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 Sujet du message: Re: La prison
MessagePosté: Dim 28 Juin 2015 11:34 
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L'homme qui vint se présenter à lui n'étonna pas vraiment le vieux Goont. C'était un ynorien robuste, ostensiblement taillé pour le combat, mais dont la tenue lui laissait supposer qu'il était certainement un militaire déchu. Quand Thôko lui dit que c'était un homme avec trop de valeurs, Hivann en déduit immédiatement qu'il avait probablement été lui-même impliqué dans des affaires peu claires au sein de l'armée ynorienne. Mais pas comme l'avait été le mage. Non, s'il avait été impliqué, cela aurait été comme étant l'opposant d'une organisation corrompue.
Tout prit finalement un sens quand il éleva la voix, et chercha absolument à savoir en quoi Hivann pouvait être un homme de valeur et de parole. Mais plus encore, ce sens fut clair comme de l'eau de roche quand il entendit cet ynorien, cet ennemi d'Omyre, s'adresser à l'orc en défendant corps et âme ses propres valeurs. En cela, Hivann ne sut quoi en penser. Il y vit de la sincérité, c'était clair, mais cette façon de se défendre face à un inconnu qui n'aurait pu d'abord l'inquiéter lui donna finalement l'impression qu'il voulait simplement avoir raison sur un sujet qu'il ne pouvait maîtriser. Car comme il le disait lui-même, il connaissait initialement les garzoks uniquement comme des ennemis.

Cette condescendance, cette sensation qu'il avait en voyant ce jeune homme ayant les pleins pouvoirs pour mener son évasion, tout cela eut de quoi mettre la patience du mage à l'épreuve. A l'instant, il détestait cet être, même s'il pouvait l'aider. Et il ne le cacha pas.

"Tu oses me parler comme si tu détenais la vérité. Tu oses menacer ma fille en affirmant qu'une chose ne va pas, que "les pièces ne s'assemblent pas". Tu veux que je prouve que je suis une personne de valeur alors que tu penses que les gardes de cette prison, que ceux de la ville, même, ont fait "leur travail" ? Bon sang, tu es plus naïf que je le pensais. Thôko, libère ma vue de cet imbécile. Je préfère de loin être jugé et condamné en ayant la possibilité de dire mes quatre vérités à toute une ville que de m'enfuir et de rester en vie grâce à un crétin à l'esprit embrumé."

Tout était question de récit. Et il y avait une grande dose de sincérité dans ce qu'Hivann disait : Il voulait s'enfuir mais cela l’écœurait au plus haut point de se savoir aidé par un être d'une telle condescendance. Suivre Whrall le dérangeait bien moins. Il avait un esprit différent, très certainement violent, mais au moins il y avait de la sincérité et de l'intelligence derrière ses paroles. Mais Thôko mena évidemment bien le mensonge jusqu'au bout. Comme s'ils étaient liés tous les deux par un récit commun et en grande partie fictif.

"Non ! Ne fais pas ça ! Dis-lui simplement, il comprendra ! Ne te sacrifie pas simplement parce que la personne qui peut t'aider ne te convient pas... Nous avons déjà suffisamment perdu de notre famille."

Hivann se redressa. Lui qui se tenait dans l'ombre, il se rapprocha pour dévoiler son visage au jeune interlocuteur. Sa colère, en revanche, il ne la cacha absolument pas.

"Regarde autour de toi, jeune soldat dont je ne sais le nom. Tu sembles avoir de l'honneur, de la vertu et être enclin à faire les choses dans les règles. Et pourtant, tu ne vois pas que bien des prisonniers ici sont enfermés à cause de leur honneur. Whrall, cet orc, est membre de l'infime partie d'Omyre capable de comprendre que la lutte entre nos deux pays devrait être révolu. Cette partie toute aussi infime par chez nous, qui souhaiterait en finir avec cette lutte non pas en détruisant l'un des camps, mais en formant une alliance. Bon sang, si tu savais ce que j'ai pu perdre simplement en souhaitant la paix et la félicité de mon peuple. Je doute que tu aies une famille. Si tu avais des enfants comme moi, tu le comprendrais. J'ai fait tout ce qui était possible pour sauver tout le monde, pacifiquement. Et j'ai finalement été accusé de tous les crimes de ceux que j'ai voulu empêcher. En étant membre du conseil, on m'a accusé d'avoir autorisé l'usage de sorts contre nature et contre l'humanité, alors que je voulais uniquement empêcher leur usage. J'ai été banni, on m'a implanté cette pierre qui m'a tout fait oublier, et en revenant ici, j'ai perdu presque tous mes enfants seulement parce que l'on craignait que je dise publiquement tout ce que je savais. Si je suis là, c'est pour que le conseil entier, que l'ynorie entière m'entende et sache ce que j'ai vu. J'ai des preuves, j'ai tout ce qu'il faut pour faire chuter toutes les personnes corrompues de ce pays. Que ce soit par le conseil, peuplé de bandits alors que des personnes illustres sont au bagne. Et quant aux capitaines des régiments... Ah ! De beaux capitaines ma foi ! Des capitaines d'hier ! Des capitaines faits avec des assassinats, des duchés volés et une quantité d'or infinie ! Voilà le vrai visage de l'actuelle Ynorie !"

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 Sujet du message: Re: La prison
MessagePosté: Jeu 2 Juil 2015 14:51 
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Après le discours d’Hivann, Whrall ajoute ses propres mots à l’égard de Vohl.

- C’est mal connaître les miens que de croire que les humains sont abattus à vue dans nos cntrées. Contrairement à vous, nous acceptons parmi nous ceux qui le souhaitent, sans leur demander de comptes et parmi eux se trouvent bon nombre d’humains, parias de vos sociétés, incompris. Oh, c’est vrai, certains ne sont pas toujours polissons, mais beaucoup ne sont que des hommes fatigué d’une société dans laquelle ils ne se reconnaissent plus. Les seuls orques que tu sembles avoir côtoyé sont ceux qui vous sont opposés à la guerre, et à la guerre les choses sont toujours bien différentes.

Finalement il éclate d’un rire amer.

- Penses-tu que je n’ai pas demandé à parler aux gardes ? Combien de fois l’ai-je fais, et sur tous les tons en plus ? Mais votre justice n’est valable que pour vous et les métèques n’en bénéficient pas. Je n’ai employé aucune menace devant toi, homme, je n’ai fais que constater l’évidence.

Il calme son rire pour reprendre son sérieux, regardant Vohl droit dans les yeux de son œil unique.

- Mais je conçois que tu sois un peu différent des tiens, tes propos le montrent, mais tu es peut-être encore trop enfermé dans le carcan de ton peuple et les notions que l’on t’a inculquées. Cependant comprends que je garderai mes informations pour moi, elles sont ce qui m’assure de rester en vie un peu plus longtemps si je restai croupir dans cette geôle.

De nouveaux bruits se font entendre, parvenant jusqu'aux geôles.


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 Sujet du message: Re: La prison
MessagePosté: Sam 18 Juil 2015 17:17 
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Pendant les deux discours, Vohl écoute avec attention et sans faire un seul geste. Les premières phrases du vieil homme ne sont pas à la hauteur de ce qu’il attendait de lui. La bassesse des manœuvres verbales de l’homme ne font que le conforter dans un jugement froid et calme, sans se laisser emporter par la colère, laissant l’éminence de la famille Goont se ridiculiser en accusations et en exclamations. Le discours franc, parfaitement intellectuellement honnête du Garzok qui poursuit celui d’Hivann Goont, réchauffe le cœur de Vohl. L’espoir que quelqu’un d’intelligent possède une information qui peut sauver sa ville n’est fait que pour le rassurer !

« C’est bien possible. Je reconnais ne pas avoir l’expérience de la vie : mais c’est une chose que j’espère acquérir avec le temps, afin de parvenir à distinguer et éradiquer chacun des mensonges qui affaiblissent ma patrie. Je comprends que tu gardes tes informations. »

Après avoir prononcé cette courte phrase, Vohl se dirige vers la cellule du Garzok, et fait jouer les clefs dans la serrure. Au second essai, la porte fait entendre un claquement métallique qui résonne en même temps que des sons leurs parviennent, de plus en plus près des geôles. Il n’a pas le temps de discourir avec le vieillard prétentieux, qui croit manifestement que cracher sur la jeunesse est un droit inaliénable du troisième âge. L’envie ne lui manque pas, pourtant. Après avoir libéré la montagne verte, il s’immobilise un bref instant, le temps de crier mentalement son incompréhension du comportement d’Hivann Goont, de se défendre de la mauvaise foi de l’homme et de critiquer son sens de préserver contre toute logique des secrets pouvant le libérer rapidement. Le discours qu’il aurait aimé tenir fuse en un éclair dans son cerveau.

