L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Milice de Tahelta
MessagePosté: Ven 19 Fév 2010 11:00 
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Milice de Tahelta


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Bâtiment principal de la milice du royaume Sindel, la milice de Tahelta est imposante : grande porte, haut mur altier, grande cour,... Bref, tout est fait pour impressionner le visiteur, qu'il soit une nouvelle recrue, en mal d'aventure ou venant à peine de finir sa formation à Nessima, ou futur condamné arrêté en ville pour diverses raisons, tous passent en effet par la porte principale. Vous traverserez alors la cour intérieure où des lads prendront votre cheval pour s'occuper de lui pendant que vous vaquez à vos occupations. C'est là qu'on trouve aussi les citoyens venus se plaindre et demander un service, payant, à la milice.

Plusieurs portes sortent de cette cour:

- une réservée aux citoyens de la cité qui donnent sur des bureaux où des apprentis ou des sergents prendront note de leur grief et demandes avant de transmettre aux autres.
- une réservée aux prisonniers menant droit à la prison et, par un couloir détourné, à l'arrière du palais de justice.
- une troisième menant à la partie réservée aux nouveaux miliciens, menant vers les salles de recrutement.
- une quatrième amenant directement à l'armurerie où les recrues pourront s'équiper aux couleurs de la ville.
- enfin, une flopée d'autres menant aux locaux propres aux capitaines de garnisons, aux Vagabonds ou autre.

Les fluides se trouvent sous haute surveillance, sous la milice même. On y accède soit par les locaux des capitaines, soit par plusieurs portes extérieures assez larges pour faire passer chevaux et charrettes. De nombreux points de contrôles sont prévus pour éviter que n'importe qui y pénètre.


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Comment s'engager ?

En jeu, vous devez contacter un milicien gradé qui vous inscrira sur une liste secrète. Il vous fournira si besoin du matériel (cf point IV /) aux couleurs de la ville et si possible un premier ordre de mission. La réponse du milicien sera faite par un GM !

HRP: N'OUBLIEZ PAS de demandez dans le SOS GM qu'un GM s'occupant de la milice s'occupe de votre inscription

Comment faire sa mission ?

Une mission vous sera envoyée sur votre fiche de milice et elle se remplit par rp. Ça sera donc à vous de la gérer, en imaginant des péripéties et des aventures mouvementées, des rebondissements et surprises, avec combat si possible. Plus la mission sera complexe, meilleures seront vos récompenses !


Rappel : Les règles de milices

_________________
Pour s'inscrire au jeu: Service des inscriptions

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Alors il y a une règle que je veux que vous observiez pendant que vous êtes dans ma maison : Ne grandissez pas. Arrêtez, arrêtez dès cet instant. Wendy dans "hook" (petit hommage à Robin Williams)
Pour toute question: Service d'aide
Pour les services d'un GM: Demande de service


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 Sujet du message: Re: La milice de Tahelta
MessagePosté: Ven 19 Fév 2010 12:49 
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Au bout de la rue où nous venons de tourner se dessine un bâtiment que je ne peux ignorer tellement il est imposant. Le marbre bleu du palais étincelle juste derrière, mais c'est le porche devant moi, accompagné d'un grand édifice de pierre brute, qui retient toute mon attention. J'ai une soudaine envie de comprendre dans quel plan totalement foireux mon père et ma faera viennent de m'embarquer.

(Lirelan... On fait quoi là?)
(On va à Sor-Tini, pourquoi?)
(Tu veux dire que c'est la milice devant nous?)
(Oui, et tu vois le lierre sur les murs, il va falloir t'en servir!)

Du lierre sur les murs, voilà qui ne manque en effet pas dans la vieille cité de Tahelta. Durant deux ou trois foulées de cheval, je me demande ce que ma faera a en tête, puis réalise soudain que ce qu'ils veulent, c'est forcer la porte de la milice. Ils sont fous manifestement, autant l'un que l'autre, mais je dois l'être aussi car l'idée ne me déplaît pas totalement et je ne parviens pas à trouver un autre argument contre que :

(Pourquoi s'obstiner à les aider, s'ils veulent pas de notre aide?)
(Parce que trois morts chez les miliciens de Tahelta valent mieux que la perte de tout le Naora!)
(Ils peuvent pas se débrouiller tous seuls?)
(Ils ont perdu le Roi y a à peine 10 jours. Ils sont trop occupés par le deuil et les funérailles pour bouger!)

J'avais oublié ce détail, pas plus concernée que ça par la mort du jeune roi -il avait à peine 1200 ans-, mais les drapeaux noirs avaient remplacé les tentures argentées aux fenêtres aux alentours du palais. Ils portaient donc toujours le deuil tandis que leur colonie se faisait attaquée, et ils le porteraient encore plusieurs jours, la pleine lune n'était pas prévue que pour dans au moins une semaine. Tant que le Roi n'était pas porté dans son tombeau, nul ne dirigeait réellement la milice, la Reine ne s'occupant pas de ce domaine et nul remplacement ne pouvant être nommé. Le moment était donc opportun pour une intervention musclée de notre part, à croire que les Dieux avaient manigancé toute cette affaire.

Concentrant ma magie et rassemblant le lierre pour en faire une arme redoutable, j'attends le signal de ma faera, lâchant les rennes de mon cheval pour mieux tenir mon bâton et être capable de libérer mon épée au besoin. Voir deux cavaliers foncer sur eux suffisent à convaincre les deux jeunes gardes en armure de parade de s'enfuir donner l'alerte en courant, laissant le portail hermétiquement clos, mais pour pas longtemps. Lâchant la puissance de ma magie, je continue, à quelques foulées à peine derrière mon père qui nous lance un sort d'armure, à croire qu'il a prévu de faire du grabuge derrière les portes qui viennent de se rompre dans un craquement pour le moins sonore. Nous nous engouffrons l'un après l'autre, utilisant toute la vitesse de Gris-acier et de Harniän, nos athlétiques montures.

Nous suivons le conduit qui descend légèrement avant de parvenir à un premier croisement. Sans l'ombre d'une hésitation, mon père et mon cheval nous entraînent dans les profondeurs de la milice en prenant le chemin de droite qui descend. Je me serais attendue à des conduits étroits, où un cheval aurait du mal à marcher, mais il en est tout autrement finalement et nous pouvons chevaucher de face, à l'intérieur même des couloirs sans difficulté.

(C'est une nécessité pour permettre aux carrioles qui rapportent la nourriture des différents mondes extérieurs, puis pour faire passer une armée au besoin...)

Ainsi nous faisons, à l'intérieur même de la cité, de l'importation de nourriture venant d'un autre monde, refusant le commerce par aynore avec les autres peuples de Yuimen. Plus je réfléchis, plus je trouve mon peuple bizarre dans ses préjugés et dans ses relations extérieures, à croire que la Reine, qui est en charge de cette mission, est folle.

(Elle n'est pas folle, elle veut juste que les autres peuples de Yuimen ignorent que le Royaume de Sarindel a besoin de l'aide de qui que ce soit pour survivre.)

