L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Les Crocs du Monde
MessagePosté: Mar 25 Aoû 2015 21:24 
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Localisation: Elysian : Forêt d'Aetelrhyt (Quête 32)
Quand Guasina lui rendit son signe du poing, Kalas ressentit presque toute sa bonté et sa gentillesse se répercuter dans son corps comme un vague apaisante. Ses paroles et son sourire avait su apaiser, momentanément du moins, le cœur encore meurtri du Shaman ayant perdu les siens. Il n'était plus nécessaire de repenser au malheur qui avait été encouru quand un être petit de chair mais grand de cœur se dit être son ami, et c'est précisément ce que ressentait le jeune homme. La sensation de calme dans son cœur semblait presque irréelle, tant la souffrance de la solitude et de l'abandon s'était imprégnée dans sa personne. Il avait quitté la Meute jeune et immature, mais jamais il n'avait jamais pensé possible de grandir en si peu de temps.

Au même moment, Birhû leva la voix jusqu'à eux, du haut de son bouc. Il désapprouva le fait que ce pouvoir de métamorphose soit une malédiction ou un don, sans préciser ce qu'il en était. Pour l'élémentaire, seule la façon de l'utiliser traduisait réellement l'origine de cette capacité. Les choix, les actions et les conséquences ne dépendent que de ce qu'on peut en faire et surtout ce que l'on veut en faire. Il s'arrêta un bref instant en observant attentivement la courageuse lutine et le jeune humain s'entendre d'un simple geste qui voulait tant dire. Finalement, il les rassura dans ses explications, déclarant qu'ils lui avaient montrés un sentiment de faire le bien autour d'eux.

Agréablement surprit par la remarque de Birhû, Kalas inclina la tête d'un mouvement rapide et le remercia sans attendre.

"Merci, Birhû. Vos paroles me vont droit au coeur. Vous dites peu de choses, mais vous êtes pourtant fort agréable à entendre !"

Le visage de la lutine s'illumina de l'un de ses adorables sourires d'enfant espiègles accompagné d'un rapide clin d’œil, puis elle sauta à nouveau sur son oiseau qui s'envola dans un rapide battement d'ailes. Amusé, Kalas retira son poing et rattrapa les rênes de son cheval, avant de se baisser doucement et de passer sa main sur son encolure. La monture souffla part les naseaux en secouant la tête, semblant apprécier les caresses de son cavalier.

"Toi aussi, tu vas nous aider ?"

Après plusieurs minutes de marches, le groupe dépassa la limite de la forêt, sentant le souffle du vent bien plus fort et chaud maintenant qu'il n'était plus gêné par les arbres. D'une nature fraîche et verdoyante, le paysage se transforma en une immense étendue d'herbes jaunies par le soleil sur laquelle se dressaient encore de rares arbres aux feuilles absentes. Non loin, la chaîne montagneuse semblait plus proche que jamais, voilant le soleil de la fin de l'après-midi d'énormes nuages émanant des cimes enneigées. Malgré sa préférence pour les forêts, Kalas trouvait l'air fort agréable et ne manqua pas d'abaisser sa capuche pour mieux sentir le vent caresser son visage, dévoilant les boucles de ses cheveux bruns à l'air libre.

Birhû stoppa la compagnie un instant et proposa de s'arrêter à la sortie de la forêt avant d'atteindre Barkhane dans la matinée. Le jeune homme trouva l'idée bonne, sentant ses muscles tendus après la bataille contre les Gouarges. Il avait été sur ses gardes pendant quelques heures depuis sa transformation et la fatigue se ressentait tant physiquement que mentalement. Aussi, Kalas acquiesça d'un signe de main et descendit de son cheval avec prudence, encore trop inexpérimenté dans l'équitation pour sauter d'un bond de son dos. D'un regard seul la zone où ils s'étaient arrêtés, le Shaman paru satisfait jusqu'à ce que Guasina demande d'une voix forte si l'endroit était sûre. Sans manquer de louper la réponse de l'élémentaire, le jeune homme détacha son sac de sa monture et s'avança au pied de l'arbre qui semblait attirer l'attention de la lutine. Alors qu'il allait lui poser la question, elle déclara vouloir passer la nuit dans ses branches, le végétal lui rappelant celui de sa famille. La petite rouquine proposa également au Shaman de passer la nuit à côté des racines s'il le désirait. Indifférent de l'endroit où il allait dormir, Kalas s'asseya contre l'arbre et déballa le contenu de son sac, son ventre commençant à lui sommer de se nourrir. La lutine termina en proposant un système de tours de gardes afin de ne pas subir de nouvelles attaques en se désignant pour le premier tiers.

"L'idée n'est pas mauvaise, Guasina. De toute façon, je dormirais en Hurlenuit ce soir, afin de parer à toute éventualité de mauvaises rencontres. Les bêtes sauvages devraient être réticentes à l'idée de s'approcher de moi, surtout si je porte encore l'odeur des carnassiers de tout à l'heure."

Sur ces mots, il avait déjà commencé à mordre dans le gros pain de céréales qu'il avait sorti de son sac, jusqu'à préférer le déchirer pour y glisser une ou deux lanières de viande séchée et quelques lamelles de fromage. Une fois son casse-croûte rudimentaire terminé, le jeune homme le dégusta avec délice en s'appuyant davantage contre l'arbre et regarda le ciel en perdant son regard sur les nuages. Kalas pensa un instant à la cuisine de son père qui lui manquait cruellement et ne manqua pas de le faire remarquer à ses compagnons de voyages.

"Je ne sais pas pour vous mais moi, j'ai envie de manger comme un ogre ! Elysian m'ouvre l'appétit comme ce n'est pas permis, j'ai hâte d'arriver à Barkhane pour manger un véritable festin !"

Le jeune homme se ravisa rapidement sur ses paroles, ne souhaitant pas faire regretter la promesse de maturité qu'il avait faite plus tôt.

"Heu, enfin... Je sais que nous ne sommes pas venus sur ce monde pour nous goinfrer, désolé..."

Terminant avec entrain le reste de son sandwich, il reposa les yeux sur le ciel qui commençait à s'assombrir et fit part d'un morceau de son passé, histoire ne faire passer le temps plus vite qu'il n'y paraissait.

"Parfois, je repense à mon Père et à ce qu'il devient, seul dans son auberge. J'y ai passé tant d'années à cuisiner à ses côtés, préparant des plats sous presque toutes les formes. Je me débrouille vraiment bien, vous savez ?!"

Après un bref moment de silence, Kalas reprit le fil de ses paroles.

"Je vous ferais goûter, vous verrez. Ça me manque tout ça : l'odeur du pain dans le four, la texture de la viande encore saignante, la fraîcheur des légumes récoltés dans le jardin, le fumet des poissons péchés le matin... Wahou..."

Puis, quittant le ciel des yeux, le Shaman se tourna vers l'élémentaire, la moue interrogative.

"Dites-moi, Birhû. Qu'est ce qu'on mange à Barkhane ? Vous avez des champs ? Des cultures ? Des élevages ?"

D'un sourire, il souleva une question plus superficielle que les autres, mais qui le tenait à coeur.

"Et d'ailleurs, qu'est ce que vous préférez manger ?"

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 Sujet du message: Re: Les Crocs du Monde
MessagePosté: Mer 26 Aoû 2015 22:50 
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Crocs du Monde – Ruines du Fluide

Pour Sullyvan

    Le milicien regarde Sullyvan d’un air légèrement bovin avant que ses yeux ne s’éclairent soudainement de compréhension.

    - J’aime bien l’bleu, moi, répond-il avec un sourire. J’m’appelle Vernon.

    Il mena Sullyvan dans une ouverture dans un pan de mur à travers duquel coulait un ruisseau. En arrivant de l’autre côté, il pu apercevoir une chaîne de montagne, voyant l’ensemble de la vallée jusqu’au cours d’eau serpentant en son sein. Le soleil déclinait à l’horizon, illuminant les restes de plusieurs ruines autour d’eux, seul le palais semblait tenir encore debout et toutes les autres paraissent inaccessibles. Le milicien s’engagea sur un chemin qui passait au travers d’un plateau.

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    Ils n’eurent pas avancé depuis dix minutes qu’ils furent abordés. Il d’agit d’un homme de haute stature, fier, les cheveux bruns et les yeux miel. Il est vêtu d’une cape et d'une armure stylisée, qui, si elle semble légère, n’en est pas moins efficace et c’est justement ce qui irradie de lui : un sentiment d’efficacité, de calme, non dénué d’une certaine puissance. Il s’agit là clairement d’un être pourvu de ressources en cas d’ennui, ce qui est attesté par l’épée bâtarde qu’il porte au côté, simple d’apparence, mais d’excellente facture et aux cals qui ornent ses doigts. Son visage que d’aucuns pourraient trouver beau est mangé par une barbe de quelques jours et sur ses lèvres flotte un léger sourire.

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    - Bonjour, dit-il simplement.

    Cela suffit à ce que Vernon l’aperçoive et se mette au garde à vous.

    - Général Jillian.

    - Repos, Vernon. Merci d’avoir accompagné ce jeune homme jusqu’ici, je vais prendre la main à partir d’ici. Vous pouvez disposer, soyez assuré que Telam entendra parler de votre excellente initiative.

    Il avait dit ceci avec un sourire, atténuant habilement la déception de l’homme de rentrer sur Yuimen car déjà se rengorgeait-il du compliment. Sur un dernier salut, il fit un signe de main à Sullyvan et retourna en direction du fluide. Jillian se tourna vers Sullyvan.

    - Je me nomme Jillian, je suis le Général des armées d’Ilmatar. Je suppose que Vernon ne vous a guère donné d’informations sur ce monde, mais je vous inviterais à un peu plus de patience, je vais vous mener auprès d’Aaria’Weïla, ma reine, qui va vous expliquer tout ceci, elle est actuellement en compagnie d’autres aventuriers, comme vous, qui viennent de débarquer.

    Il semble réfléchir un instant avant de poursuivre :

    - Je peux déjà vous rassurer concernant le changement que subit votre corps, il se nomme le muutos et s’il est permanent, il pourra être maîtrisé sous peu.

    Il sortit un médaillon de son cou, grisé, long et orné d’une pierre bleue.

    - Cet objet va me permettre de nous mener instantanément à Ilmatar, la cité des Sylphes, les élémentaires du Vent. Sachez que sur Elysian, les humains et toutes les races que nous connaissons sur Yuimen ne possèdent aucun fluide et que les seules races en possédant sont les élémentaires. N’ayez donc crainte en apercevant l’étrangeté des habitants que nous nous apprêtons à aller voir…

    Il posa sa main sur l’épaule de Sullyvan et tous deux disparurent.


Crocs du Monde – vers Barkhane

    - Il est préférable de faire le guet pendant la nuit. Nous ne sommes pas dans un endroit aussi dangereux que les alentours d’Elivagar, mais sait-on jamais… répondit Birhû à Guasina.

    Il s’approcha de l’arbre où Guasina souhaitait dormir, apparemment sa proposition lui convenait très bien. Ils commencèrent à s’installer paisiblement sous la douce chaleur de la nuit tombante qui émanait du sol.

    - Je vais prendre le tour de garde intermédiaire. Je n’ai pas autant besoin de dormir que vous et cela me convient très bien. Je vous réveillerais lorsque ce sera votre tour, proposa-t-il à Kalas.

    Il sortit une gourde d’eau et but longuement avant de répondre à Kalas.

    - Nous avons quelques champs et de nombreux vergers, mais guère d’élevage, nous évitons généralement de manger de la viande. En vérité, la majeure partie d’entre nous n’a guère besoin de nourriture, nous nous contentons très bien de beaucoup d’eau et de lumière, en fonction de notre nature, mais j’apprécie tout de même les bons pains sortis des fours d’Ilmatar !

    Il fit une pause pour mâcher une mangue séchée, fruit très rare sur Yuimen.

    - Je pense que je vais me coucher pour profiter d’un peu de sommeil, afin d’être en forme demain, car la marche risque d’être pénible. Passez une bonne nuit !

    Il leur adressa un grand sourire et s’installa contre le tronc de l’arbre et ferma ses grandes yeux globuleux.


