L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Les Habitations d'Exech
MessagePosté: Ven 8 Jan 2016 14:46 
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Quelques heures avaient passé depuis le retour à la maison. Rosemary avait pris soin de récurer le sang qui recouvrait son aiguille, hors de question de travailler avec du matériel en mauvais état. Elle dut également chercher longuement avant de trouver ce qu'elle escomptait, ses yus. Grâce à ces derniers, elle pourrait sans doute corrompre le garde à l'entrée de la demeure du milicien Rodrick, s'épargnant des menus tracas.

Ingrid était recroquevillée dans un coin de la pièce principale, gémissant, sanglotant, autant de manière qui exacerbait la colère de Rosemary, mettant à bout sa patience déjà réduite au strict minimum.

Elle se tourna vers la source de son désagrément, lui signifiant qu'il n'était plus l'heure de pleurer, elle devait agir en femme, ravaler sa rancœur et sa peur et faire face. La pauvre petite toutefois continuait son cirque, pleurant la perte de sa mère, pleurant devant son impuissance face à cette vieille sorcière qui du jour au lendemain avait bouleversé toute sa vie.

Agacée devant cet étalage de sentiments, Rosemary s'approcha d'Ingrid et lui flanqua une violente tape derrière la tête, l'exhortant au silence ! Ingrid cessa aussitôt, reniflant bruyamment, elle ne pouvait en revanche se retenir de trembler comme une feuille.

"Tend moi ta main petite sotte, je t'ai suffisamment avertie."


Elle s'exécuta, tendant sa minuscule menotte déjà blessée par le coup d'aiguille portée plus tôt. Rosemary se saisit alors de son arme et la planta allégrement. Un nouveau trou rougeâtre décorait dorénavant la main d'Ingrid qui se retint d'hurler. Les larmes perlaient mais aucun cri ne vint briser ce moment.

"Bien, tu commences à comprendre. Quand j'exige de toi le silence j'attends à ce que tu m'obéisses, sans hésiter. Maintenant lève toi, nous allons nous promener..."


Rosemary prit la main d'Ingrid et emprunta la sortie, refermant derrière elle, consciente que cela n'arrêterait pas un voleur déterminé, mais bon... C'était mieux que rien. Elle avait les yus dans sa poche avant et l'aiguille avait retrouvée sa place, plantée dans l'épaisse tignasse.

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La vie n'est qu'un mauvais rêve.




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 Sujet du message: Re: Les Habitations d'Exech
MessagePosté: Lun 20 Juin 2016 17:33 
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<<< [:attention:] (((Quelques scènes peuvent déranger la sensibilité de certaines personnes. )))



Une fois à l'intérieur Rhazel plissa le nez et porta machinalement une main devant. Une puanteur perpétuelle englobait la plupart des quartiers d'Exech, mais dans ce taudis elle semblait atteindre son paroxysme. Une odeur de pourriture se mêlait à des effluves d'excréments et de décomposition. La pénombre l'empêcha dans un premier temps à distinguer ce qui l'entourait. Il entendait de petites exclamations étouffées et apeurées, suivi de petits pas s'éloignant de lui avec précipitation. Le jeune homme leva une main en signe d'apaisement, dans un geste qu'il voulait rassurant. Il distingua qu'il se tenait sur le seuil d'une pièce d'une taille assez moyenne, quelques meubles délabrés semblaient tenir les murs, quant au sol, il était parsemé de détritus et d'ancien mobilier maintenant en ruine. Le jeune guerrier s'adapta assez vite à la pénombre, les silhouettes qui s'étaient réfugiés dans le coin de la pièce lui apparurent alors plus nettement. Il discerna Pie à un mètre de lui, un index sur sa bouche. Elle lui désigna ensuite une tenture murale située dans un coin de la pièce, faisant office de porte et menant à une autre partie de la bâtisse. Le bruit d'une respiration sonore en émanait. Rhazel acquiesça et s'y dirigea à tâtons. Il heurta alors un meuble qui lui arrivait à mi-hauteur, renversant ce dernier ainsi que tout ce qui traînait dessus.
Le jeune guerrier pesta intérieurement, se maudissant se sa propre maladresse. Sentiment accentué quand il entendit a respiration s'interrompre, suivie d'une voix caverneuse.
« Qu'est-ce.. Qu'est-ce que c'est que ce bazar encore ? » Une quinte de toux écoeurante éclata, puis la voix reprit, presque étouffée.
« Pie est rentrée ? »

