L'Univers de Yuimen


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 Sujet du message: Re: Le cimetière
MessagePosté: Mer 23 Mar 2011 22:23 
Depheline avait vécu un moment d’éternité insoutenable, perdue dans de ténébreux abysses dont elle avait eu l’impression de ne jamais plus pouvoir s’extraire. La douleur s’était emparée d’elle et son esprit n’avait été que désespoir et malheur. Qu’était donc cette puissante magie ? La conscience du réel venait de lui revenir, brutalement, et elle se retrouva à nouveau plongée au cœur d’un combat qui touchait déjà à sa fin.

C’était à se demander ce qui avait finalement été le mieux pour elle : la bulle d’ombre qui l’avait emprisonnée et faite souffrir, ou l’horreur de la bataille qui avait blessé ses compagnons courageux ? Elle n’aurait su trancher, mais une chose était sûre, il lui fallait retrouver elle aussi la motivation de vivre et d’annihiler tous ceux qui voulaient se dresser au travers de son chemin.

Cherchant du regard un nouvel adversaire à incendier de sa magie redoutable après avoir confié à Shôni la dernière dose de potion de soin qui allait la soulager quelque peu, Depheline se figea. Son cœur battait à tout rompre et la peur avait surgi brusquement, alors qu’une voix d’outre-tombe retenti dans la salle faiblement éclairée. Ils semblaient toucher enfin à leur but, mais lorsque la jeune mage posa son regard sur ses acolytes, cherchant soutien et réconfort dans leur regard qui n’affichaient pourtant que surprise et horreur, elle comprit qu’elle était seule avec elle-même.

Le nain avait eu la témérité de s’opposer aux propos provocateurs du nécromancien, mais l’humaine savait pertinemment l’issue de ce joug verbal. Elle n’était là que pour donner un peu de temps afin que chacun puisse faire venir à lui ses forces, mais nul n’était capable de prévoir quand cette petite mascarade allait prendre fin et il fallait donc se préparer à réagir au plus vite.

Soudain, Depheline vit deux flammes tournoyantes trouver naissance dans les mains décharnées de celui qu’ils étaient venus anéantir ici. Il était trop tard pour faire quelque chose et la seule idée qui vint à l’esprit de la jeune femme fut de renchérir, amenant à son tour sa magie à générer une boule de feu bien cachée dans son dos, alors qu’elle se précipitait derrière un tombeau à un mètre d’elle. Le sortilège fut alors précipité vers sa cible mais un bouclier sombre intercepta une partie de la puissance de la boule. Si les dégâts ne furent pas aussi forts que ceux escomptés, au moins, son attaque eut le mérite de capter son attention pour que d’autres puissent prendre le relais…


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 Sujet du message: Re: Le cimetière
MessagePosté: Mer 30 Mar 2011 21:53 
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L'homme sombre qui se tient devant nous est d'une pâleur presque phosphorescente et l'aura de magie noire qui l'entoure ne semble pas être une simple impression. Ses sorts on déjà frapper le nain de pleins fouet, l'envoyant ad pâtre dans le mur. C'est dans ce genre de moment qu'on peut évaluer la puissance d'un homme au premier regard, quand un seul de ses mouvements peut expédier un solide guerrier dans les brumes de l'inconscience. Je sue de nervosité et de peur, et l'idée de quitter la pièce en courant vient me taquiner l'esprit lorsque je vois la boule de feu de Depheline être à moitié absorber par un puissant bouclier ténébreux.

La seule chance de lui faire le moindre mal reste les attaques physiques directes , et à contrario de ses sbires mort-vivants, son corps est régi par les lois de la biologie qui concerne tout Humanoïde: « plus de sang pour le cœur, pan! Tu meurs. » pensé-je. Cette réflexion se déroule en un laps de temps très court, mais le nécromancien recommence à psalmodier et le sang se mélange d'un coup à l'adrénaline, mes jambes flagellent et je me sens d'un coup prêt à courir aussi vite qu'un lièvre. Mais la prochaine cible du mage noir semble être Depheline et par un processus encore inexpliqué à ce jour, je convertis naturellement l'adrénaline pour m'enfuir, en énergie pour combattre. Chez les Guerrier c'est une véritable panacée, pour les voleurs c'est le comble de la bêtise.

