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 Sujet du message: Re: Les Bois Sombres
MessagePosté: Lun 26 Aoû 2013 04:05 
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Ezak tira un peu sur les rennes de Katsuyo pour qu’il ralentisse. Manoeuvrer ici devenait nettement plus compliqué. Le sol était presque marécageux et dégageait cette odeur désagréable de feuilles et de bois pourris. La végétation ici n’avait rien de luxuriante, elle était même morte pour ainsi dire. Les arbres sans feuillages tendaient leurs branches comme pour toucher la peau du maitre d’armes. Tordus, bossus, cassés, ils offraient un spectacles lugubre et loin d’être rassurant pour un aventurier novice. Le silence qui régnait ici était la preuve que le règne animal n’avait pas sa place en ses lieux. Tout n’était que mort et désolation. Avançant précautionneusement, Ezak se rappela de la première fois ou il avait débarquer ici. Cela faisait combien de temps ? Quelques mois ? Un an ? Il avait du mal à s’en rappeler. Tant de choses avaient changés depuis.

Longinus, Idehel et Morrigane, il se rappelait d’eux. Tous les trois l’avaient marqué. C’était avec eux qu’Ezak avait entreprit son premier voyage vers Omyre. A l'époque, ils cherchaient à rencontrés Oaxaca. Pourquoi ? Jusqu’à ce jour, cela était resté un grand mystère pour le maître d’armes. Avec du recule, il se disait que ceux la n’avaient pas toutes leurs têtes. Cette entreprise fut vite écourté, dans ces mêmes bois qu’il foulait aujourd’hui. Il croyait Longinus mort et Idehel lui avait ordonné de partir sous pretexte qu’il était trop jeune et pas encore prêt pour affronter la reine noire. Le D’Arkasse ne put s'empêcher de sourire en repensant à tout ça. Aujourd’hui il travaillait pour cette même Oaxaca et avait passé de la plus belle des manières le test des Treize. Son esprit devait être encore plus tourmentés que le leur aujourd’hui. Oui, les temps avaient bien changés.

Du noble exilé et naïf il était passé à... A quoi au juste ? Héros ? Traitre ? Grand guerrier ? Il avait prouvé son talent depuis, mais il lui restait tant à faire, tant à construire mais aussi tant à détruire. Ces aventures avaient finit par forgé un homme, bien loin de tout ce qu’il était. Oui, il avait changé. Plus mature, plus doué, plus ambitieux mais aussi plus instable. Tel était la malédiction de l’humain : être esclave de ses passions et de son ambition dévorante. Ne disait-on pas que les hommes se gouvernent plus par caprice que par raison ?

C’est dans le silence de ses réflexion qu’Ezak continua sa route, bien que ses membres commençaient à souffrir de cette longue chevauchée. Il ne céda à cet ennemi que l'on nomme fatigue, que lorsque la nuit commençait à se faire sentir. Bien sûr, avec sa mauvaise fortune, il n’était pas le meilleur en ce qui concernait la survie et il était incapable de trouver un abri décent dans ce lieu. C’est pourquoi il se contenta de trouver un sol sec, près d’une énorme souche pourris. Ce n’était pas du luxe, certes, mais pour cette nuit il était sûr que cela ferait largement l’affaire. Après tout, il avait en tête des préoccupations bien loin de son confort personnel.

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"L'objet de la guerre n'est pas de mourir pour son pays, mais de faire en sorte que le salaud d'en face meure pour le sien."

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 Sujet du message: Re: Les Bois Sombres
MessagePosté: Lun 26 Aoû 2013 09:01 
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Ezak se réveilla aux aurores, et le moins que l’on pouvait dire c’est que ce n’était pas le plus agréable des réveils. Nul chant d’oiseau, nul brise matinal, mais le silence morbide des bois. Le temps pressait et il n’avait pas le loisir de trainer. En fait, même si il avait eu le choix, il ne l’aurait pas fait. Il voulait quitter cet endroit au plus vite. Il n’en pouvait plus de l’air nauséabond Omyrien.
Bien entendu, il prit le temps de se restaurer quelque peu avant de remonter Katsuro. Il lui restait quelques réserves de pain. Il était devenu rassit, mais après une semaine passé à Omyre, on apprenait à ne plus se plaindre. Cela ne servait à rien dans ces contrées.

Les premières heures se firent aussi tranquillement que la veille. Si bien que l’humain s’évada quelque peu, son esprit vagabondant sur quelques futilités. Mais alors qu’il était perdu dans les tréfonds de sa pensée parasite, un spectacle étrange se dévoila à sa vue. En effet, devant lui, à l’entrée d’une énième clairière un humain et un loup comme on en voit à Omyre semblaient aux prises avec un groupe de Garzok et de Gobelins. L’humanoïde se défendait plutôt bien mais il allait bientôt finir par se faire déborder. La surprise passé, le maitre d’armes ne perdit pas de temps à réagir. Il n’était pas le plus altruiste des hommes mais il ne pouvait laisser un humain se faire massacrer par des peaux vertes sous ses yeux. C’était une belle occasion, lui qui voulait tant massacrer des Omyriens depuis quelques jours. Il la saisit sans réfléchir et tout en dégainant Mongoor, il lança Katsuro au galop. Le destrier ne faiblit pas une seconde et chargea de toute sa puissance vers le groupe ennemi. Trop occupé à tenter de lynché leur victime, ces sous races ne virent pas arrivé le cavalier qui brisa de façon violente l'attroupement qui s’était crée. Un Segteks ploya sous les sabots du cheval sombre, qui le piétina sauvagement, tandis qu’un autre ne pût qu’à peine apercevoir le fil du sabre qui lui fendit le crâne. Ezak aperçut aperçut deux individus en retrait alors qu’il fit Katsuro entamer un volte face pour charger à nouveau. Mais il n’eut pas le temps de les détailler plus qu’il était déjà repartit à l’assaut. Mais tout ne fut pas aussi facile cette fois, car un imposant Garzok qui s’était bien vite ressaisit, tendit sa lance face au cavalier. Le cheval en animal intelligent mais manquant de confiance en son cavalier, comprit ce qu’il risquait de lui arriver et stoppa brutalement, éjectant Ezak de sa selle.

L’humain tomba douloureusement sur le sol et roula sur lui même avant de se relever rapidement quelque peu sonné par le choc. Il eut à peine le temps de récupérer Mongoor tombé non loin, que déjà plusieurs ennemis se jetaient sur lui. D’un mouvement rapide et précis, Ezak écarta la lame d’un Garzok d’un coup d’un sabre puissant alors qu’il libéra l’épée de Faerunne de sa prison de cuir. La peau verte ne s’avoua pas vaincu pour autant et tenta d'abattre son épée sur le crâne de l’humain. Souple sur ses appuies le maitre d’armes exerça un bond de côté avant de planter l'épée dans la cuisse de l'ennemi qui poussa un cri de douleur rauque. Si bien qu’il ne vit pas le sabre qui alla transpercer son larynx, étouffant son cri dans un gargouillement sanglant. Le sergent ne perdit pas de temps et s’extirpa vite de son ennemi pour trancher la tête d’un Sektegs qui avait cru en une trop belle occasion. Mais il ne put éviter le coup de massue puissant qui vint le cueillir dans l’abdomen. Le souffle à moitié coupé, l’humain put à peine éviter le deuxième coup qui se voulait fatale.

En infériorité, le combat promettait d’être plus ardu que prévu. Il espérait que l'autre humain n'avait pas pris la poudre d'escampette.

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 Sujet du message: Re: Les Bois Sombres
MessagePosté: Lun 26 Aoû 2013 11:14 
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Comme en réponse à sa prière, il crut percevoir un galop. Au début, il n'y prêta pas attention, se focalisant sur le combat, mais bientôt, le groupe des assaillants sembla littéralement voler en éclats.
Pouvant enfin prendre le temps de respirer et de regarder autour de lui, Azra chercha son sauveur des yeux.
C'était un chevalier blond qui semait la confusion dans leurs rangs. Bientôt, cependant, un assaillant le jeta à terre mais, maîtrisant à la perfection ses deux épées, il triompha quand même.
Maintenant qu'il avait un peu de champs, il se glissa vers le chevalier, sans se soucier de son masque en forme de crâne qu'il avait rabattu et qui ne lui donnait pas l'air des plus sympathique. Il bousculait ses adversaires et fracassa le crâne d'un gobelin qui était monté sur le dos d'un garzok pour combattre le chevalier à hauteur. Ces créatures étaient vraiment bizarres... Le garzok se retourna et porta un coup de gourdin. Azra le dévia de son poing de fer et enchaîna sur une superbe contre-attaque fatale, mais comme son poing gauche était monopolisé par le bâton, il recula la tête et envoya son visage casqué de toutes ses forces dans la figure de son ennemi. Le coup, maladroit, percuta l'épaule plutôt que le nez.

(Par Phaïtos, j'ai juré de te casser les dents à coup de tête et je le ferais !) gronda intérieurement le nécromancien.

Il saisit le garzok un peu secoué par les épaules et s'efforça de se rappeler des techniques de bagarre de son enfance... oui, ces choses qu'il ne maîtrisait absolument pas et qu'il se faisait martyriser par toutes les petites brutes du village... Ramenant ses mains en un étau sur le crâne de son ennemi pour l'immobiliser, il siffla :

« Je n'ai pas de temps à perdre avec toi, minable ! »


Et, s'imaginant qu'il avait affaire à un des sales gosses du temps de son enfance, qui semblait infiniment lointain mais datait en réalité d'à peine plus d'un an, il envoya sa tête dans le visage du garzok qui, déjà laid de base, ne s'en trouva que plus affreux.
Il lâcha le corps inerte et tituba, un peu sonné. Puis, il continua à progresser vers le chevalier tandis que le mage et le guerrier d'argent, dépassés, encourageaient leurs hommes, hésitant encore à venir se battre en personne.

Profitant de la désorganisation de ses ennemis, Azra cria à son sauveur :

« Essayez de les occuper ! J'ai besoin d'un peu de temps pour équilibrer les forces ! »

(((tentative d'apprentissage de la CC SA 'coup de tête')))

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 Sujet du message: Re: Les Bois Sombres
MessagePosté: Lun 26 Aoû 2013 21:57 
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Ezak pointa ses lames dans une défense à deux armes typiquement Ynorienne. Une véritable guerre psychologique s’était entamé entre lui et ses adversaires. Ils étaient supérieurs en nombre, mais nul doute ne se faisait quand à leurs qualités. C’était de la simple piétaille, incapable de rivaliser avec lui en un contre un. Ils hésitaient maintenant à approcher, déclenchant par la même occasion l’énervement des deux individus en retrait qui se mirent à les encourager. Ezak se permit de les observer un peu plus longuement, l’un d’eux était un Garzok dans une robe noir plutôt sinistre. L’autre, lui, était difficilement visible sous son imposante armure mais on devinait une certaine grâce elfique dans sa posture. Il frappait sa lame sur son bouclier et un mot revenait régulièrement dans sa bouche.

«Brytha ?»

