L'Univers de Yuimen déménage !


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 Sujet du message: Re: Les Habitations
MessagePosté: Ven 28 Nov 2014 19:53 
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Fonce. Plus vite. Il va t'échapper. Encore, force sur tes appuis. Évite cette branche. Sens le vent dans ton pelage, sens les feuilles se fracasser sur ton visage, essayant vainement de t'arrêter. On n'arrête pas un prédateur. On n'arrête pas la chasse d'un Woran. On n'arrête pas ma chasse. Le cerf était peut-être rapide, je l'étais encore plus. Un arbre avec des branches rapprochées. (Parfait). Escalade, plus vite. Il prend de l'avance ! Saute ! Plus loin ! La branche est heureusement assez grosse pour supporter cette charge bondissante. (La prochaine fois, je ferais mieux, ou je tomberais). À partir d'ici, le terrain de chasse est quadrillé. Le cerf est piégé dans un étaux qui se referme doucement. Je ne suis pas seul, d'autres comme moi le traquent. Je dois être celui qui mettra la bête à mort, pour avoir l'honneur de choisir mon morceau lors du festin de ce soir. Encore quelques mètres en suivant ces branches reliées entre elles et je serais de nouveau près de lui. Je sens déjà l'odeur du cerf braisé. C'est bon, je le vois. Il est juste en dessous de moi, il ne pense pas à lever la tête, dommage pour lui. Je me tapis le plus possible contre ma branche, teste l'efficacité de mes griffes sur le bois tendre. L'excitation primaire de la chasse me fait contracter mes puissants muscles fébrilement. Les bois du cerf ont un défaut sur la gauche, sa nuque est plus facilement atteignable. (Il me rend la tâche presque trop facile !) Le prédateur est prêt. Je vais bondir, fondre sur lui telle une goutte de pluie mortelle. Il ne sentira rien. Je considère sa nuque exposée, ressens sa respiration forte et apeurée.

Bou !

L'arbre entier tremble, je suis déstabilisé et me cramponne comme je peux à ma branche. Les feuilles se froissent, le vent est plus fort que d'habitude, il hurle presque. Le cerf me voit mais ne bouge pas, il me fixe avec des yeux rouges.

BOU !

L'arbre bouge dangereusement, comme s'il essayait de se débarrasser de moi. Il s'anime même, la branche sur laquelle mes griffes sont plantées est en fait un bras qui bouge. Il me jette droit vers le sol. Un chat retombe toujours sur ses pattes, mais pas quand celui-ci est effrayé par ce qu'il se passe, qu'il ne comprend pas, et que le sol s'approche trop vite. Je tombe contre une pierre assez grosse, et éprouve une grosse douleur au niveau de mes côtes. Je prends mon flanc droit dans mon bras. Réflexe purement animal, car cela ne va ni me protéger, ni me soigner.

EBOU !!

L'arbre vivant effondre son énorme bras d'écorce sur mon ventre. Je crois que cette fois une de mes côtes, si ce n'est plus, est brisée. Je ferme les yeux de douleur et hurle silencieusement. Quand je recouvre la vue, l'arbre a disparu. À la place, le cerf me transperce de ses yeux rouges. Il a quelque chose de monstrueux, et bien que je sois difficilement impressionnable, je dois reconnaître que cette bête est effrayante. Elle se dresse sur ses pattes arrières et semble prendre trois bons mètres. Sa corpulence aussi
devient imposante, celle d'un ours très grand par rapport à moi.

DEBOUT !!!

« Humpf »

J'ouvre les yeux et vois deux billes rouges. Une tête d'orc ingrate me scrute, observe mes mouvements. Il me surplombe de toute sa corpulence, et même si sa tête est à plus d'un mètre soixante de moi, je sens son haleine fétide, mélange entre gnôle et poisson pas frais. Une douleur me lance dans les côtes. J'aperçois la grosse botte à bout métallique non loin de mon ventre.

« C'est bon les gars, l'est d'bout le lion ! »

(Je suis un Woran sombre idiot)

Ils rient. Je ne vois pas bien, il fait sombre dans la pièce où je dormais et je suis toujours un peu endormi même, mais je compte environ quatre orcs en plus de celui qui m'a chaleureusement réveillé. Les chaînes sur mes mains et le collier de fer sont lourds. Ils meurtrissent ma peau, me brûlent, et pire, m'entravent.

« Allez lève-toi Longues-Griffes ! »

(Comme je hais ce surnom Gros-Tas)

« On a du boulot ! Cet imbécile de Gropill a osé me défier ! Moi ! Le grand Baarghul ! Il a osé te qualifier de simple chat inoffensif, à l'image de son Maître !! On va aller lui montrer avec les gars si Baarghul est inoffensif, pas vrai les gars ?! »

Ils beuglent comme des idiots. Il faut dire que s'ils ne sont pas d'accord avec Baarghul, il y a de fortes chances pour que leurs têtes soient tranchées avec une lame rouillée. La loyauté chez les orcs est peu présente. Les chefs ont des gars temporaires. La grisaille comme je l'entends dire avec son sous-chef, Nirrg, qui est là d'ailleurs, brandissant sa lame brisée, qu'il utilise comme gros coutelas maintenant.

« Allez Longues-Griffes ! Toi tu vas t'occuper de son stupide jouet ! Essaye d'humilier cet esclave, si jamais tu meurs, on le tuera lui et son maître ! En fait, même si tu ne meurs pas on tuera Gropill !»

Des rires gras. Ces orcs puent l'alcool à pleines narines. Je sens qu'ils risquent de se battre contre tout et n'importe quoi. Baarghul s'approche de moi, mon amulette familiale accrochée à son ignoble cou. Il a même taché mon héritage, un bout de chair de poisson est dessus. Cela me dégoûte, Baarghul attise ma haine. Il est tout ce que je méprise, je crois que je deviens mauvais, mes envies de meurtre grandissent en moi.

« Et si les gars et moi on passe du bon temps, on te donnera peut être des bouts de lard à manger. »

Il me caresse la tête. Enfin, il écrase sa grosse main sale sur ma fourrure. Il m'attrape par le collier et me soulève brusquement, me tirant une grimace de douleur. J'empoigne vivement mes côtes.

« Oh ! Le pauvre chat ! Il s'est fait mal en rêvant ! T'as intérêt à gagner ce combat si tu veux pas que je te tue moi-même sale vermine! »


(Sauf si je te tue avant Baarghul.)

Sois patient, encaisse. Si tu te révolte, il sera heureux. Il réclame du sang, ses pupilles et son sourire carnassier me le font facilement comprendre. Toi ou l'autre abomination, peu importe, il veut voir de l'hémoglobine.

« Tu l'auras ton bain de sang. »


Les orcs crient, ils sont heureux, galvanisés. Ils vont voir du sang, et si l'autre orc est suffisamment idiot pour essayer de se battre, Baarghul et ses gars vont s'amuser à le taillader.

« C'est ça le lion, t'as tout compris ! »

Il frappe mon épaule, en plein sur la marque vive, sur mon omoplate. Sa marque. Il me détache du piquet auquel est reliée ma chaîne, me passe une muselière et des bandages sur les mains. Tel est l'accoutrement du combattant de rues. Quand il m'enlèvera toutes ces chaînes et entraves, ce sera pour tuer encore je ne sais quoi. Je vais le faire, encore une fois, pour ma propre survie, mais chaque meurtre enflamme ma haine envers Baarghul. Chaque esclave qui tombe sous mes griffes pour le satisfaire me confirme que je vais tuer Baarghul, un jour, quand il sera temps.

(T'inquiète pas Baarghul, j'encaisse, mais quand ma haine aura atteint son paroxysme, elle se déversera comme un torrent, et rien ne pourra arrêter le prédateur chassant sa proie.)

Nous sortons de son habitation, hideuse comme lui, et nous nous dirigeons maintenant vers la maison de Gropill je suppose, sauf si ces imbéciles s'arrêtent pour boire ou se battre, voire peut-être même les deux parallèlement.


-> Rouge Sang

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 Sujet du message: Re: Les Habitations
MessagePosté: Sam 29 Nov 2014 18:05 
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-> Rouge Sang


Gropill mérite son nom, il est vraiment gros. Pas gras non, gros dans le sens imposant. Il dépasse Baarghul d'au moins une tête. Il est tellement imposant qu'il ne peux pas passer sa porte de front, sinon il cogne dans l'encadrement de la porte. D'ailleurs, on remarquait qu'il avait déjà essayé, l'encadrement était bancal, un peu arraché. La porte ne tenait plus qu'à deux des trois gonds. Baarghul, bien que deux fois plus petit que le mastodonte, beugle des insultes. Je ne l'écoute pas tellement, mais le voir s'énerver contre plus imposant que lui est assez amusant. Les deux gardes qui me surveillaient sont partis faire le tour de la bâtisse. Nirrg jette juste un petit coup d’œil derrière la maison de Gropill.

« Baarghul ! Tu devrais voir la taille de l'espèce d'arène derrière sa baraque ! Faut qu'on ait ça nous aussi! »

Baarghul stoppe ses insultes d'un coup. Il dévisage Nirrg, un peu dubitatif, ne comprenant pas tellement ce qu'il lui raconte. C'est à ce moment d'incompréhension que Gropill m'observe avec mépris.

« Alors c'est ça ton chat ? Je le croyais plus effrayant, finalement je le surestimais. »

« Fais voir ton esclave gros sanglier baveux ! Et tu verras Longues-Griffes le mettre en pièces ! »

Je ne sais pas trop si je devrais combattre ou si les deux idiots à l'intellect négatif vont se mettre à mort avant. Gropill grogne quelque chose, et fais signe à Baarghul d'entrer. Nirrg me pousse à l'intérieur, je trébuche contre le pallier à cause de la surprise. Il a fait exprès de me pousser assez fort, et cet abruti rigole à pleine gorge. Je pense à voix haute :

« Mmmphf »

(La muselière... Je l'avais oubliée. Il n'empêche que je pense tout de même à t'ouvrir cette gorge déployée.)

« Ouais c'est ça, feule ! Sale bête! »


Une forte odeur me prend. Je ne pourrais pas la décrire, un mélange de nourriture, de saleté, d'excréments, de morts... La pièce sombre combinée à cette odeur me font tourner la tête. Les murs semblent plus écartés, le sol bouge. Je tiens difficilement sur mes jambes, mais je sais que si je tombe maintenant, je serai battu. La pièce est rectangulaire, avec une porte au fond que Gropill ouvre à Baarghul. Nirrg m'emmène avec toute sa délicatesse dedans. La pièce dans laquelle nous sommes sent le sang. Je hume cette odeur si particulière. J'ai l'impression de revoir tout ce qui s'est déroulé ici. Combats, mises à mort, tortures. Il n'y a pas de fenêtres, pas de sorties. Seulement quatre murs, une espèce de renfoncement dans le sol, rempli de sable rouge. Gropill fait comprendre à Baarghul que c'est ici que se déroulera le combat. Eux, ils seront derrière une sorte de barrière qui est pour l'instant en face de moi. Cette barrière hausse les spectateurs par rapports aux victimes, et en plus elle bloque l'accès à la sortie pour les pleutres. Je n'aime pas me battre en intérieur. En plus, il n'y a rien sur lequel monter. Juste des murs et du sable. Environ cinq mètres entre les deux murs opposés, petite zone pour se battre. Petite zone signifie peu de mouvements pour esquiver. Nirrg et Baarghul sont les seuls à être présents dans la pièce, et Gropill sort chercher son esclave.

Il revient avec un humain aussi grand et puissant que lui. Peu de cicatrices sur lui, je ne sais pas si c'est le manque d'expérience, ou le trop haut niveau de combat de l'homme. Nirrg pendant ce temps m'a détaché de tout ce que j'avais. Je me masse les poignets, échauffe mes épaules et sautille sur place. Je fais le tour des murs de cette arène improvisée. Pourquoi ne pas aller se battre en extérieur, dans la chose que Nirrg a vue ? J'aurais été à mon aise, et j'aurais sûrement pu escalader un peu plus. Pendant mon tour, je gratte mes griffes sur les murs. Pour les aiguiser d'une part, mais aussi pour tester la solidité des murs. Je ne serais jamais capables de les briser, mais la taille des poings et des muscles de l'humain peut-être. La pièce est sombre, Gropill accroche une torche au mur de l'arène. La pièce baigne dans une atmosphère rouge, celle du combat. Mes yeux me jouent peut-être aussi des tours quant à la lumière, mais voir Baarghul et Nirrg irradiés de rouge est plaisant.

Je sens un courant d'air passer entre mes moustaches. (Trouvé.)Même si l'homme qui entre maintenant dans l'arène arrive à casser la planche, il se peut que je ne puisse sortir, mais au moins l'air frais me fera sortir de la torpeur dans laquelle je suis plongé. Le rouge chaud dans cette pièce qui me paraît si petite. (N'y a-t-il pas seulement trois mètres entre les murs ?). Je ne sais plus, l'homme dois probablement mesurer deux mètres maintenant, il fait deux fois ma corpulence ! J'examine du regard la taille de ses mains qu'il fait craquer. Je cherche ses yeux, peut-être a-t-il un point faible ? Deux billes marrons enfoncées dans un crâne chauve, imposant lui aussi ! Son cou de taureau palpite, sa respiration est rapide, il est soit très effrayé, soit l'adrénaline du combat monte. Sa peau rose est nue, aucun poils ne dépassent. Si le vent froid arrive, il risque de ne pas apprécier. Sa gorge me captive. Je regarde sa glotte monter et descendre. Mes doigts bougent d'eux-même, comme si la vue d'une gorge tendre les animait. Il craque à peu près toutes les articulations de son corps de géant.

Je suis prêt, lui aussi. Je tourne la tête vers Nirrg et Baarghul, des sourires énormes sur leurs visages. Nirrg est un peu en retrait, contre la porte, sa main sur la garde de sa lame, le regard sombre. Baarghul, lui, est appuyé sur la barrière, confiant. Gropill est entre les deux, une cuisse de porc dans la main. La graisse dégouline sur le sable, il rumine sa viande. Il est dégoûtant. Si Nirrg le tue, je ne serais pas dérangé. Je ferme les yeux. (Concentre toi, ce n'est qu'un gros gibier, un ours. Sa gorge est grande et peu protégée. Si tu évites ses pattes, tu pourras mettre la bête à mort). En les rouvrant, le sable s'est transformé l'espace de quelques instants en tapis de feuilles, l'arène en clairière entourée d'arbres serrés. Les orcs ont disparus. En face de moi, l'ours rose, sans poils, ni griffes, tant pis pour lui. Il hurle pour se donner du courage en regardant droit dans mes yeux. Je suis calme, détendu. Il ne peut voir que le reflet de sa prochaine mort, comme une biche le ferait en me voyant. Les chiens aboient quand ils ont peur. Les hommes crient quand ils ont peur. Je ne dis rien, reste silencieux comme une ombre. Je me fléchis un peu, prêt à sauter, planter, tuer. La pluie dehors s'intensifie, je l'entends et la ressens à travers le petit trou à côté de moi. Ploc, Ploc Ploc. Des gouttes tombent depuis le plafond sur le sable. (Je n'avais pas pensé à regarder en haut !) Des poutres sortent des murs, elles tiennent la charpente de la pièce principale, mais cette boîte dans laquelle nous sommes est plus haute, il y a donc de l'espace entre les poutres et le plafond. Ploc, Ploc.

« Écoute bien ce son Baarghul, et souviens-t-en. »

« Fais ton spectacle Longues-Griffes ! »

(Je ne tuerai pas cet esclave pour ton simple divertissement, mais j'espère que tu prendras des notes de ce qui t'attends. Je vais t'effrayer au point que tu ne dormiras plus dans le même endroit que moi!)


Gropill s'impatiente, et beugle quelque chose d'incompréhensible à cause de sa bouche pleine de viande, qu'il crache un peu partout. L'homme semble comprendre, son regard se transforme. Quelque chose l'anime, il commence à hurler des noms ou des mots je ne sais pas. J'ai l'impression que la flamme de la torche grandit, la lumière est plus vive. Ce n'est qu'une impression, l'humain m'a perturbé. Je dois rester calme et concentré sur sa gorge.

« Ce soir, ton sang coulera, Homme. »


Mes mots et ma prononciation sont approximatifs, je ne répète que ce que des contremaîtres ont déjà dits, mais il à l'air d'avoir compris. Il beugle maintenant, postillonne. Il s'avance lentement vers moi, en criant, le regard devenu sombre. Sa démarche coupe froidement avec sa voix, et me déstabilise légèrement. Je reste cependant prêt, et me rapproche du sol en feulant, mes griffes tâtent le sable humide, mon regard transperce celui de l'homme. Ce soir, l'hémoglobine chaude tachera le sol et les murs.