Je regarde alentour et je vois le jeune mage, Sforgia, qui semble hésiter à se lancer lui aussi. « Mais...qu'est ce que c'est que cette corde accrochée au mur à côté de lui? » remarqué-je succinctement, et d'un rapide regard je suis cette dernière jusqu'au lustre suspendu entre le Nécromancien et notre groupe. Une idée farfelue me vient et sans vraiment réfléchir, mordue par le temps qui se raccourcit en même temps que l'incantation du Mage sombre, je cours dans la direction de Sforgia.

« Je vais te surprendre mon vieux tu vas en tomber sur les os et plus jamais te relever! », j'appuie un pied d'appel sur le pan du mur et me hisse d'un bond appuyé, main tendue pour attraper la corde.
Ma main se referme sur la corde épaisse et avec la rage d'un forcené je cisaille la corde de mes griffes libres.

Tout se passe très vite à ce moment-là. Le craquement sec d'une corde qui lâche, le sifflement du vent à mes oreilles alors que le poids du Lustre en fer m'envoie à toute vitesse en l'air, la légèrement interruption de l'incantation, je lâche la corde.

Ombre menaçante voltigeant comme un oiseau de proie, chat sauvage bondissant toute griffe dehors sur un rat noir , je vise approximativement le mage ténébreux , griffes en avant, poussant un hurlement de rage mêlée de stupéfaction de me retrouver là-haut.

Le mage tente de diriger sur moi son sort incomplet, mais c'est trop tard, mes griffes et mon corps percent son bouclier d'ombre dans un flash aveuglant, je sens la résistance brève d'un corps qui se perce, et je suis soudain renvoyer violemment, cul par-dessus la tête loin de ma cible.

Le choc sourd et la douleur de la chute me ramène à la dure réalité, mon visage s'écrase sur les dalles de pierre et ripper avec mon masque avant que mon corps s'étale mollement à sa suite, en roulant quelque peu sur quelques mètres. Abasourdie et grimaçant de douleur, je tourne ma tête sur le côté pour voir le nécromancien et l'impact de mon attaque.

(Il est touché !)

Il se tient le ventre, plié, l'un de mes gants à lame arraché de ma main par la puissance du bouclier magique, mais planté de travers dans son abdomen.

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    ¤ Il est trop rapide pour moi ¤ Le Dragon Noir d'Oaxaca
    ¤ Il m'a faite danser, et j'ai aimé ça ¤ Silmeria, l'anima noire


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     Sujet du message: Re: Le cimetière
    MessagePosté: Lun 4 Avr 2011 19:33 
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    Le cimetière. Chapitre 4 : Le diable s'invite, Verset I

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    Verset II



    Tout est allé très vite, trop vite.
    Il n'avait eu le temps d'échanger, que Erebor se retrouvait déjà au sol.
    Inconscient, il sombrait dans les tréfonds du monde, au plus profond de Dahràm, où il croisa la mort à plusieurs reprises. Devant lui, il n'y avait rien, si ce n'est les ténèbres obscures, et les rire avides des Dieux avides et perfides. Derrière lui le néant, à sa gauche le néant, et à sa droite le néant. Où aller ? Il n'avait ni compas ni boussole pour s'orienter et pas même l'Orient ne se montrer pour l'aider à sortir de sa torpeur.
    Il n'y avait plus de Nord, de Sud, d'Est et d'Ouest. Où était-il ? Personne n'en a la réponse, même Erebor lui-même.

    - Construire le courage lorsqu'il vient à manquer, dit une voix lontaine.

    Une voix féminine ? Ou masculine ? Impossible de savoir.
    Elle semblait chuchoter loin, très loin, mais assez audiblement pour qu'Erebor en comprenne chacun des mots.

