L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Les plaines et collines autour d'Oranan
MessagePosté: Mer 24 Aoû 2016 13:38 
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Décidemment, ces brigands étaient vraiment stupides... Ignorant royalement ma menace, ces derniers me dépassèrent d'un bond et se ruèrent vers la jeune femme à couteaux tirés. Personnellement, j'aurai d'abord éliminé la menace avant de me jeter sur ma proie sans risques... Il allait falloir que j'agisse vite si je voulais sauver la demoiselle en détresse. Une idée me vint en un éclair. Puisqu'ils n'avaient pas l'air de faire très attention, j'allais tenter de les faire tomber tous les trois d'un coup.

Me retournant vivement et puisant dans mes réserves de magie, j'envoyais une salve sur l'espace situé entre les malandrins et la fille, en espérant qu'il y ait quelques racines qui réagissent et remontent vers la surface, ou que ce soit les potentielles plantes aquatiques qui prennent un coup de fouet et se développent suffisament pour former un sac de noeuds et empêtrer les pieds des trois hommes.

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 Sujet du message: Re: Les plaines et collines autour d'Oranan
MessagePosté: Lun 29 Aoû 2016 14:28 
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L'eau est constellée de racines, d'algues et de plantes aquatiques manifestement, car sur tes trois ennemis, deux choient la tête la première dans l'eau et se retrouvent très vite bloqués dans cette situation. Si tu laisses tes plantes faire, elles vont sans le moindre doute les noyer d'ici quelques minutes.

Le troisième parvient de justesse à maintenir son équilibre et tente désespérément maintenant de faucher les plantes avec son arme. Tu ne vois plus la fille, cachée derrière le dernier homme, qui est celui qui t'a fait la proposition indécente d'ailleurs...

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 Sujet du message: Re: Les plaines et collines autour d'Oranan
MessagePosté: Ven 16 Sep 2016 14:42 
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Tout se passa plus ou moins comme je l'avais voulu. Deux des trois assaillants se retrouvèrent la tête sous l'eau tandis que le troisième luttait avec son poignard pour se dépêtrer des plantes qui lui enserraient les jambes. En tout cas, il semblait n'avoir qu'une chose à l'esprit, se jeter sur la jeune fille... Réaction surprenante au demeurant. Il était évident qu'il fallait d'abord m'éliminer moi pour pouvoir être tranquille après... Surtout que la demoiselle n'avait pas l'air de vouloir se défendre elle-même.

D'ailleurs, si je ne me dépêchais pas, elle n'allait pas tarder à passer un sale quart d'heure. Je me précipitais donc vers le dernier protagoniste, sabre au clair, faisant un petit écart pour contourner la zone où les deux brigands se noyaient. Mon but ici n'était pas d'attaquer directement le survivant mais plutôt de lui bloquer la voie et de l'arrêter afin de lui poser quelques questions. Pourquoi en avait-il tant après la jeune femme?

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 Sujet du message: Re: Les plaines et collines autour d'Oranan
MessagePosté: Dim 25 Sep 2016 20:35 
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À la blonde qui lui confirmait que leur destination était bien un camp de soldats, Ædräs répliqua sans même y penser :

"Bien sûr, les campagnes militaires manquent toujours cruellement de chaleur."

Tandis qu'elle s'étonnait de sa propre audace - et de son étonnante capacité à, finalement, s'adapter en toute circonstance, la femme aux cheveux noirs ordonna qu'on libérât une place pour elle, ce qui fut fait sur un des chariots et la jeune kendrane put prendre place entre deux hommes. Après une infirme seconde d'hésitation, elle leur adressa un sourire rayonnant et monta sur le chariot avec un joli mouvement de fessier. Le convoi s'ébranla et reprit sa route, toujours aussi gaiement (et par certains côté, gayment...). Le trajet est assez court, mais permet tout de même à Ædräs de bien réfléchir à sa présente situation. Ou plutôt, de se refaire une beauté. Elle refit, avec une grande concentration, son palmier, appréciant le contact léger de ses cheveux cascadant sur son cou rosé, remit en place les quelques bijoux qu'elle portait et tira sur son haut pour découvrir d'autant plus le bord naissant de ses seins bien ronds. Croisant ses jambes, elle profita d'un siège plat - heureux soulagement après ses heures de galopade - quêta à travers le regard des deux hommes l'accompagnant, la meilleure position pour ses formes.

(Je vais finir par croire que je suis douée pour ça...)

Mais bientôt, ils arrivèrent à l'entrée du camp. Aussitôt, tous ses sens se mirent en éveil, comprenant bien que son salut - et la réussite de sa mission, dépendrait de la carte mentale et de toutes les informations sur les soldats qu'elle pourrait rassembler. Ledit camp était protégé d'une haute palissade en bois qui, par sa simple présence, indiquait qu'il n'avait pas été monté dans la soirée - les soldats qu'ils avaient pistés jusqu'à cette forêt ne serait donc venues qu'en terme de renforts. Ils arrivèrent par le sud, en face d'une tour de garde. Ædräs en aperçut deux autres, dépassant de la palissade, en direction du nord. Sitôt qu'ils fussent assez proche, une Ynorienne à cheval les interpela. La femme avait un équipement guerrier plutôt impressionnant et par réflexe, Ædräs se tassa un peu sur son siège. Soit pour une raison quelconque, un haut gradée gardait la porte, soit tous les soldats étaient pareillement équipés.

(Ce qui en fait une armée plutôt bien redoutable...)

La discussion s'engagea entre elle et le chef de leur troupe - qui des quatre femmes qui avaient discuté avec Ædräs, était celle aux cheveux noirs. Un peu éloignée de l'avant, la jeune femme ne put rien entendre de la conversation, mais elle était assurément agitée. L'Ynorienne serait-elle un modèle de vertu qui aimerait bien ne jamais voir la bande de catins prendre pieds dans le camp ? Ædräs étouffa un sourire. Bah oui bien sûr.
Enfin, après quelques minutes, ils furent autorisés à pénétrer dans le camp et Ædräs ouvrit grand ses yeux, repéra les tentes, leur disposition, les tours de garde, les gardes dessus. Arrivant par la grande tour du sud, elle vit qu'elle se prolongeait dans un bâtiment rectangulaire de pierres et d'ardoises d'où filtrait de la lumière. C'était le seul endroit en dur. Donc sûrement là où elle trouverait le capitaine. Pas loin se trouvaient des cibles et de sa position, elle entendait le marteau d'un forgeron qui devait se trouver dans l'une des tentes placées contre la façade nord du camp. Au milieu : un puits de pierre. Ædräs se sentit devenir légèrement nerveuse. Ne voulant pas attirer l'attention sur elle, la jeune femme préféra s'adresser au jeune homme à côté duquel elle venait de voyager, d'un air dégagé et parfaitement innocent.

"Comment procédez-vous d'habitude ? Est-ce que vous devez attendre un peu avant d'aller... ?" elle ne finit pas sa phrase, mais l'appuya d'un sourire séduisant levant toute ambiguïté.

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 Sujet du message: Re: Les plaines et collines autour d'Oranan
MessagePosté: Mer 2 Nov 2016 11:44 
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@Tathar : Alors que tu entames ta manoeuvre, ton regard capte une étrange teinte verte sur la peau de la jeune femme, teinte qui se confirme : ce n'est pas qu'un effet de lumière, elle a bien une peau nettement plus verte et moins régulière que ce que tu avais perçu jusqu'à présent.

En fait, en quelques secondes de temps, ce n'est pas la seule perception qui vient changer : le décor se fait nettement moins enchanteur et l'étang pur devient fange boueuse, les hautes frondaisons altières se changent en bois couvert de lierre et autres vignes vierges aux couleurs de sang et de charbon; même les libellules se transforment en moustiques d'une taille impressionnante. De la même manière, la sublime femme devient... une Garzok, sans doute charmante pour son espèce, mais qui se met à insulter le monde à voix haute quand elle s'aperçoit que son emprise sur toi a cessé.


