L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Palais de la Roseraie de Soie.
MessagePosté: Lun 6 Aoû 2012 12:27 
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Précédemment: Lorsque les fluides s'affolent


Tous les compagnons de la Phalange de Fenris semblaient atteint par le même mal qui la rongeait et elle se demanda s'ils n'avaient pas été empoisonnés. Puis elle s'aperçut que le Blondinet n'avait rien et que ses compagnons semblaient vouloir analyser ce qui se passait. Ce qui se passait? Oryash aurait aimé le savoir.
La douleur était si vive que cela lui rappela le temps ou elle rejetait la magie en bloc et que cela la détruisait de l'intérieur. Elle ressentait la même sensation comme si la magie qui était en train de se modifier. Thimoros était-il une fois encore en train de jouer avec elle? Testait-il sa résistance à la souffrance dans le but d'en faire une meilleure servante pour ses projets?
Oryash pensait à tout sauf à ce qui suivit....

Cromax était tout aussi mal en point qu'elle, de la sueur perlait sur son front comme s'il était en proie à un gros effort. Puis soudain quelques mots s'échappèrent de la sa bouche. Il parla qu'une arme grise, d'un lac, d'une déesse ailée, d'ordre et de pureté. Il cita finalement un nom, Brytha. Oryash n'y compris rien.
S'en suivit la réaction de Lillith qui s'élança vers la première fenêtre venu afin de scruter l'horizon. Il interrogea par la suite Cromax sur cette fameuse Brytha. Il nous expliqua qu'il ne comprenait pas lui même qui était cette déesse, que cela lui était apparu comme une vision, et qu'elle n'était apparue en ce monde que pour rétablir l'ordre.
Rétablir l'ordre, elle était bien bonne celle là! Alors pourquoi Oryash se sentait aussi mal si la déesse en question n'était là que pour faire le bien? Aussitôt l'explication de Cromax lancée, Lillith s'empressa de faire la part des choses, affirmant que la puissance de Brytha devait être vraiment grande pour avoir ainsi affecté tous les porteurs de magie.
Ainsi donc les douleurs que ressentait la peau blanche était du à l'arriver de cette divinité sur Yuimen. Intérieurement elle pesta contre cette intrusion dans leur monde, alors que cette déesse aurait du rester dans les sphères divines.

"Une déesse de l'équilibre et de la pureté! Si elle était aussi pure que ça, je ne me sentirai pas si tiraillée de l'intérieur! Qu'elle aille brûler dans le monde de Phaïtos et que Thimoros lui fasse subir mille supplice!

Il était évident qu'Oryash ne portait pas dans son coeur cette maudite déesse qui la réduisait à l'impuissante. Lillith demanda par la suite si Cromax avait une idée de l'endroit où se trouvait se lac et intérieurement Oryash pria Fenris pour qu'il ne se trouve pas sur Nosvéris. C'est ainsi que tous attendirent fébrile une réponse de leur chef.

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 Sujet du message: Re: Palais de la Roseraie de Soie.
MessagePosté: Mar 7 Aoû 2012 11:59 
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Cette fois, Lillith n’est plus le seul à réagir verbalement. Cette fois, Oryash se joint à lui. Il reste cependant le plus prolixe dans sa réponse, augurant que cette soi-disant divinité serait présente pour bouter Oaxaca hors de Nirtim. Son élan d’enthousiasme me plait, mais je ne parviens pas à le goûter avec suffisamment de corps pour y croire réellement. Pourquoi se serait-elle attaquée à toutes les magies, à tous les éléments, si ce sont les serviteurs obscurs qu’elle vise ? Il poursuit en décrivant avec des détails techniques ses doutes et les conséquences de sa présence sur l’ensemble du monde de la magie, mais je n’y prête guère plus attention, trop troublé par le non-retour de Lysis, qui reste muette à mes appels télépathiques.

(Où es-tu donc passée ? Reviens-moi, dis-moi où tu es.)

Appel dans le vide, ne trouvant aucune réponse… Et je suis bientôt forcé de prêter toute mon attention à la conversation, puisque Lillith me questionne sur la position du lac, arguant que plus il y aura de distance entre nous et Brytha, et mieux ça sera. Je hausse les épaules, un peu pris au dépourvu.

« Je n’en sais rien, je n’ai pas parcouru tous les lacs et forêts de ce monde… La végétation et le climat, pour le peu que j’ai pu observer, me font un peu penser à l’Imiftil, mais je ne peux en être sûr… Il y a tant d’endroits que je n’ai jamais vus. »

Je tâche de me rappeler de ma longue existence sur l’Imiftil, aux abords de la forêt de Tulorim. Des coins brumeux, j’en ai croisé sur ce continent, du côté d’Exech. Mais il s’agissait là de marécages et non d’un lac. Alors je repense à mon expédition vers le désert à l’Est du continent, en compagnie de la princesse Kel Attamara. Et à la cité de Yarthiss, par laquelle j’ai fait une courte escale.

« Peut-être… Peut-être est-ce le lac au sud de Yarthiss, près du cœur du continent. Non loin des propriétés d’une sororité, je pense. Ça peut être une piste. »

Je n’arrive plus à remettre le nom sur la divinité illusoire priée par ces femmes rassemblées en ascètes dans un lieu de culte et d’entraînement. Farouches amazones encore inconnues de ma personne… Mais mon cœur ne se perd guère en de libidineux espoirs d’un champs de fleurs à récolter en se baissant pour les ramasser : mon inquiétude concernant Lysis est grandissante, et je n’écoute la Phalange que d’une oreille distraite. Elle semble maudire le nom de cette nouvelle apparition. Et un peu ailleurs, je commente ses mots :

« Ça ne colle pas… Les dieux n’interviennent jamais si directement sur cette terre, comme Lillith l’a dit. Qui que soit cette entité, déesse ou pas, elle semble vouloir s’imposer, et une personne qui s’impose n’est jamais une bonne chose. »

Ce ne sont là que paroles dans le vent, bien sûr. Rien n’est certain sur cette Brytha, cette entité inconnue de tous, des plus jeunes comme des plus anciens. L’avenir nous dira ce qu’elle fera en ce monde. Mais pour l’heure, je ne suis toujours pas rassuré de l’absence de ma faera.

« Je dois partir… Il y a trop de questions sans réponse, et je n’ai que trop hâte de les connaître. Pulinn saura peut-être m’aider. Excusez-moi de ne pas vous attendre, mais l’heure est pressante, et je dois me hâter. Profitez du Palais aussi longtemps qu’il vous plaira, j’en confierai provisoirement la bonne tenue à Onyx, qui a l’habitude de vivre ici. Pour ceux qui y seront, retrouvons-nous dans une semaine au Temple des Plaisirs. Profitez de pouvoir rentrer par les routes sûres, cette fois… »

De mon côté, je me hâterai sur les sentes de l’allez, plus rapides pour un cavalier seul, même si plus risquées aussi. Je me lève presque aussitôt de ma place, avec plus d’empressement que je ne veux faire passer. Je n’ai le cœur ni la patience d’expliquer avec détails la raison d’un départ si prompt, aussi je me presse d’englober toute la salle d’un signe de la main signifiant tant l’au revoir que l’excuse d’un tel empressement.

Je quitte la salle à manger en laissant un peu mes compagnons en plan, et je me précipite à l’extérieur, dans la Cour, où Onyx donne ses ordres de tours de garde, déjà à son œuvre sans même le savoir. Je m’approche de lui, et lui mets une main sur l’épaule pour attirer son attention.

« Je dois m’en aller, Onyx. Veillez sur le Palais en mon absence, je vous fais confiance. »

Il s’incline légèrement tout en me répondant.

« Je suis à votre service, Chevalier de la Rose. »

Je souris devant ces paroles, et me dirige vers l’écurie, où Lune semble être ferré par le maître d’écurie du Palais. La présence de mon étalon ici est sans doute due au travail nocturne des Amants, plus qu’efficaces eux aussi. J’apostrophe l’homme en approchant.

