L'Univers de Yuimen


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 Sujet du message: Le Puits d'Accès au Niveau Bas
MessagePosté: Mar 28 Oct 2008 14:43 
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Le Puits d'Accès au Niveau Bas


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Situé au fond de la grande salle, ce puits discret est la seule entrée vers le niveau souterrain qui abrite les ruines de l'ancienne Mertar, maintenant envahies partiellement par les eaux, les gobelins et toutes autres créatures maléfiques!

Vous aurez grand besoin de cordes pour entrer par ce puits d'accès, la descente fait plus de soixante-dix mètres, autant dire qu'une chute serait mortelle dans la plupart des cas, à moins que vous ne sachiez voler bien évidemment!

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 Sujet du message: Re: Le Puit d'Accès au Niveau Bas
MessagePosté: Sam 6 Oct 2012 17:29 
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Le soldat n'avait eu le temps de faire qu'une première sommation avant d'entamer sa poursuite. Et Goont ne s'en rendit compte que quelques minutes plus tard, mais sa démarche était complètement suicidaire. La seule chose qui le séparait du chevalier, c'était les vingt mètres d'avance qu'il avait entre eux deux dès le départ et le poids de son armure. Mais lui-même était vieux et fatigué. Si les fluides qu'il avait ingérés avaient débloqué ses pouvoirs et offert une bien meilleure forme, ce n'était pas pour produire des efforts physiques.

Heureusement (d'une certaine manière...), il fut très vite repéré par l'ensemble des soldats. Car en fuyant son premier poursuivant, il avait fait un véritable brouhaha : il était passé par la grande place. Trois d'entre eux s'étaient joints au mouvement. Mais encore une fois, leurs armures étaient trop encombrantes pour qu'ils puissent passer aussi facilement qu'Hivann à travers la foule. Et un formidable évènement arriva au sein de l'immense marché. La population naine de Mertar vint en aide au mage sans s'en rendre compte. Car irrités par l'impudence de soldats, certains ne s'étaient pas gênés pour les bousculer violemment, les faisant tomber à la renverse. Mais aucune bagarre n'éclata : les hommes d'Oaxaca semblaient n'avoir que leur cible principale en tête. Et sans doute se disaient-ils que quitte à tuer un nain, ils pouvaient toujours aller le chercher plus tard, dans une taverne.
Ainsi, le mage réussit à faire ralentir ses ennemis, lui permettant de reprendre une course plus régulée et une meilleure respiration. Mais cela ne dura pas longtemps, puisque les deux derniers soldats arrivèrent pour engager de nouveau la poursuite. Fort heureusement, il y avait une légère pente qui menait à un endroit bien isolé de la place. Le puits n'était donc plus très loin. Il n'aurait plus qu'à compter sur ses compagnons pour qu'ils puissent le rejoindre à temps et l'assister dans sa bataille...

"Au nom d'Oaxaca ! Arrêtez-vous !" hurlait l'un d'entre eux, alors qu'ils entraient tous dans la gueule du loup.

Et Goont s'arrêta. Il se trouva juste en face du puits vers lequel il voulait les mener. Maintenant qu'il y était, il commençait à douter de la manière dont il réussirait à se débarrasser d'eux. Une chute suffirait à les tuer, il n'y avait pas de doute. Mais si ses mercenaires arrivaient trop tard, il risquait sa vie autant que ses assaillants. Il les voyait très bien tenter de l'y jeter. Alors sa magie ne servirait plus à grand chose...
Il se retourna. Les six soldats d'Oaxaca lui faisaient face. Une lueur meurtrière brillait dans leurs yeux, alors qu'ils reprenaient bruyamment leur souffle. Le géomancien s'en félicita d'ailleurs, car en ayant réussi à les fatiguer autant, il augmentait ses chances de réussir à esquiver leurs coups lents et affaiblis. Et quand Karl, Lür et Porick arriveraient, ils seraient d'autant plus en danger.

"Il ne sert à rien de lutter, Ynorien ! Vous n'avez plus que la mort comme échappatoire. Venez à Darhàm et vous aurez quelques jours à vivre en plus !" déclara l'orque du groupe. Il était d'ailleurs étrange de voir une telle race en tête d'un groupe humain.

"J'aurai bien plus de "quelques jours", garzok. Si tu crois que je vais simplement m'offrir à toi, tu dois être en plein fantasme."

