L'Univers de Yuimen


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 Sujet du message: La cour des duels
MessagePosté: Jeu 26 Jan 2017 10:29 
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La cour des duels (ou cour des héros)


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La cour des duels est l'un des plus anciens bâtiments de la ville. Elle a été bâtie au même moment que le château lui même. Cet endroit est chargé d'histoire mais également de mystère. Laissé à l'abandon depuis des décennies, il s'éteint lentement au fur et à mesure que ses murs s'effritent. Toutes les entrées sont scellées par de lourdes chaînes dont les clefs ont été perdues. Le délabrement avancé des murs rend l'escalade dangereuse. Les gardes ont pour ordre d'arrêter quiconque tenterait de pénétrer en ces lieux de toute façon.

Ceux qui, malgré ces obstacles, parviendraient à entrer dans l'amphithéâtre seraient sans doute bien déçus. Plus petit que la nouvelle arène de Kendra-Kâr le lieu n'a rien d'étincelant. Le sable autrefois doré de l'arène se mêle maintenant à la poussière et aux gravats dans des teintes grisâtres. Les tribunes tombant en ruine pouvaient accueillir près de cinq mille spectateurs, prouesse technique pour l'époque mais qui représente moins de la moitié du monde qui peut désormais contempler les spectacles dans la nouvelle arène. Seule preuve de la gloire passée, quatre imposantes colonnes de marbre sont encore debout, formant un large carré dans l'arène. Curieusement, le temps semble ne pas avoir pas eu d'emprise sur elles. Dessus sont gravés en lettres d'or les noms des combattants qui se sont illustrés dans la cour des duels.

A sa construction, il ne s'écoulait pas une semaine sans qu'un nouveau nom ne s'ajoute à la longue liste. Le monument eut une époque de grande gloire qui lui valut d'ailleurs son nom officieux de "cours des héros". L'endroit était un lieu de rencontre pour tout un peuple. Les spectacles étaient gratuits et chacun venait, peu importe son extraction sociale. C'était une zone neutre. Les pires scélérats y côtoyaient les plus nobles figures de la ville. Aucun larcin n'était jamais commis dans l'enceinte du monument. Une loi fut même ratifiée, interdisant les arrestations au sein de l'amphithéâtre. La trêve tacite des lieux fut alors officielle. Cependant, dès les combats finis et les murs des arènes franchis, les règles revenaient. La milice essaya à plusieurs reprises de coincer des bandits connus de l'époque aux portes de la cours des duels. Ils n'y parvinrent jamais, les hommes de l'ombre disparaissaient toujours par des endroits inconnus des gardes.

Puis, un jour, tout s'arrêta. Un matin on trouva les entrées fermées et verrouillées. Il n'y eut aucune déclaration officielle et aucune explication ne fut fournie. L'ordre avait été donné par le roi de l'époque et nul ne sut jamais pourquoi. Le temps passa et tout le monde sembla se désintéresser de la question. Aujourd'hui, des milliers de personnes passent tous les jours devant ce monument tombant en ruine sans même lever les yeux. Seuls quelques anciens se rappellent de sa gloire d'antan. Pourtant, derrière ses apparences mortes, la cour des duels n'est pas encore totalement éteinte. Certaines nuits, pour ceux qui savent prendre le temps de les entendre, de mystérieux bruits proviennent de l'antique arène, tels des échos du passé...

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 Sujet du message: Re: La Cour des Duels
MessagePosté: Jeu 9 Fév 2017 23:56 
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Je fus réveillé par un petit gémissement plaintif près de mon oreille. J'ignore comment mais une fois de plus Dexter m'avait retrouvé. Encore sur le ventre je tournai mollement la tête vers mon petit compagnon. Il salua mon retour à la réalité par un petit cri de joie. Je tentai de me redresser mais une douleur fulgurante me traversa. La flèche du capitaine me faisait terriblement souffrir. En gémissant je parvins à me relever avec une extrême lenteur. Je ne pouvais pas beaucoup m'appuyer sur ma jambe droite mais je tenais debout.

Je regardai autour de moi pour me faire une idée du temps qui s'était écoulé. Le tumulte qui m'avait accompagné dans mon sommeil avait cessé et le soleil avait avancé dans le ciel. J'avais du rester assoupi environ trois heures. C’était un repos bien mérité. Debout je pouvais voir la grande place qui s'étendait en contre bas. La vie avait repris son cours normal, la milice comme les dockers s'étaient dispersés. Le soleil n'allait pas tarder à se coucher et le lieu commençait à se vider. En claudiquant je fis demi tour pour faire fasse à la cour des héros dont m'avait tant parlé mon grand-père.

Je me trouvai deux mètres au dessus de la plus haute rangée de gradin. L'arène s'étendait sous mes pieds. L'endroit était gigantesque. Le temps n'avait pas non plus épargné l'intérieur que l'extérieur du monument. Toutes les tribunes étaient fissurées et couvertes de poussière. Il manquait des marches aux escaliers et des blocs de pierres étaient tombés jusque l'arène. Le sable se mêlait à la poussière, formant un ensemble uniformément gris. Pourtant l'endroit était grandiose.

J'étais le premier à contempler ce spectacle depuis près d'une décennie. Alors que j'avançais prudemment dans un escalier l'ensemble me fit me sentir minuscule. J'étais le seul être vivant dans un lieu conçu pour en contenir des milliers. Alors que le vent soufflait entre les places vides je ne pus qu'imaginer la grandeur passée de cet endroit. Le bruit qu’avait du causer le rugissement, poussé comme une seule voix, d'un millier de spectateur. Le silence précédent la fin d’un combat et finalement les acclamations pour le vainqueur.

Je n'avais jamais été un grand fervent des combats en arène. Ma rencontre avec Hélios n'avait fait que transformer mes sentiments en aversion pour cette pratique. Cependant ce lieu n'avait rien d'une arène clandestine. Devant un tel endroit je ne pouvais que saluer la grandeur des gladiateurs. Les comptes de mon grand-père prenaient soudain un tout nouveau relief. J'eus un sourire et une larme coula sur ma joue alors que je m'arrêtai à mi-chemin. Je restai là un instant, Dexter sur mon épaule se blottissant contre mon cou, juste à m'imaginer que mon grand-père s'était assis à l'une de ces places. Je l'imaginai dans sa jeunesse, juste à côté de ma grand-mère.

C'était la première fois que je pensais à elle depuis mon second départ de la maison. Je la revis malade telle que je l'avais quittée. La vérité était que je l’avais abandonnée. J’avais essayé mais je n’avais juste pas pu rester auprès de cette femme qui ne me reconnaissait plus. Cette même femme qui m’avait bercé alors que je n’étais encore qu’un nourrisson, celle qui pendant des années avait préparé tous mes repas, celle qui m’avait appris à coudre, à différencier les plantes, à compter et avait tenté de m’enseigner les lettres, celle qui presque tous les soirs jusqu’à mes treize ans m’avait raconter les légendes des temps passés, celle qui m’avait par ses comtes transmis le gout de l’aventure comme à ma mère avant moi. Cette femme ne voyait en moi plus qu’un inconnu. Je n’avais pas pu le supporter.

Je sentis une autre larme couler le long de ma joue. Je la laissai glisser. Je me mis à pleurer. Ce fut comme une vanne qui s’ouvrait en moi. Les larmes se mirent à couler en un flot continu. Je restais debout, incapable de m'assoir ou d'avancer. Je pleurai.

Ce fut Dexter paniqué qui ma ramena à la raison en poussant des petits cris plaintifs. J'essuyai mes larmes d'un revers de manche et tout en le caressant je lui promis que j'allais bien. C'était vrai, je me sentais mieux. J'avais encore une flèche plantée en moi et j'étais sans doute recherché par la milice Kendrâne mais j'étais plus serein. Retrouvé ma mère était une douce folie. Il était temps que j'arrête les frais et que je rentre à la maison pour accompagner ma grand-mère jusque la fin. Je lui devais bien ça.

J'étais entrain de réfléchir à un moyen de rejoindre les docks quand soudain une petite créature apparut à quelques centimètres de mon visage. Je fis instinctivement un bond en arrière. J'avais oublié que j'étais encore dans un escalier. Mon pied buta sur la marche supérieure et je manquai de tomber sur les fesses. Une vive douleur me rappela que c'était la pire chose à faire. Dans un effort désespéré je tordis mon torse de manière grossière à mi-chemin de ma chute. Au moment où Dexter sautait de mon épaule, je finis par me rétamer sur le côté. Je me retins du mieux que je pus de mon bras gauche.

