L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Au Rat Putride
MessagePosté: Mer 29 Juil 2015 22:27 
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Ne s'ombrageant pas le moins du monde de sa présence, la shaakt la laissa s'installer près d'elle sans le moindre problème, la gratifiant même du surnom de ''délicate amie''. Elina haussa un sourcil interrogateur.

( Délicate amie ? Elle est sûre d'avoir sa place à Omyre celle-là ? ) ricana intérieurement la jeune humaine.

Mais elle savait qu'il fallait se méfier des beaux parleurs plus encore que des rustres, qui avaient le mérite d'agir de front. Cependant, lorsque la shaakt se para d'un sourire tout à fait désarmant, Elina abandonna tout simplement l'idée de se montrer méfiante. Elle engloutit son verre d'un seul trait, sentant sa gorge se réchauffer immédiatement, et fit signe au nain de s'approcher.

« Deux eaux de vie de prune, » commanda-t-elle sobrement.

Elle se tourna alors vers l'elfe noire au visage d'ange, l'observant intensément, sans un mot. Elle lui avait demandé si elle connaissait la ville, et Elina se demandait si elle devait mentir ou non. Sa compagnie lui était agréable et elle aimait observer des jolis minois lorsqu'elle buvait, aussi serait-il fâcheux qu'elle s'en aille lorsqu'elle saurait qu'elle était tout aussi perdue qu'elle dans la citadelle noire. Après un moment de longue réflexion, alors que le nain venait poser deux verres en terre cuite remplis à ras bord d'eau de vie, elle ouvrit enfin la bouche.

« Non, je viens d'arriver. »

Elle sentait l'alcool commencer à monter dans son crâne, perturbant quelque peu ses sens et son esprit.

« Et de toute façon ce soir je bouge pas, je me pinte la gueule. Mais si tu veux demain je vais voir un ami à mon père, il pourra nous servir de guide. »

Elle n'avait pas prévu de l'inviter à faire le tour de la ville avec elle, mais si elle savait se servir d'une arme, elle pourrait exactement être ce qui lui fallait : depuis qu'elle avait fait cette overdose d'Eau Vive elle se sentait bien trop mal pour combattre un guerrier aguerri seule, si elle s'attirait les faveurs de cette shaakt elle pourrait peut être avoir une alliée pour son assassinat.

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 Sujet du message: Re: Au Rat Putride
MessagePosté: Jeu 30 Juil 2015 00:23 
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Le sourire de la Shaakte s'accentua très légèrement au moment où elle compris qu'elle avait ferré son poisson. Elle sentit la méfiance de son interlocutrice baissé petit à petit, elle ne se départit pas de son sourire pour autant, mais pris la décision de se mettre plus à l'aise, laissant sa lourde cape glisser quelque peu avant de la remercier d'un signe de tête pour le verre.

~ Je ne m'attendais pas à tant, je vous remercie.

Passant un doigt distrait sur le bord du verre, elle suivit les explications de sa compagne de boisson sur sa présence en cette soirée et surtout sur sa prétendue inamovibilité. Elle détailla son accoutrement, qui ne semblait en effet pas celui d'une citadine, elle semblait apercevoir une cotte de cuir apparaître par dessus la table. Un combattante ? Cela pourrait convenir à ses manières et à son type de conversation, direct, mais sans élégance.

~ Dois-je supposer que vous disposez d'une chambre ici ? Ou alors pensez-vous pouvoir profiter encore une fois des largesses de vôtre ami ?

La question se voulait innocente, mais le coup d'oeil discret qu'elle l'invita à jeter sur le shaakt généreux l'était moins. Son sourire se modifiant légèrement pour lui donner un air de conspiration, elle se saisit délicatement de son verre pour le porter à ses lèvres, dissimulant le dégoût prononcé qu'elle éprouvait à sentir ce liquide nauséabond quitter son réceptacle pour glisser dans sa gorge derrière un petit mouvement, tirant un mouchoir miraculeusement propre d'un mouvement emprunté pour venir essuyer le coin de ses lèvres.

~ Ce serait appréciable. Où pouvons nous nous donner rendez-vous ?


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 Sujet du message: Re: Au Rat Putride
MessagePosté: Jeu 30 Juil 2015 09:34 
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Elina pouvait voir le sourire de la shaakt s'accentuer au fil de leur conversation, mais son esprit légèrement embrumé ne prit pas la peine de se demander pourquoi, trop occupé à apprécier le goût de l'eau de vie sur ses papilles pour penser à autre chose. Pour un établissement aussi puant et mal famé, l'alcool y était plutôt bon. Certes, la qualité principale de leurs liqueurs restait leur forte teneur en éthanol, mais le goût était plutôt agréable pour ce qui ressemblait pourtant à un tort-boyaux au premier abord. Mais l'humaine ne prit pas plus la peine d'apprécier sa boisson : comme sa précédente commande, le contenu du verre vint se loger d'un seul trait au fond du gosier de la jeune femme, provoquant une nouvelle sensation de chaleur agréable le long de sa gorge. Les effets ne mirent par longtemps à se faire sentir, remplaçant les vertiges nauséeux d'Elina par d'autres plus agréables et légers.

La shaakt la remercia d'une manière bien trop courtoise, une fois de plus, ce qui aurait fait douter l'humaine quant à ses intentions si elle avait été dans son état normal. Mais celle-ci, dont l'ivresse commençait maintenant à se faire flagrante, se contenta de lâcher un sourire idiot sur son visage d'ordinaire impassible, amusée par le phrasé de l'elfe noire.

« Arrête de me vouvoyer idiote, tu sais quel âge j'ai ? »

La question était toute rhétorique, elle ne pouvait évidemment pas connaître son âge, et Elina était consciente d'avoir l'air bien plus âgée qu'elle ne l'était réellement. Elle décida cependant de ne rien dire, se sentant soudain très attirée par la shaakt et ne souhaitant pas la faire fuir en lui révélant n'être encore qu'une adolescente – ou tout juste une très jeune adulte. Elle voulait certes se targuer d'être fidèle, mais après tout la plupart des orcs avaient des mœurs légères – enfin c'était l'argument auquel elle pensait pour se dédouaner de ses obligations auprès de sa sœur. Et puis l'alcool n'aidait pas, brouillant le cheminement logique de ses pensées et la laissant seule avec ses instincts primaires. La shaakt n'aida pas non plus à calmer les ardeurs de la jeune humaine lorsqu'elle lui demanda si elle avait une chambre, laissant à une Elina maintenant ivre le soin d'imaginer pourquoi elle pouvait bien lui parler de chambre soudainement. Elle ignora complètement le passage sur l'elfe noir lui ayant offert un verre et approcha sa chaise de son interlocutrice.

« On commence à peine à faire connaissance et tu veux déjà qu'on monte ? » lui fit-elle en regagnant son sourire idiot.

Elle ne pensait plus correctement, mais il était trop tard maintenant, elle s'était lancée dans la spirale infernale de la boisson et ne comptait pas s'arrêter là ; elle avait perdu tout bon sens et comptait bien le prouver en hélant de nouveau le nain, commandant une troisième eau de vie.

« Je suis Elina, » fit-elle à l'autre en attendant son verre. « Je propose qu'on partage une chambre, c'est moins cher et on aura pas à se donner rendez-vous. »

Elle avait appuyé sa dernière remarque d'un clin d’œil qui ne lui ressemblait absolument pas, persuadée d'avoir un effet fou sur la shaakt. L'ivresse était toujours un désastre chez Elina, soit elle devenait extrêmement hargneuse et finissait par se battre, soit elle se transformait soudain en une idiote maladroite qui n'avait rien à voir avec ce qu'elle pouvait être sobre.

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 Sujet du message: Re: Au Rat Putride
MessagePosté: Jeu 30 Juil 2015 19:08 
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La porte avait été nettoyée, l'inscription " Abattoir de Gobelins " écrite par Hrist plus tôt avait été grattée sur le bois, on y voyait encore les traces de lame et les vestiges du goudron. Hrist entra la première, escortée par deux soldats de sa garde personnelle, elle même suivie de cinq soldats. Un gobelin voyant les emmerdes arriver se redressa sur ses jambes et s'apprêta à grimper les escaliers en grandes enjambées avant de tomber raide sur une table où buvaient une Shaakt et une humaine.

