Vraie magie (zone 1)
Evangelina s'immobilisa et écarquilla les yeux. Alylade venait de lui répondre. Elle venait de lui dire ce qu'elle pensait, ce qu'elle voulait. Et cela surprit énormément l'Aniathy.
(Mon... M'aider ? Et... mon amie ?)Elle tourna la tête vers la jolie poupée et la regarda sans rien dire, sans même comprendre. Qui était-elle ? Pourquoi n'avait-elle pas peur d'elle ? Et pourquoi voulait-elle l'aider ?
Evangelina ne parvenait pas à mettre ses idées en ordre. Elle avait oublié ce que lui avait dit l'araignée, elle ne pensait plus qu'à ce que venait de dire Alylade. Elle était juste là, assise à côté d'elle, la regardant avec des yeux on ne peut plus sincères. Elle semblait attristée, et vraiment prête à l'aider.
L'Aniathy, pour sa part, était complètement perdue. Elle ne s'attendait pas du tout à ça. Elle ne savait plus que penser, ni que faire, et encore moins quoi dire. Elle resta là, à la regarder avec un air qui devait être assez pathétique.
Il n'y avait plus personne autour de la table. Ils s'étaient éloignés, ignorant totalement les deux Aniathys. Elle n'aurait jamais cru pouvoir être avec tant de personne sans qu'aucune n'ait envie de l'emprisonner ou de la tuer. Cependant, c'était peut être mieux ainsi, elle pourrait peut être s'échapper plus facilement si personne ne faisait attention à elle.
Par contre, Alylade semblait trouver ça plutôt révoltant, et ne manqua pas de le faire savoir. Elle se leva d'un coup et grimpa sur la table avant se remettre debout et de pointer un doigt vers une direction dans le dos d'Evanglina. Cette dernière ne se retourna pas, fixant Alylade, les yeux grand ouverts et bouche bée. Qui était cette Aniathy ?
Alylade invectiva sa cible qui devait être le tenancier et qui, d'après elle, était visiblement bien imbibé d'alcool. Elle lui reprocha de ne pas s'occuper de l'Aniathy alors qu'elle était blessée. Sa voix était dure, méchante, et sincère. Elle ne la connaissait pas, pourquoi faisait-elle ça ?
Le ferait-elle si elle savait ce qu'elle avait fait ? Si elle savait que tout Cuilnen était à sa recherche, que des innocents avaient péris de sa main ? Elle même n'en avait cure, elle ne le regrettait nullement, mais Alylade ? C'était étrange. Evangelina ne ressentait plus que de la haine et du mépris pour tout ce qui était vivant, tout ce qui lui rappelait que ce monde ne méritait pas d'exister... Mais cette jolie Aniathy était différente. Elle éveillait d'autres sentiments en elle, plus doux, plus pacifiques...
Cette dernière ne s'arrêta pas là et invectiva verbalement toute la salle, sa voix se brisant au milieu de la phrase par la tristesse. Elle venait clairement de rabaisser l'ensemble des personnes présentent dans la pièce, sans exception. Puis descendit de la table et se rassit tout prêt d'elle.
Elle posa sa main sur son épaule, glissant ses doigts dans ses cheveux. Evangelina se pétrifia. Surtout qu'Alylade lui promit que tout allait à s'arranger. Elle se sentait bien, trop bien. Elle ne pouvait pas ressentir de bonnes choses. Elle n'en avait pas le droit.
Larhe n'était plus là. Il était le seul à pouvoir la réconforter, le seul à pouvoir la rendre heureuse, la seule à pouvoir la toucher comme ça...
Evangelina sentit sa magie subitement bouillonner en elle et une pulsion violente l'envahir. Elle ferma les yeux, mais ses pensées s'effritèrent complètement. Trop de sensations, trop de contradictions, trop de choses qu'elle croyait impossible... Sa violence et sa magie s'étouffèrent et elle tomba en larmes, ne pouvant s'en empêcher. Elle posa sa tête sur l'épaule d'Alylade et se serra contre elle, les yeux pleins de larmes, l'esprit complètement saturé...
Tentation
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Les dieux ne sont qu'enfants, inconscients et inaptes. Ils souffriront comme j'ai souffert, perdront à jamais leur pouvoir et erreront, comme jamais personne n'avait encore erré. Ils pleureront, remplissant les mers, et saigneront, car tel est le sort que je leur réserve, car enfin ils vivront ce qu'ils ont fait vivre...
Merci à Itsvara
« Les hommes ne sont pas nés du caprice ou de la volonté des dieux, au contraire, les
dieux doivent leur existence à la croyance des hommes. Que cette foi s'éteigne et les dieux meurent. » Jean Ray