L'Univers de Yuimen


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 Sujet du message: Les sentiers et plaines aux alentours de Shory
MessagePosté: Lun 27 Oct 2008 13:24 
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Les sentiers et plaines aux alentours de Shory


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Les plus petits sentiers sont en terre, devenant relativement boueux en cas de pluie. Ils se croisent et se recroisent avec d'autres chemins faits de gravier. Les plus grands sont même pavés, mais ils demeurent rares à travers les champs.

De petits ponts de pierre ou de bois enjambent les nombreux ruisseaux. Vous ne croiserez pas de charrettes sur ces chemins, seulement quelques piétons, des hobbits pour la majorité. Les chevaux restent de véritables exceptions.

Pour ce qui est des risques, ils sont légers car les environs sont dégagés et la zone très rurale, avec des petites bâtisses isolées que l'on peut rencontrer de temps à autre.

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 Sujet du message: Re: Les sentiers et plaines aux alentours de Shory
MessagePosté: Dim 1 Mar 2009 22:01 
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(Mais pourquoi donc suis-je en train de suivre un sentier hors de la forêt ?)

« Un… un sentier hors de la forêt ? Sapristi, mais où suis-je ?! »

Dans les vastes plaines entourant Shory, un petit être d’environ trente-trois centimètres discute avec lui-même. Si les herbes pouvaient penser, nul doute que le jeune lutin eut été pris pour un quelconque fou. Mais les herbes des alentours n’avaient pas don de pensée, et aucun être vivant ne se trouvait à portée d’écoute du curieux monologue.

« Khalhn, qu’as-tu donc encore fait ?! Ah ! Mais pourtant tout était très clair, je suivais mon sentier préféré quand, soudain et sans que je m’y attende le moins du monde, une curieuse créature poilue est apparue ! Ni une ni deux j’ai vaillamment décidé de la suivre, histoire de satisfaire à mes envies. Après tout ce n’est pas si terrible, je ne risquais pas grand-chose. Bien sûr c’était avant d’avoir aperçu une curieuse racine, et bien entendu cet animal à quatre pattes plutôt rapide. Sans parler de ma petite course pour éviter les bruits d’un sale matou passant trop près à mon sens, et bien évidemment cet étrange objet brillant ! »

Cessant là de mimer exagérément ce qui semblait visuellement être une grande épopée, le lutin se mit à regarder l’un de ses doigts, et plus précisément la bague l’entourant.

« Pour sûr, ça valait la peine, cette bague est fort jolie. Et pile-poile à ma taille qui plus est, un signe sans doute ! Mais je n’aurais probablement pas dû courir gaiement à travers le vent, je ne sais plus trop où je suis… Enfin, la situation n’est pas terrible voyons, c’est vert ! Ca manque d’arbres par contre… de grands arb… »

« Des grands arbres, on en a mon petit monsieur ! »

Khalhn se retourna derechef et se retrouva confronté à ce qui lui semblait être un affreux géant plein de poils. En vérité, il s’agissait là d’un simple hobbit menant sa charrette pleine d’outils et autres ingrédients d’agriculture. Mais le jeune lutin n’avait pour ainsi dire aucune expérience du monde et des races le peuplant, aussi s’empressa-t-il de se cacher sous la charrette.

« Voilà qui n’est pas très sage petit monsieur, une charrette ça roule. Et une roue hobbit, ça peut écraser facilement un p’tit gars comme toi. Allez, montre-toi, je ne vais pas te manger, j’ai bien trop de radis en réserve pour ça ! »

Khalhn n’avait pas spécialement confiance dans ce géant poilu, mais il restait un lutin des sylves, passionné par l’agriculture. De fait, l’évocation du mot « radis » suffit amplement à le faire sortir de sa cachette. Bien sûr il n’avait pas pensé à la suite des évènements, aussi se trouva-t-il un peu penaud devant le hobbit qui s’agenouilla devant lui.

« Des bons gros radis, et toute une ferme à moi ! Vois-tu petit-être, je suis un hobbit. Et nous hobbits aimons deux choses : ce qui pousse et les repas. Tu n’es pas très grand, mais je t’aime bien ! Je t’invite dans ma ferme, sauf si tu as autre chose à faire. »

Le jeune lutin n’avait jamais rencontré de personne mal intentionnée, mais son éducation l’avait mis en garde contre les dangers d’un monde inconnu. Le hobbit semblait toutefois respectable – agriculteur qui plus est, détail fort important ! –, Khalhn fit donc confiance sans trop réfléchir et grimpa sur un sac de graines. La charrette reprit ensuite son lent périple le long du sentier.

Ainsi Khalhn rentra-t-il à Shory.


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 Sujet du message: Grand Première.
MessagePosté: Lun 8 Mar 2010 16:21 
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Les pas... sous cette peinture qui démarre l'histoire de notre canin protagoniste, seuls les pas résonnaient comme des gouttes d'eau tombante sous un rythme précis.
Le son de sa marche était calme, honnête, brave au possible si ce n'est... paisible, c'était bien pour une chose ou... deux. La principale étant qu'il était encore frais, pas du tout fatigué par une lente et silencieuse marche pour parvenir à Shory et qu'il n'allait pas se presser. La seconde raison et peut-être la meilleure des deux, c'est qu'il avait l'âme de l'explorateur, le visage du serein de celui-ci qui admire : ce gros chiot contemplait avec joie les paysages qu'il avait l'occasion de voir, jappait aux premières architectures fantasques, priait devant chaque autel avec les rares passeurs en leur souriant. Pourtant dans cette lumière perturbante et linéaire, le jeune bratien avançait pattes sous de chaudes chaussettes marron et sandales en cuir grossièrement tressé, usant de sa longue épée pour dévier les branchages de sa trajectoire.

Tant de jours à gambader tranquillement avait attiré la lumière à se renforcer, ne laissant plus de place à l'obscurité dans ces paysages champêtres, obligeant à croire qu'il se mouvait dans un univers qui ne changeait pas, qui ne se transformait pas, qui ne vivait pas. Lui, pourtant, il se déplaçait dans ces identiques terres et dormait aux sons de la lune et au chant des insectes nocturnes.

Chaque pas était commenté d'une question sur sa fonction dans cette mission. Pourquoi à Shory ? Et à chaque pas, il ne répondait. Il ne savait pas et cela ne le mettait pas à l'aise. Ce fut la fois de trop lorsqu'il ralentit un peu plus et lorgna avec sa frange poilue devant ses yeux ce qu'il y avait autour de lui. Le liykor perdait de son aura calme à chaque mesure qu'il prenait conscience de son ignorance quant à sa mission. A un moment, se tenant autour d'une butte bien remontée vis-à-vis d'autres, plus timides, la contemplait de toute sa magnificence terrestre ; ce fébrile géant était sur cette colline, scrutant la paille à la bouche son chemin, le soleil trop fort traversait l'épaisse protection qu'il avait devant les yeux et de ce fait, il ne pouvait fort plus grand chose que l'éternité lumineuse. A ce moment, il voulut commenter ce spectacle par un :
« Où... su.s.s.suis-je ? »
Mais il ne le dit et se contenta d'un mouvement de main digne de son peuple qui voulait dire approximativement la même chose.

