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 Sujet du message: Re: L'Auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Dim 8 Fév 2015 16:30 
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La dame et sa fille quittent l'auberge. Le petit chien, contrairement aux désirs de la fillette, demeure dans l'auberge et va se coucher aux pieds du mangeur de souper amnésique. Et le chat s'étire.


Puis à peine deux minutes plus tard, les portes de l'auberge s'ouvrent à la volée et un petit oiseau noir entre en trompe, désorienté, une des ses ailes endommagées, il alla droit se fracasser la tête sur le miroir et tombé au sol raide. Le chat qui n'avait rien perdu de cette scène, se leva enfin pour se diriger furtivement vers le lieu de l'accident.


A la suite de l'oiseau, entre la fillette affolée et à bout de soufle:

"Ma mère au sol.... les hommes la gorge tranchée..." réussit-ellle à dire entre deux sanglots.

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 Sujet du message: Re: L'Auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Mer 11 Fév 2015 09:51 
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Son interlocutrice avait l'air soudainement beaucoup moins loquace que durant les événements qui eurent lieu plus tôt dans la journée. Il aurait préféré qu'elle lui donne franchement son soutien, ou qu'elle le rembarre – mais au moins, que la situation soit plus claire que présentement. Elle semblait avoir gardé un certain intérêt pour l'affaire. Mais un intérêt bien distant. Peut-être était-ce juste temporaire, et qu'elle avait besoin qu'on lui lâche un peu la bride le temps de manger et de penser un peu à autre chose. Ou alors, elle considérait qu'elle en avait assez fait - considération tout à fait raisonnable - et estimait qu'elle pouvait maintenant passer à autre chose.

Alcofribas enleva ses coudes de la table, et soupira en se perdant dans la contemplation du plafond.
Tant pis. Au pire, il ferait sans elle.
Il passa brièvement en revue les autres personnes présentes dans l'auberge, et se demanda s'il pouvait compter sur l'aide du Liykor... Raisonnablement, non. Son meilleur espoir était Esmé, si l'on en jugeait par l’énergie qu'elle avait investit tantôt pour lui venir en aide, et du pragmatisme dont elle faisait preuve.
De toutes manières, il avait toujours fait du très bon boulot en faisant cavalier seul, jusqu'ici.

Alors qu'il constatait avec amertume qu'il n'arrivait pas à s'auto-persuader efficacement, les portes de l'auberge s'ouvrirent bruyamment.
Un oiseau noir s'engouffra dans la grande salle avec plus de ferveur que l'alcoolique du village à l'ouverture de son enseigne préférée, et termina sa course contre un miroir. Il tomba à terre et ne bougea plus.

Machinalement, en homme ayant l'habitude ce côtoyer les bêtes, Alcofribas se leva et se dirigea vers le pauvre petit animal. Il n'eut pas le temps de s'approcher assez pour se prononcer sur son état de santé que la fillette qui avait quittée l'auberge plus tôt dans la journée entra en trombe. Paniquée, elle prononça une phrase incompréhensible tout en sanglotant.

Soudain conscient qu'il serait malvenu de s’inquiéter de l'avenir d'un volatile alors qu'une enfant pleurait à propos de sa mère, il se dirigea vers elle et s'accroupit pour que son visage soit au niveau du sien.
Il n'avait jamais été très à l'aise avec les enfants mais essaya de faire un effort.

« - Qu'il y a t'il, petite ? Calme toi, reprend ton souffle, tu es en sécurité ici. Essaye de te calmer et explique nous clairement c'qui s'est passé. »

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Alcrofribas, chasseur de monstres.


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 Sujet du message: Re: L'Auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Jeu 26 Fév 2015 15:42 
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(Il n’y a décidément qu’en ville qu’on ne peut pas souper en paix… Bon, au village, avec ‘Man Grenotte, les gens venaient à tout heure du jour ou de la nuit pour des blessures, des marmots malades, des parturientes en souffrance, des veaux qui se présentaient tellement mal que personne ne savait quoi y faire, sans compter les petites craintes du quotidien, les superstitions de tout poil, les querelles, les arbitrages, les conseils de couples, les petits défauts de la sexualité, les demandes moins conventionnelles, et puis les… Enfin bref, les gens dérangeaient pour de bonnes raisons, pas comme ce foutoir urbain. Et puis ils donnaient toujours un petit quelque chose une fois sur place, une tartine, une pomme. Il y a fort à parier que si je saute ce repas, j’en serai quitte pour me coucher le ventre vide ou manger froid…)

La fillette qui avait si courageusement agi est de retour dans l’auberge, et tient des propos des plus alarmants : il est question de sa mère, au sol, et d’hommes, ou d’un homme, et de gorge tranchée.

(Mais qui a la gorge tranchée ? Un homme ? Des hommes ? La mère ? Et qui a tranché la gorge de qui ? ) se demande Esmé, tout en se dirigeant d’un pas tranquille vers l’oiseau que le chasseur a délaissé au profit de la petite. Quand tout le monde risque de paniquer, et que les choses menacent de dégénérer, il est du devoir d’une sorcière d’être le roc dans la tempête, et de ne pas se laisser impressionner par les évènements. (Manquerait plus que ça…)

Jetant au chat un regard ne laissant aucune équivoque sur qui elle considère être placé dans la chaîne de commandement des créatures – à savoir elle au sommet, et peut-être la gent féline quelque part avant ses semblables – Esmé ramasse délicatement l’oiseau, intriguée par le comportement du volatile, prenant soin de ne pas froisser ses plumes ni malmener son aile, et le soustrait à l’attention du félin. « Chasse donc, ne ramasse pas les cadavres pour jouer. Ce n’est pas digne d’un chat. »

Cette mise au point effectuée, elle s’approche de l’enfant et du chasseur pour suivre un peu plus de la conversation. L’homme a posé une question, une bonne question, nul besoin d’en rajouter au risque de perturber la petite. La sorcière interviendra si elle le juge nécessaire, mais pour l’heure, son attention est plus tournée vers la porte. Un instant elle a songé à la fermer, mais la curiosité et une forme audacieuse de prudence l’ont retenu. Si des choses se tapissent dans la nuit, Esmé préfère percevoir quelques signes furtifs de leur approche plutôt que de risquer la surprise d’un battant qui s’ouvre. Son attention se partage entre les ténèbres de la rue et la salle, dont elle guette les réactions.