Mon impact au sol souleva un léger nuage de poussière. La flèche plantée en moi m'empêchait de me tourner et de me relever. Mon arc était coincé dans mon dos et inaccessible. Mon bras gauche était pris entre mon corps et le sol. De ma main libre je me saisis de mon poignard pour faire face à la mystérieuse apparition. Les particules dans l'air m'empêchaient de voir distinctement. Une mince lueur émanant directement de son corps me permettait de la distinguer grossièrement.

La créature ne devait pas être plus grosse que ma tête et flottait doucement, se rapprochant de moi. Les poussières bougeaient plus vite à son approche, s'éloignant à toute vitesse. Comme si cette chose était entourée de vent. Elle finit par émerger du mince écran qui nous séparait et je sentis un courant d'air frais sur mon visage. Le vent venait bien de la chose.

Je pouvais maintenant parfaitement distinguer ce qui me faisait face et je compris pourquoi ses traits m'avaient semblé troubles. Il ne s'agissait en réalité que d'une boule flottant devant mon visage. La sphère avait les contours troubles et changeants. Elle émettait une faible lumière blanche. Au mouvement que la poussière faisait autour d'elle je compris que de légers courant d'air parcouraient sa surface. Je la teins à distance à l'aide mon couteau. Je ne comprenais pas ce qui était en train de se passer et j'étais totalement incapable de bouger.

Alors que je pensais que la situation ne pouvait pas prendre une tournure plus étrange, la chose s'adressa à moi. Elle avait une voix de femme. Je voyais sa surface vibrer au fil de ses propos et de ses intonations. Quand elle eut finit elle s'effaça simplement, à la manière d'un nuage dispersé par une légère brise. Je restai un moment immobile et bouche-bée.

Ce n’est que lorsque mon bras gauche commença à me faire mal que je pensai à bouger. Je rangeai mon couteau et me contorsionnai pour me redresser. Je finis par me retrouver sur mes deux jambes. Je mis un moment avant de réaliser ce qui venait de se passer. Je jetai un rapide coup d'œil mais il ne subsistait aucune trace de la boule qui venait de me parler. La douleur que je ressentais dans la fesse droite était trop réelle pour qu’il s’agisse d'un songe. Ce qui venait de m'arriver était bien réel. Je fis un effort de concentration pour me rappeler exactement tous ce que la créature m'avait annoncé.

Elle avait été envoyée par ma mère qui était détenue et en danger de mort. Quelqu'un me recherchait dans le temple de Meno. Cette personne avait des informations importantes pour moi, concernant ma mère et son passé. Pour m'y rendre je pouvais emprunter une porte cachée. J'arriverais dans une salle. De là un autre passage me mènerait directement dehors. Elle s'était évanouie en affirmant que rentrer à Shory maintenant ne servirait plus à rien.

C’est presque machinalement que je suivis les ordres qui m’avaient été donnés. Je n’avais rien à perdre et de toute façon il fallait que je trouve un moyen de sortir d’ici. Le couloir indiqué était semblable à tous les autres. Je guettai avec appréhension pour trouver la pierre dont m'avait parlé la chose. Je m'arrêtais net lorsque je la vis, le temps avait moins laissé sa marque sur elle que sur ses voisines et un œil était clairement dessiné dessus. Je m'approchai de la pierre située deux rangées au dessus et trois colonnes plus à droite, comme on m’avait dit de la faire. Je posai doucement la main sur la roche, elle était en aspect totalement similaire aux autres. J'effectuai une légère pression et elle s'enfonça avec un petit déclic.

Je reculai d'un pas alors qu'un mécanisme se mettait en mouvement. Un pan de mur recula légèrement et coulissa vers la droite. Devant moi se révéla une salle minuscule. Ce qu'avait dit la chose était vrai. Sans doute tout le reste l'était aussi. Ma grand-mère était donc morte. Curieusement le premier sentiment qui me vint fut une sorte de soulagement. Elle ne pouvait être que dans un meilleur endroit. Au moins maintenant ses souffrances étaient finies et elle allait retrouver mon grand père.

Les miens avaient toujours vus la mort comme une occasion de fête au même titre que la naissance. Nous avions hérité cette tradition de nos voisins sinaris. Malgré que j’aie passé les six dernières années dans un autre peuple ce sentiment était encore très ancré en moi. C'est avec le sourire que je franchis l'ouverture qui s'offrait à moi. Ma grand-mère me manquerait mais elle avait mérité son repos. Le cycle de la vie marchait de cette façon.

C'est alors que je pris conscience de l'intégralité du message. Si cela était vrai alors ce que la chose m'avait dit sur ma mère l'était aussi. J’avais du mal à appréhender la chose. Je n’avais pas eus de nouvelles de cette femme depuis ma naissance et soudainement elle réapparaissait dans ma vie. Je m’étais lancé à sa recherche plus comme on se cherche une excuse qu’avec un véritable espoir de la retrouver. Maintenant que j’avais un chemin tangible à suivre je n’étais plus sûr de ma volonté de la revoir. J’écartai d’un geste ces pensées. La chose avait précisé qu’elle était en danger, je me devais de lui venir en aide. J’irais aux docks plus tard, on m’attendait au temple de Meno.

La pièce dans laquelle je venais de pénétrer était minuscule et le désordre ambiant n'arrangeait pas le manque de place. Il y avait une trappe au fond, des étagères pleines d'objets et d'armes sur tous les côtés. Le sol était également jonché d'une grande quantité de choses. Tout était couvert de poussière et la plupart des objets faits en métal avaient été rendus inutilisables par la rouille. Au sol, directement à ma droite, j'avisai une espèce de roue dont partait une chaîne reliée à la porte. C'était le mécanisme de fermeture dont la chose m'avait parlé. Je pris la peine d'allumer une torche avant de suivre les instructions qui m'avaient été données. Je saisi une manivelle et, malgré la douleur que cela entraîna, entrepris de remonter le mécanisme.

Une fois la porte refermée je me retrouvais avec uniquement Dexter dans la salle. Le ratissa entreprit de me sauter dessus pour atteindre mon épaule. Je le saisis à la moitié de son escalade pour le mettre dans la poche que j'avais faite pour lui. Au bout du prochain tunnel nous retrouverions à l'air libre et je n'avais aucune envie que des miliciens soient de nouveaux alertés à cause de sa présence. Je n'étais clairement plus capable de courir.

Alors que je m'apprêtais à ouvrir la trappe un reflet de ma torche attira mon attention sur un objet. Au milieu du désordre qui était sous les étagères, quelque chose reflétait la lumière avec une teinte de vert. M'approchant je reconnu qu'il s'agissait de feuillu. Le bout que j'avais remarqué était en fait le pommeau d'une canne de combat. Je dégageai l'objet pour l’examiner. La partie en bois était encore en bon état et le feuillu avait mieux résisté au temps qu'un métal classique. Saluant le bonne fortune je rajoutai ma trouvaille à mon équipement.

Je revins à la trappe. Une échelle descendait sur environ trois mètres pour donner sur un tunnel juste assez large pour une personne. La descente fut difficile et douloureuse mais je finis par poser sans encombre mes pieds sur le sol. Je sortis ma canne nouvellement acquise. La flèche me faisait de plus en plus souffrir et l'aide que m'apportait mon nouveau bâton était grandement appréciable. Je ne pourrais cependant pas continuer indéfiniment comme ça. Il fallait que je trouve des soins et vite. Dexter émit une petite plainte du fond de son sac. Je lui intimai le silence et commençai à avancer dans l'étroit passage. Une torche à la main et ma nouvelle canne dans l'autre.



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 Sujet du message: Re: La cour des duels
MessagePosté: Jeu 13 Juil 2017 09:01 
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En s'approchant de la grille, Kay découvrit qu'elle aurait dû être fermée par une solide chaîne, laquelle pendait, inutile. Le cadenas qui aurait dû la maintenir close, aussi perclus de rouille que la grille elle-même, avait été brisé.

L'intérieur de l'arène était si sombre que la jeune femme, faute d'éclairage, ne pouvait rien distinguer au-delà de quelques mètres. Ces quelques mètres révélaient toutefois l'ébauche d'un couloir poussiéreux se dirigeant vers le centre du bâtiment, quelques moellons traînant au sol soulignaient l'état avancé de délabrement de ce lieu sinistre.

De menus grattements pouvaient être entendus, un mystère qui s'éclaircit bien vite lorsqu'un gros rat fila prestement entre les jambes de Kay pour s'en aller fouiner dans les rues adjacentes, bientôt suivi de quelques-uns de ses congénères. En dehors de ces sons dus à la vermine résidant là, le silence semblait peser comme une chape de plomb sur cet antre du passé. Si Kay voulait savoir ce qui se tramait à l'intérieur il lui faudrait aller plus avant, à ses risques et périls évidemment. Qui pouvait savoir quelles menaces rôdaient dans les ténèbres inquiétantes de cette ruine?

