L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Les Portes Noires d'Omyre
MessagePosté: Sam 14 Mar 2015 14:11 
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Mais jamais ne revient.

La foule noirâtre des troupes d’Omyre grouillait autour des immenses portes noires bardées de piques en métal ou en pierre comme autant de fourmi autour d’une gigantesque fourmilière. Une animation qui, d’habitude, n’aurait pu que déplaire à l’Ogre, si elle n’avait été ici synonyme de dévastation et de chaos. Car oui, ici, nul marchand innocent, nul enfant guilleret courant dans les jambes des passants, nul chantre à la voix criarde hurlant les hauts-faits d’un quelconque champion divin des temps anciens. Ici, sous un ciel lourd de nuages noirs crachant leurs alluvions, les seuls bruits hormis celui de la pluie étaient des cris de colère, des grognements, des ordres rudes et des insultes lugubres. Les bruits des bottes bardées de fer qui giclent dans la boue ferreuse noyant les chemins, les crissements des armes dans leur fourreau contre les pièces d’armure, les cliquettements des gouttes sur les casques, qui faisaient luire à la lueur des faibles torchères les visages noirs et poisseux des entrants d’Omyre.

Dans cette masse, Gurth se remarquait tout de même. Moins que dans une cité peuplée de gens bien propres sur eux, mais tout de même. On ne pouvait ignorer un géant de plus de deux mètres avec un tel embonpoint. La capuche relevée sur son crâne chauve dégoulinait sur sa bure imbibée de crasse et de sang, qui laissait derrière lui une traînée macabre, sombre aux reflets rouges. Sa barbe noire entourant sa bouche crispée en une grimace affreuse était la seule chose que l’on pouvait voir, d’un premier abord, de son visage effrayant. Celui qui se serait arrêté pour le regarder avec plus de curiosité aurait pu voir, dans les ténèbres de cette coule de cuir, deux yeux quasiment blancs, qui fixaient intensément son but sans ciller : les portes. Rien ne l’arrêterait, désormais. Il entrerait à Omyre sans que nul ne se mette sur son chemin. Il passerait les portes noires, et en le cœur de cette cité trouverait l’essence même de tout son avenir, les ingrédients de sa guerre pour les Dieux Sombres. Il trouverait les outils pour fomenter ses plans les plus abjects, visant dans l’absolu la destruction de toute forme de vie ou de paix en ces contrées libres. Cela passerait par la destruction de la plus abjecte des cités représentant l’ordre et la vie : Kendra Kâr. La Capitale Sombre contre la Cité Blanche. Une guerre dans laquelle il allait s’immiscer, au nom de Thimoros.

De larges enjambées éclaboussant lorsque ses panards se posaient les alentours directs, l’emmenèrent à l’intérieur de l’enceinte de la ville. Les orques ne l’arrêtèrent pas… Il était commun, ici, de voir débarquer un être aussi sombre et effrayant. Nous étions bien loin des soldats bienpensants des villes libres, qui jugeaient sur l’apparence, signe de leur incompétence.

Gurth Von Lasch était à Omyre, désormais.
Et à présent, nul être ne l’arrêterait.

_________________
Gurth Von Lasch - l'Ogre de Tulorim

Je hais les testaments et je hais les tombeaux ;
Plutôt que d'implorer une larme du monde,
Vivant, j'aimerais mieux inviter les corbeaux
A saigner tous les bouts de ma carcasse immonde.
(Baudelaire - Le mort joyeux)


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 Sujet du message: Re: Les Portes Noires d'Omyre
MessagePosté: Dim 19 Avr 2015 02:02 
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Le ciel était d'un noir total. Un de ces noirs qui tendait plus vers la matière que la nuance comme si le ciel n'avait été qu'un le plafond d'une grotte titanesque sous laquelle grouillait et brillait la ville des Orques. Les portes étaient grand'ouvertes et la foule s'agglutinait jusqu'au poste de garde.

Les soldats Garzoks en armure de guerre patrouillaient le long des remparts. Sous les bottes, le sol tremblait et le vent sec agitait les étendards et les herbes folles. Sous le regard de plusieurs gardes, elle s'approcha et descendit de sa monture. Un soldat s'approcha d'elle, main tendue lui faisant signe de ne plus avancer.

" Pouvez pas laisser c'te bourrin ici. C'est pas une écurie. "

Lâchant délibérément la bribe de la monture, Hrist laissa le canasson s'en aller. Il n'irait pas bien loin, les environs grouillent de voleurs et d'opportunistes qui verraient en ce cheval abandonné l'occasion de se refaire un petit paquet d'argent ou un gueuleton, au choix.

Sous son casque, le solide garde de la cité soufflait un écran de buée qui résonnait d'un bruit de métal creux. Elle décala un pli de sa cape, dévoilant le dragon de bronze et la plume d'or accrochée à sa dague. Sans mot dire, il fit un signe de casque et l'invita à entrer avant de s'occuper du reste de la file qu'il somma de s'arrêter d'avancer sans quoi, il administrerait correction.

Les postes de garde passés, Hrist était enfin rentrée à Omyre et respirait de nouveau l'air tiède ambiant. Lebher et Pohélis avait rendu sa peau fragile sous l'effet du froid constant et bien que la nuit soit déjà bien avancée, Hrist trouvait qu'il y faisait drôlement bon et se félicita d'avoir pu rejoindre la ville aussi vite. L'estomac lui murmura d'un gargouillis rauque à quel point elle avait faim et au détour des ruelles qui menaient jusqu'au marché, elle pu trouver sur des échoppes des viandes séchées et des alcools vendus pour une misère. Son dévolu se jeta sur un pain noir à la viande. L'ensemble des étals grouillaient de mouches et les vendeurs pataugeaient dans la boue. Fort heureusement pour ses narines, ce n'était pas le marché où l'on trouvait le plus de poissons. Quelques bouchers massacraient une pièce de viande à deux pas des soulards qui se soulageaient sur un mur, mêlant pisse au sang sur cette terre assoiffée de carnages en tout genre. Rats, animaux divers, humains, esclaves, gobelin ou même orques, il y avait à chaque coin de rue un cadavre nu.

