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 Sujet du message: Re: Parc "La bise d'Ynorie"
MessagePosté: Sam 16 Jan 2010 14:59 
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le colosse venait d'arriver au parc, un vent frais caressait les feuilles des arbres.Et lui caressait le visage.
Rien de tel pour se détendre et réfléchir.
Les gens été assis sur des bancs, ils révassaient sans doute.Certains, intimidés par le geant musclé qu'il est, s'ecarter farouchement en lui lançant un regard un peu effrayer.
Ce parc, Neo l'avait toujour aimer, sa mère l'emmener du temps ou il été un petit garçon.
Le geant se promener dans les allées, l'herbe été verte, quelqun s'occuper très bien de ce parc.Dans une petite mare, nageait des canards, une famille de canard, le père , la mère , et les enfants.
Neo pensa a sa propre famille, qui été morte.Une noble famille.Il continua de marcher.


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 Sujet du message: Re: Parc "La bise d'Ynorie"
MessagePosté: Sam 16 Jan 2010 19:23 
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Derrière ses lunettes à monture de cuivre, les yeux du lutin à la blanche barbe sont encore légèrement agrandis sous le coup de la crainte et de la tension ambiante, mais, remarquant que le danger de votre situation semble s’être estompé pour de bon, sa nervosité paraît baisser d’un cran, la vieil homme trouvant la gaillardise de répondre à tes propos braves par un sourire mince mais attentionné et sincère. Dans cette atmosphère un peu étrange où, après l’assaut redoutable de l’étrange créature, le calme se fait à nouveau comme si de rien n’avait été, Gwerz observe un moment tes blessures qui ne sont effectivement pas belles à voir bien qu’heureusement peu profondes, diagnostiquant avec un hochement de tête :

« Oui, ça ne portera pas à conséquence : on nettoie, on bande, et d’ici peu, on en parlera plus ! »

Son ton est volontaire, presque bonhomme, mais tu ne peux pas vraiment savoir si son optimisme est sincère ou s’il essaie de se rassurer autant que toi. Toujours est-il que le chevronné personnage a l’air d’avoir repris de son sang-froid, et durant quelques secondes à attendre manifestement Cheshire, vous restez donc à peu près au point mort, votre précédant adversaire ne se manifestant d’aucune manière malgré sa proximité. Plus la venue du reptile tarde, et plus ton protecteur paraît agacé, voire inquiet, jusqu’à ce qu’enfin, il pousse un « Ah ! » soulagé en voyant une silhouette confuse émerger du paysage naturel qui vous entoure, avançant vers vous de sa démarche dégingandée un peu bancale. D’un pas rapide bien que toujours aussi indolent, il vient se positionner à vos côtés, observant d’un œil vigilant mais placide le duo que vous formez, le lézard bizarre n’ayant pour sa part pas l’air particulièrement agité… bien que ce soit difficile d’en juger étant donné le physique atypique d’une bête aussi étrange. Précautionneusement, le bon sieur Porsal t’installe sur le dos de votre monture habituelle qui se laisse faire sans broncher malgré les gouttes de sang qui viennent tacher sa peau squameuse, puis, tout en te tendant les reliques de tes bottes pour savoir s’il peut les ranger dans les fontes ou si tu préfères les garder, il te demande :

« Ca va aller ? »


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 Sujet du message: Re: Parc "La bise d'Ynorie"
MessagePosté: Dim 31 Jan 2010 15:44 
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Poursuite de la conversation... mensuelle, avec Larc et Khmer.



Sous la tutelle d’un vent d’allégresse, la sombre fourrure de Khmer dansait contre son corps, valsant et ondoyant tant et si bien au rythme des pétillantes bourrasques perlées de gouttes de pluie que dans cette douce pénombre, parfois illuminée le temps d’un battement de cœur de la brève fulguration d’un éclair, il semblait à Miriel que la Woran était drapée d’un halo de mystère et d’obscurité. Nimbée d’une profonde robe aux ombres changeantes, la courbure de sa poitrine damasquinée d’or et son regard lapis-lazuli transperçant les dentelles de la nuit, elle était pour la candide demoiselle comme l’incarnation d’une sauvagerie fantasque, moins rigoureuse et disciplinée que ne l’était son cher protecteur, mais plus exaltée, encline à la bravade et toute aussi étreinte par la fierté.