(‘Man Grenotte disait que la magie, il ne valait mieux pas s’en servir, mais là…)

Les fluides de terre pulsent dans son corps, elle pourrait presque les toucher. Si un être hostile prétend passer la porte pour nuire à l’intégrité physique d’un des membres de l’assemblée, elle aura de quoi le recevoir.

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Esmé, sorcière à plein temps


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 Sujet du message: Re: L'Auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Dim 1 Mar 2015 14:12 
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Le chat retourne gracieusement reprendre sa place sur la bordure de la fenètre. Le chien se lève précipitamment et va vers la fillette lui quémandant des caresses. Et l'oiseau mort... reste mort.

Écoutant les conseils d'Alcofribas, la petite prit une grande respiration.

"Lorsque nous sommes sortis de l'auberge, nous avons vu au sol, la gorge tranchée, les deux hommes que l'aubergiste a expulsé. Et ma mère s'est évanouie ! "

La petite trop énervée ignore le chien.

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 Sujet du message: Re: L'Auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Dim 1 Mar 2015 16:56 
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Suite de: Les rues de la cité

L'Elfe ouvrit la porte de l'auberge sans bruit, s'arrêtant un bref instant sur le seuil pour examiner la salle d'un regard las. C'était visiblement un lieu simple et bien tenu, ce qui était loin d'être le cas de toutes les auberges. Après avoir refermé l'huis en douceur, il salua les personnes présentes d'un signe de tête sobre et se dirigea vers une table libre appuyée contre un mur. La tête lui tournait légèrement, d'un geste un peu brusque il tira une chaise et s'assit lourdement, posant son maigre sac entre ses pieds. Maladroitement, il en sortit quelques bandes de lin propres et soigneusement enroulées qu'il déposa devant lui, sur la table. L'aubergiste s'approcha, les sourcils froncés à la vue du sang qui maculait la manche gauche de la tunique du guerrier et gouttait sur son sol religieusement récuré.

-Hey, vas pas tout dégueulasser avec ton sang, c'est pas une boucherie, ici...

-Navré, mon brave, vraiment. J'aurais besoin de quelques chiffons propres, d'un petit verre d'alcool fort, d'une cruche d'eau et d'un repas, il y a moyen? Ah, et une chambre, aussi, pendant qu'on y est...

-T'as de quoi payer?

Le Sindel prit quelques pièces dans sa bourse et les tendit à l'homme.

-Tiens. Si tu pouvais m'apporter les chiffons et le verre d'alcool rapidement, ton sol ne s'en porterait que mieux...

-Je t'apporte ça.

-Merci.

Quelques instants plus tard, muni de ce qu'il avait demandé, le Sindel entreprit de nettoyer ses blessures comme il le pouvait avec un chiffon trempé dans l'alcool, serrant les dents sous la brûlure infligée. Comme il l'avait vu lors de son premier et sommaire examen, ce n'étaient que des estafilades sans gravité, il avait eu beaucoup de chance. Il parvint assez aisément à faire un bandage serré autour de la plaie de son avant-bras, celle de l'épaule lui donna en revanche plus de fil à retordre mais il finit par arriver à un résultat plus ou moins satisfaisant. Evidemment, il lui faudrait refaire le pansement lorsque il serait dans sa chambre, une fois sa tunique ôtée, mais il se voyait mal l'enlever ici en plein lieu public et il avait trop faim pour différer plus longtemps le repas chaud qui lui fut apporté dès qu'il eut achevé sa besogne. D'une voix neutre l'aubergiste l'informa:

"Il y a un guérisseur qui habite à quelques rues d'ici, je peux envoyer quelqu'un le chercher si tu veux."

"C'est aimable, merci, mais ce ne sera pas nécessaire. C'est sans gravité."


"Toi qui vois", fit l'humain en s'éloignant pour servir un autre client.

Dès que l'homme se fut éloigné, Tanaëth se précipita sur l'écuelle de ragoût, se faisant violence pour conserver un semblant de bonnes manières et mâcher la viande étonnamment tendre et goûteuse avant d'avaler. Il dévora de même la large tranche de pain noir fournie avec puis vida la moitié de la cruche d'eau à longues gorgées avant de s'adosser au mur avec un soupir de volupté. Dieux que cela faisait du bien! Repu, il prit enfin le temps d'observer plus attentivement ce qui l'entourait. Un bon feu brûlait dans l'âtre, sous le grand chaudron de ragoût, répandant une chaleur bienvenue en ces frimas hivernaux. Quelques clients étaient attablés ici et là, mais l'auberge était loin d'être comble. Les prunelles de jais de l'Elfe ne s'attardèrent pas sur les êtres, ce n'était pas le moment d'offusquer quelqu'un par un regard un peu trop appuyé, il avait eu sa dose de bagarre pour la nuit. Une douce somnolence l'envahit peu à peu, et comme rien ne semblait nécessiter une vigilance particulière, il se laissa aller à ses pensées.

(Je me suis battu comme un crétin...bon sang, trois mendiants sans la moindre notion martiale, armés de mauvaises dagues, et je me prends deux blessures...j'en connais un qui m'aurait fait passer un mauvais moment s'il avait assisté à ça! Un Hirdam...tu parles! Trop longtemps que je n'avais pas eu à me battre, à courir la cambrousse comme un animal sauvage. Enfin, Sirthi soit louée je m'en suis sorti sans trop de casse, mais il va falloir que je me reprenne en main sévèrement. Bon, ma bourse est presque vide, je n'ai plus d'arc, plus de provisions, et ce fichu hiver ne semble pas décidé à finir de sitôt. Je fais quoi, maintenant? Il y a quand même un point positif, les humains de la région ne semblent pas haïr les Sindeldi, c'est toujours ça. Je devrais pouvoir trouver quelques petits boulots dans le coin le temps que le printemps revienne. Mouais. Et après? Continuer comme ça, à errer sans but en attendant de crever au détour d'un chemin ou d'un bois, bouffé par une meute de loups ou étripé pour quelques pièces par une bande de tire-laine? La gloire...et tout ça pour quoi?! Pour fuir le passé? Pour oublier? Abruti! Comme si je pouvais oublier...merde!)

