L'Univers de Yuimen déménage !


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 Sujet du message: Re: Les Crocs du Monde
MessagePosté: Dim 6 Sep 2015 16:37 
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Localisation: Quête 32 : Elysian | À la recherche des Hypogriffes perdus
L'environnement ne me pose aucun problème. Le silence et le calme de la forêt m'avaient quelque peu manqué. En effet, cela doit bien faire plusieurs semaines que je ne m'étais pas retrouvé seul en pleine nature. Je me sens libre, je me sens bien.
Le vent fait bruisser les feuilles et branches des arbres environnent, et j'entends quelques fois quelques oiseaux ou autre bestioles se déplacent à mon passage. Je n'ai pas l'impression d'être un étranger parmi ces endroits, bien au contraire.

Mon esprit est ailleurs, et je marche tranquillement. Je repense à ce que l'esprit m'a murmuré juste avant mon départ. Deux âmes liées par l'espace et le temps. À quoi faisait-il référence ? Je ne sais toujours pas. J'ai beau me creuser la tête, je n'arrive à rien. Je n'ai pas le souvenir d'une histoire d'âmes liées, ou je ne sais quoi. Après tout, je n'ai rien de spécial, je suis juste un homme de la forêt, un rôdeur comme certains dirait.
Mes réflexions sont interrompues lorsque mon regard glisse sur quelques buissons tachés de petits points rouges. Le tout est sur ma droite et je quitte alors, sans hésitation, la petite piste. M'approchant de ma trouvaille, un léger sourire s'étire sur mes lèvres. Les petits fruits me font un peu penser à ceux que je trouvais parfois près de Tulorim. Je décide de faire une petite cueillette, mais je reste tout de même aux aguets. Je ne sais pas quel genre de bestiole habite dans ces montagnes désertes d'activités humaines ou sylphiques. Je ne prélève pas tous les fruits des buissons. J'en laisse un bon quart, pour les animaux vivants près de là. J'aurais pu tout prendre, mais après tout, je suis comme eux : Un animal ayant besoin de se nourrir.

Sur ces étranges considérations, je repars sur le sentier poussiéreux, fourguant mes trouvailles dans une poche à part de mon sac, bien à l'abri. Je jette un regard vers les buissons et me retourne quelques secondes pour regarder plus en détail le lieu que je viens de quitter. Je n'ai même pas fait attention mais l'un des arbres ayant poussé juste à côté me semble familier. J'y retourne donc, non pas sans me presser. Je ne veux pas prendre trop de retard.
Je reconnais le bois et les feuilles, ainsi que les petits fruits ayant poussé sur les branches. Ce sont bel et bien des noisettes. C'est sans surprise que je trouve ainsi quelques noisetiers par-ci par-là. Je m'attelle donc à une rapide cueillette, mon sac dans une main. Je me contente de prendre les fruits qui ont la meilleure mine.
Je trouve aussi quelques champignons. Deux types retiennent particulièrement mon attention. Le premier est assez simple, il est tout blanc. Il n'est pas particulièrement grand et ne possède aucun signe distinctif. Sa forme est des plus banals et je décide d'en prélever quatre, au cas où il aurait une quelconque utilité.
Le deuxième est un peu plus particulier puisqu'il est tout brun, avec l'intérieur du chapeau violacé. Je ne me pose pas plus de question, et en ramasse quatre aussi. Les fourguant dans mon sac, je repars pour de bon.

Toutes ces découvertes me réjouissent au plus haut point. Je m'imagine déjà arrivant à me défaire d'une grosse bestiole en laissant tomber des noisettes, des fraises et des champignons pour qu'elle cesse de me poursuivre. Cette image reste quelques secondes dans ma tête et arrive à me décrocher un sourire idiot. Cela serait plutôt comique, mais je n'ai pas envie d'essayer tout de suite. Croiser une grosse bestiole est rarement marrant, surtout dans une montagne dont je ne connais rien.

Quelques minutes passent et j'arrive à un embranchement.
Deux choix s'offrent à moi. Le chemin de droite semble mener tout droit vers la partie de la montagne la plus à l'ombre. La végétation y semble un peu moins développées, mais le froid semble également au rendez-vous. Logiquement, tout ce qui est à l'ombre est un peu plus froid que ce qui se trouve en plein soleil. Sur cette idée évidente, je regarde du côté gauche. La partie la plus exposée au soleil est la partie où la végétation a le plus poussé. Je ne sais pas trop où aller. Terhenetar avait l'air de dire qu'il fallait que je me rende au point le plus haut, pour que je sois enfin moi-même, ou un truc dans le genre.

Je n'ai pas vraiment de préférence, concernant la fraîcheur ou la chaleur. Je choisis néanmoins le chemin de gauche et sa haute végétation. En m'engageant sur le chemin, je me demande si j'ai fait le bon choix. Je n'ai aucun moyen de savoir où il faut exactement que je me rende, donc tout choix est bon. C'est partis !

(792 mots)

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 Sujet du message: Re: Les Crocs du Monde
MessagePosté: Mar 8 Sep 2015 16:39 
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Crocs du Monde – Vers Barkhane

    La nuit se passa dans le calme, que ce soit pour les tours de garde de Guasina que de Kalas ou de Birhû, si ce n’est quelques ombres qui parfois rôdèrent dans les ombres qui les entouraient, mais jamais elles ne s’approchèrent au-delà du cercle de lumière du petit feu. Au-dessus de leurs têtes l’empyrée était visible, toutes les étoiles étincelantes sur un fond bleu nuit, légèrement plus clair que celui de Yuimen. Les deux lunes d’Elysian étaient visibles, l’une presque pleine et l’autre simple croissant.

    Birhû s’éveilla peu avant l’aube et éveilla ses deux compagnons.

    - Mettons-nous en route dès maintenant pendant que la température est encore fraîche, nous ferons une halte lorsque la chaleur deviendra trop vive.

    Sur ces mots, il fit les préparatifs en vue de repartir et ils se remirent en route. Ils laissèrent petit à petit les savanes aux herbes jaunissantes qui devinrent petit à petit plus rares avant de disparaître totalement au profit d’un vaste désert de sable qui s’étendait à perte de vue. Rapidement la chaleur devint écrasante, étouffante alors qu’ils progressaient plus avant dans l’immensité où ne faisaient que se succéder un amoncellement de dunes sans aucun point de repère, si ce n’est l’orbe brûlante qui irradiait du ciel.

    Image


    Birhû, comme promit, leur fit faire une petite halte dans l’ombre approximative d’une dune, à peine plus fraîche que le reste du désert.

    - Ne tardons pas trop, plus vite nous serons partis, plus vite nous seront arrivés à Barkhane, qui sera bien plus agréable que ce désert…


Crocs du Monde – Andarsté

    - Une planète entièrement recouverte d’eau ? Mais où vivent les habitants ? Cela doit être fascinant de voyager ainsi… Ce serait avec plaisir, répondit la jeune aigail avec un sourire ravissant.

    Elle ne commente cependant pas tous les « et si » corollaires à de telles paroles, mais elles pèsent un instant entre eux, avant qu’elle n’orne de nouveau ses lèvres avant un sourire pour reprendre son investigation.

    Cromax, alors qu’il plaçait le médaillon sur le coffre, pu remarquer que celui-ci était pourvu de multiples traces de griffures et de marques, comme si l’on avait cherché par tous les moyens à l’ouvrir sans cependant y parvenir.

    En revanche, lorsqu’Ixtli décroche sa propre moitié du médaillon et la joint à celui de Cromax avant de l’enfoncer dans l’encoche du coffre, ce dernier s’ouvre dans un petit cliquetis. Tous deux découvrent à l’intérieur un objet en forme de soleil, identique au motif de la porte.

    La jeune femme prend l’objet et le regarde, le tendant à Cromax afin qu’il puisse l’observer à son tour s’il le souhaite avant de se diriger vers la porte. Elle y place l’objet, accompagné d’un :

    - Nous verrons bien ce que ça fait, au point où nous en sommes…

    Elle tourne l’objet et la gigantesque porte frémis sur ses gonds avant qu’une fente n’apparaisse en son centre et que les deux battants, actionnés par un mécanisme invisible oublié depuis tant de temps, s’écartent, dévoilant un spectacle insoupçonné.

