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 Sujet du message: Re: Les thermes
MessagePosté: Lun 6 Juil 2015 04:06 
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La pièce dans laquelle tu entres est éclairée à grand renfort de bougies et de torches fumantes. Les flammes agitées par les courants d'air font danser les ombres et se reflètent sur l'eau endormie des bassins. Si tu as l'oeil, tu pourras en détecter un mouvement sous l'onde, une Murène blanche grêlée de tâches noires.

Un homme fait les cent pas entre les deux bassins de pierre, autour de lui quelques solides gaillards les bras croisés fixent le sol en silence. L'un d'eux, le plus proche répondit à ta question simplement par un signe de tête qu'il bascula en direction de l'homme qui marchait furieusement en grommelant.

Cet homme, c'était Von Klaash, il tenait en main une bouteille vide et ses yeux noirs sondaient l'eau des bassins mais son esprit était ailleurs. Un des hommes l'interpella.

" Cap'tain... On dirait qu'il y a un autre mercenaire qui arrive. "

Von Klaash ralentit et grommela de nouveau, il passa des doigts aux ongles en deuil dans sa barbe fournie et gratta avant de cracher un glaviot à terre.
" Des conneries... " Ajouta-t-il, à voix basse. Puis, en haussant le ton :
" Toi, l'étranger. Pose ton arme et approche un peu."

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Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
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 Sujet du message: Re: Les thermes
MessagePosté: Mar 7 Juil 2015 08:30 
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Discussion de taverne IV

La salle dans laquelle vient de pénétrer Beorth a quelque chose d’une cave : malgré la flambée, il n’aime guère l’atmosphère, trop humide, sans doute à cause des grands bassins de pierre remplis d’eau.

(Putain de gaspillage de place. Collez quelques tables à la place de ces trucs, enlevez le trop de torches et de bougies, rajoutez une poignée de filles bien girondes et vous en faites un bon tripot, le genre où qu’on trie les joueurs sur le volet, qu’y faut payer. Un bon coin où traiter, négocier, entre gens qui s’entendent causer, et qui se comprennent… Mieux que cette barbotoire… Si encore ils y avaient mis quelques gelines, qu’on puisse se rincer l’œil en plus du gosier…)

Au milieu des hommes réunis, le capitaine est identifiable avant même qu’il ne prenne la parole pour interpeller l’arrivant. C’est une sorte d’instinct pour le mercenaire, il sait repérer les chefs dans les groupes, question de survie, question de bon sens : ça se voit pas tant par les chefs que par tous ceux qui gravitent autour d’eux. Comme le tourbillon dans le fleuve, on ne le perçoit que par la perturbation qu’il génère dans le courant. Et de l’avis de Beorth, son potentiel patron est une foutue perturbation dans le courant. Costaud, la barbe noire, l’air sombre, son physique inspire une confiance d’antipathie au guerrier, sans doute que ce type mérite qu’on se méfie de lui, et tant mieux : c’est idéal, un salaud, on sait à quoi s’en tenir, comment négocier, comment agir.

Alors quand l’homme l’invite à s’approcher, ou plutôt lui ordonne, car le ton est celui du commandement, Beorth obtempère sans trop de crainte. En revanche, il n’exécute que partiellement l’énoncé du capitaine : ce dernier lui a demandé de déposer son arme, ce qui voulait sans doute dire ses armes, et ça, ce n’était pas vraiment dans les habitudes du mercenaire. Sans provocation, mais un peu crâne tout de même, il approche armé, le fer de la hache vers le sol, renoncer à une prise lui permettant d’entrer rapidement dans le combat étant sa seule concession. Pas question de passer pour un coquelet intimidable : le capitaine comprendra peut-être, de guerrier à guerrier. Sinon…

(Bah sinon, on verra bien comment ça va se passer. Va bien falloir qu’on se jauge un de ces quatre, qu’on prenne la mesure, et pas question de danser comme des gonzesses, à petit pas. Si y doit me mettre son poing dans la gueule, qu’il le fasse. Si y paie bien, je veux bien perdre une dent dans l’affaire.)

« M’a l’air humide vot’ cave, j’voudrais pas poser mes outils, peur qu’y choppent la rouille. Paraît qu’vous avez du boulot à confier, autant qu’vous voyez avec quoi j’travaille, histoire d’pas êt’ pigeonné sur ç’ui qu’vous r’crutez. »

Discussion de taverne VI

_________________
***


La plupart des hommes aimaient mieux être appelés habiles en étant des canailles qu'être appelés des sots en étant honnêtes : de ceci, ils rougissent, de l'autre ils s'enorgueillissent.

Thucydide, Guerre du Péloponnèse III, 82


Beorth - Humain - Guerrier


Dernière édition par Beorth le Mer 5 Aoû 2015 09:15, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Les thermes
MessagePosté: Jeu 9 Juil 2015 02:08 
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Alors que tu te rapproches du Capitaine, arme en main, quelques marins baissèrent la tête pour dissimuler un sourire. Von Klaash, quant à lui, continuait de gratter sa barbe jusqu'à ce qu'il ne se mette également à sourire et t'envoya une grande tape sur l'épaule, ferme mais qui se valait presque amicale.

" Ah ! Enfin un peu de cran. J'commence à bien aimer cette ville. Comme tu dis mon p'tit gars, j'ai du boulot pour des gars d'ta trempe qui mouillent pas les chausses. "

Il s'écarta de toi pour rejoindre un des bassins. Situé sur le rebord de celui-ci étaient disposés avec beaucoup de soin des bougies parfaitement alignées, des pièces disposées amoureusement en petit tas et un petit bol de viande de poisson luisante aux reflets nacrés. Le Capitaine commença doucement :
" J'amais vu ta trogne ici, t'es p'être un gars que Katalina a fait venir de loin, c'que j'en sais... Tu as déjà vu une Murène ? Une vraie ? Elles sont amicales quand elles le veulent, souvent elles jouent même avec mes marins lorsqu'ils plongent dans les récifs. "

Il jeta à la surface une petite pincée de poisson, troublant l'onde tranquille et attira la Murène.
" C'pendant, une Murène c'quand même carnivore, ça bouffe d'autre bestiaux, même plus gros qu'elles, comme des requins. On peut donner à manger à une Murène mais elle pourrait-y bouffer un doigt, elles voient mal et se fient à leur pif. "

Il se retourne vers toi, le visage grave marqué d'un sourire narquois en pointant son nez.
" J'me fie à mon pif, moi. J'croque pas dans l'vide. "

La Murène secoua la surface de l'eau et emporta avec elle son repas...
" J'ai donc un p'tit travail, du menu fretin à truander un peu. Des prêtres qui font des bizarreries la nuit tombée dans les sous-sols à côté du grand marché. Paraît qu'ils ont des fluides d'obscurité en trop, ça s'rait con qu'ça disparaisse pour atterrir ici, surtout qu'ça se vend drôlement bien ça. "

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 Sujet du message: Re: Les thermes
MessagePosté: Ven 24 Juil 2015 02:51 
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Hrist claqua la porte et entra sans prêter attention aux deux trois personnes qu'elle avait pu faire sursauter. Comme à chaque fois, il lui semblait que les bavards baissaient d'un ton lorsqu'elle était là comme s'ils souhaitaient se montrer discrets ou ne pas être entendus.

