L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: La Forêt de la Vallée
MessagePosté: Lun 27 Juin 2016 01:23 
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Kay finit par ouvrir les yeux, elle me fixe d'un air un peu lointain, toujours concentrée sur ses perceptions comme je le lui ai conseillé, sans doute. J'ai un bref instant d'hésitation à ce moment, me demandant quelle technique lui enseigner et, surtout, comment la lui apprendre sans risquer de la blesser. Je finis par opter pour la "Main du Géant", une technique somme toute relativement basique ne nécessitant pas une connaissance approfondie de l'escrime. Seulement, je ne peux pas lui montrer cette attaque directement, une simple pichenette avec un bâton renforcée par mon Ki lui exploserait la main, il me faut donc tenter de la lui expliquer sans démonstration. Encore que...je coupe une petite branche droite et souple sur un buisson proche, de la longueur d'une épée, puis j'invite Kay à se mettre en posture défensive avant de lui expliquer:

"Je vais te montrer une attaque simple servant à désarmer ton adversaire en frappant sa main, mais sans utiliser mon Ki car tes doigts ne s'en remettraient pas."

La brindille que je tiens est trop légère, trop fine pour lui infliger la moindre blessure, mais le choc suffira cependant à ma démonstration, pour autant que mon coup soit bien exécuté. Et il l'est, la fine baguette prolonge mon corps qui se détend soudain comme un fouet, souple et puissant, et claque pile sur les doigts de la jeune femme. Je n'ai mis dans ce coup que la force suffisante pour qu'elle lâche son arme, simple petite tape sans conséquence, mais elle sentira quand même ses doigts picoter pendant quelques secondes. Je me force à ne pas lui montrer que le simple fait de lui faire mal, même légèrement, me peine, un aspect auquel je n'avais pas songé jusqu'à présent. Il va falloir que je m'endurcisse, si je veux lui enseigner l'art du combat...parce que même en évitant toute brutalité inutile, il est inévitable que je lui inflige quelques jolis bleus de temps à autre, ce qui n'est pas pour m'enchanter. Je me compose donc un masque d'impassibilité que j'espère convainquant, puis je reprends la parole:

"Comme tu peux le voir, c'est une technique simple et efficace même sans Ki, mais ce dernier en fait une attaque susceptible de briser comme du verre la main de ton adversaire. Je te l'ai expliqué hier soir, ton coup doit partir de ton pied d'appui, tout ton corps doit y participer. Cette méthode nécessite que tu utilises ton corps et ton arme à la manière d'un fouet, l'attaque doit être vive et sèche, ton arme est l’extrémité du fouet et doit claquer sur la main visée. C'est une attaque brutale et rapide, ce qui est assez difficile à conjuguer en général."

Je lui remontre le mouvement au ralenti, sans la viser cette fois, puis poursuis:

"Ton Ki doit renforcer cet effet de fouet, il faut donc que tu le visualises en toi, puis que tu lui donnes la forme adéquate, et enfin que tu le diriges pour qu'il produise une frappe explosive au moment de l'impact. Personnellement je le visualise comme des rivières d'argent parcourant mes muscles et mes veines, je les canalise jusqu'à la plante de mes pieds puis je les fait remonter dans mon corps comme des torrents dévalant une montagne jusqu'à la pointe de mon arme, où je le condense en un ras de marée ravageur au moment du choc."

Une pause tandis que je réfléchis à la manière précise dont j'exécute cette attaque, un geste devenu si instinctif et naturel qu'il m'est difficile de l'expliquer sans omettre des points pouvant s'avérer importants. Pas si facile de transmettre son savoir...

"Tâche pour commencer de déterminer quels muscles en particulier tu utilises pour faire cette attaque, comprends leur mouvement, l'effort auquel ils sont soumis. Ce sont eux que ton Ki doit parcourir, il faut que ton intention soit précise, que tu le sentes, lui donnes forme et le diriges dans un but extrêmement bien défini. Sans quoi ton énergie se dispersera en toi sans effet notable. En résumé: puissance, rapidité et sécheresse, ton corps et ton Ki doivent agir de concert comme un fouet pour ce coup, qui doit dans tous les cas prendre naissance dans ton pied d'appui."

Je lui souris calmement et termine ma tentative d'explication en ajoutant:

"Maintenant, essaye. Quand tu auras réussi une fois, recommence, encore et encore. Il faut que tu t'appropries cette technique jusqu'à pouvoir la reproduire systématiquement, et non une fois de temps à autre un peu par hasard. Je vais préparer mes affaires et de quoi manger, n'hésite pas à poser des questions s'il y a quelque chose que tu ne comprends pas. Ensuite nous nous mettrons en route, je veux que l'on tombe sur cette armée de jour. Les Shaakts sont des créatures nocturnes, ils seront certainement au repos jusqu'au crépuscule, autant en profiter."

_________________

Ce n'est pas le pouvoir qui corrompt, mais la peur.
(Aung San Suu Kyi)


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 Sujet du message: Re: La Forêt de la Vallée
MessagePosté: Lun 27 Juin 2016 05:58 
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La semi-elfe était très concentrée. Elle faisait attention à tout, essayait de penser à tout. Tanaëth, de son côté, avait coupé une branche d'arbre, assez fine, pour simuler une épée et demanda ensuite à Kay de se mettre en position défensive. La jeune femme ne se le fit pas dire deux fois et tâcha de montrer que l'entrainement d'hier n'avait pas été vain : elle plia légèrement les jambes, les pieds en équerre et le corps entier de profil envers l'elfe gris. Elle crut s'attendre à tout, mais, évidemment, Tanaëth n'eut aucun mal à franchir sa défense et la branche claqua sur les jointures de ses doigts.

(Aie !)

Par réflexe, Kay ramena sa main sur sa poitrine et la frotta doucement avec son autre main. La douleur avait déjà disparue et, d'ailleurs, elle n'avait pas été plus terrible qu'une piqure de moustique. C'était plus de surprise que Kay avait réagit. Suffisamment, en revanche, pour que toute sa belle concentration volât en éclat. Elle s'en voulut, mais autant tirer parti de la situation. Tout en bougeant machinalement les doigts de sa main éraflée, elle écouta avec attention le maître d'arme et observa davantage chacun de ses mouvements quand il lui remontra l'attaque, au ralenti cette fois-ci. La technique semblait basique tout en étant redoutable. Un furtif sourire traversa le visage de la semi-elfe.

(J'aime.)

Tanaëth continua ses explications, mais de façon plus obscure, plus absconse... Kay n'avait déjà plus l'esprit à cela. Pour le Ki, elle verrait plus tard. Il lui apparaissait impératif de d'abord maîtriser le mouvement. Ensuite seulement pourrait-elle approfondir cette histoire de force spirituelle. Presque avec impatience, elle attendit le départ du maître d'arme - qui s'en alla s'occuper de ses affaires. Elle ramassa le bout de bois avec lequel il avait fait sa démonstration. Se remit en position, comme il lui avait appris, ses yeux fixés sur un point au lointain, censément à la hauteur des yeux d'une personne. Elle prit une profonde respiration et très lentement, refit l'attaque. Une seconde. Puis elle reprit sa position initiale et recommença, avec la même lenteur. Deux fois, trois, quatre. Ses yeux noirs ne quittaient pas le point qu'elle s'était posé. Elle essayait de ressentir le moindre de ses muscles qui entraient en action. Tout partait de son point d'appui, puis c'était au tour de son buste de se projeter vers l'avant et enfin, sa main partait et l'arme n'en était que le prolongement. Claquait sans s'appesantir. Tout était une question d'élan et d'énergie qui se transmettait à travers le corps entier, elle l'avait compris la veille.
Elle s'accorda une pause de quelques secondes, les bras pendants le long de ses jambes détendues. Une inspiration et elle se remit en garde. Cette fois-ci, elle répéta le mouvement avec plus de vitesse, sans se départir de sa concentration. Sentir chaque muscle qui travaillait, du pied jusqu'au poignet. Elle refit la chose une nouvelle fois, encore plus vite. Puis encore plus vite. Elle devait atteindre la vitesse de Tanaëth. Inlassablement, elle refit ce mouvement, toujours plus vite, toujours avec la même concentration. Jusqu'à ce que son poignet lui fît mal et le tendon de sa cheville lui fût douloureux. Alors elle estima qu'elle avait à peu près assimilé la technique.

Kay se laissa tomber sur le sol et se mit en tailleur. Elle ferma les yeux et se concentra sur sa respiration. Maintenant, cette histoire de Ki. Elle tâcha de retrouver les mêmes sensations qu'auparavant. Une force qui coulait dans chacune de ses veines, de ses artères. Elle essaya de se la visualiser. Quand, enfin, elle crût avoir retrouvé l'état d'esprit dans lequel elle se trouvait avant la démonstration de Tanaëth, elle se remit tranquillement sur ses pieds, se prépara et lança son attaque. Elle fut rapide, précise et le bois claqua dans le vent. Mais... Il n'y avait aucune différence avec précédemment, en réalité. Kay laissa s'échapper un discret soupir.

(Je dois me tromper quelque part.)