Le maitre d’arme ne se permit pas plus de se laisser déconcentrer alors que l’autre humain s’était débarrasser de quelques ennemis pour venir à lui. Ezak lui jeta un rapide coup d’oeil en coin. Il était plutôt maigre, sous sa tunique noire et, sous son heaume osseux, il dégageait une froideur morbide. L’Ynorien écouta sa requête et sans le moindre mot, il lança l’assaut. Le Garzok à la lance grogna et tenta de l’embrocher. D’un geste rageur, il brisa littéralement la lance qui était fort mal entretenu et alla planter l’autre arme dans l’abdomen de la peau verte qui s’écroula dans un cri rauque. Tel une tornade, le maître d’armes ne s'arrêta pas et alla acculer un nouvel orc, qui tentait à l’aide de son bouclier de résister à ses attaques précises mais, il ne résista pas bien longtemps à l’humain qui, faisant preuve d’un acharnement rare, finit par le transpercer de part en part.

Ezak D’Arkasse était déchainé, son talent se retrouvait sublimé par toute la haine qu’il vouait aux créatures d’Oaxaca. Il voulait leur faire mal, qu’ils voient en lui leur fléau. Un des Segteks commença à reculer, tremblant, et regardant autour de lui de manière frénétique. Quelque chose semblait le paniqué.

«C’est... c’est... c’est un officier !»

Ezak serra les dents quand ces mots parvinrent à son oreille. A cet instant, éloigné d’Omyre, se titre lui semblait insupportable. Sa haine redoubla d’intensité et il voulut continuer ses assauts quand une sensation étrange au niveau des jambes le stoppa. Regardant à ses pieds, il aperçut des ombres difformes qui lui grimpait dessus. Il avait déjà vu ça, nul doute c’était de la magie noire. Il était rester trop longtemps immobile, et l’ennemi en avait profité. Il ne pouvait déjà plus bouger ses jambes alors que les ombres continuaient leurs chemins. De rage, il poussa un juron. Il était pris au piège.

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Dernière édition par Ezak le Sam 7 Sep 2013 05:33, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Bois Sombres
MessagePosté: Mar 27 Aoû 2013 10:26 
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Le guerrier avait dû entendre car il attaqua avec encore plus de fureur. Dans son armure sombre, avec un plastron d'un violet-noir étrange, il semblait un messager de Thimoros lui-même. Mais Azra ne perdit pas de temps à le détailler. Il entendit tout de même un curieux commentaire, comme quoi il s'agirait d'un officier. Un officier de l'armée oaxacienne ? Il y ressemblait en effet... Si c'était le cas, il faisait peut-être partie des autres envoyés en mission à Oranan. En tout cas, la troupe d'ennemis hésitait et cela lui donnait le temps de réveiller sa magie.
Il leva bien haut son bâton et en frappa violemment le sol. Aussitôt, les ombres se répandirent, insidieuses, se glissant dans le sol, s'assemblant en de noires volutes. Rendrak se matérialisa en premier.

« Comment tu as fait encore pour te fourrer dans les ennuis comme ça ? »

Puis, Ce fut au tour de Rendrak2.

« Une fois de plus, je retrouve ce pathétique semblant d’existence temporaire... Je me pendrais bien, mais je n'ai même pas de gorge à étrangler... »

Les deux liykors partirent à l'assaut tandis qu'Azra se préparait à invoquer encore plus de serviteurs. Mais il remarqua alors que son allié providentiel semblait en difficulté, comme emprisonné par des filaments de ténèbres. Il avait de plus en plus de mal à se déplacer. Du coup, les garzoks et les sektegs repartirent à l'attaque de plus bel et le jeune homme vit un colosse armé d'une masse clouté s'approcher en levant son arme, écumant de rage.

(Oh non ! Pas déjà !)

Il était en pleine invocation et ne pouvait rien faire pour se défendre.
Il n'en eut pas besoin : le crochet de l'un des Rendraks se planta dans le crâne de l'assaillant qui se trouva soulevé de terre et se mit à voltiger en suivant les mouvements de l'arme, fauchant ses propres alliés.
Azra put terminer son invocation et deux puissants guerriers squelettes se matérialisèrent, brandissant leurs épées rouillées.

Aussitôt, le combat se transforma en boucherie. Les morts-vivants taillaient leurs ennemis paniqués en pièce. Plusieurs se mirent à implorer le pardon de Phaïtos, ce qui attira un sourire aux lèvres d'Azra. Il clama :

« Mourrez en paix si vous vous repentez sincèrement ! Phaïtos vous jugera équitablement ! »


(Hé ! Tu commences à prendre le coup ! s'amusa Arek. Je vais peut-être réussir à faire de toi un vrai lord nécromant...)

(Merci, mais j'ai encore du travail...)


Jetant son encombrant bâton à terre et précipitant à travers les rangs désorganisés de ses ennemis. Azra se jeta sur le mage noir. Ce dernier portait une robe avec un corbeau brodé au fil d'or et une cape fermée avec un fermoir également en or et en forme de dragon, sans doute une référence au légendaire dragon noir de Phaïtos, maintenant serviteur d'Oaxaca à ce qu'on disait.
De toute évidence il devait s'agir d'un prêtre de Phaïtos qui connaissait ce lieu, mais avait décidé de rallier cette déesse Brytha en commettant un sacrilège contre l'autel qu'il avait sans doute lui-même utilisé par le passé.
Pris d'une rage froide, Azra se jeta sur lui et le garzok recula en levant les mains, comme impuissant. Le sortilège qui clouait le chevalier en place devait mobiliser tous ses fluides.
Le nécromancien le percuta de plein fouet et l'envoya par terre.

« Traître ! Tu as trahi ton dieu ! »

Il se pencha et le saisit à la gorge.

« Je me fiche de ton allégeance. Mais quand on s'engage à être prêtre, on ne tourne pas le dos à son maître pour la première déesse arriviste qui passe ! »

Il allait l'achever d'un coup de poing vengeur quand des bras incroyablement puissants le saisirent et le rejetèrent en arrière. Il percuta le sol si violemment qu'il en fut étourdi. Il vit alors le guerrier sindel se dresser au-dessus de lui.

« Brytha est la seule vrai déesse... Tu prétends pouvoir t'opposer à sa volonté ? Te tuer scellera mon accession au rang de chevalier-miroir. »

Il avait le visage halluciné d'une bête traquée. Il avait déjà dû être fanatique avant, mais l'angoisse oppressante du bois obscure avait fini de la faire basculer dans la démence.
Azra se releva et évita de justesse un coup d'épée. Il tenta de s'approcher mais se heurta au bouclier et recula de nouveau devant l'épée. Cet elfe était peut-être fou, mais il était toujours un combattant redoutable. Du coin de l’œil, le jeune homme vit le prêtre qui se préparait à un nouveau sortilège. Il fallait en finir vite !
Il se précipita et tenta de rejeter le bouclier de côté. Sans succès. Il eut l'impression de percuter une muraille de fer, puis, l'épée mordit son bras gauche et il recula avec un cri de douleur.
La blessure n'était pas très profonde mais tout de même handicapante.
Le prêtre noir leva un main en ricanant pour lancer son sortilège...

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 Sujet du message: Re: Les Bois Sombres
MessagePosté: Mar 27 Aoû 2013 23:41 
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L’Orano-Kendran se défendait tant bien que mal avec ses jambes entravées par le sortilège sombre. Il était contraint de rester sur place, mais dans sa rage de vaincre, ses lames fendaient toujours l’air, éloignant les assauts répétés de ses ennemis qui s’étaient remis en action. Si il avait été d’humeur poétique, il aurait dit qu’elles chantaient, mais il n’y avait nulle place pour la beauté des mots ici. C’était un combat intense, ou deux êtres résistaient de manière héroïque.

Bientôt, le maître d’armes ralentit le rythme de ses défenses et une lance vint ricocher sur l’armure d’écailles. Il n’y avait pas de quoi la transpercer, tant les armes des ennemis étaient de piètres qualités, mais cela fut quand même extrêmement douloureux. Pour la première fois depuis le début de cette bataille Ezak commençait à faiblir. Ce n’était pas la fatigue. Cet homme était doué d’une endurance phénoménale, comme il l’avait prouvé devant les Treize. C’était le sort obscur qui, peu à peu, prenait plus d’emprise sur son corps. A chacun de ses mouvements, les ombres se serraient sur ses muscles provoquant une douleur de plus en plus intense. C’était difficile à décrire, mais c'était comme si de fines aiguilles pénétraient ça chair.

En opportuniste qu’ils étaient, deux Sektegs s’approchèrent pour donner le coup fatal à l’humain, mais voila que deux êtres décharnés apparurent de nulle part pour les déchiquetés avec une barbarie rare. Ezak observa les observa, surpris mais content d’avoir un peu de renfort. Leurs os noirs et propres ne laissaient pas le moindre doute quand à l'appartenance de cette race à ceux de ces lupins que l’on nomme Lykior. L’impression qu’il avait eu en observant l’humain à la tunique noir s’était avéré exact. C’était lui qui les avaient invoqués. Il faisait parti de ces hommes capable de donner vie aux morts. Tout comme Idehel, tout comme feu Mongoor Vlash.

Le sort se faisant bien trop douloureux, le maitre d’armes arrêta de lutter pour accorder un peu de répit à ses muscles. Il n’était plus le centre des attentions. D’autant plus que deux autres squelettes, humanoïdes cette fois, apparurent pour semer la zizanie parmi la horde Omyrienne. Complètement spectateur, le maitre d’arme attendit que la situation s’arrange alors que les ombre l’enveloppant semblaient lui lécher la peau. Ses muscles commencèrent à trembler d’adrénaline. Comme a chaque fois qu’il se lançait dans un combat, ses yeux s’animaient de cette envie meurtrière. Il avait envie de se jeter dans la bataille, il n’avait pas encore fait assez de victimes. La mort et la souffrance devaient se faire porte-paroles de sa voix.

C’est alors que le nécromant s’élança sur le mage noir, coupable de l’emprise du maitre et le fit choir sur le sol. Comme de concert, les ombres se retirèrent dans un cri stridant sortit d’outre tombe. Ezak n’attendit pas et, encore frissonnant de dégout, il se lança dans la fosse aux côtés de ses alliés tout droit sortit de tombes. Avec rage, il concentra cette énergie que l’on appel Ki pour couper les deux bras d’un Garzok qui s’écroula sur le sol en maudissant les dieux.

Le maitre d’armes dont les yeux brillaient d’une rage trop longtemps contenu, tourna son regard vers son allié et l’aperçu en grande difficulté. Aux prises avec le chevalier, il allait bientôt se retrouver dans une situation encore plus délicate. En effet, de sa main tendue le Garzok se préparait à mystifier son adversaire. Ils étaient loin, et à moins d’être un archer, personne n’aurait pu lui venir en aide. Mais c’était sans connaître le D’Arkasse qui avait plus d’un tour dans son sac. Grâce aux pouvoirs de ses bottes, il s’élança avec la vitesse d’un cheval de course et planta ses deux lames dans la corps de son adversaire. Le Garzok, surprit ne put qu’accuser le coup, le visage figée dans une expression de douleur intense.

Ezak osa penser que s’en était finit mais il se trompa. Le mage n’avait pas dit son dernier mot et posant sa main contre le torse de son assaillant, il lui envoya un sort qui le fit décoller de terre dans une brume épaisse et noire. Les poumons en feu, le sergent retomba sur le sol en grognant de douleur. Tout en se relevant, il jeta un regard noir au mage qui souffrait lui aussi le martyr. Malgré cette souffrance, il souriait. Nul doute, à cet instant, il était heureux.