Quant au "brigand" debout... il ressemble d'un coup nettement plus à un soldat ynorien, la bonne trentaine, le regard fière et sombre, bien équipé, qu'à un vulgaire brigand.

"Relâchez mes hommes tout de suite, crétin !" hurle-t-il en réalité en pointant vers toi sa longue et large arme, tout en continuant sa route vers la peau verte.

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 Sujet du message: Re: Les plaines et collines autour d'Oranan
MessagePosté: Mer 2 Nov 2016 12:01 
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@Aëdras : Le jeune homme te répond avec un grand sourire que tu n'as qu'à le suivre, tu verras bien. Il saute du chariot, te proposant sa main pour descendre puis entre dans le bâtiment de pierre où l'ambiance est ... chaude.

La taverne

Loin de n'être que le logement du capitaine, car c'est aussi sans doute le cas, c'est avant tout le rassemblement des soldats du camp, du moins tout ceux qui ne sont pas de garde. Et l'ambiance est pour le moins chaleureuse. L'alcool semble couler à flot et les soldats n'ont pas attendu les demoiselles pour s'attaquer aux tonneaux. Un peu partout dans la salle résonne les chants et les cris. Des soldats hommes et femmes mêlés, jouant aux dés, aux cartes ou à des bras de fer. A peine entré, le jeune homme est littéralement happé par un groupe de trois ou quatre jeune soldate, avec qui il s'assied pendant qu'on lui sert une bière.

Plusieurs hommes t'interpelle, t'invitant à te joindre à eux. Tu as le choix entre un groupe de très jeunes soldats, à peine l'âge pour s'engager manifestement; un groupe jouant aux cartes, misant ce qui semble être des fèves ou d'autres fruits secs, dont l'âge varie entre la vingtaine et la très bonne trentaine pour le plus âgé; à moins que tu préfères l'homme au regard sévère, debout près du comptoir, qui te regarde d'un air soupçonneux...

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 Sujet du message: Re: Les plaines et collines autour d'Oranan
MessagePosté: Dim 6 Nov 2016 20:43 
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Ædräs estimait qu'elle jouait très bien la comédie. Oui, elle était fière d'elle. Elle essayait de ne pas se demander si c'était un talent naturel ou si elle avait des prédispositions pour l'affaire... Avec un sourire charmant, le jeune homme à qui elle s'était adressé lui répondit qu'il lui suffisait de le suivre et lui tendit sa main pour l'aider à descendre du chariot. Souriant elle-aussi de toutes ses dents, elle l'accepta avec gratitude et descendit d'un aussi élégant que sensuel. À ses côtés ils se dirigèrent vers le bâtiment de pierre qu'elle avait supputé être l'endroit où logeait le chef de l'armée. Lorsqu'elle découvrit qu'il s'agissait en réalité d'une taverne, la déception faillit pourrir son sourire charmant, mais elle maintint de justesse.

(C'est encore moins le moment de se faire griller.)

Ses yeux examinèrent tous les groupes présents. La nuit était déjà bien avancée, tout comme les tonneaux de vin et de bières. De partout retentissait des rires gras, les crissements des choppes sur les tables, des bruits de bottes dont les propriétaires ne filaient plus très droit. D'autres, s'empoignant avec une force amicale, s'était mis en tête de se divertir par des danses grotesques et des chansons triviale. D'autres s'occupaient plus calmement, mais nul doute qu'au moindre as de trop, la bagarre éclaterait avec des relents d'alcool. Le tout donnait une ambiance très, très chaleureuse. Exactement ce que la jeune mage avait en horreur, au fond. Des soudards éméchés qui ne voyaient plus d'elle que ses seins. Ah, certes, c'était bien là sa couverture...

Ses yeux examinèrent la pièce et ses habitants avec plus de précision. Le jeune homme avec qui elle avait fait connaissance disparut rapidement de ses côtés, ayant attiré l'attention de soldates. Grand bien lui en fît. Pour sa part - et à son grand soulagement, la préférence de sa présence se fit sentir chez des hommes uniquement. Il y avait d'abord un groupe de jeunes à la juvénilité précoce évidente. Puis un groupe de joueurs beaucoup plus mûrs. Immédiatement, elle les raya de sa liste potentielle. Elle devait aller pêcher du gros, ce soir, pas du menu fretin. Ses yeux furent attirés par un homme, debout au comptoir qui la regardait d'un air franchement suspicieux. Lui aussi, elle le raya. La meilleure façon de ne pas éveiller ses soupçons plus avant, c'était de ne pas aller lui montrer qu'il avait des raisons de le faire. Ædräs lui adressa donc un clin d’œil aguicheur avant de se diriger vers la table des plus jeunes soldats.

"Eh bien mes mignons !" fit-elle en s'appuyant sur la table de ses paumes de main, leur laissa une vue volontairement plongeante dans son décolleté, en même temps qu'elle leur adressait une mine adorable "Vous me paraissez bien jeunes pour vous engager dans l'armée. Mais comment je dis toujours : c'est à la jeunesse qu'on reconnait les héros. Et moi, j'aime les héros..." Elle finit par un nouveau clin d’œil complice.

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 Sujet du message: Re: Les plaines et collines autour d'Oranan
MessagePosté: Sam 19 Nov 2016 11:50 
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Ma satisfaction laissa vite place à une certaine gêne. En effet, c'est moi qui étais vraiment stupide et non les "brigands". J'avais été le dindon de la farce et en beauté, puisqu'en lieu et place de la beauté juvénile se tenait maintenant une beauté verdâtre et très mal polie! L'arrivée des loubards qui n'en étaient pas vraiment m'avait déconcentré suffisament pour que j'oublie les détails étranges du tableau enchanteur qui se trouvait là. Lorsque tout redevint clair, le combat était tout autre. L'homme qui se tenait devant la garzok avait tout à fait l'air d'un meneur de troupe ynorien, tandis que les deux autres en train de se noyer n'étaient autres que des bidasses. Quant au décor il était moins calme et luxuriant mais plutôt digne de figurer parmi les plus beaux marécages fangeux du coin.

Mon erreur reconnue et sous les instances du dernier guerrier debout, je me retournai donc pour envoyer une nouvelle salve de magie vers les deux soldats engloutis, ciblant principalement leur thorax pour que les plantes ne viennent plus les enchevêtrer mais plutôt les relever hors de l'eau. Je pivotai ensuite pour me remettre face à l'adversaire , prêt à en découdre avec elle mais en étant bien plus prudent et en restant un peu en retrait pour laisser le plus gros du boulot.

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 Sujet du message: Re: Les plaines et collines autour d'Oranan
MessagePosté: Mar 6 Déc 2016 03:27 
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Voilà déjà des heures que je marchais le regard perdu vers l’horizon. Oranan se trouvait maintenant bien loin dans mon dos en direction du Nord. Je n’avais pipé mot depuis que j’avais repris mes esprits. J’avais l’impression d’avoir fuit un monde brumeux pour retrouver la lumière. C’était comme si j’avais été frappé d’amnésie. Je me rappelais du bagne, du Nécromant Azra, de m’être dirigé à Oranan à ses côtés d’avoir rejoint la milice pour rejoindre ce nouveau monde Aliaénon et…
Le reste de mes souvenirs se déclinait de manière décousue. Je voyais une cellule, une amputation, la mienne et…la mort ? Le reste était bien trop flou. L’instant d’après j’étais dans les rues d’Oranan sans savoir d’où je venais ni où j’allais. C’était une sensation si désagréable que j’en avais eu le vertige. Mais je m’étais vite ressaisi et je pris bien rapidement la décision de ne pas m’attarder en ville plus longtemps. Ne sachant pas ce qui s’était passé là-bas, je préférais garder mes précautions et me faire discret.