« Laissez, je vais me charger du reste. »

Il me confie alors son marteau, et s’e va flatter l’encolure d’un cheval voisin, celui d’Oryash si mes souvenirs sont bons. De mon côté, je finis le travail entamé en finissant de remplacer les fers de mon étalon. Avec surprise, je constate la facilité étonnante de l’acte. Ce n’est pas la première fois que je me charge de l’entretien de Lune, mais cette fois, c’est bien plus simple, et presque… magique. Je mets ça sur le compte de l’apparition de Brytha, n’y comprenant de toute façon pas grand-chose, et je monte sur Lune sitôt le travail fini. Par empressement et par distraction, je mets le marteau du maître d’écurie dans la besace de Lune, et l’instant d’après, je quitte la cour du Palais au petit galop, direction la cité de Kendra Kâr. Par les plaines d’Ynorie, par l’Est et les montagnes, puis les routes de campagne. C’est sans un regard vers l’arrière que je m’en vais de ce palais, témoin de la chute de Rewolf Grantier…

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 Sujet du message: Re: Palais de la Roseraie de Soie.
MessagePosté: Mar 14 Aoû 2012 22:13 
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Toujours dans mes pensées sur les propos de ma faera, ce fut Cromax qui prenant la parole me fit sortir de ma tête. Il parlait d’une vision pendant laquelle il aurait vu cette Brytha qui voulait ramener l’ordre sur ces terres. Aussitôt Lillith rebondit sur ses propos se demandant ce que cette personne pourrait faire. Il émit la possibilité que Brytha était une déesse, en plein dans le mil. Il enchérit en précisant que sa présence était la source de nos différents malaises et que cette nouvelle déesse était probablement à l’origine de nos changements fluidiques, voir de la disparition de certains sorts.

Lillith semblait même craintif à l’idée d’entrer en contact avec cette personne. Pour ma part, c’était le contraire, une personne qui se targuait de vouloir remettre de l’ordre sur une terre qui connaît beaucoup de maux, je trouvais cela honorable. Ce fut le moment que choisit la Phalange de Fenris pour se manifester et dire tout simplement que cette déesse était mieux avec Thimoros et Phaïtos qu’avec nous sur Yuimen.

(Que voilà de nobles sentiments !)

Cromax finit par répondre à toutes les interrogations de Lillith concernant ce lac qu’il avait vu dans sa vision. Il doutait de sa localisation géographique malgré les heures qu’il avait passé à parcourir le monde, courant d’aventures en aventures. Selon lui, Brytha imposait sa présence au monde et les personnes qui agissaient de la sorte n’étaient jamais dotées de bonnes intentions. Il s’était bien imposé en tant que chef du groupe et nouveau leader des ARS, ce genre de propos dans sa bouche semblait étrange car ne collant pas avec le personnage. Il termina son propos en disant qu’il devait précipiter son départ afin d’en apprendre plus et que Pulinn serait la personne la plus capable de l’aider dans sa quête de vérité. Il se leva en toute hâte et prit congé de nous, nous certifiant que nos routes se croiseraient de nouveau.

(Je n’en doute pas une seconde, nous nous reverrons dans un avenir plus ou moins proche.)

J’avalai à toute vitesse le reste de mon petit-déjeuner, je n’avais plus rien à faire ici et des problèmes importants attendaient d’être réglé à mon retour à Kendra Kâr, à commencer par Ehemdim et Tamia. Je posai mon verre de jus de fruit et me levai à mon tour de mon siège.

- « Les amis, ce fut un véritable plaisir que de me battre à vos côtés et d’accomplir cette mission. Néanmoins, je dois partir car de plus hautes affaires m’attendent dans la Cité blanche. Je suis persuadée que nous nous retrouverons un jour ou l’autre. J’ai été plus que ravie de faire votre connaissance à tous. »

Une fois dit, je sortis de la pièce et repartis dans la chambre dans laquelle j’avais élu domicile pour la nuit afin de récupérer mes affaires. A ma grande surprise, je constatai que le tout avait été nettoyé, que mon sac avait été préparé pour le voyage de retour. Je m’équipai par précaution de tout mon matos, la route pouvait être dangereuse, nous en avions eu la preuve à l’aller. Puis mes yeux tombèrent sur des feuilles de papier et un encrier qui se trouvaient sur un petit bureau.

En regardant autour de moi, je constatai que Salymïa n’avait laissé aucun effet personnel dans la chambre, elle n’aurait donc pas besoin d’y revenir. Je n’avais plus qu’un seul moyen de lui transmettre un message, sachant que Crystallia avait disparu de mon champ télépathique. M’asseyant au pupitre, je pris la plume et de ma plus belle écriture couchais sur le papier quelques lignes.

Salymïa,

Je sais que mon départ peut te paraître soudain mais l’état d’Ehemdim a empiré durant notre périple en ces terres. J’ai bien peur qu’une tierce personne que je connais soit à l’origine de la folie qui le gagne et pour en avoir le cœur net, je dois retourner au plus vite à Kendra Kâr. Je te prie de m’excuser de partir sans te dire correctement au revoir, mais je sais très bien que nous serons amenés à nous retrouver dans la Cité Blanche. Après tout, nos fiancés respectifs habitent dans la même rue, ce serait un comble de ne pas réussir à se voir. Mais bon, la vie est tellement faite d’imprévue que je ne peux dire ceci avec certitude. Au pire, nous pourrons toujours maintenir le contact par télépathie !

Tu seras toujours dans mon cœur.

Aenaria


J’enroulais rapidement le bout de parchemin et l’entourait d’une petite ficelle rose qui traînait sur le bureau. Une fois mon travail d’écriture terminé, je sortis de la chambre et me dirigeai vers la cour carrée dans laquelle se trouvait le tour de garde. A peine sorti du hall d’entrée, je fus accosté par l’archer en charge de la surveillance des lieux.

- « Madame, que nous vaut le plaisir de voir debout de si bonne heure ? Messire Cromax est déjà parti si vous le cherchez. »

- « A vrai dire, je suis également sur le départ. Je dois récupérer ma monture que j’ai laissé avec celles du reste du groupe un peu à l’écart du palais. »

- « Inutile de vous mettre à courir partout, vos coéquipiers ont ramené tous les chevaux hier soir. Ils sont aux écuries en bas, le palefrenier les a ferré et s’est occupé d’eux par la suite. »

- « Merci beaucoup pour ces précieuses informations. Je ne peux que vous souhaiter une bonne journée. »

- « Aurons-nous l’occasion de vous revoir en ces lieux ? »

- « Je ne serais le dire avec précision, qui vivra verra. »

Je descendis rapidement les escaliers et me rendis aux écuries afin de récupérer mon petit Célestion. Je sifflai doucement et aussitôt j’entendis un henissement provenant des boxes, ma monture m’avait entendu. En route vers ce dernier, je pris soin de déposer mon message dans le sac de selle de Salymïa, espérant qu'elle tomberait dessus avant de prendre la route. Je me dirigeai ensuite à l’oreille vers les bruits de sabots et rapidement, je trouvai l’objet de ma recherche. Je flattai doucement l’encolure de mon cheval et pris la selle se trouvant à côté de lui.

Etrangement, je la trouvai anormalement lourde, dans mes souvenirs elle était moins lestée. Une fois sur le dos de Célestion, j’ouvris les différentes poches et trouvai une sorte de couteau fin qui semblait néanmoins terriblement tranchant. Il était suffisamment fin pour être caché dans ma botte droite, une surprise de taille lors d’un combat. Mais ce ne fut pas tout, je trouvai également une bourse bien remplie. Etait-ce un cadeau des différents travailleurs ? Je l’espérai au plus profond de moi.

