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Rp à caractères violents
Héwana n'était plus, la vie avait fini de quitter son corps de jeune femme. Personne ne bougeait, personne n'osait rompre le silence.
Un seul acteur de cette scène tragique déchira les cieux d'un hurlement peiné et angoissé, Waor. Plus encore que la mort de son amie, Aztai avait le cœur brisé de le voir ainsi accablé, celui qui l'avait élevé comme un frère. Waor tendait à son tour une patte tremblante.
-Meno, cesse cette folie... murmura le woran neige anéanti.
Raven avait détourné son regard de lui, s'intéressant plus au malheur du félin roux. Les quelques hommes qui restaient, certes fous, se rapprochèrent de leur capitaine affaibli en voyant Waor se relever une lame à la patte, la haine brulant son regard. La serpe de sa victime toujours en main, la sorcière hurla un ordre en voyant débouler sur elle le colosse enragé:
-Tuez la Bête! Tous tournèrent la tête vers Aztai, peu enclin à laisser Raven affronter Waor dans son état. L'un d'eux tenta d'intercepter la frénésie du woran meurtri et se vit empalé dans sa course. Waor lâcha alors son arme, prêt à en découdre d'une manière plus sauvage. Lorsqu'il rugit de nouveau, Aztai vit chaque soldats reculer, pour finalement le contourner et obéir à l'ordre de la sorcière.
Quelques worans à qui il restait une goutte de rage se lancèrent dans un assaut final, Aztai voulut faire de même. Seulement, les forces lui manquaient largement; ses muscles tétanisés, son esprit complètement anesthésié par la tournure de la bataille. Sur lui déboulait une dizaine d'hommes en armure, le reste de la garnison ennemie. Si ses frères d'armes en interceptèrent quelques uns, le gros de la troupe atteindrait très vite le woran neige.
-Je ne tiendrai pas dans cet état, souffla-t-il.
(Il le faut, tu n'es pas seul!)Dans son esprit une seule idée naquit dans ce moment critique, une idée qu'il savait déjà guère appréciée de sa faera. Avant que celle-ci ne rétorque son désaccord, il lâcha:
-N'ai-je pas dit que j'utiliserai toutes mes cartes en mains?
Aussitôt dit, il ressortit les griffes de sa patte droite et fixa le soldat en tête, le premier dont il devrait encaisser la charge:
-Meno, encore un peu de force!Se concentrant un instant, il n'eut aucune peine à faire renaître dans son esprit le symbole du Dieu-pieuvre, envoyé six pieds sous terre à Lehber.
(J'ai besoin de toi, démon!)Dans un grognement qui contenait la douleur, le fauve mutila sa patte invalide, faisant couler cinq sillons de sang sur sa fourrure déjà tâchée: l'effet fut immédiat. Le charme de la malédiction, le tribut accordé au dieu, regonfla ses veines dans une vague de ki imposante. Inspirant à fond, Aztai lâcha à son tour un rugissement libérateur de haine et prometteur de souffrance. Quelques minutes de puissance accordées au prix de son sang, il ne perdit pas de temps. S'emparant de la première chose qui lui tomba sous la patte, son casque aux traits de fauve, il marcha sur ses dernières cibles.
(Tiens, Aztai, tiens-bon!)Dans son assaut, le tigré entendit Waor rugir de nouveau, mais sa colère prenait le pas sur son désespoir omniprésent.
-Je vous maudit ! Vociféra-t-il.
De son seul bras valide il détourna d'un revers l'épée de son adversaire qui heurta le casque, volant au loin. Aztai fracassa le crâne de l'homme à trois reprises avant d'en accueillir un deuxième. Il fallait que cela s'arrête, que ça s'arrête! De la même manière que le premier, il exécuta un deuxième soldat après avoir esquivé son estoc!
-Haaaaaaa! Il le termina au sol dans dans une frénésie incontrôlable, le pouvoir de Dieu-pieuvre se mêlant à sa propre colère. Des éclats d'os volaient en tous sens, du sang et de la cervelle s'étalait sur le casque. Sa pièce d'armure lui permit de fracasser un troisième crâne avant que le woran neige ne s'empare d'une dague, sur sa dernière victime.
La folie poussait encore certains à obéir à Raven, c'est à dire mourir de la patte du fauve. Surpassant la douleur qui brûlait tout son corps, ce dernier stoppa la course d'un autre survivant: esquivant sa lance d'un demi-tour, il lui planta net la dague au niveau de la gorge. Retirant son arme dans une effusion de sang, il repoussa sa victime d'un coup de patte inférieure. Se baissant à temps pour laisser une masse d'armes lui frôler l'oreille, il enfonça vivement sa courte lame dans le ventre d'un cinquième homme. Dans un rugissement guttural, il fit remonter d'un grand coup la dague pour trancher jusqu'à sa cage thoracique. Sauvage, brutal et sanguinaire, il ne semblait rien rester d'Aztai ou d'un quelconque champion, comme l'avait suggéré son père...
Malgré cela ses forces s'épuisaient plus vite que d'habitude, le rituel du Dieu-pieuvre était altéré parce qu'avait déjà subit le félin. Il pu encore achever un adversaire (l'ayant mit à terre il l'égorgea) avant de flancher pour de bon. Un sifflement traversa l'atmosphère et une douleur foudroyante s'empara de son flanc droit.
-Argh!S'écroulant à genoux, sa patte entra en contact avec un carreau fiché dans son flanc, le sang chaud coulait encore plus. Haletant, et soudain en proie à un nouveau vertige, il vit débouler sur lui le tireur qui levait haut son arbalète déchargée.
(Aztai!)
Le soldat écrasa son arme de jet sur le crâne du félin dans un cri triomphant. Abasourdi, le woran neige vacilla et s'écroula sur le dos à moitié sonné. La silhouette de son agresseur apparue, dominante, un deuxième coup lui fit presque perdre conscience. Dans l'esprit d'Aztai, l'angoisse de Zénith faisait grandir la sienne: le troisième pourrait lui être fatal... mais il ne vint jamais.
Rugissant de douleur, chaque inspiration lui envoyait une décharge dans les côtes. Une patte amicale vint se poser sur son torse, afin de le calmer, et il lui fallut plusieurs secondes pour reconnaître Rudy, son père, toujours vivant.
-Médina! Hurla-t-il en direction de la lisière.
Médina, la guérisseuse. Soulagé de voir son paternel colosse toujours de ce monde, son attention le poussa à rouler sur son flanc intact.
-Ne bouge pas!-Hun...Waor... articula-t-il.
Une côté brisée lui tira un nouveau cri, mais à travers ses larmes il repéra son frère de fourrure rousse. Son père, lui, se releva brusquement pour tuer l'un des derniers soldats qui trainaient encore, protégeant son fils. Ce dernier en revanche, tenait un regard grave et choqué, oubliant un instant tous ses maux.
-Par tous les dieux...
Rudy tourna lui aussi le regard et ne pu retenir un juron, totalement atterré. Un silence de mort régnait sur Ambervalle, tous les yeux étaient captifs d'un spectacle des plus effroyables. A genoux sur le corps de Raven, la gueule levée au cieux et couverte de sang, c'était le calme après la tempête, ou plutôt... le calme après la démence:
Le visage de Raven n'afficherait plus cet air impassible, tellement insupportable. Dévoré par un Waor fou de chagrin et de rage, il n'afficherait même pas le teint livide de la mort...