Je m’étais vite retrouvé sur cette route tournant le dos à ma ville car je n’avais nulle part ou aller. Tant que je ne savais pas ce qui s’était passé sur Aliaénon, j’étais possiblement un traître à Oranan même constat à Omyre. Aucune grande ville ne m’apparaissait totalement sûre dans ces conditions. Il ne me restait plus qu’à me mettre au vert quelque temps en attendant d’avoir de plus amples informations. Ma vie en dépendait. C’était peut-être dû aux paysages de mon enfance, mais me revint à l’esprit l’image rassurante d’un de mes mentor :Kyo Taïki. Il était l’un des nombreux maître d’armes payer par mon père pour m’apprendre à manier les armes mais il était le seul avec qui j’avais tissé de vrai liens. Mon père l’avait limogé quelques mois à peine avant l’incident qui me propulsa sur les routes. Je savais qu’il s’était retiré dans le sud, dans son village natale. Une petite bourgade au sud du pays. Le temps avait tant passé depuis qu’il n’y était peut-être plus, mais cela valait le coup d’essayer. Au point ou j'en étais.

Les jours et les pas se succédèrent avant que je n’atteigne le village d’Itawa. C’était un petit village d’une douzaine de bâtisses seulement entouré de ses champs de cultures diverses. Les jambes douloureuses, la gourde aussi vide que le ventre, je me rapprochai. Le soleil commençait peu à peu à atteindre son Zenith, réfléchissant avec une telle chaleur que ma bouche en devint pâteuse. Les villageois qui s’affairaient à leurs vies quotidiennes, m’observaient d’un oeil méfiant. alors que je commençais à arpenter le sentier de leur lieu de vie. Il faut dire que je détonnais avec le paysage. J’étais bien plus grand et blond que la plupart des Ynoriens de par mon métissage très tiré sur les gènes Kendrans. À la capitale cela n’était pas si rare mais dans certaines campagnes cela pouvait encore surprendre. J’avais d’ailleurs à peine fait quelques pas à l’intérieur de ces terres que je me fis interpeller.

« Que cherches-tu ici, étranger ? »

Je me tournai vers la provenance de la voix pour découvrir son porteur. Un vieil homme au crâne dégarnit, assis sur sa pierre à l’ombre d’un arbre qui ne pouvait être que centenaire vu la longueur de ses ramifications.

« Bonjour vieil homme.
Je cherche un homme du nom de Kyo Taïki. »


« Pourquoi un étranger armé jusqu’aux dents voudrait avoir à faire à Kyo Taiki. »

Je ne me montrai pas touché par la nouvelle utilisation du qualificatif « étranger ». Ces malentendus étaient parfois quotidiens dans ma jeunesse. Mais je me permis d’en jouer.

« Et qu’en est-il des locaux armés jusqu’aux dents ? »

Le vieil homme sembla piqué dans sa curiosité. Ses yeux espiègles s’ouvrirent un peu plus pour m’observer.
« Hmmm… Je vois. Je n’avais pas vu que j’avais à faire à un métis. Laisse moi deviner... C’est ta mère qui s’est laissé séduire par un étranger ? »

J’esquissai un sourire, trop las pour défendre les choix amoureux de ma génitrice.

« J’avoue sa faute. Paix à son âme. »

« Ma foi en ayant conçu un guerrier Ynorien aussi bien bâti, elle a amplement servit son pays. Que Rana veille sur sa descendance ! » dit-il en s’inclinant.

Bien qu’athée, je me contentais d’accepter silencieusement sa bénédiction en m’inclinant en retour. Ce n'était pas le moment de se lancer dans des débats theologiques.

« D’où viens-tu mon garçon ? Et que veux-tu au vénérable Kyo Taïki ? »

« Je viens de la capitale et j’aimerais juste saluer de bon coeur celui qui fut un jour mon maître. »

`Le vieil homme sembla acquiescer en apprivoisant les différentes informations.

« On est bien éloigné de la capitale pour un homme sans monture, tu dois être pressé de te reposer. Continue ta route en suivant le sentier, arriveras près d’un gros rocher, contourne le sur ta droite. Là, après une dizaine de pas tu trouveras la demeure de Kyo TaÏki. »

Je suivis le chemin indiqué après avoir remercié l’homme en m’inclinant. J’arrivai bien vite à l’endroit voulu. Il y avait bien une petite maison, un peu éloignée des autres. Simple de l’extérieur, elle semblait malgré tout bien entretenue. Un petit jardin rempli de légumineuse la cernait sur ses flancs.
Sur le porche était assis un homme en tailleur. Un Ynorien, au visage rude de la quarantaine. Sa queue-de-cheval sombre et sa barbe coupée avec soins laissaient deviner un homme bien trop coquet pour une vie de villageois. Avec concentration, il s’évertuait à aiguisé une lame. Quand les yeux de l’homme se posèrent sur moi, je pus les voir s’agrandir de surprise.

« Ezak ?! »

« Cela faisait longtemps maître ! »
repondis-je dans un sourire.

Taïki arrêta sa besogne pour ses mains fermes sur mes épaules. L’air de voir un mort il me détailla du regard.

« Je t’ai quitté que tu n’étais encore qu’un gamin sachant à peine tenir une arme. Et te voilà, vêtu devant moi comme un grand guerrier.»

« N’exagérez rien maître. J’étais déjà le meilleur élève que vous n’aviez jamais eu lors de votre départ.»

« Toujours aussi humble. »

« A quoi bon être humble quand on excelle ? »

« Je te reconnais bien là chenapan ! » dit-il en riant de bon coeur.

Taïki m’invita à la suivre dans l’intimité de son antre. Un intérieur simple et minimaliste. Étrange quand on savait que cet homme était l’un des maître-d’armes les plus prisé du pays en son temps. Il m’installa, m’invita à partager son repas que nous passâmes à rire de mes pitreries passées. Et alors qu’il essuyait ses yeux encore humidifiés par nos plaisanteries il en vînt à l'objet de ma visite.

« Qu’est-ce qui t’amènes ici ? »

« Je vais être franc avec vous, si je pouvais aller ailleurs je l’aurais fait mais je cherche un toit pour quelques temps et vous êtes la seule personne à des lieues à ronde en qui j’ai confiance. »


« Tu as des problèmes ? »

J’hésitais un instant, de peur d'en dire trop.

« Bien trop pour un seul homme. »

« Tu n’es pas obligé de m’en dire plus. Restes autant que tu veux. Tu es le bienvenu ici. Depuis que je suis de retour à la campagne, je dois avouer que la compagnie me manque grandement. Je suis entouré de vieux corps ici, qui n’ont comme sujet de conversation que le temps qu’il faisait l'avant veille… Les douceurs de la campagne… »

Souffla t’il l’air désespéré.

Je fus soulagé qu’il accepte et qu’il ne veuille pas trop en savoir. Cela me soulagea d’un poids qui ne m’avait pas quitté depuis Oranan.

« Je vous en serais éternellement reconnaissant. Je vous dédommagerais pour chaque jour passé sous votre toît.

« Laisse ça ! dit-il en balayant mon idée d’un geste de la main. » Entraine toi avec moi comme au bon vieux temps. Ça suffira en guise de paye. Ça manque d’adversaire de valeurs dans le coin. »

C’est ainsi que commença ma cohabitation et mon entraînement avec Kyo Taïki. Je l’aidais dans ses tâches quotidiennes et nous allions nous entraîner presque tous les jours. Je pus me rendre compte à quel point j'avais progressé, mais je restais incapable de battre cet homme à la régulière. Il était insaisissable. Je manquais selon lui encore de dextérité et d’équilibre pour pouvoir utiliser toutes mes compétences, mais puisque j’étais là, je comptais bien apprendre. Jamais lors de nos longues soirées à discuter, il ne me posa de questions fâcheuses sur ce que je faisais avant et jamais il ne parla d’Elan, de Vandrak, ce qui me surprit plus encore.

