L'Univers de Yuimen déménage !


Nouvelle adresse : https://univers.yuimen.net/




Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 217 messages ]  Aller à la page Précédente  1 ... 11, 12, 13, 14, 15
Auteur Message
 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Mar 21 Fév 2017 20:03 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Ven 17 Fév 2017 03:03
Messages: 213
Localisation: Oranan
Dans le chapitre précédent…
Arc Du Souffle Du Voile

Chapitre III : Le Heaume de la Tempête Ranaïque



Cherock rentrait chez lui quand le doux visage de sa mère passa par la porte entrebâillée. La petite maison, toute simple et bien entretenue, se tenait près du croisement de la grande rue principale au centre de laquelle trônait le temple de Gaïa, à mi-chemin du terrain d’entrainement et de la forge des Himatori.

Elena O’Fall sourit en voyant son fils revenir d’aussi bonne humeur.

« Bonsoir Cherock, comment s’est passée ta journée ?

- Très bien Mère, vraiment très bien ! Où est Père ?

- Encore au camp d’entrainement comme à son habitude, il entraîne une nouvelle fournée de recrue particulièrement incompétente, il s’en arrache les cheveux à ce qu’on dit.

- Espérons que Père ne leur tapera pas trop dessus ! »

En attendant le retour de son père, le jeune homme contempla la maison qui l’avait vu grandir ; une petite maison certes, mais installée et offerte à prix d’ami par un lieutenant des Samouraïs auquel Marcus O’Fall, le père de Cherock, avait sauvé la vie lors d’un raid Orques. La petite batîsse comportait deux étages, son toit de tuile brune tranchait harmonieusement avec murs de pierre beige a la structure de bois apparente. Un bout de jardin et un petit potager se cachait derrière la maison complétait son architecture. Le deuxiéme étage étant somme toute petit, c’était le jeune Cherock qui y avait sa chambre, son père et sa mère dormant dans une petite pièce de la salle commune aménagée avec des auvents pour leur donner un minimum d’intimité.

Cette maison a été son foyer durant 20 ans ; beaucoup de choses s’y sont passé, des rires, des pleurs, de la colère : cette maison contenait toute son enfance, mais il était temps de la quitter pour se diriger vers la quête qui s’offrait maintenant à lui.
Alors que Cherock écrasait la timide larme qui coulait de son œil gauche, Marcus revint du camp d’entrainement.
(Cela aussi, ça fait partie de mon enfance.) s’émut le jeune homme. Combien de fois était-il rentré aux côtés de son père, couvert de la poussière du champ d’entrainement comme l’était actuellement son père ? C’était sur ces retours chez eux, bien que le trajet ne doive durer plus de quelques minutes, que père et fils étaient les plus proches. Que ce soit des réprimandes, des conseils ou même des encouragements sur l’entrainement passé ; les deux hommes se disputaient, riaient, étaient en désaccord, et cela a permis de forger leur relation.

« Bonsoir Père, vos recrues n’ont pas trop souffert ?

- Tu parles ! Encore une bande de bourgeois prétentieux qui part pleurer dans les jupes de leurs mères lorsqu’on leur met une raclée parce qu’ils ne savent pas tenir correctement leur sabre d’entrainement ! De vrais bras cassés, ceux-là me désespère particulièrement mon Fils, encore plus que toi !

- Ahah ! Contrairement à eux, s’amusa Cherock, je sais par quel bout tenir l’épée et plutôt bien m’en servir pour qu’elle finisse dans la peau de l’adversaire en face de moi ! »

Marcus O’Fall leva un sourcil interrogateur et eu un petit sourire au coin des lèvres.

« Tiens donc mon Fils, tu ne serais pas un peu présomptueux ? Viens là avec les sabres d’entrainement que je mette à l’épreuve tes propos !

- Plus tard si vous le voulez bien, j’ai d’abord à vous parler, à Mère et à vous. »

Alors que le soleil rougeoyant se couchait en embrasant les tuiles des toits oraniens d’une lueur orangée, Cherock O’Fall raconta à ses parents les évènements de la journée : la clameur au temple de Rana, le nouvel Instru’Vent, la quête, l’arrivée de Hïo et sa présentation de sa Pièce de Forge. Cette Pièce de Forge continuait de le laisser sans voix pour la décrire, mais au fur et à mesure qu'il racontait sa journée, les mots lui vinent.

Hïo Himatori souleva le tissu cachant le Heaume et la foule tout entière fut partagé entre 2 émotions, ne sachant laquelle prendre : avoir le souffle coupé ou s’exclamer d’admiration. Pour Cherock, ce fut la première solution.
Le casque était fait d’un acier brillant gris, finement ciselé, avec des protège-joues solides fixé au reste du casque dans un seul semble. La visière découvrant les yeux faisait 5 cm de haut et était séparé par une bande d’acier protégeant le nez. Une crête de métal haute de 2-3 cm dont les bords évasés étaient stylisés avec de fins sillons s’enroulant parfois faisant penser à des courants de vent. La crête se finissait au niveau du sommet de l’arrière du crâne en se relevant très légèrement, suivant la courbe d’une plume. Sur les côtés, au centre de la pièce, un tourbillon de vent prenait naissance, s’enroulant autour de lui-même tel un cyclone pour une fois arrivé à la tempe, continuer son chemin autour du cyclone mais en prenant de la largeur dans les formes, des mèches de vents se désolidarisant quelques peu du courant principale. En se dirigeant vers l’arrière du heaume sans en suivre la courbe, ces mèches donnaient du relief et s’apparentant à des ailes sortant des bords du casque, le flux principal se dirigeant vers le haut à la fin de sa course.
Une opaline sertissait le front et la base de la crête, encadrée par des arabesques de chaque cotés donnant notamment naissance aux flux de vent longeant la crête. Cherock était assez près de la pièce pour apercevoir une antique rune gravée dans la gemme, qui signifiait « Vent » dans l’ancien langage selon le Père Roland. Enfin, un épais cuir à la teinte rouge en tapissait l’intérieur.
(((Evidemment, la rune sur l'opaline est purement décorative et non magique.)))


« Cette Pièce de forge est incroyable Hïo, un vrai chef d’œuvre ! Mais pourquoi l’avoir appelé « Heaume » ? Ce casque s’apparente plus à un cimier il me semble. »

Avec un sourire, le talentueux forgeron fit glisser son doigt sur le bord droit du protège joue, où une roulette crantée activa un mécanisme faisant glisser une plaque d’acier qui joignit les deux bords du casque, ne laissant que la fente des yeux, le transformant ainsi en heaume.

« Prodigieux ! Ce garçon est un vrai Himatori ! » déclara un homme dans la foule, mais malheureusement pour lui, son commentaire se perdit dans la clameur d’applaudissements qui récompensa Hïo.


« Sans aucun doute, Hïo n’aura aucun problème à reprendre la forge, il sera peut-être même meilleur que son oncle ! Je m'en souviens, Akido avait produit un magnifique javelot qu’il avait voulu aussi performant que beau, Aïlayon l’avait testé et en le voyant traverser comme du beurre la cible de paille 60 mètres plus loin, il avait supplier le forgeron de lui vendre son arme, allant jusqu’à lui proposer pas moins de 8000 yus ! Le Heaume de Hïo ne doit pas valoir autant, mais nombre de guerriers aimerait le porter, moi le premier !

- Chut Marcus, laisse Cherock continuer son histoire ! »


Alors que la foule se calmait, le Père Roland prit de nouveau la parole.
« Très bien Hïo, tu pourras partir pour cette expédition, tu as largement prouvé que tu en étais capable. Accompagne-moi au temple, nous allons en parler, déclara le Sage du Conseil en faisant demi-tour, se dirigeant vers le temple. Toi aussi, suis moi Cherock.

-Oui mon Père ! » répondirent en cœur les deux amis.