    Ils se trouvent face à une gigantesque grotte remplie d’un immense lac au centre duquel se trouve un petit promontoire en ruine. Sur une petite avancée se trouve accrochée une barque. Tout autour sur les murs de la grotte se trouvent quelques anciens, très anciens escaliers ainsi qu’une cascade s’écoulant d’une source à la surface.

Image



Crocs du Monde – vers Elivagar

    A la première remarque d’Earnar, Marikani lui lance un regard excédé, indiquant clairement qu’elle trouve sa remarque déplacée, mais c’est Thana qui la relève en l’observant, levant un sourcil.

    - Tu l’as trouvé dans un drôle de ruisseau celui-là. Laisse-nous discuter, veux-tu, Marikani et moi savons très bien comment s’adresser l’une à l’autre sans tes commentaires.

    La femme écouta ses paroles d’Earnar avec ce même haussement de sourcil.

    - Un drôle de ruisseau, en effet, murmura-t-elle pour elle-même avant de poursuivre : tu te trouves sur nos terres et te pare de mensonges, ces armes auraient pu tout aussi bien te transpercer qu’elles ton menacées.

    Elle lança un regard à Marikani, mais s’adressa à l’Earion.

    - Nous ne vous raccompagneront pas jusqu’aux frontières de notre territoire, Marikani connaît le chemin et je sais qu’elle tiendra parole. Nous vous attendrons.

    Sur ces mots, elle fit signe à l’homme de la suivre et tous deux disparurent dans la forêt, sur un dernier hochement de tête de salutation.

    Marikani remballa leur campement et enfourcha son cheval pour se remettre en chemin.

    - Allons-y, nous y serons dans quelques heures.


Crocs du Monde – Jättivuori

    Alors que Baratume progresse sur le chemin de gauche, il entend de petits bruits dans les arbres, encore plus qu’auparavant, comme si cette partie-là de la montagne était encore plus peuplée que le reste. Le soleil passe son zénith et progresse dans l’après-midi sans que le rôdeur ne croise d’éléments perturbateurs, si ce n’est quelques traces parfois sur le sol.

    L’air se raréfie un peu et il fait de plus en plus froid alors qu’il progresse sur le petit chemin qui sent la noisette. Un peu plus tard dans l’après-midi, alors qu’il s’avançait, il put entendre non loin de lui des bruissements dans les fourrés à une vingtaine de mètres de lui, comme si une bête d’une taille plus imposante que les autres s’y trouvaient. Les bruits n’étaient pas particulièrement menaçants, mais il ne pouvait savoir s’il avait été vu ou pas, mais lui-même ne pouvait rien voir de la créature d’où il était.


[Cromax – xp : 2,5 (post) ;
Earnar – xp : 1,5 (post) ;
Baratume – xp : 1 (post)]


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 Sujet du message: Re: Les Crocs du Monde
MessagePosté: Mer 9 Sep 2015 15:26 
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L’optique de partir sur une planète inconnue, toute recouverte de l’élément auquel elle était associée, semble plaire à Ixtli. Et si elle reste hésitante après avoir fait part, toute sourire, de son engouement pour le projet, je ne doute pas que ça soit à cause de la conditionnalité d’un tel projet, alors que nous sommes sur un monde si peu sûr, où la nature même de ma compagne risque d’être effacée à jamais, avec elle et ses semblables. Elle garde cependant le silence sur ces éventualités macabres, et je le respecte en répondant moi-même à sa question sur Gramenou, d’un air enjoué.

« Les habitants vivent sous l’eau, et sont dotés de branchies, même s’ils sont humanoïdes, comme toi ou moi. Ils y ont construit des villes, toute une civilisation. Comme s’ils vivaient sur un sol ferme mais… en trois dimensions. »

Cette grisante impression de voler, ainsi que tout ce qui nous entoure, dans un ballet imprévisible bien différent des habitudes d’une terre palpable à forte attraction. La liberté réelle, finalement : celle d’aller non pas dans une direction ou une autre… mais dans n’importe laquelle, sans aucun respect pour les lois de la physique. Un monde qui a su me séduire par cet aspect, même si les fonds marins étaient perturbés de guerres intestines et de bien sombres dangers.

« Mais de bien sombres dangers parcourent les fonds marins. Il faut rester prudent, dans un tel environnement. »

Alors que je parle, sous le regard attentif de l’aigail, je poursuis mon entreprise pour m’emparer du coffre. Par chance, le cadavre est bien un cadavre, comme la plupart de ceux que nous avons rencontrés jusqu’ici, et ne retient pas de force son précieux trésor. Ce qu’il a dû faire avant de trépasser, sans nul doute, au vu des inquiétantes marques de griffures sur son couvercle de bois épais. Ainsi, quelqu’un aurait cherché à le préserver, à le voler ou… à l’ouvrir. En vain, que ce soit l’une, l’autre ou la troisième proposition. Quel secret revêt-il donc, aux yeux de cette civilisation éteinte ? Nous ne tardons pas à le découvrir, alors que la si délicieuse ondine joint son médaillon au mien dans le désormais rituel petit cliquetis mécanique, avant de l’insérer tout entier dans l’encoche du coffret, devant le regard bien vide de son ancien possesseur. La mort, elle seule, peut laisser ce vide. Un vide qui dérive petit à petit dans l’oubli, à tel point que la chair elle-même disparait, abandonnée de ce qui autrefois l’animait.

La serrure curieuse s’enclenche, et les doigts graciles de l’élémentaire aquatique ouvrent sans plus attendre le couvercle du coffret. Attentif, mes yeux sont rivés sur ce qu’il contient : une seule chose, unique et… pourtant significative et auto-suffisante pour raviver ma curiosité de cet endroit : un médaillon en forme de soleil. Exactement ce qui pourrait servir de clé à cette ultime et mystérieuse porte blindée. Je me félicite intérieurement, parce qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même, d’avoir choisi de visiter d’abord les étages avant de venir ici, dans ce souterrain secret. Ça nous a évité bien des allers-retours inutiles et longs. Je le regarde, ce soleil schématisé dans les mains d’Ixtli, alors qu’elle me le montre. Et quand elle part vers la porte pour l’y insérer, je ne la retiens pas. Voyons ce que cela peut bien faire. Et sans grande surprise, même si ça encourage encore davantage ma curiosité, la réaction est prévisible : la porte s’ouvre, alors qu’elle tourne la clé dans le mécanisme antique. De par son centre, elle coulisse en frémissant, ouvrant le passage vers la salle suivante de ce défilé emmuré depuis des générations. Je m’en approche, alors qu’Ixtli fait un pas à l’intérieur du nouveau lieu découvert. Car non, on ne peut plus parler de ruine, de souterrain ou de passage secret. Ni même d’une vieille cave d’alchimiste expérimental. Ce qui s’offre à nous est tout autre : une grotte souterraine, naturelle, sans doute le nid d’une ancienne nappe phréatique aujourd’hui presque asséchée. Les dimensions de l’endroit sont formidables, démesurées, et si je commençais à me sentir mal à l’aise de me retrouver depuis trop longtemps entre des murs sans avoir vu la lumière du jour, je tombe dans l’extrême inverse, pris d’un soudain vertige devant la vastitude de l’endroit.

La grotte est ornée d’un vaste lac souterrain, qui abrite lui-même en son centre une petite ruine délabrée sur un promontoire de pierre.

(Des ruines, encore !)

Encore, oui. Comme des prémices pessimistes du destin de ce monde, déjà perclus et détruit de l’intérieur, jusqu’au plus profond de ses monts au dehors enchanteurs. Sur tout le pourtour de la grotte, semblant faire une couronne à cette reine endormie, des escaliers usés par le temps et l’eau s’écoulant en cascade depuis la surface mènent à de nouveaux secrets. Je m’avance un peu dans la salle, regardant avec un émerveillement non feint tous les détails de cette découverte.