Nous arrivons bientôt à un autre poste de contrôle, nettement plus peuplé que celui de la porte d'entrée, nous devons atteindre la zone des fluides. Trois gardes lourdement armés et armurés nous barrent la route. Ils portent les harnois plein aux couleurs de la ville, l'un d'eux porte sur son plastron des arabesques dorées signe de son grade élevé, sans doute un capitaine ou au moins un commandant. Nous freinons des quatre fers et nous arrêtons juste hors de portée des hallebardes menaçantes.

"Nous sommes pressées, laissez-nous passer!"
"Et où allez-vous?"
"Porte 75-08-C8"

Je suis nettement plus impressionnée que le garde. J'ignore à quoi correspondent ces chiffres, mais les sindels en face de nous semblent savoir de quoi mon père parle.

"Qu'allez-vous faire à Mardiok?"
"C'est la porte de Sor-Tini, commandant. Mardiok c'est la 75-08-C5."

Le chef parait désarçonné par la réponse abrupte de mon père. Manifestement, les numéros n'ont pas changé depuis qu'il a fait partie des vagabonds et ses souvenirs sont justes parce que d'une petite voix, un des subordonné confirme ses dires. Je n'en suis que plus impressionnée et apprécie à ce moment précis que mon père ait fait partie de l'armée de Tahelta finalement, sinon un passage en force aurait dû être obligatoire. Nous allons peut-être pouvoir l'éviter, même si le chef se reprend :

"Qu'allez-vous faire là-bas?"
"Nous avons un message à porter."
"Un message? Qui voudrait porter un message en pleine guerre?"
"Peu importe qui, c'est une question de vies et de morts."
"Et vous allez nous faire croire que des messagers portent ainsi aussi ouvertement des armes. Vous êtes des guerriers, pas des messagers."
"Comme vous l'avez dit, ce monde-là est en guerre et notre employeur a préféré des hommes en armes et en armures légères pour plus de rapidité mais aussi de sureté."
"Et vous croyez que nous laissons passer n'importe qui en arme qui plus est?"
"Ils ne sont pas n'importe qui, Commandant de poste!"

Anouar a fait un bond depuis ma capuche jusque sur la tête de mon cheval. Le commandant la regarde en clignant des yeux l'air stupide et ne sachant plus quoi faire ni quoi dire. Nombreux doivent être les espions passant par ici, mais pas avec un tel appoint et une telle connaissance au final des lieux et des codes.

"Vous n'avez donc jamais vu de faera, commandant?"

Il parvient à reprendre assez de contenance pour non seulement me répondre, mais aussi lancer une nouvelle riposte :

"Si, bien sûr. Qui vous a envoyé? Réponds, Faera!"

Je lance un regard noir au garde, mais Anouar ne semble pas se formaliser plus que ça du ton sec du commandant. Elle répond d’ailleurs de sa voix claire et chantante, un seul mot et pas forcément le plus attendu par celui ayant posé la question.

"Yuimen."

Le visage du supérieur se décompose alors totalement, il est entrain de perdre littéralement la face devant ses hommes. Il sait, comme nous, qu'une faera ne peut mentir, mais dans son esprit à lui c'est impossible. Un Dieu ne peut pas avoir envoyé deux elfes gris dans les couloirs de la milice pour aller à Sor-Tini, il doit y avoir une arnaque. Son regard m'accuse clairement de jouer au ventriloque et d'avoir répondu à la place de ma faera.

"Vous n'avez pas l'air de nous croire, commandant. Vous voulez qu'il vous le confirme lui-même?"

Je sors l'orbe de ma poche, le commandant blêmit encore un peu plus en reconnaissant une sphère de communication comme la Reine donne à ses vagabonds pour qu'ils puissent la tenir au courant de leur mission. Il regarde alternativement l'orbe, ma faera et moi ne sachant manifestement pas s'il s'agit d'une belle mascarade ou de la vérité, ni lequel serait le pire à expliquer à ses chefs par la suite.

"On peut y aller? On n’a pas que ça à faire..."

Pour une fois le commandant semble à court de répliques et de questions ou même de suggestions et, plus par dépit que par réelle conviction, il ordonne à ses hommes de nous laisser passer. Au pas, nous traversons le point de contrôle devant le regard médusé du commandant qui hésite à savoir s'il doit nous saluer ou non et qui décide finalement, comme un affront, de nous tourner le dos. Nous ne nous sommes guère écartés que nous entendons derrière nous le commandant ordonner à ses hommes de ne jamais parler de ce qui vient de se passer à qui que ce soit et surtout pas à ses supérieurs ce qui provoque un petit ricanement de la part de mon père, comme s’il était un enfant venant de jouer une bonne blague à ses parents.

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Dernière édition par Lothindil le Dim 21 Fév 2010 01:59, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: La milice de Tahelta
MessagePosté: Ven 19 Fév 2010 23:45 
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Jet d'un dé 9---> résultat : 7

donc :

- le capitaine accepte de vous laisser passer si vous lui graissez la patte. (le montant à payer sera de 420 yus (10*D100))

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À votre service, pour le plaisir de rp !


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 Sujet du message: Re: La milice de Tahelta
MessagePosté: Dim 21 Fév 2010 00:59 
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Nous arrivons à une salle assez vaste d'où partent plusieurs couloirs. A l'entrée de chacun, un numéro est gravé sur un des murs, je repère assez rapidement, malgré le peu de lumière, celui portant le 75. Mon père s'y engage sans même hésiter, il connaît manifestement le coin comme sa poche de cape.

"Nous rentrons dans le quartier des fluides. Il y en aurait plus d'une centaine au bout de ces couloirs."
"Où est celui qui mènerait à notre terre d'origine?"

La question qui me brûlait les lèvres sort de ma bouche sans que j'aie pu l'arrêter. Si tous les fluides spatiaux sont ici, celui qui y mène devrait donc être dans ce lieu synonyme de paradis perdus pour tout Sindel élevé parmi les siens.

"Couloir 14, zone 07, salle A, porte 1"

La réponse de mon père est simple et devrait tout me dire, si je comprenais ces histoires. Je prends donc le pas de faire ma curieuse et de chercher des explications.

"Et ça signifie quoi tous ces numéros?"
"Très simple. Le premier est le couloir. Son numéro est calculé par rapport à l'angle qu'il forme par rapport au soleil en plein midi. La zone c'est la partie au-delà du couloir, il y a huit zones par couloir, chacune est protégée par un poste de garde, c'est l'endroit du dernier contrôle avant les portes. Ensuite dans les zones, il y a plusieurs salles, elles portent des lettres de A jusqu'à D. Puis les portes, il peut y avoir jusqu'à 12 portes par salles."
"Et donc, nous devrions arriver à notre poste de garde dans pas longtemps."
"Au bout du couloir, c'est la dernière zone."

