L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 121 messages ]  Aller à la page Précédente  1 ... 5, 6, 7, 8, 9  Suivante
Auteur Message
 Sujet du message: Re: La Milice de Tulorim
MessagePosté: Lun 1 Fév 2016 16:59 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Lun 11 Jan 2016 15:48
Messages: 509
Localisation: Tulorim
Tout content de bientôt retrouver son sauveteur, JoeBlack vient de faire son apparition dans le bâtiment de la milice. L'endroit est bien meublé, mais il n'y a personne à part un garde sur le côté. Le jeune mage s'approche de lui et lui demande d'une voix mi-aigüe mi-grave :

" Bien le bonjour, gardien. Je cherche un homme qui approche des 30 ans. Il a de larges épaules, des bras fins et longs et de grandes mains. A son apparence, on dirait un rôdeur. L'avez-vous vu dans les parages ? "

" Allez au bout du couloir, il est entré dans le bureau du sergent... "

" Merci, vous êtes bien aimable. "

Joe s'incline respectueusement et va dans la direction indiquée. Il arrive ensuite devant une porte, il frappe et comme il n'entend pas de réponse, il prend l'initiative de rentrer tout de même à l'intérieur.

Là, il voit son sauveteur qui se trouve être fatigué et un peu amoché en compagnie du sergent de la milice.

" Veuillez m'excusez de venir à l'improviste mais il est de mon devoir de remercier la personne qui m'a sauvé la vie ! "

Il dit donc au mystérieux sauveteur :

" Je me nomme JoeBlack, mais vous pouvez m'appeler Joe. Quel est votre nom ? Comment puis-je vous remercier ? Vous êtes un sacré combattant, mon cher ! "

_________________

" Le jour et la nuit, toujours cette envie d'écrire, de partir, de m'évader dans un univers qui m'inspire ! "

Image


Haut
 

 Sujet du message: Re: La Milice de Tulorim
MessagePosté: Lun 1 Fév 2016 22:09 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 17 Jan 2016 09:57
Messages: 72
Localisation: Tulorim
Je me retournai d'un bloc en entendant quelqu'un entrer dans le bureau. C'était le jeune mage de l'auberge. Toujours habillé de sa longue cape à capuche, il avait l'air plus en forme que l'autre soir.

_ Bonjour, je m'appelle Amos LEGARI. Lui répondis-je, avant de m'adresser au milicien. C'est lui le mage dont je vous ai parlé, mon Sergent.

Nous discutâmes un temps avec le gradé avant de sortir, le laissant traiter la mission. De nouveau dans le couloir, je m'adressai à Joe.

_ Content de voir que le guérisseur a fait des merveilles sur vous aussi. Sans lui le reveil aurait été beaucoup plus difficile je le crains !

Tout en devisant, nous nous dirigeâmes vers la grande porte de devant. Après quelques mots courtois échangés avec le mage nous nous séparâmes avec la promesse de se retrouver un soir autour d'une bière à l'Auberge du Pied Levé, où je me rendrais après m'être reposé au sein de la milice.

_________________
.



.


Dernière édition par Amos le Sam 6 Fév 2016 21:56, édité 1 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: La Milice de Tulorim
MessagePosté: Mar 2 Fév 2016 19:36 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Lun 11 Jan 2016 15:48
Messages: 509
Localisation: Tulorim
Le sauveteur de JoeBlack se retourne d'un bloc et commence à se présenter.

( Il s'appelle donc Amos Legari... Ca en jette, un nom pareil. )

Puis, Amos parle un peu avec le sergent et ensuite, il s'approche de Joe. Les deux camarades sortent de la pièce et prennent le couloir tout en discutant rapidement. JoeBlack apprend donc qu'Amos est un rôdeur au service de la milice pour le moment et que c'est grâce au guérisseur de l'Auberge du Pied Levé si ils sont tous les deux bien remis sur pieds.

( Voilà pourquoi je me sentais mieux à mon réveil... )

Après quelques mots courtois échangés avec Amos, ce dernier quitte le bâtiment de la milice en promettant à Joe de se retrouver un soir autour d'une bière à l'Auberge. Le jeune mage se sent mieux, il a enfin remercié son sauveteur.

( Que vais-je faire maintenant ? Aller enfin voir mes parents ? Je pense qu'il est temps... )

JoeBlack reste un moment à regarder l'emblème de la milice en se disant qu'un jour, il y travaillerait peut-être. En attendant, il a du pain sur la planche. Il se décide donc à se diriger vers la sortie de ce bâtiment pour arriver à l'une des ruelles de Tulorim...

_________________

" Le jour et la nuit, toujours cette envie d'écrire, de partir, de m'évader dans un univers qui m'inspire ! "

Image


Haut
 

 Sujet du message: Re: La Milice de Tulorim
MessagePosté: Lun 27 Mar 2017 15:48 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 25 Sep 2016 22:06
Messages: 11
Le bâtiment de la Milice est bien moins imposant que ne saurait suscité son importance capitale dans une ville. Alors que la bâtisse d'Hidirain symbolisait la noblesse des guerriers de la Milice, l'édifice est pareil à ceux qui lui sont conjoints. Je me serais facilement méprise si il n'y avait pas eu ce garde à l'entrée. Et contre toutes attentes, il me laisse entrer sans même m'adresser un regard.
Je pénètre alors dans le bâtiment, arrivant dans une large pièce sombre, simplement éclairée de la lueur de bougie. La lumière des flammes des cierges danse sur les murs de bois et se reflète légèrement sur les vitres obscures des fenêtres. Au fond de la pièce, dans un coin, est engouffré dans l'obscurité un coffre fort, qui semble cacher à merveille ses nombreux trésors. Quelques personnes décimées dans la pièce partagent secrets et murmures, sans se soucier de ma venue. Au centre de la pièce, un homme gratte le parchemin d'une longue plume d'oie, absorbé par sa paperasse et désintéressé des messes-basses. Je craque le parquet en m'approchant de la table massive et m'adresse au scribe.

" Bonjour. Je suis à la recherche d'un travail. Auriez vous quelque chose pour moi ? "

_________________

Multi de Irina, Shaakte, Fanatique et Hild, Humaine de Wiehl, Archère


Haut
 

 Sujet du message: Re: La Milice de Tulorim
MessagePosté: Lun 27 Mar 2017 17:50 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Lun 19 Sep 2016 23:25
Messages: 17
La lourde porte de bois s'ouvre sur un univers atypique, loin de l'agitation qui règne au dehors. La pièce qui se dévoile s'illumine de la lumière du soleil, comme plongée dans le noir avant l'arrivée du jeune homme. S'il profite d'un court instant pour balader son regard dans la réception du bâtiment de la Milice, les yeux inquisiteurs du garde à l'entrée semble lui sommer de se décider à rentrer, chose à laquelle Allen obtempère en refermant rapidement la porte derrière lui.

Presque tamisée, l'ambiance est au calme et au silence malgré un parquet qui grince au moindre pas. Quelques regards se lèvent dans sa direction, mais le guerrier n'y prête qu'une maigre attention. Plus large qu'une simple caserne, l'endroit renferme une sélection de meubles d'excellents goûts, parfois vernis dans les plus infimes détails. Bancs, chaises et fauteuils accueillent les visiteurs sans prétention, malgré la clientèle plutôt aisée qui règne en ces lieux. Du noble à la belle Demoiselle, tous semblent justifier la luxure qui transpire des murs en bois de chêne. Inquiet, le jeune homme ne peut s'empêcher de ressentir un léger frisson courir le long de son échine.

(S'ils me demandent des prérequis de noblesse ou de richesse, je suis certain de me faire jeter... Enfin, ça ne coûte rien de tenter sa chance.)

Le regard vif d'Allen repère ce qui semble être le bureau d'informations vers lequel il entame déjà une marche discrète au possible. Le milicien qui y travaille, facilement reconnaissable par son uniforme, tourne le regard dans sa direction lorsque le grincement du bois lui parvient avant de jauger l'inconnu sans émotion visible sur son visage. Légèrement mal à l'aise, le Wielhois parvient tout de même à reprendre de l'assurance et laisse sa grosse voix percer le silence qui s'installe.

"Je viens rejoindre les rangs de la Milice. J'imagine que c'est auprès de vous que je dois me présenter ?"

_________________
Allen, Guerrier de Wiehl
----------------------

Multi de Kalas, Shaman du Loup et Ellyan Crow, Boucher des Murènes


Haut
 

 Sujet du message: Re: La Milice de Tulorim
MessagePosté: Lun 27 Mar 2017 18:39 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 26 Oct 2008 16:27
Messages: 39546
Intervention de Milice pour Herenndil et Allen.


Le milicien scribe leva les yeux vers l’elfe blanche avec circonspection, puis commenta brièvement en pointant une porte latérale de la pièce principale pour toute indication.