    - Retrouver la foi lorsqu'il n'y a plus de raison de croire, dit à nouveau la voix.

    Que voulait-elle pour parler ainsi ? Elle était plus rassurante que menaçante mais Erebor n'en avait pas confiance. Du moins pas pour l'instant.
    Un chemin à gauche ... une route à emprunter ... mais comment est-elle apparu là ?
    L'emprunter ? Ou poursuivre se descente macabre sans but ?

    - Créer l'espoir lorsque tout semble perdu, fit la voix plus audiblement que les fois précédentes.

    Tourne à gauche ... poursuit ... mais qu'est-ce au loin ? Une silhouette, une ombre, une brume tranquille ? Qu'était-ce ? Elle disparut, glissant sur la gauche.
    Faut-il la suivre ?
    Erebor emprunta le sillon tracé par cette brume, mais elle avait disparu et ne laissait aucune trace de son passage.
    Aussi brusquement que la vie pouvait basculer jusqu'à la mort, il y avait maintenant 4 parois solides qui entouraient Erebor, un sol chaud, et un buffet était dressé à son attention. D'ours et de bière, Erebor pouvait se nourrir, mais lorsqu'il tenta de prendre d'une main une cuisse ou un chope, celle-ci s'évapora en laissant une poussière d'or flotter devant ses yeux avides.

    - L'avenir appartient à ceux qui croient en la beauté de leurs rèves, dit la voix dans le dos d'Erebor.

    Brusquement se retourna-t-il, et aperçu qu'il n'y avait plus rien. Le néant à nouveau.
    Les murs tremblaient, les mets s'éloignaient et disparaissaient, le sol s'effondra, et Erebor se retrouva encore une fois au milieu de rien. Ou presque. Il y avait quand même une faible lueur, là-bas, au loin, devant ses yeux, qui semblait lui dire d'approcher. Battant des bras et des pieds le plus rapidement pour l'atteindre, Erebor semblait échapper à la mort, et regagner la vie. La lueur se faisait plus vive et plus large et, d'un éclat divin, Erebor se vit entourer d'un blanc que l'on ressent par tous ses sens, un blanc plus pur encore que celui des nuages ou de la neige.
    Et comme une déchirure du ciel estival nocturne mais aussi doucement que le toucher du miel, Erebor ouvrit les yeux, et dans l'instant suivant, entendit un cri de douleur aussi atroce que la créature sauvage gémissait précédemment.

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    Dernière édition par Erebor le Mar 3 Mai 2011 12:20, édité 2 fois.

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     Sujet du message: Re: Le cimetière
    MessagePosté: Mer 6 Avr 2011 11:21 
    Depheline n’avait pas pris le temps de chercher à comprendre ce que Serpent comptait faire avec ce cordage auquel il s’était suspendu. Elle n’était pas en mesure de réfléchir à la situation des autres car toutes ses pensées, sa terreur et son instinct étaient focalisés sur cet être maléfique. La déception de voir que son précédent coup n’avait pas fait mouche était grande, car elle savait ses boules de magies redoutables. Tour à tour, elle regarda Shôni, puis Sforgia, qui étaient tétanisés par la peur et n’osaient pas réagir. Ils devaient être à bout de force, vu les précédents affrontements qui avaient eu lieu dans ces catacombes.

    La jeune mage se sentait dans une terrible impasse, réalisant qu’ils n’étaient peut-être pas de taille, aussi nombreux soient-ils, à faire face au mal incarné que même les troupes d’Oaxaca ne s’étaient pas risquées à aller affronter. Les Garzoks, Depheline les détestait par-dessus tout. Ils étaient les envahisseurs, elle en avait bien conscience, pourtant, ils n’avaient rien fait pour enrayer ce mal qui détruisait la ville. C’était à eux, piteux citoyens de Dahràm, de mettre leur vie en danger pour espérer gagner quelques piécettes en y mettant fin.

