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 Sujet du message: Re: Les rues de Kendra Kâr
MessagePosté: Mer 10 Juin 2015 22:43 
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Ce cadavre pèse l'air de rien un sacré paquet de kilogrammes pour une pauvre petite aniathy qui porte déjà, sur l'épaule ou plutôt dans le sac à l'épaule, un petit lutin toujours endormi de quelques vingt centimètres et sans doute un bon kilogramme lui aussi. La demoiselle, enfin son cadavre, est en plus très musclée et pas toute petite, mais qu'est-ce qui m'a pris de vouloir à tout prix ramener cette personne ?

"Excusez-moi, je dois aller où pour la faire enterrer ?"

La question a l'air ridicule, mais je doute pouvoir trouver un champ de Lothsithi ici, et de toute façon, vu qu'elle n'est pas Sindel, ça ne servirait à rien. Il faut donc trouver où les humains de cette ville vont quand ils ont un cadavre sur les bras et assez rapidement d'ailleurs, le ciel commençant à devenir menaçant.

Au bout de la troisième personne à qui je pose la question, une femme finit par me répondre, m'envoyer trouver les prêtres d'un temple dit de "Phaïtos".

Je traîne donc la barbare dans une ruelle kendrane, par les pieds parce que c'est le plus simple. Je peine, j’ahane, je râle, mais j'avance, pas après pas, ce qui ne m'empêche pas de chantonner d'ailleurs. Même si, pour une fois, le chant n'a rien d'agréable. Il s'agit d'un chant de prisonniers que m'avait appris un vétéran de guerre au palais royal. Ce texte a été écrit sur Malyar, un monde extérieur, où toute une partie de nos troupes ont été faites prisonniers et envoyée dans des mines au cœur de géants marais.

Loin vers l’infini s’étendent
Des grands près marécageux.
Pas un seul oiseau ne chante
Sur les arbres secs et creux.

O, terre de détresse
Où nous devons sans cesse
Piocher.

Dans le camp morne et sauvage
Entouré de murs de fer
Il nous semble vivre en cage
Au milieu d'un grand désert

O, terre de détresse
Où nous devons sans cesse
Piocher.

Bruit des pas et bruit des armes,
Sentinelles jour et nuit,
Et du sang, des cris, des larmes,
La mort pour celui qui fuit.

O, terre de détresse
Où nous devons sans cesse
Piocher.

Mais un jour dans notre vie,
Le printemps refleurira,
Liberté, liberté chérie
Je dirai :« Tu es à moi ! »

Ô terre d'allégresse
Où nous pourrons sans cesse,
Aimer, aimer. *


C'est la seule musique avec des paroles qui me vient à l'esprit avec ce creux dans ma poitrine, ce vide que je ressens parfois. Puis voilà qu'il se met à pleuvoir, déjà que les gens s'écartaient de mon passage, l'odeur du cadavre y étant sans doute pour quelque chose, mais là ils me fuient carrément, ainsi et surtout que l'eau qui tombe sur le bout de mon nez. Je déteste l'eau, je déteste la pluie... Et pas seulement parce que je suis un chat, mais parce que je suis une PELUCHE chat... Et vous savez pourquoi les aniathys peluche, quel que soit leur modèle haïsse cette pluie ? Parce que notre pelage n'est pas étanche, voilà pourquoi... Et bien que je sois incapable en temps normal de ressentir quoique ce soit de négatif, soyez-en certains, la pluie, je déteste, je sais que je déteste ça, je ne peux pas aimer ça, et un simple vide, c'est pas suffisant... Non, je déteste la pluie, c'est comme ça.

Et vous voulez savoir pourquoi. Vous avez déjà vu la tronche d'un chat mouillé ? Imaginez ça mesurant un mètre et des poussières et vous aurez une idée de ce à quoi je ressemble en cet instant précis.

*Sploch*

*Sploch*

*Sploch*

Ça c'est à peu près le bruit que je commence à produire, maintenant que je suis totalement imprégnée de flotte, dégoulinante. Transportant toujours en la tirant par les pieds une barbare à moitié à poils dans un état déplorable (et encore un peu plus depuis que je la traîne sur les pavés dégoûtants de Kendra Kâr). Finalement dans notre trio, le seul qui semble être heureux, c'est Luneoh, le lutin qui dort toujours dans mon sac, à l'abri de l'eau et de la mort.

Je finis par arriver au temple de Phaïtos, je n’aime pas l'ambiance, je n'aime pas les corbeaux, je n'aime pas les grilles noires... Mais, manifestement je suis arrivée à destination. La foudre décide bien sûr de s'abattre exactement à ce moment-là, créant un contre-jour particulièrement glauque à mon goût, on se croirait dans un conte pour enfant pas sage. Je souris à cette idée et, sous la pluie toujours battante, je continue de traîner Sura jusqu'à la porte du temple...



*(((HRP : Ce texte n'est pas de moi. Il s'agit du chant du marais ou chant des déportés)))

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Dernière édition par Hailindra le Ven 29 Jan 2016 13:28, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Les rues de Kendra Kâr
MessagePosté: Dim 14 Juin 2015 23:02 
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Afin de se rendre au parc, la petite équipe doit traverser les rues de la ville, non sans mal...

" - Luth, toi qui es le chef, dit à tes copains de se rassembler pour que ce soit plus simple de se balader dans cette vaste ville, ordonna-t-elle.

- Mais...ils ne peuvent pas m'écouter, ils sont complètement déboussolés et surtout, tous sourds !

- Il faut trouver un moyen de les rassembler, les dangers sont nombreux ici pour de minuscules créatures comme vous. Ils ne doivent pas se disperser. "

A la simple fin de cette phrase, une femme d'une corpulence assez importante se mit à hurler.

" - Des lutins ! Des lutins ! Ils vont me ronger les pieds ! "

( Misère, il manquait plus que ça ! )

" - Pas de panique Madame tout est sous contr... "

Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase, que les lutins avaient déjà tous pris peur et disparu de son angle de vue. Elle s'agaça et se mit en chasse des lutins. Elle en aperçu quelques-uns dans la vitrine d'une petite boutique.

( Bordel...)

" - Ruth, Juth, Gus, par ici ! Non ! Stop ! On arrête les grimaces aux passants, ils peuvent vous voir je vous rappelle. Truth, Plouth , on ne traverse pas les pavés sans autorisation ! Sortez de cette gouttière ! Toi là ! Vous, par ici ! "

( J'aurai dû les laisser dans leur maudit clocher !)

Et ce fut un spectacle à durer jusqu'au soir. Chaque lutin récupéré était désormais attaché avec une cordelette et sous la surveillance de Luth.

" - 98,99,100 ! Ok, le compte est bon, on peut y aller ! " annonça le petit homme

La marche reprit donc, avec les lutins assemblés à la chaîne en direction du parc.

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 Sujet du message: Re: Les rues de Kendra Kâr
MessagePosté: Ven 17 Juil 2015 22:24 
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Le palais royal, je sais assez bien où il est, c'est donc quasiment sans regarder où je marche que j'avance sous la pluie qui n'a bien sûr pas eu la bonne idée de cesser. Je suis trempée, je splotche à chaque pas, lâchant des gouttes d'eau à chaque fois que je bouge une main. Je m'amuse d'ailleurs à regarder l'eau qui vole des poils de mes pattes avant. Une chanson rythmée, plus rapide qu'une chanson de marche militaire, voilà ce qu'il faut pour conter cette histoire.

"Je ne suis qu'un fou."

Ouais, ça ferait un bon début de refrain ça. Il faudrait que je trouve une cape étanche, contrairement à ma simple cape elfique qui laisse passer l'eau. Ouais, la prochaine fois que je passe chez Moboutou, je lui demanderais si ce genre d'équipement existe. Peut-être les runes que j'ai dans mon sac permettent de faire, je lui demanderais aussi, au passage.