(Toi, en revanche, Goont, tu ne t’en fais pas au niveau de la vérité … Nul doute que tu as rodé ton discours pour faire grande impression sur les magistrats et laisser à défaut de raison une bonne dose de sensation avant ton saut pour l’autre monde. Il est regrettable que ta lucidité et que la logique en pâtissent. Quant au fait que tu me poses en responsable d’un sentiment de frustration que tu as parce que tu as perdu, par ton unique faute, ta famille… C’est ridicule. Vous vous laissez aller au sentimentalisme, avec tant d’expérience, et sachant que vous avez une possibilité de continuer à vivre ? Tu peux bien dire que tu ne veux pas vivre si cela nécessite de me demander de l’aide : mais ne cache pas ton manque de courage de vivre dans un monde privé de tes liens derrière une indignation feinte à propos de mon ignorance, que tu laisses par ailleurs sans réponse. Il est facile de critiquer… il faut plus de courage pour en guérir quelqu’un. Ne me fais pas la morale sur la décision que j’ai prise de te demander si tu es digne d’être libéré : de nous deux, je suis effectivement celui qui a le moins de clefs en main pour connaître la vérité. Mais pour sortir de la situation dont tu te sens sans doute fier d’être l’auteur, c’est moi qui fais un pas vers vous. Libre à toi de reculer, préférant la douceur des abysses à la violence de la vie. Tu peux t’acharner à te complaire dans ta tristesse, et te montrer dédaigneux envers moi. Tu peux refuser même de m’adresser la parole et préférer t’exprimer comme si je n’étais pas ici, devant toi, ne demandant qu’à connaître tes projets pour te libérer sans remords. Tu ne fais que t’éloigner du niveau auquel ta fille t’avait placé.
Ta fille n’a rien à craindre de moi, en revanche ta libération, oui. Ce n’est pas une faute que de le prendre en compte dans cette situation, et si une vie passée dans les machinations et les coups tordus t’ont donné la certitude de détenir l’unique vérité et que les autres ne puissent même pas oser prétendre demander les informations qui leur permettraient de la comprendre. Nul doute que tu connais beaucoup de choses que je n’ai pas encore eu le temps de voir. Crois-tu que cela te permette de me prendre de haut lorsque je demande une justification avant un service ? Je juge que c’est mon droit de savoir si je lâche un monstre de vice ou de vertu sur la ville d’Oranan. Trouver un prétexte aussi faible que la condescendance pour ne pas avoir à te décrire est d’un ridicule consommé. Alors oui, j’ose demander d’être éclairé avant de savoir si le feu que je m’apprête à libérer brulera tout sans souci de bien ou de mal, ou si une motivation plus honorable guidera ses actes. )


Ignorant de ce que sa fille a raconté sur son histoire, le père ne se mouille pas et préfère laisser les détails bien au chaud au fond de son crâne. La fille a donc menti. Mais sur quel élément ? C’est en espérant ne pas se tromper sur l’âme de l’homme qu’il ouvre rapidement la seconde cellule.

« Au moins m’apportes-tu des réponses pour comprendre et croire ce que me dit Whrall – s’il me permet de l’appeler ainsi. Puisque tu refuses de m’expliquer ce qui t’a amené à subir tous les drames que toi et ta famille avez vécu, c’est sur la foi qu’il te porte que je te libère, Goont. Parce que je crois que tu es triste, que tu caches tes sentiments réels derrière une furie contre tout ce qui a survécu à ce que tu as dû subir : peu t’importe finalement ce que les autres disent, font ou ont prévu de faire : tu ranges tous ceux qui ne te servent pas sans réserve dans la catégorie des médiocres. Même si beaucoup de personnes ne sont pour rien dans les drames que nous avons connus chacun de notre côté, et sont honorables, j’ai payé moi aussi pour savoir que les piliers de la ville sont pourris. Je pourrais souhaiter les faire chuter directement, comme toi. Mais je préfère me compliquer la tâche en m’assurant que d’autres piliers, sains, pourront récupérer l’équilibre de la ville lorsque la corruption et le vice seront abattus. Ta cause est la mienne, me semble-t-il, même si nous envisageons différentes manières de la mener à bout. »

Les bruits de plus en plus proches l’empêchent d’en dire plus. Vohl reprend en hâte sa position contre le mur, juste au coin aveugle de la porte, et fait signe aux autres d’en faire de même.

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 Sujet du message: Re: La prison
MessagePosté: Lun 27 Juil 2015 20:24 
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Hivann n'en pouvait plus de ces faux semblants, de cette espèce de jeu ridicule auquel ils se prêtaient, lui, l'orc et le "sauveur". Il semblaient entretenir chacun un discours seulement pour imposer une vision, et qu'importe ce qu'ils disaient, c'était une courtoisie hypocrite qui restait dominante. Lui qui était pourtant le roi des menteurs, il ne supportait plus cette façon de parler, surtout chez ce mercenaire. A le voir, il sentait de la condescendance. Maintenant il le libérait et se disait compréhensif, parce qu'il "le croyait triste et en colère". C'était d'un ridicule. Il ne savait pas qu'il suffisait que le mage claque des doigts pour que Rawf lui brise la nuque et utilise simplement les clés qu'il tenait. Lui-même, il se demandait d'ailleurs pourquoi il ne l'avait pas fait. Pourquoi il avait décidé de l'écouter jusqu'au bout, montrer à quel point ils avaient le même but, ils devaient faire en sorte de garder les "piliers sains" à défauts des "piliers pourris" de leur nation. Ce qu'il avait de dire, ce n'était pas un discours éloquent et sarcastique. C'était bien plus franc, direct, et sans réserves. Dès que la porte de sa cellule lui fut ouverte, il passa l'ouverture et s'imposa, bien que plus petit, à la carrure robuste de Vohl. Il lui pointa le doigt vers le nez et poussa une voix rauque de stentor, à en faire baisser les oreilles de Rawf par la peur.

"Ta gueule. Ferme ta foutue gueule."

Il s'écarta ensuite pour rejoindre Rawf et sa fille. Evidemment, elle ne semblait pas avoir le Fusil de Mertar sur elle. En revanche, elle saurait probablement où trouver son encensoir et toutes les affaires qu'il avait récupérées depuis le début de son périple. Et en effet, quand il fut plus prêt d'elle, elle sortit de son paquetage ce fameux bijou de famille, si simple d'apparence, et pourtant renfermant une magie mortelle.

"Prépare mon encensoir, je vais en avoir besoin."

Et elle s'y attela, y insérant la fameuse poudre tout en sortant de son autre main une petite boîte d'amadou. Cela n'empêcha pas Hivann de marmonner de rage dans sa barbe, en maudissant la personne que Thôko avait eu la bêtise d'engager pour ce travail.

"Depuis je ne sais combien de temps, on entend ces imbéciles de gardes descendre ces escaliers et tu crois qu'il est plus judicieux de discuter de ma libération que d'accueillir nos meurtriers. Car oui, gamin, ils sont là pour me tuer. Depuis le début, ils attendent une raison de me faire tuer et en voilà une."

Le bruit se faisait de plus en plus présent et bientôt, une flopée de gardes viendrait pour l'emprisonner de nouveau. Mais cette fois-ci, il n'avait plus aucune raison de se laisser faire. Il se mit en position, tout en concentrant ses fluides, mais il manquait encore une chose : alors qu'il tendit les mains vers les marches d'où allaient arriver leurs ennemis, il dévoila ses fameuses menottes, faites d'un acier qui l'empêchait de se battre.

"Libère-moi, et accueillons ces faux gardes de l'Ynorie. Ensuite, nous verrons si une alliance entre nous deux est possible."

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 Sujet du message: Re: La prison
MessagePosté: Mar 28 Juil 2015 17:23 
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A l'instant même ou Vohl ouvre la cage du père de Thôko, ce dernier se colle en face de son libérateur haï, le touchant presque. Malgré sa taille, plus petite que celle de son vis à vis, il tente de s'imposer devant celle de l'ancien soldat, levant le bras pour planter, ou peu d'en faut, son index droit dans la narine du jeune homme. Comme pour marquer plus encore la contrariété que sa fille ait choisi un homme pareil et non un mercenaire quelconque et classique, barbare, attiré par l'argent et contrôlé par lui, le vieil homme crache sa frustration dans ces mots de colère :

" Ta gueule. Ferme ta foutue gueule. "

Pitoyable réplique pour un homme qui se pense d'une sagesse inouïe. Mais Vohl sait maintenant qu'il avait raison. Pour l'état du vieil homme. S'il a bien fait de le libérer...de cela en revanche, le voleur en doute de plus en plus! Ce que Thôko Goont lui a vendu pour qu'il soit amené à libérer son père ne sont que des mensonges, il en a désormais la quasi-certitude. Cet individu ne peut être homme à sacrifier quoi que ce soit pour les autres. Pas même pour sa famille, et encore moins pour ses alliés. Un loup solitaire, refusant la compagnie de son espèce et acceptant tout juste l'existence d'un lien avec ses enfants.
Vohl secoue la tête, désolé pour l'homme devant lui qui perd l'esprit chaque minute un peu plus.