«Brytha me donne la force de survivre ! Tu n’as aucune chance ! Implore son pardon et rejette les dieux auquel tu crois, humain.»


Encore cette Brytha... D’ou sortait cette divinité ? Cette folle venait assurément de se faire un nouvel ennemi.

«Je rejette tous les dieux quel qu’ils soient, alors épargne ta salive !»

«Alors, tu mourras !»

"Ainsi soit-il."

Les deux adversaires s'élancèrent de front. Dans un mouvement artistique, Ezak fendit l’air pour déchirer l’ennemi qui évita partiellement le coup. Il pu éviter le sabre, mais il vit son torse se faire déchirer par l’épée dans une estafilade sanglante. La prêtre noir contre-attaqua en posant sa paume une nouvelle fois sur l’armure draconnique. Une nouvelle décharge sombre frappa l’humain qui tituba déstabiliser par le sort douloureux. Chargeant à nouveau, l’orc tenta de le toucher mais l’humain esquiva le nouveau coup en éraflant le bras de l’ennemi. D’un coup de pied puissant dans les côtes il l’éloigna et en fin stratège, il recula de quelques pas. Le magicien cru voir dans ce geste une retraite craintive et il s’élança à nouveau vers l’humain en armure noir et mauve, bien décidé à le pétrifier. Dans un geste de défense, l’Ynorien lança son épée qui tournoya sur elle même. Alerte, le Garzok évité de se faire planter, mais il se fit tout de même fortement éraflé par la lame qui avait prit une trajectoire difficile à lire. L’orc ne s’arrêta pas et avec une expression de démence sur son visage d’une laideur inouïe, il piégea l’humain. D’une main il immobilisa le bras armée d’Ezak alors que de l’autre il agrippa sa gorge.

«Maintenant meurs !»

Mais rien ne vint... Le mage ne comprit que trop tard que c’est lui qui avait été piégé. Le champion de Lorener avait tout planifié. La première attaque qu’il avait subit avait été si puissante qu’il avait volé de terre. La deuxième sensiblement pareille n’avait fait que le déstabiliser. Ezak avait vite compris qu’en le touchant encore quelques fois il serait à court de magie. L’épée de Faerunne, doté de ses nouvelles runes, avait fait son travail. Elle avait annihilée toute magie du corps de l’ennemi. La, était la force du D’Arkasse, il avait un coup d’avance. Il avait amené l’ennemi...

«Exactement là ou j’avais envie que tu sois.»

Ne comprenant pas, le mage écarquilla grand les yeux, alors qu’Ezak se débarrassa de son étreinte dans un coup de tête rageur. Le nez en sang, il tomba sur le sol en implorant l’aide de Brytha dans la douleur.

Ezak n’eut aucune pitié et il l’acheva en lui tranchant la tête sans ménagement. Il détestait ce genre d'individu incapable de croire en eux, et qui remettait tout entre les mains des dieux.

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Dernière édition par Ezak le Sam 7 Sep 2013 06:08, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Bois Sombres
MessagePosté: Mer 28 Aoû 2013 11:03 
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Mais le garzok sembla littéralement emporté par un tir de catapulte. Le guerrier à l'armure sombre, libéré du sortilège, avait bondi à une vitesse stupéfiante et reversé le mage. Délivré de cette menace, Azra se reconcentra sur le chevalier elfe.
Il passait son temps à esquiver, à feinter, cherchant une ouverture. Il tenta de porter plusieurs coups de son lourd poing de fer sur le bouclier, mais ne parvint jamais à le dévier, juste à se faire mal aux articulations tant les ondes de choc qui se répercutaient dans son bras était dures.

(Tu dois le déconcentrer... souffla Chandakar. Le pousser à baisser sa garde... Quiconque affronte un nécromancien découvre bien vite que son pire ennemi n'est autre que lui-même...)

Légèrement blessé, mais surtout commençant à fatiguer, Azra chercha un moyen de mettre en pratique cela. Se rappelant le spectre de la veille, il se souvint qu'il avait acquis, il y a bien longtemps, le pouvoir d'invoquer ces êtres de l'au-delà. Mobilisant une nouvelle fois ses fluides, il fit apparaître une troupe gémissante et grimaçante qui alla encercler le chevalier l'invitant à les rejoindre dans leur errance sans fin dans le monde invisible. Le nécromancien sentit sa propre chair se hérisser. Il comprenait parfaitement leurs gémissements, son compagnon intérieur lui avait vraiment appris leur langue...
Le chevalier se figea, une expression horrible sur le visage. Puis, un sourire s'étira sur sa face et il se jeta sur le jeune homme !

Azra n'avait pas calculé le fait que tenter d'opposer la peur à un fou n'était pas vraiment une bonne tactique. Il plongea à terre pour éviter une épée qui devait l'empaler, mais qui ne fit heureusement qu'effleurer son flanc.
Aussi vivement qu'il le pouvait, il se redressa et s'aperçut qu'il était entre le bouclier et son porteur. Il saisit le chevalier à la gorge et tenta de serrer. Hélas, son armure le protégeait là aussi. Ils roulèrent tous deux à terre comme deux ivrognes dans une taverne. Azra tentait de jouer des poings et des genoux mais ne faisait que se blesser. Il tenta d'attaquer le visage démasqué mais le chevalier lâcha son épée, inutile à si courte distance, pour bloquer la main et tordre le bras du jeune homme.

« Meure ! rugit-il désespéré. Tu vas mourir ? »

Un sourire sauvage aux lèvres, Azra siffla :

« La mort ne peut pas mourir... »


Sa main gauche trouva la dague du chevalier et ses yeux avaient déjà repéré le défaut de l'armure : en levant le bras droit pour bloquer la main gauche d'Azra qui visait son visage, le fou avait provoqué l'ouverture des plaques métalliques au niveau de l'aisselle. La dague y trouva bien vite son chemin et une gerbe de sang jaillit.
Azra bondit en arrière tandis que son adversaire vaincu hurlait à la mort.

« Non ! Brytha ! Vous m'avez abandonné ! »

Arek intervint alors :

(Prend garde ! S'il ne s’apaise pas, il deviendra un spectre... Tu dois le calmer maintenant !)

Azra s'agenouilla :

« La mort vient vous prendre... Il est encore temps pour vous d'échapper à la damnation. Tout le monde peut faire des erreurs et nul n'est obligé de prier. Mais reconnaître votre erreur vous permettra, à défaut de partir heureux, de partir en paix. »


« C'est... c'est Phaïtos qui vous a envoyé ? »

« Je ne sais pas. Là n'est pas la question. C'est de vous que nous parlons. »

« Je... je regrette... Je voulais la gloire, la puissance... Cela paraît... tellement futile... maintenant... »

« Là où vous allez, la gloire et la puissance n'ont plus d'importance. Partez en paix, vous n'avez finalement commis aucun méfait ici. Réconciliez-vous avec vous-même et tout ira bien... »


Les yeux du chevalier qui voulait servir Brytha se fermèrent. Azra improvisa une courte prière à son âme, puis se releva.

(Hé bien...
s'amusa Arek. Tu as peut-être trouvé ta vocation !)

« Devenir prêtre ? Non merci... »
marmonna-t-il.

Puis, il remarqua que son sauveur en avait aussi fini avec son combat. Il se redressa en époussetant sa tenue plus abîmée que jamais et jeta un regard alentour. Le combat était terminé, la horde de morts-vivants avait fini le nettoyage et seule une poignée de gobelins, fidèles à l'esprit de leur espèce, s'étaient enfuis en voyant qu'il n'y avait plus d'espoir.

« Ben... merci. Je ne sais pas par quel coup de chance vous passiez par là mais sans vous, j'étais cuit ! » dit-il au chevalier sombre.

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 Sujet du message: Re: Les Bois Sombres
MessagePosté: Jeu 29 Aoû 2013 17:45 
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Le chevalier, non dénué d'une certaine arrogance, répondit qu'il ne s'agissait que d'un échauffement, avant de demander qui était Brytha.
Azra releva son masque tandis que les squelettes disparaissaient, histoire de montrer meilleur visage. Évidemment, il n'avait pas vraiment conscience du fait que le visage maigre aux cernes sombres qui se trouvaient en dessous ne valait pas beaucoup mieux.

« Je ne sais pas vraiment. Apparemment, elle est arrivée il y a quelques mois et tente d'imposer son culte. Une histoire d'équilibre... et je crois qu'elle n'aime pas beaucoup la magie non plus, ni les autres dieux. »

Le chevalier jeta un regard curieux aux deux Rendrak. Son visage, aiguisé et encadré de cheveux blonds, semblait soucieux. Il murmura comme pour lui-même que cette Brytha lui ressemblait.

« Bien que je n'aie pas assez d’ego pour ériger un culte en mon nom. »

La tentative d'humour n'empêcha pas Azra de froncer les sourcils. Cet homme était-il susceptible de se joindre à cette pseudo-déesse ?

(Tue-le ! Le laisser en vie est un risque pour non...) gronda Chandakar.

(Non. Il m'a sauvé la vie.)

(Alors il a joué son rôle. À nos yeux, son existence n'a pas eu d'autre but. Maintenant, c'est terminé.)

Azra ne jugea même pas bon de lui répondre. Déjà, le guerrier enchaînait :

« Qu'est-ce qu'un soldat d'Oaxaca peut bien aller faire à Oranan ? »

Ainsi, il l'avait facilement percé à jour. En même temps qui d'autre aurait pu se promener par ici ? Sans écouter les propos de Chandakar qui voyait là la confirmation qu'il avait raison sur la nécessité d'éliminer l'homme, Azra contra, se rappelant ce qu'avait dit le sekteg :

« Je vous retourne la question, 'officier'... »

Pendant ce temps, Rendrak2 marmonna :

« Encore une fois on s'en tire par pur miracle... enfin, moi je dirais plutôt malchance... Un jour, ça ne passera plus. »

L'original, lui, se mit à inspecter l'armure du chevalier tout en gardant un œil prudent sur le chevalier. Ce dernier était occupé à maudire à mi-voix les gobelins trop bavards.

« Oui, je suis sergent de l'armée de cette putain d'Omyre et ce que je vais y faire ne regarde que moi. »

Puis, il remonta en selle, proposant à Azra de l'accompagner et de le protéger des dangers de la route. Le ton léger indiquait qu'il n'y avait aucune insulte mais plutôt un désir de détendre l'atmosphère.
Puis, il jeta un nouveau regard aux deux liykors, implorant de les révoquer au risque de se faire abattre à l'approche d'Oranan.
Azra sourit et approuva, tout en renvoyant sa pique au chevalier :

« Je pense que je vais vous accompagner. Un petit soutient magique pourrait vous être utile, des fois que vous croiseriez d'autres mages sur la route... »

Rendrak2, quand à lui, secoua la tête en réponse au commentaire le concernant :

« Parce que tu crois que vous avez une chance de ne pas se faire trouer ? Tu es bien naïf, chevalier... » lança-t-il à l'intention de l'officier d'Omyre.

Rendrak, pour sa part, s'intéressait à l'armure du Sindel :

« Hum... avec ma maigreur actuelle, la cuirasse pourrait m'aller... et le bouclier aussi. Mais bon sang pourquoi sont-ils si cabossés ? Azra, quand on combat un type avec un bouclier, le but, c'est de taper le type, pas le bouclier. »

Azra se sentit rougir légèrement. Il avait fait ce qu'il pouvait ! Mais il fallait reconnaître que maintenant, il avait mal partout...