J’attachai les sangles de la selle et récupérai les rennes que je passai par-dessus sa tête. Sa réaction fut immédiate, il se mit à gesticuler dans tous les sens sachant pertinemment qu’il allait être prochainement sollicité. Je le fis doucement sortir de son box et le tenant par la bride nous fit passer les portes du palais. Une fois dehors, je passai mon pied droit dans l’étrier de droite et passant ma jambe au dessus du dos, me mis en selle. D’un simple petit coup de talon, Célestion se mit en route vers le nord-ouest, la direction pour Oranan et sa zone d’embarcation.

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 Sujet du message: Re: Palais de la Roseraie de Soie.
MessagePosté: Mer 15 Aoû 2012 13:03 
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Cromax était hésitant et il avait beau se creuser la cervelle, il ne savait pas le lieu de l’arrivée de cette Brytha. Il suggéra toute fois que cela devait se situer sur l’Imiftil et que cela pouvait être près de Yarthiss.

(C’est une bonne chose ça… Ces troupes grises sont sur un autre continent, bien loin !)

Quelque peu soulagé à l’idée d’avoir une mer entière nous séparant de cette sangsue magique, je reposais un peu mon esprit. Je souffrais encore du brusque changement dans les équilibres fluidiques du monde, mais la crainte immédiate de voir une horde fanatique nous envahir s’estompait. Pendant ce temps, Oryash bouillonnait intérieurement et finit par exprimer sa rage envers cette soi-disant déesse de la pureté et de l’ordre et évoquant avec quel dédain elle apportait le chaos dans notre monde et tant de souffrances chez chaque possesseur de fluide. J’étais vraiment désolé pour la phalange qui semblait souffrir plus que moi, sûrement à cause de la présence trop récente de la magie d’ombre dans ses veines.

Cromax confirma l’avis négatif de la dame blanche en jugeant la démarche de la déesse extérieure comme une volonté de s’imposer et qu’une telle méthode ne pouvait que faire du mal. Et il n’avait pas tord. Quelques années après le retour d’Oaxaca, cette nouvelle déesse faisait peser une seconde lourde menace sur tout Yuimen.

(On vit vraiment une époque périlleuse… Et évidemment, il y a les malfrats comme Grantier qui n’arrangent rien)

Je me rassis, désespéré par les dangers planant au-dessus de nos têtes. Mais en regardant la table couvertes de mets délicieux, je pu garder en tête notre victoire toute récente, un petit pas vers plus de tranquillité. Nous avions survécu et nous avions détruit la menace : malgré tout, nous arriverons à faire face aux prochains obstacles.

Mais une mauvaise nouvelle vint déjà noircir le tableau. Mon amant annonça qu’il devait se rendre au plus vite à Kendra-Kar et qu’il devait partir sans attendre. Il quitte la pièce immédiatement, avec un simple geste comme salut, en nous donnant rendez-vous au temple de plaisirs dans une semaine. Avant que je puisse réagir, il n’était déjà plus là.

(Décidément, on ne fait que se croiser. On n’aura jamais une relation tranquille…)

Attristé par cette séparation brutale, je terminais mon repas dans un mutisme sombre. J’avais pris dans la vie une direction bien éloignée de celle de mes parents et de leur chalet où ils vécurent ensemble des années. Mais nos voies respectives menaient Cromax et moi sur les routes pour combattre des pillards, des traitres, explorer des îles maudites… Nous ne pouvons profiter de notre amour seulement lorsqu’on se croise, où à l’occasion d’une nuit courte au court d’une mission commune. J’étais terriblement frustré, mais j’allais devoir faire avec et me contenter de cet erzatz de couple.

(Mais faut voir le bon coté… A chaque fois, nos retrouvailles sont magiques et au lit ça devient juste incroyable…)

Mon esprit dériva un bon moment et je dégustai avec gourmandise les souvenirs de la nuit de folie où j’avais joué la bête à deux dos avec mon amant sous les traits de cette femme magnifique. Finalement, cette instabilité rendait nos vies plus excitantes et intenses. Nous étions libre de vivre au gré des aléas de nos aventures, s’attachant et se détachant selon nos désirs pour profiter du meilleur de ce monde sans contrainte... Je commençais à comprendre un peu la philosophie de Cromax. Retrouvant le sourire, je me levais de table pour rejoindre l’étage. La tourmente de mes fluides s’était enfin calmée. Même si je sentais une différence, je n’étais plus gêné et ni indisposé. Je n’avais par contre pas de nouvelles de Kristal, mais je ne m’en inquiétais pas. Elle ne reviendrait que quelques heures plus tard, une fois qu’elle aura glané quelques informations.

Une fois dans la chambre où les draps froissés gardaient les marques d’une nuit folle, je rassemblai mes affaires. J’en profitai pour mettre un peu d’ordre dans mon sac qui était sans dessus dessous avec les cavalcades, poursuites et autres cabrioles que nous avions fait. Redescendant un peu plus tard, je pus voir que les autres s‘étaient aussi préparés à partir.

(Comme moi, ils doivent êtres pressés de quitter ce qui a été pour nous un champ de bataille sanglant.)

Je récupérais Pynoa aux écuries et le sellait pour prendre la route. Les serviteurs sur place étaient serviables, mais les gardes que je croisais avaient une mine sombre. Même si leur allégeance avait changé, ils avaient perdu des compagnons d’armes, collègues et amis, de notre main la veille et je pouvais comprendre leur rancœur. C’est avec soulagement que je passais à cheval les portes du palais pour rejoindre le sentier occidental menant à Oranan.

Le soleil était haut lorsque je lançais ma monture au galop. Le petit chemin de terre traversait des champs dorés, balayés par une bise légère qui ondulait les blés.

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* Lillith, humain, Aurion et Cryomancien nv23 *
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Feu Ellana : morte dans les flammes du Purgatoir, hantant les lieux à jamais
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 Sujet du message: Re: Palais de la Roseraie de Soie.
MessagePosté: Jeu 16 Aoû 2012 04:46 
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Mâchant ma nourriture tel un automate, j’étais absorbé par la conversation ayant cours dans la salle à manger dont le sujet n’était rien d’autre qu’un bouleversement soudain des fluides magiques. N’ayant jamais ressenti de magie en moi, je ne subis aucunement le malaise dont étaient affectés mes compagnons de route. Possédant tous mes moyens, je me contentais d’être spectateur de cet entretien, buvant chaque parole, glanant toutes les informations qui me parvenaient.

Les yeux fermés, la sueur perlant sur son front, notre chef Cromax s’exprima par phrases décousues comme s’il tentait de nous dévoiler ce qui se passait dans son esprit. Il nous avait révélé au tout début de notre mission qu’il possédait certains dons de télépathie, c’était sûrement ceux-ci qui étaient à l’œuvre et que généreusement il nous partageait le contenu. Tous pendus à ses lèvres, nous l’écoutions nous parler d’une armée grise, d’un lac brumeux, d’une femme, d’une déesse ailée, de pureté, et d’ordre. Que de mots non reliés entre eux qui avaient très peu de sens pour moi. Pourvu d’une intelligence vive, je tentais d’y comprendre quelque chose, mais sans succès.

Cromax ayant prononcé son dernier mot, mon voisin de table s’empressa de se diriger à la fenêtre la plus proche. Les sourcils froncés, je le regardai perplexe jusqu’à ce qu’il nous explique son comportement. En fait, le mage nous apprit que le lac dont mentionnait Cromax, n’était pas celui qui se trouvait près du palais. Lillith semblait soulager de ce fait, mentionnant que cela impliquait que cette femme dont les pouvoirs bouleversaient leur magie se trouvait bien loin d’eux. Au lieu de me réconforter, ce fait m’inquiétait davantage. En effet, pour pouvoir agir à de telles distances, les pouvoirs de cette déesse devaient être immenses et elle d’autant plus dangereuse. Je préférai par contre ne dire mot, conserver ces déductions pour moi et écouter les commentaires des autres amants et en particulier ceux de Cromax et Lillith, les deux plus volubiles.