En entendant son nom, Rhazel sentit la petiote se raidir et reculer de quelques pas.
Il posa sur elle une main réconfortante et la repoussa en douceur un peu plus loin.
« Je me charge du reste ».
Le guerrier se dirigea à pas lents vers la teinture, dégainant son épée. Une vive lueur apparut soudainement derrière, indiquant qu'une torche ou lampe à huile venait d'être allumée. Arrivé devant le tissu à la saleté repoussante, il leva la lame de son arme, et écarta un pan de la tenture. Il eut alors un mouvement involontaire de dégoût quand il vit l'être repoussant qui se tenait derrière, dans une minuscule pièce.
Assis sur un tapis troué à plusieurs endroits, et dont on ne distinguait plus la couleur d'origine. Un homme vêtu d'une simple tunique entrouverte s'y trouvait assis. La crasse et la saleté maculaient son corps ainsi que son visage. Atteint d'une calvitie prédominante, des touffes de longs cheveux gris pendant des côtes de sa grosse tête luisante, se rassemblaient en mèches grasses en tombant au-dessus de ses épaules. Une bouche molle et bien trop grande s'agitait silencieusement, agitée de tics. L'individu cligna deux gros yeux globuleux et se mit à détailler l'étranger qui venait de débarquer « chez lui ».Un mouvement à côté de Grorick, attira l'attention du jeune guerrier. Sous l'ample tissu sale qui faisait office de drap, et que le gros personnage avait repoussé sur le coté, bougea une forme indistincte. Une petite tête effrayée en sortit et posa sur le jeune guerrier un regard empli de crainte et de misère. Le bambin se redressa, l'unique tissu qui le recouvrait en disait long. Une violente nausée prit soudain Rhazel aux tripes, rapidement chassée et submergée par une vague de colère et de haine profonde.

« Lève-toi. » S'entendit- il dire au dénommé Grorick d'une voix sourde et grondante.
Ce dernier, toujours sous le choc de cette brusque apparition s'exécuta cependant sans opposer de résistance.
« Enfin qui t'es toi et comment tu oses débarquer comme ça chez m...»
Rhazel ne le laissa pas finir sa phrase, la pointe de son épée finit sous le menton du gros individu, obligeant douloureusement celui-ci à se redresser sur la pointe de ses gros pieds nus et sales.
Déjà une goutte de sang perla le long de sa poitrine.
L'enfant quitta rapidement la minuscule pièce, et le jeune guerrier entendit derrière lui une multitude de pas monter en vitesse un escalier et gagner l'étage supérieur du taudis.
Un silence irréel sembla alors régné, seulement perturbé par le crépitement de la bougie située sur le meuble derrière Grorick, et la bruyante respiration de ce dernier.
Silence que ce dernier rompit.
« Tu sais ce que je fais aux mecs de ton genre qui viennent comme ça me contrarier ici, sous mon propre toit ? »
Il avait prononcé ces derniers d'un ton bien plus caverneux et étouffé, luttant visiblement avec peine contre une nouvelle quinte de toux, qui lui infligerait à coup sûr une entaille bien plus profonde vue la lame qui se trouvait sous son menton.
« Que vas tu faire, je t'écoute. Tu comptes aller m'écraser le crâne sur les pavés ?» Répondit Rhazel d'une voix grondante et levant les sourcils.
Grorick le dévisagea quelques secondes puis dit d'un ton las.
« Je vois, c'est la p'tite Pie qui t'a amenée, j'sais pas ce qu'elle t'a raconté, mais c'est pas tes affaires. »