Je regarde les ouvertures le long du passage, toujours aussi large, que nous suivons. Nulle torche n'est visible, mais il émane une douce lumière du sol et des plafonds. Sur les murs des passages s'ouvrant sur les zones, des runes sont gravées, elles vont de 1 à 8 s'alternant de gauche et de droite. Tandis que nous approchons de notre destination, nous entendons des rires étranges dans ce lieu si calme, d'autant plus que c'est celui humide d'alcool.

"Ca vient de notre zone où je rêve?"

Comme en réponse à un ordre, Anouar part en éclaireur, vers le couloir où nous allons en effet. Je tourne pour ma part la tête vers l'une des zones et suis surprise de trouver le contrôle vide. De l'autre coté, vers la zone 4, un soldat est assis en face d'un autre tandis qu'une paire de hallebarde tienne sur les murs. Les soldats sont en pleine discussion, mais se lèvent tandis que mon père les salue.

"Toujours en poste, Amzar?"
"Et oui, Héramë, que voulez-vous... Il me reste encore un bon millénaire à tenir avant de pouvoir retourner enfin à Cyniar."
"Enfin, tu n'as pas à te plaindre, c'est pas le boulot qui va te crever manifestement."
"Oh, ne crois pas ça. C'est calme pour l'instant parce que personne ne donne d'ordre depuis la mort du Roi. Mais sinon ça n'arrête pas, jour comme nuit."
"A ce point-là?"
"Tu sais bien que les portes de Zarmins, Trualim et Samsine fournissent d'excellentes recrues pour être tuées en masses pour les guerres. Et que Marfa est une des greniers les plus riches du couloir 75."
"C'est certain que les Haroumis de Zarmins ont l'avantage d'être prolifique en matière de jeunes à faire tuer..."
"Les Haroumis?"
"Des sortes d'insectes marchant sur deux pieds. Ils ont un problème de surpopulation constante ou presque et colonisaient les autres mondes pour résoudre ça. On les a trouvés ainsi, ils ont tenté de coloniser les montagnes de Nessima. On a dû les tuer puis on leur a fait comprendre qu'on savait quoi faire de leur troupe excédentaire. Depuis ils nous servent de chair à canon et le fluide a été envoyé à Tahelta pour qu'ils soient au plus proche des autres mondes."
"Qui est-ce?"
"Une nouvelle recrue que je suis chargée de former."
"Et vous allez où là?"
"Sur Sor-Tini."
"Une nouvelle sur Sor-Tini?"
"Oui, je ne sais pas ce qu'ils ont là-haut, je suppose que la Reine est devenue folle avec la mort de son défunt époux."
"C'est possible. Enfin méfiez-vous, les survivants racontent des histoires de plantes carnivores... On a peur que ça soit une rébellion des dryades en réalité."

Sans le vouloir, le garde vient de m'expliquer pourquoi je dois me rendre là-bas. Là où il n'est pas capable de comprendre ce qui se passe sur ce monde, je viens d'y mettre un nom : Leona. C'est pour cela que Yuimen voulait que ça soit moi qui y règle le problème, cela n'a rien à voir avec les elfes gris ou le Naora. Je tourne vers mon père un regard interrogateur auquel il répond d'un bref hochement de tête qui ne veut à la fois rien et tout dire.

"Je ne vous retiens pas, les ordres ne doivent pas attendre."

Nous le saluons et repartons vers le couloir. Après quelques grandes foulées de canassons, Anouar nous affirme que les rires viennent bien de notre destination. Il s'agirait du capitaine du poste de la garde, particulièrement ivre, occupé à jouer aux cartes avec ses subordonnés.

Nous passons devant la zone 5 et 6 et tournons vers la zone 8, et nous y trouvons, comme prévu, un groupe de soldats ivres, des bouteilles d'hydromel bon marché réparties au sol, le tout réparti autour d'une table où des cartes, mais surtout des yus tournent.

"Il me semblait que les cartes et l'alcool étaient proscris durant le service."
"Hé, voilà la relève les gars. On se retrouve au Loup des Rois pour la revanche!"

Mon père arrête le soldat du plat de son épée. Le fait de voir l'éclat d'une lame à la lueur des bougies qui éclairent le poste dessoûle immédiatement les gars qui nous saluent d'une manière plus conventionnelle. Le Capitaine vire alors directement les soldats d'une des autres zones avant de s'adresser à nous. Voyant que mon père n'agit pas, je me décide de le faire à sa place :

"Nous allons à Sor-Tini, laissez-nous passer."
"Sor-Tini? Ca m'étonnerait beaucoup que des civils sans accompagnement militaire s'y rende."
"Nous ne sommes pas des civils!"
"Je m'attendais à mieux de ta part, Héramë. Tu as déjà trahi la Reine en servant ton Dieu, tu veux trahir ton pays?"
"Tu es... tu es ivre, Namsrat!"

Le ton de mon père n'est plus du tout assuré, il ne s'attendait manifestement à tomber sur quelqu'un qui connaissait sa déchéance.

"Et oui, j'ai bu, mais je ne suis pas encore ivre, pas comme ces soûlards de la zone 1... Par contre, j'ai perdu plus de sous que j'en ai."
"Tu veux combien pour qu'on puisse passer avec nos chevaux à Sor-Tini?"

La voix de mon père est plus froide, très raide.

"On va dire, 850 yus. Comme ça je pourrais poursuivre ma partie avec un peu d'avance."
"Joueur, buveur et véreux en plus de ça."
"Chacun ses défauts."
"Vous avez de la veine qu'on ne soit pas des militaires."
"Et vous avez de la chance que j'ai besoin d'argent, tout le monde s'en sort bien, non?"

Je soupire en tirant 420 yus de ma bourse, tandis que mon père paye sa moitié au capitaine qui prend la somme avec un immense sourire.

"Laisse-les passer, salle C!"
"Payez-moi d'abord ce que vous avez perdu!"
"Payez-le, vous avez l'argent maintenant..."

En râlant, le capitaine verse sa part, pas négligeable, au soldat qui récupère la manne avec un grand plaisir. Il finit, après avoir compté la somme et même rendre l'appoint à son chef, par nous ouvrir le passage menant à la salle du fluide. Au moment où nous passons, il nous propose de venir faire quelques parties avant d'y aller. Nous refusons et avançons, laissant le garde râler comme quoi nous lui avons fait perdre pas mal d'argent par notre intervention inopinée.

Nous entrons enfin dans la salle des fluides. Dix fluides, semblables à celles que j'ai vu sur Nyr avant d'entrer dans le temple de Yuimen, sont là, devant moi, chacune dans leur alcôve. Les noms en runes, accompagnés de leur numéro sont écrits au sol, au pied des portes. Je retrouve rapidement celle Mardiok, le numéro 5 et puis, enfin, Sor-Tini, le numéro 8, on y est.

"C'est parti. Niar, fais la liaison, et n'oublie pas Gris-Acier. Anouar, tu t'occupes de ma fille."
"Niar?"
"Sa faera. Je peux pas faire les deux en même temps. Il l'a trouvé en Enfers et elle a des pensées très morbides je trouve..."