De toutes ces paroles échangées, je tentai d’y mettre de l’ordre et de ne conserver que l’essentiel. D’après la vision de Cromax et les raisonnements de Lillith, une déesse ailée était apparue près d’un lac brumeux, bordée de son armée grise. Prénommée Brytha, elle prétendait vouloir rétablir l’ordre sur ses terres. Fait contesté par Oyrash qui affirma que cette étrangère les perturbait plutôt que de les calmer. Les compagnons tentèrent ensuite, en vain, d’établir plus précisément le lieu de son apparition.

Vraisemblablement perturbé, l’elfe gris pris congé, affirmant qu’il ne voulait tarder son départ, se rendant immédiatement vers Pullin afin de tenter de recueillir davantage d’informations. Un signe de la main plus tard et il était parti. Aenaria s’en alla presqu’à sa suite, nous annonçant que des affaires urgentes l’attendaient à la cité blanche. Je la saluai d’un signe de la tête et la laissai partir sans un mot supplémentaire.

Le reste du repas se poursuivit dans un silence lourd où chacun s’était emmuré dans ses propres pensées. Je fis de même, dégustant sans me presser pains, fromages et quelques morceaux de fruits. Étant un des derniers à sortir de tables, j’empoignai mon sac et me dirigeai directement à l’écurie. Contrairement aux autres, je n’avais pas dormi dans une chambre et j’avais donc toutes mes affaires avec moi.

Lorsque j’entrai dans l’écurie, ma jument était déjà ferrée, sellée et était la toute dernière du groupe. M’approchant d’elle je lui caressai l’encolure, lui murmura de doux mots à l’oreille, puis l’enfourchai et partis au galop afin de rejoindre Lillith qui venait tout juste de passer les portes du palais. À sa suite, je les franchis à mon tour et je rejoins également le sentier menant à Oranan. Par la position du soleil dans le ciel, je pouvais en déduire que la matinée était déjà passablement entamée, raison supplémentaire pour ne pas traîner. C’est ainsi qu’en silence, nous partîmes tous au galop suivant ce chemin de terre qui traversait de magnifiques champs de blé.

--> route entre Oranan et Kendra Kâr

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Dernière édition par Mathis le Ven 24 Aoû 2012 01:49, édité 4 fois.

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 Sujet du message: Re: Palais de la Roseraie de Soie.
MessagePosté: Jeu 16 Aoû 2012 21:55 
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Précédemment: Une nouvelle divinité


Chaqu'un venait de dire tout haut ce qu'il pensait de cette nouvelle entitée et les avis convergeaient en un seul point. Cela n'annonçait rien de bon. Cromax avoua ne pas savoir où se trouvait le lac en question malgrè le fait qu'il avait beaucoup voyagé de par ce monde. De part ce qu'il avait pu voir dans sa vision, il leur annonça que peut-être cette étendue d'eau se trouvait à l'Imiftil, mais il n'en était pas certain. Puis il changea d'avis pensant le lieu au sud de Yarthiss, mais la encore rien était moins sur. Il s'exclama ensuite sur le fait que tout cela n'avait pas de sens, que jamais les divinités n'intervenaient concrètement de la sorte sur ce monde. Il rejoint de ce fait l'avis de Lillith puis celui d'Oryash en affirmant noir sur blanc que cela n'augurait rien de bon.Oryash avait donc vu juste, tout ça n'était pas normal et le chamboulement de leurs fluides devait bien avoir une raison profonde. Restait à savoir laquelle.

Cromax annonça subitement qu'il devait quitter le château afin de se rendre au plus vite à Kendar kar afin de s'entretenir de tout ça avec la dame blanche. Il ne ferait donc pas route avec eux et prenait les devants sans attendre. Cela était compréhensif et personne ne trouva à redire quand à la décision qu'il venait de prendre.
Anéaria les quittait elle aussi, quittant la guilde. Elle les salua tous, affirmant qu'elle avait été ravie de faire équipe avec eux et avoua avoir des affaires à régler à la cité blanche et que leurs routes se croiseraient surement un de ces jours.
Ainsi les amants perdaient un de leur membre et curieusement cela ne fit rien à Oryash, peut-être parce qu'elle n'avait que peu d'affinité avec la sindel. Elle suivit de près Cromax qui devait déjà avoir quitter l'enceinte du château.
Un silence pesant s'installa alors dans la salle à manger comme si chacun n'osait parler. Comme si chacun pensait à ce qui venait de se passer, se demandant ce que tout ça allait donner?

Oryash parvint à grignoter quelques nourritures, mais s'en grand appétit, tant elle se sentait encore au bord de la nausée. Aussi préféra-t-elle attraper quelques pains et fruits qu'elle mit dans son sac en prévision du retour. La route serait longue et harassante et peut-être même plus que l'aller, vu l'état de fatigue dans lequel Oryash se trouvait. Certes, elle avait pu dormir quelques heures, mais rien ne valait lit pour récupérer et en guise de lit, le sol des bains n'était pas l'idéal. Enfin, ce n'était pas grave en soi, elle se rattraperait une fois arriver au temple.

Tour à tour, chacun quitta la salle de repas, paquetage en main. Tous convergèrent en un même point, les écuries, où les attendaient leurs montures respectives. Sellées, bouchonnées, étrier, ferrées, rien n'avait été laissé au hasard. Oryash se dirigea droit vers son fier destrier, lui administra une franche caresse et l'enfourcha sans attendre. Elle le talonna légèrement voulant rattraper Lillith et Mathis qui se trouvaient un peu plus en avant sur le sentier d' Oranan. Le soleil était déjà très haut dans le ciel depuis leur départ du palais et personne ne semblait vouloir parler. Ce silence devait quelque peu pesant. Machinalement Oryash chercha son compagnon sauvage du regard et ne tarda pas à l'apercevoir en aval. Les suivant à distance comme s'il craignait le contact des autres lorsqu'ils se trouvaient trop nombreux aux côtés de la peau blanche.Après tout il demeurait un animal sauvage et Oryash ne voulait en aucun cas que cela change à son contact.

Une bonne demi journée passa avec une lenteur désespérée pour la peau blanche qui aurait bien aimé forcer un peu l'allure, histoire d'arriver un peu plus vite en ville. Seulement la distance était longue et il fallait ménager les montures. A une allure trop soutenue ces dernières ne tiendraient pas la cadence. Qui plus est chacun était attaché à son destrier et ne souhaitait en aucun cas le perdre, comme il s'en était fallu de peu dans la plaine aux abords du palais.

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 Sujet du message: Re: Palais de la Roseraie de Soie. (Guilde ARS)
MessagePosté: Jeu 25 Oct 2012 18:53 
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Je ne sais pas vraiment depuis combien de temps je suis ici, au Palais de la Roseraie de Soie. Je ne sais plus depuis combien de temps il nous appartient, à nous, les Amants de la Rose Sombre. J'ai l'impression que la prise du château à eu lieu hier, et paradoxalement, j'ai aussi l'impression qu'elle a eu lieu il y a des semaines de cela voir des mois. Je ne sais plus trop. Il s'est passé tellement de choses durant cette mission. J'ai changé, de bien des manières, aussi bien physiquement que mentalement. Je ne suis plus l'ynorien timide et fervent adepte de la religion. Je ne suis plus le grand homme blond à l'allure que l'on disait apaisante, délicate. Non, maintenant, je suis un borgne, à l'allure effrayante, agressive. Sur cette pensée, je passe machinalement ma main sur la cicatrice qui barre désormais mon oeil gauche et je ne ressens rien, je n'en ai que faire. Peu m'importe. Mais bien plus important que mon oeil, j'ai perdu la foi. Cette foi qu'il y a quelques temps était tout pour moi, cette foi qui régissait ma vie dans les moindres détails. Je l'ai perdu également, ou plutôt devrais-je dire, je l'ai abandonnée.