La créature dégaina alors son épée et chargea trois de ses sous-fifres d'aller attraper le vieux mage. Ce dernier ne fit que bouger un peu. Il avait besoin qu'un maximum de ces fanatiques soient proches de lui pour commencer à attaquer...
L'orque pointa alors l'une des jambes du géomancien avec l’extrémité de son arme.

"On nous a demandé de te ramener vivant. Mais tu n'auras pas besoin de tes jambes."

Ils étaient déjà quatre autour de lui. L'orque, un soldat derrière lui, et deux autre pour le saisir à partir des bras. Mais ils furent trop lents. Avant qu'ils ne puissent poser clairement la main sur lui, Goont sortit le parchemin qu'il avait acheté au bazar magique. En voyant le contenu du document, il lui sembla alors absorber une tonne d'informations en seulement une fraction de seconde. Sans pouvoir l'expliquer, (car c'était un phénomène surnaturel qu'il avait oublié depuis l'installation de sa Pierre d'Oubli) il lui sembla connaître ce sort depuis toujours.
Sa pierre d'oubli brilla d'une lueur pourpre. Il sembla même à Hivann qu'elle se mettait à vibrer, laissant passer un flux de fluides de manière bien plus brusque et violente. Car si ses précédents sorts lui avaient demandé une longue concentration, la puissance terrestre, elle, avait simplement surgi. Cela ne fut que l'affaire de quelques secondes, mais les étapes de la construction de ce sort semblaient avoir ralenti le temps, alors qu'il prenait conscience de ce qu'il produisait.
Un faible tourbillon de sable avait d'abord tourné autour de lui, à ses pieds. Plus il était monté pour s'épaissir de plus en plus. Quand il eut atteint deux mètres de hauteur, c'était comme si de grosses pierres étaient apparues pour le protéger. La seule chose que l'on pouvait voir de lui, à travers cette tornade de pierre, c'était la lumière pourpre de sa Pierre d'Oubli qui n'avait jamais autant brillé qu'à cet instant. Puis le sort prit fin dans une explosion terrestre. Les soldats eurent juste le temps de mettre la main sur leur garde alors que leur chef orque eut brandi vainement sa lame.
Le sort fut suffisamment fort pour projeter la terre sur les ennemis qui étaient autour de lui, en blessant quelques uns. Seul l'un des quatre assaillants ne fut pas altéré par cette magie : celui qui était derrière Ser Goont. Il avait tout simplement trop reculé et avait chuté dans le puits. Au moins, sa mort aurait été plus rapide. Il n'en restait donc que cinq, dont trois qui étaient bien déjà blessés...

"Les arbalètes ! hurla l'orque. Attaquez-le à distance !"

Les deux soldats restants s'exécutèrent et prirent leurs armes rangées dans leur dos. Hivann eut alors tout juste le temps de concentrer ses fluides pour élever un mur de terre. Mais cette fois-ci, en plus d'une préparation plus brève, il lui sembla que la matière avait émané partiellement de sa tunique. Il semblait clairement que le pouvoir de ce vêtement, offert par sa fille, avait effectivement une utilité non négligeable pour un terramancien. Le premier carreau frôla la hanche du mage, mais le deuxième fut arrêté avec succès par le bouclier terrestre, qui semblait déjà bien plus résistant que celui qu'il avait créé une semaine plus tôt dans les égouts, pour se protéger de l'explosion des feux d'artifices, face à Lamin.
Même si certains de ses assaillants étaient blessés, il en restait beaucoup pour qu'il puisse se permettre de les attaquer un par un. Goont avait encore besoin d'un sort de zone. Mais la puissance terrestre, aussi mortelle pouvait-elle être, ne pouvait pas agir dans un rayon suffisamment important...
Il improvisa alors en déchaînant ses fluides à partir du sol lui-même. Pendant que les arbalétriers rechargeaient leurs armes et que les autres soldats se relevaient, il avait progressivement déchargé sa magie à partir de ses pieds. Il se visualisa alors comme un pilier de roche, dans la base serait reliée à des racines de pierre. Ces racines étaient en fait ses fluides, qu'il commença à faire balancer de gauche à droite, tout autour de lui. En quelques secondes, les petits tremblements devinrent de grosses secousses qui firent inévitablement chuter les deux arbalétriers tandis que les autres soldats se voyaient rouler autour du mage sans réussir à se relever. L'un d'entre eux finit d'ailleurs par tomber dans le puits, ne pouvant absolument plus maîtriser son équilibre.