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Ce n'est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur.
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 Sujet du message: Re: La cour des duels
MessagePosté: Mer 2 Aoû 2017 19:49 
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Tout était silencieux. Tout était sombre. Kay s'était vue bien étonnée quand tantôt découvrant que la serrure qu'on avait posée tel un sceau sur des chaînes aussi vétustes que la première, gisait, inutile, tandis que pendaient les secondes, prêtes à tomber en poussière de rouille sitôt qu'on les aurait effleurées. Cela était d'autant plus étrange qu'elle avait peu avant assisté à une scène avec Averenn et un mystérieux individu encapuchonné et qu'il lui avait semblé que ce dernier - mais peut-être était-ce sous l'effet de la distance que son jugement avait été ainsi faussé - lui avait ouvert le portail qui n'était pas si fermé que ça et ce qui justifiait que ce n'était que d'une main, certes décidée, mais avec une légère mollesse que la demi-elfe s'était ouvert le passage à elle-même.

À présent, la voilà, seule dans cette grande arène abandonnée sauf de quelques batailleurs dont le sang était aussi chaud que le soleil et ses rayons estivaux. Pas un bruit, pas une ombre. Les muscles se durcissaient sous des nerfs qui se tendaient, incontrôlables. Où était passé Averenn ? Lui préparait-il une embûche, ayant, finalement, réalisé sa présence ? Kay ne se sentait pas à son aise. Le défaut de lune dans le firmament n'aidait guère non plus sa vision pourtant héritée du côté elfique de ses ascendances. À peine pouvait-elle voir un couloir s'offrir devant elle et qui paraissait vouloir mener au centre du bâtiment. Peut-être était-ce par là que le prêtre de Sithi qu'elle traquait avait disparu. Comment savoir ?

Soudain, des grattements ; on eût dit des ongles raclant le sol. S'ils fussent peu sonores, voilà qu'ils redoublèrent brusquement d'intensité et la jeune guerrière se crispa tout à fait, sa main volant en tremblant à la garde d'une de ses deux épées qu'elle portait exceptionnellement le long de ses cuisses. Cependant, n'avait-elle pas eu le temps de la dégager qu'un rat lui fila entre les jambes, boules de poils sales et noires qui la fit sursauter. La surprise, la tension extrême dans laquelle elle se trouvait l'empêcha fort heureusement de crier. Quand d'autres compagnons de cet immonde animal surgirent à leur tour, elle y était préparée et ne réagit qu'en soulevant un de ses pieds par peur que l'un d'eux ne la prît pour un incongru obstacle. Mais désormais, elle était à nouveau seule et dans la plus grande pénombre. Avec précaution, elle dégaina la lame qu'elle tenait à son côté droit. Son autre main se porta à sa poitrine. Sa respiration était encore hâtive, mais ses nerfs s'étaient radoucis. Se collant contre la paroi, elle entreprit d'avancer dans le couloir, attentif au moindre bruit ou mouvement qui lui indiquerait qu'elle avait de la compagnie.

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Kay de Kallah, Maître d'Armes et demie-Sindel

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Dernière édition par Kay de Kallah le Sam 14 Oct 2017 21:09, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: La cour des duels
MessagePosté: Mer 2 Aoû 2017 23:21 
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Dans les entrailles de l'arène, le silence était presque absolu, pesant et inquiétant. Ce n'est que lorsque la jeune femme eut avancé d'une vingtaine de mètres dans le couloir lugubre qu'un bruit discret se fit entendre, celui d'une conversation, incompréhensible car trop lointaine encore. En avançant encore un peu, Kay ne tarda pas à arriver à la fin du couloir, qui débouchait sur l'arène proprement dite, un vaste cercle au sol couvert de sable et largement parsemé de mauvaises herbes. Au centre approximatif de ce lieu depuis longtemps laissé à l'abandon, deux êtres se faisaient face et palabraient, en lesquels Kay put reconnaître Averenn ainsi que l'être qui lui avait ouvert la grille.

L'Ithilauster se tenait droit, aussi immobile qu'un roc, tandis que son interlocuteur soulignait au contraire ses paroles de larges gestes nerveux. Si la Semi-Elfe n'avait pu entendre le début de la conversation, sa position lui permettait désormais d'en saisir la teneur et la première chose qu'elle entendit fut une répartie colérique de l'être encapuchonné:

"Qu'y puis-je, moi, si ces abrutis l'ont laissé filer?!"

"Je vous ai payé, grassement, pour que cela n'arrive pas. Il devait mourir, il fallait qu'il meure, n'ai-je pas été clair à ce propos? Votre échec met en péril l'accomplissement de mon plan, ce que je ne saurais tolérer. Comment entendez-vous remédier à votre inexcusable négligence, maintenant?"

"Allons! Vous ne pensez tout de même pas qu'un unique combattant, si doué qu'il soit, puisse nous empêcher d'écraser vos ennemis?"

Le sceptre d'Averenn décrivit une arabesque foudroyante qui amena son fer tranchant tout contre la gorge de son interlocuteur, auquel il répondit d'une voix glaciale et lourde de menaces:

"Vous n'êtes qu'un sinistre crétin, en sus d'être un incapable. Mais je ne peux dire que cela me surprend, qu'attendre de plus d'un ignoble bâtard dans votre genre? Ne répondez pas, je connais la réponse: rien. Votre proie a réussi à s'échapper de vos geôles et vous doutez encore qu'il puisse mettre votre action en échec? Ignorez-vous que ces maudits hérétiques sont désormais bien implantés à Luminion? Le Duc pourrait décider de les soutenir, auquel cas vous vous feriez écraser comme les cloportes que vous êtes!"

L'Ithilauster retira lentement son arme de la gorge de son ennemi avant d'ajouter:

"Je vous donne deux mois pour retrouver et tuer cette vermine, pas un jour de plus. Échouez et vous retournerez pourrir à Raynna."

"Nous le retrouverons et il crèvera, ce n'est qu'une question de jours, la Main de Sang est déjà sur sa trace. Autre chose, avez-vous bientôt terminé ici? La situation est devenue délicate dans les terres sauvages, ces derniers temps, notre ami exige son...cadeau et je crains qu'il ne puisse plus garder ses troupes au bon endroit bien longtemps."

"Rien n'est plus aisé que d'acheter quelques-uns de ces insectes d'humains, à plus forte raison quand ils se prennent pour des nobles. Des nobles, ces sauvages, laissez-moi rire...ils n'ont pas compris le dixième de ce que je leur ai dit, mais les hérétiques ne recevront pas un bon accueil ici et c'est tout ce qui importe. Je partirai dans deux ou trois jours pour... Par Sithi! Avez-vous entendu?"

"Des rats, sans doute, ils pullulent ici."

Et de fait, deux rats avaient choisi cet instant pour se disputer bruyamment un quelconque butin et, par un hasard malencontreux, ils avaient aussi choisi le pire endroit pour ce faire: juste derrière Kay, dans le couloir qu'elle avait arpenté quelques instants plus tôt. La jeune femme n'eut pas le temps de reculer que déjà le regard mauvais d'Averenn se posait sur elle, le doute n'était plus permis, Kay était repérée. Un sourire polaire fleurit sur les lèvres du prêtre de Sithi:

"Une ratte, oui, mais de l'espèce à deux pattes, la plus sournoise, celle qui écoute aux portes...approche, petite, ne crains rien."

Le comparse d'Averren souffla une seconde plus tard dans un sifflet qui produisit un son effroyablement aigu, lequel fut suivi presque aussitôt par des bruits de course dans le dos de la Semi-Elfe. En regardant derrière elle, Kay pourrait voir accourir trois silhouettes en haillons, les comploteurs avaient visiblement assuré leurs arrières. La fuite était désormais impossible, Kay devrait se rendre, ou tenter de passer sur le corps de quelques malandrins pour se frayer un passage vers la sortie.


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 Sujet du message: Re: La cour des duels
MessagePosté: Ven 25 Aoû 2017 21:03 
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Elle avançait d'un pas rapide, mais précautionneux, raflant le mur d'un côté, trainant sans bruit et des deux mains son épée, de l'autre. Presque insconciemment, elle retenait son souffle. Messire Illinwë lui avait clairement demandé de ne pas s'attaquer seule à Averenn. De ne pas s'y attaquer du tout. Mais voilà : et si c'était lui qui l'attaquait, elle ? Sa langue passait sur des lèvres déjà légèrement entr'ouvertes. Elle se sentait prête au combat. Le silence était pesant, néanmoins, au bout de vingt mètres environ, un discret bruit se fit entendre. Poursuivant son chemin, la semi-elfe l'identifia mieux : c'était le bruit d'une conversation tenue à mi-voix. Les mots étaient incompréhensibles, mais encore quelques mètres et voilà que le mur du couloir s'ouvrait au-dessus de sa tête, dévoilant les artères de l'arène abandonnée. Du sable recouvrait encore ce qui portait son nom, mais il était percé de touffes d'herbes. Au centre, regardé par des tribunes vides et muettes se tenait Averenn, qui discutait avec l'homme encapuchonné qui lui avait ouvert tantôt la porte. Comme elle entendait à présent plus ou moins bien ce qu'ils se disaient, Kay ne s'avança guère plus, préférant rester dans la pénombre. Et écouter.