La tueuse s'installa au comptoir, debout, les coudes sur le bois et réfléchissait. Comme à son habitude, elle restait là de longues minutes aussi immobile que silencieuse sans rien consommer. Seulement cette fois-ci, Arkos le tavernier s'approcha et murmura :

" S'cusez. Y'a la p'tite Kata... Katalina voudrait s'entretenir un peu avec vous. 'Dit qu'est urgent. Devriez peut-être aller voir. "

Elle tourna doucement le regard vers lui qui fit un petit pas en arrière pour s'adosser au buffet à vaisselle et croisa les bras.
" Après j'dis ça... "

Hrist ne répondit rien d'autre qu'un semblant de sourire et se rendit directement au sous sol où à sa grande surprise elle trouva Fiori. Le passeur.
Il était en compagnie de Katalina, visiblement et à en juger par son front perlé de sueur et son air malade, il était dans la mouise et venait chercher assistance auprès de quelqu'un. Ce petit manège n'arrangeait pas Hrist, elle avait besoin de lui maintenant et n'avait ni le temps ni l'envie de lui rendre le service par avance.

" Je tape à ta porte depuis une heure, ton gorille refuse de me dire quoique ce soit. "
" Moi aussi, j'te cherchais. Les grands esprits se rencontrent."
" Se croisent... " Coupa Katalina d'un ton tranchant. Elle s'approcha davantage des lumières qui éclairaient alors son visage cireux.
" Tu cherches un passeur ? Où est-ce que tu dois te rendre ? "
" J'ai un contrat. Une mission qui consiste à tuer une cible à Kendra Kâr. Mais comme ils doivent se souvenir encore un peu de moi, il me faut quelqu'un pour rester discrète. Au moins jusqu'au coeur de la ville, après, je me fonds dans la masse. Entrer et sortir. Tout ce qu'il me faut c'est ça. C'est dans tes cordes, non ? " Demanda-t-elle finalement à Fiori.
" Ah ça ouais, mais j'suis dans la merde moi, oubliez pas ça. J'ai un chef gobelin qui veut ma peau. Ils ont déjà volé une de mes cargaisons et sont même allés jusqu'à saboter un transfert. "
" Saboter un transfert ? Un de tes clients s'est fait pincer ? "

Fiori s'assit lourdement sur une chaise en bois qui grinçait sous son poids.
" C'était une minette qui payait rubis sur ongle pour éviter un truc, un mariage forcé j'crois, j'écoutais pas trop ses raisons, elle payait bien. Ces enfoirés de gobelins ont planqués de cadavres de rats en putréfaction partout dans le colis. L'odeur était telle que la gamine s'est sentie mal et a dégueulé. Ça s'est entendu."

Hrist leva un sourcil et décocha un petit sourire narquois à Katalina qui doucement faisait glisser sa main sur l'épaule de Fiori qui sursauta.
" S'il est à peine fichu de faire disparaître une minette... "
" Hey ! C'pas ce que vous croyez, c'était du sabotage. Des gens l'ont entendu cracher ses entrailles et ont pensé à un enlèvement, ça a fait tellement de grabuge que la milice s'en est mêlée et elle a été ramenée chez ses parents. Mais le plus dur, c'est ma cargaison ! "

" Qu'est-ce qu'elle contient ? "
" J'allais le demander. "
" C'est pas vos oignons, tuez moi le chef gobelin et je ferais le passage pour vous, sans poser de question à mon tour. Vous entrez, vous trucidez ce qu'il y a trucider et vous ressortez."
" En espérant qu'il n'y ai pas de rats morts, cette fois. " Dit l'empoisonneuse en retirant doucement sa main gracile de l'épaule moite de l'homme qui tortillait dans tous les sens son petit béret.

Hrist réfléchissait à cette offre et ne voyant pas ce qui pourrait-être compliqué, elle leva simplement les épaules et dit : " Bon... Le chef gobelin à tuer ? Il crèche où ? "

Fiori ne cacha pas son petit sourire et se pencha sur la chaise pour dire plus bas :" Raskälgânaräk. Il est à la taverne du rat putride avec ses sbires. "
" Raskagan-quoi ? "
" Narak. Quelque chose du genre. Enfin, qu'importe. Je vais prendre trois hommes et nous allons faire un peu d'animation dans la taverne."
" Faites quand même gaffe, c'est qu'une petite raclure de caniveau, mais tant qu'ma cargaison est entre ses mains, j'peux rien faire. "
" Tu peux déjà commencer à chercher ta cargaison et préparer le départ pour Kendra Kâr. "

Hrist monta les marches jusqu'à la taverne toute joyeuse, presque en sautillant et traversa la pièce en criant :
" Trois hommes avec moi ! " Et sorti.

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 Sujet du message: Re: Les thermes
MessagePosté: Lun 27 Juil 2015 18:22 
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De rage, Hrist avait ordonné que l'on traine par les pieds le gobelin jusqu'à ce qu'ils soient sur le pas de porte de son quartier général. Elle n'avait pas vu le temps passer, d'ailleurs, elle était si fermement en proie à sa colère que la tueuse n'avait aucun souvenir de son trajet, elle ne reprit vraiment conscience que lorsqu'elle claqua lourdement la porte du sous-sol et y pénétra comme une flèche.

Katalina sursauta en voyant entrer le groupe armé qui traînait le triste gobelin jusqu'en bas des escaliers. L'empoisonneuse plissa les yeux et essaya de mieux voir la cause du sang sur le visage de la tueuse et constata que puisqu'elle se tenait le nez du bout des doigts, ce ne devait pas être dramatique, aussi, elle ne dit rien et observa le curieux manège qui se produisait devant elle.