Toisée des lames lazurites qu’étaient ses yeux, forgés dans la certitude et le courage, la jeune femme baissa timidement la tête. Les rafales battant ses vêtements humides attisaient les baisers glacés dont ils couvraient sa peau blanche et tremblante, éveillant myriades de frissons électriques qui remontèrent le long de son échine chancelante. Ses bras fins, dont elle s’étreignait désespérément, serrant contre son cœur le chiche Gumon, formaient un frêle et inutile rempart contre le froid mordant et impitoyable qui s’était si bien enraciné dans son petit corps.

Aurait-elle été seule, qu’elle se serait abandonnée à la tendre étreinte dont la torpeur enserrait son esprit. Avec délice, elle aurait fermé les yeux et oublié, aurait refusé de voir plus longtemps les spectres insatiables et pressants des inquiétudes qui la hantaient. Miriel touchait déjà, d’un doigt aérien, la sensation de bien-être et de paix où le repos aurait su l’amener, caressait l’idée de lâcher ses pensées à la dérive et d’elle-même se laisser porter par le courant, de se laisser engloutir par les eaux calmes du fleuve du sommeil.

Mais elle n’était pas seule, ni même exempte de responsabilités. Alors, forçant ses paupières lourdes et brûlantes à demeurer ouvertes, la jeune femme s’appuya contre le banc pour se relever.
Tandis qu’elle s’approchait de la porte coulissante, ses mains quittèrent son ventre pour doucement pendre devant elle, la gauche enserrant le poignet de la droite et ses avant-bras maintenant le petit Gumon contre son estomac, le tout, dans une attitude mêlant gêne manifeste et réserve. Sa longue chevelure à la blancheur factice flottait, repoussée en arrière à la manière d’une bannière battue par les vents, comme clamant à juste titre la docile soumission de son porte-étendard face à la dureté de la situation.

Un air de triste résignation marquant ses traits fins, la demoiselle vint se poster auprès de Khmer, aussi proche d’elle que le lui permettaient les convenances. Là, elle fixa avec attention son visage félin, la contempla longuement, posément. Son regard parcourut ses traits fauves et incisifs, détaillèrent son attitude défiante, son menton relevé avec morgue, sa posture même, négligente alors qu’elle s’appuyait contre l’embrasure de la porte ; elle l’observa dans son ensemble, de lentes et patientes secondes.

Ce n’était pas plus un examen qu’elle ne cherchait à la jauger, car du fait de son inexpérience, Miriel n’aurait guère su comment évaluer une Woran, ni même une quelconque individualité d’ailleurs. C’était juste un regard, et la comparaison pouvait paraître simplette, mais de la même manière qu’elle pouvait observer en profondeur le vaste ciel d’azur, les flancs ornés de myriades de fleurs chatoyantes des montagnes des duchés, ou même la paisible agitation d’Ascalanthe aux premières lueurs de l’aube, elle contemplait Khmer. De ses yeux emplis d’un océan houleux aux lignes fermes et décidées de sa mâchoire félidée, de sa poitrine zébrée de lignes ocres et à peine dissimulée de sa brassière noire au semblant de courte jupe qui soulignait ses hanches d’un rai de couleur bordeaux. En détail, sans pudibonderie quelconque et certainement pas comme on détaillait un animal… en fait, plutôt de cette manière un peu rêveuse mais indolente dont on contemple un paysage.

Puis, sans prévenir, bien que le geste fut d’une lenteur prononcée, la demoiselle prit doucement la main de Khmer dans les siennes, entre ses doigts fins, un exercice délicat, car il s’agissait de ne pas laisser choir le pauvre Gumon, à l’instant suspendu dans le vide et à peine retenu par une légère pression que la jeune femme exerçait de ses paumes sur son pied pelucheux. Le sourire de Miriel fut fugace sur ses lèvres claires, comme éphémère et très peu dessiné par sa bouche en bouton de rose, bien qu’il s’ancra et se refléta profondément dans le bleu clair de ses yeux.