Je continue à remonter la grande rue vers la place du palais, évitant les rares piétons qui traversent la rue en courant. Il ne reste quasiment que des charrettes sur les pavés glissants, les honnêtes marchants qui doivent bien continuer à livrer leurs marchandises.

"Mais pour la garder, je l'ai tuée..."

Ce n’est pas si mal, mais non, il n'était pas simplement fou l'homme que j'ai vu au temple, malgré la folie de son regard, c'était de l'amour qu'il criait. Il l'aimait, terriblement et c’est ce désir qui doit ressortir. Oui, il était fou, bien sûr qu’il était fou, mais c'était un fou d'amour.

"Je ne suis qu'un fou, un fou d'amour."

Non, il manque quelque chose, même si le rythme est agréable et que ça sonne bien. J'aimerais bien faire ressentir le rôle qu'à jouer cette femme dans la vie de ce rebelle, d'après les dire de la prêtresse, elle l'a changé, l'a fait évoluer.

"Je n'étais qu'un fou alors ? Avec pour évolution, le fou d'amour. Oui, c'est ça !"

Trop heureuse d'avoir trouvé une idée géniale pour cette nouvelle chanson, je saute, je piaille, je crie... m'attirant les foudres et les regards des habitants de la cité tout autour de moi. Peu m'importe, de toute façon, je viens de trouver ce qui semble être le temple des plaisirs, au vue du texte gravé dans la pierre qui orne la porte. J'ouvre cet huis et pénètre en chantonnant dans le bâtiment blanc de marbre.

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 Sujet du message: Re: Les rues de Kendra Kâr
MessagePosté: Mar 20 Oct 2015 12:40 
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Lorsqu'Anastasie eut enfin terminé ses recherches, la nuit commençait déjà à tomber sur Kendra Kâr. La journée avait été particulièrement longue et fastidieuse, et la jeune femme n'avait même pas pris le temps de manger, mais quand elle quitta enfin le Temple de Gaïa, le mystère était éclairci. Elle avait en effet pu recueillir suffisamment d'information pour comprendre le but du rituel, et, si elle se dépêchait, pourrait peut être prévenir un cinquième assassinat. Cependant, un problème majeur se présentait maintenant à elle : le quartier général du Duc Dimitri n'était absolument pas sur le chemin.

« N'oublie pas qu'il est inexpérimenté, » se murmura la petite noble en guise d'encouragement.

Elle allait devoir régler ça elle-même. Néanmoins, la jeune femme connaissait suffisamment la ville pour s'autoriser un léger détour par son domicile provisoire, qui lui permettrait de récupérer son armure de cuir et de demander à Amande d'aller prévenir le Duc à sa place.

Un quart d'heure lui suffit pour se rendre sur place, et en cinq minutes à peine elle était vêtue de son plastron et avait prévenu la servante. Bien sûr, celle-ci avait protesté en comprenant qu'Anastasie allait tenter d'arrêter le meurtrier elle-même, mais la petite noble ne l'avait évidemment pas écouté et était partie sans même lui laisser le temps de réagir, l'obligeant donc à se précipiter au quartier général de son employeur si elle voulait faire quoi que ce soit pour l'aider.

« Amande mettra près d'une demie heure pour prévenir le Duc, et, à cheval, ils seront au lieu indiqué en moins d'un quart d'heure, » calcula-t-elle à haute voix une fois en chemin. « J'arriverais bien dix minutes avant eux. »

Sur le trajet, la jeune femme se résuma mentalement ce qu'elle avait compris sur les meurtres. Selon ses conclusions, le rituel n'était autre qu'un sortilège de résurrection totale – un sort nécromantique destiné à faire revenir une personne à la vie tout en lui instillant une volonté propre et en gardant la mémoire du mort. La marque sur le front des victimes représentait en fait le vide, et donc, placé ainsi, était symbole de l'absence de mémoire – il ne fallait garder des cadavres que leur physique et leur personnalité. Le grand nombre de morts nécessité était à la fois dû au besoin de recréer une personnalité à la cible du sortilège et à celui de recréer son corps presque intégralement, avec comme seule bases ses ossements. Le sperme sur le corps des femmes devrait certainement agir de manière aphrodisiaque, pour que la personne ressuscitée soit éprise du lanceur du sortilège.

« Un philtre d'amour particulièrement malsain, en somme. »

Le bras tendu de manière perpendiculaire était, quant à lui, une simple aiguille pour diriger le sortilège directement vers le cadavre censé être ramené à la vie. Il avait donc suffit à Anastasie de noter sur une carte l'emplacement des quatre corps retrouvés et de dessiner la trajectoire de leur bras droit pour trouver, là où se rejoignaient les lignes, l'emplacement du macchabée cible. Et c'est ainsi qu'elle arriva au milieu du jardin d'une petite maison visiblement abandonnée. Au centre de celui-ci, un lopin de terre semblait avoir été remué récemment. La jeune femme, comprenant qu'elle était arrivée à temps, dégaina son épée et se cacha dans un coin, prête à bondir.

( Il doit forcément se rendre près des os avant chaque meurtre s'il veut que le pouvoir libéré par le sort ne les atteigne. Ca veut dire qu'il n'a pas encore tué. )

L'homme qu'elle attendait ne se fit pas attendre très longtemps. Il sortit tout simplement de la maison abandonnée auquel le jardin était relié et, après avoir vérifié que personne n'était dans les environs, sortit une pelle de sous sa cape pour creuser à l'endroit qu'Anastasie avait repéré un peu plus tôt. La jeune femme hésita longuement à le laisser tranquille jusqu'à l'arrivée de ses renforts : elle pourrait toujours tenter de l'immobiliser s'il essayait de quitter la zone avant que ceux-ci n'arrivent, mais elle resterait hors de danger en attendant. Cependant, le meurtrier lui offrait une occasion qu'elle avait peur de ne pas revoir de si tôt. Le dos tourné, les deux mains occupées, les oreilles parasitées par les bruits que son labeur provoquait, elle pourrait vraisemblablement l'arrêter avant même qu'il n'ait le temps de réagir.

Pendant qu'elle se demandait quoi faire, Anastasie en profita pour l'observer en détail. Elle ne pouvait voir son visage de sa position, mais de ce qu'il laissait entrevoir, c'était un homme tout à fait ordinaire. Les cheveux foncés, – il était difficile d'en donner la couleur exact au vu de la nuit maintenant bien avancée – légèrement plus grand que la moyenne, plutôt svelte et une tenue de citadin de basse extraction tout ce qu'il y avait de plus normal.

Prenant son courage à demain, Anastasie se redressa et, l'arme au poing, décida qu'elle ne pouvait laisser passer une pareille occasion. Elle s'approcha aussi subrepticement que possible de l'homme, et, une fois à portée d'épée, lui colla sa lame sous le menton, lui arrachant un sursaut de surprise.

« Arrêtez vous, » lui fit-elle calmement. « Levez doucement les bras en l'air, pas un geste brusque ou je vous ouvre la gorge. »

Le meurtrier lâcha sa pelle et s'exécuta docilement avant de se retourner très lentement vers elle, lui permettant de découvrir son visage. Il était, là encore, tout à fait commun. Entre la vingtaine et la trentaine, mal rasé, des yeux marrons, il n'y avait pas grand chose à dire sur lui, il était d'une banalité affligeante.

« Votre folie meurtrière s'arrête ici, mage noir, » continua-t-elle.
« Nécromant, » la rectifia-t-il avec un sourire narquois. « Et elle commence tout juste. »

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 Sujet du message: Re: Les rues de Kendra Kâr
MessagePosté: Mar 20 Oct 2015 12:48 
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Anastasie reçut un violent coup aux côtes droites, la faisant chuter immédiatement. Elle parvint à garder prise sur son arme, et l'armure de cuir encaissa le plus gros des dégâts, mais la puissance de l'impact lui coupa néanmoins le souffle pour quelques secondes. Quand, au bout d'une poignée de secondes, elle se redressa finalement, elle put voir l'origine de cet assaut inattendu se diriger vers elle.