Un des soldats de Hrist rengaina son arbalète et alla récupérer le carreau fiché dans la gorge du gobelin mort sur le coup. Il tira alors le corps au milieu de la salle et lui coupa la tête, comme convenu.

Le nain s'approcha de Hrist en gesticulant et lançant des propos inconvenants :
" Non ! NON ! NON ET NON ! Je viens à peine de tout nettoyer ! Partez vous et vos soldats de malheuuuurg." Le nain entravé par une chaîne recula et s'étrangla. Le même soldat qui venait de tuer le gobelin avait attrapé d'une poigne de fer la chaîne et tira le Thorkin en arrière.
" Tais toi donc ou je te pends avec ta laisse. " Puis le repoussant, le Nain tomba à genoux. Autour de lui, les soldats envoyés par la tueuse grimpèrent déjà les escaliers pour fouiller les chambres. Il n'y avait aucun autre gobelins dans la pièce jusqu'à présent. Hrist s'approcha du Nain et posa une main légère sous son menton, caressant au passage sa barbe épaisse et rêche.
" Allons allons... Je vois que tu as fait le ménage, mais regarde, moi aussi c'est ce que je suis en train de faire. Le ménage. Tu sais très bien qui je cherche, mais pourquoi tu t'entêtes à me le cacher. "

Elle se redressa, croisant les bras et fit une moue boudeuse de la bouche. " Mais je suis d'accord avec toi. Oui, tout à fait d'accord. Je n'ai pas été très amicale, mes excuses. Je ne suis pas venue à toi comme une amie. Je vais m'excuser. "

Hrist donna une petite tape sur le crâne du Thorkin qui, entendant ses paroles, redoutait alors le pire. La tueuse récupéra la chopine du gobelin mort, un lourd gobelet de bois massif avec une poignée en bronze. Elle était assez solide pour briser un crâne, c'était juste regrettable que Hrist ne puisse s'y essayer. Elle s'approcha des deux fûts d'alcool maison et dit à l'ensemble de la pièce, séquestrés par les soldats.
" Mes amis, c'est ma tournée ! "

Puis elle fracassa les robinets de fer à l'aide de la chope, les déboitant du fût et faisant couler à flot le liquide ambré. Tout en rejoignant le Thorkin, elle prit le bras d'un de ses gardes et lui dit tout bas : " Dépêchons. Les vapeurs vont vite être nocives. "

Le Thorkin se relevait, la chaîne toujours maintenue par le soldat en armure noire qui le tenait comme il l'aurait fait avec un chien de garde. " Mais vous êtes complètement malade ! Mais vous allez tous nous faire tuer ! "
" Le gobelin ! Je veux le gobelin. Mais à quoi je pense. Après une tournée générale, tu sais ce qu'on fait. Non ? "

Les gardes ouvrirent la porte d'entrée. Ceux qui étaient à l'étage descendirent bredouille. Les hommes en noir circulaient dans la salle en criant aux soiffards de mettre les voiles.
Le Thorkin quand à lui commençait à devenir rouge, son front suait et ses mains se mirent à trembler. Hrist passa doucement son bras autour de son cou comme s'ils avaient été de vieux amis et dit d'une voix amusée :
" Après une tournée, on chante voyons. " Elle ramassa un verre et but cul sec le fond qu'il restait avant de le laisser tomber à même le sol.



Elle resserra un peu le bras autour du nain et tira sa lame brillante qu'elle fit danser devant ses yeux. " Répète donc après moi. La gnôle, ça pique un peu la gorge, mais elle laisse le coeur plein de chansons ! "

Le nain baissa les yeux et s'exécuta maladroitement. Hrist et ses soldats ricanèrent. " C'est bien ! C'est bien, il faut l'encourager, il est encore un peu timide. Voyons, fermez cette porte ! Il fait un de ces froids. Ca me rappelle une chanson d'ailleurs. Est-ce que tu veux l'entendre ? Elle me vient de Tulorim. "

Deux soldats entrèrent à leur tour, armés de torches. L'alcool continuait de couler et bientôt l'air fut chargé des vapeur éthyliques. Hrist sentait déjà sa tête tourner légèrement.

" Chatons un peu, veux-tu ? Après je te laisse tranquille toi et ton... Taudis. "

Le Nain se mit à gémir, sans doute conscient qu'une catastrophe approchait à grands pas et que personne ici ne semblait vouloir s'en mêler. Les quelques ivrognes qui restaient dans la pièce, ceux qui n'avaient pas quitté les lieux à la première occasion restaient sans mot dire, certains murmuraient entre eux et commentaient ce qui se passait.

" C'est l'hiver qui frappe à notre porte.. Mes amis, allumons un bon feu. " Chanta la femme d'une voix ravie. Le Nain commença à se débattre mais il cessa lorsque Hrist passa devant ses yeux larmoyants la lame argentée qui brillait des mille éclats de bougies trouvées dans la pièce. " Chante ! "

Il s'exécuta timidement et Hrist resserra la pression de son bras, la scène n'avait plus rien d'amicale. " Allez, c'est sensée être une chanson gaie ! De vieux amis qui se retrouvent un froid jour d'hiver et qui allument un bon feu de joie. Pourquoi tu as cette voix si triste ? Tu comptes gâcher ma fête ? Plus fort ! "

Rassemblant le peu de dignité qu'il lui était possible de trouver, le Nain se redressa un peu et d'une voix plus assurée chanta. Il savait, il avait compris que s'il ne chantait pas avec un minimum d'entrain, la Murène n'hésiterait pas une seconde à le tuer. De plus, si il faisait ce qu'elle demandait, elle partirait peut-être sans faire des ravages.

" Plus fort encore ! Il faut que ça vienne de tes tripes ! "

Une voix solide et courageuse, le Nain chanta : " C'est l'hiveeer qui frappe à notre porte. Mes amiiis, allumons un bon feu. "

Hrist approcha ses lèvres de son oreille et d'un beau sourire narquois elle lui dit tout bas :
" Accordé."

A ce moment, un soldat jeta une torche par derrière le comptoir, là où les fûts s'étaient déversés. Les flammes grimpèrent immédiatement jusqu'aux tonneaux et l'air s'embrassa, la chaleur gagna la pièce à une vitesse étouffante et bientôt la fumée âcre et suffocante remplaçait les odeurs de bière et de nourriture qui flottaient quelques instants plus tôt.

La Murène poussa le Nain à terre et, surplombant le Thorkin elle lui dit d'un grand sourire.
" Je te l'avais pourtant dit. Moi aussi, je fais le ménage. "

Elle se redressa et s'étira de tout son long dans un petit couinement. Puis en quittant la pièce, demanda que l'on brise les liens du Nain afin qu'il ne périsse pas dans les flammes qui se propageaient.

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La petite ombre de la Mort à Elysian.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
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Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


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Dernière édition par Silmeria le Ven 31 Juil 2015 18:44, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Au Rat Putride
MessagePosté: Jeu 30 Juil 2015 20:17 
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*Idiote*

Le mot tournait dans sa tête alors que son sourire menaçait de devenir inquiétant, cette truie venait de la traiter d'idiote ?! La Shaakt se plia à quelques exercices mentaux, domptant sa fierté et son orgueil pour recouvrer la pleine possession de ses moyens. Elle n'avait pas à excuser cet écart, mais il serait stupide de prendre en défaut la seule personne qu'elle avait réussi à approcher depuis son entrée en ville. Se calmant, son sourire perdit la raideur qu'il avait exprimé l'espace de quelques instants pour retrouver la douceur amicale de ses débuts, une invitation fraternelle.

~ Je ne saurais vous donner un âge, mon amie. Je ne suis pas familière de vos semblables.

Sa proposition d'une chambre semblait générer un véritable orage au sein de la tête de son interlocutrice, son regard brouillé par l'alcool opérant comme une vitre déformante, elle pouvait percevoir la réflexion intense à laquelle son esprit embrumé semblait se livrer, mais sans en percevoir la teneur.