Ma faera se met en action rapidement, Harniän ne semble pas apprécier ce contact et il me faut le calmer avant de suivre mon père qui bondit littéralement dans la porte spatiale en direction de Sor-Tini.

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 Sujet du message: retour au pays
MessagePosté: Mar 22 Fév 2011 20:25 
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Nous arrivons à la milice de Tahelta dans un claquement de sabots, les rares gardes présents n'ont pas le temps de chercher à m'arrêter que je fonce à travers le passage entre-ouvert. La négligence est toujours aussi présente et si elle m'amusait et m'arrangeait à l'aller, elle m'inquiète désormais. Je lance Harniän au galop dans les couloirs, en espérant que ma mémoire ne me fasse pas défaut et que je retrouve la sortie sans trop de difficulté.

(Je m'occupe de ça, arrange-toi avec les gardes en échange!)

Anouar vient se poster sur la tête d'Harniän tandis que je lâche les rennes, serre les cuisses autour des cotes de ma monture et saisit mon bâton, qui était jusqu'à présent accroché à ma selle. Mon épée est toujours dans ma main, dégoulinant du sang des orques que j'ai massacrés avant de parvenir à rejoindre ma patrie natale. Il doit y avoir quelque chose de réellement effrayant sur mon visage et dans ma tenue car les gardes s'écartent et me laissent passer sans tenter quoique ce soit, bien au contraire.

Un seul qui essaye est un apprenti, n'ayant manifestement pas encore connu de bataille, mais très vite il se fait agripper par un autre qui le rejette en arrière, loin des sabots de mon cheval.

(Anouar, arrête mon cheval.)

Avant même qu'Harniän soit totalement stoppé, je suis à terre, je rengaine mon épée et j'avance de toute ma stature, encore renforcée par le sortilège de force lancée sur Sor-Tini, vers le soldat qui a attrapé l'apprenti. Sans trop de ménagement, je lui assène une gifle magistrale, suffisamment forte pour qu'elle lui cuise durant quelques jours sans pour autant le tuer ou le blesser durablement.

"Bande de fous ! C'est comme ça que vous formez les jeunes qui protègent notre nation ? Un seul soldat depuis que je suis revenue de Sor-Tini a eu un geste digne d'un militaire et vous le sanctionnez ? Y a une armée de 20 000 orques à mes trousses, vous allez faire quoi, vous écartez et les laissez passer ? A croire que vous êtes tous des incapables tant que vous n'avez pas reçu un ordre ! On vous forme à quoi ? A obéir ou à agir ?"

Mon regard est aussi dur que mon ton et dans son fourreau, Astinor pense sensiblement la même chose que moi vu son ronronnement agressif. La première action du chef devant ma diatribe est la seule stupide que je pouvais attendre, mais aussi la seule que je ne peux tolérer vis-à-vis de ma mission. A peine suis-je retournée auprès de mon cheval qu'il ordonne de m'arrêter.

(Elfe stupide!)

Sans me poser trop de questions, je plante littéralement mon bâton dans le sol, créant une faille qui va droit vers le premier soldat ayant obéi, le déséquilibrant et le faisant tomber sur le suivant. J'ôte mon arme magique et profite du chaos provoqué par ce simple usage de la magie pour sauter sur ma monture et m'enfuir au galop, loin de cette milice d'incapables.

(Ils ont vécu trop longtemps dans la paix.)
(Ils sont lents à s'éveiller. Ils ont déjà perdu leur Roi, il leur faut quoi, perdre aussi leur capitale pour qu'ils réagissent ?)
(Je n'espère pas !)

Nous arrivons aux grandes portes de l'entrée, plusieurs artisans sont entrain de réparer les dégâts fait par mon père et moi. Elles sont donc grandes ouvertes ce qui me permet de partir de là, laissant un nuage de poils voleté sur mon passage.


(((>>> Doutes)))

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 Sujet du message: Re: La milice de Tahelta
MessagePosté: Dim 13 Sep 2015 18:58 
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Alors que nous pénétrons dans le bâtiment de la milice, le silence qui y règne est presque religieux. Au vu de l’heure ce n’est guère étonnant et je me demande si nous allons trouver quelqu’un pour nous accueillir. Mais finalement, je perçois une lumière dans un bureau. Je toque fermement à la porte avant d’entrouvrir la porte et de m’annoncer.

"Bonjour, Elylia Caliëel recrue de la milice kendranne. Je viens ramener le prisonnier Doraën Caliëel dans vos locaux."

Et voilà ! Maintenant, place au jugement du capitaine ! La fille qui ramène le père, ça ne va pas manquer de faire parler !

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Un grand merci à Dame Itsvara pour la signature




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 Sujet du message: Re: La milice de Tahelta
MessagePosté: Dim 4 Oct 2015 19:49 
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Intervention pour Elylia


Lorsque tu toquas à la porte la capitaine de la milice ne réagit pas mais à l'évocation de ton nom et association de ton paternel, ceci lui fit lever le nez de son rapport. Une lueur de surprise passa rapidement sur son visage avant qu'une expression très professionnel ne fasse son apparition. Il s'éclaircit la gorge avant de se lever de son fauteuil dans un geste souple et élégant à la fois montrant quelques décennies d'entraînement.

- "Ainsi donc les Caliëel reviennent sur le Naora. Un père abusif de sa femme et une fille qui a déserté l'armée, quel joli tableau."

Il se fendit d'un petit rictus de victoire comme si ton père et le capitaine avait un passif, il avait probablement acheté une arme à ton paternel, tu ne pouvais pas le savoir. Il inclina légèrement la tête pour voir l'état de ton père, enchaîné.

- "Mais que vois-je ? Justice a été faite ? Tu as été attrapé, par ta propre fille Doraën, si ce n'est pas touchant ! Tu vois bien l'ironie dans la situation, rassures-moi ?"

Il inspira profondément avant de chercher un document sur son bureau. Il tomba rapidement sur le dit parchemin, en relut prestement le contenu avant de reporter son regard sur vous deux.

- "Ainsi donc Elylia, tu souhaites te racheter une conduite en ramenant ton père dans nos locaux parce qu'il faisait des paris clandestins dans les égouts de Kendra Kâr ? Sans compter les charges qui pèsent pour abus sur ta femme, Doraën, tu risques gros. Je ne sais pas si au-dessus de ma tête tu seras excusé mais à mes yeux Elylia, tu l'es. Bravo soldat. Je vais maintenant m'occuper de son entrée dans la prison, tu peux partir."

Il passa de l'autre côté de son bureau, récupéra les fers de ton père dans ses mains et te fit un signe de tête te montrant la sortie de son bureau. Il était temps de dire au revoir, avant des retrouvailles en de meilleures circonstances peut être.