Beaucoup font l'apologie des ténèbres et de la maléfique aptitude d'obstruer la vue, d'engloutir avidement le monde ; mais la lumière, elle, est un spectre tout aussi dangereux, elle éblouit, flashe, aveugle sous une puissance céleste et blanche d'un regard bon et généreux alors qu'elle accentue le mal. Dans ce monstre de pureté, il aperçut un trou tout en bas, un trou de porte sinari, premier signe d'habitation dans la région depuis trois jours au moins. Alors, après cette vision, il courut... un instant.
Et, s'il ne marcha uniquement, c'était parce-que ses muscles étaient tout de même trop fatigué pour ne pas supporter une action de ce gabarit et son corps lui rappela sagement de pas pousser son endurance trop loin et, ainsi, il s'arrêta, soufflant puis riant de sa ridicule inaction, prenant une belle pause à admirer la beauté florale de la région. Car qui parle soleil, parle fleurs. Et des fleurs, il y en avait ! De toutes les formes et de toutes les couleurs ; durant sa pause, il fixait simultanément plusieurs de ces beautés de la nature tout en les répertoriant dans un petit carnet qu'il nomme « la mémoire ».
Après ça, il tourna la tête de façon posé et dos à la lumière, regarda la nature parfaite et dormante et continua son trajet vers l'éclat qui transperçait un mouvement qui n'avait rien précipité et qui était, au contraire, long, sinueux et en tout semblable aux replis ondoyants d'un reptile.
Le mercenaire espérait avoir bientôt une réponse à sa présence ici.
Il pensait s'être posé la question des milliers de pas avant, mais il recommençait toujours dans un doute violent. L'interrogation ne reculait pas dans sa psyché et ternissait son âme d'une noirceur vive et âpre. 
C'est ainsi que le souffle chaud de la brise sinarienne passa sur son visage, levant sa frange rousse un court instant qui pour lui apportait un sentiment de profond déjà-vu. Ce souffle chaud, il l'avait déjà rencontré, mêlé à des odeurs de bois frais, d'imperturbable forêts, et d'une triste lumière contraire à la trop forte radiation qui se tramait ici. 
Il n'oublia pas qu'il ne venait pas d'ici, pas de ce continent , pas de cette vie de mercenaire, pas de cette même lumière. 

Il... ou plutôt Silias, en avait assez de ce puissant jour et de cette Gaïa omniprésente sur cette contrée et quand il s'arrêta un instant pour souffler un peu, il se redemanda cette sempiternelle question quand soudain, quelque chose passa près de lui. Trop près à son goût car la sensation de n'être seul ne disparaissait pas après ce frôlement. Son flegme fut toujours intact. Et sa marche continua de la même façon, il avait accepté sa première mission hors de la cité elfique et il en assumait les conséquences, mais pourquoi aussi tôt ? Il n'était pas prêt, il le savait et, en conclusion, il pensait qu'on ne voulait plus de lui.
La flamboyante lumière accompagnée de sa demi-sœur la chaleur étouffaient passivement Silias ; il sentit les auréoles de la bienveillante flamme blanche pointer le doigt sur lui. Un charme fin dans le but d'atteindre la plénitude éternelle ou le temps, la vie même ne faisait qu'un avec l'étourdissement divin... cela faisait deux jours que le canin personnage marchait sans avoir bu une goutte d'eau, le délire en devint plus fort, plus grand.

Silias s'abandonna lentement à la céleste mélodie que lui accordait la grande lumière du ciel et peut-être par chance ou par instinct de survie, il s'était réfugié sous un petit fourré, là où les radieuses forces ne le touchèrent. Sa survie se basait uniquement sur sa faculté à tenir sans la raison, dans le délire le plus complet. 

De l'eau, il y en avait. Partout. Encore faut-il qu'on lui apporte où s'y noie par mégarde.
Quand toute les portes se ferment, il ne reste souvent que ceux du passé et de la mémoire, où les sentiments sont flous et où tout est susceptible d'une déformation. Et peut-être en était-ce mais il se vit, lui, plus jeune avec un autre liykor beaucoup plus grand et imposant... oui, il se voyait très bien...

***


Parfaitement bien positionné, l'épée bien en retrait prête à dégainer, l'œil vif sur le mannequin en paille, le pouce s'avançant lentement sur la garde pour amorcer une vive attaque tandis que l'autre main tenait fermement le fourreau pour bloquer l'arme dans un angle fixe, le bratien sortit l'arme avec légèreté et vivacité incroyable tout en lâchant le coup en direction de ce pauvre homme de paille. Toute l'attaque dans une discrétion et une agilité telle que la surprise aurait été grande si l'ennemie n'aurait pas été un bonhomme de paille ! 

Rengainant tranquillement, impassible face à son attaque, le liykor se retourna devant un plus petit et aux poils roux pour lui faire un signe avec la main indiquant très clairement « Tu as compris ? ».
Le petit, bien sage et tout à fait éblouit de la performance du plus grand aux poils marrons, tourna l'index deux fois vers la gauche tout en baissant la tête puis, sortit son épée en bois mais clairement similaire à celle de celui qu'on peut nommer: instructeur. Le signe avait tout l'air de dire qu'il avait pigé le truc et son instructeur faisait de calmes hochement de tête en guise de compréhension.

Ce bratien-ci, timide dans le geste, plaça sa patte droite en arrière pour bien se cadrer puis la patte gauche devant en l'encrant habilement dans le sol ; pour ce plus jeune, il était clair que la surprise n'était pas au rendez-vous mais la rigueur de ses placements montrait une petite expérience dans le maniement de l'épée. Il mit sa main droite sur le fourreau-épée, inspirant de ton son souffle puis fit un rapide pas en avant et « dégaina » sa longue lame en bois dans un calme et une rapidité assez nette. Mais tout de suite après le coup porté, le maître le pointa tristement en tournant son pouce et en souriant. Ce n'était pas bon, l'autre pied n'était pas assez stable, il perdait de la vitesse et ce simple mouvement et se sourire traduisait toute une logique que les hommes auraient commenté durant une bonne dizaine de minutes.
L'instructeur tapa des mains et avec une agilité étonnante, parcourut avec les doigts de sa main gauche une sorte de ligne ; après cela, le jeune bratien acquiesça avec un petit rire amusé. On pouvait comprendre, nous, profane d'un langage noble et maniéré une chose se traduisant par « Allons ! C'est un coup assez simple petit-croc !La prochaine est la bonne. » 
Mais ce n'est pas le moment de discuter sur les signes et les gestes des bratiens mais plutôt de comprendre ce que le petit Silias avait compris. 
Il se replaça en posture offensive de manière un peu plus naturelle et décontracté, dans la ferme intention d'appliquer ce que le maître voulait. Sa patte arrière gauche était un peu en avant tandis que la droite, elle, était bien en arrière, lui donnant une stabilité rassurante pour un début de combat bien typique du clan Vë'n. Pour bien réussir cette technique, il fallait avant tout une stabilité hors norme et surtout très naturelle: on ne peut que l'improviser sur une base déjà calquer initialement dans l'esprit ou sur quelqu'un car l'attaque surprise doit absolument... être une surprise. Tenir sur deux pattes en toutes circonstance était une caractéristique important que tout les liykors n'avaient pas forcement: ici, c'était un acquis de taille, le clan Vë'n est un des seuls clans de toute la fratrie liykor à se tenir uniquement debout.
L'équilibre, il fallait la trouver dans le compromis entre le poids de l'épée et de la position auquel Silias se trouvera pour user de la technique ; dans ce cas précis, la surprise est mise de côté pour laisser place au mouvement pur, plus important car c'est avec lui qu'on trouvera la vitesse du geste.
La main gauche s'élançant avec une timide justesse sur le pommeau et la droite sur la garde, surveillant implicitement ses pieds qui prenait quand même une posture assez tranquille – et c'était ce qu'il fallait -, dans sa plus grande vitesse, il lança l'attaque, dégainant encore une fois l'arme sur le triste morceau de paille qui trembla après impact.
L'instructeur, cette fois-ci, sortit un geste universel, une action compréhensible de tous, ce bratien aux poils marron leva le pouce avec un grand sourire, montrant toutes les dents, vraiment satisfait de la prouesse de Silias. Puis il tourna l'index en direction du mannequin, toujours le sourire à la gueule, soufflant un faible mais bien audible « Encore ! ».

La réussir une fois, c'est bien, mais il faut la répéter et ainsi, Silias, reprit ses positions et se lança dans une série d'attaque éclair, jusqu'à l'épuisement, « écoutant » les gestes commentaires du bratien dans le but d'améliorer encore un peu sa technique. Le labeur finit toujours par gagner et sa façon de dégainer prit une allure plus vive, plus rapide, plus spontanée.