Si Rana et Zewen existent, et s'ils régissent effectivement ma destiné, je ne peux pas les vénérer, je ne le peux plus. Pas après tout ce que j'ai subi. Toutes ces tortures, toutes ces souffrances, toutes ces fois où j'ai réchappé à la mort que de justesse. Je ne peux leur pardonner, ces dieux ne méritent finalement que mon dédain le plus total. Finalement, je pense que c'est Messire Cromax qui avait raison. Peut-être sommes-nous maîtres de notre destiné, que seul les choix que nous ne faisons font ce que nous sommes et ce que nous devenons. Les dieux n’y sont pour rien dans tout ça, comme je le croyais. Désormais, je vais vivre pleinement et faire ce qu’il me plait, de la manière qu’il me plait en en profitant. Je ne serais plus l’esclave de ces divinités ridicules. Mais que faire maintenant ? Je ne sais pas, je suis pleinement acquis à la cause des Amants de la Rose Sombre, mais où commencer ? Peut-être devrais-je retourner à Kendra Kâr. Dame Pulinn peut sûrement me guider. Et Sire Cromax, où est-il ? Peut-être devrais-je essayer de le retrouver, pour le remercier une ultime fois ? Quoi qu’il en soit, je pense que c’est à Kendra Kâr que je dois aller. La ville où ma vie d’ARS a commencé.

C’est donc sans aucune hésitation que je sors rapidement du palais et que je me dirige vers les écuries. Je n’ai même pas besoin de parler, en me voyant, les quelques serviteurs présent s’activent en toute hâte et je n’ai pas besoin d’attendre bien longtemps pour retrouver ma magnifique jument, cadeau du Temple des Plaisirs.

Et c’est ainsi, chevauchant Miyuki, que je me mets en route.

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 Sujet du message: Re: Palais de la Roseraie de Soie. (Guilde ARS)
MessagePosté: Lun 23 Juil 2018 17:53 
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Sortis de l’Auberge du Pied-Levé, j’entraîne Hrist vers une zone plus déserte de la Cité de Tulorim. À cette heure de la nuit, d’aucun diraient que la capitale du pays de Wiehl est dangereuse et mal famée dans les plus sombres quartiers, mais c’est confiant que je m’y promène, l’entrainant vivement à ma suite. Qui oserait attaquer un tel duo : un demi-dieu à la renommée souvent sanguinaire et aux hauts faits guerriers et une dangereuse elfe grise qui, si elle n’est pas aussi connue que moi, inspire clairement la crainte quand on la voit. Et puis bon, on a déjà croisé un envoyé d’Omyre ce soir. Une seconde occurrence d’une déplaisante rencontre me semble tout à fait à bannir.

Et à raison : nous arrivons rapidement à un terrain vague, un peu à l’écart de la cité, en contrebas du vieux moulin brassant le grain récolté plus tôt dans l’année pour fournir les boulangers de tout le royaume. C’est là que, relâchant mon étreinte sur la main de ma compagne forcée, j’opère la transformation tant attendue. Une première, sur ce monde, au final. L’exercice de mes nouveaux pouvoirs. Étaient-ils exclusifs à Elysian, ou m’ont-ils suivis ici, chez moi ? C’est rapidement que je le découvre : je les possède toujours. Et en quelques secondes, je prends l’apparence d’un dragon majestueux, au corps d’argent et au dos et extrémités de la couleur du sang. Aux yeux d’or et aux cornes affutées. Une bête à l’apparence aussi noble que dangereuse. Sans attendre, je déploie mes larges ailes et penche ma tête saurienne vers l’elfe grise, l’invitant à grimper sur mon cou. C’est d’une voix grondante que je m’adresse à elle, non content de l’effet ainsi créé.

« Installez-vous, très chère. »

Aussitôt placée et solidement arrimée à tout ce qu’elle peut accrocher, je déploie mes larges ailes membraneuses et les agite pour me soulever de terre, faisant tout autour voler la poussière. Dans le ciel nocturne, que j’atteins rapidement, nul œil ne viendra m’apercevoir, sauf peut-être celui curieux d’un amateur de la lune et des étoiles, qu’il verra se couvrir le temps de mon passage par une sombre silhouette. De quoi alimenter quelques rumeurs, légendes et histoires de coins de comptoir.

Le vol, entraîné sur Elysian, je le maîtrise maintenant à la perfection. C’est de manière fluide et vive que je prends la direction de la République d’Ynorie, au nord. Je laisse mes puissantes ailes nous mener dans la nuit à une vitesse vertigineuse, surplombant d’abord l’océan, et ensuite les landes lointaines du Royaume Kendrans. Je peux apercevoir sous moi les lueurs de plusieurs bourgs et cités, sans même songer m’y arrêter. Ainsi, c’est en à peine une heure que je surplombe ma forteresse d’Ynorie, descendant pour en montrer à Hrist les abords imposants. Après un tour large des environs, je m’approche de la fastueuse demeure et atterrit avec souplesse dans la cour de l’endroit, planquée derrière les deux principaux corps de bâtiment.

La réaction sur place ne se fait pas attendre, et bien vite, de nombreux gardes en livrée écarlate viennent nous entourer, menaçant nos êtres de leurs lances et hallebardes finement ouvragées. Les Gardes de la Rose, employés par le Temple des Plaisirs, préservent toujours ma forteresse des indésirables. Je leur sais gré de leur courage, de leur abnégation. Combien en faut-il pour faire face à un dragon ?! Ils nous encerclent, certes, mais ne bougent pas d’un iota avant qu’un individu se démarquant clairement d’eux fasse irruption dans la cour, nous apostrophant avec emphase.

« Qui que vous soyez, sachez que vous êtes ici sur une propriété privée. Veuillez décliner votre identité sans plus attendre. »

Je reconnais sans peine l’elfe qui nous apostrophe. Onyx, ce membre des Amants à qui j’ai confié la garde de ma demeure. Il semble œuvrer en ce sens avec zèle. Il nous fixe de ses inquiétants yeux brumeux. Un shaakt. J’espère que Hrist n’en prendra pas ombrage. Sans plus tarder, laissant toutefois la sindel descendre de mon dos, je reprends une apparence moins singulière, quoique non moins impressionnante : la mienne, tout en le fixant du regard. Ses yeux semblent sortir de ses orbites quand il me reconnait. Je prends le devant sur sa réaction.

« Voici longtemps que je n’ai mis les pieds ici. Tellement que tu ne me reconnais même plus, cher ami. »

Il semble prendre le pli et sa surprise se mue en amusement impressionné.

« Messire Cromax ! Maître Pourpre. Si ce n’est pas là une surprise ! »

Poli, je fais les présentations, alors que d’un geste vif, il renvoie les garde à leur poste initial.

« Hrist, voici Onyx, un vieil ami qui régit pour moi les choses ici. Onyx, voici Hrist. Nous passerons la nuit ici. »

Il salue avec diligence et commente, regardant l’elfe dans un premier temps, et moi dans un second.

« Enchanté, ma Dame. Dois-je vous faire préparer un diner ? »

Je secoue la tête.

« Non, non, c’est bien gentil. Fais juste en sorte que des chambres soient prêtes à nous accueillir. Tu y feras aussi monter une collation, au cas-où. »

Il lève un sourcil, opinant du chef, mais commente encore, moqueur :

« Vos chambres ? Bien, ce sera fait. »

Je lui envoie un regard faussement réprobateur. Il fait volte-face et me laisse seul avec Hrist, à qui j’adresse un sourire.

« Bienvenue chez moi ! La Roseraie sera plus visible demain, à l’aube. Mais si tu veux, je peux te faire un tour du propriétaire. Ou toute autre activité que tu aurais envie de faire… J’ai une fort belle salle d’armes, si jamais tu souhaites te mesurer à moi… En toute amitié, bien sûr. »

Et je lui fais un clin d’œil, attendant sa réponse.

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 Sujet du message: Re: Palais de la Roseraie de Soie. (Guilde ARS)
MessagePosté: Lun 30 Juil 2018 17:54 
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Sans trop s'en rendre compte, Hrist dévoilait des passages importants de sa vie. Peut-être se sentait-elle en confiance auprès de ce Seigneur de l'Ombre et ce malgré les débuts quelque peu houleux.