Mais où ? Elle tenta de se souvenir des paroles de Tanaëth, de ses impressions à lui, qu'il lui avait livrées pour la mettre sur la voie. Le Ki ne faisait pas tout. Il se superposait juste aux mouvements pour en accentuer la puissance. Il se traçait son chemin, de la base de ses pieds aux ongles de ses doigts, en passant par son buste. Ce chemin, c'était le même chemin que l'énergie qu'elle dispensait pour mettre son corps en action. Mais c'était une énergie encore plus profonde qu'elle devait aller chercher.

Elle ferma à nouveau les yeux. Vida son esprit. Plus de pensées parasites, plus d'anxiété, plus d'attentes. Juste son corps qui respirait. Inspiration, expiration. Elle sentit la puissance qui pulsait de chacune de ses cellules, prête à exploser. Non, justement. Membre après membre, elle canalisa cette puissance, comme ramassant des minéraux épars, petits, mais nombreux pour les fondre dans une seule rivière de métal qu'elle fit descendre dans son pied droit, son point d'appui, là d'où provenait le mouvement dans son intégralité. La rivière était là, elle bouillonnait, elle attendait. Sans ouvrir les yeux, Kay se projeta en avant, la rivière se précipita dans son bras selon le chemin que la semi-elfe avait défini et explosa dans sa main au moment où celle-ci claquait dans l'air frais du matin.
Kay rouvrit les yeux, la bouche légèrement entr'ouverte, la respiration un poil plus rapide. Avait-elle réussi ? Elle ne saurait le dire. Un bruit la fit sursauter. Elle se retourna vivement pour découvrir Tanaëth. Sans doute était-il revenu pour répondre à ses questions ou l'avertir de l'imminent départ. Kay se passa la main sur les yeux. La sueur perlait à son front. Elle l'essuya d'un preste coup de manche.

"Je crois..." elle s'interrompit pour déglutir. "Je suis prête, j'arrive."

_________________
Kay de Kallah, Maître d'Armes et demie-Sindel

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 Sujet du message: Re: La Forêt de la Vallée
MessagePosté: Mer 27 Juil 2016 01:45 
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Localisation: Alentours de Khonfas
Après plusieurs heures de marche dans ce nouveau tunnel, je parviens enfin à rejoindre la lumière du soleil. J’en ai les larmes aux yeux, un poids considérable enlevé de mes épaules. Je n’avais pas conscience d’être à ce point oppressé par les tunnels.

Je m’engage alors dans la forêt, partant vers le nord. Ces longues heures de traversées de la montagne m’auront permis de réfléchir longuement à ce que je pouvais faire par la suite. La Dague, s’il s’agit bien d’elle, appartient à Rana, et j’ai lu dans mes livres que je pourrais trouver son temple principal à Oranan, une cité humaine sur un autre continent. Cela me semble être la meilleure destination, cependant la perspective de me rendre si loin m’effraye un peu. J’ai cependant décidé de me rendre à Exech où je vais chercher un navire pour m’y emmener. J’espère pouvoir me payer une partie de la traversée avec l’argent récupéré chez les contrebandiers, autrement je tenterai de vendre mes services. C’est une notion à laquelle j’ai encore du mal à m’habituer, mais elle me paraît si naturelle et me fait tant de bien…

C’est donc pendant plusieurs jours que je progresse jusqu’à voir les radieuses montagnes d’Hidirain décliner petit à petit, leurs racines s’enfonçant dans la terre plate de la plaine menant à la cité d’Exech. J’ai entendu dire qu’elle n’était pas une cité reluisante ni agréable et je crains la différence par rapport à Hidirain et au Rock Amrath qui m’ont au contraire paru être un havre de paix. Pourtant, malgré ma crainte, j’ai envie de voyager et de voir du pays. De découvrir des choses et de vivre pour nous, comme ce que m’a demandé ma belle Chilali quelques secondes avant que cette herse ne se referme entre nous, me coupant à jamais d’elle.

_________________
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Je pleure, parce que leur mort est mon fait.
Je pleure. Parce qu’elle était la vie, parce qu’elle était la fougue et la fureur d’aimer.


Thème de Sha'ale


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 Sujet du message: Re: La Forêt de la Vallée
MessagePosté: Mar 20 Déc 2016 16:42 
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Localisation: Hidirain
Hier, ils n'étaient que deux. Voilà qu'ils sont tout un groupe d'hommes. D'ici, je ne peux pas dire de quel ethnie ils sont. Peu importe. Armés et équipés de la sorte, je n'ai aucun doute sur leurs intentions hostiles et mon devoir est de protéger cette forêt de toute intrusion belliqueuse.

Je les traques, passant de cime en cime aussi silencieusement et aisément qu'un écureuil en me remémorant, comme à chaque intrusion, les leçons de mon tuteur. Les Shaakt sont à tués à vue et si certains laissent le bénéfice du doute aux hommes jusqu'à ce qu'ils trouvent la cascade, ce n'est pas mon cas.

Mis à part les quelques races qui peuplent nos forêts tel que les Hinions, les Thorkins et les Oudios, aucune autre ne m'a prouvé être digne de confiance.

Ceux-là ne font pas exceptions. Hidirain est une cité aux multiples richesses et sa recherche par de minables pilleurs est régulière mais grâce à nous, les gardiens, aucun intrus n'en foulera le sol sacré.

Ils s'approchent encore, ils sont sur la bonne voie. Je dois agir.

Je me laisse tomber jusqu'à une branche plus basse, provoquant le bruit suffisant pour les interrompre dans leur marche.

Les regards se lèvent, tournent, cherchent. Affolés, intimidés ou simplement curieux.

Pour eux dans la pénombre de fin de journée, au milieu des feuilles, je suis invisible.

Cinq adversaires. Ce ne sera pas facile mais je n'ai pas le temps de chercher de l'aide et je ne dois pas le faire. Je peux me débrouiller seul. Je connais les lieux et j'ai l'avantage de la surprise.

Je reste immobile, la peau verte fondue dans les feuillages, fixant sans ciller les intrus qui rapidement concluent qu'il devait s'agir d'un simple animal avant de continuer leur route.

Je poursuis ma traque. De branches en branches, d'arbres en arbres. J'attends le moment propice et je le vois approcher.

Je saisi mon arme, une simple branche taillé en pointe à son bout. Prends un dernier appui sur une branche et bondi, survolant la courte distance qui me sépare du groupe.

Le pieu traverse son plastron en cuir, sa chair et l'autre côté de son équipement avant de s'enfoncer dans l'humus humide de la forêt, clouant ma victime au sol, le transformant en tapis humain qui amortit ma chute et me permet de charger un autre des intrus. Le choc est brutal, celui-là ne portait pas de tenue de cuir. Je sens mon épaule briser quelques cotes, sa respiration se couper. Mon élan est si fort que je parviens à le pousser bien plus facilement que je l'imaginai. Au point de le soulever de quelques centimètres pour qu'il retombe dans les hameçons douloureux des papillons de sang au bord du sentier. L'occupant pour un moment.

Plus que trois. Me revoilà parmi la flore dense tandis que les trois intrus restant sont maintenant dos à dos, arme au poing. Je peux maintenant mieux les détaillés. Grand et de carrure musclé, les cheveux châtains foncés et des yeux d'un bleus intense, troublés par la peur.

Je profite des cris de douleur pour me procurer une autre branche sans être repéré.

"Nous ne sommes pas hostiles !"

Crie l'un d'eux.

Mensonge pensais-je, qu'est ce qui pourrait attirer des hommes ici si ce n'est pour piller ce que l'on protège.

Je me faufile à travers les buissons, provoquant des bruissements qui les font sursauter.

"Sortez de là et discutons."

J'inspire, contenant ma colère. Je dois rester concentrer. Je bondis dans leur dos, profitant d'un bruit qui les a distraits de l'autre côté. Un animal ou un simple coup de vent, la nature est de mon côté. J'écrase mon arme contre la tempe de l'un. Fracassant probablement son crâne, l'envoyant au sol avant qu'il n'est le temps de réaliser ce qui lui arrive. Nous voilà à deux contre un. Je peux le faire.

Les autres se retournent. Impossible pour moi de retourner me cacher, je dois faire face. Le plus grand des deux n'attends pas et enchaine les violents coups d'épée pour me toucher. J'esquive, je recule, j'esquive. Si je parais avec mon bâton, il se ferait trancher.

L'autre pour l'instant ne bouge pas, figé, hésitant. Je n'ai pas le temps de détailler suffisamment son expression pour comprendre ce qu'il attend. J'aperçois la lame en face de mes yeux. Je me baisse, dos à un tronc, je ne peux plus reculer. L'arme frappe l'arbre, projetant des morceaux d'écorces.

Je prends appui sur le tronc, profitant de l'occasion pour me projeter contre mon adversaire. Coude en avant, je le fais basculer. Tombant avec lui, je fais une roulade avant de me redresser. Immédiatement je me replace, en garde, bâton en avant, face au deuxième homme.

Mais celui-ci n'a toujours pas bougé, arme en arrière l'autre main tendu, me faisant signe de ne pas être violent.

J'ai un instant d'hésitation, suffisant pour lui permettre de me parler.

"Arrêtez ! Nous ne cherchons pas à nous battre."

Je fronce les sourcils. Ramenant mon arme vers moi en posture défensive en voyant l'autre se relever, l'air hostile.