C’est lors d’une de ces discussions, alors que ça faisait déjà quelques semaines que je vivais à Itawa qu’il me parla de ce qu’il avait entendu de la bouche d’un voisin. Des aventuriers avaient sauvé le pays sur un autre monde lié à Oranan que l’on appelle Aliaénon. Je fus heureux d’apprendre cette nouvelle ! Et je ne sais pas si c'était l'euphorie de la victoire ou la culpabilité du mensonge mais je ne pus que me résoudre à lui dire la vérité. Je lui racontai tout en détail. Ma brouille avec Elan et mon père, l’île interdite, l’île volante, le bagne, Aliaénon. Pourquoi je ne pouvais pas retourner en ville sereinement. Ce soir là, nous avions veillé jusqu’à l’aube tant il avait été absorbé par mon histoire. Je l’avais sentis tiqué lorsque je lui avais dit pour Oaxaca, mais il m’avait écouté jusqu’à la fin. Et alors que je pensais qu’il me mettrait dehors à grand renfort de coups, il m’a simplement dit que pouvais resté le temps de trouver une solution à mon problème, que ça ne changeait rien à son aide. Pire, je sentais une certaine forme de fierté et de respect devant les aventures que j’avais vécues.

Tout se passait trop bien. Si bien que je restai près d’un an au village. Non seulement, je continuais à m’affûter grâce a nos entraînements quotidiens, mais c’était comme une cure pour mon esprit. J’avais souvent été à deux doigts de perdre la tête. Avec toutes ces aventures, ces ennemis et ces morts Ici, je n’avais le temps de m’inquiéter, de me mettre colère. Il m’arrivait de faire des nuits sans cauchemars, ce qui était devenu un luxe. Mon âme tourmenté s'était tue.

Et un jour ou le ciel était chargé d’orage, maître Taiki déposa un parchemin devant moi.

« Qu’est-ce que c’est ? »

« Ça devrait t'intéresser. »

J’attrapai le papier et commençai à le lire. C’était effectivement une lettre de la milice qui faisaient appel à des aventuriers pour retourner sur Aliaénon. Je déposai le parchemin les yeux perdus dans le vide.

C'est quoi le conseil d'Or ?

"Aucune idée.

Et tu as une idée de qui est ce N.S ?

Non plus.

Par contre le capitaine Atsuhiko je vois clairement qui c'est. Il m'a filé une bonne droite la dernière fois que nous nous sommes rencontrés.


"Ah ? Te connaissant, tu l'as poussé à bout. »

"Je lui ai dit d'aller se faire...enfourné chez les Whiellois. »

"Vraiment ?"
S'esclaffa t’il

"Cet imbecile m'avait pris de haut." conclus-je "Vous pensez que je dois-y aller ?"


« Moi ? Je pense que tu es libre d'y aller même de resté ici si ça te chante. Je pense aussi que tu ne seras jamais totalement libre si tu ne sais pas ce qui s’est réellement passé là-bas. Et je pense que tu aspires à une autre vie que de mourir d'ennui dans un village de vieil homme."

« Et moi, je pense que vous avez raison. Mais il reste un problème. Je ne me rappelle pas de ce qui s’est passé là-bas ? Que ferais-je si j’ai... Imaginons que j'ai participé à visage découvert à une action contre nous pour le compte d'Oaxaca.

"On en a déjà parlé. Tu n’aurais jamais pu quitter Oranan vivant. Tu y es allé avec l’intention de la sauver, pourquoi aurais-tu agi contre la patrie ? "

« Parce que j’y suis justement allé avec la ferme intention de jouer mon faux rôle dans l’armée Oaxienne coûte que coûte. Et me connaissant… Nul doute que je peux être convaincant si je le veux. Vous ne connaissez pas mes limites. »

« Pour l’instant, on ne sait pas. Je t’accorde ça. Mais quoi que tu aies fait, un jour, tu vas devoir l’assumer. On ne gagne pas à toujours battre en retraite et il faut saisir le moment opportun pour contre-attaquer. Je te laisse y songer. Je vais dormir cette journée m’a harassé.

Le maître n’avait pas passé le pas de la porte que j’avais pris ma décision. Dans la nuit alors qu’il dormait encore profondément, je préparai des provisions et mes effets. Pour la première fois depuis un an, je pris soin d'ajuster chacune de mes pièces d'armures. Je pouvais sentir son pouvoir unique supprimé, toutes mes peurs les plus lointaines. J’inspectai une dernière fois mes armes après les avoir enduites d’huiles pour sublimer leur éclat. J’eus un pincement au coeur en passant devant la chambre du maître, mais je me retînt de le déranger. Je n’aimais pas vraiment les adieux. Triste mais déterminé, je partis le pas fier sous le ciel grondant.

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"L'objet de la guerre n'est pas de mourir pour son pays, mais de faire en sorte que le salaud d'en face meure pour le sien."

- George Smith Patton


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 Sujet du message: Re: Les plaines et collines autour d'Oranan
MessagePosté: Dim 11 Déc 2016 11:51 
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Localisation: Le monde d'Aliaénon
Finalement, il était sortit de cette ville... Azra se sentait respirer, loin de tous ces mortels qui haïssaient, et sans doute enviaient, sa condition. C'était sans importance. Il était un héros. Il avait triomphé de bien des dangers et sauvé cette ville. L'ironie d'une telle situation formait une bonne compensation. Maintenant, son chemin était tout tracé... vers Zéphanie, vers les Messagers du Corbeau, cet ordre qui l'attendait... vers l'avenir.

Le soir tomba bientôt, mais il ne s'arrêta pas pour autant. Il n'aurait besoin que de quelques heures de méditation, et il voyait dans le noir. Il avait pris soin d'invoquer Rendrak, son compagnon mort-vivant, pour lui tenir compagnie, car le voyage serait long. C'était une bonne chose car les sens aiguisés du liykor lui firent entendre ce que le nécromancien ne perçut pas. Quelqu'un les suivait !

« Un liykor noir ! Je savais qu'il y en avait par ici, mais pas qu'ils approchaient à ce point de la ville. » grogna l'âme damnée.

Azra dirigea son regard qui perçait l'obscurité naissante pour examiner l'imposante silhouette qui se détachait, un colossale homme-loup dont la fourrure, contrairement à celle de Rendrak, était noire.

« Qui es-tu, pour suivre ainsi la mort ? Ce sont des pas qu'il est dangereux d’emboîter... »

Pour toute réponse, le liykor enchaîna une série de gestes étranges, incompréhensibles. Rendrak fronça les sourcils.

« Oulà, langage des signes ? Je n'y connais pas grand chose. Je ne suis pas un noir, moi ! Je suis Rendrak, ranimé de la mort par Azra, ici présent, si c'est bien ta question... Il y en a beaucoup, des comme toi, par ici ? »

Le liykor sembla soudain très intéressé. Il ne pouvait visiblement pas parler mais c'est avec une hâte presque enfantine, amusante pour une créature qui dépassait Azra de plus d'une tête, qu'il griffonna sur un papier ses questions sur l'origine de son pouvoir de nécromancien. Quelque peu flatté, la liche entreprit d'expliquer :

« Pour ranimer les morts, il faut être né avec le don de Phaïtos, gardien des enfers. La nécromancie nous est accordée pour apaiser les âmes en leur donnant une nouvelle vie, un nouveau but... mais le don à ses limites : un seul mort peut réellement retrouver sa conscience, dans mon cas, c'est Rendrak. Les autres sont des pantins inconscients qui, une fois ranimés, auront au moins le bénéfice de ne plus gêner le travail de Phaïtos. »

Il fit un large geste de la main, englobant la nuit tombante :

« Le pouvoir est là, tout autour de nous, dans les ténèbres... si tu sais le maîtriser, tu pourras apprendre la voie, comme moi. »

De plus en plus excité, le liykor continua à poser ses questions. Azra sentait un étrange sentiment d'importance monter en lui... un apprenti. Quelqu'un à qui il pourrait enseigner... cela faisait peur, mais en même temps, l'expérience pourrait valoir le coup.

