage de poussière. La flèche plantée en moi m'empêchait de me tourner et de me relever. Mon arc était coincé dans mon dos et inaccessible. Mon bras gauche était pris entre mon corps et le sol. De ma main libre je me saisis de mon poignard pour faire face à la mystérieuse apparition. Les particules dans l'air m'empêchaient de voir distinctement. Une mince lueur émanant directement de son corps me permettait de la distinguer grossièrement.

La créature ne devait pas être plus grosse que ma tête et flottait doucement, se rapprochant de moi. Les poussières bougeaient plus vite à son approche, s'éloignant à toute vitesse. Comme si cette chose était entourée de vent. Elle finit par émerger du mince écran qui nous séparait et je sentis un courant d'air frais sur mon visage. Le vent venait bien de la chose.

Je pouvais maintenant parfaitement distinguer ce qui me faisait face et je compris pourquoi ses traits m'avaient semblé troubles. Il ne s'agissait en réalité que d'une boule flottant devant mon visage. La sphère avait les contours troubles et changeants. Elle émettait une faible lumière blanche. Au mouvement que la poussière faisait autour d'elle je compris que de légers courant d'air parcouraient sa surface. Je la teins à distance à l'aide mon couteau. Je ne comprenais pas ce qui était en train de se passer et j'étais totalement incapable de bouger.

Alors que je pensais que la situation ne pouvait pas prendre une tournure plus étrange, la chose s'adressa à moi. Elle avait une voix de femme. Je voyais sa surface vibrer au fil de ses propos et de ses intonations. Quand elle eut finit elle s'effaça simplement, à la manière d'un nuage dispersé par une légère brise. Je restai un moment immobile et bouche-bée.

Ce n’est que lorsque mon bras gauche commença à me faire mal que je pensai à bouger. Je rangeai mon couteau et me contorsionnai pour me redresser. Je finis par me retrouver sur mes deux jambes. Je mis un moment avant de réaliser ce qui venait de se passer. Je jetai un rapide coup d'œil mais il ne subsistait aucune trace de la boule qui venait de me parler. La douleur que je ressentais dans la fesse droite était trop réelle pour qu’il s’agisse d'un songe. Ce qui venait de m'arriver était bien réel. Je fis un effort de concentration pour me rappeler exactement tous ce que la créature m'avait annoncé.

Elle avait été envoyée par ma mère qui était détenue et en danger de mort. Quelqu'un me recherchait dans le temple de Meno. Cette personne avait des informations importantes pour moi, concernant ma mère et son passé. Pour m'y rendre je pouvais emprunter une porte cachée. J'arriverais dans une salle. De là un autre passage me mènerait directement dehors. Elle s'était évanouie en affirmant que rentrer à Shory maintenant ne servirait plus à rien.

C’est presque machinalement que je suivis les ordres qui m’avaient été donnés. Je n’avais rien à perdre et de toute façon il fallait que je trouve un moyen de sortir d’ici. Le couloir indiqué était semblable à tous les autres. Je guettai avec appréhension pour trouver la pierre dont m'avait parlé la chose. Je m'arrêtais net lorsque je la vis, le temps avait moins laissé sa marque sur elle que sur ses voisines et un œil était clairement dessiné dessus. Je m'approchai de la pierre située deux rangées au dessus et trois colonnes plus à droite, comme on m’avait dit de la faire. Je posai doucement la main sur la roche, elle était en aspect totalement similaire aux autres. J'effectuai une légère pression et elle s'enfonça avec un petit déclic.

Je reculai d'un pas alors qu'un mécanisme se mettait en mouvement. Un pan de mur recula légèrement et coulissa vers la droite. Devant moi se révéla une salle minuscule. Ce qu'avait dit la chose était vrai. Sans doute tout le reste l'était aussi. Ma grand-mère était donc morte. Curieusement le premier sentiment qui me vint fut une sorte de soulagement. Elle ne pouvait être que dans un meilleur endroit. Au moins maintenant ses souffrances étaient finies et elle allait retrouver mon grand père.