Crocs du Monde – vers Elivagar


    Au remerciement, Marikani ne réagit pas tout de suite, puis se détendit soudainement et un léger sourire effleura ses lèvres. Elle hocha la tête en acceptant ses remerciements. A la suite de ses propos, elle reprit cependant son visage habituel, bien qu’il fut teinté d’une ombre de mélancolie.

    - Ma mère est morte il y a bien des années et mon père… et bien, disons qu’être roi d’Erta Ale n’aide pas à accorder du temps à ses enfants, aussi j’ignore s’il éprouve de la fierté pour nous. Peut-être. Sans doute, mais il ne nous en a jamais fait part. Qu'en est-il de vous ?

    Elle lui lança un coup d’œil en coin.

    - Chez vous la noblesse semble être quelque chose d’important pour vous mais chez nous elle n’est rien, elle n’est qu’une charge, une responsabilité, un travail. Un être ne sera pas plus ou moins respecté s’il est noble que s’il est roturier.

    Elle poursuivit en regardant devant elle.

    - Mais je comprends ce que vous dites. Les élémentaires ont souvent eu à pâtir des jalousies et de la méconnaissance de nos pouvoirs. Ce n’est que très récent que le vieux roi d’Illyria et la reine Aaria’Weïla sont parvenu à abattre certaines barrières pour permettre le commerce avec les humains. Quant à répondre sur des questions me concernant… En avez-vous ? Il serait difficile de résumer une vie en quelques mots.

    Alors qu’elle parlait, l’environnement changeait petit à petit, devenant plus humides, les arbres changeant pour former une vaste forêt tropicale très dense, une nappe végétale qui s’étendait sur des lieues et des lieues, à perte de vue. Ils suivaient un chemin que Marikani devait régulièrement taillader à coup de dagues effilées et de flammes pour enlever branchages qui avaient poussé en travers du chemin.

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- Nous sommes dans un environnement bien plus hostile que les paisibles forêts d’Ilmatar, prenez garde où votre cheval pose ses sabots et regardez aussi bien au-dessus de votre tête que sur les côtés.

Au bout de quelques heures, ils parvinrent à un grand court d’eau au-dessus duquel était accroché un pont suspendu. Marikani descendit de selle et guida son cheval dessus, faisant craquer les lattes de bois. Ce fut bientôt le tour d’Earnar.



Crocs du Monde - Andarsté

    Lorsque Cromax revient en s’époussetant, Ixtli ne commente pas mais ses yeux se mettent à pétiller un instant avant qu’elle ne se détourne. Dans la chambre principale du manoir, elle s’approche également des deux cadavres entrelacés, les observant avec ce même mélange d’effroi et de fascination, bien qu’encore plus marqué. Elle laisse Cromax les dépouiller de leurs amulettes sans un mot et s’approche de lui pour les observer. Lorsque le Sindel place les deux moitiés ensemble, elle s’emboitent l’une dans l’autre dans un petit claquement et restent scellées jusqu’à ce qu’il force un petit peu pour les ouvrir, mais rien d’autre n’est à noter.

    - Nous ferions mieux de les garder, commenter l’Aigail, peut-être ont-ils une autre utilité que leur évidente symbolique. Je les trouve étranges…

    Laissant le médaillon entre les mains de Cromax, elle approche sa main pour en dessiner les contours avec ses doigts, fascinée.


[Earnar – xp : 1 (post) ; 0,5 (créature tuée) ;
Cromax – xp : 2,5 (post) ;
Sullyvan – xp : 1 (post) ;
Guasina – xp : 1 (post) ;
Kenra – xp : 1,5 (post)]

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Une question ? Par ici.
Pour une demande de commentaire, de dirigé,
par là.
Pour une demande d'intervention ou de sévices,
de ce côté.


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 Sujet du message: Re: Les Crocs du Monde
MessagePosté: Jeu 27 Aoû 2015 10:01 
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Ah pour s’emboiter, ils s’emboitent bien. Lorsque j’approche les deux parties du pendentif l’une de l’autre, elles se lient en un petit claquement, mécanisme antique qui n’a pas perdu de son efficacité. Mais c’est tout. Pas d’effet pyrotechnique effrayant, pas de magie inconnue se manifestant, éveillant les morts ou leurs esprits, nous téléportant dans un endroit inconnu, ouvrant un vortex d’invocation de démons des temps anciens. Rien. Et ce n’est pas plus mal, en vérité : je me rends compte avoir été fort imprudent en agissant de la sorte sans hésitation. Si ça m’avait pété dans les mains, je l’aurais un peu mal pris. Enfin, il y avait peu de chance, bien sûr, qu’un pendentif reliant deux amants explose lorsqu’il est joint, mais on ne sait jamais. Il y a des tordus partout.

Je dois un peu forcer pour qu’ils se séparent à nouveau, mais ils le font sans se coincer pour autant. Ils ne sont pas irrémédiablement soudés. Alors que je les regarde, m’interrogeant sur leur utilité, outre leur symbolique romantique notable, Ixtli prend la parole, précisant que nous devrions les garder. Ils cachent peut-être encore leur utilité. Elle avoue elle-même les trouver étranges. Seuls objets valables ayant survécu à l’explosion tant qu’au temps, ils sont singuliers, sans aucun doute. Peut-être pas utiles, mais au moins bizarre, et ça serait une erreur de les laisser là.

« Je ne comptais pas qu’il en soit autrement. »

Elle approche ses doigts du médaillon, et en dessine le contour avec ses doigts, visiblement troublée par l’objet plus que par son acquisition. J’en ai presque du remords, pour ma part, à avoir pillé ces morts.

(Ce n’est pourtant pas la première fois.)

(Ouais, mais eux c’est différent. Ce sont des sindeldi, morts chez eux lors d’une catastrophe. Pas des squelettes d’aventuriers ayant pris tous les risques pour finalement mourir dans une grotte magique.)

La différence est fine, j’en ai conscience, mais… elle est présente pour moi. Enfin, le mal est fait, de toute façon : inutile de le leur rendre maintenant. Voyant que l’ondine est fort intéressée par l’objet, je n’hésite pas à lui tendre la partie représentant la lune gibbeuse, gardant pour moi le croissant, le passant autour de mon cou.

« Gardons-en chacun une partie. »

Ainsi, c’est ensemble que nous découvrirons son utilité. Cette idée, étrangement, me plait. Alors que je lui donne, je laisse mes doigts frôler sa joue pendant que je lui souris. Elle est belle, pétillante, comme depuis le début. Cet être a réellement un drôle d’effet sur moi. J’ai envie de la protéger, de la défendre contre tous les dangers, et surtout, de ne pas la quitter.

(Moui. Saute-la vite, qu’on en finisse…)

Je passe le commentaire acerbe de Lysis, reprenant conscience de notre situation, et faisant oralement le point sur notre exploration.

« Dis-moi si j’oublie quelque chose : Jusqu’ici, nous avons découvert une salle à manger menant d’une part sur une cuisine délabrée, de l’autre sur une salle de bal. Un passage secret y persiste, à l’ouverture encore mystérieuse. À cette salle de bal est accolé un couloir menant vers de probables latrines, et une porte vers l’escalier qui nous a menés dans ce couloir plein de chambre. Si je fais bien le compte de notre visite, il ne nous reste plus qu’à trouver le mécanisme d’ouverture du passage secret. Il doit se trouver dans la première salle… »

Je prends la main d’Ixtli, pour clôturer :

« Allons-y sans tarder. Je suis impatient de savoir ce que les gris de l’époque pouvaient bien y cacher. »

En espérant qu’il ne s’agisse pas juste d’un cellier où vieux jambons et bouteilles millésimées ont perdu toute nature, dans la poussière du temps. Emmenant avec moi l’aigail, je me dirige vers les escaliers pour les dévaler, repasse dans la salle de bal et… avant de bifurquer vers la salle à manger, je fais, seul, un crochet vers le couloir des latrines. La curiosité est trop forte, je dois vérifier que cet endroit ne payant pas de mine est autre chose qu’il ne parait. Juste en passant, comme ça.

Je ne m’y attarde d’ailleurs pas, rejoignant Ixtli qui n’a pas hésité à continuer pour sa part vers la salle primale de ma découverte. Là, il nous faudra nous débrouiller pour trouver le secret du passage scellé. Au moins essayer, avant d’envisager de défoncer le mur. Ainsi, je suis parti pour ausculter les murs, partant de la porte cachée pour poursuivre vers la droite, enjoignant Ixtli de faire de même vers la gauche. Précautionneux, je tapote les pierres qui me semblent étranges, regarde avec précision les interstices entre celles-ci, ne négligeant aucun détail, peu importe le temps que ça prend : fixation de lampe ou de torche, aspérité dans le sol pouvant s’activer au pied, poussoir dans une pierre du mur Je n’hésite pas à passer la main derrière les tapisseries rongées pour découvrir ce secret, vérifiant même les attaches de celles-ci, au cas-où. Cette porte ne restera pas scellée longtemps : je m’en fais la promesse. Dussé-je l’abattre à coup de pioche, si jamais vraiment le mystère de son ouverture reste intact. Ixtli, je le sais, œuvre sans doute avec la même précision que moi, avec la même envie de découvrir ce que cache ce passage. Elle a déterminé plus tôt qu’il descendait dans les profondeurs du sol. Vers quoi ? une cave secrète ? Un souterrain menant à d’autres bâtisses ? Ou vers des grottes regorgeant de merveilles et de secrets enfouis ? Nous ne tarderons pas à le découvrir…

J’espère.

[926 mots]

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 Sujet du message: Re: Les Crocs du Monde
MessagePosté: Jeu 27 Aoû 2015 12:47 
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Marikani ne réagissait pas au premier abord puis elle osa un léger sourire. L'ekhi pouvait être charmante lorsqu'elle le voulait mais évidemment elle pouvait aussi être violente dans ses propos et être désobligeante envers lui. Etait-ce sa façon de se protéger du monde extérieur ? De feindre que cela ne l'intéressait pas, qu'elle était au-dessus de tout le monde pour protéger son intimité ?

Il est vrai qu'Earnar n'avait pas une longue expérience de la gente féminine ni de la diplomatie à vrai dire. Être recruté sur des navires de commerce ou de guerre parfois permettait d'endurcir et de soumettre les fortes têtes au sein des Earions. Ceux qui n'allaient pas en mer étaient relégués au second rôle et s'occupaient des enfants avec les femmes laissées sur terre. La famille et l'amour étaient donc des thèmes peu évoqués par les Earons mais Earnar était différent, peut-être à cause de sa proximité avec des humains. Lorsqu'elle évoqua sa famille, son visage était teinté de mélancolie et il comprit pourquoi. Sa mère était morte depuis plusieurs années et son père était roi d'Erta'Ale.

( Je me doutais que ses parents étaient plutôt importants dès sa rencontre, mais penser que son père est le roi des Ekhi c'est une grande surprise. )

Lorsqu'elle lui retourna la question, il ne sut d'abord quoi dire, la famille n'était pas primordiale chez les Earions sauf pour lui qui en ressentait un manque.

- En réalité, je n'ai véritablement pas bien connu mes parents, j'ai été élevé près d'une ville appelée Dehant par mon oncle principalement. Mes parents sont morts à Omyhrie lors des assauts des Orques comme vous les appelez, je ne me rappelle que de leur visage et de leur voix. Les Earions ne sont pas très famille si je puis ainsi m'exprimer et ils n'ont pas beaucoup de respect envers les femmes selon moi puisqu'elles sont obligées de rester dans des abris construits naturellement mais je ne suis pas comme eux, lui expliqua-t-il en essayant d'être le plus clair possible.

- Je veux honorer leurs mémoires en récupérant nos terres, en faisant évoluer mon peuple et en devenant plus fort. Je n'ai pas pu protéger mes parents mais je suis certain que nous autres aventuriers pouvons vous protéger et je...je veux pouvoir te protéger Marikani... avoua-t-il du bout des lèvres.

Lorsqu'elle lui expliqua que la noblesse était pour les élémentaires plus une charge, une responsabilité, une corvée en soit, il comprit aussitôt pourquoi la reine des Sylphes ne ressemblait pas au roi de Kendra Kar.