A son anecdote sur la torture par les Shaakts, il secoua la tête, dubitatif, se demandant à voix haute comment elle pouvait rester loyale auprès de ceux qui lui faisaient subir de telles choses, Hrist l'observait distraitement, était-il sérieux ou n'avait-il rien entendu de son histoire ? Elle n'avait aucune loyauté envers les Shaakts, elle était partie démanteler leur réseau d'esclavagistes et non pas aider en quoique ce soit les Elfes Noirs. Peu importait en définitive, c'était plus l'idée du Dragon qui embrumait son esprit, peu importait les Elfes Noirs qu'ils soient morts ou vivants.

Cependant, il ne semblait pas accepter l'idée du Dragon de couleur, à moins qu'elle même ne décide de se tourner en ridicule en s'habillant comme les charmantes dames toujours entourées qu'on trouve dans les quartiers un peu sombre, éclairés de lanternes rouges, dans entrailles de Kendra Kâr.


Enfin, le suspens à son comble, ils sortirent tous deux pour entamer une marche silencieuse qui les conduisirent non loin, dans un endroit isolé et suffisamment baigné de pénombre. Il n'y avait que les lents grincements des ailes du moulin et le bruit nocturne de quelques animaux ayant vu leur repos troublé par des visiteurs incongrus.

Cromax était là, baignant dans la lueur grasse de la lune qui semblait vitrifier toute l'herbe autour d'eux. Il se déformait complètement, comme s'il fondait mais au lieu de se liquéfier et glisser au sol il semblait devenir tentaculaire, sa tête d'Elfe s'allongeait brutalement, déformant son visage, ses traits, ses cheveux furent avalés par une peau qui devenait grise, luisante pour finalement se matifier à mesure qu'elle se couvrait d'écailles impénétrables. Lorsque sa forme finale fut enfin adoptée, il déploya d'immenses ailes membraneuses et fit allonger son coup de lézard avant de le pencher en avant et y resta immobile, l'invitant d'une voix qui fit gronder le sol à monter sur son cou. Hrist en avait vu des choses, mais jamais rien d'aussi impressionnant, elle peinait à dissimuler son admiration mais ne manquait pas de croire qu'elle ferait mieux de rester le plus stoique possible afin d'irriter un peu Cromax, faute de quoi, elle ne cesserait de l'entendre se vanter de lui avoir cloué le bec avec ses pouvoirs.

'' Forcément... Avec ça tu serais effectivement arrivé plus vite à Caix... Est-ce que je triche, moi ? Hein, j'vous l'demande. " Murmurait-elle en grimpant le long des cornes pointues du Dragon. Lorsqu'elle fut correctement installée, Cromax battait ses ailes immenses et commença doucement à s'élancer dans les airs. Il ne tarda pas à gagner en hauteur et Hrist commençait presque à douter de ses prises, elle réalisait que le sol était si loin et les bourgs si petit en dessous d'eux... Elle se répétait qu'il valait mieux ne pas lâcher.

" Si je lâche prise et qu'il doit me rattraper au vol, je n'ai pas fini de l'entendre... " Se disait-elle en affermissement sa prise. Enfin, alors que le froid et le vent l'obligeait à fermer les yeux, Hrist sentait qu'ils perdaient de la hauteur et enfin l'imposant Dragon mettait pied à terre. Hrist descendit tout en reprenant ses esprits, le froid avait engourdi ses sens et ses membres, elle titubait doucement en frottant ses doigts gourds lorsqu'elle réalisait que de nombreux gardes les entouraient déjà. On lui fit entendre qu'elle devait décliner son identité sans attendre, évidement, les gardes n'allaient pas s'adresser au dragon... Hrist attendait sagement que Cromax prenne forme humaine afin de parler en son nom, celui du propriétaire de ces lieux à ce qu'elle avait compris. Les gardes avaient un sang froid impressionnant, tout le monde n'avait pas les nerfs suffisant pour affronter un Dragon, la plupart du socle commun se contenterait de courir dans toutes les directions en attendant simplement que ses granges finissent de brûler avant de décider de pointer le bout de leur nez hors de leur cachette. Eux, rien du tout, ils tenaient leur position, tenant fermement les lances ouvragées, aucune lame ne tremblait, tous avaient une main parfaitement ferme.

Cromax se transforma enfin et prit parole, les tons changèrent immédiatement, la suspicion laissa alors place à l'amitié, amitié que Cromax éprouvrait pour un Shaakt, Hrist se demandait s'il allait se trouver gêné de lui présenter un Elfe Noir après leurs conversations mais Hrist n'en avait que faire, elle méprisait les matriarches, mais pas leurs mâles, elle savait qu'ils n'étaient qu'esclaves ou ouvriers de bas niveau, ceux qu'on trouvait en dehors de Caix étaient ceux qui avaient pu s'affranchir, amoureux d'une envie de liberté, après tout, c'était peut-être ça qui les liait tous deux, cette envie de liberté. Ca serait là une raison suffisante pour Cromax de lui laisser le contrôle de cette magnifique demeure pendant ses absences qu'elle devinait nombreuses.

Hrist levait les yeux, admirant la divine façade de ce bâtiment vertigineux qui s'élevait dans la nuit noire à la simple lueur des torches. Cromax et son ami Onyx discutaient du séjour, l'un proposant un dîner tandis que l'autre refusait poliment.

(" Il y a effectivement de quoi faire un joli jardin... Avec beaucoup de plantes toxiques. ")

Cromax s'adressant cette fois-ci à la jeune femme lui proposa un tour du propriétaire ou une autre activité de son choix, il mentionna aussi que la Roseraie avait une jolies salle d'arme et qu'elle pouvait se mesurer à lui dans un combat amical. Elle en avait presque oublié la présence d'Onyx, qui s'apprêtait à se retirer pour préparer les chambres demandées par Cromax.

Hrist sensible au choix des activités proposées accepta d'un petit clin d'oeil l'offre de Cromax.

" Si tu te transformes en Dragon encore une fois, ça sera considéré comme de la triche. " Lança-t-elle comme pour le provoquer, elle avait bien constaté qu'il n'avait pas besoin d'un tel effort de guerre pour la dépasser en combat singulier, mais la petite provocation valait la peine d'être lancée.

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 Sujet du message: Re: Palais de la Roseraie de Soie. (Guilde ARS)
MessagePosté: Lun 30 Juil 2018 20:50 
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Il est clair que Hrist est une femme d’action, et non de celles à traîner dans les salons. En acceptant presque aussitôt ma proposition de duel amical, elle réfute la visite des lieux, remise à plus tard… ou à jamais. Qu’à cela ne tienne : la salle d’armes est sans doute la plus belle salle de l’endroit. Et pas de mon fait : Grantier avait beau être le dernier des salopards, il touchait quelque chose au niveau de la décoration. Une enflure peut aussi avoir du goût. Je ne tarde donc pas à mener l’elfe dans cette direction, empruntant le chemin le plus court. Et court, il l’est : la salle d’armes est adjacente à la Cour, y attenant par de larges baies aux vitraux translucides teints de rouge. Si bien qu’à l’intérieur de la salle, en plein jour, l’on dirait que la lumière elle-même saigne. Il n’en est rien de nuit, bien sûr, car la lumière des nombreuses torches accrochées au mur est nettement plus forte que celle baignant à l’extérieur. On peut juste apercevoir, loin au-dessus des toits, la lune aussi rouge qu’une rose écarlate.

J’ai noté la petite pique lancée par la sindel. Elle suggère que la forme de dragon est une forme de triche. La même accusation qu’elle a proféré en me grimpant sur le dos, à Tulorim, arguant que bien entendu j’aurais pu rejoindre Caïx bien plus rapidement qu’elle sous cette forme. Si elle savait : sans m’embarrasser d’un passager, je peux aller plus vite encore. Bien plus vite. À une vitesse que la chair elle-même ne peut supporter, pouvoir hérité de ma précieuse Lysis, avec qui je ne fais désormais plus qu’un, nos corps étant fondus l’un dans l’autre en permanence. Un être faerique. Je rétorque à sa tentative provocatrice avec un grand sourire.