L'Elfe réalisa qu'il serrait les dents à les briser. Il prit un profonde inspiration et se força à se détendre, finissant par y parvenir non sans mal. Il se sentait vide, épuisé, mais il savait que le sommeil ne viendrait pas tant que ses pensées étaient tournées vers ces ombres qui le hantaient depuis tant d'années. C'était toujours pareil. Il lui arrivait de ne pas y penser pendant quelques jours, mais cela ne durait jamais. Il se demandait souvent s'il n'aurait pas mieux fait de suivre le destin que ses parents lui avaient tracé. Il se serait uni à cette Sindel, comment se nommait-elle déjà? Il soupira imperceptiblement. Il ne s'en souvenait pas. Elle était mignonne pourtant, à défaut de son nom il avait gardé une image assez claire de son visage. Il aurait sans aucun doute été engagé dans l'armée du roi, aurait pu sans trop de difficulté gravir les échelons de la hiérarchie, après tout il provenait d'une famille noble et honorable du Domaine de Farsha. Il aurait eu des enfants, qu'il aurait élevés dans le respect des coutumes de son peuple, les voyant grandir, puis fonder une famille à leur tour. Il aurait eu une belle demeure, ses parents étaient considérés comme riches et auraient été ravis de lui en faire bâtir une dans les hauts quartiers, des serviteurs, de beaux vêtements, des armes et une armure délicatement ouvragées par des maîtres forgerons. Une petite vie confortable et bien réglée, en somme. Seulement...

(Seulement il y a eu Jaëlle. Jaëlle...Sithi! Pourquoi cela fait-il encore si mal, tant de temps après?! Combien d'années écoulées depuis? Trente-cinq ans, ou pas loin. J'ai l'impression que c'était hier...Et j'étais où quand elle avait besoin de moi? En train de me saouler avec ces deux quasi inconnus qui avaient piqué une gourde de gnôle dans les réserves...)

Tanaëth n'avait plus touché à une goutte d'alcool depuis ce jour. Il n'y toucherait plus. Jamais. Il ne pouvait pas, pas après ce qui s'était passé. Il aurait dû être à ses côtés, la protéger ou mourir en le tentant. Il ferma les yeux pour retenir les larmes qui menaçaient de jaillir. Dieux que ça faisait mal! Le fait que son maître ait répété à lui en faire éclater le crâne que cela avait été une bénédiction qu'il ait été absent n'y changeait rien. Le Sindel se rongeait de culpabilité depuis ce jour. Lorsque il avait vu son cadavre à moitié dévoré, il était devenu comme fou. Une sombre folie, sanguinaire, brutale, puissante comme un raz de marée que rien ne pouvait arrêter, l'avait privé de toute raison. Son maître d'armes avait tenté de le raisonner, de lui expliquer qu'un dévoreur des sables n'était pas à sa portée et que seule la mort l'aurait attendu s'il avait été là pour tenter de défendre son âme soeur. Mais l'Elfe n'était plus en mesure d'entendre, il avait bousculé rudement son précepteur et avait voulu se précipiter dans le désert pour retrouver la bête, et l'anéantir! Il avait fallu trois instructeurs et un bon coup de matraque sur le crâne pour l'arrêter. Personne ne lui en avait vraiment voulu de cette incartade à la stricte discipline militaire, il n'avait même pas été puni. A son réveil pourtant, le maître d'armes était venu le voir et avait été limpide: le jeune Elfe avait le choix entre se tenir à carreau et finir sa formation sans autre dérapage, ou être envoyé à Raynna, le bagne. Tanaëth avait hésité. Vraiment hésité. Raynna se trouvait dans le désert, territoire de ces dévoreurs qu'il brûlait d'exterminer. Mais le carcan social était bien enraciné en lui, être envoyé au bagne signifiait déshonorer sa famille, et ceux qui y allaient n'en revenaient pas, pour les réprouvés il n'y avait pas de deuxième chance.

Quelque chose s'était brisé dans l'âme du jeune apprenti guerrier. Lâcheté? Résignation? Un peu des deux, sans doute, même s'il ne l'admettrait jamais. Il avait poursuivi, et achevé, son entraînement, mais à dater de ce jour le rire sembla l'avoir fui. Ses compagnons apprentis en étaient vite venus à craindre d'être opposés à lui lors des exercices, le jeune Sindel se battait comme un démon et ne retenait pas ses coups, semblant dévoré par une haine meurtrière que seul un ordre de l'instructeur pouvait arrêter. Peu à peu, au fil des ans, il apprit à se maîtriser, mais la joie ne revint pas. Froid et dur, sombre et renfermé, inatteignable aux émotions et sentiments, c'est ainsi que tous le virent après les tragiques événements. S'ils avaient su. Cent fois par jour il revoyait le doux ovale de son visage, son sourire timide. Il entendait son rire cristallin si communicatif, qui semblait jaillir de ses lèvres si joliment ourlées comme une source cascadant joyeusement. Il entendait le son de sa voix mélodieuse lorsque elle le suppliait d'arrêter de l'embrasser, sentait son corps se presser contre le sien comme pour contredire ses paroles. Et ses yeux. Ses yeux. L'océan lui-même n'avait ni la profondeur, ni l'infinité de nuances de son regard. Se plonger dans ses prunelles, c'était se noyer dans un univers insondable mêlant les teintes des cieux et de la mer, c'était se faire emporter comme fétu de paille dans une ronde des fées que seule la fin des temps pourrait interrompre. Mais elle était morte, et il avait vu son corps atrocement déchiqueté. D'une main légèrement tremblante il essuya la larme qui, finalement, avait trouvé moyen de rouler sur sa joue.

(Je suis mort avec elle, ce jour là, il aurait mieux valu qu'ils me laissent partir. J'aurais dû partir. Aller dans le désert, affronter cette créature. En finir avec honneur, d'une manière ou d'une autre. Pourquoi ne l'ai-je pas fait? Pourquoi, Sithi? Regarde ô protectrice! Vois ce que je suis devenu! Un vagabond misérable, rien de plus qu'un chien errant sans but ni espoir...POURQUOI? Était-ce ton dessein pour moi? Une existence brisée, sans joie, sans lendemains, est-ce là mon chemin? J'aurais dû mourir, Sithi! Ma vie ne signifie plus rien...pourquoi continuer?)

(Parce qu'elle aurait voulu que tu vives, Tanaëth Ithil.)

Surpris, le Sindel ouvrit les yeux, cherchant autour de lui la source de cette voix inconnue qui avait envahi subitement son esprit. Nul ne prêtait attention à lui, il fronça les sourcils, perplexe.