***



Les heures passèrent et le délire se dissipa avec une étrange aigretté dans la bouche qui semblait l'avoir réveillé d'une torpeur infini aux yeux du chien humanoïde. Les fantasmatiques visions semblaient toujours devant lui car le mercenaire avait la bizarre impression d'être trainé par deux gros ballons qui roulaient sur un sol dur ; une des deux grosses balles rétorqua avec humour:


« Le chien géant, ça se mangerait avec d'la bonne bière d'chez Bolo, non ? »

Et la seule et unique réplique que put répondre Silias, la gorge trop sèche d'un liquide aux notes d'apprêté, aux saveurs amères et revêches, fut un « Whouf » plein de bonté que les deux boules qui prenaient de plus en plus de forme, elles, prirent le jappement pour une piètre menace, haussèrent des épaules en même temps puis, continuèrent à le trainer vers un inconnu aux goûts d'hobbits, pour sûr...

_________________
Silias Vë'n, guerrier.


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 Sujet du message: Bienvenue chez les sinaris
MessagePosté: Jeu 28 Avr 2011 10:54 
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Quand Shory rencontre Fenri...c

Malgré l’heure tardive, la température est encore douce et agréable dans les campagnes entourant Shory. Le souper est en voie de prendre fin : le troisième dessert est servi et dévoré par les invités. Les plus gloutons lorgnent sur la part des absents, les plus impatients trépignent sur leur chaise tandis que certains commencent déjà leur nuit de sommeil réparateur avec force de ronflements sonores. Pendant, quelques jeunes sinaris profitent de l’ambiance relâchée et bon enfant pour jouer dans les champs et s’amuser tranquillement loin de leurs parents.
C’est le solstice pour tout le monde, la fête et le repas furent si somptueux que, à part les plus jeunes qui ne sont là que pour ça, tout le monde en a oublié les cadeaux pourtant exceptionnels.

Appuyé contre un chêne aux larges frondaisons, Héliante le hobbit surveille les jeux de ses jeunes frères et de leurs amis. Il a beau être jeune depuis que son village a été détruit par des pillards, il ne peut s’empêcher d’avoir toujours un œil sur les plus vulnérables.
Soudain, une ombre semble se découpe dans le soleil couchant au dessus de la butte. Les enfants ne l’ont même pas remarqué mais inexorablement elle se rapproche.
Alerté, Héliante plisse les yeux et détaille le nouvel arrivant.

(Il est bien trop tard pour que ce soit un voyageur. Et puis la route passe plusieurs milles à l’est… Il est énorme ! Ce crétin ne peut être un sinaris et les kendrans ne passent jamais par ici… Ca ne me dit rien qui vaille !)

La silhouette continue d’avancer en titubant. Les yeux du jeune sinaris, bien qu’à contre-jour, parviennent à distinguer les haillons composant l’habillement de l’étranger. Seule sa cape est encore dans un état convenable. Il porte sur les yeux un bandeau, comme si la luminosité le faisait souffrir. Le soleil n’est pourtant pas bien méchant à cette heure… La peau noire comme le café de Grand-mère Thym, le voyageur a les cheveux gris cendre et la corpulence plutôt faible. Toutefois, il est relativement agréable à regarder. Il ne semble porter aucune arme mais Héliante a appris à se méfier des apparences. D’un geste ferme et autoritaire, il signifie aux garçons de cesser leur jeu.

« Rentrez tous chez vous ! La soirée est finie pour vous ! Matagon, va chercher notre père et quelques hommes au village. Dis leur qu’un clochard étranger arrive… Je le retiendrai jusqu’à leur arrivée… Eh bien, dépêchons ! Il est trop tard pour bailler aux corneilles ! »

Sur cette dernière instruction, les enfants disparaissent sans protester. Tout le monde sait que, lors qu’il est comme ça, nul ne peut discuter avec Héliante.
Sans quitter l’intrus du regard, le sinaris se place ostensiblement dans son chemin et se baisse pour remplir ses poches de petites pierres.

Dès qu’il est à portée de voix, le hobbit exaspéré par l’attente apostrophe le nouveau venu à la peau sombre :

« Arrête-toi ici étranger ! Ton chemin ne va pas plus loin. »

« Tout doux mon enfant. Je ne veux aucun mal ni à toi, ni à ton peuple. Le village que je vois au loin est bien Shory ? »

« En effet. Que viens-tu faire dans le coin ? La saison des champignons n’est pas encore commencée, shaakt »

« Je vois que tu connais mes congénères… »

Les manières hautaines de l’étranger commencent à échauffer le sang d’Héliante. Les shaakts sont des êtres méprisables qui pratiquent l’esclavage et n’hésitent pas à venir se servir sur les terres sinaris.

« Soit tu me dis pourquoi tu es là, soit tu repars mais ne crois pas pouvoir continuer sans mon accord. »

« Très bien. Je me nomme Fenric, je suis là pour voir la matriarche Campanule Tournefrêne. »

Sur ces paroles, le cerveau d’Héliante entre en ébullition : dame Campanule est une réfugiée de Polder, un village détruit par un contingent shaakt/garzok voici presque six mois. Personne ne sait qu’elle est à Shory.

« Il n’y a personne de ce nom chez nous, étranger va-t-en à présent."

Négligent les avertissements du sinaris, Fenric s’avance un peu plus vers le village… Et reçoit, sans sommation, une pierre en plein visage.

« Tu aurais dû tenir compte de ce que je viens de te dire, étranger. Maintenant, trêve de parlote. Il est l’heure pour toi d’obéir ».

Sur ces quelques mots, Héliante se place en position de combat. Il sait que, pour autant qu’il reste hors de portée des mains et des jambes du nouveau venu, le combat lui est acquis.
Fenric, de son côté, a déjà la tête qui sonne comme une cloche dans un temple de Gaïa. La douleur n’est pas insurmontable mais terriblement handicapante.

S’engage alors un combat des plus acharné : le sinaris semble avoir une réserve sans limite de projectile qu’il manie avec dextérité et précision à défaut de puissance. Toujours en mouvement, il déjoue avec une facilité déconcertante toutes les tentatives d’assaut shaakt. La haute taille, les privations alimentaires de ces derniers jours et le choc à la tête constitue un net handicap pour l’elfe noir.

Les premières pierres fusent déjà vers son visage lorsque Fenric reprend ses esprits. Il tente un bond vers la gauche mais l’un des projectiles le frappe dans l’épaule. Une seconde salve passe rapidement à quelques centimètres de son oreille à peine deux battements de cœur plus tard.

(Ca va être dur mon petit Fen’. Ca va être dur… Dans quoi t’es tu encore embarqué ?)

Sous la pluie minérale qui le harcèle de toute part, le shaakt n’a d’autre choix que de prendre des risques s'il veut vaincre. Lors de la septième salve, point d’esquive ou de défense, Fenric charge droit sur le sinaris subissant par la même deux blessures au niveau du torse.
Enfin à portée de combat, le fanatique frappe. Un coup dans le plexus pour lui couper le souffle, un autre derrière l’oreille pour l’étourdir, voici ce qui se passe dans la seconde composant l’assaut.
Le sinaris s’effondre en tentant d’aspirer de grandes goulées d’air.

Voyant cela, les cinq hobbits adultes arrivant sur ces entre faits s’emparent, eux aussi, de pierres et les projettent sur un Fenric pris au dépourvu et déboussolé.

Son habilité n’y aura rien fait. Une brume noire commence a voilé le regard du shaakt. L’inconscience le guette... Son corps n’est plus que douleur…
Dans un dernier sursaut d’énergie, il parvient à crier :

« Campanule Tournefr… »

Le nom s’éteint dans un gargouillis répugnant alors qu’un projectile s’écrase lourdement sur le visage de l’elfe noir. Ce dernier tombe au sol, inconscient, incapable, vaincu…

(((La suite ici)))

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Fenric le Naak'Shaakty de Caïx Imoros, shaakt, fanatique

Un tout grand merci à Itsvara pour son travail sur ma signature et mon avatar !


