L'Univers de Yuimen déménage !


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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Jeu 20 Juin 2013 17:21 
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Ziresh avait finalement dû passer bien plus de temps qu'il ne l'avait imaginé au sein de la Citadelle. S'il avait pensé devoir partir pour l'Ynorie dès le lendemain de son annonce auprès de son clan, il s'était vu retardé au petit matin par les consignes de Calimène, données par Victorin. Elle lui recommandait alors de la rejoindre à Akinos au moins un ou deux jours après son départ. Toutefois, elle s'était abstenue de toute autre explication. Et son messager ne se montrer pas plus loquace...

"Je ne comprends vraiment pas... demanda le loup d'argent. Pourquoi me demanderait-elle de ne pas me hâter dans ma mission ? Je croyais pourtant qu'il s'agissait d'une urgence."

"C'en est une, répondit Victorin. Mais je suppose qu'elle aura d'autres occupations. Et puis ce sera l'occasion pour toi de réviser un peu mieux l'état de tes troupes, ainsi que de les saluer avant ton départ."

Ziresh réfléchit un instant. Le soleil avait déjà commencé à éclairer les flancs des montagnes, alors qu'il avait fait son annonce juste lorsque ce dernier s'était éclipsé derrière elles. Calimène avait eu le temps de partir vite, en silence et sans même prévenir le Porteur de Lumière. Ce n'était pas vraiment à son habitude. D'ordinaire, elle semblait particulièrement organisée. Pour tenir cette forteresse, il semblait d'ailleurs tout à fait logique qu'elle ait cette qualité pour avoir une telle charge. Elle devait avoir d'autres idées en tête que la révision des troupes, ou de quelconques emplettes...

"Eh bien... Je suppose que si je pars après elle, nous couvrirons un plus grand champ sur la route qui mène au duché de Luminion. C'est la seule raison que je trouve à son silence..."

Victorin ne fit qu’acquiescer, poussant ainsi Ziresh à s'atteler à son travail sans qu'il ne pose plus de questions. Aussi, le jeune loup ne pouvait pas savoir quelles intentions avaient pu pousser la Dame Ligure à retarder son départ. Mais elles étaient louables. Depuis son arrivée dans la forteresse, même si son clan avait mit du temps à s'adapter, il s'était vu attribuer de nombreuses responsabilités en tant que maître d'armes. Partir seul lui permettrait de faire le point, d'accorder plus d'importance à ses pensées mais aussi de reposer davantage son esprit. Même s'il était naturellement prompt à se questionner de manière douloureuse, il était plus sain pour lui d'être seul un instant que de ne plus pouvoir s'accorder du temps.
D'autant que les derniers évènements survenus avec Bravi avaient eu de quoi susciter une grande remise en question.

Puisque Calimène était à cheval, le loup d'argent considéra qu'il n'avait pas besoin d'attendre deux jours entiers avant de se mettre en chemin pour Luminion. Il se contenta donc d'organiser un entraînement récapitulatif de tout ce qu'avaient pu apprendre les miliciens disponibles pour la journée.
Sa propre préparation à son voyage étant retardée, il se montra cependant moins assidu sur la pratique de son travail. Il n'avait fait que laisser ses troupes de manière autonome et discuter avec quelques habitants de la Citadelle, tant il s'était montré disponible. Et si la plupart des miliciens s'étaient montrés conciliants vis à vis de ce comportement, ce ne fut pas le cas de Bravi qui devenait de plus en plus dur avec tous ceux qui l'entouraient. Mais il ne fit pas mention de sa propre pensée. Il s'était simplement renfermé sur lui-même, puis il ne retint presque plus ses coups lorsqu'il se retrouva en binôme. Ce n'est que lorsque l'un de ses partenaires manifesta enfin son mécontentement que Ziresh s'en rendit compte. Une malheureuse preuve de son propre laxisme...

"J'en ai vraiment assez ! Fini de me battre avec toi !"

"Tu crois qu'un noir retiendra ses coups quand il te tombera dessus ?"

La situation était des plus gênantes, car elle ne concernait une certaine inégalité. Il s'agissait là de l'une des deux femmes humaines qui s'étaient engagées dans la milice. Elle était en armure lourde et il y avait un humain et un deuxième liykor derrière elle. Manifestement, elle effectuait l'entraînement imaginé par Calimène. L'armure était faite pour encaisser les coups, mais une entaille profonde avait fait son apparition sur l'une des plaques protégeant l'avant-bras. Compte tenu de l'altercation qui résultait de l'entraînement, Ziresh devina bien vite que Bravi avait frappé trop fort. Il s'était bien rendu compte que son ami se montrait de plus en plus violent, mais il n'avait fait que mettre cela sur le compte de sa volonté. Désormais, cela concernait sa rage. Et il ne pouvait pas la faire exploser au milieu de ce camp.

"Que se passe-t-il ici ?" demanda-t-il, ostentatoire.

"Ce qu'il se passe, c'est que ton ami ne saisit pas la différence entre "combat" et "entraînement" ! Il m'a fait vraiment mal au bras !"

"C'est sur ton incapacité à te battre qu'il faut jeter la faute ! Apprends à m'esquiver ou à encaisser mes coups, comme le veut cet entraînement ! Et lorsque trois noirs seront prêts à t'arracher le visage, tu sauras répliquer."

"Ça suffit !"

Ziresh s'était montré autoritaire en menant cette milice. Mais jamais il n'avait eu à gérer un quelconque conflit, si ce n'était le sexisme ambiant qui s'était instauré lors des premiers jours. Ici, c'était d'autant plus délicat qu'il se retrouvait face à son propre ami. Celui-là même qui l'avait confronté quelques heures plus tôt.

"Écoute Bravi, je comprends ta colère. Nous en avions déjà parlé. Mais tu ne dois pas la faire exploser ici. Tu n'as que des alliés autour de toi et j'ai bien vu que tu n'as fait que te montrer de plus en plus violent lors des entraînements. Même ton comportement a changé."

"Arrête de mettre tout ça sur le dos de "ma colère" ! Tu n'as pas à me reprocher la rancœur que j'ai contre les Noirs ! C'est cette femme qui n'a pas sa place ici si elle ne peut pas supporter quelques coups. Tu ne comprends rien !"

"Au contraire, je comprends tout. Moi aussi j'ai perdu des proches, tu te souviens ? Et la situation ne prête pas à discuter de tout cela. Le problème actuel, c'est ton adaptation aux entraînements."

"M'adapter ?"

La voix de Bravi, d'ordinaire calme et posée, avait complètement changé. Tout semblait différent en lui. Il abandonna la femme qu'il avait blessée pour se poster devant le jeune loup, le dépassant alors d'une tête.

"Tu dis que je dois m'adapter, alors qu'aucun de ces fichus soldats n'est capable d'encaisser un coup qui ne trancherait même pas sa chair ? Alors qu'il n'y a que la moitié des habitants, ici, qui est incapable d'imaginer ce que donnait une attaque ordonnée par des noirs et qu'il n'y en a qu'une infime poignée serait capable de repousser ? Je ne m'adapte peut-être pas aussi bien, mais moi, je fais de mon mieux ! Pendant que toi, tu fais tes bagages et pars pour une mission qui n'a aucune importance. Tout ce que nous avons, ce sont des murs. Mais personne ne nous protège ici. Pas même toi !"

"Ferme-la, Bravi ! intima Ziresh, dont la colère commençait furieusement à monter. Tu as le droit d'être en colère, mais ton arrogance te fait dire des absurdités ! Tu es peut-être l'un des meilleurs, mais cela ne te donne pas le droit d'estimer aussi peu tes compagnons !"

"Ce ne sont pas les miliciens que je n'estime plus. C'est ton incompétence. C'est toi, en entier. Tu as été tellement absent que je t'imagine mal mener cette milice. Tu dis avoir une mission urgente, mais je te vois encore ici. Tu as peur, même d'aller poursuivre ta quête inutile."

En concluant ses paroles, Bravi frappa répétitivement le ventre de Ziresh avec le pommeau de son épée. Ce n'était pas une frappe forte, c'était simplement de la provocation. Les reproches mêmes du liykor devenaient de plus en plus faux. Même le Porteur de Lumière, se remettant pourtant naturellement en question, s'en rendait complètement compte.

"Bats-toi donc ! Prouve que tu es le fameux "Porteur de Lumière" ! Celui qui a "sauvé" Liykkendra ! Prouve que tu mérites d'être à la tête de cette milice ridicule ! Je suis certainement l'un des meilleurs ici, mais puisque tu es si fort, tu dois pouvoir me terrasser !"

"Je ne vais pas me battre contre toi."

Ziresh était en colère. En vérité, il avait déjà bien envie de laisser aller sa rage et de frapper Bravi aussi fort qu'il lui autorisait. Mais il comprit bien vite qu'il ne ferait qu'une grande erreur en répondant à ses provocations. Après réflexion, le jeune loup se rendait bien compte qu'il n'éprouvait plus que de le pitié pour lui. Alors il lui tourna le dos et s'éloigna. Il n'avait plus rien à faire ici.

"Puisque tu ne veux pas te battre..."

Un son métallique vint aux oreilles de Ziresh. Le glissement d'une lame sortant de son fourreau. Et quand il détacha ses yeux du sol, voyant les regards paniqués de ses compères, il comprit bien vite qu'il allait être victime d'un assaut inconsidéré.

"Je vais prouver ta faiblesse par moi-même !"

"Maître Ziresh !" cria un enfant humain assistant de loin à la scène.

C'est le cri qui de cet enfant, ajouté au son de la lame, qui donna l'impulsion de la défensive au loup d'argent qui effectua instinctivement une grande roulade en avant. La lame de celui qui fut anciennement son ami vint se planter dans le sol mais emmena avec elle la cape du jeune maître d'armes. Cette seule attaque suffit à le déstabiliser grandement, car la cape étant coincée, la propulsion de son porteur la fit se détacher de son armure, emportant pas la même occasion ses épaulières. Celles-ci se séparant de leurs attaches de cuir, le reste du plastron s'élargit du plexus de Ziresh, le gênant grandement dans ses mouvements.
C'est donc avec maladresse qu'il se réceptionna de sa roulade, atterrissant douloureusement sur la hanche. Quand il se releva, il dût en plus retirer le reste de l'armure qui couvrait son tronc. Cela suffit amplement à provoquer les railleries de son adversaire.

"Ah ! Tu n'es même pas capable de fixer correctement ton armure ! Il est beau, le maître Ziresh !"

Ziresh allait se battre cette fois-ci. Il ne gagnerait pas plus de respect en fuyant une telle provocation. Mais il allait prouver sa force.
Plutôt que d'utiliser la Hallebarde protectrice ou même n'importe quelle autre arme de son équipement, il se sépara de toutes celles qu'il avait sur lui. Il ne fit qu'emprunter l'épée de la jeune femme qui avait justement été blessée par Bravi, plus tôt. Personne parmi les miliciens n'osa s'interposer dans ce combat. Pas même Gors ou Haydr qui n'étaient pas loin. Ils avaient tous compris que ce combat était important et qu'il n'appartenait qu'aux deux loups.

"Faites attention." fit la femme en lui donnant son arme.

Dans le plus grand silence, Ziresh se posta devant son opposant. Il prit tout le temps dont il avait besoin pour se concentrer, tout comme Bravi. Son arme était déjà tenue avec souplesse plutôt qu'avec fermeté. Il était moins protégé, mais il aurait toute la liberté de ses mouvements. Ce n'était pas un handicap.
Quand il fut prêt, il ne parle qu'un instant.

"Même un noir ne frapperait pas son ennemi dans le dos."

Ces paroles suffirent amplement à aveugler Bravi par sa propre rage. Sans réfléchir, il chargea vers son adversaire. Mais il ne le fit pas à la manière d'un milicien : il le fit comme un animal. Un véritable sauvageon, armé d'une lame et surtout de sa haine. C'est dans un hurlement assourdissant qu'il porta nombre de coups sur Ziresh, tous bloqués par son épée.
Petit à petit, le maître d'armes lui-même dût abandonner sa posture de combattant pour devenir plus animal. Après avoir paré calmement les premiers assauts, il dût commencer à sautiller plutôt que de marcher comme un humain. Très vite, les deux adversaires se surprirent à se déplacer à quatre pattes quand ils ne chargeaient pas. Toute leur nature bratienne s'envolait, si ce n'était la couleur de leur pelage. Et Ziresh s'en rendait bien compte...

"Regarde-nous, Bravi ! Nous nous battons comme des noirs !"

Cela ne fit qu'augmenter la détermination de l'assaillant qui ne se contenta plus seulement de frapper, mais visa clairement le buste avec l'intention formelle de blesser grièvement son frère de clan. Cela ne l'empêcha pas de répliquer, de manière toute aussi acide que précédemment.

"Tu me fais rire ! N'est-ce pas toi qui disait qu'il n'y avait pas d'honneur dans un combat ? Lorsque tu as tué ces deux noirs, à Liykkendra ?"

Il illustra son propos de la manière la plus lâche qui ait pu être imaginée à cet instant. Bravi avait alors ramassé une motte de terre pour la jeter au visage de Ziresh. Ce dernier fut inévitablement déstabilisé par cette attaque qui le fit se redresser, à la fois par surprise et aussi pour éviter que ses yeux ne soient agressés plus longtemps. C'est à ce moment que le loup rebelle en profita pour porter une attaque circulaire. Le loup d'argent ne put réagir que bien trop tard, bloquant effectivement le coup, mais ayant tout de même laissé me tranchant pénétrer sa chair de quelques centimètres.
Les deux combattants tinrent cette posture pendant un long moment, l'un voulant trancher plus profondément ou susciter la pitié de son opposant, et l'autre forçant sur ses bras pour se dégager du métal qui lui lacérait la hanche. C'est un cri de douleur que Ziresh put enfin donner une impulsion formidable à ses avant-bras, rejetant la lame au loin. Ce n'est pas par nécessité qu'il se décida à frapper son adversaire désarmé à l'épaule.