« Oh, mais je n’ai pas besoin de tels artifices pour te vaincre. Les chambres d’Illyria s’en souviennent encore… »

Et je rajoute, pour la faire enrager davantage :

« Je ne te demande rien de tel, cependant : use de toutes les techniques en ta disposition. C’est la moindre des choses, si tu veux avoir une chance. »

Sans plus tarder, avec un air de défi, je lui tourne le dos, avançant dans la salle pour prendre possession d’un côté. Mon regard se pose partout autour de moi : les râteliers contenant autant d’armes d’entraînement que de collection, nous cernent de toutes parts. Des armes plus belles qu’efficaces, en vérité. À une extrémité, une vaste cheminée brûle d’un feu infernal. Je lui fais face avec nonchalance, dégainant mon arme métamorphe – et uniquement elle – pour lui faire prendre la forme d’un fouet, que je fais claquer avec vigueur sur le sol de pierre. Tout en avançant encore vers le feu, m’écartant petit à petit du centre de la pièce et de ma future adversaire, je clame :

« À toi le premier coup. Et ne retiens pas tes lames : je ne les crains pas. Si d’aventure tu étais capable déjà de m’atteindre avec… »

Et je me tourne lentement vers le centre de la salle, l’air mutin, prêt à voir quelle position elle a choisie pour débuter l’affrontement.

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 Sujet du message: Re: Palais de la Roseraie de Soie. (Guilde ARS)
MessagePosté: Mar 31 Juil 2018 17:50 
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Cromax ne semblait pas trop lui en vouloir de ne pas avoir accepté la visite des lieux, de toutes façons, elle verrait bien la Roseraie au petit matin et puis elle sentait en elle l'envie de se dégourdir un peu, surtout après cette première expérience en matière de vol, bien qu'elle ait connu les Aynores, il n'y avait rien de bien comparable à un Dragon.

Cromax précéda Hrist et entra dans la salle d'arme adjacente à la grande Cour dans laquelle, quelques instants plus tôt, ils venaient de poser pied à terre. Les flammes brûlaient au bout des torches et éclairaient de leur lueur fantomatique cette grande salle au sol de pierre. Un feu ronflant dans la cheminé crépita lorsque la porte s'ouvrit, faisant appel d'air. La pièce sentait bon le feu et la fumée. L'air y était chargé, presque compact, la fumée des torches piquait légèrement les yeux et un soupçon de fatigue venait chatouiller son esprit. Cependant, elle se sentait d'assez bonne humeur, Hrist observait les nombreuses armes sur les râteliers, rien qui puisse convenir à ses talents d'assassin, elle n'appréciait guère les armes trop voyantes, trop ouvragées ou simplement les armes qu'elle ne pouvait dissimuler convenablement... Essayer de faire entre une lance ou une épée en douce quelque part était chose fort difficile, Cromax quant à lui avait quelques facilités à en juger son arme. Il agitait un fouet alors que quelques instants plus tôt était attaché à sa ceinture une dague ouvragée. Hrist enviait quelque peu un tel objet mais avait sur elle un arsenal qui avait, lui aussi, de quoi faire des envieux.

Cromax commença à faire claquer le fouet, Hrist méprisait ce genre d'arme, elle avait un impact plus psychologique qu'autre chose, on l'utilisait pour les fauves et les prisonniers ou pour punir durement, mais en combat, elle n'avait été confrontée qu'une seule et unique fois à un adversaire usant d'un fouet, et comme par hasard, il s'agissait d'une Shaakt. Pire... Une saloperie de Shaakt.

Il l'invita à ne pas retenir ses coups, disant tout moqueur qu'il était qu'elle aurait besoin de tous ses talents pour seulement espérer le toucher, se faisant, puisqu'elle n'était pas sûre de pouvoir faire mouche, elle avait le loisir d'employer des armes plus létales qu'un simple fouet.

Il n'en fallait pas plus pour la provoquer, Hrist aimait bien ce petit jeu puisqu'elle n'y était plus sensible, ils se provoquaient en bons amis comme elle taquinait autrefois Von Klaash mais aussi loin que remontait sa mémoire, elle ne s'était jamais mesurée à ses lieutenants.

Hrist se débarrassa de la ceinture qui maintenait ses armes, glissant sur un râtelier la Vieille Rengaine et le Serpent de Kiraes pour n'en garder qu'une à la main, la Tueuse de Mage, elle savait que la lame provoquait des coupures magiques, douloureuse comme un éclat de verre qui ne saigne pas mais se ressent à chaque mouvement.

Après tout, son fouet risquait aussi de faire rudement mal s'il venait à l'atteindre... Hrist approcha doucement avec un peu d'appréhension. Le pas léger mais forte de sa détermination de ne pas passer pour couarde, elle s'apprêtait à engager un combat très difficile tant sur le côte technique qu'endurance. De toutes façons, elle n'avait pas peur de saigner...

Usant de sa magie, elle développa autour d'elle le Muutos de vent et fondit sur Cromax, prête à se décaler au moindre mouvement de son bras afin d'éviter la frappe qu'elle devinait fulgurante.

(" Un fouet... Il faudra suivre le mouvement de son bras, il sera plus dur à manipuler si je suis proche, autant le coller pour qu'il change son arme, tant pis si je prends un coup au passage, il n'aura probablement pas le temps d'engager une nouvelle frappe. ")

Hrist glissa sur la pierre pour frapper Cromax de bas en haut à la pointe de la Tueuse de Mage

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Attaque simple, on va y aller crescendo

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 Sujet du message: Re: Palais de la Roseraie de Soie. (Guilde ARS)
MessagePosté: Mer 1 Aoû 2018 17:57 
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Derrière moi, l’elfe approche. Je suis presque surpris qu’elle n’ait pas tenté de me toucher alors que j’avais encore le dos tourné. Je la vois approcher, rapidement certes, mais pas par surprise. Elle trotte vers moi avec rapidité, et je reconnais au moment où elle l’active un effet que je ne connais que trop bien : son muutos de vent. Ses gestes se font flous, imprécis, évanescents. Je plisse le regard pour me concentrer sur ses mouvements généraux, e la vois se jeter au sol pour glisser sur le carrelage afin de porter son premier coup : un coup d’estoc ascendant de la pointe de sa dague. Un sale coup, meurtrier, mais trop lent pour que je ne puisse l’esquiver. Je fais un mouvement latéral, usant de ma main d’arme pour faire un moulinet autour de son arme alors que ma métamorphe prend une apparence moins singulière qu’un fouet : une simple épée courte, aisément maniable à courte portée, puisqu’elle semble vouloir faire de notre duel un corps à corps très rapproché.

Le pivot de mon arme autour de la sienne dévie légèrement son coup et me protège temporairement d’un retour de frappe qu’elle pourrait dévier vers mon flanc : mon bras la gêne. Aussi, sans tenter de la frapper à son tour, je profite de la proximité pour user de ma main libre et replacer aussi précisément que rapidement une mèche rebelle de sa chevelure derrière son oreille pointue, le visage orné d’un sourire non moins provocateur qu’avant. Il n’est besoin de mot pour saisir la nouvelle provocation.

Je m’écarte subitement d’elle, bras armé tendu en avant, lame vers son visage, pour marquer la distance entre nous. Une distance toute relative, puisque je me suis membré d’une arme courte, mais dont la taille de lame suffit à gagner sur sa propre portée.

Les yeux dans son regard, j’attends le prochain coup, avide de savoir comment elle se défile d’une situation de mise en respect.