" Quand je pense qu'au départ, je me demandais pourquoi ils étaient toujours déshabillés... En réalité, rien ne se perd ici, je suis prête à parier que ce vendeur met déjà à bon prix les effets de ce triste type, là. "

Murmura-t-elle seule en poussant de la botte le cadavre d'un jeune humain. Ses blessures aux chevilles et aux poignets le désignaient autant comme esclave que la marque au fer qu'il portait sur l'épaule.

Elle croqua une bouchée de ce pain noir et sec et constata à quel point la viande était salée. Elle mâcha longuement avant de daigner avaler et se rendit dans une boutique qu'elle vit au coin de la ruelle.

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La petite ombre de la Mort à Elysian.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
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 Sujet du message: Re: Les Portes Noires d'Omyre
MessagePosté: Lun 1 Juin 2015 12:55 
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Vers Omyre - Deuxième jour


« Bordel… » siffle Beorth entre les dents en arrivant aux portes d’Omyre.

Le troisième jour de voyage s’était déroulé sans incident notable ; il avait été grossièrement soigné par un mercenaire faisant office de guérisseur avec ses quatre notions d’anatomie et d’herboristerie acquises sur le tas, puis le guerrier s’était remis à la marche, un peu gêné encore par sa blessure. Une nuit et il ne s’en soucierait plus.

« Ca en jette… » complète Gaspard.

(Merde… Même si une troupe se taille un chemin dans la plaine jusque là… Ben j’sais pas comment elle va devoir faire sans au moins trois dieux derrière elle… Faut déjà un sapré matos pour ouvrir un trou dans c’te mur…)

Sans compter le déploiement de force sur les hautes murailles noires, avec des balistes, de grosses arbalètes, probablement pléthore d’archers, et des flèches à ne plus savoir qu’en faire sinon cribler les imprudents venus trainer leurs guêtres là où il ne faut pas. Sans compter le déploiement au sol, des fantassins à l’air redoutable en nombre suffisant pour repousser l’attaque d’une armée qui aurait déjà été salement éclaircie par l’averse de traits.

(Eux doivent avoir des ennemis à la hauteur…) songe Beorth, alors qu’un sourire mauvais se dessine sur ses lèvres à l’idée d’enfin dissiper la pesante langueur de l’ennui. A peine entend-il Gaspard continuer à déverser son habituel babil.

« … plombée comme pas permis. Trouver une pute propre dans tout c’merdier, c’est comme trouver un diamant dans une fosse à purin. Ch’rais toi, j’f’rais gaffe. S’trainer une chaude pisse, ou avoir les bourses en feu quand on part en campagne… Pas bon ça… J’me souviens d’un type à Exech, y f’sait dans l’exotique. L’genre pas humain. Quelques elfes, hors de prix ! Pis après, toutes les races un peu bizarres… Tu sais, l’genre que tu t’dirais bien d’essayer, histoire d’pas mourir con. Ben j’ai tenté une garzoke… Une gueule à faire tourner le lait ! Pis des crocs plein la bouche ! Pas moyen qu’j’y colle l’dard dedans, trop peur d’l’y perdre ! Mais une fois entre les cuisses… La peau, pas l’genre que tu caresses, mais en d’dans… Du v’lour ! D’puis, j’me dis, Gaspard, tant qu’tu sais pas, faut essayer si ça t’paraît propre, et pas trop animal. Les liykors, j’crois qu’j’pourrais pas, trop bestiau comme truc… Pis c’qu’à une paire de couille non plus d’ailleurs ! Y’a des gars qui crachent pas d’sus, j’sais bien, mais moi j’dis, un p’tit trou et deux nichons, c’est tout c’qui faut à une homme pour… »

« Avant d’songer à c’que j’vais baiser ici, j’aim’rais bien savoir si j’ai ma place, ici. On fait quoi, maint’nant qu’on est là ? »

« Bah comme d’hab’. On suit l’chef, et pis une fois arrivés, j’pense qu’t’auras qu’à aviser. D’toute façon, r’gad’ autour de toi. T’as du muscle, t’as une hache, si t’as les tripes, tu trouv’ras toujours d’quoi faire. »

« Mouais. »

_________________
***


La plupart des hommes aimaient mieux être appelés habiles en étant des canailles qu'être appelés des sots en étant honnêtes : de ceci, ils rougissent, de l'autre ils s'enorgueillissent.

Thucydide, Guerre du Péloponnèse III, 82


Beorth - Humain - Guerrier


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 Sujet du message: Re: Les Portes Noires d'Omyre
MessagePosté: Dim 26 Juil 2015 18:04 
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Interlude – Voyage à Omyre

~ Si jamais je vois encore une colline je... Non... Par pitié..

C'était devenu une routine bien ennuyante pour elle, un pied devant l'autre, éviter les petits trous, puis un nouveau pied. A cet instant elle ne pouvait imaginer plus désespérant que le voyage à pied, comprenant aisément la nature sédentaire de sa race. Les étendues sauvages n'apportaient rien de passionnant ni d'intéressant, elles ne se composaient que de landes à portée de vue, la seule fluctuation se trouvant dans les différences de niveau apportées par les collines, elles aussi portant jusqu'à l'horizon.

Certains auraient pu découvrir une sorte de quiétude dans cette pause de leur existence, leur vocation ne se résumant qu'à marcher plus au moins droit et d'éviter les pièges traîtres de la route, pièges pouvant vous coûter l'usage d'une cheville et peut-être même la vie si vous étiez dans le même état que la jeune Shaakte, l'esprit commençait alors à vagabonder, s'élevant vers des contrées que le matérialisme et le rythme effréné de la vie en ville ne lui permettait pas d'imaginer en temps normal.