-> Sable rougeoyant ( [:attention:] )

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Dernière édition par Noogah le Jeu 4 Déc 2014 22:41, édité 3 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Habitations
MessagePosté: Dim 30 Nov 2014 20:31 
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-> Le jouet de Gropill

((( [:attention:] Attention! La forte présence d'hémoglobine et de violence pourraient gâcher la lecture de certains, dans le doute, s'abstenir, ou au moins prendre une bassine si besoin. Bonne lecture aux autres [:attention:] )))

L'humain avance, inexorablement. Il est prêt à en découdre avec moi. Ses phalanges se resserrent en son poing. Je sens qu'il va bientôt frapper. (Il est grand, donc lent, ça sera facile).

(((hrp: début du combat)))


J'avais raison, enfin presque. Son coup est en effet parti, mais je ne l'imaginais pas si vif. Il me rate de peu, mais le souffle de son poing frôle mes poils du visage. Son élan aurait normalement entraîné n'importe quel homme au sol, mais lui par je ne sais quelle force arrive à envoyer un uppercut du gauche avec une force phénoménale que je n'évite pas. Il me soulève de quelques centimètres du sol, ma vision est perturbée quelques secondes. Heureusement je reprends conscience assez vite pour me redresser et esquiver de justesse son énorme pied qui projette le sable en l'air dans un volute de poussière jaune. La force du coup porté fait trembler le sol sous mes jambes. (Il va falloir être plus rusé que lui). Déjà sa jambe repart dans un arc de cercle dévastateur vers mes côtes. Je me baisse au bon moment et en profite pour lui écorcher la jambe avec mes griffes. Je ne sais pas si je l'ai touché ou pas, mais il semble ne rien sentir. Je suis en position de faiblesse, il enchaîne ses coups pendant que je tente de les éviter. Certains passent, et la force me projette à chaque fois. (Je dois réagir!). Baarghul ne sourit plus, Gropill est aux anges. L'homme me fauche les jambes et me fais tomber. Il lance son épaule en arrière et envoie un poing d'une force inouïe vers le sol, droit sur ma tête. Je roule sur le côté, et en profite pour reprendre des appuis corrects. Le choc contre le sol l'a lui aussi déstabilisé, et il n'assène pas directement de nouveau coup. Sa gorge est à portée, je bondis dessus, crocs en avant. Mes griffes se plantent dans son torse et son épaule, mes crocs trouvent la chair. Un fluide chaud et visqueux coule dans ma bouche. Mes pupilles se dilatent, le sang me transforme.

L'homme m'attrape comme un vulgaire torchon et me lance de toutes ses forces vers un mur. Je suis plus vif, plus meurtrier maintenant. L'appel du sang me rend plus fort. Il me jette, mais je retombe sur mes pattes, griffes sorties. Mes crocs sont teintés de rouge et ma fourrure est gluante sous ma gueule. L'homme se frotte le cou, j'ai raté sa jugulaire. Il a maintenant une tache rouge sur son torse, qui coule doucement. Il s'avance vers moi, sûr de lui. Trop sûr et trop près. Je bondis. Mes griffes se plantent dans le bas de son ventre. Mes pattes arrières s'agrippent dans ces prises que mes griffes ont créées, me permettant de m'appuyer pour grimper sur lui, plus haut. Il n'a pas le temps de réagir que déjà ses plaies dans son ventre se creusent, et un félin laboure son visage à coups de griffes. Encore une fois, il me repousse et me jette, mais la douleur lui laisse échapper un petit grognement.

Le sang lui coule du visage, du cou et du ventre, mais les plaies ne sont que superficielles, je ne l'ai pas encore vraiment tué. Il est un peu étourdi, et j'en profite pour foncer vers lui. Il attrape quand même une poignée de sable qu'il me lance au visage. Aveuglé, je ne saute pas au bon endroit et retombe sur son bras puissant. Il m'attrape la gorge et commence à cogner de toutes ses forces avec son autre poing. Mon arcade se brise, mon nez aussi. Mon visage devient peu à peu une forme modulable au grès de ses poings. A moitié étouffé, et aux portes de l’évanouissement, je trouve quand même la force de lacérer devant moi. Mes griffes trouvent une surface molle, sa gorge. Il me relâche et prend sa gorge, sanguinolente. La blessure l'a seulement surpris, car l'entaille n'est que peu profonde, il n'en mourra pas. Moi, je me faufile vers le coin de la pièce, en boule et mal en point. J'entends Gropill rire et hurler :

« Achève-le ! »

L'homme se baisse et tire une épée de sous le sable. Une lame rouillée, vieille et tachée de sang. Ma mort sera douloureuse. Il s'avance tranquillement vers moi, le sourire aux lèvres. Je puise dans mes dernières forces pour me relever et me préparer à bondir. Je grogne faiblement, plutôt pour me prouver que je suis vivant que pour l'effrayer.
Un bruit métallique, celui d'une épée qui sort de son fourreau. Suivi d'un bruit de chair tranchée doucement. Un gargouillement gras. Je tourne la tête et voit Gropill passer par dessus la barrière et s'effondrer dans le sable, se gorgeant de son sang. Nirrg saute la barrière et s'avance vers l'humain. Celui-ci se retourne et lui fait face de toute sa taille.
Nirrg tente de lui taillader le torse avec sa lame, mais ce dernier l'arrête en attrapant son bras. L'homme lui tord le poignet lentement, lui faisant lâcher son arme, puis broie sa main doucement, en le regardant droit dans les yeux. Je vois leurs visages. Nirrg, les traits tordus par la haine, la douleur et la peur, face au sourire de l'homme, sadique au plus au point. Je le comprends, il peut enfin déverser sa haine contre ceux qui l'ont mis en esclavage. Une fois Nirrg maîtrisé, il lève son bras armé, et la sentence s'abat sur son cou, faisant voler sa tête sur le sable, tachant et rougissant quelques endroits du sol où la tête ricochait. Un rictus de douleur écorche son visage, et les billes jaunâtres de ses yeux perdent de leur éclat.

Pendant ce temps, je recouvre lentement mes esprits, et malgré mes blessures au visage et aux côtes, j'arrive à grimper difficilement sur une des poutres, pour me reposer et me protéger. Je surplombes maintenant l'arène, et je regarde ce qu'il se passe. L'homme avance vers Baarghul, qui hésite entre se battre ou s'enfuir. Il choisit la deuxième option, mais la porte est bloquée, Gropill l'avait verrouillée avant le combat et avait la clé sur lui. Baarghul cherche son courage sur la garde de sa lame, la sort et beugle pour se galvaniser.

« Humain ! T'as signé ton arrêt de mort! »

« Orc... Mourir.. ! »


Ce sont les seuls quelques mots que je comprends car je ne parle pas très bien humain. Baarghul saute par dessus la barrière et foule le sable chaud. Il charge l'homme en hurlant. Il se bat un peu mieux que Nirrg, l'humain n'arrive pas à le stopper si facilement, il essaye pourtant mais l'épée le taille dans le bras. Les fers s'entrechoquent, les insultes aussi, du moins Baarghul insulte l'homme. Quelques bottes secrètes sont utilisées, Baarghul se fait écorcher le visage et les jambes, l'homme aussi. Les deux combattants se valent, ils tiennent dans la longueur du combat. Dans un moment de difficulté, Baarghul hurle.

« Le Lion aide moi bordel ! Je te promets je te récompenserais si tu abats cet humain ! »

« Non. »


Ma réponse est froide et le choque un peu. Il se rend compte que son peu de pouvoir vient de tomber en miettes. Son jouet refuse de fonctionner, et il éprouve quelques problèmes contre son adversaire. D'ailleurs, celui-ci à réussi à le trancher dans le gras de la jambe, le faisant s'agenouiller. L'homme attrape le plat de la lame de Baarghul, et d'un coup de jambe violent dans le bras, décroche l'arme de sa main. Avec la garde de son arme rouillée, il assène quelques coups de poing dans le visage de Baarghul, et au bout d'un moment lève son épée vers le ciel, armant son prochain coup de toute sa force.

« Humain ! Pas tuer orc. Ma proie. »

L'homme stoppe son mouvement et tourne un peu la tête en ma direction. Il m'avait complètement oublié. Dans son inattention, Baarghul dégaine une sorte de long couteau de sa botte, se relève et égorge l'homme devant mes yeux. Le sang coule à flot et le corps rose devient vite blafard. Le flot de sang se déverse sur le sable. Les yeux de l'homme me regardent avec incompréhension. Il lâche son épée et attrape son cou, tentant de stopper l'hémorragie. Il tombe sur les genoux, à moitié conscient. Baarghul profite qu'il soit plus bas que lui pour enfoncer sa dague avec force dans le sommet de son crâne, ôtant la vie de l'homme qui s’effondre sur le sable, mort. Baarghul me fixe, souriant.

« Alors comme ça tu veux te battre contre moi le chat ? Viens ! Descends de ton perchoir, et on verra si un chaton peut battre un guerrier ! »

« Ce soir, ta dernière image sera celle du sable rougeoyant sous ton corps ! »


-> Je suis Naar'Ollyh ( [:attention:] )

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Dernière édition par Noogah le Jeu 4 Déc 2014 22:42, édité 5 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Habitations
MessagePosté: Lun 1 Déc 2014 22:59 
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[:attention:] ((( Attention! La présence d'hémoglobine et de violence peuvent choquer et perturber la lecture de certains. Dans le doute, prévoir un mouchoir à mettre devant la bouche en cas de dégoût. Bonne lecture aux autres. [:attention:] )))

Baarghul roule ses épaules, il est emplit de haine. Il tourne, impatient que je descende pour se battre contre moi. Il profite de ma position pour échanger son espèce de couteau contre sa lame qui était tombée un peu plus loin. La lame est à côté de la tête encore grimaçante de son second.

« Tu vas payer pour ça limace ! »

Pour l'instant, je le regarde du haut de mon perchoir, je dois être à un mètre au dessus de sa tête. Il essaye de m'atteindre en sautant et en agitant sa lame vers moi. Heureusement la poutre me protège, mais je ne pourrais pas rester là bien longtemps. (Il est bien trop fort pour moi en ce moment, l'humain m'a salement amoché. Je dois trouver un moyen de le tuer avant qu'il ne me tue.) La pluie qui bat sur le toit est encore plus forte. Les gouttes tombent à une cadence rapide, il y a quelques filets d'eau qui s'écoulent sur le sable, le rendant encore plus gluant qu'il ne l'était avec tout le sang absorbé. Une sorte de boue visqueuse et rougeâtre se forme sous ces filets. (Si j'arrive à faire tomber la torche dans une des flaques, j'aurai un court moment de supériorité.)

« Descend de là !!! », hurle-t-il en gesticulant d'énervement.

Il veut ma mort, et rapidement. Maintenant, il fait le tour de la salle, dans un sens puis dans l'autre, sans détacher son regard de moi, comme un fauve en cage. (Je n'ai qu'une seule chance, si j'échoue, il me plantera son épée dans le ventre et me mettra lentement à mort.) (Vas-y, va vers ce mur, voilà, parfait !) Il est au bout de la salle. Je me laisse tomber, il n'y croyait plus, d'ailleurs il reste abasourdi quelques instants. J'attrape la torche et l'arrache de son attache au mur.

« Tu crois vraiment que le feu me fais peur ?! », me sourit-il.

Il charge sur moi, et hurle encore plus fort qu'avant. Je suis peut-être blessé, mais j'ai toujours de bons réflexes. Sa trajectoire est prévisible et facilement évitable. Il fonce et frappe de toutes ses forces dans le mur, je me suis déjà décalé d'une bonne dizaine de centimètres. Sa lame est enfoncée de quelques centimètres dans le bois attendri par la pluie. Il me fixe de ses yeux rouges, sa peau verdâtre luit étrangement avec la torche en main.

« Coucou, c'est moi ! »

Il chuchote, enfin pour un orc, c'est parler normalement. Je me recule vers une des flaques, en même temps il détache son arme du bois, laissant un faible filet de lumière grise lui passer sur le visage. Il va bientôt faire nuit dehors, l'extérieur paraît assez sombre. Je suis à côté de la flaque, la torche au dessus de cette boue liquide.

« T'es mort ! »

Il avance vers moi, souriant. Il tient son épée légèrement inclinée vers la droite, les bras ouverts. Sa prochaine attaque sera dirigée vers le bas de mon ventre, avec la volonté de m'ouvrir suffisamment pour que mes organes tombent dans ce sable dégoûtant. L'odeur de la mort me monte au nez, la boue formée de sang et de sable est répugnante. Je laisse tomber la torche dans la flaque coagulante et me décale sur ma gauche, le coup de Baarghul frôle mon ventre mais ne me touche pas, juste une légère coupure. Son coup s'évanouit en même temps que les dernières lueurs de la torche qui se noient dans la bouillie de sable.

(J'ai maintenant l'avantage, il me faut agir avant qu'il ne s'accommode à la pénombre.) Le changement de luminosité le rend aveugle quelques temps. Il secoue la tête, essayant de mieux voir je pense. Les secondes sont précieuses. Je me déplace vers lui, il n'est qu'à quelques dizaines de centimètres devant moi, son dos me fait face. Le plus silencieusement possible, je lacère son visage depuis son dos, priant pour toucher ses yeux. J'enfonce mes griffes et les fais sortir de son visage par l'extérieur. Mes bras sont ouverts, les griffes sanglantes. Baarghul hurle de douleur, se retourne et frappe frénétiquement devant lui. Je n'avais pas prévu qu'il réagirait aussi vite, et ses quelques coups d'épées m'atteignent à l'abdomen, au bras et au torse. Le coup au bras provoque une entaille profonde, mais ce n'est que peu grave, j'ai gagné mon combat.

« Tu crois que si j'suis aveugle tu peux me battre ?! Laisse moi te prouver le contraire ! »


Je me suis reculé de plusieurs pas, tenant mon bras, laissant quelques gouttes de sang filer entre mes doigts et s'écraser dans la boue. Baarghul frappe dans le vide, dans tous les sens, en imaginant que je suis tout autour de lui. Je reprends l'épée de l'homme qui traîne non loin de moi. La vue de son corps inerte ne me dérange pas plus que ça, mais je remarque qu'il a un tatouage en forme de panthère noire encagée. (Un chasseur de Woran, je comprends pourquoi il aimait tant se battre contre moi). Le cliquetis métallique attire l'attention de Baarghul qui s'avance vers moi.

« Je te vois saleté ! »

(Il réagit au bruit, très bien.)


Je grimpe le plus silencieusement possible sur une poutre vers le milieu de l'arène. Je le regarde avancer prudemment, une main en avant, l'épée serrée dans l'autre. Je lance mon arme dans le sable, dans un coin devant lui. (Génial, cet orc est idiot). Baarghul s'avance vers le bruit, souriant, sûr de m'avoir trouvé.
Il n'est pas loin de moi, j'en profite pour bondir sur lui. Il est plus lourd que moi, mais avec ma chute, il tombe dans le sable boueux. Je lui mords le poignet avec lequel il tenait son arme, si fort que mes crocs atteignent ses os. Le craquement que son poignet fait m'indique qu'il est cassé. Baarghul grogne et se relève péniblement. Je m'ôte de son dos pour le regarder. Il se tient le poignet cassé et hurle.

« Si tu veux me tuer va falloir t'y prendre un peu mieux !! »

« C'est bien, tu comprends que tu vas mourir. Enfin ! »

En disant ça, je me déplace dans la pièce, pour brouiller sa compréhension de ma position. Il s'avance vers la zone d'où le bruit venait, me permettant d'accéder encore une fois à son dos. Je lui tranche d'un coup de griffes les ligaments de son genou gauche, le faisant tomber dans le sable. Il tente de se relever et de me mettre un coup de poing du gauche, mais en faisant cela il bascule dans la boue. Je l'attrape par les narines et lui griffe le côté de crâne, réduisant son oreille gauche en trois bouts de chair pendants.

Je me recule encore une fois, il se traîne avec son bras valide et sa jambe droite vers le mur qu'il semble juger le plus proche. Il rampe comme l'abomination qu'il a toujours été. Il est faible, proche de sa vraie nature. Je trouve la lame de Nirrg par terre, dans un torrent de boue. La pluie est forte et les filets sont de plus en plus épais à travers les planches de bois. La lame en main, je m'approche du rampant. Le bruit de mes pas dans l'eau se font entendre, il se tourne vers moi, apeuré.

