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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Dim 25 Oct 2015 13:01 
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Où aller ? C'est là toute la question. Tu dois fuir mais où ? Tu déambule dans les rues, hanté par cette question quand un groupe d'homme en arme débarque dans la rue, brandissant un parchemin sous les yeux des passants.

Une main te tire soudain dans une ruelle voisine.

"Un avis de recherche. Chuchote une voix que tu reconnais aussitôt. Tu as réussi à te mettre dans de beaux draps... Je ne sais pas pourquoi, je ne suis même pas étonné."

C'est le vieil homme que tu as rencontré par le passé. Son regard est toujours aussi bienveillant, quoique semblant porter quelques inquiétudes.

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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Dim 25 Oct 2015 16:29 
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Evelyn relâcha sa prise sur le manche de sa dague lorsqu'elle reconnut la voix. Inconsciemment, elle ne put s'empêcher de sentir de nouvelles larmes lui emplir les yeux. D'aucuns auraient pu penser qu'ils se trouvaient à présent secs après le deuil imposé de la perte de Ghislain, une perte orchestrée par sa propre main, par sa propre vanité, mais le fait de retrouver le vieillard la replongeait des années en arrière, dans une situation similaire.

Elle était alors perdue pour tous, une simple pauvre créature de plus à hanter les bas quartiers de Kendra kâr, pour tous sauf pour lui.

Retenant un long sanglot, elle évita de rompre le contact malgré la poigne osseusse de la main sur son bras. Il y avait quelque chose de réconfortant dans ce contact, quelque chose qui lui permettait les dernières mains qui s'étaient posées sur elle, sur sa gorge, lavant son épiderme de toute trace de violence.


~ Ca fait deux fois vieil homme. Je vais finir par croire que tu me suis.

Elle essaya de composer un sourire malgré les larmes de soulagements qui lui inondaient les yeux, les levant vers lui, se rappelant de sa taille imposante et de sa maigreur de revenant.

~ Tu n'as pas beaucoup changé. Comment c'est possible ?

La question n'en était pas vraiment une, une simple remarque, sa présence suffisait. Elle aurait voulu se blottir contre lui et disparaître dans les plis de sa bure sombre comme elle l'avait fait plus jeune. Mais à vingt ans révolu elle ne pouvait plus se le permettre. S'écartant doucement avant de poser une main sur son bras pour l'inviter à la lâcher, elle essuya d'un bref revers de la main les larmes qui continuaient à humidifier ses joues rougies par l'air matinal.

~ Il y a des choses qui ne changent pas n'est-ce pas ? Une idée peut-être ?

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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Dim 25 Oct 2015 16:49 
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Le vieil homme te lâcha.

"Je suis content de te revoir, moi aussi, mais j'ai bien peur que nous ne manquions de temps. Il faut que tu partes au plus vite. Que tu quittes la ville. L'heure n'est pas encore venue pour toi de mourir."

Il sourit :

"En fait je te cherchais. Il y a eu... un signe. Un appel que je ne peux suivre. Mais je pense que toi tu pourrais."

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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Dim 25 Oct 2015 17:48 
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La jeune femme hocha la tête aux premiers du vieil homme, elle était d'accord. La ville était devenue bien trop dangereuse, avec le maître dans le coin elle ne pouvait se permettre de prendre son temps. Laisser une bonne partie de sa vie derrière elle ne l'enchantait pas, mais c'était le prix pour continuer à vivre d'après son interlocuteur et comme sur beaucoup de points, elle ne prit pas la peine de douter ne serait-ce qu'un instant de ses paroles. Il n'avait jamais profité d'elle, n'ayant été pour elle que gentillesse et secours durant la brève période qui avait uni son destin à celui du vieillard, elle lui aurait confié sa vie sans hésiter.

Chose étrange, pour un homme qu'elle n'avait vu que deux fois dans sa vie. Elle aurait pu s'attendre à plus de méfiance de sa part, surtout en ce moment, alors que tout ce qu'il pour quoi elle avait travaillé se retournait contre elle, que son plus vieil ami avait tenté de la tuer.

Mais le sourire du vieillard avait le don d'effacer les craintes de la jeune femme, tout comme son bref contact avait eu celui de la calmer avec la tentative de meurtre de Ghislain.


~ Je ne sais pas quoi te répondre, mais si ça me permet de sortir d'ici avec la tête sur les épaules...

Il aurait pu s'agir d'un signe, d'un feu d'artifice ou d'un garzok catapulté à travers les airs sur le dos d'un mouton ailé qu'elle aurait tout autant bu les parôles de l'homme. Une nouvelle fois il lui offrait un espoir de survie. Il avait un jour sauvé son esprit et il s'apprêtait à en faire de même avec son corps. Il ne cessait étrangement de l'éloigné du doux repos accordé par Phaïtos. Un brin ironique, mais elle n'avait pas le temps pour le lui faire remarquer.

~ Dis moi juste par où aller. Je ne voudrais pas qu'on nous voit ensemble. Le maître pourrait chercher à te faire parler...

Observant les environs, se rassurant de ne découvrir aucune autre présence dans la ruelle sombre, elle ne pouvait néanmoins s'empêcher de tendre l'oreille et de saisir le pas pesant des sbires qui avançaient le long de la rue attenante en arrêtant tous les passants matinaux pour leur glisser l'annonce sous le nez. Quelqu'un risquait de l'avoir vu entrer dans la ruelle. Sa phrase ne sonnait néanmoins pas juste, l'homme n'était pas à son service, elle ne lui demandait pas de disparaître pour son seul bien être.

~ Je veux dire... Je m'en voudrais s'il t'arrivait quelque chose. Tout est de ma faute. Ghislain en a déjà payé le prix..

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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Dim 25 Oct 2015 20:46 
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Il soupira, l'air presque mélancolique :

"C'est un appel qui vient des montagnes. D'un endroit oublié depuis longtemps, mais qui était jadis fort célèbre. Le siège des Lord Nécromants... la seigneurie d'Endor. Des hommes sont venu pour m'inviter à les y rejoindre. Mais quoi que tu en dises, j'ai beaucoup vieilli, et je ne suis plus en état pour un tel voyage... Un nouvel ordre appel un nouveau sang, j'imagine. Tu les rejoindras en leur disant que tu viens de la part du "vagabond aux mots blancs". Ils comprendront."

Tout en disant cela, il te tirait plus loin. En effet, ce n'était qu'une question de temps avant que les hommes d'armes n'arrivent à votre hauteur...

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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Dim 25 Oct 2015 21:50 
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Le visage du vieillard sembla se décomposer alors qu'il l'attirait plus loin dans la ruelle. Comme si le temps le rattrapait finalement. Il se faisait vieux, mais visiblement son audition n'avait pas perdu de son efficacité avec le temps. Contrairement à sa logique peut-être ?