Mais trop concentré sur la production de son sort et obligé de rester au centre de son champ d'action pour ne pas se blesser lui-même, il ne vit que trop tard l'une des arbalètes qui était désormais chargée et pointée vers lui. Cette fois-ci, il n'allait pas pouvoir créer de bouclier et le carreau viendrait le transpercer et le coucher directement au sol, c'était certain. La seule chose qui empêchait l'homme de tirer, c'était justement les secousses qui l'empêchaient de viser correctement. Puis un coup partit... Mais pas le sien.
Le soldat chuta en avant, ne devenant plus qu'un tas de chair et de métal remuant à cause du sol mouvement. Quand son dos fut découvert, le vieil ynorien put voir une lame plantée au sommet de sa colonne vertébrale. En aventurant ses yeux plus loin, il put voir Lür, suivi de Karl et de Porick. Le voleur se jeta alors sur le second arbalétrier pour lui trancher la gorge sans réfléchir. Tout semblait se dérouler selon le plan... Mais c'était sans compter sur la colère de l'orque.

Goont avait été trop dissipé en ne se concentrant que trop sur son sort. Il n'avait pas vu venir le poignard du garzok qui vint se planter profondément dans sa cuisse gauche. La douleur lui fit immédiatement cesser de manipuler ses fluides et il tomba lourdement en arrière, tout juste à quelques centimètres du vide. Les deux soldats d'Oaxaca restant se relevèrent alors très vite et prirent leurs armes. Le garzok, lui, avait même ramassé l'épée d'un de ses défunts compagnons, dévoilant sans doute un talent pour l'ambidextrie. Les deux soldats se jetèrent alors sur les mercenaires, ne laissant Goont que spectateur du combat. Incapable d'agir.
De nombreux coups furent échangés, démontrant la formation très avancée du chef d'escouade qui n'avait absolument aucun peine à se battre contre Porick et Karl en même temps. Lür, quant à lui, s'occupait du deuxième adversaire, qui se débrouillait presque aussi bien que son supérieur. Ces échanges semblaient s'éterniser. Il y avait une répétition dérangeante dans le bruit de ces lames qui s'entrechoquaient. A chaque fois, Goont avait l'impression qu'il risquait de perdre l'un de ses employés, tant ce combat s'annonçait difficile. Puis quelque chose d'inattendu arriva.

Un cri avait été poussé, à quelques dizaines de mètres d'eux. Un cri féminin, mais pas de détresse. Presque un cri de guerre que l'on aurait pu attribuer à un enfant. La silhouette d'une jeune fille aux cheveux courts s'approchait alors, dans une course complètement irréfléchie. Le mage n'eut aucune peine à reconnaître Sujima, sa plus jeune fille.

"Arrête-toi ! Idiote !"

Elle n'était même pas armée. Elle avait simplement son apparence habituelle de souillon. Elle chargeait comme une folle. Et les sommations de son père ne l'arrêtaient pas.
Quand elle fut suffisamment proche, elle fit un bond gigantesque, démonstratif de ses compétences d'acrobate, et atterrit sur le buste de l'orque. Ce dernier n'avait tout simplement pas pris compte de la présence de la jeune fille et s'était retrouvé déséquilibré par le choc et le poids de sa propre armure. Les mercenaires en profitèrent alors pour porter les derniers coups, tandis que Lür concluait son propre combat presque au même moment.
Seul Hivann avait été blessé dans cet affrontement, au final. Cela ne l'empêcha pas de sermonner sa fille pour autant, alors qu'elle s'agenouillait à ses côtés.

"Tu es vraiment inconsciente ! Cette histoire ne te concernait pas !"

"Bien sûr que si ! rétorqua Sujima, pleine de vivacité. On ne touche pas aux Goont, c'est toi-même qui le dit. Et puis si tu ne voulais pas m'y mêler, tu n'avais qu'à être plus discret. Tu as fait du remue ménage sur la Grande Place. Tu as de la chance que cet endroit soit isolé."