« C’est… à couper le souffle » murmuré-je à Ixtli, le souffle effectivement court, de peur de troubler la paix des lieux avec quelque écho mal placé. « T’attendais-tu à une telle découverte ? »

Légendes anciennes parlant de merveilles endormies sous les monts, mythes fondateurs évoquant la vie sous la croute des crocs… Je n’y connais rien, pour ma part. Mais Ixtli est férue de ce genre de littérature, et habitante de ce monde dont je ne connaissais même pas l’existence la veille.

Mais le culot et l’envie de découverte reprennent vite le dessus sur la béatitude admirative. Je repère une petite barque arrimée à une petite avancée sur le lac, de laquelle je me rapproche pour en vérifier l’état. Sans doute, dans le passé, menait-elle au centre du lac, sur ces ruines étranges. Chemin que je me sens hardi de parcourir à mon tour, non sans m’assurer que l’antique moyen de transport n’est pas pourri de l’intérieur, et ne cèdera pas sous notre poids. Notre, oui, car je sens qu’Ixtli ne me laissera pas faire seul. Je la sais, désormais, au moins aussi curieuse et intéressée que moi. Aussi n’attendrons-nous certainement pas longtemps, si les conditions le permettent, pour axer notre priorité sur le déplacement vers ce petit ilot, véritable carotte enthousiasmante devant l’âne volontaire que je suis.

(T’as déjà eu des métaphores plus fines…)

Comme pour vérifier, inutilement je le sens, la motivation de ma partenaire à me suivre, je lui tends la main en la questionnant :

« On traverse ? »

[1079 mots]

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 Sujet du message: Re: Les Crocs du Monde
MessagePosté: Mer 9 Sep 2015 21:58 
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L'humaine commençait à agacer sérieusement l'elfe bleu mais il ne pipa mot, préférant se taire et les laisser discuter sans vergogne, après tout, ce n'était pas lui qui était menacé d'un gigantesque cataclysme qui pouvait détruire les élémentaires en premier chef et le restant des habitants d'Elysian.

Il espérait sincèrement que ses confrères Earions et les Agails soient plus accueillants que les humains de la forêt ou que Marikani qui n'avait pas apprécié sa remarque certes désobligeante mais très juste. Les humains n'utilisaient-ils pas ce fameux dicton: seule la vérité blesse ? Le voleur n'était pas là pour ses beaux yeux ni même pour les élémentaires, il se trouvait présentement sur ce nouveau monde par l'ordre expresse de la guilde d'assassin qui l'avait recruté des années auparavant et sans aucun doute selon les vœux d'un généreux mécène ou d'une personne influente vu la nature extrêmement risquée de sa mission.

Sa main tendue fut rejetée par Thana sans même un regard pour sa personne. Les humains étaient tous décidément les mêmes, monde étranger ou pas, ils ne s'intéressaient qu'à eux-mêmes et osaient prétendre qu'un petit mensonge soit plus insultant qu'une levée d'armes d'hast. Marikani le rejoignit rapidement, faisant son paquetage prestement et remontant en selle pour le guider à travers la jungle vers la cité des élémentaires d'eau, Elivagar.

Si Ilmatar et ses sculptures ainsi que son architecture l'avaient charmé, il espérait qu'Elivagar dépasse toutes ses attentes les plus folles, mais si tel n'était pas le cas, il sentait que sa rencontre avec l'Esprit allait sans nul doute bouleverser sa vision des choses et la façon dont il regardait cette mission qui n'était qu'à ses débuts. Ayant gardé le silence pendant plusieurs, il rompit enfin cette longue chevauchée silencieuse, sans autre bruit que le sabot de leur chevaux.

- Le peuple de la forêt m'a donné une bonne idée de l'accueil qui nous sera réservé à Illyria, je préférais encore me jeter dans la gueule du loup et demander de l'aide aux pirates de l'archipel de Kanteros plutôt que de revoir cette Thana qui ne semble pas prendre conscience de l'ampleur des bouleversements de ce monde. Elle n'a certes plus sa magie, néanmoins elle voit les signes, elle en ressent encore les effets, les peuples d'Elysian ne devrait-il pas s'unir plutôt que chercher la division ?

Sans la regarder, ses yeux fixant le lointain, cherchant à découvrir les premiers vestiges de la cité tant recherchée, il voulut être certain que ses précédents propos sur son manque de tact n'influencent pas sa mission.

- Je sais bien que vous n'avez aucune confiance en moi et à votre place, je n'en aurais pas plus surtout que notre première rencontre ne s'est pas déroulée sous les meilleurs auspices. Je ne cherche ni l'or ni la gloire, je me satisfaits très bien d'être dans l'ombre de mes compagnons, néanmoins il me semble important de protéger votre culture qui me semble aussi riche que complexe. Et l'histoire de votre création donne à réfléchir sur ce que pourrait devenir Yuimen en cas de conflits entre nos divinités.

- D'ailleurs, cet artéfact, si tant est qu'il existe et qu'il ne soit pas juste une simple allégorie à je ne sais quel principe obscur, qu'en feriez-vous si nous vous le rapportions et qu'il soit bien à l'origine du drainage fluidique qui vous menace ? Ne vaudrait-il pas mieux le ramener sur Yuimen afin que personne ne puisse de nouveau l'utiliser pour affaiblir l'équilibre d'Elysian ? Je connais quelques contrebandiers nains qui pourraient faire passer en douce cette relique à dans l'un des tertres de leurs anciens qui sont protégés par des runes et selon certaines rumeurs par des golems, la description de ces derniers ne ressemble nullement à l'ambassadeur de Barkbane. Dans la cité naine de Rock Armath nombres de secrets y sont bien gardées.

((696 mots))

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 Sujet du message: Re: Les Crocs du Monde
MessagePosté: Ven 11 Sep 2015 03:33 
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Alerte, je l’étais au début, me promenant silencieusement de branche en branche tel un garde qui fait sa ronde en parcourant la forteresse de sa cité. La nuit était magnifique, nous dévoilant des étoiles brillante sur un fond bleu à peine moins foncé que celui de ma terre natale. Elysian jouissait de deux satellites naturels assez éloigné l’un de l’autre. Le premier se dévoilait presqu’entièrement alors que le second ne nous laissait voir qu’un petit croissant.

À quelques reprises, je vis des ombres, mais à chaque fois, elles demeuraient à bonnes distances, évitant sans doute la lumière émergeant du petit feu préparé par mes compagnons. Puis, la fatigue me gagnant légèrement, je décidai de m’adosser contre le tronc de l’arbre tout en poursuivant ma surveillance, celle-ci aidé par la lumière que me procurais les deux lunes d’Elysian. Je ne voulais point m’asseoir, craignant ainsi m’assoupir. J’avais la vie de mes deux compagnons à protéger et je tenais à remplir mon devoir de gardien. Et puis, ma tête commença à s’inclinervers l’avant et mes yeux menaçaient de se refermer, il était plutôt difficile pour moi de rester éveillé, mais je tenais bon. Et c’est au moment précis où mes yeux se refermaient de nouveau que j’entendis un petit bruit de branchage. Les yeux grand ouvert, de nouveau alerte, je scrutai les environs. A mon soulagement, j’aperçu Birhû qui venait tout juste de se lever afin de prendre la relève du tour de garde comme il l’avait annoncé plus tôt.

Après lui avoir souri, je rangeai mon arc et je me couchai sur une branche assez large, m’adossant contre le tronc de l’arbre. Je me laissai bercer par le vent dans le feuillage et j’inspirais lentement, humant l’agréable fragrance que dégageait le feuillu. Je m’endormis dans cet environnement qui me rappelait ma maison.

Puis une voix douce me réveilla, nous annonçant que nous devrions nous mettre en route. J’ouvris donc les yeux, me les frottai, puis m’étirai. Je replaçai ensuite mes cheveux, puis je descendis de la haute branche sur laquelle j’étais perchée pour rejoindre le golem et le loup.

« J’espère que vous avez aussi bien dormi que moi ! »
Leur annonçai-je tout sourire.