Il grimaça quand il sentit la pointe de l'arme mordre plus profondément sa chair.
C'en était trop pour Rhazel qui luttait pour ne pas l'égorger ici et maintenant, il ne voulait faire ça devant les petits ou que ces derniers tombent sur le corps, car il n'avait nullement l'intention de faire de cadeaux à cette pourriture.
« Je nourris ces p'tits tu comprends... Ils me doivent la vie... »
Grorick posa sur lui ses yeux globuleux.
« J'ai tout droit sur eux. »
C'en fut trop pour Rhazel. Ce dernier retira la lame et écrasa son poing sur le faciès de cet être abject. Celui-ci partit en arrière en poussant une exclamation étouffée, s'écrasant dos au mur et portant une de ses mains à son nez ensanglanté.
« N'as-tu aucune décence ?! » S'entendit le jeune homme rugir. « Utiliser ainsi des gamins, n'as tu aucune éthique , aucune morale ? »
Son interlocuteur éclata d'un rire rocailleux.
« Ne viens pas me parler d'éthique ou de moral gamin, on est à Exech. »
Mais Rhazel ne le laissa pas finir, il redirigea vers Grorick la pointe de sa lame, comme pour appuyer ses propos.
« J'en ai croisé des mecs infâmes, sans scrupules, mais toi.... Toi. » Continua t-il et secouant la tête avec dégoût  « Toi tu encore bien en dessous de ça, à un niveau que je ne croyais pas encore possible d'atteindre.  Maintenant suis-moi.»
Le vieux reparti dans un rire ponctué de quintes de toux toutes aussi écoeurants les un que les autres.
« Ah toi et tes sermons naïfs, j'comprends pas comment tu as pu survivre aussi longtemps ici avec ton raisonnement et ton « éthique » à deux balles. Ici tu fais avec ce que tu as, avec ce que tu trouves. »

Rhazel secoua la tête, dépité, il avait hâte d'en finir car de toute façon cette conversation ne mènerait à rien, il ne put cependant s'empêcher d'ajouter.
« Pas quand il s'agit d'êtres comme eux, ils seront confrontés bien assez tôt à la violence de cette cité, inutile de les briser ainsi et de jouer comme tu le fais avec leurs vies. »
« Je... Ne joue pas .» Déclara Grorick en se redressant faiblement, dos au mur, tout rire et sourire ayant totalement disparu, et faisant place à une franche hostilité.
Rhazel lui sourit à son tour par défi, un sourire cependant totalement dépourvu de joie.
« Que fais-tu alors ? »
Il affermit la prise sa main sur le pommeau de son arme.
« Je... Survis. »
Sur ces deux mots, Rhazel distingua la lueur meurtrière qui luisait au fond du regard dardé sur lui. La flamme de la bougie mourut alors subitement comme par magie, plongeant le guerrier dans les ténèbres.



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Dernière édition par Rhazel le Lun 20 Juin 2016 17:55, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Habitations d'Exech
MessagePosté: Lun 20 Juin 2016 17:40 
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Plongé dans cette soudaine pénombre Rhazel redressa d'instinct sa lame vers Grorick . Il sentit cette dernière être brutalement écartée et une masse compacte le heurter de plein fouet. La puanteur et la transpiration de son adversaire lui assaillirent les narines quand ce dernier l'agrippa tout en le chargeant. Ensemble ils traversèrent la tenture murale et roulèrent sur le sol. Le jeune guerrier craignit alors de se blesser lui-même avec cette arme pendant qu'ils luttèrent en s'empoignant, ainsi il choisit sagement de la lâcher durant la roulade qui prit fin au milieu de la pièce, par laquelle il était entré dans le taudis. Il s'éloigna alors en roulant et se redressa un mètre plus loin, essayant de se réadapter le plus vite possible à cette dangereuse obscurité. Il repéra les fenêtres, puis chercha des yeux son arme ainsi que son adversaire. Aucune trace de la première, quant au deuxième, il distingua une forme massive le charger à nouveau, chose qui lui fût confirmée en entendant le rugissement de son assaillant lui vriller les tympans. Il n'eut pas le temps d'esquiver, mais il dressa les bras afin d'amortir au maximum l'impact et tenir son adversaire à distance. C'était sous-estimer la puissance de ce dernier. L'impact le souleva du sol, lui coupant le souffle. Le gros lard était cependant loin de s'arrêter là, il poursuivit sa course jusqu'au premier obstacle, qui prit la forme d'une cloison de bois faisant office de mur. Un nouveau rugissement sonore vrillant ses oreilles, Rhazel se sentit passer avec fracas à travers l'épaisse paroi. Bien que le bois était en grande partie pourrie et rongée par l'humidité, c'est avec peine qu'il se redressa, le dos endolori. Grimaçant, le cœur battant la chamade, il se remit sur pieds aussi vite qu'il ne put, et releva la tête en entendant une petite voix crier.
« M'sieur Rhazel ! »