( Il sombre dans l'esprit de vengeance, perdant toute notion de bien et de bon, de mal et de mauvais. Seul compte à présent sa survie et son objectif : c'est un animal blessé. Ce n'est pas la peine de lui répondre : il niera en bloc tout ce qu'on lui dira. )

Vohl s'adresse à Whral, ignorant le vieil homme qui s'est par ailleurs déjà détourné.

" Pour que ta démarche aboutisse, peut-être devrais tu montrer ta bonne foi une fois de plus, en t'abstenant de nous aider pendant l'évasion : peut-être ne devrais tu sortir que si nous réussissons à neutraliser tous les gardes. Même si je serais content que tu sois mon compagnon d'arme pendant ce combat ! Je me doute que tu as déjà dû envisager cela : je te signifie seulement que tu as déjà gagné mon estime. Elle n'en pâtira pas si tu fais le choix de la raison. "

L'ordre de l'homme atteint les oreilles du voleur lorsqu'il commence à parler à Whrall.

" Prépare mon encensoir, je vais en avoir besoin. "

Apparemment, Hivann Goont a commencé à préparer l'arrivée des soldats pour un vœu de bienvenue qui s'annonce festif et particulier. Quoi que ce soit, ce doit être en rapport avec la magie : la fille Goont s'affaire autour d'un encensoir d'aspect fragile - ce qui fait penser à Vohl qu'il est particulièrement important - qu'elle vient de produire. Vohl n'a aucune idée d'où elle a pu le camoufler...mais elle l'a fait, et cela importe peu, à présent. L'homme continue de maugréer sans que Vohl puisse saisir, en même temps qu'il parle, la teneur de ses propos.
Après avoir donné ses ordres à sa fille, Hivann Goont se retourne face à l'ancien soldat. Et lui demande, dans une menace à peine voilée, mêlée d'un soupçon d'appel au secours, de le libérer maintenant de ses chaînes. Tout ceci est d'un ridicule très travaillé.

" Depuis je ne sais combien de temps, on entend ces imbéciles de gardes descendre ces escaliers et tu crois qu'il est plus judicieux de discuter de ma libération que d'accueillir nos meurtriers. Car oui, gamin, ils sont là pour me tuer. Depuis le début, ils attendent une raison de me faire tuer et en voilà une. "

Vohl en est convaincu : le vieil homme n'est pas du côté d'Oranan. Sa sagesse s'est perdue lors de la perte de sa famille, et il ne saurait plus protéger efficacement quoi que ce soit à Oranan. Les paroles creuses et toujours injustifiées du patriarche sont autant d'affirmations qu'il l'invite à prendre comme des vérités absolues. Mais malgré le fait qu'Hivann Goont sombre dans un délire psychotique, persuadé que personne ne lui veut du bien et qu'il est seul contre le monde, Vohl connaît déjà sa décision : cet homme peut permettre d'augmenter les chances de survie d'au moins trois êtres innocents.

" Libère-moi, et accueillons ces faux gardes de l'Ynorie. Ensuite, nous verrons si une alliance entre nous deux est possible. "
" La rapidité de ta libération n'a jamais dépendu que de ta propension à dire la vérité, vieil homme. Libre à toi de m'estimer coupable. "

Cette phrase, si elle est l'exacte traduction des pensées de Vohl, est à double sens. Pour le vieil homme, elle signifiera sans doute que le voleur est maintenant convaincu de son honnêteté, même si cela lui aura pris du temps, et que c'est pour cela qu'il le débarrassera de ses bracelets - soit l'exact inverse de ce que l'ancien soldat exprime en réalité. Quoi qu'il en soit, Vohl s'apprête à libérer Goont.

" Mais effectivement, nous verrons tout cela plus tard. "

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 Sujet du message: Re: La prison
MessagePosté: Jeu 30 Juil 2015 12:26 
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Whrall patiente et écoute chacune des paroles qui sont prononcées sous ses yeux. Il observe la tension entre les deux protagonistes, mais sans la commenter, sans même esquisser le moindre mouvement, même lorsque la porte de la cellule s’ouvre devant lui. L'orcue qui jusqu'à présent s'était montré fort volubile s'est tu.

- Le temps des querelles est révolu, annonce Whrall.

A ce moment-là, Vohl enlève les menottes d’Hivann qui tombent sur le sol avec un bruit mat et cinq miliciens déboulent dans la pièce, armes sorties, et foncent sur les personnes présentes dans la prison. Ils sont munis de katanas et de wakizashis ainsi que de l'attirail complet du milicien d'Oranan. L'un d'eux, vêtu plus légèrement porte cependant ce qui semble être un sceptre pourvu de magie et se place à l'arrière du groupe.


[Je vous laisse rp la mort/inconscience des miliciens comme vous le souhaitez. Considérez juste que Whrall assomme d’un coup de poing celui qui part pour aller chercher des renforts.]


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 Sujet du message: Re: La prison
MessagePosté: Dim 2 Aoû 2015 21:10 
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« Le temps des querelles est révolu. »

Au moment où le garzok prononce ces mots, les soldats font irruption dans les cellules, armes aux poings, faisant s’évaporer le sentiment de soulagement de Vohl. Les cris des gardes annonçant leur prise de position et intimant aux spectateurs leur reddition sans condition.

Entre lui et les escaliers se trouve maintenant une ligne de gardes, en formation classique de défense. Et derrière cette ligne, un mage. Sa compréhension limitée de la magie rend le voleur d’autant plus pessimiste sur cette dernière donnée. Avoir peur de ce que l’on ne connait pas lui semble en ce moment être la plus élémentaire des leçons de survie. L’ordre de neutralisation lui apparaît très clairement : d’abord le mage. L’atteindre lui permettrait en plus de se trouver derrière les gardes, et de gagner un avantage stratégique... mais c'est une chose délicieusement hors de portée pour l’instant. Un bref coup d’œil autour de lui le renseigne sur la localisation de chaque combattant avant que ne démarre le massacre. Le vieux Goont se trouve juste à côté de lui, les mains tout juste libérées de leurs entraves. Entre eux et les gardes, Thôko et l’homme-loup. Et très légèrement en retrait derrière Vohl, Whrall, le Garzok. Le crâne de Vohl bouillonne tandis qu’il envisage toutes les potentiels moyens de neutraliser le magicien. Une idée émerge du magma de données tourbillonnantes. Une folie. Un moyen mortel d’assurer sa sécurité, et lui assurant un décès. Un moyen de faire gagner un ensemble de personnes que rien n’oblige à apporter leurs soutiens à sa tentative. Le voleur tient toujours le fil, conçu pour la pêche en haute mer, qui lui a servi pour la strangulation modérée d’un garde avant qu’il ne pénètre dans son cercueil potentiel. L’une des extrémités est toujours nouée à sa main droite. Ce qui n’était qu’une simple précaution pour éviter que le fil ne lui échappe lors d’une neutralisation en douceur lui fait maintenant gagner de précieuses secondes. Il tend un bras en arrière en direction de Whrall, lui présentant la seconde extrémité.

« Ma vie entre tes mains. Ramène-moi.»

Pas plus qu’un murmure. Un souffle. Un espoir. Une prière. Un éclair traverse la pupille de Whrall. Il a compris. C’est un guerrier averti, que la force prodigieuse et la stature propre à son espèce n’a pas rendu moins intelligent. Il attrape fermement le fil et lui fait faire quelques tours autour de son énorme main. Le fil transparent est presque invisible, pour ceux qui se trouvent près comme pour ceux qui se trouvent loin. Vohl s’adresse à l’homme-loup pendant ce temps.

« Lance-moi par-dessus, sur le mage !»