L'esprit épuisé de la jeune femme, la peau irritée par le soleil qui ne cessait jamais de darder la silhouette solitaire de ses rayons et ses yeux affaiblis par la luminosité ne l'aidaient pourtant pas à se projeter plus loin qu'elle-même, elle restait désespérément centrée sur ses problèmes immédiats et ceux à venir.

Encore un pas, éviter un trou, un autre pas.

Voilà presque deux jours que cette routine s'était installée, elle avait quitté Dahràm le pas tout d'abord hésitant, puis avec la marche ses muscles s'étaient dénoués, ils avaient repris de la vigueur après son séjour en cellule, elle avait vu ce changement comme un bon signe, une faveur de Valshabarath qui appréciait son entêtement, aussi lui offrit-elle son seul repas ce soir-là, un mulot qu'elle était parvenue à surprendre près d'elle. Schezalle n'y toucha pas après le sacrifice, abandonnant la viande près d'un trou d'araignée non loin, mésestimant l'effet de la faim sur son esprit.

Elle comprit son erreur le lendemain, se réveillant fourbue d'avoir dormi à même le sol, sans même le renfort d'une cape. Les bienfaits de sa déesse n'avaient pas duré et c'est une journée de douleurs qui avaient succédé à ce réveil hésitant. La faim et la soif se frayaient lentement un chemin dans son esprit, partie sans réserves, sans ressources, elle ne comprenait que trop tard la folie de son entreprise.

Un pas, on évite le trou, un autre pas.

La seconde aube qui la découvrit au bord de la route ne fut pas différente de la première, hormis peut-être dans l'état qu'elle arborait. Sa peau mâte, jadis douce comme un rouleau de soie se craquelait par endroit, rougissant comme elle le pouvait sous le coup de la morsure du soleil, elle n'avait pas cherché à manger, elle n'avait pas cherché à boire, elle ne cherchait qu'à marcher, continuer à avancer sur cette route qui devait bien avoir une fin.

Son esprit s'entêtait à vouloir voir tout ceci comme des épreuves de sa déesse, des conséquences de son échec dans cette ruelle obscure, de sa faible face à un homme, donc un seul coup avait suffit à l'étendre sur le sol. Yuia en soi remerciée, il n'avait pas jugé bon de disposer de son corps à ce moment-là, mais cela ne faisait qu'accroître ce sentiment d'humiliation, être suspendue à la seule compassion d'un autre être, d'un mâle qui plus est.

Aveuglée par ses pensées, finalement plongée dans ses souvenirs, elle ne vit pas le prochain trou, elle ne se vit pas tomber, mais elle sentit le choc violent de la route sur son épaule, sa peau hurlait à chaque contact avec le sol alors que sa glissade ne voulait pas s'arrêter. Elle comprit enfin que ce n'était pas sa peau qui hurlait, mais bien elle, sa gorge sèche ayant déformé sa voix. Tentant de lever les yeux elle put apercevoir un nuage de poussière s'élevait plus loin, elle avait quitté la route, elle aurait dû appeler à l'aide, lever le bras, tenter de se faire remarquer, mais le souvenir de la ruelle lui revint en tête et elle s'abstint de tout mouvement, attendant.

Avec le temps, observant cet étrange nuage s'élevant devant elle, elle se rendit qu'il n'était pas unique, il ne s'agissait pas d'une immense traînée de poussière, mais bien de deux, lui poursuivant l'autre.

Elles se rattrapèrent presque au-dessus d'elle, la courbe de la colline lui masquant la vue, elle ne put se fier qu'à son ouïe. Des voix, rauques, gutturales, comme elle n'en avait encore jamais entendue, puis des jappements. Ils lui rappelaient ceux des loups qu'elle avait observé dans l'écurie de Dahràm, de pauvres bêtes qu'elle aurait bien lâché sur le gérant de l'endroit.

Un court échange s'ensuivit, bien qu'elle ne puisse percevoir les mots à cette distance, elle en saisissait le ton, une voix, calme, presque amicale parlait d'un ton régulier tandis qu'une autre lui répondait, plus pressée, d'un ton implorant. Elle savait ce qu'il se passait, elle l'avait déjà observé, les derniers instants d'un être étaient souvent marqués par la perte de leur dignité, tentant de s'accrocher à chaque seconde. Le premier coup résonna longuement dans le paysage, le choc métallique lui ayant vrillé des oreilles qu'elle pensait pleines de poussières.

Se retenant de pousser un gémissement, elle attendit la fin. Ce moment arriva vite, comme un soupir, un dernier relâchement, puis plus rien...

Des bruits de fouilles, encore une fois cet étrange chant métallique, synonyme d'une lame au clair et enfin des jappements, à nouveau, le nuage de poussière s'éloignant dans le sol qu'elle était supposée suivre.

Schezalle attendit un long moment encore avant d'oser bouger. Enfin, elle se sentit prête à émerger, tendant lentement le bras, redoutant de faire à nouveau marcher ses muscles, elle se surprit à ne pas souffrir autant qu'elle s'y attendait, mue par la curiosité autant que par la faim, elle se releva de moitié et entreprit l'escalade de la colline.

Elle émergea moins d'une minute au sommet de cet obstacle qui lui avait semblé insurmontable vu d'en bas, la route lui apparaissant de nouveau, elle fouilla les environs du regard pour rapidement tomber sur la scène du dernier repos de l'un de ces étranges cavaliers.

La jeune shaakte s'approcha a pas de velours, bien qu'elle sache que cette forme n'allait pas bouger de sitôt, le Garzok étendu là n'avait plus grand chose dans l'estomac, une longue entaille lui ayant ouvert du plexus jusqu'au bas-ventre, il s'était vidé sur le cadavre de sa monture, un loup au pelage plus sombre encore que la peau de son cavalier reposé sous le véritable monstre, la langue pendante, les yeux exorbités.