Hrist porta une chaise de bois au milieu de la pièce et ordonna à l'un des trois hommes de le déshabiller totalement. " Qu'il n'en reste plus rien. Même les talismans chaman ou autres abominations de sa race."

Les hommes s'exécutèrent, l'un tenait fermement le gobelin abasourdi par le coup reçu plus tôt alors que les autres découpaient et arrachaient plus qu'ils ne déshabillaient le pauvre gobelin mal en point.
Katalina se servit un verre et en offrit un à Hrist qu'elle lui tendit sans mot dire, plus par compassion pour son visage blessé.
" Il m'a cassé le nez ? Regarde bien ? "
" Non. Quand tu arrêteras de saigner, ça sera guéri en un rien de temps."

Hrist avala une gorgée d'alcool et attendit que le gobelin soit fermement attaché sur la chaise pour congédier les mercenaires.
" Allez voir Arkos. Il vous paiera soit en or soit en bouteille et repas chaud. "

Aussitôt, elle s'approcha du voleur Sekteg et tira doucement son arme de son fourreau pour enfoncer doucement la pointe dans la clavicule de sa victime mais alors que le métal allait mordre la chair verdâtre, une fois de plus, une secousse terrible vint se heurter à ses muscles, tirant son bras en arrière. Le gobelin n'avait même pas saigné. Hrist pensait d'ailleurs qu'il avait les yeux fermés mais celui-ci, n'avait rien raté du spectacle et commençait ricaner.

Profondément blessée par cette incompréhension totale de ce qui lui arrivait, Hrist lui envoya une gifle cinglante mais en paya le contrecoup, si elle avait pu frapper le gobelin du revers de sa main, celle-ci fut infligée par un mal identique au précédent, fait de fourmillement et de spasmes douloureux.

Elle agita sa main dans tous les sens et devint ivre de colère en entendant le gobelin continuer de ricaner.
" Il n'a aucun objet sur lui... Comment se fait-il que je ne puisse pas le... Rha. C'est ça qui te fait rire ? Tu ne quitteras jamais cette pièce, si ce n'est pas ma lame qui te fera rendre gorge, tu crèveras de faim. "

Alors que la tueuse perdue faisait les cent pas, Katalina vint à sa rencontre et lui murmura.
" Je.. ne sais pas trop ce qui vient de se passer, mais si je ne me trompe, le gobelin a reçu un sale coup sur la tête. Quelqu'un a pu le mettre à bas mais toi, tu sembles ne pas pouvoir faire autre chose que le gifler... Et encore... " Conclu la femme en constatant la main rougie de Hrist.
" Laisse moi voir quelque chose. " La Murène en robe rouge tira de son bustier une longue lame argentée. Le genre d'arme qui ne plaisait pas vraiment à Hrist, trop décorée, trop jolie, plus un objet de collection qu'une arme véritable. La parfumeuse s'approcha du gobelin qui ricanait toujours dans un raclement de gorge.

Proprement, Katalina fit glisser sa lame sous la gorge du gobelin, le mouvement avait été fluide et propre, ne laissant qu'un éclat argenté à la lueur des bougies.

Le gobelin baissa la tête et se vida de son sang jusqu'à ce que mort s'en suive.

Hrist dû s'assoir pour ne pas tomber à la renverse, Katalina se mordit la lèvre et dit alors :
" Je fais appel à un guérisseur immédiatement. Reste ici, je crois que tu as été maudite. "

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 Sujet du message: Re: Les thermes
MessagePosté: Jeu 30 Juil 2015 01:03 
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Le corps du gobelin avait déjà été traîné hors des thermes où Katalina et Hrist étaient restées. Le bras droit de la tueuse avait envoyé quelques soldats de Keresztur chercher un guérisseur ou quiconque pourrait aider à mettre le doigt sur le problème de la femme. En attendant, elles restèrent dans un pieu silence, et si cette malédiction ne pouvait pas être levée ?

Un duo de soldat escortèrent un roturier à moitié dénudé, une épaisse barbe négligée camouflait ses expressions, il poussa un cri étouffé lorsqu'on le jeta au sol. Il ne portait qu'un vieux pantalon de jute et une chemise de chanvre usée et grouillante de vermine. Les soldats le dénudèrent davantage et lui envoyèrent un seau d'eau en pleine figure après l'avoir solidement entravé aux poignets et aux chevilles.

" Ce qu'il pue le bougre... On l'a trouvé endormi à côté des thermes. Il manquera à personne s'il venait à disparaître. " Disait le soldat derrière son casque noir.

Katalina s'approcha un rien du mendiant pour vérifier ses liens. De près, l'eau n'avait rien enlevé à l'odeur, il sentait un mélange de sueur et de vieux chiffon. Ses cheveux grouillaient de saleté et de poux, sa peau était couverte de traces, tantôt des cicatrices tantôt de la crasse.
" Il a été victime de la petite vérole. Regarde moi toutes ces cicatrices. Sa peau en est grêlée. "

Hrist fit un petit signe de tête allant à la négative, elle ne voulait pas s'approcher, trop occupée qu'elle était à se ronger les ongles et envisager le pire. Le guérisseur passa la porte escorté par deux autres soldats. A en juger son visage et surtout son oeil gonflé et endolori, il avait été convié à venir plus de force que de grès.

C'était un jeune humain qui avait eu le temps d'emporter avec lui un petit havresac de cuir huilé qui devait contenir de quoi faire de premières estimations.

Il tenait fermement ses effets sous le bras et observa les occupants de la pièce avec un air vexé. " C'est pour lui que vous m'ordonnez de venir ?! "
" Pour moi. " Coupa Hrist qui voyait que le jeune humain s'imaginait que le clochard méritait ses soins. Elle s'approcha, les yeux légèrement clos et humait l'air nauséabond depuis l'entrée du roturier.
" Un guérisseur et un humain... Un drôle de mélange à Omyre. "
" Ouais... Bin faut bien soigner un peu. La chirurgie orque est pas toujours une solution."

Il était assez maigre, on voyait ses os et ses articulations. Il ne portait qu'une petite tunique brune qui allait des épaules aux genoux, pour le reste, il était pieds nus et sale. Elle commençait à mieux comprendre.
" Es-tu esclave ? "
" Oui. J'ai été acheté il y a longtemps mais je sers à l'arène pour les survivants. J'vous ai déjà vu là bas d'ailleurs. "

Un garde lui envoya une tape sur l'arrière de la tête." Surveille ton ton, Garçon."