Il commença alors à l'entretenir d'un appel, loin dans les montagnes au nord. Emanant de ce qu'il appelait les "Lords Nécromants". Elle ne savait à quoi s'en tenir avec un titre pareil, s'agissait-il vraiment du type d'appel qu'il souhaitait pour elle de suivre ? Des histoires d'ordres et de nouveau sang ?

Elle comprenait à travers ses mots qu'il était bien plus qu'il ne pouvait apparaître au premier regard. Un homme mystérieux, certes. Après tout les vieillards ne l'étaient-ils pas en général dans les histoires ? Car oui, cette affaire lui semblait tout droit sortie de l'un des contes que lui narrait sa mère alors qu'elle était enfant. L'histoire d'une jeune femme, obligée de tout quitter pour rejoindre un ordre étrange de magiciens et finalement sauver le monde. Elle ne s'imaginait pas dans le rôle de l'héroïne, trop jeune pour elle et surtout beaucoup moins pauvre. Mais celle-ci se trouvait toujours accompagnée de nombreux compagnons de route. Après tout.. pourquoi pas elle ?

~ Partir dans les montagnes, chercher les Lords Nécromants, leur dire que je viens du vagabond aux mots blancs. C'est tout ?

Ils approchaient de la fin de la ruelle. Bientôt ils sortiraient sur l'une des arterres marchandes de Kendra Kâr, elle pourrait alors se glisser dans la foule, aidée en cela par le manteau dont elle avait dépouillé Ghislain.

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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Dim 25 Oct 2015 22:01 
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Derrière vous, une voix crie de vous arrêter. Il sourit tristement, l'ignorant royalement :

"Comme j'aimerais être à ta place... mais mon temps est achevé et je vais rejoindre mon dieu. Ne soit pas triste pour moi. Fais ce que je t'ai dit et, lorsque je paraîtrais devant le grand dieu, je pourrais lui dire que j'ai fais ce que j'avais à faire."

Puis il se détourne tranquillement... et se dirige vers les hommes d'armes d'un pas tranquille. Il se tient droit, fier, et tu perçois les veinules noirs d'une magie longtemps enfouie. La magie noir du dieu de la mort qui coule dans ses veine et se réveil pour accompagner l'âme de tes poursuivants vers la mort... ainsi que la sienne.

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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Dim 25 Oct 2015 22:28 
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~ Vous ! Retenez cette femme ! Arrêtez !

La voix retentissait le long de la ruelle alors que les sbires du maître s'enfonçaient de plus en plus entre les murs. Evelyn renâcla, cherchant à faire lâcher prise au vieillard. Il ne devait pas être attrapé avec elle, sinon ses dernières années sur cette terre se transformeraient en jours. Longs et douloureux.

Mais le vieillard n'avait cure de ses gesticulations, il l'entraînait toujours plus près de la foule, d'une force surprenante pour son âge. Sa poigne était d'acier et bientôt son mouvement se fit celui d'un taureau. L'ayant fait passer devant lui, il maintint un bref instant à son niveau, lui rappelant ses instructions tout en lui signifiant ce qui ressemblait fort à des adieux, avant de finalement la pousser sans lui laisser le temps d'argumenter, de tenter de le convaincre. Il l'avait ignoré comme il avait ignoré les cris des hommes vers lesquels il se dirigeait à présent, le dos soudainement droit, toute la rigidité de l'âge l'ayant visiblement quitté en même temps qu'Evelyn.

Elle hésita un instant, ne pouvant qu'observer le vieillard s'éloigner d'elle pour affronter un destin qu'ELLE avait placé sur sa route.

Il n'avait plus trace de la gentillesse de l'homme dans la dureté affichait du dos qu'elle discernait de moins en moins. Toute la candeur du vieil homme avait laissé à une froide aura qui provoquait un long frisson dans l'échine de la jeune femme.

Elle ne le souhaitait pas et pourtant c'est sans un regard en arrière qu'elle quitta la ruelle, traversant rapidement la rue avant de calmer son allure, la calquant sur un petite groupe de badaud qu'elle se mit à suivre comme si elle en faisait partie. Ignorant si l'homme pourrait les retenir longtemps ou seulement si son subterfuge lui permettrait de leur échapper, elle quitta le groupe au bout de quelques minutes, remontant rapidement le principal axe de Kendra kâr pour se diriger vers la porte nord.

Avec une telle population dans les rues, les sbires du Maître ne pourraient plus la traquer à leur guise et ils ne bénéficiaient pas encore de l'influence nécessaire pour se faire aider par la garde, aussi ne compta t-elle pas sa fatigue ni les douleurs qui assaillaient ses bras et cuisses alors qu'elle passait à grand pas sous l'imposante arche qui devait pour la première fois lui faire découvrir la vie en dehors de la ville.


~ Pars vers les montagnes au nord, cherche les Lords Nécromants.

Elle se remémorait les paroles de l'homme dont elle ne connaîtrait jamais le nom, destinée à ne le connaître que comme le "vagabond aux mots blancs", tout en suivant ses indications. Elle se dirigeait vers le nord, avec Kendra kâr dans le dos et bien décidée à n'y plus jamais poser le pieds.

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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Mar 3 Nov 2015 19:11 
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Perdue

Rose-Ebène était à présent devant la maison qu'elle avait repéré quelques temps auparavant. La pleine lune soulignait les trous béants qui un jour avaient été des fenêtres comme autant de cicatrices laissées à même la pierre. Si la façade de cette maison avait été un visage humain, ce visage aurait été mmonstrueux. Les fissures telles des veines ouvertes ruisselaient d'obscurité.
Rose-Ebène franchit le pas de la porte sans grandes convictions. Une forte odeur d'urine lui emplit les narines. Elle ne put retenir un haut le cœur.

"Il y a quelqu'un?"