« Excusez-moi… Lui dit-elle tout bas, le ton chuchotant et sa voix s’ourlant comme d’une peine légère. Bien que je ne veuille en rien vous causer du souci, je ne suis pas assez forte… Je ne suis pas assez courageuse pour oser décliner votre proposition…

Ce ne fut que peu, mais ses doigts serrèrent brièvement ceux de la Woran.
Pardonnez-moi d’accepter que vous partagiez nos ennuis… Reprit-elle lentement avant de déclarer avec une timide chaleur. Pour votre bonté, vous avez toute ma reconnaissance, Khmer… »

Bien sûr, habillée comme une bateleuse avec sa chemise à carreaux bleu et blanc, ses godillots disparates et bigarrés, sa chevelure neige et pailletée ainsi que les traces de maquillages à demi effacées sur son visage, il y avait comme un petit rien de comique à la voir s’exprimer ainsi : paraissant presque grandiloquente et pleine de cette componction dignifiée qui lui était naturelle.
S’en rendant peut-être compte, ses joues rosirent furtivement et Miriel recula doucement, serrant à nouveau contre sa poitrine le petit Gumon. Outre le tumulte et les rugissements du vent, le silence s’était posé sur le frêle cabanon, une quiétude que la jeune femme aux pommettes teintées par l’embarras n’était pas sûre de goûter, sentant peser sur elle chaque regard… comme si elle venait de se donner en spectacle ! La mine soudain un peu revêche, elle se tourna vers Larc.

« Cela te convient-il ? » Demanda-t-elle avec une pointe d’incertitude dans la voix, car elle n’avait pas oublié que c’était à elle, en posant gentiment sa large paluche sur son épaule, que le Bratien avait posé la question. Qu’il avait cherché à la remettre sur les rails et à lui faire aller de l’avant en la poussant à réfléchir à la suite des évènements, à ne pas s’appesantir sur le passé. Cependant, Khmer lui avait habilement soufflé la réponse, pensa-t-elle avec un petit sourire.

_________________
Miriel / Humaine / Mage : La Bise d'Ynorie (Parc de Kendra Kâr).


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 Sujet du message: Re: Parc "La bise d'Ynorie"
MessagePosté: Ven 5 Fév 2010 04:25 
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Un aimable sourire, c’est ce qui résume la réponse fort appréciée que me fait ce charmant aïeul vêtu d’une redingote violette qui lui sied si bien. Sans tarder, il jette ensuite un petit coup d’œil sur la partie inférieure de mes mollets. Et bien voilà où s’arrête sa ressemblance avec grand-papa Roquin. En effet, si ce dernier, affublé de la même voix enrouée, jouait auprès de moi également le rôle d’ange gardien, c’est à ma grand-mère qu’incombait la tâche de soigner tous mes petits bobos.
Après un examen sommaire, mais consciencieux de mes plaies, Gwerz Porsal m’assure qu’une fois qu’elles seront nettoyées et bien enveloppées, mes chevilles ne tarderont pas à guérir.
Bien que j’essaie d’être forte et courageuse, je me sens soudainement lasse; le combat avec ce stupide insecte m’a demandé beaucoup d’énergie et maintenant mon corps réclame, bien malgré moi, le repos. Ainsi, délicatement, j’appuie ma tête contre le torse de mon bienfaiteur. Cette légère odeur de tabac, qui émane de ses vêtements, ne m’indispose aucunement et ce doux contact de sa veste élimée sur ma joue me réconforte. Le sommeil tente de m’emporter, mais je résiste, je dois rester aux aguets au cas où l’affreuse bestiole sortirait de nouveau de sa sournoise cachette.
Barbe blanche immaculée et peau basanée, M. Porsal, rencontré par hasard pallie admirablement à l’absence des nombreux membres de ma famille. En effet, à lui seul, il joue plusieurs rôles notamment celui de mes parents et de mes grands parents. J’ai eu une chance inouïe qu’il croise mon chemin. Sans lui, mon aventure sitôt débutée serait déjà terminée. Et dire que c’est sans hésitation et même avec empressement que j’ai signé l’inattendue missive envoyée par mon petit frère Audaz. Ma décision a été prise avec peut-être trop d’impulsivité. Il faut me comprendre, ça faisait trop longtemps que j’attendais ce moment; la proposition inscrite sur ce papier enroulé m’a semblé trop alléchante pour que je ne songe, ne serait-ce qu’un instant, à peser le pour et le contre. Mon grand-père m’avait pourtant expliqué à plusieurs reprises les enjeux d’une telle expédition, le but premier étant d’acquérir de la maturité à travers les expériences vécues. Moi, je hochais la tête en signe d’assentiment, mais mes yeux brillants trahissaient le désir de partir à l’aventure faisant fi de tout danger. Et bien, encore une fois, il avait raison. Après seulement quelques jours, je peux affirmer sans aucune hésitation que cette année d’exil va s’avérer en fait plus une épreuve qu’une aventure. Nos aînés ont beau se briser la voix à force de répéter leurs précieux conseils et ce, dans le but de nous éviter les pires ennuis, rien à faire ! Ne voulant profiter de leur expérience et de leur infinie sagesse, on demeure sourd à leurs arguments et on finit par apprendre de nos propres erreurs.
Je viens de m’enrichir de ma première leçon de vie : se méfier de la beauté. Celle-ci cache parfois les vilains défauts. Bref, ce qui est beau n’est pas forcément bon. Ce jardin aussi magnifique en est un exemple; envoûtée par la richesse de sa flore et de sa faune, j’avais laissé tomber toute méfiance, ignorant que ce magnifique parc pouvait abriter une immonde créature assoiffée de sang. Cette fois-ci, ma réflexion, je ne la tiens pas de ma grand-mère ou de mon grand-père, pas plus de mes parents, ou de mon oncle Gordo, ni de mes nombreux cousins, mais bien de moi, Guasina Roquin, petite lutine rousse d’à peine dix-neuf centimètres et demi qui aime travailler tout en s’amusant.
Les secondes passent et la mimique de Gwerz se modifie peu à peu, et pour cause, Cheshire ne daigne pas se pointer le bout du museau. Il est peut-être temps qu’il me repose au sol et que nous nous remettions à marcher, nous ne pouvons attendre indéfiniment Cheshire. M. Porsal devra malheureusement admettre que jamais un animal ne peut entendre un son si fai…