Il vit alors Pie, perchée sur une des poutres qui soutenaient la piteuse toiture de la bâtisse. Cette dernière alluma alors une bougie qu'elle tint en hauteur,éclairant ainsi d'une faible lueur tremblante l'ensemble du taudis. Avec elle, perchés sur les poutres de cette sorte de grenier/mezzanine, le jeune guerrier distingua plus d'une dizaine d'autres gamins qui regardaient la scène avec effroi.
Sans un mot Rhazel hocha en guise de remerciement et reporte son regard sur son adversaire.
Ce dernier le regardait avec rage, Grorick tourna ensuite la tête vers le coin de la pièce et alla saisir une masse d'arme qui était disposée sur un meuble branlant. (Super). L'arme était usée et miteuse, mais n'en restait pas moins inquiétante. Un éclat indiqua au guerrier la position de son épée, qu'il alla récupérer de deux bonds et d'une roulade. Il se releva à temps, son adversaire fondant sur lui. Il para le premier coup, le choc faisant vibrer son arme. Loin de se laisser démonter, Rhazel recula d'un pas vif, puis pivota sur lui-même, tenant son arme à deux mains et abattant celle-ci horizontalement, en direction de la nuque de son assaillant. Cependant, ce dernier un peu plus vif qu'il ne l'eût cru para le coup de justesse. Chacun d'eux recula d'un pas. Ils se tournèrent ensuite lentement autour, se fixant tel des chiens de faïence.
« T'es vraiment culotté de débarquer comme ça, ici, menacer ma vie et celle de mes propres enfants ! Sous mon propre toit ! » Cracha Grorick avec haine.
Rhazel secoua la tête dépité, le gros lard se sachant sous le regards de ses victimes, ce dernier continuait à jouer le rôle du père bienfaisant et protecteur.
« Arrête Grorick, arrête de les prendre pour des imbéciles, ça fait longtemps qu'ils ont bien vu dans ton jeu, à partir du moment où tu as pris la vie du petit Riot. »
Le vieux lui répondit par un autre rire, dévoilant une dentition quasiment inexistante, à l'exception de quelques dents noirâtres.

« Mon pauvre, si seulement tu savais dans quoi tu as mis les pieds. »
Il est vrai que l'assurance dont faisait preuve l'individu abject, malade et âge, face à un jeune homme dans la fleur de l'âge, était assez déconcertante, voir inquiétante.
Rhazel lutta intérieurement pour ne pas se laisser distraire et en finir au plus vite. Il plissa un peu les yeux quand il crut voir les ombres entourant les pieds de Grorick se mouvoir, il se demanda si ce n'était pas la lueur tremblante qui lui jouait des tours. Il repensa alors alors à la bougie qui s'était subitement éteinte un peu plus tôt, sans raison apparente. Certains mots de Pie lui revinrent ensuite en mémoire « Il fait plein de choses bizarres et effrayantes ». Tout cela commençait à prendre forme dans l'esprit du jeune homme, l'assurance si troublante du gros personnage malgré son état physique, et ces curieuses choses se manifestant autour de lui. Une conclusion inquiétante s'imposa alors à lui. (Et merde).

Comme pour le confirmer, Grorick tendit subitement la main vers lui, une ombre compacte prit alors subitement forme devant la gorge de Rhazel et s'en saisit avec force, le poussant avec une force étonnante en arrière. Le jeune guerrier percuta avec violence une étagère qui bascula à l'impact. Il leva la main pour saisir la forme ombreuse qui menaçait sa respiration, mais celle-ci s'évapora instantanément, lui permettant de reprendre douloureusement son souffle. Grorick le regarda en ricanant, le fixant de ses deux énormes yeux globuleux. Il fit alors un curieux geste, et cette fois une main spectrale sembla jaillir d'une ombre se trouvant juste devant Rhazel et lui saisit le pied, l'immobilisant. L'infâme chargea alors à nouveau et avec son arme , la tenant à deux mains. Le jeune guerrier la para sans trop de difficulté mais il sentit la violence du choc lui remonter du poignet jusqu'aux épaules.
La main brumeuse s'évapora à nouveau. Rhazek recula d'un bond, essayant de rester hors de portée du sinistre personnage.
Mais ce dernier se contenta encore de le regarder en ricanant, loin de sembler en vouloir en finir aussi vite que le jeune guerrier le souhaitait. Ce dernier semblait au contraire commencer à s'amuser de la situation, il fit même quelques mouvements de sa main en direction du jeune homme, plus pour éprouver les nerfs ce dernier que pour lancer à nouveau une autre vicieuse attaque.
(Mais c'est qu'il s'amuse l'enfoiré). Les fluides obscurs qui parcouraient le corps de son adversaire procurait à ce dernier un certain avantage, d'autant plus que Rhazel n'avait pas connaissance de ce qu'il pouvait faire avec. Et au lieu d'utiliser cet avantage cet être arrogant et abject s'amusait à prendre son temps, tel un chat jouant avec la souris ayant eu le malheur de tomber entre ses pattes.