Dernière édition par Fenric Naak'Shaakty le Sam 23 Nov 2013 16:27, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Les sentiers et plaines aux alentours de Shory
MessagePosté: Mar 26 Juin 2012 08:40 
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Après une petite heure de marche sur les sentiers aux alentours de sa ville, la belle décide de s’étendre sur l’herbe et de se calmer pour repenser aux récents évènements qui viennent de chambouler sa vie tranquille d’enfant aimée.

Les deux amis ont réussi à récolter suffisemment d’argent pour permettre à l’un d’entre eux uniquement de partir. Hamuiro, ce petit aniathy mal habillé et les cheveux touffus, a continué avec enthousiasme. Partir en voyage avec l’amour de sa vie était l’un de ses rêves.

De son côté, notre belle héroïne se posait beaucoup de questions. Trop sans doute. Elle qui n’avait jamais été confrontée à quoi que se soit dans sa vie de simple enfant d’une famille de Shory, elle se demandait aujourd’hui d’où elle venait. Elle entendait souvent les gens parler de « lorsqu’ils étaient petit », parler de leur enfance et pleins d’autres choses. Mais elle, sa vie commençait lorsqu’elle avait apperçu ses parents adoptifs. C’est tout.

Alors que son amoureux transit continuait avidemment à chercher de l’argent, la poupée le regarda. Il était gauche et maladroit, tombait souvent et n’avait aucune idée de ce que pouvait être l’hygiène et la beauté. Tout en se passant les mains dans ses longs cheveux blond et délicats, la fillette se disait qu’il n’était pas digne d’être son prince. Il était certe très gentil avec elle, mais par Valyus, qu’il était laid ! Pour la première fois Alylade le vit tel qu’il était : il avait un gros bouton sur le nez, un bras plus court que l’autre, un sourire niais, des cheveux en bataille. De manière générale, il n’était absolument pas propre sur lui.

Prise par cette révélation terrifiante, la princesse avait décidé de s’éclipser et de partir seule pour Kendra Kâr où elle ne serait pas encombrer de cet être indigne de sa beauté et de son rang et c’est ainsi qu’elle s’était mise en route.

Allongée dans l’herbe, elle profite du vent qui fouette délicatement son visage. Elle rêve d’un prince qui viendrait l’emmener à Kendra Kâr. Il devrait être beau. Blond comme elle, grand pour qu’elle se sente en sécurité dans ses bras, qu’il sente bon et qu’il prenne soin d’elle et de lui-même. Elle se demanda brièvement ce qu’Hamuiro pouvait penser de sa volatilisatio… Peu importe !


(Tu es dure ! Il t’aime, il pleure et il a énormément de peine.)
(Encore toi ? Ne peux-tu pas me laisser seule !)
(Comment oses-tu me parler ainsi, à moi, le roi des faera ?)
(Le roi des quoi ?)
(Je suis le meilleur des petites fées qui guident des êtres comme toi.)
(Et tu es le meilleur et tu es à moi ?)
(Je le serais si tu me onne un nom.)
(Hmmm…Ys. Et crois-moi, je ne vais pas chercher pendant des heures.)
(Cela me convient ! Nous sommes maintenant partenaires.)
(Tu n’es malheureusement pas discret… Tout le monde peut te voir…)

Comme pour répondre au pière de la poupée, elle apperçoit alors une lueur. Elle se lève et s’en approche. Ses yeux s’émerveillent face à un magnifique pendentif en forme d’éclair. Elle qui adore les bijoux, elle s’en empare s’en même chercher à savoir s’il appartient à quelqu’un. Maintenant, il est à elle. Elle s’en pare et regrette de ne pas avoir de miroir pour pouvoir s’admirer.

(Voilà qui est pafait ! Suis-je plus discret maîtresse ?)
(Oui, c'est... impressionnant ! Et continue de me nommer maîtresse, j'adore !)

Ys s’est volatilisée et est venue se réfugiée dans le collier d’Alylade. En effet tout est parfait. La belle décide de s’accorder une petite sieste avant de repartir.

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 Sujet du message: Re: Les sentiers et plaines aux alentours de Shory
MessagePosté: Jeu 28 Juin 2012 03:16 
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Recrutement de Alylade



Bavarde la corneille attendit quelques minutes que tu sois assoupis puis s’approcha sournoisement de toi. Toujours aussi silencieusement, elle ouvrit le petit bouquin noir, le prit dans son bec et le lança sur toi. Dès que les pages du livre te toucha, tu t’engouffras immédiatement à l’intérieur. L’oiseau récupéra ensuite le petit bouquin et s’envola vers d’autres cieux.

((( Et voilà, je te demande de te rendre sur le babillard de la quête 28 pour y suivre les directives, et ensuite de te rendre à la page de garde couleur et de rp la scène qui vient de se dérouler ici,... Sois la bienvenue dans la quête 28)))

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Je vois tout, je devine tout, mais surtout je veille sur vous !


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 Sujet du message: Re: Les sentiers et plaines aux alentours de Shory
MessagePosté: Lun 11 Nov 2013 13:17 
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Alors que la campagne défile autour de moi dans le crépuscule, à mesure que mes pas dévorent le chemin sous moi, je repense à l’histoire que m’a racontée Camellia. Sa cousine a épousé le jeune Nago et s’est installée avec lui dans sa ferme. La chose a provoqué un certain nombre de remous à Shory, pour d’obscures histoires de parenté et de rancœurs anciennes auxquelles je n’entends goutte. Tout aurait pu se régler dans les piques de repas de famille, les ragots de quartier ou les propos d’ivrognes. Seulement, il y avait de cela trois jours avant mon arrivée, un humain à l’allure peu engageant, se prétendant être un infortuné colporteur attaqué par des bandits, s’est présenté à la ferme, demandant l’hospitalité pour une nuit, une botte de foin et un peu de pain en échange des dernières piécettes qu’il lui restait. Nago, bon Sinari, mais surtout bonne poire, lui donna un lit, probablement un peu petit, et l’invita à sa table. L’homme resta un jour plein, et à la fin du second, la veille de mon arrivée, il disparut, emportant avec lui une bonne partie des économies de Nago. Tout aurait pu en rester là si, dans sa cupidité, il n’avait également enlevé la femme de cet honnête fermier, l’obligeant à rédiger une lettre où elle exposait le montant de la rançon exigé par son ravisseur.

« Et ils ne savent pas s’ils veulent payer ! Midélis a été enlevée, et ils ne savent pas s’ils veulent payer, ou s’il faut envoyer la milice ! Mais s’il faut envoyer la milice, des Sinaris pour régler une affaire de Sinaris, ou des humains ? La belle-famille se prenait déjà le bec avec Nago, et là-dessus les Otokos débarquent, pour remettre sur le tapis la question du moulin du vieux Molo, en disant qu’un Sinari pas fichu de garder sa femme et sa famille ne devraient pas avoir la charge d’un moulin ! Ils pensent à ma chère cousine, cette pauvre Midélis, mais pas assez… Je vous en prie Jager, faites quelque chose… Je vous récompenserai… »

La récompense n’est pas ce qui me pousse : comment résister à une telle demande ? Je me souviens encore de la détresse dans le regard de la femme d’un des deux hommes que j’ai tué, lors du jugement du sang. Ses cris et ses larmes résonnent encore à mes oreilles certaines nuits, lorsque mes rêves explorent des recoins de ma mémoire que je croyais avoir scellé. Jamais une famille ne devrait porter le deuil d’un de ses membres, sinon celui de ceux qui se sont endormis de leur belle mort, à un âge avancé. Si je puis faire quoi que ce soit pour tirer Midélis des griffes de ce rançonneur, et la ramener en bonne santé parmi les siens, il est de mon devoir d’agir. Parce que les Sinaris ont toujours été bons avec moi, la mauvaise première impression passée. L’année dernière, les arbres fruitiers avaient porté comme jamais dans la décennie, et Nago m’avait donné un panier de belles pommes, juteuses et sucrées. Ce n’était rien que quelques pommes, mais elles m’avaient chauffé le cœur, et dans mon âme elles brûlent encore à la manière d’un grand festin. Aussi me suis-je mis en chasse.