« Il y a une grande différence entre un mage noir et un nécromancien, » fit l'homme avec toujours le même rictus narquois. « Et je te présente cette différence : Golgatus. »

Le dénommé Golgatus, un squelette au visage étonnamment expressif pour un tas d'os, esquissa une courbette grandiloquente.

« Pour vous servir, » fit-il d'une voix qui semblait venir de partout à la fois.
« Plaisanterie terminée, » reprit le meurtrier. « Tue-la. »

Golgatus hocha la tête en signe d'assentiment et se dirigea avec une aisance particulièrement surprenante de la part d'un squelette vers Anastasie. Il n'était pas particulièrement grand et ne disposait pas d'arme, mais quelque chose soufflait à la petite noble qu'il n'était pas à prendre à la légère. Et, comme pour confirmer ses craintes, son adversaire, une fois à portée d'épée, esquissa une feinte agile, se retrouvant à quelques centimètres d'elle alors même qu'elle donnait un coup de taille à l'endroit où il se trouvait quelques secondes plus tard. Profitant de sa proximité, il lui envoya ensuite son poing dans la mâchoire, la faisant reculer de quelques pas sous l'impact.

« J'ai oublié de préciser que Golgatus était un expert en combat à mains nues avant de mourir, je crois, » souligna le nécromancien en ricanant.

( Quelle conne ! ) jura-t-elle intérieurement en remontant sa garde. ( Il a fallu que j'agisse au lieu d'attendre les autres. )

Mais elle n'eut pas l'occasion de maudire son excès de zèle davantage, car son ennemi était de nouveau sur elle, tentant une seconde attaque éclaire. Cette fois, cependant, préparée à ce qui l'attendait, Anastasie esquiva l'assaut d'un pas sur le côté et contre-attaqua immédiatement d'un coup de taille porté à deux mains, que le squelette évita d'un bond en arrière sans trop de difficulté. Ses mouvements étaient vifs, et si sa vie n'était pas en danger la jeune femme aurait presque pu s'amuser de l'absurdité de voir un tas d'os se déplacer de cette manière.

( Si tout se passe bien les renforts seront là d'une minute à l'autre. Je n'ai qu'à gagner du temps. )

Apparemment décidé à ne lui laisser aucun répit, le squelette s'approcha de nouveau, toujours avec une agilité déconcertante. Il esquissa un direct en direction du visage de la jeune femme mais s'arrêta à mi-chemin pour finalement lui envoyer son genou dans le ventre. De nouveau prise de court, Anastasie encaissa l'attaque de plein fouet, et seule l'épaisseur du plastron vint amoindrir les dégâts causés par l'assaut.

« Tu es sûr que tu ne veux pas plutôt la faire ressembler à ça ? » demanda Golgatus de sa voix insaisissable tout en reculant de quelques pas pour éviter la riposte de la jeune femme.
« Tu plaisantes, » s'offusqua le nécromancien. « Elle n'a que la peau sur les os. »
« Arrête de faire comme si je n'étais pas là ! » s'énerva la petite noble en s'approchant de son adversaire pour envoyer sa lame en direction de son bras.

Mais il esquiva l'attaque sans problème et lui flanqua son front dans le visage, la faisant chanceler sous l'impact. Repartant à l'assaut, il lui envoya un direct au menton suivi d'un coup de talon dans le plexus, la faisant chuter. Le souffle court, une douleur lancinante au visage, Anastasie tenta tant bien que mal de rassembler la force nécessaire pour se relever mais déjà son adversaire était au dessus d'elle. Il s'accroupit à califourchon sur elle et enserra avec force son cou de ses phalanges.

« Ah si seulement j'avais encore une bite, » l'entendit-elle dire, « tu serais à ma place et nous ferions quelque chose d'autre. »

Sentant l'air commencer à lui manquer, la jeune femme se débattit vivement, frappant de ses mains désormais désarmées les côtes et le visage du squelette, sans succès.

« Je ne crains pas les coups, » railla Golgatus, « alors laisse toi donc faire, ça n'en sera que plus doux. »

La jeune femme, suffoquant, sentait son heure arriver. Elle tenta de desserrer elle-même les doigts du squelette, mais, bien plus fort qu'elle, celui-ci ne fit qu'appuyer plus fort. De la bave coulait des lèvres entrouvertes d'Anastasie, dont l'esprit commençait petit à petit à sombrer. Elle n'avait jamais été si proche de la mort, même lorsque cette créature lui avait planté ses griffes dans le ventre dix jours plus tôt et qu'elle ne s'en était sortie que grâce à l'usage de la magie.

( La magie ! ) tiqua-t-elle pendant un bref moment de lucidité.

Au prix d'un effort considérable, elle leva le bras droit pour poser sa main sur le front de Golgatus et, concentrant ses dernières forces dans sa paume, en fit jaillir un éclair de lumière. La tête du squelette partit violemment en arrière alors que le sort pénétrait son crâne, dont une petite partie de l'os explosa sous l'impact. Un râle de douleur sembla faire écho dans le jardin alors que le tas d'os tombait à la renverse et libérait Anastasie de son emprise.

« Golgatus ! » s'exclama le nécromancien alors que la jeune femme reprenait lentement son souffle et ses esprits.

Son sort était tout ce qu'il y avait de plus basique, et elle ne doutait pas que le squelette se relèverait très bientôt, mais elle se sentait incapable de se redresser pour le moment.

« Tue-la, Alban, » fit la voix affaiblie de Golgatus. « Ne la laisse pas reprendre ses forces. »

Anastasie put le voir hocher la tête et attraper à deux mains la pelle dont il se servait pour déterrer le corps de son jardin. Il s'approcha lentement de la jeune femme, l'air inquiet, et, une fois à sa portée, leva les deux brans en l'air, prêt à abattre son arme de fortune sur sa tête. Ne lui laissant cependant pas le temps de mettre son projet à exécution, la petite noble roula légèrement sur le côté, lui donnant assez d'allonge pour attraper son épée courte, et envoya celle-ci dans le genou droit du nécromancien, qui chuta sous la l'impact tout en poussant un hurlement de douleur.

La jeune femme rassembla ses forces et se redressa, l'épée toujours au poing, mais derrière elle le squelette avait fait de même, et il semblait en meilleur état qu'elle. Cependant, des bruits de sabots se firent entendre non loin d'eux, arrachant un sourire à Anastasie : les renforts étaient arrivés. Comprenant que le nombre de ses ennemis venait d'augmenter, Golgatus se précipita sur la jeune femme, la bouscula sur le côté, la faisant retomber, et prit son maître dans ses bras.

« Le corps ! » s'énerva le dénommé Alban. « Prends le corps ! »
« Non, on a pas le temps, » fit la voix du squelette avant de disparaître à l'opposé des voix des soldats du Duc.

Alors qu'Anastasie se redressait de nouveau, elle put discerner des silhouettes s'approcher d'elle, avec, en tête, Fitzekiel.

« Ils sont partis par là ! » leur fit-elle en indiquant un dédale de ruelles.

Quelques soldats, avec Rénus à leur tête, disparurent dans la direction indiquée, mais la jeune femme ne se faisait pas d'illusion : elle doutait qu'ils soient capables de les retrouver alors que les fuyards connaissaient certainement les environs bien mieux qu'eux et disposaient de l'obscurité de la nuit pour les cacher.

Fitzekiel et le Duc, eux, restèrent auprès d'elle, et à la mine grave qu'ils arboraient, la petite noble se doutait que l'heure des remontrances était venue.

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 Sujet du message: Re: Les rues de Kendra Kâr
MessagePosté: Sam 31 Oct 2015 03:15 
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Se ressourcer

Rose-Ebène se lança dans les rue de Kendra-Kâr avec son instinct pour seul guide.
Il devait être dans les cinq heures de l'après-midi. Le temps était passé relativement vite. Elle passa devant une série de véritables demeures toutes plus impressionnantes les unes que les autres. Elle se dit que sa mère appartenait peut être à l'une de ses familles. Cela lui donna quelque peu le vertige.