    Soudain, l’impensable arriva, le plafond de la grande antichambre se mit à vrombir et en quelques instants, l’énorme lustre se décrocha pour venir s’effondrer à côté du Nécromancien dont la création d’un nouveau sort mortel avait été avorté. Serpent, emporté par la force du lustre au bout de la corde, avait jailli sur leur ennemi et ses griffes s’étaient plantées profondément dans ses chairs.

    La blessure était terrible et la souffrance se lisait sur son visage pourtant habitué à manier la douleur et la peur avec délectation. Il découvrait enfin ce que sa magie impie pouvait infliger à ses victimes et un plaisir sadique anima le corps de Depheline, en proie à une puissante euphorie qui annonçait la fin des hostilités. Bientôt, tout serait fini et elle voulait être celle qui ôterait la vie à ce fou mourant.

    « Tu vas retrouver ton cher dieu Phaïtos et j’espère que ton âme sera torturée longuement, pour tous les esprits que tu lui as empêché de récolter avec tes morts animés ! »

    Sans plus aucune crainte, voyant le Nécromancien plié en deux s’affaler au sol les mains plaquées contre son abdomen, alors même que la force lui manquait pour extraire les griffes de ses chairs, Depheline attrapa avec violence la tête de ce sombre être, alors que ses fluides de feu s’extirpaient de sa peau tendre et laiteuse pour venir former à nouveau une boule ravageuse. Sans même avoir besoin de la projeter, les cheveux du Nécromancien commencèrent à s’enflammer et la surface de son crâne fondait comme neige au soleil, avant de s’enflammer dans un terrible hurlement qu’il venait de pousser. Une onde enflammée ne tarda pas à se répandre dans son dos et lorsque les flammes magiques se calmèrent, quelques instants plus tard, son corps reposait inerte à terre.

    « Tu es poussière, et tu retourneras à la poussière ! »

    La haine qui habitait le corps de Depheline était sans pitié et le rire infernal qui émanait de sa personne était bouleversant, même pour ses compagnons qui contemplaient la scène avec soulagement. Tout était fini pour cette abomination de la nature. Les zombies ne viendraient plus hanter personne… enfin, il fallait l'ésperer.

    « Allons fouiller ce tombeau maudit, avant qu’un nouveau mal ne s’abatte sur nous ! »

    Se penchant sur le corps à demi calciné, Depheline vida le contenu des poches de ce qui restait des vêtements brûlés et se saisit de ce qu’il y avait d’intéressant à prendre, d'un air dégoûté. Se redressant alors, elle se dirigea vers le grand autel aux côtés de ses compagnons. Ils savaient tous que de belles surprises les y attendaient, mais la jeune mage ne s’y attarda pas plus longtemps, s’attendant encore et toujours à voir surgir des revenants tant elle avait été marquée par ces êtres à demi-mort mais à l’air tellement vivant encore, pourtant. La frontière entre la vie et le trépas semblait bien mince, à bien y réfléchir, et cela en donnait la nausée à Depheline.

    « Je… Je peux plus rester ici une minute de plus, j’ai besoin d’air… »

    Son teint pâle illustrait bien ses propos et ses émotions de haine et de sadisme avaient fait place à une profonde lassitude. Elle avait pris un peu d’argent et quelques autres choses et s’était approchée de Serpent, toute chancelante.

    « Tu viens Serpent, on s’en va ? »

    Jetant un coup d’œil aux autres compagnons, elle leur adressa ces quelques mots d’une voix fluette et mal assurée.