Ses deux derniers mots sonnent plus fort que les autres, et ont pu porter jusqu’aux oreilles de ceux des gardes qui ne hurlent pas leurs ordres en postillonnant sur le sol de pierre du cachot. Ce n’est pas un hasard : c’est un pari. Risqué, encore. Mais y a-t-il encore seulement une chose qui ne le soit pas ? Le pari que cela fera germer un doute dans l’esprit de certains soldats, et qu’ils réfléchiront ne serait-ce qu’une seconde de plus avant d’agir. Le temps est précieux. Il ne vaut pas de l’or : il vaut des vies. Vohl ne veut pas avoir à déplorer de morts aujourd’hui. Pas dans le camp des soldats loyaux. Mais ses entrailles bouillonnent à l’idée qu’il y ait un général, derrière la troupe qui vient de débarquer. Un général particulier. Une haine dévorante le prend, et ses yeux reflètent l’envie de sang que chaque part de son être souhaite voir s’écouler d’un corps mutilé.
Rien ne garantit que le serviteur fasse ce qu’il demande : celui-ci jette d’ailleurs un regard à son maître, en quête d’un accord. Mais ce dernier est plongé dans sa concentration, et son attention est dirigée sur des choses d’un autre plan que les actions des autres personnes présentes dans la pièce. L’homme-loup fait doit prendre une décision par lui-même. Il fait ce qu’il a semble-t-il toujours fait : obéir. Il s’agenouille et met ses deux mains en cuiller afin que Vohl, en course, suivi par Whrall, puisse prendre appui dessus. Le voleur s’envole, tempête de lames aérienne ! Les griffes et le katar arachnoïde ont pris leur place dans les mains de l’ancien soldat. Une torsion du tronc lui a permis de vriller son saut. Les reflets de lumières sur le tranchant de ses lames dansent dans la pièce. Le fil se déroule à toute vitesse, lui brulant la paume et le pouce. Vohl s’en moque. Plus rien n’existe, seule sa liberté compte. Un instant magique à traverser les airs, porté par son élan.

Les soldats font face à une montagne verte de muscles qui marche vers eux, au sol, et un boulet de canon humain dans les airs, toutes lames sorties.

Le Mal est fait

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 Sujet du message: Re: La prison
MessagePosté: Mer 5 Aoû 2015 15:00 
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Hivann tendait les mains, et enfin, après de nouvelles réserves, le jeune soldat se décida à libérer le prisonnier de ses menottes. Les gardes de la prison avaient déjà fini par débarquer par l'escalier menant aux geôles. Tous les cinq, ils étaient là, prêts à se battre. En revanche, même si Rawf, Whrall et le jeune ynorien avaient commencé à préparer un semblant de formation de combat, Hivann dût rester en arrière pour concentrer ses fluides. Au moins, il y avait un avantage à porter ces menottes et à être resté si longtemps dans sa cellule : il avait pu prendre un peu de repos et voir ses fluides exploitables au maximum. Le seul ennui était le nombre d'ennemis et l'impossibilité de former une attaquer de groupe sans blesser ses alliés. Bien qu'en ce qui concernait cet imbécile de Vohl, cela ne l'aurait pas dérangé.

Il y réfléchit pendant les quelques secondes qui lui restaient, alors qu'il dispersait déjà ses fluides dans le sol, grâce à sa pieds. Il visualisa des racines, mais ne leur donna pas encore de directions particulières. Au départ, il pensa à créer un séisme, ou bien plusieurs pointes de roche qui puissent attaquer plusieurs ennemis à la fois. Mais puisque son "sauveur" avait décidé de se jeter, toutes griffes dehors, derrière les rangs ennemis, il décida qu'il n'avait pas besoin de le sauver. Il se mettait en danger... Et alors ? Au moins, Hivann n'avait plus de menottes.
Ce n'est cependant qu'après coup qu'il remarqua que sa cible n'était rien de moins qu'un mage. Il décida de s'en satisfaire un instant : ce dernier lui mâcherait le travail en blessant probablement mortellement ce petit effronté. Mais d'un autre côté, il ne put s'empêcher de le trouver idiot. ("Laissez les combats de mages entre mages !") pensa-t-il. Mais au lieu de cela, il en conclut que la vie de sa famille et de ses alliés valait plus que celle des autres ynoriens ici.

Il dirigea ainsi ses fluides, formés comme des racines dans le sol juste sous les pieds de tous ceux qui étaient autour de lui. Puisque Vohl avait été littéralement envoyé par Rawf, il ne pourrait pas en bénéficier, et ce n'était pas un problème : un nuage de poussière se souleva juste autour des combattants, de même que Thôko qui resta juste derrière son père. A ce moment là, des cris résonnèrent dans les geôles. Les autres orcs détenus hurlaient en frappant aux barreaux. Il était difficile de savoir s'ils essayaient d'attirer l'attention des gardes pour empêcher des personnes trop chanceuses de s'enfuir, ou s'ils faisaient cela pour les encourager à gagner ce combat. Dans tous les cas, la formation du nuage de poussière avait déclenché quelque chose chez eux, et alors que celle-ci se collait sur la peau des combattants, leur formant une peau plus épaisse et à l'épreuve de quelques lames, les cris donnaient l'impression qu'ils étaient dans une fosse, en plein combat illégal.

"Maintenant, vous pouvez en finir avec eux !" déclara Hivann en regardant Rawf et Whrall.

Mais de toute évidence, la force colossale du liykor et de l'orc, ajoutée à la magie d'Hivann et aux acrobatie de Vohl eurent raison de la confiance des soldats. Car au moment où le combat fut lancé, l'un d'entre eux se mit à reculer, prêt à emprunter l'escalier, de toute évidence pour appeler les renforts. Un instant, le vieux mage pensa à l'arrêter lui-même, mais la vague d'ennemis arrivant vers lui le rappela à l'ordre.

"Whrall, arrête-le !" ordonna-t-il en pointant le fuyard.

Et sans attendre, il fonça, esquivant au passage les lames des trois autres ennemis face à Hivann. Rawf se mit en avant, comme un chien de garde, et sa mit à aboyer en formant un écho couvrant les cris des spectateurs. Cela en fit reculer deux, mais l'un d'entre eux fut pris d'une poussée de bravoure. Il fonça, glissa même pour passer sous un coup de griffe qui aurait pu lui être fatal, et comprenant l'importance d'Hivann dans ce combat, il chercha à lui porter à la poitrine. Un coup en estoc, qui aurait pu être fatal, même avec cette peau de terre supplémentaire. Heureusement, la rage du géomancien n'eut pas raison de sa prévention. Avant que l'acier ne puisse l'atteindre, il avait fait circuler ses fluides à travers tout son corps, de la plante des pieds jusqu'à la bouche, en passant par les poumons... Et par une idée saugrenue, selon laquelle il saurait humidifier ses fluides en utilisant ses propres organes, il lui cracha (ou plutôt, il lui vomit) une boue épaisse, noire, qui comme dotée de sa propre volonté se mit à l'enrouler, emprisonnant ses avant-bras et couvrant sa bouche. Ses mains, à peine libres, laissèrent tomber son wakizashi et n'ayant les jambes libres plus qu'à partir des mollets, le soldat téméraire tomba lourdement en arrière.

"Reste à ta place." fit simplement le mage tout en crachant les derniers restes de boue qui lui étaient restés en bouche.

En voilà un qui n'allait pas pouvoir se relever avant un moment. S'il ne mourait pas étouffé, Hivann aurait tout le loisir d'en finir avec lui plus tard.
De nouveau, il se mit en position de combat. Rien n'était fini, et il était encore difficile de savoir si tout le monde saurait accomplir sa tâche. Mais en revanche, il était certain de Vohl ne vaincrait pas l'autre mage aussi facilement...

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MessagePosté: Jeu 6 Aoû 2015 11:55 
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Pendant que la toupie est dans les airs, la formation au sol s’est fractionnée : ceux qui courent vers le Garzock et l’homme-loup, et ceux qui ont tenu leur position, soit par peur d’aller au-devant des deux géants, soit pour protéger le mage. Des boucliers se dressent pour tenter d’empêcher Vohl de franchir la ligne de protection de l’utilisateur de fluide. Lorsqu’il arrive au niveau des soldats, légèrement au-dessus de la ligne formée par les boucliers, le bras de Vohl passe de l’autre côté des boucliers, fichant au passage la lame du katar dans l’épaule d’un des gardes, qui mugit de douleur. La rotation de Vohl est alors presque terminée, et la majeure partie de son élan est dissipée brutalement lorsque le reste de son corps, à l’horizontale, heurte le haut des boucliers, faisant reculer les protecteurs de deux bonnes coudées. Le corps entier de Vohl se tend. Chaque muscle lui hurle que son effort est vain. Mais la ténacité du soldat finit par avoir raison de la gravité, et lui permet de passer de l’autre côté du mur de boucliers, en tirant de toutes ses forces sur le katar, comme un navire en pleine tempête se retient à son ancre. Le soldat choit à terre en même temps que son ancien camarade, mais lui ne se relève pas dans une roulade plus qu’approximative : la douleur lui a fait perdre connaissance. Lorsque Vohl redresse la tête, il est aux pieds du mage, qui dirige vers lui un regard flamboyant d’une énergie inconnue du voleur.