Une phrase, étonnante dans la bouche d'une femme vint interloquée Schezalle. Elle savait reconnaître une proposition de cette ordre lorsqu'elle se présentait à elle, les prêtresses en attente de validations n'étaient pas dénuées de malice, mais jamais entre elles... Les moeurs humaines étaient décidément quelque chose de bien étrange si deux individus du même sexe pouvaient sans problèmes participer à ce type d'actes. Elle ne comprenait pas, mais savait reconnaître un levier et à voir l'intérêt déguiser qui se dissimulait derrière la présentation de sa nouvelle amie, elle pourrait en profiter pour prendre l'ascendant sur elle.

Elle constituerait son premier pion, sa porte d'entrée dans ce monde étrange, aussi devait-elle privilégier aussi bien leur relation que la santé de son interlocutrice pour l'instant.

La jeune Shaakt n'eut néanmoins pas le temps de lui rendre la pareille, d'entamer un nouveau manège pour subjuguer l'esprit inférieur de son amie, leur rencontre étant interrompue par une véritable frénésies d'événements. Des portes qui claquent, des troupes qui entrent, des gobelins qui tombent, raides morts...

Schezalle ne put se retenir de sursauter au choc brutale de la masse verdâtre sur leur table, secouant verres et alcools, elle retint le sien d'un mouvement brusque et le sauva de la casse sur le sol, mais le contenu ne fut pas aussi chanceux. Hésitante, elle ne bougea pas alors que le soldat en armure sombre s'approchait d'elles, le laissant procéder à son goût.

Elle lui emboîta néanmoins le pas, tirant sur le coude de sa compagne pour qu'elle la suive dehors. Une fille de la noblesse n'était peut-être pas habituée aux rixes de bar, mais cela n'en était pas une, or elle savait reconnaître un dépositaire du pouvoir local et s'opposer à l'un d'eux sans soutien se révélait souvent une bien mauvaise idée.

Sans un regard en arrière, espérant simplement que sa flamboyante avait compris le message et n'avait pas rompu le contact, elle se glissait vers la porte, savourant une brève goulée d'air frais après la puanteur du bar avant de se glisser silencieusement en direction d'une ruelle plus tranquille.


~ Vous allez bien ? Qu'elle histoire, j'en ai le coeur tout retourné !

Se retournant, elle cherchait enfin à savoir si son futur guide avait suivi.


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 Sujet du message: Re: Au Rat Putride
MessagePosté: Ven 31 Juil 2015 18:13 
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La shaakt la vouvoya de nouveau, au grand dam d'Elina qui leva les yeux au plafond d'agacement.
Elle n'aimait pas les tons guindés et les conventions sociales idiotes, elle préférait de loin agir avec
familiarité avec tout le monde. Elle n'eut cependant pas l'occasion de rappeler à l'ordre son
interlocutrice, car au même moment un groupe de personnes très inquiétantes pénétra dans
l'établissement. Un gobelin courut vers les escalier, passant devant elles, mais un carreau d'arbalète
vint se ficher dans sa gorge, le faisant tomber sur la table comme une vieille chaussette.

Alors que l'homme qui avait exécuté le sekteg s'approchait pour venir récupérer le corps, Elina se
gifla violemment avant d'attraper une chope à la table voisine et se l'envoyer dans le visage. Les
ennuis commençaient, il fallait qu'elle reprenne la pleine possession de ses moyens et vite.

La shaakt se leva et intima Elina de la suivre en tirant légèrement sur son coude. Elle semblait
vouloir quitter l'établissement au plus vite, mais l'humaine ne bougea pas : elle voulait voir la suite.
Elle observa longuement celle qui semblait être la chef de l'équipée, alors que celle-ci s'amusait
avec le nain de l'auberge avec délectation. Elle semblait apprécier la torture mentale qu'elle lui
infligeait.

Mais les choses dégénérèrent bien vite lorsqu'elle cassa les robinets des fûts, déversant des tonnes
d'alcool sur le sol tout en parlant avec gaieté au reste de la salle.

( Merde, ça va partir en couilles... ) songea l'humaine en se redressant
finalement.

Elle s'approcha doucement de la porte d'entrée pendant qu'une bonne partie de la salle s'en allait à
toutes jambes alors que la chef des bandits continuait de jouer avec le thorkin, le forçant à
prononcer de ridicules chants paillards en faisant danser une lame devant ses yeux.

Elina était intriguée par la scène. Elle avait vu son lot de violence dans son campement orc, et en
avait même été la source plusieurs fois, mais le cas présent était différent. Chez les Bro'Graz, la
force servait avant tout à obtenir ce que l'on voulait et à créer une hiérarchie naturelle, mais il était
interdit de tuer pour le plaisir ou de saccager les tentes des autres. Or là, rien n'obligeait cette
femme à faire tout ceci. Apparemment elle cherchait un sekteg, mais ses hommes étaient déjà
revenus bredouilles de l'étage, et la salle était maintenant pratiquement vide, elle pouvait
simplement s'en aller, chercher ailleurs, ou le torturer pour avoir des informations, mais au lieu de
ça elle semblait simplement passer le temps, prendre du plaisir à imposer sa volonté et à observer
les yeux terrorisés du nain impuissant. Et Elina était fascinée.

Après quelques temps à torturer le pauvre thorkin, Elina l'entendit prononcer un mot à son oreille.

( Accordé ? Oh... merde. )

Comprenant soudain que l'établissement n'allait pas survivre à l'assaut du groupe de bandits, Elina
quitta précipitamment la pièce, non sans un sourire devant le style de l'assaillante.

( Quelle classe, ) songea-t-elle en se retournant vers la taverne maintenant
en feu.

Elle observa le brasier se répandre pendant encore quelques secondes avant de se tourner vers la
ruelle la plus proche. Elle s'engouffra dedans pour y retrouver la shaakt.

« Ah, tu es là ! Tu as loupé un sacré spectacle. »

Après tout ceci, l'alcool avait perdu de ses effets, et l'air frais qui mordait ses joues achevait de les
dissiper.

« Bon, on va devoir trouver un autre endroit où dormir. Tu as une idée ? Ah, et tu
ne m'as pas dit ton nom.
»

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 Sujet du message: Re: Au Rat Putride
MessagePosté: Dim 4 Oct 2015 00:39 
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Grall tira de sa ceinture un solide marteau de fer, il scrutait la salle d'un rapide coup d'oeil tandis que Hrist à bout de souffle avançait en boitant. Devant les deux arrivants, le nain esclave de la taverne décida que pour la troisième fois cette semaine, il ferait un tour à la cave, ayant appris à ses dépends qu'on ne négociait pas avec la femme qui venait d'entrer dans la taverne.

Le sol et les murs étaient encore noirs de suie et l'odeur du bois brûlé se mêlait à celle de l'alcool frelaté et de la crasse ambiante. La tueuse enjamba un vagabond allongé par terre, la tenue rongée par la vermine et les chausses si trouées qu'elles laissaient dépasser ses orteils noirs de crasses. Hrist avait déjà repéré le gobelin venu fêter sa victoire et chercher ses anciens compagnons de clan sans même savoir qu'ils étaient déjà morts.

Grall était assez massif pour camoufler un temps la tueuse mais lorsque le gobelin vit l'ombre souple et familière qui se dissimulait sous cette cape noire aux motifs runiques, il recracha par le nez son breuvage et tenta de s'enfuir. Grall lui bloqua l'accès à la seule issue en lui envoyant un coup de marteau en pleine face.

Rastaganarak tomba sur le coin d'une table et se brisa le cou dans un craquement sinistre. C'en était fini.

Tous deux restèrent un moment silencieux devant la dépouille du gobelin et Grall dit enfin :
" C'est ça, ton chef de clan ? Il a eu ce qu'il méritait, au final. "

Hrist ne répondit pas, elle gisait déjà à terre, ayant perdu son combat contre la fatigue et la douleur. Son corps évanoui avait les yeux clos, le grand Garzok se pencha sur elle et écarta les quelques mèches de cheveux qui lui barraient le visage. Sans les traces de sang, les cernes et les blessures, elle avait presque l'air paisible, enfin rassurée et apaisée. Grall posa une main sur son front et constata qu'elle était brûlante et que le temps lui était compté.

" Allez, gamine. Tiens bon, j'te ramène à Von Klaash. " Dit-il d'un ton paternel en soulevant sans mal le corps meurtri de la Murène pour la reconduire aux thermes.