"Arrêtons là ! Nous n'avons pas besoin de nous battre plus longtemps ! Tu te trompes d'ennemi !"

Cela ne suffit évidemment pas à arrêter Bravi. Dans un autre cri de rage, il arracha l'arme des mains du Porteur de Lumière pour se jeter sur lui. Il le renversa sans difficulté, compte tenu de sa blessure qui lui faisait déjà perdre de sa stabilité. Puis il le frappa, tantôt avec des coups de poings, tantôt avec ses griffes. Seuls les bracelets de protection de Ziresh lui permettaient encore de ne pas se retrouver meurtri par toutes ces attaques. Ce n'est que de manière totalement hasardeuse qu'il réussit à se défaire de cette emprise : il planta ses propres griffes dans la plaie béante qui décorait l'épaule de Bravi. Quand il tourna son index dans la chair, la douleur fut largement suffisante pour stopper nettement l'assaut de loup et le pousser à se recroqueviller au sol, terrassé par la douleur.
Le combat était déjà fini.

"Attachez-moi ce chien fou et occupez-vous de ces blessures ! fit résonner Gors, de sa voix de stentor, avant de s'agenouiller auprès de Ziresh. Est-ce que tout va bien ?"

Les habitants de la Citadelle réagirent extrêmement vite à cet ordre. En quelques secondes, deux miliciens s'occupaient déjà de retirer l'armure de Bravi et d'encorder ses poignets. Des guérisseurs liykors, quant à eux, se dirigèrent vers les deux combattants, déjà pourvus de cataplasmes vaseux à l'odeur âcre. C'est avec une grande peine que Ziresh se força à résister au placement de la mixture sur sa plaie, étouffant un couinement de douleur.

"Je ne sais pas vraiment, pour tout dire..."

Le bratien allait supporter la douleur. Et il avait assez confiance envers les talents de guérisseur de ses frères. Il s'inquiétait davantage pour l'avenir de leur clan dans cette Citadelle. Il savait qu'il avait raison dans cette confrontation, mais il redoutait que ce genre de pensée ne soit partagé par quelques autres loups qu'il aurait amenés ici. Et il redoutait aussi que Bravi ne trouve plus sa place. Même après ce combat, il continuait de croire et d'espérer que son ami saurait retrouver son calme et qu'il comprendrait de quelle manière leur guerre contre les Noirs devait être menée.

"Ne bannissez pas Bravi de la Citadelle. Enfermez-le, isolez-le un peu, qu'il puisse réfléchir à ses actes. Je parlerai de toute cette histoire à Calimène quand je la verrai. Lorsqu'il vous semblera qu'il sera calmé, laissez-le sortir. Je le connais depuis longtemps et malgré tout, je lui fait confiance. Il est d'ordinaire un liykor d'une grande réflexion. Il y repensera et s'excusera, j'en suis certain..."

"J'espère que tu as raison..."

Le loup concerné, encore assailli par la douleur, ne fut pas soigné immédiatement par les guérisseurs. Les miliciens l'emmenèrent de suite au sein de la Citadelle, là où il y avait encore la possibilité de de trouver une salle qui ferait office de cellule. Il ne pouvait aller dans la cité troglodyte, mais il restait quelques salles vides qui feraient l'affaire. Ziresh ne le dit évidemment pas, mais toute cette histoire le peinait et rendait son départ plus difficile encore. D'une part, il s'en allait avec de nombreuses pensées sombres, mais en plus, le loup à qui il voulait donner la charge des entraînements généraux se retrouvait isolé du reste de la forteresse... C'est pas dernier recours qu'il s'adressa alors à Gors.

"Quand je partirai, tu voudras bien t'occuper de l'entraînement des miliciens ?"

"Bien sûr."

Les guérisseurs se détachèrent assez vite de Ziresh, le chargeant simplement de garder le cataplasme sur sa blessure aussi longtemps que possible. Dans le meilleur des cas, il aurait aimé que Calimène ne la voit pas. Que personne d'autre ne puisse vraiment la voir, d'ailleurs. Cela porterait préjudice à Bravi, et même si la colère avait aussi emporté le loup d'argent, il n'avait aucune envie que tout s'abatte sur son frère Liykkendra.
La meilleure des solutions était donc de forcer son départ.

"Je vais devoir partir assez vite. Calimène a déjà suffisamment d'avance sur moi. Je vais prendre le temps de faire revoir mon armure et je m'en irai directement."

"Je comprends tout à fait. Ne t'inquiète pas, je me charge de tout. Et au fait..."

"Mmh ?"

"On finit tous par te connaître un peu. Tu vas te poser plein de questions, tu vas t'inquiéter pendant tout ton voyage. Alors je te le dis : n'en doute pas. Tu as bien agi."

Ziresh ne fit que répondre par un sourire amical, accompagné d'un hochement de tête, avant de s'en aller voir les artisans qui travaillaient sur les armures. Il ne fallut pas bien longtemps avant que de nouvelles sangles ornent les attaches de l'armure de Ziresh. Quant à la cape, elle restait encore très abîmée, mais pas de manière définitive. Si le loup devait la faire recoudre, il devrait attendre son retour prochain à la forteresse.
En seulement une heure, il fut restauré et de nouveau équipé pour sa quête.
C'est avant même que le soleil ne passe derrière les montagnes qu'il s'en alla pour Luminion.

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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Dim 23 Juin 2013 17:01 
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Localisation: Nirtim, Temple de Meno: Se prépare à la guerre.
Le fer vermeil d'Ascalon rencontra la surface de la rondache dans une pluie d'étincelles. Aussitôt le félin enchaîna, tournant sur lui-même à plusieurs reprises, dans la tentative de percer les défenses de son adversaires. A son grand damne, les trois autres liykors les avaient rejoins, ne lui laissant pas le temps d'en terminer avec le premier. Aztai dû repousser son opposant pour accueillir les autres, faisant volte-face, et les tenir à distance de sa lance. Portant un coup içi, un coup là, il ne les laissaient s'approcher à aucun prix. Les liykors étaient en effet bien entraînés, le woran neige eut peine à les toucher en plus de ne pas se faire surprendre. Encerclé, la rapidité d'exécution était primordiale pour passer d'une cible à une autre, tout en anticipant l'action des deux autres : la fatigue pouvait le rattraper à tous moments.

(Il faut que tu te tires de là!)
(Fais-moi confiance!)

Enchaînant encore quelques esquives, parades et ripostes, le guerrier tigré chargea ses pattes de ki afin d'être plus... convaincant lors de ses assauts. Animé par la colère, il s'économisait cependant pour la suite, car il y aurait une suite.
Alors que son attention le reportait sur son premier ennemi, le glaive de ce dernier échappa au félin et atteint son flanc droit. Normalement, un coup d'une telle force aurait couché le félin mais il n'en fut rien. Le xyul impénétrable de l'armure de l'Ordre Flamboyant arrêta net le tranchant et surprit par la même le liykor assaillant. Dans un revers de lance, Aztai le frappa violemment au museau avec la hampe, l'envoyant s'étaler dans l'herbe. Pas de répit il continua son ballet mortel pour faire face aux trois autres, libérant toujours un peu plus de ki. Détournant les deux épées d'un des liykors, Aztai esquiva l'attaque du deuxième et atteignit le troisième à la patte inférieure, le déstabilisant. Faisant volte-face il reporta son attention sur sa première cible, déjà debout, l'assaillant de toute part de sa lance. Les affaiblir ne s'avéra pas chose simple, ces colosses étaient forts résistants et n'abandonneraient à aucun prix. Alors qu'il profitait d'une brèche, le félin porta Ascalon à bout de bras et transperça la cuirasse d'un des liykor, le blessant gravement à l'abdomen. Prenant une bouffée de confiance au passage, le fauve lâcha une pluie de coups sur les trois autres encore debout. Il ne pu contenir sa joie lorsque le fer vermeil de son arme fit mouche à nouveau : mutilant un autre canidé, au genou cette fois-ci. La bête chancela, laissant au tigré l'opportunité de faire face à seulement deux liykors.

(Le combat tourne à notre avantage!) S'exclama intérieurement le félin.

Parant une attaque rageuse d'un des deux survivants, Aztai fit un demi-tour sur lui -même et lui faucha les pattes avec la hampe d'Ascalon. Dans un rugissement de haine, le woran neige l'acheva de suite, perforant cuirasse et poitrine velue. Pas le temps de savourer cette première victime, le tigré faisait face au dernier encore debout, les deux autres salement écorchés. Équipé d'une masse d'arme et d'un bouclier en bois, le liykor laissait afficher sur sa gueule toute la sauvagerie dont un être était capable. Dans un échange où le fauve n'eut aucune peine à prendre le dessus, ce dernier voulut porter le coup de grâce dans un estoc imparable. A cet instant, et à sa grande surprise, le canidé eut un agile réflexe et réussi à coincer le fer de lance sous son épaule. Ne laissant pas au félin le temps de réagir, il fit un tour sur lui-même lance sous le bras, et usa de sa puissante musculature pour briser net la hampe d'Ascalon en trois endroits.

-Non !

Une vague de détresse s'empara du fauve qui eut le temps de rouler en arrière pour éviter l'assaut du liykor. Désarmé, il laissa tomber la hampe cassée et dégaina sa lame courte.

(Par Meno, la chance tournerai-t-elle?)
(Humpf !)

Ni une ni deux, Aztai repartit à l'assaut du canidé responsable de la perte de son arme fétiche. Remplit par la colère de s'être ainsi fait avoir, il détourna plusieurs fois la masse d'arme et frappa à grands coups chargés ki le bouclier de son adversaire. D'une détermination à l'état pur, le bois céda lors du cinquième assaut et à son tour le liykor se retrouva en mauvaise posture. D'un revers, Aztai entailla son bras armé et s'en empara de sa patte libre, l'immobilisant. Délivrant ensuite un formidable coup de crâne dans le museau de son ennemi, il se saisit de sa masse. Reculant légèrement, Aztai poussa un rugissement gonflé de colère et fracassa finalement la gueule du liykor avec sa propre arme. Le sang tâcha joyeusement l'armure du fauve qui y allait du revers sans aucune pitié.
Le corps à la fourrure noire s'effondra dans l'herbe, défiguré.

Reprenant un instant ses esprits, Aztai tourna sur lui-même pour évaluer la situation : parmi les deux survivants, le premier contenait sa blessure à l'abdomen, couché sur le sol et désarmé. Quand au second...

(Attention!)

Trop tard. Malgré son genou écorché, le puissant colosse avait surprit le félin en lui sautant sur le dos. Les deux bêtes furent projetées au sol et dans une lutte à griffes et à crocs, chacun tenta de prendre le dessus sur son ennemi. Roulant dans l'herbe, Aztai écopa de plusieurs entailles qu'il prit plaisir à rendre. Alors qu'il tenta de mordre le liykor à l'épaule, ce dernier l'évita et mit à l’œuvre une habile clé de bras. Emprisonnant le woran neige, il réussit à caler sa patte sur sa gorge, l'étouffant peu à peu.

(Dégage-toi de là) Tonna Zénith.

Impuissant, le fauve essaya à plusieurs reprise de se libérer, sans conviction. Manquant peu à peu d'air, il se débattit dans tous les sens mais rien n'y faisait : même tout deux retournés, le liykor tenait son emprise. Aucun allié en vue, aucune arme à portée...
Labourant le sol des griffes de sa pattes libre, Aztai tomba alors sur un objet pointu et s'en empara. Dans un baroud d'honneur, il envoya un violent coup de crâne en arrière. Facilement esquivé, le canidé dû cependant relâcher un peu sa prise pour l'éviter, une erreur. Se libérant juste ce qu'il fallait, le woran neige planta ce qu'il tenait dans la cuisse du loup noir. Dans un jappement de douleur, le liykor relâcha complètement sa prise et laissa libre cour au fauve. Ce dernier retira son arme improvisée qui s'avérait être le fer de lance d'Ascalon, la hampe brisée juste au dessous. Dans un élan victorieux, Aztai saisit le museau du liykor, le faisant reculer, et trancha sa gorge nue du fer de lance. Un sang sombre vint l'éclabousser alors que le cadavre du loup trébuchait en arrière.
Chancelant légèrement, Aztai reprit son souffle et ses esprits, balançant au loin les restes d'Ascalon :

-J'ai échappé au comité d'accueil, lâcha-t-il, mais je me retrouve à moitié désarmé...
(Reste sur tes gardes, ces liykors pouvaient venir à bout de toi plus aisément que tu ne le penses)

Allant chercher sa lame courte en fulminaire, Aztai s'approcha du dernier liykor vivant. Le ventre dévasté par Ascalon un peu plus tôt, le canidé n'en aurait plus pour trop longtemps. Le woran neige posa sa lame sur sa gorge :

-Souhaite-tu assister à la fin de cette bataille en contenant tes tripes, attendant dans la douleur que la mort ne vienne te chercher ?

Dans un spasme, le loup lança un regard haineux au tigré :

-Fais-le! Lâcha-t-il alors.

- C'est envisageable, seulement ma question posée plus tôt demeure sans réponse...

Le silence se posa. Pas pour très longtemps, il est vrai...

-Demi-sang...

Demi-sang. Quelque chose s'alluma dans l'esprit du fauve, ce terme ne lui était pas inconnu.

(Qui est-ce?)
(C'est malheureux mais je n'arrive pas à me remettre ce Demi-sang en mémoire, et pourtant...)

Le fauve ne termina pas sa phrase. Dans un bruit assourdissant, un éclair digne de ceux de Valyus le frappa dans le dos, lui insufflant une puissante décharge. Le tigré fut violemment projeté et s'écrasa plusieurs mètres au loin, immobile...

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Fléau des légion d'Oaxaca Image Champion de Meno Image Allié de la Lance Ardente


Dernière édition par Aztai le Sam 21 Sep 2013 02:42, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Dim 23 Juin 2013 17:42 
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Localisation: Nirtim, Temple de Meno: Se prépare à la guerre.
(Aztai!)