Hrist fit un petit signe de la main et congédia les soldats. Ceux-ci quittèrent la pièce en silence et la femme reporta son attention sur le jeune esclave de l'arène.
" C'est bien. Tu sais donc que pour mon travail, je dois me salir les mains. Quelque chose m'arrive et m'empêche de tuer."

" Comment ça ? "

D'un geste rapide, Hrist tira son arme et frappa en plein vers la poitrine du garçon mais comme précédemment, son geste fut stoppé par un spasme qui articula son bras et l'empêcha de perforer la peau du garçon. La pointe de la lame s'était arrêtée à quelques centimètres des côtes du garçon qui recula si vite qu'il en tomba à la renverse.
Renversé sur le cul, il ouvrit de grands yeux et une bouche bée idiote.
" Bin ça ! Z'auriez pu me tuer ! "
" Perds pas espoir, je peux très bien t'exaucer. Officie de suite ou je devrais dédommager l'arène pour la perte de son guérisseur."

Hrist se tenait devant lui armée, l'air furieuse.
" J'me sentirai peut-être mieux si vous posiez cette arme. Et lui ? Il fait quoi là ? " Demanda-t-il en pointant du doigt le mendiant qui se faisait tout petit en espérant ne pas servir de cobaye.
" Et bien, il servira à vérifier que les talents de mon amie sont bien revenus. "

*** *** ***


De longs moments après, le jeune homme n'y comprenait toujours rien. Il avait examiné Hrist, chacun de ses bras, ses muscles et ses blessures. La jeune Sindel commençait à perdre patience.
" Et bin... C'est sans doute une malédiction, une force vous empêche de tuer vos victimes. "
" Tu es d'un inutile, à tel point que ça en frise le ridicule ! " Cracha Katalina visiblement irritée par le manque d'efficacité.
" Gardes ! "

Deux hommes entrèrent dans la pièce. Le jeune homme paniqua et agita ses mains en se lançant dans de longues explications :
" Ce que je veux dire ! C'est que quelqu'un ou quelque chose a un contrôle sur vous. Mais il ne pourra pas rester indéfiniment. Il finira par disparaître. Mais j'peux pas vous dire quand, il faudra attendre et je ne crois pas qu'il y ait quelque chose de connu pour limiter ce mal... Enfin, cette malédiction. J'crois que vous devrez essayer de temps en temps de tuer un prisonnier pour voir si le choc qui empêche votre bras de frapper agit toujours. De plus ! De plus, il se peut qu'à force votre muscle se déchire, si vous avez de forte contraction ça peut arriver. Enfin, j'ai déjà vu ça à l'arène. "

Hrist dépitée fit un signe de tête vers la porte et on escorta les deux hommes, le guérisseur et le roturier dans les escaliers.
" C'est la merde. Personne de confiance ne pourrait remplir cette mission... Tu aurais un poison mortel à me confier ? "

Katalina garda les bras croisés et souffla d'une voix douce : " Quand Fiori sera prêt à te faire traverser, j'aurai alors eu le temps de te faire un petit quelque chose de mortel, oui. "

" Je vais sortir un peu, je crois que j'ai besoin de changer d'air. Tiens... Après ce cirque dans la taverne, le bruit va vite faire le tour de la ville et ceux qui en veulent à ma peau vont s'en donner à coeur joie. Je ne voudrais pas qu'elle tombe entre de mauvaises mains. " Hrist lui tendit son arme, la vieille rengaine.
" Après tout... Quel crédit auraient les Murènes si cette arme est brandie par quelqu'un d'autre. "

Katalina repoussa la main de Hrist et lui dit les yeux émus " Tu sais très bien que je ne peux accepter. Tu ne peux pas me la donner. "

Hrist tira de la ceinture de Katalina la petite lame argentée qu'elle avait utilisé pour tuer le gobelin plus tôt.
" Qui parle de donner ? Ce n'est jamais qu'un bête échange. Temporaire qui plus est. Je doute que ton coupe-lard puisse me servir mais il ne manquera à personne si il est perdu."

Un homme fit irruption dans la pièce. C'était Fiori. Agité, il déblatéra :
" Hey... J'sais que vous être sérieuses et que vous travaillez dur, mais vous foutez pas un peu d'ma poire ?"

Face au visage étonné des deux tueuses, il continua :
" J'ai vu le cadavre du gobelin, c'est pas celui-ci. Vous avez composté le mauvais gobelin, il est toujours à la taverne, j'ai voulu y conclure une affaire et il m'est tombé dessus. R'gardez, il m'a même mordu le bras cet enfant de salaud ! "

Hrist et Katalina se regardèrent, sidérées. " Mais... Pourtant. "
(" Pourtant quoi ? Il a répondu oui quand tu as demandé si c'était lui Rastaganarak ? Et tu l'as cru ? Turlututu. ")

Hrist reprit une expression sérieuse et quitta la pièce en poussant Fiori.
" Où est-ce que tu vas comme ça ? "
" Terminer le travail. Je prends la garde de Keresztur avec moi. "

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 Sujet du message: Re: Les thermes
MessagePosté: Mer 5 Aoû 2015 09:12 
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Discussion de taverne V

La réponse du capitaine aux propos de Beorth ne se fait pas attendre et tourne plutôt en sa faveur. Voilà qu’il rit, le Von Klaash, et salue le cran du guerrier. Tout à fait l’effet escompté. Après, ce qu’il dégoise sur les murènes, l’autre s’en fout : qu’elles bouffent des gros trucs, qu’elles sont carnivores, qu’on peut nager avec elle, et tout le reste, c’est du blabla. Enfin, le type qui tient les rênes dans le coin en vient aux faits. Il a un boulot. Présentation succincte : il s’agit de trouver des prêtres, qui se planquent dans des souterrains, près du marché. Ce que le capitaine entend par « qui font des bizarreries la nuit tombée », le mercenaire s’en fout complètement. Par contre, la mention de fluides d’obscurité retient plus efficacement son attention. Les fluides, ça se monnaie pas mal, à Omyre comme partout : ça se trouve pas sous les pierres ou dans les tas de fumiers, et il y a toujours des agités de la magie pour vouloir s’en siphonner.