Rhazel eut un bref regard pour les enfants qui assistaient à la scène, terrorisés, et c'est alors qu'il vit bien mieux dans le jeu de son adversaire.
Ce dernier n'avait pas du tout l'intention d'en finir rapidement. Le gros fanatique avait l'occasion d'imposer une fois pour toute son emprise sur ces pauvres gamins. Il jouait ainsi jusqu'au bout son rôle de protecteur, mais tout en faisant démonstration de l'étalage de toutes ses sombres capacités, en guise d'avertissement. Il alliait ainsi emprise affective avec chantage et menace subtils, de quoi se mettre définitivement les bambins à sa botte et tuer dans l'oeuf toute idée de futur révolte.
Rhazel était l'occasion rêvée, l'être infâme allait prendre de temps à le mettre en pièces devant ces gamins, affermant ainsi et définitivement son emprise sur eux.

Pendant quelques secondes le jeune guerrier se consterna de sa propre stupidité et de son imprudence. Il aurait au moins dû assurer un minimum ses arrières avant de se jeter ainsi dans la gueule du loup. Il s'était attendu à tomber sur un couard, par sur un putain de fanatique psychotique.
Mais il était trop tard pour se morfondre, s'il voulait quitter ce taudis en vie et venir à bout de ce repoussant énergumène il devait se ressaisir.
Le jeune homme se redressa donc légèrement, essayant de faire le vide dans sa tête et focalisant son attention sur son adversaire.
Ce dernier sembla remarquer cette soudaine concentration car il lui adressa un rire railleur.
Provocation qui passa cependant loin au-dessus de la tête de Rhazel, qui empoigna son épée à deux mains. Il en savait peu sur les fluides, mais ce dont il était sûr en tout cas, c'est que l'individu ne pourrait pas les employer indéfiniment.
Refusant toutefois de lui laisser l'initiative le guerrier chargea et porta horizontalement un coup d'épée. La lame siffla aux oreilles du gros fanatique qui esquiva avec justesse. Il riposta avec un violent coup de gourdin que para le guerrier. Une nouvelle fois cependant la parade engourdit le bras de Rhazel.
Grorick ne lui laissa aucun répit et accompagna son mouvement d'un coup brusque coup d'épaule qui envoya le jeune homme s'étaler sur le plancher crasseux.
Jubilant du fait d'avoir ainsi la main dans ce combat, le fanatique dominait Rhazel de toute sa hauteur, le fixant de ses yeux globuleux au fond desquels dansait une joie et une lueur malsaines.

« Nul ne me contrarie chez moi, ici, sous mon toit. » Ronronna t'il, en levant sa main. « Mais ne t'en fais pas tout ça sera bientôt du passé. » Ajouta-t-il avec un écoeurant gloussement.
Une forme sombre se matérialisa alors immédiatement devant la gorge de Rhazel, mais s'évapora à son grand soulagement lorsqu'un projectile atterrit sur la tête de son assaillant.
« Qu'est-ce que... » S'exclama ce dernier furieux, levant la tête afin d'identifier la source de cette attaque inattendue.
Tous deux eurent la réponse en entendant une petite voix piailler « Allez m'sieur Rhazel ! Ne vous laissez pas faire ! ».
Une autre projectile suivi, prenant la forme d'un bout de bois, rapidement suivi par un troisième, puis un quatrième. Les encouragements et projectiles se mirent aussi à pleuvoir petit à petit. « Ouaip m'sieur Rhazel ! » « Allez m'sieur Rhazel ! ».
Celà mit du baume au cœur du guerrier, qui se redressa et recula d'une roulade. Loin d'infliger de sérieux dommages, ces petits projectiles improvisés étaient cependant suffisants pour décontenancer son adversaire et sortir ce dernier hors de ses gonds.
Grorick essayait de couvrir sa tête tant bien que mal, et adresser aux bambins insultes et menaces toutes aussi pires les unes que les autres.