La voix de zénith était trop lointaine. Les membres du félin le tiraillaient de douleur, il n'osait bouger une griffe...

(Woran de Meno!)

Des images traversaient l'esprit d'Aztai. Elles lui venaient et repartaient sans qu'il n'ai le temps de s'en emparer, il était comme perdu dans ses propres pensées. Comme affecté par le choc, le lien qui l'unissait à Zénith était différent. Il fallut très peu de temps au woran neige pour s'apercevoir que ces pensées qui n'étaient pas les siennes appartenaient en vérité à sa faera, leurs esprits se mélangeaient et projetaient au tigré ces images venues de nul part, pourtant si réalistes...

Aztai se revoyait au sommet des Monts Eternels, en compagnie de Lictaria, échangeant avec la faera millénaire pour la première fois :

…Et quand je parlais d'événement je devrais plutôt dire... d'avènement je crois.

Accompagnant un sentiment de malaise, les images s'embrouillèrent pour laisser place à un autre souvenir. Cette fois-ci, il se retrouvait au milieu du temple de Meno à Henehar. Entouré des fidèles, le félin venait de redonner vie à une relique ancienne, forgée par le dieu du feu lui-même.

…Son heure arrive...

Nouveau sentiment de malaise, nouveau souvenir... Aztai se voyait cette fois-là devant les portes du temple à Kendra Kâr. L'Archiprêtre venait de lui confier un parchemin enroulé sur lui-même :

...-Nous avons un message à remettre... un message, une prière...

Le religieux lui posait la main sur le torse, au niveau du cœur :

...Il se réveille, bientôt même nous ne pourrons rivaliser avec!

Et encore les images s'embrouillèrent.
Mais là, Aztai ne reconnut aucun des souvenirs qu'il pouvait avoir. Agenouillé au centre d'Ambervalle, il se voyait comme il l'était en ce moment même. Une puissante aura l'entourait et la haine brûlait dans son regard... il levait haut sa lame, prêt à déchaîner un ouragan de puissance sur ses ennemis...


(Aztai!)

Avant qu'il ne revienne à lui, le souvenir d'un lieu abandonné lui vint, un lieu qu'il avait peu fréquenté... Darkhàm...

Le félin ouvrit les yeux, la voix de sa faera s'était faite plus imposante. Allongé sur le dos, le souffle court, il n'arrivait à remettre ses idées en ordre. Son corps criait de douleur de toute part mais il n'en avait que faire, l'image de lui-même au milieu de cette clairière lui collait à l'esprit :

(Ce n'était pas un souvenir comme les autres...)
(Non en effet) Répondit simplement Zénith.
(Ce n'étais pas... un souvenir...)

Il n'attendit aucune explication de la part de sa faera et se contenta de se relever comme il le pouvait. Conscient qu'il venait d'encaisser un puissant sort, ses yeux tombèrent au loin sur le cadavre du liykor noir éventré. Relevant encore les yeux, ce qu'il vit lui coupa le souffle, le nom de Demi-sang lui revenant de suite en mémoire :

-Par tous les dieux...


Non loin de l'autel de Meno, monté sur une créature s'apparentant un gigantesque loup, un puissant garzok toisait le félin du regard. De ses mains noueuses jaillissaient des éclairs prometteurs de souffrance...

Le félin inspira à fond pour contenir le choc :

-Ainsi, Kenrag Demi-Sang, garzok faible et perdu... à rejoint les rangs ennemis...

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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Lun 24 Juin 2013 00:58 
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S'approchant à pas de loup, et sur son loup, le garzok gardait le silence toujours en proie à une frénésie... électrique.

(Qui est-ce?)
(Un... compagnon de voyage que j'ai trouvé à la prison de Darkàm. Nous avons combattus ensemble mais il était encore faible, aujourd'hui il semble démesurément plus fort...)

En même temps qu'il expliqua cela, il projeta à Zénith des souvenirs de leur rencontre et du faible lien d'amitié qu'il y avait eut.

(Notre rencontre nous a conduit à affronter les hommes de Raven, il s'est enfuit par la suite et je ne l'ai jamais revu. La question que je me pose n'est pas de savoir s'il appartient aujourd'hui à Raven, mais si déjà il y a plus d'un an il agissait sous ses ordres... les garzoks ne sont pas célèbres pour leur honneur...)

(Hum... moi je m'inquiéterai plus pour sa monture) Ajouta tranquillement Zénith.

Aztai porta son attention sur le loup monté... le loup, pauvre métaphore. Plus grand que le fauve lui même, des reflets bleutés couvraient sa fourrure sombre. De longs crocs et des griffes acérées, deux cornes émanaient de son large front, chargées de fluides de foudre.

(C'est un woger, animal rare. Il faudra que je t'en apprenne un peu plus sur ce monde, j'oublie parfois que tu es encore très jeune...) Ponctua-t-il dans un rire.

Aztai sourit intérieurement. Reportant son attention au woger, loup électrique, il se mit en garde: dans un grognement intimidant, ses cornes déchargèrent une vague de magie qui parcouru le corps de la bête, ainsi que celui de Kenrag. Le garzok tressaillit à peine.

(Je vois que ton compagnon maîtrise les fluides de foudre, malgré cela il n'en ai pas immunisé. Encaisser ainsi les décharges d'un woger est surprenant, cela a du lui demander un certain entrainement)

(Il s'est trouvé l'ami qui lui manquait, entre eux le courant passe sans problème...)
(Je sens comme une pointe de panique derrière tes mots...)
(Oui, et t'es en train de m'expliquer gentiment que ce garzok et ce woger sont une véritable masse de fluides de foudre, une puissance qu'en gros j'aurai du mal à supporter... pardonne cet instant de détresse dans mon esprit...)
(Excuse-moi... aussi, si tu mettais ce sentiment de côté peut-être sentirais-tu d'avantage de choses aux alentours...)

Était-ce l'adrénaline, la peur, ou bien Aztai ne comprenait rien à ce que sa propre faera lui disait... en face, le Kenrag et sa mule approchaient un peu plus encore.

(Peux-tu t'expliquer clairement? Je n'ai pas de temps pour résoudre tes énigmes, quelles sont les choses alentours?) S'énerva légèrement le tigré.
(Alors ils ne sont pas encore assez proches pour que tu sentes leur aura. J'ai sentis son pouvoir il y maintenant plusieurs heures, ils te pistent Aztai...)

Étonnement, Zénith n'avait pas prit un tin sombre en dévoilant cela. Aztai était pisté ça il le savait, aujourd'hui même il prenait l'initiative de se découvrir!
En lisant les pensées de son maître la faera lui souffla:

(J'ai dis pisté, et non chassé...)

Une seconde de réflexion plus tard et les tensions qui saisissaient le cœur du félin se relâchèrent. Un sentiment de bonheur l'emplit et lui donna des ailes, un sentiment d'espoir grandissant et inarrêtable... reportant son attention sur Kenrag il essaya d'en savoir un peu plus. Le woger s'arrêta à une dizaine de mètres de lui, entre eux était étendu le cadavre d'un des liykors noirs. Le pointant de bout de sa lame, Aztai cria presque:

-Alors c'est en ton nom que ces liykors me barrent la route? Et au nom de qui viens-tu me faire face à ton tour?

-En tant que Lieutenant du Capitaine Raven, lâcha la voix rocailleuse du peau-verte.

-Ah, s'exclama le tigré amusé, ton prédécesseur à emporté dans la tombe des cicatrices qu'il me doit! J'ai laissé vivre Maverick pour qu'il savoure sa souffrance, enlevé à jamais du champ de bataille, loin de son espace... d'expression.

Il se rappelait de cette brute sanguinaire de Maverick, l'ayant torturé à grands coups de fouet, responsable de la mort d'Achille...

-Cet homme... n'était pas digne de confiance, surenchérit le garzok dans la surprise. J'ai provoqué sa chute... et j'ai pris sa place. Les hommes de la Lance Ardente ne sont qu'un leurre, j'ai été son bourreau lors de cette embuscade...

-Avant de fuir minablement pour me retrouver, coupa le félin. Une preuve de ta grande loyauté, mais d'un autre côté ce mensonge donne du cœur à mes hommes, alors que tu as fait le travail pour eux.

-Aztai le Grand parle comme s'il tenait dix milles hommes à ses pieds, railla le peau-verte. Comparons donc nos troupes, les miennes sont déja sur place...

Aztai tressaillit à peine en entendant cela, il s'y attendait depuis toujours. Les régiments adverses étaient là, un ramassis de soldats de fortune, de pilleurs, de voleurs et de meurtriers... à peine l'ombre d'une véritable armée, n'est-ce pas?

-Je suis le plus fidèle, reprit Kenrag, et ma place de Lieutenant me revient largement! Fit-il dans une joyeuse grimace qui se voulait être un sourire...

-Fidèle comme ton chien t'est fidèle? Lança le fauve en pointant le woger.

Kenrag lâcha un rire sans joie:

-Lui seul te mettrai en charpie.


-Au nom de Meno... quitte cette clairière et retourne te croupir à Darkàm, le trou où je t'ai rencontré.

Le demi-Sang fit jaillir de son corps une charge de fluides intenses, suivit de prêt par le woger:

-Va-t-en rejoindre ton dieu si précieux...

-Ne t'en fais pas, c'est moi qui l'attend, répondit le woran neige, impassible.

Alors qu'il levait son bras vers Aztai, Kenrag fut interrompu dans sa course. Le félin leva le regard vers la lisière Est, de là où il avait surgit avant l'attaque des liykors. Un vrombissement crescendo soufflait les branches, suivit de près par une boule de feu impressionnante et carbonisant toute la flore. Fonçant droit sur Kenrag, ce dernier leva son bras chargé de magie au dernier moment. Le bouclier électrique eut peine à se former assez rapidement et une explosion de fluides projeta la monture et son cavalier, alors que le fauve plongeait à terre.

-Ils sont là! S'écria Aztai dans le chaos ambiant. Se relevant au plus vite, il tourna son regard vers la lisière, le cœur prêt à exploser.

(Jouons à armes égales) Lança joyeusement Zénith qui avait bel et bien sentit leur présence. Aztai aussi l'avait ressentie, un peu en retard il est vrai...

Alors que le sort avait fait de son sillage un chemin tout tracé, deux silhouettes de félin apparurent. L'une puissante et haute, d'un pelage brun, c'était Kharo, l'éclaireur en chef d'Ambervalle, le meilleur pisteur du village. Tenant un arc long armé et une autre flèche dans la patte, il lui fit signe au loin. A ses côté, plus petite et moins taillée par la force, une worane... de sa fourrure blanche revêtue d'une toge pourpre.
S'il y avait un sentiment, c'était sans doute celui-ci...

Les larmes montèrent aux yeux d'Aztai qui se détourna de ce moment tant attendu. Il serrait le pommeau de sa lame pour ne pas craquer, transformant sa tristesse, sa joie et sa haine en une confiance inébranlable...

(Jouons à armes égales) Répéta le tigré en se tournant vers Kenrag.

Le garzok avait logiquement été projeté de son toutou, il gisait au sol, le bras droit calciné et fumant. Le woger quand à lui s'en sortait un peu mieux, quoiqu'une légère odeur de poils grillés planait dans l'air... son flanc était touché, superficiel vu la taille de la bête. Ses cornes luisaient déjà d'électricité...

-Kenrag! Rugit le fauve.

Il vit le garzok se relever péniblement tourner un regard effrayé en sa direction. Le woran entendit Gaora et Kharo accourir derrière lui. Reprenant leur souffle une fois arrivés à sa hauteur, le félin ne leur accorda même pas un regard et tous deux comprirent: ce moment était un avènement pour le félin, son retour il l'attendait depuis trop longtemps, il prendrait le temps de le savourer plus tard...
En face, le loup s'apprêtait à décharger sa magie. Aztai vit Kharo armer son arc, ciblant le woger. De son côté Gaora laissait elle aussi s'échapper peu à peu ses puissants fluides de feu...

Toute la quête du fauve se calquait sur le périple que Gaora avait vécu alors qu'elle n'avait que dix ans. Elle en était devenue la worane la plus compétente d'Ambervalle, et elle possédait l'inspiration pour pousser Aztai plus encore.
Enserrant un instant le collier qu'elle lui avait offert, il ne put se retenir de lever les yeux pour admirer sa beauté, et exprimer tout le soulagement qu'il contenait. En ce bref échange, il comprit que le calvaire qu'il avait subit d'être loin des siens était partagé. La worane ne cacha pas non plus son soulagement et dans un sourire qui gonfla le coeur d'Aztai, elle se concentra sur le loup prête à en découdre.

(Je suis heureux pour toi, fils de Meno, fils d'Ambervalle!)


Ces mots furent comme une invitation: sans peur et sans doute, Aztai pouvait lâcher court à toute sa puissance!

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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Ven 12 Juil 2013 14:25 
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D'une volonté palpable, les trois fauves formaient un mur face au loup électrique. Son maître reprenait son souffle plusieurs mètres derrière, pour le moment spectateur de la scène. Sa bête lâhaient des grognements inquiétants, ponctués de vagues de magie impressionnantes. Elle fixait Aztai de ses grandes pupilles, menaçante, chaque mouvement effectué montait la pression d'un cran jusqu'à ce que le woger explose enfin.

-Gaora ! Hurla Kharo alors que le canidé allait décharger ses fluides sur eux.