(Merde.)

L’homme étend ses bras au-dessus de lui, convoquant les puissances infernales qui sont l’apanage de sa condition. Vohl ne sait pas encore ce qui va sortir du corps du mage, mais ça ne sera de toute façon pas bon pour lui. Vohl plonge en avant. Droit dans les jambes du mage. Ce dernier trébuche et tombe, mais a tout de même le temps de faire un geste de son sceptre. Une dizaine de lianes de terre se hissent du sol pour s’élancer vers le plafond…et s’y ficher avec un bruit mat. Epaisses comme le poing, elles forment une véritable grille rocheuse dont les barreaux ne seraient que verticaux, quel que soit le côté duquel on se situe. Heureusement, ces barres ne couvrent pas l’intégralité du passage. Voilà pour la bonne nouvelle. La mauvaise, c’est que Vohl se trouve temporairement isolé de ses alliés, et en la compagnie plaisante d'un garde et d’un sorcier…même si ce dernier se débat actuellement au sol avec le voleur. Outre sa force physique, un élément joue en faveur de l’ancien soldat : l’inconnu semble être bien plus attaché à son bâton qu’à sa vie ! En refusant de lâcher l’instrument, il s’ôte volontairement une main pour maitriser son agresseur. Vohl, s’il lui en est très reconnaissant, comprend aussi automatiquement que son bâton est la source de son pouvoir. La bataille au sol tourne rapidement à son avantage et le mage, le visage contre les dalles froides de la pièce, est sur le point de recevoir un coup sec sur la nuque qui l’aurait libéré instantanément de ses fonctions. Toutefois, le garde n'est pas resté en retrait pour rien : tant que les opposants au sol se confrontaient, il ne pouvait frapper par crainte de transpercer celui de qui dépend leur victoire. Maintenant que Vohl est assis sur leur espoir, le champ est libre. Les lames tranchent l’air. Le voleur s’est esquivé au dernier moment, récoltant malgré tout une superbe estafilade sur la main gauche, qui a au moins le mérite d'être propre et nette : le soldat n'a fait que l'effleurer. Arrachant le sceptre à la main du mage tendue vers lui d’une torsion, il recule encore rapidement de quelques pas. Il est désormais dans les escaliers, et voit l’ensemble de ce qui se déroule dans les geôles. Un nuage de poussière est en train de retomber, et le patriarche des Goont semble avoir neutralisé l’un des soldats, qui est à présent retourné comme une tortue dans une gaine… de pierre ? C’est ce à quoi fait penser l’aspect de la chose, mais le voleur n’en mettrait pas sa main à couper. Devant lui, le loup, qui semble déterminé à faire un rempart de son corps face à tout opposant qui menacerait son maître. Plus proche encore, Whrall, de l’autre côté des barres de roches, vient d’assommer de son énorme poing un des soldats, dont le corps s’affale devant les barres de pierre à l'aspect écailleux. Et bien trop proche de lui, un garde qui s’avance en contournant le mage en train de se relever.

« Whrall ? »

Ceci n’est qu’un murmure.

« Whrall, maintenant, s’il te plait ! »

Ça, en revanche c’est un cri tonitruant ! Le soldat le plus proche de lui tourne la tête pour voir à quoi s’adresse le fou qui a osé s’attaquer à un magicien protégé par quatre des leurs. Le Garzok ne pose pas de question. Ne s’interroge même pas lui-même. Il se propulse simplement de toute sa masse en arrière, en s’aidant des poteaux de pierres, et étire violement son bras droit vers l’arrière de la salle.

« Han ! »

Le voleur s’est raidi, a contracté tous ses muscles et a sauté en avant lorsque Whrall a tendu le fil. Mais rien n’aurait pu le préparer. La traction est telle qu’il a l’impression qu’on le démembre. Sa main. La douleur se fait instantanément une place dans le corps de Vohl, et les articulations de l’épaule jusqu’au poignet le traitent de tous les noms, brulent de douleur. Mais pour la deuxième fois, Vohl s’envole par la force titanesque d’un pilier de chair. Sa main libre vient cueillir le magicien qui vient de finir de se relever au niveau de l’estomac, manquant le plexus du fait de la douleur qui a tétanisé les muscles du voleur. L’effet recherché est toutefois au rendez-vous : Vohl emporte le magicien, qui heurte brutalement les barres de pierres, s’évanouissant pendant qu’il amortit malgré lui le choc de l’ancien militaire contre ces mêmes piliers rocheux. Vohl tombe à terre, les soldats tournés vers lui, armes dégainées, et le temps qu’il se relève, les deux sont en face de lui, en garde. Vohl a de nouveau une arme dans chaque main. Ce n’est pas le katar qui a repris sa place : présumant que ce dernier était coincé dans l’épaule du premier garde qui a sombré dans l’inconscience, Vohl s’est emparé en se relevant de l’arme la plus répandue dans les formations de fantassins en ville. Le wakisashi se dresse en une garde maladroite : l’épaule encore engourdie par le choc n’a pas encore récupérée sa mobilité. Mais Vohl n’a pas pour objectif de parer avec cette lame… Il lui suffit de la planter.

Envol



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 Sujet du message: Re: La prison
MessagePosté: Dim 9 Aoû 2015 09:51 
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Hivann s'était lourdement trompé au sujet de Vohl, car alors qu'il s'apprêtait encore à se battre contre les ennemis restants, il voyait justement ce jeune ynorien, en train de vaincre le mage à l'arrière des gardes. Il avait même réussi à toucher l'un des gardes grâce à ses katars. Cependant, sa manière de s'en sortir fit particulièrement sourciller le vieil homme. C'était déjà stupide de chercher à s'éloigner du groupe en demandant à être littéralement projeté par un colosse comme Rawf. Mais c'était encore plus idiot de compter sur un fil aussi fin et solide, tiré par un monstre comme Whrall pour revenir en arrière. Par ce biais, il avait réussi à assommer le mage et à le séparer de son bâton, mais il fut tiré avec tant de violence qu'il sembla bien à Hivann que le bras du mercenaire allait être arraché purement et simplement, si ce n'étaient pas ses doigts.

"Ce foutu imbécile serait capable de se blesser volontairement seulement pour l'esprit du spectacle." Pensa-t-il tout haut.

Mais le mage, lui-même, n'allait pas faire dans la sobriété pour vaincre les derniers ennemis. L'autre mage était justement évanoui, un garde était assommé, l'autre évanoui sous la douleur et un autre était emprisonné dans un carcan de boue épaisse qui le compressait et l'asphyxierait très probablement. Il n'y en avait donc plus qu'un. Un soldat seulement, encore assez brave, ou bien complètement naïf, pour penser qu'il aurait une chance contre eux cinq. Ou alors comprenait-il qu'il n'avait aucun moyen de fuir.
Il y avait une certaine distance entre Hivann et cet homme. De plus, Rawf se trouvait juste au milieu et faisait face à un naginata. Une arme plus longue, et plus redoutable. Le vieil homme ne pouvait pas se permettre de demander à son cher ami de se sacrifier pour lui. Alors même s'il était déjà protégé par une fine armure de terre, Goont décida de l'aider. Pour cela, il concentra de nouveau ses fluides, mais en quatre points bien définis sur le sol. Des racines qu'il visualisait encore à partir de la plante de ses pieds, il créa de longues pointes acérées, comme des stalagmites qui auraient été aiguisées par le temps. Au final, quand elles lui parurent assez longues et pointues, il les détacha de la roche qui composait le sol des geôles, et les fit tournoyer tout autour de lui. Quatre projectiles mortels, qui auraient raison de l'armure de ses ennemis.