(Sithi?!)

Un rire moqueur résonna en lui:

(Idiot! Crois-tu que la Lune se préoccupe d'un pauvre chien errant qui ne sait que se lamenter sur lui-même?)

(La Protectrice se préoccupe de tous les Sindeldi! Mais si tu n'es pas elle...qui es-tu?!)

Le silence seul lui répondit. Il ne comprenait pas, avait-il rêvé? La fatigue lui faisait sans doute entendre des voix, il était grand temps d'aller dormir un peu. Il soupira doucement, se leva en récupérant ses affaires et en étouffant un bâillement, puis alla demander à l'aubergiste de lui montrer sa chambre et de lui apporter un broc d'eau et une cuvette. Une bonne nuit de repos ne serait vraiment pas un luxe, se décrasser pas davantage.

Il gravit l'escalier à la suite de l'aubergiste puis, une fois que ce dernier lui eut octroyé une chambre agréable, y déposa sac et baudrier d'armes avant de retirer précautionneusement sa tunique ainsi que les bandages de fortune confectionnés peu auparavant. Les plaies ne saignaient presque plus, c'était déjà ça de pris. Quelques légers coups furent frappés à la porte. Le Sindel alla ouvrir sans penser à se rhabiller, ce qui lui valut un regard éberlué et imperceptiblement gêné de la part de la femme de chambre qui lui apportait l'eau demandée. Il ne releva pas, s'abstenant de la rabrouer vertement, et se contenta de lui demander de déposer le tout sur une petite table qui jouxtait la seule fenêtre de la pièce. Lorsque elle eut obtempéré et se fut retirée, l'Elfe entreprit de se laver méthodiquement tout en prenant bien garde de ne pas tirer sur ses blessures, une moue légèrement narquoise aux lèvres en voyant l'eau virer rapidement au grisâtre. Il se prit à rêver d'un long bain brûlant, mais chassa aussitôt cette pensée, sa bourse ne lui permettait pas de tels luxes. Une fois propre, il fouilla dans son sac et en extirpa une petite bourse de cuir dont l'intérieur était divisé en quatre compartiments. De l'un d'eux il sortit quelques feuilles étranges de couleur pourpre. L'un des côtés était rugueux et son contact déplaisant, l'autre au contraire était lisse et aussi doux que la peau d'un nourrisson. Des feuilles de Snaria, une plante bien peu connue dont les propriétés étaient pourtant remarquables. C'était Jaëlle qui lui avait appris à reconnaître et à utiliser ce végétal, elle en avait fait d'ailleurs toute une histoire, lui enseignant cela comme un secret précieux autant que merveilleux. Et merveilleux, l'effet l'était véritablement, pour autant bien sûr de ne pas se laisser abuser par les apparences. Il plaça délicatement quelques feuilles sur ses entailles, côté rugueux contre la peau, puis refit ses bandages avec des bandes de lin propres du mieux qu'il put. Ceci fait, il réprima sans complaisance son envie de s'allonger immédiatement, il s'était rarement senti aussi vanné mais il avait un rituel quotidien qui ne souffrait aucune exception à accomplir. Avec des gestes qui témoignaient d'une longue pratique, il affuta soigneusement son épée au moyen d'une petite pierre d'abord, puis d'une bande de cuir, jusqu'à ce que le tranchant lui paraisse irréprochable. Il rangea ensuite les quelques affaires sorties puis alla mettre un genou en terre devant la fenêtre, contemplant un long moment en silence la lune qui se devinait entre quelques nuages.

(Ô Mère bienveillante, entends ma prière,
Toi qui veilles sur nous depuis le premier de nos pères.

Pardonne mes doutes, mes erreurs,
permets que ta sagesse infinie me rende meilleur.

Ô Sithi, je ne sais plus...je ne vois plus le chemin,
j'erre depuis si longtemps, sans but ni espoir, n'y aura-t'il jamais de fin?

Je t'implore, Toi dont l'éclat opalescent sait seul,
me redonner courage et force lorsque je rêve d'un linceul.

Illumine ma route d'un signe, Ô Guide vénérée,
indique-moi la voie du destin que tu m'as tracée!

Tu lis en mon cœur, en mon âme, de moi tu sais tout,
aide-moi, je t'en prie, aide-moi à rester debout!)


Le jeune guerrier se releva lentement, le regard toujours rivé à la lune, espérant un signe, un indice, mais une fois encore la Mère des Elfes Gris demeura muette, froide et distante lueur dont il était peut-être simplement incapable de discerner le sens. Pesamment il alla s'allonger et, pour une fois, le sommeil vint presque aussitôt.

La suite:L'auberge de l'Au-Delà


Dernière édition par Tanaëth Ithil le Dim 28 Juin 2015 17:34, édité 3 fois.

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 Sujet du message: Re: L'Auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Dim 1 Mar 2015 23:48 
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Suite de:L'Auberge de l'Au-Delà

Tanaëth se réveilla en sursaut, lançant instinctivement sa main droite en quête de la poignée de son arme. Ne trouvant que le vide, il se redressa d'un bond, le coeur battant à tout rompre. Il se détendit un peu en avisant la chambre dénuée de toute présence, et davantage en apercevant son épée à l'endroit exact où il l'avait déposée la veille, à savoir suspendue par son baudrier à l'unique chaise que recelait la pièce. Mais alors, pourquoi ce sentiment d'urgence, de danger presque? Il tendit l'oreille pour déceler un bruit suspect, mais rien d'anormal ne lui parvint. Il se secoua pour se réveiller pleinement puis enfila rapidement un pantalon et une tunique propre ainsi que ses bottes éculées avant de se diriger vers la fenêtre qu'il ouvrit en grand pour mieux observer l'extérieur. Là non plus, rien d'anormal, l'aube se levait à peine, la cité commençait lentement à bruire des activités usuelles. Un peu à la manière d'un navire qui émerge lentement d'une épaisse brume, les souvenirs d'un rêve lui revinrent, d'abord par bribes, puis de plus en plus clairement. L'Himdar se figea comme sous le coup d'une intense émotion, éprouvant à vrai dire une sensation d'étrangeté palpable. Que lui arrivait-t'il? La veille il avait entendu une voix provenant de nulle part, de quoi se demander s'il était encore à peu près sain d'esprit, et maintenant ce rêve doté d'une telle consistance qu'il lui semblait presque réel...un rêve qu'il faisait pour la deuxième fois de son existence, d'ailleurs. Il se dirigea vers le lit défait et s'y assit, prenant sa tête entre ses mains, les coudes posés sur les cuisses.