- La noblesse Earionne ne signifie pas la même chose que le titre de noble pour les humains ou les autres elfes. Seuls les Earions purs ont les mêmes caractéristiques physiques que les miennes et cette pureté est exacerbée chez les nobles de ma race. Les titres importent plus sur Yuimen, à quelques exceptions près, que sur Elysian cela paraît évidemment mais ce ne sont évidemment pas nos titres qui font ce que nous sommes.

Marikani lui expliqua que le roi d'Illyria et la reine d'Ilmatar avaient finalement commercé ensemble mais pas depuis si longtemps que cela, puis elle lui demanda ce qu'il voulait savoir sur elle, sur sa vie.

- C'est quant même étrange que le vieux roi ait accepté de commercer avec elle que récemment, vous ne trouvez pas ? Au fait, que savez vous sur les prétendants à la couronne, Aaria ne semblait pas connaître les détails concernant ce problème de succession et je suis certain de pouvoir placer un des prétendants. Ce ne sera pas la première fois que j'influe sur la politique, ajouta-t-il pour la rassurer.

- Raconte-moi ton enfance, tu m'avais dit que tu l'avais passé à Ilmatar avec Ixtli mais j'imagine que tu as aussi vécu à Erta'Ale.

Il vit que l'environnement changeait au fur et à mesure qu'ils cheminaient à travers les sentiers. Une vaste forêt tropicale très dense s'étendait à perte de vue et Marikani dut brûler et déboiser avec ses dagues pour se frayer un chemin. Faisant sortir ses griffes de leur étui, il l'aida à couper les branches des arbustes. Lorsque l'élémentaire de feu lui fit remarquer que les plaines d'Ilmatar étaient paisibles par rapport à cette jungle, ses yeux balayèrent fougères et grands arbres qui déployaient leur ombre sur leur route. Il laissa ses griffes sorties et ses muscles se contractèrent tandis que son regard perçait la végétation luxuriante à la recherche de carnivores. Il guida son cheval d'une main ferme à la suie du destrier de l'Ekhi.

Plusieurs heures plus tard, aucun animal ne vint les déranger, cependant lorsqu'il vit Marikani descendre de cheval pour emprunter le pont suspendu au-dessus d'un grand court d'eau, l'Earion se sentait un peu angoissé. Il n'avait nullement peur du vide néanmoins il ne se sentait pas rassuré de franchir de simples planches de bois. Descendant de sa selle, il attrapa son destrier par les mors et le fit passer lentement sans se presser malgré l'envie urgente d'être de leur côté tandis que sa main libre tenait la corde de la passerelle. Il s'adressa à l'élémentaire de feu pendant la traversée pour éviter qu'elle sente son anxiété et pour penser à autre chose.

- Je sais que tu dois aller à Erta'Ale mais peut-être pourrais-tu rester quelques temps avec moi à Elivagar et nous pourrions aller à Ilmatar avec le pendentif, qu'en dis-tu ?

(972 mots)

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 Sujet du message: Re: Les Crocs du Monde
MessagePosté: Ven 28 Aoû 2015 04:36 
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Le milicien me regarde d'abord d'un air complètement stupide, qui me ferait presque rire s'il ne me faisait pas pitié. Je vois finalement en ses yeux une petite étincelle de compréhension et il m'annonce qu'il apprécie le bleu, fait divers inintéressant et qu'il se nomme – soyons franc, cela colle très bien au personnage – Vernon.
Il m'intime finalement de le suivre au travers d'une grande ouverture dans la roche du bâtiment, camouflée par une chute d'eau d'un ruisseau. Il semble connaître les lieux et être content de son voyage.
Cela nous mène au dehors et m'offre un paysage digne des plus beaux contes. Le soleil m’éblouit quelque peu en se couchant au loin, faisant régner une atmosphère chaleureuse sur l'ensemble de la chaîne de montagnes qui nous entoure. Je m'extasie sur ce tableau, où trônent les plus beaux sommets enneigés, où se faufilent les plus belles rivières, où les vallées semblent nous inviter à les découvrir et où la végétation luxuriante danse au gré du vent. Jamais je n'aurais pensé être le spectateur d'une telle œuvre, si loin de l'ignoble cité qui m'a couvé.
J’aperçois au loin plusieurs ruines semblables à celle où nous nous trouvons, mais dans un état bien plus déplorable. L'ancienne civilisation qui habitait ces terres devaient jouir d'une grande puissance.

Mon compagnon de fortune s'avance finalement sur un chemin et je lui emboîte le pas, bien décidé à découvrir plus en profondeur ce si beau monde. Il s'écoule plusieurs minutes durant lesquelles je scrute l'univers qui m'entoure, m'émerveillant à chaque pas.
Mon esprit s'emporte quelque peu et je me mets à imaginer ce qu'aurait pu être ma vie en ces lieux, avec Roxanne. Je chasserais le gibier tandis qu'elle et ses sœurs s'amuseraient dans la rivière jusqu'à midi. Puis nous ferions un feu et mangerions quelques faisans en rigolant, avant que Maëlle et Lia retourne jouer dans la forêt. Sous un soleil de plomb, je dirais à Roxanne que je l'aime et que je rêve de passer ma vie en ces lieux avec elle, sans jamais ne devoir l'enterrer, ni elle ni ses sœurs...

Je suis rapidement rappelé dans le monde réel cependant, par l'intervention d'un homme charismatique. Ses cheveux bruns descendent jusqu'à sa nuque, ses yeux perçant son couleur miel et un léger sourire enfermé sous une barbe de plusieurs jours préside sur son beau visage. Si ce dernier inspire la confiance, son corps lui, inspire la puissance. Une carrure de guerrier enrobée dans une armure légère mais qui semble inébranlable, décorée par une cape d'un bleu noble aux liserés dorés. Sur son flan se pavane une épée bâtarde, d'aspect simple mais dont l’efficacité n'a d'égale que la maîtrise de son porteur.

D'un premier regard, cet homme me semble bien plus fiable que le sous-fifre qui fait route avec moi. Si danger il devait y avoir, je préférerais ce guerrier comme allié. Il nous salut avec un simple « Bonjour. » et mon acolyte se met immédiatement en position de garde à vous. Je comprend immédiatement qu'il s'agit d'un être influent et cela est corroboré lorsqu'il se présente en tant que le Général Jillian. Voici donc l'un des hommes qu'il me fallait rencontrer. Je hoche la tête de façon strict, ne sachant réellement comment je dois me comporter face à une telle personne.

« Enchanté Général Jillian. » dis-je simplement.

Il congédie le pauvre soldat en trois phrases, dans lesquelles il lui précise que Telam, frère du Général, sera mis au courant de son initiative.
Bien que déçu, Vernon n'en semble pas moins fier et s'en va avec une attitude relativement paradoxale, triste de retourner à ses papiers mais heureux de faire l'objet de compliments et de félicitations auprès de ses supérieurs. Le guerrier se tourne ensuite et s'adresse à moi.

- Je me nomme Jillian, je suis le Général des armées d’Ilmatar. Je suppose que Vernon ne vous a guère donné d’informations sur ce monde, mais je vous inviterais à un peu plus de patience, je vais vous mener auprès d’Aaria’Weïla, ma reine, qui va vous expliquer tout ceci, elle est actuellement en compagnie d’autres aventuriers, comme vous, qui viennent de débarquer.

Il met une pause à son monologue tandis que je repasse l'un des passages en boucle dans ma tête.

(Attends... QUOI ?!!!!! Rencontrer la Reine?!)

Faire la connaissance d'un Général et qu'il converse avec moi d'égal à égal est déjà quelque chose d’insensé, que je n'aurais jamais pu imaginer dans mes rêves les plus fous. Moi, simple voleur à la tire, citadin d'Exech, qui n'a absolument rien de spécial outre un faciès agréable... Je ne peux qualifier ma chance. Mais une souveraine... C'est de l'ordre du fantasme inavouable. Et cela me paraît encore tout à fait utopique même après ses mots.
Je dois aussi mettre de côté mes nombreuses questions, qui devront attendre. Je peux faire preuve de patience, cela importe peu. J'espère seulement que les autres aventuriers seront aussi agréables que ce cher monsieur. Si je dois œuvrer de concert avec eux, il serait bon que nos liens soient au plus près de l'amical.

Suite à son discours, il me rassure quant au phénomène qui agit sur moi actuellement et change quelque peu mon aspect, virant au noir. Il s'agirait du « muutos », permanent mais maîtrisable apparemment. Je ne sais cependant sous quelle mesure je pourrais maîtriser cette magie par la suite, ni en quoi cela me sera utile. Mais s'il m'en parle maintenant, c'est que cela a son importance.

Il extirpe un médaillon accroché à son cou. Celui-ci est de couleur grise et ornée d'une jolie pierre bleutée. Cet objet nous mènera droit à la cité d'Ilmatar, lieu de vie des élémentaires du vent, les sylphes. Les élémentaires sont d'ailleurs les seuls êtres d'Elysian à pouvoir manipuler les fluides d'après ses dires. Juste pour être sûr, je tenterais bien de faire jaillir ma magie mais il me semble que cela serait une mauvaise idée en sa présence. S'il a raison, je passerais pour un amateur stupide et s'il a tort, il pourrait prendre ça pour un acte offensif et ainsi m'empaler de sa lame dangereuse. Il me met en garde également sur l’apparence des autochtones, qui pourrait me causer quelques craintes. Me voilà donc rassuré...

Il me saisit pour finir l'épaule et en un instant, nous voilà disparurent, en route vers la citadelle des êtres du vent.

(997 mots)

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 Sujet du message: Re: Les Crocs du Monde
MessagePosté: Sam 29 Aoû 2015 18:54 
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Crocs du Monde - Andarsté

    Ixtli prend le médaillon en forme de lune gibbeuse tendu par Cromax et le place autour de son cou, le laissant tomber dans son décolleté et s’y loger.

    Elle l’écoute faire le point sur la situation, une once de malice dans le regard.

    - Oui, trouvons ce fichu mécanisme… dit-elle avec un sourire en le laissant lui prendre la main.

    Ils cherchèrent le mécanisme en question durant plusieurs dizaines de minutes avant de finalement parvenir à le trouver : il s’agissait d’une pierre légèrement décalée par rapport aux autres, proche de la porte. La pression sur la pierre engendra un léger bruit, comme si plusieurs rouages se mettaient soudainement à fonctionner, crissant, protestant de devoir fonctionner de nouveau après tant d’années. Puis, finalement, dans un nuage de poussière, la porte s’ébranla et s’ouvrit.

    Ixtli semblait tout excitée de la découverte et se haussa sur la pointe des pieds pour plaquer un bisou sur la joue du Sindel avant de s’approcher de l’ouverture.

    Elle était peu large et pas très grande, si bien que Cromax dû se pencher pour passer là où l’Aigail parvenait à passer tout juste.

    Comme elle l’avait prédit, derrière s’enfonçait un escalier sur lequel coulait la rivière, le rendant glissant et instable. Ixtli marcha dessus sans faillir et ils débouchèrent, plusieurs dizaines de mètres plus bas sur un long couloir orné de part et d’autres par d’anciens candélabres. Si les murs de pierre étaient décrépits et plein de mousse, il ne s’en dégageait pas moins une certaine finesse qui ne dénotait pas avec le reste du manoir. Finalement, au bout, ils parvinrent à une petite porte qu’ils réussirent à ouvrir sans mal, dévoilant une pièce de taille modeste emplie d’un fatras d’objets divers sur des étagères, hétéroclites, pour beaucoup étranges et rouillés, patinés par le temps et pour certains encore vivaces malgré les âges. Des bassins s’étendaient le long des murs pourvus de canaux d'irrigations. Ils avaient dû recueillir des plantes dont certaines vivaient encore, émettant une légère bioluminescence, étrange en ce lieu dépourvu de lumière.

    Plusieurs bocaux et récipients de tailles et de formes diverses étaient posés sur une table au centre, dont il était possible de faire le tour, parfois engoncés dans des fils de fers ou des montures de bois qui les retenaient penchés dans un certain angle. Certains étaient encore pourvus de liquides.

    Au fond se trouvait deux étagères aux livres moisis et une nouvelle porte, grande, large, et assurément difficilement ouvrable.


Crocs du Monde – Vers Elivagar

    Marikani écoute sans un mot l’Earion raconter son enfance et lui lance une œillade étrange lorsqu’il dit vouloir la protéger.