Ce qu'elle écouta en premier fut une déclaration sur le ton de la colère, de la part de l'être au visage inconnu qui faisait de grands gestes. Malgré cela, Averenn ne bougeait pas et quand il parla, sa voix était posée - froide, plutôt. Le premier s'énervait quant au fait qu'on le prenait pour capable d'avoir laisser quelqu'un filer, alors qu'il plaidait contre des "abrutis". Pour Averenn, cela devait être du pareil au même : il avait payé très cher pour que le fuyard mourût - ce qui n'était pas arrivé et ce qui mettait son plan en péril. À ces mots, Kay fronça les sourcils : à partir du moment où quelqu'un parlait ouvertement d'une mise à mort, il y avait fort à parier qu'il ne fût pas dans la ville pour affaires de politesse. D'ailleurs cela continuait : l'inconnu parlait d'écraser les ennemis de l'Ithilausters.

(Dix pièces d'or qu'il s'agit de nous.)

Un furtif sourire passa sur le visage de la demi-Sindel, alors que, en face, l'encapuchonné se faisait clairement menacer ; voilà que Averenn parlait des hérétiques : cette fois-ci, c'était presque sûr qu'il faisait référence aux Danseurs d'Opale, jugés hérétiques par à peu près toute la nation Sindel, remerciements devaient en être faits à ses prêtres. Nouveau sourire à la mention des Danseurs et de leur lieu de guilde à Luminion (comment en avait-il eu connaissance ?). Averenn avait peur qu'ils essayassent de mettre le Duc de leur côté. Pardi ! C'était justement la mission que s'était donnée le mentor de Kay ! Elle se demandait d'ailleurs où il en était... Mais concentration ! Averenn donnait deux mois à son contact pour retrouver le fuyard et le faire tuer ou c'était le geôlier qui finirait à Raynna. Kay ne connaissait le nom de ce bagne que par l'évocation qu'en avait faite Estë, mais à n'en pas douter, il ne devait pas exister pour le plaisir et le repos de ses habitants. Quoiqu'il en était, effrayé, l'inconnu tenta de rassurer l'Ithilauster en lui disant que la Main de Sang était déjà sur ses traces - qu'était cette Main ? Kay ferait bien de le découvrir. À côté, il demandait si l'autre en avait bientôt terminé à Kendra Kâr car il semblait que la situation était mauvaise du côté des terres sauvages : le chef de troupes non identifiées exigeait un cadeau.

(Du coup, si je m'arrange pour qu'il ne puisse jamais le recevoir...)

Kay, nonchalamment, quitta sa position somme toute sur la défensive pour s'appuyer d'une épaule contre le mur, tandis qu'Averenn se soulageait d'une bonne diatribe des famille contre les humains. Il en était à dire que son départ était prévu pour dans deux ou trois jours - ce qui ne laissait guère de temps à la semi-elfe quand, soudain, il s'arrêta et son regard vint directement se braquer sur Kay. Son compagnon lui assura que ce n'étaient que des rats et en effet, c'étaient bien des rats qui, dans le dos de la guerrière avait produit le bruit qui avait attiré l'attention de l'Ithilauster. Mais le mal était fait : le prêtre de Sithi ne regardait pas les rats. Il la regardait, elle.

(Et merde.)

Le visage du Sindel se fendit d'un sourire qui n'aurait pas pu paraitre moins amical. Remarquant, presque avec insouciance, qu'au lieu de rat, il s'agissait plutôt d'une ratte qui plus était, qui écoutait aux portes, il invita la jeune femme à s'approcher. À peine avait-il finit sa phrase que l'encapuchonné souffla dans un sifflet. Des bruits de pas retentit derrière elle. Elle identifia sans trop de peine qu'ils étaient trois. Sans avoir à se retourner, elle sut qui était le genre d'individus qui venaient vers elle.
Pas non plus le genre amical.

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Kay de Kallah, Maître d'Armes et demie-Sindel

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Dernière édition par Kay de Kallah le Sam 14 Oct 2017 21:15, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: La cour des duels
MessagePosté: Ven 25 Aoû 2017 22:04 
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Sa situation fut promptement analysée. D'un côté, au centre de l'arène, se trouvaient Averenn et son complice. De l'autre, dans le couloir qui menait à la sortie, trois mercenaires qui lui arrivaient dessus en courrant. Kay, qui s'était redressée, tous ses muscles tendus, adressa un regard plein de haine à l'Ithilauster puis se détourna de lui et, sans hésiter, fonça vers les trois pauvres humains. Dans sa tête résonnait le conseil de messire Illinwë : ne t'attaques pas à Averenn. Quels autres choix avait-elle ? Se rendre ? Bien sûr. Se rendre, elle, une demi-elfe, membre de la guilde des Danseurs d'Opale. S'il fallait faire une liste des personnes les plus haïes de ce haïssable personnage, elle serait sûrement très au début. En cette nuit, il ne lui semblait qu'il n'y eût aucune autre alternative que celle de la fuite.
Pour le moment, seulement contrariée par trois marauds.

Les trois hommes ne s'attendaient certainement pas à ce que leur cible fît volte-face pour les attaquer. Tout en courant, Kay fit passer son épée dans sa main gauche et dégaina la deuxième de la main droite. Elle visa celui du milieu et, sans se préoccuper des deux autres, lui sauta dessus. Durant le court instant qu'avait duré la course, la guerrière avait eu le temps d'analyser ses ennemis : c'étaient des mercenaires vêtus de haillons, l'un avec un bandeau crasseux qui lui couvrait l’œil gauche, un autre avec une épée à laquelle il manquait une partie de la garde et le dernier, avec d'épaisses guêtres puantes à la place de bottes. Le couloir était étroit ; eux, indisciplinés. Tout ce que Kay avait à faire, c'était de forcer le passage. Nul besoin, même, de les vaincre.

L'homme n'était pas un débutant : quand Kay bondit sur lui et sa mauvaise arme, ses deux lames noires visant son cœur, il se déporta au dernier moment et tenta un coup en traître, par derrière. Heureusement, Kay l'avait prévu et, d'un mouvement de hanche, parvint à se retourner et à le parer d'une main, ses pieds glissants sur le sol pour freiner sa chute, l'autre se relevant immédiatement pour bloquer l'épée du deuxième larron aux guêtres puantes. Le troisième, pour l'instant, était coincé derrière ses deux comparses. D'un coup de poignet brusque, la guerrière écarta les deux lames pointées dans sa direction et contre-attaqua en voulant user de la botte de la Main de Géant. Las, elle calcula mal la distance ; l'épée droite vint s'enfoncer dans les phalanges du mercenaire qui hurla de douleur, tandis que l'épée gauche ne rencontra que le vide et l'entraina à sa suite. Ce déséquilibre ne dura qu'une seconde, mais cette seconde fut suffisante à l'homme blessé qui, de douleur, en avait lâché son arme et serrait à présent sa main meurtrie contre lui, pour lui envoyer son pied botté dans la face. Le goût du sang se répandit dans sa bouche, son œil se voila. Elle releva le bras de justesse pour parer mollement le borgne qui avait profité de l'élimination de son camarade pour prendre sa place. Mais déjà l'homme aux guêtres la harcelaient de coups droits. Elle les accusait sans faillir, mais était forcée au recul. Le deuxième, celui qui était blessé - et qui apparemment, lui en voulait beaucoup pour ça - en profita pour lui faire un croche-patte. La semi-elfe chut brutalement.