(Quel Womp me pique? Serais-je en train de perdre la raison? Des voix qui n'existent pas, des rêves aussi vrais que la réalité...je devrais peut-être aller consulter ce guérisseur, finalement. D'un autre côté, ce rêve n'est pas nouveau, c'est à cause de lui que j'ai choisi la voie des armes voilà plus de quatre-vingt ans. Mmm. Il n'empêche que tous ceux à qui j'ai parlé de ça m'ont regardé comme si j'avais abusé de quelque substance hautement psychotrope. Quand ils ne se sont pas fichus ouvertement de moi. Le coup de la voix par contre, ça c'est nouveau, et pas franchement très encourageant sur ma santé mentale...Enfin bon, il se trouverait pas mal de monde pour affirmer que je ne risque plus grand chose de ce côté là. Cela doit être cette ville...je ferais bien de ne pas m'éterniser ici, ça ne me réussit pas.)


Le Sindel se releva et récupéra son barda avant de descendre dans la salle commune, réalisant ce faisant qu'il avait à nouveau une faim de loup. Moyennant quelques pièces supplémentaires, l'aubergiste lui servit une assiette bien garnie de charcuterie, du pain ainsi que des fruits et une espèce de breuvage chaud inconnu qui se révéla outrageusement sucré, mais pas déplaisant au final. L'Elfe profita du repas pour réfléchir à sa situation actuelle qui, si elle n'avait rien de folichon, n'en était pas pour autant véritablement précaire. Il mit un moment à réaliser que ce n'étaient pas les problèmes matériels qui le tracassaient vraiment, mais tout autre chose. Et ça, pour lui, c'était fondamentalement nouveau. Des états d'âme par rapport à son passé il en avait depuis ce jour fatidique où Jaëlle était morte, mais cela ne s'appliquait pas au futur. Il comprit que pendant des années il s'était contenté de survivre sans se soucier du comment ni du pourquoi, et que pour une raison qu'il ne parvenait pas à définir, cette existence là ne lui correspondait plus. Il s'efforça de trouver ce qui avait changé en lui et pourquoi mais, son déjeuner achevé, il n'avait toujours pas de réponse à ces questions existentielles si éloignées de lui jusqu'à ce jour. Deux choses lui semblaient à peu près certaines malgré tout: il n'avait pas franchement envie de rester dans cette ville, et il était las d'errer sans but en solitaire endurci. Cette simple petite phrase assassine entendue ou imaginée la veille: "elle aurait voulu que tu vives, Tanaëth", lui faisait l'effet d'une lame chauffée à blanc plongée dans son âme. Il savait que c'était vrai, ils en avaient parlé à l'époque, la mort était un sujet qu'on n'évitait pas lorsqu'on suivait la voie des armes chez les Sindeldi. Néanmoins, entre savoir et comprendre, il y avait visiblement un fossé, et pas un petit. Pour la première fois depuis si longtemps qu'il ne se souvenait qu'avec peine du dernier, un sourire vrai, bien que teinté d'une discrète nostalgie, éclaira les traits durs de son visage.

(Après tout...qu'ai-je à perdre sinon une vie qui jusque alors ne m'importait guère? Et si...si j'essayais de suivre mon rêve? Quitte à devenir cinglé, autant que ce soit en tentant de le réaliser, non? C'est ce qu'elle m'aurait répondu. Non, c'est ce qu'elle m'a répondu. Nous savions tous deux que nos familles n'approuveraient pas notre union, et pourtant...pourtant cela ne nous a pas empêché de la vivre, au contraire peut-être. Dire à un enfant que quelque chose est impossible est la meilleure manière de s'assurer qu'il y consacrera toute son énergie, disait mon père. Et que suis-je sinon un enfant, parmi les miens?)

Un son que nul n'avait entendu depuis près de trente-cinq années retentit dans l'auberge, attirant les regards comme un pot de miel les mouches: le Sindel riait. Un rire incroyablement libérateur, l'Elfe sentit indistinctement des nœuds plus durs que le fer qui se dénouaient en lui-même avec une effarante simplicité. Il reprit son sérieux habituel au bout de quelques instants et interpella le tenancier qui passait à proximité:

"Aubergiste, une question: quelle est la grande ville la plus proche?"

"Je dirais Tulorim. Y'a bien Dehant qui est à peine moins loin, mais d'après les voyageurs ce n'est qu'un gros bourg."

"Va pour Tulorim. Dans quelle direction se trouve-t'elle?"

"Au nord-ouest, au bord de l'océan. Mais ne suis pas la côte, tu tomberais dans des marais qui ont une sale réputation. Marche plutôt pendant deux jours en direction des montagnes à l'ouest, puis vire à droite en direction de la forêt que tu apercevras, en la gardant toujours à main gauche. Après deux autres jours, tu devrais apercevoir la grande mer, et Tulorim sera légèrement sur ta gauche, à environ une journée de marche supplémentaire."

"Bien. Je te remercie. A une prochaine fois, peut-être."

Sans plus tarder, le Sindel rassembla ses maigres possessions et quitta d'un pas alerte l'accueillant estaminet.

La suite: Les rues de la cité


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 Sujet du message: Re: L'Auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Dim 8 Mar 2015 15:21 
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Alcofribas éprouva un sentiment de soulagement en apprenant qu'il ne s'agissait pas de la mère de la petite qui avait la gorge tranchée. Si ça avait été le cas, elle aurait sans doute présenté la chose d'une autre manière, beaucoup moins calme. La pauvre femme s' était probablement évanouie devant la violence de la scène qu'elle avait vue, et risquais tout au plus de se réveiller avec de beaux hématomes en fonction de comment elle s'était reçue en tombant au sol. Bref, quoi qu'il en soit, elle était probablement saine et sauve.

Les deux hommes, en revanche... Comment faire le lien entre cet événement et le reste ? Il réfléchi à toutes vitesse.
Il ne répondit rien à la gamine, se contenant hocher la tête et de poser un bras se voulant amical et protecteur sur l'épaule de la fillette. Il n'avait jamais eu le coup de main avec les enfants.