« Ca m’va bien. J’vais vous faire ça. Les prêtres, les fluides, le marché, c’est tout vu. » D’un signe de tête, il salue son interlocuteur, avant de remonter les escaliers de la cave. D’un air distrait, avant de ressortir, il précise à tout hasard : « Quand j’reviendrai avec le magot, on caus’ra d’la récompense. »

Le retour à la taverne le met de suite plus à l’aise : ce qu’il s’y passe correspond mieux à sa vision du monde. Brouhaha, magouilles, embrouilles, jeux de hasard, une atmosphère teintée de bonne humeur, tendue à craquer, non sans lui rappeler les instants avant l’orage : voilà ce qu’il aime. Qu’une lame soit tirée, qu’un énergumène décide d’en refroidir un autre, et tout pourrait éclater, dégénérer. Alors, il n’hésiterait pas à marteler quelques crânes de ses poings. Et puis à joue de la hache. Mais pour l’heure, le potentiel des malfrats est maîtrisé, peut-être à cause des Murènes, du gars en bas et de la réputation de l’empoisonneuse. Avant de s’en aller, Beorth fait un crochet par le comptoir du bar, et attend qu’Arkos ait fini de servir quelques chopes.

« Eh, mon gars, merci pour l’tuyau. Y m’a donné du turbin ton capitaine. J’saurai m’souv’nir de qui m’a indiqué le filon, t’inquiète. »

« J’espère bien ! »

Et comme dans ce milieu, quand on ne se connaît pas encore, la parole ne peut suffire, le mercenaire tire encore quelques yus de sa bourse, jugeant que le gain de l’affaire qui lui a été confiée couvrira bien les dépenses engagées – il y veillera – et les glisse sur le comptoir. Plus vive que la nonchalance affichée du tavernier ne le laisse penser, la main abandonne l’uniformisation machinale de la crasse sur les choppes à coup de torchon pour les faire disparaître dans une poche.

« T’as l’air renseigné. J’ai besoin d’savoir un truc ou deux. »

« Dis toujours, j’te dirai c’que j’peux. »

« Paraît qu’y’a des gars, des prêtres, qui grouillent sous l’marché. Genre pouvoir sombre, et tout l’toutim. Des rumeurs ? »

« Ouais, j’ai entendu un truc ou deux, j’ai fait r’monter aux chefs. S’intéressent pas mal à tout c’qui s’passe, y aiment êt’ renseignés. Des types qui vivent dans les tunnels, vénèrent Phaïtos, un truc comme ça. Sortent pas des masses. Près du marché. »

« Des tunnels ? Y’a des tunnels dans vot’ putain d’patelin ? »

« Plus qu’j’ai d’poils sur l’cul ! Y’a plus de ville au d’sous qu’en d’sus, c’est c’qui s’dit. Et qu’plus tu descends, plus tu trouves des choses qu’t’aim’rais pas croiser dans l’noirs. Tout c’qui peut pas s’loger dans l’dur en haut crèche dans ces galeries. Des garzoks qui t’y collent des casernes, des margoulins leur marchandise, pis tous ceux qui veulent se planquer : les réguliers descendent pas des masses dans certains coins, t’es peinard si tu t’es pas fait suriner par pire que toi. »

« Et ces prêtres ? »

« Bah, les tordus habituels, font parler d’eux, y’a des gens qui vont les voir. Des gus qui se d’mandent c’qui va s’passer une fois cané, y’en a. Alors ceux qui disent qu’y vénèrent l’dieu des morts, quand y causent, y’en a qui les écoutent. »

« Et comment j’les trouve, ces taupes ? »

« Y’a une entrée qu’les gens empruntent. Un trou près du grand marché, tu peux pas l’rater. Mais ça, c’est pas discret… J’connais une shaakte, Yasrraste. Elle vend d’tout, pis surtout elle rachète tout. Une p’tite boutique en dur, dans un coin du marché, l’enseigne c’est une araignée sur un coffre. Si tu fais du commerce avec elle, si tu lui glisses un sous ou deux, l’est fiable. L’marché, c’est l’horreur pour tous les tire-laine : t’as des gars des Treize qui t’coupent toutes les rues d’sortie, des balances de sektegs sur tous les toits, qu’ont l’œil vif – que la gangrène leur bouffe l’oignon ! Si tu veux disparaître, les rues, c’est pas bon. Yasrraste, elle a une sortie, un p’tit tunnel. Mais faut la dédommager, parc’que derrière, elle, elle arrose les gardes pour qu’y ferment les yeux. Si j’devais m’faufiler en douce dans l’sous-sol, j’crois qu’c’est là qu’j’irais… »

« Merci. Et l’marché, t’y vas comment ? »

Deux pièces changent à nouveau de main alors que l’information part dans l’autre sens. Un peu de menue monnaie en moins, mais tant pis, ça vaut peut-être le coup. Pas question de jouer les pingres, faut balancer un peu d’argent pour appâter de plus grosses pièces. Un truc de bourgeois, de laisser dormir le pactole, de lui faire faire soigneusement des petits, et le mercenaire n’a rien de cette mentalité. S’il peut gagner le double de ce qu’il possède, il dépensera jusqu’à sa dernière pièce pour ça, et sans se poser trop de question. S’il perd tout dans l’affaire, il trouvera bien quelques idiots à qui taper de quoi se refaire. Ou il règlera leur compte à ceux qui l’ont foutu dans la mouise, et se paiera sur les bêtes.

« J’sens qu’ma mémoire va mieux. L’air d’ici j’crois. Ca la fait travailler. A la r’voyure. »

« Ouais. Te plante pas. Les chefs, z’aiment pas ça. »

(Moi non plus…)

Vers le marché

_________________
***


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 Sujet du message: Re: Les thermes
MessagePosté: Jeu 27 Aoû 2015 13:50 
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Les thermes puaient presque autant que la taverne du Rat Putride, et ses résidents semblaient encore
plus dangereux et peu commodes, mais cela n'effraya absolument pas Elina, habituée à se faire une
place au milieu de garzoks saouls.

Il n'y avait personne dans la salle qui ressemblait à la description d'Elskiel, les seuls shaakts étant
quelques jeune femmes correspondant à l'idée que l'humaine se faisait des prostituées et deux ou
trois bons à rien qui ne semblaient absolument pas capables de diriger un groupe de plus de trois
galeux sans provoquer une mutinerie au bout de deux heures.

S'asseyant au comptoir assez loin de tous les autres alcooliques de l'établissement, la jeune femme
commanda deux bières, puis s'adressa à sa compagne.