    - Quelle ironie. Je suis l’une des meilleures tisseuses de feu et guerrière de mon peuple, mais lorsqu’il a besoin de moi, je suis pieds et poings liés, devant me reposer sur des étrangers… (Elle lui lance une nouvelle œillade). Mais merci, Earnar, j’espère également que vous pourrez sauvez ces terres. Autant pour nous que pour les autres habitants d’Elysian.

    Elle poursuit cependant, réagissant à sa si grande assurance de résoudre la situation d’Illyria.

    - Comment peux-tu être certain de placer un prétendant si vous ne connaissez rien de la situation ? C’est insensé. Sais-tu même s’il y a un prétendant qui vaudrait le coup ? Car pour ma part, non, je n’en sais rien, je n’en sais pas plus qu’Aaria’Weïla.

    Elle laissa le sujet retomber et poursuivit sur les autres questions d’Earnar.

    - Ces accords sont récents en termes élémentaires, non humains. Le roi a scellé cet accord avec Aaria’Weïla alors qu’il était récemment monté sur son trône, et cela lui a permis en partie d’asseoir son pouvoir. Mais à présent il est vieux et son pouvoir déclinant.

    « [color=#400000][b]Quant à mon enfance… Elle fut principalement guerrière, comme se doit de l’être une enfance ekhi. Je l’ai passée en grande partie à Erta Ale, mais je suis souvent allée pour de longues périodes à Ilmatar apprendre l’art du combat auprès du Général Jillian. C’est là bas que j’ai lié tant de liens avec Ixtli, car nous sommes de la même génération et étions avides des mêmes farces. Jillian ne savait plus où en donner de la tête lorsqu’il nous entraînait toutes les deux…


    Elle sourit légèrement à ce souvenir.

    - Pour rester à Elivagar… Cela dépendra de ses dirigeants et des tâches qui m’attendront, mais j’essaierai. Cependant le pendentif ne peut être utilisé sur un élémentaire, il ne fonctionnera que sur vous, yuiméniens.

    Le jour commence à décliner, accentué par l’épaisseur de la canopée. L’humidité dans l’air est forte et des cris d’oiseaux et d’animaux se font entendre autour d’eux. Il y a assurément une grande diversité d’espèces ici.

    - Nous ferions mieux de dresser le camp pour la nuit, il n’est pas bon de se déplacer dans l’obscurité d’une forêt tropicale.

    Joignant ses gestes à la parole, elle descend de sa monture et se dirige vers un petit espace légèrement dégagé. Elle sort de son paquetage et de celui d’Earnar deux hamacs et elle en accroche un à deux arbres, laissant l’Earion faire de même avec le sien.

    - Je vais prendre le premier tour de garde, tu pourras te reposer en attendant et prendre le second, inutile que l’un de nous reste éveillé tout le temps, sa concentration ne s’en trouverait qu’émoussée.


[Cromax – 1,5 (post) ;
Earnar – 1,5 (post)]

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Image


Une question ? Par ici.
Pour une demande de commentaire, de dirigé,
par là.
Pour une demande d'intervention ou de sévices,
de ce côté.


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 Sujet du message: Re: Les Crocs du Monde
MessagePosté: Sam 29 Aoû 2015 22:52 
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Earnar avait un peu l'impression qu'elle se moquait de lui avec toutes ses œillades et son ton tendre presque bienveillant. En même temps avec Marikani, elle pouvait passer du discours le plus charmant aux dires les plus disgracieux et provocateurs.

L'Earion devait bien admettre que cela contribuait à son charme, elle transpirait l'assurance, possédait une bonne dose de désinvolture et ne se laissait pas démonter face à des critiques acerbes. Même sa propre assurance fondait comme neige au soleil alors qu'en trois cent vingt-cinq ans, il en avait vu des belles et des pas mûres. Elle lui lançait des œillades étranges et il ne sut quoi en penser.

( Elle a les cils en feu ou quoi ?)

Sa réflexion lui arracha un sourire si bien qu'il en oublia de regarder la route et failli se prendre la branche d'un arbre de cette forêt tropicale. Reprenant contenance, il lui lança avec amusement et fit mine de s'incliner avec déférence sur son cheval noir.

- Grande tisseuse de feu et plus grande guerrière des Ekhi, ce sont des titres fabuleux, mais ne devrais-je pas vous appeler princesse plutôt ? Plus sérieusement, vous êtes capable de vous défendre toute seule, je le sais très bien, ce que je voulais dire c'était que votre présence m'est agréable. Par ailleurs, je ne suis pas guerrier mais voleur, j'attaque derrière mes ennemis, je les perturbe assez pour qu'on les finisse. Tout comme je pouvais tuer le serpent tout seul même si votre aide n'a pas été négligeable.

Par la suite, elle le questionna à propos de son plan pour placer un prétendant à la couronne sur le trône d'Illyria puis elle lui parla plus précisément des accords entre le roi d'Illyria et la reine Aaria'Weïla. Ce qui le surprit c'était que l'accord commercial datait du couronnement du roi.

- Je vois... Vous êtes plus anciens que votre physique ne le laisse présager au premier abord. C'est pour cela qu'Aaria ressemblait à une elfe selon moi, nous autres elfes dans la compagnie devons avoir plus d'une centaine d'année. J'ai trois cent vingt-cinq ans pour ma part et je n'aurais pas l'outrecuidance de demander le vôtre.

Il la regarda de ses yeux luisant de cette sagesse propre aux elfes avant de reprendre doucement.

- Je comprends mieux pourquoi le roi a signé un tel accord, il est en effet intelligent de gouverner par l'or plutôt que par le peuple ou par la force. En réalité, gouverner longtemps signifie être capable d'utiliser le peuple, l'or et la force et c'est un tel dirigeant qu'il faut à Illyria. Les êtres humains sont corrompus par le pouvoir et je le crains qu'en dépit des beaux discours, les elfes le soient également. Il ne sera pas difficile d'en appâter et de lui montrer que de désobéir à mes directives est bien plus dangereux qu'il n'y paraît.

Lorsqu'elle lui raconta son enfance, il vit bien que la cité des Sylphes était le plus beau souvenir qu'elle ait et cela le fit sourire également lorsqu'elle lui raconta ses péripéties avec Ixtli au palais, donnant du fil à retordre au général Jillian.

- Etait-il déjà amoureux d'Aaria à l'époque ? Ils forment un magnifique couple, tout comme Cromax et Ixtli, même si cela m'est difficile à admettre. Nous deux, on se taperait dessus sans arrêt, nous avons des caractères bien trop explosifs et provocateurs même si, lorsque vous n'essayez pas de faire brûler mes vêtements ou que vous ne me rétorquez pas que j'ai un corps liquide, vous êtes une femme charmante.

Le jour déclinait de plus en plus dangereusement et l'épaisseur de la végétation assombrit encore plus leur pérégrination. Sa peau devenait moite en raison du fort taux d'humidité ce qu'il adorait plus que tout. Les pépiements des oiseaux et les cris d'animaux se firent entendre autour d'eux, tout un écosystème se réveillait. Cette jungle était un vrai paradis pour un zoologue ou un chasseur, non pour un voleur qui appréciait l'art et l'assassinat. Cela faisait maintenant plus d'une semaine qu'il n'était plus l'auteur de contrebande d'arts au grand bonheur des propriétaires et au grand dam de certains collectionneurs. Combien de commerçants et de petits nobliaux provinciaux avaient été tués par ses soins également ? Assez pour qu'ils ne deviennent plus que des nombres sur une liste.

Lorsqu'il entendit la voix de l'élémentaire de feu, il reprit conscience d'où il se trouvait. Il hocha la tête pour confirmer son idée de bivouaquer. Elle avait raison, dans une forêt tropicale, il y avait de grandes chances de se perdre dans le noir ou de mourir à cause de phénomènes naturels ou de carnivores affamés. Elle descendit de sa monture et se dirigea vers un petit espace légèrement dégagé puis sorti de leur paquetage, arrachant presque de ses mains le sien, deux hamacs dont un qu'elle accrocha à deux arbres.

- Allez viens Tornade, fit il en descendant de sa monture pour la guider vers les feuilles légèrement dentelées de cette végétation luxuriante.

Il l'attacha solidement à un arbre, puis grimpa sur l'arbre avec facilité, son paquetage sur son épaule, trouvant aisément des prises dans l'écorce. Pour le tour de la garde, il n'eut d'autre choix de lui céder le premier tour de garde.

- Soit Marikani, je te concède le premier tour de garde, je veillerai le reste de la nuit, la méditation des elfes ou le sommeil selon le terme que vous utilisez ne dure que de deux heures.

Il accrocha son hamac près de celui de l'Ekhi et s'y installa, appréciant le ballotement de son lieu de sommeil lui rappelant les vagues de son enfance. Il ralentissait son rythme cardiaque rentrant en phase de méditation profonde quelques heures plus tard.

Il se retrouva près de Dehant près de son peuple. Il se retourna lorsqu'il entendit des rires enfantins derrière lui. Des enfants earions l'entrainaient dans l'eau mais il s'arrêta un instant lorsque la mer lui révéla un visage enfantin et un corps entièrement nu. Il ressentit à nouveau cette joie inexplicable et irrépressible de la caresse de l'embrun et des marées sur son corps écailleux. Rejoignant ses autres camarades de jeu, il nagea et virevolta dans l'océan, ses mains et ses pieds palmés le permettant de suivre l'ondulation de l'eau, suivant les serpents de Moura avec un mélange d'euphorie et de panique. C'était sa première sortie en mer, il y a de cela trois cent ans. Le souvenir de son enfance s'évapora et il rouvrit les yeux, mettant fin à sa méditation. Il était de nouveau en pleine forme.

S'agitant sur son hamac, il en sortit péniblement et avisa l'Ekhi.

- Marikani, souffla-t-il discrètement pour éviter d'attirer l'attention de carnivores.

Il descendit prestement et à mi-hauteur sauta, atterrissant sans heurt sur le sol. S'approchant silencieusement de l'élémentaire de feu, il vint lui caresser l'épaule.

- Repose toi un peu, je prends le second tour de garde...

(1249 mots)

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Dernière édition par Earnar le Dim 30 Aoû 2015 12:04, édité 3 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Crocs du Monde
MessagePosté: Dim 30 Aoû 2015 05:04 
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Premier tour de guet


La nuit allait tomber sur ce monde qui m’était inconnu et seul Yuimen savait, ou peut-être ne savait-il pas, quel prédateur grand ou petit pourrait nous surprendre pendant notre sommeil.

Birhû et Kalas accueillirent de bon cœur ma proposition de se relayer à tour de rôle afin de veiller sur ceux qui dormiraient. Le jeune homme nous fit part de son intention de prendre sa forme de loup pour la nuit, cet aspect, croyait-il pourrait dissuader certains prédateurs de s’approcher de notre couche. Le golem ajouta que même si ce lieu n’était pas aussi dangereux que les alentours d’Elivagar, qu’il était préférable tout de même de faire le guet.

(Pas aussi dangereux !.... mais dangereux tout de même ! )


Avec un calme déconcertant, ce gentil golem avait signifié que mes craintes pouvaient être fondées. Et en moi, venait de naître une petite crainte. Point celle du prédateur tel quel, mais plutôt la crainte de ne pas être à la hauteur, de ne pas être en mesure de bien protéger mes compagnons de route. Bien que possédant une bonne vision et de bons réflexes, je ne m’étais jamais battue de nuit, et puis je n’avais aucune idée de l’apparence que pourraient prendre mon ou mes adversaires, grands ou petits. Tout en demeurant calme, je ne fis point part de mes réflexions.

Sans plus de préambule, le golem s’approcha de l’arbre que j’avais désigné et commença ses préparatifs pour la nuit. Sa fleur toujours dans mes cheveux, je quittai délicatement le doux nid de branches qu’il m’avait préparé afin d’agripper l’écorce de l’arbre et m’asseoir sur la plus basse branche. Le choucas, de ses yeux pétillants, se percha sur une branche légèrement plus haute, tout en demeurant à proximité.

De son côté, tout à fait à son aise, Kalas croquait à belles dents dans un gros pain céréalier qu’il avait agrémenté de quelques tranches de viande séchée. Contrairement à moi, il était complètement détendu et nous confia qu’il avait une faim de loup, qu’il avait hâte d’être rendu à la cité de Barkhane afin de manger un copieux repas.