Mais alors que je m'attendais à ce qu'il revienne à l'attaque, l'autre lui fait signe de se calmer, me poussant d'avantage au doute.

"Nous sommes juste là pour trouver des plantes à revendre aux plus offrants."

Je ressers ma prise sur mon bâton, les sourcils froncés, le nez et les yeux plissés, les lèvres retroussées pour montrer mes dents.

"Nous ne cherchons pas votre cité."

"Vous n'avez rien à faire ici. Partez !"

Ma voix est grave, mon ton dur, clair et sans équivoque. C'est un ordre que je donne et il n'y aura pas de concession.

"Laissez-nous deux jours. S'il vous plait."

Il m'implore. Pourquoi veut-il tant ces plantes ? Simplement pour l'argent ? Ils sont à ce point vénal ? Ils me dégoutent. J'hausse le ton.

"Partez !"

J'avance un pied, abaisse légèrement mon bâton, prenant une position offensive, menaçante.

Mon interlocuteur semble navré pendant une courte seconde avant de me fixer d'un air déterminé.

Je le perçois alors, au même instant où mon cœur bondit dans ma poitrine, son regard qui fixe un point derrière moi, son léger hochement de tête à peine perceptible. J'ai fait une grave erreur. L'erreur d'hésiter, l'erreur d'écouter et surtout l'erreur de me précipiter. Si j'avais patienté, si j'avais mieux observé je me serais rendu compte qu'ils étaient six.

Je suis un idiot. C'est la phrase qui résonne dans mon crâne encore et encore alors que, à moitié tourné, je vois le sixième intrus me foncer dessus, grognant dans l'effort. Déjà trop proche pour que je puisse faire quoi que ce soit. Sa lame est déjà brandit, prête à frapper. Je regarde le fond de ses yeux. Scrutant sa haine et sa réjouissance de venger les siens.

Résigné. Je me prépare à sentir l'acier froid tailler ma peau nue. Sentir mon sang chaud jaillir hors de moi pour se répandre sur le sol où j'ai vécu, nourrissant les racines des arbres sur lesquelles j'ai veillé toute ma vie. Je relâche mes épaules, abaisse mon arme. Attends le coup qui m'envoi rejoindre la nature.

Mais il ne m'atteind pas, pas plus que celui qui devait me l'assener. Je suis aussi surpris qu'il doit l'être, j'observe le javelot pénétrer sa poitrine avec tant de violence qu'il est projeté sur le côté, réduisant le coup qui devait me tuer à une simple estafilade sur l'épaule.

Je suis vivant. Je dois le rester. La surprise des autres intrus me laisse le temps de me remettre en place. Jambes légèrement écartés, épaules et bâton levés pour recevoir celui qui se jette déjà sur moi. Celui qui m'a fait hésiter, celui qui m'a trompé, celui qui m'a presque tué.

Il m'attaque, haineux, tandis que j'aperçois une ombre s'élancer vers le deuxième homme. Deux contre deux.

J'esquive le premier coup de lance, me courbant vers l'arrière tout en déviant un deuxième coup. Je pivote, lui aussi. Nos armes s'entrechoquent. Il est rapide, difficile de trouver une ouverture dans son avalanche de coups. Je dois attendre le bon moment. Plus d'impatience.

Nos armes tourbillonnent, donnant un étrange sifflement qui accompagne nos mouvements, rythmé par le bruit mat du bois qui se rencontre.

Je lève mon bâton à deux mains, bloquant un coup que mon adversaire voulait m'assener à la tête. Nos ventre tous deux sans protection, je réagis avant lui, levant ma jambe pour lui envoyer lourdement mon pied nu dans l'abdomen.

Il recule en poussant un soufflement lourd pour atténuer le choc que subit sa respiration.

L'instant de répit me permet d'observer le duel que se livre le deuxième intrus et l'ombre qui lui a sauté dessus. Épée contre hache courte, les deux combattants sont sensiblement de même carrure et les coups qui s'écrasent contre les troncs autour desquelles les combattants serpentent sont tellement violents que les plus hautes branches en tremblent, faisant chuter une pluie de feuilles sur la zone d'affrontement.

Mon combat reprend. Encore une fois, j'ai été stupide, préférant regarder ce qu'il se passait à côté de moi plutôt que d'achever mon adversaire. Celui-ci a eu le temps de se relever et reprendre son souffle, maintenant il me charge. Une charge haineuse, déséquilibrée, ouverte et surtout irréfléchie.

Je réagis en un éclair, abaissant mon bâton et le dirigeant vers mon aisselle droite, le saisissant ensuite à deux mains pour le pousser vers l'avant, maintenu par mon biceps, percutant violemment mon agresseur, l'arrêtant nette dans sa course.

Son visage se fige dans la stupeur et la douleur, mon bâton entre les cotes, j'ai senti quelque chose casser, ce n'est ni mon bout de bois ni mon bras. Complètement sonné par le coup, il est à ma merci.

Je pivote, tourne sur moi-même, donnant de l'élan à mon attaque et frappant de toutes mes forces le visage de l'humain. Le bâton s'écrase contre sa mâchoire, cette fois le craquement de l'arme se lie avec celui de l'os.

Il tombe lourdement à terre, mort. C'est certain.

Je jette un coup d'œil circulaire, apercevant le tapis humain cloué au sol, un peu plus loin, l'homme qui voulait m'attaquer par derrière, allongé sur le flanc, transpercé par un javelot rustique. L'intrus dans les papillons de sang s'était tellement agité qu'il s'était d'avantage empêtré dans les hameçons et il avait perdu autant de sang que d'énergie, il ne s'en sortirait pas. Je regarde un instant ses yeux implorants alors que les feuillages s'étaient trouvé un chemin pour s'enrouler autour de sa gorge, l'empêchant de crier.

Je détourne le regard pour observer le dernier humain en vie. Il remarque qu'il est seul, qu'il n'a aucune chance et c'est probablement grâce à un instinct de survie et un coup de chance qu'il parvient à repousser son adversaire d'un coup de pied, l'envoyant rouler dans les feuillages.

Il me regarde d'un œil noir. Je n'ai plus d'armes, est-ce qu'il va me charger ?

Non. Non il fait volteface et s'élance dans les bois. Il prend la fuite.

Je dirige mon regard vers l'ombre à terre. Celui-ci se redresse.

La peau d'un vert clair, les cheveux blonds noués en deux tresses qui tombent sur ses épaules, le regard sévère. Mon tuteur m'observe et s'adresse un moi d'un ton dur, sec. Pareil à sa morphologie de combattant.

"Qu’attends-tu ? Rattrapes le !"

J'incline la tête avant de me lancer à sa poursuite.



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Dernière édition par Adar Ronce-Poing le Ven 10 Mar 2017 16:53, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: La Forêt de la Vallée
MessagePosté: Mer 21 Déc 2016 16:40 
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Les arbres défilent. Devant moi, à une certaine distance, j'aperçois la chevelure de ma proie qui s'agite. Il n'est pas à l'aise dans la course en forêt, cela se voit. Il se fouette aux branchages, trébuche sur les racines, s'égratigne aux ronces, écarte les feuillages à grand mouvements de bras.
Je gagne du terrain sur lui, c'est indéniable. Son avance il l'a doit à mon hésitation.

Moi, je connais la forêt, je sais comment la dompter. Je bondis sur les racines, glisse sous les branches basses, emprunte les passages dénués d'épines.

De plus, la nuit tombe et l'obscurité nous emboîte le pas. Ce n'est pas un problème pour moi, mes yeux me permettront de voir en plein jour mais pour lui ce sera extrêmement handicapant.

Je ne suis qu'à quelques mètres, j'entends sa respiration rauque et paniqué.

Je m’entends grogner alors que j'accélère le pas pour conquérir le peu de distance entre nous.

Il porte la main à la garde de son arme. Il va tenter quelque chose avant la nuit et avant que je le rattrape. La dernière chance pour lui. Il tire son arme, pivote pour se mettre de côté, dérapant dans les feuilles mortes avant d'avoir une position stable, face à moi, prêt à me cueillir du tranchant de sa lame. Je me jette au sol, pied en avant, évitant son coup. Je glisse sur le sol humide, lui fauchant les jambes avec violence. Il s'envole malgré son poids, lâche son arme et retombe avec fracas.

Je me freine en mettant mon coude au sol, me permettant de me redresser.

Malgré le choc, l'humain est déjà sur ses genoux.

Nous nous relevons simultanément, fonçant l'un sur l'autre.

Il a probablement l'avantage de la force mais j'ai celui de la vitesse. Son premier coup passe à côté de mon visage, je passe derrière lui et tente le même coup en plein visage qu'il parvient à bloquer. Son poing libre s'élance vers moi. Je le bloque de justesse touchant le bout de mon nez avec le dos de ma main.

Je dois redoubler d'efforts pour maintenir son poing. Nos regards se croisent, emplis de rage et de soif de sang. Je montre les dents dans une grimace hostile tandis qu'il crie sa rage en poussant avec son poing. Je ne pourrais pas tenir longtemps, il a clairement plus de force.