Dans un éclat lumineux, le woger projeta de ses cornes un arc électrique fulgurant . Aztai leva instinctivement son bras, inutile de dire que le sort n'atteint jamais sa cible : Gaora venait elle aussi de lâcher sa magie. Le feu alla à l'encontre de la foudre et dans cette nouvelle explosion de fluides, Kharo relâcha la corde de son arc bandé. La flèche traversa l'onde magique pour atteindre le loup géant au garrot, le blessant profondément. De son côté le félin ne perdit pas de temps et profita du désordre ambiant pour prendre Kenrag en chasse.
Le garzok avait observé la scène, son bras mutilé, et reculait tout en chargeant ses fluides. En voyant le woran neige contourner sa monture et le prendre furieusement en chasse, la panique sembla s'emparer de lui. Se détachant du groupe dans la précipitation, il libéra un premier sort que le tigré n'eut aucune peine à esquiver, se rapprochant un peu plus. Le Demi-sang répéta son opération, mais là encore les fluides manquèrent le félin de près. Prenant finalement ses jambes à son cou, son ennemi velu était tout proche de sa cible. Un sentiment de triomphe donna des ailes au woran neige: il rattraperai le garzok sans problème.
Derrière Gaora et Kharo se chargeaient du woger, non sans difficultés. A grands coups de flammes et de flèches, le duo de félins contenaient le woger pour mieux laisser Kenrag entre les mains d'Aztai.

-Prendrais-tu la fuite ?
Rugit le fauve en levant son épée.

N'ayant pas le temps de lancer une autre salve électrique, le Demi-sang dégaina une lame garzok au dernier moment, parant le coup mortel d'Aztai. Enchaînant les parades avec difficultés, il ne faisait aucun doute qu'au corps à corps le woran était supérieur au peau-verte. Dans un rugissement bestial, le félin tigré parvint enfin à dégager l'épée de la main de son adversaire, s'élançant pour le coup de grâce. La satisfaction l'emplissait déjà, autant que la colère, alors que son arme se tenait pointée vers les cieux :

-Va-t-en rejoindre Maverick !

Dans la foulée, Aztai lu une peur concrète dans ses yeux, celle qui sonnerait la fin de son règne comme lieutenant, et comme vivant de ce monde.

-Non! S'exclama le peu-verte en détresse.

Si Kenrag n'arriva pas à concentrer un sort pour repousser son puissant assaillant, un phénomène des plus étranges se produisit tout de même. L'os de fulminaire était partit pour trancher le garzok en deux, lorsqu'un champ de force apparu et arrêta la lame. Protégeant le Demi-sang, Aztai reçu en contre-partie une puissante décharge et fut forcé de lâcher son arme. Comme si le peau-verte venait de laisser s'écouler toute l'énergie magique qui lui restait, une onde électrique s'étendit sur une rayon de plusieurs mètres, éloignant le félin, le couchant au sol.
Ses muscles engourdis, le fauve mit un petit temps pour se relever de ce second sort. L'esprit embrumé, son regard tomba sur l'affrontement entre Gaora, Kharo et le woger. De nouvelles flèches agrémentaient le dos du canidé, de nouvelles brûlures aussi. A l'instar d'Aztai, l'éclaireur woran était au sol et la belle féline blanche faisait face, seule. Cette vision creva le cœur du fauve, même si Gaora semblait dominer le duel : d'une patte elle détournait les sorts ennemis par les siens, de l'autre elle libérait de véritables torrents de flammes..

(Cette worane...) murmura Zénith, impressionné.
(…est la meilleure...) Conclut le tigré plein de fierté.

Reportant soudainement son attention sur Kenrag, il vit le Demi-sang approcher, son épée en fulminaire dans sa main valide. Épuisé, la haine seule animait le chien de Raven, visiblement déterminé à exécuter le woran neige. De son côté désarmé, ce dernier se releva à la recherche d'une arme mais son adversaire était déjà trop prêt.
Trop importante, la fatigue qui habitait Kenrag suite à ce déchargement magique permit au félin de ne pas se faire dominer. Esquivant plusieurs coups, récoltant des entailles pour d'autres, Aztai tenait bon alors que son ennemi succombait physiquement.

-Tu n'aurais... jamais fais... le poids ! Cria le woran neige en évitant les attaques trop lentes du garzok.

Énervé, le peau-verte hurla de rage en exécutant un rapide tour sur le même, visant le cou du colosse velu à bout de bras. Surprit, Aztai ne pu faire autrement que de charger son ki et de lever ses pattes pour arrêter l'épée à même le tranchant, campé sur ses appuis. Le fil de la lame entailla les deux paumes mais n'alla pas plus loin. La douleur fut intense et de grosses gouttes de sang perlèrent sur le fulminaire, mais la satisfaction d'avoir emprisonné Kenrag surpassa tout cela. L'impuissance finissait de s'emparer du garzok alors qu'une explosion un peu plus loin soufflait sur eux une vague de chaleur intense: Gaora en était la responsable, lorsque la fumée se dissipa les deux adversaires découvrirent la dépouille calcinée du woger, au centre d'un cercle d'herbe carbonisé. Psychologiquement, et bientôt physiquement achevé, le lieutenant de Raven s'exclama les dents serrées:

-Sans cette femelle tu ne serais plus de ce monde...

-N'est-ce pas à cela que sert l'amitié et l'amour, protéger ceux qui nous sont chers?
(Complètement) Répondit Zénith, laissant lui aussi exprimer sa joie.

Sans attendre plus Aztai désarma son ennemi, ses paumes douloureuses enserrant toujours le tranchant. Il exécuta un tour sur lui-même et enfonça la pointe de son épée dans le flanc de Kenrag qui tressaillit à peine, fixant désespérément son bourreau d'un regard abattu. Lentement, le woran neige posa une patte ensanglantée sur le fourreau, et finit d'enfoncer complètement l'arme dans le corps de son adversaire, vaincu. De faibles décharges s’échappèrent de part et d'autre du garzok, synonyme que la vie le quittait... il s'affaissa, ne quittant pas Aztai des yeux, et s'écroula enfin lorsque l'arme fut entièrement retirée de son flanc.

Haletant, le woran neige se retourna emplit de soulagement vers ses deux amis. Les mots lui manquèrent alors que Gaora s'approchait en courant, les pattes encore chargées de magie suivie de près par Kharo.
Un tas de question venaient à l'esprit du tigré mais il n'avait pas le coeur à gâcher ce moment, se contentant d'accueillir dans ses bras la worane blanche, exprima dans cette étreinte tout le manque qu'il avait subit, et plus encore...

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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Dim 14 Juil 2013 02:02 
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Alors qu'Aztai enserrait toujours Gaora contre lui, Kharo s'approcha d'eux peu à peu, respectant les retrouvailles tant méritées des deux fauves.

-Ils ne sont plus très loin... murmura-t-il.

Gaora se détacha pour regarder Aztai dan les yeux. Sur son visage de féline, le tigré pu lire une certaine tristesse malgré le sourire qu'elle lui offrit, sourire qu'il ne manqua pas de lui rendre.

-Kharo a raison, ajouta-t-elle à voix basse. Nous t'attendions depuis plusieurs semaines et t'avons pisté dès ton entrée dans la forêt. Nous sommes tombés sur de nombreux cadavres de garzoks avant de te retrouver...

Dans ses yeux, une étincelle s'alluma alors qu'elle caressait de la griffe l'armure de l'Ordre Flamboyant :

-J'ai eu raison de pousser l'Ancien à t'envoyer voir Lictaria, tu n'es décidément plus le même.

-Oui, murmura Aztai, et je reviens pour reprendre notre cité à vos côtés, pour reprendre Ambervalle. Le voyage fut long et périlleux, et mon cœur est encore serré à l'idée que j'y sois parvenu, enfin...

Gaora posa une patte sur le casque aux traits de fauve et le retira délicatement. Elle sembla plus heureuse, plus rassurée :

-Nous y sommes presque, encore un dernier effort avant de retrouver la paix.

Aztai savait qu'il n'en serait pas ainsi, que l'issue de cette bataille le porterai plus loin encore. Sa tâche ne faisait que commencer, mais il n'eut le cœur de contredire la worane blanche, trop heureux de la retrouver.

A l'ouest, des bruits de pas parmi les arbres... comme un murmure, les rangs ennemis approchaient pour marcher sur Ambervalle. Kharo bandait déjà son arc :

-Il faut tenir, nous ne nous battrons pas seuls ! Bienvenue chez toi Aztai au Sang-chaud.

Ces mots gonflèrent le cœur d'Aztai, il osa enfin interroger du regard Gaora à propos de l'issue de la bataille qu'il avait dû abandonné au profit d'un objectif plus important, un an plus tôt :

-Les pertes ont été lourdes, lâcha-t-elle avec difficulté. Nous nous sommes réfugiés dans les montagnes, là où personne ne nous trouverait... nous t'attendions. L'Ancien est absent, il enquête sur quelque chose de très intéressant. La montagne semble être réhabitée... il était désolé de partir à l'aube de ton retour mais m'a transmit un message : « J'ai mené les worans lors de la dernière bataille, à son tour il saura porter son peuple et reprendre Ambervalle. ».

Se savoir en si haute estime parmi les siens était une chose lourde à porter, mais qui donnait des ailes à Aztai. Il avait accepté, grâce à Zénith, d'endosser ce rôle et de suivre le chemin que Meno lui avait tracé.
Et c'est alors que, brisant le dernier lien d'amitié qu'ils pouvaient avoir, Gaora approcha son visage félin du sien pour l'embrasser tendrement. Dans ce baiser ils exprimèrent pour la première fois le sentiment réel qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre, s'offrant un moment de paix et d'amour. Un océan de frissons s'empara d'Aztai qui s'adonna à cet instant merveilleux, fuyant le chaos, s'élevant dans un monde plus haut encore que celui des dieux. Dans les bras de celle qui avait si souvent habité ses pensées, il ressentait l'aura de la worane blanche l’envoûter, l'emmener loin, très loin...

Aztai aurait tout donné pour que cet échange ne s'arrête jamais. Briser ce baiser fut plus difficile qu'il ne l'aurait pensé, mais comme l'avait dit la tigresse, il restait encore un effort à faire.

-Aujourd'hui, reprit Gaora avec une voix d'acier, les yeux pétillants, nous descendons pour la première fois reprendre notre terre, en ton nom Aztai ! Tu nous reviens, apportant avec toi la détermination, la foi et le courage dont nous avons besoin. Tu vas réussir, woran de Meno, car nous avons choisi de te suivre jusqu'à la mort !

Des larmes montèrent aux yeux du félin, encore sous le coup de ce moment de bonheur qu'elle lui avait apporté. Ce baiser, ces paroles, cela lui allaient droit au cœur. Il expira à fond, poussé par la confiance que son peuple lui accordait, exprimée par une worane aimante, et non des moins puissantes.
Alors que de nombreuses silhouettes étaient déjà visibles à la lisière Ouest d'Ambervalle, il répondit d'un ton aussi déterminé que celui de Gaora :

-Qu'ils payent !

Il quitta alors cette étreinte son casque sous le coude, serrant de ses pattes sanguinolentes le pommeau de son épée. Il se retourna, échangeant un regard avec Kharo, prêt à accueillir leurs ennemis.
Il ne faillirai pas, car poussé plus encore que par le baiser de Gaora, d'autres bruits de pas vinrent à ses oreilles, provenant cette fois-ci non pas de la lisière Ouest...

(Nous y sommes!) S'éveilla Zénith qui avait silencieusement respecté les sentiments de son maître.
(Oh oui chère faera, je vais offrir à Meno un spectacle digne de ce nom!)

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Dernière édition par Aztai le Jeu 10 Oct 2013 23:05, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Mar 23 Juil 2013 11:08 
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Localisation: Nirtim, Temple de Meno: Se prépare à la guerre.
Dans un roulement qui faisait indéniablement penser au tonnerre, les rangs adverses se frayaient un chemin parmi les arbres. Atteignant la lisière de la clairière, ils ne sonnèrent pas la charge immédiatement mais ralentirent l'allure pour se regrouper. Aztai faisait face, plus en avant que Gaora et Kharo qui venaient d'échanger quelques paroles inaudibles...
Avec un regard de glace, le woran neige observait ses ennemis monter un semblant de formation, mais ils n'avaient pas l'allure de soldats. Leur équipement, résultant surtout des pillages et de vols, était peu conventionnel pour faire la guerre. Plus bagarreurs que combattants, c'était l'occasion pour Aztai d'envoyer un message au Monarque. En voyant sa piétaille impuissante, il prendrait soin de reconsidérer le potentiel du fauve.

Dans le dos du woran neige aussi il y eut de l'activité, mais il n'osait regarder, se concentrant sur ses ennemis. Des frissons parcoururent tout son corps, alors que tout le monde prenaient place sur le champ de bataille, alliés et ennemis...

(Le Monarque... il n'est pas aux commandes de ces vermines)

Aztai étouffa sa colère, lui qui avait rêvé de le tuer sur sa terre... il se contenterait de moins que ça.
Les troupes finirent par s'arrêter. Sur une centaine de mètres s'étalait une masse d'hommes, tous tournés en sa direction. Le tigré sentait comme une épée de Damoclès au-dessus de sa tête, dans son dos Gaora et Kharo se mettaient en position à ses côtés.

-Whao... s'exclama le woran brun en bandant son arc, une sacrée marée !

-C'est ensemble qu'on en viendra à bout...

Dans son dos, la présence se fit elle aussi plus importante, mais il refusait toujours de se retourner. Qui serait là, et surtout qui ne le serait pas...

Alors qu'il s'apprêtait à renfiler son casque, les lignes adverses s'agitèrent. Quelqu'un se frayait un passage, quelqu'un qui inspirait visiblement le respect (où la terreur?) auprès de ses troupes. Laissant passer leur maître avec un regard bien bas, le silence s'imposa dans les rangs...
La nouvelle venue s'avança, d'un pas souple et léger. Revêtant une cape de guerre sombre, son ceinturon laissait voir une unique dague. Ses cheveux d'un noir de jais cascadant sur ses épaules, son visage au teint blafard et au regard si indifférent..

(Capitaine Raven, Lieutenante du Monarque je suppose?) Demanda Zénith en décryptant les souvenirs d'Aztai.