Le ravisseur a choisi de se rendre dans les petites montagnes à proximité de Shory, et c’est ce que j’aurais fait à sa place. Seulement, je me serais arrangé pour laisser moins de traces. Une Sinari qui se débat, met de la mauvaise volonté à avancer, tape du pied de ses sabots menus, voilà qui laisse des traces : je soupçonne même la mignonne de traverser à dessein des petits buissons épineux pour y laisser des lambeaux de robe. Le Mont Joyce. Je décide de poursuivre, afin de l’atteindre avant la nuit, au risque de perdre la trace. Si je me suis trompé, je rebrousserai chemin : le pari est risqué, mais je trouverai là bas un être d’un grand secours, pour peu que je réussisse à le persuader de me venir en aide…




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 Sujet du message: Re: Les sentiers et plaines aux alentours de Shory
MessagePosté: Dim 24 Nov 2013 19:06 
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Combien ce vent du Nord est plaisant lorsqu’il tempère un soleil de plomb et vient rendre plus légères les journées de canicule… Et combien il fait souffrir le voyageur lorsque l’automne tire sur sa fin, qu’il fait face à ses assauts et que ses épaules sont meurtries par le poids de son bagage. Cependant j’arriverai jusqu’à destination. Mes jambes sont fortes et mon dos encore robuste, l’épaisseur du cuir de mon manteau me préserve des maux hivernaux, j’ai à mon côté mon coutelas, mon arc et de bonnes flèches ainsi qu’une nouvelle lame sur mon travois, des provisions et de nouveaux outils. L’hiver peut venir, je l’attends de pied ferme. Que Yuia couvre d’un long manteau blanc le monde, qu’elle amène le sommeil sur la nature, j’attendrai mon heure dans mon antre, pourvu de tout ce que la bienveillance de Yuimen a pu m’accorder : provisions, peaux, fourrures, bois sec sur le bûcher. Je ne crois pas que l’homme actif puisse seulement se faire surprendre par l’hiver, sauf négligence lourde, ou drame. Le démuni passera peut-être comme moi les premières années à grelotter sous une couverture trop maigre, mais le temps joue en sa faveur.

Le raclement du travois contre le sol inégal me rappelle qu’il est arrivé au bout de sa vie : une fois dans les Montagnes les branches de soutien seront débitées pour aller au feu, peut-être également les branches transversales si elles s’avèrent trop cassantes. Du travail en perspective au printemps : je n’aurai de toute manière pas besoin de transporter de lourdes charges avant cette période. Combien j’aimerais parfois pouvoir, à la manière de certains marchands et colporteurs, m’asseoir dans une petite carriole, tirée par un modeste mais endurant baudet, et profiter du paysage en surveillant distraitement la route. Mais quelle logistique cela demanderait ! Le fourrage, un abri pour la pauvre bête, une route carrossable entre ma modeste demeure et les voies qui parcourent le continent pour les voyageurs du commun… Trop pour mes bras et mon organisation actuelle. Et que deviendrait la bête en cas d’attaque de loup ? Si je devais ne jamais revenir d’une chasse ? Il faudrait que j’en confie le soin à chaque absence prolongée à un voisin. Ce qui nécessiterait donc des voisins… J’irais alors m’installer à Shory, reprendre le moulin du vieux Molo comme il me l’a proposé ? Ou dans un de ces charmants petits villages des Duchés des Montagnes ? Ma vie bouleversée par un âne… Voilà ce que je préfèrerais éviter. Ai-je seulement besoin de commercer plus que ce que mes épaules peuvent supporter ?

Les quelques champs déjà depuis longtemps moissonnés, où picorent les rares graines restantes des oiseaux de toutes tailles, sont maintenant derrière moi tandis que je m’avance vers le Nord, laissant à ma droite le mont Joyce et sa cime enneigée. Barré par les hautes pentes de la montagne le vent se fait moins mordant, c’est celui du Sud qui domine maintenant, charriant avec lui une température plus clémente, bien qu’en harmonie avec la saison, le parfum subtil et iodé de l’océan, un rien qui fait soudainement remonter dans mon souvenir la cité d’Oranan et son port… Pensée que je m’empresse de chasser ! Me concentrer sur la douleur qui point dans mes cuisses, mes mollets enflammés, ma gorge asséchée, la soif et la faim.

La nuit est toute proche lorsque je repère un repli du terrain ombragé par quelques arbres bas pour attendre le matin. Certes, je pourrais parcourir encore un ou deux kilomètres en consentant à un dernier effort, la visibilité n’étant pas encore nulle, mais je crains de ne trouver aucun lieu aussi propice à un repos sûr. Dissimulé par la végétation, je ne ferai par une cible évidente pour un maraudeur, d’autant plus que je ne compte pas allumer de feu, idée bien stupide.



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 Sujet du message: Re: Les sentiers et plaines aux alentours de Shory
MessagePosté: Mer 17 Déc 2014 20:40 
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Chapitre VII : Le barillet

Se dégager des débris de l'explosion, dans le tunnel menant jusqu'au Sanctuaire Perché n'avait pas été compliqué. Hivann avait conservé suffisamment de fluides pour traverser la roche et permettre à ses compagnons de sortir de cul de sac sans encombres. Toutefois, le goût de la victoire n'y était pas. Oui, le mage avait réussi à trouver le canon du Fusil de Mertar. Il s'approchait du but, comme il le souhaitait. Mais même s'il ne regrettait pas son geste, celui d'avoir brûlé le sanctuaire pour sauver sa propre vie, il y avait un goût amer dans leur réussite. Rawf ne s'était pas exprimé, et il était difficile de savoir ce qu'il pouvait parfois penser. Pour l'ynorien, ce dernier ne devait penser qu'au moment où il verrait à nouveau le jour. Mais s'il en fut de même pour Lür, qui avait gardé un long silence, Hivann ne le prit pas de la même manière.
Il avait longtemps pensé à ce moment où Lür avait posé la main sur son poignard, prêt à l'arrêter dans sa tentative d'incendie. Longtemps, il s'était demandé alors ce qui avait retenu son geste. Était-ce bien l'argument selon lequel ils ne sauraient s'en sortir sans ses talents de géomancie ? Ou encore le fait qu'il réalise que son acte n'était pas le bon ? Il avait frissonné, alors, quand il sentit que la roche se faisait moins épaisse derrière lui. Peut-être le tuerait-il une fois libre de cette pierre. Mais finalement, rien n'arriva.

Ils avaient seulement continué à marcher, jusqu'à Mertar. Et sans entrer dans la ville, ils avaient loué une charrette pour se diriger vers leur nouvelle destination : Shory. Et finalement, comme le voyage se déroula sans encombres, ce ne fut qu'en arrivant aux portes de la ville qu'Hivann sentit un frisson lui parcourir l'échine.
En les voyant, elles lui avait rappelé tout le danger qui y résidait désormais. La tentation d'y retourner pour voir l'état de ses enfants fut grande, mais il dût se concentrer davantage sur sa mission. Il espérait seulement que Karl Wjran s'occupait bien d'eux, et aussi, que Porick avait trouvé le corps de l'Exilé. Cela ne faisait qu'une petite journée qu'il avait quitté cette ville, aussi, rien n'était censé être arrivé encore, mais le fait de se dire que ses enfants pourraient éventuellement être en danger lorsqu'il serait à Shory ou à Oranan lui fit peur. Cela s'était vu sur son visage, et alors que Lür n'avait pas semblé vouloir cacher son dégoût vis à vis de l'incendie du Sanctuaire, il s'était montré étonnamment rassurant.