« Ce n’est pas souvent qu’on voit les vôtres s’abaisser à se mêler des affaires humaines, elfe. Le Sergent Wievegg se chargera de vous. Bienvenue à la milice de Tulorim. »

Et il délaissa l’elfe pour reprendre son manuscrit, dont il fut tiré peu après par l’arrivée d’Allen à son côté. Il le reluqua à son tour de haut en bas, et répondit sur un ton égal :

« Au sergent Wievegg, là-bas à droite. On a bien besoin de castard dans votre genre, ici. Bienvenue à la milice de Tulorim. »

Il indiqua la porte par laquelle l’elfe blanche venait de passer pour qu’il aille à sa suite. Tous deux, ils arrivèrent dans une pièce qui aurait dû être un bureau, sans doute, mais dont la décoration plus qu’austère et militaire contrastait avec le rôle de gratteur de papier que le type de l’accueil avait eu. Un homme d’une quarantaine d’année était là, derrière une table massive en chêne, sans aucun poil sur le caillou. Il était caché derrière une armure massive, et un bouclier portant les couleurs de la cité reposait à son côté. La table était barrée, en sus de quelques parchemins, d’une épée large et longue.

Image


Il prit la parole d’un ton sévère et rigoriste.

« Bienvenue, recrues. Ajoutez votre nom en bas de cette liste et signez pour officialiser votre inscription. Puis si vous avez, laissez le nom de la personne qu’on devra prévenir si il vous arrive une bricole. Simple précaution. »

Il tendit le papier aux deux arrivants, et lorsqu’ils eurent signé celui-ci, le reprit et lut pour lui les noms des deux recrues miliciennes.

« Hm, bien. Je vous préviens tout de suite, on ne vous a pas envoyé chez le plus tendre, ni le plus protecteur des sergents de la milice. J’attends des recrues des résultats probants. Alors ne vous attendez pas à avoir une mission tranquille pour vous mettre dans le bain. SI c’est ce que vous souhaitiez, allez donc voir un de mes collègues. »

Il les jaugea l’un et l’autre, et sans attendre qu’ils aient décidé ou non de fuir ce bureau, commença un briefing de mission.

« Vous ne serez pas trop de deux pour ce que j’ai à vous demander. Voilà bien assez longtemps que les légendes fantasques sur cet endroit m’irritent les oreilles. Le Manoir des Brumes, proche de la bordure de la ville, sur la côte. Cette vieille résidence noble est abandonnée depuis plusieurs années, effrayant le voisinage et les badauds qui se promèneraient aux alentours. On raconte qu’elle serait hantée par une foutue Dame Blanche ou je ne sais quel esprit frappeur, qui animerait des armures pour défendre le secret de l’endroit. Ça effraie les autres recrues, à ce qu’il parait. Donc si vous ne chiez pas dans votre froc, j’attends de vous que vous vous rendiez sur place pour découvrir ce qui s’y passe vraiment. Ces histoires de fantômes ont assez duré, et il serait bon pour l’image de la ville que ce manoir soit réhabilité. »

Il toisa à nouveau de haut en bas les deux apprentis, et précisa :

« J’attendrai ici un rapport détaillé de votre part, si tant est que vous y surviviez. Vous avez le droit de vous équiper dans la réserve de la milice, si vous manquez de protections ou d’armes. Mais c’est à double tranchant : en arborant les couleurs de la milice, vous vous ouvrirez certaines portes… Et d’autres vous resteront fermées. »

Et il les laissa enfin prendre leur décision.

_________________
Image
Image
Image



Haut
 

 Sujet du message: Re: La Milice de Tulorim
MessagePosté: Dim 2 Avr 2017 01:52 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Lun 19 Sep 2016 23:25
Messages: 17
Ravalant le trac qui lui glisse douloureusement dans la gorge, Allen acquiesce au scribe qui lui indique le chemin à emprunter jusqu'à un gradé de la Milice. A entendre qu'ils nécessitent quelques recrues supplémentaires, le Guerrier se rassure d'un cran, ravi de ne pas prendre la porte sans trouver une source de revenu et un toit pour dormir. Alors qu'il laissait ses pieds le porter jusque dans la salle adjacente, la fine silhouette d'une femme se dessine devant lui, poussant la porte qui mène à leur destination commune. Sans un mot, Allen lui emboîte le pas et retient la porte à mi-clos pour se retrouver dans un bureau fade et avare d'ornements décoratifs. Plutôt spacieuse, le jeune homme ne peut s'empêcher de se sentir écraser par les murs de bois vides et manque de taper du pied dans l'unique meuble retenant une lampe à huile. La lumière de la pièce s'assombrit lorsque le Wielhois se poste face au bureau habité par un homme qui ne cache rien de son sérieux. Visiblement d'expérience, celui qu'Allen définit par avance comme le sergent qu'on lui a indiqué dans le hall de réception. Se gardant de faire le malin devant son futur supérieur, le Guerrier se présente la tête haute avec tout le respect possible.

"Vous êtes le sergent Wievegg ? Enchanté, vous pouvez m’appeler Allen."

Se gardant de lorgner sur la femme à ses côtés, le jeune homme contient sa curiosité et fixe le vide face à lui, les bras croisés derrière le dos. Sans se lever, le milicien accueille les visiteurs d'une voix grave qui rebondit contre les murs et attrape l'un des papiers devant lui qu'il pointe dans leur direction. D'un geste, il indique la plume à côté de lui et réclame une signature pour officialiser l'intégration dans les rangs de la Milice. Alors qu'il s'empare du plumage pour indiquer son nom et son prénom, le sergent leur demande également d'ajouter un proche à prévenir en cas de problème. La nature de cette précaution n'effraie pas le Wiehlois qui s'entête davantage à choisir entre son Père et sa Mère.

(Dois-je vraiment m'imposer comme une charge à nouveau ? Père serait capable de refuser mon corps par fierté et Mère se noierait certainement dans le chagrin... J'imagine qu'il est temps de couper les liens une bonne fois pour toutes.)

Replongeant la plume dans l'encrier après signature, Allen se redresse et recroise à nouveaux les mains dans le dos, avant de capter le regard du Milicien en se mordillant la lèvre inférieure.

"Pas de garant pour moi."

Les tâches administratives effectuées, Wievegg relit le papier d'un vague coup d’œil, certainement à la recherche des noms et prénoms avant de se dévoiler avec plus de détails. Les pensées du jeune homme se confirment lorsque le sergent s'écrase davantage dans son fauteuil, miroitant sa lourde armure de plates à la lumière des torches. Les détails de son plastron attirent le regard du jeune guerrier, impressionné par un tel niveau de finition et une qualité indéniable. A ses côtés, un pavois parfaitement lustré et arborant les couleurs de la cité se tient contre sa chaise, certainement à l'épreuve du marteau du jeune guerrier. Wievegg pose sa main sur la table et enserre une poignée cachée sous la paperasse qui découvre une lame argentée aux allures d'espadon de guerre. L'arme est aussi nette et affinée que l'armure et nul doute qu'une simple taillade découperait un Sekteg sans le moindre mal. Alors qu'il finissait de reluquer l'équipement du sergent, la voix de ce dernier se coupe soudainement et un silence s'installe, rattrapant Allen hors de ses pensées.

(Bon sang, je n'ai rien écouté ! J'espère qu'il n'a rien remarqué !)

Avant qu'il n'ait le temps de finir sa complainte, le jeune homme rattrape son retard et tend l'oreille au briefing de sa première mission. La même voix rauque, Wievegg commence par demander aux deux nouvelles recrues de joindre leurs forces pour une chasse aux fantômes dans un manoir non loin des murs intérieurs de la cité. Le nom du domaine ravive de vieux souvenirs dans l'esprit d'Allen, qui se rappelle y avoir joué enfant. Les légendes à son propos terrifiaient la plupart des autres enfants qui refusaient alors de s'y aventurer, mais c'était sa Mère qui lui interdisaient de s'en approcher. Aussi loin qu'il puisse s'en souvenir, le jeune homme s'en souvient d'un endroit à éviter comme la peste sans le moindre fait avéré. L'occasion de résoudre l'une de ses énigmes d'enfance lui tire un sourire qu'il cache aussitôt pour ne pas se faire sermonner par son supérieur. Terminant d'indiquer la nature de la mission et ses objectifs, Wievegg demande un rapport de mission détaillé à la fin de celle-ci, avant de proposer les services de l'armurerie aux deux recrues, non sans préciser l'avantage et l'inconvénient de se promener avec les couleurs de la Milice.

Aussi intéressé par sa mission que la proposition du sergent, Allen ferme les yeux et salue d'une courbette son supérieur pour lui donner son approbation.

"Je vous remercie pour votre confiance, sergent. Je vous assure des résultats dans les plus brefs délais ainsi que des explications claires et concises sur cette histoire de fantômes."

Sur ces mots, le jeune homme tourne les talons et quitte la pièce, patientant à quelques mètres de la porte pour faire la connaissance de sa partenaire.