Le félin ne répondit pas, concentré et affichant très franchement son hostilité. Derrière lui, quelques grognements se firent entendre, ici et là... il y avait du mouvement. Alors que Raven sortait doucement du contingent adverse, Gaora leva tranquillement une patte en sa direction, la mettant en garde. Au plus profond de lui, Aztai ressentit une étincelle accroitre un peu plus sa détermination. Raven ne fit pas un pas de plus, tournant son regard désabusé vers la féline menaçante... elle sembla sur le point d'exprimer quelque chose, mais se retint au dernier moment, reportant son attention sur le woran neige. Le désignant théâtralement du bras, elle s'écria d'une voix forte mais froide :

-"La Bête !"

Aussitôt derrière elle, ses hommes explosèrent, le pointant de leurs armes dans un flot de quolibets incompréhensibles. La haine les animait, ou bien la tête du fauve était chèrement mise à prix. « La Bête », c'est ainsi qu'il avait été surnommé lors de sa captivité dans les camps de Raven, où il s'était réellement battu pour survivre. Achille, un humain prisonnier plus vieux, l'avait encouragé et redonné confiance en lui pour qu'il puisse les sortir de là. Hors, seul le jeune félin avait gardé la vie... ce vieux filou avait été l'un des premiers à véritablement découvrir le potentiel d'Aztai, mais il ne lui avait jamais dit. Chaque image d'Achille dans son esprit mettait à vif la colère du tigré...
Fermant un instant les yeux, il effaça toute pensée et se concentra pour ignorer les aboiements des chiens de Raven. S'avançant alors à son tour, il se dirigea vers le cadavre de Kenrag, gisant toujours dans l'herbe. Sous les cris et les huées des hommes, sous le regard impassible de leur capitaine, Aztai releva le crâne du garzok mort en empoignant une de ses longues oreilles. D'un unique revers, il décapita le cadavre du lieutenant, faisant couler un sang encore frais sur ses pattes inférieures. Observant Raven avec attention, il leva haut son butin et lâcha un sourire triomphant, alors que ses phalanges formaient un « deux » :

(Deux de tes lieutenants sont morts ma chère, de ma griffe!) Savoura intérieurement le félin, conscient que son ennemi avait saisi le message.

Devant cette provocation ouverte, les soldats de Raven manquèrent de sonner la charge sur l'instant. Il en aurait été ainsi, si quelque chose n'avait pas soudainement attiré leur attention, vers la lisière Est, dos au fauve. En lisant les expressions tantôt figées, intimidées ou tout simplement curieuse des hommes, le cœur du félin se serra. Il comprit après une bonne minute d'agitation, aussi bien en face de lui que derrière, que les prochaines paroles étaient siennes. Même Raven semblait en attente de voir la réaction du félin, comme s'il devait donner une explication à tout cela.
Les grognements rauques des worans se firent plus imposants, Aztai sentit tout son peuple le fixer dans son dos.

(Comme l'a dit votre Ancien, c'est toi qui mène cette bataille aujourd'hui)
(On dirait bien... cette sensation d'avoir avec soi son peuple, mêlé à la peur de le voir mourir au combat... et Meno sait qu'il y aura des morts)
(Protège-les comme tu l'as fais jusqu'à maintenant, j'ai confiance en toi boule de poils!)

Ces mots le réconfortèrent quelque peu, prêt à faire face cette fois-ci à son peuple. La peur de ne pas revoir tous ses proches parmi les rangs alliés termina de le retenir, et il fit volte-face. Tenant toujours la tête de Kenrag dans sa patte, son casque et sa lame de l'autre, Aztai au Sang-Chaud revenait enfin, après plus d'un an d'absence. Gaora et Kharo, quelques mètres derrière lui, lui lancèrent un regard encourageant, le tigré pu contempler alors la lisière Est.
Ils étaient moins nombreux, mais la rage que les fauves d'Ambervalle affichaient valait largement celle des hommes de Raven. Le woran neige balaya le rang de félins du regard, sentant l'émotion l'emplir peu à peu après chaque échange.

Il repéra d'office la très haute silhouette de son père et déjà les larmes lui montèrent au yeux. Rudy, fourrure identique à la sienne, se fendait d'un large sourire. Visiblement fier, il agitait sa hache avec impatience, attendant l'ordre de son propre fils.
S'en suivit alors une autre bouffée de soulagement apportant avec elle sa dose de frissons : Waor, avec à ses côtés Hewana... considéré comme son frère depuis toujours, le woran roux levait fièrement une lance, en proie à une joie bestiale. A ses côtés, la jeune femme s'était visiblement remise de la précédente bataille, alors qu'Aztai était partit dans le doute de la revoir vivante un jour... seule humaine parmi les alliés, elle agitait ses deux serpes, fabriquées par les meilleurs forgerons d'Ambervalle spécialement pour elle. Héwana lui adressa un clin d’œil complice, elle qui s'était si bien intégrée parmi les worans, grâce à lui.
Aztai continua à chercher ses amis du regard, déjà informé qu'il ne croiserait pas celui de l'Ancien. Il reconnut les frères Jagd, confondant encore chacun de leurs prénoms, ainsi que Médina, la guérisseuse, armée comme les autres.
Reportant enfin son attention sur Gaora, cette dernière lut largement les émotions du woran neige, qui serrait son épée pour se contenir. Faisant naître une flamme dans sa patte, la féline lui murmura d'un ton encourageant :

-En ton nom, Aztai, en ton nom...

Le tigré lui répondit par un sourire, avant de reporter son attention sur son peuple. Du côté de Raven, l'agitation se faisait sentir, les chiens ne tarderaient plus à être lâchés...

(Je ne suis pas qualifié pour discourir avant une bataille...)
(Je suis certain que tes gestes auront plus d'impact que de simples mots. Porte-les pendant cet affrontement, ouvre la voie et ils te suivront par Meno!)

A peut-être cinq contre un, les worans d'Ambervalle allaient reprendre leur terre. Levant haut la tête de Kenrag toujours en patte, Aztai attisa la colère de ses alliés. Les grognements commencèrent à laisser place aux rugissements, le tigré souhaitait déchaîner son peuple. Laissant vulgairement retomber son fardeau, il reprit sa lame de la patte. Les worans étaient en position...
Incapable d'articuler un mot tellement l'adrénaline faisait rage, Aztai leva haut ses bras et poussa un rugissement qui résonna dans toute la clairière, libérant un flot de ki qui parcouru tout son corps en armure. Dans la seconde qui suivit, la masse de fauves l'imitait, faisant trembler les cieux. Gaora, Héwana, Rudy, Waor... par trois fois Aztai appela ses fauves à la guerre, déchargeant à chaque fois plus d'énergie, par trois fois tous lui répondirent, déchaînant la haine qui les habitait : ils étaient prêts à mourir aujourd'hui ! Enfilant alors son casque aux traits de tigre, Aztai fit volte-face et fusilla Raven du regard.

(Meno me guide, et le corps sans vie de cette chienne servira de message pour le Monarque !)

Pointant le ciel de sa lame et la Lieutenante de la griffe, il abattit son arme et sonna le début des hostilités. Derrière-lui, un océan de worans enragés déferla, rugissant, hurlant; ils appelaient à leur tour à la vengeance, et au sang!

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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Dim 18 Aoû 2013 03:50 
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<-- Route entre Omyre et les Duchés


Le lac aux canards


Lorsque j’ouvris les yeux à nouveau, toutes les étoiles s’étaient évanouies pour laisser place à un ciel bleu resplendissant, exempt de nuage dont le soleil, unique astre présent, me réchauffait de ses rayons.
S’étant aperçue de mon réveil, Hortense me souhaita aussitôt le bonjour.

« Bien dormi petite lutine ?» Me questionna-t-elle sans pour autant perdre de vue la route rocailleuse.

« Oh que oui ! » Répondis-je toute pimpante de vie.

« Nous sommes dans les Duchés des montagnes, nous arriverons bientôt à Luminion. » M’informa la guerrière, remplissant ainsi à la perfection son rôle de guide.

Curieuse de voir à quoi ressemblait ce territoire montagneux, je me levai rapidement et sortis ma petite tête de la besace. Devant moi se dessinaient d’immenses montagnes dont les sommets recouverts de neige m’émerveillaient.

« Arrmf arrmf ! » Plus près de nous, quelques sifflements répétés se démarquant au travers de tous ces mélodieux chants d’oiseaux matinaux retinrent mon attention.

Intriguée par l’origine de ces sons enchanteurs, je me tournai vers ma gauche et aperçus un magnifique petit lac à l’eau claire sur lequel nageaient paisiblement quelques canards mâles si j’en jugeais par la coloration vive de leur plumage.

« Luminion... les montagnes…C’est ici que vivent les nains ? »

« Non, pas vraiment ! Une grande majorité de nains peuple effectivement les duchés, mais un peu plus à l’Est dans une ville creusée à même le roc : Mertar . Je vous y conduirai à la nuit tombée si vous le voulez bien, mais pour l’instant, moi et Dulcinée avons besoin de nous reposer. »

Ayant chevauchée toute la nuit, Hortense réclamait, avec raison, une période de repos.
« Très bien, laissez-moi ici, je vous prie, je préfère passer la journée à contempler ce lac et ses habitants plutôt que de me balader dans les rues d’une cité inconnue. »

Ce disant, j’extirpai de mon sac les yus requis pour défrayer mon voyage et je les lui tendis :

« Voici pour votre peine ! »

Hortense prit son dû et s’empressa de descendre de sa monture pour me déposer tout doucement au sol.

« Je repasserai par ici à la tombée de la nuit. Si vous n’y êtes pas, je poursuivrai ma route ! »

« Je serai ici ! »

Après l’avoir salué d’une petite révérence, je la regardai s’éloigner. Cette jeune dame de stature moyenne, tout en demeurant fort sympathique, avait tout de même conservé une certaine distance à mon égard. Non, par antipathie, mais plutôt par professionnalisme, je demeurais sans contredit sa cliente, et non son amie. Une barrière non divulguée officiellement, mais pourtant bien tangible s’était établie entre nous deux. Ce comportement m’était étranger, mais je l’acceptai volontiers.

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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Dim 18 Aoû 2013 04:58 
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Danger à l’horizon


Le clapotis de l’eau sur la berge, le récital des habitants ailés de la rive, la flore luxuriante dont les roseaux tout en pliant sous le vent laissaient entendre un léger gémissement m’invitaient à explorer ce petit lac dont l’eau arborait un vert cristallin.
C’est ainsi que, le plus silencieusement que pouvait me le permettre mes bottes de lutine, je quittai la bordure de la route pour m’infiltrer au travers de l’herbe verdoyante et des roseaux. J’avançai ainsi jusqu’au bord de la rive pour m’asseoir sur l’herbe fraîche et humide et observer, sans les perturber, les trésors de la nature.

Quelques espèces d’oiseaux aquatiques profitaient de l’étendue d’eau pour laver leur plumage et s’approvisionner en petits poissons, en insectes patinant sur l’eau ou en algue verte flottant à la surface. Mais de toutes, une seule me fascinait. Présentant une tête et un cou vert émeraude, les canards demeuraient sans conteste les plus élégants. Arborant leur miroir violet entrecoupé de traits blancs de chaque côté, ils avaient fières allures.

Alors que j’étais en pleine contemplation de ces volatiles colorés, un léger bruissement à ma gauche attira mon attention. Sans faire de bruit, je me relevai, empoignant mon arc, prête à me défendre, redoutant la présence d’un autre hideux scarabée géant. J’écartai de la main droite les longs brins d’herbes qui me cachaient la vue, puis furtivement je m’approchai de la source sonore. Pas à pas, j’avançai prudemment jusqu’à ce que je m’arrête complètement. Devant moi, trottinaient dans tous les sens, quatre canetons. À peine sortis de l’œuf dans lequel ils avaient séjourné une vingtaine de jours, ils déliaient leurs petites pattes palmées tout en restant à proximité de leur mère qui couvait encore quelques œufs. Mon arc de nouveau placé en bandoulière, la tête légèrement penchée de côté, le sourire aux lèvres, j’observais le tendre tableau familial de la canne et de ses mignons rejetons.

Malheureusement, ce charmant spectacle fut interrompu par l’arrivée impromptue d’un loup famélique. Les oreilles rabattues sur sa tête, sournoisement, il s’était faufilé parmi les herbes hautes et s’apprêtait à bondir sur les petits canetons. La canne alertée se leva sur ses pattes dévoilant temporairement trois œufs non éclos et ouvrit grand ses ailes tout en cancanant fortement à l’adresse de ses petits. Ceux-ci reconnaissant l’appel de leur mère accoururent se réfugier sous ses ailes. Ne voulant surtout pas me résigner à demeurer l’impuissante spectatrice de cette terrible tragédie, je récupérai mon arc en vitesse, tendis la corde et sans même prendre le temps de viser, je laissai échapper la flèche sur la vilaine bête qui venait de bondir sur deux canetons retardataires. Ma flèche rata sa cible, effleurant à peine les moustaches du féroce canidé. Sa grosse patte droite sur un caneton, le second dans sa gueule, le prédateur grogna dans ma direction en guise d’avertissement. Quelque peu intimidée, mais surtout déterminée, je me mis en joue une fois de plus, pris ma mire et laissai filer ma flèche qui cette fois se planta dans le flanc de ma proie. Trop peu, trop tard, l’animal blessé avait eu le temps d’égorger sa première capture et d’écraser la seconde d’un violent coup de pattes avant de prendre la fuite, la gueule pleine. Je le laissai partir sachant les canetons décédés et assurée que tôt ou tard l’hémorragie ferait son œuvre et qu’il mourrait avant de savourer le fruit de sa chasse. Maigre consolation.

Reportant mon attention sur les survivants, je vis, à mon grand découragement, le reste de la bande jusqu’alors tapi dans les talus faire son apparition. Le danger n’était pas écarté !