Elle sortit une fiole d'une petite sacoche crasseuse qu'elle portait à sa ceinture. Il s'agissait de la même boisson que Tôhko lui avait donnée plus tôt et qui avait refermé ses blessures. Encore une fois, il la but, sans en être vraiment enchanté.
Pendant ce temps, les mercenaires étaient en train de déplacer les corps. Un à un, les représentants de la déesse du mal tombaient dans le vide. D'ordinaire, il ne se serait pas gêné pour les gifler pour cette maladresse : faire de telles choses devant sa fille. Mais il ne le fit pas. En l'ayant vue se jeter sur ce garzok, Goont s'était rendu compte qu'elle avait perdu son innocence depuis déjà bien longtemps...

"Désolé de t'avoir infligé ça... Toi... Lùthian, Taé, Tôhko... Même Ethian pour qui je n'existe plus... Vous ne méritez pas ça. Vous devriez avoir une vie bien plus belle."

"On l'aura. C'est juste que ça prendra du temps. Et toi aussi."

Un petit silence passa. Puis Sujima le brisa pour dire une chose des plus inattendues.

"Je suis rentré à la maison juste quand tu es parti. Tôhko m'a dit que tu allais partir pour étudier la poudre noire et la magie. Mais après avoir vu ce qui s'est passé ici, je sais que ce n'est pas la seule raison."

Goont était estomaqué. Il ne s'en était pas rendu compte à l'instant, mais il était vrai qu'en ayant mêlé sa fille à cette histoire avec Oaxaca, il avait mis au courant sa famille quant à la menace qui pesait sur lui.

"Vous êtes en sécurité, Sujima..."

"Je sais. On le sera, mais pas toi. C'est pour ça que tu vas partir."

"Oui..." répondit-il avec regret, après un long silence.

"Il ne faut pas en être triste. On réussira à se voir. Tôhko arrive bien à berner la république pour nous voir en secret, alors je m'inquiète encore moins pour toi. Mais si tu pars, je ne veux pas que ce soit uniquement par contrainte. Tu vas t'en aller pour utiliser la poudre noire ou la magie avant tout."

"Ma fille, tu..."

"Ne t'inquiète pas. Je ne dirai rien à Lûthian ou à Taé. Il n'y aura que Tôhko et moi qui sauront pour tes objectifs. Et je garderai l'histoire d'Oaxaca pour moi. Tu sauras les semer de toute façon. Un ange passa, moment pendant lequel Goont ne put qu'acquiescer faiblement de la tête. Pour en revenir à ce que je disais : j'ai déjà une piste sur la manière dont tu peux utiliser la poudre..."

Goont retint son souffle. Ce n'était pas tant la nouvelle que sa fille sache tout de ce qui planait sur sa famille, ou même sur son caractère étonnamment mature qu'elle ne montrait que maintenant. Il se rendait surtout compte que les mots qui allaient suivre risquaient de marquer une frontière définitive entre lui et ses enfants. Bientôt, il partirait pour fuir, mais surtout pour l'aventure. Et pendant longtemps, il devrait s'écarter de sa famille.
Quand il reviendrait, il ne serait certainement plus qu'un étranger. Et il y avait surtout une peur qui était bien présente : celle de voir son esprit gouverné par la soif de pouvoir. Au point de délaisser ce qu'il restait de sa lignée. Ce qui était vraiment effrayant, en fait, c'était qu'il avait conscience de ce qu'il abandonnait... Mais qu'au final, il n'avait pas envie de faire fi de cette force qui coulait en lui. Il pensa même pendant un moment que la menace d'Oaxaca était une manière de lui donner bonne conscience quant à son départ.
Il devenait de plus en plus mauvais et égoïste. Il s'en rendait compte maintenant.

"Il y a une histoire qui est très souvent racontée à Mertar, lui dit sa fille. Celle d'un fusil, qui viendrait de la technologie des elfes gris. Et il y a un nain qui est très renseigné sur le sujet..."

Le simple mot "fusil" résonna en Goont comme l'annonce d'un pouvoir à venir. La frontière était déjà tracée.