_________________
Allen, Guerrier de Wiehl
----------------------

Multi de Kalas, Shaman du Loup et Ellyan Crow, Boucher des Murènes


Dernière édition par Allen le Mar 4 Avr 2017 13:45, édité 1 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: La Milice de Tulorim
MessagePosté: Dim 2 Avr 2017 22:47 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 25 Sep 2016 22:06
Messages: 11
Le scribe me toise de son regard circonspect, puis m'indique une porte de sa plume gracieuse. En m'indiquant la direction à emprunter, le milicien ajoute qu'il n'était pas coutume de voir des elfes blancs s'engager dans les affaires des humains. L'arrogance et le mépris de mon peuple envers les autres races étaient donc à ce point ancrés dans les esprits ? Mes parents nous ont élevés, ma sœur, mes frères et moi, dans la tolérance de l'Autre, mais je suis bien consciente que la plupart des Hinions n'ont pu jouir d'une telle ouverture d'esprit durant leur éducation. Bien contre mon avis et mon envie, mon peuple a depuis trop longtemps méprisé les autres races, que ce soit de simples abus de langage au racisme le plus ostentatoire. Et aujourd'hui, je remarque avec regret et tristesse que cette arrogance est un trait caractérisant des Hinions pour les humains. Navrée par cette découverte, je préfère ne pas lui répondre et me tourne vers la porte indiquée.

Une fois le cellier franchi, je m'introduis dans une pièce aux murs de bois massifs. Un homme me précède pour rentrer dans le bureau, je lui tiens alors poliment la porte et avant que je ne porte mon regard sur lui, mon attention est de suite attirée par l'espace faisant l'apologie de la puissance. De la décoration au bureau qui trône au centre du bureau, tout instaure une ambiance oppressante, symbolisant à merveille le maître des lieux. Assis à la table, une armure imposante cache un homme mûr au visage sévère marqué par les batailles et l'âge. En plus des plaques de métal protégeant son corps robuste, un lourd bouclier aux couleurs de la ville se repose à ses côtés et même si sa présence n'est pas mise en évidence, une intimidante épée dort sous les parchemins de la table.

D'une voix allant de pair à son physique vigoureux, le sergent présenta un parchemin où y notifier notre nom ainsi que le nom de quelqu'un à prévenir en cas de problème. L'homme qui me précédait n'avance avant moi. Cela me permet alors de l'examiner de plus prêt. Grand et bien bâti, ce jeune humain paraît avoir été maintes fois entraîné pour avoir acquis un physique aussi robuste. Ses longs cheveux bruns attachés de manière assez approximative dégage son visage étrangement doux. Si le regard s'arrête immédiatement sur sa barbe fournie, un œil plus avisé remarque de suite de doux yeux bleus et une paire d'oreille marquant un parent elfe éloigné dans sa lignée. Ce jeune homme porte sur lui un marteau massif, que j'aurais bien du mal à soulever même avec la meilleure volonté du monde. Au premier abord, je jugerai que cet homme personnifie la "force tranquille". Ce passe-temps d'inspecter et jauger les gens d'un regard me poursuit depuis bien longtemps, on ne chasse pas les mauvaises habitudes.
Ses premiers mots me tirent de mes pensées. Pas de garant ? Il est vrai que Yuimen abrite en ses terres de nombreux orphelins mais cet homme, même si il n'a peut être aucune famille, n'a-t-il pas un ami ou qui que ce soit à qui il manquera si jamais il lui arrivait malheur ? Ou bien a-t-il souhaité sa solitude ? Certains préfèrent la solitude mais personne ne la supporte, humains ou elfes.

Aussi est ce mon tour de m'inscrire. Mais au moment de noter la personne à prévenir en cas de problème, l’hésitation s'empare de moi. Aucun humain ici ne trouverait Hidirain, ou du moins n'y sera accueilli en grandes pompes. Je pense à mes parents que j'ai laissés dans notre ville blanche, sans possibilité d'avoir de mes nouvelles. Je pourrais aller leur conter mes gloires et mes conquêtes moi-même mais qui les préviendra de ma mort ? Je ferme mes yeux pour chasser les regrets qui commencent à s'installer dans mon esprit et bien que les noms Vinalya et Aldafor Nösse résonnent dans ma tête, je pose la plume d'oie sur le bois massif.

" Personne pour moi non plus. "

Une fois les formalités administratives effectuées, le sergent reprit son parchemin et annonça de suite le ton. Sans surprise, l'homme en armure se présente comme n'étant pas le plus tendre et nous met en garde quant à ses exigences de résultats. Il nous explique ensuite la teneur de notre première mission. Non loin de Tulorim se trouverait une maison hantée et notre rôle serait de tirer au clair les rumeurs qui instaurent la terreur auprès des autres recrues. Tandis que d'autres ne verrait qu'une farce dans cette première mission, je prends très au sérieux la menace que peut représenter un esprit courroucé. Mais chaque rumeur mérite d'être inspectée et nous avons pour cela besoin d'informations et surtout de nous rendre au lieu en question.
Mon futur partenaire, s'étant présenté sous le nom d'Allen, prend congé d'une manière très militaire, mais qui semble très naturel chez lui. Alors que le jeune homme se dirige vers la sortie, je m'incline légèrement face au sergent et le salue d'un simple :

" Merci. "

Je n'ai pas l'habitude de ce genre de situation conventionnelle et militaire, et comme Allen s'était magnifiquement occupé de ces formalités, je préfère ne pas m'éterniser avec le protocole militaire des bonnes manières.
Quelques mètres après la porte m'attend apparemment Allen. Je m'approche de lui et penche légèrement la tête pour le saluer.

" Etant donné que nous allons travailler ensemble, il vaut donc mieux que je me présente. Je m'appelle Herenndil Nossë, je suis enchantée de te rencontrer. Je ne suis à Tulorim que depuis quelques heures, alors cette demeure hantée m'est complètement inconnue. En as tu déjà entendu parler ? "

Je marque une courte pause puis retourne vers le scribe encore fourré dans sa paperasse.

" Le sergent Wievegg nous a spécifié que nous pouvons nous équiper dans la réserve de la Milice. Pouvez nous indiquer la direction ? "

_________________

Multi de Irina, Shaakte, Fanatique et Hild, Humaine de Wiehl, Archère


Haut
 

 Sujet du message: Re: La Milice de Tulorim
MessagePosté: Jeu 11 Mai 2017 22:11 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Lun 19 Sep 2016 23:25
Messages: 17
Le bois lisse et verni des murs semble être un véritable chef d'oeuvre pour le guerrier qui s'attarde sur chacune des planches d'un œil expert en attendant sa future partenaire. Bras croisés dans le dos, ses pas lents grincent sur le parquet recouvert d'un joli tapis en tissu épais, atténuant l'écho du bois. Finalement, l'attente est plus courte que prévue et c'est une elfe à la mine neutre qui s'approche du Wielhois avec une courtoisie des plus respectables. Ainsi, l'inconnue se présente sous le nom de de Herenndil Nossë, fraîchement arrivée dans la ville à ses dires. Le regard un peu perdu, Allen n'écoute que d'une oreille et lui rend une œillade muette de toute émotion, la main glissée dans sa barbe. La Demoiselle demande à son interlocuteur s'il a connaissance du lieu de la mission, auquel il répond d'un hochement de tête les yeux fermés.

"Tout à fait. Une baraque abandonnée non loin des portes Ouest de la cité. Je n'y ai jamais mis les pieds, mais on raconte des histoires plus farfelues les unes que les autres à son sujet."

Sans attendre, le guerrier tend la main vers l'elfe, visiblement peu intéressée et qui part déjà vers le scribe de l'entrée. Un brin vexé, Allen serre le poing et le range dans sa poche avant de suivre sa future partenaire et de s'immiscer dans la discussion. La visage morne, le scribouillard range sa plume dans son encrier et pointe le doigt vers des marches qui descendent aux sous-sols du bâtiment.

"Prenez ce passage et trouvez la grosse porte en métal sur votre droite, vers le fond du couloir. Vous ne pouvez pas la louper."

Sur ces mots, le guerrier salue l'informateur et se dirige vers l'escalier, non sans attendre l'elfe à ses côtés.

_________________
Allen, Guerrier de Wiehl
----------------------

Multi de Kalas, Shaman du Loup et Ellyan Crow, Boucher des Murènes


Haut
 

 Sujet du message: Un réveil difficille
MessagePosté: Mar 21 Nov 2017 21:24 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 5 Nov 2017 16:46
Messages: 8
Localisation: Tulorim
Je me réveille douloureusement, la tête me tourne et je sens une bosse gonfler sur mon crâne. J'ouvre péniblement les yeux et regarde autour de moi.

(j'ai soif)

Mes pensées se remettent lentement en Ordre, et je peux commencer à réfléchir à ma situation

(Ou suis-je?)