Elle continua ainsi à marcher un long moment voyant les maisons se détériorer peu à peu. Elle devait être arrivée dans les quartiers les plus pauvres de la ville. Elle ramena instinctivement son sac contre elle en réalisant soudain qu'il n'y avait plus grand chose à y voler et qu'elle avait d'ailleurs réussi à perdre ses économies en plein milieu d'un axe fortement surveillé. Elle supposa que le gamin avait profité de la foule pour arriver à ses fins. Elle décida de rebrousser chemin. Elle ne pensait pas que le temple de Gaïa puisse se trouver dans ce genre de quartier. Cependant, sans bien comprendre comment elle se retrouva à littéralement tourner en rond. Deux heures plus tard elle était toujours piégée dans le dédale des rues de Kendra-Kâr plus précisément dans les quartiers certainement les plus mal famés de la ville. Elle n'arrivait pourtant pas à se résoudre à demander de l'aide.

(Je vais bien finir par au moins revenir sur l'axe principal de la ville... Ce n'est pas possible autrement.)

Alors qu'elle commençait tout simplement à s'agacer elle se rappela avec ironie qu'elle avait cru pouvoir se fier à son instinct. Mais maintenant l'harmonie et le plaisir que lui avait apporté le parc était loin. Elle se sentait fatiguée et écrasée par le poids de cette ville dont elle ignorait tout.

(C'est comme si la ville elle-même me rejetait).

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 Sujet du message: Re: Les rues de Kendra Kâr
MessagePosté: Sam 31 Oct 2015 19:15 
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Rose-Ebène poursuivit son chemin avec entêtement mais lorsque la nuit tomba elle en était toujours au même point, la soif et la faim en plus. Elle se sentait épuisée.

(Comment ai-je réussi à me mettre dans un tel pétrin?)


Elle soupira et ne put s'empêcher d'aussitôt sourire ironiquement.

(Depuis quand soupires-tu toutes les cinq minutes Rose-Ebène?)

Son sourire se transforma en un rire quasi hystérique. Elle était au bord de la crise de nerfs. Les larmes n'étaient pas loin mais elle ne se laisserait pas si facilement abattre.

(Bien puisque je ne peux pas aller au temple autant prier ici et maintenant.)


Sans prêter attention à ce qui l'entourait et à l'insalubrité des rues elle commença à se rappeler le bien être qu'elle avait ressenti au parc. Elle ferma les yeux et ressenti peu à peu l'écoulement de l'eau dans ses oreilles, sa gorge, le long de ses joues. Juste une eau salutaire, apaisante qui lui permit de rentrer dans une forme de douce méditation. Elle formula alors sa prière.

(Gaïa, déesse de lumière, protectrice des êtres bons accorde moi force et courage. Offre-moi l'adversité, une volonté sans faille. Permets-moi seulement de trouver en moi la lumière qui saura me guider jusqu'à mes origines et me permettra de grandir. Partage avec moi seulement l'un de ces murmures qui ont inspiré les plus grands hommes. Je ne te demande qu'une flamme pour réveiller un coeur qui se perd doucement dans la glace. Je ne te demande qu'une impulsion.)


Elle revint doucement de sa méditation. Plus sereine.

(Je devrais trouver un endroit où dormir).

Dans ses nombreux détours elle avait repéré une maison délabrée et qu'il semblait abandonnée. Sur deux étages, la porte avait disparu et les fenêtres n'étaient plus que des ouvertures nues dans la pierre. Elle la retrouva sans trop difficultés étant donné qu'elle était passé devant une bonne quinzaine de fois.

(Ces rues ont dû être enchantées. Je ne trouve pas le temple de Gaïa mais mes pas me ramènent encore et encore devant cette maison.)

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 Sujet du message: Re: Les rues de Kendra Kâr
MessagePosté: Dim 22 Nov 2015 22:50 
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Hrist avait eu un hoquet de surprise en lisant le mot. Elle le maintenait, fermement serré entre ses doigts et avançait dans les rues à toute vitesse ne se privant pas de bousculer les passants sur sa route, sans abris et poivrot notoires qui empestaient à des lieux.

Kendra Kar venait de se lever et la sécurité n'était pas encore présente partout ce faisant, elle traversa la ville en mendiante sans se faire remarquer ni interpeller par qui que ce soit.
De toutes façons, un ordre de Xenair était à prendre avant celui de la milice, tant pis pour cette mission, ce qui comptait avant toute chose, c'était de se rendre là où Xenair voulait.

Hrist se demandait bien ce qu'était Elysian, elle n'avait jamais entendu parler d'un tel endroit ni dans les livres ni sur une carte et pourtant, elle en avait lu des ouvrages sur le monde.

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La petite ombre de la Mort à Elysian.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
Au milieu des cercueils,
Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


Némésis d'Heartless


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 Sujet du message: Re: Les rues de Kendra Kâr
MessagePosté: Jeu 3 Déc 2015 11:55 
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Elle dégagea ses yeux en s’installant sur le porche d’une maison à l’arrière de l’établissement, dans la ruelle de la porte de service. S’il partait commettre d’autres délits ce soir, ce serait par-là, elle en était convaincue. Plaquée contre le mur trempé par la fine bruine qui tombait depuis deux heures, elle tentait de ne pas grelotter sous son étoffe. Elle n’était prise ni par le sommeil, ni par le froid, ni par l’ennui. Seule la rage la maintenait debout, quatre heures de rang, accolée à sa surveillance, dans l’espoir fantasmé d’une vengeance. Au bout d’un moment, elle se demandait ce qu’elle ferait une fois qu’elle l’aura. Elle raffermit sa prise sur le manche de sa feuille de boucher et chassa l’idée. Il paiera. C’était ce qu’elle se répétait pour tenir.

Alors qu’elle se demandait si son entreprise n’était pas vaine, si ses yeux ne l’avaient pas dupée, une silhouette encapuchonnée apparue dans la ruelle et donna trois coups, puis deux, sur la porte de service. Guy en sortit, emmailloté dans une cape noire. Sans un mot, ils s’enfoncèrent dans le dédale de petites rues que composait le quartier, et Jeanne les suivit, longeant les murs, s’assurant de leur direction uniquement en passant la tête à l’angle des rues. Ils arrivèrent dans une minuscule impasse, où la silhouette entra dans une sorte d’entrepôt. Le fils de la tenancière s’assit sur un tonneau, semblant garder la porte.

Elle rongea son frein. Et s’il y en avait d’autres ? Et s’il était bien armé ? Et si elle ne se contrôlait pas et le tuait ? Perdue dans ses pensées, maintenant qu’il était là, elle hésitait. Elle se décidait peu à peu à partir quand il saisit la bouteille sur le tonneau à côté de celui sur lequel il reposait ses jambes et la bougie qui y trônait illumina de nouveau la marque. C’était la même. Elle releva son écharpe sur son nez et empoigna son tranchoir, cachant sa main sous sa cape. Il sauta de son tonneau en la voyant avancer dans la ruelle. Alors qu’elle était à quelques mètres, il lui lança :

« T’es là pour acheter ou pour vendre ? »

La réponse fut rapide. Elle souleva rapidement son arme improvisée et l’abattit vers la tête du jeune homme. Surpris, il se lança sur le côté pour l’éviter, mais la lame aiguisée entra tout de même profondément dans son biceps. Il se mit à hurler de douleur en se relevant, révélant une dague.