Quant à moi, les jambes pendantes et silencieuse, je l’écoutai attentivement nous parler de son père tout en retirant mon sac de mon épaule afin d’être un peu plus à l’aise pour y prendre mes provisions. La fatigue m’ayant prise de court la veille, je n’avais pu profiter du festin qui nous avait été offert. Par contre, enveloppé dans un épais coton une généreuse part de fromage m’attendait. En cherchant, plus à fond dans mon sac, j’en ressortis un morceau de pain. Un bon pain de nain de Mertar que m’avait offert l’aubergiste à mon départ. Cela ne constituait pas le plus copieux des repas, mais il s’avérait amplement suffisant pour mon petit appétit de lutine.

Sa gourmandise était belle à voir et j’éclatai de rire lorsqu’il s’excusa de ne penser qu’à manger.

« J’ai aussi hâte de découvrir cette ville, ses habitants, sa flore et aussi sa nourriture bien sûr. Bien que mon estomac soit plus facile à remplir et à contenter que le tien, ce sera un réel plaisir pour moi de faire honneur à la cuisine des gens de cette ville, de ce monde. »

A petite bouchée, je dégustais mon fromage et mon pain tout en écoutant Kalas nous parler de son expérience d’apprenti dans l’auberge de son père, de la nourriture qu’il savait cuisiner et qu’il se proposait de nous préparer un jour, lorsqu’il en aurait l’occasion. Je souris intérieurement à l’idée qu’il pensait déjà un futur entre nous après notre aventure.

Alors que Kalas questionna Birhû sur la culture alimentaire de Barkhane, je rangeai le carré de coton qui ne contenait plus qu’un tout petit morceau de fromage et de pain que je me gardai pour le petit déjeuner. Je me levai ensuite de ma branche et tout en scrutant la plaine, je me promenai de branche en branche afin de trouver celle qui m’offrait la meilleure vision des alentours.

Birhû me laissa prendre le premier tour de guet m’indiquant qu’il me relèverait, n’ayant besoin que peu de sommeil pour se reposer. Il but une longue gorgée d’eau et mangea quelques petits fruits séchés. Puis, il s’avoua être presque végétarien, ou plutôt en fait, tout comme les plantes, il n’avait besoin que de lumières, d’eau et de sels minéraux.
Ayant répondu aux nombreuses questions de notre compagnon curieux, Birhû s’adossa à l’arbre annonçant qu’il était temps pour lui de dormir. Il ferma ses beaux grands yeux orange et il sembla s’assoupir.

Ne voulant déranger son sommeil, je m’adressai tout bas à Kalas.

« Profites-en pour dormir toi aussi, je vais veiller sur vous deux ! »

Cela dit, je pris mon arc d’ombre, et debout sur la branche, prenant mon rôle très au sérieux, je scrutais les environs.

(((806 mots )))

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 Sujet du message: Re: Les Crocs du Monde
MessagePosté: Dim 30 Aoû 2015 11:37 
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La douce Ixtli accepte le présent de bonne grâce, laissant tomber le pendentif dans son décolleté où mes yeux stagnent un instant, avant que nous ne nous remettions en route pour exécuter mon plan initial. Je sais pertinemment n’avoir pas été discret en observant ma trouvaille se loger entre ses seins, et qu’elle n’ignore pas le désir abrupt que cela laisse en moi. Celui de m’approcher d’elle pour l’embrasser à pleine bouche, la repoussant contre un mur pour l’y plaquer avec fougue. La saisir, arracher nos vêtements et laisser la passion dévorante consumer nos chairs. Non, elle ne l’ignore pas, et c’est ce qui compte. Car si le désir est présent, il n’en est pas l’heure ni l’endroit. Même si… Non. Autant ne pas y penser. Alors, elle se laisse mener, elle se laisse conduire, et le contact de sa main dans la mienne se fait à la fois torture et rédemption. J’en veux plus, mais au moins ai-je déjà ça.

Car ce que nous voulons tous deux également, c’est trouver ce fichu mécanisme, pour la paraphraser avec exactitude. Dénicher ce qui nous permettra d’ouvrir le passage menant vers les secrets enfouis d’une civilisation perdue : la mienne. Ma civilisation. Quelle blague, en réalité, moi qui n’ai aucune origine, et n’ai de sindel que la couleur de la peau. Ce que je suis, surtout, c’est curieux. Curieux d’apprendre comment ces gris ci vivaient à l’époque, s’ils étaient semblables à ceux qu’il m’est arrivé de croiser en nos terres éloignées. Hautains, fiers et décadents. Engoncés dans leur passé révolu, à clamer une déesse disparue, à glorifier une royauté en lambeau ou à détester ses choix insouciants d’une union entre un elfe et une humaine, au nom d’une religion rétrograde et passée. Étaient-ils comme ça, ces morts d’ici ? Des ascètes à la rigueur toute militaire ? Ou s’étaient-ils libérés de cela ? Ah qu’importe en vérité, puisqu’il n’en reste aucun. Et s’ils s’en étaient libérés, le bon peuple de Tahelta ne les reconnaitrait de toute façon pas. Comme ils ne me reconnaitraient pas si je me présentais à eux. Parjure, rejeté, exclu. Voilà toutes les qualités de ce peuple si fier.

Alors que nous tâtons les murs de la salle à manger, la courte visite des latrines n’ayant apparemment rien donné de plus comme information utile, je laisse quelques fois mon regard biaiser vers Ixtli. Bon sang qu’elle est belle, désirable, avec son regard mutin et ses courbes graciles, ce teint de peau tendre appelant aux caresses, cette bouche attirant le baiser. Des promesses qui me rendent fou.

(Quelle plaie que vous n’ayez pas déjà consumé ce feu. Concentre-toi, bon sang !)

Plusieurs dizaines de minutes passent, et plusieurs fois je pense perdre espoir, et jouer les bourrins en défonçant le mur à coup de pioche, de hache, de masse… J’en ai les moyens, alors pourquoi s’ennuyer ? Mais non, toujours un grain d’espoir persiste. Et si la prochaine pierre… Ou la suivante ? Et ainsi de suite. Jusqu’à ce qu’enfin, enfin nous parvenions à déclencher un mécanisme. Une pierre un peu décalée, non loin de la porte elle-même. Exactement là où nous avons commencé nos recherches, parce qu’il était logique de commencer par là. Nous avons été bigleux, ou quoi ? Aveugles, à ce point. Et c’est si simple à dire devant une telle évidence : une pierre n’étant pas sur le même plan d’exactitude que les autres. Et nous avions loupé ça. J’enrage intérieurement de ce temps perdu, de cette énergie cumulée à se concentrer, à fouiller minutieusement alors que la solution était là, exactement sous notre nez, à l’endroit même où j’avais décidé de faire mes recherches, m’éloignant de plus en plus vers des zones moins probables. Peste soit de ce mur. Peste soit de cette porte. Je déteste perdre mon temps : j’espère que le passage abrite bien quelque chose d’utile, ou au moins d’instructif, et non pas juste une nouvelle montagne de gravats.

Des cliquetis se font entendre, après que j’aie effleuré, juste effleuré la pierre pour y administrer une faible pression. Le mécanisme se met en marche, fonctionnel malgré les époques lointaines où il était en activité, et le temps qui nous séparent d’elle. Des crissements de rouages, et puis un raclement sec : celui de la porte qui s’ouvre dans un nuage de poussière. À ce moment, nos deux regards sont pointés dans la même direction : les escaliers descendant dans les profondeurs des ruines. Et nous n’avons qu’une hâte : y pénétrer sans plus tarder. Ixtli, excitée par cette découverte, s’approche de moi et se hisse sur la pointe de ses pieds pour me donner un doux baiser sur la joue. Elle fila ensuite la première vers l’ouverture, me laissant derrière elle avec un sourire apaisé. La juste récompense de ma patience. Et c’est si simple. Et pourtant, j’aurais été amer d’avoir été lésé, que le destin octroie à d’autre ce qu’il m’aurait retiré.

Sans plus attendre, je suis l’ondine vers le passage descendant dans les ténèbres, sous la forme d’un escalier parcouru par le petit cours d’eau s’infiltrant sous la porte. Encore une déduction géniale de ma première visite en ces lieux, ayant reçu confirmation de l’aigail de par ses sens sensibles à toute manifestation de l’eau.

(Es-tu aussi sensible au feu de la même manière ?)

(Seulement celui qui te consume, Cromax. Que ce soit de colère ou de désir.)

Le passage est étroit, et assez bas de plafond, si bien que je dois me pencher pour l’emprunter. Les gris de l’époque étaient-ils donc plus petits ? Je dois prendre moult précautions dans l’escalier pour ne pas m’éclater la tête contre le sol de pierre : en plus d’être étroit, c’est plutôt très glissant, la rivière souterraine ayant poli la pierre et apporté dessus des mousses périlleuses. Je n’hésite pas à me servir des murs comme d’une rampe pour me maintenir en équilibre sans choir. Par chance, j’ai toujours été muni de pas mal d’équilibre. L’habitude du combat, sans doute, où il est nécessaire pour ne pas briser sa garde et l’ouvrir à un adversaire.

Nous débouchons, après la descente dangereuse mais heureusement sans heurt, dans un couloir assez long aux murs ornés d’anciens candélabres. J’envoie Lysis, sous la forme d’une petite boule lumineuse que je fais mine de contrôler de mes mains, allumer les chandelles qui resteraient allumables, afin de nous éclairer l’endroit, content de l’effet qu’une telle démonstration pourrait avoir sur l’aigail. Cela a l’avantage de nous révéler les murs, bien plus fins dans leur élaboration que le reste du manoir. De construction antérieure, ou postérieure ? Impossible à déterminer, puisque comme tout le reste : ils sont anciens. Je n’ai pas l’œil d’un archéologue, spécialisé en culture sindel, qui aurait pu déterminer si c’étaient bien les gris qui avaient bâti ces tunnels sous la ville… Ou la ville sur ces tunnels préexistants. La mousse recouvre les murs, témoin de l’humidité ambiante qui nous entoure. Nous poursuivons notre avancée jusqu’à une petite porte, qui s’ouvre sans difficulté pour nous mener dans une pièce de taille moyenne, plus petite que la salle de bal, en comparaison, mais bien plus chargée en objets en tous genres, amassés sur de lourdes étagères. Un bordel pas possible, lui aussi rongé par le temps. Un bref regard sur eux m’indique qu’il s’agit surtout d’outils, métalliques ou non, destiné au jardinage, à la culture de plantes. Encore un domaine où je ne m’y connais que peu. Cela explique, en tout cas, la présence de bassins sur les côtés de la salle, qui recueillaient sans doute les cultures, dont certains échantillons encore bien vivants s’exposaient sous nos yeux ébahis : d’étranges plantes luminescentes, rendant une ambiance curieuse à l’endroit.

« Bizarre… Vraiment bizarre. »

Au centre, une table regroupe plusieurs bocaux et fioles de toutes tailles et formes, et dans toutes les positions, maintenus par des reposoirs en bois ou en fils de fer. Certains contiennent encore des liquides étranges. Je commente tout haut, une fois de plus.

« Est-il noté quelque part qu’ils étaient versés dans l’art de l’herboristerie ? On dirait un atelier de fabrication de potions. De l’alchimie, peut-être même, pour le peu que je m’y connaisse. As-tu un moyen, par tes pouvoirs, de déterminer ce que contiennent ces fioles ? »

Elle détecte l’eau… Peut-être en est-il de même pour les potions… Ou les poisons. Je ne connais que peu l’étendue de ses capacités, au final. Ce disant, je m’approche du fond de la salle, où deux bibliothèques encadrent une porte qui, vu sa robustesse, sera encore une partie de plaisir à ouvrir. Mais je ne m’y intéresse pas pour l’heure. Je me tourne vers les ouvrages décrépits sur les pans de la bibliothèque, cherchant à en trouver un moins abimé que les autres par la moisissure. Ne fut-ce que pour en détecter le titre, même si le contenu a été rongé par le temps, afin de comprendre l’utilité d’un tel lieu. Et si les elfes gris en étaient vraiment les constructeurs.