Birhû nous expliqua qu’il était préférable que nous partions alors que la température était encore fraîche, rendant ainsi le parcours plus agréable pour nous et nos montures. Malgré mon petit ventre gargouillant de faim, j’acquiesçai à sa demande. N’étant plus un lutillon, je pouvais attendre jusqu’à la première halte. J’appelai donc le choucas et je pris place sur son dos, caressant tout doucement son plumage en attendant mes compagnons. Nous nous mirent rapidement en route. Je suivis Birhû, tout en laissant au choucas le loisir de se dégourdir les ailes en prenant un peu d’altitude de temps en temps. Au fil de notre route, les plaines jaunissantes firent place au désert de sable. Et tout comme Birhû l’avait prédit, la chaleur devint écrasante et étouffante, si bien que je commençais à craindre pour le choucas. Le golem qui devait ressentir le même inconfort que nous, s’arrêta à l’ombre d’une dune. J’en profitai pour mettre pied à terre. Sans perdre une seconde, je sortis une gourde de mon sac, j'en versai dans ma main pliée en coupe et la tendit vers le bec du choucas. Ce dernier s’abreuva sans hésiter. Lorsqu’il fut rassasié, je pris une petite gorgée avant de tendre ma petite gourde à mes compagnons de route.

Birhû nous annonça alors que nous devions reprendre la route afin de se rendre au plus tôt à Barkhane. J’opinai de la tête et je pris place sur le choucas.

(((604 mots)))

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 Sujet du message: Re: Les Crocs du Monde
MessagePosté: Sam 12 Sep 2015 15:21 
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L'environnement dans lequel j'évolue semble bien différent que le précédent. La faune y est particulièrement présente. J'entends de temps en temps des piaillements, et des branches et bois qui craquent sous le poids d'une quelconque créature. Par chance, ou peut-être est-ce normal dans cette partie de la montagne, je ne croise pas monstre ou de grosse bête poilue et méchante. Le soleil est haut dans le ciel, et il me semble décroître tranquillement. J'ai intérêt à me dépêcher si je veux rentrer avant la nuit, grâce à l'étrange pendentif que l'on m'a remis à Ilamatar. En effet, je pense que cela sera la solution la plus facile pour passer la nuit en sécurité. Quitte à revenir ici une fois reposé. Je ne sais pas trop, de toute façon ce n'est pas le moment pour se poser ce genre de question existentielle.

Quelques traces et empreintes sur le sol poussiéreux et sec me ramènent à la réalité. Il ne faut pas que j'oublie que je suis dans un lieu qu'aucun aventurier n'a jamais foulé. Du moins, aucun Yuiménien. Jusque là, la flore ne semble pas bien différente de chez moi. Mais quand est-il de la faune ? Je ne sais pas, et j'imagine que je ne tarderai pas à le découvrir.

L'air me semble de plus en plus frais, au fur et à mesure que mes pas me guident sur la petite piste. Mon muutos est toujours actif, et je me sens bien comme cela : En vadrouille, vers une destination mystérieuse, uniquement guidé par une étrange phrase prononcée par un étrange Esprit, dans un étrange monde. Tulorim est maintenant bien loin dans mes pensées, et je suis avide de découverte. Qui sait ce que je trouverai là-haut ?
Quelques minutes et des mètres plus loin, je m'arrête net. J'ai cru percevoir quelques bruits dans un taillis un peu plus loin, sur la droite. Je m'accroupis presque instinctivement, pour que ma silhouette ne se découpe pas trop facilement sur le paysage derrière moi. Je ne sais ni ce que c'est, ni si cela représente un quelconque danger pour ma personne.

Dans le doute, je saisis mon arc et en quelques secondes, retend avec efficacité la corde. J'ai quelques flèches, et cela devrais suffire avant d'engager un combat au corps-à-corps. Enfin, cela si je dois combattre.
Je m'approche à pas de loup, arc et flèche dans les mains. J'ai pendant quelques secondes dans ma tête l'image d'un chasseur traquant une bête. Je n'aime pas cela, mais je n'ai pas le choix.

Les bruits ne me font pas peur, et ils ne semblent pas particulièrement dirigés vers moi et agressifs. L'être qui se trouve là et suffisamment imposant et massif pour faire bouger les branches autour de lui. Ce n'est pas juste un petit oisillon, ou un petit lièvre ou une quelconque bestiole comme j'en ai déjà entendu lors des dernières minutes passées à marcher. Je ne le distingue pas, donc logiquement lui non plus ne me voit pas. Mais ça, c'est sur le papier. Pour peu qu'il est des sens magiques ou je ne sais quoi, tout est permis sur un monde inconnu...

Je ne me sens pas trop de m'approcher davantage. Je suis à quelques mètres de là, à distance raisonnable. M'approcher serait m'exposer à un probable danger.
Je décide donc d'émettre un long sifflement avec ma bouche, de façon à prévenir la créature que je suis là et que je compte bien m'approcher pour voir à quoi elle ressemble.
Ce n'est pas une très bonne idée, mais je n'ai que ça comme solution.. En espérant que je ne me fasse pas croquer pour m'être arrêté pour ça.

(603 mots)

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 Sujet du message: Re: Les Crocs du Monde
MessagePosté: Sam 12 Sep 2015 23:06 
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Localisation: Elysian : Forêt d'Aetelrhyt (Quête 32)
La nuit tomba vite et bientôt, le ciel fut parsemé d'étoiles aussi magnifiques que scintillantes. Les deux lunes d'Elysian illuminait le monde comme en plein jour, offrant un spectacle aussi rare que saisissant. Terminant son casse-croûte avec appétit, Kalas se prépara rapidement avant de se préparer à une bonne nuit de sommeil. Il rassembla ses affaires et ajusta son sac pour lui servir d'oreiller et attrapa sa cape en peau de bête qu'il avait laissé accrochée aux sangles de sa monture. Le jeune homme sourit aux paroles de la lutine fièrement perchée dans les arbres, prenant son rôle de guetteuse très au sérieux. Comprenant qu'il était sous bonne garde, le Shaman put donc s'emmitoufler dans sa couverture rudimentaire et s'abandonner à la fatigue en baillant une dernière fois avant de s'endormir.

Il eu l'impression de se faire réveiller juste quelques instants après, mais Birhû lui indiquait bien qu'il s'agissait de son tour de garde. Sans rechigner visiblement, le jeune homme prit un court instant afin d'émerger de sa nuit trop courte avant de se transformer en loup.

(J'aurais un meilleur flair et une bonne sensibilité en cas où quelqu'un ou quelque chose tenterait de s'approcher. Et puis, il va falloir que je me dégourdisse un peu les pattes sinon je vais m'endormir...)

Le loup effectua plusieurs fois une ronde autour du camp jusqu'à voir les premières lueurs de l'aube se manifester à l'horizon. C'est au même moment que Birhu s'éveilla afin d'attirer l'attention de ses deux compagnons de voyage. Il leur expliqua rapidement la nécessité de partir au plus tôt, afin de profiter au maximum de la fraîcheur. Kalas ne comprit pas de suite le sens de ses paroles, se demandant comment le terrain et la température pourraient changer aussi rapidement. Il n'en tint cependant compte qu'un court instant avant de se changer à nouveau sous forme humaine, désireux de pouvoir remonter sur son cheval, le ventre vide malgré tout. Guasina salua la troupe et le jeune homme lui rendit avec joie, heureux de commencer sa journée avec un aussi joli sourire.

Les sabots de leurs montures avalèrent rapidement une bonne partie du trajet, quittant peu à peu la sèche nature de la savane pour se retrouver en plein désert brûlant et aride. Pour la première fois de sa vie, Kalas contempla les vastes étendues de sables qui s'étendaient jusqu'à l'horizon. Tout en ouvrant sa gourde, il détacha le noeud de son épais manteau de bête qui l'étouffait et avala plusieurs gorgées.

"Haaa... Quelle chaleur ! Je ne pensais pas avoir si tôt l'occasion de traverser un désert !'

En rangeant sa gourde au fond de son sac pour en conserver la fraîcheur le plus longtemps possible, le jeune homme s'essuya le front et tâcha de rester concentré sur le voyage pour ne pas avoir à penser qu'à l'accablante chaleur. Mais rapidement, Birhû indiqua qu'il était temps de faire une pause en pointant du doigt l'ombre d'une dune aussi haute que les collines aux alentours de Dehant.