Bon. Au moins, les circonstances de leur mort ne laissait aucun doute possible : ils avaient été assassinés. Il y avait fort à parier que si l'homme n'était pas forcément le même, il avait à voir avec l’agresseur d'Alcofribas. Merde quoi, la gorge tranchée ! Si c'était bien le même type, il était redevable à Yuimen pour avoir rendu sa main moins habile quand il s'attaquait au rôdeur.
Celui-ci avait nettement moins envie de quitter l'établissement, désormais. Cette affaire prenait des proportions inattendues. Le seul avantage dans l'histoire, c'est que ça n'en faisait plus qu'une histoire personnelle : des gens étaient morts. Des gens qui se trouvaient là, il y a quelques minutes.
Peut-être que ce retournement de situation pousserais Esmé, ou le Liykor, a lui donner un coup de main pour la suite.

Aucun de ces deux hommes ne pouvaient être le « Oscar » que son agresseur recherchait en entrant dans l'Au-Delà. Le seul point commun qu'il partageait avec l'un d'entre eux, était de porter un chapeau. Et même en admettant que celui-ci soit le fameux Oscar, ou qu'on l'ai pris pour lui... Pourquoi tuer l'autre ? Parce que c'était son ami, ou un témoin ?
Et cela signifierais que l'assassin avait eu conscience, en poignardant Alcofribas, qu'il ne s'agissait pas du bon bonhomme ? Il avait pourtant l'air sûr de lui, et n'ayant pas vu son visage, rien n'aurait pu le détromper. À moins que...
Il essaya de redistribuer les cartes dans son esprits mais n'arriva qu'à des conclusions que même un enfant aurait jugé stupides. Il cessa d'essayer de comprendre la situation présente en la comparant au passé, et se décida d'analyser plutôt ce qui se trouvait là, maintenant, sous ses yeux.

Avec la ferme impression que tout était important, le vieil homme considéra tour à tour la fillette, l'oiseau mort, ainsi que toutes les personnes encore présentes dans l'auberge.
« - C'est un sacré merdier. Madame Esmé, une idée... ?»

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Dernière édition par Alcofribas le Mar 10 Mar 2015 17:53, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: L'Auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Dim 8 Mar 2015 18:04 
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(Des gorges tranchées… Il ne manquait plus que ça…)

L’histoire de la gamine n’émeut guère la sorcière, qui sait depuis assez longtemps combien la vie est dure, et la mort violente ; au moins la petite est elle hors de danger – pour l’heure tout du moins – et sa mère aux dernières nouvelles encore en vie. S’occuper d’abord des vivants, ensuite des morts : ces derniers ont l’éternité devant eux, quelques minutes de plus ou de moins avant de leur accorder de la considération ne changera pas grand-chose.

(De l’ordre, de la discipline, de l’assurance.)

« Bien sûr que j’ai une idée. Même plus d’une. Déjà, cette petite doit se poser, et être tranquille. Eh, madame ! » Esmé hèle la tenancière et lui fait signe de s’approcher, ce que la femme s’empresse de faire. « Occupez-vous de la petite voulez-vous, donner lui un petit quelque chose de sucré, une cuillère de miel si vous avez, un petit verre d’hydromel ne serait pas mal non plus. »

Puis, se tournant vers son premier interlocuteur, elle explique d’une voix décidée :

« Nous devons d’abord récupérer la mère, que nous ne pouvons décemment pas laisser évanouie dans une rue, sans compter qu’elle sera probablement folle d’inquiétude si elle se réveille et ne trouve pas sa fille. Ensuite nous aviserons, mais je serais d’avis d’avertir la milice qu’il y a deux cadavres dans les rues. Demandons à la fillette où sa mère et elle se sont dirigées, et mettons nous en route si vous le voulez bien. »

Ce que la sorcière s’abstient de signaler, car elle se sait à portée d’une ouïe fine, ce sont les soupçons qu’elle nourrit à l’égard du liykor. En effet, il est sorti après les deux hommes, puis revenu à la taverne. Certes, la ville compte certainement d’autres criminels, mais cet humanoïde lupin a eu le temps de faire la sale besogne, de suivre les deux hommes ; peut-être son empressement à aider la sorcière venait-il de là : une part de son plan pour venir à bout de… D’une bande, d’une personne, de qui au juste, la femme l’ignore, et elle s’en fiche. Ce liykor, elle l’aura à l’œil.

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 Sujet du message: Re: L'Auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Mar 10 Mar 2015 17:47 
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Ce que proposait Esmé était logique. Alcofribas ne vit pas l'utilité de rajouter quoi que ce soit. Il hocha la tête gravement.

À vrai dire, il avait davantage l'esprit concentré sur la potentielle identité du meurtrier que sur des détails plus... Pragmatiques comme le simple fait d'avertir les autorités locales. Vivre reclus n'aide pas à se familiariser avec des choses qui paraissent aller de soit pour des citadins.

Il songea à se porter volontaire pour aller chercher la mère de la fillette, puis se dit qu'il n'était peut-être guère judicieux de se séparer maintenant. Ni pour Esmé... Ni pour lui. La veille, Alcofribas n'aurait guère douter de sa capacité à se démerder seul dans une telle situation. Il l'avait toujours fait. Mais quand on venait de se faire poignarder, on était peu prompt à fanfaronner, ou à taquiner la chance. De plus, le vieux rôdeur n'était pas dans un milieu dans lequel il se sentait très à l'aise. Appréhender un animal, même blessé ou paniqué, était une chose. Gérer un assassin, ou un groupe d'assassin, au nombre et aux motifs inconnus, et ça en pleine ville ! C'en était une autre.

Ils pourraient peut-être rester tous les deux, avec le Liykor, si celui-ci était toujours d'accord pour leur donner un coup de main. L’ego d'Alcofribas souffrirais très bien d'être escorté par un gros-bras si ça lui garantissait de ne pas se faire suriner une deuxième fois.
Il se pencha vers Esmé pour lui faire part ses réflexions.

« - Nous séparer me semble pas super judicieux. On ne sait pas qui, ni combien ils sont. Y peut s'agir simplement du gars qui m'a poignardé, comme de plusieurs types : deux personnes sont mortes. J'vous propose de s'occuper de cette pauvre dame, puis d'aller prévenir la milice, dans cet ordre. »

Il baissa d'un ton, et se rapprocha encore davantage de son interlocutrice. Par hasard, son regard se posa à cette occasion sur le cadavre du volatile. Alcofribas ne pouvait s’empêcher d'y voir un mauvais présage. Cette simple pensée raffermi sa détermination à éviter tout autre incident : quittes à rendre ses idées hermétique à tout autre problème.