[1500 mots]

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 Sujet du message: Re: Les Crocs du Monde
MessagePosté: Mar 1 Sep 2015 16:54 
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Crocs du Monde – Jättivuori

Pour Baratume

    Baratume chemine dans le silence de la forêt, parfois pertubé par le vent dans les arbres, le battement d’aile d’un oiseau ou le bruissement de quelque fourré, causé par un animal dérangé par l’approche du rôdeur. S’il est assez attentif, il trouvera même quelques baies ressemblant à des fraises des bois et des noisetiers emplis de noisettes. Il voit également par-ci, par là, quelques champignons tout simples au chapeau blanc et d’autres au chapeau brun et à l’intérieur violacé.

    Il finit par arriver à une fourche, le chemin s’écartant dans deux directions à la fois. L’une des direction mène vers le nord, la partie ubac de la montagne où la limite des pins est plus basse, mais le froid plus intense et la partie sud, l’adret, plus verte et emplie d’arbres, les feuillus grimpant plus haut avant de laisser place aux sapins. Aucun autre élément n’est à sa disposition pour ce choix et même le vent s’est tu autour de lui.


Crocs du Monde – Andarsté

    Ixtli secoue la tête aux paroles de Cromax.

    - A ma connaissance, ils savaient deux ou trois choses à l’herboristerie, mais toujours moins que les taurions et les hinïons. Mais en effet, on dirait un lieu de fabrication de potions et … d’autre chose, comme s’ils faisaient des expériences.

    A ses paroles, elle effleure quelques bocaux alignés contre un mur, contenant des corps animaux conservés dans des liquides.

    - Mais je n’ai aucun moyen de savoir ce qu’il y a dans les fioles. Je peux en enlever l’eau à loisir, mais elle ne me dit pas quelles en sont les propriétés.

    Sur les titres, Cromax parvient à dénicher quelques mots où certaines lettre ne sont cependant pas déchiffrables : « Tr**t* d’ *ntomo***ie », « P*ysio**m*ie des cr*stac*s », « C*oiss*nce d*s **antes », « C**atur** mar**es », « L’*erbori**erie, m** com*at » et « Ma*m*fère* ».

    Ixtli, quant à elle, regardait la porte d’un œil critique.

    - On la défonce ou on cherche une clef ?


Crocs du Monde – Vers Elivagar

    Marikani haussa un sourcil aux premières paroles d’Earnar.

    - Si je n’avais pas été là, il aurait été nécessaire de vous emmener en urgence à Elivagar afin de tenter d’extraire le poison de votre corps. Au mieux vous auriez perdu votre bras, au pire votre vie.

    Son haussement de sourcil s’accentua encore à ses paroles suivantes.

    - Donner des directives à un dirigeant d’Illyria ? Vous devez assurément être suicidaire. Les choses, m’est avis, ne seront pas aussi simple et c’est votre corps que l’on retrouvera flotter dans les docks d’Illyria.

    Cependant, lorsqu’il posa des questions sur Aaria’Weïla et Jillian, ou Cromax et Ixtli, elle se renfrogna avant d’éclater de rire.

    - Oui, ce serait à peu près aussi suicidaire pour vous que de tenter de menacer un dirigeant d’Illyria sans savoir où vous mettez les pieds ni rien savoir de la situation. Concernant la Reine et le Général, il s’agit de quelque chose de privé, de même pour Ixtli, et il serait malvenu de ma part de les commenter sans leur accord.

    Vint la nuit et le tour de garde de Marikani, qui s’installa contre un tronc d’arbre. Lorsqu’Earnar vint la trouver, elle était déjà en train de se lever, et lui fit un signe de tête avant d’aller se coucher à son tour.

    Plusieurs heures passèrent dans le calme, sans qu’Earnar ne remarque de bruit suspect dans l’obscurité de la jungle d’Elivagar. L’Ekhi avait préféré ne pas faire de feu, aussi les yeux n’étaient guère d’un grand secours dans l’obscurité presque totale.

    Finalement, les premières lueurs de l’aube s’élevèrent à l’horizon, mais elles furent perturbées par l’apparition de deux êtres.

    Le premier était un homme aux muscles saillants et à la peau d’un marron assez claire. Il n’était vêtu que d’un pagne et d’une sorte de sac à dos fait de bois et portait à la main une sorte de brasero portatif. L’autre main, elle, portait un bâton qu’il dardait dans la direction de l’Earion. Son visage était caché sous un masque blanc, sans doute fait d’os.

    Image


    La seconde personne était une femme, au visage cependant dévoilé mais orné de quelques motifs peints. Elle portait une tenue légère en cuir et en métal, une lance ornée d’une grande lame légèrement recourbée et d’un petit bouclier qu’elle avait accroché à la main. Elle regardait Earnar de façon peu amène.

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    - Qui êtes-vous, et que faites-vous sur nos terres ? dit-elle.


[Cromax – xp : 2,5 (post) ; 0,5 (fouilles)
Earnar – xp : 2 (post)
Guasina – xp : 1 (post)
Baratume – xp : 0,5 (post)]

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 Sujet du message: Re: Les Crocs du Monde
MessagePosté: Mer 2 Sep 2015 00:32 
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Les paroles de Marikani résonnaient dans son esprit tel le marteau contre l'enclume. Décidément ils étaient bien différents tous les deux, l'Ekhi semblait incapable de garder de l'espoir, s'attendant aux pires scénarios pour les élémentaires et plus généralement pour Elysian. Néanmoins sa remarque sur leur couple la fit rire, au moins tout n'était pas noir, même si étrangement elle se refusait de parler de Jillian et de la reine d'Ilmatar ainsi que de la diplomate Agail, Ixtli. Les élémentaires étaient-ils toujours aussi solidaires entre eux en dépit de leur divergence physique et culturelle.
Assis contre l'herbe drue, il se surprit à apprécier le calme de la jungle et le souffle du vent qui caressait sa peau écailleuse.

L'étrange songe qu'il avait fait avant de se réveiller pour prendre la relève voilait son cœur d'amertume. Il était bien loin de chez lui et sans doute ne serait il pas passé à travers le fluide spatial s'il n'avait pas voulu se prouver quelque chose. Sa mission se modifiait au fur et à mesure de son périple à travers ces environnements hostiles et ce futur incertain le mettait mal à l'aise en dépit du fait qu'il essayait de le camoufler aux autres aventuriers ainsi qu'à Marikani. Il fit ressortir ses griffes de leur gaine d'acier et de sa main libre sortit un torchon et de la graisse s'appliquant à lustrer les longues lames effilées. Au bout d'une demi-heure, il s'arrêta et s'adossa contre l'écorce d'un vieil arbre à la haute cime pour fredonner une douce mélodie Earionne.

Si ses yeux ne parvenaient à percer le voile obscur, il n'était pas un Shaakt, cependant il se concentra pour écouter le moindre son aux alentours. Seul le souffle régulier et apaisant de l'élémentaire de feu lui parvint ainsi que quelques gouttes d'eau en raison de la forte humidité ambiante. Il s'étonnait d'ailleurs de l'absence de brume spectrale tellement la chaleur et l'humidité étaient portées à leur paroxysme. Décidant de faire un petit tour de ronde, il scruta les alentours en escaladant l'arbre le plus proche de leur campement sommaire.

(Toujours rien ! C'est plutôt bon signe, je ne suis pas certain que j'aurais pu me battre correctement dans une obscurité presque totale. Faëlis aurait été à la fois utile et encombrant la nuit.)

Lorsque les premières lueurs de l'aube illuminèrent la clairière qui leur servait de refuge au sein de cette forêt tropicale extrêmement touffue, il sauta à terre et ses griffes retrouvèrent leur confort spartiate, attendant de nouveau leur heure pour frapper et se parer de reflets carmins. Le reptile n'avait pas satisfait sa soif de sang et surtout l'issue était frustrante à cause de l'Ekhi qui avait achevé son adversaire.

Avec les premières lueurs de l'aube arrivèrent deux êtres apparemment humains. Le premier était un homme aux muscles sans doute durcis par l'environnement hostile et portant un masque blanc fait d'os à n'en pas douter. Il portait une sorte de panier en bois sur son dos, un objet dont il ne voyait pas véritablement l'intérêt dans une jungle aussi épaisse que celle-ci. Dans sa main droite, il portait un brasero portatif, une arme originale s'il en est mais là encore, à moins de vouloir mettre le feu à la forêt, l'utilité en est restreinte. De son autre main, il dardait un grand bâton noueux dans sa direction.

Sa compagne était plus fine, parcourue de tatouages claniques et certaines parcelles de son corps étaient recouverts d'une tunique mêlant cuir et métal. Tout comme son camarade le colosse, elle pointa une lance dont la lame était légèrement recourbée et d'un bouclier qui semblait accrocher à son poignet. Le regard qu'elle lui lança était sans équivoque et ses paroles confirmaient que le voleur était dans de beaux draps, une fois de plus.

Les deux individus ne regardaient que lui, ce qui signifiait qu'ils n'avaient pas encore vu Marikani dans son hamac. Levant ses mains bleues palmées en signe de paix, il entreprit de répondre à la sauvageonne, espérant de tout cœur que les multiples rides d'eau à la surface de son visage ne se remarquaient pas sous son capuchon.

- Je m'appelle Earnar Corail, je suis un simple marchand Earion venu d'un autre monde, je commerce avec Elivagar et le roi d'Illyria. Si vous m'escortez jusqu'à la lisière de cette jungle pour me permettre de rejoindre ma destination, je pourrais partir rapidement de vos terres. A mon retour, votre gentillesse sera récompensée, après tout votre armement est en métal, je pourrais vous en fournir à bon prix...

Prendre l'identité d'un marchand ambulant pouvait s'avérer périlleux, néanmoins leur dire toute la vérité était une démarche suicidaire. L'elfe ne connaissait nullement leur culture, leurs idéaux et les principes qui régissaient leur société primitive. Les humains détestaient les Earions, il espérait juste qu'ils étaient l'exception qui confirmait la règle. Si la méthode douce ne fonctionnait pas, il pouvait toujours utiliser une méthode plus brutale.

((876 mots))

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 Sujet du message: Re: Les Crocs du Monde
MessagePosté: Mer 2 Sep 2015 14:55 
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D’après Ixtli, les sindeldi de l’époque n’étaient guère plus que ça cultivés dans le domaine de l’herboristerie. Ils y touchaient bien un petit peu, indéniablement, surtout vu la découverte que l’on vient de faire sous leur propre cité, mais ils n’ont jamais été notés comme rivalisant dans le domaine avec les maîtres de l’art : les taurions et hinïons. Ainsi, ces deux espèces sont également présentes sur Elysian. Sans quoi l’ondine n’en parlerait pas si ouvertement, avec tant de facilité et d’assurance. Elle confirme cependant ma pensée par la sienne : ils fabriquaient certainement des potions, ici… Mais aussi peut-être autre chose, me dit-elle. Comme s’ils avaient fait des expériences sur la vie, la chair… La biologie en général.

Depuis ma bibliothèque, je lorgne dans sa direction, la voyant se pencher avec curiosité vers des bocaux remplis d’animaux, entiers ou non, morts et conservés dans des liquides magiques. Depuis plusieurs siècles. C’est assez impressionnant de noter leur état de conservation, là où il ne resterait plus qu’os ou poussière d’autres organismes non préservés.

« Des expériences ? Peut-être. Mais dans quel but ? »

La curiosité, juste ? Je n’y crois guère. La curiosité scientifique est toujours motivée par des buts autres : le pouvoir, l’argent, la guerre ou la médecine. On ne met pas en place un tel lieu juste par pure curiosité, par pur esprit de découverte. Elle précise qu’elle n’a aucun pouvoir qui détecterait le contenu exact des fioles. Elle sait apparemment en tirer l’eau, le liquide, mais sans en connaître les capacités exactes. Il est dangereux de s’y frotter sans en connaître l’exacte composition, et sa réaction face au temps. Déjà les produits simples comme le lait sont absolument dégueulasses après quelques jours, mais alors des potions magiques… Tout peut arriver. Annulation de l’effet, ajout d’autres caractéristiques, modifications de comportement face à un organisme vivant… ou mort. Les possibilités sont multiples, et une fois de plus, ça n’est pas mon domaine, à l’instar de la magie.