Les miens avaient toujours vus la mort comme une occasion de fête au même titre que la naissance. Nous avions hérité cette tradition de nos voisins sinaris. Malgré que j’aie passé les six dernières années dans un autre peuple ce sentiment était encore très ancré en moi. C'est avec le sourire que je franchis l'ouverture qui s'offrait à moi. Ma grand-mère me manquerait mais elle avait mérité son repos. Le cycle de la vie marchait de cette façon.

C'est alors que je pris conscience de l'intégralité du message. Si cela était vrai alors ce que la chose m'avait dit sur ma mère l'était aussi. J’avais du mal à appréhender la chose. Je n’avais pas eus de nouvelles de cette femme depuis ma naissance et soudainement elle réapparaissait dans ma vie. Je m’étais lancé à sa recherche plus comme on se cherche une excuse qu’avec un véritable espoir de la retrouver. Maintenant que j’avais un chemin tangible à suivre je n’étais plus sûr de ma volonté de la revoir. J’écartai d’un geste ces pensées. La chose avait précisé qu’elle était en danger, je me devais de lui venir en aide. J’irais aux docks plus tard, on m’attendait au temple de Meno.

La pièce dans laquelle je venais de pénétrer était minuscule et le désordre ambiant n'arrangeait pas le manque de place. Il y avait une trappe au fond, des étagères pleines d'objets et d'armes sur tous les côtés. Le sol était également jonché d'une grande quantité de choses. Tout était couvert de poussière et la plupart des objets faits en métal avaient été rendus inutilisables par la rouille. Au sol, directement à ma droite, j'avisai une espèce de roue dont partait une chaîne reliée à la porte. C'était le mécanisme de fermeture dont la chose m'avait parlé. Je pris la peine d'allumer une torche avant de suivre les instructions qui m'avaient été données. Je saisi une manivelle et, malgré la douleur que cela entraîna, entrepris de remonter le mécanisme.

Une fois la porte refermée je me retrouvais avec uniquement Dexter dans la salle. Le ratissa entreprit de me sauter dessus pour atteindre mon épaule. Je le saisis à la moitié de son escalade pour le mettre dans la poche que j'avais faite pour lui. Au bout du prochain tunnel nous retrouverions à l'air libre et je n'avais aucune envie que des miliciens soient de nouveaux alertés à cause de sa présence. Je n'étais clairement plus capable de courir.

Alors que je m'apprêtais à ouvrir la trappe un reflet de ma torche attira mon attention sur un objet. Au milieu du désordre qui était sous les étagères, quelque chose reflétait la lumière avec une teinte de vert. M'approchant je reconnu qu'il s'agissait de feuillu. Le bout que j'avais remarqué était en fait le pommeau d'une canne de combat. Je dégageai l'objet pour l’examiner. La partie en bois était encore en bon état et le feuillu avait mieux résisté au temps qu'un métal classique. Saluant le bonne fortune je rajoutai ma trouvaille à mon équipement.

Je revins à la trappe. Une échelle descendait sur environ trois mètres pour donner sur un tunnel juste assez large pour une personne. La descente fut difficile et douloureuse mais je finis par poser sans encombre mes pieds sur le sol. Je sortis ma canne nouvellement acquise. La flèche me faisait de plus en plus souffrir et l'aide que m'apportait mon nouveau bâton était grandement appréciable. Je ne pourrais cependant pas continuer indéfiniment comme ça. Il fallait que je trouve des soins et vite. Dexter émit une petite plainte du fond de son sac. Je lui intimai le silence et commençai à avancer dans l'étroit passage. Une torche à la main et ma nouvelle canne dans l'autre.



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 Sujet du message: Re: La cour des duels
MessagePosté: Jeu 13 Juil 2017 09:01 
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En s'approchant de la grille, Kay découvrit qu'elle aurait dû être fermée par une solide chaîne, laquelle pendait, inutile. Le cadenas qui aurait dû la maintenir close, aussi perclus de rouille que la grille elle-même, avait été brisé.

L'intérieur de l'arène était si sombre que la jeune femme, faute d'éclairage, ne pouvait rien distinguer au-delà de quelques mètres. Ces quelques mètres révélaient toutefois l'ébauche d'un couloir poussiéreux se dirigeant vers le centre du bâtiment, quelques moellons traînant au sol soulignaient l'état avancé de délabrement de ce lieu sinistre.