En descendant de son cheval, Kalas remarqua la peine et la fatigue qui accablait sa monture, trop peu habituée à ce genre de température, surtout pour un voyage de cette envergure. Peiné et soucieux de son état, le Shaman choisit de sacrifier le reste de l'eau contenue dans sa gourde pour abreuver la pauvre bête, ne conservant qu'une gorgée en cas d'extrême nécessité. Tentant de rassurer le cheval par des caresses, Kalas se tourna vers l’élémentaire et lui fit par de son inquiétude au sujet de la survie de sa monture après avoir entendu ses consignes.

"J'espère que Barkhane n'est plus très loin, Birhu. Je m'inquiète pour mon cheval et je ne tiens pas à le laisser aux mains de ce désert..."

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Multi d'Ellyan Crow, Boucher des Murènes et Allen, Guerrier de Wiehl.


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 Sujet du message: Re: Les Crocs du Monde
MessagePosté: Dim 13 Sep 2015 14:37 
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Crocs du Monde - Andarsté

    En s’approchant, il devenait évident que ces ruines étaient bien plus anciennes encore que celles des Sindeldi d’Andarsté. D’elles émanaient une certaine force latente, perceptible alors que les deux explorateurs s’avançaient au sein de la grotte.

    Ixtli regarde autour d’elle avec une admiration faisant écho à celle de Cromax.

    - Non… non, je ne m’attendais pas à une telle découverte. Ou du moins ce n’étaient que des légendes dont il est difficile de distinguer le vrai du faux… C’est une grotte karstique, l’eau a creusé le calcaire pendant des milliers et des milliers d’années jusqu’à former cette cavité gigantesque… Je serais prête à parier que si l’on creusait dans toutes les directions nous trouverions d’autres grottes et boyaux, bien qu’elles ne soient sans doute pas aussi impressionnantes que celle-ci.

    La barque que teste Cromax, si elle semble ancienne, n’en a pas moins été efficacement traitée contre la moisissure et le temps, elle est encore utilisable malgré tant d’années. Ixtli prend la main tendue de Cromax et tous deux montent dans la barque. Une fois les rames prisent, ils voguent vers l’îlot central au sommet duquel une légère lueur émane. Arrivés aux trois quarts de leur trajet, une ombre apparaît dans l’eau, passant sous la barque en créant un léger remous.

    Ixtli écarquille les yeux en retenant un petit cri.


Crocs du Monde – Jättivuori

    Alors que Baratume s’avance, la bestiole ne semble tout d’abord pas le remarquer, mais à son sifflement, ses mouvements s’arrêtent soudain et, alors que le rôdeur s’approche encore plus, il peut apercevoir la source de ce bruit : une gigantesque créature à mi-chemin entre un sanglier et un brok'nud de Yuimen pourvu de très longues défenses ornées de pics qui sont également visibles sur le reste de sa tête.

    Image


    Grâce au sifflement de l’humain, toute l’attention du sanglier est tournée sur lui. Il souffle de ses naseaux, les yeux braqués sur lui, l'une des pattes s'enfonçant dans le sol comme s'il allait le charger. Il n’a pas l’air heureux du tout d'avoir été dérangé sur son territoire.


[Cromax – xp : 1,5 (post) ;
Baratume – xp : 1 (post)]


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 Sujet du message: Re: Les Crocs du Monde
MessagePosté: Dim 13 Sep 2015 17:27 
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La réponse à l’une des questions que je me suis posée en entrant dans cette immense salle souterraine s’impose bien vite à moi comme la plus logique des conclusions : les ruines de cette grotte, tant celles sur le petit ilot que les escaliers sur son pourtour, sont bien plus anciennes que celles d’Andarsté, et de ses riches palais autrefois fastueux. Bien plus anciennes. Une civilisation qui ne laisse aujourd’hui plus aucune trace connue, pas même le souvenir. L’endroit tout entier vibre de sa puissance endormie. Pas physiquement, bien sûr, mais il est clair qu’une force habite ces roches et ces pierres. Une force que nul n’a éveillé depuis des millénaires, et qui attend son heure, tapie sous des ruines, sous des villes, sous des monts. Une découverte majeure, qu’Ixtli prend au moins autant que moi plaisir à observer.

Elle me précise l’origine géologique de la grotte, créée non pas par une nappe phréatique comme je l’ai cru initialement, mais par la pierre calcaire creusée petit à petit par l’écoulement des eaux extérieures jusqu’à créer, après des millénaires, cette immense cavité. À dire vrai, vu la hauteur du lieu, je n’ai à aucun instant imaginé que nous étions si bas sous la surface. Grotte karstique, voilà le nom qu’elle lui donne. Elle doit particulièrement s’intéresser à la nature de la planète elle-même, pour connaître autant de détails sur sa composition, et les événements créant sa physionomie externe et interne. Elle se montre ainsi érudite, en plus d’être jeune et séduisante. Une perle rare, sans en douter. Même parmi les siens. Elle pose l’hypothèse de nombreux tunnels jouxtant la cavité, creusant sans doute une immense superficie sous la surface des Crocs du Monde. Des Crocs bien cariés, si l’on en croit son explication. Pour ma part, ça m’arrache un frisson. Une seconde explosion de l’ampleur de celle qui a dévasté Andarsté pourrait très bien faire s’effondrer les monts et détruire toutes les cités des élémentaires sans la moindre difficulté, si les secousses sont trop fortes. Un effondrement littéral du monde… Et d’Ilmatar, bien proche, en l’occurrence. La connaissance de tels détails par des ennemis puissants et mal avisés pourrait s’avérer horriblement destructrice.

(Et nous ne le sommes pas, n’est-ce pas mon Cromax ?)

(Non. Non, nous ne le sommes pas.)

Je n’aime guère quand elle fait ce genre de sous-entendu. Il n’y a aucune raison pour qu’elle ou moi soyons amenés un jour à faire péter ce dôme de pierre pour détruire les Crocs et leurs habitants. Mais dans le discours de l’ondine, une chose a attiré mon attention cependant. Et alors qu’elle me rejoint sur la barque, d’assez bonne facture et conservation malgré son âge, je m’adresse à elle en réponse à ses dires.

« Tu parlais de légendes… Que disent-elles ? »

Même si l’on ne sait en distinguer le vrai du faux… Il me sera toujours plus utile d’avoir une base sur laquelle m’appuyer pour visiter cet endroit renfermés et autrefois protégé. En attendant sa réponse, je prends place à mon tour et m’empare des rames pour nous mener vers l’ilot central. Je dois avouer n’avoir jamais vraiment voyagé en barque, aussi galéré-je un peu au début, avant d’atteindre une stabilité de conduite et une vitesse plutôt bonne alors que l’embarcation glisse sur l’eau sans bruit autre que le clapotis des rames brisant sa paix en de multiples ondes s’étendant sur sa surface tranquille. Mais un remouds inattendu et un hoquet de surprise d’Ixtli me fait sursauter. Une ombre mouvante, noire et immense, vient de passer sous la barque. Une créature ancestrale qui ne sera sûrement pas un allié. Un gardien protégeant son trésor.

(Merde…)

Je me tourne vers la jeune aigail, me concentrant pour poursuivre notre avancée, mais avec un rythme plus endiablé, afin d’atteindre la rive avant que la bête ne nous fasse chavirer, et lui adresse une supplique.

« Ixtli. Toi qui maîtrise l’eau, essaie de faire en sorte que ce truc reste immergé autant de temps que possible. »

Je sens assez mal un combat dans une eau où je n’aurais pas pieds tout équipé mais sans masque respirateur, cette fois. D’abord tenter de fuir, de ne pas déranger plus longtemps la bestiole. Ne pas l’agresser ou l’attaquer sans qu’elle ait montré d’intention belliqueuse. SI elle le fait, par contre… Il faudra se préparer au combat. En espérant que nous puissions parvenir d’ici là sur l’ilot central. Et une fois de plus, je redouble d’effort sur les rames et mes prises dessus se font fermes et intenses, quitte à sentir les muscles de mes bras et de mon dos brûler sous l’effort.