Schezalle entama rapidement une fouille en règle du cavalier et des fontes de sa monture, la première chose qu'elle découvrit, elle le fit dans la main desséchée du cavalier. Un coutelas, lourd et passablement émoussé, il ne lui servirait à rien lors d'un combat, sa poigne clairement peu adaptée à celle d'un Shaakte, mais elle pourrait au moins s'en servir pour intimider ou couper, un outil plus qu'une arme, mais une bénédiction dans les deux cas.

Dans l'autre main elle découvrit un doigt manquant et les phalanges abîmées, peut-être à cause d'un coup ou alors plus vraisemblablement au retrait des richesses apparentes du mort. Elle ne s'attarda pas plus longtemps sur ce membre, s'attaquant plutôt à délester le cadavre de sa lourde cape pour aligner le reste de ses trouvailles dessus. Elle découvrit au cours du reste de sa fouille une petite bourse, ne recelant que quelques Yus en compagnie d'une pierre, un étrange galet dont l'une des faces se trouvait gravée d'un symbole unique. Elle découvrit par la suite de quoi survivre au reste de sa marche dans les fontes de selles, de la viande séchée, ainsi qu'une outre d'eau. En enfin pour dernière découverte, deux parchemins scellés, elle ne reconnut pas le cachet de cire et les supposa codés, aussi les glissa t-elle avec le reste de ses trouvailles dans l'une des poches des fonte, enfournant rapidement une partie de ses nouvelles ressources dans cette bouche qui la faisait souffrir à chaque mouvement de la mâchoire, se drapa de la cape et recommença sa marche sans un regard pour le corps qu'elle abandonnait.

Du reste de son voyage elle ne garda guère de souvenir, un pas, un autre, attention au trou. Cette routine s'étant rapidement réinstallée après la brève pause qu'avait représenté sa chute et la découverte du cadavre. Elle aurait presque pu se persuader qu'elle avait rêvé si elle ne pouvait sentir à nouveau quelque chose dans son ventre et le poids de la cape sur ses épaules.

C'est avec un long soupir de soulagement qu'elle aperçu enfin une construction, de loin tout d'abord, comme une rupture dans la chaîne de montagne qu'elle avait à présent en face, cet étrange sentiment qui l'emplissait alors qu'elle la voyait presque grandir à chaque pas, un sentiment proche de la joie qui s'évanouit à l'instant où la forteresse projeta son ombre sur elle.

D'un instant à l'autre, d'un pas à l'autre, elle était soudaine passée de l'après-midi d'une journée au coeur de la nuit, ses yeux ne luttaient plus pour percevoir les détails, retrouvant petit à petit la netteté de sa vision, elle sentit sa gorge se nouait alors qu'elle découvrait ce qui la surplombait. Des murailles que cent guerriers, les uns sur les épaules des autres, n'auraient pu surmonter, une largueur qui la faisait paraître comme une seconde montagne à l'intérieur de la chaîne et enfin cette couleur... Ce noir si profond que même ses yeux ne parvenaient pas à le percer.

C'est dans un état second qu'elle franchit les dernières centaines de mètres qui la séparait des portes, envoûtée par ses murs qui semblaient conçus à partir de la trame même du néant, absorbant la lumière plus qu'ils ne la bloquaient.

Schezalle ignorait si elle appréciait ou avait peur de ces murs, mais ils exsudaient littéralement de puissance, si elle devait trouver un endroit pour acquérir ce qu'elle cherchait pour se venger, ce serait derrière eux.

C'est avec une résolution nouvelle emplissant son regard qu'elle tourna les yeux vers les sentinelles, derniers obstacles entre elle et son objectif.



_________________


Récit - #4080BF
Parôles - #8040FF


Dernière édition par Schezalle Auvryndar le Mar 4 Aoû 2015 15:25, édité 4 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Portes Noires d'Omyre
MessagePosté: Mer 29 Juil 2015 18:47 
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Les portes noires de la ville d'Oaxaca étaient assez terrifiantes, et si Elina n'avait pas été accoutumée à la violence et à la terreur depuis sa plus tendre enfance elle aurait certainement été impressionnée par les quelques garzoks qui patrouillaient ça et là, s'en prenant à des malheureux passants au hasard, refusant l'accès à la plupart des humains qui osaient s'approcher, ou pire, les acceptant dans leur cité, mais enchaînés et sous bonne garde. Omyre n'était pas une ville où il faisait bon vivre, elle n'était pas belle, elle ne sentait pas bon et n'importe quel esprit sain se devait d'avoir peur en approchant d'elle.

Heureusement pour elle, Elina avait été élevée à la dure, et elle savait que le meilleur moyen de passer sans se faire repérer était de ne pas être choquée par l'ambiance nauséabonde de la cité. Ca... et un peu de chance. Seulement ces derniers jours, la fortune faisait défaut à la jeune humaine, et cette occasion ne marqua pas la fin de sa malchance.

Elle venait de faire un voyage qui aurait dû lui prendre une journée de marche en deux jours entiers, tant à cause des vertiges qui l'assaillaient régulièrement et lui imposaient des pauses intempestives que des multiples aléas qui semblaient vouloir s'acharner sur elle, à commencer par son sac de nourriture volé par un sale gobelin – lui imposant de chasser alors qu'elle n'était muni que d'une simple dague – jusqu'à sa cheville prise dans un piège à loup – la forçant à s'administrer quelques soins de fortunes en plein milieu des bois sombres, et lui laissant un boitillement légèrement incapacitant – en passant par la pluie qui se mit à tomber au pire moment et à un débit rare, la retardant plus encore.

Et voilà que, cerise sur le gâteau de ses multiples pépins, alors qu'elle avait presque passé le seuil de la cité, un garzok croisa son regard et décida de venir l'embêter un peu.