« T'inquiète pas, ta mort sera lente ! »

En disant cela, je plante de toutes mes forces la lames dans sa jambe valide, transperçant chair, os et sol. Il doit y avoir un faux sol pour que la lame se plante si facilement, la garde n'est qu'à cinq centimètres de son mollet. Baarghul beugle, il est bloqué maintenant. Je me positionne au dessus de son dos, ma patte appuyée sur sa seule main valide. Je me fléchis au dessus de son cou.

« C'est à moi ça, non », lui dis-je sur un ton moqueur.

J'arrache de son cou mon amulette, que j'attache au mien le plus calmement du monde. Baarghul n'est plus une menace. Il est devenu mon jouet.

« J'aurai mieux fait de te tuer quand tu t'es rebellé contre moi pour ton premier combat contre un esclave ! »

« Peut-être oui, mais il est trop tard maintenant Baarghul. Et juste comme ça, mon nom est Naar'Ollyh.».


À ces mots, je lui empoigne la tête en plantant mes griffes dans son palet , soulève légèrement et avec ma main droite, ouvre lentement sa gorge de gauche à droite. Mes griffes coupent facilement cette chair verte. Il essaye de me mordre, mais vite le sang envahit sa bouche et l'empêche de forcer sur sa mâchoire. J'ai coupé de sa jugulaire à sa carotide, le sang ne monte plus du tout dans son cerveau, bloquant rapidement l'usage de cet organe minuscule. Le gargouillement est fort, des hoquets de sang convulsent son corps. Il se vide de son liquide vital et celui-ci l'asphyxie en même temps. Sa mort est douloureuse et un peu trop rapide à mon goût. En à peu près trente secondes, sa mâchoire se relâche et les muscles de son cou laissent sa tête reposer dans mes pattes. J'enlève ma main de sa bouche et constate quelques traces de morsures. L'extase de la mise à mort m'a privé de douleur, et je n'ai pas senti qu'il me mordait fortement.

(((hrp: fin du combat)))


Je reste quelques minutes assis au dessus de son cadavre. Je jette aussi quelques coups d’œil au bain de sang que cette pièce vient de vivre. La boue est maintenant partout sur le sol et le niveau d'eau monte encore, la laissant passer sous la porte de la pièce. J'entends des bruits de pas. Je m'accroche à la poutre la plus proche de moi et me hisse dessus. La serrure grince et la porte s'ouvre. Un orc, un gars de Gropill j'imagine, entre et constate le carnage régnant dans cette mixture. Il se met à jurer, il ne voit pas trop bien les cadavres, mais comme personne n'est debout, il imagine que tout le monde a succombé. La pièce est bien trop sombre pour qu'il puisse voir un Woran sur une poutre. Il repart donc en maudissant son ancien chef et en disant qu'il s'en trouverait bien un autre. La porte est ouverte, j'attends que l'orc sorte de la maison pour descendre.

Je passe une nouvelle fois la porte, qui a vu plus de monde tout à l'heure qu'il n'en sort maintenant. J'aperçois une sorte de commode avec des vêtements posés dessus. Il y a un coffre à côté qui contient d'autres affaires. Je fouille dedans, histoire de me trouver un vêtement long, un grand capuchon ou un grand manteau, pour pouvoir sortir sous la pluie. Il y a aussi une grosse besace que je passe par dessus le vêtement de pluie sombre. Le sac est vide, mais je vois quelques pièces et des espèces d'objets en fer que je mets dans mon nouveau sac. Je jette un cou d’œil à mon amulette en l'enlevant, et y retire le bout de poisson qui était dessus. Les taches de sang ont imprégné la statuette d'os blanc, y laissant une marque que je ne retire pas. La tache est plutôt esthétique, et la couleur rouge est bien conservée sur le blanc d'ivoire. Je me trouve aussi un pantalon en toile noire. Avant de l'enfiler, je déchire légèrement l'arrière pour que ma queue puisse en sortir. J'emprunte des escaliers qui me mènent à un étage. La pièce est composée de peu de meuble et d'un gros lit. Je regarde rapidement si aucun petit objet pourrait entrer dans ma besace, et une fois cette analyse faite, j'avance vers la fenêtre ouverte sur la ville. Il fait nuit et la pluie est un déluge maintenant, transformant les gouttières en cascades. (Je pourrais rester là, mais les deux larbins de Baarghul pourraient décider d'entrer dans la maison après leur beuverie. C'est trop dangereux.)

Je rabats la capuche sur ma tête, fléchissant mes oreilles sous la toile, et grimpe sur le rebord de la fenêtre. La ville est sombre, mais quelques lueurs jaunâtres palissent sous la pluie et parsèment des touches de couleur dans tout ce noir des bâtiments. J'escalade la façade au dessus de la fenêtre en plantant mes griffes dans le bois tendre pour gagner le toit. Une fois dessus, je m'accroupis au bord de celui-ci, considérant les toits très proche des autres habitations, laissant la pluie nettoyer mon corps de toute la boue qui s'écoule sous le déluge en une forme rouge assez sombre et gluante. Je ferme les yeux et hume l'odeur de la pluie sur la ville. Baarghul est mort, j'ai pris goût au sang, je suis Naar'Olly.


-> Pluie battante

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 Sujet du message: Re: Les Habitations
MessagePosté: Sam 6 Déc 2014 17:25 
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Je m'amuse à faire de grands pas, seulement pour faire trottiner Prohl. Le bruit de ses bottes sur les pavés résonne dans la ruelle bleutée par la nuit. La pluie s'est arrêtée de tomber, livrant Omyre et ses ruelles dans un calme nouveau. La seule réverbération de nos pas anime la rue. Les habitations sombres sont serrées, collées même. Prohl file droit, sans un mot, il me mène chez Thurl. La tignasse rousse, vue d'au-dessus, est impressionnante. Ses cheveux expriment son tempérament par leur forte ressemblance avec le feu. (Un bon partenaire lors de bagarres.) Sa grosse épée, forgée à sa taille, doit facilement peser cinq kilos, mais ne l'empêche pas le moins de monde de marcher rapidement, essayant de rattraper mes grandes foulées. L'air est doux, frais et hospitalier, il jure avec l'atmosphère des habitations encastrées les unes dans les autres comme une dentition carnassière, noires comme le charbon. Les pavés gris boueux salissent mes pattes nues et mon pantalon. (Je me nettoierai tout à l'heure.) Prohl bifurque vers un porche de maison, la porte est assez basse, plus basse que les portes voisines.

« On y est. »


Il sort une grosse clé de sa poche, l'insère dans la serrure et pousse la puissante porte de bois, épaisse comme mon bras. Il rentre, prend des allumettes sur la table et en craque une. La faible lumière me permet de mieux voir l'intérieur proche de lui, des gros meubles de bois, des tas de babioles, quelques reflets de lames. La lumière irradie la pièce entière quand Prohl approche sa flamme du foyer rempli de bois miraculeusement sec. Des poussières de suie recouvrent le plancher de la cheminée, habillé d'outils pour jouer avec les braises. Prohl s'installe sur un fauteuil qui me paraît assez confortable, fait de fourrures d'allures douces. Il retire ses grosses bottes et étend ses pieds sur la table basse, taillée dans du bois de chêne, et d'apparence très robuste. Quelques livres reposent dessus, mais Prohl s'est surtout saisi d'une pipe déjà remplie de tabac, qu'il allume avec une autre allumette, trouvée et craquée dans un endroit que je n'ai pas aperçu. Il tire une grosse bouffée de fumée qu'il recrache lentement, vers le plafond de poutres sombres. La fumée grisâtre attire mon attention par les volutes qu'elle fait. Voyant mon admiration, le nain m'offre d'un regard bienveillant de saisir sa pipe et de fumer à mon tour. Je décline d'un geste de la main, le tabac abîme mon odorat. Je rentre un peu plus dans la maison basse de plafond. Ma tête n'est pas penchée car je ne suis pas un géant, mais mes oreilles sous la capuche frôlent quand même les poutres apparentes de temps en temps.

« Fait comme chez toi, t'es l'hôte de Thurl ! », m'indique-t-il en soufflant sa fumée.

Je me déplace vers une table forte et de taille normale, entourée de bancs costauds eux aussi. La table est pleine de nourriture et de restes, mais des fruits posés dans une corbeille attirent mon attention, et mon appétit. J'attrape l'un des fruits que je m'empresse de diriger vers ma bouche. Mes crocs se plantent dans la peau molle et fraîche, libérant un jus sucré qui s'écoule sur ma langue. Je ferme les yeux pour savourer encore plus. Mon ventre est aussi heureux que mon corps entier, et j'extériorise ma joie avec quelques bruits que le nain entend. Je le regarde, la bouche pleine de fruits différents, et lui explique que c'est la première fois en dix ans que je croque dans un fruit. En lui disant cela, je postillonne quelques morceaux par terre, bien que je tente d'empêcher ce précieux mets de sortir de ma bouche. Je prends déjà mon troisième fruit quand Prohl me signale que je suis toujours habillé de mon manteau long. Je finis le fruit d'une bouchée et retire mon vêtement que je pose sur la table. Prohl voit mes bandages sur le corps, et en ôtant ma capuche, l'état de mon œil, gonflé. Il sourit et me fait remarqué que j'ai durement gagné un combat. Je lui souris en retour, faisant sortir du jus qui coule sur mes poils. J'essaye de stopper cette idiotie en mettant mes mains en dessous, limitant la propagation du nectar sucré. Je déglutis péniblement et demande au nain s'il n'a pas de mets plus salés. Il pointe un meuble proche de la table, assez gros, en bois sombre, ornementé de gravures.

« Souvenirs de par chez nous »
, m'instruit-il.

À l'intérieur, des jambons, des saucissons, des bouts de viandes salés. Mes papilles se régalent déjà, et ma langue passe inconsciemment sur mes babines. J'empoigne un morceau de jambon et me dirige vers un fauteuil non loin du nain. M'étant relevé avec rapidité, je sens ma tête tourner. Des points noirs et blancs troublent ma vue, mes repères tournent. Je passe une main sur ma tête qui tambourine de l'intérieur. Mes doigts rencontrent la boursouflure de mon œil droit, et une douleur, vieille du combat, se ranime. Me voyant vaciller, le nain se relève et m'aide à aller vers le fauteuil. Je me laisse retomber dedans, pris de vertiges fulgurants.

« Oh tout doux l'ami, faut que tu te repose ! Le type qui t'a fait ça t'as salement touché! »

« Uain »
, c'est la seule chose que j'arrive à articuler, un bout de viande dans la bouche, les vertiges me font fourmiller la mâchoire.

J'arrive cependant toujours à mastiquer, mais péniblement. La voix du nain devient de moins en moins audible, ma tête tourne horriblement, me donnant des maux à l'estomac. Ma vue est obstruée, je ne vois que quelques lumières fortes et des ombres, le nain devient un fluide sombre et lumineux selon les éclats de métaux des anneaux tressant ses cheveux. Les vertiges ont raison de moi, et je m'endors dans un sommeil qui, je l'espère, sera réparateur.

J'ouvre mes yeux, la pièce est bruyante. La lumière du feu est encore trop forte pour moi, et je cligne beaucoup des paupières. Une odeur de vomis me prend d'assaut le nez. Je me redresse en forçant sur les accoudoirs, et je vois d'où vient l'odeur, mon pelage est coloré par une jolie flaque chaude, avec des bouts de fruits dedans.

« Qu'est-ce qu'il m'est arrivé ? »


Je regarde en direction de la table, où les cinq nains mangent en riant bruyamment. Prohl me regarde dans les yeux et m'explique que j'ai été pris de vertiges et que je suis tombé dans les vapes. Quelques secondes après avoir fermé les yeux, je me suis vomis dessus. À ces paroles les autres nains et Prohl rient, et l'un d'eux interprète la scène, ce qui les fait encore plus rire. Ils m'envoient un torchon, lequel j'empoigne et utilise pour enlever tout ce liquide de mon torse et de ma bouche.

La femme est toujours là. Elle vient vers moi, se baisse à ma hauteur et examine l'état de mon œil droit. Elle me prend la main et m'attire au fond de la salle, à l'écart du bruit des nains. On monte l'escalier en direction d'une pièce au fond d'un deuxième salon, plein de tapis, de livres dans des étagères, avec un tronc d'arbre coupé servant de table, accueillant des dés et des gobelets de bois. Elle ouvre la porte donnant sur une chambre désordonnée, sentant la forêt. En face, un lit, sommaire mais qui semble douillet avec ces peaux le couvrant. Sur la gauche, un bureau près d'une fenêtre donnant sur la ruelle, éclairé par une petit bougie qui touche à sa fin de vie. Des livres anciens sont posés sur ce bureau, ainsi qu'une plume, de l'encre et quelques feuilles. Une étagère cache le mur opposé. Elle est pleine de petits bols, de branches, de feuilles, de tiroirs, d'objets plus bizarres les uns que les autres. (Elle doit être une sorte d'alchimiste pour avoir cela à portée.) Contre le mur tenant la porte, des dizaines de bocaux empilés, remplis de choses étranges qui flottent dans des liquides jaunes verdâtres. Il y a aussi un peu partout des pots de terre cuite, remplis de terre brune, abritant des graines enfouies ou déjà sorties. Des petits arbustes aux feuilles vertes donnent des fruits noirs, en boule, ainsi que toutes sortes d'autres végétaux envahissant la pièce. Le sol est tapissé de feuilles. Elle m'assoit sur son lit, alors que j'essaye tant bien que mal de ne rien renverser des pots encombrants le sol. Elle esquisse un sourire sous sa capuche que je distingue difficilement dans la faible lumière, et aussi à cause de mon œil abîmé qui trouble ma vue.

Je la regarde faire, elle enlève mes bandages et examine mes blessures. Mes côtes sont guéries, ou en tout cas ne me font plus mal du tout. L'entaille dans mon bras cicatrise doucement, bien que le bandage soit collé à la plaie et qu'une sorte de liquide en sorte. L'arrachement de ce pansement me tire les poils du bras, me faisant souffler un léger bruit de douleur. Elle pose sa main sur mon épaule, comme pour se faire pardonner. Elle mouille un bout de chiffon dans un seau d'eau traînant non loin des plantes. Elle y ajoute une poudre qu'elle prend d'un des bols de l'étagère. Une odeur fruitée s'en dégage, et ravit mes narines. Elle frotte la plaie mais aussi mon torse, qui sentait encore mauvais. Elle tire une aiguille et un fil sombre d'un tiroir et commence à recoudre ma plaie le plus proprement possible. À chacun de mes sursauts suite à l'aiguille se plantant dans la plaie, elle me regarde, un sourire apaisant s'aperçoit de sous sa soutane. Après avoir fini, elle sort un verre dans lequel elle mixe une plante avec de l'eau. Elle me tend le verre que je vide d'une traite. Le goût acre envahit ma gorge, ma salive devient pâteuse, sensation désagréable. Elle communique avec moi avec le langage des signes, ce qui m'étonne d'elle.

« Je ne peux rien faire de plus pour ton œil, cela devrait calmer les vertiges et la douleur, mais je ne peux pas t'aider à le dégonfler. »


Ces signes sont propres, parfaits et gracieux avec les manches de sa robe qui soulignent ses mouvements.

« Merci beaucoup, tu en as déjà fait assez pour moi. Pourquoi autant de tendresse à mon égard ? »

Elle est gênée, mais me répond quand même.

« Je n'aimais pas te voir souffrir, tout ce qui vient de la forêt m'est cher. »

« Cela fait bien longtemps que j'ai été arraché de la forêt. Comment as-tu fais pour que mes côtes ne me fassent plus mal ? »
, mes signes témoignent de ma perplexité.

«  Ne t'occupe pas de cela. »
Elle esquisse un petit sourire.

« Pourrais-tu me montrer ton visage, que je puisse avoir une image de celle qui m'a soigné ? »

Elle hésite puis retire sa capuche. Ses yeux luisent d'un vert émeraude, ils sont magnifiques. Ses cheveux bruns tombent en tresse sur son épaule. Des petites broches faites à partir de branches structurent sa coiffure. Mais ce qui saute aux yeux, c'est l'écorce depuis la base de son cou jusqu'au coin de sa lèvre droite, en passant par sa joue et sa tempe droite. Malédiction, signe-t-elle. Elle m'explique qu'elle avait voulu se lier corps et âme à la forêt, mais que la bénédiction avait été perturbée, la reléguant au rang d'hybride, entre arbre et femme. Elle a cependant eu accès aux connaissances d'un vieux chêne, qui a été abattu par les nains, l'utilisant pour meubler toute l'habitation. Elle est liée à ce chêne, et est donc obligée par son serment de suivre ces nains partout. Une fois qu'ils ne respireront plus, elle retournera auprès du chêne, et habitera la maison, comme lui le fait actuellement. Elle ne veut pas de mal aux nains, elle attend juste sa libération. En attendant, elle essaye de refaire pousser quelques plantes vertes dans cette Omyre si grise et sombre.