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 Sujet du message: Re: Les Crocs du Monde
MessagePosté: Ven 18 Sep 2015 11:57 
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Crocs du Monde – Andarsté

    - Je vais plutôt faire en sorte que nous, nous restions émergés, rétorque la jeune femme non sans une certaine tension dans la voix.

    Elle ferme alors les yeux, serrant les rebords de la barque dans les mains et cette dernière semble soudainement prendre de la vitesse, comme si elle était poussée par une force invisible. Un second remous se fait sentir, cette fois-ci devant eux et l’instant d’après le barcasse passe au même endroit. Puis le silence. Un autre remous, plus lointain. Une petite dorsale bleutée qui fend la surface de l'eau avant de replonger.

    Quelques secondes plus tard, la barque heurte l’îlot central et Ixtli attend que Cromax quitte l'embarcation pour rompre sa concentration et à son tour se précipiter sur la terre ferme. Sur l’îlot, quelques marches extrêmement anciennes remontent vers le haut flanquées de colonnades à moitié écroulées, témoins de la beauté qu’avait dû être ce lieu, bien, bien longtemps auparavant. Un peu plus haut encore, ils peuvent observer l'intégralité de l'îlot. Sur la gauche part un petit pont qui mène à une autre plateforme, elle aussi reliée à une dernière, plus grande. Lorsqu'ils s'engagent sur le premier pont, ils peuvent apercevoir de nouveau la forme mouvante, gigantesque, qui parcourt les eaux sombres du lac. Au bout du second pont se trouvent encore quelques marches qui mènent à une sorte d'autel en pierre, formée d'une grande dalle massive parcourue d'étranges vagues d'une lueur bleutée. Deux encoches se trouvent gravées dans la pierre, aux formes exactes de chacun de leurs pendentifs.

    - Bon, je crois qu’un dilemme s’offre à nous, commente Ixtli en regardant l’autel. Soit on place les pendentifs sur la pierre en espérant que ça ne va pas invoquer et énerver la créature du lac, et on avise de ce qu’il se passe, soit on ne fait rien et on espère pouvoir atteindre l’autre rive assez vite pour ne pas finir en cure-dent pour créature marine.

    L’expression de l’Aigail ne laisse aucun doute sur la solution qu’elle préfère.


[Cromax – xp : 1 (post)]


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 Sujet du message: Re: Les Crocs du Monde
MessagePosté: Dim 20 Sep 2015 12:36 
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Plutôt que de suivre mon conseil et de garder ce monstre immergé sous la surface du lac souterrain, Ixtli préconise plutôt une émergence stable de notre moyen de navigation, poussant ses flux internes à accélérer la vitesse de notre embarcation, déjà bien poussée par la hâte de mes mouvements presque élégants pour faire brasser les rames de concert. La puissance incarnée dans… la détresse prudente envieuse de la sûreté, peut-être éphémère, d’une terre sous nos pieds. Détresse que je perçois également dans la voix de ma jeune et jolie compagne, une fois passé outre l’assurance bonne-enfant de ses propos. Oui, ça me va aussi, qu’elle se concentre à ce que nous restions émergés, hors de cette eau où je n’ai aucune envie de mettre les pieds, de peur d’outrepasser l’envie de calme de ses… son résident colossal.

Ainsi donc, se concentrant pendant que je rame, elle agrippe notre frêle esquif et en remue la queue imaginaire de sorte qu’elle nous pousse avec plus de vélocité sur les flots ténébreux. Un second remous se fait sentir, à l’avant de l’embarcation, mais je n’ose tourner la tête de crainte de ne freiner mon ardeur. Je continue de pagayer. Rame, rame, rameur, ramez. On n’avance à rien dans ce canoé. Et comme en écho à la première onde, une seconde nous percute, de provenance plus lointaine cette fois, vers l’arrière de la barque. Cette fois, j’aperçois un bout du bestiau, une crête dorsale bleutée ne me disant rien qui vaille transperce la surface, de celles qui ornent le dos des plus dangereuses créatures sous-marines ou… des dragons. Je déglutis bruyamment à cette idée. Nous sommes sur un autre monde que sur Yuimen, leur occurrence est possible. Un être millénaire endormi depuis des centaines d’années dans un endroit souterrain oublié.

Ça rappelle quelques légendes. J’espère tout de même que ça n’est pas le cas : la dernière fois que j’en ai rencontré un, aquatique qui plus est, c’était sur Verloa… Et j’ai failli finir la tête aplati sous sa grosse patte pesante, ma tête écrasée comme un raisin par sa force monumentale. Par chance, la sagesse du noble animal a préféré la pitié face à mes implorations pleines de soumission. Quelle plaie que j’ai dû ainsi m’abaisser, fut-ce devant un être parfait. Le Dragon d’Oaxaca, lui, passion de celle qui vit en ma sœur, je l’ai savamment évité sans devoir, cette fois, ramper. J’ai peut-être sacrifié nombre d’autres êtres, pour ce faire… Mais ça ne m’importe que peu. Je revois en image Sinaëthin, une amie, mais également la responsable de la mort de Fléau. Fière, elle ne se serait jamais soumise à Oaxaca comme Daïo et son compagnon mi-homme mi-animal l’ont fait. Tout comme la mage rousse à la gratitude effacée et son ami masqué à la lyre chantante. Ils sont sans doute morts tous les trois, dépecés par le monstre noir d’Oaxaca.

Un dragon. L’idée n’est pas folle, même si désespérée. Elle s’insinue en moi comme un poison, et un frisson me parcourt l’échine alors que nous débarquons sur l’îlot central. Je quitte la barque sans tarder, aidant Ixtli à en descendre elle-même, tendant la main pour qu’elle ne perde pas l’équilibre en retrouvant la terre ferme. Je ne m’y sens pas tout à fait à l’abri, en vérité, et je souffle à la demoiselle de mes pensées :

« Ne traînons pas. »

Nous gravissons sans tarder quelques marches antiques et usées, ombres de ce qu’elles furent autrefois, vers un sommet flanqué de colonnes en ruine, dont les débris parsèment les alentours, certains dépassant de la surface de la bordure du lac, salis de mousse foncée. Nous continuons l’ascension jusqu’à avoir un point de vue général sur l’îlot. Du haut d’un pont de pierres menant à une seconde partie de ce groupement rocheux, nous apercevons en contrebas la silhouette sombre de l’être nageant dans le lac. Nous traversons le premier sans demander notre reste, et aussi rapidement le second, jusqu’à nous retrouver sur une plateforme au sommet du troisième ilot, plus grand que les deux autres. Là, une sorte d’autel à la gloire d’un dieu du passé, d’un roi d’antan ou d’un héros déchu forme l’unique ameublement.

(Ou d’une puissante créature…)

Je frémis, mais n’en garde pas moins un œil reculé sur la chose : une grosse dalle d’un minéral étrange, comme parcouru de vagues bleutées, marbre aquatique et mouvant empli d’une magie certaine. Je suis absorbé par le spectacle qu’elle m’offre. Une chose d’une grande puissance, sans en douter.

Ixtli me coupe dans ma contemplation muette en précisant qu’un choix drastique s’offre à nous : insérer les pendentifs en notre possession dans les encoches effectivement prévues à cet effet, sans en connaître les conséquences, et prenant donc des risques inconsidérés, notamment sur l’effet que ça pourrait avoir sur la créature du lac, comme elle le dit si bien… ou ne rien faire et retourner sur nos pas, bredouilles. Je lève un sourcil en me tournant vers elle. Est-on vraiment du genre à tout laisser tomber devant l’inconnu ? Je m’exclame, provocateur :

« Prudence est mère de vertu. Hélas, je ne suis fait que de vices. »

Et sans plus attendre, j’introduis mon talisman dans l’encoche s’y rapportant, comme je le ferais de mon vît dans l’antre humide d’une conquête gorgée de désir. Avec une impatience et une envie d’en découdre non feinte, donc. Et j’attends avec autant d’impatience que l’ondine en fasse de même. Advienne que pourra : l’avenir seul nous le dira.