L'obscurité resta muette.
Elle était pourtant persuadée que quelqu'un avait élu domicile ici. Du moins cela était il arrivé au moins une fois. A moins que cette odeur désagréable n'ait été laissée par des animaux de passage

Elle s'enfonça un peu plus dans la maison arrivant dans une salle qui avait dû être une salle à manger dans un autre temps. Les ouvertures étaient larges, suffisamment pour laisser la lumière lunaire pénétrer dans le lieu.
Elle ne remarqua personne.
Elle n'eut pas le courage de monter à l'étage. Elle se sentait lasse et de toute manière l'escalier semblait avoir été gagné par la pourriture depuis longtemps.
Elle étala au sol son manteau dans un coin un peu plus obscure de la pièce en se jurant de le laver dés que l'occasion se présenterait. Elle imaginait déjà l'odeur du lieu imprégnant ses vêtements pour des jours entiers...
Elle fit de son sac un oreiller et mit son arc et ses flèches juste à côté d'elle. Elle utilisa la cape que Médéric lui avait donné comme une couverture qui grâce à la semi obscurité du lieu la dissimuler quelque peu. Elle était néanmoins une proie facile et elle ne l'ignorait pas. La fatigue était malgré tout plus forte mais aussi et surtout la faim qui l'avait gagné depuis un petit moment déjà. Elle ne se sentait pas de marcher encore des heures et des heures avec cette sensation qui lui tenaillait le ventre. Elle préférait essayer de l'oublier en dormant, ce qui se révéla bien plus compliqué que ce qu'elle le pensait. Le lieu n'était de plus guère propice au sommeil et mêlé aux odeurs l'humidité et le froid glaçaient de manière lente et sournoise son corps.
Elle finit cependant par trouver le sommeil. La fatigue accumulée pendant la journée mais aussi pendant tout ce voyage jusqu'à Kendra-Kâr avait eu raison d'elle. Et d'une certaine manière la rudesse de la pierre qui constituait le sol de la maison était équivalente à celle du sol argileux des bois. Il lui manquait seulement un feu qu'elle ne pouvait pas allumer ici. Mais au moins disposait elle d'un toit pour la protéger, au moins partiellement des intempéries.

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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Lun 9 Nov 2015 23:00 
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Le sommeil avait gagner Rose-Ebène sans qu'elle ne s'en soit rendue compte. Elle rêva alors qu'elle était dans une forêt luxuriante. Après avoir marché quelques temps elle se retrouva dans une clairière où une cascade s'écoulait à grands fracas. Elle ne tarda pas à se déshabiller et à se laisser aller à la douceur de l'eau roulant sur sa peau. Les yeux clos elle se sentit étonnement détendue. Elle avait l'impression de prendre une véritable douche de vitalité. Les yeux clos elle se laissa bercer par le bruit de l'eau, la sensation... L'eau était un peu froide mais elle avait pris l'habitude. Au printemps dans les montagne elle allait sous les cascades toutes glacées encore des neiges juste fondues.

Elle ouvrit les yeux et découvrit une biche non loin d'elle. Elle s'en approcha. A sa grande surprise, cette dernière se laissa caresser. Un rayon de soleil tombait sur elle et faisait luire son pelage. Rose-Ebène se rhabilla et s'enfonça dans la forêt. Elle découvrit alors après quelques temps une curieuse clairière où deux rosiers avaient pousser: l'un donnait des fleurs d'un rouge profond, l'autre d'un noir d'encre. Alors qu'elle s'en approchait une femme la rejoint.

C'était une très belle femme, grande et fine. Elle avait un teint légèrement rosé qui accentuait le vert de ses yeux. Elle avait de longs cheveux châtains foncés avec des reflets roux.

"Rose-Ebène, nous devons parler je crois"

"Qui êtes-vous?"

"Je suis la personne que tu veux que je sois. Mais ceci importe peu. Je suis ici pour te révéler ce que tu désires au fond de toi. Regarde ces deux rosiers, si éloignés l'un de l'autre et pourtant si proches... Ils ne doivent pas se faire la guerre comprends-le. Ils doivent cohabiter ensemble en un même lieu".

La biche réapparut. Elle se plaça aux côtés de Rose-Ebène qui passa sa main dans sa fourrure. Un loup noir apparut alors. Il s'assit juste à côté de la femme sans se montrer menaçant envers la biche:

"Ils sont les deux parties d'une même pièce."

"Je ne comprends rien."

"Tout s'éclaircira bientôt. N'oublie pas que comme eux tu peux être aussi douce que féroce. Tu es l'eau. Elle s'écoule et vit en toi. Quoiqu'il arrive sache que seuls tes choix peuvent faire de toi une personne mauvaise. Ta nature n'en est pas la cause."

"Ma nature? S'il-vous-plaît..."

"Tu comprendras bien assez tôt. Tu es forte Rose-Ebène n'en doute jamais".

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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Jeu 3 Déc 2015 11:28 
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Les gouttes, une à une, tombaient mécaniquement dans le seau à quelques mètres du lit. La régularité du son rassurait Jeanne. Là où d’autres connussent l’angoisse terrible d’une insomnie accablée de la monotonie du concert de la pluie sur le fer, elle accueillait cette petite pique de la normalité avec délice, brisant les gémissements de douleur de son compagnon. Pâle comme un linge, Bruno frémissait. Au moins avait-il cessé de bouger dans tous les sens depuis qu’elle l’avait tourné vers elle et fait reposer sa tête sur son ventre, contre ses seins. De son front perlaient de grosses gouttes de sueur qui tombaient invariablement sur la peau de sa femme, coulant ensuite le long des formes de Jeanne, vers ses hanches, avant de rejoindre le drap trempé. D’une main, elle caressait le crâne chauve de son mari afin de l’apaiser tandis que l’autre s’aventurait sur les côtes meurtries de celui-ci. Lorsque ses doigts passaient le long de la plaie, elle tournait le long des boursouflures qu’elle savait noires, désormais, avant de passer sur l’étrangement agréable croûte de sang séché.

Depuis l’agression, elle n’avait pas vraiment réussi à dormir. Bruno, lui, ne faisait plus que cela. Dès qu’elle fermait les yeux, elle revoyait le sang couler autour de celui qui partageait sa vie depuis son adolescence. Le corps allongé sur la terre boueuse d’une ruelle, il n’émettait alors que de longues suffocations qui s’accompagnaient d’un sifflement venu de son flanc. Ils rentraient d’une livraison dans une auberge, en pleine nuit. Prenant un raccourci par une petite ruelle pour rejoindre leurs pénates, ils discutaient banalement des préparations pour les commandes du lendemain. Aimant, Bruno plaçait toujours son bras sous celui de Jeanne lorsqu’il était guilleret, comme après une affaire aussi fructueuse que celle de cette nuit-là. Sans faire attention, il bouscula un jeune homme en noir à côté d’un tonneau. Les choses allèrent alors rapidement. En moins de temps qu’il ne fallut à Jeanne pour crier à l’aide, couvrant les insultes des deux autres personnes qui sortirent de la pénombre, une dague pénétrait à quatre reprises son mari. La suite ne fut que fièvre et peine. La plaie s’infecta au matin et les beaux yeux verts de son aimé se couvrirent peu à peu d’un voile laiteux.