« Ah ! » Cette exclamation de mon précieux bienfaiteur est immédiatement suivie de la mienne.

« Ah ? »

Bien que le terme soit le même, la signification en est bien différente, ce petit mot prononcé par Gwerz exprime son soulagement, alors que le mien mon étonnement. La bouche ouverte, ahurie, j’observe cette mystérieuse, mais charmante bête, s’approcher de nous. D’abord floue, son image se précise ensuite: plus gros qu’un lézard, ce reptile, à la peau écailleuse et aux yeux indépendants, possède la faculté de se fondre dans le paysage. Ce petit sifflement émis par son maître a curieusement suffit à l’appeler. Trop contente de son arrivée, je ne me préoccupe guère du pourquoi ou du comment et je laisse le lutin expérimenté me déposer, avec le plus grand soin, sur le dos de son ami. Une jambe de chaque côté, je me sers de mes bras que j’appuie sur la peau rugueuse de l’animal pour m’aider à maintenir mon équilibre.
Au sieur Porsal qui me tend mes restes de bottes, m’interrogeant silencieusement sur le sort que je leur destine, je réponds:

« Rangez-les s’il vous plaît. »

Mes chères bottes de cuir ! Dans l’état qu’elles sont à présent, je préfère ne pas les avoir sous les yeux. Et dire que j’ai failli les perdre définitivement. En effet, en les lançant à cette hideuse bête à la carapace chitineuse, j’ai risqué de les perdre à jamais. Agissant sur un coup de tête, j’ai pris ce que j’avais sous la main, objet de valeur ou non. Je ne regrette pourtant pas mon geste, loin de là. Mon but était de sauver mon compagnon : la vie est le bien le plus précieux. Mon lancer n’a pas provoqué l’effet que j’avais imaginé, mais il a eu le mérite de faire diversion et de permettre ainsi à Gwerz de se sortir de cette malencontreuse situation.
Et voici que ce dernier, qui a risqué sa vie pour me protéger, s’inquiète encore pour mon bien-être.

« Ça va aller ?»

« Oui, ne vous inquiétez pas ! »

Le charme étant rompu, je n’ai plus aucune envie d’explorer ce parc qui n’en demeure pas moins magnifique. Tout ce que je souhaite maintenant, c’est de sortir de cet endroit luxuriant et d’oublier au plus vite cette mésaventure.