[913 mots]

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 Sujet du message: Re: Les Crocs du Monde
MessagePosté: Dim 20 Sep 2015 20:42 
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Localisation: Quête 32 : Elysian | À la recherche des Hypogriffes perdus
À mon sifflement, la bête s'arrête soudainement de bouger. Je fais encore quelques pas, toujours sur la défensive, mais ma curiosité l'emporte encore. Un pas de plus, et je peux enfin discerner l'étrange créature.
Je me retiens de prendre mes jambes à mon cou. La rencontre en vaudrait la peine, en réalité. Je suis peut-être un bretteur, mais je n'ai jamais eu à rencontrer ce genre de situation plutôt merdique en somme.

Me voilà donc face à ce qui semble être une grosse truie. Mais sans le côté féminin de la chose, si tant est qu'il existe. Un énorme sanglier, disposant de longues et solides défenses, me fait face. La multitude de pics ornant son crâne et son museau me laissent perplexe. En destrier, cela ne doit pas être mal, comme truc. Malheureusement, elle ne semble pas vraiment encline à la discussion et à l'équitation.

Tournée entièrement vers moi, je semble être sa seule source d'occupation. Quel veinard je suis ! Un sourire nerveux s'affiche désormais sur mes lèvres. Soufflant un bon coup avec ses grosses narines, l'une de ses pattes avant semble gratter le sol légèrement. Déjà que de base, l’esthétique de la chose ne prête pas à la gentillesse et à la bienveillance, la vision de la créature chargeant finit de me faire perdre le peu de courage que j'ai.

Je n'ai pas d'autres réflexes que de prendre mes jambes à mon coup. Peut-être que cela me coûtera ma vie, je n'en sais rien. Si c'est le cas, j'aurai au moins été sur un nouveau monde. La classe, quand on y repense. Je ne sais pas si les Sylphes retrouveront mon corps et érigeront un petit monument à ma mémoire, sur le côté du petit sentier. J'imagine déjà l'inscription qu'il portera : À la mémoire de Baratume Vorn de Tulorim, le rôdeur mort par curiosité.

Sans déconner, cela ne peut pas se terminer comme ça. Je détale donc, prenant bien garde quitter la ligne de mire de la bestiole. Mon muutos est toujours activée, cela me servira peut-être à lui faire peur où je ne sais quoi, même si cela m'étonnerait qu'une telle créature ait peur de quelque chose.
Il faut que je mette le plus de distance entre le monstre et moi. Et pour ça, je me concentre sur ma respiration et j'essaye de faire en sorte de ne pas tomber. Cela serait plutôt cocasse de trébucher...

(400 mots tout pile)

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Tentative d'utilisation de l'aptitude RP "Course"

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Multi de :
Hawke de la maison Zear'ël', Sindel, Chevalier du Chaos
Eva d'Arkheval, Semi-elfe, Enchanteresse


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 Sujet du message: Re: Les Crocs du Monde
MessagePosté: Mer 23 Sep 2015 10:30 
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Crocs du Monde - Andarsté

    A la réponse de Cromax, Ixtli lui lance un sourire fauve et décroche à son tour son pendentif qu’elle place dans l’encoche, dans laquelle il s’emboîte lui aussi parfaitement. A l’instant où les deux pendentifs furent posés, les arabesques bleutées qui agitaient la dalle de pierre se mirent à irradier d’une lueur plus forte, à bouger avec frénésie, donnant l’impression de pénétrer par vagues dans les bouts de métal si finement ciselés.

    Et puis soudain, plus rien. Plus aucune volute bleutée dans la pierre, seulement une dalle de roc gris, nu, sans rien dessus que des aspérités naturelles. Lorsqu’Ixtli tendit la main pour se saisir de son pendentif, elle poussa un très léger cri de surprise. En effet, ceux-ci étaient à présent orné des mêmes arabesques bleutées, bien que figées dans le métal et le décoraient de volutes nacrées, irisées.

    - Et bien ça, c’est étrange… murmura-t-elle en passant un doigt sur la lune gibbeuse que Cromax lui avait attribuée.

    Elle lança un regard à Cromax.

    - C’est… quelque chose dont je n’ai jamais entendu parler… Je me demande… (Elle secoua la tête, comme si pour elle la notion qu’elle avait en tête était trop étrange pour être crédible) Je me demande si…

    Mais elle n’eût pas le temps de poursuivre ses paroles, car soudain les flots se fendirent, faisant apparaître une créature gigantesque, à mi-chemin entre un serpent, un poisson et une créature munie de crocs. Il était grand, bien trop grand et avait un corps long et écailleux, entièrement parcouru d’une dorsale. Deux nageoires semblaient battre l’eau juste en-dessus de son cou entièrement immergé. Il braquait droit sur eux des orbites jaune dément et sa langue pendait de ses crocs acérés, chacun grands comme un avant-bras.

    Image

    - Si jamais on se demandait où allaient toutes les expériences bizarres des Sindeldi... murmura Ixtli en écarquillant les yeux.

    Un Léviathan sauvage était apparu.


Crocs du Monde – Jättivuori

Sanglier : réussite partielle.


    Le sanglier, prenant la fuite de Baratume comme un appel, se lance à sa suite, martelant le sol de ses sabots. Par bonheur pour le rôdeur, le sanglier, pour l’atteindre, doit passer par les fourrés et semble s’empêtrer un bref instant dedans avant de réussir à passer, mais il doit reprendre sa course pour le suivre, ce qu’il ne tarde pas à faire, reprenant rapidement de la vitesse. Car, si le rôdeur court plus longtemps d’une personne normale, il n’est pas capable de rivaliser avec la vitesse d’un suine massif lancé à pleine vitesse. S’il a perdu du temps dans les fourrés, il est sur les talons du rôdeur.

    Que fera-t-il, se laissera-t-il rattraper ? Parviendra-t-il à faire un coup d’éclat ? Ou continuera-t-il à courir ? La suite à la prochaine réponse.


[Cromax – xp : 1,5 (post), 0,5 (acquisition du Croissant d'une Lune d'Andarsté) ;
Baratume – xp : 1 (post)]


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 Sujet du message: Re: Les Crocs du Monde
MessagePosté: Mer 23 Sep 2015 18:35 
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Sans plus tarder, comme je m’y suis attendu, Ixtli joint son geste au mien, et ensemble, nous insérons nos pendentifs dans l’interstice prévu à cet effet de la stèle en pierre irradiant de cette lumière bleutée presque inquiétante. Je lui frôle la main alors qu’elle la retire, et plonge mon regard dans le sien, alors qu’un sourire satisfait et amusé orne ses lèvres claires. Mais son attention à elle est toute réservée au collier, que je regarde à nouveau l’instant d’après, alors que l’iridescence du minéral semble s’accentuer, illuminant subitement les alentours d’une vive aura bleutée. Les vagues parcourant la pierre s’agitent et semblent se ruer vers les deux pendentifs, comme s’ils étaient animés soudainement d’une vie propre. Comme si un processus magique complexe trouvait finalement son aboutissement, comme un être seul et isolé pendant tellement de temps qu’il a oublié ce qu’était l’autre, ce qu’était la vie, et qui voit tout à coup une personne apparaître devant lui. Tout s’agite, tout se remue par vagues successives vers le duo de pendentifs, avant de brusquement s’éteindre.

Tout redevient alors calme, sombre, paisible. Mes yeux, fixés avec frénésie sur l’événement clignent enfin, alors que mes sourcils se froncent. Mais je n’arrive pas à décrocher le regard de la dalle, sur laquelle je pose une main curieuse, frottant la pierre en y glissant la paume. Rien. Elle ne semble plus que vulgaire roc taillé en des temps ancestraux. Ixtli, plus vive et curieuse que moi, brule d’impatience et reprend possession de son pendentif. Je ne m’en rends moi-même compte que lorsqu’elle pousse un petit cri surpris, les yeux rivés sur son pendentif qui reflétait désormais les mêmes volutes irisées que la pierre l’instant d’avant. Surpris moi aussi, je me tourne vers ma partie du pendentif complémentaire, et constate le même effet sur le croissant de lune : il brille désormais de vagues de lumière bleue, parcourant en arabesques fluides sa surface sculptée. Je me saisis du pendentif et l’amène plus près de mon visage pour en admirer les détails nouveaux, nacrés. Ixtli exprime sa surprise, et commence à évoquer une éventuelle théorie sur les deux artefacts sans doute puissants que nous venons de récupérer, précisant tout de même qu’elle n’a jamais vu ni entendu parlé d’une telle chose.