La canne, n’écoutant que son instinct maternel, claqua agressivement son bec orangé défiant ainsi la louve au pelage argenté de s’approcher. Alors que l’oiseau surveillait le devant, un spécimen mâle aux poils hirsutes l’attaquait par-derrière, tentant de lui mordre le croupion. Assaillie des deux côtés, ne sachant plus où se donner la tête, la canne s’obstinant malgré tout à protéger son nid, donnait des coups de bec où elle le pouvait. Écœurée par ce combat inégal, je me décidai de porter secours au volatile encerclé. Placée de profil, la jambe gauche derrière la droite, mon aiguille à tricoter placée à la hauteur de ma tempe, visant cette fois le cou de l’animal, je plaçai mon bras lanceur vers l’arrière créant ainsi une tension, puis je fis un pas vers l’avant transmettant toute la vitesse de déplacement dans mon épaule gauche qui se détendit comme une catapulte propulsant ma lance improvisée. Le tout accompagné d’un cri provenant du plus profond de moi-même, exprimant ma volonté d’embrocher ce carnassier.

Frappé en plein dans le mille ou carrément à côté ? Je ne sus jamais ce qu’il arriva de mon projectile, puisque je venais à peine de le relâcher que je fus happée de plein fouet par un autre membre de la cohorte de loup. Alors que je guettais la scène entre le canard et les deux carnivores, un troisième individu avait surgi de l’herbe haute et sans hésiter m’avait attaqué par derrière.

Prise par surprise, je ne tentai aucune esquive. C’est tout juste si je pus me rouler en boule pour amortir quelque peu le choc. Couchée sur le dos, c’est avec horreur que je vis mon adversaire au-dessus de moi, la gueule grande ouverte, prêt à me croquer. Tâtant le sol, ma main trouva un petit caillou que je m’empressai de lancer de toutes mes forces sur le nez de mon attaquant. Cette petite roche ne fit pas plus d’effet qu’une vulgaire petite chiquenaude. Apeurée, j’agrippai mon arbalète et l’armai.

C’est à ce moment précis que le canard aux couleurs verdoyantes entra enfin en scène, voulant protéger ce qui lui restait de sa petite famille, il s’élança lui aussi dans le combat, en piquant de son bec le derrière à découvert du loup m’attaquant.
Je profitai de ce petit moment de répit, pour me relever rapidement et courir jusqu’au nid à présent découvert. Je fus malheureusement interrompue dans ma course par une grosse patte griffue qui me propulsa quelques centimètres dans les airs. Le coup fut si brutal que je m’évanouie à la merci de la troupe de loup.

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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Dim 18 Aoû 2013 20:48 
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Grossesse subite


Sans que je n’aie besoin de le prier, Yuimen était venu à mon secours en me cachant de mes redoutables prédateurs. C’est ainsi du moins que je traduisis ce hasard inouïe qui fit que dans ma chute, ma cape me recouvrit. Je me réveillai donc quelques heures plus tard, couchée dans le nid, recouverte entièrement de ma cape de dissimulation. À mes côtés, tout aussi bien caché, se trouvait le seul survivant de tout ce petit drame, un œuf de canard.

La tête douloureuse, je me relevai péniblement et observai avec horreur la scène du combat. Du sang, des plumes, des écailles d’œufs, trop de malheureux indices m’annonçant la désolante issue de cette inégale bataille. Sans aucun doute, nous étions, moi et l’œuf tacheté, les seuls survivants de ce terrifiant assaut. Et en tant que tel, je me devais d’offrir un foyer à mon nouveau protégé. Je serais désormais sa mère adoptive. Et sans tarder, prenant mon rôle au sérieux, je plaçai l’œuf sous ma tunique et ajustai ma ceinture afin que l’oeuf ne glisse malencontreusement. La cape recouvrant ma récente bedaine rebondie, je ressemblais à une lutine sur le point d’accoucher.

--> Les alentours de Mertar

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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Lun 19 Aoû 2013 00:34 
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La silhouette de Raven fut bientôt couverte par la charge de ses propres soldats. Les rugissements et les hurlements envahirent la clairière d'Ambervalle, tel un écho de mort qui résonnait... déjà des sorts étaient jetés, principalement du côté des félins. Gaora elle même ne laissa pas le temps à une partie du premier rang ennemi de se lancer, les fumant sur place. Le tigré ne courait pas contrairement à ses semblables, mais il marchait d'un pas pesant et conquérant. Même si les worans ne tarderaient pas à le rattraper, il frapperai en premier : une masse d 'hommes se dirigeait vers lui. Accélérant le pas pour finalement courir à son tour, épée au clair, le fauve était lâché. Derrière son casque aux traits de félin, l'adrénaline et la rage lui déformaient la gueule. Il rugit en pleine charge alors que les ennemis les plus courageux désiraient l'arrêter, déjà condamnés... avec une rapidité et une puissance de frappe largement supérieures, Aztai ouvrit le bal en éventrant un premier ennemi, passant sous sa garde. Enchaînant un tour sur lui même, il pourfendit le bouclier d'un autre. Apeuré et déséquilibré, l'homme trébucha mais rattrapé par les griffes du fauve, il termina égorgé.
Les worans d'Ambervalle eurent vite fait de rejoindre leur frère dans cette bataille, déchaînant eux aussi toute leur colère. Pendant de longues minutes, les félins décimèrent les rangs ennemis, laissant exploser toutes leur puissance. « Aucune pitié » était devenu le mot d'ordre et chacun s'attelait à la tâche avec cœur...
Tuant un à un les ennemis qui lui barraient la route, Aztai aperçu Rudy, son père, se joindre à lui à une dizaine de mètres de là. De ses deux mètres trente, son paternel colosse hachait menu la piétaille de Raven. Chacun de ses coups était ponctué d'un rugissement effrayant, alors que s'écroulait la carcasse d'un autre chien. Le woran neige se fraya un chemin jusqu'à lui, une flèche manquant de le toucher, une seconde s'écrasant sur son armure. Ah, et trois hommes trouvèrent la mort, faute de vouloir interrompre sa course. N'arrêtant son ballet mortel sous aucun prétexte, il hurla au dessus de la cacophonie ambiante :

-J'ai cru te voir en difficulté!
Ironisa-t-il.

-C'est un tigreau qui me dit ça ? Rétorqua Rudy en fendant un crâne. C'est bon de te revoir mon fils !

Ces paroles, si simples pouvaient-elle être, encouragèrent encore plus Aztai. Après avoir mit a mal une dizaine d'hommes, et récolté quelques entailles, il prit quelques secondes d'attention :

-Ils sont nombreux, la fatigue nous fera défaut à un moment !

En effet, si les worans dominaient pour l'instant la bataille, plusieurs de leurs cadavres gisaient déjà dans l'herbe. Aztai détourna les yeux, ne voulant perdre sa concentration, tâchant de repérer Raven du regard. Il eut le temps d'apercevoir Waor et Héwana côtes-à-côtes, un tas de corps les entourant, mais très vite un trio de soldats vint le couper dans son élan. Rudy était lui occupé avec un adversaire particulièrement bien équipé, il sortait du lot. Le woran neige accueillit ses opposants en empalant le premier, transperçant son plastron. Il voulut retirer sa lame pour abattre le deuxième arrivant mais il fut retenu :

-Viens avec moi !
Articula le soldat empalé par Aztai, serrant le pommeau de sa lame en fulminaire.

Court moment de panique où le colosse velu n'eut que l'option de projeter son crâne en avant. Le casque fracassa le nez de l'homme qui relâcha sa prise. Se retournant, Aztai n'eut malheureusement pas le temps de contrer son autre adversaire qui lui entailla la cuisse avec agilité. Chancelant, le fauve tint sur ses pattes et para plusieurs de ses coups... avant de le désarmer avec force. Le repoussant d'un revers d'avant-bras, il stoppa la lame d'un troisième chien avec la sienne.

(Tu sembles en difficultés) Railla intérieurement Zénith.

Piqué a vif, le woran neige poussa un rugissement et décapita le dernier assaillant de toute ses forces. Il fit volte-face, tombant sur un regard plein d'effroi, puis décapita celui qui lui avait entaillé la cuisse.

(Répète?)
(Ouh un petit coup de motivation était nécessaire. D'ailleurs il en faudra un grand si tu veux mener à bien cette bataille, les worans ne tiendront pas longtemps sinon)
(Je sais!) S'énerva le félin.

Soudain, la silhouette de Raven fit son apparition. A la lisière de la forêt, elle observait l'affrontement entourée d'une dizaine de gros bras en armure. Cela relança la colère du fauve, atténuée par les litres de sang déjà versés.

(Ce sont des soldats, des vrais!)
(Toi qui désespérait de n'avoir que la piétaille, la dame semble avoir une garde de fer)

Repoussant toujours plus d'ennemis, Aztai s'enfonça dans les rangs adverses. Semant la mort sur son passage, il gardait Raven en vue dans l'espoir de l'atteindre. Malheureusement les forces adversaires se massèrent auprès de lui et le woran neige comprit l'erreur qu'il avait faite. Tournoyant sur lui même, ses attaques laissèrent place à des parades, incapable de porter un coup sans en récolter un. Saisi d'une panique qu'il ne souhaitait afficher, il devait prendre retraite ! Par chance, l'armure de l'Ordre et les épaulettes lui permirent de ne pas encaisser trop de blessures, mais son sang coula à nouveau...

(Aztai!)

La détresse, il fallait qu'il recule à tous prix. Dans un sursaut de panique, il fonça en arrière et percuta violemment une ligne d'hommes. D'un seul revers il en égorgea deux et se fraya un chemin à la manière d'un bélier. Meurtri à la jambe dans sa course, il chuta en avant et se retourna une phalange dans sa réception.

(Je vais pas l'avoir!) S'énerva Aztai en se tenant la patte.

Pas sortit d'affaire, il se releva et du faire face à ses poursuivants. Heureusement, la présence de quelques fauves lui donna du répis. Alors qu'ils se ralliaient tous pour soutenir leur meneur, le woran neige put reprendre son souffle. Examinant ses blessures, il ne remarqua rien de grave et se remit en garde, venant en aide à ses semblables. Visiblement motivés d'être enfin en sa présence, les fauves donnaient tout ce qu'ils avaient. Lorsque l'un d'eux tomba, assaillit par quatre hommes, un reflux de haine et de peine monta chez les félins: Aztai eut le loisir d'en punir deux dans un flots de sang.

-Qu'ils crèvent ! Hurla-t-il. Par Meno, tuez-les sans pitié !

Tous les worans alentours hurlèrent leur réponse et redoublèrent d'efforts, Aztai y comprit. Mais même après un long moment d'affrontement acharné, les worans d'Ambervalle durent céder plusieurs mètres à leurs ennemis. Conscient que sa présence était un atout, Aztai ne cédait aucune expression de douleur ou de faiblesse. Il demeurait sans pitié face à chaque assaillant, même lorsqu'il vit s'empaler sur sa lame une humaine...
Si les assauts se faisaient moins massifs, ils ne s'arrêtaient pas pour autant. Force était de constater qu'ils ne tiendraient plus longtemps à ce rythme. Autours de lui, Aztai voyait ses frères de fourrure fléchir, et tomber. Trois nouveaux fauves cédèrent sous les coups, et encore deux autres...

-Non !
(Aztai!)

Animé par la tristesse de voir ces worans, ses amis sans vie, le tigré s'empara de son épée à deux pattes et se laissa aller dans un océan de folie. Parmi les résistants qui l'entouraient, d'autres worans se rallièrent à lui. Les trois frères Jagd, forgerons d'Ambervalle, formaient un trio de choc : en triangle dos à dos personne ne pouvait les surprendre, et ils tuaient et tuaient encore...

(Aztai!)

Déchaîné, le woran neige n'entendait même pas sa faera l'appeler, seul le sang sur sa lame pourrait calmer ses nerfs.

-Tenez-bon ! Rugit-il entre deux morts.

Un jet de flammes vint ponctuer ses mots, grillant plusieurs de leurs assaillants. Tournant la tête à s'en faire mal à la nuque, le fauve fut soulagé de voir débouler Gaora, sa toge déchirée de partout. Mais sa joie fut de courte durée, la worane affichait un air alarmé. Alors que ses paumes déchaînaient les fluides de feu, la fatigue était très présente à l'instar de tout le peuple d'Ambervalle. Non sans difficultés, le tigré acheva un ennemi de plus et reporta son attention sur la féline blanche, essoufflé mais rassuré. Il voulut s'approcher pour faire durer cet instant, si seulement...

Un rugissement à déchirer les cieux. La détresse qui accompagnait ce cri arrachait déjà le cœur du fauve, l'angoisse venait lui remuer les tripes... le temps de se retourner et ses yeux tombèrent sur le trio Jagd. C'était Dorsa qui avait crié, l'aîné, agenouillé auprès du corps sans vie d'Alhi, le plus jeune... deux flèches sortaient de son torse, vide de souffle. Heldge, le deuxième des frères, rugit à son tour et se laissa entraîner dans une démence meurtrière, alors que son grand frère se relevait les yeux pleins de larmes, prêt à le rejoindre.
Cette vision tira un signal chez le fauve, abasourdit. Il reporta un regard vide vers Gaora, saisie quand à elle par le chagrin. Elle s'approcha de lui et posa une patte sur son épaule. Dans un sanglot, elle lui glissa :

-Il le faut, Aztai...


Encore sous le choc de la mort d'Alhi, si jeune woran, le tigré ne saisissait pas les mots de la worane blanche. Une flèche siffla à ses oreilles et il fixa la féline faire jaillir un cercle de feu autours d'eux, leur accordant une seconde de paix. Le ronronnement des fluides couvrait le tumulte de la bataille, laissant les deux fauves face à face au milieu du chaos.
D'un regard d'acier mais humide de larmes Gaora observait le reflet dansant des flammes sur l'armure du colosse:

-Il le faut... Aztai... Zénith ! Fit-elle en remuant l'armure du tigré, reportant son attention sur lui.

-C...

Son cœur manqua un battement. Il n'avait pas dévoilé encore la présence de sa faera qu'elle prononçait son nom. Interrogeant cette dernière, il lui répondit :

(Il fallait qu'elle vienne te le dire... Aztai il le faut... provoque la victoire, appelle-en à Meno s'il le faut!)