« Merci beaucoup, de tout ce que tu as fait, j'espère que ton souhait s'exaucera. »

« N'oublie juste jamais qui tu es et d'où tu viens, Naar'Ollyh, la forêt est toujours prête à t'accueillir, l’Équilibre comprend tes actes. »


Sur ces paroles philosophiques et un peu énigmatiques, je me lève et sors. Je reprends les escaliers, en direction de la tablée naine, en plein repas. (J'ai toujours un ventre à nourrir.) Les douleurs dans ma tête sont toujours présentes, mais beaucoup plus supportables. Ma vision est légèrement assombrie, mon œil droit est fermé. (Il se soignera tout seul, ne t'inquiète pas mon ami.)
Il reste une place à côté d'un gros nain imberbe et fort joyeux, je m'y installe et attrape un morceau de viande qui finit rapidement dans mon gosier vide.


-> Cauchemar

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Dernière édition par Noogah le Sam 6 Déc 2014 20:33, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Habitations
MessagePosté: Sam 6 Déc 2014 20:01 
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-> L'étrange femme

La proximité avec les nains me réchauffe le cœur. Leurs sujets de conversations sont variés, mais en ma présence, le passé est évoqué. Chacun raconte son ancienne vie, ses habitudes d'antan. Puis comment ils sont arrivés à Omyre, ou comment elle les a annexé plutôt. Le respect est silencieux quand l'un des petits êtres entame son histoire, la larme au cœur. Pour éviter de trop m'étaler quand vient mon tour, je mens. Je prétends ne plus me rappeler de grand chose, seulement de quelques visages, et encore c'est beaucoup d'efforts. Thurl raconte la vérité sur sa vie à Omyre, il est né ici, issu d'esclaves nains. Il a combattu dans l'arène assez longtemps pour mériter d'être libre, à condition de rester vivre à Omyre, sous peine de mort. Porhl n'était pas un esclave, mais un grand guerrier Thorkin, qui été venu en visite à Omyre au grès de ses voyages. Il voulait devenir mercenaire, mais Omyre et ses assassins ont voulu l'éliminer. Thurl l'avait pris sous son aile alors qu'il était blessé de toutes parts par toutes sortes de lames effilées. Quand aux trois autres, ils s'étaient réfugiés chez Thurl, qui disait d'eux qu'ils étaient de la famille, ou des commerçants amis. L'un était érudit, les deux autres étaient maîtres en gravures et forgeages d'objets. Ils avaient même travaillé tous les deux sur le gros meuble de chêne non loin, qui abritait la viande. La finesse des gravures était impressionnante, les détails étaient reproduis à la perfection. Il s'agissait des cinq compères nains, entourés de toute part par un nuage brumeux du plus beau rendu, qui menaçait de les recouvrir. C'était pour représenter la perversion présente à Omyre, qui aliénait même les plus forts d'esprit. Ils étaient tous à coté, armes en mains, et Thurl, au milieu, levait le bras, avec un creux dans sa main.

« C'est ici que se trouve ma pierre normalement. Un saphir d'un bleu éternel, qui a vu naître la montagne dans laquelle il a été pioché. C'était un cadeau de mes ancêtres, et j'ai réussi à le garder caché de mes maîtres pendant que j'étais esclave. Il nous protège d'Omyre. »


La nostalgie lui tire une goutte de sel au coin de son œil. Il explique que le groupe de nain est soudé comme les phalanges d'un poing, et qu'il s'écrasera contre le nuage de malveillance. C'était en tous cas une très belle pièce, et le bleu d'un saphir devait rendre très bien contre le bois d'ébène. Il devait sûrement capter la lueur du feu aussi, déviant sa lumière au sol en une marre bleue orangée.
Après avoir compris l'importance de cette pierre, les nains m'expliquent où se situe la maison de Shri, le shaakt qui leur a dérobé le saphir. Ils prennent un bout de charbon avec lequel ils dessinent sur la table le plan de la maison. C'est une bâtisse à deux étages, dans un quartier aisé de la ville, où la garde se balade dans le but de trouver des voleurs, ou de racketter des propriétaires. Prohl m'indique même où les gardes personnels de Shri se trouvent. Des archers pour la plupart, assez bons, au nombre de huit. Pour ce qui est de leur combat au corps à corps, il soulève sa manche et montre une légère égratignure qu'il a reçu en étripant l'un des gardes, parti soulager sa vessie contre un mur voisin. D'après les rumeurs, Shri serait fier de ses forfaits, et aurait une pièce dédiée à entreposer tous les objets qu'il a pu voler. Le plan est simple, je dois m'introduire par une des fenêtres le plus discrètement possible, localiser la pièce et le saphir, et si jamais les choses se corsent, partir rapidement par la rue qui se trouve à l'arrière de la bâtisse. Prohl s'y trouvera, en cas de besoin. Pour ce qui est des rondes de la milice, le gros nain et le plus grand s'en occuperont. Un sourire malicieux leur fend le visage. Les gardes aussi sont mauvais ici, ce n'est pas grave si quelques-uns tombent dans leur sang m'avouent-ils. Thurl et le dernier nain, un brun aux cheveux courts et à la barbe mal rasée, s'introduiront dans la bâtisse après que je sois sorti, pour faire la peau à Shri.

Ma tête me fait mal, encore. La chaleur, conviviale pourtant, m'oppresse. Ma vue se trouble légèrement, les matières semblent s'écouler sur le côté. Les murs et les fenêtres pendent. Le feu grandit et mange le meuble ouvragé des nains. La table et les bancs semblent bouger et s'animer. Commençant à suer à grosses gouttes, je leur demande où je pourrais dormir avant de mettre le plan en place. Ils ont un lit de secours, à l'étage, dans lequel ils hébergent généralement des confrères nains en voyage, ou en évasion. Je sors de table péniblement, et marche le plus doucement possible. Les nains sont trop occupés à régler les derniers détails pour que le plan soit parfait, sans la moindre bavure. Moi, je rampe à moitié dans l'escalier de bois sombre, qui flotte sous mes yeux. Les marches se tordent. La douleur est devenue vive. J'ai l'impression qu'une armée de nain pioche dans l'arcade de mon œil droit, cherchant à sortir. J'arrive difficilement à l'étage, heureusement le lit n'est pas très loin, dans l'espèce de salon ambulant. La table court, les peaux dansent, ma tête brûle et me déchire de douleur. Je m'effondre sur le lit, me cache le plus possible sous la couverture en peaux. Je l'entends grignoter quelque chose, je la vois se déplacer. Je tremble de froid, ma tête brûle. Je vois des flammes monter les escaliers, alors que de la neige tombe du plafond. Mes dents claquent, je ne vois presque plus rien, seulement des formes et des couleurs vives. La douleur dans le coin de ma tête me donne l'impression qu'un fer rouge est bloqué et collé dessus. Mon ventre est comme transpercé par des milliers de lames. Je veux crier de douleur mais aucun son ne sors de ma bouche. Je me tords, ma vision est floue. La dernière image que je perçois est la lueur d'yeux verts qui me fixent.

Je tombe, je tournoie sur moi-même. Ma tête est frappée de partout par des masses et des gourdins. Puis les masses se transforment en épées qui transpercent mon crâne. Tout autour de moi, une forêt est en feu, les flammes sont vertes et dévorent des arbres aux teintes rougeâtres, oranges et jaunes. Le cercle d'arbres tourne, il se déplace rapidement. Partout dans les flammes, des yeux verts me fixent, sondent mon être. Je me relève, je suis sur un tapis de feuilles, rouge sang. Puis les feuilles se liquéfient, je tombent dans une marre de liquide rouge, rouillé. Une main m’agrippe la jambe et m'entraîne dans les profondeurs de cette marre. Je n'arrive pas à respirer, tout ce que je vois est rouge. Il y a des têtes, des visages que je ne reconnais pas. Leurs traits sont tirés de douleur.

« ILS SONT MORTS SOUS TA MAIN »


Alors que mes poumons sont au bord de l'éclatement, la voix résonne dans ce bain de sang, et évapore le liquide en des milliards de gouttelettes, qui tombent vers un nuage gris. Le sol pleut du sang. Le feu s'éteint tout seul, et les flammes se rassemblent en un corps de femme. Elle porte une robe, la capuche retirée, on distingue ses yeux verts, qui brillent et se marient très bien avec le brun de l'écorce qui recouvre une partie de son visage. Ses mains sont jointent et elle s'approche de moi.

« La forêt est fière de toi, tu devais le faire, tu n'avais pas le choix, c'était ton devoir. »

La pluie venant du sol s'intensifie, je suis humide de tout ce sang qui est aussi visqueux que de l'eau. La femme s'approche de plus en plus près. Arrivée à mon niveau, ses traits se changent pour ceux de l'homme contre qui je me suis battu, il se tient la gorge, un liquide vert coule d'une plaie grosse plaie. Sa vue est horrifique, et les arbres derrières se transforment tous un par un en représentations de Baarghul, arme en main, sourire aux lèvres. J'essaye de m'enfuir, mes jambes ne répondent que très mal. Je suis embourbé dans du sable rouge. Je force le plus possible sur mes jambes pour avancer, mais je ne parviens que difficilement à me déplacer. Je tombe au sol, et devant moi il y a un étang. L'eau est calme et mon reflet est parfait. Je m'y vois, apeuré. Puis le reflets se trouble, montrant une bête me ressemblant trait pour trait, avec des blessures un peu partout, l’œil percé. Son visage est brûlé à certains endroits, le pelage non égal partout. Sa lèvre est déchirée, étirant un sourire meurtrier jusqu'à la base de sa joue. Ses crocs sont cassés pour certains, et tous recouverts d'éclats rouges. Son unique œil restant, jaune, brille d'une violence inouïe. Des dizaines de gorges ouvertes se cachent à l'intérieur de sa pupille. Je suis effrayé et me relève rapidement. La femme est de nouveau en face de moi. Ses émeraudes me fixent sans émotion.

« Tu n'es pas cette bête Naar, les Ollyh ne le permettraient pas. »

En disant cela, elle tend le bras vers quelques Worans, ils ont tous la même amulette que moi. Ils sont en tenue traditionnelle de chasse. Ils ont enchaîné la bête folle, de l'écume s'écoule de sa bouche. Son corps est couvert de crasse, de plaies suppurées. Une ceinture de ficelle accroche des centaines de molaires à sa taille, appartenant à toutes ses victimes. Une de ses mains est coupée, laissant place à un moignon mal soigné. Elle se débat, les Ollyh me regardent droit dans les yeux. Le plus vieux et le plus fort s'avance vers la bête, il tient la griffe de l'amulette dans sa main. Il égorge le reflet qui rie de bonheur devant tout le sang qui coule. Je tourne la tête, les visions s’arrêtent. La femme est là, avec un cerf géant à côté d'elle. Le cerf a des yeux noirs étoilés. Sa voix grave et profonde fait écho dans toutes les parties de mon corps.

« N'entache pas les Ollyh. Ne succombe pas à tes instincts cachés, ils te tueront. »


À ces mots, je tombe dans le regard du cerf, tournant sur moi-même, perdu dans le néant.

Je me réveille en sursauts, couvert de sueur, haletant. La maison est calme, habitée par des ronflements paisibles. Les objets sont tous à leur place, rien n'a bougé, il n'y avait pas de feu dans les escaliers, encore moins de cerf. Je déglutis et reprends comme je peux ma respiration, entre deux coups d’œils inquiets autour de moi.

« Un cauchemar... » « -La femme t'as drogué. » « Elle me montre qui je suis. » « -Elle te montre qui tu étais. »

Je me rendors, perdu entre haine et respect pour cette femme qui m'a soigné, complètement déboussolé. La douleur dans ma tête est redevenue supportable, ma respiration est à peu près calme. (Il faut que je dormes pour être prêt à aider les nains. -Et à te battre en cas de besoin) Je ne sais plus si je dois écouter cette voix dans ma tête qui m'a toujours soutenu, ou suivre ce que la femme me dit, et revenir auprès des miens. Retrouver l'Ancien Équilibre passif ou tenter de le reformer, moi-même. Je ferme les yeux et repars pour le monde des songes.


-> Instincts enfouis

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 Sujet du message: Re: Les Habitations
MessagePosté: Dim 7 Déc 2014 23:25 
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-> Cauchemar

J'ouvre doucement les yeux. Je cligne un peu des paupières pour m'assurer de mon réveil. Ma nuit s'est bien passée après le cauchemar, heureusement. Cependant, j'ai l'impression d'avoir un voile devant les yeux, comme une brume persistante. Je ferme un œil, puis l'autre, et me rends compte que le problème vient de mon œil droit. (Foutu homme.) Je râle légèrement, la douleur est toujours présente dans le coin de mon crâne. Je passe la main sur ma tête, me gratte et coiffe les poils en broussaille entre mes oreilles. Je m'assois dans le lit, contemple les objets autour de moi. La maison est calme, et la lumière n'est que très faible, je ne sais pas quel est le moment de la journée actuellement. Je commence par me laver, brossant mes poils avec ma langue. Le goût du savon de la femme est toujours un peu présent, ce qui ne me déplaît pas. J'étire mes muscles, les réveillant en douceur eux aussi. Une fois que je me sens prêt, je me lève et descend l'escalier en direction de la cheminée. Malgré le voile sur mon œil, j'arrive à me repérer. Les vertiges sont inexistants, mais je sens quand même ma tête bouger, comme si ma perception des mouvements était faussée ou exagérée. Prohl me voit arriver, main sur le crâne, il fume tranquillement.

« Salut le dormeur ! T'as pioncé une journée complète ! Les autres sont partis au marché, ou je sais pas où. Je devais rester et accueillir notre hôte à son réveil ! »
, il me sourit, pipe en bouche.

« Je ne pensais pas avoir autant dormi... », lui avoue-je en baillant.

J'attrape un fruit dans la corbeille, lequel se heurte vite contre mes dents et rafraîchit ma gorge. Je raconte le cauchemar que j'ai fait à Prohl, celui-ci reste perplexe quant aux soupçons que j'ai pour la femme. Je lui évoque aussi mon problème à l’œil, qu'il trouve bon de comparer à une grosse pomme de terre sortie de mon crâne. Je lui parle aussi ma vision, moins bonne, et que j'ai encore mal à la tête. Il se lève et fouille dans une des commodes. Il en tire un bandeau de tissu noir, assez long. Il me demande de m'asseoir, et enroule le bandeau sur mon visage, en passant par mon œil endolori. Il me rend borgne, mais au moins le voile disparaît de mon champ de vision.

« Un vrai pirate ! » ricane-t-il.


(((hrp: Tentative apprentissage CC SA Instincts Sauvages)))


Je n'ai pas l'habitude de ne voir que d'un œil, mon champ de vision est nul sur ma droite. Il m'annonce que j'ai une certaine allure avec ce bandeau sur la tête, mais je n'arrive toujours pas à voir correctement. Et encore, la luminosité est forte dans cette pièce, je n'ose même pas imaginer ma vision de nuit. Prohl écoute mes problèmes et cherche une solution. Il m'indique que si je veux pouvoir être utile à leur cause, il faut que je sache me battre, même en étant aveugle. Certes je ne suis pas aveuglé non plus, mais mon champ de vue n'est pas au meilleur de sa forme. Il écarte les meubles, éteint le feu et enlève ses bottes. Puis il s'avance vers moi, et baisse le bandeau sur mon œil encore libre, me bloquant totalement la vue.

« Qu'est-ce que tu me fais ?! »

« Je t'apprends. Si tu ne vois pas bien, cela te sera utile. Tu pourras te battre dans l'obscurité la plus totale en plus. »


Il me relève, je tends les bras et me fléchis légèrement, cherchant désespérément un endroit où m'accrocher. Il éloigne le fauteuil sur lequel j'étais, je l'entends grincer sur le sol. Devant moi, le noir le plus total. Pas comme une nuit, car normalement les étoiles et la lune peuvent éclairer, même faiblement. Non, je ne vois rien, mes oreilles tournent dans tous les sens, captant de façon importante le moindre petit bruit. Le grincement du bois, le vent à travers la serrure de la porte, mes battements de cœur, le crépitement des braises encore chaudes. Je ne sais pas où je suis, au milieu de la pièce, à gauche, à droite... Je tourne sur moi-même, puis me redresse un peu plus. Le néant habite mon regard. Le sol craque autour de moi, j'entends les muscles de Prohl s'activer pour faire fonctionner ses muscles. Ne rien voir m'inquiète, je n'ai pas l'habitude de me retrouver dans une telle position de faiblesse. Je comprends pourquoi Baarghul avait peur quand il était aveuglé. Je veux ôter le bandeau de ma vue, mais Prohl me hurle dessus, et je reçoit un coup dans les pattes.