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 Sujet du message: Re: La milice de Tahelta
MessagePosté: Dim 11 Oct 2015 18:40 
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Le capitaine ne manifeste aucun intérêt pour nous jusqu’à ce qu’il entende notre nom de famille. Dès que ce dernier résonne dans la pièce, le visage de capitaine s’illumine d’un air mauvais. Il daigne se lever de son fauteuil, sur un ton qui me déplait au plus haut point, il accuse ouvertement mon père d’avoir abuser de ma mère et moi d’avoir déserté l’armée ! Mais quel fumier !!!

Pour lui, justice a été faite et il enfonce encore plus mon père en lui rappelant qu’il vient d’être arrêté par sa fille. Il lui demande s’il voit l’ironie dans l’histoire. Mon père garde le silence et j’admire son calme, moi je suis littéralement en train de bouillir de colère. En plus de tout ça, son affreux visage boutonneux me dit quelque chose mais je ne parviens pas à me souvenir de son nom !!

Lorsqu’il s’empare des documents posés sur son bureau et c’est à se moment précis que je le resitue ! Cet infâme chef de milice est le père d’un de mes anciens camarades de l’école militaire. Un pleutre qui se cachait à la moindre escarmouche et qui, la dernière fois que je l’ai vu, draguait la bibliothécaire ! Il était sans cesse fourré à la bibliothèque, mais ne lisait jamais et n’arrêtait pas tourner autour de la quinquagénaire, un vrai numéro pathétique !

Il pense que j’essaie de me racheter une conduite et la colère ne cesse de monter. Si je me suis engagée dans la milice kendranne, c’était pour me mettre au service de mes concitoyens, les aider et jamais, au grand jamais je n’aurais imaginer que cet investissement allait m’amener à arrêter mon père.

Ce qui m’inquiète c’est quand le chef de la milice compte rajouter l’accusation des paris clandestins aux charges pour abus qui pèsent déjà sur lui. Tout à coup je commence à craindre pour la survie de mon père en prison. Il va me falloir faire vite ! Trouver cette armure, trouver ma mère et la ramener par la peau des fesses afin qu’elle subisse la sentence qu’elle mérite !

Le chef me félicite et me dit que je suis excusée. Comme si ça pouvait me consoler… Il s’empare des fers de mon père et m’indique la sortie d’un signe de tête. Je me penche à l’oreille de mon père pour lui murmurer c’est quelques mots.


"Tenez bon père ! Je vais revenir vite, je vous le promets ! Vous pouvez compter sur moi !!"

J’appuie mes paroles d’un regard déterminé, qui doit lui faire comprendre que je ne lâcherais rien tant qu’il ne sera pas libéré. Puis je me redresse et me tourne vers le chef.

"Avec tout mon respect, je pense que vous devriez apprendre à lire. En effet il ne s’agissait pas de paris clandestins, mais de combats clandestins ! Et je n’ai jamais déserté l’armé ! J’ai certes, été renvoyé de l’école pour cause d’un incident mais ce n’est pas la même chose vous en conviendrez."

Je fais une pause avant de rajouter :

"Et comment va votre fils ? Il fricote toujours avec Mme Nariel, la bibliothécaire ? Oh suis-je bête, ils sont sans doute mariés à l’heure qu’il est ! Si tel est le cas, vous leur présenterez pour moi tous mes vœux de bonheur !"

Eh bam ! Prends-toi ça dans les dents mon coco ! Je me souviens qu’à l’époque, cette histoire avait fait jaser dans l’école ! Je commence à tourner les talons calmement et avec fierté ! Il ne faut pas me chercher !

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Un grand merci à Dame Itsvara pour la signature




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 Sujet du message: Re: Milice de Tahelta
MessagePosté: Ven 6 Oct 2017 18:18 
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J'entre quelques minutes plus tard dans l'enceinte de l'imposant bâtiment de la milice de Tahelta et parviens dans la vaste cour où attend une armada de lads prêts à s'occuper des montures des nouveaux arrivants. Ils écarquillent de grands yeux en découvrant Sinwaë, de même que les quelques miliciens qui vaquent, mais s'abstiennent prudemment de venir me demander s'ils doivent s'en occuper. Je me dirige droit vers l'une des paires de gardes stationnées devant chaque porte, il y en a de nombreuses et je ne sais laquelle je dois emprunter, pour leur demander:

"Salutations. Je souhaiterais parler au sergent Silaës Eldryn, pourriez-vous m'indiquer où je le trouverai?"

Les deux miliciens jaugent mon équipement et mon fauve avec une lueur envieuse dans le regard, mais s'ils semblent mourir d'envie de me presser de questions ils s'en abstiennent et l'un d'eux se contente de me répondre:

"Attendez ici, je vais voir s'il peut vous consacrer un instant. Qui dois-je annoncer?"

Je lui fais part de mon nom et il s'engouffre aussitôt dans le bâtiment, revenant quelques minutes plus tard avec un grand Sindel noiraud solidement bâti au visage couturé de cicatrices. Son regard bleu perçant me scrute des pieds à la tête, puis il me questionne d'un air intrigué:

"Messire, que puis-je pour vous?"

"Nous avons une amie commune, une parente à moi. Elle semble penser que vous pourriez me rendre un menu service."

L'Elfe hoche lentement la tête, puis il m'invite à le suivre à l'intérieur. Quelques instants plus tard, nous nous retrouvons dans son bureau et je me lance sans plus tergiverser:

"Je souhaite m'engager dans votre milice, messire Eldryn. Mais je veux une affectation précise, pas des missions pour bleus à peine capables de trouver leur nez pour se moucher."

Silaës me dévisage pensivement une nouvelle fois, son regard s'attardant sur mes armes, puis mon armure, mes cicatrices enfin avant d'admettre:

"Vous n'avez pas l'air d'un débutant, si j'en juge à votre remarquable équipement et aux marques que la vie vous a laissé. Les amis de Dame Ylis sont mes amis, mais je ne peux garantir absolument votre future affectation, c'est là une prérogative que je ne possède pas. Où aimeriez-vous être affecté au juste?"

Je souris légèrement et lui réponds d'un ton neutre:

"Aux quartiers pauvres."

Surpris, il plisse les yeux et me demande avec une certaine incrédulité:

"Pourquoi là-bas? La milice ne s'y risque presque plus, il y a eu des incidents sérieux et nos dirigeants ne se soucient guère de cet amas de taudis, il n'y a pas pire place pour un milicien dans la région..."

"Précisément. Peut-être pourriez-vous me recommander pour cette place, afin de m'éprouver par exemple, à l'un de vos supérieurs? Quelqu'un d'intègre, de préférence."

Il réfléchit durant un instant puis hausse les épaules en se relevant:

"Ma foi, si vous y tenez je suppose que je peux toujours aller en parler au capitaine Brëanal. Un instant je vous prie, je vais voir s'il peut vous recevoir."

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 Sujet du message: Re: Milice de Tahelta
MessagePosté: Mar 10 Oct 2017 09:35 
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Le sindel s'absenta près d'une dizaine de minutes, avant de finalement revenir vers Tanaëth et lui faire signe de le suivre. Ils traversèrent ainsi quelques couloirs avant d'arriver devant une porte tout à fait banale. Silaës fit signe à la recrue d'entrer avant de s'éclipser.