« - Parlons franchement. Pourrait y avoir de la castagne. En tout cas, ça m'semble sage de partir de ce principe. J'me démerde pas trop mal avec mon arbalète, même si j'ai pas eu l'occasion de le montrer tout à l'heure. Vous m'avez l'air d'être quelqu'un qui sait se débrouiller aussi même si je sais pas vraiment comment, et j'vous oblige pas à le dire ni même à démentir si c'est pas dans vos principes. Pour être absolument certain de pas s'faire avoir, on pourrait partir avec votre pote le Liykor, qui a déjà prouvé sa bonne volonté dans cette affaire, et qui m'a l'air... Vous voyez. D'avoir un physique et une gueule de nature à dissuader les coups fourrés. »

Le vieil homme n'avait cure de passer pour un pleutre. Encore une fois, quand on a échappé à la mort, on recentre ses priorités.

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 Sujet du message: Re: L'Auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Jeu 12 Mar 2015 04:01 
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L'oiseau noir mort gisait dans les mains d'Esmé le chien qui ne comprenait rien à ce qui se passait tentait en vain de recevoir des caresses de la fillette, et le chat impassible, sur le bord de la fenêtre était sur le point de s'assoupir.

La femme aubergiste répondit avec empressement à l'appel de Esmé et s'occupa de la petite comme il se doit.

Le vieil homme amnésique avait enfin terminé sa soupe. Il repoussa son couvert, se dirigea vers Esmé, et l'informa:

"Je pars avec vous, je ramènerai la mère ici ! "

A ces mots, le liykor se leva à son tour:

"Je vous accompagne, on ne sera pas trop de quatre ! "

Le troisième joueur de carte, celui dont on a plus prêté attention depuis un petit bout, est de nouveau à sa table et semble très affairé à rassembler les cartes dispersés.


Et dans un coin de l'auberge, tout près du plancher, une araignéecommençait à tisser une toile.

(((L'image du chat de GM9 a été utilisée avec sa permission)))

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 Sujet du message: Re: L'Auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Lun 16 Mar 2015 18:06 
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(De la castagne… Voilà encore une idée saugrenue. Ce à quoi nous nous exposons n’est pas la castagne, mais à avoir la gorge proprement tranchée, sans que nous nous en rendions compte… Les poivrots se castagnent, les assassins au fait de leur travail ne s’embarrassent pas de risques inutiles.)

Même si les propos du chasseur sont emprunts d’un certain bon sens, elle ne peut s’empêcher de considérer qu’une arbalète ne sera pas d’un grand secours, de nuit, dans des ruelles, sauf à vouloir qu’un carreau perdu blesse un innocent. (Mais si ça peut le rassurer…) Plus préoccupante est la bonne volonté affichée des deux autres clients de l’auberge qui se portent volontaire pour rejoindre l’expédition afin de récupérer la mère de la petite. La cible présumée, et le suspect d’assassinat, voilà que tous ceux que la sorcière considère comme étant de potentiels fauteurs de trouble s’empressent de prêter main forte.

(Ce n’est pas mettre tous ses œufs dans le même panier que de les embarquer, mais un bon moyen de les garder à l’œil. Si le premier est bien celui qui aurait dû prendre le coup de couteau, et si le second est en effet celui qui a envoyé à Phaïtos les âmes des deux autres joueurs de cartes, autant les avoir à l’œil. Et si une autre force est à l’œuvre, nous mystifiant tous depuis le début, deux paires de bras ne seront pas de trop pour prêter main forte si les choses dégénèrent… Trois, si on considère le chasseur. Pas certaine qu’il soit tout à fait aussi innocent qu’il le dit…)

« Eh bien puisqu’il en est ainsi, allons chercher la mère, et ensuite nous irons à la milice signaler ces meurtres. » décide Esmé.

S’approchant de la petite, elle dépose le cadavre de l’oiseau sur la table la plus proche et lui dit. « Veille sur lui le temps que je revienne, ne laisse pas le chat le manger. C’est très important. » Puis continuant d’une voix douce qu’elle n’adopte que pour s’adresser aux enfants qui n’ont pas eu la chance de passer une bonne journée : « Est-ce que tu pourrais me dire dans quelle rue ta maman s’est évanouie ? Nous allons la chercher, et la ramener ici très vite. »

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 Sujet du message: Re: L'Auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Dim 22 Mar 2015 20:11 
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Alcofribas était étonné de voir le type qu'il avait malmené, quelques minutes plus tôt, se porter spontanément volontaire. Il ne dit rien, mais ne fit rien non plus pour cacher son scepticisme. Il renifla même quand l'homme fut près de lui, mais assez discrètement pour que l'on puisse interpréter ce bruit comme tout à fait naturel. Il hésita un instant à faire part de ses doutes à Esmé, mais il se ravisa au dernier moment.
Il se reposait sans doute trop sur elle, alors qu'au fond, il ne la connaissait pas suffisamment.
Et Alcofribas avait comme le sentiment, qu'il n'arrivait pas à situer correctement entre intuition et paranoïa, qu'elle ne l'aimait pas beaucoup.

Quoi qu'il en pensait, il ne dit strictement rien. Ni sur Esmé, ni sur le mangeur de soupe, et c'est avec avantage de bonne volonté que le vieux rôdeur accueilli la proposition du Liykor.

Il mis la bandoulière qui retenait son arbalète sur son épaule, réajusta inutilement son chapeau, le tout pour montrer qu'il était prêt à partir. Le regard posé sur la jeune fille, il attendait, tout comme trois autres personnes, sa réponse.

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 Sujet du message: Re: L'Auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Mar 24 Mar 2015 04:00 
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L'aubergiste s'exécuta prestement en emportant un breuvage sucré à la petite. Celle-ci en prit une grosse gorgée avant de répondre à Esmé.

"Tout au bout de la rue ! On venait tout juste de tourner le coin et on s'apprêtait à longer la rivière lorsque nous aperçumes les hommes, la gorge tranchée."