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Apprentissage de sort:

Secousse : La terre tremble et choque les personnes autour du lanceur, leur infligeant des dégâts (mag+1/lvl sur lvl/2 mètres)

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 Sujet du message: Re: Le Puit d'Accès au Niveau Bas
MessagePosté: Ven 18 Jan 2013 17:53 
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Finalement, à la grande surprise du mage, Umordîl ne sembla pas vraiment gêné par la nouvelle. Au contraire, cela le confortait dans l'idée de la réussite de cette mission. De plus, il avait le même avis que lui concernait Oaxaca. Bien qu'il n'aie pas été au courant de la présence des mercenaires pour l'aider, Hivann Goont se décida à ne pas lui en dire plus. A vrai dire, plus il était estimé, plus il vaudrait la peine que l'on puisse le mener jusqu'à l'objet de ses convoitises...

Enfin, ils arrivèrent au puits. Karl, Lür et Porick n'étaient plus là. Sans doute étaient-ils retournés à la demeure de ses enfants pour remplir leur devoir de protection. C'était tant mieux pour le géomancien. Toutefois, en regardant le fond du puits, il n'était pas rassuré par la descente...

"C'est... manifestement très profond en tout cas."

Il repensa un instant à ses anciens pouvoirs. Il y avait quelques mois de cela, il aurait été capable de créer une plateforme de pierre qui l'aurait mené sans encombre jusqu'en bas. Maintenant, il en était réduit à utiliser une corde qui pouvait céder à tout moment...

"Bon... Puisqu'il faut y aller. Pourvu que la corde supporte mon poids."

Hivann adressa un léger sourire à sa fille avant de l'enlacer en guise d'au revoir. Elle lui rendit un baiser sur sa joue.

"Je t'attendrai à la maison. Tu m'en diras plus à ton retour !"

Pour tout dire, le vieil ynorien n'était vraiment pas certain de tenir cette promesse. D'une part parce que cette mission l'intéressait fortement et d'autre part parce qu'il savait que dans le cas où il serait encore suivi par Oaxaca, il mettrait sa famille en danger. En fait, ils ne seraient vraiment à sécurité que lorsqu'ils seraient déportés à Kendra Kâr. Et aussi lorsqu'il saurait d'avantage anticiper les agissements des troupes de la déesse. Dans tous les cas, il ne fit qu'acquiescer. Le choix lui reviendrait plus tard.

Finalement, suivi de son compagnon nain, il prit la corde et se laissa doucement, très doucement, glisser jusqu'au fond du puits.

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 Sujet du message: Re: Le Puit d'Accès au Niveau Bas
MessagePosté: Mar 18 Juin 2013 11:02 
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< La Grand'Place


L’activité cérébrale est parfois une étape salvatrice dans la guérison d’une blessure. Si le deuil est obnubilant, l’enquête dans laquelle Onor s’engageait lui permettait d’échapper à ses apophtegmes négatifs. Ses bruyants compagnons offraient par ailleurs un cadre animé et la perspective d’action la promesse d’un exutoire. Le thorkin revivait l’instant et s’apprêtait bientôt à redécouvrir l’excitation de s’abandonner au présent. Pour le moment, il disposait de trop peu d’éléments pour réellement appréhender les enjeux de son enquête. Deux sektegs en plein milieu du centre névralgique de Mertar, cela resemble aux premiers abords à un suicide organisé. Un sekteg, créature pourtant doté de peu de sens, a très tôt appris à éviter ses adversaires surtout lorsque ceux-ci sont en surnombre. Qui plus est, la remontée du puits d’accès, loin d’être une partie de plaisir, nécessitait une détermination poussée et un objectif précis. L’ensemble de ces composantes s’évaluait pour Onor de la manière suivante : il y avait une incohérence dans l’évènement.

(Et c’est nous qu’on envoie dans la gueule du loup…jolie inversion !)

Laissant de côté ses réflexions, le thorkin réalisa qu’ils étaient arrivés à proximité du puits. Un nain en armure lourde les attendait ; teint pâle, les cheveux bruns et les yeux bleus. Promenant ceux-ci sur le groupe, il reconnu Hurt et se porta à sa rencontre. Le ton était froid et distant. Visiblement des tensions étaient pendantes entre les deux nains.

" Bonsoir messieurs. Le puits est de nouveau sous surveillance depuis les derniers incidents. D’abord une histoire avec un mage et des soldats d’Oaxaca. Maintenant des sektegs qui remontent du niveau bas, c’est la sécurité de Mertar qui est en danger. Je vous laisse la voie libre mais n’espérer pas de soutien de notre part dans vos recherches. "

Onor regardait autour du puits et constatât ce que tous constatèrent : hormis le sergent, aucun soldat n’était visible. Hurt parut s’en amuser.