A l'intérieur se trouvait un bureau d'apparence spartiate, qui semblait plus usuel que confortable. Et, derrière une table bourrée de documents, un sindel pas très grand mais solidement bâti et au visage usé par le temps autant que par les balafres. Il fit rapidement signe à Tanaëth de s'asseoir face à lui avant d'attraper un parchemin.

"Donc vous êtes le sindel qui veut jouer aux héros dans les quartiers pauvres ?" demanda-t-il, mais la question semblait plus rhétorique qu'autre chose. "Capitaine Brëanal. C'est moi qui m'occupe des assignations et organisations dans cette partie de la ville."

Il posa le parchemin qu'il tenait entre les mains devant Tanaëth avant de planter son regard dans le sien.

"Pas loin du port, il y a des canaux souterrains creusés dans la roche. Qu'on appelle sobrement "les canaux". La plupart sont des impasses qui servent juste à cacher des biens. Mais on a vu une certaine quantité de marchandise non contrôlée, et donc non taxée, se balader dans les bas quartiers ces dernières semaines. Alors quelques personnes pensent que l'un des canaux n'est plus vraiment une impasse, si vous voyez ce que je veux dire."

Il plissa très légèrement les yeux, observant Tanaëth avec attention dans un léger silence, avant de continuer.

"Pour le moment je veux pas de grabuge, c'est compris ? Juste qu'on identifie les responsables, et ça comprend pas que ceux qui se trouvent de l'autre côté du tunnel."

Un nouveau silence suivit, plus pesant cette fois. Le capitaine regardait la recrue bizarrement, sans que celui-ci ne puisse comprendre ce qu'il avait derrière la tête. Puis il prononça quelques mots avec gravité.

"Y a deux types de personnes qui demandent à être affectées aux quartiers pauvres. Ceux qui veulent changer le monde et ceux qui veulent grimper les échelons. La personne à qui vous ferez votre rapport me dira de quel catégorie vous faites partie. Choisissez bien."

Puis sur ces paroles, il fit signe à Tanaëth de s'en aller et se replongea dans sa paperasse.

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 Sujet du message: Re: Milice de Tahelta
MessagePosté: Mer 11 Oct 2017 12:48 
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Je patiente durant une bonne dizaine de minutes avant que Silaës ne revienne et ne me fasse signe de le suivre. Nous arpentons plusieurs couloirs avant de parvenir devant une porte des plus banales, que le sergent m'invite à franchir avant de s'éclipser. J'entre sans me faire prier davantage et découvre un bureau austère, plus utilitaire que confortable, pourvu d'une table chargée de documents. Derrière cette dernière se tient un Sindel de taille modeste mais solidement bâti au visage usé par le temps et marqué de quelques cicatrices, qui me fait signe de m'asseoir face à lui avant d'attraper un parchemin.

"Donc vous êtes le Sindel qui veut jouer aux héros dans les quartiers pauvres? Capitaine Brëanal. C'est moi qui m'occupe des assignations et organisations dans cette partie de la ville."

Je garde le silence, me contentant d'incliner le visage en signe de compréhension de son rôle. Il pose alors le parchemin qu'il tient entre les mains devant moi, puis darde son regard dans le mien avant de poursuivre:

"Pas loin du port, il y a des canaux souterrains creusés dans la roche. Qu'on appelle sobrement "les canaux". La plupart sont des impasses qui servent juste à cacher des biens. Mais on a vu une certaine quantité de marchandise non contrôlée, et donc non taxée, se balader dans les bas quartiers ces dernières semaines. Alors quelques personnes pensent que l'un des canaux n'est plus vraiment une impasse, si vous voyez ce que je veux dire."

J'incline une nouvelle fois le chef sans répondre, conservant un visage rigoureusement neutre et impassible alors que le capitaine m'observe avec attention de ses yeux légèrement plissés, marquant un bref silence avant de reprendre:

"Pour le moment je veux pas de grabuge, c'est compris ? Juste qu'on identifie les responsables, et ça comprend pas que ceux qui se trouvent de l'autre côté du tunnel."

Je manifeste ma compréhension par un petit signe de la main, cette fois, laissant un silence un peu plus pesant que le précédent prendre place tandis que le capitaine me scrute d'une étrange manière. Sans doute se demande-t-il si je respecterai sa consigne de ne pas faire de vagues, l'équipement que je porte indiquant sans détour mon approche martiale de la vie. L'officier finit par poursuivre:

"Y a deux types de personnes qui demandent à être affectées aux quartiers pauvres. Ceux qui veulent changer le monde et ceux qui veulent grimper les échelons. La personne à qui vous ferez votre rapport me dira de quelle catégorie vous faites partie. Choisissez bien."

Il me fait aussitôt signe de dégager le plancher et se replonge dans ses papiers, mais je reste assis quelques secondes de plus en le dévisageant calmement. Le sous-entendu de ses paroles ne m'échappe pas, que je tente seulement de faire changer les choses dans le quartier où je suis affecté et j'en paierai le prix. Je finis par me lever après avoir rapidement signé le formulaire posé devant moi, un léger sourire flottant sur les lèvres, puis quitte le bureau sans avoir prononcé un seul mot et sans me retourner.

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 Sujet du message: Re: Milice de Tahelta
MessagePosté: Ven 20 Oct 2017 18:06 
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Une dizaine de jours se sont écoulés depuis mon engagement dans la milice de Tahelta lorsque j'en franchis une nouvelle fois l'enceinte. Je me dirige directement vers la porte menant dans l'aile où se trouve le bureau du capitaine Brëanal et demande aux gardes d'aller s'enquérir de la disponibilité de ce dernier, précisant que je viens faire mon rapport quant à la mission qu'il m'a confiée. Je patiente un bon moment avant que le garde ne revienne pour m'inviter à me rendre auprès de l'officier, sans doute ce dernier était-il occupé. A moins qu'il ne me fasse juste attendre pour le principe, ce qui n'aurait rien de bien surprenant compte tenu de l'arrogance qu'il a manifestée lors de notre dernier et unique entretien. Quoi qu'il en soit je finis par être reçu par le capitaine et le salue poliment avant de lui faire mon rapport:

"J'ai assisté à un déchargement clandestin de marchandises, du côté du port, effectué par des "esclaves" Sindeldi surveillés par des gardes habillés comme des mercenaires. En enquêtant dans les quartiers pauvres, j'ai appris qu'il y avait eu divers enlèvements de personnes qui s'offusquaient du manque de moyens pour la reconstruction dans cette partie de Tahelta, ces derniers temps. Et plus particulièrement de gens incriminant l'Ithilauster en charge de ces travaux, un dénommé Fergaim."