Les murs suintent d'humidité, il fait glacial, un ivrogne quelconque ronfle dans un coin de la pièce... C'est à ce moment que je remarque les barreaux de la fenêtre et de la porte.

(Ouch! Je me rappelle, la maison, les chandeliers, la fille du capitaine...)


En effet, je n'avais pus résister aux attraits de la maison du capitaine de la milice, que je croyais endormie en cette heure tardive, et c'est donc ainsi que je m'introduisit à l'intérieur de la maison, en passant par l’œil de bœuf de la cuisine, gracieusement laissé ouvert par un domestique négligent.
Je commençais donc ma rafle, prenant toute l'argenterie et les babioles qui brillaient dans le noir, car je me targue d'une nyctalopie quasi parfaite. Je visite ainsi plusieurs pièces, gonfle mon sac de tout ce qui semble avoir de la valeur et peut y rentrer.
Cependant, j'entre par mégarde dans la pièce ou ce capitaine de malheur gardais son bien de plus grande valeur, cet objet si doux, au courbures quasi-divines, caressée délicatement par un rayon de lune filtrant entre les rideaux. Je suis un voyou, et mon âme est définitivement corrompue. Je ne peux donc résister. Je vole ainsi un doux baiser à la fille du capitaine.
Hélas, la belle à le sommeil léger, et la délicate caresse de mes lèvres la réveille. Elle ouvre calmement les yeux, me fixe , m'adresse un long sourire amusé, puis appelle au voleur comme seul une femme sait le faire. Comblé, Je m'enfuis en courant mais c'était sans compter sur la commode qui servait de père à la belle, qui m'est tombée dessus armée d'un gourdin. Il m'asséna un tel coup à l'arrière du crâne que j'en perdis à la fois ma sacoche, ma dignité et la conscience des êtres éveillés.

C'est ainsi que je me retrouvais en si triste compagnie dans cette endroit lugubre.

"Peste! encore un vêtement à jeter"

En effet, mon habit était froissé par les mauvais traitements que j'avais du subir pendant mon inconscience.
Cependant mon interjection avait du gêner mon colocataire, puisque je l'entend grogner:

"Alors, le pimpant, réveillé?"

"Plus ou moins... comment sors-t-on d'ici?"

L’inconnu me toise de haut en bas, créant un désagréable silence. C'est un rustre d'environ quatre pied de haut, un des petits bonhommes de ce peuple ultra-conformiste, il donc plutôt étonnant de croiser ces semi-hommes dans cette situation, le crime répugne d’ailleurs généralement à leur philosophie.
Il possède un visage réveillé et jovial mais semble faible et affamé. Malgré ça, c'est un être trapu au bras musclés et velus, mais au mains particulièrement fines et agiles. S'il l'avait voulu, il m'aurait étranglé dans son sommeil, mais je ne voyais aucune animosité émaner de lui.

"Plus vieux qu'on y rentre, et particulièrement pour toi, j'ai entendu les gardes bavarder, le capitaine à une dent contre toi..."

Je soupire et commence à réfléchir à la situation. Dans ces conditions, la meilleure chose à faire est probablement d'analyser tout les éléments à disposition. J'interroge donc mon compagnon. Je découvre ainsi qu'il s'appelle Sven, et qu'il souffre du manque de respect qu'ont les gardes pour les besoins naturels des semi-hommes.
Souffrant pour ma part de l'humidité et pour Sven de la clarté de la soupe, nous décidons qu'il est temps d'écourter notre peine.
Voila donc le nabot qui me saute à la gorge, et moi de hurler comme un demeuré, appelant à la garde. La voilà justement qui arrive, sous la forme d'une large paire d'épaules recouvertes d'une armure complète. Il somme mon camarade d'arrêter, mais rien n'y fait et je gargouille de plus belle. Le garde entre:

"Holà! Mais lâche le donc! Celui là doit passer demain sur l'échafaud, ne prive donc pas la populace de son spectacle! D’ailleurs il... "

Le garde n'as pas fini sa phrase que Sven et moi lui sautons à la gorge (enfin, Sven à la ceinture), et aidé par la surprise de notre adversaire, sa taille et le poids de son armure, ce dernier tombe à la renverse dans un bruit de casseroles. Mon compagnon se saisit des clés pendant que je maintient mon adversaire au sol en l'assommant en frappant à répétition son crâne casqué contre le sol.
Nous prenons soin de fermer la porte derrière nous en laissant le milicien assommé dans sa cage. Je regarde mon Sinaris de compagnon, et nous nous serrons chaleureusement la main. Puis il s'exclame, d'une voix enjouée:

"Demain!! Il était tant que nous sortions, sinon j'aurais perdu un compagnon intéressant!"

"Et moi donc!"

_________________


Haut
 

 Sujet du message: Re: La Milice de Tulorim
MessagePosté: Mar 12 Juin 2018 15:43 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 23 Nov 2008 18:11
Messages: 2955
Localisation: Elysian
Bien qu’ayant pris le temps de me poser dans les différents endroits parcourus du monde d’Elysian, afin de revoir une dernière fois les personnes qui m’étaient proches ou chères, je rentre fourbu de ce périple sur un nouveau monde extérieur. Quelle aventure ! Quels dangers, quelles rencontres ! Ixtli, en tout premier, que j’ai laissé derrière moi, non sans de déchirants adieux. Je suis intimement lié à ce monde, à Yuimen, et elle doit rester quant à elle sur Elysian, de par les responsabilités qu’elle a envers son peuple, les Aigails. Une délicieuse rencontre à qui j’ai promis de revenir la voir, sous peu, bien que j’ignore encore combien de temps me retiendra sur Yuimen. Le temps de comprendre, le temps d’appréhender ma nouvelle identité. Car si je suis parti puissant guerrier, c’est divin que je reviens dans ce monde qui m’a vu naître.

Je regretterai Aaria’Weïla, bien que j’aie compris la nature et les raisons de son sacrifice. Jillian, ensuite, laissé seul face à la mort de son aimée, à Ilmatar. Insilbêth, devant reconstruire sa ville, Reine d’Illyria, avec l’aide de son frère, Hascan, mais aussi des nouvelles alliances fondées par la génération des nouveaux dirigeants d’Elysian : le couple formé de Valérian de Valmarin et Leyla de Sihle. Le nouveau Roi d’Arden, Mastriani. Taleb, ensuite, toujours fier et de nouveau à visage découvert parmi les siens, hommes du désert de Sihle. Et Terhenetar, enfin. L’esprit du vent.

Devoir oblige, bien que je le fais plus par réflexe que par sens aigu de l’honneur, à peine le pied posé sur Yuimen, dans ce bureau de la milice de Tulorim, si familière et pourtant si lointaine, je me dirige vers le bureau de mon officier supérieur pour lui présenter le rapport de ma mission sur Elysian. Une mission couronnée de succès. Je l’accoste cérémoniellement.

« Capitaine. Sergent Cromax, au rapport. Vous n’êtes pas sans savoir notre retour récent d’Elysian, où la situation, régie par un sbire de la Reine Noire Oaxaca, en la personne de Karsinaar, son servant le plus sanguinaire, a été maîtrisée. Nous avons frôlé de peu la mort de ce monde lié à notre ville. Par chance, notre intervention a permis de temporiser tout ça, de retarder des guerres, d’enquêter sur des artefacts anciens et de gérer la diplomatie des grands de ce monde pour permettre à celui-ci de subsister. »

Un rapport bien succinct de la situation sur place, mais nul doute qu’Averosa, le frère de celui que j’ai tué sur Saldana, saura faire un rapport complet de la situation lorsqu’il aura reçu une missive complète d’Hascan, son contact sur place. L’heure est venue de vanter mes propres mérites et actions. Pour Tulorim. Ma mission toute personnelle.