Un instant, ces combattants tentèrent d'embrocher le vieux liykor. C'en était déjà trop. Hivann avait attendu suffisamment longtemps et il n'allait rien risquer de plus. Lui-même s'était déjà trop protégé en restant en arrière. De ses longues pointes rocheuses, il en projeta tout d'abord trois, contournant le corps large de son ami. L'une se ficha dans la cuisse du garde au naginata, passant juste sous les tassettes de son armure. La seconde, passa sous son épaulière et invalida tout son bras droit. La troisième, en revanche, n'eut pas l'effet escompté... Elle avait visé premièrement la gorge du garde. Mais de toute évidence, ses talents le sauvèrent au moins de ce coup-ci. Un léger pas en arrière fit planter le projectile magique juste à ses pieds.
La dernière pointe serait donc encore pour lui. Cela suffirait amplement. Peut-être ne le tuerait-il pas lui-même, mais au moins, il le blesserait. Et alors Rawf en finirait. Goont la projeta donc, mais avec plus de vitesse, et avantagé par ses deux premières blessures. Au final, le guerrier ne put se défendre davantage. Il encaissa la stalagmite juste à la hanche. Une attaque qui l'effleura, mais le déséquilibra suffisamment pour permettre à Rawf de l'attraper d'une seule patte par les deux avant-bras. L'homme ne lâcha pour autant pas son arme, mais il était immobilisé et sa blessure l'empêchait d'utiliser ses jambes pour correctement se libérer. Il était condamné. Mais le loup attendit. Comme avec l'Exilé, il y avait déjà plusieurs mois, il attendait l'accord de son "maître". Et en effet, en y réfléchissant, Hivann ne pouvait pas rendre les choses aussi simples, en tuant sans sommation tous ses ennemis. Il s'en était fait beaucoup, et maintenant qu'il pensait à la façon dont il rejoindrait Omyre, il était temps qu'on le craigne. Et on ne le craindrait pas si il ne laissait pas un message.

Il s'approcha doucement, alors que le combattant paniquait, anticipant probablement sa mort prochaine.

"Considère un peu ta chance, jeune homme. Je te laisse en vie. Tu auras l'honneur d'être l'émissaire qui préviendra mes ennemis. Dis leur que Ser Hivann Goont est en vie. Dis leur qu'Iwa Ishwari va payer pour ses crimes envers ma famille, de même que tous ceux qui l'ont déshonorée. Le lotus est loin d'être fané."

Il resta silencieux, laissant le temps à sa victime de considérer ses paroles, et enfin, il s'écarta.

"Brise-lui les bras."

Ce guerrier n'en serait probablement plus jamais un. Rawf s'exécuta sans réserves. Il serra ses énormes pattes, jusqu'à planter ses griffes dans la chair du garde. Au final, dans un craquement affreusement sonore, il forma un angle droit au niveau du milieu de son avant-bras et après un cri de douleur, le guerrier s'évanouit simplement. Son corps fut d'abord suspendu aux pattes du loup, puis il s'affaissa faiblement sur le sol froid des geôles.
Hivann n'avait pas oublié sa promesse. Ce guerrier serait le seul survivant. Alors, voyant les trois autres gardes et le mage inconscient, il lança un ordre ultime à tous ses suivants. Et pour tout dire, il se doutait bien que le jeune mercenaire, déjà bêtement blessé, ne voudrait pas le suivre, tant il se sentait légitime dans sa vertu. Cela ne lui donna pas plus envie d'agir avec parcimonie.

"Tuez tous les autres."

Il s'approcha pour finir du premier garde qu'il avait immobilisé dans son carcan de boue. Le pauvre était tout à fait conscient, mais incapable de se mouvoir. Il n'y avait qu'une partie de sa tête, ses mains jointes et ses deux jambes qui dépassaient de son cercueil fangeux. Sans aucune sommation, Hivann posa le pied sur la mâchoire de l'homme, qui ne put qu'émettre un cri étouffé et paniqué.

"Je dirais bien que je suis désolé, mais ce serait mentir."

Pour finir, il y posa tout son poids, tout en forçant, jusqu'à enfin sentir quelque chose se rompre sous ses pieds. Dans un craquement sourd, la boue reprit sa matière liquide et le corps se détendit.

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 Sujet du message: Re: La prison
MessagePosté: Lun 10 Aoû 2015 02:34 
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Avant que Vohl ai pu faire quoi que ce soit, des pics de pierres effilés entourent le mage Goont. Le tableau est révélateur de la singularité du personnage : le vieil homme est puissant, c’est quelque chose qui saute aux yeux du premier coup d’œil. Et cependant, une telle lâcheté dans son comportement révulse Vohl. Ces pics terreux ne sont pas là pour préserver la vie, par quelque moyen que ce soit. Pas même celle de son serviteur ou de sa fille, et peu de lui-même. Au travers delà forme de ses pics, on sent l’amertume du mage. C’est quelque chose que ressent Vohl : la magie semble nécessiter pour s’exprimer de se faire en accord avec la personnalité du mage. Peut-être en est-elle plus efficace lorsque le mage accorde le but de sa magie avec le véritable but que défend son âme.

Tout à l’heure, dans les yeux brulants du mage qui le dominait, il a lu en lui la colère, la colère du juste, la colère du protecteur. Maintenant, les yeux de son allié temporaire ne sont que les miroirs de la haine que le personnage a laissée macérer depuis des années, dégorgeant un poison fétide et puant : la trahison. Plus rien ne le relie à la ville qui l’a protégé contre tout même contre lui-même depuis des années. Sa famille et ce qui lui restait d’amis n’ont plus de valeur propre à ses yeux. Seul compte le châtiment qu’il réserve à ceux à qui il dédie sa haine. Le premier pic rocheux s’enfonce dans la jambe gauche du malheureux soldat, disparaissant pour réapparaitre, sanguinolent, de l’autre côté du membre. Presque aussitôt après, sur un geste rageur du mage, la deuxième écaille terrestre pénètre sous l’armure, s’infiltrant dans un défaut de l’armure, juste sous l’épaulière, pour déchirer les muscles. Le pic sort cette fois complètement de sa victime pour retomber au sol. Le troisième pic manque sa cible, de toute évidence. Le voleur doute que ce cher magicien ait poussé le vice jusque faire croire au soldat qu’il l’ai manqué – une réaction trop réfléchie pour un obstiné et un réactionnaire ce cette espèce. S’écrasant à ses pieds, ce troisième cône est suivi de près par le suivant, qui jette le pauvre soldat devenu pantin de forces qui le dépasse dans les bras de l’homme-loup.

Vohl n’a pas baissé son arme, et ses mains se crispent : l’une autour de la garde du wakisashi, l’autre comprimant les lanières qui maintiennent les griffes en place. L’âme du soldat crie sa rage et réclame le sang de celui qui n’a aucun respect pour la vie. Le commentaire qu’il avait fait à Thôko, alors même qu’il sortait de la transe embrumée qu’il avait découverte dans les égouts, semble s’appliquer aussi sur le père. Le champ de vision du voleur semble se rétrécir sous l’effet de la colère. Le temps lui semble encore une fois ralentir. Mais la colère ne prend pas cette fois la domination sur son âme. Non pas qu’un sentiment de détachement lucide et neutre lui soit soudain apparu : comme la chaleur d’un brasier modifie la texture du fer, la colère adapte les perceptions du voleur pour lui permettre d’atteindre son but sans l’obliger à le réaliser. Vohl regarde Whrall. Il ne dit rien, mais ses mâchoires sont crispées. Mais que cela peut-il signifier chez les Garzoks ? Du dégout ? De la peine ? Une félicitation ? Le jeune noble en fuite est obligé de reconnaître son manque d’éducation sur l’étude des réflexes morphologiques des races autres qu’humaines. Il faudra y travailler, même si le voleur ne sait absolument pas où il pourrait trouver de tels ouvrages.

Les pupilles de Vohl se braquent de nouveau sur le vieil homme. Ce dernier s’approche du soldat maintenu inoffensif par l’espèce de boue séchée, tel l’irabu qui se faufile sournoisement entre les tiges du nénuphar pour plonger ses crocs dans le corps sans défense de la grenouille paralysée. Prouvant ainsi qu’on peut être à la fois froid et impulsif, le vieillard écrase la tête de son congénère en s’appuyant de toutes ses forces sur le pied qu’il a posé sur le crâne de l’homme qui n’a pourtant commis qu’un seul crime : défendre sa patrie. Vohl comprend l’erreur qu’il a faite. Bien trop tard, cependant. Il n’est pas le seul : s’il ne sait pas lire sur le visage du Garzock, le visage des femmes ne lui est pas illisible. La fille Goont regarde avec un visage ferme son père faire éclater le crâne du soldat sans défense et mêler la boue de sang. Sa pâleur est telle que son maquillage d’un blanc crème lui sert sans doute plus maintenant à la distinguer d’un cadavre qu’à éclaircir son teint. Entretemps, le loup a exécuté les ordres stupides de son maître, en brave machine sans cervelle. Le premier soldat gît maintenant dans une mare de sang, les bras brisés, et probablement plusieurs artères irrémédiablement explosées. Vohl a vu suffisamment de blessures sur le champ de batailles par des pics ou des pieux pour savoir que celui-ci survivra une heure tout au plus, s’il ne profite pas de soins exceptionnels.