Kay gémit faiblement lorsque son dos heurta le sol dur. Sa salive était toujours mêlée de sang. Elle savait qu'elle se devait de réagir aussitôt, mais sa tête était embrumée et les ténèbres qui régnaient dans ce couloir ne l'aidaient pas. Par chance, l'épée de son ennemi accrocha un rayon de lune, elle la vit fondre dans sa direction ; d'un bond, elle se retourna sur le ventre et la lame vint rebondir sur la terre dure dans un cliquetis métallique, à deux pouces de son visage. Elle se détacha de terre en prenant appuis sur ses paumes et envoya son pied en arrière, complètement à l'aveuglette, mais qui, par chance (alors qu'elle s'attendait juste à forcer ses adversaires à reculer), atterrit dans les bijoux de famille du mercenaire déjà meurtri et qui, cette fois-ci, ne laissa s'échapper qu'un long souffle - cependant révélateur de son degré de souffrance. Juste après, Kay fit basculer tout son poids sur sa main gauche, libérant la droite qui se referma sur sa propre épée et vint bloquer l'attaque du guêtré puis, sans lui laisser le temps de réagir et, son genou glissant sur le sol pour lui permettre de se relever à demi, libéra sa main gauche qui fondit en direction des genoux du malheureux dans un large arc de cercle. La lame sombre entailla les chairs et l'homme y porta aussitôt les mains avec un cri de douleur mêlée de surprise. Pour finir, un genou toujours à terre, la demi-Sindel fit face au borgne.

En criant pour se donner du courage, il se précipita vers elle et tenta un coup de taille. Elle le bloqua sans peine en croisant ses deux propres armes. Resserrant l'étau, elle l'empêcha de fuir ce qui lui permit, à elle, de se remettre enfin sur ses pieds. Aussitôt, elle entama la Danse des Sabres. Son esprit se dilua dans l'enchainement rigoureux de chacun des membres de son corps. Le borgne tentait de parer, tout en reculant, mais à dire vrai, la pauvre lame était ballotée dans tous les sens, comme un fétu de paille sous le vent d'hiver. Finalement, Kay plaça un dernier coup qui fit sauter l'arme des mains de son propriétaire d'un côté et lui entailla profondément l'avant-bras de l'autre. Elle fit ensuite volte-face et se reçut de plein fouet l'assaut furieux de l'homme aux guêtres. L'épée de ce dernier plaquait les deux qui lui appartenaient contre sa poitrine. Leurs visages n'étaient séparés de rien et elle pouvait sentir le souffle malodorant de son adversaire. Il respirait fort, ses lèvres étaient retroussées sur des dents complètement jaunes. Il savait que sa dernière action n'avait aucun but. S'il avait eu un poignard, à la rigueur... Mais Kay restait empêtrée dans cet assaut : elle n'arrivait pas à dégager ses lames, ni elle-même. L'autre en était conscient et ses yeux ne cessaient d'inspecter les environs - il attendait que ses compagnons vinssent en renfort. Le cœur de la guerrière battit plus rapidement. Elle se tortillait dans tous les sens. Elle finit par dégager son épée de droite en se mettant légèrement de profil. Sans perdre une seconde, elle l'enfonça. La lame traversa les chairs molles entre deux côtes. L'homme cria et la relâcha. En hâte, elle s'écarta pour éviter toute contre-attaque et se rua vers la sortie de l'arène. En passant, elle pris bien soin d'enfoncer sa lame dans l'épaule du premier mercenaire, qui venait à peine de se remettre de son dernier traumatisme, afin d'empêcher toute poursuite. À présent, la porte de sortie. Ses pieds semblaient ne plus toucher le sol. À présent que le combat était terminé, que l'adrénaline refluait dans ses membres, la pensée d'Averenn revenait avec violence, lui qui était encore là et qui n'avait pas manqué d'observer toute la scène.
Kay courrait donc car elle en avait peur.

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 Sujet du message: Re: La cour des duels
MessagePosté: Lun 28 Aoû 2017 21:24 
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Kay parvint à se frayer un chemin en direction de la sortie, laissant derrière elle les trois spadassins, blessés ou mourants, incapables de la poursuivre en tous les cas. La jeune courait vers son salut comme l'avait sans doute rarement fait, poussée par la crainte de ce prêtre de Sithi que Sylayëm lui avait vivement conseillé de ne pas affronter. C'était sans doute une sage décision, d'autant plus qu'il n'était pas seul. La sortie n'était plus qu'à quelque pas, proche, si proche que l'espoir de se sortir de ce traquenard pouvait renaître.

Mais dans sa fuite éperdue, Kay tourna le dos au redoutable Ithilauster, ce qui n'était peut-être pas la meilleure idée qui soit car elle ne vit rien venir. Un ténébreux sortilège s'abattit sur elle, aussi écrasant qu'une montagne, puisant la vie de la semi-elfe au sein même de son être et l'affaiblissant si massivement que ses jambes se dérobèrent sous elle. La chute contre le sol de pierre fut brutale et un voile obscur passa sur les yeux de Kay, plus qu'à moitié assommée. Le temps qu'elle reprenne un tant soit peu ses esprits, Averenn et son mystérieux acolyte étaient à côté d'elle, la dominant de toute leur taille. la semi-elfe était vivante, mais d'une faiblesse extrême et bien incapable de se remettre debout, le puissant sortilège y avait veillé. L'Ithilauster donna un rude coup de pied dans le ventre de Kay en ordonnant à son acolyte d'une voix suintante d'un insondable mépris:

"Emmenez cette aberration de la nature et interrogez-la, je veux savoir qui elle est et qui l'envoie. Quand vous aurez fini, donnez-la aux rats, il est juste qu'elle nourrisse sa famille."

Kay n'entendit pas la réponse de l'encapuchonné car un terrible coup percuta son crâne à cet instant, la plongeant aussi sec dans l'inconscience.

Lorsqu'elle se réveilla, un temps indéfinissable plus tard, elle sentit tout d'abord une atroce migraine lui tarauder le crâne. Assise à même le sol glacial, le dos contre un mur guère plus accueillant, elle put découvrir qu'elle avait été déplacée et qu'elle se trouvait maintenant dans une pièce sinistre, aux murs de pierre nue délabrés et recouverts par endroit de moisissures. La pièce, d'une taille tout juste suffisante pour qu'une personne de la taille de kay puisse s'y étendre, était close par une massive grille de fer forgé. Lorsqu'elle tenta de bouger, elle réalisa que ses poignets étaient enchaînés au mur se trouvant derrière elle par des fers visiblement anciens et rouillés mais toujours solides. Toutefois, il sembla à Kay que le scellement du fer qui lui tenait le poignet droit avait un peu de jeu.

Les légers cliquetis des fers ne tardèrent pas à rameuter son bourreau, l'acolyte d'Averenn, qui entra après avoir fait jouer la serrure à l'aide d'une grosse clé noire. Il avait retiré sa capuche et Kay put enfin voir ses traits, durs et cruels. L'être était incontestablement un bâtard, mélange de Sindel et de Shaakt.

Image


Il ne prit pas la peine de refermer derrière lui, confiant dans la solidité des entraves, et s'approcha de Kay avec un sourire vicieux aux lèvres et une dague dans la main droite. De ses armes, la semi-elfe ne vit pas trace, non plus que de son sac, mais ses ravisseurs n'avaient en revanche pas pris la peine de lui enlever son armure. L'Elfe au sang-mêlé s'accroupit devant Kay en passant tendrement son pouce sur le fil acéré de sa dague avant de la faire courir avec délicatesse sur le visage de Kay, prenant soin de ne pas la couper:

"Alors, petite ratte, comment t'appelles-tu? Pourquoi nous écoutais-tu, dis-moi qui t'a envoyée?"

Son sourire s'accentua et il ajouta doucereusement:

"Fais-moi plaisir, résiste un peu...ce n'est pas tous les jours que j'ai l'opportunité de m'amuser avec une si jolie donzelle..."


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 Sujet du message: Re: La cour des duels
MessagePosté: Sam 9 Sep 2017 17:00 
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Son mentor, certainement, n'eût montré aucune pitié envers les trois misérables qui l'avaient agressée ; bien plus, il se fût même porté au combat contre Averenn et son mystérieux complice. Mais Kay n'était pas comme son mentor, ce n'était d'ailleurs même pas lui qui l'avait envoyée sur cette mission et celui qui l'avait fait, lui avait expressément demandé de rester à distance. Fuir, se contenter de blesser et de se frayer un passage. Tourner les talons et admettre qu'elle n'avait pas su se cacher assez bien. Abandonner en ce soir la partie et laisser à son ennemi une réputation de lâche. Voilà ce qu'était pour elle que se tenir à distance. Si tant est qu'elle eût pu le faire.

Kay n'avait pas donné son dernier coup et lancé ses bottes sur le chemin de son salut - qui semblait plus proche qu'il ne l'aurait dû à chaque pas, tant était grand empressement - qu'une étrange torpeur s'empara d'elle. En voulant rester à distance, la guerrière avait dû tourner le dos au prêtre de Sithi : ce fut là son erreur. Ce dernier usa avec force de son art pour aspirer sa vitalité même. La demi-elfe eut à peine le temps, finalement, d'en sentir les effets : presque aussitôt, les muscles de ses jambes devinrent comme eau et elle ne put s'appuyer sur elles plus avant. Pour la deuxième fois, elle rejoignit le sol avec brutalité et le choc expulsa d'elle son esprit. Comme en songe, elle sentit Averenn et l'encapuchonné à ses côtés. Leurs paroles ne lui parvenaient pas - du moins leur signification. Même le méprisant coup de pied que lui envoya l'Ithilauster ne la toucha pas - et ce n'était pas dû qu'à son armure. Enfin, elle sombra tout à fait.