« Ne l'enlève pas. »

La voix vient de ma gauche, je tourne la tête vers le son. J'entends un craquement suivi d'un grincement. Du bois frotte du bois. Il enlève sans doute une bûche ou un balais appuyé contre un meuble. Les sons qui me parviennent de tout autour de moi me font voir des dizaines d'images. Ma mémoire tente de reconstruire le plan du salon. Le craquement à gauche, c'est la cheminée. Le vent vient de derrière moi. À partir de ces informations, je dessine mentalement les murs, les meubles poussés. Je reprends confiance, bien que je souhaite que le jeu de Prohl cesse. Voyant que je reprends confiance en moi et que je suis moins effrayé, il m'explique ce qu'il compte faire.

« Je vais tourner autour de toi, te frapper avec le bout de bois. Toi, tu vas devoir anticiper, esquiver et contre-attaquer si possible. »

« Tu m'as pris pour quelle sorte d'animal au juste ? »
lui dis-je d'un ton froid.

Premier coup, dans la cuisse. La douleur monte lentement jusque dans ma tête grâce à mes nerfs. Je localise brièvement d'où vient le coup, derrière moi. Je calme ma respiration, essaye de capter les odeurs. Le noir total est relaxant pour cet exercice, et mes autres sens sont décuplés. Je sens le bois brûlé de la cheminée. Je sens aussi le cuir des peaux sur les fauteuils. Les fruits parviennent à mes narines. La fraîcheur du vent est aussi captée par mon nez. Une odeur, musquée, celle de Prohl, m'enivre et m'entoure. Le nain se déplace non loin de moi. Un craquement sur ma droite, il y est, c'est le bruit du sol qui craque sous des pas. Je me concentre vers cet endroit, mes oreilles se dirigent en paraboles vers la source du son. Je capte sa respiration, faible et calme. Le bruit du souffle sur sa barbe le trahit, les poils s'entrechoquent sur les anneaux de métal, faisant un faible bruit, audible. Mon cerveau remplace mes yeux, et je vois sur le noir du bandeau une tache rousse, de petite taille. Chaque souffle et chaque pas renforce l'image, qui bat comme un cœur. Ce que je capte est de plus en plus précis, je distingue presque le bruit de ses bras grâce au frottement contre sa tunique. La tache de couleur tourne autour de moi. De temps en temps, elle disparaît complètement, puis revient encore plus forte à cause d'un craquement. Je suis calme, serein.

Un coup de bâton me surprend dans le dos. Le nain me rappelle encore une fois pourquoi il fait ça, au cas où je ne comprenais pas. L'image mentale se projette de nouveau devant moi, dans l'obscurité la plus totale. Cette fois, j'entends et sens le bout de bois avec lequel il me frappe, une sorte de long manche à balais. Il cogne légèrement contre la bague du nain, propulsant une onde sonore dans tout le long et fin morceau de bois, qui s'illumine avec le passage du son dans l'image que j'ai sur le bandeau noir. Je sens la respiration du nain, et l'entends même. C'est de plus en plus précis, me permettant maintenant de voir les traits de son visage, grossièrement. Ces traits se durcissent d'un coup, il souffle un peu plus fort. Son bras se tend et le bâton part dans ma direction. Je tente de l'éviter mais il retombe sur mon bras quand même.

« Mieux ! »

Le nain continue sa ronde autour de moi. Mes sens remplacent ma vue qui est nulle en ce moment, et l'obscurité ne m'effraie plus. Il tend de nouveau le bâton vers moi, cette fois j'arrive à l'éviter de justesse. Je l'entends sourire. Je souris à mon tour. Le sonar qui se développe sur le bandeau est efficace, car sur les cinq coups suivants, j'en évite quatre. Une sorte d'instinct anime mes réflexes. Comme si mon ouïe et mon odorat combinés arrivaient à voir aussi bien que des yeux. Chaque coup se fait de plus en plus rapproché. Le nain ne frappe plus de la même façon, il tente de me surprendre avec des coups d'estoc, ou des coups montants. Je les évite de mieux en mieux, et Prohl a du mal à m'atteindre maintenant. Mes instincts contrôlent mon corps. Ma tête ne pense pas, je suis calme, seulement ma respiration occupe ma pensée. Chaque esquive n'est pas contrôlée, je devine grâce à mon corps où le nain va frapper. Plus l'exercice avance et moins je me lamente d'avoir les yeux bandés.

Un coup d'estoc en direction de mon estomac, j'attrape le bâton dans ma main et stoppe sa course, net. Je ris, et le nain souffle d'étonnement. De l'autre main, je relève le bandeau pour voir de nouveau. Je suis souriant, et le nain satisfait de l'exercice. Il me félicite par une tape dans le milieu du dos, destinée à mon épaule je suppose. Il repose le manche de bois contre la commode.

« Bravo le chat, tu retrouves tes instincts. N'oublie pas, tu n'es pas perdu sans tes yeux, tu m'as prouvé que tu pouvais voir sans eux. », dit-il en remettant ses bottes.

« C'était comme... Comme si je captais les pulsations de bruit et voyais de mes propres yeux ! »

Je suis encore un peu sous le choc de ce que je viens de faire, mais le nain est heureux et rieur, ce qui me rends de bonne humeur. Il rallume le feu, remet les meubles en place et reprend sa pipe.

« Je savais qu'une bête comme toi pouvait esquiver, mais pas arrêter un coup ! Tes années de service ici ne t'ont pas effacés tes instincts primaires, tu reste un animal avec de bons réflexes ! »

« Merci de me les avoir ranimés. »
, en disant cela, je rajuste le bandeau sur mon œil, essayant de me rendre le plus présentable possible.

Je suis un peu coquet, je l'avoue. La douleur au coin de mon crâne est faible, mais je sens le sol bouger sous mes pattes. Je m'affale dans un fauteuil, épuisé par l'exercice du nain. Il me fixe, sérieux, et m'annonce que Shri voit parfaitement dans le noir, et qu'il aime à se rendre invisible. Réveiller mes instincts n'était pas un simple exercice, c'était une préparation. Ses gardes aussi se battent facilement dans l'obscurité, et si ma vue défaille, il faut que je sois toujours en état de me battre. Je garderai quand même un œil valide pour combattre vraiment, mais je sais que je peux compter aussi sur mes oreilles et mon nez.


(((hrp: Fin tentative apprentissage CC SA Instincts Sauvages)))


Je me repose un peu, en attendant les autres, qui ne tardent pas trop. Une fois arrivés, et impatients de se rendre chez Shri, ils prennent leurs affaires et sortent avec moi, dans la nuit. Nous nous dirigeons assez rapidement et sans problèmes vers le quartier un peu plus aisé. Dans la rue adjacente à l'habitation convoitée, nous nous regroupons et clarifions une dernière fois le plan. Nous sommes prêts à agir, et la nuit tombante vient de recouvrir le ciel d'un tapis d'étoiles lumineuses.


-> Lune rubis et saphir [:attention:]

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 Sujet du message: Re: Les Habitations
MessagePosté: Mar 9 Déc 2014 23:59 
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((( [:attention:] La lecture de certains passages peuvent être dérangeants, le sang coule, dans le doute, prenez un mouchoir, bonne lecture aux autres [:attention:] )))

Les quatre nains se sont dispersés dans la rue, je suis seul avec Prohl, non loin de la maison de Shri. Des cliquetis métalliques résonnent, suivis de râles. Ils ont dû s'occuper de miliciens qui rodaient ou des gardes de Shri. Prohl et moi avançons prudemment vers la ruelle derrière la bâtisse. La nuit est calme et fraîche, les lueurs bleues se logent sur les carreaux de la maison. Le bois sombre et taillé sur une poutre principale se marie parfaitement avec cette ambiance, reposante. Prohl s'appuie contre le mur extérieur de la maison, une sorte de clôture d'environ deux mètres. Les pierres sont bien agencées, mais la disparité de leur forme laisse des prises assez bonnes pour passer par dessus. Le nain me regarde dans les yeux, et semble me demander si je suis prêt. Je lui souris en retour, et grimpe facilement sur ce muret. (Il va s'agir d'être discret maintenant -Tu peux aussi tenter le bain de sang non?) Du haut du muret, caché par les branches d'un arbre, je scrute le moindre mouvement. Je vois deux gardes qui se baladent, ils tournent dans le jardin pas trop mal entretenu. Des arbustes, des pierres blanches qui tapissent l'herbe au sol. J'entends le bruit d'une fontaine ou d'un ruisseau. La végétation est omniprésente. (Ce Shaakt est un amoureux de la nature.)

(((hrp: Début du combat)))


Je ne vois aucune entrée possible. Les portes massives sont surveillées. Les volets sont fermés, il n'y a aucun moyen pour moi de rentrer. Je prends mon temps, me déplace légèrement, pour voir un peu mieux tout en étant à l’abri sous l'arbre. Une fenêtre n'est pas fermée, au premier étage. Les rideaux flottent avec la légère brise. (Faut que j'arrive à grimper là-haut... - A découvert... tu te feras tuer.) Pas faux. Je grimpe sur une des branches de l'arbre proche, et me blottis contre celle-ci. J'attends. Je suis persuadé qu'un garde passera par là. J'en vois un qui viens dans ma direction justement. Il s'avance, longe le muret. (- Mauvaise idée, les arbres regorgent de mauvaises choses.) C'est bon, il est sous ma branche, il ne m'a pas vu, et il est à portée de griffe. Que rêver de plus. Mon bras part telle une flèche en direction de sa gorge. Le coup est vif, pas très chirurgical mais suffisamment bien placé. J’atteins la gorge de sekteg qui s'étend au sol, main sur le cou, baignant dans l'herbe rougie. (-T'en fais quoi maintenant?) J'y avais pas pensé. J'ai tué juste pour le plaisir de tuer, et encore, je n'ai rien éprouvé, à part de l'excitation quand il est arrivé vers moi. Je me laisse tomber au sol, et tire le cadavre à l'abri des regards, derrière l'arbre. Avec le vêtement de la carcasse puante, j'essuie du mieux que je peux le flot de sang qui coule doucement maintenant. J'enlève son haut en cuir marron rougi, que je cache. Je tire le plus discrètement possible le corps que je vais poser contre le muret un peu plus loin, assis. Je lui donne un air assoupi en lui inclinant la tête et croisant ses bras. Je suis plutôt fier de ma mise en scène. J'entends des bruits de pas. Je me plaque rapidement contre le mur de la bâtisse, caché de celui qui arrive.

Il s'avance et voit son compagnon, assoupi, il rit. Il se dirige vers lui dans l'intention de le réveiller, mais vite il se rend compte que son torse nu est couvert de sang, et que ses épaules ne semblent pas se soulever. Le temps de son interrogation, je suis déjà arrivé dans son dos. Une main sur sa bouche, l'autre dans sa glotte. Le râle s'étouffe dans ma main, et le corps devient vite une poupée de chiffon. Je le maintiens, heureux de mon affaire. Puis une idée me vient, qui devrait me permettre d'escalader sans encombres. J'approche le cadavre frais de son ami assoupi. Heureusement, j'ai été un peu plus propre, je n'ai ouvert qu'avec une griffe, réduisant considérablement le flot de liquide chaud. Je lui appuis la tête contre le mur et le fait tant bien que mal tenir en équilibre, debout, surplombant son ami. Je pose ses mains sur les épaules de corps assis. Je descends le pantalon de laine du gobelin debout, et passe les mains de celui assis sur les jambes nues et poilues. J'esquisse un sourire une fois reculé, on n'y voit que du feu. L'illusion est parfaite, et devrait tenir les autres gardes occupés le temps que je grimpe.

Je me dirige sous la fenêtre ouverte. (Facile !) La poutre ornée dépasse d'une bonne vingtaine de centimètres du mur, et est au parfait milieu entre la fenêtre et le sol. Je grimpe très facilement dessus, et je rentre dans la maison par la fenêtre mal fermée. La pièce est éclairée par la lumière de la nuit. La chambre est bleue, il y a une commode de bois imposante et un grand lit à baldaquins de soie. Dedans, une personne de petite taille semble dormir profondément. Je sors discrètement de cette chambre, en marchant sur les tapis pour étouffer le faible raclement de mes griffes sur le sol. Un couloir s'ouvre à moi, rempli de miroirs, portraits et chandelier reflétant la lumière de la nuit. Des petites commodes meublent le couloir. Des portes un peu dispersées au hasard l'entourent. Je referme celle derrière moi, je ne veux pas que l'enfant se réveille pendant un cauchemar. Le sol est tapissé, calfeutrant ainsi mes pas. J'habitue ma vision au noir ambiant, et ouvre la première porte. Je rentre dans un bureau, de grandes bibliothèques ornent les murs. De jour, cette pièce doit être chaleureuse avec ses deux gros fauteuils qui entourent la pièce de bois imposante. Je ne distingue pas bien dans le noir, mais elle semble ornementée. Dessus, des papiers de comptes, de dettes et autres lettres. J'attrape un objet brillant, long et qui semble couper. (Pourquoi diable avoir une arme aussi tranchante et pointue dans un bureau plein de lettres ? -Pour contrer les chats maladroits?) Je souris et mets l'objet dans mon sac. Je ressors, rien d'intéressant, et laisse la porte ouverte. Le noir me fait revenir mes vertiges malgré le bandeau sur mon œil. J’entrouvre suffisamment la porte de la chambre pour laisser la lumière de la lune entrer. La douceur de cette amie me calme et rassure ma vue. Je continue dans le couloir et ouvre une autre porte, enfin essaye. Elle est verrouillée. Un escalier sur ma droite, qui descend, je vais vers le rez-de-chaussée. De la lumière, rien de bon. Je sors mes griffes, au cas où. Un garde est en train de se goinfrer de nourriture qu'il prend dans la cuisine sur la gauche. (Si je suis discret, il ne me verra pas. -Ne prends pas de risques, neutralise-le.) J'approche, discret comme le prédateur que je suis. Il ne m'entends pas, du moins ne m'entends que quand mes griffes cliquettent d'impatience au moment où j'allais le faire taire. Il se retourne et prend peur en me voyant. Un cri commence à sortir de sa bouche pleine au moment exact où mes griffes lui lacèrent le cou de panique. Il tombe, et renverse au passage une assiette qui s'écrase bruyamment sur le sol. Le bruit attire un autre garde, qui se ramène en ramonant des insultes contre le corps inerte à côté de moi. Je prends peur et mes instincts prennent le contrôle. Je me mets à quatre pattes et commence à courir vers l'endroit d'où le garde arrivera dans quelques secondes. Je le percute au moment où il allait s’engouffrer dans la salle d'entrée, composée d'une grande porte, de l'escalier et de quelques portes-manteaux. La surprise du choc le fait tomber à la renverse, moi sur lui. Il est tellement abasourdi qu'il ne dit rien tout de suite, et ne dégaine même pas son arme. Mes griffes sont animées par mes instincts sauvages et son corps est labouré de coups meurtriers.

Quand je reviens à moi, mes griffes pataugent dans un morceau de viande rougie, ouverte de toutes parts. Mes pattes, devant mes yeux, ne sont plus noires. Mes poils se sont gorgés de sang, et le sol en planches de bois voit maintenant une grande flaque rouge s'agrandir sur lui. Je me relève rapidement, l'incompréhension de mon action me fait respirer rapidement. Je retourne dans la cuisine, où je tente d'essuyer mes mains sur les habits du cadavre. Mes pattes restent rouges, mes griffes aussi. Les vertiges prennent ma tête, me forçant à m'asseoir sur une chaise. Je me prends la tête de douleur et respire calmement. (-Tu as fais ce que tu devais faire, c'était lui ou toi.) Je balance ma tête d'avant en arrière. D'habitude, la vue du sang ne me dérange pas, mais cette violence incontrôlée me choque. La vision du cadavre, aussi vivant qu'une pièce de bœuf, m'a légèrement déstabilisé. Je reprends mes esprits, et retourne vers l'escalier. Dans l'autre pièce, il n'y a qu'un salon meublé, une cheminée éteinte et une table. Plein de tapis, de têtes d'animaux et de chandeliers recouvrent la pièce, un peu partout. Je monte au deuxième étage cette fois, composé de deux pièces.