C'en était trop pour Rhazel. Il ne devait en aucun cas perdre ce combat, car sa vie était loin d'être la seule mise en jeu. Il rechargea, effectuant un moulinet particulièrement vicieux avec son arme.
Le fanatique, prit de court, esquiva de peu mais se vit infliger une estafilade le long de la poitrine. Ce dernier, mugissant, riposta alors d'un mouvement trop grossier pour atteindre sa cible. S'ensuivit une série d'attaques et de riposte, durant lesquels les projectiles se firent bien plus rares, de peur de toucher par inadvertance la mauvaise cible. Toutefois malgré ça, le guerrier garda cette fois-ci la main. Tenant son arme à deux mains il para les coups avec plus d'aisance et de facilité, arrivant même à riposter à deux reprises, infligeant ainsi au fanatique deux nouvelles entailles ; une à la joue, l'autre au mollet.

Grorick haletait comme un porc, les yeux rendus fou par la fureur et la perte de son assurance. Perdant toute mesure , il beugla et brandit sa main gauche vers Rhazel, faisant à nouveau appel à ses sombres pouvoirs. Cette fois-ci le jeune guerrier arriva à esquiver, mais qu'en partie. La main sombre qui prit forme, à défaut d'agripper sa gorge, saisit le col de sa tunique, faisant effectuer ainsi au jeune homme une légère rotation en le déséquilibrant, dévoilant son dos à son adversaire.
Pris d'une soudaine panique, Rhazel fût toutefois soulagé en entendant un nouveau projectile rebondir sur le crâne de son adversaire, arrachant au fanatique un mugissement. Se ressaisissant, le guerrier accompagna la rotation d'un mouvement du bassin, retrouvant son équilibre, et refit face au fanatique en profitant de ce soudain élan, pour armer son coup et abattre verticalement l'épée qu'il tenant à deux mains, en direction de l'infâme individu.
Une main tomba, un hurlement résonna le long des parois humides du taudis.
Tombant à genoux en tenant son moignon, Grorick étouffa alors à grande peine gémissement et pleurs. Haletant, le front en sueur, Rhazel reprit son souffle. Il avait gagné, ce coup décisif lui assurait la victoire, néanmoins il évita de vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Il leva la tête en direction des enfants, certains avaient disparu, sans doute effrayés, les autres regardaient la scène avec des yeux ronds.
(Finissons-en.) Se dit-il las.

Un silence de mort régnait dans la bâtisse, seulement perturbé par les hoquets du gros fanatique, et de l'averse qui s'était mise à tomber à l'extérieur.
Il approcha et saisit Gorick par le col. Ce dernier poussa un mugissement et étendit son unique main pour saisir la masse d'arme qu'il avait lâché quelques secondes plus tôt. Rhazel posa un pied sur celle-ci et calma le gros fanatique d'un solide coup de pommeau au niveau de la tempe. Il n'eût alors aucun mal à entraîner sans ménagement l'infâme personnage, presque sonné, hors de la bâtisse. Les gamins en avaient déjà assez vu et avaient assez subi, il serait absurde d'en rajouter utilement, surtout pour ce qui allait suivre.



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 Sujet du message: Re: Les Habitations d'Exech
MessagePosté: Dim 11 Juin 2017 19:57 
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La vache, ce malaise ! Je n’ai pas même ouvert les yeux que j’ai la tête qui tourne. La douleur des coups n’est plus si vive, mais mes muscles sont endoloris et inertes. J’ai une dalle monstrueuse, mais je sens dans le même temps mon estomac tordu et nauséeux. Et j’ai soif ! Ma langue est plus aride que le désert de l’est en pleine saison sèche. Je finis par ouvrir les paupières, non sans efforts, mais ma vue est aussi trouble que si je m’étais enfilé deux bouteilles de vodka frelatée cul-sec. Paraîtrait que ça rend aveugle, ces conneries. Mais non, ce n’est pas mon cas. J’vois juste flou parce que j’ai les yeux englués comme la cramouille d’une vieille pute pendant une heure de pointe. J’esquisse un mouvement de la main, pas si aisé que ça, et renverse sans le vouloir une chope de bois et son contenu sur le sol, dans un fracas infernal. De l’autre côté de la pièce, j’entends une voix égrillarde et ronchonne cracher quelques remugles incisifs.