La douleur fut la première sensation à lui revenir. Celle au ventre, celle à la tête, celle, en fait, de tous ses membres. Ses paupières s'agitèrent et, péniblement, elle ouvrit les yeux. Découvrit un cachot. Un sourire amer éclata brièvement sur un coin de ses lèvres. Malgré la forte migraine qu'elle gardait de sa pénible entrevue avec Averenn, elle analysait ce qui s'était produit - et par conséquent, quel pouvait être son sort. Déjà, puisque le Sindel l'avait vue de près, il n'y avait pas à douter qu'il fût désormais au courant de ses traits de bâtarde. Autant dire qu'elle était sûre qu'une prison à vie serait lui faire trop d'honneur. En tentant de se redresser, elle réalisa que ses bras étaient prisonniers dans son dos, attachés aux poignets qui étaient enserrés à des fers qui - elle ne manqua pas de le remarquer à sa désagréable sensation - étaient complètement rouillés. Cependant - et malheureusement pour elle - la rouille n'excluait pas une solidité trop importante pour elle. Elle en était là de ses interrogations quand son geôlier entra.

Un demi-Sindel et un demi-Shaakt. Seuls ses yeux qui s'agrandirent soudainement trahirent la surprise de Kay à la vue du complice d'Averenn ou plutôt, de ses traits mixtes. De cette surprise, se mêlaient un peu de dégoût et de haine - comment un Sindel avait-il pu vouloir approcher un Shaakt ? - mais aussi, étrangement, de la curiosité. Comment Averenn avait-il pu en être réduit à faire commerce avec un tel être ? Ledit être s'approchait désormais d'elle, une dague à la main, un sourire vicieux aux lèvres. Ce fut à ce moment que la jeune femme remarqua qu'il lui manquait ses armes - c'était le contraire qui eût été étonnant - mais qu'en revanche, il ne lui manquait pas son armure. Cela pourrait lui être utile.

Quand l'autre s'accroupit devant elle pour être à sa hauteur, elle sentit chaque parcelle de son corps se tendre de répulsion. La voix doucereuse, sadique lui perçait les oreilles. Son souffle même lui était déjà une torture. Sans réfléchir - quel intérêt de réfléchir dans pareille situation ? et pour toute réponse à ses questions, elle lui cracha au visage.

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 Sujet du message: Re: La cour des duels
MessagePosté: Mar 12 Sep 2017 22:44 
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Le Semi-Shaakt sourit froidement lorsque le crachat atteignit sa joue, il fixa Kay en silence durant une seconde puis lui agrippa une poignée de cheveux qu'il tira cruellement et s'en servit posément comme d'un mouchoir. Ceci fait, il se recula un peu:

"Je vais reposer les questions une dernière fois: comment t'appelles-tu? Pourquoi nous écoutais-tu, qui t'a envoyée?"

Son sourire se fit véritablement malveillant et il précisa:

"Réfléchis bien, si tes réponses ne me plaisent pas je te couperai un doigt, ou une oreille, qui sait?"

Son attitude indiquait clairement qu'il n'hésiterait pas à mettre sa menace à exécution et, pire, qu'il y prendrait du plaisir. Il n'y aurait plus d'autre avertissement, si Kay souhaitait s'en sortir plus ou moins intacte, il était temps pour elle de tenter quelque chose.

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 Sujet du message: Re: La cour des duels
MessagePosté: Jeu 14 Sep 2017 14:12 
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Maltar laisse Ashen sortir et lui laisse quelques minutes d'avance, minutes qu'il met à profits pour mettre sans dessus dessous tout l'étage à la recherche de quoi que ce soit de valeur. S'il trouve quoi que ce soit, c'est tant mieux. Il espère de plus qu'en voyant les lieux mis sans dessus-dessous, les autorités pensent à un vulgaire vole qui a mal tourné plutôt qu'à une espèce de sombre règlement de compte comme ce qui vient d'avoir eu lieu. Il dénoue d'ailleurs les liens de Rif , le larde de quelques coups avec un dague trouvée sur place, puis le place vers un mur, comme s'il était mort lors d'une rixe, et non suite à un long et douloureux interrogatoire. Tout le long, il tend l'oreille, prêts à filer à si un milicien pointe le bout de son nez.

Ceci fait, il décolle à son tour. Littéralement. Après avoir vérifié que la rue était vide, il saute par la fenêtre, se suspend au toit de la maison d'en face, puis d'une traction énergique et d'un tour de bassin se fait passer au-dessus du toit. Puis il fonce « par les hauts » jusqu'aux arènes abandonnées de la cour des duel, où il va se réfugier pour l'instant, au milieu d'une travée où aucun humain ne pourrais le voir sans se munir d'une torche.

Se sachant trop plein d’adrénaline pour essayer de dormir, il profite de la tranquillité pour tendre un bout de ficelle à un anneau rouillé suspendu au plafond. Au bout de cette ficelle, il suspend un saucisson. Considérant qu’il n’a clairement pas été assez rapide pour mordre la main de « Jacque » plus tôt dans la soirée, il va s’entraîner à mordre.

Il jette le saucisson qui, délicieux pendule, balance de droite et de gauche. Puis en gardant les mains derrière le dos, il s'entraîne à le mordre. Il essaye, il loupe, il loupe, il loupe, il le mord un peu, i loupe, il loupe, il loupe, il se le prend dans l'œil, dans l'oreille, il peste, il loupe, il loupe , il se concentre un peu plus et tâche de mieux anticiper le mouvement du saucisson. Il loupe, il loupe, il mord comme il faut, il loupe, il loupe, il remord comme il faut. Puis à nouveau, puis une troisième fois d'affilé. Alors il ajoute un mouvement rotatif au saucisson. Il loupe, il loupe, il loupe et se le prend dans l'oreille, il loupe, il loupe, il s'emmêle la ficelle autour du cou, s'agace, jure, loupe, puis réussi. Puis il reloupe, puis reloupe, puis loupe encore, loupe, réussis, loupe, réussi, réussi. Il parvient maintenant à mieux prédire les mouvements du saucisson malgré le balancier et les diverses variations dues à ses tentatives infructueuses. Il fait maintenant attention à mieux placer ses canines à chaque morsure pour mieux maintenir sa prise. Il loupe, réussis mais pas comme il le souhaite, loupe, loupe, loupe, damné saucisson, loupe, réussi mais pas comme il souhaite, loupe, réussi, réussi presque comme il souhaite, réussi.

Il rallonge la corde pour que le saucisson oscille à une cinquantaine de centimètres du sol. Puis il se place en dessous et enchaîne des abdos, tout en essayant à chaque relevée de happer le saucisson. Tout en gérant le rythme, il doit en plus garder de la lucidité dans la fatigue pour mordre sa cible. Il loupe, loupe, loupe, loupe, réussi du bout des dents, loupe, loupe, réussi, loupe, loupe, réussi, loupe, loupe, réussi, réussi. Il commence à mieux gérer son souffle, sans vraiment y penser, ce qui lui permet de mieux se synchroniser au balancier du saucisson. Il loupe encore toutefois, loupe, loupe, réussi, réussi, réussi, réussi même parfaitement, canines parfaitement positionnée. Un Dogue n'aurait fait mieux.

Il corse l'exercice. En position pompe, il essaye à chaque fois de se baisser pour laisser passer le saucisson au-dessus de sa tête, puis de se relever pour happer le saucisson lors du retour de pendule. Il loupe, loupe, loupe, réussi, loupe, loupe, loupe, loupe, réussi, loupe, réussi, loupe, réussi, réussi, réussi.

Il double maintenant la ficelle mais réduit la longueur du pendule. Il remplace ensuite le saucisson par un autre, en meilleur état. Puis il se place en dessous et fait une pompe avant de bondir en l'air pour essayer d'attraper le saucisson au vol, devant à chaque fois bondit de trente bons centimètres pour avoir une chance de mordre quelque chose. L'exercice est difficile car après chaque pompe, qui l'oblige à regarder le sol, il doit repérer le saucisson, identifier la trajectoire, parvenir à faire un bond lui permettant de happer le saucisson et le mordre sans qu'une autre partie de sa tête bouscule le saucisson et l'éloigne ainsi de sa bouche. Il loupe, loupe, peste, loupe, réussi, réussi, loupe. Son souffle est court. Dur avec la fatigue de rester lucide mais il persévère. Il loupe encore, loupe, loupe, réussi, réussi, réussi, réussi et content de sa série de réussite, maintient sa prise et reste suspendu  par les dents pendant une dizaine de seconde.