Je marque une courte pause avant de poursuivre:

"Comme les canaux sont nombreux et qu'il aurait été délicat d'aller les fouiller sans attirer l'attention, je me suis déguisé en habitant de ces quartiers et j'ai joué le rôle d'un mécontent en évoquant ce prêtre comme étant possiblement responsable de la lenteur des travaux. Le soir même, quatre guerriers vêtus comme ceux du port me sont tombés dessus et m'ont emmené dans l'un des canaux pour me tirer les vers du nez en me torturant la moindre. Je précise que j'ai des témoins de cet enlèvement, j'avais soigneusement préparé mon affaire."

Je laisse filer un nouvel instant de silence avant de reprendre:

"Il y avait des sortes de geôles où se trouvaient certains des esclaves que j'avais aperçus au port, mais pas trace de marchandises. Ce n'était clairement qu'un lieu de transit, une cache secondaire. Bref, je me suis sorti de ce pétrin et ai libéré les prisonniers, qui ont pu me fournir quelques informations fort instructives. J'ai ainsi appris qu'il existait un lieu de stockage beaucoup plus important, non pas dans les canaux mais dans les catacombes. Je m'y suis rendu et ai vu de mes yeux d'impressionnantes quantités de marchandises volées, dont certaines portant le sceau de dame Callirhoé d'Escalie, membre éminente de la noblesse de Cuilnen que je connais quelque peu et qui s'inquiétait justement pour ses intérêts commerciaux au Naora."

Je me permets un discret sourire avant de continuer:

"Il me faut vous apprendre à ce propos que sa pupille, son héritière, m'accompagne, Dame Callirhoé l'avait chargée d'éclaircir ce point problématique pour les bonnes relations entre l'Anorfain et le Naora. Nous avons discuté avec messire Helevor Dearen, l'ambassadeur de Cuilnen à Tahelta, qui nous a fait part de son inquiétude grandissante et nous a appris que non seulement des marchandises avaient été volées, mais que de plus le contrat signé n'était plus honoré, faute de paiements. Ainsi l'affaire ne concerne pas que des marchandises de contrebande, mais également d'importants détournements de fonds censés être affectés à l'achat de matériaux et d'outils nécessaires à la reconstruction des quartiers défavorisés."

Je lui laisse le temps de digérer ces informations, puis j'enchaîne:

"La marchandise qui se trouve dans cette cache des catacombes est sur le point d'être déplacée, l'évasion des esclaves de la cache des canaux impliquant qu'elle n'est plus assez sûre puisque certains connaissaient son emplacement. Il y avait d'autres esclaves et d'autres gardes dans ces catacombes, ainsi qu'une sorte d'intendant. Nous l'avons entendu dire que cela se passerait demain soir et que leur maître viendrait inspecter la marchandise avant déplacement. Il a également déclaré qu'il allait informer ce dernier de l'avancement du travail, nous l'avons suivi discrètement et il s'est rendu sans tarder chez ce Fergaim, ce qui a confirmé les informations que nous ont données les esclaves libérés."

Un bref silence, puis j'achève d'un ton neutre:

"Si vous souhaitez mettre un terme à tout cela et prendre tout ce beau monde sur le fait, c'est demain soir qu'il vous faut intervenir. Ensuite il sera trop tard, les preuves auront disparu et il faudra recommencer l'enquête pour les dénicher. Je pourrais me charger de cette intervention, si vous le souhaitez, auquel cas il me faudrait quelques miliciens en qui vous ayez confiance, leurs témoignages vous permettraient d'avoir confirmation de mes dires et leur présence limiterait certainement le grabuge toujours possible lors d'une telle action."

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 Sujet du message: Re: Milice de Tahelta
MessagePosté: Ven 20 Oct 2017 19:55 
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Intervention pour Tanaëth



Le Capitaine Brëanal écouta attentivement le rapport de Tanaëth, prenant des notes sur un morceau de parchemin, fronçant les sourcils à certains moments, hochant la tête à d'autres, mais il ne sembla guère surpris par les propos de l'Apprenti, son visage n'exprimant aucune sorte d'étonnement à l'évocation de l'Ithilauster qu'accusait Tanaëth. Lorsque le rapport fut enfin terminé, il releva les yeux vers l'Apprenti pour finalement répondre, une expression grave sur le visage.

"Quand vous sortez de ce bureau, à votre gauche, il y a un long couloir. Puis, à droite, un petit escalier. En haut des marches, vous tournez encore à droite et vous arrivez devant le bureau du Capitaine Eïniel. C'est un ami personnel de Fergaim. Si vous voulez une promotion, allez-y, je vous en empêcherai pas."

Il se recula quelque peu dans son siège, se reposant contre le dossier, et croisa les bras devant lui.

"Ou vous pouvez rester Apprenti. Mais là. Ici. C'est vous qui voyez."

Il semblait attendre une réaction de la part du sindel. A la réponse de l'Apprenti, finalement, il s'avança de nouveau, décroisant les bras.

"Bien. Je suis dans le regret de vous annoncer qu'on arrêtera pas Fergaim demain soir. Il y a fort à parier que cette soi-disant inspection qu'il effectuera lui-même est un leurre. Il évite au maximum de se déplacer lui-même, je lui tourne autour depuis trop longtemps pour me laisser avoir par un tel piège."

Il sembla réfléchir quelques instants, le visage rivé vers son bureau, avant de relever le visage.

"Bon, je n'aime pas trop que les blancs mettent le nez dans nos affaires, mais si vous avez encore son aide, j'aimerais que vous partiez en mission juste tous les deux. Fergaim est rusé et il sait que les témoins, même quand ce sont des culs terreux, c'est gênant. On en a déjà eu trop de liquidés pour se permettre de perdre ceux que vous avez sauvé. J'ai fait construire une planque dans la forêt de Telemnalda. C'est assez loin, proche du Domaine de Fuinil, et y a déjà quelques témoins gênants qui y dorment."

Il se leva pour fouille dans une poche à l'intérieur de sa tunique, avant d'en sortir un parchemin, qu'il tendit à Tanaëth.

"C'est une carte pour s'y rendre. Ecoutez, je sais que vous vous attendiez à une arrestation mais Fergaim a la protection du clergé, d'une partie de la milice et de à peu près tout ce qu'il y a d'influent dans le coin. Mais il est pas seul. Ce qu'on fait ici, c'est qu'on monte des dossiers, on recueille des témoignages, on protège des témoins... C'est long, c'est fastidieux, mais c'est comme ça qu'on aura quelque chose d'assez solide pour l'inculper et faire tomber tous ses potes avec lui et qu'on pourra enfin reconstruire Tahelta. Alors on va envoyer quelqu'un essayer de récupérer le plus gros de ces preuves, mais vous en attendant vous allez me retrouver chacun des prisonniers que vous avez libéré et les escorter jusqu'à cette planque. Y aura une certaine Maëgi qui vous y demandera un mot de passe. Ce sera "Albâtre". Je compte sur vous, c'est primordial."

Et sur ces mots, il inclina la tête vers Tanaëth avec respect.