Je lâche prise et m'accroupit autant que je le peux avec mon autre membre prisonnier, laissant le poing passer au-dessus de moi. Je prends appui sur le sol et me projette, bondissant et brandissant le poing qui vient percuter son menton. Une gerbe de sang gicle d'entre ses dents. Il lâche ma main. Je me jette en avant, lui portant un autre coup aidé de tous le poids de mon corps. Il s'écrase contre sa mâchoire, mais j'ai également la mauvaise surprise d'en recevoir l'équivalent.

Je sens un goût de fer remplir ma bouche.

Nous titubons. Malgré les coups il est toujours debout prêt à en découdre.

Moi, je suis essoufflé, à bout de force. Je veux en finir. Je vais pouvoir user de mon autre avantage. Il fait nuit à présent et je vois dans son regard qu'il a du mal à me repérer dans l'obscurité. Je fais quelques pas de côté, remarquant qu'il n'arrive pas à me suivre, je m'apprête à foncer.

Soudain, une torche tombe à mon pied, suivi d'une autre et d'une troisième, m'enveloppant dans une lumière rouge vacillante, me révélant aux yeux de tous.

Autour de moi, je vois des lumières sortir des fourrés tandis que des flèches sont pointées vers moi. Je suis encerclé.

Un homme portant une torche dans une main et une épée tirée dans l'autre avance d'un pas. Il entre dans le cercle en déclarant.

"Ca suffit maintenant, rendez-vous. Ou nous trancherons la gorge de votre semblable."

A l'autre bout du cercle, deux hommes s’écartent pour me révéler mon tuteur, à genoux, déjà roués de coups. Un autre humain se tient derrière lui en apposant sa lame contre sa gorge.

Je fronce les sourcils d'avantage. Dirigeant mon regard haineux vers l'homme dans le cercle. Je baisse les bras, relâche mes épaules. Le faisant réagir.

"Ah...bien. Maintenant vous allez nous mener aux portes secrètes. Nous aimerions visiter Hidirain."

Les hommes ricanent tandis que lui se contente d'un simple sourire malfaisant. Frottant sa barbichette grise de la pointe de sa lame.

Ils étaient plus qu'un groupe. Il y avait surement tout un campement quelque part dans la forêt.

Je n'ai même pas le temps d'y réfléchir, le probable chef de bande fait un signe de la tête. La lame entaille le cou de mon tuteur à l'autre bout du cercle. Il ne grogne pas, ne gémit pas. Je ne décèle même pas la moindre grimace ou clignement d'œil. Il reste stoïque, de marbre, me fixant de son air sévère.

Il est clair qu'il préfère mourir plutôt que d'indiquer le chemin et à ma place il n'hésiterait pas. Je suis du même avis, pourtant je ne peux pas m'y résoudre.

C'est de ma faute si nous sommes dans cet embarras. Je me suis cru à la hauteur, que j'étais prêt à devenir un adulte et prendre mon propre nom.

Ronce-poing, ce nom appartient à mon tuteur, ce n'est pas le mien, il ne me correspond pas. S’il meurt par ma faute je serai incapable de me le pardonner, si je montre la voie à ses maudits humains, je serai indigne d'être un gardien de la forêt.

Leur chef lève la main.

"Attendez !"

Je ne veux pas qu'il meurt par ma faute, l'idée m'est insupportable. J'expire par le nez avant de déclarer, résigné.

"Je vais vous montrer le chemin."

J'entends un grognement sourd venant de mon tuteur mais je l'ignore, gardant mon regard haineux darder vers l'humain dans le cercle.

Celui-ci affiche un sourire victorieux et range son épée à sa ceinture.

"Parfait. En route alors. Emmenez les, tous les deux."

Les sbires s'exécutent, relèvent mon tuteur et me saisissent par les épaules.

"Passez devant mon ami. Nous vous suivons."

Poussé par les hommes qui me maintiennent, je m'avance dans la forêt à la lueur des torches.



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 Sujet du message: Re: La Forêt de la Vallée
MessagePosté: Mar 27 Déc 2016 15:37 
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La nuit, la forêt se plonge généralement dans un silence reposant. La nature dort. Même le vent se calme pour ne plus secouer les feuilles et déranger les êtres qui peuplent les bois.

Au milieu des arbres, se traçant un chemin entre les troncs et les fougères, des flammes vives s'avancent. Des flammes portées par des hommes, souillant l'humus de leurs bottes crottés. Ils me suivent comme un âne derrière une carotte.

Méfiants certes, mais forcés de me faire confiance car aucun d'eux ne peut se repérer dans ce labyrinthe. Même à l'aide des lumières vertes qui ondulent dans le ciel, rendant presque ma vision nocturne inutile.

La première fois qu'elles sont apparus, je me souviens avoir paniqué, j'ai bien cru que quelque chose se passait au-dessus de nous, que quelqu'un voulait se débarrasser de nous à l'aide d'une façon qui m'était inconnu. Comment j'aurais lutté contre une chose que je ne connaissais pas. J'avais parcouru la forêt à toute vitesse, à la recherche de la source de cette lumière.

Je n'étais pas le seul à être agité, d'autres Taurions avaient réagi. Les animaux étaient sortis de leurs tanières, les oiseaux piaillaient, les loups hurlaient à l'attention des serpents de couleurs qui glissaient, menaçants, aux dessus d'eux, ne faisant qu'accentuer mes craintes.

Jusqu'à ce que le jour revienne, je n'avais cesser de voltiger dans tous les sens pour trouver un moyen de les faire cesser pour finalement les voir disparaitre d'elles même et revenir la nuit suivante et la nuit d'après. Jusqu'à ce que ça devienne une habitude pour tous les habitants de la forêt.

Même moi j'étais parvenu à les observer sans ressentir une inquiétude grandir au cœur de ma poitrine sans pour autant en être complétement rassuré.

Mais ce n'est pas parce que les humains peuvent voir grâce aux ondulations vertes qu'ils savent regarder.

Depuis le départ, Je sens sur moi le regard pesant de mon tuteur s'alléger au fur et à mesure que nous avançons. Avait-il compris pourquoi j'avais agi ainsi ? Je l'espère.

Au sol, des dizaines et des dizaines de traces de pas. Des animaux, petits et grands, empruntent ce petit passage creusé entre les ronces et les orties et pour cause, une source d'eau se trouve à son bout.

L'endroit est parfait et c'est sans doute pour ça qu'elles sont installées ici. Je m'acharne à contrôler les battements de mon cœur. Nous y sommes.

Je perçois un mouvement au sol, léger, lent, glissant entre les feuilles. Une bouffée de panique mêlée d'impatience me remonte de l'estomac. Je dois rester concentré. Patience, patience, patience. Maintenant !

Je bouscule de l'épaule un de mes surveillants. Surpris, il tombe sur le sol en jurant. Les autres se crispent, s'élancent vers moi pour me retenir.

Mais je me baisse immédiatement, évitant un fouet qui siffle dans l'air, fauchant tous ceux qui me couraient dessus. L'homme que j'ai poussé à terre me jette un regard saisi d'effroi et tend la main vers moi en hurlant de terreur alors qu'il est trainé sur le sol de la forêt. Je dois courir.

Je me relève et m'enfuis pour me mettre à l'abri. Une liane frôle le sol pour me faucher les pieds. Je bondis et m'arrête nette dans ma course en retombant car une autre frappe le sol avec violence, un pas de plus et je me serais fait enfoncé dans la terre.

J'observe le végétal gluant qui a manqué de m'écraser avant de reprendre ma course, me permettant un regard derrière moi pour m'assurer que mon tuteur s'en sort.

Je vois qu'il a réussi à se débarrasser de ceux qui le maintenaient et qu'il tient debout.

Légèrement rassuré. Je me dirige vers un arbre pour me réfugier en hauteur. Un humain me barre la route mais il décolle soudain du sol, saisi à la taille, et s'y écrase la seconde d'après en se brisant comme une brindille avant d'être emporté dans les bois.

Je saute pour atteindre les premières branches, je m'y hisse et continue mon ascension alors que les cris des hommes, les sifflements des fouets et les fracas des chocs s'élèvent du sol.

J'atteins finalement une branche d'une certaine hauteur où je suis en sécurité.

En bas, les lianes gluantes continuent de fouetter l'air. Fauchant et saisissant des jambes pour les emporter dans les bois sombres où les hurlements se font encore plus forts avant de paraitre étouffés. Certains se protègent avec leurs boucliers mais leurs défenses et vite réduite à néants face à l'assaut des créatures qui les ont pris en chasse.

Les Dionades étaient avant des plantes carnivores qui se nourrissaient uniquement de petits insectes mais Leona, une lieutenante d'Oaxaca en a fait de véritables monstres. Je n'apprécie pas ce qu'elle fait en modifiant la nature, je déteste ca même. Mais ce soir, je dois admettre que ça m'a rendu service.

Les Dionades sont devenus des plantes mobiles bien plus grande que moi, dotées de lianes gluantes et résistantes, dégageant un parfum envoutant. J'aperçois d'ailleurs un petit groupe complètement léthargique, béat sous une pluie de spores qui réfléchit la lumière des aurores.