« On est deux femmes, il va falloir faire profil bas. D'autant que si j'en crois
l'allure de bon nombre des putes du bar, on pourrait plaire à certains ici, et c'est pas forcément une
bonne nouvelle pour l'instant.
»

Elina était quelque peu gênée de sa réserve. Son père voulait une fille pour qu'elle puisse acquérir
des informations par la séduction si il le fallait, mais elle n'avait jamais été dans ce genre de
situation, et elle éprouvait beaucoup de scrupules à se laisser toucher par des hommes pour cette
raison.

« Je suppose que tu ne veux pas entourer tes bras autour de l'un d'eux et te laisser
toucher le cul pour grappiller des informations ? Moi en tout cas, honnêtement, je m'en sens
incapable. Mais si tu pouvais, ça nous enlèverait une épine du pied.
»

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 Sujet du message: Re: Les thermes
MessagePosté: Ven 11 Sep 2015 16:43 
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Acte IV - Scène 1


*Et pourquoi pas commencer à danser nue sur le comptoir ?!*

La shaakt ravala les phrases cinglantes qu'elle aurait souhaité adresser à l'humaine, préférant détourner les yeux pour ne pas qu'elle commence à avoir des soupçons sur son "appréciation" de sa personne. Les humaines avaient peut-être des faciliter à écarter la cuisse pour quelques yus vaillants, mais dans la société shaakt c'était à l'homme de se proposer et certainement pas l'inverse ! Ahhh, que la civilisation lui manquait, les subtilités retorses de Gwadh et les banquets traîtres ou l'ivresse était autant une délivrance qu'un piège mortel...

Parcourant du regard les environs puants de l'établissement miteux qui devait voir leur cible périr, elle se retint de retrousser le nez de dédain en remarquant qu'en effet, l'étrange couple qu'elles formaient au comptoir semblait ne pas être pour détourner les regards. Elle capta notamment celui-ci d'un jeune shaakt, il ne devait pas avoir plus de 40 ans, encore presque un enfant s'il s'était trouvé dans une vrai société, mais ici il tentait d'en imposer parmi ses pairs. Ses compagnons justement, un humain crasseux et un yarzok dont elle peinait à soutenir la vue semblaient l'encourager à l'aide de bourrades viriles. Ou alors peut-être le tourmentaient-ils ? Le jeune homme aurait presque fait honneur à sa race, son visage luttant pour n'afficher aucune émotion et pour se plonger dans cet étrange masque d'indifférence qui lui aurait été indispensable en bonne société, elle pouvait néanmoins lire la faim qui animait son regard, une soif d'aventure et d'émotions. Il ne survivrait sûrement pas longtemps dans une ville comme Omyrhe, les shaakts n'entraînaient pas la sympathie et la fourberie était généralement tout ce qui les protégeaient de finir dans un caniveau.

Il lui faisait néanmoins penser à sa compagne, sa "supérieure". Elle avait lu cette même soif dans son regard lorsqu'elle lui avait proposé le verre chez son oncle, mais la jeune humaine avait-elle au moins eu la présence de s'en tenir à la prudence. Hélas pour elle, il s'agissait d'un indice sur lequel un observateur averti ne passait pas. Un problème avec l'alcool ? Une dépendance peut-être ? Le mystère n'en serait un que le temps qu'il faudrait à Schezalle de percer les défenses de sa flamboyante voisine. Pourtant ce n'est pas ce qui l'avait le plus intrigué à ce moment-là. Qu'était ce flacon que le vieux garzok lui avait confié ? Les propos qu'il avait tenu étaient encore obscurs pour elle, mais elle ne doutait pas qu'en apprendre plus ne pourrait que lui donner plus d'influence sur Elina.

Se penchant légèrement, elle enlaça sa supérieure par derrière un bref instant, venant déposer un chaste baiser sur sa joue qui de derrière pouvait évoquer bien des choses.


~ Pour toi, j'en serais capable. Je pense d'ailleurs avoir trouvé le nigaud approprié.

Elle avait lâché ces mots du bout des lèvres, à peine le temps pour elle de quitter l'environ de la peau pâle de sa voisine avant qu'elle ne pivote sur son tabouret, retirant sa lourde cape pour ne conserver que le bustier serré qui occultait son torse et les fines jambières qui enserraient ses jambes.

Marchant à pas mesurés sans quitter le jeune shaakt des yeux, tentant de visser son regard dans le sien, comme un serpent le ferait avec sa proie, elle avança vers lui, le reste de la pièce devenant transparente, n'existant plus pour elle, du moins en apparence, que le jeune elfe dont la chevelure platine couvrait à peine les oreilles.

Arrivée à proximité de la table, elle s'autorisa un sourire séducteur envers les compagnons de sa proie avant de prendre une chaise près de lui sans y avoir été invitée, détaillant d'un regard admirateur la tenue pourtant misérable de son futur interlocuteur. Celui-ci portait un brocart mauve aux couleurs passées, visiblement vestige d'une gloire fanée ou alors trophée d'une ancienne victime. Croisant les jambes sous la table, elle se pencha légèrement vers lui, lui laissant profiter du spectacle magnifié par son corset tout en glissant sa main sur son torse, jouant avec les noeuds de l'habit de son voisin.


~ J'ignorais que l'on pouvait trouver des princes dans ce genre d'endroits. Qui êtes-vous mon ami ?

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Récit - #4080BF
Parôles - #8040FF


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 Sujet du message: Re: Les thermes
MessagePosté: Mar 6 Oct 2015 03:15 
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Hrist se releva en sursaut. Trempée de sueur, elle grimaça tant la douleur lui cinglait les sens. Déboussolée, elle regarda autour d'elle et reconnu immédiatement le thermes humides cachées sous la taverne des Murènes. Bien que personne ne fut là pour veiller son réveil, elle comprit assez vite que Grall avait ramené son corps pour qu'il soit soigné sous la tutelle de ses pairs.

La tueuse se redressa tant que possible et s'adossa contre le mur pour reprendre son souffle. La blessure la plus douloureuse était de toute évidence l'épine de la gigantesque araignée qu'elle avait pu mettre à bas dans les profondeurs. Le reste, elle était toujours mal en point, le visage fatigué et creusé, les doigts endoloris, les bras lacérés de toute part par des entailles superficielles, sa peau n'était qu'un lambeau usé et fragile qui la faisait couiner de douleur à chacun de ses mouvements.