Dans ses mots, on sent qu’elle se creuse la cervelle pour trouver de quoi il pourrait bien s’agir, et je suis littéralement pendu à ses lèvres, attendant la révélation suprême qui livrera à mon esprit la connaissance des forces ou des malédictions d’un tel objet, mais… ses paroles se suspendent dans les airs, s’interrompant d’elles-mêmes alors que mon impatience vacille.

« Si… »

Mais elle n’a guère le temps de répondre, ni même d’entendre mon insistance curieuse de ses propos hésitants, elle qui est si assurée d’habitude. Une forme jaillit de l’eau, fendant de toute sa masse la surface du lac, puissamment, jusqu’à se projeter vers nous en une ombre gigantesque qui nous surplombe vite, alors que je n’ai pas même eu le temps de tourner la tête. Je le fais pourtant instantanément, pour me retrouver nez à nez – enfin, façon de parler puisque son museau fait à peu près la taille de mon buste entier – avec une créature sortie tout droit d’une légende ancienne, d’’un cauchemar d’enfant imaginatif, d’un conte pour effrayer petits et grands au coin d’une flambée lors d’une longue soirée d’hiver. Oui, là, surgissant des flots avec fougue, perlé de gouttes glissant sur ses écailles lisses et bleutées, un monstre immense se dresse comme mon vît devant l’antre humide d’une conquête gorgée de…

(Non mais… Tu l’as déjà faite celle-là ! Il serait temps de penser à les renouveler, un peu.)

Bref, quoi qu’il en soit, cette chose est énoooorme. Comme ma… volonté ardente d’en apprendre plus à son sujet, sitôt qu’il m’apparait, fixant sur moi deux yeux jaunes qui semblent emplis de folie, de frénésie meurtrière. Ce monstre du lac, que l’on appellera Nessie pour l’occasion, juste parce que, qui semblait si paisible l’instant d’avant, bousculant en la remarquant à peine, sans doute, notre barque voguant avec ferveur vers la rive de l’île aux mystères, s’éveille avec fougue pour nous menacer de sa présence et de sa toute puissance. Car je n’en doute à aucun instant : c’est un putain de truc monstrueusement dur à tuer. Et qui ne pense qu’à une chose : nous bouffer fissa, et sans plus tarder.

(Un dragon ? C’est un énorme putain de dragon ?)

(Non. Pas exactement, je dirais.)

Effectivement, la chose, serpentine bien qu’immense, ne semble avoir pour pattes que deux nageoires antérieures immenses qui battent l’eau du rivage avec la force d’une tempête, amenant des vagues écumantes qui s’écrasent sur le roc jusqu’ici débonnaire. Une dorsale, que j’ai déjà pu apercevoir lors de son petit coucou à la surface quelques minutes auparavant, parcourt sa colonne vertébrale, si tant est qu’il en ait une. Enfin, il en faut bien une pour soutenir toute cette masse de chair et de muscles qui se dresse avec fureur face à notre pauvre duo paré de beaux colliers. Sa tête, en revanche, peut aisément faire penser à celle d’un dragon. Saurienne en plein, à l’œil jaune étincelant, cernée de cornes dont la plus impressionnante, et menaçante, pointe au milieu de son front. Elle est aussi grande qu’Ixtli, et pointue malgré tout. Le genre de truc que tu n’aimerais pas te prendre dans le bide. Quoique, quitte à se faire embrocher, autant que ça soit par quelque chose de cet acabit. Au moins on ne souffrirait pas. Parce que si c’était l’un de ses crocs ornant avec une trop nombreuse occurrence ses gencives purpurines, ça ferait un purin de mal de chien. C’est que ça vous arracherait un bras sans prévenir, un truc comme ça. Un tel monstre, je n’en ai jamais entendu parler. C’est au-delà de tout. Si j’y survis, je pourrais officiellement être surnommé Légende moi-même.

Survivre. Voilà de quoi il est question maintenant. Ixtli, inconsciente et stupéfaite, commenta l’apparition colossale en arguant que tel était le résultat, ou tout du moins la raison de toutes les expériences des Sindeldi. Vivaient-ils pour cette créature ? Était-elle en leur pouvoir, de leur vivant ? Peut-être était-elle petite, à l’époque. Jeune. Mais… elle a vieilli, pendant plus de deux millénaires, et voilà le résultat : un monstre aquatique titanesque. Survivre, oui. Et alors que l’ondine s’étonne de cette apparition qui nous scrute comme un ogre admirerait deux cuissots saignants et luisants de graisse au milieu d’une purée de marrons, mon armure végétale s’active presque comme un réflexe de survie, couvrant tout mon corps de cette matière verte solide et souple qui forme la tige des roses… Et des roses, je me pare aussi des épines, qui parsèment ma peau avec une soudaine ferveur. Ah ça pour sûr, je mérite le surnom de porc-épic. Ou de porc épique. Au choix, selon que j’en sorte mort ou vif. Quoiqu’il en soit, ainsi paré, on a nettement moins envie de me faire des câlins. Peut-être Nessie aura-t-il moins envie de me manger ? à moins qu’il n’aime les plats relevés, bien sûr : je ne dois pas manquer d’un certain piquant.

Je tends la main qui tient le pendentif vers les yeux du monstre, brandissant comme un talisman protecteur, avec force et assurance notre nouvelle acquisition. Avec un peu de chance, ça l’impressionnera. Ou au moins cela attirera-t-il son attention sur moi, ce qui laissera à Ixtli l’occasion d’agir. Fuir en me plantant là, user de ses pouvoirs pour nous sortir tous les deux de là. Avec une préférence pour la seconde option, bien sûr. Et d’une voix ferme, mais douce, forte, mais non agressive, je m’adresse au… truc.

« Tout doux, Nessie. Calme-toi. Retourne à tes eaux, et nous quitterons ta grotte. »

J’y crois assez peu, mais au moins pendant que je parle, il y a une chance pour que ça l’occupe et qu’il oublie temporairement de nous déchiqueter sans pitié pour nous engloutir avec appétit dans son gosier avide.

De ma main libre, cependant, je dégaine mon petit poignard bleuté, que je change en une lance aussi longue qu’acérée, la gardant en retrait, non menaçante, pointe vers le bas… Mais paré à la redresser au moindre mouvement offensif de cette chose gigantesque pour lui planter en travers de la tête. Au moins pour dévier son premier assaut, si jamais il attaque.

(Les autres ne vont jamais me croire…)


[1402 mots]

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 Sujet du message: Re: Les Crocs du Monde
MessagePosté: Ven 25 Sep 2015 20:14 
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Crocs du Monde – Andarsté

Nessie : échec.
Cromax : réussite partielle.
Ixtli : réussite partielle.


    Le… truc observe de ses yeux fou Cromax prononcer ses quelques mots et semble un instant observer le bijou, mais, dès que la lame à sa main se change en lance, la créature pousse un énorme rugissement, cacophonique, et plonge vers Cromax, la tête la première. Ixtli saute sur le côté pour se mettre en retrait et Cromax parvient à esquiver la créature et à porter un premier coup, qui cependant ricoche sur les écailles du léviathan.

    La jeune Aigail, pendant ce temps, fait une série de gestes avec les mains et les bras et un gigantesque bras d’eau, s’élève depuis le lac et vient percuter la créature qui s’en retrouve un bref instant déséquilibrée.

    - Je crois qu'elle résiste à l'eau... dit Ixtli malgré le coup porté.

    Cromax est du côté du pont, tandis qu’Ixtli est du côté de l’autel. Le léviathan commence à se redresser avec un autre rugissement puissant.

    - Cours de l'autre côté, pars ! Je l'occupe ! crie Ixtli, s'attirant l'attention de Nessie.


[Cromax – xp : 2,5 (post)]


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