En repensant aux événements du début de la semaine, elle finit par tomber dans un semi-sommeil salutaire mais bouleversé d’images terribles. La lumière du jour traversait la pièce par les trous de la toiture lorsqu’elle ouvrit les yeux. La peau de Bruno semblait plus pâle que la veille. Et probablement moins pâle que demain, pensa-t-elle en essuyant une larme le long de sa joue. Elle remit les cheveux bruns de son mari derrière son oreille tendrement, puis déposa un baiser sur son front humide avant de sortir du lit et de remonter l’épaisse fourrure qui leur servait de couverture jusqu’aux épaules du malade. D’un mouvement lent et d’une parole incompréhensible, il la chercha d’une main dans le lit avant de retomber dans l’inconscience. Elle fit une brève toilette grâce à l’eau de pluie qui avait coulé dans la nuit, effila sa robe ensanglantée et descendit préparer la viande. Une fois dans l’arrière-boutique, elle noua son épais tablier en cuir et commença à couper les restes de côtes d’agneau qui lui restait de la veille. Après avoir enlevé au couteau le sel qui formait une croûte avec le sang de la bête, elle les élima au tranchoir afin de vendre au détail ces pièces. On frappa à la porte de service alors qu’elle les mettait à mariner dans un jus de citron au persil et à la ciboulette. Un vieil homme aux longs cheveux blancs tenait un bœuf en laisse. Ses yeux noirs cerclés de cernes la regardaient avec une certaine déception.

« Il n’est toujours pas réveillé ?
— Il se réveille de temps à autre. Bonjour Alain.
— Ça ne s’annonce pas très bien, donc ?
— Pas vraiment. »
Le fermier regarda ses chausses en cuir couvertes de fumier. Ses braies usées furent bousculées par une caresse pressée de la tête de l’animal, à laquelle il répondit doucement, grattant les oreilles poilues avec bonté.
« Merci de ta sollicitude, mon ami. Mais je ne me fais plus de doute.
— Comment est sa plaie ?
— Noire de mort. Pouvons-nous ne plus en parler ?
— Excuse-moi. Je vous renvoie encore jouer dans mes champs au printemps de vos vies. »

Jeanne le fixait, touchée et en colère. Contre l’absurdité inexorable de la perte de son amour, contre la violence qui touche le cœur des hommes, contre le destin. Et contre ce proche qui le lui rappelle. Son nez se remontait par à-coups, comme à chaque fois que son sang bouillait dans ses veines. Un silence glacial s’en suivit, qu’Alain ressentit comme une éternité.

« Je suis désolé. Voilà la bête. Un bœuf à viande, en pleine forme. Tu devrais pouvoir en tirer suffisamment.
— Suffisamment pour ? »

Il passa sa main sur l’épaule de la bouchère.

« Pour rien. C’était maladroit. » Ses doigts allaient avec affection le long des joues de la femme meurtrie. « Tout le monde n’est pas ton ennemi. Tu as besoin d’aide pour le monter sur le crochet ? »

Ce fut au tour de Jeanne de s’empourprer et de fixer le sol. Sa paume couvrit la main d’Alain.

« Volontiers. Je vais chercher la masse. »

Elle conduisit la bête sur le pavé et, après quelques gestes d’apaisement, lui asséna un puissant coup sur le haut de la tête afin qu’elle s’évanouisse. Les deux amis la traînèrent ensuite vers l’arrière-boutique et la placèrent avec difficulté sur la grille inclinée contre un mur, au-dessus d’un énorme entonnoir qui servait d’évacuation. Une bourse changea alors de main.

« Je t’amène quelque chose dans trois jours, je pense. Je te laisse tout le courage qui reste dans mes vieux os.
— Nous nous revoyons bientôt. »

Ils s’embrassèrent et Alain repartit, voûté par l’âge et la tristesse. D’une section au niveau de la gorge, un flot pourpre éclaboussa Jeanne, se déversant sur le sol. Bougeant avec fureur, les sabots volèrent auprès de la bouchère, mais elle se tenait suffisamment loin, habituée. Elle alla patienter de l’autre côté de la pièce et déposa une offrande sur l’autel couvert d’hémoglobine séchée. De la flamme d’une bougie, elle alluma un encens et se mit à prier.

« Merci Yuimen pour ce bœuf. Il a vécu paisiblement et est parti sans peine, comme tu le commandes. Il comblera la faim, et par sa mort permet nos vies, comme tu l’as voulu. Nous glorifions ton nom pour tes bienfaits et t’offrons nos pensées, comme tu le désires. »

Une fois tous les gestes nerveux du bœuf disparus, elle commença à sectionner les membres antérieurs au niveau des genoux, qui furent ensuite placés sur des crochets afin d’écarter la carcasse au maximum. À l’aide d’une pique, elle retira cœur, foie, poumons et vessie. Commença alors le traçage du cuir, à l’aide d’un épais couteau, en faisant attention à ne pas salir les muscles avec les saletés environnantes, puis sectionna les membres inférieurs. Elle souffla tant il était complexe d’enlever l’ensemble du cuir. C’était la partie que Bruno faisait le plus, bien plus habitué qu’elle. Ensuite, les tripes furent enlevées et éparpillée sur le sol. Une fois tout cela fait, elle scia la carcasse en deux au niveau de la colonne vertébrale afin de pouvoir attaquer le gros du travail. Ces gestes précis et routiniers la plongeaient dans un état agréable, qu’elle chérissait en ces jours difficiles, à moitié consciente, à moitié perdue dans ses pensées.

En milieu d’après-midi, alors que Jeanne travaillait, à la feuille de boucher, la viande sur le comptoir de sa boutique, sa première cliente signala son entrée de la petite clochette au-dessus de la porte. Une grande blonde vêtue sobrement s’avança. Ses cheveux couverts d’un fichu brun dépassaient rarement sur son gilet vert tandis qu’elle soulevait précieusement sa robe grise afin de ne pas la tacher de sang qui couvrait toujours un peu le carrelage de la boutique. Elle était suivie d’un jeune homme emmitouflé dans un tas de fourrures sombres qui lui barraient le visage au niveau de son nez aquilin. De longs poireaux dépassaient d’un énorme panier en osier qu’il laissait reposer sur ses fines hanches tout en le soulevant par l’anse de ses deux mains. Jeanne trancha une nouvelle fois dans un claquement qui résonna dans la boutique avant de poser son ustensile et de saluer la cliente.

« Bonjour Corène. Je ne m’attendais pas à une nouvelle commande si tôt.
— Bonjour. Il y a du monde en ville, l’auberge semble comme assiégée. Tu pourrais me rallonger par rapport à ce que je te prends d’habitude. J’ai amené le gosse, comme je sais que les livraisons vont être difficiles ces temps-ci…
— Je viens d’abattre un bœuf, » répondit-elle, ignorant le môme et la dernière remarque. « Tu seras la première servie dessus.
— Pas un rachitique j’espère. D’exploitation ou de viande ?
— De viande. »

Corène avait la sale habitude à mettre quelqu’un joyeux en rogne en quelques minutes. Mais vu l’état d’esprit de Jeanne, elle n’arrivait pas à faire semblant. Sa dernière réponse fut sèche et lancée comme une insulte. La cliente relevait déjà les yeux au ciel, comme si on lui faisait perdre son temps. Après un tour dans l’arrière-boutique, elle apporta une partie de la marchandise déjà préparée. D’un signe de tête, elle lui demandait si cela convenait, puis empaqueta le tout dans un linge propre.