Sans avoir le temps de répondre, Zénith lui projeta un flot d'images. Il percevait toujours le regard de Gaora mais venait se calquer par dessus des impressions de déjà-vu, des souvenirs bien à lui. Il ressentait les émotions de nouveau en voyant des bribes, des détails de son passé. Envoûté quelques secondes, un souvenir parmi les autres s'imposa soudainement. Aztai savait déjà de quoi il s'agissait: il y voyait Lictaria lui remettre un coffret... son « aide », avait-elle dit. Plus encore, cette réminiscence était le signe, la pièce manquante pour agir. Elle embrasait la volonté et la foi du félin, le gonflant de courage. Plus confiant grâce à la présence de la faera millénaire, il ne serait pas seul pour accomplir sa tâche.

Son cœur cognant sous sa fourrure, il déclara fermement:

-J'ai besoin de vous, de vous tous ! Mène-les auprès de l'autel et déchaîne-les pour Meno!

La worane glissa un sourire encourageant, laissant son sort s'évanouir peu à peu autours d'eux. Elle projeta un torrent de flammes avant de voir détaler Aztai vers le centre de la clairière, où l'aide de Meno l'attendait...

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Dernière édition par Aztai le Sam 23 Nov 2013 17:20, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Mar 20 Aoû 2013 15:29 
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Le cœur prêt à exploser, Aztai déboula au centre d'Ambervalle, auprès de l'autel en pierre blanche. Durant sa course, plusieurs ennemis tentèrent de l'arrêter, il ne prit le temps de tuer que les moins habiles, mutilants les plus forts avant de reprendre son chemin.
Enjambant carrément l'autel, il s'empara de la sacoche paisiblement posée et en défit rapidement les lanières. Un coffret de bois, présent de Lictaria, qui contenait peut-être la clé de la victoire !

(Alors on y est ?) Temporisa le fauve en fixant le coffret et en rengainant son épée.
(Ouuuuh oui!) Lança joyeusement sa faera, s'accordant un moment d'éclat.

Dans l'esprit du woran neige, un semblant de doute nageait encore, résistance du félin qu'il avait été, faible et en peine de confiance. Bien sûr Aztai savait qu'il n'y avait qu'une manière d'anéantir ce doute à jamais...

(Je ne te quitterai pas) Glissa Zénith alors qu'il posait la patte sur le loquet en ferraille.
(Guide-moi)

Autours de lui, Gaora et les siens le rejoignaient peu à peu, formant une ligne infranchissable pour offrir un peu de paix au woran neige. L'affrontement était plus violent que jamais, la rage avait laissé place à une véritable folie. Chez les siens, l'épuisement ne triomphait toujours pas de la détermination, mais le nombre de worans morts pesait dans les rangs. Le cœur du tigré se serra encore, en proie à une pression jamais connue. Par Meno il fallait que cela cesse au plus vite, comment son peuple pourrait survivre à deux batailles s'il ne faisait rien maintenant ?

(Allez Aztai!) Pressa la faera.

Le félin obéit et se concentra sur son fardeau, faisant le vide autours de lui comme il pouvait. Relevant le couvercle de la griffe, une douce chaleur vint caresser la fourrure de ses phalange alors que ses yeux tombaient, fascinés, sur différents objets... il fut instinctivement captivé par une fiole grande d'une paume. Aux reflets allant du rouge sang à l'orange feu, des filaments se mouvaient lentement à l'intérieur. Alors qu'il empoignait le contenant de sa patte gauche, son sang à demi séché vint souiller le verre. Déja Aztai sentait une énergie magique lui chauffer la paume, quelque chose s'éveillait. Zénith s'exclama :

(Il y avait longtemps que je n'avais pas ressentis une telle appréhension!)

(Très rassurant...)

Dans ces dernières secondes de concentration l'intensité venait chatouiller le woran neige, il pria Meno d'être enfin prêt pour laisser les fluides se lier à lui. Que cela se fasse, dans la douleur, la peine ou même la joie : ainsi Aztai voyait ses prochaines minutes.
Poussé par Zénith, les pensées de sa faera étaient plus proches que jamais dans son esprit. Il captait en effet une certaine appréhension, mais par dessus tout un sentiment prônait : la fierté. Encouragé et porté par cette vérité, pouvoir ainsi prendre conscience de la confiance qu'il lui apportait, voilà le sentiment qui manquait au félin pour accomplir sa tâche.

(Aztai!) Tonna Zénith dans sa tête.

Cette voix si intense ne lui était pas commune, elle portait littéralement le fauve dans son action. Ses dernières pensées se tournèrent vers Gaora qu'il était résolut à ne pas regarder. Le souvenir seul qu'elle aussi avait confiance en lui acheva de décider le félin, sonnant comme un glas dans sa tête.

(Brise-là!) Ordonna la faera millénaire.

Pensées toutes tournées vers le dieu du feu, Aztai pressa la patte et éclata la fiole dans un tintement largement couvert par les bruits du combat. Respirant à grandes saccades, ses yeux étaient captivés par ce qui se déroula. Les fluides, une fois libérés de leur prison de verre, coururent le long de l'avant-bras du félin. Accompagnés d'une chaleur grandissante, les filaments orangés dansèrent quelques secondes sur la fourrure blanche-sang d'Aztai...

Et alors son cœur s'emballa. Sous son regard fasciné, les fluides dansants se resserrèrent autours de son bras, lui infligeant une brûlure déchirante. Vacillant sous le choc, le fauve lâcha un rugissement mais tint debout. Son membre n'avait visiblement rien mais il sentait encore une douleur cuisante lui paralyser la patte gauche. Ne perdant sa concentration sous aucun prétexte, il interrogea Zénith.

(La magie est étrangère à ton corps. Crois-moi il ne se laissera pas faire...)

Malgré ces paroles annonciatrices d'un mauvais quart d'heure, la voix de sa faera tenait un ton rassurant, et il le fallait.
Observant sa patte avec appréhension, une sensation des plus étranges s'empara du woran neige. Le poing serré, il comprit vite que son propre sang chauffait à l'intérieur de ses veines.

-Par tous les dieux... s'entendit dire le fauve.

Déglutissant avec difficulté, il constata très vite que le phénomène ne s'arrêterait pas à son bras... gagnant peu à peu le reste de son corps, les fluides s'activaient en lui et bientôt s'ajouta un ennemi que jamais Aztai n'aurait imaginé, plus angoissant encore...

(La fièvre!) Désespéra le félin en flanchant complètement, s'accoudant à l'autel.

La gueule lourde, la peau moite sous sa fourrure trempée d'une sueur glacée... la fièvre le dévorait bel et bien, à un degré incroyable. Respirant avec difficulté, Aztai fut bientôt en proie à des délires et des hallucinations.

(Zénith!) Résonna sa voix.

Mais il comprit très vite que sa faera n'était pas étrangère à la douleur de son maître : de son côté si proche du sien, Zénith luttait aussi de toutes ses forces.
Les griffes fermement plantées dans le sol, le félin était affaiblit, les genoux tremblant. Un combat contre lui-même, la domestication complète de son corps et la consécration de son périple.
La fièvre faisait naître des images, des souvenirs, provenant de la mémoire des deux êtres liés. Encaissant cela les crocs serrés, le fauve voyait sans comprendre des bribes du passé de sa faera et du sien se mêler... oppressé par un corps brûlant de fièvre, assaillit par une migraine dévastatrice, Aztai s'écroula finalement à côté de l'autel.

(Que cela cesse!) Hurla-t-il en labourant le sol de ses griffes.
(Le parchemin, Aztai!)

La voix de Zénith, ressuscitée en cet instant intense, eut l'effet d'un coup de fouet. Rugissant un grand coup, Aztai concentra ses forces entravées pour se relever, s'affaissant sur l'autel. Relevant un instant les yeux, sa vue était brouillée par la fièvre, il devait faire vite. Les échos de la bataille ne parvenaient même plus à ses oreilles alors que son regard tombait sur les parchemins. Agrippant le bord de la pierre pour plus d'appuis, luttant comme il pouvait contre le flot de souvenirs, il s'empara d'un des deux parchemins, prêt à le desceller.

(Non!) l'interrompit Zénith (Trop de fluides parcourent ton corps, il faut les disperser et non les concentrer, au risque d'un massacre : l'autre sort est plus approprié !)

Sans demander d'explication, obéissant tel un automate chancelant, le félin attrapa le deuxième fardeau à bout de patte. Reprenant équilibre, il sortit une griffe et la posa avec difficultés sur la fine ficelle. Il ne savait pas ce qu'il devait faire ensuite, vivant l'instant présent comme jamais, guidé par la faera millénaire.

(Une fois cela fait, il faudra tenir!)
-Meno... nous guidera... haleta le tigré.

Tranchant le sceau, Aztai déroula la fine feuille de papier et l'apposa sur l'autel. L'encre, s'il s'agissait d'encre, marquait presque entièrement le parchemin. Certes la fièvre l'empêchait de lire précisément ce qu'il y était inscrit, mais il ne reconnu là aucune langue de sa connaissance. Avant qu'il ne puisse interroger sa faera, les inscriptions se mirent à briller couleur orange-feu.

(Ta patte Aztai!)

Sans réfléchir, le woran neige posa sa paume tremblante au centre du parchemin. A sa grande surprise, le papier s'embrasa de toute part et disparu dans l'air, ne laissant aucune cendre derrière.
Pendant un instant, il n'y eut qu'un bourdonnement sourd alors que le fauve luttait toujours contre les fluides, agriffé à l'autel et prêt à exploser. Les yeux fermés, il donnait ses dernières forces pour résister.
Chaque flots d'images faisaient battre son cœur plus fort encore. Sa mémoire s'encombrait de visages humains et félins, des bribes d'une vie vécue dans une tribu, puis dans un village forestier. Des lieux déjà visités qu'il revoyait à travers lui-même, un Aztai du passé trop peu confiant et trop faible. La gueule du fauve qu'il était apparue alors, lui faisant face :

(Ambervalle va-t-elle tomber?) S'entendit-il se questionner. (Et toi avec ? Alors tout cela aura été fait en vain... tant d'espoir, c'était trop lourd à porter.)


Son reflet prit alors une expression haineuse. Bizarrement, Aztai sentit ses propres muscles faire de même, étirant ses babines, renâclant tel une bête enragée:

(Il n'y a aucun choix, AUCUN!)
S'hurla-t-il.


Pour la première fois depuis qu'il avait brisé la fiole de sa patte, la fièvre retomba, brutalement même. Vide d'énergie, dans son esprit se dissipa le sombre nuage de présages, de visages, d'étendues de terres... à présent, une carapace de vide l'entourait, une bulle intérieure impénétrable. Libéré de sa fiévreuse prison, Aztai voulut interroger Zénith mais la voix de ce dernier couvrit sa question, chuchotant d'un air lassé...

(Pourquoi faillait-il que tu reviennes...)

Interdit, Aztai comprit bien vite que ces mots ne lui étaient pas destinés.

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Dernière édition par Aztai le Dim 24 Nov 2013 17:17, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Ven 23 Aoû 2013 02:00 
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(Pourras-tu supporter ça ? Être le bras armé d'un dieu et avoir sa volonté propre, un fardeau qui en ferait flancher plus d'un...)

Le temps semblait s'être arrêté. Enfoui au plus profond de lui-même, Aztai était sain de toute douleur, de tout sentiment. Il sentait battre le lien qui l'unissait à Zénith, au rythme de son pouls. Dans ce vide intérieur sa faera était une force, mais là elle ne contrôlait rien, tout comme lui. Emmuré dans le silence, Zénith laissait faire son maître et n'interviendrai pas, c'était une certitude et pas un doute.
Mais alors qu'elle avait été cette voix ? Un ton calme, emprunt d'une touche de résignation.

(Tes pouvoirs sont grands, Ô Meno... le pacte avait été convenu, l'histoire en aurait été changée)


Ignorant complètement qui s'adressait ainsi à Meno, le woran neige restait de pierre, à l'instar de Zénith. Libéré de la fièvre et de ses réminiscences, Aztai se sentait apaisé alors que la voix reprenait son discours, toujours aussi calme. :

(Trahi, c'est un peu le sentiment que je ressens depuis que mon âme erre dans le gît de Phaitos... Comme je l'ai appris durant mes treize siècles d'existence, la magie n'a aucune limite. Par conséquent rien est impossible... qu'attends-tu? Moi-même j'ai mis en déroute de nombreuses légions, j'ai annihilé des pouvoirs interdits, acquis des magies dévastatrices... jusqu'à sceller éternellement un tombeau)

Là encore Aztai ne comprit pas grand chose mais la voix semblait lassée, comme s'il elle répétait ces mots depuis des années... mais l'expression « la magie n'a aucune limite, par conséquent rien est impossible » collait à la mémoire du fauve. Il se la répéta encore, mais fut soudain en proie à un vertige.

(Quand à ta décision, je resterai éternellement dubitatif) Reprit la voix. (Enfin jusqu'à ce que tu juges mon âme digne et que tu l'embrases à nouveau de ta magie... bref, que tu reviennes me chercher)

Avant de s'éteindre définitivement, la voix lança une dernière phrase, et Aztai se sentit étrangement visé :

(Trop de confiance... et il te décevra)


---


Noyé dans l'inconnu et le silence, le félin percevait l'écho de ces dernières paroles résonner dans son crâne. Seul Zénith rompit le silence, et lança sur un ton de défi :

(Mulciber, éternel errant de ce monde...)


Si l'incertitude d'Aztai semblait éternelle elle aussi, il ne pouvait interagir avec sa faera. Leur lien rayonnait, soudé plus encore par les fluides battant ses veines, mais pas un mot ne sortait de l'esprit du félin.

(Il y a un moment pour raconter les histoires, et un autre pour les écrire, Aztai. C'est à toi d'allumer la flamme)

Sur cette tirade, le woran neige sentit quelques chose s'animer sur son torse. Le pendentif offert par Gaora palpitait, emprunt de la magie de Zénith. Activant le pouvoir du bijou, la faera fit jaillir une flammèche devant les yeux du félin :

(A présent, il n'y a plus qu'à faire tiens de ce pouvoir)

Il voulut s'en emparer, comme le lui suggérait Zénith, mais ses entraves demeuraient et l'emprisonnaient.