Emballant le Heaume de la Tempête Ranaïque et s’essuyant un peu le visage avec un chiffon avant de pénétrer dans le temple, Hïo suivi Cherock à la suite du Sage, laissant la foule se disperser et propager rapidement en ville qu’un nouveau forgeron d’exception venait apparaître, et qu’il serait probablement accompagner par le fulguromncien aux yeux vairons à la recherche de la Faerunne qui ferait le futur matériau du nouveau Instru’Vent.

A l’approche du Rituel du Premier Souffle, le temple fourmillait d’activité, c’est pourquoi le père Roland les emmena dans une petite alcôve à proximité de l’entrée principale. Si la magnifique architecture et la grâce du temple de Rana marquait profondément les esprits de tous les voyageurs y pénétrant pour la première fois, pour un oranais habitué des messes Ranaïques, sa beauté avait moins d’impact, d’autant plus que les deux amis étaient dans un état d’excitation intense les focalisant plus sur leur future aventure que les somptueuses colonnades de la bâtisse.

La petite chambre se trouvait derrière une élégante porte de bois argenté venant d’un Cheveux de Gaïa et contenait un bureau de bouleau clair où reposait un encrier, une pile de documents et quelques parchemins. La salle était également munie d’un petit piédestal sur lequel reposait le buste de la bienveillante Rana, de 3 chaises et d’un fauteuil derrière le bureau où le Sage alla s’installer. Les jeunes gens prirent place sur les chaises et attendirent que le prêtre ai fini de jeter un rapide coup d’œil aux parchemins étalés sur le bureau.

« Bien jeunes gens, parlons de votre quête. »


A suivre…

_________________


Dernière édition par Tergeist le Jeu 2 Mar 2017 18:41, édité 3 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Mer 22 Fév 2017 00:57 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Ven 17 Fév 2017 03:03
Messages: 213
Localisation: Oranan
Dans le chapitre précédent…

Arc du Souffle du Voile

Chapitre IV : Le Test


Cherock et Hïo, attentifs, focalisaient toute leur attention sur ce que le vieux sage avait à leur dire pour ne rien manquer de capital.
« Bien, avant toute chose, merci de vous être porter volontaire à tous les deux. C’est une requête bien difficile que le temple vous demande, mais bien entendu nous saurons nous montrer généreux de votre dévouement envers Rana.

- Vous savez Mon Père, dis Hïo, je ne fais pas ça pour la richesse ou les louanges, c’est purement par foi envers la Déesse Rana que je le fais.

- Certes, et je comprends parfaitement ton sentiment, j’aurai moi-même fait la même chose à ton âge, mais mon prédécesseur m’aurait alors dit la même chose : Rana accepte les justes, et récompense les dévoués. Si tu ne désires pas être récompensé, nous ne t’y forcerons pas, mais saches que nous le faisons pas par obligation, mais comme un profond remerciement.


- Acceptons Hïo, Rana est la Déesse de la Sagesse, et il est sage de récompenser toute personne oeuvrant pour une communauté. Elle récompense ses fidèles parce que cela est juste, c’est ce qu’a toujours dis Mère.


- C’est vrai, je ne voulais juste pas passer pour quelqu'un juste appâter pat le gain,
avoua Hïo.


- Comme l’a dit Cherock, Rana récompense ses fidèles car cela est un équitable retour des choses.
Bien, passons au déroulé de votre voyage. Tout d’abord, savez-vous pourquoi je n’ai pas choisi de demander d’autres volontaires après que vous vous soyez présentés ? »


Hïo et Cherock se regardèrent. C’est vrai, pourquoi seulement eux ?

« Voyez-vous, la déesse Rana ne fait pas l’unanimité chez tout le monde, et elle possède comme tous les dieux des détracteurs. Chaque Rituel du Premier Souffle, il n’est pas rare pour nous de trouver des personnes essayant de saboter la cérémonie, et puisqu'elle met du temps à être mise en place et étant d’une importance particulière, elle est donc une cible de choix.


- Et notre mission consiste notamment à rendre celle-ci plus particulière et exceptionnelle que les autres, avec l’acquisition d’un nouvel Intru’Vent pour un nouveau Chant, devina Cherock.

- Exactement. Nous aurions pu purement et simplement ne pas faire l’expédition, mais les Aurores boréales nous ont pousser à l’organiser tout de même. C’est un signe de Rana, et ne pas y faire attention serait lui faire offense. En vous envoyant-vous uniquement, vous aurez plus de chances de passer inaperçu : si cela avait été ton père Hïo, nous aurions dû lui fournir une escorte à même de le protéger. Et les Dieux seuls savent que nous avons besoin de nos troupes en ce moment, avec les incursions toujours plus profondes des Orques.
Pour brouiller les pistes, nous propageront une rumeur de votre départ par un cynore demain le soir même, donc faites vous discret. Nous aurions bien aimer utiliser ce moyen de transport pour vous, malheureusement ce serai le premier lieu où iront chercher les ennemis de Rana.


- Je comprends mieux, c’est une chance que mon père ne puisse venir finalement !

- Ca tu l’as dit mon vieux !


- Toi Cherock, je t’ai choisis car j’ai parfois l’occasion de parler avec ta mère au temple, et je sais que ton père Marcus t’as donner une formation guerrière, bien qu’elle n’ai pas totalement portée ses fruits, tu sauras te servir d’une arme en temps voulu. Et je ne suis pas sans savoir tes talents pour la maîtrise du fluide de la Foudre qui est un atout surprise non négligeable.


- Je vous remercie de la confiance que vous m’accordez, Sage Roland.

- Je t’en prie mon enfant.

Pour que vous soyez à l’heure pour la cérémonie du premier Souffle, il est impensable que vous y alliez à pied : vous partirez donc à cheval, dans la caravane marchande du nain Brumal qui se dirige vers Mertar et part dans 2 jours. Il dispose de sa propre "garde" en tant que marchand, vous aurez donc une protection supplémentaire durant le voyage sans pour autant éveiller les soupçons, une mesure supplémentaire en plus du leurre cynore. Une fois là-bas, après une bonne quinzaine de jours, vous irez voir le forgeron Ascan Tsanay de la forge royale, et lui remettrez cette lettre. C’est un de mes vieux amis, rencontré lors de mes dernières années de Missionnaire, et il me doit quelques services. Il saura vous guider pour que vous puissiez obtenir la Faerunne dans le Col Blanc et peut être en aura-t-il un peu à vous donner directement, ce qui vous épargnera la petite escapade en montagne et vous fera rentrer plus rapidement.
Enfin, pour le reste, nous verrons demain si vous le voulez bien, j’ai, comme vous le voyez, beaucoup de parchemins à traiter. »

Cherock et son ami se levèrent, saluèrent le vieux sage et se dirigèrent vers la porte quand il les rappela.

« Cherock ! Hïo ! Etes-vous bien sûr de vouloir accepter ? »


Sans même se consulter, les deux jeunes hommes répondirent d’un commun accord,
« Oui. »


Alors que son histoire s’achevait, Cherock voyait briller dans les yeux de sa mère des larmes, ne sachant trop si elles étaient de fierté ou de tristesse de voir son fils partir loin d’elle.
Son père, quant à lui, resta silencieux un long moment, puis dit tout simplement « Viens. » avant de se diriger vers le jardin. Intrigué, Cherock le suivi.

(Qu’est-ce qu’il a ? Il n’avait pas l’air en colère, pourtant... Cela ne lui ressemble pas d’avoir cette attitude.)