"Karl est la personne la plus forte que je connaisse et Porick saurait se battre face à dix garzoks. Vos enfants son plus en sécurité que nous trois."

Hivann s'en était contenté et continua alors sa route. Ce qui primait actuellement, c'était pour lui de trouver cette relique qui saurait lui apporter une force similaire à celle qu'il avait auparavant. Ainsi, grâce à cela, le nom des Goont aurait encore une signification.
Cinq jours seulement passèrent entre leur départ de Mertar et leur arrivée, non pas à Shory, mais en périphérie.
Selon Amaury, qui les avait guidés sur la façon de trouver les autres parties du Fusil, le barillet avait été dérobé par des gobelins, à la sortie de la ville. Mais au départ, les nains l'avaient eux-mêmes dérobé à "Elrandil Gil-Gandel", un grand druide hïnion vivant dans un arbre, aux pieds du Mont Joyce. Il ne fallut alors pas très longtemps pour commencer à le voir vers l'horizon. Et puisqu'ils n'avaient davantage d'indices pour trouver cette relique dans une grotte peuplée de gobelins, ils allaient devoir enquêter chez ce druide...

Ils prirent donc un jour d'avance pour quitter la charrette, installer leur camp, se restaurer correctement et se diriger vers le dit mont. C'est donc le sixième jour, au matin, qu'ils se mirent en route, à pieds, laissant leur moyen de locomotion à la lisière de la forêt qu'ils s’apprêtaient à traverser, camouflé par de nombreuses branches et les roues bloquées à même le sol, grâce aux soins des talents de modelage de la matière d'Hivann.
Comme les trois compères étaient restés exceptionnellement silencieux depuis l'incident tragique du Sanctuaire Perché, Hivann décida enfin de parler, non sans appréhender la réaction de Lür.

"C'est un bel endroit, Shory. Nous n'avons pas eu de problèmes sur la route et je suis certain que nous n'en aurons pas trop ici. Je me souviens avoir entendu dire, aussi, que le Mont Joyce était extrêmement riche en fluides terrestres. Nous trouverons notre bonheur ici, j'en suis certain."

"Tâchez de ne pas y mettre le feu. On a pas besoin de deux beaux endroits réduits en fumée."

"Bon sang, Lür, cessez vos jérémiades. Je nous ai sauvé la vie, ces plantes nous auraient tués avant je ne puisse déloger la roche qui nous bloquait. Vous préférez de jolies fleurs à votre vie ?"

"Ce n'étaient pas que de jolies fleurs, c'était un arbre millénaire et un lieu sacré, né d'un amour entre deux elfes."

Un silence régna dans la forêt qu'il avait pénétrée. Rawf les avait devancés en courant entre les arbres, soulevant les feuilles mortes derrière lui.

"Au moins, cet endroit, s'il est chargé de fluides, ne vous donnera pas de raisons de le dégrader davantage. Avançons."

De cette nouvelle altercation, Hivann ne se dit qu'une chose : il était bien heureux de connaître enfin les principaux rudiments de l'archerie-magique. Il saurait apprendre le reste seul, probablement, et Lür n'était plus aussi indispensable qu'avant... Même s'il ne pouvait encore se passer de sa présence qui lui fut déjà plusieurs fois salvatrice. Il l'appréciait, malgré tout. Il espérait encore que leur relation s'arrangerait en avançant dans cette quête.

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Multi de Ziresh et Jôs.

Ser Hivann Goont, Archer-Mage niveau 10.


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 Sujet du message: Re: Les sentiers et plaines aux alentours de Shory
MessagePosté: Ven 25 Sep 2015 10:01 
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Du travail

Deux jours se sont écoulés depuis que la proposition de partir en voyage dans l’Anorfain m’a été faite, depuis que j’ai accepté d’escorter dans la mesure de mes moyens l’expédition de Sandoc Bravephin. Ce fut tout juste assez pour me préparer, et faire mes au-revoir à Maëlle et à tous ceux avec qui j’ai tissé des liens au cours de ce long hiver sédentaire. Habillé de neuf par les bons soins de Karl le tisserand d’une tenue composée d’une chemise et d’un pantalon aux tons bruns et verts, le sac soigneusement chargé de menues provisions – juste au cas où, je sais que partir en voyage avec un sinari veut souvent dire ne pas manquer de vivres – mes armes prêtes, une nouvelle corde à mon arc, le carquois rempli de flèches taillées par Camellia, j’attends sur la grand’-place de Shory alors que le jour se lève à peine.

Sandoc ne tarde pas à paraître, vêtu d’un habit confortable où se disputent des couleurs plus fauves, entre les coutures, les motifs, les manches et les plis, tachées ça et là de bleu où se trouvent les poches. La qualité du tissu comme l’originalité de la coupe trahissent sous le caractère fonctionnel et solide les moyens du porteur ; même en n’ayant pas rogné sur les yus, je ne me serais pas offert une si belle tenue de peur de la salir à la moindre flaque de boue. En revanche, il va nue tête, laissant les boucles de sa tignasse rousse partir dans toutes les directions. L’air heureux de la tournure que prennent les évènements, il me hèle avec enthousiasme :

« Alors Jager ! Prêt à partir ? Vous n’avez pas changé d’avis ? »

« J’vous aurais pas fait faux bond. J’me suis engagé. »

« Aaaaaaah, si tout le monde pouvait penser comme vous. Je suis bien content de vous avoir avec nous. J’espère que vous ne vous ennuierez pas : le voyage, puisse les dieux nous l’assurer, sera bien plus tranquille que ce que vous avez pu connaître. »

« Ca m’va. Je courre pas les ennuis pour le plaisir. »

« C’est sage. Très sage. Nous trouverons bien à nous divertir sans ennuis d’ailleurs ! Ce n’est pas la première fois que je me rendrai chez les elfes, et croyez moi, il y a toujours de quoi nous surprendre. A commencer par la forêt, qui est superbe. »

« J’vous crois volontiers. »

Calant mon pas sur le sien, veillant à ne pas trop l’allonger pour ne pas prendre trop d’avance, je le suis dans une direction qui me met la puce à l’oreille. Au départ, je pensais que nous allions faire un crochet pour récupérer un nouveau compagnon de route. Puis la situation s’est révélée à moi alors que nous empruntions le chemin de terre creusé d’ornières. Avant la fin de la journée, nous avons atteint la côté, et découvert le port naturel où mouillent quelques embarcations de petit volume. Ils sont quelques-uns à pratiquer la pêche maritime dans le comté, et se dressent là les cabanes de ceux qui à la belle saison viennent s’adonner à cette activité ; les échanges commerciaux sont plus rares, faute d’un véritable port, et passer par la terre peut s’avérer plus long mais plus tranquille que de caboter le long de la côte. En revanche, il semble que c’est ce que nous a prévu Sandoc en guise de voyage. Ma figure doit être assez éloquente, car il me déclare d’un ton amuse :

« Faites pas cette tête. Nous allons bien gagner plus de deux jours sur le trajet à pied en passant par la mer. Nous n’allons pas trop nous éloigner de la côte de toute manière, en cas de grain nous pourrons accoster. Et puis le temps est beau, point trop frais. »

« Mouais… »


Mal de mer

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 Sujet du message: Re: Les sentiers et plaines aux alentours de Shory
MessagePosté: Lun 2 Jan 2017 18:00 
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La douleur due à la chute et à la réception dans les fourrés couplé à l'émotion d'avoir vu d'aussi prêt la mort, m’entraîne proche de la rupture émotionnel. Après deux pas, je regarde le ciel au-dessus de moi. Je peux voir le faucon continuer sa course avec mon amant en charpie dans ces serres. C'en est trop, mon esprit refuse de continuer et sans avoir mon mot à dire, je sombre, m'écroulant dans l'herbe fraîche.

(Par Yuimen… ce que j'ai mal… j'ai l'impression que mon corps n'est plus qu'une grosse plaie !)