« Tuez tous les autres. »

Cet ordre résonne avec incohérence dans le cerveau du voleur. Il tourne la tête afin de voir à qui Goont le délivre. Personne. C’est…c’est à eux qu’il parle ? La sénilité semble avoir saisi le vieillard, et pas qu’un peu! Mais Vohl a oublié qu’on trouve toujours des attardés sans cervelle, et qu’en s’en lier un est la meilleure façon pour les esprits tordus de se sentir puissants et obéis. Le chien se met donc en route pour accomplir le vœu de son maître. C’est le seul à bouger, pour l'instant. Vohl se plante sur le chemin de la bête, et fixe Goont.

« La mort de ces soldats ne t’apportera rien, et tu n’as aucun droit auquel tu peux prétendre sur leur vie, vieil homme. Ils ont servi loyalement Oranan, et la seule raison pour laquelle ils se sont inclinés devant toi, c’est leur manque d’expérience. Ils ne méritent pas la mort, mais le respect. Tu en as tué deux, et c’est déjà deux de trop. Nous n’avons pas de temps à perdre pour satisfaire ton égo démesuré et tes crises de violence incontrôlées. Nous n’avons subi aucune perte cette fois-ci, mais ça sera le cas la prochaine fois. Et sur la liste des victimes potentielles, ta fille est en bonne tête. Elle ne sait pas se battre, et ton loup ne peut protéger qu’une personne en mêlée. Souhaites-tu attendre de voir si mes prédictions sont justes ? »

Pendant que le vieil homme discute naturellement son point de vue dans un de ces monologues absurdes où ni l'un ni l'autre des partis n'est prêt à changer d'avis, Vohl se désintéresse rapidement de la conversation du fléau en puissance qu'il a relâché sur le monde... Les pires maux sont souvent issus des meilleures intentions, est-il coutume de dire dans certaines régions du monde... Vohl vient d'en faire l'amère expérience. Il fige son regard sur Thôko tout en récupérant son katar dans l’épaule d’un garde évanoui.

« Renieras-tu même ce qui ne te coute rien? Ton père a sombré dans la folie chaque jours un peu plus, et tu t'en es pertinemment rendue compte. Que tu veuilles le sauver, ce n'est que l'amour d'une fille pour sa famille, et je n'ai rien à dire contre ça. Je te respecte même pour m'avoir trompé dans ce but. Mais le laisseras-tu s'enfoncer encore plus dans la maladie? Ou prendras-tu soin de ce qu'il reste de son esprit qu'on devinait autrefois brillant, qu'on voit aujourd'hui sadique ?»

Se retournant ensuite vers Whrall en se massant le bras, il lui résume sa pensée le plus brièvement qu'il le peut, stressé par l'éventualité qu'il a lui-même évoqué un peu plus tôt.

« Merci pour tout à l'heure. Le temps de la discorde revient et nous n'en avons pas le temps. Tu mesures aussi bien voire mieux que moi les risques de rester ici. Cet homme n'est pas sain d'esprit. L'appuieras-tu?»

Les yeux plongés dans ceux du Garzok quoi qu'à une distance raisonnable, il n'attend en réalité que sa réponse. Il connaît déjà sa propre réaction quelle que soit la réponse de Whrall, mais il souhaite entendre la réponse de la montagne verte avant d'agir.

Fil du combat

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Dernière édition par ValdOmbre le Ven 9 Oct 2015 17:25, édité 4 fois.

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 Sujet du message: Re: La prison
MessagePosté: Jeu 13 Aoû 2015 06:08 
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Pendant le discours de Vohl, Whrall avait suivi Rawf, s’assurant que les gisants étaient bien morts, les achevant si ce n’était pas le cas. Lorsque le voleur acheva ses propos en se tournant vers lui, Whrall se redressa, montagne dans ces geôles qui paraissent trop petites pour un tel orque. Il était calme, pourtant, et les marques du combat qui venait de se dérouler ne semblaient pas s'être déposées sur lui. A la place, il prononça de sa voix grave et profonde :

- Ces soldats t’ont vu, homme. Ils ont vu tes traits et reconnaîtraient ton visage. Ce sont des gardes d’Oranan qui sont morts et laisser vivre les restant signifie ton exile de ces terres, de tes terres que tu sembles si farouchement vouloir sauvegarder. Pose toi cette question : es-tu plus utile à cette ville au sein de ses murs où vagabond exilé et sans pouvoir ?

Il haussa les épaules, les yeux toujours baissés sur Vohl.

- L’honneur est une belle chose, une belle fable que l’on conte dans vos livres. Mais la réalité est toute autre. L’honneur et le sacrifice vont rarement de pair, pas pour les choses qui comptent, dit-il, garzok qui avait trahit les siens pour sauver ceux qu'il pouvait.

Il tourna alors son regard sur Hivann.

- Partons avant que d’autres ne reviennent, je sais où ils ont rangé nos armes.

Il se pencha pour fouiller le corps de plusieurs des soldats jusqu’à trouver un petit trousseau de clefs, et il se dirigea alors vers la surface. Arrivé dans la salle d’accueil, il s’avança vers une porte close, bardée de fer. Il fit jouer dans les trois serrures les différentes clefs du trousseau jusqu’à ce qu’il parvienne à ouvrir la porte. Dedans se trouvaient toutes leurs armes et affaires.


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 Sujet du message: Re: La prison
MessagePosté: Lun 17 Aoû 2015 21:24 
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Hivann s'en était douté. Cet ordre ultime, l'assassinat de tous les autres gardes, ce jeune mercenaire n'allait pas pouvoir s'y résoudre. Et déjà, à l'entendre gémir, il ne put se retenir de lever les yeux au ciel. D'une certaine manière il se reconnaissait en lui. Ces histoires d'honneur, de respect, il y avait cru pendant un moment, quand il en avait encore, lui. Mais il n'eut même pas à lui parler davantage. Whrall s'était montré déjà beaucoup plus éloquent, et Rawf lui restait fidèle. Par ailleurs, le vieil ynorien le connaissait bien. Ce colosse était la créature la plus droite, aimante et fidèle qui l'ait jamais aidé. Thôko ne pouvait rien craindre avec lui.
Voir tous ses valets occire ses ennemis, devant ce pauvre mercenaire, c'était délectable. Non seulement il était libre, il aurait un nouveau foyer en Omyre, et il comptait un nouvel allié, mais en plus ceux qui le suivaient ne discutaient pas. Il était entouré de personnes fortes et il voyait déjà qu'en Whrall, il y avait un guide, mais aussi un être qui l'aiderait tant que lui, ancien noble, aurait quelque chose à lui offrir.

Quand il les vit, il resta silencieux et ne les remercia pas. En revanche, il hocha doucement la tête, acquiesçant leur action et saluant les dires de Whrall. Enfin, il dépassa Vohl qui avait essayé de se planter devant l'orc. Là encore, il ne dit rien, mais il lui adressa bien un regard moqueur, sans être narquois. Oh, il n'imaginait pas encore ce qui allait l'attendre, en haut de ces escaliers, en dehors de cette prison. Hivann le détestait pour sa prétendue vertu, cette hypocrisie qu'il avait en le critiquant lui, alors qu'ils luttaient tous deux contre un ennemi qui avait détruit sa famille. Il était fier, oui. Il était fier de sa constance. Mais il s'était bien gardé de dire à Hivann que c'était lui qui avait blessé sa fille. Il s'était tenu comme supérieur à elle, détenteur des clés salvatrices des geôles, celui qui apportait la lumière... Il essayait même de faire passer le mage pour un fou, un vieil homme violent car sénile... Alors qu'en vérité, il n'était qu'un être orgueilleux. Et cela tombait mal, car Hivann l'était lui aussi. Et deux êtres orgueilleux ne pouvaient pas vivre ensemble. Et s'il était violent, il avait bien pourtant toute sa tête.

Suivant Whrall, il monta donc les escaliers, jusqu'à déboucher sur une salle où se trouvaient justement toutes ses affaire, à l'exception de l'encensoir qu'il avait fait garder à sa fille, pour l'évasion, et le Fusil, qu'il avait fait garder à sa fille, par sécurité. Au départ, cela ne semblait pas grand chose : deux potions, une arbalète sans grande spécificité, mais avant toute chose, il y avait ses précieuses munitions, qu'il avait mis des mois à récupérer. Et il n'avait encore pu en utiliser aucune. En fait, il n'avait encore jamais tiré avec, alors qu'il voulait en faire son arme de prédilection. Mais ne retrouver que ces munitions le ravissait. Le temps de consulter toutes ses affaires, il laissa son nouveau compagnon s'équiper. Nul doute que lorsqu'il le verrait dans tout son attirail, il le trouvait plus impressionnant qu'il ne l'était déjà. Ce moment simple aurait été agréable s'il n'y avait pas ce jeune et pénible mercenaire derrière lui...