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Guasina, protectrice d'âme


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 Sujet du message: Re: Parc "La bise d'Ynorie"
MessagePosté: Mer 14 Avr 2010 21:22 
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Suite des rues

De nuit, les arabesques étaient difficiles à distinguer, mais le ciel clair embaumait le jardin d'une atmosphère surnaturelle. Les arbres prenaient différentes attitudes au grès de la légère bise qui soufflait; tantôt grinçants menaçants tels des gardiens protecteurs d'un lieu sacré, tantôt chantant une mélodie accueillante lorsque le vent se faisait chef d'orchestre et les feuilles instruments.. Puis à nouveau sinistres, agitateur de peurs et de cauchemards enfantins... Le point d'eau contrebalançait cette agitation, imperturbable, force tranquille dont émanait de temps à autre une clapotis, régulier, comme pour répondre aux grognements plus graves de certains animaux que l'on distinguait que rarement...

De nuit le jardin se fait tantôt théâtre tantôt saltimbanques, et la pièce est toujours différente, la troupe toujours inventive...

J'y ai ma place d'habitué


Avec un sourire énigmatique, Oscurio se mit à escalader un arbre, apparemment choisi au hasard, et dont l'ascension se retrouva bien vite compliqué par un amas assez touffu de branches, mais après quelques ondulations agiles, il émergea sur un plateau de branches serrées les unes aux autres couvert de feuilles épaisses... à cette hauteur, une grande partie du parc était visible...

Après cette confortablement installé, les mains croisés derrière la tête, Oscurio reprit la parole :

Alors, qu'est-ce qui a bien pu te motiver à quitter un environnement comme celui-ci pour des pavés ?

_________________
De nous voir, les guerriers s'énervent
et nous traitent de cœur tendre
Mais nous rions car toujours notre verve
Là où l'épée s'arrête, se fait entendre...


Oscurio de Syl


Dernière édition par Oscurio le Sam 17 Avr 2010 20:44, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Parc "La bise d'Ynorie"
MessagePosté: Mer 14 Avr 2010 21:40 
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Theeftan suivit les mouvements d' Oscurio avec un petit sourire. On voyait bien l'empreinte elfique dans ces mouvements-là...
Il sauta sur l'écorce et commença à grimper à toute vitesse, sautant de branche en branche avec agilité. Il se faufila dans l'amas serré et arriva sur la plateforme en quelques secondes. Il s'y installa confortablement et répondit à la question de son ami.

-Eh bien... la soif d'aventures. J'ai eu le choix entre devenir forgeron comme mon père, ou mage comme ma mère. J'ai choisi la magie, bien que j'ai pris la spécialisation de guérisseur. Mon fluide était fait pour ça. Seulement, après plusieurs dizaines d'années d'études, je me suis rendu compte que mon pouvoir ne servait pas à grand-chose : il y avait beaucoup de guérisseurs plus puissants que moi dans la capitale elfique. Et puis, j'avais envie de découvrir le monde... Alors je suis venu jusqu'ici.

L'Elfe tourna la tête, plantant son regard dans celui du demi-elfe.

-Crois moi, je n'imaginais pas la ville aussi sale et puante.

Puis il s'installa plus confortablement et sourit aux étoiles, savourant les bruits nocturnes qui lui rappelaient tant les clairières près de sa maison. Il parut brusquement se rappeler quelque chose.

-Au fait, j'ai 588 ans. A ton tour de m'expliquer ce que tu fais là. Veux-tu un verre de ce vin ?

Le guérisseur sortit à nouveau la bouteille, attendant sa réponse.

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 Sujet du message: Re: Parc "La bise d'Ynorie"
MessagePosté: Jeu 15 Avr 2010 03:10 
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Oscurio acceptant la proposition d'une bouteillle d''un hochement de tête, prit son temps pour répondre à la première question... Les interrogations sur ses motivations étaient toujours délicates. Bien peu ici savaient le réel but de sa venue à Kendra Kâr, lui même des fois faisaient parti de ceux-là. Kendra Kâr était à la fois similaire et bien différente de ce qu'il avait imaginé... le plus grand soucis étant le nombre à peine croyable de miliciens...


D'un ton légèrement pensif et nostalgique, finalement dans la mélodie du parc, les yeux fixés sur le ciel...Ici la verve pouvait reprendre ces droits...