Je tente de bouger mais mes muscles refusent de m'obéir. C'était peut-être présomptueux de ma part… Tentons plus simple : une paupière… une simple paupière.
L'effort est intense mais le résultat est là ! La paupière frémit et laisse passer un peu de lumière. Je n'arrive pas à distinguer quoique ce soit, mais peu importe. J'ai réussi et je sais maintenant que je ne suis pas morte !

(Et ben… c'est une victoire en soit ! Il faudrait fêter ça… si je pouvais bouger…)

Je ressombre dans un coma léger. Je ne me souviens pas trop de mes rêves, il me reste juste une impression de chaos indescriptible fait de mon amant… ma mère… mon tronc le tout vu de l'œil d'un faucon. C'est sombre, c'est ténébreux, ce sont des cauchemars.

Je me réveille pleine de peur, dans le nuit. Je tente à nouveau d'ouvrir les yeux et j'y arrive, mais tout, autour de moi, est plongé dans la nuit, je ne vois rien ! N'osant pas trop bouger, je me concentre sur mes sensations. Je suis couchée sur le dos, mes ailes ouvertes et posée à plat. Je sens que je ne suis pas posée sur un sol ferme. C'est doux et moelleux sous mes fesses. Je sens sur mon corps un tissu épais et lourd. Il est plutôt rugueux et sens le feu de bois. C'est lui qui rend aussi difficile le moindre mouvement.

(C'est bizarre… je n'ai pas l'impression d'être à l'extérieur… et c'est clair que je ne me suis pas glissée dans pareil endroit seule !)

C'est inquiétant en fait de ne pas savoir, de ne pas voir. Je bouge un peu, mes bras semblant peser des kilos. J'adorerai pouvoir les bouger un peu, les sortir afin de pouvoir m'extirper de cette presse. C'est difficile, mais peu à peu j'y arrive et après un ultime effort mes bras sont libres ! Je les bouge doucement, ils me sont douloureux.

Je les tends devant mes yeux. Ils sont bien là, deux bras presque mobiles et couvert d'éraflure. Je soupire en pensant à la suite. Maintenant que mes bras sont libérés, c'est au reste de mon corps de se glisser de sous cette chape. Je prends position, les mains sur bord du tissu et je pousse de toutes mes forces ! Ilglisse, je le sens ! Et soudain je sens ma tête tourner, je sens de la sueur froide couler de mon front…

(Oh non… pas encore !)

L'effort, la fatigue et la faim ont encore eu raison de moi. Je m'évanouis.

Je ne sais combien de temps cela a duré, mais lorsque je suis revenue à moi, le jour était levé. Le soleil brille de toute sa splendeur et j'ai beaucoup de peine à adapter mes yeux à cette pleine lumière. Lorsque le trouble disparait, je découvre enfin dans quel endroit on me tient ainsi prisonnière.

Je suis allongée sur une surface quasi plane et très grande. Un tissu assez fin la recouvre. Reposant sur moi, ce qui semble être une couverture, mais en modèle extra-gigantesque. Je ne m'était pas trompe… le tissu râpeux est tendu fortement au-dessus de moi ce qui rend difficile tout mouvement. Je regarde autour de moi, je suis à l'intérieur d'un énorme abri en bois taillé. J'estime le plafond à au moins trois mètres pour des ouvertures dans les murs d'environ deux mètres…

Par Yuimen, quel type de montre peut fabriquer de tel lieu !

Mon sang ne fait qu'un tour lorsque j'entends quelque chose d'énorme se déplacer. Les vibrations que je ressens m'indique des mouvements lent et pesant dans ma direction.

(Non ! Non ! Pas un ours ! Je suis tombé dans la tanière d'un ours ! Il fallait que je tombe sur un ours après avoir presque été dévorée par un faucon ! Le destin s'acharne là !)

Je regarde dans la direction du bruit, les gouttes de sueur coulant sur mon visage. Puis ne voulant pas me résigner, je tente de toute mes forces de m'extraire du tissu. L'effort est terrible mais payant : je glisse hors de ma prison. Totalement libre de mes mouvements. N'ayant pas le temps de faire l'inventaire de mes membres, je cours vers le bord de la surface et je saute dans le vide, déployant mes ailes pour m'envoler.

(Aller ! Aller ! Ouvrez-vous , par Yuimen ! Battez ! Battez !)

Mais rien n'y fait. Je chute, mes ailes refusant de m'obéir. Le sol se rapproche de plus en plus alors que de toute ma volonté je tente d'articuler ses saletés d'ailes.

Le sol est là, j'ai juste le temps de pousser un cri et tendre la bras devant moi et puis..

BOUM !

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 Sujet du message: Re: Les sentiers et plaines aux alentours de Shory
MessagePosté: Lun 6 Fév 2017 12:25 
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Rencontre de taille


La chute a été rude et j'ai eu de la peine à me relever. Mais cela a eu peu de conséquence vu que quelques instants après l'impact, deux grosses mains m'ont saisies et m'ont soulevé apparemment sans effort. J'ai bien tenté de me débattre contre cette emprise, mais je ne pouvais plus bouger. J'ai cru que ma dernière minute était venue.

(Yuimen, par pitié… Sauve-moi !)

Les mains m'ont retournés délicatement et j'ai pu voir devant moi un humain. C'était le premier que je voyais car jamais je n'étais sortie de mon arbre. J'en avais entendu parlé dans les contes lus aux jeunes et toujours dans le rôle de méchants, de tortionnaire et de vandale, massacreurs d'arbres et d'animaux sans défense. Autant dire que mon premier avis sur l'humain qui me faisant fasse était déjà bien mauvais.

A ma grande surprise, il me déposa délicatement sur une énorme table de bois. Mes jambes avaient de la peine à me tenir tellement la peur était présente. Je le regardais toute tremblante alors qu'il prit place sur une chaise en face de moi, ses mains posée sur la table et son regard bleu clairs me fixant. J'ai eu l'occasion de voir que l'humain que j'avais devant moi était de sexe féminin, très grande et énorme. A première vue, elle devait pas faire la circonférence d'un arbre plusieurs fois centenaire.

Nous sommes resté un moment ainsi à nous regarder, ne sachant pas trop quoi dire ou faire. Il était clair que pour elle, c'était également la première rencontre avec un personne de ma race. Il me paraissait clair que contrairement à moi, elle ne devait pas trop avoir peur au vu de la différence de taille… Est-ce que moi j'ai peur d'une souris ?

Le temps semblait s'écouler au ralentis. Elle semblait me détailler du regard, ses mains posées n'osant pas bouger de peur de me faire peur ou pire, me faire mal. Elle bougeait la tête à droite et à gauche, admirant mes ailes repliée. Avec un brin de folie et délicatement, comme pour prendre contact avec un être d'autre-part, je dépliais mes ailes, les faisant apparaitre dans leurs splendeurs. On aurait dit deux feuilles d'automne nervurées délicatement attachées sur mon dos. Je les fis battre doucement, élevant autour de moi un nuage de poussière. Levant la tête vers l'humaine, je pus voir un sourire éclairer son visage. Elle semblait admirer mes mouvements avec beaucoup de plaisir.

Malheureusement, le nuage de poussière vient me prendre les narines et dans un mouvement beaucoup moins gracieux, je me mis à tousser en cherchant ma respiration. A faiblie, je faillis perdre pieds et me retrouver sur les fesses.

La quinte de toux passée et prenant mon courage à deux mains je m'avance vers elle et lui dis en articulant bien :

- Je…m'appelle… Maeve.

J'ai eu beaucoup de doute d'être comprise par l'animal devant moi. Mais apparemment oui, l'humaine devant moi ouvrit grand les yeux et me regarda avec surprise. Elle semblait comprendre ce que je disais car en retour j'ai eu le droit à :

- Et moi Sylia, enchantée !