Puis, entendant le commentaire d'Ezak, le premier Rendrak ajouta :

« Voyager avec lui ? Vous êtes suicidaire ? »

Entendant cela, Azra eut un pauvre sourire. C'était hélas, bien vrai.

« Oui, les gens qui s'attardent prêt de moi ont une fâcheuse tendance à mourir prématurément. C'est ça, d'être maudit... Vous pouvez croire, Rendrak, il parle d'expérience ! »

Mais voilà que le chevalier commença à s'agacer de ses divers interlocuteurs. Peut-être n'aimait-il pas les morts-vivants ? Tant pis pour lui... En tout cas, le défaitisme pathologique de Rendrak2 l'énervait au plus haut point semblait-il :

« Vous n'auriez pas une option : 'qu’il la ferme' ? »

Puis, il ajouta à l'autre qu'il était assez grand pour se débrouiller tout seul. Azra se retint de dire que d'autres, comme Gaber ou Tirassin avaient semblé assez grands eux aussi.

Rendrak haussa les épaules :

« C'est votre vie après tout... »

« Enfin, sa non-vie, précisa Rendrak2. Vu qu'il va mourir dans d'atroces souffrances, comme nous... »

Azra, lui-même excédé, alla ramasser son bâton et le fit disparaître. Puis, il ajouta à l'intention d'Ezak :

« Moi aussi, je suis un grand garçon, assez pour savoir qu'avec mon bâton et mon casque, ce n'est pas la peine d'essayer de passer pour un prêtre de Gaïa. Tous les nécromanciens ne sont pas au service d'Omyre et je suis d'origine Kendrane. J'ai déjà une histoire toute prête qui devrait me permettre d'entrer... »

Azra remarqua alors Ombos qui s'approchait du cheval d'Ezak, prudemment mais avec des intentions plus que douteuses. Il le rappela et le loup, dépité, vint trotter prêt de lui.

Pendant ce temps, Rendrak dépouillait les cadavres avec un plaisir évident.

« De l'argent, de l'équipement... oui... Ce mage portait une de ces robes de combat, résistantes comme des armures... Tu devrais la mettre, Azra, puisque notre nouvel ami à pris la cape, ça vaudrait mieux que ton vieux pourpoint... Mais tu es sûr de ne pas vouloir négocier la cape ? Elle a de la valeur... »

Azra fronça les sourcils. Son pourpoint de cuire était lié à de mauvais souvenirs, mais la cape...

(Gaber ! Bon sang, je l'avais presque oublié ! Que je sois maudit...)


« D'accord pour la robe, quoiqu'elle soit salement amochée. Mais la cape, c'est hors de question ! Laisse-la plutôt à notre nouvel ami, ainsi qu'un peu d'argent. Il l'a largement mérité. Et rend lui cette épée, c'est la sienne ! »


Le liykor poussa un gémissement pitoyable, rendant l'épée mais lâchant plus difficilement une des bourses.

« Ce n'est pas tous les jours qu'on trouve des richesses ! »

« Fais ce que je te dis ! »

Dans sa tête, Arek approuvait :

(L'amitié est en effet une richesse plus précieuse qu'une poignée de pièces... Mais méfies-toi quand même de cet homme...)

Remarque superflue. Azra savait reconnaître un tueur quand il en voyait un. Néanmoins, cet homme n'avait pas l'air des plus enchanté de travailler pour Omyre, ce qui était un peu rassurant. En tant que chevalier, il devait avoir un certain sens de l'honneur. Azra appréciait ça, même s'il ne le comprenait pas.
Rendrak, à regret, tendit la bourse du mage au chevalier. Azra poursuivit :

« Au fait, je ne connais même pas votre nom... Moi, c'est Azra. »

Le guerrier expliqua s'appeler Ezak et être mi-Kendran, mi-Ynorien, d'où le fait qu'il pourrait facilement entrer dans la ville, et aider Azra à y entrer s'il le suivait.

Tandis que Rendrak récupérait tant bien que mal son matériel, qu'Ezak marmonnait sur l'ambiance morbide de la forêt, Azra monta sur la selle d'Ombos. Il remarqua une ombre sous le couvert des arbres. Il sut d'instinct qu'il s'agissait du fantôme de Camarde...

"En effet, la mort n'est jamais loin..."

Et il se lança à la suite d'Ezak.
Durant le trajet, et alors que le bois obscure s'estompait pour laisser paraître la route d'Oranan il se rappela qu'il avait un ultime préparatif, car il n'aurait peut-être pas le temps de le faire une fois sur place : Il sortit sa dernière fiole de fluide de l'ombre. Craignant un nouvel empoisonnement, il hésita un instant, jusqu'à ce que Chandakar marmonne :

(Tu peux simplement casser la fiole, le fluide entrera en toi par la peau. C'est moins agréable, mais ça marche...)

Azra s’exécuta, retirant son gantelet pour casser la fiole. Aussitôt, un froid atroce se répandit dans son membre. Il crut un instant que son bras était paralysé, mais remarqua aussi que les effets secondaires habituels étaient moindres, c'est à peine s'il ressentit une envie de lécher le sang frais d'une vache lorsqu'ils croisèrent le premier troupeau.
Ils arrivaient en effet dans la grande plaine d'Ynorie lorsqu'Azra lut son parchemin d'ombre vampirique. Aussitôt, une ombre, obéissant à son instinct, se précipita sur une vache pour en arracher la substance vitale et la lui remettre. Il aurait sans doute dû être légèrement choqué, mais finalement, il trouva ça plutôt agréable.

La grande route se déroulait devant eux, menant à la ville où se préparaient de grandes choses...

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 Sujet du message: Re: Les Bois Sombres
MessagePosté: Jeu 29 Aoû 2013 20:15 
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Tout était devenu plus calme. Ezak observa les derniers Sektegs s'enfuir avec un sourire satisfait collé sur le visage. Déjà, dans ses prunelles grises naissait la vison d’un Omyre en flamme ou toutes ces peaux vertes brulaient et fuyaient en demandant l’absolution. Mais l’humain était déterminé, nul pardon ne serait accordé. Pas à eux, qui avaient fait tant de mal à son peuple, et qui comptaient installer le chaos.

Le nécromant qui s’était débarrassé de son ennemi, le tira de ses rêveries et le remercia. L’humain n’était pas coutumier des démonstrations de reconnaissances, cela le gênait un peu, même. Il préféra mettre fin à tout ça, à sa manière.

"Pas la peine de me remercier. Je voulais juste m'échauffer un peu les muscles."

Le pas détendu, contrastant fortement avec sa tension sauvage du combat, il alla récupérer son épée qui avait échouée un peu plus loin. Sa bonne action effectuée, il voulait partir au plus vite, Oranan ne devait plus être très loin maintenant. Il avait envie de vite la retrouver. Le regard du D’Arkasse s'attarda à nouveau sur le mage noir et il repensa à ce nom, qui était si souvent sortit de sa bouche. Sa curiosité piqué à vif, il s’autorisa à demander:

"Qui est cette Brytha ?»

Le nécromancien releva la visière osseuse de son masque et dévoila son visage. Ezak en profita pour l’observer avec plus d’attention. Il fut frappé par sa jeunesse, il avait l’air d’être en plein dans l’adolescence. A cet âge, le D’Arkasse n’avait en tête que de courir après les jolies filles. Son visage était empli d’une certaine mélancolie, une tristesse qui avait de quoi donner des envies de suicide. Le jeune homme lui expliqua que Brytha venait d’arriver, et avait une certaine aversion pour la magie et les autres dieux. En vérité il n’avait pas dit que ça, mais c’était surement les seules choses qui se répercutèrent dans l’oreille du maitre d’armes.

Il trouva que cette Brytha avait quelque chose de séduisant et cela le troubla. Elle rejoignait ses idéaux. Lui aussi détestait les dieux et avait en horreur la magie. Il pensait sincèrement que les mortels devait prendre possession de ce monde, le leur. Il voulait s’abroger de l’influence des dieux et vivre de lui même pour lui même. Rendre l’homme libre de toute attache qui ne venait pas de ce monde. Il rejetait les dieux et leurs règles et il ne s’en faisait pas un secret. C’était même une fierté pour lui. Sans s’en rendre compte, il parla à voix basse, dévoilant les intimes pensées qui l’animaient.

"C'est étrange... Elle me ressemble un peu sur certains point."

Mais il savait en lui même qu’il ne pouvait accepter une divinité. Ce monde était déjà pourri par les dieux, un de plus n’était pas la solution à leurs problèmes. Cette Brytha, aussi séduisante qu’elle pouvait l’être n’avait pas sa place dans ce qu’il voulait construire. Ce n’était que de la poudre aux yeux. Il venait à cet instant même de la placer dans sa liste d’ennemis qui ne faisait que grossir de jour en jour. I

Avec un sourire en coin, Ezak sortit de ses pensées et plongea ses yeux dans ceux si sombres de son interlocuteur.

"Bien que je n'ai pas assez d'égo pour ériger un culte en mon nom."

Détournant les yeux, l’Ynorien observa les deux créatures squelettes puis le loup. Durant sa semaine à Omyre l’humain avait aperçut des centaines de bêtes de la sorte. Les Garzok semblaient les préférés aux chevaux plus communs pour eux, les hommes. Il ne fallut pas plus de d’informations à l’humain pour établir un constat rapide. Cet homme venait d’Omyre et se dirigeait vers Oranan. La reine noire avait-elle décidé d’envoyer quelques uns de ses soldats en plus ?

" Qu'est ce qu'un soldat d'Oaxaca peut bien aller faire à Oranan ? "

"Je vous retourne la question, "officier"..."

Ezak ferma les yeux et sourit, l’air un peu blasé. Bien que son attitude ne le montrait pas, il était quelque peu énervé d’avoir été ainsi découvert. Il ne servait à rien de mentir, cet homme venait également d’Omyre et il devait lui aussi reconnaitre l’insigne à son doigt. Sans compter que le gobelin l’avait clairement identifié. Il n’y avait pas de moyens de s’en sortir. Il aurait pu le tuer et cela aurait vite été régler. Mais d’un autre côté, il avait le sentiment que l’homme en tunique noir ne lui causerait pas d’ennui. Il avait tout de même une dette envers lui. C’est pourquoi il préféra jouer carte sur table.

"Ces Sektegs parlent beaucoup trop ! Oui, je suis sergent de l'armée de cette putain d'Omyre et ce que je vais y faire ne regarde que moi."

Quelque peu agacé, Ezak se dirigea vers Katsuho et il se mit en selle. Il voulait partir, mais en y réfléchissant il se dit qu’il valait peut-être mieux que cet homme reste dans son champ de vision. Il savait pour son identité et il préférait l’escorter au moins jusqu’aux portes. Juste histoire d’être sûr.

"Vous pouvez m'accompagner si vous vous voulez. Il serait dommage que vous vous fassiez attaquer une nouvelle fois sur la route. Surtout vu comment vous vous défendez."