Il passe maintenant à l'entraînement spéciale taverne. Il sort une bouteille de vin (merci Rif), s'en enfile les trois quarts cul sec et après un gros rot se laisse quelques minutes pour laisser reposer les muscles et l'alcool monter au crane. Il reprend l'exercice. En plus de devoir anticiper le ballant du saucisson, son souffle, sa motricité fine dans l'espace, la puissance de sa détente lors de ses bonds, sa synchronisation de claquage de dent et la rudesse de sa mâchoire lorsque son poids se mettait à pendre au bout du saucisson, Maltar doit maintenant faire avec sa tête qui tourne, un équilibre douteux et une envie de vomir qui pointe après les mouvements brusque. Il loupe, loupe, loupe et tombe en se faisant mal aux fesses, loupe, vomi, loupe, insulte le saucisson, réussi, réussi, loupe, loupe, réussi, réussi, réussi.

Il est toutefois moyennement satisfait, trouvant qu'il ne mord pas encore assez fort. Alors il continue, mais en essayant de se concentrer sur son ki pour l'insuffler dans sa mâchoire au moment précis où il mord. Il loupe, loupe, loupe, réussi mais se rend bien compte qu'il a mordu comme d'habitude et a relâché son ki trop tôt, loupe, loupe, réussi et mord bien profondément dans le bout de viande. Il réessaye, et réussi encore, en ayant cette fois la nette impression qu'il a relâché son ki parfaitement dans le bon tempo du moment ou sa mâchoire commençait à se fermer jusqu'au moment où ses dents arrivaient au plus profond dans la viande. Il continue, mais en libérant maintenant aussi son ki lors de la pompe et à l'impulsion du saut, pour gagner en vitesse. La synchronisation n'est pas évidente, puisqu'il doit libérer trois impulsions de ki et que si l'une d'elle part au mauvais moment, le timing est faussé, il loupe, loupe, loupe, réussi, loupe, loupe, loupe, réussi, loupe, loupe, réussi, réussi, réussi.

Fatigué mais content de lui, il s’arrête, tranche la corde et baffre le saucisson en s’envoyant le dernier quart de la bouteille.

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 Sujet du message: Re: La cour des duels
MessagePosté: Jeu 14 Sep 2017 15:55 
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Pendant que Maltar mord a pleine dent dans un repas bien mérité, il entend soudain un quelque chose. Un frottement sur le sol. Semelle ou pied nu ? Il parie sur les pieds nu, ou alors une semelle non cloutée. Ne pouvant en savoir plus à l'oreille sur la potentielle menace, le gobelin bondit sur ses pieds et fonce se cacher derrière un angle de la travée. Ce faisant, il constate que, peste, les nuages se sont levés et que, légèrement, la lune éclaire maintenant la zone. Très peut, mais assez pour qu'un homme dont les rétines se sont habitué à l'obscurité puisse y deviner un semblant de quelque chose.

Une forme apparaît, une femme d'un certain âge. Probablement une clocharde au vu de l'odeur et l'état des frusques. On lui avait dit qu'apparemment certains traînes savates allaient se réfugier ici la nuit venue, possiblement par les égouts. La rumeur se confirme là. La femme semble très amoindrie et peine à avancer. La tête voûtée, d'une maigreure effrayante, elle approche très lentement des affaires à Maltar. Peut-être est-ce un effet de son imagination, mais Maltar croit deviner des puces dans ses cheveux.

La femme tourne la tête lentement à droite, à gauche, encore à droite. Sans doute doit elle chercher du regard le propriétaire de tout ce bazar qui traîne par terre. Elle murmure d'une voie douce et éraillée, un peu effrayé, coincé entre le désir et la peur d'être entendue :

- Hou Hou. bonjour. Y’a quelqu’un ?

Elle ne bouge plus, tend l’oreille, puis reprend.

- Hou Hou.

Toujours pas de réponse. Elle cherche toujours du regard, mais malgré ses yeux habitué à la pénombre, Maltar semble être trop loin pour qu'elle l'aperçoive. Au bout d'une minute qui ressemble à une éternité, la femme s'agenouille et commence à fouiller dans les affaires du gobelin. Maltar sort alors de sa cachette et l'interpelle d'une voie douce.

-J’peux vous aider ?

La femme sursaute. Mais rassurée par la douceur de ses gestes lents et son timbre de voie qui bien que rocailleux, s'est fait étonnamment doux, elle ne fuit pas.

-Bonjour mon bon sir. Excusez-moi, mais je n'ai pas mangé depuis deux jours et j'ai très faim. Peut-être auriez vous quelque chose à m'offrir?

Maltar avance, toujours d’un pas lent.

-Oui, sans doute. Mais vous pensez bien que je ne vais quand même pas vous le donner comme ça.

-Mais je n’ai pas de quoi payer.

-C’est dommage.

Le gobelin continue à avancer. Petit à petit, sa silhouette se découpe aux yeux de la jeune femme dans la pénombre et elle prend conscience qu'elle à affaire à un gobelin. Maltar devine une pointe de peur dans son regard, mais la faim l'emporte. Elle lui lance un sourire un peu forcé, laissant apparaître une dentition parcellaire.

- Je n'ai pas grand-chose, mais je peux peut-être vous offrir un peu de chaleur pour la nuit. Appuyant le sous-entendu, elle lève légèrement sa robe.

-Pourquoi pas, l’amour se fout bien des races…

Maltar s'approche toujours jusqu'à lui fait face, à guère plus d'un pas d'elle. La femme est petite, à peine plus grande que lui. Elle est en fait plutôt jeune, 20, peut-être 25, mais la misère lui en fait paraître 20 de plus. Il se penche et ramasse la bouteille de vin vide.

-Vous boirez bien un verre ?

Et soudain, il abat la bouteille sur le crane de la jeune miséreuse, qui surprise a à peine le temps d'esquisser un mouvement pour se protéger. Elle lève les mains d'une dizaine de centimètres et déjà le bruit du verre qui explose sur sa tempe retentit La femme s'affaisse, à moitié assommée. Maltar lui lance un grand coup de pied dans le ventre, l'envoyant tomber loin de ses affaires. Puis il se jette sur elle et lui plante le tesson dans bouteille dans la gorge. La pauvrette n'émet plus maintenant que de vagues gargouillis alors qu'elle voudrait hurler. On voit quelques bulles d'aire qui s‘échappent au milieu du flot carmin. Puis quelques soubresauts, puis plus rien. Plus la froideur de la mort tandis qu'a l'odeur de la crasse et au fumet du saucisson se mélange lasenteur ferreuse du sang et celles plus acres et épaisse de l'urine et de la merde de macchabée .

Pendant que le sang s'écoule, Maltar arrache l'une des manche de la chemise de la jeune femme, avant que celle-ci ne soit imbibée de sang. Il verse un peu d'eau dessus et s'essuie les mains, le visage. Puis il va ramasser ses affaires et le pose quelques mètres plus profondément dans l'épaisseur des murs de l'arène, bien à l'abri cette fois des regards. Il se change, remet sa parure de bourgeois rutilant et s'en va. Un autre aurais pu avoir pitié de cette femme, aurais pu être attristé en voyant à quoi la misère la laissé réduite. Pas lui. Pas là. Ce soir, Maltar fait péter la valve. Cela aurait pu tomber sur n'importe qui d'autre, c'est cette pauvre hère qui a pris. Ainsi va le chaos du monde, pas de bol pour elle. Pas dit que ça soit la dernière de la nuit.

Il laisse la carcasse là sans autre forme de sépulture, cadeau pour la vermine, et quitte l’arène.

Suite

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 Sujet du message: Re: La cour des duels
MessagePosté: Mer 20 Sep 2017 19:41 
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Elle était bien dans la merde et sans doute ne l'avait-elle jamais été autant. Nulle porte de sortie n'était en vue, nul allié inespéré n'avait de chance de passer ladite porte qui se trouvait être celle de la cellule de prison dans laquelle on l'avait liée de fers et que le demi-elfe qui lui avait face n'avait pas refermée, peut-être par mégarde, plus probablement par outrecuidance. Ladite outrecuidance aurait pu lui coûter cher - lui coûter même sa prisonnière - si cette dernière n'était pas si pitoyablement attachée. Mais voilà que, en même temps qu'elle prenait, le plus rapidement possible, conscience de sa présente situation - désespérée semblait-il donc - et de son environnement à la recherche de la moindre aide, elle trouva que le fer qui retenait son poignet droit avait un peu de jeu. Discrètement, elle tenta de retirer sa main.