    « Nous y sommes arrivés… Bravo… Ça a été un grand plaisir que d’œuvrer à vos côtés, que vos chemins vous mènent loin, vous êtes tous des gens bien et c’est une chose rare, à Dahràm… Au revoir. »

    Elle avait du mal à marcher et sa vue se troublait tant l’angoisse de se trouver encore ici était forte. Remontant peu après les escaliers, cramponnée au mur, elle crut ne jamais parvenir à retrouver la sortie, et pourtant, aidée par ses instincts et la présence de Serpent, l’air marin de Dahràm et la lumière naturelle du dehors ne tardèrent pas à revenir…


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     Sujet du message: Re: Le cimetière
    MessagePosté: Dim 1 Mai 2011 19:48 
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    Le cimetière. Chapitre 4 : Le diable s'invite, Verset II

    Le cimetière

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    Que s’était-il passé durant son absence ?
    Il ne le saura jamais. La seule chose qu’il retiendra sera la vue du Nécromancien courbé en avant, les mains pressant sa plaie béante et mortelle.

    Erebor se releva péniblement et réajusta son petit casque fendu. Ramassant sa hache, il observa l’état de ses compagnons et constata que Serpent, dont le visage était toujours caché son masque, et Depheline, dont la chevelure flamboyait encore, souriaient d'un rire narquois. Il fit de même en s’approchant de cadavre fumant au haut des marches. Il gravit les marches tout en étudiant la profondeur de la pièce de laquelle le Nécromancien sortit. Il passa à sa gauche et cracha sur son cadavre tellement il le haïssait. Il pénétra dans la pièce qui devait être aussi son trône et sa salle du trésor. Il en oublia presque la présence de ses compagnons mais Depheline le lui rappela :

    « Allons fouiller ce tombeau maudit, avant qu’un nouveau mal ne s’abatte sur nous ! »

    La pièce était sombre et seule une petite brèche au haut du mur éclairé le centre de la pièce. Il y avait là quelques trophées de conquêtes, des bijoux en or, des armes en adamantium et autres pièces d’armure et d’autres objets de valeur. Il fouilla pour trouver ce qu’il cherchait depuis le début, depuis qu’il est entré dans le caveau.

    Rapidement, Depheline et Serpent le quittèrent, suivis de Sforgia et Shôni.

    Il fouilla dans un coin, ne trouva rien d’intéressant, passa au coin suivant, ne trouva rien de plus intéressant, passa au coin suivant, fouilla plus longuement cette fois-ci et trouva un casque en acier renforcé avec des renforts latéraux en cuir. Il souffla dessus et un nuage de poussière envahit le coin de la pièce. Il toussota rudement et reprit ses recherches. Il fouilla le dernier coin et ne trouva rien de plus que des rouleaux de parchemins sur lesquels était écrit des symboles runiques et des signes étranges jusqu’au moment où son regard fut attiré par une dalle de pierre étrange. Elle était plus propre que les autres et plus large. Poussé par quelque entité, Erebor pressa cette dalle et entendit un claquement de métal suivit d’un crissement de métal, de rouage et de poulies pendant plusieurs secondes. Erebor observait hâtivement chaque coin de la pièce, leva la tête pour s’assurer jusqu’au moment où la porte de pierre tomba lourdement bloquant l’issue et l’enfermant. Il était pris au piège.

    « Encore un secret de Minas !! », grogna-t-il avec rage.

    Il cherchait un quelque autre mécanisme au bord de la porte qui lui permettrait de s’échapper mais il n’y avait rien. Rien de notable. Rien de spéciale. Rien. Il abandonna la recherche et se retourna, s’adossa contre la paroi glaciale, les yeux fermés et la tête penché quand un détail atttira son attention. Se dressait maintenant devant lui un autel, raffiné et sculpté finement. Il était impressionant. La faible lueur qui percait le mur de pierre éclairé maintenant le sommet de l’autel. Erebor s’y approcha et, enfin, trouva ce qu’il convoitait depuis tant de temps, le pendentif de sa mère !
    Il était là, disposé soigneusement au centre de l’autel, propre et brillant.
    Erebor avait là le cœur chaud et semblait revitalisé. Il avait retrouvé sa force morale et de toute son ardeur, il épousa les courbes de l’opale qui rougoyait divinement. Il l’ota de son support et le mis dans l’une de ses sacoches qui ceinturaient sa taille.