La porte de l'une d'entre-elle est légèrement ouverte, laissant place à une chambre habitée par un grand lit double, des commodes et bibliothèques. Des tapis mauves sur le sol. L'obscurité me laisse entrevoir une personne dans le lit, Shri sans doutes. L'autre pièce est verrouillée. Je me rabats donc vers la chambre, la clé des pièces verrouillées doit être ici. Je m'engouffre dans cette pièce assez grande, plus que l'autre chambre. Une sorte de petit bureau, rempli de tiroirs, est appuyé contre le mur au fond, proche des commodes. Je fouille dedans, le plus discrètement possible. Il n'y a que des broutilles, des objets inutiles, des peignes, des brosses, des flacons de parfums, des bijoux... Ne sachant pas les valeurs de ces objets, je ne mets dans ma besace que ceux qui brillent légèrement, car comme les pies, je suis attiré par ce qui brille, inconsciemment. Le bureau ne donne rien, j'ouvre les commodes, commence à chercher dedans. Des vêtements, entre autre. Je trouve de beaux vêtements dans les armoires mais aussi une grande ceinture, pleine de poches, de compartiments secrets et avec des fourreaux de dagues, que je cache dans mon sac. Je regarde sous la tapis aussi, ne sachant plus où trouver la clé.

Je n'ai pas fait attention, mais la masse dans le lit n'y est plus justement. Je ne m'en rends compte que quand j'entends le claquement de la porte, scellant la source de faible lumière à un filet très maigre qui passe sous la porte. Je me relève, mes griffes s'étendent. La faible lueur reflète l'acier d'une lame effilée qui pointe en ma direction, mais aussi une sorte d'objet métallique, un collier au cou de Shri, qui est vraisemblablement debout, face à moi. Il ne fait aucun bruit et est très discret dans ses déplacements, aussi je ne ressens qu'après trop longtemps le souffle d'une dague en ma direction, qui caresse ma cuisse et laisse une trace rouge de mon sang. Je me mets dos à la porte, que la lumière puisse éclairer les armes de mon assaillant. Je les aperçois mieux, et évite un peu mieux, bien que les coups atteignent toujours des parties de mon corps, sans grand danger. J'entends le frémissement de l'acier qui sort de son fourreau. Shri a maintenant dans sa main une rapière trop fine pour que la lumière puisse refléter quoi que ce soit. La pointe d'acier transperce ma cuisse gauche, lentement. Je retiens un cri de douleur. Le sourire luisant de Shri me permet de l'atteindre au visage d'un coup de patte, qui lui fait lâcher sa rapière et se tenir le visage. La lame trop bien affûtée est plantée dans ma chair mais aussi légèrement dans le bois de la porte. J'inspire et expire un grand coup, en même temps que j'enlève l'épée de ma jambe. Je boite. Shri est toujours la main au visage, il doit voir son sang pour la première fois. J'en profite pour ouvrir la porte, laissant la lueur de la nuit entrer dans la chambre et éclairer le Shaakt. Il est grand, maigre et le teint bleu sale relève de sa peau sombre.

Je sors dans le couloir, en évitant un coup de Shri qui retrouve vite ses esprits. Avant de me rejoindre, il tire une nouvelle dague d'un endroit caché. Je le vois, et devine ses intentions. Mes instincts me disent qu'il va maintenant essayer de me tuer, et j'évite ainsi plusieurs coups en direction de mon thorax. Il dessine des huit dans l'air, taillant avec sa dague le vide. Je n'ai pas d'ouvertures pour le frapper, et le couloir n'est que trop petit pour de grands mouvements. Je profite qu'il rate un coup en direction de mon foie pour frapper un grand coup du plat de la paume dans son nez, le fracturant et déversant sur son joli visage un trait de sang. (Je n'ai pas besoin de le tuer, je ne dois pas tuer après ce que j'ai fais au gobelin.) Je martèle son visage de coups de poings, ce qui le sonne de plus en plus. Il s'affale au sol alors que je continue mes coups au crâne. Je ne m'arrête que quand ma main me fait mal, et que son visage est plus rouge que bleu foncé.

J'attrape la clé qui pend à son cou et ouvre rapidement la pièce adjacente. Je boite, et le combat silencieux comme la nuit m'a fait tourner la tête. J'arrive dans une pièce pleine d'armes, de coffres, de bijoux et autres objets. Des étagères ruissellent d'objets en tous genres. Des tapisseries égaient les murs. Le plus rapidement que je peux, je me déplace vers les coffres, et fouille dedans une bonne dizaine de minutes, engouffrant toutes les pierres bleues que je trouve, ou qui semblent bleues dans la nuit, dans mon sac, soit une douzaine de la taille la plus proche de celle du saphir. Il y a aussi de nombreuses armes ornées, et autres tenues un peu partout, ainsi que des tonnes de bijoux et de yus dans les coffres. Une fois ce que je veux, je sors de la pièce en clopinant, et redescend l'escalier vers le premier.

Curieux, j'ouvre la pièce qui était encore fermée. J'arrive dans une sorte d'atelier beaucoup trop parfumé. Une odeur de fleurs s'en dégage. Je rentre dedans, un établi est en plein au milieu d'étagères pleines de tissus, de soies, de boutons, de fils et d'aiguilles. Des robes de femmes sont entreposées sur des mannequins, des chapeaux aussi. Les tissus des robes sont rangés de façon ordonnée. Sur l'établis, un cadre avec une peinture dedans, je reconnais Shri, un bébé et une femme. Un collier en perle est posé là aussi, ainsi qu'une bague de fiançailles. (Ce shaakt n'a pas une vie si simple... -C'est un être perfide, il mérite ce qu'il lui arrive.).
Soudain, une douleur fulgurante me prends dans l'épaule. Au même moment, j'entends hurler les gobelins dehors qui ont compris ma supercherie. Je passe la main dans mon dos et sans la garde d'une lame de jet de petite taille. La lame n'est pas entrée trop profond, elle s'est arrêtée à l'os, ainsi je peux l'enlever assez facilement, malgré la douleur et le sang qui suit cet acte. Mes dents se crispent en même temps que je me retourne et vois Shri, une dague longue en main, la respiration forte, la haine habitant ses yeux. La douleur s'estompe au profit d'une sorte de brûlure autour de la plaie, qui devait être empoisonnée. Le feu se propage jusque dans mon œil gauche, m'aveuglant de haine et de rage. Je grogne sans m'en rendre compte, comme une bête sauvage. Le combat silencieux de tout à l'heure ne se reproduira pas.

Shri est le premier à s'avancer, dague en avant. Il envoie son bras en arc de cercle, visant ma gorge. Je me baisse et envoie un coup de poing dans son genou. Il se recule légèrement, puis m'assène un coup dans l’œil droit avec son poing, et essaye d'atteindre mon ventre de sa dague. La fatigue lui fait raté son coup, et ma fatigue combinée à ma douleur m'empêche de le discerner correctement. Dans le doute, j'enfonce mes griffes, dans sa jambe je crois. Il râle de douleur, j'ai dû le toucher. Il se tient la jambe quelques instants, puis cogne de la garde de sa lame dans mon visage. Je me recule, un peu abasourdi. Il a la lame vers le bas, il croit sûrement que je suis sonné et qu'il pourra me mettre à mort. Je m'élance sur lui, ce qui le surprends, et mords à pleine dents son trapèze, arrachant les muscles de son bras gauche. Il me fait cesser avec sa lame qui s'enfonce dans mon ventre, puis qui ricoche contre les os de ma hanche. Il lâche sa dague au sol pour tenir son épaule, halète et me fixe dans les yeux, le regard froid. Je roule des épaules, les chauffant avant ce qu'il va se passer. Mes griffes percent son ventre, l'ouvrent et déchiquettent sa chair. Le sang coule à flot, mais mes coups ne sont pas mortels dans l'immédiat. Je le pousse, il s’effondre au sol, le buste en dehors de l'atelier. Il va rejoindre sa femme très bientôt. Sa gorge encore chaude m'attire. En plus, il a tourné la tête, me laissant un accès libre à cette gorge ouverte. Instinctivement, mes crocs se plantent dans sa chair, le sang qui restait dans son corps s'écoule maintenant dans ma gorge, sur ma langue. Le liquide chaud fait bouillonner mes papilles, mes pupilles se rapetissent. Je croque dedans, enlevant un bout de peau que je mastique longuement avant d'avaler. Je suis assis sur le corps mort de Shri, qui regarde vers la lune. Je regarde dans sa direction à mon tour, gueule entrouverte, du sang coule encore de mes babines et de mes griffes. Et c'est là que je le vois, l'enfant, debout, une peluche dans la main droite, pendante, et la main gauche sur la bouche, il renifle son sanglot. Je cligne des yeux, reprends le contrôle de mon corps, regarde mes pattes sanguinolentes. Je rétracte vite mes griffes, et essuie du mieux que je peux mes lèvres pleines du liquide oxydé de son père. (-Tue-le). La voix est forte, sourde dans mon corps, elle est démente, le monstre de mon cauchemar habite en moi. Je suis ce monstre, je n'arrive pas à me contrôler. Et là, devant ce petit être orphelin, apeuré devant la bête que je suis, une goutte, puis deux, puis un flot de larmes coulent sur mes joues, et je m'écroule au sol, attristé et affligé de ce que j'ai fait.


(((hrp: Fin du combat)))


Je me redresse, regarde le petit. En reniflant, j'attrape la main de son père et enlève sa chevalière. Je me lève et dresse ma capuche sur mon visage borgne couvert de sang, monstrueux. J'avance lentement vers l'enfant qui est tétanisé. Je prends un des colliers que j'ai volé à son père tout à l'heure, y passe la chevalière et l'accroche autour du cou du fils de Shri. L'enfant ne bouge pas, ne dit rien, il respire juste. Je vais dans sa chambre, attrape quelques vêtements que je glisse dans mon sac avec des chaussures et un manteau chaud. Je retourne vers lui, il n'a pas bougé. Je lui passe le manteau sur les épaules, puis prends l'enfant dans mes bras. Il se laisse faire. Mes blessures me font grimacer sous la capuche, mais je sais que je dois emmener l'enfant avec moi, sinon Il prendra encore le contrôle de mon corps. Dehors, les gardes sont morts, Prohl est entré dans la cour et son épée a eu raison de trois ou quatre autres gobelins, il me voit descendre de la fenêtre, difficilement. Il me félicite et me demande si j'ai leur saphir. Je ne réponds pas et touche le sol. Je pose l'enfant par terre, ce qui fait pâlir Prohl d'incompréhension. Je sors de la demeure, le petit à la main, et moi boitant et saignant de mes quelques blessures dues à Shri. Il est trop jeune pour parler, je ne connais pas son nom, je le nommerai Lune, car maintenant, il sourit quand mes poils lui chatouillent la main. Son sourire me fait passer pour moins monstrueux, et dans la nuit de saphir, nous marchons ensemble.

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 Sujet du message: Re: Les Habitations
MessagePosté: Lun 22 Déc 2014 23:45 
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Un violent coup m’atteignit à l’arrière du crâne et me précipita au sol. L’épais tapis de feuilles mortes qui recouvrait la terre amortit ma chute mais la puissance du choc m’avait sonné. Je recouvrai mes esprits pendant que l’odeur de l’humus envahissait mes narines et je repris peu à peu conscience de la bataille qui se déroulait autour de moi. Des garzoks couraient en tous sens, dans un chaos indescriptible. Il en venait toujours plus des fourrés, les peaux-vertes surgissaient tels des cauchemars d’entre les arbres qui dominaient le combat, impassibles devant le spectacle dramatique qui s’offrait à eux. La bande d’orques que nous pistions depuis plusieurs s’était révélées bien plus importante que ce nous avions imaginé. Alors que nous les pensions un peu plus d’une douzaine, vingt grand maximum, les garzoks étaient forts de plusieurs dizaines de guerriers, lorsque notre compagnie, elle, n’était composée que de neuf thorkins. Ainsi, à cause de notre inconscience, nous qui nous pensions chasseurs nous sommes mus en proies.
Toujours à terre, j’observai notre situation et… Ma hache ! Où était-elle ? Je jetai quelques rapides coups d’œil aux alentours et aperçus mon arme à quelques pas de là. Je me dirigeais vers elle en rampant et tendis ma main vers elle, tel un supplicié tentant d’atteindre son salut quand une masse vint m’écraser le dos. Un orque, visiblement amusé, me maintenait au sol de son pied gauche. Je tentai de me dégager mais en vain, la créature était trop lourde. Autour de moi, plusieurs de mes compagnons d’armes gisaient déjà par terre, morts ou gravement blessés, les autres, encerclés de toutes parts, ne tiendraient plus très longtemps. Me dévissant le cou, je jetai un regard à l’orque qui se dressait au dessus de moi. Il m’observait, un rictus mauvais collé au visage révélant des crocs jaunis. Je le vis brandir haut sa hache et…
Je rouvris les yeux dans un sursaut. J’avais dû m’assoupir, et le réveil était tout sauf agréable. J’étais assis à même le sol, le corps penché en avant. Mon bras droit était maintenu en l’air par une chaine qui retenait mon poignet. Le lien était fixé au mur de la pièce par un imposant clou de fer. Mon autre bras restait libre.
A mes côtés, Miklar, le chef de notre compagnie, était enchainé d’une semblable manière. Notre captivité avait d’avantage creusé ses rides qui, couplées à sa longue barbe grise, lui conféraient l’apparence d’un vieillard. Sa chevelure couleur d’ivoire, souillée de crasse, retombait sur son visage, dissimulant son œil unique. Il ne bougeait pas, mon compagnon devait dormir.
Je me mis debout et m’éloignai du mur autant que me le permettait la chaine. La pièce dans laquelle nous étions retenus était petite, cinq pas de longueur pour autant de largeur, tout au plus. L’obscurité et l’humidité y régnaient. Les murs, noirs de suie, étaient garnis de lourdes chaînes. De l’autre côté de la pièce, un escalier aussi pentu qu’étroit montait vers l’étage supérieur. Pour compléter l’ambiance glauque du lieu, le cadavre d’un sekteg gisait à ses pieds. Il pourrissait là depuis… un jour, probablement, peut être deux. J’avais totalement perdu le fil des jours. Notre tortionnaire lui avait fracassé le crâne sans autre forme de procès suite à une altercation et avait abandonné son corps sur place. Observant mon compagnon, je me laissai retomber contre le mur. Nous qui étions neuf, nous ne sommes plus que deux.
Plusieurs heures s’écoulèrent ensuite, sans un mot, sans un bruit. Je restais immobile, recroquevillé sur moi-même, le visage enfui dans la main gauche, la droite maintenu grotesquement en l’air par la chaine trop courte. Soudain, j’entendis un grincement, puis un bruit mat en provenance des escaliers. Un faible rayon de lumière pénétra dans la pièce, bientôt occulté par une silhouette. Il était de retour.
L’orque descendit lentement les marches étroites, enjamba le cadavre du gobelin, et s’arrêta devant nous. La brute nous dévisageait de ses yeux noirs. Une horrible cicatrice courait de sous son oreille droite en diagonale vers sa mâchoire, ouvrant ses lèvres qui laissaient ainsi voir ses dents aigües. Son dos était couvert d’une cape à capuchon noire comme la nuit. A son ceinturon pendait un cimeterre ainsi qu’une dague effilée. Il dégaina son sabre et s’accroupi, en face de moi, approchant son visage du mien.
« Le nabot a une bien belle barbe, me dit-il d’une voix rauque, Gubruz pourrait s’en faire un beau trophée s’il l’a prenait »
L’haleine pestilentielle de l’orque manqua de me faire vomir. L’ignoble créature empoigna ma barbe et fit mine de la couper à l’aide de son cimeterre. L’orque rit.
« Oui, il la prendra, et après il fera du nabot son esclave, enchaina-t-il
Sans vraiment réfléchir, j’envoyai mon crâne frapper celui du garzok et l’atteignis dans les dents mais mon coup ne fut pas suffisant pour le faire tomber. Surpris, il lâcha son arme pour porter ses mains à son visage et recula de quelques pas. Sans hésiter, je me redressai et me saisi du cimeterre de ma main libre et fit face à la bête. L’orque, à présent enragé, se saisi de sa dague et hurla :
« Le misérable nain a osé frapper Gubruz, il va souffrir ! »
Il s’élança vers moi dans un hurlement rageur, prenant autant d’élan que le permettait l’espace confiné, et tenta de me transpercer. Je parai son coup de justesse et tentai de le toucher du tranchant de mon arme. Il n’eut pas de réelles difficultés à éviter le coup et retenta un assaut. J’avais toutes les peines du monde à me défendre de ma main gauche mais je savais utiliser le léger avantage d’allonge que me conférait mon arme, bien plus longue que la dague de l’orque.
Les lames scintillaient dans l’obscurité, décrivant une dangereuse chorégraphie toujours à l’avantage de l’orque. Nous continuâmes notre échange pendant ce qui me sembla être une éternité quand , soudain, il se stoppa net. A côté de moi, Miklar était enfin sorti de sa torpeur et avait lancé une pierre à la tête de mon adversaire. Le garzok, recula un peu et, hors de lui, s’élança à nouveau vers nous en hurlant de plus belle. J’eus tout juste le temps d’abaisser mon cimeterre et l’orque vint s’empaler sur la lame dans son élan. Le choc manque de me briser le poignet. Il baissa les yeux sur le fer qui perçait son abdomen avant de s’effondrer sur le sol, au milieu de la pièce.
« Bien joué, blondinet.» commenta Miklar, avant d’ajouter « Vite, fouille-le, il doit avoir les clefs de nos chaînes sur lui. »
Je tendis le bras et attrapai sa jambe afin de le tirer à moi. Miklar et moi nous mîmes à palper le cadavre à la recherche des clefs. Je trouvai à sa ceinture un trousseau, auparavant dissimulé par sa cape, auquel pendiller une demi-dizaine de clefs.
« Allez, détache-toi. »
J’introduisis la première dans la serrure du fer à mon poignet droit, la main tremblante. Impossible de la tourner, même en forçant.
(Pas celle-ci.)
Je tentai d’introduire la seconde, elle ne rentra pas.
(Celle-ci non plus.)
« Allez, vite »
J’introduisis la troisième, elle tourna dans un cliquetis métallique sec salvateur. Le plus beau son que j’ai jamais entendu ! Un bête petit cliquetis métallique. Mon bras était à nouveau libre. Je me dépêchai de libérer Miklar qui me remercia par un grognement, avant d’aller fouiller plus en profondeur le cadavre. Je repris le cimeterre de l’orque et montai l’escalier, craignant d’avoir à affronter d’autres orques. Mon ascension se fit prudemment. Personne. Le bâtiment était vide de toute présence. Les murs étaient de la même couleur que ceux du sous-sol. Une porte s’ouvrait dans la paroi, donnant sur le chaos des rues d’Omyre. A la lumière du jour, le délabrement du bâtiment apparaissait dans sa pleine mesure. De longues fissures zébraient les murs tandis que le sol était couvert de crasse. Les restes d’un feu gisaient au milieu de la pièce, répandant ses cendres alentour.
« Comment va-t-on sortir d’ici ? demandais-je à mi-voix, On ne fera pas deux pas dehors sans se faire tuer »
« Ce sera risqué mais, répondit Miklar en gravissant les escaliers, si nous nous faisons discrets, nous sortirons de cette ville, je te le jure. »
Là-dessus, il me tendit la cape de l’orque, maintenant souillée de sang. Il s’était lui-même couvert de vêtements qu’il avait récupéré sur le garzok et le gobelin.
« Enfile ça et sois discret, nous sortirons à la nuit tombée ».