Certains parviennent à éviter les lianes et tentent vainement de s'échapper. C'est le moment qu'elles choisissent pour sortir de l'ombre, courant après leurs proies pour s'en saisir. Elles s'approchent des victimes immobilisées pour les gober dans leur énorme gueule ou lèche les plus grosse pour les laisser se dissoudre.

J'aperçois mon tuteur grimper à un arbre, il a réussi à se mettre à l'abri. Mon estomac se détend, soulagé.

Il connaissait évidemment l'endroit et avait dû comprendre assez rapidement où je les menais, après tout, c'est lui qui m'avait montré cette endroit en me priant de faire attention.

Je laisse les monstres végétales rattraper et engloutir les derniers humains. Aucun n'en rechape.

Hors de question de me frotter à elles. C'est beaucoup trop dangereux, je me ferais tuer comme eux. J'attends patiemment qu'elles retournent se planter.

Mon tuteur me rejoint finalement et me jette un simple regard pour me féliciter. Je ne le reconnais que trop bien. Mêlé de fierté, de mise en garde avec un soupçon de joie.

Il pose ensuite un tout autre regard sur les derniers humains qui se débattent. Haineux, enragé avant de finalement me regarder à nouveau d'un air dur.

Je sais ce qu'il me reproche, il n'a pas besoin de s'exprimer. J'ai été impulsif, imprudent, téméraire. Je ne me suis pas montré digne d'être un adulte. Mais je peux me rattraper car autant d'hommes dans cette foret signifie forcement qu'il y en a un nid quelque part. Nous devons le trouver, nous devons en chasser les parasites puis le détruire, définitivement.



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 Sujet du message: Re: La Forêt de la Vallée
MessagePosté: Mer 28 Déc 2016 18:45 
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Ce fut long. Mais nous avons finalement trouvés. Après avoir parcouru la forêt de long en large. A plusieurs Taurions, jeunes et âgés, tuteurs et élèves.
Nous avions fait le tour des autres gardiens. Certains avaient immédiatement acceptés, d'autres avaient osés prétendre que nous avions dû les provoquer et d'autres encore avaient catégoriquement refusés de nous accompagner tant que nous n'avions pas de preuves que ce groupe d'humains n'étaient pas hostiles à Hidirain.

Ceux-là étaient des idiots. Que leur fallait-ils ? Attendre que toute la forêt brûle pour leur prouver que nous étions infestés par de la vermine.

Songer à eux me fait encore froncer les sourcils. Malgré le nombre de refus nous étions une quinzaine à avoir fouillés les bois pour finalement découvrir le nid.

A l'abri des regards, proche de l'orée de la forêt. Il s'agissait d'une caverne d'où ils avaient chassés les précédents occupants. Ces derniers étaient maintenant réduits à l'état d'os et de fourrures, accrochés aux parois et devant l'entrée comme une mise en garde à ceux qui voudraient reprendre la grotte.

Quelques hommes patrouillent et surveillent les alentours mais aucun ne nous a repérés. Nous étions tous en hauteurs, perchés sur les plus hautes branches.

Nous étions quasiment certains qu'ils étaient bien plus nombreux que nous mais nous étions sans doute mieux préparés. Nous étions sur notre terrain et nous réservions quelques surprises.

Les Taurions connaissent les plantes de la forêt et beaucoup d'entre elles sont capables de fournir un poison intéressant. Que ce soit la douce féerie et son pollen, le papillon de sang et son anticoagulant ou encore les parties velues des Selav. Et nos archers s'étaient servis de leurs plantes préférés pour empoisonner leurs flèches.

Pour ma part, j'avais pris le temps de me fabriquer une lance en bois à la pointe durci par le feu. Sans doute capable de percer une tenue de cuir.

Le jour se levait et nous espérions les surprendre pendant leur sommeil, ne leur laissant pas le temps d'enfiler leurs équipements.

Un groupe d'humain sort d'ailleurs de la grotte, l'air endormi, déjà armé mais seulement vêtu d'un pantalon et d'une chemise de toile.

Mon tuteur fait signe à nos archers, nous allions pouvoir commencer.

Alors que nous entendons les cordes se tendre, nous, les combattants descendons furtivement de nos perchoirs.

J'entends le bruit étouffé d'un patrouilleur qui vient de se faire neutraliser, suivi d'un autre. Les derniers ne tarderaient pas à périr.

Une fois au sol, toujours dissimulés derrière des feuillages, nous observons les flèches siffler dans l'air pour abattre deux des cinq hommes devant la grotte. Les deux autres, touchés dans des parties non létales s'empressent de hurler qu'ils sont attaqués en se ruant dans la caverne laissant l'extérieur sans surveillance.

C'est donc ce moment qu'on choisit deux de nos plus courageux gardiens ou téméraires selon les avis, pour s'approcher de l'entrée. Ils tiennent à deux un large sac en cuir qui semble s'agiter. Les deux Taurions ont l'air pressés mais ils prennent tout de même le temps de jeter quelques fruits dans la grotte avant d'y lancer le sac, libérant les fourmis géantes qui y étaient emprisonnés.

Attirés par les fruits et le jus sucré qui imbibaient les flèches, elles se précipitent en masse au fond de la grotte, causant un fort bruit de grouillement suivi de cris d'effrois.

Une fourmi, pris séparément, c'est plutôt inoffensif si on se méfie de ses mandibules mais quand elles sont plus nombreuses, il est impossible de prendre garde aux milliers de leurs petits rasoirs qui découpent facilement la chair. De plus, elles sont gloutonnes et peuvent vous dévorer en quelques minutes.

Une attaque aussi furtive et aussi soudaine va nous permettre de faire monter la panique au sein du nid. De les empêcher de s'équiper et de tuer ceux qui n'auront pas le temps de sortir de la grotte.

Certains atteignent déjà la sortie, couverts d'insectes en colères, ils s'écroulent alors qu'ils se font dévorer vivants, tentant vainement de ramper pour s'échapper.

Une deuxième vague de vermine sort de la grotte, plus épargné, je ne détecte que quelques traces de morsures sur les mains, néanmoins ils sont peu équipés. Certains n'ont même pas eu le temps de mettre leurs bottes.

J'en conclue que ceux qui ne se sont pas échappés sont morts, dévorés.

Les survivants s'éloignent de la grotte, s'aventurant dans les bois pendant que les fourmis s'éparpillent à la recherche d'un chemin vers leur fourmilière où ils ramèneront leur gibier.

Les hommes restant reprennent leurs souffles, jurant et pestant en se débarrassant des derniers insectes présents sur eux.

Ils restent immobiles suffisamment longtemps pour que nous puissions les encercler. En levant la tête, j'aperçois déjà les flèches dardées vers eux.

Comme nous le pensions ils étaient bien plus nombreux puisque vingt-cinq ce sont échappés de la grotte. Dix de plus que nous mais apeurés, épuisés, encerclés, mal équipés et surtout qui ne se doutent pas qu'une pluie de projectiles allait s'abattre sur eux.

Le signal est donné. Nous sortons des fougères, sonnant le glas de l'infestation tandis que des flèches sifflent dans l’air.

Je prends de l'élan, comme mon tuteur me l'a appris, je saisis ma lance de ma main droite en son centre, parfaitement équilibrée, je prends appuis sur mon pied droit, je recule mon bras tenant la lance, avance le gauche pour garder l'équilibre. Je garde une posture droite, le torse bombé. La tête levée. Mon regard pointé sur ma cible. Celle-ci court d'ailleurs vers moi, espérant sans doute m'intercepter avant que je puisse finir mon geste.

Je change de pied d'appui, élançant d'abord mon corps en me rattrapant sur ma jambe gauche puis je fais suivre mon bras droit, en ligne droite avec force et volupté. Le mouvement est fluide malgré la puissance qu'il rejette. Je relâche légèrement mes doigts, laissant échapper le bout de bois qui file en perçant l'air.

La cible se crispe, figé. Espérait-il l'éviter ? C'était déjà trop tard.

La lance transperce sans effort le tissu de sa chemise et la peau fragile de sa poitrine. La violence du jet le soulève du sol, le projette en arrière, il tombe lourdement sur le sol. Soulevant poussière, feuilles et brindilles.

Je continue ma course jusqu'au cadavre, glisse sur le sol pour esquiver une lame qui voulait me trancher en deux. Son porteur en est sévèrement puni en se faisant fendre le crane par mon tuteur qui me suivait de près.

La bataille s'engage de tous coté tandis que je récupère mon arme. Je me redresse d'un bond, pivote sur le côté pour éviter un coup vertical d'une hache qui ne fait que fendre l'air, ouvrant la défense de l'imprudent qui a tenté de me découper. Je riposte en envoyant mon bâton vers son visage, frappant droit dans son nez. Je me baisse en tournant sur moi-même, tenant fermement mon arme pour lui faucher les jambes. Lui aussi finit à terre où je peux le neutraliser en écrasant son visage sous mon pied.

Certains Taurions font démonstration de leur magie. Que ce soit les plantes ou la terre, la nature se met de notre côté.

Des racines s'emparent des jambes. Des fissures béantes s’ouvrent pour y laisser tomber les intrus.

Je vois un des nôtres en difficulté sur le point de se faite attaquer par derrière. Je fonce à son secours, parant le coup qui lui aurait été mortel.