    Dans un bruit sourd, comme le précédent, la porte s’ouvrit et laissait l’issue libre à Erebor. Rapidement, il passa la porte, enjamba le cadavre du gourou, et les cadavres décharnés vraiment morts, et gravit les escaliers avec peine. Il se retrouvait à nouveau dans le cimetière mais dans un cimetière métamorphosé. Les tombes ne paraissaient plus menaçantes, les corps qui se déplacaient étaient chaud, l’aube réchaufait la pelouse verdoyante et la brise chatoyante venant de la mer donnait vie. Il n’y avait plus rien de menaçant pour les habitants de Dahràm.

    Erebor aperçu les silhouettes de Depheline et Serpent s’éloignaient fièrement du cimetière et celles de Sforgia et Shôni se méler dans la foule qui s’était regroupée à l’entrée du cimetière pour voir qui ou ce qui a provoqué ce changement radicale d’ambiance.
    Erebor se sentait à nouveau délaissé, seul, une larme glissa le long de sa joue lorsqu’il vit ses compagnons s’en aller. Il avait lié amitié avec Serpent malgré son stoïsme, avec Depheline malgré son sexe, avec Sforgia malgré son mysticisme, et avec Shôni malgré son jeune âge. Tout cela allait-il être oublié d’ici quelques lunes ? Seul l’avenir en possède la réponse mais Erebor n’en oubliera aucun détail.

    Sans se presser, Erebor reprit le chemin des remparts, seulement située à quelques mètres de là.

    Les terres autours de Dahràm. Le début de la fin

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     Sujet du message: Re: Le cimetière
    MessagePosté: Mer 1 Juin 2011 17:04 
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    Mes souvenirs restent flous sur ce qui s'est passé dans les catacombes du cimetière. Je me souviens vaguement m'être relevé avec l'aide de Depheline, qui me suppliait de nous faire sortir de ce tombeau. Ensuite, par instinct, je me suis dirigé vers le cadavre brûlé du nécromancien, j'y ai fébrilement cherché un quelconque signe distinctif. Par Rana, je souffrais atrocement, la violente chute m'avait sans doute laisser de magnifiques hématomes et une douleur à la nuque m'avait averti d'une virulente torsion lombaire. Je me souviens avoir arraché un pendentif circulaire du coup du sorcier mort, représentant une lune noire sur un fond rouge. J'ai dédaigné le butin du nécromancien, ce qui avait touché de près ou de loin à la magie noire se devait à mon sens, de rester enterrer. Après avoir faiblement mais poliment remercier les autres compagnons, j'ai titubé jusqu'à la sortie, encouragé et soutenu par la magicienne rousse. Le trajet du retour à la lumière glabre fut éprouvant, je me souviens avoir pesé sur les épaules de ma coéquipière, puis plus rien, le noir reposant de l'inconscience.

    Je me réveille doucement, le ciel est bleu pâle, grisonnant, froid. Je frissonne car je me rends compte que ma peau est glaciale. Un vent trop frai balaye l'herbe grasse ou mon corps est étendu en croix. Petit à petit, je récupère mes sens, le bruit de charrette et de pas lourds, comme une cohorte mortuaire, résonne le long d'une route non loin. Il doit être midi, un midi orageux et austère. Quelqu'un se tient près de moi, immobile, tendu, observant ma réaction, son visage se penche un instant sur moi. Une rouquine inquiète, qui m'adresse un sourire timide. Depheline a veillé sur moi le temps de mon malaise et semble s'être rongée le sang.

    « Je...on est où? »

    Ma voix semblait libre, bien qu'empâtée, indiquant que la magicienne m'avait ôté mon masque. Elle me dit de ne pas forcer, que je m'étais évanoui d'épuisement, ce qui ne me semble pas improbable, je n'ai pas l'endurance d'un barbare. Elle poursuit et m'indique que nous somme sur une butée herbeuse surplombant le cimetière. Je me redresse sur les coudes, et constate que le bruit de circulation de charrettes et de voix d'hommes provient de la route pavée qui entre dans le cimetière. Des contingents de gardes aboient des ordres à des miséreux traînant des chariots croulant de corps. Les morts vivants sont tombés inanimés dès la mort du nécromancien et la garde a enrôlé de force la main d'œuvre nécessaire pour récupérer et entasser les cadavres dans une fosse commune.