Sa blessure était pansée et propre bien que trempé de sueur et de sang, le pansement semblait récent. Sa tenue accrochée sous la lumière d'une chandelle fumant à bout de cire. Elle s'approcha doucement en boitant et s'appuyant sur le mur pour soutenir chacun de ses pas jusqu'à atteindre enfin sa robe des Sylphes. Le tissus était encore couvert de poussière et de toile durcie, la matière avait bien résisté aux dégâts reçus mais le trou dans le tissus auréolé de sang semblait difficile à réparer.

La tueuse souffla : " Quel dommage..."
" Manuel du bon sens. En cas d'accident, vérifiez que votre tenue est intacte, ensuite vérifiez que vous n'avez aucune blessure grave. Tu étais à deux doigts de canner, ma vieille. "


En essayant de la rapprocher d'elle, Hrist tira trop fort sur le tenant qui la soutenait et fit tomber la chandelle et son candélabre de bronze dans un bruit assourdissant qui résonna dans la cavité de pierre.

Attiré par le bruit, une ombre ouvrit la porte. Hrist reconnu immédiatement la forme singulière et l'odeur de ce personnage.
" Bonjour... Capitaine Von Klaash. "

L'homme avança vers elle et souleva son menton de son index pour examiner son visage.
"Z'avez vraiment une sale gueule aujourd'hui. Fiori est là, il vous attend pour partir. "

Hrist leva un sourcil étonné et remua la tête pour dégager les mèches de cheveux qui lui collaient aux tempes.
" Je vois que vous êtes toujours aussi agréable... Rastaganarak... Il est bien... ? "
" Crevé, ouais ! " Dit-il d'une voix tonnante avant de ramasser la chandelle et son lourd support. " Grall lui a coupé la tête et Katalina a ordonné qu'on découpe le corps en petits morceaux pour le donner aux chiens. Fiori a jeté la tête dans les égouts. Vo't Garzok de Pohélis coûte cher mais c't'un bon mercenaire. Allez, trainez pas, enfilez vos frusques et montez. J'crois que vous partez sur l'heure, la milice ne vous permet pas d'attendre davantage, vous partez sur l'heure. " Lâcha-t-il avant de franchir la porte et laissa Hrist seule quelques secondes.

" Qui a besoin de récupérer de ses blessures mortelles, après tout ? " Sentence la femme en enfilant doucement sa robe sale. Chacun de ses muscles sous ses blessures la faisaient souffrir. Après quelques efforts, elle était déjà prête à prendre la route pour que le passeur Fiori puisse la faire entrer à Kendra Kâr sans qu'elle ne soit repérée.

" Une mission pour un fantôme... A-t-on déjà vu un fantôme aussi mal au point. " Elle miaula en se faisant craquer les articulations du dos qui lui filaient un mal de chien. Hrist avança et avant de quitter la pièce, remarqua un tissus enroulé au coin de la porte. Dans un autre effort, elle le ramassa et reconnu l'objet rien qu'à son poids et sa forme.

La Vieille Rengaine qu'elle avait confié à Katalina avant sa mission précédente, voici que son bien le plus précieux lui était rendu. Autour du fourreau, toute douce et brillante, la plume de Xenair le Maître Assassin.
Sur un parchemin à l'encre rouge, la Murène avait inscrit :

Bientôt, ce croc de la mort verra son appétit grisant satisfait. Que la mort accompagne ton voyage. Si tu devais chercher un abri ou un refuge, le dispensaire des Pivoines à Kendra Kâr sera un lieu sûr.

Katalina.


Hrist approcha le parchemin de la chandelle et le feu prenant, illumina la sombre pièce dans laquelle la femme se tenait debout. Elle quitta les lieux, laissant dans l'air une odeur de cendre et de sang.

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La petite ombre de la Mort à Elysian.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
Au milieu des cercueils,
Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


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 Sujet du message: Re: Les thermes
MessagePosté: Jeu 29 Oct 2015 11:54 
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Ménage

Le retour aux Thermes est laborieux. Faut dire que pas connaître la ville n’aide pas. Mais puer plus qu’une pile de charognes facilite encore moins les choses. Pas moyen d’interpeller quelqu’un pour s’orienter sans le choper au préalable par le collet, et le menacer un tant soit peu. Fort heureusement, Beorth repère quelques esclaves, plus enclins à fournir les renseignements exigés sans broncher, et moins armés que la plupart des peaux vertes du cru. A force de détours, de menaces et d’intimidation, il parvient à retrouver le premier coin où il a débarqué à Omyre.

Sitôt entré, il se fait remarquer, et constate que son fumet a de quoi déranger les mangeurs, qui crachent sur son passage et lui balancent une bordée d’insulte. Pas le temps de relever le gant, plus vite il ira faire son rapport et déposer le matériel, plus vite il pourra jeter ces nippes, se trouver de quoi se saper décemment et se frotter la peau jusqu’à ce que ce jus infect en soit détaché.

« Tu refoules comme pas permis ! Va donc te récurer avant de faire fuir toute ma clientèle ! »

« Je t’emmerde ! Sers moi un mousse que je me rince d’abord le gosier. Pis ‘après j’irai faire mon rapport. »

« Tu veux t’pointer d’vant l’capitaine comme ça ? T’as peur de rien. Y t’enverra prendre un bain avec ses chéries, ça f’ra pas un pli. »

« On verra. Moi j’veux qu’y voit dans quoi j’me suis trempé pour faire c’qui m’a d’mandé. C’est toujours bien de rapp’ler aux patrons le sale boulot qu’on fait pour eux. Leur agiter l’moignon sous l’pif comme qui dirait. Y’en a qui s’laissent pas émouvoir, mais des fois y crachent un ou deux yus d’plus, et c’est pas d’refus. Ca m’permettra d’me payer d’quoi embaumer un peu la courtisane plutôt qu’la fosse à purin. »

« Pour qu’une geline vienne s’coller à toi, faudra déjà qu’on lui passe du fer rouge dans les naseaux. »

« J’y penserai. Elle vient cette mousse ? »


Au rapport

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 Sujet du message: Re: Les thermes
MessagePosté: Sam 14 Nov 2015 14:11 
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Retour aux Thermes

Le besoin de tremper sa carcasse dans un baquet d’eau, fut-elle glacée, commence à se faire sentir. Il semble à Beorth que même sa bière a des relents d’égout, et si en temps normal il est enclin à penser que le brasseur puise dans une eau de latrine, là il veut bien accorder le bénéfice du doute. L’amertume dans le palais est quand même bienvenue une fois la chope vide, ça lui rappelle des jours meilleurs, et lui donne le léger coup de fouet nécessaire pour lever son cul du tabouret branlant, et aller faire son rapport. Il sera toujours temps de lamper une fois propre et payé.