De mon côté, je repère plusieurs livres, mais l’écriture sur les tranches est rongée et abimée par les ans. Je murmure pour moi-même, à voix basse, les titres que j’arrive à déceler… plus ou moins.

« Hmmm… « Traité d’entomologie ». Un bouquin sur les bestioles, ça. « Physionomie des crustacés », j’imagine. Encore des bêtes, mais de la mer cette fois. « Connaissance des plantes ». Celui-là, je m’y attendais. Comme le suivant : « l’herboristerie, mon combat ». Les deux derniers parlent aussi d’animaux : « Créatures marines », et « Mammifères ».

Pas mal de traités de zoologie et d’herboristerie, finalement. Rien sur les oiseaux, en revanche, à première vue. Sans doute dans le grand nombre de ceux que je n’ai pas observé, ou qui sont trop usés pour l’être. Alors, ces buts ? Un simple recensement des espèces végétales et animales de la planète, en vue d’augmenter les connaissances sur le monde ? Ou, soyons-fous, un procédé expérimental de tentative d’imprégnation à un être humanoïde de caractéristiques des autres espèces vivantes, animaux comme plantes. Ou tout autre chose, au final : il est bien trop tôt pour le dire.

Quoi qu’il en soit, il est assez peu pertinent de parcourir plus avant ces bouquins : les créatures, si elles existaient à l’époque dans les crocs du monde, ne sont sûrement plus les mêmes aujourd’hui. Par processus d’évolution naturelle, ou d’extinction pure et dure par l’explosion du volcan et les changements notables de conditions de vie dans ces monts. Climatiques, civilisées. Et j’en passe.

Ixtli interrompt ma réflexion en regardant la porte de travers, questionnant si nous en trouvons la clé, ou… Si nous évitons de perdre plusieurs heures à chercher une hypothétique clé qui pourrait très bien ne pas exister. Décidé, je saute sur l’occasion.

« Oh, celle-là, on la défonce. »

C’est vrai, quoi ! Il faut bien que je prenne ma revanche sur celle en pierre qu’il nous a fallu ausculter sous ses moindres recoins pour qu’elle cède enfin à son mécanisme d’ouverture. Ici, pas de pitié : je vais niquer le mécanisme d’ouverture. Et Ixtli ensuite. Mais pas de la même manière.

(Hey ! Focus j’ai dit !)

Il est temps de faire preuve de force : je dégaine mon arme métamorphe, ce mignon petit poignard à ma ceinture, et le chance en une grosse hache monstrueuse et dévastatrice. La transformation doit être plutôt impressionnante, pour Ixtli, si elle ne connaît guère encore les capacités de mon arme. Elle a pu la voir, de loin, lors du combat contre les quatre piafs, mais… elle n’était alors peut-être pas dans l’état idéal pour en profiter pleinement. Ni même le remarquer tout court, en vérité. Alors que là… Bon, j’avoue, je me la pète un peu. Et aussi un peu vite. Je pourrai en avoir l’occasion quand j’aurai éclaté la porte avec, et pas avant.

Aussi, je la brandis à deux mains, et prenant de l’élan, frappe avec force sur le mécanisme d’ouverture de la porte : serrure et poignée. Mon but, tout en finesse, exploser sa face à cette huche de malheur qui a osé, la garce, se dresser sur mon chemin. Toute la puissance masculine primaire et virile à l’œuvre. A-greuh-greuh, dirais-je même.

Gnuh, paf, crack, boum. Simple et efficace.

Bon, après c’est sûr que dans toute cette violence, je reste fidèle à moi-même, avant tout : précis. J’ajuste mon coup pour éviter qu’il atterrisse dans le mur et non dans la porte, et que mon arme me fasse un sale retour de manivelle. Faudrait pas me blesser, non plus.

[927 mots]

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 Sujet du message: Re: Les Crocs du Monde
MessagePosté: Ven 4 Sep 2015 11:37 
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Crocs du Monde – Vers Elivagar

    - Un simple marchand Earion venu d’un autre monde ? Il n’y a pas de simple marchand venu d’un autre monde. Et le commerce entre Elivagar et Illyria passe par cette forêt, mais nous ne t’avons jamais vu ici. Les temps sont troubles, alors je le répète, Earion, qui es-tu ?

    - Thana.

    La voix provint de derrière Earnar. Elle était neutre, dépourvue de chaleur, mais pas froide pour autant.

    - Marikani, répliqua la femme en regardant d’elkhi. M’expliqueras-tu ce qui arrive ?

    L’ekhi s’étira légèrement, montrant une certaine décontraction, mais ses yeux ne quittaient pas la femme.

    - Ce ne sont pas tes affaires, Thana, laisse-nous passer.

    - Je crois au contraire que ce sont nos affaires. Penses-tu que nous sommes ignorants des feux de l’Arzebeth ? Que nous ne voyons pas les signes ? Nous n’avons peut-être plus de fluides, mais nous ne sommes pas devenus ignorants pour autant. Il se trame quelque chose, et j’ai dans l’idée que ce mâle est au centre de ceci. Oseras-tu me dire que je me trompe ?

    Les yeux de Marikani se mirent à flamboyer.

    - Non, tu ne te trompes pas, mais sa présence est requise à Elivagar dans les plus brefs délais. Laisse-nous passer.

    Thana éclata de rire.

    - Penses-tu pouvoir nous empêcher de le prendre si nous le voulons ?

    Encore une fois les yeux de Marikani flamboyèrent.

    - Là n’est pas la question, je ne doute pas des capacités des Hommes de la Forêt. Mais je doute déjà plus de leur bon sens. Laisse-nous passer, c’est important.

    Thana eut un reniflement, et l’homme derrière elle se redressa. La femme laissa cependant quelques instants s’écouler.

    - Bien. Mais revenez nous voir ensuite. Je veux savoir ce qu’il se trame. Et sans mensonges de ce type.

    Marikani haussa les épaules en lançant un regard à Earnar.

    - Ce n’est pas à moi d’en décider, mais à lui.


Crocs du Monde – Andarsté

    Ixtli écoute toutes les paroles de Cromax, songeuse.

    - Moui, cela ressemble vraiment au parfait guide du débutant pour des expériences hors du commun…

    Elle pousse une petite exclamation de surprise en voyant l’arme métamorphe se muer en une grosse hache dépourvue de toute finesse autre que « caaassseeer ».

    - C’est une arme yuiménienne ? C’est commun là-bas ?

    Elle regarde ensuite Cromax défoncer la porte avec un air ouvertement amusé, jusqu’à ce que la porte soit suffisamment ouverte pour laisser passer quelqu’un. La porte s’ouvre sur ce qui semble être une vaste salle plongée dans le noir, à peine éclairée par le diadème et le pendentif d’Ixtli, pourvue d’une grande table qu’ils parviennent à peine à distinguer. Sur tout le pourtour de la pièce se trouvent de très fins bassins du même type que ceux de la pièce précédente, qui communiquent tous entre eux. Ils ne semblent cependant pas emplis du même liquide que le précédent. Ixtli s’en approche, met le doigt dedans et l’approche de ses narines avant de froncer le nez avant de sortir son briquet et de taper quelques fois dedans jusqu’à en tirer une étincelle. Elle entre dans le bassin et un grand feu s’allume et se propage dans toute la pièce, l’illuminant de ses flammes.

    La pièce, au contraire de la pièce précédente, est finement taillée, ouvragée. Les braséros lui donnent un aspect intimiste malgré sa taille et diverses tentures encore une fois la parcourent, la réchauffant par leur présence. Il se trouve trois porte dans cette pièce, l’une menant à des latrines, une seconde à une sorte de cellier plein de victuailles moisies et la dernière est grande, magnifique, et trône sur la pièce. Elle n’est cependant pas ouvrable et manifestement trop massive pour être défoncée à la hache. Au centre de celle-ci, cependant, se trouve une sorte d’encoche en forme de soleil, comme si quelque chose était fait pour être introduit dedans.

    La table qu’ils avaient pu distinguer dans le noir est grande, mais peu de chaises se trouvent autour, au contraire d’un fouillis impossible de livres et d’objets divers qui ne sont pas sans rappeler la pièce précédente. L’élément le plus notable est sans doute le cadavre avachis sur une chaise, encore engoncé dans de vastes et lourds vêtements, un fin bandeau d’argent reposant encore sur son front. Ses mains sont encore posées sur la table, de part et d’autre d’un petit coffre impossible à ouvrir sur lequel se trouve un creux rond avec quelques motifs en vaguelettes. Un autre cadavre se trouve sur une autre chaise, lui aussi engoncé dans de riches vêtements, la tête vers l’arrière comme si on lui avait tranché la jugulaire et un couteau à ses pieds.


[Cromax – xp : 1,5 (post) ;
Earnar – xp : 1 (post) ; 0,5 (tentative de filoutage)]

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 Sujet du message: Re: Les Crocs du Monde
MessagePosté: Ven 4 Sep 2015 13:41 
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La réplique fit l'effet d'une gifle à l'Earion, son stratagème avait été dévoilé et balayé d'une simple phrase. Les mots, l'arme ultime des êtres vivants, ils peuvent autant blesser que guérir et en les utilisant avec soin, ils permettent de sauver un pays s'ils sont prononcés par un diplomate. Le voleur si prompt au combat considéra que la diplomatie avait du bon, que ce n'était pas une science réservée aux vieillards édentés et rachitiques, qu'elle lui serait plus utile que ses griffes même. La diplomatie earionne avait depuis longtemps disparu, quelques bribes subsistaient provenant des Earions qui habitaient alors Omyrhy, une magnifique cité s'il en est jusqu'à l'invasion des Garzoks.

Ces secondes lui paraissaient interminables et il songea qu'il allait devoir utiliser ses griffes si nécessaire. Et Marikani qui était on ne sait où allait pouvoir les éliminer en profitant de la distraction qu'il offrait. Soudain, une voix dénuée de chaleur qu'il reconnut sans mal prononça le nom de l'humaine qui le menaçait de son arme d'hast (Qu'est-ce que je déteste ce genre d'arme !). Marikani surgit derrière son dos et il faillit lui demander ce qu'elle faisait à dévoiler sa présence à l'ennemi, cependant la dénommée Thana la connaissait et lui demandait la raison de leur présence.

Earnar se détendit légèrement alors que l'Ekhi regardait fixement la femme d'un air totalement décontracté, même s'il percevait une certaine tension entre les deux femmes. Marikani coupa court aux questions de l'humaine par un classique: "mêle toi de tes affaires, nous n'avons pas élevé vaches, veaux, cochons ensemble".

- Elle est belle la diplomatie des élémentaires, railla-t-il à son intention. Je comprends mieux pourquoi vous aviez besoin de diplomates et finalement, mon art oratoire n'est pas si mauvais comparé au vôtre !

En effet, c'était le pompon, l'élémentaire de feu avait osé l'accuser d'un manque flagrant de tact, elle était en réalité bien pire et il était même certain que la reine des Sylphes ne soit pas non plus une marque d'efficacité en la matière. Cromax pouvait à raison le lui reprocher, il donnait l'impression d'avoir la diplomatie qui coulait dans ses veines. Earnar ne l'appréciait pas, il lui inspirait crainte et méfiance mais il devait le reconnaître, le Sindel avait l'art d'obtenir des informations vitales en peu de mots.

Evidemment, Thana lui rétorqua qu'elle était dans son droit et le voleur trouva logique qu'en effet, seule la loi des habitants de cette jungle régissait leur rapport. Elle alla juste qu'à lui faire comprendre qu'ils n'étaient pas ignorants de l'explosion de l'Arzebeth, ce maudit volcan qui l'avait empêché d'aller fureter à Ilmatar. L'humaine confirma qu'ils possédaient autrefois des fluides et semblait éprouver une certaine rancœur à ce sujet. Lui-même pouvait le comprendre, il imaginait que c'était comme si un inconnu lui retirait ses griffes à jamais. Par contre, lorsqu'elle déclara de but en blanc qu'il constituait la pierre angulaire de ce phénomène, il voulut répondre par la négative mais Marikani ne lui laissa pas le temps et osa même jusqu'à dire qu'il était au centre de tout ceci avec un regard qu'il ne connaissait que trop bien pour l'avoir vu précédemment lors de leur combat contre les reptiles. Tout cela n'augurait rien de bon pour la suite de l'aventure ! Elles allèrent même jusqu'à l'ignorer et se disputer pour savoir qui le prendrait.