La voie qui me parvenait ne ressemblait à rien. Elle était très grave et caverneuse. J'ai pu sentir mes os vibrer sous ma peau. C'était très impressionnant et j'ai eu peur un moment que le plafond me tombe dessus. Mais le plus dur avait été fait. Nous pouvions communiquer et à première vue, elle ne semblait pas hostile.

Rassurée, je lui ai fait une sourire, ragaillardie par ce premier contact positif. Et cela semblait être réciproque au vue de regard réjouit que j'ai pu distinguer venant d'elle.

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 Sujet du message: Re: Les sentiers et plaines aux alentours de Shory
MessagePosté: Mar 30 Mai 2017 10:10 
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Une soupe


Une fois le choc du premier contact passé, une fois que nous nous étions bien observées et une fois les émotions calmées, nous nous sommes assises. Moi sur une pot en terre cuite et elle sur une chaise. Je vous avoue qu'il est très bizarre de se retrouver assise ainsi devant une géante. Elle a sorti de sa poche un dés à coudre à sa mesure. Elle y a versé de l'eau pour le rincer avant de le poser devant moi et le remplir d'eau fraiche. Elle se remplis également un verre d'eau et avec un sourire elle m'encouragea à boire.

L'eau coulant dans ma gorge me fait le plus grand bien. J'avais l'impression de n'avoir pas bu depuis des jours. Je l'ai remerciée d'un signe de tête en reposant ma coupe. Elle la remplis à nouveau en me souriant et disant :

- Tu as soif on dirait… (après une seconde de réflexion) Mais j'y pense ! Tu dois aussi avoir faim !

Sans attendre ma réponse, elle se leva et parti dans un coin de la pièce, faisant trembler l'ensemble de la maison sous ces délicats pas. Je l'ai regardé partir avant d'utiliser l'eau contenu dans mon pot pour rapidement me décrasser et nettoyer mes plaies. Puis voyant qu'elle s'affairait dans un coin de la maison, j'en profitais pour observer autour de moi. La maison était composée d'une seule pièce. Dans un coin se trouvait le lit, au centre, un foyer au brulait continuellement un feu qui réchauffait agréablement la pièce, contre le mur du fond il y avait la table sur laquelle j'étais assise et juste à l'entrée, un petit établi ou mon hôtesse préparait je ne sais quoi en guise de repas.

J'aurais bien voulu m'envoler et parcourir la pièces afin de mieux l'observer, mais je ressentais une telle fatigue qu'il me paraissait impossible de battre des ailes pour m'élever. Je poussa un soupire avant de me lever et m'étirer. Je repris ma place alors que Sylia revenait vers moi avec un bol à ma taille et un autre à la sienne. Elle les posa sur la table. Les bols fumaient et émettaient une odeur de légume assez forte. Mon ventre émit un gargouillement sonore preuve qu'il réclamait à grand cri cette soupe de légumes.

Soufflant sur ma soupe pour la refroidir, je regardais mon hôte qui faisait de même en me regardant. Il m'est apparu clairement que nous étions les deux faces à l'inconnu et que nous devions avoir les mêmes questions et les mêmes appréhension sur l'autre. Afin de m'ouvrir un peu et tenter de commencer une conversation, je lui ai souri en montrant ma soupe :

- Elle est délicieuse ! J'avais tellement faim !

En prenant mon temps pour bien déguster ce délicieux met, je ai regardé mon hôte avec attention. Elle mangeait sa soupe à grande cuillère en affichant un air ravie. Rapidement nous avons terminé la soupe et nous avons reposé la vaisselle devant nous. Elle a pris mon dé et son bol pour les poser sur l'établi puis elle est revenue s'assoir en face de moi.

Après un silence qui semblait durer, elle prit son courage à deux mains et me dit :


- Mais… qu'est-ce que tu es ?

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 Sujet du message: Re: Les sentiers et plaines aux alentours de Shory
MessagePosté: Lun 17 Juil 2017 09:28 
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Découverte


La question avait été tellement surprenante que je ne savais pas quoi répondre ! Qu’est-ce que je suis ? Cela parait tellement bête comme question…

· Je suis une aldryade bien sûr !
 
A première vue ma réponse lui a paru aussi saugrenue que sa question avait été pour moi. Elle ne semblait jamais n’avoir entendu ce nom, au même titre que jamais elle semblait n’avoir vu d’être comme moi. C’était très perturbant comme sensation. On a l’impression durant un moment de ne pas faire partie du monde dans lequel on se trouve.
 
· Je suis une aldryade… Nous sommes un peuple de la foret… nous vivons au fond de celle-ci… dans des communautés… Vous en avez jamais entendu parler ?
 
Elle a haussé un sourcil en me regardant bizarrement. Clairement, c’était la première fois qu’elle entendait parler de nous.
 
· Cela fait maintenant 30 ans que je vis en forêt, allant chercher de quoi vivre et soigner dans les bois… et jamais je n’ai rencontré de gens comme toi ! Jamais je n’ai entendu d’histoire sur vous non plus.
 
J’ai été surprise par ce fait. A première vue, mon hôtesse vivait une bonne partie de sa vie dans les bois et malgré ça, elle n’avait jamais rencontré une Aldryade. C’était quand même la preuve que nous étions capables de nous dissimuler avec brio.
Il s’ensuivit une longue discussion sur qui était les Aldryades et sur nos rites et coutume. Elle semblait très fortement s’intéressée et elle posait pleins de questions qui amenait d’autre réponses et à nouveau un lot de question. L’après-midi passa rapidement et sa soif de connaissance semblait inépuisable.
 
Le soir venu, elle a réchauffé la soupe de midi sur le foyer central et nous avons mangé ce délicieux potage accompagné d’eau fraiche. L’ambiance était beaucoup plus détendue et nous discutions de tout et de rien. Elle m’a à son tour parler de a façon de vivre des humains de la région, disant bien que cela différait pas mal d’une région à l’autre. J’étais profondément surprise de voir que ce peuple vivait d’une manière tellement différente à la nôtre. Que les mâles n’étaient pas congelés et utilisés, mais vivaient en compagnie des femelles dans une relative bonne entente.
 
Après le repas, nous nous sommes assises proche du foyer, nous réchauffant et discutant plus particulièrement de nos vie respective. Elle me racontait qu’elle vivait seule au milieu de ce lieu car c’était plus facile pour elle de trouver le nécessaire à son travail. Elle m’a raconté qu’elle créait des potions pour les habitants des villages alentour.
Yuimen avait encore bien fait les choses, j’étais tombé chez une personne partageant avec moi un bout de savoir, car dans ma jeunesse, j’avais appris à confectionner des potions pour le soin des nymphes. Nous avons rapidement discuté de ce domaine mais le temps avançant rapidement et étant encore très faible, je lui ai annoncé que je désirais dormir afin de me remettre de mes blessures plus rapidement.
 
J’ai rapidement regardé autour de moi afin de définir un endroit pour me caler autre que cet horrible lit au drap tellement lourd. J’ai découvert un petit rebord à la jointure du toit et de la cloison de la cabane. Il était juste assez grand pour moi et me ferais parfaitement office de lieu de repos. Je pris un bout d’étoffe légère et à la force de mes dernières réserves d’énergie je m’envolais pour mon lieu de repos.
Je positionnais mon étoffe pour y faire un nid et je m’assis dedans. Mes blessures ayant du mal à cicatriser j’en appelais à Gaïa de m’aider à me soigner dans une prière offerte à la déesse nature.
 
· Oh Gaïa, Mère de nature et de vie… Prend en pitié ta fille affligée… Vient de ton souffle apaisant alléger mes tourments … Oh Gaïa, répond à la prière d’une fille dans la misère…
 
Une fois la prière effectuée, j’ai ressenti un léger souffle sur mon corps me provoquant des frissons. J’ai senti que ma peau se chauffait un peu et que sur les blessures encore vives, une douceur commençait à se rependre. Je me suis blottie dans mon étoffe et après les salutations d’usage, je me suis endormie.

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