Un duel s'engage mais il prend fin après quelques échanges quand une flèche vient se figer dans sa cuisse, ouvrant un passage pour mon bâton qui cogne sévèrement sa tempe.

Un autre me charge et me percute de l'épaule. C'est à mon tour de décoller du sol, retombant dans les feuilles mortes.

Je relève la tête, hébété. La bataille se poursuit et nous avons sans l'ombre d'un doute le dessus. L'homme qui m'a bousculé n'a pas eu le temps de finir le travail. Il git sur le sol, les yeux éberlués et le visage bleu alors que de petites ronces se retirent lentement de sa gorge.

Nous pouvons compter sur nous entre gardiens, là où les hommes se battent simplement pour survivre, oubliant qu'uni ils seraient plus fort, ils se battent chacun pour soi. Se mettant presque des bâtons dans les roues.

L'un d'eux tente de s'échapper et n'hésite pas à lancer son semblable vers un adversaire pour l'occuper le temps de fuir. C'est sans compter les flèches qui viennent lui cribler le dos.

Je me redresse, secouant la tête pour reprendre pleine possession de mes sens pour reprendre le combat.

Il n'en reste rapidement plus qu'un. Le dernier intrus du nid. Il lâche ses armes et se met à genoux pendant que nous l'encerclons.

Il pleure, crie, implore, supplie. C'est trop tard pour lui, comme pour toute vermine il sera réduit au silence. Son corps sera mis à l'entrée de la forêt avec les autres où il pourra nourrir animaux et plantes. Il n'en restera rapidement plus que les os qui mettront en garde, une fois de plus, ceux qui cherchent à pénétrer notre forêt, ceux qui cherchent à la piller. Les nombreux squelettes rappelleront que nous les gardiens, nous veillons.



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 Sujet du message: Re: La Forêt de la Vallée
MessagePosté: Sam 31 Déc 2016 15:10 
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Quelques fruits, quelques racines et un peu d'eau. Un déjeuner frugal en guise de récompenses pour notre désinfestation de la forêt.

Mais la célébration entre mon tuteur et moi n'est pas à la joie. Nos mines sont sombres, inquiètes.

Entre nous est étalé un morceau de toile, parcouru de traits, de notes, de légendes. Une carte de la forêt incomplète mais assez détaillée pour être préoccupante. Mon tuteur brise le silence lourd de sens.

"Ils ont découvert la cascade mais ils n'ont pas vu l'entrée."

Il me montre un point sur la carte représentant les portes de la cité d'Hidirain. Un dessin de montagnes jaillissant du sol d'où chute une large ligne d'eau.

Je pousse un grognement. Cette carte est le résultat de plusieurs semaines d'exploration. Où étions-nous pendant tout ce temps ?

"Les humains c'est une chose mais si les Shaakts mettaient la main sur une telle carte ce serait catastrophique."


"Nous devons redoubler d'efforts."


Mon tuteur secoue la tête en enroulant la carte.

"Il n'y a pas un jour où nous ne parcourons pas la forêt pour la défendre. "

Il me tend la carte.

"Te souviens-tu d'Hidirain ?"


Si je m'en souvenais ? La cité des Elfes blancs fait partie des plus belles choses que j'ai pu voir. Cachée entre les falaises et les arbres. Je me rappelle des bâtiments de marbre blanc qui s'élevaient gracieusement entre les jardins et les champs de roses. Ce n'était pas pour rien que je tenais tant à protéger cette cité que je considérais comme une œuvre d'art.

Je hoche sobrement la tête en guide de réponse tout en prenant le rouleau de papier.

"Il faut les mettre au courant. Tu te rendras à la Milice. Elle se trouve au sein du fort. Tu transmettras cette carte en expliquant d'où elle vient et tu proposeras ton aide. "

Je plisse les yeux. Il plisse les siens à son tour avant de poursuivre.

"Nous avons besoin d’eux pour sécuriser la forêt contre des intrusions de cette ampleur. Je continuerais à agir ici et tenter d'ouvrir les yeux aux Taurions qui restent aveugles."

Je l'observe un instant avant de répondre.

"Très bien, j'irais."

Son regard était clair. Ce n'était pas une punition ni une mise à l'écart. Il était réellement inquiet au sujet des infestations intempestives et s'il pensait avoir vraiment besoin de l'aide des Hinions alors c'est que c'était nécessaire.

En faisant mes preuves auprès de la perle blanche, je ferais mes preuves auprès de mon tuteur et il acceptera alors que je prenne mon propre nom. Que je termine enfin ma formation.

Je me relève, tout chez moi à ce moment, montre ma détermination. Il m'imite en affichant cet air qui m'a tellement mis à l'épreuve tout au long de mon apprentissage.

J'incline la tête.

(Je ne te décevrais pas.)

Je lui adresse un dernier regard avant de prendre la direction de la cascade.



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 Sujet du message: Re: La Forêt de la Vallée
MessagePosté: Sam 4 Mar 2017 16:42 
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Observer. Une étape importante dans l'éducation, dans l'apprentissage, dans la compréhension du monde qui nous entoure. Une étape indispensable disait mon tuteur. Indispensable malgré le côté lassant qu'elle pouvait engendrer me disait-il.
Jamais elle ne m'avait lassée, des heures durant, je pouvais observer une branche s'agitant au vent, une chenille grimpant à un arbre. Contempler, mouvement après mouvement, centimètres après centimètres. C'était ironique de penser que c'était à cause d'un manque d'observation que j'avais manqué de me faire tuer des semaines plus tôt. Moi, mais aussi mon tuteur. Ironique aussi de savoir que mon défaut venait de mon impatience alors que j'avais eu la patience les derniers jours d'observer insectes, plantes, reptiles et mammifères en quête d'une idée que la nature allait me confier.
J'avais vu les fourmis, soudés en une colonie assez forte pour venir à bout de n'importe quelle proie ou prédateur. Les serpents, difficiles à déceler à cause de leurs facultés à ce camoufler dans l'environnement et redoutables grâce à leurs venins ou leurs capacités à broyer les os. Les gorilles, mélangeant force et communauté. Des méthodes efficaces mais que nous utilisions déjà ou qui, dans ce cas-là, ne me servirait pas. Certains oiseaux et insectes s'étaient montrés plus intéressants. Le papillon par exemple parvenait à effrayer les prédateurs les plus craintifs en exposant les motifs sur ses ailes, rappelant les yeux d'un hibou. J'avais aperçu un oiseau faire semblant d'être blessé pour éloigner un prédateur loin de son nid et de ses œufs, l'appâtant en simulant d’être une proie facile.

Le détournement d'attention pouvait se montrer efficace, un sentier taillé à la va-vite dans la végétation à proximité de la cascade des portes suffirait à éloigner des intrus du lac. Une idée qui me plaisait mais à laquelle je ne pouvais pas me fier totalement. Pour autant, je n'avais pas encore trouvé d'autres solutions. Il était temps de me changer les idées et de s'occuper de la seconde tâche que m'avait confié la milice. Je laisse de côté l'observation du phasme, l'immobilité ne me paraissant pas une solution envisageable.

Comme je le pensais, les Taurions laissaient très peu de traces de leurs passages dans la forêt. Les Hinions quant à eux quittaient rarement la cité et encore plus rarement sans guide à la peau verte, il en était de même pour les Thorkins.

Je m'étais occupé personnellement de toutes traces visibles. Empreintes, objets égarés, restes de repas ou de campements, ossements… Tout ce qui pouvait faire croire qu’il y ait une vie autre qu’animal ici. Il restait cependant les traces que je ne décelais pas. Je savais très bien que même avec la plus grande des attentions, certaines personnes pouvaient encore trouver de quoi nous pister, peu savaient disparaître totalement comme peu savaient repérer le moindre brin d'herbe annonciateur de présence.

Je connaissais un Taurion qui en était capable. Un ami de mon tuteur qui nous avait apporté son aide plus d’une fois. Un maître dans l’art du pistage et de la dissimulation. Un elfe à qui on ne pouvait échapper et qu’on ne pouvait trouver seulement s’il était d’accord. Le trouver ne serait donc pas évident mais il était indispensable pour ma mission, j'entreprend alors de parcourir la forêt à sa recherche.



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 Sujet du message: Re: La Forêt de la Vallée
MessagePosté: Mar 7 Mar 2017 18:36 
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Introuvable. Invisible. Aucune trace ni même odeur ne saurait le trahir. De plus, aucun Taurion ne l'avait vu récemment. A l'époque, Mon tuteur m'avait dit que pour le chercher, le plus efficace était d'attendre qu'il nous trouve. Après avoir cherché dans toute la forêt sans succès, je décide d'adopter cette stratégie et j'erre dans les bois en canalisant ma mauvaise humeur. Perdre autant de temps m'agace. Un jour passe, puis un deuxième, je finis par commencer l'esquisse de sentier devant le lac non sans avoir préalablement prévenu la sentinelle. Soucieux de ne pas me faire abattre d'une flèche.

Je piétine les herbes, casse quelques branches, tout ça pour donner l'impression que du monde est déjà passé par ici. Commençant devant la cascade pour continuer à s'enfoncer dans l'ombre des hauts arbres et se perdre dans la végétation luxuriante. Ramenant les intrus au point de départ. J'espère qu'une fois égarés, ceux qui auraient osés pénétrer la forêt abandonneront l'idée de trouver quoique ce soit. C'est lors d'une courte pause qu'une voix m'interpelle.