( Mais personne mes dames, si je suis devenu voleur c'était pour être libre de tout et non pour devenir un homme-objet, par Moura !)

Earnar avait très envie de sautiller sur place, en agitant les bras de façon désorganisé et de leur crier qu'il était là, cependant il avait plus de trois siècles à son actif et cela faisait bien longtemps qu'il n'agissait plus comme un enfant, il se contenta donc de patienter.

Pendant un court instant, il plaignit l'homme qui accompagnait Thana car écouter deux pipelettes en train de jacasser ne devait pas être une activité franchement plaisante. Il le plaignit jusqu'à qu'il se redressa dans une position menaçante en raison de ses muscles saillants.

Finalement, Thana laissa tomber et leur proposa ou plutôt ordonna de leur rendre visite après leur visite d'Elivagar, la cité des Agails et des Earions qu'il avait hâte de rencontrer. Surtout, il se demandait comment était l'Esprit des Agails, était-il humain, Earion, élémentaire ou prenait-il d'autres formes ? Et quelle serait la nature de son épreuve ?

Marikani lui laissa enfin l'opportunité de s'exprimer lorsqu'elle lui lança un regard.
Il s'éclaircit la voix et pesa ses mots avec soin.

- Tout d'abord, veuillez me pardonner ce mensonge, néanmoins diriger vos armes tout de go sur ma personne ne donnait nullement envie de dire la vérité et puis, je ne vous ai pas menti sur toute la ligne. Je m'appelle bien Earnar Corail, je viens bien d'un autre monde appelé Yuimen et plus précisément d'une ville de grande importance, Tulorim et je suis bien représentant Earion. Et puis si je vous disais que mon but était de sauver Elysian, vous m'auriez pris au mieux pour un dément...

Reprenant légèrement son souffle, il continua de plus belle:

- Je suis d'accord, nous sommes sur votre territoire, vos lois s'appliquent donc à nous, étrangers qui les franchissent. Escortez-nous jusqu'à la lisière de la forêt et je vous révélerai ce qui m'est autorisé à dévoiler. En plus, ainsi escorté, nous ne passerons pas par votre campement et vous serez assuré que nous ne violons pas vos coutumes.

Après un discours qu'il espérait fructueux, il s'en alla chercher Tornade toujours accroché à un arbre et en train de brouter l'herbe drue. Le chevauchant, il s'arrêta à mi-hauteur de Thana et lui tendit la main, paume ouverte vers le ciel. La gestuelle était tout aussi primordiale pour un diplomate que son art oratoire. Earnar le diplomate était enfin réveillé !

- Nous irons plus vite à cheval qu'à pieds et ce sera plus confortable pour répondre à toutes vos questions.

((1087 mots)

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 Sujet du message: Re: Les Crocs du Monde
MessagePosté: Dim 6 Sep 2015 11:59 
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Ixtli commente mes découvertes littéraires en affirmant qu’il s’agit certainement d’un guide pour débutant dans le monde des expériences hors du commun. Sans nul doute, en vérité, vu les ustensiles et les ouvrages présents, les matières premières peu ragoutantes, dans ces pots de verre. Je hausse les épaules, et l’air un peu las, rétorque à la jeune aigail :

« Nous ne pourrons pas en tirer grand-chose, après tout ce temps. »

Comme bien des choses ici, depuis notre arrivée. Au final, l’archéologie est moins rigolote que je ne l’aurais cru. Mais je ne suis pas sans ignorer être un être centré sur l’action, sur la vie. Fouiller un endroit mort depuis des siècles… à quoi m’attendais-je ? Oui, j’ai espéré trouver des survivants déchus et changés par le temps, trouver des explications encore vive de leur vie d’antan et des raisons de leur disparition, dénicher des liens entre le drainage de la magie et leur trépas. Vainement. Ça ressemblerait presque aux idiotes théories conspirationnistes habitant certains individus, souvent vus comme des hurluberlus de première catégorie, des fous sans logique ni conscience de la réalité. Car c’est bien là où je me trouve : dans la réalité. Ce qui est mort et vieux l’est réellement, sans plus d’étincelle de vie ou d’espoir. La destruction existe. Il n’y a pas toujours une porte de sortie. Il n’y a pas toujours de survivants miraculés, ou de magie préservée. Cet endroit, finalement, si magique me semblait-il à mon arrivée sur Elysian, n’est finalement que de tristes ruines, témoin d’un passé ravageur qui a vu disparaitre une civilisation.

Cette hargne, cette rage d’impuissance face à ce constat de dépit inéluctable, j’essaie de l’abattre sur cette porte, à grands coups de hache. Le bois, solide malgré les lustres, cède petit à petit, alors qu’Ixtli s’exclame de surprise à la vision de la métamorphose de mon arme. Entre deux coups de butoir sur ce panneau de bois, je lui réponds, d’un sourire qui n’est pas sans être teinté de fierté.

« Oh non. S’il en existe d’autre, elles doivent se compter sur les doigts d’une main. C’est une arme de légende que je tiens d’un monde appelé Gramenou. Une planète-océan entièrement recouverte d’eau, aux cités et tours sous-marines. Je suis sûr que ça te plairait. »

Je prends l’élan d’un nouveau coup de hache, mais retiens celui-ci au dernier moment pour me tourner à nouveau vers elle.

« Je pourrais t’y emmener, une fois tout ceci fini… »

Une promesse de voyage. Une promesse de lien, aussi. Une promesse que je ne suis même pas sûr de pouvoir tenir : ce monde était dangereux, et l’accès y menant a peut-être été récupéré par Omyre. Non pas que je n’y ait pas mes entrées, bien au contraire, mais… C’est un endroit qui reste dangereux à parcourir pour moi. Je ne suis pas accepté par tous. Ne fut-ce que par Sisstar, et ce bon vieux Crean Lorener. Mes visions apportées par le fluide d’air me l’ont assez bien confirmé. Mais j’ai eu envie de la faire quand même, cette promesse, cette proposition. De faire miroiter un avenir… Qu’est-ce qui m’arrive, bon sang ! Cela ne me ressemble en rien. Je me reconcentre sur ma hache, et finis de fendre la porte pour nous libérer le passage dans un craquement notoire, tout sauf discret.

Une fois le passage dégagé, nous nous y faufilons pour arriver dans une vaste salle à l’obscurité profonde. Nos bijoux lumineux n’y sont guère que des loupiotes arrivant à peine à nous faire distinguer l’ampleur de la salle, et les silhouettes confuses qui s’y trouvent. Une grande table semble en être l’ameublement principal, mais nous n’en distinguons guère plus. Prudemment, je m’avance un peu, à tâtons, touchant murs et recoins pour me situer. Ainsi, nous découvrons bien vite l’existence d’un bassin rempli d’un liquide étrange et inconnu, semblant relié à un autre bassin, un peu plus éloigné, par une rigole baignée du même liquide. Curieuse jusqu’au bout, plus encore que moi, Ixtli trempe son doigt dedans avant de le mener jusqu’à ses narines pour en humer le parfum. Grimaçant devant l’odeur, sans doute assez désagréable, je vais la croire sur parole pour le coup, elle sort son briquet et donne plusieurs coups de fer sur son silex pour faire naître une étincelle…

En mon for intérieur, je ne peux que noter le risque qu’elle a pris. Elle aurait très bien pu tomber sur une vasque d’acide concentré, qui aurait rongé chairs et os jusqu’à ne plus rien lui laisser. Ou pire, une culture d’un organisme invasif carnivore microscopique qui aurait bondi sur elle pour la dévorer intégralement. J’en ai des frissons… Mais ce ne sont là, encore, que des fantasmes d’un être ayant sans doute trop d’imagination. Il n’en est rien, et à part un doigt puant et potentiellement inflammable, elle s’en tire à bon compte, et de son étincelle plongeant dans le bassin, elle en tire le feu, qui immole le liquide stagnant en se répandant de vasque en vasque sur tout le pourtour de la pièce, révélant à nos yeux une scène du passé, et une architecture bien plus fine que les zones précédentes. Gardons le meilleur pour la fin : mes yeux s’attardent d’abord sur la finesse architecturale des murs, les tentures et autres tapisseries qui y pendent. Elle est vaste, nous en avons la confirmation, mais assez intimiste dans sa conception. Chaleureuse, tant par les bienfaits calorifiques du brasier que par la lueur orangée et douce qu’il génère.

Trois portes percent les murs, dont une particulièrement notable par rapport aux deux autres. Celle-ci est visiblement très solide, renforcée. Le type que des coups de hache, même bourrins, ne pourraient venir à bout. En son centre, un symbole en encoche, attendant une clé en forme de soleil. Un mécanisme d’ouverture ingénieux… qui n’est pas en notre possession. Son secret a pu être perdu à jamais dans l’une des chambres effondrées de l’étage, pillée sur un cadavre à l’extérieur des ruines, ou embarqué loin, très loin sur d’autres mondes par son propriétaire d’origine. Un pessimisme qui ne me ressemble guère, et qui pourtant se force à moi, dans ces ruines trop calmes, trop mortes, trop anciennes. Les deux autres portes, autant ne pas s’y attarder plus que de coutume : je les ouvre à la volée, en passant, révélant derrière l’une un ancien garde-manger, un cellier rempli de victuailles moisies et tombées en poussières… Le genre d’endroit puant où il ne fait pas bon entrer… Et la seconde mène à des latrines figées… Un autre endroit autrefois odorant, dont les odeurs, heureusement, sont aujourd’hui aussi fossilisées que les crottes anciennes qui doivent encore stagner dans ces trous du passé. Inutile, donc, de plus s’y attarder. D’autant qu’un spectacle bien plus intéressant nous attend au cœur de la pièce.

Deux cadavres gisent sur des chaises, de part et d’autre de l’immense tablée, jonchée de livres et d’objets hétéroclites, sur lesquels je jette un regard curieux, mais pas plus insistant que ça. Car mes yeux sont attirés, irrémédiablement, par les corps. Le premier, avachis sur la table, vêtu de riches et amples habits. Il semble être mort en voulant protéger de son corps un petit coffret dont je m’approche. Un bandeau d’argent ceint son front, témoin de sa position importante dans la caste sindel de l’époque… Si ce fut bien un elfe. En face de lui, un autre cadavre gisait sur son siège, mais pas penché vers l’avant, lui. Gorge découverte, on eut dit qu’il s’était fait trancher celle-ci. Un trépas bien loin des origines de la défaillance sindel, en l’occurrence. En voilà deux qui ne sont pas morts à cause de l’explosion du volcan d’antan. Tout n’était pas si rose, dans le royaume des gris.

Mais le coffret a décidément toute mon attention : il comporte, comme la porte, une encoche à motif familier, symbole de clé pour son ouverture. Et celle-ci, contrairement à la première, représentant l’astre solaire, fait écho en moi : des vaguelettes, comme celles de notre pendentif commun, à Ixtli et à moi. J’attire l’attention de ma compagne d’exploration sur cette occurrence notable.

« Ixtli. Viens voir… »

Je dégage le coffret des mains du cadavre antique et pointe la serrure particulière vers l’ondine, avant de décrocher mon pendentif et de l’insérer dans l’encoche, attendant d’Ixtli qu’elle œuvre de même. Avec un peu de chance, mais peut-être est-ce là encore le témoin de fantasmes idéaux, le coffre contient-il le pendentif, solaire cette fois, qui nous permettra d’accéder aux savoirs cachés de l’ultime porte de cette pièce, la plus robuste et impressionnante jusqu’ici. Quant à savoir ce qu’elle cache, elle… C’est une autre histoire. Ouvrons d’abord le présent coffret, voir s’il contient bien ce que mes espoirs de fou lui proposent, ou si ce n’est que quelque trésor détérioré, acte de naissance ou de propriété n’ayant aujourd’hui plus cours.

« Finalement, ce médaillon servira peut-être à quelque chose… »

Le lien entre les amants de l’étage et ce personnage défunt ? Nous le saurons peut-être. Ou peut-être pas. L’ouverture est la prochaine étape…

[1512 mots]

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