    Nous sommes restés un moment sur la butte, avant que je ne reprenne totalement mon énergie. Puis après avoir vérifié mes affaires, j'avais apparemment pensé à récupérer ma griffe manquante, nous prenons le chemin de la ville. Nous enjambons le mur du cimetière afin d'éviter de tomber sur les gardes qui recherchent activement de « bonnes âmes » pour travailler.

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       Sujet du message: Re: Le cimetière
      MessagePosté: Dim 12 Juin 2011 20:46 
      Depheline et Serpent s’étaient effondrés contre les parois du mausolée duquel ils venaient de s’extraire. Elle n’avait plus eu la force d’avancer encore, son ami appuyé sur ses épaules lasses. Il semblait souffrir et la jeune femme était inquiète pour lui. Pourtant, aucune plaie n’était visible et cela rassura quelque peu la magicienne.

      « Viens là, reposons nous un peu, nous en avons bien besoin… Calme... »

      De ses dernières forces, elle l’avait allongé contre elle, sa tête sur son ventre, et avait retiré son masque pour lui permettre de mieux respirer. C’était la seconde fois déjà depuis leur rencontre, qu’elle révélait son visage au grand jour. Mais cette fois était différente car elle pouvait en profiter l’esprit libre, sans autre menace que celle des gardes que l’on entendait rugir au loin à chaque coin de ruelles. Mais personne ne viendrait les chercher au fin fond de ce cimetière ayant retrouvé sa paix.

      Détaillant son visage, Depheline se prit à le trouver beau, parcourant de ses doigts fins les traits marqués par la fatigue de Serpent. Elle qui avait joué la séductrice avec lui pendant un temps, elle se plaisait maintenant à jouer la carte de la douceur. Il avait besoin de calme et elle ne comptait pas le déranger pendant son repos qui n’allait être que de courte durée.

      Ses yeux fermés et sa bouche mi-close indiquaient à la magicienne qu’il avait trouvé le sommeil. Elle était bien, ainsi détendue, fermant les yeux à son tour pour ne plus penser à rien, caressant le front plein de sueur du jeune homme. Elle rêvait, comme toujours, à un avenir meilleur, un havre de tranquillité où vivre sans le besoin de risquer sa vie à chaque minute pour survivre et trouver de quoi manger.

      En parlant de cela, le ventre de Serpent commençait à se faire bruyant et peut-être était-ce cela qui le fit émerger de sa torpeur. Lorsqu’il revient à ses esprits, Depheline eut un regard bienveillant à son égard, se contentant de répondre à son interrogation d’une voix calme qui se voulait rassurante…

      « Tu es avec moi et nous sommes sains et saufs à présent. N’est-ce pas l’essentiel ? Aller, remet toi vite et on s’en va d’ici. On a des sous à récupérer à la milice locale, ne l’oublie pas… »

      Elle espérait que Serpent avait toujours la médaille du nécromancien en sa possession, afin qu’elle leur serve de preuve face aux orques de la milice d’Oaxaca. Ils avaient besoin d’argent pour survivre et la magicienne désirait aussi pouvoir s’enrichir magiquement.

      Ils se levèrent alors, Depheline la première, pour s’enfuir de ce cimetière trop silencieux à présent. Une boule s’était formée dans son ventre à l’idée de faire affaire avec les orques et elle ne pouvait pas marcher trop vite. Cela tombait bien car leur trajet jusqu’à la milice se devait d’être discret.