J'avais un maître à travers les continents nous faisions du troc et des compositions...vagabonds libres sur les routes comme les chemins boueux ou les pavés, à travers les collines, les marais, les plaines.. Nous avons dormis sous des voutes enluminés en compagnie de courtisanes ou de grands fonctionnaires en de rare concours de circonstances, mais bien plus souvent sous la pluie serrés entre deux troncs d'arbres et une cape de toile peu efficace au dessus de nos têtes, le ventre affamé...
On a rit ensemble, enduré, essuyé les rebuffades et les crachats, et courbés l'échine aussi bien sous les moqueries que les applaudissements. Parfois nous troquions notre baluchon et nos vêtements de voyage pour le confort d'une ville quelques années. Un corps de négociants, une boutique, ou un simple étal nous suffisait avant que la concurrence ou l'ennui nous emmena vers d'autre chemins...


De plaisirs nous avions faims
Mais toute bonne chose a une fin
En garde certains nous avaient mis
Et quand Beaucoup maudissaient notre sort

Nous, nous moquions Dame Chance
Mais Parait-il qu'elles seraient amis
Car c'est la cruelle Dame Mort
Qui vînt punir notre impertinence



Oscurio laissa s'envoler ses paroles dans la nuit, perdu un instant dans ses pensées, le regard fixe, légèrement échauffé par le vin et ses propres souvenirs...

Dis-moi, tu comptes bien vendre tes services ?

Oscurio se mit à triturer distraitement son bouc... Un léger tic plein de sens comme Theeftan l'apprendra à force de compagnie... les yeux pleins d'un intérêt nouveau il attendit la réponse de son compagnon...

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 Sujet du message: Re: Parc "La bise d'Ynorie"
MessagePosté: Jeu 15 Avr 2010 13:38 
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Theeftan resta quelques instants songeur, méditant sur le passé d' Oscurio, puis se rendit enfin compte qu'on l'interrogeait.

-Monnayer mes services ? Je n'y avait pas encore songé... D'abord, je trouve que ce n'est pas "bien" sur le plan moral. De plus, je ne ferait cela que si je devais rester en ville. Et enfin, mes pouvoirs ne sont pas encore assez développés pour soigner des maladies graves. Mais pourtant, il faut bien gagner un peu d' argent pour subsister, et je me refuse à en voler. Je n'ai pas ta verve, aussi il faudra bien se résoudre à vendre mes services... alors pourquoi pas. Sais-tu ou je pourrais officier ?

Tout en disant cela, Theeftan jouait distraitement avec une branche souple près de sa main. Il aimait ce parc, si apaisant au milieu de toute cette agitation. L'un des rares endroits dans la ville épargné par les humains, où régnait encore une semblant de nature. Il sortit son stylet et le fit rapidement tournoyer entre ses doigts, puis, soudain, sentit le besoin d' expliquer d' où venaient ces deux objets.

-L'arme que tu vois là a été forgée par mon père, un forgeron renommé. Plus qu'une arme, c'est un objet qui me rappelle d'où je viens.

Il prit ensuite son bâton couvert de runes.

-Ceci m'a été offert par ma mère. Il n'a aucun pouvoir magique, mais a aussi une valeur sentimentale. Ces deux objets m'ont été offert le jour de mon départ. Au fait, j'ai omis de te le demander, mais à part les poèmes, comment gagniez-vous votre vie avec ton mentor ?

L'elfe rangea son stylet et sangla à nouveau son bâton à son sac, attendant la réponse d' Oscurio.

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 Sujet du message: Re: Parc "La bise d'Ynorie"
MessagePosté: Jeu 15 Avr 2010 17:43 
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Haa ! Une ombre venait de gâcher le tableau. Et ses doigts délaissèrent son bouc, Il l'avait anticipée, mais cela restait toujours aussi frustrant: l'elfe semblait avoir des principes moraux assez élevées... Lanceste l'avait prévenu du danger de tels compagnons, capables de vous dénoncez à la milice après avoir passé des semaines entières votre compagnie... Et si il y avait bien une chose qu' Oscurio ne pouvait se permettre c'était d'être recherché dans cette ville...Et quel gachis quand même ! Un elfe agile, fort, et guérisseur, aurait pu être le parfait compagnon de virée nocturne..

(peut-être aurais-je du finalement me déguiser...)