"Je ne peux plus le souffrir ce jeune homme... dit-il doucement, de façon à ce que seul Whrall à côté de lui l'entende. Et lui non plus. S'il nous suit encore, il essaiera d'en finir avec moi en comprenant qui il vient de libérer. Rawf protégera ma fille, alors toi, ne reste pas loin. Tâche de rester en vie. J'ai besoin de toi pour ma nouvelle seigneurie."

_________________
Multi de Ziresh et Jôs.

Ser Hivann Goont, Archer-Mage niveau 10.


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 Sujet du message: Re: La prison
MessagePosté: Mar 25 Aoû 2015 11:55 
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Pendant qu’il parlait, les deux colosses de chair achevaient la sinistre besogne que leur avait attribué le vieil homme sénile. Vohl n’avait à ce moment précis qu’une envie, c’était d’en finir avec ces deux valésiens. Se complaisant dans la médiocrité de leur situation, les vautres se roulent avec satisfaction dans les ordres boueux de n’importe qui, tant que cela leur permet de répondre à la vécordie inhérente à leur nature. S’ils sont des géants, leur chair ne s’est développée qu’au détriment de leur intellect, donnant ainsi naissance à un monceau de viande venée par son manque de valeur. Seule la jeune femme n’a pas bougé, conservant une sorte de vénusté macabre et néanmoins attachante dans son comportement, note le voleur du coin de l’œil. Une bête bouge en lui. Cette bête réclame de l’attention, tout en menaçant de lui dévorer l’âme. Un monstre que Vohl sait néfaste même s’il ne le contrôle pas : c’est une passion. Le meurtrier doit s’arracher à ses pensées pour entendre ce que lui rétorque le garzok en se relevant devant sa dernière victime.

- Ces soldats t’ont vu, homme. Ils ont vu tes traits et reconnaîtraient ton visage. Ce sont des gardes d’Oranan qui sont morts et laisser vivre les restant signifie ton exile de ces terres, de tes terres que tu sembles si farouchement vouloir sauvegarder. Pose toi cette question : es-tu plus utile à cette ville au sein de ses murs où vagabond exilé et sans pouvoir ?

(Tu fausses la réponse en traitant la question à la venvole, Whrall-kun. Mais sans doute est-ce dû au fait que tu t’es pris d’affection pour ce pauvre vieux fou. Cette verticité t’empêche de voir clairement la situation, sans doute ton éducation y joue-t-elle aussi un rôle. Tu supposes qu’être recherché m’empêche d’être utile à cette ville.)

Mais Vohl acquiesce pourtant d’un mouvement de menton après un petit temps de réflexion. Les imbéciles présents dans la pièce n’ont qu’une seule idée en tête, et elle n’est clairement pas guidée par les mêmes valeurs que les siennes, malgré tout ce que les viédases ont pu dire auparavant. Le mieux est de jouer leur jeu le temps qu’ils le sortent du véritable pandémonium dans lequel ils se sont enfoncés. Vohl n’a plus aucune envie de palier à leur manque de logique et de respect de quelque façon que ce soit. Leurs envies conditionnent si fortement leur jugement et leurs prétendues valeurs hiératiques qu’il n’y a aucun espoir qu’ils puissent changer de mentalité – maudits soient les vieux viédases viciés via la vie vécue qui vissa leurs vertus à des réflexions venteuses – même s’il avait devant lui la vie d’un elfe pour sa parénèse. Ces parangons de stupidité l’ont poussé à douter de tout, mais ce pyrrhonisme n’était dû qu’au fait d’être confronté à des mentalités opposées à la sienne. Un garzok voulant prétendument aider Oranan. Un homme qui aurait tout donné à cette ville. Ce ne sont que les facettes les plus glorieuses des yus qui sont en réalités tournés que de l’autre côté de la pièce. Un garzok qui a tout perdu sauf sa vie, et qui ne souhaite désormais que la sauver. Un vieil homme qui a sacrifié sa famille, le plus abject des vices enfoui en lui, et désormais prend la fuite car plus personne ne peut se dresser entre lui et la justice du pays.

- L’honneur est une belle chose, une belle fable que l’on conte dans vos livres. Mais la réalité est toute autre. L’honneur et le sacrifice vont rarement de pair, pas pour les choses qui comptent, dit-il, garzok qui avait trahit les siens pour sauver ceux qu'il pouvait.

(Garde tes justifications douteuses pour l’homme qui veut croire en elles. Je ne le veux pas. Tu perds du temps précieux.)

- Partons avant que d’autres ne reviennent, je sais où ils ont rangé nos armes.
« Allons-y. Rien ne sert de s’éterniser ici. Ce qui est fait est fait. Autant en profiter.»

Le garzok ouvre une porte qui donne sur une réserve d’arme, ou chacun d’eux récupère ce qui lui appartient. Vohl fait de même en prenant ce dont il peut se servir. Ces armes-ci sont remplaçables et il en fera probablement un usage plus décisif que les futurs gardes de la prison. Placé entre le Garzok et Thôko, Vohl voit le vieillard égoïste et prétentieux s’adresser à Whrall. Suffisamment bas pour que le voleur ne puisse pas tout comprendre à ce qui est dit, mais trop fort pour que tout lui échappe parfaitement. Et ce qu’il entend confirme ses craintes : comme tout individu rendu fou par sa soif de pouvoir, il est évident qu’il veut supprimer tous ceux qui s’opposent à sa vision biaisée du monde. La déchéance du vieillard le pousse sans doute dans une paranoïa démentielle.

"Je ne peux plus le souffrir ce jeune homme... Et lui non plus. S'il nous suit encore, il essaiera d'en finir avec moi en comprenant qui il vient de libérer. Rawf protégera ma fille, alors toi, ne reste pas loin. Tâche [size=1] de rester en vie. J'ai besoin de toi pour ma nouvelle seigneurie."

(Au moins me voilà prévenu...à moi de savoir regarder, analyser, anticiper afin de pouvoir réagir au mieux lorsque ce pauvre homme finira par mettre son plan, quel qu'il soit, à exécution. Un homme averti en vaut deux, dit-on. Mais ce ne sera pas suffisant, s'il arrive à convaincre Whrall de commettre un nouveau meurtre. Ce qui ne devrait pas ralentir son ardeur...loin de là, je suppose. Je vais devoir valoir au moins 3 hommes.)

Pour l'élève qui a été souvent été déçu de ne pas pouvoir relever de challenge, le destin semple avoir décidé de rattraper le temps perdu. En cours accélérés.

(Avec l'aide de Rana...)

Un murmure atteint son oreille.

«possiblejeinutilesdeaitquilplusferaimortspournymon»


Meurtres Froids

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"Enchanté: Vohl Del'Yant, Humain d'Ynorie, Voleur...Pour me servir!"


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 Sujet du message: Re: La prison
MessagePosté: Mar 2 Aoû 2016 21:52 
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Inscription: Mar 26 Juil 2016 20:18
Messages: 158
Localisation: Oranan - bibliotheque.
4-Réveil mouvementé

La traversée de la forêt a été longue. J’ai mainte fois chuté et fais tomber la femme que je portais au sol. Suivant l’unique indication qu’elle m’avait donnée, j’ai pu enfin sortir de la forêt avec la ville d’Oranan au loin. Il a fallu encore marcher avant de rencontrer de rares paysans qui fuyaient en m’apercevant. Ils ont probablement appelé la garde puisqu’un groupe de cavaliers, similaire à ceux qui ont attaqué le raide provenant d’Omyre, est venu à ma rencontre. Rapidement encerclé, les lances se sont pointées dans ma direction. Ce n’est que lorsque j’ai déposé la semi-elfe au sol, dévoilant sa nature, que j’ai senti un trouble en eux. Il faut dire qu’un Shaakt avec une femme qui ensanglantée sur le dos, ne laisse pas beaucoup de possibilités à envisager, mais lorsque celui-ci se dirige vers une place forte qui lui est dangereuse, c’est une autre affaire. Fortement escorté, j’ai fini dans la prison de la ville tandis que la semi-elfe a, je l’espère, été porté vers un guérisseur. Finalement j’attends encore mon sort en cellule, mais pour une fois je me sens mieux. La torture est un art chez les Shaakts et je n’attends pas à mieux chez les hommes. Pour le moment je me tords de douleur car la marque vient de réagir à nouveau. Je m’apprête de nouveau à pleurer sur mon sort quand il arrive enfin : celui qui sert les repas aux prisonniers et plusieurs fois par jour il paraît.

_________________

Italique : langue Shaakt
Normal : langue commune

Multi de : Jorus Kayne et Relonor


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