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 Sujet du message: Re: Au Rat Putride
MessagePosté: Mer 11 Nov 2015 03:00 
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Laissez-moi vous raconter une histoire.

C'était il y a longtemps. Très, très longtemps. Plus loin que la mémoire. Si loin que les empruntes ont disparu depuis longtemps, quoiqu'un peu moins longtemps que le temps dont nous parlons, mais, tout de même, longtemps.

Deux semaines avant notre ère...
Fiouuuuuuuuuushhhhhh...

Dans une plaine immaculée et très encombrée, près d'un lac, assez loin de l'eau, vivaient un jeune garçon d'un âge assez avancé et un vieil homme en pleine croissance. L'aîné passait la journée devant leur petit palais de bois, tandis que le plus jeune contemplait les étoiles dans le reflet du lac.

Ils s'appelaient tous les deux Hong, et ils n'étaient pas liés par le sang.

Un jour, Hong dit à Hong : "Quand vas-tu cesser de rêvasser près du lac, Hong ?"
Hong ne répondit pas, car il était aussi sourd que muet, enfin, pratiquement. Il se contenta simplement d'attraper un des galets qui se trouvaient près de ses hanches, pour le faire ricocher sur la surface de l'eau.

Hong persista : "Si tu ne viens pas t'entraîner avec moi devant la cabane, tu seras faible et aucune brute dans le monde ne te laissera tranquille.", mais l'autre Hong n'en faisait qu'à sa tête, et en plus il était sourd et muet. Au lieu de lui répondre, il jeta son galet, qui ricocha très exactement dix-huit fois avant d'atteindre l'autre rivage, là où l'attendaient deux cent quarante-trois autres galets.

Le jour suivant, au matin, Hong interrompit son entraînement rigoureux pour voir le Hong du lac. Celui-ci avait changé de place, car il n'y avait plus de galets. Ils avaient tous migré sur la rive opposée. "Hong ! Cette fois tu viens avec moi !" criait-il.

Hong jeta un énième galet infortuné, qui fit vingt ricochets, soit deux de plus que le dernier record. La dernière surface sur laquelle il avait ricoché était l’œil de Hong.

Ce fut la dernière fois que l'on vit ces deux-là ensemble. Maintenant, il ne reste plus qu'un Hong.


- Attends, quoi ? Hong est mort ?!
- C'est quoi ces sornettes ?


Zut. Ils n'étaient pas sensés savoir ça.

Musique


Hong était coincé dans un petit cul-de-sac, dos à un mur, un cercueil à ses pieds. Face à lui, deux bons à rien, si ce n'était au meurtre et à la rapine. Le premier était armé d'un couteau et le second n'était pas une flèche. Ils s'appelaient tous les deux "tête de bite", mais n'étaient pas lié par le sang. Cela est vrai, du moins à moitié, car ils n'étaient pas du même père, mais bel et bien de la même mère, femme abusée si je ne m'abuse. Ils menaçaient Hong avec leurs visages grimaçants. Le maigrichon agita son couteau devant les yeux de Hong pour l'interroger.

Malheureusement, il s'adressait au Hong qui était sourd et muet.

- Ha, je sais pas ce que tu caches dans cette boîte, blanc-bec, mais si tu veux pas nous dire, on a qu'à l'ouvrir, et toi avec !
- Hé, grand frère ! Si ça se trouve !


Il ne continua pas.

- On dit quelque chose après "si ça se trouve". Et je t'ai déjà dit de m'appeler grand demi-frère !
- Hé, grand demi-frère ! Si ça se trouve, c'est lui, le Hong que nous cherchons depuis deux jours ! Je propose qu'on l'éventre d'abord, et qu'on lui pose des questions après !


Le petit demi-frère s'avança, deux grandes masses de fer au bout de chaque main, pour frapper Hong. Mais alors qu'il se préparait à sévir, Hong claqua ses doigts et tête de bite junior hurla de douleur, et posa ses mains sur son visage.

- Mais que t'arrive-t-il ?
- Ahh, je ne sais pas, grand demi-frère ! Quelque chose m'a frappé et maintenant de l'eau coule de mon œil !
- Serait-ce ce qu'on appelle un état de conscience ?!
- Non, je ne pense pas, c'est surtout l’œil qui fait mal. Pas la conscience.
- Argh !!
- Grand demi-frère ?
- Quelque chose m'a frappé l’œil et maintenant je pleure, moi aussi ! Serait-ce là l’œuvre d'une mouche particulièrement revancharde ?
- Je ne sais pas. A-t-on offensé une mouche en particulier ?
- Je n'ai pas souvenir mais, une mouche aussi féroce ne peut pas ne pas avoir de prime sur sa trompe !
- Hé, vous là !


Soudain, une ombre élégante fila par dessus les deux têtes de bite, suivie d'une lame éclatante dont le fil allait et venait de gorge en gorge. Les deux demi-frères, terrifiés à juste titre, s'inclinèrent devant cette épée possédée et cessèrent toute agression. Ils s'écartèrent, laissant place à un homme de grande classe. Ce qui était un grand coup de chance, car il se trouvait bien loin du terrain de chasse habituel des hommes de grande classe : le terrain de classe.

- Malheureus ! Avec un "s", car vous êtes deux ! Je suis un honnête chasseur de têtes du nom de Gao Dang, on m'appelle aussi "Épée Miroir". Je me promenais dans l'infâme et insalubre cité d'Omyre, à la recherche de mon dernier client, quand j'ai vu deux têtes de bite, (il avait en vérité utilisé un mot de grande classe, mais je ne tiens pas à ce que vous soyez perdus) deux têtes de bite donc, en train de brutaliser un garçon désarmé ! Je ne tolérerai pas un tel comportement en ma présence. Aussi, je vous prie de fuir dans la direction opposée, ou alors de périr par ma main gantée !

Les mécréants ne se firent pas prier, et fuirent à toutes jambes pour s'en aller pleurer ailleurs. Hong put ainsi admirer la prestance de Gao Dang : un homme vêtu d'une longue tunique à robe blanche, orné d'enjolivures d'un vert profond, ses bottines noires gardaient ses pieds bien sur terre et son col doré donnait à sa tête une portée céleste. Pour le reste, un visage parfaitement ovale avec un petit nez retroussé et des cheveux noirs portés en chignon, la marque des ynoriens authentiques qui n'avaient rien à faire dans ces contrées désolées, si ce n'était pas pour les affaires, affaires qu'il décrit brièvement alors qu'il se présentait à Hong.

- Bien le bonsoir, mon garçon, ton sauveur se nomme Gao Dang, on m'appelle aussi "Épée Miroir", et je suis un humble chasseur de têtes. Je viens d'Oranan, la capitale ynorienne, pour chasser un ignoble assassin du nom de Hong, dit "Lame-Sans-Ombre". Il est recherché pour des centaines de meurtres indicibles dans tout le royaume, et une prime exorbitante d'un million de Yus a été mise sur sa tête. De même, tout parent qu'on lui trouverait vaudrait quand à lui la moitié de la prime, soir cinq cent mille Yus. Jeune homme, saurais-tu où je peux le trouver ? Prends garde, je sais détecter les mensonges.
- ...
- Bien ! Tu m'as convaincu. Comme tu me sembles être une jeunesse défavorisée, j'ai une proposition à te faire. Que dirais-tu de te joindre à moi ? Je réside actuellement au bureau des chasseurs de têtes. Tu m'as l'air d'être sans le sou. Tant pis ! Je paierai pour toi cette fois !


Sans un mot, et sans vraiment comprendre ce qu'on venait de lui dire, Hong releva l'immense coffre de bois qui se trouvait derrière lui et commença à le traîner derrière son bienfaiteur.

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Dernière édition par Hong Xiang le Mer 18 Oct 2017 20:03, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Au Rat Putride
MessagePosté: Dim 11 Déc 2016 21:13 
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Il ne me faut pas longtemps pour trouver ce que je cherche : une taverne. Mon objectif est très simple, si je veux pouvoir rencontrer Oaxaca pour avoir la réponse à ma question, comme me l'a conseillé Naral Shaam ; il faut qu'elle sache que je suis là. Et quoi de mieux qu'une rumeur efficace pour ça. Vu la réputation que mon moi elfique doit se taper dans cette cité, son meurtre et le nom du meurtrier sera une bonne piste à rumeur, le genre à se propager vite, très vite.