« Ah bah putain, enfin ! Trois putains de jours que t’es resté comme un vieux flan à pas bouger, à recracher tout c’que j’te donnais à boire, pis à vomir tout c’que tu avalais. »

La voix se rapproche à mesure que les paroles fielleuses coulent de la bouche de ce vieux trou du cul de soigneur du Lys Noir, un herboriste un peu rebouteux sur les bords qui passe plus de temps à râler qu’à faire correctement son boulot. Ça a beau faire un bail que je me traine ici, je ne connais pas son nom. Il fait un peu partie des meubles, et l’intérêt qu’il inspire ne vaut guère plus qu’un surnom de passage, que ce soit raccord avec son physique sénile – le Vieux, le Parcheminé – ou avec son rôle pour le groupe du Lys Noir – Doc’, Medic, le Soigneur – ou encore pour son sale caractère de râleur de première – le Ronchon, et j’en passe des meilleurs. En ce qui me concerne, là, j’ai surtout envie de l’appeler vieux con, si je n’avais pas le palais complètement desséché.

Ma vision se précise, et je le vois, grommelant, ramasser son godet et le remplir d’eau croupie qui stagne je ne sais pas depuis combien de temps dans un seau posé sur un tabouret. Tu m’étonnes que je recrache ce truc. Cependant, avide et cette fois conscient, je me saisis du gobelet et en enfourne le contenu en me calant la glotte. Assoiffé comme je suis, je pourrais même boire sa pisse, au vieux schnock. J’en ai entendu dire qu’elle a des vertus homéopathiques, avec toutes les herbes bizarres dont il se goinfre sans cesse. Pour garder la jeunesse, qu’il dit. Dire que je suis certainement plus âgé que cette vieille croute, et que je rentre à peine dans la fleur de l’âge, à peine majeur pour mes semblables. Enfin, par chance je n’ai pas à m’y risquer. L’eau a un vieux goût de renfermé, mais au moins elle m’hydrate. Je touffe comme un vieux phoque en avalant à moitié de travers. Le vioque en profite pour reprendre le crachoir.

« T’as plutôt intérêt à te remettre vite. Y’a Mandel qui veut t’parler, et il a pas l’air ravi. J’serais toi, j’me dépêcherais d’aller le voir. »

Mandel. Ce nom me hérisse un instant le poil. Le chef du Lys Noir. Un semi-elfe, comme moi. Est-ce par empathie qu’il m’a recueilli après que mes parents m’aient offert en paiement pour la protection du cartel du Lys Noir ? J’en doute. Il voit en tous ses hommes des sources de profit et de puissance. Et du coup, il n’hésite pas à éliminer les faibles. Est-ce le sort qui m’attend ? Je me mordille les lèvres, nerveux, et fais mine de me lever. Le vieux me regarde faire d’un air narquois, mais sitôt sur mes guiboles, je retombe sur mon cul, la tête en vrac. Le rebouteux ricane.

« Ahahah ! Tu ferais quand même mieux de rattraper un peu de forces avant si tu veux pas qu’il t’étale en une claque. »

La violence directe. Ce n’est pas le genre de Mandel. Non. Mais ce qui m’attend n’est pas forcément plus réjouissant. Il a beau être moqueur, cette vieille tête de bique n’a pas tort : je dois reprendre des forces. Aussi, je décide de me recoucher, et de grignoter ce qui passe à ma portée. Les heures passent, le calme revient, et mes forces se régénèrent. Je médite quelques heures, allongé sur ce lit, avant de me lever enfin, alors que la nuit est tombée à nouveau dehors. Je suis prêt à aller voir Mandel, maintenant.

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Dark Hood


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 Sujet du message: Re: Les Habitations d'Exech
MessagePosté: Ven 23 Juin 2017 21:23 
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Il est là. Dos à moi dans sa riche parure de soie noire et d’argent. Insupportable de confiance, bouffi d’un orgueil qu’il ne doit même pas souligner pour qu’on le perçoive. Si ça ne tenait qu’à moi, je le planterais sans plus tarder, enfonçant ma dague dans sa nuque frêle couverte de ses cheveux noirs rassemblés en une queue lâche. Mais ça ne servirait à rien : je me ferais submerger par ses sbires l’instant d’après. Et il le sait. Et ça le rend encore plus insupportable. Il a beau me tourner le dos, je sais qu’il sait que je suis là. Et il le prouve l’instant d’après en parlant d’une voix basse et flegmatique.