En sortant de la maison, il vit dans le crépuscule quelque chose voler vers lui ; instinctivement, il rattrapa la lame courte que son père lui avait offerte et eu à peine le temps de parer un coup de sabre de sa part avec le fourreau de l’épée, une main sur la garde, l’autre au niveau de la boucle de sangle inférieur. Le choc fit trembler ses bras, puis fit trembler une deuxième puis troisième fois ses muscles avant que Cherock ne fasse un saut en arrière pour s’éloigner de Marcus O’Fall.
Les dernières lueurs mordorées du jour se reflétait sur la lame dégainée de son sabre de combat. Il jeta un bouclier de bois à Cherock et lui annonça d’une voix calme et déterminée :
« Arme, coup sournois, techniques déloyales, magie : tu as le droit à tout pour m’affronter. Sache que je ne te ferai pas de cadeau, comme ceux que tu pourras rencontrer lors de ton voyage. Alors affronte moi avec tout ce que tu as Cherock, et saches que si tu ne te montres pas à la hauteur de mes attentes, tu ne partiras pas.
Viens ! »




_________________


Dernière édition par Tergeist le Jeu 2 Mar 2017 19:06, édité 3 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Mer 22 Fév 2017 14:17 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Ven 17 Fév 2017 03:03
Messages: 213
Localisation: Oranan
Dans le chapitre précédent…

Arc du Souffle du Voile

Chapitre V : Du sang sur le Sable


Cherock faisait face à son père, et celui-ci, lame nue, lui fit signe de le suivre dans le petit cercle de combat que le Samouraï avait aménager dans son jardin.
La zone de combat consistait en un simple cercle de 6-7m de diamètre, fait de terre battue dans le même genre que celle du terrain d’entrainement. Stable, il offre un déplacement standard où les combattants ne risquaient pas de glisser ; une ligne de sable blanc en délimitait les bords pour marquer visiblement toute sortie de l’espace qui reviendrait à une défaite.
Marcus se retourna une fois au centre de l’arène, et vit fondre sur lui un Cherock bien déterminé à en découdre, essayant de le frapper avec son bouclier. Il opposa son sabre à la charge de son fils et dévia sa course sur sa droite, faisant chuter le jeune homme.

« Bien mon Fils, très bien ! Dans un combat, il n’y a pas de lâcheté à attaquer son ennemi par derrière, lui n’aura pas toujours ce scrupule !
Mais il en faudra plus pour m’avoir ! »
cria son père en plongeant son sabre dans le sol, à côté de l’endroit où Cherock se trouvait juste avant. Après une roulade, celui n’eut que le temps de se relever pour s’abriter derrière le barrage de coups que lui imposa son adversaire.

Elena arriva alors dans le jardin, et ne comprit pas la folie qui semblait animer les deux hommes de sa vie. Elle s’élança pour les arrêter dans leur combat insensé, mais un regard de son époux dans sa direction l’arrêta : elle n’y décernait aucune colère, aucune haine, juste une volonté, une volonté de préparer une ultime fois son fils aux dangers de l’extérieur. Elle décerna dans ses yeux clairs comme des lacs de montagne une autre lueur, plus ténue, comme réprimée. Du chagrin ? De la tristesse ?
Son fils lui tournait alors le dos, trop occupé à contenir l’assaut de son paternel, quand apercevant ce qu’il pensait être une ouverture, Cherock lança un coup ascendant de sa main gauche d’épée. Le Samouraï para aisément le coup en faisant glisser la lame du jeune homme le long de son sabre, la bloquant contre sa garde et d’un mouvement rotatif autour de celle-ci, percuter du pommeau de sa garde le visage de son fils, faisant éclater sa lèvre inférieure.

« Trop prévisible ! Tu ouvres ta garde à toutes les attaques inimaginables à chaque coup ! » railla Marcus en envoyant son fils rouler au sol après lui avoir balayer les jambes.

Celui-ci se releva avec peine, le sang coulant le long de son menton, et se remit en garde, jugeant de l’état pitoyable de son bouclier qui n’en avait plus pour très longtemps.
(Encore deux assauts comme le dernier, et ce bouclier sera bon pour la cheminée comme petit bois. Père est réellement sérieux, je dois donner tout ce que j’ai !)

Le premier assaut ne tarda pas, composé de coups de taille faisant voler des copeaux de bois toujours plus gros de son bouclier. Chaque coup se répercutait douloureusement dans son bras droit qui s’engourdissait de plus en plus : l’attaque devait finir, maintenant.
Soudain, un coup d’estoc de son père arriva dans sa direction et, du plat du de son bouclier, Cherock dévia son attaque et riposta lui-même avec une attaque perforante : celle-ci, trop faible et mal placée, ripa sur la cuirasse du guerrier qui le repoussa d’un coup de botte avant de se fendre d’un coup de taille descendant, faisant jaillir le sang.

Horrifiée, Elena fut soulagée de voir que la coupure n’était que superficielle, sur la courbure de la mâchoire. Elle comprit que Marcus aurait pu étriper son fils s’il l’avait voulu, mais qu’il avait volontairement et naturellement maîtrisé son coup pour ne faire que l’effleurer.
Le combat devenait cependant dangereux : elle se prépara à les séparer avant de voir le regard de son fils : celui-ci, exténué après une poignée de minutes de combat, allait tout donner dans une ultime offensive : la détermination luisait dans ses yeux, mais pas seulement. Dans la pénombre grandissante, l’œil azur gauche de Cherock était lumineux, et d’un revers de la manche, essuya le sang qui coulait des blessures sur son visage.
« C’est tout ce que tu as ?! Même un gobelin manchot ne ferai qu’une bouchée de toi ! se moqua Marcus.
- Ne me sous-estimez pas ! » hurla en retour Cherock.

Convoquant le peu de force qui restait dans son bras droit, il lança le morceau de bois qui fut un temps un bouclier en direction de son père, tel un disque. Celui-ci fut surpris mais n’eut aucun mal à le briser, et s’apprêta alors à couper dans son élan la tentative de feinte de son fils, mais son sabre ne rencontra que le vent. Cherock n’avait pas bougé et se tenait toujours à 4.5 mètres de lui, le poing tendu dans sa direction, les yeux fermés.

(Valyus, Dieu suprême de la Foudre protectrice, toi qui m’as accordé l’honneur d’utiliser ton élément sacré, guide ma foudre pour frapper mon père et l’honorer par ce combat du soin et des enseignements qu’il m’a prodigués.)

Des éclairs crépitèrent le long de son bras, descendant pour atteindre son poing, se concentrant dans la paume. Marcus stoppa net sa charge.

«Ca, c’est pas bon. »


Cherock tendit alors son index et son majeur en direction de lui, ouvrit ses yeux bicolores dont le bleu brillait par la présence du fluide de foudre parcourant son corps, et pendant une fraction de seconde, les éclairs disparurent.
Brisant le silence surnaturel qui venait de s’établir, Cherock dit d’une voix chargée de magie : « Décharge de Valyus. »
(((Cherock n’ayant pas reçu de formation de la part d’un fulguromancien, « Décharge de Valyus » est le nom qu'il a donné au sort « Choc des Eclairs »)))

Dans un bruit terrible, un éclair parti de l’extrémité de ses doigts tendus et frappa le plastron de plates du Samouraï : La vision de Cherock se troubla, et avant de voir le résultat de son attaque, tomba à genoux et se maintint redressé grâce à son épée, tête baissée.
Il vit alors la pointe d’un sabre passer lentement devant son visage, avant de s’arrêter à 2 centimètres de sa poitrine. Relevant difficilement la tête, il vit son père debout, le plastron fumant et noirci à l’endroit de l’impact, mais intact.

« Tu es mort. »
déclara Marcus O’Fall alors que son fils tombait lentement sur le côté, terrassé par la fatigue.
Une main amortie sa chute et l’allongea doucement sur le sol alors qu’il sombrait dans un profond sommeil.
« Mais tu t’es bien battu. »



_________________


Dernière édition par Tergeist le Dim 5 Mar 2017 19:08, édité 3 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Sam 25 Fév 2017 18:41 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Ven 17 Fév 2017 03:03
Messages: 213
Localisation: Oranan
Dans le chapitre précédent…

Arc du Souffle du Voile

Chapitre VI : Songes et Départ



Cherock flottait dans un lieu sombre, sans limite, comme à la dérive. Malgré le décor monochrome d’ombre, il se voyait parfaitement, et n’arrivait pas à déterminer la provenance de la lumière qui l’aidait à voir. Il sentit quelque chose couler le long de son menton, le toucha, et en ramena sa main ensanglantée. « La coupure de Père lors de notre combat. »
Combat, combat, combat…

Un étrange écho, comme métallique, résonnait dans cet environnement.