« A titre personnel, je me suis assuré que Tulorim gagne de cette paix retrouvée les meilleures relations commerciales avec l’intégralité des peuples de ce monde nouvellement allié. J’ai des contacts personnels avec chacun des nouveaux souverains des villes d’Illyria, Valmarin, Sihle, Arden et Ilmatar, et suis à l’origine des actes diplomatiques ayant créé leur alliance et leur accession au pouvoir. J’ai moi-même assisté à la nomination d’un délégué, un représentant d’Elysian qui viendra probablement bientôt sur notre monde pour confirmer notre entente cordiale et traiter de nouveaux accords commerciaux fructueux. Il s’agit du Ser Camiran d’Epuytail, un proche de la Reine Insilbëth d’Illyria. Veillez à lui faire bon accueil et à lui faire accéder au plus vite au Conseil de la ville. »

Il semble littéralement éberlué par mes propos. De fait, ce n’est pas rien. C’est un contrat en or massif que je viens de proposer à Tulorim. L’association commerciale exclusive sur un monde entier rempli de richesses et prêt à les partager. Et c’est la seconde fois que je fais cela, ayant œuvré de même avec Saldana auparavant. Cela fait de moi le plus grand bienfaiteur de la cité depuis fort fort longtemps, nul doute à cela. Nerveux, il me répond :

« Bien… Très bien. Je… Je ferai personnellement passer l’information au Conseil des Sept Marchands. Vous… vous pouvez disposer, ser. Nous vous recontacterons sans doute sous peu. »

Je le salue dans un pastiche de geste militaire et fais volte-face pour sortir de son bureau, sourire en coin aux lèvres. Je lui ai fait un sacré effet. Et encore : s’il savait que j’étais désormais de nature divine ! Enfin… Semi-divine en tout cas. L’information, même si Aaria’Weïla m’avait indiquée qu’elle avait filtré via Yuimen en personne sur mes terres d’origine, ne semble pas encore avoir fait le tour des caboches. Ou en tout cas guère plus que de simples rumeurs. Je me demande vraiment comment je vais pouvoir gérer ça… Un statut qui me semble tellement irréel. Tellement loin de ce que je suis…

Je quitte le bâtiment de la milice sans tarder, et croise non loin mon épouse d’un temps, l’assassine sindel. Les souvenirs communs que j’ai avec elle sur Elysian sont sans précédent. De la bataille d’édredons au massacre perpétré à Illyria pendant l’assaut marin de l’alliance de Valmarin et Sihle. Nous baignâmes ensemble dans le sang de centaines de nos ennemis, combattant de concert ces hordes incessantes. Une communion rare entre deux êtres ayant survécu à la même bataille sanglante. Une sœur d’armes, malgré tous les torts que je lui ai prêté pendant cette aventure, dont sa vindicte sanguinaire irrépressible… ou presque. Le sourire que je lui adresse est sincère.

« Dame. Comment dois-je vous appeler désormais ? Lenneth ? Ma chère et tendre épouse ? »

Je lui fais un clin d’œil, amusé, puis je soupire.

« Ah… Si les sergents de la Reine Sombre savaient se parler entre eux, qu’est-ce qu’on éviterait comme conneries et pertes de temps. J’espère que Karsinar ne nous tiendra pas trop rigueur de cet échec cuisant. »

Là où j’avais pu établir une alliance de rigueur avec l’émissaire de Aerq, j’ai plutôt sacrément mis des bâtons dans les roues de celui du barbare sanguinaire, en menant son suivant à la mort. Puis, je poursuis.

« Où vos pas vont-ils vous mener, à présent ? »

_________________


Haut
 

 Sujet du message: Re: La Milice de Tulorim
MessagePosté: Mer 13 Juin 2018 18:00 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 20 Avr 2010 21:13
Messages: 12974
Localisation: Derrière Cromax
Les fluides aspiraient son être. Elle ne savait pas si le résultat était instantané ou s'il fallait du temps avant que son corps ne soit totalement absorbé puis recraché par cette magie intriguante. Elle quittait Elysian avec le cœur léger, n'y laissant que quelques regrets, un bon nombre de souvenirs et de nombreux cadavres. Hrist réapparu dans la milice de Tulorim, celle là même qu'elle avait vu la dernière fois qu'elle foulait encore le sol du monde de Yuimen.

Les sourires et la liesse ambiante ne laissait planer aucun doute, tous étaient ravis de ce succès retentissant et les officiers s'en félicitaient. S'y trouvait même quelques nobles qui avaient probablement investi beaucoup, alléchés par l'idée d'un commerce avec un nouveau monde et assurément ravis de voir qu'ils avaient flairé là une excellente occasion.

Hrist restait le temps d'un instant pour observer et reprendre ses esprits. Elle n'avait pas encore pris le temps de savoir ce qu'elle ferait une fois arrivée ici, il lui restait encore fort à faire et pour de nombreuses choses, le temps lui était compté.

Alors qu'en était-il ? Avait-elle passé l'équivalent de quelques heures hors de ce monde ? Ou bien était-ce des années, des mois ? Difficile de pouvoir en juger, elle ne reconnaissait pas grand chose. Ses pas la conduisirent au dehors, Cromax venait de passer à son tour le portail et arrivait juste sur Yuimen. Hrist eut à peine le temps d'entendre sa voix que la porte se fermait derrière elle et voilà déjà que la femme descendait doucement les marches qui la conduisaient au rez-de-chaussée. De là, elle quitta la Milice avec un léger malaise au coeur.

Elle s'adossa à un muret et prit une profonde respiration. Le ciel était bas, gris et menaçant. Un petit vent frais faisait bouger les toiles et les drapeaux, le sol encore boueux trahissait une pluie récente. Les passants étaient pressés comme s'ils n'avait pas envie d'être sous une averse, lorsque celle-ci tombera.

Hrist sentait comme une présence, comme quelqu'un qui insisterait trop longuement à la regarder. Elle disait toujours que les assassins avaient un visage malléable, qu'ils avaient parfois la faculté de passer inaperçu dans les foules, cependant, cet ombre emmitouflée dans sa cape qui l'observait sans cesse faisait planer un doute au dessus de sa tête. Avait-elle était reconnue ? Une petite étincelle d'adrénaline vint faire battre son coeur lorsque cet étrange personne s'avança vers elle. D'instinct, elle observa les alentours, il n'y avait qu'un mendiant derrière elle et si les choses venaient à tourner au vinaigre, elle pourrait tuer son agresseur sans mal et dissimuler son corps entre les tonneaux entreposés sous le petit abri de bois qui ouvrait sur la rue. La cachette n'était pas idéale mais elle serait suffisante pour prendre assez d'avance dans sa fuite.

Cette personne avait un physique difficile, Hrist ne parvenait pas à voir s'il s'agissait d'un homme ou d'une femme, pire encore, elle ne voyait même pas ses yeux comme s'il se dissimulait le visage avec une capuche impregnée de magie. Qui ici voudrait à tel point passer inaperçu ?
Elle resta sur ses gardes jusqu'à ce qu'il montre patte blanche, il ouvrit les bras, montrant ses deux mains ouvertes pour la rassurer. Impossible de voir ses yeux même à quelques pas. Entre ses doigts, il avait une longue plume jaune aux bordures dorées.

Hrist se rassura, laissa doucement retomber sa garde mais n'éloigna pas pour autant sa main de son arme.

" Jolie plume. J'imagine qu'elle ne vient pas d'un pigeon du coin. "

Il s'agissait d'un homme. Il découvrit sa capuche, dévoilant un visage maigre et livide comme s'il était profondément malade, cependant ses petits yeux étaient plein de vie et n'avaient rien à voir avec ceux de quelqu'un de souffrant. Sa petite bouche sombre et étroite ressemblait à celle des reptiles, elle n'aurait pas été surprise si à un moment elle voyait s'y glisser une langue fourchue.

" Ne manquez pas de respect envers notre Maître. " Siffla-t-il

Un espion de Xenair ? Il avait été envoyé après elle ? Hrist ne dit rien pour l'instant, elle observait ce sinistre individu qui lui flanquait un mauvais haut-le-coeur tant il lui inspirait du dégoût.

" Vous portez aussi cet Auguste symbole, mais je commence à douter que vous en soyez digne. Votre mission à Kendra Kâr est un cuisant échec qui nous a coûté beaucoup. "

" Je m'adresse à un subalterne... Retourne voir ton Maître, c'est Xenair lui même qui m'a sommé de venir ici, pas un de ses vulgaires lieutenants." Dit-elle en détournant le regard.

L'homme semblait en jubiler, il attendait selon toute évidence une confrontation comme s'il s'était vu administrer assez d'autorité pour parler ainsi à Hrist.
" Oh oh... Je dirais bien qu'il s'agit là d'une affaire bien plus grave. L'homme que vous deviez faire inculper à Kendra Kâr est mort, votre mission donné par la Milice est donc un échec qui pèse lourd sur votre nom... N'oubliez pas... "

Il s'approcha dangereusement de la femme jusqu'à lui attraper le col. Hrist tira son arme mais il lui attrapa le poignet, empêchant sa lame de sortir totalement.
"N'oubliez pas... Petite Murène, que le Maître ne fait que vous tolérer, une petite fille qui joue avec son couteau peut-être amusant, mais quand on sait que vous portez la Vieille Rengaine et que vous n'appliquez pas le moindre talent à remplir une mission pourtant simple... Aux yeux de Xenair vous n'êtes utile que tant que vous remplissez ses objectifs. Je suis bien plus essentiel aux yeux du maître que vous ne l'êtes. "

Hrist forçait pour s'extirper de sa poigne de fer, la femme fit appel à la magie issue d'Elysian pour glisser hors de son emprise tel un courant d'air, et reculer de quelques pas. Sa lame totalement sortie du fourreau, elle entailla la main ouverte qui essayait de lui saisir de nouveau le bras. Mais une autre présence se hâta de la maîtriser, le fameux mendiant derrière elle s'était levé et avait passé ses bras sous ses aisselles pour la soulever comme une feuille, ses jambes battaient l'air et l'homme de Xenair ricanait.