" Et bien sergent ", commença-t-il, " je ne vois ni comment vous pourriez surveiller ce puits ni comment vous seriez capable de nous porter secours car vous me semblez le seul en poste. D’autre part pouvez-vous nous donner rapidement une idée de l’agencement du niveau bas pour que mon groupe n’avance pas à l’aveuglette. "

Dépité de la réponse du milicien, le sergent soupira longuement.

" Par ma barbe, je voudrais bien plus de frères ici mais les bras manquent ces temps ci. Mertar… foutue ville fantôme ! On est de moins en moins dans la ville. Le peu d’haches utilisables sont envoyés pour se frotter aux troupes du mal au nord des montagnes. Pendant ce temps je dois assurer l’ordre avec une poignée d’hommes. Croyez-moi miliciens, bientôt vous regretterez d’être seuls à assumer cette tâche. "

S’arrêtant pour reprendre du souffle, le soldat retrouva un peu de lucidité.

" Vous allez déboucher sur une petite cavité boueuse. A partir de là deux chemins s’offrent à vous. Si vous chercher des sektegs, prenez celui de droite, il vous fera déboucher sur l’ancienne place cardinale, en symétrie parfaite avec la Grand’Place. S’il y a encore à faire pour la racaille, c’est par là qu’elle se trouvera. Quant au puits, sachez qu’il y aura toujours un de mes nains qui y sera, si ce n’est pas moi-même. "

Après les explications du sergent, Hurt fit un signe à Borin. Le nain au crâne dénudé s’empara de la longue corde enroulée autour de son épaule. Il fallut quelques minutes pour sécuriser le rappel et assurer des points d’ancrage stable autour du puits. Les thorkins sont particulièrement précautionneux pour toutes les activités qui nécessitent de ne plus être en contact direct avec le sol. Chaque thorkin ayant une fois dû descendre une paroi à bout de corde était passé par une longue phase de gémissement et de plainte. Mais ici, les trois miliciens, tout comme Onor, avait déjà pratiqué la désescalade. Il n’y avait donc pas de difficulté particulière pour le groupe. Borin fut le premier à s’engager dans le gouffre. Il s’effaça très vite dans la pénombre. Le silence qui suivit dura quelques temps avant que le cri « terre ! » du milicien avertit de son arrivé. Ce fut au tour d’Hurt, puis d’Onor. Ce dernier se mouvait même mieux que ses compagnons. De fait il était beaucoup moins chargé e ne portait pas d’armure. Une fois la pénombre atteinte, Onor attendit que sa vision nyctalope s’adapte à l’environnement avant de terminer l’opération. Ce fut enfin au tour de Dolin. Le dodu nain surpris le guérisseur par la célérité avec laquelle il arriva au sol. En effet, Dolin avait façonné un mécanisme d’attaches autour de son baudrier afin d’enrouler en boucle la corde pour le faire glisser. Il n’avait dès lors qu’à effectuer de petits bonds en contrôlant le mouvement pour descendre.

" Il faut vraiment que tu nous fasses les mêmes ", maugréa Borin en inspectant ses ampoules aux mains.

" Je t’ai déjà dis que pour 75 yus, je te faisais ça, prix d’ami ! " rétorqua Dolin

" Tu parles ! " s’énerva le premier.

" Je crois mes frères que nous y sommes… " fit Onor d’un ton lugubre.

Les deux nains se turent. Le silence repris ses droits. Autour du groupe se dessinaient les ruines de l’ancien Mertar, témoignage de l’effondrement d’une civilisation. Ici s’était éteinte une partie de la patrie naine. Ici avaient émergé de nouveaux occupants, de nouvelles menaces.



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 Sujet du message: Re: Le Puit d'Accès au Niveau Bas
MessagePosté: Ven 23 Aoû 2013 00:44 
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< Les ruines de l'ancienne Mertar


" Oh hisssse ! "

Un dernier souffle haletant s’échappa de la bouche du nain, qui se laissa rouler sur le côté avec une satisfaction non feinte et un regard hagard de fatigue. Dolin avait été le dernier à être remonté du puits. Le retour à la surface n’avait été possible que par la présence du sergent de garde en haut. Celui-ci avait fait coulisser une corde jusqu’au groupe de miliciens. Il avait néanmoins fallu près d’une heure pour les faire tous remonter, une grande partie de ce temps ayant été accaparé par l’ascension de Dolin.