« Qui va là ? »

L’étrange écho métallique fit de nouveau effet, mais dans des tonalités plus graves, la voix d’origine étant bien plus grave, caverneuse.

« Je suis Cherock O’Fall, fils de Marcus O’Fall. Et vous, qui êtes-vous ? »

Un long silence s’ensuivit. Tout à coup, sans pouvoir l’expliquer, Cherock senti une présence. Il essaya de se retourner, mais peinait à se mouvoir, n’ayant aucun support sur lequel s’appuyer. La présence se fit plus pesante, comme une chape de plomb qui se pose sur les sens, les étouffants et les exacerbant à la fois, sentant comme un fluide épais et visqueux dans lequel il se mouvait à présent.
Sans raison, son sang se mis à couler à flot de sa blessure, pour former des symboles, s’apparentant à des runes, mais semblaient encore plus archaïques encore, plus anciennes. Le sang continuait de couler, se teintant tantôt de bleu, tantôt de mauve, mais le corps ne semblait pas subir de contre coup apparent ; les premières runes formées se défirent, et les fluides corporels descendirent pour former d’autres symboles, continuant le test. Le jeune homme, ébahis devant ce spectacle des plus étranges et par certains aspects morbides, resta de longs instants sans mot dire, puis se reprenant enfin, se dit que, peut-être, c’était une bonne idée de demander à la voix ce qu’il se passait.

« Que faites-vous avec mon sang ?

- Mmh… Oaxaca… Les guerres divines… La fuite des Dieux… murmura la voix caverneuse.

- Eh oh !

- Un instant...

- Vous pouvez me dire ce que vous faites ? je ne sais toujours pas qui vous êtes, et même si ce n’est qu’un rêve, il est plus que déplaisant de se regarder se vider de son sang sans fin ! s’énerva le rêveur.

- Un songe... Oui cela expliquerait tout. »

Le ballet des fluides s’arrêta, puis tous réintégrèrent violemment le corps de Cherock par sa blessure qui se referma aussitôt après. Durant une poignée de secondes, Cherock fut étourdi, et lorsqu’il reprit ses esprits, il sentit le sol sous ses pieds, et pouvait de nouveau se mouvoir normalement.
Autour de lui, le paysage avait changé, si ce qu’il avait vu avant pouvait être appeler un paysage. Désormais, si la majeure partie de l’horizon et du ciel était toujours de ce noir encre, Cherock percevait néanmoins le sol à une centaine de mètres autour de lui, une terre aride, craquelée, une lande de désolation.
Soudain, un éclair déchira le ciel, éclairant un temps le ciel en frappant une énorme colonne de roche noire. Celle-ci s’illumina et des veines dorées, comme la sève d’un arbre, brillèrent à sa surface avant de s’éteindre.

« Ici gît les vestiges de mon peuple, tonna la voix caverneuse, dont les échos métalliques avaient disparu. Nous étions un brave et fier peuple, tout entièrement dévoué à notre seul et unique Dieu, Valyus, Dieu de la Foudre. Devant le dévouement fervent de nos prières, notre Dieu nous accorda sa protection, et nous confia cet obélisque comme endroit où vivre, lieu que nous devions défendre à tout prix. »
Pendant que la voix parlait, l’obélisque de pierre noir continuait d’être foudroyé fréquemment, et les veines de s’illuminer à la suite, tout cela sans que la foudre ne tombe à aucun autre endroit.
« Cependant, cette attention particulière du Dieu Valyus nous conduisit à notre perte. Orgueilleux de notre statut de peuple élu, lorsqu’un peuple s’installa au pied de l’obélisque, bafouant les préceptes du Dieu de la protection, nous attaquèrent ce peuple pour « défendre » l’Obélisque. Une guerre se déclencha, et le peuple, épaulé par Yuimen, le Dieu de la Terre nourricière, nous affronta. Nous nous affrontâmes, encore et encore, mais les uns après les autres, nous tombèrent. Lorsqu’apprenant ce qu’il se passait, Valyus arriva pour nous soutenir, il était déjà trop tard. Prit de rage, Valyus affronta les restes du peuple nous ayant vaincu et les extermina, forçant même Yuimen à capituler.
Celui-ci révéla la présence d’œufs de notre espèce, les derniers de ce monde. Il promit qu’un jour, cet obélisque serait de nouveau notre sanctuaire, et que le culte de Valyus y serait de nouveau célébré, des millénaires plus tard. Ce moment est proche, je le sens. »


Un pas lourd se fit entendre, un pas qui se rapprochait. Cherock recula instinctivement en voyant une silhouette de plusieurs mètres de haut se dessiner dans un flash lumineux provoqué par l’éclair frappant un lieu où gisait maintenant les vestiges brisés de l’Obélisque. De la pénombre émergea d’abord une lueur bleutée, fendue sur le milieu comme l’œil d’un serpent. Puis une tête à la forme dragonnique, aux écailles dorées et aux pupilles bicolores, comme le jeune homme, fit son apparition. L’œil bleu de la bête rayonnait par la magie qui y circulait, et des extrémités des deux cornes qui coiffaient le sommet du crâne, des arcs électriques grésillaient à intervalles irréguliers.

« Et vous, qui êtes-vous ? demanda Cherock, fasciné.

- Je suis Orphal, dernière membre du peuple élu de Valyus, le peuple Radiant. Les uniques œufs restant sont mes enfants, attendant de pouvoir éclore. Toi, être humain béni de Valyus, tu portes les yeux de notre peuple. J'ai lu dans ton sang tes expériences passées et vécues, j'ai pris connaissance de l'histoire, que nous sommes d'un autre âge, d'une autre époque. Tu pourrais être celui qui saura les faire éclore, mais pour l’instant, tu n’es que trop faible pour ne serait-ce qu’oser t’aventurer dans le désert où repose notre civilisation.
Prouve que ton âme et ton dévouement à Valyus sont véritables, et retrouve-nous le moment venu. »


Avant que Cherock ne puisse dire un seul mot, une torpeur l’assaillit, et le paysage autour de lui s’effaça ainsi que le sol sous ses pieds. De nouveau, il se retrouva à flotter dans le néant.
Une dernière fois, l’écho métallique et la voix caverneuse d’Orphal se fit entendre. « Et si, un jour, tu rencontres les descendants du peuple des hommes-oiseaux…


Dis leurs que nous regrettons. »


------

Quand Cherock s’éveilla, il faisait jour par la fenêtre de sa chambre, les rayons pénétrant dans la pièce éclairant la chaise sur laquelle s’était assoupie sa mère.
(Mère… Vous avez veillé sur moi toute la nuit ?) pensa, ému, le jeune homme, avant de réprimer un gémissement sur la douleur provenant de son corps meurtri. La blessure sur son menton et sa lèvre tuméfiée lui faisait un mal de chien, l’impression d’avoir une rivière de feu sur le bas du visage.
(Par Valyus, il m’a pas louper le paternel !)
A ces mots, Cherock se souvint des évènements de la veille, et son moral s’affaissa. Il n’avait probablement pas convaincu son père de ses capacités à survivre dans le monde extérieur. Il n’avait même pas réussi à lui porter un coup décent, même sa dernière attaque, magique de surcroit, s’était révélée inutile.

((« Mais tu t’es bien battu. »))

Les dernières paroles de son père lui revinrent en tête. S’il avait dit ça, peut-être était-il possible que… ?