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 Sujet du message: Re: Les Habitations
MessagePosté: Sam 9 Mai 2015 01:39 
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À l'ouverture de la simple planche en bois gorgée d'eau à cause des récentes pluies, Acreevog fît un rapide bailliage du regard, du lugubre décor l'entourant : un corps de shaakt était assis à la table de ce qui était la salle où l'on dressait habituellement le repas, la tête pataugeant dans les restes sa bouffe moisit, un autre corps était affalé sur le sol, buste à terre, une mare de sang séchée recouvrait la zone de ses épaules à son bassin. Rien n'avait bougé depuis son départ, chaque objet, qu'il ait été vivant un jour ou non, avait gardé son emplacement qui lui était destiné.

AcreeXer s'approcha de sa demi-sœur dégustant éternellement son dernier repas, l'attrapa par ce qui lui restait comme chevelure, et observa son visage gonflé par les colonies de bactéries qui, trop affamées, s'étaient rassasiées de cette chaire inerte. Sous la pression exercé par le poids de la tête, les cheveux cédèrent, et fît chuter le corps qui glissa sous la table, comme si il avait trop honte de ce qui lui était arrivé. Il se secoua la mains pour laisser échapper les poils qui restait collé à sa paume, et se déplaça vers l'escalier tout en dévisageant le second mort de la pièce.

Il se stoppa net juste devant la première marche, et jeta un bref coup d’œil vers la porte d'entrée, puis entama l’ascension. Le bois grinçait dans un insupportable vacarme, sous la masse de l'elfe à l’affût. Une fois l'étage atteint, il se trouva dans le couloir qui permet de relier chaque chambre. Sans s'attarder sur les pièces latérales, AcreeXer s'avança jusqu'à la porte de la seule chambre perpendiculaire à l'allée. Il posa une mains sur la porte s'apprêtant à l'ouvrir, et s'arrêta à nouveau.

En réalité il avait une légère hésitation sur ce qu'il allait voir derrière, puis poussa la porte délabrée, qui crissa, au point de donner des frissons. Le shaakt avait directement devant ses yeux, l'intégralité de la chambre. Le lit, bien qu'ayant pris la poussière, était soigneusement bordé, l'armoire qui faisait office de garde robe, n'avait pas pris une ride et en face, le bureau quant à lui, était encombré depuis longtemps par un mort. AcreeXer s'approcha alors, et se tourna pour admirer la face de sa mère. On savait à peine distinguer les traits de son visage, tellement il était amoché. Mais le fils semblant rassuré, ne s'attardait pas sur le sort de sa maman, et alla s'asseoir un instant sur le lit.

Sa mère avait payé pour ce qu'elle avait fait, et il ne voulait pas s'acharner sur une morte. Il repensa à son avenir, recherchant toujours un but, et en même temps s'interrogea sur ce que le destin voulait de lui dans cet endroit, il marqua un pose. Soudain, il se releva brusquement, et se dit que pour ne plus vivre comme un paria, il allait réhabiliter cette maison, pour en faire son chez-lui. Cependant, il y avait un problème : dans ce quartier, aucune habitation n'est sûre, il arrive souvent qu'un intrus s'immisce dans un foyer pour se faire les poches, ou simplement pour trouver un pieu. AcreeXer imagina alors un stratagème.

Il redescendit au rez-de-chaussée et attrapa sa sœur par les bras pour la déplacer juste dans le hall, à côté de la porte d'entrée. Puis il fit de même avec tous les cadavres de la maison, il les empila comme des sacs de sable, créant ainsi un monticule émanant la mort. Puis l'elfe noir s'écarta pour observer son œuvre, et d'un air soucieux, se pressa d'aller chercher un dernier corps à l'étage. Il ramena sa mère, et l'agença sur une chaise, à proximité du tas de chair. La gravité voulait jouer elle aussi, et fît pencher la tête défigurée vers les demi-sœurs de l'artiste. AcreeXer était satisfait de son travail, grâce à ce qui venait de mettre en œuvre, si une quelconque personne venait pénétrer dans sa maison, il tomberait nez à nez avec ce tableau : une femme couverte de coup de couteau, veillant tendrement sur ses si adorables filles putréfiées.

Une fois ceci terminé, AcreeXer se prépara un repas. Cela faisait fort longtemps qu'il n'avait pas cuisiné, mais dicté par la faim, alluma un feu pour cuire quelques aliments qu'il avait dégotés chez les marchands. Son dîner avalé, il monta dans la seule chambre qui ne flairait pas le mort : celle de son enfance. Il se dévêtit, déposa ses habits sur la commode, posa sa dague sur le guéridon, et glissa sous la couette. L'aube orangée commença son lent levé.

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Acreevog Xeren

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 Sujet du message: Re: Les Habitations
MessagePosté: Mer 24 Juin 2015 03:36 
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Tandis que la jeune Ashen faisait le tour de quelques survivants pour les abreuver de questions, Hrist n'avait pas relevé la tête de ses cadavres. Elle fouillait les poches et les renforts d'armure prenant bien soin de ne pas mettre ses doigts dans la merde ou le vomi. Le corps allongés ça et là ne manquaient pas de surprise, il suffisait de les retourner du bout de la botte ou de les faire rouler en accrochant les manches grasses et huileuses ou les aisselles moites et lorsque le " cadavre " émettait un petit râle ou un gémissement étouffé, elle abrégeait ses souffrances en enfonçant sa lame entre le cou et la clavicule des gisants avant de reprendre soigneusement sa fouille, sourire aux lèvres.

Méticuleuse, elle dispersait au sol les pièces, les bijoux et les armes dans un alignement bien strict. Au bout de quelques minutes, elle avait déjà pu rassembler quelques bourses pleines, plusieurs kikoup et des dagues de facture moyenne, lourdes et robustes, souvent usées, des éclats pleins le fil et qui commençaient à être piquée de rouille au niveau de la garde. Il y avait aussi les grisgris et les artefacts runiques dont elle ne comprenait rien du tout, des queues de rats quand elle avait de la chance, des queues d'humains lorsqu'elle en avait moins, le tout accroché au bout de cordelettes de cuir. Mis à part les restes de pain noir et gras au fond des renforts d'armure, il n'y avait rien de ce qui pouvait l'intéresser, pas de sceaux, pas de messages, pas d'ordre écrit.

Hrist essuya ses mains sur un morceau de fourrure lorsqu'elle entendit un bruit mat derrière elle. Puis un second. Ashen venait d'égorger un mourant, Hrist réalisa que son petit tas de merde récolté sur les corps n'était pas d'une grande aide, espérant que sa jeune acolyte soit plus fortunée, elle se retourna pour croiser son regard quand la porte principale s'ouvrit de nouveau, laissant entre deux hommes en armure noire.

Hrist connaissait bien ces armures sombres avec une croix rouge peinte sur les épaulières, les mercenaires de Keresztur avaient rejoint la ville d'Omyre depuis peu. Convoqués par Katalina, ils savaient parfaitement que cette fille si dure avec les faibles et les innocents conviendrait bien mieux à leurs activités moralement discutables.

" Murènes. " Dit le premier soldat derrière son casque. Sa voix venait aux oreilles des deux femmes comme un échos métallique et profond.
" Katalina a profité de votre... Excentricité pour faire nettoyer le quartier. On s'attendait à plus de résistance que ça mais l'incendie a gagné de nombreuses maisons et la débâcle est totale. "

" Il n'y aura pas beaucoup plus de résistance ici. A part deux trois mourants à achever. "

Aux pieds d'Ashen, un gobelin se réveillait d'un sommeil tourmenté, ses traits hideux et grimaçants trahissaient une douleur perçante et les spasmes agités ne faisaient que confirmer la peur panique dans laquelle il se trouvait.
Amusée, Hrist lança d'un ton pinçant : " Surtout, si vous avez besoin de renfort, savez où nous trouver. Viens. " Termina-t-elle en s'adressant à Ashen, la conduisant vers la sortie.

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La petite ombre de la Mort à Elysian.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
Au milieu des cercueils,
Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


Némésis d'Heartless


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 Sujet du message: Re: Les Habitations
MessagePosté: Mer 1 Juil 2015 04:07 
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Elles quittèrent toutes deux la maison, laissant derrière elles les relents funestes et la maladie causée par le poison qui avait décimé de solides opposants sans verser une goutte de sang. Hrist arborait un petit sourire narquois et se plaisait de plus en plus dans son nouvel élément. De plus, elle semblait apprécier la présence de la petite Ashen. Quelque part, les nouvelles recrues apportait un vent de fraicheur dans son quotidien relativement obscur. Peu à peu, elle s'ouvrait aux autres et contre toute attente, y prenait du plaisir.

Ashen quitta Hrist immédiatement après qu'elles eut quitté la maison, la jeune femme prétexta son empressement d'être rendue aux carrières avant la nuit suivante, bien qu'elle semblait être un rien optimiste, la tueuse acquiesça d'un signe de tête et s'en alla de son côté.

Les chemins n'étaient pas nombreux pour se rendre aux thermes, il restait de nombreux soldats des Murènes dans les rues, épées au clair, attendant de pied ferme les orques qui souhaiteraient revenir sur leurs pas, le plus souvent, ils seraient sans défense mais Hrist connaissait ses mercenaires, ils ne mettaient pas un point d'honneur à un combat loyal, ils se contentaient de tuer.

Hrist aimait Omyre, cette ville où les mercenaires et citadins s'entretuaient et où les bourses changeaient de ceinture. Désireuse d'éviter les fumées nocives, elle emprunta quelques petites ruelles obscures, aucune torche n'y brillait sur plusieurs lieux. La pluie continuait de marteler le sol et rendait les dalles glissantes. Ses bottes claquaient sur le sol à mesure qu'elle avançait dans le noir.

La tueuse était plongée dans ses pensées, elle espérait que la jeune Ashen trouve ce qu'elle recherchait, elle espérait aussi avoir de bonnes nouvelles de ses espions et informateurs, si d'autres chefs de clan souhaitaient voir les Murènes sombrer, il lui faudrait agir au plus vite et de manière très violente pour faire taire les derniers rescapés.

Silencieusement, elle gagnait peu à peu les quartiers mieux fréquentés non loin de son quartier. Cependant, la nuit avait vidé les rues de ses passants et ne restait plus que les mendiants et les cadavres. Parmi les ombres de la nuit, Hrist aperçu une forme humaine en face, non loin d'une torche allumée au milieu d'une ruelle plongée dans le noir. Elle s'approcha, ayant reconnu l'armure noire à la croix rouge. Un de ses mercenaires.

A quelques mètres, elle manqua de s'arrêter totalement, puis hésita le temps d'une seconde et repris le pas, plus doucement et glissa sa main sur le manche de son arme. L'homme ne bougeait pas, il était collé au mur mais sa posture n'indiquait rien de naturel, lorsqu'elle fut plus près, elle comprit immédiatement la raison d'une telle posture. Il était mort. Mort et épinglé sur le mur comme un vulgaire trophée de chasse.

En s'approchant, ses bottes écrasèrent quelque chose de solide qui venait de craquer et de crisser, un petit squelette, tout en longueur, le squelette d'un reptile, un serpent gisait aux pieds du malheureux mercenaire qui n'avait pas eut le temps de sortir son arme de son fourreau.

Hrist jeta un rapide coup d'oeil autour d'elle. La tueuse semblait être seule. En regardant de plus près, elle vit dans la chevelure trempée de l'homme quelques plumes semblables à celles qui pendaient autour de son cou, des plumes de corbeau. Du bout du doigt, elle en retira une et ses yeux croisèrent le regard absent du soldat qui fixait le vide éternel. Elle ferma ses yeux déjà rigides et entendit un bruit non loin. Un crissement. Un petit effleurement, celui d'une ombre sortie du noir...

La torche fumante n'éclairait qu'elle, toutefois, ses yeux lui permettaient de distinguer le danger tapi dans l'ombre. Deux ombres fluides et souples se détachèrent du reste de la nuit et s'approchèrent. Vêtus de noir, deux Shaakts approchaient, poignard en main. L'un des deux tendit la main vers Hrist et bien qu'elle ne vit pas à proprement parler un sort en jaillir, elle fut prise d'une sensation étrange, comme si sa vue s'était soudainement troublée et que ses muscles devenaient plus faibles comme s'ils avaient subi une longue marche dans le froid. Un frisson traversa sa nuque, les deux Shaakts ne bougeaient pas, elle aurait bien aimé pouvoir le faire, mais un fourmillement semblait l'en empêcher, elle craignait de défaillir ou de perdre l'équilibre, tombant alors à la merci de ses opposants.

Derrière elle cette fois-ci, un bruit plus lourd, le pas imposant et déglingué d'un Garzok en armure brandissant une épée. Il s'était placé juste à la frontière de la lumière faiblissante de la torche, patient, le guerrier attendait que les elfes noirs terminent le maléfice.

Le temps n'avait plus d'emprise. La sensation décadente semblait durer et durer mais l'eau de pluie qui tombait à côté d'elle et qui ruisselait contre les murs était comme suspendue, tout vivait au ralenti. Son supplice prit fin.

Massant le haut de son nez, Hrist serra davantage la Vieille Rengaine et tira doucement de l'autre main la dague accrochée à la ceinture du mercenaire décédé.