(Capture-le!) Ordonna sèchement la faera millénaire.

Aztai se remit à l’œuvre mais semblait impuissant devant la flamme vacillante. Prompt à la rage, il se débattait comme un tigre mais rien n'y faisait. Priant Meno de toute sa foi, il refusait de décevoir Zénith et tenta encore et encore...

(Seule la colère ta mené jusque là, pas l'amour ou l'amitié. Tu le sais et tu y es résolu : c'est l'image de tes détracteurs qui anime cette rage en toi, tes ennemis eux-même sont la source de ta détermination)

Un fourmillement le long de la colonne vertébrale et Aztai se sentit de nouveau en proie à la réminiscence de souvenirs. Défilant encore une fois devant lui à toute vitesse, la flamme demeurait devant chaque tableau, chaque scène de déjà-vu.

(Ta colère!)
Tonna la faera.

L'océan de souvenirs laissa alors place à une vision d'horreur, plus poignante encore que les autres, libérant Aztai de son mutisme :

(Non !)

Trop abasourdit pour s'en rendre compte, il contemplait la scène d'un réalisme incroyable, impuissant :

Un vent de mort soufflait sur Ambervalle, faisant trembler les arbres de la lisière. Les bottes du capitaine Raven étaient souillées par la crasse et le sang alors qu'elle marchait d'un pas calme. Laissant s'échapper un soupir déçu, ses yeux scrutaient cinq worans agenouillés devant elle. Lame sous la gueule, aucun d'eux ne se débattait, leurs regards étaient vides de toute détermination, vides de toute foi.
Impassible, Raven leva une main et fixa l'une de ses victimes, tout à gauche. Lorsqu'elle baissa le bras, le chuchotement d'une lame sur la chair résonna, et le corps sans vie de Waor s'écroulait...


C'était déjà trop pour le fauve qui savait déjà la suite de cette effroyable vision. Le visage de la sorcière marqué dans son esprit, il rugit et projeta ses griffes en avant, visant le cou de cette chienne pour l'éteindre à jamais ! Les images s'effacèrent et alors que ses entraves étaient brisées, le fauve rouvrit pour la première fois les yeux.

Croyant pendant une seconde tenir Raven à bout de patte, ses griffes se refermèrent sur la flamme provenant du croc de woran. Autour de lui l'air semblait différent, emprunt d'une magie nouvelle. Intérieurement les fluides se synchronisaient de la même manière que le ki: de sa volonté seule le fauve domptait la magie, ressuscité des limbes de son esprit.

(L'emprunte de Meno brûle en toi. Le dieu finalise son œuvre : il a forgé un colosse d'acier, y insufflant un peu de sa magie. Sous sa bannière, ton poing fermé sera brandi car voici venu un don, une bénédiction)

Aztai restait le regard fixé sur sa patte tendue, s'imprégnant des mots de sa faera qui rajouta :

(Un woran... voilà qui en fera parler plus d'un!)

Et lorsque au bout de son poing fermé il vit la silhouette de Raven, bien réelle cette fois, plus rien autours ne lui porta alors d'intérêt.

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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Lun 2 Sep 2013 00:28 
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A une quinzaine de mètres de là, les fauves d'Ambervalle tenaient encore le coup, soudés par leur détermination et leur foi. S'adonnant cœur et âmes à leur bataille, le sang maculait chaque fourrures, griffes ou crocs. Les rugissements emplissaient la clairière, couvrant encore et toujours les jappements des chiens de Raven, et l'ordre de Gaora avait été clair : protéger le woran neige.
Kharo se tenait le plus prêt d'Aztai, bandant son arc à une vitesse phénoménale. Les chanceux qui purent traverser la ligne de félins se faisaient descendre par le woran brun...

-Gaora ! Hurla-t-il en encochant l'une de ses dernières flèches.

La féline se retourna et suivit le regard de Kharo, posant ses yeux sur Aztai, en proie à un affrontement avec lui-même. Au yeux de ses semblables il paraissait indifférent au chaos ambiant, mais tous ignoraient qu'un chaos bien différent faisait rage en lui...

-Plus de temps ! Lança le woran éclaireur en relâchant la corde de son arc, envoyant un nouveau chien errer dans les enfers.

Faisant émerger les fluides de ses pattes, la worane battit en retraite pour soutenir Kharo. Elle était épuisée mais sa gueule affichait toujours une haine sans nom : il n'y avait que la mort qui l'arrêterai. Elle jetait des regards inquiets au fauve, entre deux sorts elle prit même le temps d'avaler le contenu d'une fiole. A elle seule elle extermina un bataillon entier, sauvant par la même plusieurs worans qui se jetèrent à nouveau dans la bataille.
De son côté le woran brun tirait sa dernière flèche pour finalement manquer sa cible. Jurant à pleine voix, le félin éclaireur lâcha son arc et porta la patte à sa ceinture. Dégainant une machette à la lame pointue, il accueillit un ennemi l'attaquant de dos, lui faisant mordre la poussière. Un flot d'hommes suivit le premier et très vite, le woran brun dû en appeler à Gaora. Contenant la masse avec une vague de feu, elle permit à son frère d'arme de reprendre ses esprits.

-Par Meno, nous allons être submergés ! Fulmina Kharo en achevant un homme démembré.

La féline blanche voulut rétorquer, mais ses mots furent noyés dans un grondement soudain. N'ayant le temps que de tourner le regard, les deux fauves virent une masse de fluide ténébreuse filer en leur direction. Gaora n'eut même pas le temps d'ériger un quelconque bouclier, le sort fusa pour heurter avec violence le woran brun. Projeté plusieurs mètres plus loin, Kharo ne donna pas de signe de vie, ce qui fit monter une pression sans nom chez la féline encore debout. Ne prenant pas le temps d'analyser son adversaire elle projeta un sort dans le sillon du premier, enchaînant avec quelques boules de feu... mais ses assauts se heurtèrent à un mur, une force égale à la sienne. Dans le nuage de fluides et de poussière, plusieurs silhouettes faisaient leur apparition. Haletante, la féline préparait déjà la suite des événements lorsqu'une voix raillante s'éleva :

-Il est encore en vie ?

Le visage blafard et absent d'expression, les cheveux noirs de jais, Le capitaine Raven avançait accompagnée de huit colosses en armure. Le sang les maculait tous, seule la sorcière paraissait encore présentable. Elle toisait Gaora du regard tout en s'approchant, avant de tourner son attention vers Aztai, juste derrière. Agriffé à l'autel, il n'était toujours pas conscient de ce qui l'entourait. Tout autours, ici et là, des contingents de fauves s'unissaient une dernière fois, dans un espoir de survie écourté par le surnombre.
Sans prévenir, Raven leva un bras et propulsa sa magie vers la féline. Déstabilisée par tant de rapidité, elle le para sans avoir le temps de répliquer. La sorcière enchaîna, faisant reculer la worane dans un assaut explosif. Un sourire triomphant se glissa sur le visage de l'humaine, sa proie luttait tant bien que mal mais chaque sorts d'ombres brisait les barrières de feu. Tant de puissance! Gaora céda sous le flot de magie noire et s'effondra au pied de l'autel de Meno, meurtrie. Elle releva un regard résigné vers la chienne d'Oaxaca, plus en avant que ses soldats, consciente que le glas allait sonner.

-Meno, rends-nous Aztai... pria-t-elle désespérément.

Raven concentrait déjà de nouveaux fluides dans sa paume, un air amusé se profilant sur son visage. Sans un mot de plus elle s'apprêta à exécuter la féline, mais son regard fut attiré par quelque chose. Gaora fermait déjà les yeux, impuissante et paralysée, mais la mort ne venait pas. A la place, la sorcière avait laissé sa proie pour des projets plus dignes d'intérêt, à en croire sa fascination. Le cœur serré par l'angoisse, la féline avait du mal à respirer et fixait le capitaine, tétanisée par son emprunte magique.

Avant que Gaora n'esquisse un mouvement, ses sens se mirent soudain en alerte, elle releva instinctivement la tête à s'en faire mal au cou.

-Les fluides... murmura-t-elle.

Dans son champ de vision apparut alors un woran tigré, debout. Son poing était fermement agrippé à une épée couverte de sang, son regard brulait d'une détermination... meurtrière.
Mais plus encore, une véritable fournaise de fluides l'entourait peu à peu, concentrant là une énergie magique impressionnante: une aura ardente, la colère à l'état pur! A ses pieds l'herbe verte prenait feu dans un crépitement avant d'être carbonisée, laissant là une terre stérile. Les fluides se concentraient auprès du corps de leur maître, laissant naître des flammes de toute part. Dans cette robe flamboyante de magie, seul ses yeux étaient visibles, le reste n'étant qu'une masse de haine et de puissance.
Lorsqu'Aztai avança un premier pas en direction d'une Raven fascinée, chaque soldat fit un pas en arrière, braquant leurs armes en sa direction. Plusieurs hommes avaient rejoint le cortège de la sorcière, s'accordant un moment de curiosité dans la bataille. Très peu de fauves tenaient encore bon, ici et là Gaora contempla les survivants se battre jusqu'à la mort. Mais l'espoir demeurait! Lorsqu'une dizaine d'entre eux jaillit depuis l'Est pour se rallier au woran neige, un vent de détermination regonfla les voiles. Tous étaient fascinés devant le spectacle que leur offrait leur frère tigré, et des rugissements triomphants montèrent, alors que d'autres encore les rejoignaient.

Dans le bourdonnement enflammé que produisaient les fluides d'Aztai, la voix de Zénith s'imposa alors, omniprésente:

Un pouvoir mérité, à présent déchainé!

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Dernière édition par Aztai le Dim 24 Nov 2013 17:35, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les Chaînes de Montagnes
MessagePosté: Jeu 12 Sep 2013 02:25 
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Raven n'esquissa pas un seul mouvement lorsque le woran libéra un flot improbable de fluides. Il posa un pas, elle entendit le cliquetis des armures: ses hommes reculaient. la nouvelle peau du félin flamboyait hargneusement, la sorcière sentait la chaleur lui caresser le visage. Ses sens indiquaient là une force opposée de taille, en rien comparable à la petite worane blanche...
Ainsi le fauve y était parvenu, et c'est à Raven seule qu'il offrait ce spectacle. Alors comment?
Bien sûr elle avait pressenti quelque chose lors de sa glorieuse capture, deux années plus tôt, mais rien n'avait indiqué sa naissance prochaine... en vérité rien n'avait indiqué une quelconque source de pouvoir. Un simple pressentiment; non... pas pour un félin aussi chétif qu'Aztai, "La Bête".

Et pourtant, Aztai fonçait en sa direction dans une frénésie rugissante. Son épée au clair, le feu lui procurait une carapace plus traîtresse que jamais, promesse de lourdes brûlures. Si le ronronnement inquiétant des flammes faisait reculer sa piétaille alentour, les soldats de Raven reprirent leurs rôles et vinrent couper la route au fauve, déchaîné. Dans son sillage se dessina un chemin carbonisé, une chaleur anormale brûlait l'atmosphère.
Anormale,Raven l'avait comprit. Cette absorption de fluides était inhabituelle et ses conséquences pour le moins... imprévisibles.

---


-Brulez !

De nouveau la voix de zénith couvrit le tumulte de la bataille, tandis qu'un premier hurlement explosait. Le colosse exécutait sa première victime. Le désarmant d'abord d'un revers surpuissant, il empoigna sa gorge à pleine patte : ses griffes ardentes s'enfoncèrent dans la chair, cautérisant la blessure d'office. Laissant sa victime agonir, il en cueillit un deuxième... trop effrayé par le feu au dernier moment : l'os de fulminaire transperça armure et entrailles ! Avec aisance, Aztai fit demi-tour pour retirer sa lame, et trancher net le bras armé d'un troisième. Dans son élan, le fauve s'empara carrément de ce dernier, coinçant sa tête au niveau de son coude. Le plaquant violemment contre son flanc, il avança ainsi vers ses prochains adversaires, accompagné des hurlements de sa proie brûlée. Dans un rugissement il para l'assaut d'un des plus courageux, repérant une soudaine... timidité, dans les rangs ennemis. Au moment où son adversaire arma un estoc, Aztai prit soin de placer son fardeau hurlant sur la trajectoire de l'épée. Surprit, le soldat n'esquissa aucun mouvement en voyant sa lame achever son frère. Prit en otage à son tour par le colosse en feu, il hurlait encore plus fort que le premier/

-Encore!
Mugit le fauve, couvert par les cris de sa nouvelle prise.

Avant qu'un autre chien de Raven ne prenne son tour, il força sur le cou cloqué du soldat, lui brisant net la nuque.

(Fais vite, la magie est une énergie qui s'épuise au même titre que le ki!) Lui glissa sa faera (Et Raven demeure...)

Soufflant littéralement sur les braises en prononçant ce nom, Zénith poussait son maître à user de toute sa rage. La sorcière avait prit du large, reculant de plusieurs mètres. L'un de ses soldats prit la fuite et lorsque le félin repéra un autre non loin de l'autel où gisait Gaora, sa cible fut choisie. En voyant débouler sur lui une montagne de flammes, le badaud paniqua, sollicitant l'aide de ses camarades... un peu tard. Le fauve eut vite fait de le désarmer, agrippant par la même sa tignasse. Un des ses « secouristes » eut vite fait de faire demi-tour lorsqu'il vit Aztai écraser la face de son congénère à même le torse de son armure, plusieurs fois.

-Raven !
Hurla le tigré en lâchant le soldat défiguré.

Comme une réponse des cieux, Zénith porta une troisième fois sa voix, citant une phrase que le félin n'eut aucune peine à terminer :

Meno, père de la flamme, aujourd’hui, tu as accompli le destin...

...Nous en portons la faute !

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Dernière édition par Aztai le Dim 24 Nov 2013 17:51, édité 1 fois.

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