Sortant du lit en grimaçant à cause de ses muscles courbaturés, le jeune homme s’habilla rapidement et sorti de sa pièce en boitant après avoir recouvert les épaules de sa mère d’une couverture.
Descendant avec bien du mal les marches menant au rez-de-chaussée, il aperçut dans la salle principale, près des auvents séparant la chambre de ses parents du reste de la salle, le mannequin sur lequel reposait la tenue de combat de son père. Il s’en approcha, surpris de voir que son père, d’habitude si précautionneux et maniaque avec son équipement, avait laissé des traces de l’impact sur son armure de plates. La raison de cette ‘’négligence’’ était des plus simples : l’acier, à l’endroit où le sort avait frappé, était fondu. Ce que le fulguromancien avait pris pour de simples traces hier en tombant à genoux étaient en fait la noirceur de l’acier meurtri.

« Le moins qu’on puisse dire, c’est que je ne m’attendais pas à ça. »
Se retournant, Cherock vit son père rentrer dans la pièce, venant du jardin un sabre de bois à la main, revenant de son entraînement quotidien ruisselant de sueur.
« En 25 ans de combat, dit Marcus en s’approchant du mannequin, cette armure a connu nombre de dommages, de rayures, d’enfoncement à coups de marteau garzok. Mais tu es le premier qui lui inflige une attaque magique laissant autant de traces ! »

Cherock sourit, puis se senti défaillir et chuter avant que son père ne le rattrape et ne l’amène à une chaise à proximité.

« Oula doucement mon garçon, je n’y suis pas aller de main morte avec toi et tu viens tout juste de te lever, alors ménage toi veux-tu ?

- Désolé Père, je n’ai pas été à la hauteur…

- Qu’est-ce que tu racontes, évidemment que tu ne pouvais que perdre ! J’ai des dizaines d’années de combat derrière moi, et toi tu n’es qu’un apprenti combattant, et encore, tu sembles bien plus doué pour la magie que dans le combat armé.

- C’est vrai que je parais plus doué pour faire des trous dans les armures avec de la foudre qu’avec une épée. » ironisa le mage.

Marcus éclata de rire, avant de poser une main sur l’épaule de son fils.
« Tu sais mon garçon, j’ai réalisé quelque chose lors de notre combat. Tu n’es pas le plus habile pour jouer de l’épée, ni le plus endurant au corps à corps et encore moins le plus précis à l’arc -cette pauvre biche abattue alors que tu visais l’arbre à 15 mètres de toi peut en témoigner-. Cependant, tu as un don, un don pour la magie : vouloir faire de toi un guerrier était ridicule : tu n’es pas fait pour ça.

- Vous m’avez tout de même transmis les bases de l’épéisme Père, et si je ne les maîtrise pas encore, un jour, je saurais vous rendre fier de moi !

- Voilà qui est bien parlé mon vieux ! Et ce jour-là, je te forgerai l’épée qui t’aideras à mettre la raclée de sa vie à ce brave lieutenant des Samouraîs ! »


Hïo venait de faire son entrer dans la petite maison, un grand sac de voyage sur l’épaule, rabattant une capuche du long manteau camouflant ses traits.

« Bonjour Hïo, enfin prêt au départ ?

- Oui Marcus, j’ai finalement réussi à tout faire rentrer, et c’était pas de la tarte, crois-moi !
Aaah, et voici donc la fameuse armure endommagée ? Et bah Cherock, tu as mis le paquet sur ce coup-là !

- Hïo ?? Mais qu’est ce que tu fais là ? Et Père, quel est cette histoire de voyage ? Vous le savez ?

- Non Cherock, tu vouvoies encore tes parents ? Je sais que tu veux les respecter, mais tu ne trouves pas que tu exagères un peu ? dit distraitement Hïo en examinant en détail l’impact de foudre.

- Parle pour toi Hïo, tu sais très bien que je n’ai pas ton franc-parler, il n’y a que toi que je tutoie. Et ne change pas de sujet, de quel voyage vous parlez tous les deux ? Tu pars sans moi ?

- Qui parle de partir sans toi ? » répliqua le jeune forgeron en pointant, sans se retourner, un coin de la pièce.

Cherock suivi la direction pointée par le doigt et son regard tomba sur le packtage d’expédition de son père, comme si celui-ci s’apprêtait à partir en patrouille. Pourtant, appuyé contre le bord du sac, se trouvait son épée courte, rangée dans son fourreau, et une pile de vêtements de voyage lui appartenant.
« Mais… Que… Pourquoi ?

- Cela fait maintenant 2 jours que nous nous sommes battus ; tu es resté inconscient toute une journée. En voyant que tu ne te réveillais toujours pas, ta mère est allé chercher une prêtresse de Gaïa pour identifier la cause de ton inconscience : elle t’a examiné, puis en a rapidement déduis que c’était dû à une mobilisation bien trop importante de fluide élémentaire que du devais te reposer beaucoup plus. Elle nous a rassuré en disant que ce n’était rien de grave, que tu te réveillerais soit le soir même, soit le lendemain.

- Ton père est passé nous voir à la forge, continua Hïo.
Il nous a dit dans quel état tu te trouva, et m’a demandé d’aller seul voir le Père Rolland pour m’occuper des détails de la quête avec lui. Le leurre semble avoir fonctionner, je me suis glisser dans la foule regardant les cynores décollées et les gens ne parlaient que de nous, nous pensant à l'intérieur.

- Oh… Et... Quand partons-nous alors ? »


A peine eut il prononcer ces mots, qu’un fracas de sabots sur des dalles pavés se fit entendre. Un voix sonore et tonitruante se fit alors entendre.

« Gamin ! Bougre d’idiot, on est déjà en r’tard ! Dépêche-toi de ramasser l’aut’e infirme et partons fissa !

- Et bien… Maintenant, répondit dans un sourire le forgeron. Allez prépare-toi avec tes affaires, je vais te faire gagner quelques minutes en parlant forge avec Brumal.

- Ok ! Laisse moi le temps de prendre 2-3 choses et on y va! »

Alors que Cherock se précipitait sur ses affaires, il trouva sa mère réveillée en train de descendre les marches, les yeux lourds de sommeil.

« Mère ! Je voulais vous dire que… » commença-t-il avant que sa mère ne l’enlace, coupant court à ses paroles d’excuses, de remerciements et d’au revoir.

« C’est dur pour moi de voir partir mon fils unique tu sais… Mais… tu me rends tellement fière en tant que mère. Fait attention à toi, s’il te plaît.

Réprimant quelques larmes, Cherock serra fort sa mère contre lui avant de lui affirmer d’une voix déterminer qu’il lui promettait de revenir sain et sauf.
« Merci Mère. »
Il monta ensuite dans sa chambre récupérer quelques affaires, comme le médaillon de Faerunne, sa manchette de fer, et les économies qu’il avait mis de côté. Finissant de rassembler ses maigres possessions, son regard se posa sur le lit qu’il allait quitter, et des flashs lui apparurent.
(Orphal… Les Radiant…)

Cherock regarda par la fenêtre, et aperçu vaguement son regard.
(Mes yeux... Il serait la marque de mon lien avec le peuple de Valyus. Mais comment le croire ? Ca semble surréaliste, complètement improbable. Après tout ce n’est qu’un rêve, tout peut se passer dedans. C’est ça, un banal rêve