" Du poison ? Vraiment, comme vous êtes risible. De loin la tueuse la plus pitoyable qu'il m'est été donné de voir durant toute ma vie. "

Il s'approcha d'elle, la hargne aux yeux tandis que le soldat déguisé en mendiant ne relachait pas sa pression d'un iota.

" Tu croyais que j'étais venu sans rien, tout le monde sait que tu n'es qu'une chienne imprévisible incapable d'accepter le moindre échec. Xenair se hâtera vite de récupérer la Vieille Rengaine lorsqu'il apprendra quelle disgrâce la possède."

Il essuya sa main pleine de sang sur le visage de Hrist qui cessa brutalement de bouger, la texture de la sueur et du sang mêlé sur cette peau froide et collante lui inspirait du dégoût ainsi qu'une haine profonde. De rage elle aurait pu en brûler le quartier. Elle jeta sa tête en arrière et éclata le nez de l'homme qui l'entravait, celui-ci tituba en arrière et la relâcha enfin, la laissant retomber sur ses deux jambes.

" Je suis bien curieuse de savoir d'où te vient cette incroyable assurance. Jamais quiconque n'a osé me parler ainsi, encore moins me menacer sans avoir le courage de porter une arme face à moi. "

Elle s'approcha à son tour, l'homme ferma les yeux et frémissait d'extase comme s'il attendait qu'elle abatte un coup sur lui. Hrist n'en fit rien, elle glissa à son oreille :
" Tu peux retourner voir ton Maître si tu n'as rien de plus à me dire. Tu n'as pas fait tout ce chemin pour rien, à moins que le grand lieutenant de Xenair soit commis de poste et que ton rôle soit de m'informer de la mort de ma cible ? Ton prestige en prendrait un coup. "

(" Méfie toi quand même, le poison ne lui fait rien et son garde du corps a l'air plus solide qu'il n'en a l'air. ")

(" Bof, il a déjà le nez en choux-fleur et un début de migraine, question garde du corps il devrait déjà penser à rester entier, la force brute ne fait pas tout. ")

" Mon nom, jeune fille, est Edmund de la Maison Noire. J'enquête sur les hommes et femmes infidèles à la Reine Noire ou ceux qui sont accusés de trahison. Vu votre récente situation, je me disais qu'il fallait peut-être faire connaissance puisque je pressens que l'on se reverra. Toutefois, je ne suis pas là pour vous, vous n'êtes qu'une petite friandise qu'il sera bon de faire croquer sous ma dent. "

Il fit une petite révérence et se glissa dans l'embrasure d'une porte.
" Essuyez-vous donc le visage, vous êtes répugnante. Hâtez-vous femme ! Car Il arrive bientôt."

" Xenair ? " Dit-elle visiblement intriguée.
" Mais bougre de sotte ! Le Seigneur de l'Ombre, auriez-vous oublié qu'il s'agit là d'un Général qui a le droit de vie ou de mort sur vous ? "
" Sois certain qu'à la seconde où j'aurai droit de mort sur toi... " Siffla-t-elle d'un air mauvais tout en s'essuyant le visage tandis qu'elle entendait d'une oreille le soldat s'éloigner derrière elle et de l'autre Edmund de la Maison Noire ricaner avant de reprendre le silence.

Cromax arriva quelques secondes après. Il lui adressa un sourire franc, visiblement elle avait eu le temps d'essuyer convenablement son visage du sang de cet affreux Edmund, quoiqu'un peu déboussolé, elle lui rendit le sourire, avançant d'un pas sans pour autant perdre la crapule tapie dans l'ombre du regard.

Cromax lui demanda avec légèreté comme elle souhaitait se faire appeler, il rebondit alors sur les différents titres donnés, de Lenneth à Epouse, ce dernier qui ne manqua pas de lui faire dérider un petit sourire amusé malgré le regard insistant de l'ombre.

Le Seigneur de l'Ombre espérait que le Carapacé ne se montre pas trop rancunier quant aux récents événements. Hrist devait reconnaître qu'elle était bien déboussolée, Cromax avait une connaissance des Treize bien plus solide qu'elle et elle ne connaissait aucun d'eux hors Xenair, à qui elle répondait.

" Où mes pas vont me mener... Je n'ai pas trop idée encore. "

Elle s'apprêtait à continuer mais Edmund sorti brutalement de sa cache et la poussa presque hors de l'allée pour se mettre devant Cromax et lui adresser une longue révérence.
" Puissant Seigneur de l'Ombre, n'écoutez pas cette Teigne, bien sûr que le Général ne vous en tiendra pas rigueur, il comprendra sans mal que la faute incombe à cette femme sordide qui ne répond qu'au désir du sang et non pas à celui de ses Maîtres. "

Il se redressa. Hrist serrait déjà les mâchoires ainsi que sa dague, mais elle préférait le laisser parler, il avait été avare en informations avec elle, peut-être qu'il serait plus loquace devant Cromax.

" Je suis Edmund de la Maison Noire, chargé de ramener à Omyre les traîtres et les faibles qui osent prétendre servir la Reine Noire. Je suis bien entendu votre humble serviteur, j'ai fait longue route pour venir quérir les précieuses informations que vous voudrez bien me donner au sujet de votre glorieuse expédition loin de notre monde. Sachez que j'ai bien sûr le pouvoir et l'autorité suffisante pour ramener cette femme à Omyre pour qu'elle soit jugée et condamnée si vous estimez qu'à un moment de votre mission elle représentait un quelconque obstacle. "

Puis il ajouta tout bas, suivi d'un clin d'oeil appuyé :
" Même un petit problème pourrait me suffire, votre parole fera office de Loi et en tant que telle ne sera en aucun cas contestée, Puissant Seigneur. "

" Je vois que les Généraux ont le cul propre. "

D'une vivacité surprenante, l'homme fit volte face et dans son élan administra à Hrist une gifle qui lui fit tourner la tête et la décoiffa.

" Silence femme ! "

Puis se tournant vers Cromax, dit en se frottant les mains comme une mère embarrassée des bêtises de son enfant :
" Pardonnez moi, elle n'a aucune autorité à parler entre nous et vous a manqué de respect, je l'ai corrigée à la mesure de son insolence. "

Hrist les yeux ébahis récupérait ses esprits de cette violente gifle et fantasmait déjà sur les nombreuses façons qu'elle s'accorderait pour mettre fin à sa vie. Tant que c'est long et douloureux.

_________________
La petite ombre de la Mort à Elysian.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
Au milieu des cercueils,
Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


Némésis d'Heartless


Haut
 

 Sujet du message: Re: La Milice de Tulorim
MessagePosté: Ven 15 Juin 2018 11:46 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 23 Nov 2008 18:11
Messages: 2955
Localisation: Elysian
Sitôt qu’elle commence à répondre, un individu à l’apparence repoussante sort brusquement des buissons où il semblait caché, bousculant l’elfe grise pour prendre sa place au centre de mon intérêt. Aussitôt, mes sourcils se froncent, et donnent à ma mine un air mécontent accentué par la répulsion que cet être m’inspire. Le visage étroit, livide et creusé comme la mort, me reluque de ses petits yeux malsains. D’une bouche serrée, pincée non pas comme celle d’un noble mais comme celle d’une marâtre saumâtre, l’homme s’adresse à moi en des termes élogieux, se fendant d’une révérence à peine exagérée.

« Puissant Seigneur de l'Ombre, n'écoutez pas cette Teigne, bien sûr que le Général ne vous en tiendra pas rigueur, il comprendra sans mal que la faute incombe à cette femme sordide qui ne répond qu'au désir du sang et non pas à celui de ses Maîtres. »

Je le déteste déjà. Quel toupet d’interrompre ainsi une conversation naissante pour raconter un tel ramassis de conneries infondées. Il m’appelle Seigneur de l’Ombre. Un servant d’Oaxaca, bien évidemment. Et il parle au nom de Karsinar en plus, comme s’il le connaissait personnellement. Pas un sous-fifre, donc. Il ne me laisse pas le temps de lui répondre qu’il enchaine sur une présentation pompeuse de sa personne. Alors qu’il déblatère, je remarque derrière lui un homme massif habillé en mendiant qui observe attention la situation, tentant vainement de dissimuler sa silhouette dans les ombres nous entourant. Un homme de main, un garde du corps. Pas un espion. Ou alors un très mauvais espion, et je ne crois pas cet homme capable de s’entourer d’une telle engeance.

« Je suis Edmund de la Maison Noire, chargé de ramener à Omyre les traîtres et les faibles qui osent prétendre servir la Reine Noire. Je suis bien entendu votre humble serviteur, j'ai fait longue route pour venir quérir les précieuses informations que vous voudrez bien me donner au sujet de votre glorieuse expédition loin de notre monde. Sachez que j'ai bien sûr le pouvoir et l'autorité suffisante pour ramener cette femme à Omyre pour qu'elle soit jugée et condamnée si vous estimez qu'à un moment de votre mission elle représentait un quelconque obstacle. »

Il insiste ensuite sur le fait que même un simple détail peut lui suffire pour la faire coffrer et durement juger. Je sens la colère monter en moi. Il n’a pas l’air d’apprécier la sindel, et ne cache pas le mépris qu’il lui porte. Elle prend son droit de parole d’un ton acerbe qui m’arrache, le temps d’une seconde, un sourire satisfait.