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 Sujet du message: Re: Palais de la Roseraie de Soie. (Guilde ARS)
MessagePosté: Ven 3 Aoû 2018 23:34 
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L'attaque manquait de vitesse, le premier coup ne le frisa même pas. D'un geste souple il pu à la fois esquiver l'assaut et modifier son arme, prenant alors la forme d'une épée courte. Une parade solide et efficace qui empêchait Hrist d'exécuter une contre attaque directe qui percerait le flanc de son adversaire. N'ayant pu appliquer ce coup meurtrier avec lequel elle avait emporté de nombreux adversaires, Hrist se dégagea, sentant que Cromax venait de jouer avec une de ses mèches de cheveux.

C'était donc un redoutable adversaire qui maniait assurément la provocation avec autant d'aisance que la lame. Hrist se retrouvait alors face à lui, la maintenant en respect de la pointe de son arme. Cette épée courte ressemblait de beaucoup à celle des gardes ou des miliciens que l'on croise en patrouille dans les villes, Hrist avait eu par le passé de nombreux échanges sanglants avec les milices mais jamais elle n'avait rencontré quelque pouvant la mettre en respect sans employer de magie.

Cromax ne la quittait pas des yeux, Hrist savait qu'elle aurait de nombreuses difficultés, non seulement il était plus rapide et plus fort qu'elle, mais en plus son arme pouvait s'adapter à toute situation et il aurait davantage de confort à la tenir à distance, même si de ce qu'elle voyait, il serait difficile à duper et à toucher.

Hrist prit une profonde respiration. Tourna légèrement le regard, il fallait jouer ses avantages s'il jouait les siens. Elle aussi avait deux trois notes de magie dans sa partition mortelle et préférait les employer immédiatement, elle n'avait pas de quoi le surprendre donc autant frapper fort vite et sans attendre qu'il n'attaque à son tour.

Elle employa ses talents d'assassin qu'elle tâcha d'assimiler à son Muutos de vent, toujours actif. Dans la pénombre, elle parvenait à parfaire son agilité et sa souplesse pour éviter de façon quasi reptilienne des attaques foudroyantes. Son Muutos qui entourait ses mouvements d'un aura légèrement gris et bleuté s'assombri alors et devint un triste gris anthracite allant doucement virer au noir. Toujours délicats à percevoir pour qui n'était pas affûté, ses mouvements devinrent plus souples et elle serait plus à même à tenter d'esquiver une contre attaque qui ne saurait tarder. Se glissant sous la lame de Cromax, elle fit un volte face rapide, balayant vers Cromax la lame cruelle de sa dague, sous le bassin, à hauteur du haut de cuisse, elle serait peut-être vulnérable à une attaque directe s'il changeait de nouveau son arme, mais ne pourrait pas esquiver et contre attaquer avec aisance, du moins, c'est ce qu'elle espérait.

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Emploi d'Insaisissable plus le Muutos

Attaque simple sous le bassin, hauteur de cuisse

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 Sujet du message: Re: Palais de la Roseraie de Soie. (Guilde ARS)
MessagePosté: Ven 10 Aoû 2018 14:29 
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Hrist devient de plus en plus difficile à discerner. Son muutos de vent, d’abord, fondant ses mouvements dans les airs pour les rendre plus flous, mais en plus, désormais, une tendance à profiter de la moindre ombre, du moindre reflet de flamme des torches sur les murs ou de la cheminée flamboyante dans mon dos pour y dissimuler de menus mouvements qui, autrement, m’auraient donné moult indices sur ses intentions de frappe ou d’esquive. Ses frappes, j’en fais cependant mon affaire : je peux aisément rester concentré dessus. Mais ses esquives… esquissant moi-même des mouvements précis, je ne pourrai être aussi attentif que dans un combat normal sur ses tentatives d’échapper à mes coups. Enfin… Sitôt que je me serai mis à l’attaquer, bien sûr.

Je suis surpris de ne voir aucune réaction, ni verbale ni corporelle, à ma petite provocation dans sa chevelure.

Puis, soudain, alors que je ne la pensais pas capable de passer ma lame, elle fait volte-face pour passer sous mon arme, que je rétracte aussitôt. Il est hors de question que je la laisse passer si aisément ma garde. Loin de s’arrêter là, elle tente par ce mouvement fluide d’atteindre ma cuisse de sa dague acérée. Les mouvements rotatifs, ça me connait. J’en use moi-même souvent pour confondre mes adversaires lors de passes complexes. Aussi, même si son corps masque la direction exacte de son coup, je sais dans quelle zone générale il va partir et décide d’agir avant-même qu’elle ne le donne.

Car le défaut d’une attaque tournoyante, c’est le temps qu’elle met à arriver à destination. Là où de mon côté, pour la parer, je n’ai qu’à descendre le bras de manière directe. Pendant ce court instant, mon épée prend la forme d’un gourdin tout ce qu’il y a de plus basique, et c’est de cette arme contondante que je m’en vais frapper son bras porteur juste avant qu’il ne puisse me toucher. La puissance de mon coup est dérisoire, et ne lui fera pas grand mal : sans élan, sans mouvement fluide, le maniement d’une telle arme n’est que peu offensant. Mais cela suffit amplement pour contrer son coup. Mon arme la frappe au-dessus du poignet, pas assez fort pour la désarmer, mais suffisamment pour dévier son coup, qui passe derrière ma jambe.

J’en profite pour, maladroitement, relever mon genou pour tenter de la frapper au menton avec. Maladroitement, oui, car le corps à corps si proche et sans arme n’est pas du tout ma spécialité. La bagarre de rue, je laisse ça aux soudards des sombres tavernes. Il n’empêche que c’est un de leurs coups que je tente maintenant, peu convaincu de son efficacité, mais qui aura au moins le mérite de la faire, sans doute, battre un peu en retrait.

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 Sujet du message: Re: Palais de la Roseraie de Soie. (Guilde ARS)
MessagePosté: Jeu 16 Aoû 2018 21:44 
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Cromax semblait légèrement moins à l'aise en ce qui concernait le corps à corps, mais malgré ce handicap il ne restait pas moins un dangereux adversaire aussi, Hrist prenait ses décisions avec beaucoup d'attention. Non seulement il fallait éviter qu'il puisse la contrer, mais en plus, elle devait absolument éviter qu'il n'anticipe ses assauts, il était moqueur et provocateur et s'il parvenait à la désarmer, elle n'aurait pas fini d'en entendre parler.

Son attaque fendit l'air mais encore une fois il parvint à bloquer son mouvement, ralentissant son attaque et de ce fait, elle rata. La douleur à son poignet venait d'un gourdin de malfrat, un bête gourdin, une simple matraque de bagarreur mais il n'en fallait pas beaucoup plus pour handicaper son bras armé qui fourmillait des doigts jusqu'au coude.

Mais alors, Cromax ayant pu contrer son assaut essaya de frapper Hrist d'un coup de genou parti pour se loger sous son menton et la sonner. D'instinct, son cerveau de tueuse analysa la situation. En temps normal, elle rapatrierait sa lame sous le pli du genou et couperait net le tendon pour paralyser sa cible et l'achever de façon particulièrement lente une fois celle-ci tombée à terre.

Mais le but n'était pas de blesser qui que ce soit aussi, elle profita des carences en combat corps à corps de Cromax et contre toute attente, lança un assaut qui l'étonna elle même. Au lieu d'éviter le coup, elle alla à sa rencontre, serrant les dents pour anticiper la douleur et heurta Cromax de plein fouet après avoir amorcé une bonne détente d'un bond. Elle agrippa la cuisse levée de Cromax et de son élan tâcha de le faire chuter. Une fois au sol, peu importe l'arme qu'il aurait alors à métamorphoser, Hrist userait de son expérience de tueuse et de tortionnaire pour provoquer le premier sang.

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La petite ombre de la Mort à Elysian.

Alors, j'ai établi ma couche dans les charniers,
Au milieu des cercueils,
Où la Mort Noire tient le registre des trophées qu'elle a conquis.


Némésis d'Heartless


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