« Une vingtaine.
— Quoi ?
— Une vingtaine de yus. C’est de la bonne viande, fraîchement abattue, et ce sont les meilleurs morceaux. Vingt yus. Tu sais très bien que d’autres restaurants prendront et je sais très bien que tu les as. Je ne suis pas d’humeur. Vingt yus et nous repartons toutes deux travailler. »

Jeanne savait très bien qu’elle augmentait drastiquement le prix. Corène savait très bien qu’elle n’avait pas le choix. Les pièces s’étalèrent sur le comptoir. Guy, le fils de la mégère, se mit à attraper le paquet, direction le panier. Alors qu’il tendait le bras pour l’attraper, sa manche se souleva, laissant apparaître une tache sur le bas de son poignet à laquelle la bouchère n’avait jamais fait attention. Une petite tâche, comme de naissance ou de peau brûlée, en forme d’étoile. Elle ne l’avait jamais remarqué auparavant, mais là, elle ne pouvait passer à côté. Les yeux écarquillés, elle resta coite quelques instants, pressant sa main sur le tranchoir. Une seule envie passait dans son esprit : traverser de la lame la tête de l’adolescent.

« Tout va bien ? Bon, on se dépêche, il faut encore passer chercher du vin. À bientôt, et mes vœux à Bruno. »

Elle se reprit et les salua alors que le fils et la mère lui tournaient le dos, le panier cognant contre la porte. Elle repassa dans sa tête ce qui venait de se passer. Pas de doute, la marque sur l’avant-bras de Guy était la même que celle qu’avait l’agresseur de son mari. Elle l’avait distinguée alors qu’il retirait sa dague de la chaire de son mari. Pas de doute, il s’agissait de la même. Elle tourna l’information dans tous les sens pendant le reste de la journée, restant distante et absente au ballet des clients qui se présentaient. Ce n’est qu’en fin de journée qu’elle se décida : elle irait épier le garnement, et lui rendrait la monnaie de sa pièce. Elle dégagea la carcasse des crochets et travailla les os puis mis en sel l’ensemble de la viande qui n’était pas partie pendant la journée. Après un repas frugal, elle alla embrasser Bruno, se recouvrit d’une large mais légère cape sombre dont elle tira la capuche sur son visage, et se dirigea vers l’auberge de Corène. Elle n’était pas très loin de sa boucherie, plus proche de la place sur laquelle trônait la caserne de la milice, à l’angle de deux grands boulevards. Son échoppe était plus enfoncée dans le quartier du port, là où les gens louches trouvaient à faire tous les soirs, et où les pauvres se démenaient tous les jours.


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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Dim 6 Déc 2015 20:54 
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Le tablier à la main, elle se hâta de retrouver son compagnon. Si ce ne fut quelques courbatures, elle se sentait comme le jour de ses vingt ans, pimpante et en pleine forme. Les embruns salés parcouraient son visage avec délicatesse, embaumant la journée d’un air sain, balayant la nuit terrible de la veille. Une fois arrivée chez elle, elle s’attarda à border Bruno, qui n’avait pas remarqué son absence. Elle s’allongea à ses côtés, le serrant dans ses bras avec affection. Son sommeil agité se calma alors, quelques instants. Une fois lavé rapidement, elle le fit boire de l’eau sucrée, ramena la couverture à ses épaules de nouveau et s’occupa de la préparation des prochaines commandes. Elle fut capable ce jour-là de porter les fardeaux et les malheurs qui pesaient sur elle bien mieux que n’importe quel autre jour depuis l’agression de son mari, malgré sa précédente sortie nocturne aux fatales conséquences. Peut-être grâce à la bonté d’Eryn, ou encore au fluide dont il avait parlé et dont elle sentait parfois la chaleur couler dans ses veines. Elle pensait à tout cela, mais une autre réponse venait en elle. Elle n’avait jamais été mieux de sa vie qu’au moment précis où elle arma son coup en pensant trancher la jugulaire de celui qui lui causa tant de mal. Jamais. Les clients ne se bousculaient pas ce jour-là. Les auberges et restaurants du quartier s’étaient passé le mot la veille qu’un bœuf venait d’être mis à la découpe. Il ne s’agissait alors le lendemain que de retardataires. Jeanne se contentait avec joie de cette calme journée. Ses mains tranchaient la viande, mais sa tête fuyait ailleurs, aux recoins des ruelles sombres. La justice nécessitait des personnes fiables et honnêtes, elle l’avait toujours pensé. Mais désormais, elle prendrait sa part du fardeau et rendrait le monde meilleur.

« Parfois, la justice a besoin d’une bouchère, » grommela-t-elle, un sourire aux lèvres, au fil de ses pensées, alors qu’elle déversait des abats dans une énorme bassine dans l’arrière-boutique.


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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Lun 7 Déc 2015 11:04 
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« C'est pas possible, c'est pas possible, c'est pas possible ! » s'exclamait Anastasie en boucle devant le miroir de sa chambre.
« Calme-toi, Anastasie, » tenta de l'apaiser Amande, sa servante attitrée. « Je suis sûre que ça va rentrer dans l'ordre tout seul. »
« Et si tu te trompes ? Et si ça reste comme ça tout le temps ? Pire, et si ça empire ? »
« Tu pourras toujours utiliser des produits... et puis, ça te va plutôt bien ! »

La petite noble se tourna vers elle avec une expression incrédule sur le visage.

« Ca me va bien ? C'est absolument ignoble ! »
« Mais non, mais non ! »

Les lamentations durèrent encore plus d'un quart d'heure avant que la jeune femme ne se laisse finalement aller sur sa chaise, troquant son expression hystérique par une plus défaitiste et abattue. La raison de son mal-être : ses cheveux. Depuis qu'ils étaient entrés en contact direct avec des fluides de lumière, ils s'étaient largement décolorés. Certaines mèches étaient blondes, d'autres presque blanches, ou encore d'un marron très terne qui tirait vers le pâle tandis qu'une partie de la chevelure était restée brune. Le chaos engendré avait presque fait oublié sa migraine, pourtant grandissante, à la jeune femme.

« Je jure que si je revois ce Moboutou ce sera pour lui faire bouffer ses fioles par le nez ! »
« Ca te donne du charisme, » argumenta la jeune servante avec un sourire.

La petite noble s'observa de nouveau dans son reflet, incertaine.