Après avoir émit cette pique sur un ton amical il éclata de rire. C’était un rire franc, visant plus à se détendre lui même que l’autre magicien. Par contre, il préférait ne pas prendre de risque. Ça aurait été dommage d’être associé à un nécromancien si près de chez lui. Il connaissait les siens et leurs rejet pour tout ce qui venait d’Omyre. A dire vrai, pour avoir vécu les raids comme tout bon Ynorien qui se respecte, il les comprenaient totalement.

"Et par pitié, renvoyez les d’où ils viennent ou on risque de se faire trouer rien qu'en approchant des grandes plaines."


L’homme accepta son invitation alors que ses créatures commençaient à parler de façon désordonnée. Ezak fut d’abord surpris qu’ils soient dotés de paroles, cela lui rappela un peu Maxasnith, bien que c’était un peu different. Tout comme lui, ils parlaient beaucoup trop. L’homme à l’armure draconnique commençait à fortement s’agacer surtout lorsque l’une des deux créatures commença à se montrer insolente. Il se demandait sincèrement pourquoi ils ne se taisaient pas à jamais comme devraient le faire un mort. La magie avait vraiment quelque chose de répugnant. Il ne se pria pas pour faire entendre le fond de sa pensée.

« Vous n'auriez pas une option : «qu’ils la ferment ? »

Puis vint le moment ou ils parlèrent d’une malédiction qui pesait sur l'adolescent. Visiblement tout ceux qui l’approchaient succombaient rapidement. Ce qu’ils ne savaient pas c’est qu’Ezak ne ressentaient plus la peur grâce aux écailles de dragon. D’ailleurs même sans cette armure, il s’en foutrait royalement. Il avait vu bien des choses effrayantes ces derniers mois. Il lui en fallait beaucoup pour l’inquiéter.

« Ne vous inquiétez pas pour moi, je suis un grand garçon.»
se sentit-il obliger de répondre.

Le jeune homme ténébreux révoqua l’un des Lykiors avant de lui parler de ses rapports avec Omyre et de ses origines Kendrane. Il se présenta en tant qu’Azra et demanda poliment le nom d’Ezak.
Ce dernier fut quelque peu rassuré, cet Azra ne semblait pas être doté d’un sentiment patriotique fort avec Omyre. Cependant, un doute subsistait. L’homme au sang bleu ne connaissait que trop bien la cité noire. Elle était tout ce que quelqu’un de normal doit détester. Il y avait quelque chose qui clochait chez l’autre gus, mais c'était toujours un plaisir de croiser un compatriote.

"Je suis Kendran également et aussi Ynorien, avec moi vous ne devriez pas avoir de problème pour pénétrer dans la ville. Il ne m'empêcheront pas de rentrer chez moi. Si vous gardez mon secret je garderais le vôtre. Sinon... Enfin inutile de vous faire un dessin. " dit-il, avec un sourire ambiguë à mi chemin entre la menace et le sourire amical.

Ainsi, il était prévenu.

Ezak récupéra la cape dépouillée au mage noir qui lui était généreusement offert. Elle était sombre et uni, et une broche d'or en forme de dragon servait à la refermer. Il s'en couvra avant de commencer à s’activer, pressé de sortir d’ici.

"Ezak de la Maison D'Arkasse. En selle Azra, vous êtes bien placé pour savoir qu'ici la mort rôde. Je n'aimerais pas m'attarder."

Ezak et Katsuyo se mirent en route. Bientôt les bois sombres ne furent qu’un lointain souvenir. L’homme en armure mauve ne put s’empêcher de sourire de toutes ses dents lorsqu’il aperçut Oranan au loin. Son cœur s’anima d’une joie qu’il n’avait pas ressentit depuis longtemps. Il en oublia même Azra qui le suivait joncher sur son loup. Il devait l’avouer, après tant de mois, il était heureux d’être de retour sur ses terres.

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"L'objet de la guerre n'est pas de mourir pour son pays, mais de faire en sorte que le salaud d'en face meure pour le sien."

- George Smith Patton


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 Sujet du message: Re: Les Bois Sombres
MessagePosté: Dim 5 Jan 2014 14:08 
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~21~



Pendant quelques minutes, j'ai l'impression que tout accélère. Kuon mène le poney avec une force qu'il n'avait pas à notre arrivée, m'obligeant à allonger les foulées. Il ignore même les gardes de l'entrée de la Cité noire, sans doute car aucun d'entre eux n'est le garzok qui nous a accueilli. Rapide, il nous amène aux abords des Bois Sombres, ne demeurant sur place que quelques instants pour laisser les autres passants disparaitre de notre champ de vision. Suite à cela, il met pied à terre et m'ordonne de faire de même. Je m'exécute, me questionnant quant à son attitude et surtout au sujet du conseil de Ruru. Je conserve le silence, avançant à la suite du chariot tandis que les essieux commencent déjà à écraser des ronces.

L'atmosphère humide et froide de cet endroit ne m'avait pas manqué. Maintenant que j'y pense, je n'ai finalement passé que l'équivalent d'une journée à Omyre. Ce que j'y ai vu m'a inspiré divers sentiments, et surtout des négatifs. Peut-être devrais-je en parler avec mes camarades miliciens à mon retour. Je pourrais parfaitement en toucher un mot avec Kuon, mais l'attitude du milicien semble m'avertir de ne pas émettre un son.

Après un long moment de marche à travers des passages encombrés et étroits, le chariot nous fait la mauvaise surprise de s'embourber dans une vaste flaque teinte glaise. L'humain pousse un grommellement contrarié, ou tout du moins je l'interprète ainsi. Aux aguets, je surveille les alentours afin de repérer d'éventuels danger. Un chariot immobilisé est une cible facile, et si une patrouille venait à nous repérer...

"Viens m'aider !"

Pieds dans la boue, Kuon cherche à soulever l'essieu et à le pousser vers l'avant. Après avoir rajusté la sangle de mon arme pour avoir les deux bras libres, je le rejoins, ajoutant mes efforts aux siens. Force est de constater que le véhicule demeure immobile, la roue pas même entièrement extirpée de la boue. Un sifflement agacé échappe à mon guide.

"Bon, continue de la garder hors de ce piège, je vais chercher de quoi lui donner un appui."

J'acquiesce, m'efforçant de garder ma posture malgré l'inconfort dans mon bras gauche. Tout de même, je pensais que Kuon était plus prudent que cela. Est-il de si mauvaise humeur qu'il n'a pas remarqué l'étendue boueuse ? Il a pourtant l'air de connaitre les environs. Un frisson me dévale l'échine en repensant aux paroles de Ruru. Je secoue vivement la tête, tentant de chasser cette idée. Bien que je n'apprécie pas particulièrement cet humain, il fait tout de même partie des miens.

En l'attendant, je m'efforce de faire se mouvoir le véhicule, chose que le poney n'a pas l'air décidé à faire. Il faut une poignée de minutes pour que le milicien revienne avec une épaisse branche, et quelques autres pour la mettre en place sous l'essieu. Bottes dans la boue, je pousse à sa directive, concentré pour ne pas trop en demander à mon corps. Soudain, alors que je relève la tête vers mon guide au moment où il m'interpelle, un liquide froid asperge mon visage. Malgré la présence de mon heaume, une portion de cet élément inconnu atteint mes yeux, m'y faisant porter le revers de la main.

Mon coeur accélère quand je suis soudain pris d'une lassitude anormale. Mes yeux se ferment seuls, et j'ai du mal à tenir debout. Tandis que je m'appuie au chariot, je sens une présence et un contact au niveau de ma sacoche. Par réflexe, je tente de repousser l'intrus, qui ne fait que me rendre la pareille. Mes jambes se dérobent, me faisant choir dans ce que je pense être la flaque boueuse.

"Ne rend pas les choses plus difficiles, Taorak."

Ma mâchoire se serre tandis que je lutte contre le sommeil qui m'envahit. Je devine ma sacoche agrippée et ouverte. Je n'ai plus de doute, et cela me fait prendre un ton froid.

"Kuon, que m'as-tu fait ?"

"Voile nocturne. Je n'aime pas me battre."

Voile nocturne. Ce nom me dit quelque chose. Oncle Masaya m'en avait parlé après une visite chez un ami alchimiste. Un poison non-naturel qui endort sa cible. Heureusement peu dangereux en lui-même, il n'en est pas moins mauvais signe dans une région pareille. Si c'est un élément de poison, alors ma lumière peut sans doute le contrer. Mes oreilles en pointe entendent le bruit de parchemins effleurés confiés par Ruru, sans doute examinés par le milicien. Ou plutôt Nouk.

"C'est tout ? C'était ça ta mission ?"

Après une longue inspiration pour conserver le contrôle de mon corps, je daigne prendre la parole.

"Pourquoi agis-tu ainsi ?"

"Ne réponds pas à une question par une autre."

Je demeure silencieux, yeux clos malgré moi, et m'efforçant de rassembler ma lumière curative. Un bref étourdissement manque de peu me faire perdre ma concentration. J'ai envie de dormir, mais je lutte et essaie de me relever.

"Disons que certains employeurs ont de meilleurs arguments que d'autres."

"Alors... Tout ce discours sur... Sur la milice, devant ces corps... N'était que paroles vides ?"

Ma cape est subitement agrippée, et je suis relevé de force, presque étranglé par mon vêtement. Je perçois vaguement qu'il me repose la question, mais je ne réponds pas, engourdi par la lassitude. Ma peau me fait comprendre qu'il m'a frappé au visage, mais je n'y réagis pas. Pendant de longs instants, je le sens fouiller ma sacoche, priant Gaïa pour qu'il s'en tienne à cela. Ce qu'il fait.

Je suis brutalement repoussé, et la hampe de mon arme meurtrit mon dos quand je tombe dans d'épais buissons proches. Les efforts que je fais pour ouvrir les yeux me permettent d'apercevoir le traître faire sortir le chariot du piège boueux. Ses pas se rapprochent de moi, et je le devine s'accroupir à proximité.

"Ce ne sera plus très long. Nous sommes sur l'itinéraire d'une patrouille qui ne devrait plus tarder. Tu comprends que je ne veuille pas rester. Bonne nuit, shaakt... Ah, il ne m'entend déjà plus."

J'attends. Je patiente encore. Quand je n'entends plus le déplacement du chariot, je me concentre pour appuyer vivement contre le buisson proche. Les épines fichées dans ma peau sombre dérangent ce sommeil forcé, m'offrant la chance d'élever une main chargée d'énergie curative à mes yeux. Je matérialise ma lumière, la sentant agir progressivement. Petit à petit, les environs retrouvent leur forme, et mes paupières reprennent leur rythme naturel. J'inspire vivement, apposant une main tâchée de glaise contre ma tunique. L'écharpe est à sa place, m'apportant un regain d'énergie. Il est étrange que Nouk n'ait pas cherché à me fouiller, mais cela m'arrange.

Je me redresse avec prudence, avisant les traces de roue sur le sol forestier. Kuon ne devait pas s'attendre à ce que je puisse combattre les effets de son poison. Il m'a sous-estimé, et son attitude ne fait qu'ajouter un froissement de plus à ma fierté.

( Je n'oublierai pas ta traitrise, Kuon. Si nos chemins se recroisent... )

Mes pensées sont brutalement interrompues par les pas lourds et le cliquetis métallique d'êtres en armure. Je n'ai plus de temps à perdre. Me ramassant sur moi-même, je contourne la végétation et m'enfonce dans les bois, cherchant à m'éloigner le plus possible des arrivants. La crainte me noue l'estomac, m'incitant à progresser vers ce que je crois être le sud. Je ne dois pas m'arrêter, quelle qu'en soit la raison. Pas avant d'être sorti de ces bois, ni d'avoir remis les pieds sur les terres de la République. Toutefois, j'ai beau être pressé de rentrer, je m'efforce d'être vigilant.