« Enfoiré ! Ça ne va pas bien ? Tu veux te la jouer comme ça ? »

Il s’élança sur elle en l’injuriant. Jeanne essaya de l’éviter mais était beaucoup moins entraînée que semblait l’être cette petite frappe de Guy. Il la percuta de son épaule, ce qui la fait reculer, mais fut surpris que sa dague ne put entrer dans le ventre de sa victime, ripant sur l’épais tablier de cuir. Reculant sous le coup, la femme vengeresse parvint tout de même à abattre son tranchoir sur le dos de son assaillant. Elle n’eut que peu de temps pour voir le sang coulé du flanc blessé avant qu’il ne se redresse, balayant l’air de sa dague.

« Qu’est-ce que je t’ai fait, connard ?
— T’as buté mon mari, et maintenant tu vas payer, » répondit-elle, au bord des larmes.
« Oh, mais c’est une Dame, » ironisa-t-il. « J’ai jamais planté personne. Pour le moment. »

Guy fit alors une roulade sur le côté et donna un coup de sa dague dans la cuisse de Jeanne. Surprise, elle balaya devant elle sa feuille de boucher. Il se releva et lui mit un coup de poing, auquel elle répondait d’un puissant coup de genoux entre les jambes de l’adolescent. Il se recula un peu, lâchant son arme pour se tenir les parties.

« Salope. Tu… tu vas payer pour ça. » Il haletait de douleur et de colère tandis qu’elle ne parvenait pas à prendre l’avantage, tentant de cacher l’horrible douleur qui montait de sa jambe endolorie. Il revint à la charge, dans l’intention de la plaquer au sol, mais elle se retourna un peu et se retrouva projeter contre le mur, laissant tomber sa lame. Alors qu’il la ruait de coups dans les côtes, deux ombres sortirent de l’entrepôt.

« C’est quoi ce bordel » s’écria le premier. « Oh merde ! »

Alors que Jeanne avait réussi à se dégager de l’étreinte à force de frapper de ses deux mains jointes le dos de Guy, elle ne vit pas les deux nouveaux combattants entrer dans la danse. Le premier fut le plus rapide, lui assénant un énorme coup de pied dans le ventre. Le souffle coupé, elle s’appuya sur le mur mais fut fauchée par la deuxième personne sortie dans la ruelle. Elle s’écroula par terre, la tête dans la boue. D’un râle, elle expulsa la glaise qui pénétrait dans sa bouche et tenta de se relever, se protégeant des coups qui pleuvaient sur elle d’un bras replié sur le visage. Par chance, elle avait réussi, lorsqu’elle était au sol, à se saisir de son hachoir. Elle tenait en respect ses deux ennemis grâce à lui. D’un pas difficile, elle se rapprocha de celui qui l’avait fait tomber et arma un coup vers sa tête. La lame entra dans son poignet grâce à un petit saut sur le côté et il cria de douleur alors que son copain se mit à frapper le flanc de celle qui se voyait déjà comme veuve de petits mais rapides coups de poing. Elle pensait être dans une bonne position alors que celui qu’elle avait frappé se remettait difficilement, lâchant des râles juvéniles, preuve qu’il devait probablement être encore plus jeune que Guy. Mais elle avait oublié ce dernier.

Alors qu’elle se débattait avec celui qu’elle pensait être son dernier assaillant, un froid intense parcourra son échine. La douleur venait après. D’abord, il y avait ce terrible froid. Il vous parcourt le dos et remonte jusqu’au cou, où il se disperse dans tous le corps comme une onde. Puis l’on sent se libérer son sang aux alentours de la lame. La souffrance l’a prise au moment même où le criminel lui assénait un second coup de dague. Inerte, au bord de l’inconscience, elle tomba tel un roc au sol. La suite fut une pluie de coups de pied qui s’arrêtèrent après un cri horrifié et des bruits de course.


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 Sujet du message: Re: Les rues de Kendra Kâr
MessagePosté: Dim 6 Déc 2015 21:25 
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Le soir même, Jeanne enfila de nouveau une cape noire, masqua son visage d’une écharpe sombre et se dirigea vers l’artère où elle fut vaincue par les trois malfrats. La pluie tombait bien plus sincèrement que la fine bruine de la veille. L’eau frappait les pavés en un fracas assourdissant, coulant en minuscules rivières jusqu’au port. La pierre humide emplissait l’air de ce parfum métallique que Jeanne ne supportait pas. Passant discrètement la tête à l’angle de l’impasse, elle aperçut un jeune homme sur le même tonneau, le bras maintenu dans un linge gris. Il s’agissait probablement de Guy. Ne reproduisant pas la même erreur, Jeanne se plaça sous un porche, dans la rue perpendiculaire à la minuscule venelle, afin de tomber sur l’adolescent lorsqu’il rentrerait chez lui.

Plusieurs silhouettes encapuchonnées passaient, de temps à autre, se dirigeant vers l’entrepôt d’où sortirent les renforts la nuit précédente. Vu comme celles-ci l’ignoraient, elle se permit de s’allumer une pipe. Le lourd tabac brun aromatisé à l’amande amère produisait une légère lueur et une puissante volute de fumée âcre. Elle savourait ce délice lorsqu’elle distingua quelqu’un, ayant tout l’air d’un brigand, passant devant elle sans la regarder. De la douce lumière émanant du fourneau, elle remarqua le poignet du passant. La même marque en étoile que l’agresseur de son mari, la même que celle de Guy. Tout s’enchaîna dans sa tête, alors. Deux marques similaires, cela ne pouvait qu’impliquer un signe de reconnaissance. Ce n’était peut-être pas Guy qui avait poignardé Bruno, mais il faisait partie d’une organisation capable de tels actes, se dit-elle. Son sang bouillait et son cœur s’emballa. L’histoire dans laquelle elle s’embarquait s’avérait bien plus importante que tout ce qu’elle imagina naguère. Sur le point de s’effondrer, de juste retourner chez elle, de prendre soin de Bruno et d’oublier ses aspirations de vengeance, la sensation de chaleur et de lumière qui la sauva lors de son inconscience l’envahie. Elle ne savait pas si le divin y était pour quelque chose, au fond d’elle, elle ne le pensait pas, mais elle était en accord avec sa décision. Elle s’accomplirait sur la voie de la justice.

Tapotant sa pipe éteinte pour en dégager la cendre sur la chaussée, elle la rangea et se baigna dans l’ombre du porche, collée au mur. Elle souhaitait découvrir le fin mot de l’affaire, et elle y parviendrait. Sa main se raffermit sur le manche de la masse d’abattage qu’elle avait apportée et attendit que Guy emprunte la route du retour. Une trentaine de minutes de patience et elle entendit la garde être relevé. Le fils de Corène prit la rue en direction de l’auberge de ses parents. Avec discrétion, Jeanne le suivit, pas à pas, chemin par chemin, guettant à n’être pas surprise, s’arrêtant aux intersections et laissant le gamin emprunter une nouvelle rue pour le suivre. Il y avait un croisement qu’il ne pouvait pas ne pas prendre pour rentrer chez lui et là, elle pourrait frapper. Traquant sa proie, ayant préparée son plan à l’avance, elle se prit au jeu, adoptant même les mimiques que les enfants prennent lorsqu’ils jouent au chasseur, voûtant le dos, pressant le pas.

Elle tourna et plus personne. Envolé, le Guy. Elle accéléra, de peur de s’être fait distancer. Sortant d’une ombre, quelqu’un la saisit par les épaules. Une lame pénétra sa chaire au niveau de la gorge et son palpitant tonna dans sa poitrine. Tombant genoux au sol, Jeanne plaqua ses deux mains sur la plaie, s’empêchant de respirer. Les porcs ainsi égorgés crient, ouvrant davantage la plaie, remplissant les veines d’air, accélérant la sortie inexorable du précieux liquide pourpre, elle le savait pertinemment. L’assassin lui fit alors face. Guy arborait un grand sourire, essuyant le sang sur sa dague sur son pantalon.