« Tu trouves ? » lâcha-t-elle finalement.
« Oui, on dirait que tu as vécu de folles aventures ! »
« Alors que je suis juste trop petite pour mon bien... »
« Peu importe, tu n'as peut-être pas de marque pour le prouver mais tu as vraiment vécu de folles aventures. Et ça a certainement sauvé la vie d'une femme, » fit-elle en faisant allusion à son altercation avec le nécromancien, quelques jours plus tôt.

Et, Anastasie le savait, la servante avait raison, ce qui lui réchauffa quelque peu le cœur après s'être vu dégrader la chevelure dont elle était si fière. Si elle n'avait pas pris les devants pour attaquer le mage noir, il se serait sans doute échappé avant que le Duc Dimitri et ses hommes ne le trouvent, et il en aurait profité pour tuer une autre femme innocente dans le but d'accomplir son rituel malsain.

« Certes, certes... mais en attendant je vais avoir l'air bizarre... »
« Pas plus que d'habitude, » railla son interlocutrice, attirant un sourire aux lèvres de sa patronne.

Elles s'étaient rapidement liées d'amitié au cours des jours ayant suivi le combat entre Anastasie et le nécromancien.

( En parlant d'amie, il y en a une que je ne suis toujours pas allée voir depuis que je suis à Kendra Kâr, ) pensa Anastasie, soudain désireuse de revoir Sérénité, la fille de sa tailleuse.

Mais elle devrait remettre cette visite à plus tard, car aussitôt son garde du corps entra dans sa chambre pour lui porter un message.

« Mademoiselle. Le Duc Dimitri vous a fait demander au quartier général. »

L'intéressée jeta un dernier coup d’œil à sa nouvelle chevelure avant de se lever dans un soupir de frustration.

( Au moins je vais avoir des nouvelles de cette sombre histoire, ) se consola-t-elle.

Car en effet, depuis son altercation avec le nécromancien, aucun progrès n'avait été fait. Ce soir là ils avaient récupérés le corps que l'assassin avait tenté de faire revenir à la vie et l'avaient ramenés au quartier général pour l'étudier, mais depuis rien ne s'était passé. Une semaine s'était écoulée et l'on avait plus entendu parler du mage noir, aucune découverte n'avait été faite avec les ossements et la jeune femme avait eu quartier libre dès lors. Ce qui, étrangement, n'était pas pour la satisfaire. Certes elle était en sécurité et avait le champ libre pour exercer toute sorte d'activité mondaine en toute tranquillité, mais, pour la première fois de sa vie, Anastasie trouvait cela ennuyant, voire énervant. Elle avait d'ailleurs profité de tout ce temps pour étudier plus encore la magie noire, dévorant les livres - qu'elle empruntait maintenant régulièrement au temple de Gaïa ou à la bibliothèque - avec une rapidité étonnante. Et tout cela dans la perspective d'une enquête future, d'une nouvelle chasse au mage noir à travers toute la ville. Car, elle s'en était rendu compte, rien ne lui ferait plus plaisir qu'une nouvelle traque de ce genre.

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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Lun 7 Déc 2015 11:08 
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« Alors ? » s'inquiéta aussitôt la jeune femme en arrivant dans le bureau du Duc. « Des nouvelles ? »

L'intéressé lui fit signe de se calmer avant de lui pointer une chaise en face de lui. La jeune femme s'installa immédiatement en observant les autres personnes présentes. Il y avait Fitzekiel, adossé contre un mur, comme à son habitude, et le lieutenant en charge de l'enquête, Rénus. C'est ce dernier qui prit enfin la parole.

« Vos... cheveux... Que s'est-il passé ? »
« Oh, » lâcha la jeune femme, rougissant soudain. « Un truc magique, rien de grave. »

Les trois hommes ne semblaient qu'à moitié satisfaits par cette explication évasive, mais le sujet sembla définitivement clos.

« Il y a eu une nouvelle attaque, » lâcha finalement le lieutenant.
« Quoi ? » s'exclama immédiatement la jeune femme, incrédule. « Mais il n'a pas le corps, à quoi ça sert ? »
« Non mais sans rituel, cette fois, » expliqua-t-il. « Juste une pauvre jeune femme dans la rue, abattue d'un coup de couteau dans la nuque.[/color] »

Anastasie secoua la tête, sans comprendre.

« Mais alors qu'est-ce qui vous fait penser que c'est lui ? » questionna-t-elle.
« Il nous l'a dit. Il a laissé une note sur sa victime, » fit l'enquêteur en tendant un morceau de papier à la petite noble.

Elle l'attrapa vivement et parcourut le message à grande vitesse, incrédule. Il était écrit qu'il continuerait à attaquer des gens au hasard tous les soirs jusqu'à ce qu'on lui rende les ossements de sa mère et... la jeune femme qui l'avait attaqué quelques soirs plus tôt. C'est à dire elle. Mais un détail revint à Anastasie

« Super, » lâcha Anastasie entre ses dents, une moue contrariée sur le visage. « C'était sa mère. »
« Ce n'est pas ce qui m'inquiète, » intervint le Duc pour la première fois depuis qu'elle avait pénétré dans la pièce. « "La jeune femme qui l'a attaqué", c'est toi, il cherche vengeance. »

La guérisseuse secoua la tête, agacée. Ils rataient l'essentiel. Ils rataient toujours l'essentiel.

« Vous ne comprenez pas, c'est sa mère ! » insista-t-elle.
« Oui, bah il veut se taper sa mère, c'est un gros dégueulasse, et alors ? » lâcha Rénus avec un haussement d'épaules.
« Non ! Enfin, si, mais ce n'est pas ce que je veux dire ! Le soir où on lui a apporté les ossements, le légiste nous a dit qu'ils dataient d'au moins trois siècles ! Alors comment est-ce que ça pourrait être sa mère ? »

Rénus et le Duc échangèrent un regard, la bouche pendante. Ils semblaient, effectivement, avoir oublié ce détail.

« Je ne comprenais pas pourquoi il s'acharnait à faire revenir un corps vieux de trois cents ans quand il pourrait en trouver de bien plus récents au cimetière, » continua-t-elle. « Mieux, il aurait pu tout simplement tuer une femme qui lui plaisait et la faire revenir avec le même procédé aphrodisiaque, ça aurait été mille fois plus simple et rapide. Ca voulait donc dire que ce corps était important. En plus, il semblait comme fou lorsqu'il a dû fuir sans les ossements, comme s'il tenait à eux. Mais tout concorde, maintenant, c'est pour ça qu'il voulait ce corps, c'est sa mère ! »
« Tout concorde ? » intervint finalement Fitzekiel. « Pour toi peut-être, mais nous on est toujours dans le flou. »
« Sa mère aurait trois cents ans alors que lui n'en a pas trente ? » précisa Rénus, une expression douteuse sur le visage.

