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Les cheveux virevoltant au rythme de sa course, sa robe légère et blanche dansante dans le vent, jeune fille, Rosie courait pieds nus dans les hautes herbes d’une clairière. Amusée, elle levait ses petites mains vers le ciel pour que la lumière d’un soleil de fin d’après-midi vienne se faufiler entre ses doigts délicats. L’air qu’elle respirait après chacun de ses éclat de rires était frais et teinté de rose et de lavande. Un homme courait et riait avec elle. Il avait une peau de neige des yeux d’émeraude et de longs cheveux sombres d’où émergeaient de longues oreilles pointues. Les traits de son visage se perdaient dans les rayons de lumière. Ils parcoururent la clairière en courant, chantant et jouant dans le but d’atteindre un ruisseau qui la traversait. Rosie courut jusqu'à en perdre le souffre et ralentit soudain.
Son corps se fit sentir lourd, ses membres ramollis et faibles, puis une douleur aiguë lui traversa le dos. Elle avait l’impression qu’on lui enfonçait des griffes dans la peau, lentement, déchirant cruellement sa chair, une voix doucereuse comptant a son oreille chacune des marques qu’elle lui laissait. Ses genoux voulurent céder, elle sentit ses doigts et jointures craquer, son ventre fendre et sa peau bruler, mais elle continuait. La lune seule dominait le ciel noir de sa forme circulaire parfaite, imposant une lumière argenté si faible qu’il était difficile de voir sur quoi on mettait les pieds. Rosie y marchait avec peine pour rejoindre le ruisseau, sanglotante, le souffle coupé par l’effort et la panique. L’herbe humide la faisait trébucher. Elle tentait désespérément de retenir l’étoffe rouge qu’elle portait en guise d’unique vêtement contre sa peau scarifié. La jeune femme voulait crier sa souffrance. Crier avec l’espoir que quelqu’un lui vienne en aide, mais la crainte d’être trouvé par les mauvaises personnes lui faisait serrer les dents et mordre la langue. De ses pas maladroits, elle glissa dans l’eau glacée et s’étendit dans la boue et les galets. Malgré l’envie grandissante d’abandonner et de se laisser mourir là, Rosie se remit sur pied avec l’ambition désespérée de suivre le ruisseau jusqu'à la rivière, comme elle le faisait jadis avec son père. Elle savait qu’une fois là, une barque l’y attendait.
Rosie ouvrit les yeux avec peine. Son coussin de fourrure commença à gigoter sous elle dans la tentative de relever la tête pour tendre l’oreille. La semi-elfe fit de même que l’ours contre lequel elle était étendue et se redressa légèrement pour se concentrer sur le fracas qui se déroulait en bas. Une voix rigoureuse qu’elle ne put identifier retentissait dans toute l’auberge, invitant tous ses occupants à se réveiller. Sentait que les autres s’activaient dans les pièces voisines, elle se vit forcée de faire de même quoi qu’étant pas complètement sûre de l’identité du propriétaire de cette voix. Elle se déplia non sans effort, étirant ses muscles endormit et roula sur le plancher de bois, se couchant sur le dos loin de la bête et se plongea dans l’observation du plafond. Quelques images de son rêve lui revenaient en tête, mais elle en avait perdu une bonne partie dû à son réveil brutal. Mérové vint lui renifler le visage.
« C’était étrangement crédible comme rêve Mérové… et troublant… »
Même si elle se refusait de l’admettre, la jeune femme savait pertinemment que ces images se rapprochaient définitivement plus de souvenirs réels que d’images abstraites relative à un rêve. Ses brins de mémoire semblaient être plus prédisposés à lui revenir lors de son sommeil. Cela l’ennuyait énormément depuis qu’elle prit la décision de ne plus chercher à connaître son passé lorsqu’elle apprit qu’elle avait elle-même prit l’initiative de se faire effacer la mémoire usant de moyens des plus obscures.
Elle prit une grande inspiration et l’expira de toutes ses forces comme si ce geste pouvait souffler au loin ses souvenirs. Uen odeur désagréable vint lui picoter les narines.
« Pouah! »
Dégoutée, elle repoussa le nez humide de son compagnon qui s’apprêtait à la gratifier de léchouilles compatissante au visage.
« Mérové… qu’est ce que... »
Empoignant sa grosse tête endormit, elle lui frotta vigoureusement le museau pour en retirer les morceaux d’écaille de poissons, ainsi qu’une variété d’autres aliments qu’elle n’aurait sut identifier.
« C’est dégoutant! Où es-tu allé fureter cette nuit?! »
Même si elle en avait retiré une bonne partie, elle abandonna bien vite son entreprise. L’ours commençait à se dégourdir de son sommeil et n’appréciait clairement pas le traitement de Rosie. Non sans raller de mécontentement, il se leva, faisant craquer les lattes du plancher sous son poids. Sans demander son reste, la bête sortit la tête de la chambre jetant des coups d’œil aux alentours et renifla frénétiquement l’air à la recherche du responsable pour tout ce grabuge. Gardant un œil sur lui, la jeune femme de rouge se débarbouilla un peu le visage collant de sueurs froides ainsi que ses mains poussiéreuses.
Peu rassurée à la vu de tant d’excitation, elle descendit dans la salle principale rejoindre ceux qui s’y trouvaient déjà, toujours suivit de près par Mérové. Elle se soulagea de voir les visages familiers de sa troupe. Sa quiétude fut toutefois de courte durée à la vu du guerrier qui vociférait au milieu de la place. Considérablement intimidée par sa haute stature et ses congénères toujours aussi stoïques qu’armé, Rosie se fit petite malgré l’ours qui l’accompagnait et prit ses distances autant que la pièce put lui permettre. Sa musculature apparente et bronzée faisait frémir les muscles délicat de la semi-elfe, sans parler des deux haches tout aussi imposantes l’une que l’autre que tenait fervemment le mastodonte. À leurs cotés, celle de Rosie semblait être conçût pour couper de la brindille.
(De mieux en mieux.)
Nerveuse, elle prit sombrement conscience que plus leur séjour avançait, plus ils recrutaient de gens sans cesse plus dangereux. Même si cela sonnait comme un bon présage pour partir en guerre, ça n’enchantait pas Rosie pour autant. Dire que l’avant-veille, elle craignait les pouvoirs d’Egregor et d’Azra.
Songeant à ce dernier, elle fit tous les efforts pour éviter de regarder en sa direction, honteuse. Après une nuit de sommeil, elle jugeait son comportement de la veille complètement ridicule. Malgré la honte et l’inquiétude vis-à-vis leurs nouveaux compatriotes, elle s’efforça de voiler à nouveau son visage sous un masque d’austérité comme elle s’éprouvait de le faire depuis le début de l’aventure.
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Lvl 12
Dernière édition par Rosie le Lun 14 Juil 2014 03:01, édité 1 fois.
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