" Eh bin mon Dolin, t’es moins fier qu’à l’aller, t’as pas un mécanisme pour ça ? " ironisa Borin.

Le dodu nain ne put répliquer qu’avec un regard mauvais. Le sergent discutait avec Hurt tandis qu’Onor restait pensif, essayant de se remémorer le cours des évènements. Epuisé par cette aventure autant que par le manque de sommeil, les pensées fusaient de manière confuse et incohérente. Pourtant, il en était sûr, quelque chose leur avait échappé. Hurt l’interrompit dans ses réflexions.

" Retour à la milice les enfants, on doit faire notre rapport ! "

Quel rapport ? souffla Dolin avec peine.

" T’as déjà oublié qu’on était en mission ? Et aussi que c’était une première pour notre guérisseur et que ça se fête. Il nous a quand même fait rêver avec son feu d’artifice ! "

Les nains gloussèrent. Onor ne releva pas et se contenta d’un regard neutre. La petite troupe quitta alors l’entrée du puits d’accès pour s’engager dans les rues de Mertar. Marchant d’un pas nonchalant, Onor se faisait remarquer par son absence. C’est Dolin qui fut le premier interpellé par le comportement du guérisseur.

" Que se passe-t-il Onor, tu te sens pas bien ? On t’entend plus trop, pour peu on croirait même que t’es plus là… "

Onor sursauta alors, les yeux de nouveau remplis de lucidité. Les mots de Dolin avaient fait l’écho associatif que sa mémoire s’efforçait en vain de trouver. Fixant ses trois compagnons il expliqua :

" Mes frères, vous n’avez rien trouvé d’anormal sur notre retour ? "

La question sonnait comme une admonition pressante. Les nains s’entre-regardèrent d’un air niais.

" Ca puait moins le sekteg ? " tenta Dolin

" Non, au sujet des traqueurs…ceux qui nous ont embusqués…vous vous rappelez ? "

" Pour sûr que je m’en souviens, cette charogne m’est tombée dessus ! Mais alors j’en ai pas vu au retour qu’est qu’y a ? "

" Justement, les cadavres… ils n’étaient plus là. "



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 Sujet du message: Re: Le Puit d'Accès au Niveau Bas
MessagePosté: Sam 27 Juin 2015 22:03 
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Vers le rendez-vous

Je vis mon oncle qui m’attendait près du puit. Il avait revêtu une cape de cuir brun ainsi que de solides bottes. Comme il l’avait promis, un épais rouleau de corde pendait à son épaule. Une doublette de torches encore neuves gisait à ses pieds. Je me risquai à jeter un coup d’œil au fond du puit. Celui-ci me fit froid dans le dos. Le gouffre se perdait dans les ténèbres, sans qu’il fût possible d’en distinguer le fond. Ses parois de roc brut donnaient à penser qu’elles pourraient s’effriter sous chacun de nos pas, nous précipitant dans l’abîme. Sans aucun doute, la chute serait mortelle.

« Ah, Woder, te voilà bien à l’heure. Nous allons pouvoir descendre d’ici peu. »

Là-dessus, il s’empara d’une des deux torches, la coinça entre ses jambes avant de l’allumer à l’aide d’un briquet à silex. La pierre et l’acier tintèrent quelques fois l’une contre l’autre, avant qu’une étincelle ne vienne embraser la torche.

« Accroche la corde là, dit-il en me désignant un piquet fiché dans le sol, nous allons descendre en rappel.»

Je nouai l’une des extrémités de la corde comme demandé, et Böl lança l’autre dans le puit. Le câble se déroula rapidement, tel un serpent de fibres, avant de se tendre sèchement. Mon oncle s’empara du lien, l’enroula autour de son bras droit tout en tenant la torche du gauche, et commença à la descente après m’avoir adressé un petit :

« J’espère que tu sais comment t’y prendre. »

Je l’imitai, me saisi de la corde, et débutai la descente. Prenant exemple sur lui, je descendais par petits bonds, en laissant lentement filer la corde. Je n’avais encore jamais pratiqué ce genre d’exercice et mon cœur battait la chamade.