De menus grattements pouvaient être entendus, un mystère qui s'éclaircit bien vite lorsqu'un gros rat fila prestement entre les jambes de Kay pour s'en aller fouiner dans les rues adjacentes, bientôt suivi de quelques-uns de ses congénères. En dehors de ces sons dus à la vermine résidant là, le silence semblait peser comme une chape de plomb sur cet antre du passé. Si Kay voulait savoir ce qui se tramait à l'intérieur il lui faudrait aller plus avant, à ses risques et périls évidemment. Qui pouvait savoir quelles menaces rôdaient dans les ténèbres inquiétantes de cette ruine?

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Ce n'est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur.
(Aung San Suu Kyi)


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 Sujet du message: Re: La cour des duels
MessagePosté: Mer 2 Aoû 2017 19:49 
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Tout était silencieux. Tout était sombre. Kay s'était vue bien étonnée quand tantôt découvrant que la serrure qu'on avait posée tel un sceau sur des chaînes aussi vétustes que la première, gisait, inutile, tandis que pendaient les secondes, prêtes à tomber en poussière de rouille sitôt qu'on les aurait effleurées. Cela était d'autant plus étrange qu'elle avait peu avant assisté à une scène avec Averenn et un mystérieux individu encapuchonné et qu'il lui avait semblé que ce dernier - mais peut-être était-ce sous l'effet de la distance que son jugement avait été ainsi faussé - lui avait ouvert le portail qui n'était pas si fermé que ça et ce qui justifiait que ce n'était que d'une main, certes décidée, mais avec une légère mollesse que la demi-elfe s'était ouvert le passage à elle-même.

À présent, la voilà, seule dans cette grande arène abandonnée sauf de quelques batailleurs dont le sang était aussi chaud que le soleil et ses rayons estivaux. Pas un bruit, pas une ombre. Les muscles se durcissaient sous des nerfs qui se tendaient, incontrôlable. Où était passé Averenn ? Lui préparait-il une embûche, ayant, finalement, réalisé sa présence ? Kay ne se sentait pas à son aise. Le défaut de lune dans le firmament n'aidait guère non plus sa vision pourtant héritée du côté elfique de ses ascendances. À peine pouvait-elle voir un couloir s'offrir devant elle et qui paraissait vouloir mener au centre du bâtiment. Peut-être était-ce par là que le prêtre de Sithi qu'elle traquait avait disparu. Comment savoir ?

Soudain, des grattements, on eût dit des ongles raclant le sol. S'ils fussent peu sonores, voilà qu'ils redoublèrent brusquement d'intensité et la jeune guerrière se crispa tout à fait, sa main volant en tremblant à la garde d'une de ses deux épées qu'elle portait exceptionnellement le long de ses cuisses. Cependant, n'avait-elle pas eu le temps de la dégager qu'un rat lui fila entre les jambes, boules de poils sales et noires qui la fit sursauter. La surprise, la tension extrême dans laquelle elle se trouvait l'empêcha fort heureusement de crier. Quand d'autres compagnons de cet immonde animal surgirent à leur tour, elle y était préparée et ne réagit qu'en soulevant un de ses pieds par peur que l'un d'eux ne la prît pour un incongru obstacle. Mais désormais, elle était à nouveau seule et dans la plus grande pénombre. Avec précaution, elle dégaina la lame qu'elle tenait à son côté droit. Son autre main se porta à sa poitrine. Sa respiration était encore hâtive, mais ses nerfs s'étaient radoucis. Se collant contre la paroi, elle entreprit d'avancer dans le couloir, attentif au moindre bruit ou mouvement qui lui indiquerait qu'elle avait de la compagnie.

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Kay de Kallah, Maître d'Armes et demie-Sindel

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 Sujet du message: Re: La cour des duels
MessagePosté: Mer 2 Aoû 2017 23:21 
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Dans les entrailles de l'arène, le silence était presque absolu, pesant et inquiétant. Ce n'est que lorsque la jeune femme eut avancé d'une vingtaine de mètres dans le couloir lugubre qu'un bruit discret se fit entendre, celui d'une conversation, incompréhensible car trop lointaine encore. En avançant encore un peu, Kay ne tarda pas à arriver à la fin du couloir, qui débouchait sur l'arène proprement dite, un vaste cercle au sol couvert de sable et largement parsemé de mauvaises herbes. Au centre approximatif de ce lieu depuis longtemps laissé à l'abandon, deux êtres se faisaient face et palabraient, en lesquels Kay put reconnaître Averenn ainsi que l'être qui lui avait ouvert la grille.