Vraiment ?
Non non non, cette histoire est beaucoup trop complexe pour n’être que le fruit de mon imagination. Il faudra que je tire tout ça au clair.
...
Même si je n'ai jamais entendu de personne aillant des visions...)
se promit Cherock.
Néanmoins, il ouvrit la fenêtre et réalisa son rituel personnel lorsqu’il priait Valyus : positionnant devant sa tête ses mains comme s’il tenait un globe d’une vingtaine de centimètres, il fit appel à la foudre pour créer de petits arcs électriques entre ses doigts, index a index, majeur à majeur, etc. Après quelques secondes, il joignit ses mains, concentrant la magie dans sa paume pour l’étouffer, et ferma les yeux.
« Valyus, Dieu éternel de la foudre, de la justice et de la protection, je m’en remets à toi, qui édicta les 8 préceptes.
Je ne sais si le songe de cette nuit est vrai, ou une simple conséquence de mon sommeil dû à l’abus de ton pouvoir. Néanmoins, je ne pense pas être capable d’honorer cette requête, mes capacités ne me le permette pas encore comme l’a dit la voix de mes songes, Orphal.
Je te remercie pour le pouvoir que tu m’as octroyé et qui me permet aujourd’hui de partir à l’aventure. Je jure de m’en servir pour en faire le bouclier foudroyant de mes proches et l’éclair vengeur punissant la cruauté.
Valyus, puisses tu veiller sur moi. »


Rouvrant les yeux, le fulguromancien libéra les étincelles contenues dans sa main, et comme à son habitude, examina leur disposition lorsqu’il les dispersa. Celles-ci se déplacèrent et, l’espace d’un instant, formèrent le un visage a l’allure vaguement draconnique, du moins c’est ce qu’il cru percevoir ; « ou ce que je VEUX percevoir ? » murmura-t-il à voix basse.

« Cherock ! l’appela Hïo, dépêche-toi ! Le vieux Brumal commence à s’impatienter, et mes techniques de frappe du fer à la forge ne vont plus l’occuper très longtemps !

- Je suis prêt j’arrive ! » cria Cherock en retour.

Il descendit les marches les unes après les autres, inspirant l’air familier de sa maison, puis pris son sac, passa l’épée dans son dos, et sorti.
Une caravane d’une demie douzaine de chariots attendaient dans la rue devant chez lui, et le jeune homme aperçu Hïo à l'abri de sa capuche dans le premier d’entre eux, en pleine discussion avec un nain à la peau buriné par le soleil et au crâne aussi rasé que sa barbe était rousse, le dénommé Brumal supposa-t-il.

Son père l’attendait devant chez lui également.
« Ta mère n’est pas là, tu sais comment elle est, avec les adieux…

- Oui, je lui ai déjà dit au revoir.

- Mon Fils… Prend soin de toi. Fait attention à toujours garder ton épée aiguisée, ça ne sera jamais de trop.
Nous t’avons laissé dans le sac tout ce que tu pourrais avoir besoin, une corde, une tente, des habits chaud pour la montagne, bref, tu ne devrais pas avoir de problèmes.
Il y a également une petite bourse de Yus pour t’aider.


- Comment ça une bourse ? Non je ne peux pas l’accepter !

- Trop tard, elle est déjà dans ton sac ! Et tu devrais aussi trouver deux petits paquets emballés dedans, l’un vient du Père Roland, l’autre de ta mère. Ne me demande pas ce qu’ils contiennent, je n’en ai strictement aucune idée ! Mais je pense qu’on peut leur faire confiance, cela te sera sans aucun doute utile à un moment ou à un autre.

- Merci à vous tous…

- Oh, une dernière chose Cherock .

- Oui ?

- Si jamais tu rencontres une jolie Wiehlenoise, ramène-la veux-tu ? On a hâte de devenir grands parents !


- Père ! » s’indigna son fils en rougissant.

Celui-ci parti dans un grand éclat de rire et tapa dans le dos de son fils, le poussant vers la caravane. Cherock se fit aider par Hïo pour monter son sac dans la caravane, ayant du mal avec le poids de son sac alors que ses muscles étaient encore engourdis. Puis il monta sur le siège du conducteur, à côté du fameux Brumal.

« 3 règles à respecter dans ma caravane :
1, pas touche à la marchandise.
2, pas touche à ma femme.
3, le moindre manque de respect au peuple Thorkins ou au Dieu Valyus sera gratifié d’un coup de Dunn’kur entre les deux yeux ! »
conclut-il en tapotant le manche de la hache à double tranchant suspendue à sa taille.

Avec un sourire, Cherock créa un petit arc électrique entre son pouce et son index et déclara « Pour ce qui est de Valyus, le blasphémateur se verra également octroyé une petite électrisation maison !»

Avec un rire tonitruant, le nain déclara :« Ahah ! Tu me plais bien gamin, en route ! »

C’est ainsi que, passant en catimini les grandes portes de l’ouest de cité fortifiée d’Oranan, sous une couverture a l'arrière d'une charrette accompagné du futur célèbre forgeron Hïo Himatori et d’un nain commerçant à la hache facile, le jeune fulguromancien nommé Cherock O’Fall débuta son voyage.



_________________


Haut
 

 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Sam 27 Jan 2018 01:01 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Ven 17 Fév 2017 03:03
Messages: 213
Localisation: Oranan
Dans le chapitre précédent…

Arc du Souffle du Voile

Chapitre LII.2 : La fin d'un périple


C'est devant une petite maison d'Oranan que la caravane de Brumal s'arrêta. Une petite maison de couleur beige et au toit de tuiles brunes devant laquelle attendaient un petit groupe de personnes des plus inhabituels. Parmi eux, on pouvait notamment y apercevoir le forgeron Hamatori, le Samouraï Marcus O'Fall accompagné de sa femme ainsi que le Père Roland flanqué de deux gardes du Temple de Rana. Alors que Cherock descendait de la charrette, le Père Roland vint à sa rencontre.

« Content de te revoir Cherock ! A te voir, le voyage a été éprouvant.

- Bonjour Père Roland, c'est vrai que nous avons eu un paquet de problèmes en route. Mais nous revenons de Mertar en aillant accompli notre mission.

- Tu m'en vois ravi ! sourit le vieux prêtre. Monsieur Hamatori !

- Bonjour Cherock, j'espère que Hïo ne t'as pas causé de soucis, salua le forgeron dans la force de l'âge d'un ton chaleureux.

- Eh papa ! s'indigna Hïo qui venait de rejoindre lui aussi Cherock.

- Ahah, aucun souci monsieur Hamatori ! J'ai confié la Faerunne nécessaire à l'Instru'Vent à Hïo, vous pourrez vous y atteler tout de suite comme ça !

- C'est vrai, d'autant plus que le Rituel du Premier Souffle commence dans quatre jours ! Forgeron, il va falloir vous surpasser !

- Comptez sur moi Grand Prêtre. » déclara l'intéressé en s'inclinant profondément devant le Père Roland.

Cherock s'écarta du groupe et s'avança vers ses parents, restés devant la maison. Lorsqu'il était parti, Cherock n'était encore qu'un adolescent venant à peine de passer l'âge adulte. Même si deux mois seulement était passé, c'était désormais un homme mature qui se dressait devant eux. Il vit dans le regard de sa mère et de son père une fierté émue pour l'une, dissimulée pour l'autre. C'est le bras en écharpe, couverts de bandages à différents endroits et une relique magique à la ceinture que Cherock sourit à ses parents.

« Papa, maman, je suis de retour. »

A suivre…

_________________


Haut
 

 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Jeu 8 Fév 2018 02:18 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Ven 17 Fév 2017 03:03
Messages: 213
Localisation: Oranan
Dans le chapitre précédent…

Interarc : Lame & Faera

Chapitre II.3 : Une famille compliquée


La petite placette en question était étonnement calme, tout le monde étant parti dans les grandes artères de la ville y célébrer la fête de Rana. Cherock n'eut aucun mal à identifier la maison du petit garçon en voyant le garde posté devant. Celui-ci connaissait également Cherock de vue, aussi le laissa-t-il entrer dans la maison. Il y vit une maison tout à fait normale, qui n'avait rien de surprenant. Il traversa la pièce principale à la recherche du jeune garçon et le trouva enfin dans un coin, un jouet en bois entre les mains. Le petit garçon portait un ensemble de vêtements quelques peu usés de couleurs marron, comme on en trouvait partout. Ses cheveux noirs ébouriffés partait dans tous les sens, cachant en partie des yeux marron tout ce qu'il y a de plus commun. Il l'entendit arriver et se retourna brutalement, le regard craintif. Cherock s'accroupit devant lui, mains tendues.