Comme la créature lui demandait, il entreprit d'expliquer les bases, comme les âmes répondaient à l'appel des fluides d'ombre, et pouvaient même être incarnées dans des squelettes faits de terre, car au fond, les ossements n'étaient que du calcaire.

« Mais souviens-toi, le vrai pouvoir d'un nécromancien, c'est la peur. L'obscurité, la mort... ce ne sont rien, que des absences de vie et de lumière... notre vrai pouvoir est lié au fait que les gens ont peur de choses dont ils n'ont pas de raisons d'avoir peur. Il faut savoir jouer de ça, sans cela, nous n'avons aucune chance de vaincre. »

Comme il posait une question à Rendrak, sur sa condition, ce dernier rumina :

« Si je suis heureux... sache... Algaries, c'est ça ? Sache que je ne suis pas libre, et que c'est forcément une ombre sur mon âme. Mais au moins, je continue à vivre, et je traverse bien des aventures ! Au côté d'un maître plutôt tolérant... »

Azra n'y prêtait guère attention, car une idée avait déjà germé dans son esprit. Oui... un bon moyen de faire tout ce qu'il avait à faire en même temps !

« Écoute, Algaries. Je viens d'Oranan, et plus particulièrement d'Aliaénon. Il s'agit d'un autre monde comme... un autre continent mais qui serait au-delà des étoiles et non au-delà de la mer. La milice de la ville en détient les clés. J'ai dû le quitter et laisser un travail inachevé, car un ordre voué à Phaïtos, les Messagers du Corbeaux, m'attend. Si tu le souhaites, tu peux intégrer mon ordre et partir terminer ce que j'ai commencé sur Aliaénon. Là-bas, tu pourras trouver des gens pour t'aider à développer ta compréhension des âmes... Ce sera difficile, et risqué, mais ce que tu pourras en retiré pourrait être inestimable... »

Il releva son masque, dévoilant son visage d'ossements.

« Moi, j'en ai retiré la vie éternelle, pour servir au mieux Phaïtos et l'équilibre entre la vie et la mort. »

Étrangement, ses réponses semblèrent perturber, et presque décevoir, le liykor noir, mais pourtant, il acquiesça à la demande. Parfait ! Cela retirait un poids des épaules du nécromancien. Il entreprit donc d'expliquer ce qu'il attendait de lui :

« Alors sache qu'il y a, en Aliaénon, un peuple que tous considèrent comme maudit et éteint : les Ol'Toga, de la ville de Jesuir. Il n'en est rien, et ils m'ont accepté parmi eux et j'ai mené les spectres de leurs ancêtres à la bataille. Va les trouver, et dis-leur que je m'inquiète de leur isolationnisme dans un monde en plein changement, car nous, aventuriers, y avons éveillé les antiques titans. S'ils veulent s'y tenir, alors aide les en tout ce dont ils auraient besoin. En échange, peut-être accepteront-ils de t'enseigner sur les âmes, si tu viens de la part d'Azra, l'ami des ombres qui mena la bataille d'Esseroth et leur est toujours redevable. Ensuite, va aussi trouver Thensoor Val'Crooh, l'archisorcier déposé d'Elscar'Olth. Je n'ai pas pu l'aider à reprendre sa ville aux forces d'Oaxaca. Il en sait long sur les pouvoirs de la mort et des ténèbres, c'est lui qui a fait de moi ce que je suis. Là aussi, tu lui diras que je m'excuse d'être retenue mais qu'à travers toi, je souhaite lui apporter tout le soutien que je peux. Prend garde, cependant. Il y a en Aliaénon un être étrange, sans visage, qui cherche à manipuler ce monde, et un autre, Naral Shaam, le dragon mauve, qui le combat. Aucun des deux ne sont dignes de confiance... »

Il écarta les bras pour signaler qu'il avait fini :

« Va, maintenant, Messager du Corbeau, porte ma volonté, apprend et élève toi ! Respecte la vie et la mort, ne cause pas de souffrance inutile et soit l'ombre qui rappelle au monde que la mort est l'ultime justice qui met les forts comme les faibles à égalité. »

Le liykor griffonna hâtivement tout ça, visiblement enthousiaste.Voilà au moins une lourde épine retiré du pied... Azra ignorait s'il ferait du bon boulot, mais c'était le mieux qu'il puisse faire, et il sentait qu'il pouvait avoir confiance au moins dans le fait qu'il essaierait.

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Merci et à Inès pour la signature
et à Isil pour l'avatar!
Le thème d'Azra
David le nerd


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 Sujet du message: Re: Les plaines et collines autour d'Oranan
MessagePosté: Dim 29 Jan 2017 19:18 
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Localisation: Oranan
Sa phrase eut l'effet escompté et l'un des trois garçons gloussa, tandis que les deux autres s'échangeaient un coup d’œil complice. Juste après, le plus proche d'elle se leva, sûrement pour lui céder la place, mais son camarade était d'envie un peu plus câline, poussa l'autre et tapota de sa main portant encore son gantelet, ses cuisses toutes aussi bien protégées. Ædräs fit dériver son sourire vers l'aspect "sensuel" et, avec un parfait déhanchement - par Gaïa, d'où tirait-elle cette aisance ?! - vint y prendre place, comme en s'excusant envers le premier soldat.

"Je vais plutôt prendre le siège le plus confortable." De son index le plus fin, elle entortilla délicatement une mèche sortie de son palmier. "Faisons connaissance ! Je m'appelle Ædräs, quels sont vos petits noms ?"

Celui qui l'avait sur ses genoux lui répondit. Les trois devaient avoir dans les seize ans ce qui faisait de la jeune mage, leur ainée de deux ans. Quant en terme de taille, cela devait aussi valoir. De fait, son "hôte" avait le regard à peine plus haut que sa poitrine et elle put sentir son souffle lui chatouiller la base du cou.

"Je me nomme Toyohisa, voici Sora et..."

"Je suis Enshô !" s'empressa de compléter le troisième qui était seul à se trouver de l'autre côté de la table.

La jeune femme posa ses coudes sur la table et se pencha vers lui. Toujours de façon à ce qu'aucun de ses auditeurs ne manqua une vue imparable sur la naissance de ses seins roses.

"C'est un très joli nom, ça."

Ses doigts grattèrent machinalement la table, avant de s'emparer d'une choppe - vide - qui y trainait et avec laquelle elle joua un moment, avec une moue craquante, avant de se redresser légèrement - juste de quoi ne pas attraper mal au dos et de laisser le spectacle à la disposition.

"Dites... Il n'y aurait pas moyen de boire un peu par ici ?"

Comme piqué par quelque lance, Sora se leva d'un bond.

"J'y vais !"

Effectivement il y alla. Et il revint aussi en un rien de temps avec quatre boissons. À l'odeur, Ædräs reconnut que ce n'était pas de la bière. Vu que c'était un camp ynorien, on pouvait supputer que ça avait de grande chance que ça fut du saké. La jeune femme n'en avait encore jamais bu. Une première donc. Elle s'empara du récipient à deux mains et but de longues gorgées. Ça lui déchira la gorge et toute la tuyauterie par dessous.

"Eh bien, vous ne buvez pas ?"

Les trois jeunes gens étaient restés comme hébétés à la regarder. Se faisant ainsi interpeller, ils attrapèrent leur verre et le vidèrent d'un coup - ce qui ne manqua pas de faire hausser un sourcil à la catin improvisée (comment ils faisaient pour ne pas mourir sur le coup ?). Quand ils eurent fini, elle leur sourit le plus gentiment possible et se porta un peu vers l'arrière de façon à ce que Toyohisa eut son visage dans ses cheveux bouclés et à peine poussiéreux (à peine).

"Et sinon, vous ne voudriez pas me raconter votre vie ? Je ne sais pas, par exemple, est-ce qu'on est loin du champs de bataille ou pas ?"

Enshô prit la parole.