« Je vois que les Généraux ont le cul propre. »

Mais l’instant d’après, je le perds pour ressentir une nouvelle fois la rage monter en moi. Il se tourne vers elle et lui assène une gifle virulente pour lui intimer le silence, la traitant visiblement comme une moins que rien. Le serpent visqueux tourne alors vers moi son visage émacié, et me balance des excuses vaseuses pour son geste, en imputant la responsabilité à l’insolence de Lenneth. Mon sang, là, ne fait qu’un tour. Quel culot. Quelle misérable vermine, mettant en exergue tout ce que je déteste : la hiérarchie carrée, la domination patriarcale, l’hypocrisie et le fayotage. C’est par le sang que ma réponse commencera.

D’un main leste, d’un geste si rapide que nul ne semble en déterminer la portée, je dégaine mon arme métamorphe et en projette l’extrémité avec violence vers le type dissimulé dans les ombres alors qu’elle prend la forme d’une pique de métal reliée à une chaîne fine et longue que je retiens fermement dans ma main. Un bruit sourd indique que la pointe touche, s’enfonçant dans le front de cet olibrius massif qui semble rester paralysé de surprise face à la mort que je lui apporte si promptement. Avant même qu’il n’ait eu le temps de se rendre compte de son trépas, je tire violemment sur la chaine, arrachant la pointe du cerveau de ce garde du corps trop peu zélé et l’attirant vers nous, le laissant tomber face contre terre alors que mon arme prend l’apparence d’une simple rapière, que je colle sous la gorge de ce sieur Edmund de la Maison Noire, encore ensanglantée des fluides de son sbire, sans plus prêter attention au cadavre et à ses ridicules soubresauts. Je prends une mine faussement désolée, et raille l’inconnu :

« Oups. Je crains qu’il n’avait aucune autorité pour se permettre d’écouter ainsi les conversations des grands. Je n’ai fait que le corriger à la mesure de son insolence. »

Le regard du serpent se trouble : il ne s’attendait pas à une telle réaction de ma part. Il déglutit péniblement alors que je poursuis.

« Sans doute mériteriez-vous semblable sort, pour avoir osé interrompre une discussion du Seigneur de l’Ombre. Qu’en pensez-vous ? Ce sont vos méthodes après tout. »

Ce disant, je tapote latéralement la pointe de mon arme sur sa joue, comme une remontrance d’un précepteur sévère, écorchant sa peau pâle et parcheminée. Puis, nonchalamment, je rengaine ma lame et poursuis, sec et cinglant.

« Mais je ne suis pas comme vous, et vous m’en saurez gré. Maintenant, vil serpent de je ne sais quelle maison noire d’Omyre, écoutez-moi bien. Cette femme, comme vous l’appelez, n’a aucune raison d’être traînée devant la Reine Noire comme une traîtresse. Elle a fidèlement servi les intérêts de votre sombre impératrice en restant à mes côtés en ce monde lointain qu’est Elysian. Je ne vous crois pas plus apte à parler en le nom de Karsinar, surtout pour proférer des accusations aussi ridiculement infondées. J’ai tué de ma propre main l’émissaire de cette brute sans cervelle, faussant ainsi son plan secret ridiculement limité. S’il doit en vouloir à quelqu’un, ce n’est qu’à sa trogne, d’avoir gardé ses projets secrets. Et n’osez pas insinuer que ma propre action relève de la trahison, puisque je suis parvenu à voir plus loin ce cet amas de chairs sur pattes. Tout comme Saldana, j’ai rallié Elysian à Tulorim. Deux accords dont je suis le garant pour cette cité que je compte servir sur un plateau d’argent à Oaxaca, dans une alliance d’une toute nouvelle puissance. »

Je m’emporte un peu.

« Détruire, détruire. À force de détruire, il ne vous restera plus rien. Vous m’écœurez à force de stupidité. »

J’empoigne l’homme par le col et me rapproche de son visage pour poursuivre, véhément, avant de le relâcher brusquement en le poussant en arrière, alors qu’il n’a de choix que de se laisser faire, telle une marionnette, un fétu de paille.

« Maintenant, file. File dire à tes maîtres que ta mission est un échec et que tu n’as rien à ramener, ni traître ni informations. Car si la déesse de la guerre doit apprendre quelque chose sur Elysian, c’est de ma bouche qu’elle l’entendra. Je n’ai besoin d’aucun serpent pour déformer mes propos de sa langue fourchue. »

L’être se relève en trébuchant, me regardant d’un air effaré. Il sait que sa vie ne tient désormais plus qu’à un fil s’il reste un instant de plus à mon côté. Sa noble assurance est réduite à peau de chagrin, et alors qu’il m’adresse un dernier regard plein d’incompréhensions, ne s’étant pas attendu sans doute à se faire molester de la sorte par celui que certains des siens qualifient de trop tendre, trop gentil pour servir correctement la Reine Sombre. J’ai conscience que mes actes ne feront qu’approfondir les tensions que je devine entre mes treize pairs. Deux clans se dessinent, petit à petit. Ceux qui me suivront, comme Aerq. Et ceux qui me détesteront, dont la liste commence dangereusement à s’allonger : Sisstar. Khynt et Crean, dont j’ai déjoué les plans sur l’île aux colliers avant de me lier avec Oaxaca, et maintenant Karsinar, dont je viens de réduire à néant tout espoir de projet sur Elysian.

Qui Lenneth disait-elle représenter ? Xenair ? Je ne le connais que peu. Peut-être serait-ce, par son biais, une bonne chose de se l’attirer dans mon camp. Le camp de ceux faisant passer la réflexion avant la force brute. Mon regard est flegmatique, et passe de la silhouette qui commence à fuir ventre à terre à l’elfe grise à mon côté. Mon apparence a retrouvé tout son calme, et c’est d’un ton sérieux et sentencieux que je m’adresse à elle.

« Peut-être n’est-ce pas une bonne idée de le laisser partir ? Si tu le penses, chasses-le. C’est ton gibier. Et rapporte-le-moi. Si tu penses qu’il mérite de partir… alors laisse-le, et réponds donc à ma question : Quel nom dois-je te donner ? »

_________________


Haut
 

 Sujet du message: Re: La Milice de Tulorim
MessagePosté: Ven 15 Juin 2018 18:39 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 20 Avr 2010 21:13
Messages: 12974
Localisation: Derrière Cromax
Lorsqu'elle eut recouvré l'intégralité de ses esprits, Hrist pu observer la scène en tant que spectatrice, en temps normal, elle aurait profité sans aucun scrupule que son agresseur lui tourne le dos pour lui enfoncer de la ferraille dans les côtes, mais elle était avant tout curieuse de voir ce que Cromax ferait, car bien qu'elle ne le connaissait pas complètement, elle savait d'avance que le comportement insupportable d'Edmund ne trouverait pas bon accueil chez Cromax.

Et la réaction se prouva, elle remarqua sans cesse l'air renfrogné qui assombrissait le visage du Sindel. Edmund quant à lui ne semblait pas s'en formaliser, peut-être rencontrait-il ce genre de réaction auprès des Généraux et officiers de la Reine Noire. Quoiqu'il en était, il ne cessait sa tirade comme s'il appliquait à la lettre le protocole imposé par la bienséance militaire, le tout avec un soupçon de zèle.

Mais d'un coup d'un seul, Cromax tira de sa ceinture sa dague et d'un geste précis frappa entre Edmund et Hrist, par magie, son arme s'allongea jusqu'à former une pointe acérée comme celles que les pêcheurs de Baleines employaient à harponner leurs titanesques proies. Celle de Cromax n'avait rien d'aussi imposant et si une baleine harponnée restait un adversaire redoutable, le mendiant qui venait de recevoir le harpon en pleine face lui était mort. Hrist eut à peine le temps de tourner la tête, comme l'imitait déjà Edmund. Les nerfs, voilà la seule chose qui maintenait encore l'homme debout, Hrist avait déjà vu ce genre de cas de figure, une poule galoper comme si elle avait le feu au croupion après que sa tête eut été tranchée ou un humain fauché qui remue encore les jambes ou les doigts. Celui-ci avait juste quelques sursauts et au moment où ses genoux allaient flancher, Cromax tira la chaîne et le fit choir en avant.

(" Une arme métamorphe. Je crois bien ne jamais en avoir vu une...") Pensa-t-elle admirative.

Maintenant changée en une jolie rapière, il tapotait la pointe de sa lame sur la joue d'Edmund qui vu la crispation de ses épaules n'appréciait guère le traitement.