« Doucement bonhomme, je ne te veux pas de mal. Je suis là pour t'aider, d'accord ?

- …

- Je m'appelle Cherock, ajouta-t-il d'une voix douce. Et toi, tu t'appelles comment ?

- …

- Tu ne veux pas me dire ? Pourtant tu peux me faire confiance, dit Cherock en se mettant en tailleur devant lui en souriant doucement.

- … Maman est là ?

- Non, ta maman n'est pas là. C'est pour ça que je suis là, c'est pour pas que tu sois tout seul, on va t'emmener quelque part où tu seras en sécurité.

- Maman m'a toujours dit de pas suivre les inconnus… répondit le petit garçon d'une voix tremblante.

- Et c'est vrai, il faut faire attention aux méchantes personnes. Mais regarde, je n'ai pas l'air d'une méchante personne, non ?

- Non…

- Dis, tu veux voir quelque chose de super ? Regarde mes mains ! dit Cherock en écartant les doigts devant lui : faisant appel à sa magie, il fit danser des étincelles sur le bout de ses doigts qui se baladaient librement entre la pointe de ses doigts. Cool hein ?

- Oh ! Je peux faire la même chose ! » dit l'enfant tout excité, oubliant innocemment sa situation un moment. Il tendit la main devant lui et des petites flammèches jaillirent de ses doigts. Contrairement à Cherock, le petit Evan ne contrôlait pas sa magie parfaitement, loin de là. Une des flammèches sauta de sa main et tomba sur la cape de Cherock qui commença à prendre feu. Surpris, le fulguromancien réagit néanmoins rapidement et étouffa presque immédiatement les flammes naissantes en tapant dessus. Le petit garçon réagi lui de manière plus étrange : en voyant ce qu'il avait fait, il avait poussé un cri avant de se précipiter vers une bassine d'eau et d'y tremper les mains pour éteindre les flammes. Le cri se prolongea en prenant une teinte cette fois douloureuse. Cherock se précipita vers lui et plongea les mains pour retirer celles de l'enfant. Il grimaça à son tour de douleur. (Mais c'est de l'eau brûlante !) Il retira les mains d'Evan avec les siennes puis les secoua pour en chasser la douleur avant d'examiner celles du petit garçon. (Comment je n'ai pas pu le voir ?)

Les mains de l'enfant étaient rouges, avec des traces foncées de brûlures sur tout le dos de la main. Pour s'être brûlé lui aussi par accident étant jeune, l'enchanteur avait lui aussi eu de petites marques de brûlures sur sa main un temps durant, mais rien de comparables avec celles qui abîmaient les mains d'Evan. Prenant un torchon qui traînait sur le dos d'une chaise, Cherock enroba les mains du garçon en le rassurant d'une voix douce, se rappelant des paroles qu'employait sa mère quand il se faisait mal. Visiblement cela marcha lorsqu'il finit par ravaler ses sanglots et sécher ses larmes. Le milicien à l'entrée de la maison était entré suites aux cris mais voyant que le jeune adulte gérait la situation, il ne fit aucun commentaire et reprit son poste.

« Eh mon grand, pourquoi tu as fait ça ? C'est dangereux !

- C'est.. C'est… renifla le garçon entre deux sanglots qui reprenaient de plus belle.

- Chuuuuuuut, calme toi ça va aller, d'accord ? Pleure pas.

- Oui… C'est maman qui m'a dit de faire ça, dit-il après s'être calmé.

- Ta maman ? Mais pourquoi ?

- Parce que mon feu ça brûle… Ca peut tout casser…

- Mais tu pourrais l'éteindre juste avec de l'eau non ?

- Non, maman dit que ça m'apprendra à pu' les utiliser. » répondit tout penaud l'enfant, les yeux encore humides.

(Je comprends mieux pourquoi son ex mari disait qu'elle était dangereuse…) Il avait dit que la femme maltraitait son enfant et que souvent on l'entendait pleurer dans la maison, c'était donc pour ça. Une colère froide monta en Cherock lentement, colère qu'il réprima. (On verra plus tard…)

(Tu étais au courant de ça Amy ?)

(Oui, plus ou moins.)

(Pourquoi ne rien m'avoir dit ?)

(Si tu ne sais pas répondre à cette question, mon cher maître, je ne peux plus rien pour toi.)

Il sentit alors la faera se murer dans un silence mutin, aussi n'essaya-t-il pas plus que ca de lui parler. Il releva plutôt l'enfant et lui demanda gentiment de lui montrer sa chambre.

« On pourrait prendre ton doudou avant de partir non ? Tu as un doudou ? »

L'enfant hocha de la tête en se collant plus étroitement à l'enchanteur, les mains toujours emmitouflées dans le torchon. (Il a l'air de me faire plus confiance.) Il guida ensuite Cherock devant l'escalier et ce qui ressemblait à une porte de placard. Cherock ne comprit pas pourquoi il l'avait emmené ici mais lorsque le petit garçon ouvrit la porte, le regard du jeune homme se durcit. Un tas de paille, une couverture miteuse et un tas de vieux tissus en guise d'oreiller : avec la petite collection de jouet en bois grossièrement taillé qui représentait des animaux, c'était là la « chambre » d'Evan. Une vieille odeur de renfermé atteignit ses narines alors que le petit garçon se retournait avec une poupée très abîmée de lapin dont il manquait un bras. Tout en gardant son sourire, Cherock laissa le petit garçon glisser sa main entourée de chiffon dans la sienne. Il le regarda et lui dit gentiment « On y va ?

- Mmmh, acquiesça l’enfant.

- Tu veux bien me dire ton prénom maintenant ?

- … Evan.

- C’est super comme prénom ! On va marcher un peu dehors Evan, tu viens avec moi ?

- Mmmh. »

D’un pas calme, Cherock mena l’enfant à la milice.

A suivre…

_________________


Haut
 

 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Dim 19 Aoû 2018 13:49 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mar 26 Juil 2016 20:18
Messages: 158
Localisation: Oranan - bibliotheque.
VI.8 Investigation à la librairie.

L’après-midi était déjà bien entamé lorsque nous avons mis le doigt sur la raison des intrusions. Moi qui pensais que ma première mission à la milice serait ennuyeuse, me voilà sur la piste d’un tombeau et du puissant objet magique qu’il renferme. Accompagnés par maître Ashiro, grand archéologue selon ses dires, nous nous retrouvons avec Sylve dans la demeure de cette dernière. Non seulement il s’est imposé dans la mission qui m’a été confié par la milice, mais en plus il s’installe à son aise dans la demeure de ma camarade. Habitué à aller d’un site de fouille ou une bibliothèque sur tous les continents, il ne semble avoir de pied-à-terre nulle part.

"Je suis désolé, il s’est installé dans la chambre où tu t’es reposé la première fois et où j’escomptais t’y laisser dormir." S’excuse Sylve.

Je lui réponds. "Oublie cela. Tant que j’ai un endroit pour ma méditation je n’ai aucune raison d’occuper un lit pour rien."

"Vous avez quelque chose à manger ici ? Je n’ai pas vu le temps passé dans les sous-sols de la bibliothèque et mon estomac crie famine." Nous lance Ashiro en train de fouiller le garde-manger.

(Si nous devons le supporter jusqu’à la découverte de la relique, cela promet d’être véritablement pénible !)