"Oh, oui, on n'est pas à côté. Il faut deux jours de cheval pour y aller. Et un jour pour atteindre nos campements avancés."

"Mais réellement, ici, c'est le dernier bastion avant la frontière officielle avec Omyre." ajouta Sora.

"Le dernier endroit de paradis avant l'enfer. Et notre dernière nuit tranquille donc." renchérit Toyohisa.

"Oh vraiment ? Dans ce cas, il ne faudrait pas la gâcher, qu'en pensez-vous ?"

Les trois soldats se regardèrent en souriant.

(Et moi, c'est le moment de m'éclipser discrètement.)

Sora se releva en premier - adressant à ses deux camarades un long regard de sous-entendu - et te proposa de le suivre. Ædräs lui sourit en réponse (décidément, elle avait l'impression de ne faire que ça), mais avant de se lever, tendit le bras en direction de sa boisson, ayant l'intention de la finir d'abord. Cependant, juste au moment où elle allait s'en emparer, une dague vint se planter brutalement dans le bois de la table, juste à côté de son verre. Prise par surprise - et effrayée - elle se retourna pour découvrir l'homme au regard soupçonneux qu'elle avait repéré dès son entrée dans la taverne. Ses lèvres se remontèrent sur ses belles dents blanches en espérant faire un sourire à peu près correct.

"Eh bien... bonsoir ?"

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 Sujet du message: Re: Les plaines et collines autour d'Oranan
MessagePosté: Dim 26 Mar 2017 18:25 
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Le combat se lança alors. Nous étions d'abord deux, le meneur de troupe et moi, et tandis que ce dernier plongeait au corps à corps, je me concentrais pour submerger la Garzok de magie... enfin submerger était un bien grand mot puisque je ne connaissais que peu de sorts offensifs et le choix était d'autant plus restreint que je ne devais pas toucher mon allié du moment. Puisant une nouvelle fois dans mes réserves de magie, je pris le contrôle de quelques racines non loin de ma cible afin de m'en servir comme des fouets. L'orque parvint sans mal à les esquiver, bloquant également l'assaut du guerrier avec sa flute qui devait être composée d'une matière extrêmement résistante. Nous fîmes quelques passes comme celle-ci avant que les deux autres combattants ne viennent se joindre à nous.

Et pourtant, à quatre contre une, nous n'arrivions pas à gagner du terrain. Je finis par comprend que le lieutenant s'était fixé pour but d’empêcher la Garzok de porter son instrument à ses lèvres, l'empêchant ainsi de recourir à ses pouvoirs envoutants. Mais même sans sa musique, notre adversaire était redoutable et ne se laissait pas défaire aisément. Les deux bidasses en plus ne nous furent pas d'un grand secours et semblait être des jeunes recrues devant leurs faibles capacités guerrières. Enfin, ce n'était pas forcément un manque d'entraînement, c'était surtout à cause du fait que nous n'avions qu'un seul adversaire et qu'ils se marchaient un peu dessus à trois à lui tourner autour... leur chef sortait quand même du lot et ses coups étaient de plus en plus proches de toucher leur cible. De mon coté, je tâchais de varier les assauts et tentais même de recourir une nouvelle fois à la magie d'ombre.

La dernière fois que j'avais essayé, au cœur du bagne maudit, cela s'était soldé par un échec cuisant, mais ç’aurait pu marcher ici. Hélas, impossible d'accéder aux fluides d'obscurité que j'avais absorbé il y a bien longtemps. Par contre l'orque pouvait faire appel aux ombres sans aucun problème et pas seulement... Les vents étaient de son coté et lorsque j'essayais d'utiliser mon sort de puissance terrestre, alors que mes alliés avaient pris leur distance pour tenter une nouvelle stratégie, toutes mes pierres furent repoussées par un énorme courant d'air.

Nous dûmes esquiver les projectiles qui nous avaient été renvoyés et l'un des soldats fût touché à la tête avant de s'écrouler comme une vulgaire poupée de chiffon, complètement sonné. La satisfaction se lisait dans le regard de la Garzok mais elle cessa vite de sourire lorsqu'elle se rendit compte que son bras tenant la flûte était enserré par une racine, puis ce fût au tour de sa cheville d'être bloquée. Il m'avait fallu un effort de concentration intense pour parvenir à maintenir l'avancée discrète de mes plantes, tout en faisant mine de l'attaquer avec des pierres pour détourner son attention. Il s'en était fallu de peu pour que tout tombe à l'eau avec son bouclier de zéphyr mais au final tout s'était plutôt bien passé.

Mes deux camarades encore debout s’apprêtèrent alors à porter le coup final, lorsque sortant des bois alentours apparu une armée Garzok en bonne et due forme, comptant pas loin de deux cent cinquante têtes, fonçant sur nous en beuglant, toutes armes dehors. Je crus d'abord à un nouveau sort de la flûtiste avant de me rappeler qu'elle ne pouvait utiliser son instrument.

Même si aucun des monstres nous chargeant ne semblait être doué de capacités hors normes, nous allions rapidement être submergés, d'autant plus que nous n'étions plus quatre mais trois, le soldat assommé n'ayant toujours pas repris ses esprits. Courant vers lui, je le pris sur mon épaule comme un sac à patate et sans demander mon reste, me mettais à courir pour échapper à la horde hurlante en direction du Nord-Est, vers mes Emoras que je tentais d'appeler d'un long sifflement. Peut-être que se retrouver en face de créatures d'un des Treize arrêterait la déferlante, et dans le pire des cas mes plantes insectoïdes pourraient faire un carnage!

_________________

Gamemaster9 a écrit:
Cohérence actions/personnage : 3/3
Là, rien à redire en revanche. Mettre ses boules sur la table et y aller à l’aveugle en prenant des risques, en jouant le tout pour le tout, ça colle bien à ton perso, rien à redire.

"Horcruxe" officiel du dragon mauve


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 Sujet du message: Re: Les plaines et collines autour d'Oranan
MessagePosté: Dim 30 Juil 2017 15:41 
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Localisation: Du côté d'Oranan
<<< Sarenrae

Le village

« Nous devons être bientôt arrivés je pense. »

Je pointe mon doigt vers le nord.

« Ce doit être Oranan ! Si nous ne nous sommes pas trompés d’itinéraire. Nous devrions pouvoir atteindre ce petit village d’ici ce soir. »
« J’ai hâte ! Je ne serai pas contre dormir dans un vrai lit cette nuit. Ce voyage m’aura achevée. »

Je tourne ma tête vers l’aldryde confortablement installée sur mon épaule et lève les yeux au ciel.

« Et moi donc… »

Les derniers kilomètres qui nous séparent du point que nous avons identifié comme village me paraissent interminables. Et pourtant, sans doute motivé par l’idée de pouvoir se laver réellement, de revêtir des vêtements propres et de dormir sur une vraie couche, j’ai l’impression que nous avançons nettement plus rapidement que lors des précédents jours. Même Sarenrae vole autour de moi en décrivant de grands cercles dans le ciel, comme un oiseau de proie en chasse. Nous traversons désormais de vastes terres arables. Les parcelles se succèdent autour de nous, alternant entre différentes variétés de céréales que je n’arrive pas toujours à identifier, les conditions météorologiques devant être différentes de celles du côté de Bouhen. A l’ouest, le soleil commence déjà à se rapprocher de l’horizon, sur une mer qu’il est impossible de deviner. D’après mes estimations, nous devrions pouvoir arriver d’ici une heure, juste avant la tombée de la nuit.

Plus nous nous rapprochons et plus la fumée s’épaissit, noire comme la nuit. Quelque chose cloche. Je regarde Sarenrae qui ne semble pas non plus sereine. Je la vois alors s’élancer dans le ciel comme une flèche puis étendre ses ailes pour planer à plusieurs mètres du sol. Je m’arrête alors, attendant son diagnostic. Elle redescend quelques secondes plus tard et s’approche de moi. Son visage est sombre.