« Je t’avais repérée depuis trois rues. T’en veux plus qu’hier semble-t-il. »

Jeanne fit tomber sa main droite, feignant la faiblesse pour saisir son arme. La jugulaire n’était pas sectionnée, elle le sentait désormais. S’il s’approchait assez, elle avait une chance de ne pas perdre trop de sang. Sa main gauche devait cependant rester le plus longtemps possible sur la plaie, pour éviter l’hémorragie. Le délinquant s’élança pour donner un puissant coup de pied à la tête de sa victime. Alors que sa jambe s’approchait dangereusement, Jeanne frappa de sa masse d’abattage avec puissance le pied d’appui du jeune malfrat. Hurlant de douleur et déstabilisé, il tomba à la renverse sur le pavé glissant.

Ce qui se passa ensuite, Jeanne en fut hébétée, mais allait complètement changer sa vie. Prise de panique par sa plaie et de joie par les cris de douleurs du sombre type en face d’elle, ses doigts serrés sur son cou se chauffèrent et émirent une douce lumière blanchâtre, éclairant la pathétique scène de rayons s’échappant d’entre ses doigts. Sur la blessure, Jeanne eut la sensation que l’on déversait de la chaux entre les deux bords de l’entaille et que le produit se durcissait immédiatement, rapprochant les lambeaux de peaux ensemble. Les yeux de Guy s’écarquillèrent lorsqu’elle baissa sa main. Le sang avait séché autour de la plaie qui n’apparaissait plus sur la gorge de la bouchère. Ces moments suspendus dans le temps sont incroyables. Quelques secondes semblent une éternité. Nos deux combattants connurent peut-être pour la première fois cet instant étrange. Et l’autre face de la pièce.

Une fois le temps presque arrêté, la réalité se rappelle toujours au monde. Le cœur de Jeanne battit alors très vite et son sang s’emplit d’adrénaline. Tout s’accélérait, le son de la pluie se tonna dans ses oreilles avec la puissance d’un orage interminable d’été en pleine montagne, entre les respirations puissantes des deux personnes au sol. L’une se relevait en s’appuyant sur sa masse alors que l’autre balayait de ses mains le sol pour retrouver sa dague dans la pénombre de nouveau tombée sur la ruelle. Jeanne se précipita sur Guy, armant un coup vers son torse. Alors que l’outil s’abaissait sur le jeune homme, il redressa ses genoux pour bloquer l’arrivée inexorable de la furieuse vengeresse. Le poids s’affaissa sur le pavé en une volée d’étincelles alors qu’il tentait de saisir les bras de celle qui l’attaquait.

« Comment te sens-tu, raclure, maintenant que tu es la victime au sol ? » cracha-t-elle en se délivrant de la prise de l’adolescent. Elle appuya de tout son poids sur le criminel, qui réussit à la renvoyer en arrière de quelques pas. Il se releva, trouvant sa dague au passage et fonça sur elle, arme à l’avant. D’un réflexe, Jeanne barra le chemin du manche de la masse d’abattage et la lame s’enfonça dans le bois épais. En réponse, elle fit passer l’outil à la verticale et, d’un coup puissant, balança le poids qui étourdit tant de bœufs sur le gamin qui grimaça de souffrance lorsque le fer s’abattit sur le haut de son crâne. Propulsé au sol, il fut immobilisé par son adversaire ; bien plus lourde que lui, elle apposa ses genoux sur ses épaules et s’assit sur son torse. Saisissant à deux mains le manche, elle les joignit à la base de la tête de l’arme, et commença à frapper le crâne à plusieurs reprises le visage qui, peu à peu, passa des signes de douleur à ceux de l’inconscience. Jeanne se releva alors, solennelle et se saisit du corps de l’adolescent pour le placer sur son épaule avant de retourner discrètement chez elle. Direction l’arrière-boutique…

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 Sujet du message: Re: Les rues de Kendra Kâr
MessagePosté: Lun 7 Déc 2015 11:15 
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Anastasie, les dents serrées, se massa les tempes dans l'espoir d'atténuer l'extrême douleur qui l'avait de nouveau assaillie. La première fois, elle avait disparue en moins de deux heures. Cette fois, cependant, elle subsistait encore après presque trois heures de supplice.

« Je t'ai pourtant dit de rester en arrière, » s'énerva le Duc. « De toute façon je t'ai interdit de participer, je ne vois pas pourquoi tu voulais tant nous accompagner. »
« Je veux être là, c'est tout, » articula-t-elle péniblement. « C'est quand même moi qui l'ai trouvé, je vois pas pourquoi je pourrais pas être là à son arrestation. »

Dimitri n'insista pas, ce qui eut pour effet d'arracher un sourire railleur à Fitzekiel, au grand bonheur de la petite noble. Mais aussitôt, ses jambes se dérobèrent sous son poids, et elle ne dut qu'aux réflexes du géant de ne pas s'écraser au sol.

« Anastasie ! » s'exclama le Duc, inquiet. « Tu n'es pas en état de rester, Fitzekiel, ramène-la chez elle s'il te plaît. »
« Non ! » s'indigna la jeune femme, faiblement, mais avec conviction. « Je reste ! Je vais juste aller m'asseoir, ça passera. »

Le guerrier la souleva sans la moindre difficulté et la conduisit à l'abri d'un des grands arbres qui encadraient la rue de ce quartier riche.

« J'avais raison, soixante kilos, » souffla-t-il à son oreille en référence à leur toute première rencontre.

La remarque arracha un sourire à la jeune femme.

« Je voulais te prévenir que je m'en vais bientôt, » ajouta-t-il. « Le Duc a promis de me rendre ma liberté dès que cette affaire serait terminée. Au train où ça va, je serais parti dans une semaine. »

L'expression d'Anastasie changea du tout au tout, laissant place à un masque de stupeur, mélangé à une profonde déception.

« Emmenez-moi avec vous ! » lâcha-t-elle finalement, même si elle connaissait déjà sa réponse.
« Certainement pas, » rétorqua-t-il d'un ton catégorique. « Mais, si la proposition tient toujours, je viendrais prendre ta virginité avant de partir. »

Les joues de la petite noble prirent une teinte d'un rouge jusque là jamais atteint, arrachant un léger sourire à son interlocuteur qui n'eut pour effet que de multiplier sa gêne.

« Vous allez toucher d'autres femmes, une fois parti ? » s'enquit-elle après un silence interminable.
« Non, » répondit-il tout simplement. « Mais je ne compte pas être abstinent, je reviendrais te voir. »

Anastasie était toujours aussi rouge, mais elle sourit finalement au géant, avant de hocher légèrement la tête en signe d'assentiment. Elle lui avait fait des avances plus d'une fois, ce n'était pas pour se refuser à lui maintenant qu'il était celui qui proposait. Le géant lui vola un bref baiser avant de se redresser et de partir en direction du Duc, la laissant là, penaude.

La jeune femme secoua la tête pour se remettre les idées en place, ravivant sa migraine, cachée par le torrent d'émotions, par la même occasion. Si, malheureusement, la veille avait été le théâtre d'un premier assassinat depuis son duel contre le nécromancien, la journée avait été fructueuse.

Après avoir trouvé le nom de Kei Kaizuka dans un livre relatant l'histoire de l'arène de Kendra Kâr, Anastasie était allée demander au bibliothécaire s'il avait en sa possession sa biographie. Et, effectivement, il l'avait. Dedans, ils avaient trouvé toutes les informations dont ils avaient besoin : de l'histoire – fort intéressante – de celui qui se fit appeler Golgota, puis, plus tard, Golgatus, à son amitié avec un dénommé Alban Blanchetoison en passant par l'endroit où ces deux là pratiquaient, semblait-il, de sombres rituels magiques. Le lieu était décrit comme étant leur refuge, le lieu où ils se retrouvaient lorsque quelque chose allait mal dans leur vie.

Il faisait maintenant nuit noire, et c'était devant le bâtiment en question, réaménagé depuis en local pour une maison noble du quartier, que se trouvaient Anastasie, Fitzekiel, Dimitri et toute une petite troupe de ses soldats, rassemblés pour l'occasion. Les hommes, que les deux gardes du corps de la jeune femme avaient rejoints pour l'occasion, se mettaient en place, encerclant la bâtisse et attendant les ordres de leur supérieur.