"Toi. Je te reconnais."


Une voix chantante, aiguë, presque moqueuse. Je parcours les environs du regard à la recherche de sa provenance sans rien voir.

"Peut être devrais-tu mieux apprendre à regarder plutôt que de créer des sentiers."


Se moque la voix. Elle n'est ni hostile, ni menaçante mais je ne peux m'empêcher d'être sur mes gardes, tournant sur moi-même pour trouver mon interlocuteur.

Soudain, je le repère. Deux petites billes bleues au milieu d'un tronc. L'instant d'après apparaît une rangée de dents blanches qui forment un large sourire moqueur. Puis une silhouette se détache de l'arbre, couverte de boue, la peau verte, sale, semblable à la couleur de l'écorce.

Je baisse ma garde, reconnaissant parfaitement l'elfe en face de moi. Dalos est un Taurion petit et très maigre aux cheveux noirs, sales et au visage moqueur. Constamment dénudé et boueux pour se fondre dans le paysage.

"J'ai fini par te trouver."

"Non, non petit Ronce-Poing. C'est moi qui t'ai trouvé."


Je grimace, appréciant peu le fait d'être nommé ainsi. Je garde toutefois ma langue derrière mes dents et l'envie de lui répondre.

"J'ai appris que tu me cherchais. Les arbres parlent, le savais-tu ?"


Il pose une oreille contre un arbre et m'intime d'un geste au silence. Je garde patience tandis qu'il reste ainsi une bonne minute avant de décoller sa tête du tronc.

"Qu'a t'il dit ?" Demandais-je, irrité.

Il hausse les épaules.

"Aucune idée, je ne parle pas l'arbre."


Je soupire, exaspéré. Je savais qu'il était du genre blagueur mais j’avais du mal à le supporter.

"J'ai besoin de ton aide."

"Sans doute."

"On m'a confié la tâche d'effacer les traces qui pourrait mener à Hidirain."


"Et tu as besoin de moi pour trouver les traces invisibles."

J'hausse un sourcil avant d'hocher la tête.

"Je comprends. Les intrusions sont nombreuses, je l'ai vu aussi. Je vais t'aider. Ainsi que ma fille. Nous sommes tous deux attachés à la préservation de la forêt et de la perle blanche. Sans pour autant semer la mort sur notre passage. "


Je savais également qu’il s’était toujours opposé à l’usage de la violence. Je me garde bien de lui dire qu’il avait en partie raison. Il me désigne de la main une autre silhouette apparue derrière moi. Une elfe boueuse, ressemblant physiquement à son père. Petite, mince, les cheveux noirs et un visage rieur, nue également.

Elle s'approche et me salue, se présentant sous le nom de Vaarva. J'incline la tête et leurs explique en quoi consiste ma mission et mon plan.



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Dernière édition par Adar Ronce-Poing le Dim 2 Juil 2017 15:01, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: La Forêt de la Vallée
MessagePosté: Mer 8 Mar 2017 17:01 
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Les experts du pistage et du camouflage me permettent de faire un nettoyage en finesse de la forêt de toute présence elfique en quelques semaines tout en apprenant quelques rudiments du pistage. Je leur avais demandé de m’apprendre aussi à camoufler mes traces comme eux mais Dalos avait rétorqué qu’avant d’apprendre à dissimuler il fallait d’abord apprendre à repérer.

Je n’avais pas insisté, mon but premier étant de mener ma mission à bien. J’étais resté avec Vaarva tandis que son tuteur était parti de son côté. Elle m’avait montré les traces qu’on ne pouvait effacer sans les rendre suspectes, au lieu de ça, elle les modifie pour les faire ressembler à des traces animales visibles dans n’importe quelle forêt. Je reste silencieux les premiers jours, découvrant avec gêne que la plupart des traces que l’on camoufles sont les mêmes que j’avais effacés moi-même.
J’ignorais le nombre de jours qui s’étaient écoulés depuis ma visite à la Milice mais nous n’étions pas loin du mois. J’espérais que l’officier ne s’impatientait pas. Dans le doute j’avais demandé poliment si elle pouvait continuer seul pour m’occuper de trouver une solution pour garder les intrus à l’écart de la forêt. Elle avait accepté, soulignant le fait qu’elle irait sans doute plus vite.

Je me retrouvais donc, à nouveau, en phase d’observation mais cette fois je pense avoir trouvé quelque chose d’intéressant. L’idée ne m’arrache pas un sourire mais plutôt un soupire las.

L’animal est d’une taille moyenne, même si certains que j’observais à présent atteignaient presque un mètre de long. De couleur noir avec de longues rayures blanches allant d’une tête pointue à une queue touffue. Ils sont plusieurs devant moi, vivants dans de petits terriers et mangeant, à ce que j’ai pu en juger, ce qu’ils trouvent. De la viande, des insectes, des fruits, des plantes. L’intérêt que je porte à ce mammifère vient de son système de défense. Quand il se sent menacé, il lève la queue pour secréter un liquide puant, repoussant n’importe quel prédateur ou curieux. Une odeur à laquelle un humain n’approcherait pas sans une excellente raison. Encourager ces moufettes à vivre près des chemins empruntés par les intrus qui veulent pénétrer la forêt pourrait les dissuader en sentant la puanteur qu’elles dégagent.

J’avais eu la malchance d’avoir un échantillon de l’odeur lorsqu'un prédateur s’était approché mais cela m’avait convaincu. Je n’avais plus qu’a en capturer quelques-unes pour les emmener là où je le souhaitais et ensuite à les encourager à y rester en leurs apportant de quoi manger et leurs creuser des terriers où elles pourront vivre. Une sorte de domestication en quelque sorte, ou d’élevage.

Je me munis d’un sac et d’un fruit juteux et odorant pour les appâter avant de, lentement, m’approcher. Celles-ci me remarquent instantanément, tendant leur museau vers moi. Je lève doucement une main en guise d’apaisement avant de tendre l’autre, montrant le fruit. Les truffes s’agitent. Une moufette s’approche, prudemment. D’une voix calme, je l’encourage à continuer. Elle atteint ma main et renifle le fruit avant de le goûter, amenant les autres à s’approcher. Parfait.
Je baisse ma main, saisissant discrètement le sac derrière moi. La moufette lève les yeux vers moi, méfiante avant de se retourner subitement et lever la queue.

"Non… "

Soufflais-je avant de me faire pulvériser d’un liquide qui me donne un haut le cœur. Je tombe à genoux, parvenant tout de même à attraper la mouffette par la queue et la fourrer dans le sac, subissant tout de même une morsure douloureuse au bras. Je me retiens ensuite de vomir, ferme mes yeux en larmes tellement l’odeur est forte. Je me couvre le nez de ma main mais la puanteur est déjà collée à l’intérieur de mes narines. Les autres moufettes s’enfuient en libérant les mêmes effluves dans la panique, empoisonnant les alentours.

Je me relève, les sens embrumés. Je me retiens de vomir, pris de quintes de toux désagréables. Même respirer de la bouche est inefficace, l’odeur se colle à mon palais et ma langue. Je ne peux que me faire violence pour m’éloigner avec mon sac agité.

Inutile d'éviter les prédateurs et autres danger. Ce sont eux qui m'évitent. Moi et l'odeur immonde que je dégage. Las, je traverse les bois, jetant régulièrement un regard mauvais au sac qui s'agite encore en poussant des cris stridents.

J'arrive à l'orée de la forêt en fin d'après-midi et après une profonde inspiration je plonge ma main dans le sac. Je serre les dents quand la petite mâchoire se serre autour de mon bras. Je détourne la tête quand un jet pestilentiel jaillit hors du sac. Je parviens à sortir la créature enragée et à la saisir de façon à ne pas me faire mordre ni asperger de liquide nauséabond.

L'odeur empeste rapidement les alentours tant la bête est excitée. Je lutte pour garder les yeux ouverts et rester debout, visant les arbres et les arbustes avec cette arme de jet d'un nouveau genre. J'espère que l'odeur tiendra le temps que j'apporte d'autres moufettes par ici.

Je la relâche finalement et après un dernier grognement elle disparaît dans un fourré.

Je m'éloigne avant de reprendre mon souffle, manquant une fois encore de vomir. Je me dirige ensuite vers un point d'eau pour me laver et nettoyer mes affaires afin de me débarrasser de cette odeur insupportable.



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Dernière édition par Adar Ronce-Poing le Dim 2 Juil 2017 15:16, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: La Forêt de la Vallée
MessagePosté: Jeu 9 Mar 2017 18:22 
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J'avais beau multiplier les bains, je restais un Taurion puant. De même pour mon pagne. Même si l'odeur était moins forte, je pouvais encore sentir les effluves nauséabondes.

Inutile de m'épuiser en me frottant ou en m'aspergeant de jus de divers fruit ou végétaux. L'odeur persistait. Je laissais tomber pour ce soir, la nuit tombe et à part quelques fruits je n'avais rien à manger. Impossible de chasser quand n'importe quel animal me sens avant que je ne le repère. L'avantage c'est que rien n'aura envie de s'approcher de moi.