La petite regarda l'oiseau immobile sur la table et fit signe de oui de la tête. Le chien s'approcha de la petite et s'assit sur ses pieds, même si elle était debout. L'araignée poursuivit sa toile d'araignée et le chat dormait du sommeil du juste, ou pas.

L'homme amnésique, sans nom et mangeur de soupe, suivit du Liykor sortirent à la suite de Esmé et Alcofribas. En sortant de l'auberge, le liykor se penche pour ramasser un mouchoir et le met discrètement dans sa poche de veste.

Dehors, il fait frais, la nuit est tombée depuis quelques temps, mais la pleine lune fournit une lumière suffisante pour s'y retrouver.




((( voici la plan de la ville. le no 10 c'est l'auberge. Ils ont pris une rue en direction ouest, puis rendu à la rivière, ils ont tourné à gauche en vue de prendre le pont, mais ils ont vu les cadavres avant et la femme s'est évanouie. Je vous laisse vous rendre au cadavre ou à la dame si tel est votre souhait. j'interviendrai lorsque vous interagirez avec la dame, les cadavres ou bien le liykor et le vieil homme au chapeau. Je vous laisse choisir l'ambiance du lieu (savoir entre autres, si il y a oui ou non d'autres gens dans les rues et décider si oui ou non des gens se trouvent près de la femme évanouie. Vous êtes libres de décider si les cadavres ont été découverts ou pas )))

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 Sujet du message: Re: L'Auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Mar 9 Juin 2015 15:59 
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Après être rentré dans Yarthiss en se jouant des gardes, Nours avait suivi les indications de ces derniers et avait franchi les quelques pâtés de maisons qui le séparaient de la taverne de l'Au-Delà. La nuit tombait peu à peu sur la cité et le peu qu'il en avait vu l'avait plutôt rebuté.
Yarthiss lui avait donné une impression de capharnaüm grouillant et crasseux. Les rues étaient pleines de mendiants, bonimenteurs, marchands de légumes rances et de bourgeois qui semblaient vouloir s'encanailler. Il n'avait jamais vraiment aimé les villes, mais là il sentait qu'il allait vraiment ne pas aimer celle-ci.
Il finit par arriver devant la porte de la fameuse auberge qui ne payait pas de mine et semblait en tout point égale aux rues de la cité : sale et grouillante. Il soupira un bon coup et commença à se demander si après tout il n'aurait pas mieux fait de rester chez lui quitte à perdre le domaine familial à terme.
Mais le temps n'était plus à la réflexion, s'il rentrait chez lui comme ça, son père mourrait probablement, sa famille ne pourrait plus assumer l'entretien du domaine et il se retrouverait sans métier après avoir quitté l'armée.

"Bon ! Après tout j'ai pas l'intention de m'éterniser dans ce bouge. Le temps de prendre une turne, d'avaler un morceau et de trouver un travail bien payé"


Il poussa la porte et rentra dans la taverne. Il fut agréablement surpris lorsqu'il constata que le lieu était plutôt propre et bien tenu. Le mobilier était simple mais bien entretenu et la clientèle n'avait pas l'air si miséreuse que ça. Il se dirigea vers le comptoir où se trouvaient le patron et une femme qui devait être son épouse.
Nours prit place sur un tabouret et posa ses deux coudes sur le comptoir. Presque aussitôt, le tavernier vint se placer en face de lui et lui dit d'une voix forte :

"Bien le bonsoir voyageur ! Qu'est-ce qu'il lui faut ?"

"Holà tavernier ! Commence donc par m'amener un bock et prépare-moi aussi de quoi me restaurer, je suis affamé !"

"Femme ! Fais-moi marcher un morceau de bidoche pour le voyageur attablé au comptoir !" cria le tavernier d'une voix plutôt autoritaire.

Après quoi il alla remplir une chope de bière et l'amena à Nours qui la saisit presque aussitôt qu'elle toucha le comptoir. Le jeune homme se retourna sur son tabouret et s'adossa un peu contre le bar pour scruter la taverne. Il ne voyait pas de marchands prospères habillés de riches étoffes et encore moins de bourgeois en voyage ayant l'air de chercher une escorte. A première vue, la taverne semblait pleine d'hommes du peuples n’ayant pas énormément de sous pour rémunérer le jeune guerrier en quête d'or et de gloire.
Il commençait à nouveau à se morfondre et à se dire que partir de chez lui sans avoir de plan précis était peut-être la pire idée qui lui soit venue à l'esprit. Alors qu'il se morfondait et ruminait depuis plusieurs minutes une voix grave et puissante venant de derrière lui le fit sursauter.

"Vous affolez pas l'voyageur, c'est juste le morceau de viande que vous avez demandé. Dépéchez-vous d'manger ça va r'froidir !"

"Pardonnez-moi, j'étais perdu dans mes pensées... Avant que vous ne retourniez à votre travail, j'aurai deux questions à vous poser."

"C'que 'jpeux faire pour vous ?"

"D'abord je suis extenué et j'aimerais une chambre pour la nuit. Mais surtout je voudrais savoir si un de vos clients n'aurait pas besoin d'une lame contre rémunération. Je cherche du travail et des Yus..."

L'aubergiste sourit en l'entendant et acquiesça. Il montra avec son pouce la femme qui s'affairait aux fûts juste derrière lui.

"Pour la chambre, Liniä va s'occupper de ça. Et pour le boulot laisse-moi un peu de temps, je vais voir si je peux te trouver quelque chose."

Après ça le tavernier s'en retourna faire son service et Nours se jeta sur sa viande comme la misère sur le pauvre monde tant son estomac criait famine...


((( Possible qu'un GM joue le tavernier pour faire le tour de la taverne et trouve un petit quelque chose pour Nours svp :-) ? )))

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 Sujet du message: Re: L'Auberge de l'Au-Delà
MessagePosté: Ven 12 Juin 2015 15:48 
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Intervention pour Nours


L’aubergiste s'approche de Nours en haussant un sourcil.

- V’savez quoi, j’ai r'pensé à c'que n'vous ai dit, et j'ai entendu dire qu’une caravane devait partir en direction de Dehant, mais que l’marchand a pas réussi à trouver assez d’mercenaires pour protéger sa cargaison, comme les routes sont moins sûres ces temps-ci, on rapporte des mouvements de sektegs et d’aut’ bestioles bizarres dans l’coin. J’serais vous, j’irais voir de c’côté, il s’appelle Admun et vous devriez l’trouver du côté des portes.


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