Mais la petite noble, étrangement, n'était pas rassurée. Quelque chose n'allait pas. Tout se passait trop bien pour être vrai. Déjà, à la bibliothèque, un détail l'avait frappée, mais elle s'était prise pour paranoïaque. Puis le sentiment était réapparu à leur arrivée devant le bâtiment censés abriter les deux fuyards, mais elle avait rapidement balayé ses inquiétudes, les mettant sous le compte du pessimisme. Mais plus elle observait la maison, moins elle doutait de son sentiment premier.

Sur un ordre du Duc, les soldats défoncèrent la porte et s’engouffrèrent rapidement à l'intérieur, ne laissant plus qu'une poignée d'hommes à l'extérieur, mais près de l'entrée. Et Anastasie rassembla immédiatement ses forces pour se relever. C'était un piège, elle le sentait maintenant. Elle tenta vainement d'appeler les quelques soldats restés en arrière, mais sans succès : la migraine s'était accompagnée d'une fièvre violente qui la privait de ses forces. Elle aurait aimé que l'un d'eux se tourne vers elle, ne la voie, mais leurs yeux étaient fixés vers l'entrée du manoir. La jeune femme s'avança péniblement d'un pas, soudain à bout de force.

« C'est un piège, » articula-t-elle finalement d'une voix ridiculement basse. « Ils vont me tuer. »

Derrière elle, un bruit de pas se fit entendre, suivi d'une voix familière.

« Il m'avait prévenu que tu étais maline, mais là tu m'épates, » fit la voix insaisissable de Golgatus.

Anastasie se retourna difficilement pour se retrouver face au squelette. Il tenait un poignard dans une main. La jeune femme paniqua silencieusement, incapable d'émettre le moindre bruit. Elle n'avait pas été capable de rivaliser avec lui en bonne santé, il était inconcevable qu'elle puisse ne serait-ce que le retenir une vingtaine de secondes dans son état.

D'un seul coup, celui qui avait jadis été Kei Kaizuka bondit près de la petite noble et, sans qu'elle n'ait le temps de faire quoique ce soit, enfonça la lame qu'il tenait dans ses entrailles. Une violente douleur l'assaillit et ne fit que se multiplier quand son agresseur tourna le poignard, causant encore plus de dégâts aux organes internes d'Anastasie. Un cri se fit entendre derrière elle. C'était celui d'un garde, mais elle n'avait presque pas conscience de l'entendre, trop concentrée à combattre la douleur alors qu'un filet de sang s'échappait de sa bouche. Golgatus, soudain repéré, retira l'arme du ventre de sa victime avant de s'échapper à toute vitesse à travers le dédale des rues Kendrane.

Anastasie tomba presque immédiatement à terre, à demi consciente. Dans un réflexe et un effort surhumain, elle posa une main sur l'énorme plaie qui ornait son ventre et y concentra toute son énergie fluidique. Et, dans un sort qui n'était que l'ombre de ce qu'il aurait pu être, elle soigna partiellement ses organes et ses chairs, prolongeant sa vie de quelques minutes.

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 Sujet du message: Re: Les rues de Kendra Kâr
MessagePosté: Lun 7 Déc 2015 11:23 
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Anastasie marchait d'un pas décidé, menant son unique garde, qui semblait, à sa grande satisfaction, avoir de sérieuses difficulté à garder la cadence. Lorsqu'elle était sortie de sa chambre, quelques minutes plus tôt, et avait annoncé sortir faire les boutiques, elle l'avait totalement pris de court. Il somnolait, seul, sur le pas de sa porte, alors que son collègue prenait du bon temps avec la meilleure amie de la petite noble. Le soldat, qui ne s'était pas attendu à la voir debout avant plusieurs heures, avait déclaré qu'il allait d'abord devoir interrompre les batifolages de son acolyte, mais la jeune femme ne lui avait pas laissé le temps de réagir et était déjà proche de la porte d'entrée, le priant de bien vouloir se dépêcher sans quoi elle partait sans lui. Et c'est ainsi qu'il s'était retrouvé seul, à porter des dizaines de sacs pleins d'objets et de vêtements en tout genre, que la petite noble, parée de sa bourse la plus remplie, semblait acheter sans aucune raison ni logique.

« Moins vite, mademoiselle, » la supplia-t-il, chargé comme un dromadaire. « Et puis je ne suis pas votre porteur, si quelqu'un vous attaque comment je suis censé vous protéger ? »

Mais la jeune femme, sourde à ses invectives, ne fit qu'accélérer la cadence, son regard la portant soudain vers un étal à pâtisserie.

« Vous en voulez une ? » lui demanda-t-elle. « Oh, celle au citron a l'air délicieuse ! Mettez m'en cinq, » ajouta-t-elle au profit de la vendeuse. « Il faut absolument que j'en ramène à mes servants ! »

La pâtissière emballa les cinq tartelettes et les posa, à la demande d'Anastasie, directement dans les bras du garde – non sans un soupir d'exaspération de sa part.

« Détendez-vous, voyons, on est au beau milieu de la journée et Alban est recherché par toute la milice, je ne vois pas comment il pourrait m'agresser ici. »

Puis, sans crier gare, elle repartit immédiatement vers d'autres étals.

Le manège dura un long moment, embarrassant un peu plus son garde du corps à chaque nouvelle boutique, Anastasie le mena par le bout du nez jusqu'à ce qu'il soit même difficile pour lui de regarder devant lui. Et c'est à ce moment là qu'ils arrivèrent exactement là où voulait aller la petite noble : une troupe d'artistes itinérants en plein spectacle, devant une foule immense de spectateurs. En effet, la jeune femme n'avait pas choisi cette journée au hasard, elle savait que c'était le seul moment où elle pourrait échapper à la vigilance de ses protecteurs sans avoir recours à son second plan : à savoir, provoquer une bagarre en plein milieux des docks et s'en aller pendant qu'ils étaient contraints de la défendre face à une demi-douzaine de bandits et de soûlards.

Sans attendre, et malgré les demandes répétés de son garde du corps de ne pas s'en approcher, la petite noble pénétra dans l'énorme amas de passants qui s'étaient arrêtés pour observer les troubadours et se fraya un chemin à toute vitesse à travers eux. Sa petite taille la rendaient complètement invisible de l'extérieur, et elle n'eut qu'à traverser la foule de part en part pour se retrouver à une bonne distance du soldat, qui semblait peu à peu paniquer tout en la cherchant du regard.

« Il va se faire engueuler le pauvre, » s'attrista la jeune femme. « Mais il faut ce qu'il faut. »

Et sans un autre regard en arrière, elle disparut au détour d'une ruelle.

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 Sujet du message: Re: Les rues de Kendra Kâr
MessagePosté: Dim 27 Déc 2015 00:39 
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Le temple de Gaïa

Rose-Ebène était à nouveau dans les rues. Elle avait glissé les pièces du prêtre dans l'une de ses bottes préférant perdre en confort plutôt que de risquer de se faire de nouveau voler. Elle dénoua sa tresse et s'adossa à un mur. Elle passa les mains dans ses cheveux pour les démêler tout en réfléchissant à ce que le prêtre lui avait dit.

(Tout ceci aura eu finalement des conséquences étonnantes et finalement plutôt positives: j'ai pu mangé un peu et obtenir en prime des informations. Il ne me reste plus qu'à prendre la bonne décision...)

Sa main se figea dans ses cheveux alors qu'elle réfléchissait à ce qu'elle devait faire. Elle finit par conclure que trouver une auberge et un repas pour la nuit serait préférable. Elle profiterait de cette nuit de sommeil et d'un estomac plein pour prendre la meilleure décision. Elle savait cependant déjà qu'elle ne repartirai pas chez elle. Revenir dans les montagnes qui l'avaient vu grandir c'était aussi accepté de revenir à l'endroit où Médéric était mort et elle ne s'en sentait pas la force. Bien sûr, le désir de connaître ses origines l'avait incité à quitter ces lieux mais elle avait aussi eut besoin de fuir. Elle avait eu besoin de fuir un lieu qui lui rappelait l'être qui avait le plus compté dans sa vie.
Elle natta ses cheveux avant de partir à la recherche d'une auberge.