« Ah ! Une humaine ! Et quel morceau ! » fit-il en langage commun en zyeutant la donzelle de haut en bas d'un air appréciateur, ce qui ne manqua pas d'attirer l'attention de ses collègues. « Tu es intéressée par une carrière de pute, ou tu es juste suicidaire ? »

Elina grimaça. A Omyre, mieux valait être connu si l'on était humain, au risque de se voir emmener aux geôles – si l'on avait de la chance – ou, quand on était un joli brin comme elle, de passer un sale quart d'heure dans la milice locale. La jeune femme afficha un air assuré avant de se tourner vers le garde.

« Ni l'un ni l'autre, » répondit-elle en garzok. « Je viens de la part du clan Bro'Graz. »

Le sourire du milicien s'effaça immédiatement. Il semblait savoir qui elle était, soudain.

« Tu es la pute de "fille" de Grarnor ? » cracha-t-il dans la même langue en insistant bien de manière méprisante sur la parenté entre Elina et son père.

La jeune femme hocha la tête, toujours impassible. Le clan Bro'Graz n'était pas d'une taille inégalée, mais réunir cinq cents garzoks dans le même campement pendant si longtemps sans provoquer d'émeute était un fait assez rare pour qu'il éveille la curiosité des habitants de la ville. Et si Elina n'était elle-même pas connue, l'histoire de la petite humaine que Grarnor élevait comme sa fille, elle, était assez célèbre parmi les orques citadins. Seulement dans cette histoire, la jeune femme était soit haïe, soit raillée.

Le garde sembla vouloir ajouter quelque chose, mais un de ses confrères posa sa lourde main sur son épaule pour le calmer.

« Elle vaut pas la peine que l'on se mette mal avec les Bro'Graz, » fit l'autre calmement.

Contrairement aux histoires populaires dans les autres régions, tous les garzoks n'agissaient pas avant de réfléchir, et Elina en remercia le ciel. Consciente d'avoir eu une certaine chance dans son malheur, elle profita de l'occasion pour entrer dans la capitale aussi vite que possible, mettant quelques mètres entre elle et le garde belliqueux.

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 Sujet du message: Re: Les Portes Noires d'Omyre
MessagePosté: Mer 7 Oct 2015 03:33 
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Comme à son habitude, Fiori le passeur avait fait preuve de grande ingéniosité pour le voyage. Hrist le harcelait de questions, nerveuse, songeant à la façon dont son dernier voyage s'était organisé.

" Sois assuré que si tu comptes me laisser moisir au fond d'un tonneau à poissons cette fois encore... " Elle baissa la tête et envoya un coup de botte dans un petit cailloux qui alla rebondir jusqu'à cogner la roue du chariot de Fiori. Sur son char, il avait fait installer une grande barrique de vin et de nombreux sacs de cuirs contenant de quoi tenir le long de voyage.

" C'est là d'dans qu'elle voyage. Votre carrosse est prêt, princesse. " Lança-t-il avec un petit sourire satisfait. " Il conviendra bien sûr qu'elle y rentre discrètement. Le fond de la barrique est aménagé pour une personne de petite taille. Le reste contient du vin, et ouais. L'vieux Fiori a pensé à tout. "

" Sauf à mes blessures. " Dit la femme d'une voix cassante en se massant douloureusement les côtes. Sa tenue était toujours raide de crasse et seule sa cape avait été quelque peu dépoussiérée. La propreté était un luxe presque inaccessible sur les grandes routes, la femme laissa de côté ses espoirs d'être un rien décente même pour l'objet de sa mission.

" Quel est le programme ? "

" Et bien, c'est facile. On se dirige vers Mertar récupérer un chargement de minerais pour le conduire à Kendra Kâr. C'est un chargement officiel. Pas de fouille, le bijoutier qui finance le voyage a payé gros pour que les gardes ne s'en approchent pas. Il a trop peur des voleurs. Ironie hein ! Elle va voyager sur un vrai lit d'or et d'émeraudes. Heureuse ? "

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 Sujet du message: Re: Les Portes Noires d'Omyre
MessagePosté: Dim 24 Avr 2016 19:20 
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Localisation: Entre Kendra-Kâr et Omyre
Keylan progressa jusqu'aux portes, tout d'abord écrasé par la chaleur du Soleil, puis par la vaste ombre des murailles, une fois proche de la ville.
Désormais, sa jambe à partir de son mollet était empoissée par le sang sortant de la plaie à son genou. Saleté de rocher.

Une fois devant la porte, une poignée de garzoks se planta devant lui.
Ce qui ressemblait le plus au chef de la bande, imposant dans son armure, le jaugea du regard, son regard s'accrochant un léger moment sur la tête de Lato pendu à sa ceinture, ainsi que sur son genou ensanglanté.

«Pourquoi je laisserait passer un humain ici ?» commença-t-il dans un language commun haché par son accent.

Keylan tapota la tête de Iuric, qui commençait déjà à se décomposer avant de répondre.

«Ce gars-là a tué toute ma famille. J'ai plus rien à perdre.»

Le garzok pencha la tête de côté, ayant l'air de réfléchir à la validité de l'argument.

«Tu pisses le sang, t'attend pas à trouver des soins gratuits pour les pouilleux dans ton genre.
- Je m'en fout, ça cicatrisera. Je viens pour les Murènes.»

L'expression de l'orque changea subtilement. L'affaire devenait autre chose qu'asticoter un loqueteux.

«Mouais. Dans ce cas, si monsieur veut bien se donner la peine...» fit-il en s'écartant avec un sourire moqueur et les bras pointés vers la porte en une parodie d'invitation courtoise.

Keylan l'ignora et entra en boitillant dans Omyre.

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 Sujet du message: Re: Les Portes Noires d'Omyre
MessagePosté: Dim 4 Déc 2016 22:10 
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Je m'approche des hautes portes d'Olath quasiment pur et contemple, en haut, les gardes qui la parcourent. Aussi larges que celles de Fan-Ming, j'en ressens un pincement au coeur. Il y a encore un an de cela, elles m'auraient paru invincibles, mais je sais, désormais, que des murs ne peuvent que ralentir un ennemi, pas l'arrêter. Je frissonne alors et songe que si l'un ou l'autre parti de cette guerre désirait réellement se lancer dans l'extermination de l'autre, rien ne pourrait l'arrêter. Les histoires d'Anouar me reviennent en tête, cette ville a déjà été vaincue une première fois, comme en témoigne le blason du crâne et du fouet, mais surtout sa forme elfique comme me le souligne Anouar. La ville ancienne est elfique d'ailleurs, paraît-il.