Je ne peux pas me permettre d'échouer maintenant, pas si près du but.



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 Sujet du message: Re: Les Bois Sombres
MessagePosté: Lun 17 Fév 2014 20:55 
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Cela faisait maintenant deux jours que j'avais quitté la sombre cité et sa maudite tour. Après avoir rendu visite au premier marchand du coin, j'étais décidé à me rendre dans une auberge pour prendre un peu de repos et réfléchir à mon avenir à plus ou moins long terme... Seulement, à peine la porte poussée et un regard jeté à l’intérieur de l'édifice que je rebroussais chemin sans demander mon reste... trop de regards tournés vers moi, trop de faces vertes et patibulaires à mon goût, trop avides de vouloir monter dans les échelons au point de se débarrasser d'un sergent fraîchement nommé... Ses réflexions avaient attendu que je quitte la ville non sans surveiller mes arrières. La marche avait duré plusieurs heures et bien que la fatigue ait été atténuée par mon envie pressente de déguerpir, cette dernière avait fini par me rattraper... tout comme la nuit... Ici, pour pouvoir la différencier du jour, sur ces terres où règne l'obscurité, il suffisait de se rendre compte qu'il faisait un peu plus sombre... Je m'étais donc installé à l'écart de ce qui pouvait être appelé la route, derrière un bosquet d'ajonc afin de me cacher de toute personne pouvant venir de la ville et avait installé mon bivouac, ou plutôt avais-je étendu ma cape sur le sol en essayant de trouver un endroit pas trop pierreux pour pouvoir m'allonger... Pour en revenir aux réflexions sur mon avenir, la journée n'avait pas été très fructueuse et peu propice à la concentration, le chuintement de mes compagnons de voyages étant relativement crispant et leur vue quelque peu dérangeante... Et oui! le sbire de Leona n'avait rien trouvé de mieux lorsque je lui avais demander une garde d'élite que de me mettre dans les pattes quatre Emoras, créature à la croisée entre une plante carnivore et un serpent, à moins que ce ne soit un ver... bref des créatures très seyantes et faciles à dissimuler en plus... ma destination étant Oranan (cette destination m'était apparue comme une évidence), ça allait simplifier les choses... L'avantage avec ces "ani-plantes", c'était que peu de monde oserait s'approcher de moi et ce ne devait pas être le genre de bête à roupiller. Mes gardes avaient donc veillé le temps de mon bref assoupissement peuplé de rêves étranges où se côtoyaient dragons, fées, guerriers et autres créatures poilu, très ressemblants à des personnes que j'avais pu croiser dernièrement.

Plus ou moins reposé, je m'étais donc remis en route, avec ce même paysage désertique et chaotique pour trame de fond et mes amis rampants pour escorte. Les voyageurs avaient été peu nombreux, ou plutôt je n'avais croisé pas âme qui vive de toute la journée et s'en était vraiment déprimant... Imaginez, des cailloux et de la terre nue à perte de vue, quelques bosquet d'arbustes aux épines acérés pour seule végétation, un ciel noir d'encre complètement obstrué par de lourds nuages semblables à de l'épaisse fumée noire et à l'horizon, grossissant à mesure que j'avançais, une sorte de barre aussi obscure que la tour de la cité que j'avais quitté et qui devait sans nul doute être une forêt, celle où je me trouvais actuellement, en train de vous raconter le déroulement des deux jours précédents... Il y avait vraiment de quoi être dépité par un tel décor et je ne pouvais toujours pas réfléchir à mes futurs actes à cause des ces bestioles horripilantes!

Voila à peu près où j'en étais, l'arrivée jusqu'à la lisière s'était donc passée sans encombres et j'avais préféré m'arrêter pour passer la nuit avant de m'enfoncer plus profondément dans les bois sombres...



Je me remis donc en route après une seconde nuit de sommeil un peu moins agitée que la précédente et m'enfonçai dans les obscurs bois faisant frontière entre les deux cités ennemies, mes gardes me serrant de près, le danger étant omniprésent dans ces lieux aussi hostiles que le reste des alentours d'Omyre... Bien que je les sentais plus tendu, les Emoras semblaient également plus vigoureux et vifs, comme transcendés par la proximité des arbres, aussi biscornus et maladifs étaient-ils. Est-ce que le plein potentiel de ces créatures se révélait dans un milieu qui leur était favorable? Sans nul doute et même si je ne les supportais pas encore tout à fait, je commençais peu à peu à m'habituer à leur présence et il allait bien falloir que je vois de quoi était capable ma garde d'élite!

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Là, rien à redire en revanche. Mettre ses boules sur la table et y aller à l’aveugle en prenant des risques, en jouant le tout pour le tout, ça colle bien à ton perso, rien à redire.

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 Sujet du message: Re: Les Bois Sombres
MessagePosté: Mar 25 Fév 2014 00:24 
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La journée était plutôt bien avancée lorsqu'un terrain propice à mes essais apparut au détour d'une touffe d'épineux. Cette forêt était aussi inextricable qu'une boule de nœud, pas une percée, pas une clairière où démarrer un semblant de démonstration de force de mes troupes... jusqu'à maintenant.

J'avais tout de même eu l'occasion d'appréhender la vitesse de mes créatures, ou leur manque de subordination... En effet, quelques minutes de marche après avoir passé la lisière des bois, j'avais demander aux Emoras de rester sur place le temps que je prenne un peu d'avance, c'est à dire marcher pendant une vingtaine de minutes avant de les siffler du plus fort que je pouvais pour leur donner l'ordre de me rejoindre. Plutôt que de les attendre, j'avais continué à avancer pour me rendre compte qu'ils m'avaient rejoints en un peu moins du quart du temps que j'avais mis pour les distancer! Emoras, un point, Tathar, zero! A moins qu'ils n'aient triché et ai commencé à avancer dés que je fus hors de vue...

Prenant maintenant place au bord de la petite clairière fraichement trouvée, je m'installais confortablement et demandais à mes gardes de se rassembler au centre de la trouée, et sur mon ordre de s'affronter. Le but était de pouvoir observer leur manière de combattre et de pouvoir exploiter au mieux leurs capacités. Je dus tout de même m'y reprendre à deux fois en leur expliquant qu'ils ne devaient pas non plus s'entretuer avant qu'ils ne se décident à se ranger face à face et à se lancer à l'assaut. Prochaine étape, revoir leur rapport à l'autorité... Le combat qui suivit me permis vraiment d'en apprendre énormément sur mes soldats! Leur rapidité était bien réelle et leurs mouvements étaient durs à suivre au début. Ils semblait se mêler et s'entrelacer, se mordant à qui mieux-mieux de leurs mâchoires acérées. Puis tout sembla se figer, deux des créatures ayant réussit à bloquer les mouvements de leur adversaire grâce à leurs anneaux... Ce répit ne dura pas longtemps et les deux Emoras immobilisés parvinrent à se défaire de leurs tortionnaires et à s'écarter. Ce qui se passa alors, je ne m'y attendais pas du tout! Balançant leur queue de plus en plus rapidement, je pensais qu'ils allaient l'utiliser comme un fouet à ceci prêt que cela claqua dans le vide, jusqu’à ce que j'aperçoive les piques qui criblaient la peau des deux bête en face... Leona et son sbire ne s'étaient pas moqués de moi en fait... ces créatures étaient polyvalentes au possible! Et je n'étais pas à la fin de mes surprises...

Je décidais d'arrêter là le combat, ne voulant qu'ils se blessent plus et se retrouvent incapables de combattre en cas de vraie attaque... Heureusement pour moi, le reste de la journée se passa sans encombres et en fin de journée, la lisière des bois était visible. La fin du jour m'amena une autre bonne nouvelle puisque les blessures, certes peu profondes, de mes Emoras étaient déjà guéries et avaient disparu au cours de l'après-midi! Pour peu, je les aimerais ces petites bêtes! Après une bonne journée comme celle-ci, je permis à mes troupes de se reposer et d'aller chasser à tour de rôle afin de reprendre des forces en prévision du lendemain et de notre arrivée à Oranan...

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 Sujet du message: Re: Les Bois Sombres
MessagePosté: Lun 22 Juin 2015 18:45 
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« Tu as faim ma chérie ? » demanda Alyssa à sa fille en langage commun.
« Ta gueule, » répondit Elina en patois garzok.
« Tu sais bien que je ne comprends pas, mon cœur. »
« Maman, elle ne veut plus parler en commun ici, » intervint Gru'Zeph
« Je suis une orque, » reprit Elina, toujours en garzok, « si je connais le commun c'est uniquement pour m'en servir comme arme, pas pour faire la conversation à une humaine sans amour propre. »

Gru'Zeph fronça les sourcils mais s'abstint de traduire ; elle jugeait bon de garder leur fragile mère à l'abri des insultes de sa sœur.

« Papa lui parle en commun, » objecta-t-elle au bout d'un moment, s'exprimant en garzok à son tour.
« Il faut bien qu'il lui donne ses ordres. »
« Ordres ? A part ''écarte les cuisses'' ou ''tourne toi'' il ne lui donne pas d'ordre. Et c'est ta mère, tu devrais lui parler de temps en temps. »
« Elle t'a toi pour ça. »
« Alors depuis tout ce temps si tu la hais c'est pour une histoire de jalousie ? »
« Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire. Je ne lui en veux pas de s'être occupée de toi, tu as toujours été plus fragile, mais en attendant on a jamais eu de relation mère-fille, alors putain, qu'elle arrête de faire semblant dès qu'elle me croise. »

Elina n'attendit pas de réponse de sa sœur, elle quitta la grande hutte qui leur servait d'habitation à toutes les trois et rejoignit directement la plus proche et la plus grande, celle de son père. Son autre sœur, adoptive et plus âgée qu'elle de presque une décennie, dépeçait un sanglier dans ce qui servait plus ou moins de cuisine. D'un point de vue biologique elles ne partageaient aucun parent, mais l'humaine avait toujours considéré Grarnor, le grand chef, comme son père, ce qui en faisait presque des demi-sœurs.

« Où est papa ? » demanda Elina. Pas de réponse. « Je ne jouerais pas à ton petit jeu, Bru'Gaf. »
« Et tant que tu l'appelleras ''papa'' je te répondrais pas. »

L'humaine perdit patience ; elle attrapa le couteau dont sa sœur adoptive se servirait plus tard pour découper le gibier en morceaux et le plaça sous la gorge de la garzok.

« Où est papa ? »

L'intéressée ne sembla pas intimidée le moins du monde, continuant sa tâche comme si de rien n'était. Après quelques secondes de silence, elle prit cependant la parole.

« On sait toutes les deux que tu ne me tueras pas. Tu crois que je suis ta sœur et ton sentimentalisme d'humaine répugnante t'empêche de me tuer. »

Elina resta silencieuse quelques secondes avant de soupirer et de reposer son arme.