Je rentre dans la gargote à l'odeur parfaitement épouvantable, bien décidée à ne surtout pas toucher à la nourriture dès mon premier pas en ces lieux. Je vais jusqu'au comptoir en esquivant un couteau qui vole, foudroyant du regard le Garzok qui l'a envoyé.

"Elle veut quoi l'elfette ?"
"Elle veut plus rien. Mais moi, j'veux un verre."
"Un petit vin blanc pour la petite dame ?"
Dans la salle, j'entends un rire gras à la plaisanterie du tavernier.

(Gaffe, il se fout de ta gueule.)
(Non, je m'en serais pas douté !)
(Fous-lui sur la gueule. Soit plus rapide ! )

D'un geste vif, j'attrape le tavernier par le col tandis qu'il ricane encore de sa bêtise.

"Ta gueule. Tu me donnes à boire, où j'te latte la tronche !"
"Les yus d'abord. J'fais pas confiance aux voleuses !"
"Une voleuse ?"

Tiens, voilà une première information intéressante dans la journée. Pourquoi donc une gonzesse en armure elfique serait-elle une voleuse pour ces êtres ? Je hausse un sourcil d'incompréhension et relâche le Garzok. Je lâche une pièce d'un yus sur le bois, en attendant une réponse. Pendant que le tavernier me sert un verre d'un truc trouble à l'odeur pour le moins alcoolisé, c'est mon voisin qui me répond, plein de morgue :

"Tes frusques, ils sont pas d'ici."
"Je les ai gagnés, pas volés."
"T'as joué aux dés contre un elfe ?"

Le ton est toujours moqueur, mais il ne semble pas douter de mes propos, juste mal les interprétés. Quand j'ai parlé de gagner mes affaires, d'autres oreilles se sont tendues, ils savent que je ne suis pas de la ville et ça met toujours de l'animation dans une taverne, une nouvelle histoire.

"Aux dés ?"

Je dégaine mon kriss noir, que j'ai laissé volontairement ensanglanté suite à ma dernière proie, et je le plante dans le bois, juste à côté de la main du tavernier qui vient à peine de se saisir de sa pièce de monnaie.

"A moins que le rat des villes qu'on trouve ici appelle ça un dé, non. J'ai pas joué aux dés !"

Le silence fait son job, une dague de qualité, sortie et avec du sang, voilà qui est intéressant pour eux. Un sourire carnassier se dessine sur mes lèvres.

"T'aurais tué la Massacreuse ?"

Ahhh... On y est. Mon coeur s'accélère et j'ai peur, peur de raconter une connerie, peur de faire une erreur fatale. Interdiction de se planter là, pour voir Oaxaca, il faut que le peuple croie en mon mensonge.

"C'était son nom à la peau de pierre ?"
"C'est sa cape en tout cas."

Dégainant l'épée de cristal pour la poser à côté du kriss à lame noire, je regarde la vieille Garzok qui vient de parler.

"C'est son épée, ça ?"

Un murmure parcourt la salle, si le kriss noir n'est pas connu, ni la cape d'ailleurs ; l'épée a une sacrée réputation. Ça y est, l'histoire est bien partie, les gens sont convaincus que j'ai, au minimum, réussi à voler le matériel de Lothindil.

"Ainsi, cette femme maudite était la massacreuse... Ca explique beaucoup de choses!"
Le silence ne dure que quelques secondes et c'est avec un soupçon de respect non-feint que le Garzok du comptoir exprime ce qu'une bonne partie de l'assemblée pense à voix basse :
"Impossible que tu l'aies tuée seule."
"J'ai dit que je l'ai fait seule ?" craché-je.

Ne pas oublier les conseils d'Anouar quand on a répété l'histoire : glorifier l'adversaire pour se glorifier soi. Et surtout ne pas oublier ceux d'Astinor, à savoir les détails : du sang, des tripes et du courage.

"Avale ton verre et raconte !"

Je rengaine mon kriss noir, mais laisse l'épée de cristal sur le comptoir, bien en évidence, preuve de mes dires et commence à raconter l'histoire cent fois répété durant le voyage :

"Tout à commencer, y a trois lunes, dans les montagnes. Mon clan vivait de rapines et de petites batailles. Puis y a eu les soldats de Luminion, puis y a eu cette peste grise. Y a trois lunes, plusieurs d'entre nous sont morts dans des tremblements de terre venus de nul part. Yuimen n'avait aucune raison de se fâcher, mais on a fait des offrandes, on a fouetté à mort des esclaves pour lui plaire, on a même planté des arbres sous le conseil de notre shaman. Mais les morts étranges ont continué. Puis on l'a vue, une nuit. Elle est venue sous la forme d'une panthère couverte de poils, elle a combattu le chef et l'a vaincu lâchement, d'une dague lancée dans la gorge."

Après un raclement de gorge, je gobe le verre d'alcool qui vient me flamber le gosier d'un coup sec. Bordel de Yuimen, j'ai bien fait de me droguer au saké ces dernières semaines pour m'habituer, sinon j'aurais eu du mal à survivre. Là, j'ai la gorge en feu, mais je sais que ça va passer et je sais ce qui se passe autour de moi. La taverne est calme, mon récit les intéresse, il donnera un nouveau sujet de conversation durant des jours, je continue donc :

"Mais il l'avait blessée, l'épieu était couvert de poison. Revenant de la chasse, j'ai découvert le carnage avec mon groupe. Nous étions six, sains et bien nourris. Elle était seule et blessée. Nous l'avons traquée. Elle aurait dû crever avec l'épieu, mais non, ses pouvoirs l'ont aidée. On a dû s'y mettre tous ensemble et lui tomber dessus quand elle méditait. Elle a étripé trois des miens, dont ma sœur. La rage m'a envahi et j'ai combattu comme jamais, mais sa cuirasse tenait bon, je parvenais pas à blesser ; elle en a tué un quatrième.

Et là, Gravurk a vu la faille. C'était le meilleur de nous, pas pour rien qu'il était le chef d'expédition. Le bouclier en plante de l'elfe, il couvrait devant, mais pas le dos. On a attaqué tous les deux en même temps. Elle est parvenue à nous bloquer, tous les deux. Elle m'a désarmée, mon kikoup a volé et j'ai bien cru que j'allais crever comme les autres. Mais elle s'est retournée pour contrer une nouvelle attaque de Gravurk. Elle l'a tranché en foutant en l'air son armure. Mais lui, il a pu la blesser au visage. Et moi, j'ai piqué sa dague, celle à sa botte. Et j'ai planté, dans l'arrière du genou.

Elle a hurlé comme un cochon, la peau grise. J'le savais pas, mais cette dague, elle a du poison ; puissant, bien plus que celui que fabrique le clan... elle a crevé comme un rat, la bave qui coulait de ses lèvres. J'ai pris le kitappe de Gravurk et je l'ai plaquée au sol alors qu'elle tentait d'user sa magie pour se soigner. J'ai tapé, j'ai tapé et j'ai encore tapé. J'ai bousillé sa face de rat et sa gueule. J'ai fait sauter ses dents, une par une. C'était beau... Elle a tué mon clan, et moi je l'ai tuée, elle.

Puis j'l'ai pillé, j'ai pris ses armures, sa cape, ses bottes, son sac. Par Yuimen, c'était un beau combat, j'ai gagné ces affaires."


Autour de nous, les réactions sont diverses et variées, mais globalement, la rumeur va pouvoir faire son chemin. Vu la taille de la ville, je pense avoir deux ou trois jours devant moi au minimum avant que ça atteigne les bonnes personnes. En espérant que ça tombe plutôt du côté de Leona ou directement d'Oaxaca que d'un autre des treize. Je n'ai, à vrai dire, aucune envie de faire une rencontre avec un des autres, je redoute particulièrement Vallel qui est, sans doute, au courant de mon changement de corps. Il sait que j'ai tenté de voler son corps avant qu'il ne se fasse trahir par Naral.

"J'te crois pas, femme."
"Tu fais ce que tu veux, homme."
"Trop maigre pour vaincre la massacreuse."
"Tu la connaissais ?"