(Cette fois-ci je vais demander mon chemin. Hors de question de tourner en rond comme la dernière fois.)

Après avoir marché un certain temps elle croisa une femme qui lui inspira confiance. Rose-Ebène ne put s'empêcher de se mordiller nerveusement la lèvre avant de l'interpeller:

"Excusez-moi"

La femme s'arrêta et la détailla de la tête au pied d'un air méfiant. Elle fronça un peu les sourcils avant de répondre d'un oui interrogatif et suspicieux. Rose-Ebène nota qu'elle gardait les mains plaquées sur les poches de son manteau et se tenait à bonne distance:

"Je cherche une auberge en connaitriez-vous une?"


La femme hocha sèchement la tête avant de répondre d'une voix morne:

"Tout droit puis à droite jusqu'à la grande rue puis à gauche jusqu'à la tortue guerrière"

"Merci beaucoup".

La femme ne répondit rien et partit sans se retourner.

(Bien... On peut pas dire qu'elle ait été d'un enthousiasme fou mais je sais au moins où aller.)


Rose-Ebène se sentit alors extrêmement soulager. Pour la première fois depuis qu'elle était arrivée à Kendra-Kâr elle se sentait presque légère. Maintenant, elle savait où elle allait passer la nuit, qu'elle allait manger et plus important elle avait réussi à obtenir de précieuses informations en lien avec sa quête.

(Il faut croire que Gaïa m'a certainement entendu.)

Elle sourit et remercia en silence la déesse. Elle poursuivit ensuite sa route et conformément aux indications de la femme elle atteignit la grande rue.

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 Sujet du message: Re: Les rues de Kendra Kâr
MessagePosté: Mar 8 Mar 2016 16:36 
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Localisation: Kendra Kâr, auberge de la Tortue Guerrière
((( [:attention:] Certaines scènes de ce rp sont à forte connotation violente, aussi est-il recommandé aux lecteurs sensibles d'y réfléchir à deux fois avant d'en entamer la lecture.)))


Une fois dehors j'aspire une grande bouffée d'air fétide, et me lance d'un bon pas dans les rues de Kendra Kâr.

Errant sans but depuis plusieurs minutes, je me sens de plus en plus mal à l'aise.

"On nous suit." Dis-je.

(Je me demandais combien de temps tu mettrais à remarquer. C'est l'ivrogne d'hier soir.)

Et en effet, une voix grasse ne tarde pas à lancer :

"C'lui ! C'lui l'semi z'elfe qui m'a m'nacé."

"Ah ouai ? On n'aime pas trop les fauteurs de troubles par ici, et encore moins les batârds d'hybrides dans ton genre."

Me retournant, j'aperçois le pochtron à la tête d'un détachement de la milice. Derrière lui une vingtaine d'hommes en armes me contemple d'un air mauvais.

"Fils de chien ! Je t'avais prévenu !" Criai-je en lui lançant ma dague à la gorge.

L'homme s'écroule dans un horrible borborygme. Je me précipite alors dans un réflexe stupide pour récupérer mon arme, alors que la milice s'élance vers moi avec force beuglements.

(Que fait-tu abruti ? Fuis !)

Stoppé net dans mon élan, je trébuche et m'étale de tout mon long dans la boue puante. J'entame alors un féroce combat avec la dague qu'il me reste. Mais je suis en mauvaise posture. Déjà mes forces me quittent et je vois la fange se teinter de rouge.

'L'autre' ne dit plus rien, c'est mauvais signe. Mes yeux se ferment doucement.

J'ai froid, et l'obscurité m'engloutit.

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 Sujet du message: Re: Les rues de Kendra Kâr
MessagePosté: Dim 13 Mar 2016 14:25 
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Les rues à l’image des portes de la ville bouillonnent d’activité, les citadins vagabondent devant des étalages derrière lesquels s’époumonent les vendeurs désireux d’attirer l’attention. Je suis tenté d’aller voir ce qui est proposé et décide de m’approcher d’un des stands. Nibelung me voyant faire n’hésite pas à me prendre par la main comme si j’étais un gosse et me traîne avec une poigne de fer jusqu’à la grande place.

Cette dernière regorge de boutiques et devant certaines s’étalent une queue démarrant dans la rue. Nibelung me dit que cette agitation est normale, cet endroit de la ville fourmille d’activité, pour cause, ici siège l’auberge, la taverne sans compter les magasins et étals en tout genre.

« Tu vas voir Insanis ! Cette auberge, c’la meilleure pour sûr ! On s’y r’pose cette nuit et demain, début des recherches. Je connais quelques endroits dignes d’intérêt pour trouver des informations, à commencer par l’auberge de la tortue guerrière, y’a aussi l’bazar magique et… » il me fait un clin d’œil « Y’a aussi le baisodrome. »

Quand j’entends ce mot je regarde mon compagnon d’un air ahuri et le répète, baisodrome hein...

« J’suis pas sénile mon gars ! J’viens de le dire ça ! » mais voyant mon expression, il doit comprendre qu’il est nécessaire d’éclaircir ses propos et se raclant la gorge, il reprend « Son nom officiel c’est le Temple des plaisirs, tu peux y trouver pas mal d’courtisans et autres fervents défenseurs des joutes de… Chambre. C’que j’vais t’dire maintenant, relève de bruits de mine, à c’qu’on dit c’t’un nid d’espions, tu as ptêtre une chance d’trouver des infos sur ta relique. »

La nouvelle est enthousiasmante et prometteuse. J’espère être béni de chance et ne pas rencontrer trop de difficulté pour trouver la tant convoitée relique.

« C’est parfait alors ! » dis-je, le visage illuminé.

Nibelung avance tout droit et arrive devant une grande porte de chêne. Le spectacle qui s’offre à moi est comique, le nain sur la pointe des pieds essaie d’attraper la poignée quand tout d’un coup, la voilà qui s’ouvre à la volée le renversant brutalement. Un homme titube et hurle en brandissant une bière dont le contenu s’évade par bribe, souillant la barbe de Nibelung.

La porte étant ouverte, je peux entendre des chants grivois en sortir, les voix sont pour la plupart éraillées, rauques. Nibelung se relève et d’un geste rageur ébouriffe sa barbe avant de prendre l’homme saoul par la ceinture, le tirant d’un geste brusque. L’ivrogne ne résiste pas et s’effondre, sur le nain qui écrasé se retrouve à nouveau par terre.
Cette fois je n’arrive plus à réprimer une crise d’euphorie et rit à gorge déployée. Le nain se débat comme une tortue, il essaie de renverser la loque qui l’empêche de bouger sans résultat. Je décide finalement de l’aider et d’un pied fait basculer le corps sur le côté. Nibelung se redresse avec précipitation mais semble d’une humeur noire et maudit les frêles hommes incapables de tenir l’alcool.

Il se retourne vers l’homme ivre-mort et d’un ton furieux lui dit :

« Remercie le ciel que je ne sois pas d’humeur à tabasser une ribaude ce soir ! »

J’ai toujours les larmes aux yeux et mon corps est secoué de spasmes mais voyant le regard de Nibelung, j’essaie de faire comme si de rien n’était.

« Bon, c’est pas l’auberge mais la taverne… On peut tous s’tromper ! Bref, c’est l’établissement à côté, allons-y j’veux dormir. »

Il m’emmène devant une autre porte dont la poignée est plus basse, il l’ouvre donc sans difficulté et pénètre à l’intérieur avec impatience, moi à sa suite.

_________________
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Merci à Inès pour cette magnifique signature !


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