Après s’être fait reprendre par la maîtresse des lieux, l’archéologue s’excuse pour son comportement. Habitué à un traitement de faveur il en oublie parfois les convenances, surtout lorsque ses pensées sont focalisées vers un but précis. Une fois le repas terminé, nous nous attelons à la recherche de l’emplacement du tombeau. Ayant déjà forcé la semi-elfe à de longues recherches à Kendra kâr, celle-ci préfère et de loin, s’occuper de tout ranger pendant que j’examine avec Ashiro une partie des documents qui ont intéressé les voleurs. Etant une femme d’action et non de recherche, je la suspecte de prendre son temps pour ne pas avoir à subir cette tâche.

"Bien ! Jusque-là nous avons réussi à localisé l’emplacement probable du tombeau aux alentours d’Oranan. Néanmoins, plusieurs jours de marches restent tout de même un champ trop large." Dis-je au maître archéologue.

"C’est bien le problème ! Nous sommes au même point que la plupart des chasseurs de trésors. Nous n’avons pas plus de piste pour avancer." Répond-il dépité.

Il se lève de la table et s’en va chercher un verre d’eau.

(Il nous faut une pause ou nous allons devenir fous.)

Je demande à mon interlocuteur pour avoir ce petit moment de répit. "Comment êtes-vous devenu archéologue ? Il y a bien d’autres voies pour un érudit comme vous, plus gratifiantes, alors pourquoi choisir un chemin qui ne mène à aucune famille, aucune maison ?"

(Pourquoi j’ai posé cette question ? A tous les coups il va se moquer de moi avec une histoire de dieu poulet qui lui aurait parlé dans un songe. J’y ai eu droit tout au long lorsque mes questions qui lui ont semblées idiotes !)

A ma grande surprise il ne répond pas dans l’instant. Il a la même attitude que lorsque j’ai évoqué le fiancé mort de Sylve.

"J’ai eu une famille autrefois." Commence-t-il péniblement.

(Ha non quel idiot !)

"Lorsque j’étais jeune, j’étais passionné par les contes et légendes d’antant." Continue-t-il. "C’est durant un site de fouille en Imiftil que je l’ai rencontrée. Une femme exceptionnelle, nous sommes tombés follement amoureux l’un de l’autre. Elle partageait ma passion pour l’archéologie et cela a été comme un moteur. Nous pensions à nous arrêter en s’installant dans une grande ville pour y enseigner, mais une récente découverte nous a poussés à attendre cette ultime expédition avant de s’arrêter."

Je constate sans trop savoir quoi dire dans ces circonstances. "Je ne pense pas de trop m’avancer en disant que les choses se sont mal déroulées."

"Oui. Nous avons ouvert l’accès d’une cavité profonde et aux fondations instables. Tout c’est écroulé autour de nous et elle a disparu sous mes yeux dans une faille qui venait de se créer. Depuis ce jour je me suis juré de continuer nos recherches jusqu’à les trouver." Explique-t-il.

Je l’interroge sentant néanmoins une pente glissante. "Les trouver ? Qu’est-ce qui peut justifier de passer toute une vie d’homme à chercher."

"Une…une caste secrète de magiciens. Ils ont cependant laissé une empreinte dans l’histoire par des bribes de passages les mentionnant, mais personne n’a jamais découvert l’emplacement de leur sanctuaire. On dit qu’il renferme un savoir comme nulle part ailleurs et que ces connaissances étaient convoitées par les forces d’Oaxaca. Si nos plus brillants mages mettaient la main dessus, nous pourrions peut-être renverser la déesse noire." Termine-t-il.

Je lui explique. "Renverser la Déesse noire ? Rien que cela ? J’ai eu le malheur de passer plusieurs décennies à Omyre et croyez-moi, il faudra bien plus que cela pour être simplement capable d’approcher les murs."

"Excusez-moi je…je vais me coucher." Me dit-il en se dirigeant vers l’étage supérieur.

"Votre lit est fait." Déclare Sylve qui semblait nous écouter dans un coin. "Je vais vous y accompagner."

Je reste donc seul, regardant ce vieux pénible avec des yeux neufs. Passer toute une vie dans une quête inachevée et continuer sans cesse pour perdurer le souvenir d’un amour demande beaucoup d’abnégation. Face à moi, de nombreux livres ouverts disposés ici et là, accompagnée par sa multitude de parchemins.

Je continue malgré un manque de motivation évident depuis que maître Ashiro n’est plus à mes côtés. Il faut dire qu’il émane de lui une aura studieuse qui se communique facilement. J’abandonne finalement quelques heures après et me vide l’esprit en m’adonnant à ma méditation. J’émerge avec les idées plus claires. Un petit bout de main, un verre d’eau et je m’en retourne à mon dur labeur ou les mots se mêlent aux illustrations. Les heures passent sans plus d’avancée notable et je rouvre le livre de la guilde sur les légendes. Peut-être que j’y trouverais une note à laquelle je n’avais pas fait attention.

(Tout ce ressemble c’est dingue ! J’ai l’impression d’avoir feuilleté ce livre des centaines de fois. Même cette chapelle je l’ai déjà vue avant. Je l’ai déjà vue avant ?)

Je prends un par les tous les documents amassés, cherchant où j’ai bien pu voir ce bâtiment. Dans ma précipitation je fais tomber les livres au sol dans un vacarme et les bruits de bas à l’étage du dessus m’indiquent que j’ai réveillé ceux qui dormaient encore.

(Non je suis certain de moi, j’ai déjà vu cette chapelle, mais où ?)

Sylve déboule au rez-de-chaussée arme à la main guettant un éventuel adversaire, tandis que l’archéologue est accompagnée d’une mine désagréable du type qui n’a pas fini sa nuit.

"Tu m’expliques ce capharnaüm ?" Me demande Sylve devant le désordre que j’ai généré.

"La chapelle ! Je dois trouver la chapelle !" Lui dis-je presque comme un fou en feuilletant les pages d’un livre frénétiquement.

"Vus devriez faire une pause. Il n’est pas bon de laisser son esprit être obnubilé par une recherche. Aussi importante soit-elle. Moi-même j’ai souvent cru voir des choses durant mes recherches." Déclare l’archéologue.

"Haaa vous ne comprenez pas ! Je l’ai vraiment vu !" Dis-je en me prenant l’arrière de la tête entre les mains.

Je déambule dans la pièce principale comme un damné et me remémore l’endroit où j’ai vu ce maudit bâtiment. Et soudain je m’arrête en la voyant.

Je demande à ma camarade en pointant du doigt le portrait familial où ses parents posent devant un édifice. "Sylve ! Ce tableau de tes parents, où a-t-il été réalisé ?"

"C’est…c’est…je ne me rappel plus le nom de la ville. De toute façon elle a été réduite en cendre par les Garzocks il y a quelques temps. Pourquoi ?" M’explique-t-elle alors que je m’avance avec mon livre en main.

Je lui réponds. "Parce que le bâtiment derrière tes parents ressemble trop au dessin de mon livre où apparaît Ezéria pour n’être que le fruit de l’imagination de l’illustrateur. Nous ne savions pas où chercher ce maudit tombeau, maintenant nous avons une piste."

"C’est notre seule indice et c’est toujours mieux que de ne rien faire ! Mangeons un morceau avant de faire les préparatifs !" Déclare Ashiro.

"Parce que vous venez ?" S’insurge la semi-elfe.

"J’ai participé à la recherche de nombreuses sépultures et ruines antiques. Croyez-moi, charmante demoiselle, il vous faudra mon expérience si vous voulez vous en sortir vivant." Sourie le vieil homme.

VI.10 demande à Akiko.

_________________

Italique : langue Shaakt
Normal : langue commune

Multi de : Jorus Kayne et Relonor


Haut
 

Afficher les messages postés depuis:  Trier par  
Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 217 messages ]  Aller à la page Précédente  1 ... 11, 12, 13, 14, 15


Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 0 invités


Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets
Vous ne pouvez pas éditer vos messages
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages

Aller à:  
Powered by phpBB © 2000, 2002, 2005, 2007 phpBB Group  

Traduction par: phpBB-fr.com
phpBB SEO

L'Univers de Yuimen © 2004 - 2016