« Tu es sûr que nous devons passer par là ? »
« Oranan est dans cette direction, derrière cette fumée… »
« Certes, si ce que tu dis es vrai... En revanche ton « village » n’a pas l’air très accueillant… »
« Pourquoi dis-tu ça ? »
« Je connais assez peu de village qui font de la combustion spontanée. »
« Hein ? »
« Approchons nous encore un peu, tu verras par toi-même. »

Nous parcourons encore quelques kilomètres, presque en courant cette fois. Sarenrae a définitivement abandonné mon épaule et préfère me suivre en volant à mes côtés. Quelque chose ne vas définitivement pas. La fumée n’en finit pas de s’intensifier, obscurcissant le ciel. Mais elle ne ressemble pas à une fumée provenant d’un petit feu de bois utilisé pour la cuisine. Non, on dirait qu’une partie du village est en train de brûler, comme le suggérait Sarenrae. Ceci est complété par l’air qui devient de plus en plus lourd à notre approche. Le soleil couchant diminuant fortement la luminosité ambiante, je commence à distinguer de grands éclats lumineux de couleur orange à la base des trainées noirâtres qui s’envolent dans le ciel crépusculaire. Elle avait donc raison.

Nous ne sommes plus qu’à un ou deux kilomètres du village, qui semble être un gros hameau plus qu’autre chose. Cette fois, plus aucun doute : le village est en feu. Du moins, par entièrement pour l’instant. Quelques maisons en périphéries sont en train de se faire dévorer par de longues flammes aux reflets cuivrés qui pointent vers le ciel leurs doigts cruels. Une odeur de brûlé nous parvient et agace nos narines malgré la distance. L’atmosphère commence à se faire étouffante. Je m’arrête et regarde Sarenrae qui se pose sur mon épaule.

« Qu’est-ce que tu veux faire ? »
« Maintenant qu’on est là, on ne peut pas reculer. On ne peut pas laisser un village brûler sans rien faire. Je pense qu’il faut aller voir de plus près ce qu’il se passe. »
« C’est aussi ce que je me suis dit. En espérant que ce ne soit qu’un petit incendie… »
« Mouais… Il n’y a plus qu’à y aller et voir de nos propres yeux ! »

Nous nous élançons tous deux vers le village. Sarenrae en profite pour préciser.

« En revanche, tu peux rêver s’il faut porter des sceaux d’eau ! »

Je ne peux m’empêcher de sourire.

Nous arrivons sans encombre aux abords du village à la nuit tombée. Le spectacle est impressionnant. Les flammes ont déjà dévoré plusieurs bâtiments, mais une partie du village semble être encore épargnée. L’air est brûlant et je sens des gouttes de transpiration couler le long de mon dos nu. L’odeur âcre de bois brûlé s’est intensifié et je suis obligé de me protéger les narines et la bouche pour ne pas étouffer. Je vois Sarenrae qui lutte elle aussi de son côté. Entre les crépitements qui occupent l’espace sonore, des cris humains se font entendre.

Je cherche à contourner les maisons en flamme pour pouvoir rentrer au sein du village. En m’approchant d’une des dernières maisons en feu, je constate avec horreur une forme noire qui se détache du mur. Les flammes en lèchent les bords de la silhouette, rendant ses contours flous. Mais c’est sans difficulté que je reconnais un corps humain, avachi contre la cloison, ses jambes allongées dans l’herbe noircie. Complètement calciné. L’incendie a dû se propager rapidement pour qu’il soit surpris à ce point. Etrange pourtant. Le temps n’était pas sec pendant ces derniers jours, et il ne me semble pas avoir vu d’orage non plus. Sûrement, un feu mal contrôlé… Encore que… Je me rapproche de la silhouette en faisant attention aux flammes. Ce que j’avais pris pour une ombre est en réalité un bâton. Ou plutôt un manche de lance… Sur lequel la silhouette noircie est empalée…

« Il y a quelque chose d’étrange ici… »
« On essaie de rentrer ? »
« Je pense que de toute façon, on n’a plus le choix… »

Nous rentrons discrètement dans le village par une large porte de bois encore sur pied et nous nous insérons entre deux maisons sur un petit chemin de terre suffisamment large pour laisser passer une charrette. Si l’on excepte les maisons en feu sur notre gauche, cette partie du village est encore calme. En revanche au bout de cette ruelle, des clameurs de plus en plus fortes se font entendre. Je continue d’avancer prudemment, en étant sur mes gardes. Sarenrae vole juste au-dessus de ma tête, battant nerveusement l’air de ses ailes.

« Des orques… »

Je sursaute et empoigne mon épieu des deux mains. Cette voix tremblotante semble être sortie de nulle part. La pénombre dans laquelle est plongée la rue n’aidant pas à mieux voir. Aux reflets métalliques que je parviens à distinguer au-dessus de moi, je constate que Sarenrae a elle aussi sortie son arme. J’élève alors la voix, essayant de ne pas trahir le manque de confiance total dû à la situation dans laquelle je suis.

« Qui… Qui êtes-vous ? »
« Des orques… Une bande de pilleurs a attaqué le village… Nous avons été surpris… Ils ont brûlé les maisons… Ils… »

Pendant que l’inconnu continue de parler, j’essaie de me rapprocher de la source de la voix. Mes yeux commençant à s’habituer à l’obscurité, je distingue une forme noire se détacher des murs des maisons. Je me rapproche de ce qui semble être un être humain. Ce dernier est au sol, légèrement adossé à une cloison. Arrivé à son niveau je m’accroupi et le redresse. J’entends qu’il respire avec difficulté. Un liquide chaud coule le long de mes doigts. Du sang…

« Laissez-moi vous soigner. »
« Il est trop tard… Trop tard pour moi… Fuyez… Tant qu’il est encore temps… »

Je n’ai même pas le temps d’ouvrir la bouche, que sa tête s’affaisse. L’homme vient de rendre son dernier souffle. Le silence gagne alors la ruelle, si ce n’est les clameurs et les craquements du feu qui éclate qui continuent. Je tourne alors ma tête vers Sarenrae.

« Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? »
« On ne peut pas laisser des orques raser un village. Il faut agir ! »
« Mais s’ils sont trop nombreux ? »
« Alors, on aura essayé. »

Je déglutis. Après tout, elle n’a pas tort. C’est aussi à ce genre de situation que ma formation de milicien m’a appris à faire face. Du moins, en théorie. Il est temps de ne pas entièrement renier mon passé. Je pousse une profonde expiration, récupère mon épieu et me relève. Nous nous dirigeons tous deux, silencieusement, en direction de la place du village, où l’action semble se dérouler.

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 Sujet du message: Re: Les plaines et collines autour d'Oranan
MessagePosté: Jeu 12 Oct 2017 04:09 
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Se noyer... Voilà un danger qui attend. Un danger que l'on ne soupçonne pas ou tout juste à peine. Phyress se sentait flotter. Elle était en apesanteur sur l'onde opaline d'un lac à l'eau si claire que l'on devinait sans mal le fond. Le soleil créait des centaines de petites étoiles scintillantes à sa surface ridée, la jeune femme, les bras écartés, offerte, se laissait bercer. Une vague plus cinglante toutefois vint claquer son visage, le pincement de l'eau froide lui laissait une sensation moins agréable. Elle pensait qu'il s'agissait là d'un inconvénient isolé mais il se reproduisit, presque aussitôt. Et une fois encore.