"Halte, qui es-tu guerrière ?"
"Mon nom est Lisha, du clan de la lune Grise. Laisse-moi passer."
"Lune Grise, qu'tu dis ? Viennent d'où tes équipements ?"
Je respire un grand coup et parvient à maquiller cela en exaspération en répliquant au sous-fifre :
"J'les ai gagnés. J'ai tué la Massacreuse et j'ai pillé ses affaires. Et si tu veux pas que j'te découpe, tu dégages !"

Le garde me regarde l'air absolument pas convaincu et ce n'est que quand je sors l'épée de Leona pour la pointer sur la gorge du Garzok que celui-ci consent à me laisser passer sans discuter.

(Juste des brutes.) pensé-je en rengainant mon arme.

Je traverse les hautes murailles et me dirige vers les écuries, impossibles à rater vu le bruit et l'odeur, tandis que derrière moi la rumeur va bon train. A ce rythme-là, d'ici deux jours, toute la ville sera au courant et j'ai bien l'intention d'amplifier ce phénomène pour qu'il arrive aux bonnes oreilles...

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 Sujet du message: Re: Les Portes Noires d'Omyre
MessagePosté: Mar 31 Jan 2017 23:13 
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Le pèlerinage de rédemption entreprit par Kurgoth arrivait à son terme. Il se tenait à présent devant l'une des quatre gigantesques portes d'Omyre. Ces immenses plaques de métal sombre, aussi larges que les remparts d'Olath, étaient entourées de gardes en armure noire portant un crane de garzok brisé, symbole de la cité, sur leurs boucliers. Le soleil se levait encore mais il voyait déjà une petite foule amassée devant la porte. Bien que rentrant un par un après être contrôlés par les gardes, il n'y avait, comme à l'intérieur des murs, aucun ordre dans cet attroupement. Chacun poussait son voisin pour avancer, la seule règle qui semblait être respectée était de ne jamais percuter un garde auquel cas ce dernier se serait fait un plaisir de vous renvoyer dans le groupe en vous assénant un coup de poing, s'il ne décidait pas de vous tuer. Le garzok était plus impressionné par les imposantes murailles que par cet amas hétéroclite regroupant des humains, des garzoks, des shaakts et des sektegs se pressant pour entrer dans un chaos duquel ils ne ressortiraient probablement pas indemnes, si toutefois il parvenaient à survivre.

Avalant sa salive en passant sous l'ombre des remparts pour tenter de se donner du courage alors que la nuit s'abattait à nouveau sur lui, Kurgoth pénétra la foule d'un pas décidé dégageant négligemment de son chemin les créatures plus petites et les intimidant d'un regard menaçant pour les dissuader de répliquer, même si sa marche rapide leur en aurait pas laissé le temps. Il épuisait ses dernières forces dans cet effort, lui qui était déjà affamé. Mais son ventre criant famine, bien qu'il le tiraillait de douleur, l'aidait aussi à maintenir à distance tous ceux qui n'ignoraient pas les tendances cannibales des garzoks. Il parvint finalement devant les deux gardes patibulaires chargés de filtrer les entrer, lesquels le stoppèrent brutalement.

"Où crois-tu donc aller ainsi toi?! Donne ton nom et dit nous ce que tu viens faire à Omyre par Oaxaca!"

Le garzok dévisagea ses camarades de la tête aux pieds tandis qu'ils faisaient de même envers lui. Comme tous les guerriers garzoks, ils portaient sur eux les marques de tous leurs affrontements, via de hideuses cicatrices qui dépassaient de leurs armures, mais le guerrier s'intéressait d'avantage à leur matériel.

(Bel équipement, une fois ma dette à Thimoros payée je devrais songer à m'engager dans la milice... après tout si ce que l'on m'a dit sur cette ville est vrai, ce ne sont pas les combats qui manqueront pour m’entraîner... et quitte à se battre, autant avoir une armure fournie aux frais de la reine.)

"Hé! Tu vas répondre?! Ou peut-être préfères tu voir ma kikoup de plus près... plantée dans ta gorge par exemple qu'en penses-tu?!"

Bien que son collègue ait ri, Kurgoth sentait que le garde borgne était sérieux et que le coup qui avait accompagné son rappel à l'ordre serait rapidement accompagné d'un autre plus violent. Ils les avait déjà bien assez fait attendre. Il écarta donc son gilet, dévoilant aux miliciens sa poitrine gravée d'un scorpion et d'un corbeau à trois yeux, symboles de Thimoros et Phaïtos, respectivement dieux de la guerre et de la mort, avant de répondre d'un ton à la fois serein et glacial:

"Kurgoth vient prier les dieux."

Alors que son interlocuteur, méprisant le ton de la réponse obtenue, s'apprêtait à le battre à nouveau, son compagnon intervint prestement:

"Entre donc puisque ce sont les dieux qui t’amènent, suis cette rue et elle te mènera au temple de Thimoros. Il te faudra cependant contourner le palais si tu souhaites atteindre celui de Phaïtos. Suivant!"

Notre héros réajusta son haut de cuir et avança, maudites soient ses scarifications, à jamais elles lui rappelleront son ancien mentor et chaque fois qu'il en profiterait il se sentirait accepter la traîtrise subie... Maudit soit il et maudites soient elles! Alors qu'il fulminait en s'éloignant, il tendait l'oreille aux paroles échangées dans son dos.