L'Ithilauster se tenait droit, aussi immobile qu'un roc, tandis que son interlocuteur soulignait au contraire ses paroles de larges gestes nerveux. Si la Semi-Elfe n'avait pu entendre le début de la conversation, sa position lui permettait désormais d'en saisir la teneur et la première chose qu'elle entendit fut une répartie colérique de l'être encapuchonné:

"Qu'y puis-je, moi, si ces abrutis l'ont laissé filer?!"

"Je vous ai payé, grassement, pour que cela n'arrive pas. Il devait mourir, il fallait qu'il meure, n'ai-je pas été clair à ce propos? Votre échec met en péril l'accomplissement de mon plan, ce que je ne saurais tolérer. Comment entendez-vous remédier à votre inexcusable négligence, maintenant?"

"Allons! Vous ne pensez tout de même pas qu'un unique combattant, si doué qu'il soit, puisse nous empêcher d'écraser vos ennemis?"

Le sceptre d'Averenn décrivit une arabesque foudroyante qui amena son fer tranchant tout contre la gorge de son interlocuteur, auquel il répondit d'une voix glaciale et lourde de menaces:

"Vous n'êtes qu'un sinistre crétin, en sus d'être un incapable. Mais je ne peux dire que cela me surprend, qu'attendre de plus d'un ignoble bâtard dans votre genre? Ne répondez pas, je connais la réponse: rien. Votre proie a réussi à s'échapper de vos geôles et vous doutez encore qu'il puisse mettre votre action en échec? Ignorez-vous que ces maudits hérétiques sont désormais bien implantés à Luminion? Le Duc pourrait décider de les soutenir, auquel cas vous vous feriez écraser comme les cloportes que vous êtes!"

L'Ithilauster retira lentement son arme de la gorge de son ennemi avant d'ajouter:

"Je vous donne deux mois pour retrouver et tuer cette vermine, pas un jour de plus. Échouez et vous retournerez pourrir à Raynna."

"Nous le retrouverons et il crèvera, ce n'est qu'une question de jours, la Main de Sang est déjà sur sa trace. Autre chose, avez-vous bientôt terminé ici? La situation est devenue délicate dans les terres sauvages, ces derniers temps, notre ami exige son...cadeau et je crains qu'il ne puisse plus garder ses troupes au bon endroit bien longtemps."

"Rien n'est plus aisé que d'acheter quelques-uns de ces insectes d'humains, à plus forte raison quand ils se prennent pour des nobles. Des nobles, ces sauvages, laissez-moi rire...ils n'ont pas compris le dixième de ce que je leur ai dit, mais les hérétiques ne recevront pas un bon accueil ici et c'est tout ce qui importe. Je partirai dans deux ou trois jours pour... Par Sithi! Avez-vous entendu?"

"Des rats, sans doute, ils pullulent ici."

Et de fait, deux rats avaient choisi cet instant pour se disputer bruyamment un quelconque butin et, par un hasard malencontreux, ils avaient aussi choisi le pire endroit pour ce faire: juste derrière Kay, dans le couloir qu'elle avait arpenté quelques instants plus tôt. La jeune femme n'eut pas le temps de reculer que déjà le regard mauvais d'Averenn se posait sur elle, le doute n'était plus permis, Kay était repérée. Un sourire polaire fleurit sur les lèvres du prêtre de Sithi:

"Une ratte, oui, mais de l'espèce à deux pattes, la plus sournoise, celle qui écoute aux portes...approche, petite, ne crains rien."

Le comparse d'Averren souffla une seconde plus tard dans un sifflet qui produisit un son effroyablement aigu, lequel fut suivi presque aussitôt par des bruits de course dans le dos de la Semi-Elfe. En regardant derrière elle, Kay pourrait voir accourir trois silhouettes en haillons, les comploteurs avaient visiblement assuré leurs arrières. La fuite était désormais impossible, Kay devrait se rendre, ou tenter de passer sur le corps de quelques malandrins pour se frayer un passage vers la sortie.


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