(Tu fous quoi là ?)
(Quoi ? Qu'est-ce que j'ai fait ?)
(Il te défie. Démonte-lui la gueule, là il te croira.)
(Ahhhh.)

Bordel, comment voulez-vous que je le sache, franchement ?

"Lâche..."

Ah... Là le message est clair. Je saisis mon épée, toujours sur le comptoir et, d'un bond, le jette au sol, lui pointant ma lame sur la nuque, le genou entre ses omoplates. Sa tête sur le côté me lance un sourire carnassier.

"Tu veux te mesurer à Lisha ? Tu veux vraiment savoir si tu peux tuer celle qui a vaincu la Massacreuse ?"
"Avec plaisir. Dans deux heures, à l'arène. Juste toi et moi. A poils, une seule armure, armes aux choix !"
"Ca m'va."

Je me redresse et rengaine mon épée, avec un sourire. Ça va me faire du bien pour me dégourdir et je doute que le combat soit aussi compliqué que cela, vu l'aisance avec laquelle je viens de le plaquer. De surcroît, ce combat-là, il va faire monter ma popularité et enfler la rumeur, ça m'arrange, finalement.

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 Sujet du message: Re: Au Rat Putride
MessagePosté: Dim 18 Déc 2016 23:35 
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Tandis que je me relève pour laisser partir le Garzok et que je retourne au comptoir, je suis interpellée par le tavernier.
"T'es une tarée, toi."
"Quoi encore ?"

Je regarde le Garzok sortir de la taverne, inquiète. Non, je ne redoute pas de mourir dans ce combat, je doute que ce Garzok soit vraiment dangereux pour moi à vrai dire. Mais comment pourrais-je dissimuler mes tatouages avec une seule pièce d'armure ?

(T'as qu'à mettre des gants ?)

Je me retourne malgré tout vers le tavernier, qui semble vouloir poursuivre la conversation.

"T'es pas d'ici, hein ? Parce que faire un combat contre Gorchak, faut avoir des couilles !"
"Gorchak ? J'aime connaître le nom de mon ennemi, avant de le vaincre !"
"Vaincre Gorchak ?"

La taverne complète part dans une hilarité grasse. Manifestement, ce vieux Garzok est une célébrité ; Astinor se gorge dans ma tête, on va gagner en réputation, et ça lui plaît. Devenir célèbre, comme au temps où elle était une humaine dans un corps d'humain. Si c'est tout ce qui lui plaît, ça me convient comme prix à payer pour sa puissance.

"Gorchak est notre maître d'armes, Lisha la vengeresse. Tu ne peux pas vaincre Gorchak, étrangère."
"La victoire n'en sera que plus jolie alors."

C'est beau de fanfaronner, mais là, je suis vraiment dans la mouise la plus totale. Comment pourrais-je vaincre un maître d'arme... sans user d'Astinor, ni de ma magie de régénération, ni de mes sorts pour éviter d'être découverte ? Je me suis vraiment mise dans de beaux draps sur ce coup-ci, d'autant qu'un maître d'arme d'une cité guerrière doit être véritablement redoutable…

(Use de ta magie alors.)
(Je ne peux pas ! Ils vont savoir que je suis la guerrière de Yuimen !)
(Justement. On va leur faire croire que Yuimen t'a ôté sa faveur, pour la donner à Lisha !)
(Oulà... T'es consciente que ça devient tordu cette histoire, Anouar ?)
(En même temps, c'était ton idée qui était tordue à la base. Aller voir Oaxaca pour savoir ce qu'elle veut. Pourquoi pas demander à Zewen si tu peux lui emprunter son livre, tant qu'on y est ?)
(Ouais, pourquoi pas ? Ca pourrait être drôle !)
(Vous êtes désespérantes les filles !)
(Bon, et tu me conseilles quoi en attendant ?)
(Va prier Yuimen ! T'auras besoin de toute son aide si tu veux y arriver...)

Je me lève et me dirige d'un pas certain vers la porte, même si dans ma poitrine mon coeur bat à tout rompre. Je sers mes poings pour les empêcher de trembler car en vérité je suis terrorisée, et par mes mensonges qui s'imbriquent et par l'enjeu du combat. Par Yuimen, nous sommes toutes les trois folles, c'est impossible autrement. Pendant que je parcours les rues de la cité à la recherche du temple, j'envisage de m'enfuir, en courant, de simplement retourner sur Aliaénon pour récupérer mon corps chez les elfes. Mais j'ai promis, promis de ne revenir que quand j'aurais gagné en sagesse. Et pour grandir et devenir digne de mes oreilles pointues, il va me falloir lutter de toutes mes forces et prouver ce dont je suis capable...

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 Sujet du message: Re: Au Rat Putride
MessagePosté: Jeu 2 Fév 2017 23:53 
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Kurgoth fut tout d'abord surpris de voir que l'intérieur avait un revêtement de bois, même si ce dernier était approximatif à en juger par les pierres qui dépassaient du plancher et les endroits où les planches semblaient avoir été arrachées des murs pendant des rixes. Son jeune guide, vraisemblablement habitué du lieu, interpella un Thorkin enchaîné faisant le service.

"Amène nous donc à manger Koërn! Et une bouteille de sang pour mon ami!"

Un garzok en armure de cuir vola entre les interlocuteurs mais cela ne semblait pas les avoir perturbé. L'enfant lança les pièces qu'il avait eu du guerrier plus tôt dans la journée. Elles atterrirent dans le plateau du serveur qui leva un pouce pour confirmer la prise en compte de la commande. Revenant vers son nouveau garde du corps en évitant, semblait-il le plus naturellement du monde, trois garzoks traversant la salle pour se ruer sur celui qui, l'instant précédent, avait fait de même par voie aérienne, il dit simplement:

"Une table vient de se libérer on dirait! Tu viens?"

Ils s'assirent à ce qui semblait être un amas de planches clouées sur des pieds de longueur variable. Cette table, comme tous les morceaux de bois plus ou moins brisés en vue, sentait l'absinthe noire, le sang séché et le rat crevé. A peine installés le Thorkin apportait déjà deux grands bols de bouillie de vermine et une bouteille avant de ramasser au vol les pièces que Kurgoth lui lâchait, confirmant la venue imminente de deux bols supplémentaires.

"Quoiqu'on en dise, quand on a faim, rien de tel qu'une bonne bouillie de vermine! Non seulement ça tient au ventre mais en plus c'est pas cher!"

Cette bouillie évoquait au garzok un curieux mélange entre les insectes qu'il dénichait sous les pierres et le gradouble qu'il avait dérobé aux bûcherons. La gueule pleine de cette infecte préparation, il grommela:

"J'aurais mieux fait de t'bouffer, t'aurais meilleur goût qu'ça!"

Il était assez fier de lui car, pour la première fois, l'humain ne trouva rien à répondre, ne sachant s'il devait prendre cela comme une menace explicite ou non. Pour fêter sa réplique il apporta à ses lèvres la bouteille qu'il croyait remplie d'hémoglobine d'un quelconque animal mais déchanta très vite en recrachant sa bouillie. Ce sale gosse qui riait maintenant aux éclats voulait-il le tuer?

"Hahaha! Tu croyais boire ça comme un garzok bois le sang d'un cadavre? Quand on commande du "sang" à Omyre on parle de sang de Thimoros, l'alcool le plus fort qui soit d'après ceux qui osent le boire... Enfin j'te dis ça mais j'y ai jamais goûté, vu mon âge c't'un coup à se réveiller pendu dans une cuisine avec les jambons. Par contre tu peux en r'boire une gorgée? J'ai adoré ta tête haha!"

Toute la salle se moquait à présent de Kurgoth, y compris Koërn qui apportait leur deuxième portion d'insectes écrasés. S'il s'était agit d'un autre alcool qu'il connaissait, il aurait vidé la bouteille cul-sec pour leur montrer. Mais celui-ci était à nul autre pareil et il n'avait pas vraiment besoin de prémâcher le travail de Romthaars’t en sifflant la bouteille. Il décida tout de même de se lever et d'en boire une grande gorgée avant de l'envoyer à la face d'un sekteg qui riait trop à son goût. Tout juste s’était-il rassis qu'il avalait sa bouillie à grandes bouchées pour atténuer la fureur du volcan qui était né dans sa gorge, pour le plus grand plaisir de son jeune compagnon, pleurant de rire devant son bol.