Ses bras ne s'écartaient plus, l'onde s'agitait et elle semblait faire remuer ses épaules comme si le lac était devenu fou. Il n'y avait plus rien d'agréable à s'y laisser porter. Et soudain, une vague plus puissante et glacée lui claqua le visage, faisant entrer de l'eau dans ses narines, sa bouche et ses oreilles, lui donnant un sentiment de surdité, exacerbant ses sens. Elle ouvrit enfin les yeux et entendit malgré le bouchon d'eau dans son oreille droite :
" Ah ! Enfin. D'abord des claques sur la joue, ensuite on vous a remuée comme un pommier, faut pas s'étonner. Aux grands maux les grands remèdes. "

C'était un de ses hommes en armure complexe et intégralement noire qui se tenait devant elle, pendant dans sa main droite le récipient qui devait contenir l'eau qu'elle venait de prendre en pleine figure. Elle s'était redressée en catastrophe, sentant l'irritation de l'eau dans son nez, recrachant le peu qui s'était infiltré dans sa bouche et s'essuyait les yeux d'un revers de manche. La sensation était différente, elle ne portait pas sa tenue habituelle, celle-ci était composée d'une matière plus étrange. Ca lui revenait enfin. Elle s'était aventurée dans un monde inconnu, c'est là qu'elle hérita de cet attirail des plus singulier. Mais pourquoi était-elle revenue ? Qu'est-ce qui s'était passé ?

" Mais... J'ai été ? Je suis où là ? On m'a attaquée ? "

L'armure noire remuait la tête de lassitude. L'homme fit tomber le seau à terre et d'un coup de botte l'envoya un peu plus loin. Phyress réalisait maintenant qu'elle était dans le campement du début, là où son aventure étrange avait commencé. La nuit allait tomber sous peu, à moins que ça ne soit l'aube. L'air était frais, à moins que ça ne soit sa récente douche. Déboussolée, la jeune femme ne comprenait pas mieux les dires de l'armure noire.
"Un témoin raconte que vous emboîtiez le pas derrière un aventurier et que vous avez été percutée de plein fouet par un drone. Juste à l'arrière du crâne. Depuis vous êtes complètement évanouie. "
" Un quoi ? " Demandait-elle avec une grimace criante d'incompréhension.
" Qu'importe de quoi. Vous devez quitter le campement, maintenant, avec un peu de chance vous rejoindrez la ville avant qu'il ne fasse trop noir. Et vous n'avez plus besoin de ça."

Il tenait dans son autre main le paquet d'Izurs ainsi que le moyen qu'elle avait de communiquer sur place, de toutes façons, ça ne lui était pas utile en ce monde, et dans sa hâte, le soldat lui laisserait peut-être l'occasion de partir avec son nouvel arc et sa tenue. Phyress se releva en se secouant les cheveux et ramassa son sac et son arsenal, l'homme la laissait passer, se décalant d'un pas pour lui dégager le passage et la regarda partir comme elle était venue. Seule.

(" Quand même... Il aurait pu m'expliquer ce qui s'était passé. Ou simplement me dire combien de temps je suis restée sans connaissance. ")

La jeune femme fit quelques pas dans les sous-bois, escalada quelques buttes de terre dans lesquelles s'entremêlaient un nid de racines noueuses semblables à des serpents dans l'obscurité grandissante. La petite blonde savait qu'elle profitait des derniers rayons de soleil et qu'il lui fallait trouver au plus vite sa route afin de ne pas errer dans les bois toute la nuit sans endroit où dormir.

Elle fit confiance à son nez, humant des odeurs de fumée et de viande grillée.
(" Je le savais ! Au final, même si c'était très court, je suis sûre que ça m'a aidé à développer mes sens, et puis de toutes façons, ça se travaille, je pourrais essayer de m'entrainer à devenir pisteuse. Traquer des animaux, empêcher les braconniers de nuire ou même être dans l'armée, je pourrais essayer de traquer les orques ou les gobelins ! Voilà. Je... ")

Phyress écartait quelques branches touffues et découvrit derrière un campement aux tentes noires. A son approche, quelques soldats en armure noire vinrent à sa rencontre.
" Encore toi ? "
(" Merde. Perdue. Je suis complètement perdue. ")

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 Sujet du message: Re: Les plaines et collines autour d'Oranan
MessagePosté: Ven 13 Oct 2017 03:51 
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Voyant le visage déconfit et déjà lassé d'entendre les excuses bafouillées par la jeune femme, le soldat en armure s'était armé d'une torche et avait décidé d'escorter la jeune femme jusqu'au chemin le plus proche. Ils avançaient tous deux en silence, Phyress n'osait pas protester quant à la vitesse de son camarade qui avançait trop vite pour elle, la femme tentait de le suivre mais était plus gênée que lui dans les sous bois. Sans compter son arc à l'épaule qui s'accrocha à une branche et manqua de l'étrangler en remontant fatalement sous sa gorge alors qu'elle avançait à un rythme soutenu pour suivre son guide. Faute de pouvoir garder l'équilibre, elle tomba, tirée en arrière par son arc toujours accroché à la branche qui à son tour, craqua et lui tomba dessus.

L'armure se retourna et l'observa un instant. Phyress ne pouvait voir ses yeux, impossible donc de savoir s'il les levait au ciel ou s'il la regardait d'un air amusé, voire attendri. Ceci dit, vu le ridicule de la situation, elle estimait qu'il valait mieux ne pas se faire d'illusion et se hâta de se remettre sur pied, bredouillant quelques excuses tout en arrachant les feuilles coincées dans les poulies de son arc.

Phyress craignait que la nuit soit déjà tombée, mais lorsqu'enfin ils arrivèrent sur le chemin de terre, elle comprit que c'était les sous-bois qui donnaient un air si sombre. La faible lueur du soleil qui rosait le ciel ne parvenait pas à traverser les arbres et déjà, l'air lui paraissait plus doux, plus rassurant. Phyress se sépara du soldat qui s'était détourné d'elle, sans lui dire un mot. Elle aurait bien voulu le remercier mais elle se sentait un peu gênée d'avoir été un tel fardeau pour l'expédition qu'elle trouvait ça presque mal venu. Devait-elle rentrer chez elle ? Elle n'avait pas assez d'argent pour donner tort à sa mère, et si elle revenait ainsi bredouille, la vieille femme aurait là une excellente raison de la faire rester et de se tenir à son métier de tisseuse. Phyress soufflait, exacerbée par sa défaite cuisante. Mais comme toute chose qui se termine, elle laisse aussi la place à quelque chose de nouveau. La jeune femme loin de chez elle se sentait pousser de nouvelles envies d'aventures, de découverte et elle avait toujours ce puis intarissable qu'était sa curiosité, à satisfaire.

Sur une petite butte de terre elle grimpa en conquérante. De là, elle dominait le monde, face au magnifique soleil se couchait, le ciel rose, les nuages au loin, à la fois bleu et gris qui rayaient l'horizon surplombant les lieux de terre inconnues, ces vastes étendues où quelques villages typiquement Oranais sortaient du sol comme de gros champignons scintillants de feux lointains et tous riches en découvertes.

" Et oui. Tout ça, je peux toujours faire mes aventures ici. Je sais que là, ou là, peut-être là aussi se cache quelque chose de fabuleux que je n'osais à peine imaginer. Ce monde a beau être infiniment grand, je n'aurai de cess... "

La jeune femme fit un pas en avant de trop, elle glissa sur une racine humide et tomba en arrière, retournant son carquois et renversant par la même occasion la quasi totalité de ses flèches. Et ce n'était pas là le pire, Phyress continuait de glisser sur la terre humide et bientôt; la pente se fit trop raide pour qu'elle puisse s'arrêter seule. La jeune femme glissait, renversée et incapable de s'accrocher à quoique ce soit. Elle laissait derrière elle une trainée de flèches et de victuailles dont un trio de pomme qui dégringola avec elle.

Sa chute se termina d'un énième coup de malchance, dans une flaque d'eau croupie. Phyress trempée jusqu'aux os et tuméfiée de partout observait le vide un instant. Ses motivations de l'instant se transformaient en une immense lassitude. Peu après le silence qui suivait le bruit de sa chute, elle entendit de nouveau le chant des oiseaux nocturnes et le requiem des grenouilles étonnées d'une telle visite dans leur bassin d'eau croupie.


" Y'a pas à dire... L'aventure, c'est quand même quelque chose."

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