      -->Vers les ruelles


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       Sujet du message: Re: Le cimetière
      MessagePosté: Sam 31 Déc 2011 03:10 
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      Localisation: Dahràm
      Le soleil était bien haut dans le ciel. La clarté qu'il envoyait sur Dahràm, la ville maudite, n'avait pas sa place. Vectelion, décontracté, remonte d'un doigt ses lunettes, sur son nez acquillin. Autours de lui, des tombes. Des rangées infinies de tombes. Avec lui, cinq hommes. Parmis les cinq hommes, l'un d'eux va mourir, Vectelion le sait, puisqu'il est le responsable. La victime est agenouillée, impuissante. A ses côtés, les deux bras droits d'Ander. Ander, c'est le type, à la gauche de vectelion. Il est heureux, grâce à Vectelion, il va exécuter un des ses ennemis. Ander est, hum, un homme d'affaires. Et les affaires, on ne rigole pas avec.

      -Les affaires, on ne rigole pas avec!

      C'est la voix grasse d'Ander qui parle. Une mise à mort comme vectelion en a déja vu. Içi, au milieu du cimetière de Dahràm, en plein après-midi. Cette ville est si mauvaise... un tel acte n'aurait pas sa place à Kendra Kâr par exemple. Içi on s'en fout. Içi, on impose sa loi, ou on crève.

      C'est donc le regard vide, méprisant, sans intêret, que Vectelion, victime de Thimoros, voit son contrat se faire égorger par un des soudards d'Ander. Chaque goutte qui perle de la gorge béante du pauvre homme, eh bien c'est un yus dans la poche de Vectelion, une seconde de plus à vivre dans ce monde maudit. Ander explose d'un rire gras. Cet homme, ni grand ni petit, arbore une bedaine redondante, un fin bouc au menton. Le poil noir de jais, il affiche toujours un sourire mystérieux, un sourire dominateur. Mais pas avec Vectelion. Vectelion, c'est un peu son passe partout, son tueur sur commande, quand il est là. Grâce à lui, Ander s'est fait une place confortable à Dahràm. Les poches toujours pleines d'or, il ne se sépare jamais de ses deux hommes, une sorte de "garde personnelle". Des gorilles aux yeux de Vectelion, rien de plus. Qu'importe, Ander a déjà la patte tendue vers l'encapé, Vectelion, une bourse pleine de yus.

      -Du bon travail, 'Ctelion, du bon travail...

      Vectelion, qui d'ailleurs déteste lorsqu'Ander abrège son nom par son accent de gueux qu'il est, accepte la récompense sans un mot. Il a fait son travail, point final. Alors que sa victime se dessèche dans son sang, il empoche son petit butin.

      -Tu es occupé ces temps ci? Demanda-t-il soudainement.

      Ce ton là, l'homme en cape le connait bien. C'est celui qui quémande, celui qui minaude presque, pour demander ses services. Ander ne sollicite jamais les services de Vectelion plus de trois fois par mois. Ce mois ci, ça ferait la septième.

      -Des problèmes? Demanda-t-il.

      -Hum, eh bien pas vraiment... enfin, la vie est difficile. Tu seras payé, ajouta Ander, avec un sourire.

      Vectelion détestait ce dans quoi Thimoros l'avait plongé. Ce rôle, ou il n'était que l'ombre de lui même, sans but, sans destin. Obligé de se vendre telle une catin, pour survivre. "C'était un accident", se répétait sans cesse Vectelion. Sans succès...

      Soupirant de désespoir, il annonça:

      -Allons boire quelque chose. Inutile de rester là devant le macabé.

      Redressant un peu son chapeau, il fit volte-face, dans un claquement de son long manteau noir. Ses pas crissant sur la terre sèche, il entendit Ander derrière lui ordonner à ses hommes:

      -Jetez le corps entre deux tombes, on s'attarde pas sur de la pourriture comme lui. Même les vautours n'en voudront pas.

      "Et toi, Ander, les vautours voudront-ils de toi?" Pensa Vectelion. Cet homme avait l'âme aussi moisie que le coeur. Enfin, grâce à lui, Vectelion ne passait pas ses journées à mendier. Du moins, pas encore...

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