Alors qu'il commençait à retrouver des sensations autres que la douleur, il senti quelqu'un lui tapoter l'épaule. Le gobelin qui avait reçu la bouteille en plein face la lui ramenait. Surpris que la bouteille n'avait pas éclaté à l'impact, il remarqua que la dentition qu'elle avait rencontrée ne s'en était pas aussi bien tirée.

"Alo's 'omme fa on f'amuve à balanfer des ''ucs fu' les vens? 'u va me le 'ayer 'u vas voi'!"

N'ayant rien compris, le guerrier se tourna vers son guide pour qu'il traduise mais se dernier était étalé sur la table s'étouffant de rire.

(Je crois que je le déteste... Mais sans le vouloir, je dois probablement lui faire vivre le plus beau jour de sa vie, si ce n'est au moins le plus drôle...)

Regardant d'un air interdit la créature baragouiner toutes sortes de menaces incompréhensibles le poing tendu dans les airs, Kurgoth finit par saisir la bouteille pour la lui vider d'un trait dans le gosier. Après quelques gargouillis et une crise de toux à s'en arracher les poumons, les mains plaquées sur la gorge, le sekteg s’effondra au sol inconscient.

Reprenant son souffle, le jeune humain subtilisa la bourse du comateux et remboursa le repas au garzok avant de s’approprier le reste du butin en déclarant:

"J'sentais que t'étais spécial dans ton genre, mais jamais j'aurais pensé qu'tu serais autant capable de me faire rire! J'risque certainement de ne jamais t'oublier, un cas comme toi ça court par les rues. Soit donc pas vexé c'est un compliment et j'te redonne ce que j'te dois, après tout, c'que tu viens de faire n'as pas de pris à mes yeux!"

"Comme tu veux petit, mais j'ai pas oublier que tu devais m'emmener où je voulais en ville aujourd'hui!"

Finissant rapidement leur repas avant que d'autres ennuis ne se présentent, les deux compères sortirent du Rat Putride alors que le thorkin s'affairait à remettre en était la partie du bar que la rixe totalement ignorée par nos héros avait saccagé.

1001mots

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Dernière édition par TheGentleMad le Mar 3 Juil 2018 11:46, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Au Rat Putride
MessagePosté: Sam 22 Juil 2017 17:38 
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- "Et là je lui dHIC : Je vous consumerais tous !" tonna le fanatique ivre à vive voix, fondant dans un grand éclat de rire franc à peine soutenu par l'apprenti nécromant que l'alcool menaçait tout autant. Seule l'acolyte n'avait pas touché sa boisson.
Après un bref passage aux thermes pour un rafraîchissement et l'emploi d'un nettoyeur pour enlever toute trace de magie dans la ruelle souillée, les trois compères s'étaient rendus ensemble au Rat Putride.

Leurs carrures ne leur permettaient certainement pas d'encaisser les poisons garzoks habituels, et chaque lampée était un véritable défi lancé au buveur suivant. Mais derrière cette simple beuverie entre êtres mauvais, une discussion plus intellectuelle avait lieu.

Sur la table débarrassée de détritus étaient déroulées deux cartes, ponctuées d'extraits de parchemins arrachés à la hâte et rassemblés sur les lieux qu'ils désignaient. Omyre en avait la plus grande partie, et la page était presque intacte, soigneusement glissée auparavant dans un grimoire pour ne pas s'abîmer. Doucement, l'index du fanatique glissa de l'une à l'autre, relisant parfois quelques articles en s'attardant sur certains points.


- "Omyre." commença-t-il. "Si je commençais à faire le tour des lieux intéressants de cette ville je m'y perdrais. A l'Est se trouve un pont qui m'intéresse tout particulièrement. On le dit maudit, hanté, ou bien les deux à la fois. Peu d'ouvrages y sont consacrés et le mystère est entier, j'ai rencontré quelques garzoks qui m'en ont parlé, mais aucun d'eux ne peut me faire le récit détaillé de la traversée. Ce n'était selon eux "pas bien." acheva-t-il avec ironie.

Sa main glissa lentement, toujours à l'Est, jusqu'à remonter en longeant peu à peu le littoral.


- "Darhàm. L'endroit promet, selon les diverses sources. J'y trouverais autant la vermine que de véritables trésors. Je prévois de visiter un peu avant d'étudier au temple de Thimoros, cependant je n'ai aucune idée de l'emplacement de ce dernier.
Je tâcherais de m'y trouver une embarcation pour continuer le chemin en mer, en longeant les côtes. Je suis certains de pouvoir faire de beaux croquis."


Arrivé en bordure de carte, cette dernière se roula doucement sur elle même, malgré les efforts répétés du fanatique qui tentait sans cesse de l'arrêter avec sa choppe. Le couteau sacrificiel du nécromant se trouva être un excellent remède au problème, fermement planté dans le bois vermoulu en arrachant une légère moue au nain prisonnier.

- "Caix Imoros." commença-t-il, avant que l'acolyte ne manque de s'étrangler,
l'interrompant de suite.


- "Tu n'y rentreras pas." lui cracha-t-elle alors, les crocs visibles à la lueur de la bougie.

- "On ne me laissera pas rentrer, je sais bien. De là à ne pas y rentrer, on verra bien.
Je veux étudier cette ville tout autant que la mystérieuse Khonfas, mais au moins, Caix Imoros est proche et accessible, j'en ferais la priorité de mon voyage en Imiftil. Les shaakts ont le mérite d'écrire nombre d'ouvrages, contrairement aux garzoks.
répliqua le fanatique, arrachant un sourire à l'apprenti nécromant que l'alcool assommait doucement.

- "J'apprendrais tout ce que je peux là bas, puis je prendrais la route vers Kendra Kâr.
Il n'y a pas grand chose d'autre qui m'intéresse au Nord, je suis bien plus intéressé par les catacombes de leur temple."


- "N'oublie pas de visiter celui de Phaïtos. Il vaut le coup d'oeil." lui asséna son complice.

- "Comme tous les temples du continent. J'y passerais peut-être. Peut-être pas. Kendra Kâr est une ville immense qui mérite que j'y passe bien du temps, mais mon vrai sujet d'étude me demandera de traverser l'océan. Imiftil." poursuivit d'un ton las le futur explorateur. Tulorim. Exech. Les bibliothèques noires regorgent d'ouvrages incomplets sur ces lieux, les légendes sont à peine compréhensibles, et tout cela ne demande que ma venue pour être élucidé. Je suis certains que de grands pouvoirs sont à y saisir." A ces mots, le sourire de Vilglas se fit presque carnassier, l'appât de la puissance faisant briller ses yeux tandis que les ombres portées des lumières de bougie dansaient sur son pâle visage.

Bien vite, il balaya un bout de parchemin, à peine quelques lignes qui évoquaient vaguement la ville de Khonfas. Son doigt glissa alors vers l'Est de nouveau.

- "Tulorim. Exech. Des endroits peu recommandables. Des esquisses magnifiques, sans aucun doute. Je visiterais la première avec attention car sa récurrence dans mes études est des plus intéressantes. Je SENS que je ne perdrais pas mon temps à l'étudier. Quand à Exech, je sais qu'un temple y siège, sans plus. Je m'attends à quelques surprises."

Les boissons se vidèrent une dernière fois alors que le fanatique s'apprêtait à conclure son épopée.

- "Et enfin, le Désert de l'Est. Dangereux, hostile. Mais j'ai... son regard balaya un instant la carte avant de saisir une esquisse déchirée d'un temple. ... j'ai l'intention de l'explorer néanmoins. Il y a là aussi des choses à découvrir."

Les deux compagnons de Vilglas hochèrent un instant la tête. Le nécromant semblait perplexe, et l'acolyte presque tendue.

- "Restez là. Etudiez. Lorsque je reviendrai, nous nous mesureront alors."

Dramatiquement, le fanatique se leva, l'air carnassier. Son sang sembla alors descendre à ses jambes, lourdes, et l'alcool lui fit tourner la tête. D'une foulée, il accouru vers le premier seau venu pour y vider son estomac malade, sous les tapes compatissantes de ses deux camarades. Il partirait demain, à y réfléchir.