« Effectivement, je ne te tuerais pas. Et il n'y a pas d'histoire de ''croire'' ou de ne pas croire. Nous sommes sœurs, et tu le sais aussi bien que moi. »
« Tu te prends pour une orque, mais regarde toi, baisser ton couteau juste parce que tu nous penses liées, tu crois que c'est comme ça qu'un garzok agirait ? »

L'humaine fronça les sourcils, piquée au vif : elle détestait que l'on lui rappelle ses origines.

« Tu ne penses pas ce que tu dis ; papa lui-même nous a enseigné que la famille était ce qu'il y avait de plus important.
 »
« C'est ce qu'il veut que tu crois pour que tu aides notre cause. »
« Menteuse, tu sais bien qu'il le pense. N'essaie pas de te faire passer pour une pétasse sans cœur, je sais que c'est toi qui a éventré Nragorim. »

Nragorim était l'orque le plus prometteur et puissant de la génération d'Elina ; quelques semaines auparavant, voyant que tous les garzoks qui s'en prenaient à la jeune humaine finissaient avec un couteau dans la gorge, il avait déclaré publiquement devant tous les jeunes guerriers qui n'avaient pas encore passé le rite de passage à l'âge adulte qu'il violerait Elina avant de la tuer, puis qu'il leur donnerait son cadavre pour qu'ils s'amusent à leur tour. L'humaine était très fière et croyait beaucoup en ses capacités, mais Nragorim l'avait toujours intimidée, et quand elle eut vent de cette promesse, elle qui était d'habitude si sereine et sûre d'elle – caractéristiques lui ayant valu le surnom de ''Sang Glacé'' – se sentit assaillie d'un sentiment de peur jusque là jamais expérimenté. Mais le lendemain, avant que le jeune garzok ait pu tenter quoique ce soit on l'avait retrouvé pendu par les intestins à une tour de guet, agonisant pendant près d'une heure avant que les boyaux ne lâchent, le laissant tomber dix mètres plus bas dans une position plutôt inconfortable.

A la révélation de sa sœur, Bru'Gaf rougit.

« Je ne l'ai pas tué pour ça, » protesta-t-elle timidement. Après quelques secondes de silence, elle ajouta cependant : « Papa est chez les Lorgrunr. »

Elina se contenta d'un simple signe de tête en guise de remerciement, sachant très bien qu'un signe plus démonstratif aurait provoqué une autre querelle.

Au moment où l'humaine voulu sortir de la hutte, Gru'Zeph entra à son tour dans la grande tente, se positionnant directement à côté de Bru'Gaf. Pour quiconque n'était pas accoutumé à la famille du chef de guerre, indiquer que les trois femmes réunies dans la tente étaient sœurs avait de quoi perturber. Bru'Gaf, l'aînée, dû à son ascendance purement garzok, était de loin la plus costaud des trois. Elle mesurait près d'un mètre quatre-vingt, surplombant ses deux cadettes de près d'une tête, et si elle n'était pas particulièrement musclée pour une orque elle était tout de même bien plus imposante qu'elles. Sa peau était d'un vert foncé luisant typique des membres de leur tribu, et son visage était recouvert d'une longue cicatrice à l’œil gauche ayant rendu sa pupille inutilisable, ainsi que d'une autre au coin de la lèvre ayant fait sauter l'une de ses petites défenses. Elle avait les cheveux noirs et relativement courts, – à l'exception d'une grosse mèche recouvrant sa nuque et tombant jusqu'à ses fesses – encadrant parfaitement son visage. Elle était cependant relativement féminine, autant au niveau de son corps et de sa démarche qu'au niveau de sa tête, et elle était considérée, tout comme ses jeunes sœurs, comme l'une des femmes les plus laides du campement par quiconque ne goûtait pas spécialement les caractéristiques physiques des humaines comme leur père.

Si Gru'Zeph avait la même impopularité que Bru'Gaf auprès des mâles de la tribu, elle n'avait cependant aucun problème de séduction avec les humains qu'elle avait croisé lors de ses escapades à Omyre. Demi-orque, elle était la fille de Grarnor et d'Alyssa, ce qui donnait à sa peau une couleur vert clair pâle bien moins écœurante pour l'œil humain que celle de l'aînée. Elle devait également à son ascendance orque un air de femme adulte du haut de ses quinze ans à peine. En dehors d'un nez légèrement empâté, de deux défenses microscopiques et d'oreilles légèrement pointues, le visage de Gru'Zeph était totalement humain. Elle avait les traits fins et était d'une beauté indéniable selon les standards humains. Seuls ses cheveux posaient problème pour quiconque n'aimait pas le style garçonne, car ils était coupés très ras sur les côtés, ne laissant une tignasse que sur le haut du crâne. Son corps était presque frêle, bien que tout en muscle, et ses hanches possédaient des courbes lui ayant valu plusieurs propositions de la part de shaakts ou d'humains de la cité. Non pas qu'elle fut intéressée le moins du monde par ces avances cependant, réservant l'usage de son corps entièrement aux mains d'Elina, dont elle avait toujours, du plus loin que remontaient ses souvenirs, été amoureuse.

« Où est papa ? » demanda à son tour la nouvelle arrivante.
« Ta gueule, abomination, » répondit Bru'Gaf d'un ton hargneux.

Possédant un contrôle de soi bien moins impressionnant que l'humaine, Gru'Zeph envoya son poing dans la figure de l'orque aussitôt. Celle-ci répondit bien vite à l'offensive et pris clairement le dessus en quelques secondes à peine, envoya sa jeune sœur au tapis et la rouant de coups de pied. Voyant la situation dégénérée, Elina reprit le couteau qu'elle avait reposé quelques secondes plus tôt et, sans plus d'avertissement, le plongea entre les côtes de la guerrière, coupant court à la confrontation.

« Parce que je refuse de te tuer ne signifie pas que je vais te laisser tabasser Gru'Zeph, » fit simplement l'humaine pour expliquer son geste.

Bru'Gaf tomba au sol, crachotant du sang, et lança un regard noir à la jeune femme.

« Cassez-vous les lesbiennes avant que je vous découpe, » laissa-t-elle siffler entre ses dents, retenant un rictus de douleur.

Jugeant inutile d'empirer la situation, Elina aida son amante à se relever et quitta la hutte en la soutenant par la taille. Une fois dehors, Gru'Zeph laissa transparaître son mécontentement.

« Tu n'avais pas à faire ça, je vais passer pour une faible. »
« Tu te soucies de l'avis de Bru'Gaf maintenant ? Et puis tu sais ce que dit papa, la famille est là pour s'entraider. »
« Il dit aussi qu'un garzok doit savoir se débrouiller seul. Et quand je te viens en aide c'est ce conseil que tu préfères appliquer. »

L'humaine esquissa l'ombre d'un sourire pour la première fois de la journée avant de déposer un baiser fugace sur les lèvres de sa demi-sœur.

« Mais quand c'est toi qui a des problèmes je préfère le premier conseil. »

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 Sujet du message: Re: Les Bois Sombres
MessagePosté: Lun 22 Juin 2015 18:50 
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Lorsque, vingt ans plus tôt, la tribu des Bro'Graz avait soumis les groupes environnants par la menace et la force, il est un clan qui se livra de lui-même à Grarnor ; les Lorgrunr, conscient de ne plus faire le poids face à leur voisin, avaient proposés un marché : ils se soumettraient au commandement du chef de guerre Bro'Graz en échange de quelques privilèges. D'ordinaire, lorsqu'un clan veut s'épandre, il gère ce genre de proposition par la force, mais Grarnor était ce que l'on pouvait appeler un progressiste, et si cela comportait certains avantages, perdre la moitié de ses hommes en entrant en guerre contre les Lorgrunr était un luxe que son type de politique ne pouvait s'offrir au risque de voir toute sa coalition s'effondrer sur elle-même. Aussi avait-il accepté leurs conditions. En entendant le vacarme provenant de l'immense tente des Lorgrunr, Elina devinait que son père regrettait une fois de plus de ne pas avoir tout simplement fait écrouler leur caverne avec tous les membres de la tribu à l'intérieur.

« Pourquoi dois-tu le voir ? » demanda Gru'Zeph.
« Il m'a dit qu'il aurait une mission pour moi aujourd'hui. Et toi ? »
« Maman veut le voir. »

Elina haussa les sourcils.

« Le voir ? D'habitude c'est plutôt l'inverse. »

La demi-orque sourit.

« Tu sais, des fois je me demande si elle n'a pas fini par l'apprécier. »
« Dans tes rêves, peut être. »
« En tout cas, elle semblait de particulièrement bonne humeur, elle avait l'air excité à l'idée de le voir. »

L'humaine fronça les sourcils quelques secondes, réfléchissant ; quelque chose venait de la frapper.

« Tu trouves pas qu'elle s'empiffre ces derniers temps ? »
« Si, peut être, mais quel est le rap... »

Le visage de Gru'Zeph s'illumina, soudain frappée par l'évidence de la chose.

« Elle est enceinte ! »
« Un petit bâtard de plus, on dirait, » répondit Elina, un début de sourire au coin de la lèvre. Elle n'aurait su dire si elle prenait cette nouvelle comme bonne ou mauvaise, mais si le nouveau venu s'avérait aussi agréable que sa première petite sœur, ça ne pouvait pas leur faire de mal.

Alors qu'elles terminaient leur conversation, Grarnor sortit de la hutte en trombe, visiblement mécontent.

« Vous tombez bien les filles. Gru'Zeph, va chercher ma hache. La double. Elina, il faut que je te parle. »

Alors que la benjamine s'exécutait, deux autres garzoks sortaient de la tente.

« Qu'est-ce que tu fais encore là ?! » s'énerva l'un d'eux. C'était le chef de la tribu Lorgrunr. « Va chercher ton arme, on a pas toute la journée ! »
« Tu permets ? J'ai à parler avec ma fille. »
« Fille, fille ! Tu vois c'est pour ça qu'on peut plus t'accepter comme chef de guerre ! C'est une connasse d'humaine, rien à voir avec ta fille, et dès que je prends ta place je lui fait couper la tête. »

Piqué au vif, Grarnor attrapa le tomahawk qu'il portait constamment à la ceinture et l'envoya en plein dans le crâne de son interlocuteur d'un seul mouvement. Le chef Lorgrunr tomba sous le coup, inerte.

« Quelqu'un d'autre pense qu'elle n'est pas ma fille ?! » hurla-t-il dans le campement, soucieux de se faire entendre par tout le monde. Un silence pesant s'abattit dans la forteresse. « Bien, » conclut-il.

L'autre garzok, fils de la victime de Grarnor, s'avança et prit la parole.

« Il n'avait pas à t'attaquer sur ta fille, Grarnor, mais vous aviez un duel prévu, tu ne pouvais pas le tuer comme ça. »
« Tant qu'il ne m'a pas tué, je suis encore chef, et la première règle de cette forteresse c'est qu'Elina est ma fille, peu importe sa couleur de peau. Tu es le nouveau chef, Durgran. Si tu tiens à garder les revendications de ton père pour ton clan, alors va m'attendre dans le cercle de combat. En attendant, je dois parler avec ma fille. »

Après quelques secondes d'hésitation, le nouveau chef des Lorgrunr attrapa la lourde épée de son père et descendit la pente qui menait jusqu'au cercle de combat.

Grarnor se retourna vers Elina, qui n'avait pas sourcillé de l'échange.