La jeune femme poussa un énième soupir d'agacement.

« Mais enfin, vous ne voyez pas ? Alban est un prénom qui n'est plus à la mode depuis au moins un siècle dans la noblesse Kendrane ! »
« Et tu as toi-même dit qu'il était trop mince et trop mal habillé pour en être un, » fit remarquer le Duc.
« Oui, parce que la personne à qui appartenait ce corps n'en était pas un ! Mais ce n'est plus lui le propriétaire ! C'est un nécromancien qui doit avoir au moins trois cents ans, maintenant. »

Les trois hommes de la pièce échangèrent des regards incrédules.

« Et vous arrivez à cette conclusion uniquement à cause de l'âge de ces os ? » demanda Rénus, suspicieux. « Ca me semble bien trop léger, il pourrait tout simplement avoir menti dans sa lettre. »
« Je ne vois pas pourquoi il mentirait, » rétorqua-t-elle. « Et, non, ce n'est pas tout. Lorsqu'il a voulu me tuer, il s'y est pris comme un manche. Il voulait me frapper avec sa pelle. »
« Et alors ? » s'impatienta le Duc.
« Et alors un nécromancien assez puissant pour invoquer un squelette capable de parler et de se souvenir de son passé doit être plus que capable d'utiliser la magie. Seulement s'il a pris le contrôle d'un corps faible et inexpérimenté, c'est normal qu'il ne puisse pas l'utiliser. Entre l'invocation de Golgatus, qui a dû drainer toutes ses forces, la difficulté que doit représenter l'utilisation d'un corps étranger et le manque de pouvoir de ce corps-ci, ça explique pourquoi il était capable d'invoquer une âme si puissante mais ne pouvait pas l'aider avec ses sorts. »

Dimitri hocha finalement la tête, convaincu.

« Jusque là tu as eu raison, je ne vois pas de raison de ne pas te faire confiance là-dessus. Donc, qu'est-ce qu'il faut faire ? »

Anastasie se concentra quelques secondes, rassemblant ses esprits pour tenter de mettre en œuvre un plan, mais en vain. Une idée lui vint cependant.

« Vous savez où l'on peut se procurer des fluides de magie d'ombre ? » demanda-t-elle.
« Des quoi ? » interrogea le Duc.
« Des fluides, » répéta-t-elle en se caressant machinalement les cheveux.

Mais ce fut Rénus qui répondit finalement par l'affirmative.

« On peut en trouver aux docks, mes agents vont souvent y enquêter. »
« Bien, il faut que vous mettiez des gardes absolument tout le temps là-bas, et à tout autre endroit où on serait susceptible d'en trouver. Il risque de vouloir en acheter d'ici peu, si ce n'est pas déjà fait. »
« Les soldats ne sont pas bien vus là-bas, mais j'y enverrais quelques hommes incognitos pour surveiller le marchand qui s'occupe de cela, » lui affirma le lieutenant. « A ma connaissance, c'est le seul qui en vende dans toute la ville. »
« Bien. Et maintenant... maintenant il faut que j'en apprenne plus sur cet Alban, et vite. Parce que chaque jour il apprend un peu plus à contrôler le corps qu'il possède et devient plus dangereux. »
« Je peux envoyer des hommes chercher la mention d'un Alban à la bibliothèque mais ça pourrait prendre des semaines de tout éplucher. »
« Non, » lui répondit-elle. « Il pourrait y en avoir des milliers, et rien ne dit que son nom sera mentionné quelque part. S'il est noble sa famille a très bien pu étouffer les affaires dans lesquelles il était empêtré après sa mort. Faites-les plutôt chercher des informations sur Golgatus. »
« Tu penses qu'ils se connaissaient avant leur mort ? » s'enquit Dimitri.
« Je n'en suis pas certaine, mais ça me semble logique. Vous reprenez vie après trois siècles d'errance, vous êtes perdu, vous n'avez plus vos pouvoirs mais pouvez ramener une personne pour vous aider, qui choisissez-vous ? »
« Une personne en qui j'ai confiance, » conclut Rénus.
« Exactement. »

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 Sujet du message: Re: Les habitations
MessagePosté: Lun 7 Déc 2015 11:22 
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Anastasie se redressa précautionneusement, plus par habitude que pour s'épargner une douleur. Malgré l'intervention de plusieurs guérisseurs de talent, sa blessure avait pris plus d'un mois pour complètement guérir, surtout à cause des ravages internes qu'avait causé la lame, sectionnant plusieurs organes vitaux sur son passage. Mais depuis quelques jours, la souffrance avait entièrement disparu, même lors de ses exercices physiques les plus intenses.

La porte de sa chambre s'ouvrit pour laisser passer la tête d'Amande.

« Oh, tu es réveillée. Sérénité est là, je lui dis de t'attendre en bas ou de monter ? »
« Fais-la monter, » répondit la petite noble en sortant du lit.
« Et pour ton déjeuner ? »
« Ramène donc deux tasses de thé, ça suffira. »

La jeune servante hocha la tête et s'éclipsa aussitôt, laissant Anastasie seule. Celle-ci retira rapidement la tunique légère qu'elle portait pour dormir et échangea l'accoutrement pour sa tenue maintenant habituelle : un pantalon moulant, pratique pour escrimer, son armure de cuir et des bottes de marche. Elle appréciait toujours porter de longues robes de temps à autre, mais la pratique s'était faite bien plus rare après son alitement forcé. En majeure partie parce que Fitzekiel n'était plus là pour la voir sous ses plus beaux atours.

Le géant était parti depuis plus d'un mois maintenant. En effet, lorsque la milice eut vent de la menace d'assassiner une personne par nuit laissée par le nécromancien, ils reprirent immédiatement la charge de l'enquête et mobilisèrent un nombre ahurissant de soldats à sa résolution. Quatre pauvres tués en l'espace de dix jours étaient une autre paire de manche que des meurtres journaliers et visant potentiellement des nobles, vu leur caractère aléatoire. Tenant malgré tout parole, le Duc relâcha donc les membres de l'équipage de Fitzekiel et lui rendit son navire. Il était resté quelques jours supplémentaires, attendant que la belle soit définitivement sortie d'affaire pour quitter son chevet, mais il n'avait pas attendu plus longtemps pour reprendre la mer.

« Et il n'a pas pris ma virginité, » se lamenta-t-elle.
« Mais il y en aura d'autres, » railla une voix derrière elle.

Anastasie se tourna pour voir sa meilleure amie, plantée dans l'encadrement de la porte.

« Et puis la virginité c'est surfait, » continua l'intruse. « Tu devrais la donner au premier soûlard venu, tu te rendrais vite compte que tu fais un fromage de pas grand chose. »
« Non merci, » déclina la petite noble. « J'aimerais garder ma dignité dans le procédé. »

Elle avait lancé sa réplique d'un ton cinglant, mais ses lèvres étaient armées d'un début de sourire.