Lorsque nous fûmes à peu près à la moitié d’une descente éprouvante-pour moi, en tous cas- la pierre sur laquelle je venais de poser mon pied se désolidarisa de la paroi, me faisant glisser d’un bon mètre. Un pic d’adrénaline secoua mon corps entier, et je parvins à me rattraper grâce à la corde. J’entendis la pierre traitresse heurter à plusieurs reprises la paroi dans sa chute, avant de se terminer dans un « plouf » qui résonna dans tout le conduit.

Mon oncle ne releva même pas la tête. Si seulement une pierre avait chuté, c’est que tout allait bien. La descente se poursuivit sans autres accros dans le silence le plus total. Bientôt, nous atteignîmes le fond, où une eau glaciale nous arrivait jusqu’aux genoux. Böl embrasa ma torche à l’aide de la sienne avant de me glisser à voix basse :

« A partir d’ici, tu te fais le plus discret possible et tu me suis, je connais le chemin que nous devrons emprunter. Et surtout, n’oublie pas, ces ruines sont pleines de gobelins et de bien d’autre choses qu’il vaut mieux ne pas nommer. »

La trahison

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 Sujet du message: Re: Le Puit d'Accès au Niveau Bas
MessagePosté: Jeu 29 Sep 2016 16:31 
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Inscription: Sam 17 Sep 2016 03:05
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On arrive bientôt en vue du puit et quand je le regarde, je me perds dans sa profondeur. Il est gros et on y voit pas à plus d'deux mètres... L'chef nous fait tout un discours sur l'importance du travail en équipe, et appuie sur celle salutaire de l'écouter, lui. J'le respecte l'Korben, y'a pas à dire, m'enfin merde tout ça j'le sais et j'montre bien mon impatience, tapant du pied sur la roche.

"T'as un truc à dire l'mioche ?" me demande-t-il d'un ton coupant.

"Bah c'est qu'tout ça, on l'sait d'jà. On doit aller sauver un gamin par les couilles d'Valyus ! Le temps est à l'action ! Montrons leur à tous, qu'on est des fiers Nains et pas d'vulgaires potiches !" répondis-je en m'enflammant soudainement.

Korben soupire, sonde les autres membres du groupe et y trouve le même avis, peste dans sa barbe et demande à not'trappeur d'radiner sa poire dard-dard. Hirsold se hâte et sait déjà c'qu'il à a faire. Il extirpe de son gros sac un épais cordage et l'accroche par d'savants nœuds marins à un crochet profondément planté à l'orée du grand puits menant à l'ancienne Mertar. Il laisse ensuite la corde qui se déroule... pendant plusieurs minutes. L'temps semble s'étirer à l'infini et je sue, en proie à des sueurs froides.

Je n'en fais pas part à mes compagnons mais je sens monter l'appréhension en moi. Comme un animal acculé, elle gronde, fait trembler mes os... racle ses griffes en moi et me susurre d'arrêter tant qu'il est encore temps. Faut dire, j'en ai carrément honte, et ne l'ai avoué à personne, car c'pas digne d'un bon nain, mais l'obscurité, les sombres cavités... c'pas fait pour moi. Je préfère patrouiller à l'extérieur, sous le chaleureux soleil. Mais j'aime ma ville, ses habitants. Mon devoir m'appelle et je ne f'rais pas la sourde oreille.

Hirsold s'estime alors satisfait et lui le premier, agrippe le cordage et commence à descendre en rappel, nous criant bientôt de le suivre petit à petit. Je laisse ma place à mes confrères et me retrouve bientôt seul en haut... Mon ventre se tord mais je ne m'écoute pas et commence à m'approcher.

Mes mains rencontrent la rugueuse surface de la corde, par acquis de conscience je tire un coup sec mais le piquet reste immobile. Je déglutis et ferme les yeux tout en entamant la descente, me répétant intérieurement que je descends juste des escaliers très raides.

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Chef : Qu'il y a-t-il de mieux dans la vie ?
Guerrier : L'immense steppe, un rapide coursier, des faucons à ton poing et le vent dans tes cheveux.
Chef : Faux ! Conan, qu'il y a-t-il de mieux dans la vie ?
Conan : Écraser ses ennemis, les voir mourir devant soi et entendre les lamentations de leurs femmes.
Chef : C'est bien.



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