Cromax parla à son tour, comme il aimait le faire et le faisait bien. Il fit comprendre à Edmund sous un air de réprimande qu'il n'avait rien à faire ici et que peu importait son titre ou son maître, Cromax n'en avait cure et il comptait bien rendre lui même son rapport à la Déesse, sans personne pour le faire à sa place. Voilà qu'il était bien fidèle à son fantasme éternel de liberté et de non attachement. Assurément c'était là le plus singulier des Généraux de la Reine Noire. Hrist était encore à ce jour parfaitement incapable de savoir à quel jeu il pouvait bien jouer. Elle commençait presque à le trouver intriguant, à l'apprécier.

Puis, tandis qu'elle observait, fascinée qu'elle était, le corps sans vie du mendiant au sol, elle donnait de temps à autre un petit coup de botte sur le mollet de l'homme pour gigoter son corps. Il avait des croquenots défoncés et entourés de nombreux tissus boueux, des guenilles usées jusqu'à la corne. Edmund lui était bien vêtu, ils avaient probablement un abri quelque part dans lequel son garde avait pu se changer, ils n'avaient certainement pas fait une distance aussi longue avec des guenilles pareilles.

Hrist observa les alentours d'un coup d'oeil et ne reporta son attention sur le Seigneur de l'Ombre et Edmund de la Maison Noire que lorsque celui-ci la bouscula pour se frayer un passage dans les ruelles, enjambant son compagnon défunt avant de leur adresser un regard mauvais, chargé de représailles.

Cromax s'avança, son visage s'était déjà assoupli, il ne semblait plus en colère. Comme si de rien n'était, il émit alors un doute à voix haute. Fallait-il le laisser partir ou lui laisser l'impression qu'on le laisser filer pour mieux le traquer ? Cromax le désigna alors comme son gibier, elle pourrait le pourchasser, en finir et lui faire payer son épouvantable impertinence... Mais elle ne s'en sentait pas l'envie. Pour une fois, elle préféra ne pas relever l'offense et laisser Edmund disparaitre au coin de la dernière ruelle.


" Tout le monde m'appelle Hrist. J'ai aussi quelques surnoms, le plus fréquent est la Murène d'Omyre. Ca me vient d'une fascination pour le monde aquatique depuis que je suis petite. "

Elle éludait doucement le sujet. Quelque part, elle avait envie de répondre et donner son véritable nom, mais bien sûr le donner tel quel, sans raconter l'histoire qui l'entourait serait comme offrir un bijou sans écrin. Elle avait bien donné son véritable nom à Kiraes, le Capitaine de la Garde d'Illyria, elle se voyait bien raconter cette histoire à Cromax.

" S'il vit, il ira raconter ce qu'il a vu. " Disait-elle pensive en donnant un petit coup de botte au cadavre comme pour s'assurer qu'il ne bougerait plus.
" De toutes façons, ça ne vaudra pas les soupçons qui planeront s'il ne revient pas. "

Elle poussa un petit soupir et ajouta :
" Il n'a pas autorité à s'en prendre à toi, ce genre de vermine préfère s'en prendre aux personnes telles que moi. Un assassin c'est utile s'il tue les personnes qu'on lui demande de tuer. Cependant s'il vient à cesser de tuer les personnes qu'on lui désigne, il ne devient alors qu'un simple meurtrier. Je dois protéger du monde à Omyre... J'ai des hommes, des femmes, des enfants que je soustrais de la rue et que je forme. "

Elle disait ça toute rêveuse, elle pensait à Katalina, Von Klaash, Lydia, Gurth, Ashen, Beorth, Ellyan... Un homme tel qu'Edmund pourrait essayer de s'en prendre à sa Caste, à ses frères et soeur de sang. Hrist n'avait pas de famille à proprement parler mais elle savait que la famille ne se limitait pas aux liens du sang et depuis toujours, elle avait pu protéger les siens comme eux la protégeaient à leur tour.

" Qu'importe. Je vais rentrer, rencontrer Xenair et lui faire savoir que tu as ma confiance. Je pense que tu as plus de valeur que la plupart des autres. Je ne sais pas s'il prendra parti dans cette affaire... Mais moi oui. "

Elle enjamba le cadavre et dit en passant à côté de Cromax :
" J'ai soif. On sera mieux autour d'un bel hydromel qu'autour de ce cadavre, il va attirer les mouches et la garde."

_________________
La petite ombre de la Mort à Elysian.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
Au milieu des cercueils,
Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


Némésis d'Heartless


Haut
 

 Sujet du message: Re: La Milice de Tulorim
MessagePosté: Mer 4 Juil 2018 02:24 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 23 Nov 2008 19:12
Messages: 26629
Localisation: Tulorim
Lorsque je sortis du fluide, sceptre à la main, je me retrouvai dans cette même pièce qu’à mon départ. Quelques secondes après mon arrivée le sceptre se dématérialisa pour probablement retourner sur son socle à Elysian. Cette fois-ci, contrairement à mon départ où j’avais traversé le fluide sur les épaules de Cromax, j’étais seule à fouler le sol de pierre. J’eus à peine le temps de faire quelques pas en direction de la porte de bois que celle-ci s’ouvrit. Ils avaient sans doute perçu le fluide et venaient voir qui arrivait sur Yuimen. L’homme qui pointa sa tête dans l’embrasure de la porte, fronça d’abord les sourcils, surpris de ne rien voir. Je compris vite sa méprise et je toussotai discrètement tout en m’adressant à lui:

« Hum, hum…. Baissez votre regard, je suis ici non loin de vos pieds ! »

Dis-je tout en esquissant un petit sourire espiègle.

Le jeune milicien arborant une chevelure de la même teinte que la mienne sursauta légèrement puis baissa son regard sur moi et se confondit en excuses. Je lui fis alors un clin d’œil amical et balaya d’un geste de la main sa minuscule bévue.

« C’est pas grave, vous savez, j’en ai l’habitude. »

Je le suivis ensuite dans la pièce voisine qui se trouvait à être la salle de l’état Major. Là, se trouvait l’instructeur Telam Averosa. Ce dernier en entretien avec d’autres officiers de la milice, me salua brièvement avant de retourner son attention à la table débordant de parchemins.

Avant de sortir de la pièce, le jeune officier, qui m’accompagnait, m’offrit gentiment sa main. Je me rappelai alors que nous avions tout un escalier à descendre. Je pouvais parfaitement sans aucun souci les descendre seule, mais je m’abstins de lui dire, je ne voulais pas le mettre davantage dans l’embarras. Ainsi, je grimpai de bon cœur sur sa main et le laissai me déposer sur son épaule afin de descendre la vingtaine de marches qui nous mena à la salle de réception de la milice.

Je n’eus besoin d’expliquer ma présence puisque quelques autres aventuriers m’avaient précédés et avaient rendus un rapport détaillé. Je me contentai donc de leur demander de me conduire à leur écurie afin que je récupère ma monture. A ma demande, ce même officier ouvrit de grands yeux comme s’il n’avait aucune idée de quoi je parlais. A mon tour, mes yeux s’agrandissent, m’inquiétant sur le sort de mon protégé.

« Il s’agit d’un canard colvert ! » Lui précisai-je un peu anxieuse.

Aussitôt, son visage s’éclaira. Il se rappelait ce canard qui avait refusé de se dégourdir les ailes durant tout mon séjour sur Elysian . Mon cœur se resserra aussitôt et mes yeux s’emplit d’eau. Je me sentais soudainement coupable de l’avoir ainsi abandonné. Percevant ma détresse, tout en marchant vers le bâtiment des montures, il me rassura. Un petit garçon, ayant pour sa part une oie blanche pour compagnon, était venu le visiter à tous les jours. Bien que mon Pataud n’ait pas voulu s’éloigner des lieux, il s’était tout de même diverti. Je le remerciai, soulagée.

Le jeune rouquin aux yeux émeraude poussa enfin la porte de l’écurie. L’ouverture n’était encore que de quelques centimètres que je m’y étais engouffrée appelant mon protégé.

« Pataud ! »

Aussitôt, j’entendis un froissement d’ailes et son caquetage un peu nasillard si caractéristique. Je courus jusqu’à lui alors qu’il se dirigeait vers moi de sa démarche pataude. Je lui enlaçai le cou puis lui fit une longue caresse après quoi, nous partîmes ensemble dans les rues de Tulorim.

(((591 mots)))

_________________
Guasina, protectrice d'âme


Haut
 

Afficher les messages postés depuis:  Trier par  
Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 121 messages ]  Aller à la page Précédente  1 ... 5, 6, 7, 8, 9  Suivante


Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 0 invités


Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets
Vous ne pouvez pas éditer vos messages
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages

Aller à:  
Powered by phpBB © 2000, 2002, 2005, 2007 phpBB Group  

Traduction par: phpBB-fr.com
phpBB SEO

L'Univers de Yuimen © 2004 - 2016