"Tu n'allais quand même pas le frapper? Tu as vu les symboles gravés à même sa chair? C'est surement encore un de ces tarés de fanatiques qui se laissent torturer de plein gré! Et si t'es assez stupide pour provoquer la colère de Romthaars’t en tabassant ses petits protégés, grand bien te fasse mais moi je préfère l'éviter comme la peste!"

"Ce minable me défiait du regard! Mais t'as raison l'autre malade serait capable de prendre ça pour un blasphème et venir nous éventrer... Par contre, ils sont pas sensés se balader en bure pour qu'on les reconnaissent ces types là?"

Kurgoth n'entendit pas la réponse, le bruit du chaos qui l'entourait était déjà assourdissant alors qu'il entrait dans la rue qu'on lui avait indiqué.

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 Sujet du message: Re: Les Portes Noires d'Omyre
MessagePosté: Jeu 16 Mar 2017 22:27 
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En passant sous l'ombre gigantesque projetée par les remparts d'Olath non moins démesurés, les deux compagnons commencèrent à distinguer de discrètes silhouettes en armes les observant depuis le haut de l'édifice titanesque. Kurgoth senti alors l'enfant, comme à chaque fois qu'il appréhendait quelque chose, se rapprocher de lui.

"Un problème?"

Eden se retourna vers son interlocuteur et en le dévisageant répliqua:

"Et ça t'étonnes? Je te rappelle que pendant que tu te la coulais douce dans le temple, moi je survivais dans la ville, et ces gardes ne m'aidaient pas, bien au contraire! Normal que j'ai pas envie de m'approcher d'eux..."

Eden avait définitivement une certaine répartie et ils se contentèrent d'avancer en direction des portes en évitant de s'approcher des gardes plus que nécessaire. Il régnait une certaine agitation autour des portes, surtout à l'extérieur où les gardes étaient postés. Surveiller les entrées était en effet ennuyeux à mourir et puisque les voyageurs n'avaient guère envie de patienter entourés de gardes qui n'attendent que de leur sauter dessus, chacun essayait de pousser son voisin tout en évitant soi-même d'être bousculé sur un garde. Le passage destiné à ceux souhaitant sortir de la ville était relativement plus calme, en effet s'ils ne pouvaient traverser, les voyageurs n'étaient pas abandonnés en terres arides. Par ailleurs les gardes concentraient leur attention sur ceux qui ressemblaient le plus à des esclaves en fuite où ceux dont le signalement leur avait communiqué et étaient suspectés d'espionnage. Au moment de passer devant les soldats, l'un d'eux interpella Kurgoth.

"Enlève donc ta capuche pour montrer ton visage, nous devons contrôler tout le monde même les prêtres de Thimoros."

Le guerrier s’exécuta, révélant aux gardes et à Eden ses balafres alors que tous esquissèrent un geste de recul. Profitant de l'espace dégagé devant lui il remit sa capuche et avança, lâchant simplement au garzok en armure noire:

"Je ne suis pas encore prêtre, seulement fanatique."

Eden tenta de le suivre mais il senti une large main l'attraper au col.

"Et où crois tu aller toi? Retourne vers le maître dont tu t'es échappé si tu ne veux pas que je te dévore! Et donne moi ça, je confisque ce que tu as volé!"

Réalisant que son apprenti ne l'avait pas suivit, Kurgoth ignora totalement le garde et s'adressant à l'enfant d'une voix sévère il dit:

"Je t'ai ordonné de rester sur mes talons! Dépêche toi, on a assez perdu de temps!"

Profitant du moment d'hésitation du garde qui n'était pas certain de tout comprendre, le jeune garçon se dégagea et récupéra ses affaires en se lançant à la poursuite de son mentor. Un garde s'élança à sa suite mais, lorsque son regard croisa celui du fanatique, il se figea. Les deux garzoks se jaugèrent du regard jusqu'à ce qu'un garde plus haut gradé ne les interrompe.

Perds pas ton temps avec lui, c'est un taré pour être rentré dans les ordres de Thimoros. Le gamin est surement avec lui, et au pire c'est pas notre problème ... tant qu'on a pas affaire à Romthaars’t, on s'en tire bien.

Kurgoth était à la fois satisfait du privilège, certes tout relatif, associé à sa position, mais dans le même temps frustré que cela ne soit dû qu'à la réputation du grand prêtre et pas à celle qu'il se serait bâti de lui-même. Quoiqu'il en soit, il avait un sacrifie à chasser, et une fois cette tâche accomplie, il serait enfin libre de son assujettissement au grand prêtre qui était si craint dans cité noire.

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Dernière édition par TheGentleMad le Dim 24 Sep 2017 22:03, édité 3 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Portes Noires d'Omyre
MessagePosté: Dim 23 Juil 2017 21:10 
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Le malaise de la veille lui faisait encore tourner la tête. Il serrait dans son poing la feuille médicinale qu'on lui avait conseillé de mâcher à chaque nausées et hésitait à se jeter du haut des remparts la tête la première ou bien quérir le premier guérisseur venu. Etrangement, l'alcool lui vint également en tête en potentiel remède : il pourrait laisser tomber ses ambitions et se contenter de vivre de beuverie nuit et jour jusqu'à ce qu'enfin ses péchés ne finissent par le rattraper. On payait toujours ses vices un jour ou l'autre.

La réflexion le fit sourire alors qu'il marchait d'un pas léger et prudent vers les larges portes surfréquentées, qui s'élevaient de toute leur horreur au dessus du commun des mortels. Il fallait être fou pour vouloir attaquer cette ville, et les portes noires étaient là pour dissuader même les fous assez ambitieux pour le tenter. Les garzoks postés là n'étaient pas là pour blaguer ou même discuter, et les cadavres s'empilaient bien souvent sur le bas côté à l'extérieur.