« Je t’ai attendu. »

Et c’est tout. Merde. Il me fait peser le poids d’une connerie de culpabilité alors que j’étais complètement dans le gaz. Qu’est-ce que j’y peux moi si ces connards de la Main Rouge me sont tombés dessus ? Il se tourne vers moi, lentement. Sa barbe drue mais scrupuleusement entretenue vieillit son visage pourtant vaillant et fier. Ses yeux d’acier gris plongent sur moi avec la férocité d’un fauve. Je soutiens son regard, mais ne trouve pas grand-chose à lui dire. Il est impressionnant. Il n’est pas le dirigeant du Lys Noir pour rien. Il sait qu’il fait cet effet, et en joue clairement.

« Trois jours, le demi. T’entends ? Trois jours qu’on doit jouer les nourrices pour s’occuper de ta tronche de précieuse. Trois jours que je suis forcé de mobiliser le Vieux pour toi. Trois jours que je paie un bourrin pour s’occuper de ta tâche au Tripot. Alors j’espère que tu as autre chose à me fournir comme explication que ton vieux silence à la con. »

Ses paroles sont dures, sévères, mais il ne hausse pas même le ton. Ce n’est qu’un jeu, pour lui. J’ai ma vie entre ses mains, et j’en ai conscience. Même si je commence à en avoir plus que marre de devoir rendre des comptes à ce guignol. Sans déconner : il paie quelqu’un pour faire mon taf’, alors que moi tout ce que j’ai c’est de la bouffe moisie et un lit miteux dans leur quartier général. Tu parles d’une récompense. Je serre les poings et les mâchoires. Je n’ai rien d’autre à dire que la vérité.

« La Main Rouge m’est tombée dessus. Ils étaient nombreux et j’étais seul. J’en ai étalé deux et tranché la main de leur chef avant de crouler sous leurs coups. Je… »

Il m’interrompt en levant une main gantée de noir à la lourde chevalière d’argent représentant une fleur de lys.

« En fait, je n’ai que faire de tes explications. Ce n’est qu’une nouvelle perte de temps. Alors je vais directement en venir à la conclusion : tu es redevable une fois de plus au Lys Noir. Par conséquent, en plus de ton boulot au tripot, tu vas aller trouver Earendel à la porte nord en journée et il te donnera de nouvelles tâches. Y’a de drôles d’oiseaux qui se baladent en ville, ces temps-ci. Et les autres clans se permettent un peu trop de choses. IL est temps que je prenne ça en main. J’espère que cette fois tu ne me décevras pas. »

Je le fustige du regard. Qu’il aille se faire foutre s’il pense que je vais courber l’échine et me taper des heures supplémentaires pour ses beaux yeux. Je pince les lèvres, gardant le silence. Il semble ne pas apprécier la silencieuse provocation.

« Je vois. Je ne sais pas ce qui est passé par l’esprit de mon prédécesseur en t’acceptant, môme, parmi nos rangs, mais tu es pour moi le pire élément du Lys. Incapable de suivre ne fut-ce qu’une consigne simple. Bien sûr que tu me décevras, encore et encore. Mais crois-moi, gamin, si c’est bien le cas tu vas en baver. Et pas qu’un peu. »

Mandel n’est pas connu pour tuer ses éléments faibles. Il est plus vicieux. Il préfère les user jusqu’à la moelle, qu’il n’en reste plus qu’une coquille vide de toute volonté qu’il refourgue à un poste secondaire ou, pire, qu’il vend à bon prix à l’un ou l’autre marchand d’esclave shaakt venu du sud du continent chercher de la marchandise dans cette bonne ville d’Exech. Hé bien s’il pense pouvoir jouer à ça avec moi, il se fourre le doigt dans l’œil jusqu’au coude. Il faut que je me barre d’ici, et vite. Et si possible pas par les quartiers que le Lys contrôle, sinon mes anciens collègues vont me défoncer à vue. Connerie. Piégé comme un rat mort dans cette putain de ville merdique. Je vaux mieux que ça, bordel. Mieux qu’eux, tous. Mieux que Mandel.

Je fais volte-face et quitte sans un mot de plus le siège du Lys Noir. J’ai besoin de me détendre, là, surtout.

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Dark Hood


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