Ouvrir la porte suscite un courant d’air venant de l’extérieur, et avoir le vent dans le dos est la plus sure annonce pour le mercenaire : quelques types qui sont là lèvent le nez, pour aussitôt le plisser, et le piquer vers leurs odeurs corporelles auxquelles ils sont plus habitués. Pas besoin de pif pour trouver le responsable, suffit d’avoir de bons yeux. De toute manière, difficile de rater le capitaine dans le sous-sol : il en impose de bien des manières. Et puis Beorth connaît sa trogne. Pas question de s’adresser à un second couteau, c’est au gus qui lui a refilé la flanche qu’il fera son rapport, et puer face à un commanditaire le dérange pas plus que ça. Comme il l’a dit au tavernier, il faut parfois rappeler au patron la merde dans laquelle on se plonge pour eux ; surtout quand c’est littéral.

(Pis on peut rêver. Si y peut pas m’sentir, avec un peu de chance, ça le poussera à pas prendre le temps de négocier à la baisse les tarifs.)

Une fois approché du capitaine, non sans garder un œil sur les mastards qui se trouvent là et sa hache à la main, Beorth interpelle l’intéressé :

« J’ai fait le boulot. J’ai ram’né les fluides, et j’crois pas qu’les prêtres feront encore des bizarreries dans les sous-sols. »


Au rapport II

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 Sujet du message: Re: Les thermes
MessagePosté: Sam 14 Nov 2015 20:33 
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Von Klaash se tourna un peu brutalement à l'arrivée du mercenaire. Le Capitaine attablé comptait de petites piles de pièces qu'il rangeait soigneusement dans des bourses de cuir. Un autre en face de lui écrivait à la tige sur un parchemin le montant du butin.

Le Capitaine dans la noirceur de la cave n'avait pas un visage très avenant. Il semblait un rien plus grave que lors de votre dernière rencontre. Après t'avoir regardé de haut en bas et compris que l'odeur nauséabonde venait de toi, il s'enfonça encore un peu plus dans son siège de bois et dit :

" Et bin, vl'à quelqu'un sur qui on peut compter. Pas vrai les gars ? "

Dans l'ombre, quelques ricanements se firent entendre. Les hommes de Von Klaash ne bougeait pas, ils n'avaient pas plus de personnalité que des molosses attendant qu'on leur offre quelqu'un à réduire en charpie. Mais ce n'était pas le cas pour Beorth.

"Mon gars... " Dit-il en se levant doucement. " J'te serrerai bien la pogne mais j'ai peur de jamais pouvoir me débarrasser de ton odeur. "
D'autres rires éclatèrent. Plus forts et plus manifestes. Von Klaash pointa du doigt la table où se trouvaient les pièces et demanda :
" Bien, il est temps de passer à la caisse. Combien de fluides est-ce qu'il ramène, le héros ? "

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 Sujet du message: Re: Les thermes
MessagePosté: Dim 15 Nov 2015 15:38 
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Au rapport

La réaction de Von Klaash est sans équivoque : il n’apprécie guère la puanteur de Beorth. Et même si le compliment lancé à la cantonade peut passer pour une raillerie, ce dernier préfère le prendre pour la reconnaissance explicite de la réussite de sa première mission. Il n’en a pas grand-chose à carrer de ce que peuvent penser les bœufs qui trainent dans le sillage du capitaine, seules lui importent la réussite de sa mission et la perspective de son paiement. Mieux vaut puer à refouler les morts en Enfer et avoir les poches pleines pour se faire masser aux huiles parfumées que de baigner sans le sou dans sa seule sueur.

Quant au refus de son commanditaire de lui serrer, le mercenaire ne s’en offusque pas, loin de là. Il se contente de sourire et de répondre : « Pas d’mal. Je s’rais l’premier à m’tenir loin d’ma carcasse si j’pouvais. Mais comme caner est pas dans mes projets, j’fais avec. » Et rien à foutre des rires de l’assemblée. Lui revenait le sac plein, comme on le lui avait demandé. Les moqueurs, il leur enfoncera sans peine les railleries dans la gorge. Agrémentées d’un peu de verre pilé.

A la demande du seul dont il reconnaît la présence et la valeur des mots – parce qu’il paie – il aligne sur la table, en face des pièces, les six fioles de fluides d’ombre.

« Z’avaient aussi quelques babioles que j’me garde pour me payer un récurage en règle. »


(((Transfert de six fioles de fluide d'ombre 1/16 obtenue ici à la Caste des Murènes)))


Dératisation

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 Sujet du message: Re: Les thermes
MessagePosté: Lun 16 Nov 2015 04:15 
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Von Klaash observa un instant la séries de fioles graisseuses dans lesquels se trouvait le fluide tant convoité. Les petites magouilles du Capitaine, en plus de l'esclavagisme et de la prostitution, concernaient aussi les fluides. L'homme tout bourru qu'il était n'y entendait absolument rien, pour dire, il avait malgré ses nombreuses aventures rarement vu de la magie de l'ombre à l'ouvrage mais il savait que ça se monnayait drôlement bien et qu'il y avait toujours une bourse pleine en récompense.

Un marin récupéra une des fioles dans ses mains calleuses et lança au Capitaine :
" Pensez qu'on peut lui faire confiance ? Il a peut être gardé quelques fioles sur lui, le bougre. "

Le Capitaine observa tour à tour Beorth et l'accusateur. Les caves sous les thermes étaient larges et même si l'espace était occupé par de nombreux bassins, elles pouvaient accueillir une bonne vingtaine de personnes sans qu'ils soient tassés.

L'homme qui te suspectait reposa lourdement la fiole sur la table et dit d'un air de défi :
" J'dis qu'on devrait l'fouiller Capitaine. "

Von Klaash quant à lui, tira la chaise vers lui et s'assit confortablement et faisant un petit signe de la main et dit :
" Les accusations, ça s'règle entre hommes. Je mets cinquante pièces sur le gagnant. "

-------------------------------
Surprise.

Je te laisse décider si tu veux jouer ça en solo ou bien aux dès.


Adversaire :

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Classe : Inconnue
Nom : Inconnu
Rang : Marin de Von Klaash

Arme : Schlass (For +5)

Protection de jambe :
Protection de tête : Fichu en toile marine (End +2)
Protection de torse : Tenue de matelot sans manche (End +2)
Protection de bras :

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