"Je m'appelle Kay. Je viens de Kallah, vous savez ce petit village pas très loin de Tulorim, mais un peu plus en direction de l'ouest. C'est vrai que ça fait une bonne petite trotte depuis ici..."

Elle parlait sans très peu respirer, ne se souciant même pas de ce qu'elle pouvait bien être en train de raconter. À cause de sa relation avec les Danseurs d'Opale, Kay devait être très attentive aux informations qu'elle pourrait éventuellement laisser couler de sa bouche. Mais le demi-Shaakt au service d'Averenn avait posé la bonne - du moins de son point de vue - question ; son nom. Kay, par habitude, ne se définissait que par le village où elle avait vécu avec sa mère puis son mari, à une époque qui lui semblait désormais révolue depuis des décennies, quand elle n'avait encore aucune idée de l'héritage elfique qu'elle portait en elle. Par conséquent, parler de cet endroit et des souvenirs qui lui étaient associés ne craignait rien. Et elle ne se priva pas, souhaitant détourner son bourreau de ses propres tentatives de fuite. Malheureusement, s'il y avait bien du jeu au niveau de ce poignet droit, il n'était pas suffisant. De plus, elle ne pouvait faire de gestes trop brusques au risque d'attirer l'attention de l'autre. L'autre qui n'avait pas omis de préciser ses menaces si les réponses qu'elle lui offrait ne lui étaient pas suffisantes. Des menaces qu'il allait très certainement mettre à exécution bientôt. Vraiment, la guerrière n'avait pas beaucoup le choix.

"...Vous devriez aller faire un tour sur Imiftil, vous savez. Il y a des endroits très jolis - enfin plus qu'ici. Car sans vouloir vous vexer, je n'apprécie pas trop Kendra Kâr. Trop... méchamment peuplé."

Et après avoir dit cela, lui adressant un grand sourire et prête, selon toute vraisemblance, à reprendre son monologue, ce qu'appuya son mouvement nonchalant qui lui permit de replier ses jambes sous elle et de placer ainsi ses pieds contre la muraille, elle se jeta brusquement sur lui, se propulsant avec ses pieds, sa main droite fusant en direction de sa gorge, un rictus de rage plaqué sur son visage cendré.

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Dernière édition par Kay de Kallah le Sam 14 Oct 2017 21:28, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: La cour des duels
MessagePosté: Dim 24 Sep 2017 09:38 
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Lorsque Kay bondit en lançant sa main droite en avant, la chaine se tendit brutalement et le fer mordit douloureusement dans les chairs du poignet de la jeune femme. Durant une fraction de seconde il sembla que l'entrave allait résister, l'amorce d'un sourire sardonique s'ébaucha sur le visage du Semi-Shaakt, puis le scellement rompit sous le choc.

La main de Kay percuta la gorge de son bourreau, coupant net le cri de surprise et de colère qui s'apprêtait à en jaillir et le faisant chanceler en arrière. Le coup avait été rude mais, malheureusement, pas assez pour tuer, Kay ne maîtrisant pas les techniques de combat à mains nues. La chaîne gauche, elle, tenait encore solidement, la Sindel n'était pas encore sortie d'affaire et les instants suivants s'annonçaient mal car déjà le sbire d'Averenn se reprenait, fixant Kay d'un regard brûlant de haine et de cruauté. Il se rapprocha, prudemment cette fois, brandissant sa dague d'une manière révélant qu'il savait s'en servir et qu'il n'allait pas se gêner.

Pourtant, à l'instant où il allait taillader la jeune femme, une silhouette grise apparut dans l'encadrement de la porte et bondit violemment sur le dos du Semi-Shaakt qui poussa un hurlement de douleur et chuta sur Kay. Dans son dos elle pourrait apercevoir le manche d'une dague, plantée jusqu'à la garde, le tortionnaire était salement blessé mais encore bien vivant apparemment. Derrière lui se tenait une jeune Sindel que Kay connaissait: Estë. La bataille n'était pas encore gagnée toutefois, pas tout à fait, mais Kay avait maintenant la possibilité d'en finir si elle agissait vite et bien.

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 Sujet du message: Re: La cour des duels
MessagePosté: Sam 14 Oct 2017 18:46 
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Kay n'avait pas beaucoup de chances de s'en sortir. Elles étaient si peu nombreuses, d'ailleurs, qu'elle se refusait même à y penser. Tout ne pouvait que foirer - et la souffrance serait son seul compagnon pour les dernières heures de sa vie. Mais Kay ne pouvait se laisser entre les mains de son bourreau, cela lui apparaissait comme la dernière des lâchetés. Enfin, Kay, surtout, n'aimait pas attendre. Qui savait ? Une occasion favorable pouvait à tout moment se présenter à elle ; trop tard. Ayant replié ses jambes sous elle, ses pieds calés contre la muraille, ses poings fermés, tous ses muscles tendus au maximum, elle s'était jetée contre le demi-Shaakt avec toute l'énergie que lui dispensait le désespoir qu'elle tentait à tout prix de faire taire, en son cœur. Ce même désespoir qui explosa lorsque, à la première seconde, elle sentit les chaînes rester en place ; alors tout sang déserta son esprit, tout battement cessa en son cœur. Sous ses yeux horrifiés, commença à se dessiner le sadisme d'un sourire sur le visage de son tortionnaire. Mais les chaînes lâchèrent.

Brutalement, Kay fut délivrée d'une partie de ses entrailles. Quelques gouttes de sang churent des menottes qui, sous la pression, lui avaient légèrement entaillé les poignets, mais elles n'avaient pas encore touché le sol que la main de la guerrière avait percuté la gorge sombre de son ennemi. Le coup lui ravit un instant le souffle et le fit chanceler. Kay détourna la tête en direction de sa main gauche, toujours prisonnière. Mais déjà, l'autre, déglutissant, se ressaisissait. Il raffermit sa prise sur sa dague et s'approcha, avec précaution. À nouveau, le sang bouillonna dans les veines de la semi-elfe. Sa main droite agrippa son bras droit et elle tira de toutes ses forces ; en vain. Des larmes de frustration et de colère roulèrent sur ses joues. Du coin de l’œil, elle voyait le sbire d'Averenn lever son bras, prêt à plonger sa dague dans ses chairs encore jeunes...

À l'instant exact où Kay fermant à demi les yeux, s'apprêtait à recevoir le coup, le combat changea du tout au tout. Une brève silhouette passa devant la porte et soudain, le demi-Shaakt s’effondra sur Kay qui en eût le souffle coupé. Sa tête reposant presque sur les épaules de son adversaire, elle put voir le manche d'une dague dépasser de son dos et, relevant un peu les yeux, Estë, qui le dominait. La jeune femme ne perdit pas un instant. Sa main droite attrapa vivement la dague alliée et son genou s'envola vers le ventre de l'elfe perfide : il cria quand l'arme fut retirée de son corps et partit en arrière sous le coup qu'il prit par devant. Kay se retourna alors vers la chaîne qui la retenait encore et et l'attaqua avec toute la rage qu'elle possédait. Pendant ce temps, l'autre se reprit et d'un bref coup de poing envoya Estë, qui s'était de nouveau portée à sa hauteur, au sol. Cette fois-ci, plus question de prudence ; il s'élança vers la bâtarde. Cette dernière n'était toujours pas tirée d'affaire. Mais la persistance fut de son côté ; quand son ennemi abattit sa dague en direction de sa tête, l'entrava céda subitement et elle put se déporter in extremis. Sans attendre, elle se jeta sur son opposant et tous deux churent, le dernier criant lorsque son dos blessé heurta les pierres dures et froides. La violence du choc lui fit perdre son arme. Cette seconde d'inattention fut profitable à la maître d'armes qui s'empara de sa gorge, ses ongles devenant comme les serres d'un aigle. De son autre main, elle leva sa dague, prête à porter le coup de grâce.

Elle se figea, cependant. Sous l'effet de l'adrénaline qui avait inondé son corps et brouillait son esprit pour qu'elle ne vît plus rien que le combat, elle avait visé pour la vie de son adversaire. Mais cet adversaire, n'était-il pas relié à Averenn ? La dague s'abattit, s'enfonçant dans la chair juste au dessous de la clavicule qu'elle racla au passage. Ignorant le cri de douleur qui se déversa dans le cachot, Kay maintint son arme rougissante.

"À toi de parler, maintenant ! Que vient faire Averenn à Kendra Kâr ? Quel est son plan ?!"

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Kay de Kallah, Maître d'Armes et demie-Sindel

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Dernière édition par Kay de Kallah le Sam 14 Oct 2017 21:32, édité 1 fois.

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