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Vilglas Putrescent, Fanatique.


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 Sujet du message: Re: Au Rat Putride
MessagePosté: Dim 19 Nov 2017 17:20 
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Alors que le guerrier entrait dans l'auberge, ses bottes collant au sol poisseux, il vit le jeune garçon s'élancer avec entrain vers le tavernier qui, levant les yeux au plafond, ne semblait pas partager son plaisir lors de ces retrouvailles. Tout en traversant la salle dans le chaos ambiant pour se rendre au bar, le fanatique esquiva une chaise volant et intercepta une bouteille d'absinthe noire qui n'avait pas fini de répandre son contenu au sol durant son vol plané. En rejoignant son compagnon de voyage au bar, il déposa la bouteille, vidée, sur le comptoir et s'adressa au nain enchaîné.

"Tavernier! J'ai besoin d'un plein tonneau de sang de Thimoros! Trouve moi aussi quelqu'un pour me l'amener au temple dans l'instant, j'ai les bras pris!"

"On assure pas la livraison ici! Et tout un tonneau ça coûte son pesant de yus... T'auras rien avant d'avoir aligné les pièces, fanatique ou non, car j'en ai vu des plus durs que toi ici."

Le nain cracha au sol pour appuyer sa tirade avant de remplir une chopine d'alcool et la faire glisser à un garzok accoudé au comptoir qui venait de le héler. Kurgoth plongea sa large main brune dans sa bure en direction de sa bourse et déposa sur le comptoir collant et branlant une pleine poignée de yus. Le barman enchaîné mordu dans une des pièces pour vérifier qu'elle était vrai puis, après avoir encaissé la somme, s'en alla en arrière boutique. Il revint quelques instants plus tard en faisant rouler un tonneau massif mais lorsque le garzok demanda à en vérifier le contenu, le nain s'y opposa.

"Et comment je vous le fait livrer si je pète le fond? Z'êtes pas bien malins vous autres fanatiques!"

"On est à Omyre, tu te démerdes pour trouver un soulard costaud qui a une ardoise à effacer, vu la clientèle ça me parait pas bien dur... En attendant je veux vérifier que c'qui est là-dedans est assez fort."

Alors que le nain s'affairait à satisfaire son client fanatique, un sekteg édenté s'approcha en braillant.

"Hé z'vous r'cfonnais vous dveux! f'dvoi qui m'a bvalanfé une bvouteille pis qui m'la vidé dans l'govier! V't'ai r'tvouvé et t'vas me l'payer!"

Pas tout à fait certain de ce qui voulait la demi-portion, le guerrier profita que le nain s'en était allé quérir un porteur pour attraper de sa grosse main brune la tête du sekteg et la plongea dans le tonneau. Koërn réapparu rapidement accompagné d'un minotaure bien plus massif que Kurgoth qui titubait nonchalamment. Tous deux fixèrent un instant le sekteg qui, la tête toujours plongée dans tonneau, tentait de se débattre pour ne pas se noyer puis le tavernier présenta l'imposante créature.

"J'ai pas mieux que lui, j'peux pas vous garantir qu'il marchera droit vu c'qu'il a bu mais au moins il va porter vot' tonneau sans problème jusqu'au temple... Maintenant si vous avez fini de faire tester le tonneau à votre ami..."

Le guerrier relâcha la pression sur la tête du sekteg qui roula au sol à demi conscient. Il se tourna ensuite successivement vers le minotaure et l'enfant.

"Toi, prends ça et suis moi au temple... sans en renverser partout en route. Gamin, rends moi le poignard que je t'ai prêté je vais en avoir besoin... Et une fois que t'auras fini de dépouiller le p'tit vert, je te laisse lui dire ce qui se passera si je le croise à nouveau."

Tandis que l'enfant jetait dans les airs l'arme en question en acquiesçant, la créature mi-homme mi-taureau entreprit de soulever le lourd tonneau et suivit le garzok à l'extérieur.

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 Sujet du message: Re: Au Rat Putride
MessagePosté: Jeu 5 Juil 2018 14:52 
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Me voilà enfin au marché. Les gardes n'ont pas posé de problèmes aujourd'hui, mais j'ai encore du mal à me faire à la présence de ces monstres, car c'est surtout quand on veut sortir qu'ils deviennent vraiment dangereux. Je garde ma main gauche sur ma bourse et tient fermement mon butin dérobé plus tôt dans la journée dans ma main droite. On n'est jamais trop prudent ici, malgré la mort qui attend les voleurs à chaque sortie du marché les plus désespérés continuent de tenter leur chance... Et j'en sais quelque chose puisque ces choses ne m'ont toujours pas tuées. Mais je chasse ces sombres pensées, aujourd'hui je suis riche, je viens de dérober une bourse bien pleine et je vais me faire plaisir. C'est aujourd'hui qu'Anira doit revenir d'ailleurs, ah Anira... J'ai si hâte de la voir ,mais, avec tout cet argent volé, j'ai bien envie de lui faire un cadeau; ça lui montrera que je ne suis pas que le bon à rien qu'elle voit en moi. Je laisse donc mes yeux fureter sur les étals en me dirigeant vers l'endroit où vends habituellement ses esclaves.

Tout content d'avoir un petit cadeau qui m'aura quand même coûté cher je m'approche de l'estrade sur laquelle est exposée sa marchandise. Comme à son habitude, elle reste sur le côté à apprécier les ventes, tandis que ses acolytes masculins travaillent à sa place. Et comme à mon habitude, j'arrive soudainement dans son champ de vision avec un sourire jusqu'aux oreilles.

"Salut ma belle! Les affaires vont bien?"

Pour ne pas changer des autres jours, elle sursaute et manque tomber au sol, mais aujourd'hui je la rattrape et profite de l'occasion.

"Heureusement que je suis là pour toi, sinon il t'arriverait bien des malheurs."

"Ah te voilà, toi! Je croyais que tu étais mort de faim depuis la dernière fois qu'on s'est vu."

"Oh non, je suis même devenu riche! Plus besoin de chaparder les restes dans les tavernes! Et j'ai même trouvé un cadeau pour toi!"

En montrant la grosse bourse dérobée plus tôt, j'espère bien l'impressionner et lui montrer que je ne suis plus un enfant mendiant pour une bouchée de pain. Mais mon cadeau semble avoir un bien plus gros effet sur elle, j'ai bien fait de choisir ça. Ses yeux écarquillent légèrement et elle tente de retenir un spasme. Je sais que les shaakts sont réputés pour ne pas être très affectueux, mais je me surprends de la voir à ce point touchée. Je vois ensuite ses magnifiques yeux violets s'embrumer légèrement sous l'émotion et ses adorables lèvres pulpeuses s’entrouvrir pour me répondre:


"Par ma barbe, combien de fois vais-je devoir te chasser d'ici, cafard!"

Je me réveille en sursaut pour apercevoir Koërn débarquer furieux dans la chambre. Le thorkin jette alors son couteau de cuisine dans ma direction alors que je plonge au sol pour l'éviter. Tout ça parce que je squatte une chambre inoccupée? Il devrait plutôt s'estimer heureux d'avoir des clients, vu la ruine qu'est le Rat Putride, surtout qu'à Omyre, la plupart des habitants ne dépensent rien pour se loger. Il leur suffit de trouver une chambre inoccupée dans une des innombrables ruines ou constructions en terre séchée et de se relayer pour veiller qu'aucun voleur ne les dépouille. Décidément, il s'y habitue moins vite que moi, mais le voilà qui se rue dans ma direction pour m'étriper. Roulant sur le côté je m'empare de son arme pour la pointer dans vers lui.

"Calme-toi Koërn, la chambre était vide, c'est pas si grave mon grand... euh mon p'tit... euh..."

"Fout moi le camp d'ici! Vermine!"

L'arme que je tiens ne semble pas l'impressionner puisqu'il se rue sur moi en prenant le couperet rouillé à sa ceinture. Je ne cherche même pas à calmer cet aubergiste en furie, il serait capable de me servir en bouillie à ses clients au prochain service s'il m'attrape. Préférant éviter l'affrontement, je saute par la fenêtre ouverte par laquelle j'étais entré la veille au soir, emportant avec moi son ustensile de cuisine.

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