Les trois attaquèrent de concert. La tueuse avait rarement été dans ce genre de situation, ce piège qui s'était refermé sur elle avait été conçu pour ne pas lui laisser de chance. En fine stratège, Hrist reconnaissait l'usage de la magie comme nécessaire mais elle méprisait les mages, trouvant d'eux qu'ils n'étaient que des pleutres dissimulés derrière un cortège de fluides variés.

Les deux Shaakts avaient été plus rapides que le guerrier Garzok, Hrist pu parer la première attaque et esquiver de justesse la seconde, toutefois, lorsque le guerrier aurait rejoint le trio, les chances d'en réchapper seraient plus faibles.

La tueuse acculée contre-attaqua immédiatement, estimant qu'il s'agissait là sa meilleure défense pour ne pas être submergée par les opposants. Déséquilibré par un excès de confiance et son premier assaut, Hrist tua un des Shaakts en lui enfonçant sa dague empoisonnée jusqu'à la garde dans le ventre, d'un geste du poignet, elle tourna le manche pour déchirer la blessure faisant jaillir au sol une gerbe de sang. Le corps mort au bout de son arme, elle se réfugia dessous in-extremis pour éviter une autre attaque plus maladroite du dernier Shaakt, le Garzok à son tour, entra en scène, bousculant Hrist de tout son poids pour la faire flancher.

Sous l'attaque du Garzok, Hrist perdit son bouclier humain mais dans un volte face, elle envoya la lame du mercenaire de Keresztur en pleine face du Shaakt, bien que l'attaque ne soit pas fatale, la joue et le nez avaient été coupés. L'assassin recula en criant à pleine gueule.

Le garzok attrapa Hrist par les cheveux, plaçant sous la gorge blanche de la tueuse son épée. Avant qu'il n'eut le temps d'égorger la femme, elle lui envoya un coup de tête en pleine face, profitant de cette diversion, elle entaillai le poignet du soldat, taillant les tendons et lorsqu'il eut à son tour lâché son arme, elle se retourna et lui enfonça la dague du mercenaire entre les côtes, plongeant son regard dans celui du guerrier, la mine retroussée, le nez ensanglanté, il roulait ses deux yeux noir dissimulés sous un buisson de sourcils broussailleux avant que sa tête ne bascule en arrière et que son poids flanchant n'arrache son corps à l'étreinte mortelle de la lame rougie de sang qui venait de lui perforer le cœur.

Il tomba à terre, les bras écartés comme s'il offrait son corps à la pluie. Au sol, l'eau devenait rouge, le premier Shaakt était tombé à genoux, comme s'il priait et de son armure noire se dégageait un filet pourpre qui se diluait au grès des gouttes de pluie.

Le second criait encore, il tenait sa tête entre ses doigts ruisselant de sang et, à quatre pattes, cherchait à tâtons son arme.

" Tu vas regretter que cette lame n'ait pas traversé ta gorge... Ta fin sera longue. Très longue. "

Elle s'approcha doucement du dernier Shaakt, envoyant d'un coup de botte son arme plus loin dans la ruelle afin qu'il ne puisse plus mettre la main dessus. Elle agrippa ses cheveux, tirant sa tête en arrière, il se cachait toujours le visage mais elle pouvait voir une entaille le balafrer de part en part.

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MessagePosté: Jeu 2 Juil 2015 03:59 
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Hrist maintenant sa dague du bout des doigts, comme s'il s'agissait là d'une plume avec laquelle elle s'apprêtait à faire une jolie calligraphie de sang. Elle glissa la pointe de son arme juste sous la peau noire du Shaakt et l'enfonça petit à petit au niveau de la clavicule. Le fanatique désemparé sous cette nouvelle douleur essayait de retenir le bras armé en gesticulant maladroitement mais l'étreinte de la tueuse était trop ferme et il ne faisait qu'aggraver la blessure.

Hrist perforait la peau de jais de sa victime et tirait de plus en plus ses cheveux, sa nuque était si tendue que les veines gonflée sur le visage de l'elfe noir et que ses palpitations faisaient vibrer ses tempes. Mais alors qu'elle s'apprêtait à retirer sa lame de la blessure pour s'attaquer à un autre point sensible, une lumière traversa la ruelle sombre. Un flash puissant qui, en une fraction de seconde avait fauché le fanatique, la foudre était tombée de nul part et avait arraché le corps de l'emprise de la femme, envoyant un cadavre de Shaakt à quelques mètres. Hrist resta tétanisée. Ses muscles venaient de se secouer et de se figer soudainement un pincement à la poitrine lui donna l'impression d'avoir reçu une flèche en plein coeur. Mais la femme n'avait aucune blessure visible, sa tenue trempée fumait légèrement et voilà qu'une odeur de souffre atteignit ses narines.

Les fourmillements sur le bout de ses doigts venaient de cesser au moment où un autre Garzok quitta son habit de pénombre et s'approcha de la lueur en grognant d'une voix sourde :
"Part sans douleur, mon ami. Puisses-tu rejoindre le corbeau en paix malgré ton échec."

Hrist reçut une décharge d'électricité statique lorsqu'elle récupéra son arme tombée à ses pieds, elle comprit alors.
" Un sort de foudre... J'aurais presque préféré un sort d'ombre. Je déteste les éclairs." Murmura-t-elle pour elle même.

Le mage Garzok était vêtu d'un cuir noir comme les autres assassins, son équipement toutefois semblait être plus solide, il n'avait pas d'arme si ce n'était qu'un vulgaire coutelas au manche de bois à la ceinture mais de nombreux bijoux d'os et de bois pendaient à son cou et à sa ceinture, tous deux se regardaient avec un air plein de mépris.

La pluie tombait sur les deux chiens de faïence et peu à peu, Hrist essayait de reprendre ses esprits sans laisser paraître un certain déséquilibre dans sa défense, ses jambes étaient de coton et ses membres gourds et encore engourdis. Très vite, le Garzok leva le bras vers Hrist et dit à haute voix :
" Termine le travail, Beekr. "

Derrière elle, un nouveau bruit. Un léger frottement sur le sol humide, le léger clapotis de l'eau frappée par des semelles souples et silencieuses. Elle tourna la tête pour voir ce que ses instincts avaient déjà senti venir. Une forme sombre et élancée tenta de la frapper à l'aide d'une dague. Le temps sembla se suspendre encore, comme si l'ombre qui venait à sa rencontre ralentissait. S'agissait-il là de la mort ? Les Dieux obscurs étaient-ils désireux qu'elle ne rate rien de ses dernières secondes ? D'un mouvement gauche et lourd, Hrist encore gênée par le sort essaya de frapper la première mais la dague manqua son coup, trop lent, trop ralenti par ses tremblements et ses spasmes. Elle envoya son coude frapper la tempe du gobelin qui s'attaquait, ce dernier parvint à couper légèrement l'avant-bras droit de la femme mais déséquilibré et sous le choc du coup de coude, il tomba un genoux à terre et massa sa tempe endolorie. Hrist n'avait pas encore ressenti la douleur provoquée par la lame de l'assassin novice. Elle envoya un coup de botte entre les omoplates du gobelin, le faisant plonger dans une flaque.

Avant que le Garzok mage ne réagisse, elle écrasa de tout son poids le gobelin en lui enfonçant le genou dans le dos et glissa sa lame sous la gorge verdâtre de sa quatrième victime. Dans la manœuvre, elle manqua de tomber sur le côté, flanchée par un autre spasme, plus faible cependant, la femme quittait peu à peu les effets néfastes de la magie.

" On dirait que Beurk est dans une vilaine posture... Quatre piètres assassins s'il en est. "

De l'autre main, elle fit parcourir son doigt à la surface de l'eau et envoya au garzok un splendide sourire moqueur, avant de surenchérir, elle écrasa davantage la face du gobelin au sol, maintenant fermement ses cheveux attachés en queue de cheval dégarni derrière sa tête.

" Alors... Si tu jettes un nouveau sort, tu vas griller ton petit gobelin... Gare à toi si ton prochain éclair ne me tue pas. "

Elle glissa doucement sa lame contre la gorge de sa victime, entaillant les premières couches de peau, le métal mordait déjà la chair mais il n'était pas assez lésé pour être blessé grièvement, il ne s'agissait même pas encore d'une blessure superficielle.

" Dis moi qui tu es et d'où tu viens, Orque. Si ton histoire me plaît, tu auras peut-être le droit de repartir avec les têtes de tes infortunés compagnons. Sinon. "

Elle entailla plus fort cette fois-ci, sous la douleur, le gobelin tentait de résister et gesticulait sous Hrist qui faisait de son mieux pour rendre la douleur du petit être bien visible aux yeux du mage de foudre.

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 Sujet du message: Re: Les Habitations
MessagePosté: Lun 6 Juil 2015 04:27 
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De marbre face aux menaces de la tueuse, le Garzok tendit la main et déchaîna de nouveau un sort hurlant qui fondit en sa direction. Hrist pu sauter avant que la foudre ne vienne faucher le gobelin mais l'eau au sol conduit assez de magie pour sonner également la femme sans pour autant la tuer.

De nouveau sous le choc d'un second assaut, elle se mordit la lèvre et serra si fort sa lame entre ses doigts que ses articulations blanchirent et que les petites plaies sur ses doigts s'ouvrirent de nouveau.

Le Garzok annonça d'une voix d'outre tombe : "Ma tâche en ce monde est terminée. Nous avons échoué, mais d'autres viendront. Seule la Dame des Brumes ou le Premier Messager pourraient vous répondre, mais la première est hors d'atteinte des mortels et le deuxième n'est pas encore venu. Mais quand il sera là... plus personne ne pourra vous sauver."


Hrist releva les yeux sur son agresseur, lorsqu'il sifflait les derniers mots de sa phrase, il tira son arme de sa ceinture et usa de nouveau de sa magie pour se parer d'éclairs et de foudre tandis qu'il courrait vers la femme qui se relevait péniblement. Hrist se concentrait, il lui fallait faucher directement sa cible avant qu'il ne puisse lui porter un coup, s'il venait à l'entraver, elle pourrait périr à cause de la magie qui enveloppait son être, son plan bien que simple ne fonctionnerait qu'à une condition : que la magie cesse à sa mort, sans quoi elle pourrait se retrouver coincée dans une posture très délicate.

Il était à mi-chemin, prêt à bondir sur elle lorsqu'il eut un hoquet et tomba à plat ventre dans une flaque. La foudre qui l'entourait mêlée à l'eau de pluie fit des étincelles. Son corps convulsé agitait ses jambes et ses bras par spasmes et sa bouche balbutiait un râle d'une voix grave et sonnée. Il finit par cracher une écume blanche et son corps se raidit pour de bon. Sous sa nuque, un peu au dessus des omoplates était enfoncé un carreau noir.

De l'ombre trois mercenaires apparurent, épée au clair. L'un d'eux tenait en main une petite arbalète et tous arboraient la croix rouge sur leurs armures. Hrist observa le cadavre à terre et ironisa :

" Je n'avais pas aimé son histoire, de toutes façons. Y'a-t-il d'autres assassins ? "

Un des mercenaires prit parole :
" Katalina et Von Klaash ont été également victimes de tentative de meurtre. Les deux n'ont rien, seuls quelques marins de Von Klaash ont été tués par surprise mais les mercenaires de Katalina étaient trop nombreux, sans doute plus que ce que les assassins avaient supposé, ils étaient trop peu armés. "

Un des hommes se pencha pour retirer le carreau et reçut une décharge, courroucé, il envoya un coup de botte dans les côtes du cadavre et pu ensuite retirer son carreau.
" On a voulu estimé qu'il fallait attendre la fin de son monologue avant de l'abattre. Il a mentionné la Dame des Brumes ? Ca vous évoque quelque chose ? "
" Non. " Dit-elle en rangeant son arme. "Pas plus que cette histoire de Premier messager. Qui sont-ils ? Avaient-ils quelque chose qui pourrait nous conduire à quelque chose ?"

Les premier soldat à l'arbalète se plaça juste devant Hrist, sous son casque Hrist devinait qu'il vérifiait que la femme n'était pas blessée. Les deux autres fouillaient les dépouilles.
" Rien, des armes de facture commune, quelques pièces, des plumes de corbeau, ils s'en servent pour les disposer sur leurs victimes comme cet homme épinglé au mur. Rien d'autre, pas de symbole, pas de lettre de commendataire. "

Hum... Soupira-t-elle en observant rêveuse le corps fumant du Gobelin grillé sur place. " Laissons ça aux rats... "

La tueuse fut escortée jusqu'aux thermes. Là, elle entreprit de doubler ses espions pour trouver celui ou celle qui avait ordonné la mort des Murènes sans savoir qu'elle se lançait dans une guerre qui emporterait des centaines de vies.

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 Sujet du message: Re: Les Habitations
MessagePosté: Mar 21 Juil 2015 22:31 
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Hrist errait dans le quartier depuis déjà quelques minutes. Elle quittait à peine la milice et avait jeté un oeil discret au parchemin contenant les informations sur sa mission, le Capitaine avait même conseillé de se débarrasser du document une fois sa lecture complète afin de ne laisser aucune trace qui pourrait terminer entre des mains mal avisées.

Elle recommença à toquer sur la porte fermée, persuadée d'avoir entendu du bruit derrière. Au bout de quelques secondes, enfin, un petit panneau ouvrit un judas et elle vit deux yeux braqués sur elle.

" Ah... C'est pas dommage. Je viens voir Fiori, le passeur. "
" Pas là ! "

Répondit subitement la voix avant de claquer lourdement le judas de bois. Quelques bruits lourds de pas derrière la porte laissèrent entendre que l'homme venait de s'éloigner de la porte, Hrist restait bouche bée sur le palier.

" Comme quoi... La réputation ne fait pas tout. "
" Je vais lui casser les doigts. " Cracha-t-elle sèchement avant de tourner les talons, ulcérée de ne pas avoir été accueillie. Pour sa mission, Hrist avait besoin d'un passeur, et pas n'importe quel passeur. Sa tête était mise à prix à Kendra Kâr, il lui fallait quelqu'un de sûr et qui ne trahirait pas sa présence en échange de la somme qu'on offrirait en échange de sa tête.

Errant sans destination, elle marchait, faisait de son mieux pour réfléchir et chasser ses mauvaises pensées. Fiori était le passeur qui avait pu l'envoyer à Kendra Kâr autrefois pour qu'elle puisse rejoindre Lebher, il avait déjà fait preuve de loyauté et elle ne se voyait pas jeter son dévolu sur un autre homme de main.

La journée était plutôt sombre, le ciel était bas, plus qu'à l'accoutumée et les gobelins vérolés gisaient au bord des maisonnées des bas quartiers. De temps en temps, elle croisait un vendeur d'alcool de contrebande, des vendeurs d'armes ou des canailles qui venaient refourguer le butin d'une nuit de cambriolage. Les gardes qui passaient dans ces quartiers en ruine ne se souciaient guère du sort de leurs habitants. Ils faisaient office d'éboueurs, jetant les cadavres dans des tas qu'on incendiait à même les rues après avoir récupéré ce qui pouvait avoir un semblant de valeur.

Ce n'était pas brillant, mais elle ne s'était jamais sentie plus chez elle ici qu'ailleurs, que ça soit Tulorim, Kendra Kâr ou Keresztur. Même si au fond de son coeur, Keresztur était une grande époque, et comme toute apogée, elle avait déjà touché à sa fin. Elle s'assit un court instant sur un sac de jute et fixa le vide.

Était-ce tout ? Sa grande époque était-elle terminée ? Qu'est devenue la " Baronne de Keresztur ? ". Tout ceci n'était qu'un vague souvenir ? Quelqu'un de plus cruel encore avait-il soufflé les vestiges de ce passé pour en bâtir un nouveau ? Son château appartenait-il à un mignon si précieux qu'il faisait croire que jamais il ne se torchait ?

Elle aurait aimé pouvoir retourner sur les lieux de ses crimes, comme disait le dicton au sujet des assassins. Mais il lui fallait faire plus grand, retourner à Kendra Kâr et ce, sans y laisser la moindre trace. La seule personne en qui elle savait pouvoir en parler, c'était bien Katalina.

Von Klaash, elle le ferait peut-être en dernier recours, si elle venait vraiment à ne pas trouver de passeur, il aurait sans doute les connections mais il faisait souvent appel à des mercenaires, leur loyauté était à remettre en question et il ne fallait aucune faille.

Hrist envoya quelques pièces à un marchant de contrebande pour qu'il lui envoie à son tour un gourde d'alcool dégueulasse mais elle en avait besoin. Quant bien même ça lui retournait l'estomac sur le chemin du retour.

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