Alors qu'il s'apprêtait à passer tranquillement, un orque en armure fit quelques pas en sa direction. Habitué aux contrôles, le jeune homme s'empressa de tirer sa capuche en arrière pour révéler sa mine fatiguée baignée de cheveux blonds immaculés tout en se doutant bien qu'il ne ferait aucun charme au soldat. Ce dernier le détailla un long moment, ainsi que les ouvrages que tenaient le fanatique. Une maigre bourse, rien de plus à en tirer, le peau-verte se contenta de cracher par terre et aller s'en prendre à plus gros gibiers, un voyageur shaakt ayant justement commis l'erreur de passer d'un pas rapide à côté d'eux avec une bourse un peu plus fournie. Quelqu'un gagnerait son pot-de-vin ou une bagarre aujourd'hui.

Alors que l'ombre d'Omyre pesait désormais au dessus de lui et qu'il pouvait sentir sa noirceur se faire doucement dépasser, Vilglas se laissa repenser à sa première venue, longtemps auparavant. Déjà téméraire, les remparts avaient réussi à le terrifier et jamais leur vue n'avait été agréable. Il se plaisait dans cette cité de vice et de cruauté et s'était bien vite habitué au contact vicieux de ses habitants, mais la sensation d'emprisonnement ne le quittait jamais. On ne vivait pas à Omyre, on y survivait.

Lorsque les grognements se firent difficilement audibles, il sût qu'il avait quitté la sombre ville et que son pèlerinage commençait. Il accéléra le pas et fit le tour de ses parchemins,
ressassant dans l'ordre chaque arrêt prévu, enthousiaste, avant de ranger le tout et se glisser à contre-courant de la file d'esclave qui venait en son sens, sous le regard inquiet des prisonniers qui découvraient pour certains les adeptes de la magie noire.

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 Sujet du message: Re: Les Portes Noires d'Omyre
MessagePosté: Dim 12 Nov 2017 18:04 
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Lorsque les aventuriers arrivèrent aux abords de la cité noire, le soleil était déjà proche de l'horizon en ce jour de Ghwar. Comme le fanatique s'y attendait, il y avait foule sous l'ombre des remparts et cela le contrariait. Il lui fallait en effet impérativement arriver au temple de Thimoros avant la tombée de la nuit s'il ne voulait pas rater le début de la cérémonie et ne pouvait donc se permettre de faire la queue à l'entrée de la ville. Il savait cependant que personne ne lui laisserait "bien grâcieusement" sa place. Même si l'on survivait plus à Omyre que l'on y vivait, se trouver à l'intérieur des murs protégeait efficacement des bêtes sauvages qui venaient se nourrir des cadavres que les gardes lançaient au bas des remparts pour les attirer et de ceux pensant à tort que camper à proximité de la cité noire était préférable que demeurer en son sein, espérant ainsi se prémunir des aléas liés à la loi du plus fort dont la suprématie était indiscutable en ces lieux.

Alors qu'ils pénétraient dans l'ombre projetée par les remparts d'Olath, sensation aussi impressionnante pour le guerrier que lors de son arrivée en ville presque un an auparavant, celui-ci ordonna à son apprenti de le suivre de près. Après s'être assuré que le message fut transmit et surtout comprit, le fanatique opta, compte tenu de l'urgence de la situation, pour une approche osée et contourna le troupeau attendant d'entrer pour passer du côté où les passants sortait, même si peu nombreux sont ceux assez stupides pour s'aventurer dans les plaines sauvages de l'Omyrrhie à la tombée de la nuit. Comme il s'y attendait, cela ne passa pas inaperçu et les gardes les plus proches lui bloquèrent purement et simplement le passage.

"Où crois tu aller comme ça toi? Retourne avec les autres ou ça va barder! Et pis d'abord, c'est quoi qu'tu transportes là?"

Le fanatique s'arrêta devant eux calmement, rejeta la capuche de sa bure en arrière pour révéler les marques parcourant son visage depuis son Ignesia et, répondit en tapotant le postérieur de sa prise:

"Ceci est le sacrifice que j'offre au puissant Thimoros cette nuit. J’espérais qu'à l'approche de Ghwar, vous sauriez reconnaitre un fanatique du dieu de la guerre uniquement à sa bure... Mais maintenant que vous avez pu constater les blessures sur mon visage, je suppose que les doutes que vous aviez sont dissipé et que je vais être autorisé à entrer..."

"Tu crois vraiment rentrer à Omyre si simplement? Jouer les petits malins n'aide pas vraiment par ici mon gars... Mais tu tombes bien, puisque j'étais de garde, je n'ai pas pu trouver de sacrifice pour Thimoros alors je te laisse entrer en échange du tien, c'est ça ou la queue avec les autres."

Ce garde stupide osait-il réellement lui demander de céder sa prise? Après tout ce qu'il avait fait pour l’attraper et l'amener jusqu'ici, il était tout bonnement hors de question pour Kurgoth de s'en séparer. Puisque que l'approche mesurée n'avait pas fonctionné, et bien qu'il n'aimait toujours pas être dépendant de la notoriété d'autrui pour arriver à ses fins, le fanatique se rapprocha au plus près de son interlocuteur et, tout en lui lançant un regard noir, lui répliqua d'un ton des plus menaçant:

"Au cas où t'ais pas bien saisi, "mon gars", je suis attendu au temple par Romthaars’t lui-même, pour mon haténesia qui plus est. Inutile de préciser que s'il apprend que toi, un simple garde s'est permit de perturber sa cérémonie la plus sacrée de l'année en me retardant, tu vas le payer! Oh je ne m'en sortirai pas indemne mais il m'a déjà torturé une fois alors que toi... Je doute qu'il te laisse en vie. Retiens moi trop longtemps et tu n'auras plus qu'à espérer qu'il te donne une mort rapide."

Le garde soutint de le regard du fanatique avant de finalement se décaler non sans montrer ses crocs en une grimace traduisant son agressivité et sa frustration. Kurgoth ordonna alors à Eden d'avancer sans quitter des yeux le garde et ne repris finalement son chemin qu'une fois l'enfant assez avancé et certain que le garde ne s'interposerait pas à nouveau.

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