« Surfait aussi, » répondit simplement l'autre. « Par exemple moi hier j'ai raccompagné trois n... »
« Je ne veux pas le savoir, » la coupa immédiatement son amie. « Je ne veux surtout pas le savoir. »

Son interlocutrice rit de bon cœur et pénétra dans la pièce sans en attendre l'autorisation, posant immédiatement ses fesses sur le lit. Les deux jeunes femmes s'étaient vu régulièrement pendant la convalescence d'Anastasie, mais c'était toujours un plaisir pour elle de s'entretenir avec celle qu'elle considérait comme sa meilleure amie. Amande arriva rapidement avec deux tasses de thé, mais, alors qu'elle s'apprêtait à sortir, Anastasie ferma la porte et lui fit signe de s'asseoir à son tour.

« Mademoiselle ? » s'enquit la jeune servante, soudain soucieuse mais obéissant tout de même.
« J'ai reçu ton message, » fit Sérénité. « [color=#0040FF]Où tu dis que tu as besoin de mon aide. C'est pour ça qu'elle doit rester ? Je me demande de quel genre d'aide tu pourrais avoir besoin de la part de deux magnifiques jeunes femmes comme nous. Les rumeurs seraient-elles vraies ? Tu es une lesbienne en manque d'orgie ? »

Elle avait affiché un air faussement outré en prononçant ces mots, ce qui arracha un rire franc à la petite noble et un léger rosissement des joues à la servante. Mais, reprenant son sérieux, la guérisseuse prit place sur le fauteuil de son bureau et pris la parole à voir basse.

« Sérénité, mes gardes, tu les trouves comment ? » s'enquit-elle, faisant référence aux deux hommes qui la suivaient toujours où qu'elle aille depuis maintenant deux mois et qui étaient actuellement postés dans le couloir juste en dehors de sa chambre.
« Y en a un de craquant, pourquoi ? »
« Je hais de te demander ça, mais... tu crois que tu pourrais l'occuper une petite heure ? »
« Une, deux, trois, tant que tu veux en fait, je suis infatigable, » clama la dévergondée avec fierté. « Je peux même occuper les deux, mais pour quoi faire ? »
« Non, non, ils ne me quitteraient jamais tous les deux en même temps. J'ai un plan pour me débarrasser du second en ville mais ça ne marchera pas s'ils sont deux. »
« Je m'occuperais de l'un d'eux, mais seulement si tu me dis pour quoi faire ? » insista la fille de la tailleuse.
« Mais tu refuserais de m'aider si je te le disais. »
« Je le savais, tu veux faire une connerie, » se lamenta son amie.
« Je te préviens, si c'est pour aller affronter le nécromancien je raconte tout aux gardes, » intervint Amande, mettant fin à son mutisme gêné.
« Là, je soutiens, » ajouta l'autre.

Anastasie garda le silence et se releva, dominant – une fois n'est pas coutume – ses interlocutrices par sa taille.

« Alors je dois rester bien au chaud pendant qu'il tue une personne toutes les nuits ? Alors qu'il lui arrive même de tuer des enfants ? Et ce en sachant que les gardes ne lui mettront jamais la main dessus ? Si je dois risquer ma vie pour sauver celles de centaines d'autres personnes, je crois que ça vaut le coup. Et si je dois m'occuper de ça tout seul je le ferais. Ce sera stupide et dangereux, mais je sais déjà comme me débarrasser d'eux toute seule. Alors que vous m'aidiez ou non j'irais affronter ce nécromancien. Je vous demande juste de me faire gagner une journée, du temps et des risques inutiles. »

Les deux autres jeunes femmes échangèrent un regard résigné, puis, après ce qui sembla être une éternité d'attente à Anastasie, finirent par hocher la tête.

« Mais d'abord, » ajouta Sérénité, « qu'est-ce qui te fait dire que tu le trouveras si la milice n'y est pas parvenue ? »
« Oh, mais je l'ai déjà trouvé. J'ai besoin de vous pour aller jusqu'à lui sans ces deux là sur mes talons. »
« Mais... pourquoi ne pas y envoyer la milice, alors ? » s'enquit Amande.
« Parce que, s'il est bien là où je pense qu'il est, il a littéralement des centaines de portes de sortie toute prête. Et sûrement des pièges sur le chemin. Sauf que moi il veut me voir morte. Il n'y a que si j'y vais, et si j'y vais seule, qu'il restera pour m'affronter plutôt que de fuir. Maintenant, Amande, je veux que tu ailles faire ces tisanes qui aident à dormir pour les gardes. Ca les ensuquera assez pour que je puisse en semer un sans trop de problème. D'ici un quart d'heure, Sérénité, tu sortiras à ton tour et tu feras ce que tu sais faire de mieux. Et tu n'oublieras pas de glisser dans la conversation que je suis sur le point de dormir, c'est très important. »


---------------


Une fois seule, Anastasie fouilla dans ses affaires pour y attraper deux minuscules fioles au contenu d'un blanc-doré envoûtant. Elle n'en avait pas reconsommé depuis la catastrophe capillaire de sa première tentative, premièrement parce qu'elle n'en avait encore jamais vu l'utilité, mais surtout parce que la migraine et la fièvre de sa première fois l'avaient passablement refroidie. Mais elle allait affronter un nécromancien d'ici quelques heures, et il fallait qu'elle se surpasse.

« Et puis, mon corps devrait être plus habitué maintenant, » se rassura-t-elle en ouvrant les flacons.

Elle s'apprêta à les avaler mais se ravisa au dernier moment. A la place, elle s'approcha de son miroir pour observer ses cheveux. La décoloration avait empiré, laissant des mèches entières de brun au milieu d'une multitude de crins d'un blond très pâle.

« Bon, essayons de rectifier les dégâts, » murmura-t-elle en vidant le contenu des bouteilles sur son crâne.

Puis, alors que les fluides commençaient petit à petit à s'incorporer à l'intérieur de son corps, elle les étala sur les parties de son crâne d'où sortaient les mèches les plus foncées, les colorant presque aussitôt. Et bientôt, presque toute sa chevelure était d'une blondeur blanchâtre. Certaines mèches restaient plus foncées que d'autres, et il subsistait quelques petits poils bruns ci et là, mais pour quiconque ne s'attardait pas dessus, elle aurait l'air d'une blonde naturelle.

« Et pas de migraine, » se félicite-t-elle.

Le procédé lui avait procuré une drôle de sensation dans le corps, un certain sentiment de fébrilité mêlé de puissance, mais rien de bien désagréable ni handicapant comme la fois précédente.



(((Consommation de deux fioles de fluides 1/16e)))

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