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 Sujet du message: Re: Milice de Tahelta
MessagePosté: Lun 23 Oct 2017 21:50 
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Le capitaine écoute attentivement mon rapport en prenant des notes, fronçant ici les sourcils, hochant là la tête, sans pour autant se montrer le moins du monde surpris par ce que je lui révèle. Ce n'est que lorsque j'ai fini de parler qu'il relève les yeux sur moi, grave, pour déclarer:

"Quand vous sortez de ce bureau, à votre gauche, il y a un long couloir. Puis, à droite, un petit escalier. En haut des marches, vous tournez encore à droite et vous arrivez devant le bureau du Capitaine Eïniel. C'est un ami personnel de Fergaim. Si vous voulez une promotion, allez-y, je vous en empêcherai pas."

Il s'adosse davantage dans son fauteuil et croise les bras devant lui en ajoutant:

"Ou vous pouvez rester Apprenti. Mais là. Ici. C'est vous qui voyez."

Il attend clairement une réponse de ma part, mais je le dévisage en silence durant quelques secondes, impénétrable, avant de lui rétorquer calmement:

"Je ne mange pas de ce pain-là, Capitaine. C'est vous que je suis venu voir et cela n'est pas un hasard."

A ma réponse, il se penche un peu en avant en décroisant les bras:

"Bien. Je suis dans le regret de vous annoncer qu'on arrêtera pas Fergaim demain soir. Il y a fort à parier que cette soi-disant inspection qu'il effectuera lui-même est un leurre. Il évite au maximum de se déplacer lui-même, je lui tourne autour depuis trop longtemps pour me laisser avoir par un tel piège."

Je ne réagis pas, cette déclaration ne me surprenant pas outre mesure tant j'ai foi en la capacité du clergé pour magouiller et dissimuler ses malversations. Les prêtres ont des millénaires d'expérience en la matière et, de tous les pourris qui hantent le monde de Yuimen, ils font sans conteste partie des plus vicieux et adroits. Le capitaine réfléchit quelques instants, le visage baissé sur son bureau, avant de le relever pour poursuivre:

"Bon, je n'aime pas trop que les blancs mettent le nez dans nos affaires, mais si vous avez encore son aide, j'aimerais que vous partiez en mission juste tous les deux. Fergaim est rusé et il sait que les témoins, même quand ce sont des culs terreux, c'est gênant. On en a déjà eu trop de liquidés pour se permettre de perdre ceux que vous avez sauvé. J'ai fait construire une planque dans la forêt de Telemnalda. C'est assez loin, proche du Domaine de Fuinil, et y a déjà quelques témoins gênants qui y dorment."

Il se lève pour fouiller dans une poche à l'intérieur de sa tunique, en sortant un parchemin qu'il me tend en m'expliquant:

"C'est une carte pour s'y rendre. Ecoutez, je sais que vous vous attendiez à une arrestation mais Fergaim a la protection du clergé, d'une partie de la milice et de à peu près tout ce qu'il y a d'influent dans le coin. Mais il est pas seul. Ce qu'on fait ici, c'est qu'on monte des dossiers, on recueille des témoignages, on protège des témoins... C'est long, c'est fastidieux, mais c'est comme ça qu'on aura quelque chose d'assez solide pour l'inculper et faire tomber tous ses potes avec lui et qu'on pourra enfin reconstruire Tahelta. Alors on va envoyer quelqu'un essayer de récupérer le plus gros de ces preuves, mais vous en attendant vous allez me retrouver chacun des prisonniers que vous avez libéré et les escorter jusqu'à cette planque. Y aura une certaine Maëgi qui vous y demandera un mot de passe. Ce sera "Albâtre". Je compte sur vous, c'est primordial."

Sur ces mots, il incline la tête pour me saluer avec un respect nouveau, salut que je lui rends en miroir en répondant avec simplicité:

"Ce sera fait, capitaine."

Bien que cette mission d'escorte ne m'enchante guère, j'en comprends la nécessité et l'importance. S'il faut en passer par là pour faire choir Fergaim et ses comparses de leur piédestal et, surtout, pouvoir changer la vie de tous ces enfants de Sithi relégués dans leurs sordides taudis, c'est un prix bien modeste à acquitter.

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 Sujet du message: Re: Milice de Tahelta
MessagePosté: Sam 17 Mar 2018 21:15 
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J'arrive au bâtiment de la milice de Tahelta quelques jours plus tard, l'âme en berne, me sentant plus vide que les mots ne sauraient l'exprimer. Rien ne transparaît sur mon visage, cependant, lorsque je m'adresse d'un ton aussi neutre qu'il est poli au planton qui garde les portes:

"Bonjour. Veuillez demander au capitaine Brëanal de me recevoir je vous prie. Informez-le que je viens rendre compte du succès de la mission qu'il m'a confiée."

Je patiente durant d'interminables minutes, révisant mentalement ce que je dois lui relater. Il a déjà dû entendre parler du grabuge qui s'est déroulé dans les bas-quartiers, des sous-fifres de Fergaim que j'ai... que nous avons été contraints de tuer pour récupérer tous les témoins et le sortir de la ville. Nous...bordel! Je me force à détendre mes mains, si crispées sur les manches de mes lames que leurs phalanges en sont blanches comme neige. Je prends une ample respiration et reviens à mes préoccupations immédiates, mieux vaudrait que je sois à mon affaire pour l'entretien qui m'attend. Je ne peux pas me permettre de laisser le capitaine soupçonner l'existence de l'Aura de Syriën, il faut donc que j'invente une histoire qui tienne la route pour expliquer que j'aie mis autant de temps à revenir. Cela n'a rien de bien compliqué en réalité, les nouvelles cicatrices que j'arbore disent assez clairement que du repos m'a été nécessaire, mais le moindre faux pas, la plus petite maladresse, pourraient susciter des questions gênantes. Je lui relaterai donc notre voyage en bateau, la rencontre houleuse avec les sbires envoyés par Fergaim pour éliminer les témoins et la remise de nos protégés entre les mains de Maegi après que nous ayons trucidé ces sbires avec l'aide des Worans sombres. Pour le reste, je lui dirai simplement que nous avons surestimé nos forces et que nous avons dû prendre quelques jours pour nous reposer en cours de route, ce qui n'est en somme que la stricte vérité. Quant à la suite...

"Le capitaine va vous recevoir, veuillez me suivre s'il vous plaît."

J'acquiesce d'un hochement de tête et emboîte le pas au garde tout en réfléchissant. Je dois me rendre à Nessima sans plus attendre, reste à savoir comment l'expliquer au capitaine de manière à ce que cela ne pose pas de problème et ne soulève pas trop de questions. J'ignore comment il réagirait s'il savait que j'ai été banni de ma ville natale et je ne suis pas bien sûr d'avoir envie de le découvrir. J'espère qu'il suffira de lui dire que des affaires de famille m'appellent là-bas, avec un peu de chance il aura une mission à me confier dans la foulée, ce qui constituerait une couverture appréciable. Mais c'est sans doute trop demander, je serai déjà heureux qu'il ne pose pas de questions indiscrètes sur ces affaires qui requièrent mon attention...

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