« Il y a peu de risque que je perde, mais on sait jamais, si jamais je tombe, prend Gru'Zeph et va voir Bru'Gaf, elle saura quoi faire. »
« Bru'Gaf ? » sourcilla l'humaine. « Je viens de lui planter un couteau entre les côtes, si je vais la voir la seule chose qu'elle fera c'est m'attacher pour qu'on me trouve plus facilement. Et puis je ne veux pas fuir, c'est chez moi ici. »
« Vous arrêterez jamais de vous battre, hein ? » fit Grarnor, un sourire en coin. « Mais tu sais bien que c'est faux, c'est elle qui a tué Nragorim, elle préférerait mourir que de l'admettre mais elle tient à toi. Et je ne te demande pas ton avis, c'est un ordre. Et ne t'inquiète pas, j'ai tout prévu depuis longtemps, si je meurs tu n'auras pas à t'exiler toute ta vie, juste le temps que les choses se calment. Et si je vis, j'aurais une mission pour toi. »

Elina hocha la tête alors que Gru'Zeph revenait, portant difficilement l'arme fétiche de son père. Grarnor l'attrapa d'une main, tapant sur l'épaule de ses filles d'un geste rassurant de l'autre, et descendit à son tour vers le cercle de combat où l'attendait son adversaire et la centaine de spectateurs qui s'étaient déjà rassemblés autour d'eux. Les duels étaient monnaie courante dans la forteresse, mais personne n'aurait raté le premier combat du grand chef depuis près d'une décennie.

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 Sujet du message: Re: Les Bois Sombres
MessagePosté: Lun 22 Juin 2015 18:53 
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Les deux filles suivirent leur père jusqu'au cercle, toujours désireuses de le voir combattre, et quelque peu inquiète pour l'une.

« Arrête de gigoter, » s'énerva Elina. « On est bien placées pour savoir que personne ne lui arrive à la cheville. »
« Durgran est l'un des meilleurs chefs de troupe de la forteresse, j'ai des raisons de m'inquiéter. Bien sûr papa est meilleur, mais on sait jamais. »

Alors que le chef de guerre entrait à son tour dans le cercle de combat que refermèrent ses deux filles derrière lui, la foule commença à s'exciter. D'un côté les membres du clan Lorgrunr et quelques rares garzoks scandaient le nom de Durgran, mais leurs cris étaient nettement recouverts par la majorité, acclamant Grarnor à grands coup de bâton sur le sol ou entrechoquant leurs armes tout en hurlant leur soutien au chef. Calmant la foule d'un signe de main, celui-ci prit la parole.

« Je sais que c'est inhabituel, mais avant le début de ce duel je tiens à profiter du regroupement de la totalité du campement pour vous parler d'une chose importante. »

Elina tourna la tête de gauche à droite, observant la foule. En effet, tout le village était là ; ou en tout cas les absents étaient trop peu nombreux pour qu'on les remarque. Outre le cercle formé par facilement plus de deux cents personnes, des groupes s'étaient formés sur la petite colline entourant la place de duel. La forteresse comptait près de cinq cents individus – il était difficile de garder un recensement exact du nombre de garzoks que comptait une tribu, même dans un lieu organisé comme le campement des Bro'Graz, étant donné leur propension à s'entretuer – et seuls manquaient les nouveaux-nés et certains grands blessés. Et Bru'Gaf, probablement en train de préparer leur escapade au cas où leur père perdrait.

Même Alyssa était là, ce qui surprit vivement Elina. Elle semblait très inquiète et l'humaine se demanda si elle avait peur de se faire décapiter si son ''amant'' perdait ou si Gru'Zeph avait raison et qu'elle avait vraiment fini par apprécier la présence de l'orque.

« Durgran, si tu vois une raison à ce que je ne prenne pas la parole, alors je t'en prie, expose la, » continua Grarnor. L'intéressé sembla hésiter quelques secondes, mais il fit finalement signe à son concurrent de reprendre. « Bien. Lorsque j'ai bâti cette forteresse il y a vingt ans, le clan Bro'Graz ne comportait pas cinquante individus. Et chacune des tribus dont vous faisiez partis à l'époque ne comportaient pas non plus cinquante individus. La plupart d'entre vous n'étiez même pas trente ! Et à quoi ressemblaient vos vies ? Je vais vous le dire : c'était de la MERDE ! » Il frappa le sol avec le manche de sa lourde hache pour appuyer ses propos, tout en faisant glisser son regard sur toute l'assemblée. « Les plus jeunes d'entre vous n'étiez pas nés, certains étaient trop jeunes pour s'en souvenir, alors je crois qu'il est bon pour tous de rappeler pourquoi vos vies étaient lamentables. »

Il fit une pause de quelques secondes, laissant la foule se remémorer leur vie avant la forteresse. C'était un fabuleux orateur.

« Vous vous réveilliez tous les jours en vous demandant si ce serait le dernier, en vous demandant si vous alliez vous faire tuer en reconnaissance par un groupe d'humains trop nombreux ou par un autre garzok, intéressé par votre butin ou des fois simplement pas votre bouffe ! Vous appreniez à être le plus fort, mais lorsque vous échouiez vous étiez la proie de tous vos voisins, de tous vos camarades de combat ! La moindre querelle politique pouvait vous plonger dans une guerre de plusieurs semaines, voire mois, avec les autres clans garzoks ! Vous étiez tapis dans l'ombre de ces infâmes cavernes, ou contraint de toujours changer de vie, vivant dans l'inconfort et la peur ! Oh je sais que vous êtes fiers, je sais que vous voulez tous prétendre ne pas avoir peur de la mort, mais tout le monde sait bien que c'est faux ! Tout le monde sait bien que la mort nous effraie tous ! Mais regardez-vous maintenant ! » fit-il en levant les bras vers eux pour haranguer la foule. « Vous mangez à volonté tous les jours, vous dormez sur vos deux oreilles, chaque raid est couronné de succès, vos paillasses sont confortables et vous n'avez plus peur de la simple lumière du jour !  Le fier peuple garzok n'a jamais eu autant de raison d'être orgueilleux qu'entre les murs de cette forteresse ! Et les Lorgrunr veulent nous retirer ça ! »

Le chef de guerre laissa quelques secondes à la foule pour huer le clan dissident avant de reprendre la parole.

« Voyez-vous, les Lorgrunr pensent que nous avons perdu notre fierté d'orques ! Ils pensent qu'en ayant des règles, nous crachons sur nos ancêtres, sur nos traditions ! Ils clament que les garzoks ne sont pas faits pour être civilisés. Et je sais que beaucoup d'entre vous le pensent également. Mais je vous le demande, très sincèrement : qu'est-ce qui nous différencie – braves orques, fiers orques, ayant l'habitude de gagner des batailles contre les humains, les elfes ou les nains à un contre deux – qu'est-ce qui nous différencie de ces peuples qui possèdent la grande majorité des terres de Yuimen ? Pourquoi gagnons nous des batailles perdues d'avance, mais perdons nous les guerres ? Eh bien la raison est simple, camarades. Parce que nous passons autant de temps à nous entretuer qu'à terrasser nos ennemis. Parce qu'ils ont des sociétés et que nous avons des tribus. Parce que nous avons peur du soleil. Du soleil ! Si nous voulons un jour gagner la guerre et gouverner Yuimen, nous devons aller de l'avant ! Laisser le passé derrière nous et évoluer ! Être primitifs ne nous aidera pas à gagner des guerres ! Les orques d'Omyre l'ont compris, eux ! Oh je ne dis pas que leur société est parfaite, je ne dis pas qu'ils ne s'entretuent pas pour des futilités, mais au moins ils sont organisés ! Mais pourquoi le sont-ils ? Parce qu'Oaxaca leur a demandé de l'être ? Allons nous nous aussi attendre qu'un étranger nous disent comment nous comporter, ou allons-nous continuer d'avancer, continuer de grandir et établir des règles strictes, pour voir un jour prochain les orques marcher sur Kendra Kâr ?! Et sur Oranan ! Et sur Tulorim, Exech et toutes les cités humaines qui nous narguent depuis leurs remparts depuis des centaines, des MILLIERS d'années ! »

A mesure que Grarnor approchait de la fin de son discours, la foule avait commencé à s'exciter de plus en plus, jusqu'à exploser pour montrer son soutien à leur chef de guerre. Après presque une minute de liesse, celui-ci leur fit de nouveau signe de se taire, prêt à conclure.

« Mes amis, j'ai offert aux Lorgrunr un traitement de faveur par respect pour leur puissance. Je leur ai offert de garder leur chef, qui aurait un statut spécial, je leur ai offert d'avoir une hutte aussi grande que la mienne pour organiser leur collectivité, je leur ai offert le droit de gérer eux-mêmes leurs propres hommes, et tout ça pour quoi ?! Pour qu'ils se plaignent encore et encore, année après année, et finissent par me provoquer en duel devant mon refus de leur accorder encore plus de privilèges ! Camarades, aujourd'hui je vous l'avoue avec honte, j'ai fait une erreur. J'ai fait une erreur en accordant ces privilèges à ce clan ; j'avais promis une justice équitable, j'avais promis d'atténuer cette loi du plus fort, de la rendre plus vivable pour ceux qui n'avaient pas la chance d'être nés plus costauds que la moyenne mais qui avaient quand même quelque chose à apporter à notre société. Et j'ai rompu cette promesse en cédant aux exigences des Lorgrunr. Ce matin, je compte bien changer ça. Aujourd'hui, à cause de leur entêtement, nous avons déjà perdu un grand atout pour ce campement. Et quelque soit l'issu de ce duel, nous n'allons pas tarder à en perdre un second ! Je dis stop ! Stop à ce traitement de faveur pour ces ingrats qui nous crachent au visage ! Lorsque j'aurais démembré leur plus grand guerrier, alors je vous demanderais de me suivre pour détruire leur hutte ! Et alors ils ne seront que des citoyens normaux de cette forteresse, comme tout le monde ! Plus de traitement de faveur ! »

La foule éclata de plus belle à la fin de son monologue, et Elina pouvait voir Durgran qui regrettait amèrement d'avoir laissé le chef de guerre s'exprimer. Alors que tout le monde hurlait encore le nom de Grarnor, celui-ci fit signe au genre d'arbitre de commencer le combat. Le gong retentit aussitôt et le chef orque leva sa lourde hache d'arme. L'énorme épée de son opposant fouetta l'air en direction de son cou, mais le père des deux amantes esquiva sans problème avant de s'avancer d'un pas de géant et d'envoyer sa tête en plein dans la figure de Durgran. Celui-ci recula sous le choc, sonné, et le chef de guerre en profita pour envoyer le manche de sa hache dans ses parties génitales, n'arrangeant pas la réactivité de son adversaire. Pour finir, il envoya un coup de talon dans la cheville droite de l'orque, lui faisant mettre un genou à terre. Et en un coup de hache, la tête du nouveau et ancien chef des Lorgrunr vola jusque dans la foule. Le chef de guerre, pourtant âgé de plus de cinquante ans, venait de ridiculiser l'un des plus grands guerriers de la forteresse, dissuadant qui que ce soit de tenter l'expérience. L'orque était vieux, mais ses réflexes et sa condition physique n'avaient pas régressés d'un millimètre.

« Tu vois, tu t'inquiétais pour rien, » conclut sobrement Elina avant de tourner les talons.

En repartant, elle pu voir sa mère sourire, ce qui eu le mérite de lui faire lever un sourcil interrogateur.

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