Je fais un feu, étend mon pagne et profite d'un frugal repas avant de méditer en faisant un point sur ma mission.

J'avais trouvé le moyen d'éloigner les potentiels curieux, il me restait à capturer quelques moufettes et faire de l'entrée de la forêt un endroit idéal pour leur développement.

J'avais fait en sorte de captiver l'attention de ceux qui parviendraient jusqu'au lac en formant un sentier qui les éloigneraient de la porte pour s'enfoncer dans la forêt.

Enfin, deux Taurions avaient acceptés de m'aider pour effacer les traces de civilisation dans la forêt mais je doutais qu'ils parviennent à tout faire disparaître.

Il me restait encore à faire. Capturer des moufettes n'allait pas être facile ni agréable. Hors de question de me rapprocher d'eux avec un appât cette fois. Je n'avais aucune envie de me retrouver à nouveau aspergé de puanteur. Un piège serait le mieux. Une bonne façon d'en attraper plusieurs sans me montrer. Un filet serait efficace mais permettrait aux moufettes de me griffer, de me mordre et de m'empuantir. Un sac serait mieux. Un large sac de toile assez solide pour résister aux griffes et aux crocs. J'avais donc besoin d'un large bout de toile. De cordes. D'appâts et de patience. Le tout étant aisément accessible.



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 Sujet du message: Re: La Forêt de la Vallée
MessagePosté: Ven 10 Mar 2017 15:59 
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Après avoir creusé des terriers aux abords de l'entrée de la forêt, tressé des cordes à l'aide de lianes et emprunté une toile. Je partais à la recherche d'une colonie de moufettes, voltigeant d'arbres en arbres à l’affût des fourrures noires et blanches. Par chance, j'en repère assez rapidement mais j'oublie toute idée de les suivre, mon odeur me trahissant encore.

Je m'éloigne de plusieurs mètres pour mettre en place mon piège. J'écarte d'abord les feuilles qui tapissent le sol humide pour y poser la toile à laquelle j'attache à chaque coin une corde que je rassemble en une seule avant de la passer par-dessus une branche. De cette façon, en tirant sur la corde, je relèverais le sac en y emprisonnant les mammifères. Je garde le bout de la corde en main et m'installe en hauteur pour y patienter après avoir déposé un véritable festin sur la toile à nouveau recouverte de feuilles et de mousse.

L'attente est longue, suffisamment longue pour me dire que tuer et voler les glandes qui secrètes ce liquide serait plus simple. Puis qu'au final, tuer tout intrus serait plus simple. Mais je reste patient, au-delà de la tâche confié par Hidirain, c'est mon tuteur qui compte sur ma réussite.

J’entends un bruissement de feuille au sol. Ca y est. Je m'immobilise. Aussi statique qu'une statue. La petite tête bicolore se montre, suivit du corps et de la queue. Méfiant et hypnotisé en même temps, il s'approche, seul. Je fronce un sourcil, j'en voulais plusieurs. Je le laisse approcher, poser un pied sur la toile et attraper un fruit avant de repartir d'où il était venu.

(Ramène tes copains.)

Pensais-je. Toujours immobile. A nouveau, j'attends. Après quelques minutes, une poignée de mes proies se montrent pour approcher à leur tour du monticule de fruits et de petits animaux.

Je me tiens prêt, la main serrée sur la liane tressée. Elles s'approchent encore. Je retiens mon souffle. Tant de mal contre de si petites créatures. Elles atteignent le tas de victuailles et commencent à en profiter. Certaines restent à l’ écart. Je patiente. Elles lèvent le museau, prudentes. Je leurs jette un regard noire tandis que les moins craintives semblent les encourager de cris. Elles se laissent finalement convaincre et se joignent au repas, sans pouvoir en profiter.

A l'instant où les sept moufettes sont au centre de la toile, je tire sur la corde, relevant les pans qui se joignent pour former un sac agité et bruyant dont l'odeur de panique m'atteint déjà. Je coupe ma respiration le temps de tirer le sac jusqu'à moi et le nouer. Même à travers la toile, la puanteur est infecte, me convainquant encore que cela peut fonctionner pour éloigner les visiteurs.

Je me dirige alors vers l'entrée de la forêt pour y relâcher mes prises qui jaillissent du sac en relâchant l’effluve si particulière, fuyant dans les buissons ou se réfugiant dans les terriers que j'avais creusés plus tôt et remplis de fruits.

Toujours pas habitué ni débarrassé de l'odeur, je m'éloigne en toussant. Puant mais satisfait.


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 Sujet du message: Re: La forêt de la vallée
MessagePosté: Dim 6 Mai 2018 11:28 
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Un autre bain inutile. Mon odeur est toujours forte mais peut être que ce sont mes narines qui sont pollués. Je frotte, encore et encore en grognant. Je sursaute quand j’entends mon tuteur m’appeler. Je me tourne vers lui. Il m’observe, au bord de l’eau, mi- amusé, mi- satisfait des efforts que j’ai faits pour protéger la forêt. Mais son visage trahit un sentiment d’inquiétude. Je cesse de me frotter et l’observe. D’un simple signe de tête, il m’indique de le suivre sans un mot de plus et s’éloigne du lac. Je plonge une dernière fois ma tête sous l’eau, profitant de la fraîcheur de l’eau, du silence rassurant et de la mauvaise odeur absente. Je rejoins ensuite la berge et remet mon pagne avant de le rejoindre aux pieds des bois.

"Dépêches toi. Ils se réunissent." me dit-il simplement avant de s’enfoncer dans la forêt.

J’hoche la tête avant de lui emboîter le pas. Je sais de qui il parle. Les Taurions s’étaient enfin décidé à faire quelque chose. Les invasions incessantes et surtout ces lumières colorés la nuit les avaient enfin inquiétés. Il était temps.

Nous avançons d’un pas rapide alors que le soleil commence à décliner pour rejoindre une clairière où une trentaine d’elfes verts se trouvent. Dalos et sa fille sont là aussi. Même quelques Oudios ont fait l’effort de se déplacer. Tous arborent un visage grave alors que nos druides et shamans semblent préparer un rituel. J’ignore les nez qui se froncent et les regards écœurés qui s’affichent sur mon passage.

Très vite nous nous installons en cercle et en silence autour des maitres de cérémonie qui préparent une mixture gluante. Mélange d’herbes, de fleurs, de boue et de sève. Certains s’en badigeonnent le visage, d’autres en prenne en bouche pour le mâcher. J’observe avec attention tant je suis fasciné et impressionné par les capacités de ces Taurions à interroger la nature sur ce qu’il se passe. La nuit tombe et les aurores apparaissent, striant la clairière de zébrures vertes. Je retiens mon souffle. Inquiet. Je ferme les yeux. Attentif. Je sens la communion puissante avec mes semblables. Avec ceux qui ont à cœur de défendre ces bois. Nos esprits ne forment plus qu’un et nous écoutons attentivement la réponse que peut nous apporter le vent, la terre, la végétation, la nature.

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 Sujet du message: Re: La forêt de la vallée
MessagePosté: Jeu 31 Mai 2018 08:41 
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Précédemment

J'ai faim, soif, froid, mal aux jambes, aux bras et au crâne et il fait plus sombre qu'à l'intérieur d'un trou de souris. J'étais persuadé de trouver un quelconque village avant la nouvelle lune... Raté.
Je marche depuis quelques heures dans la nuit (plus pratique pour éviter les elfes les plus extrémistes qui chassent les gens comme des lapins) et j'ai la désagréable impression de tourner en rond. Tout autour de moi se résume à des silhouettes floues et mouvantes et on se rend vite compte que rien ne ressemble plus à un caillou qu'un autre caillou... Cette forêt est un immense bazar : mousse, plantes grimpantes, arbres à l'inclinaison variable, rochers, terriers et animaux en tout genre, chaque mètre carré est tapissé d'un fourmillement de choses et d'autres, sans aucune trouée, aucun sentier, rien, rien, rien !

J'entend des voix. Et je ne crois pas devenir fou, peut être y a-t-il vraiment quelqu'un dans les environs ? J'hésite (les gens d'ici sont sympathiques de façon très aléatoire...). Je devrais aller voir discrètement.

Plus aucun signe depuis quelques minutes, j'abandonne mes recherches. L'aube va bientôt se lever et je suis exténué. Le temps de tracer un nouveau repère sur l'arbre d'à-côté (précaution un peu inutile quand on ne voit strictement rien... Cette nuit était particulièrement décourageante), je grimpe sur un amas rocheux couvert de mousse. En deux trois bonds je suis hors de portée de la plupart des animaux rampants, grattant, pullullant et autres nuisibles. Je glisse ma tunique, qui commence à empester d'ailleurs, sur mes yeux pour cacher la lumière du jour naissant et je glisse aussitôt dans un rêve étrange.

La suite

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"Je m'appelle Jored-His
J'ai 64 ans et j'suis petit"
Jored-His, chanteur populaire Kendar

Moi c'est Crey, voici mon autobiographie : http://www.yuimen.net/univers/crey-fanatique-lvl-1-t8194.html#p679195


Dernière édition par Shelmy le Sam 28 Juil 2018 18:56, édité 1 fois.

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