Miral était un haut dignitaire de la république d'Ynorie, un peuple à l'est de ce continent... Une nuit des bijoux, et une partie de son arsenal militaire avaient été dérobés. La milice fit son enquête utilisant des techniques bien originales, certains en effet délaissaient leur blason pour revêtir l'habit de simple citoyen et ainsi récolter plus de renseignements...
Ce qui sembla l'énerver quelques instants.. Enfin bref le fait est qu'ils se rendirent compte très vite que notre nobliau navaient pas acheté ces objets. Ami des fossoyeur et soudoyeur de la justice, voilà comment il opérait: quand dans une famille un homme mourrait, marchand ou soldat peu importe, le corps était amené aux fossoyeurs qui devaient le préparez, ceux-ci volaient les bijoux et les armure, et le noble les rachetait à bas prix. Mais ce n'est pas fini, quand les familles venaient voir le corps et découvraient le crime commis, les fossoyeurs prétendaient avoir été cambriolés et conseillé les services du même Miral pour mener une "enquête pus efficace que la milice".
Celui-ci après quelques semaines revendaient ensuite les objets "retrouvés" avec bien entendu des frais pour "l'enquête" menée par ses bons soins...
Quand les bijoux lui plaisaient trop, ils les gardaient...


Il laissa Theeftan méditer dessus quelques instants..

Une fois le grand tableau bien étudié, vous seriez surpris de voire que ceux "volés" sont bien souvent eux-mêmes les plus grands voleurs...

Il s'arrêta, pensif; était-il possible de corrompre 600 années de bonne morale en quelques jours ?

Des vagabonds n'ont pas besoin d'une fortune pour survivre. Lorsque le toit sous lequel vous dormez vous importe peu, lorsqu'une journée sans manger n'est pus un malheureux évènement, alors vivre devient très facile...

Nous faisions du troc la plupart du temps. Quand nous arrivions dans une ville nous vendions toujours deux trois articles de la précédente. Cela nous donnait une base qu'ensuite nous faisons fructifier grâce aux joies du commerce....


Ce qui me fait revenir à ton talent, peut-être aurais-je quelques connaissances à te transmettre mais je ne suis pas sûr encore, laisse-moi y réfléchir. Si tenté que tu restes dans la ville bien sur...


La bière, le vin, les émotions de cette soirée, demandaient à présent leur tribut, et Oscurio bien installé, commença à fermer les yeux et se laisser aller...

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 Sujet du message: Re: Parc "La bise d'Ynorie"
MessagePosté: Jeu 15 Avr 2010 18:40 
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Avant qu' Oscurio ne s' endorme, Theeftan se hâta de rajouter :

-Je ne condamne pas vraiment le vol. Voler un pain à celui qui en possède deux est une attitude logique. En revanche, voler pour s' enrichir sans réel besoin, c'est cela que je ne tolère pas, ce qui n'est manifestement pas ton cas. Quant je parlais du plan moral quant à mon pouvoir, je voulais dire que la santé, pour moi, n' a pas de prix, et que c'est une hérésie de devoir payer pour l'avoir. Mais je comprend la nécessité d' une telle chose. J' ajouterais que je suis loyal envers mes amis, et je n' ai pas l'intention de t' envoyer te balancer au bout d' une potence.

L' Elfe fit une pause, tentant de trouver les mots justes, mais finit par se taire, avant de reposer une dernière question d'un ton hésitant, pas si sûr de vouloir entendre la réponse.

-Et... ton mentor ? que lui est-il arrivé ?

Se crispant en attendant la réponse, il fixa le sol, à quelques mètres au dessus d' eux, remarquant un gobelin qui passait en dessous d'eux sans soupçonner leur présence. Il retint son souffle, le temps que celui-ci disparaisse, puis se tourna vers Oscurio, qui lui semblait déjà presque endormi, les yeux fermés.

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 Sujet du message: Re: Parc "La bise d'Ynorie"
MessagePosté: Jeu 15 Avr 2010 21:27 
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Au moins c'était déjà ça ! Une chaîne était un garnement amplement satisfaisant pour son cou, il pourrait bien se passer d'une corde, les griffes avaient déjà fait bien assez....

Une dague dans le dos, une vente qui a mal tourné, et certains clients sont parfois très susceptibles... et ne sont pas tous des haut-elfes de taverne.

La taquinerie était amicale, le rire aussi..

Il m'a mit en garde contre le blanc des phalangiens, je l'ai mis en garde contre le bleu de ces hommes dont j'ai oublié le nom. Certaines couleurs sont dangereuses... Pour une fois j'aurais du être le mentor et lui l'apprenti...
Enfin cela fait-il de moi un mentor maintenant ?


Rire légèrement triste puis...

Quels sont tes plans pour les prochains jours ?


Suite dans les rues

_________________
De nous voir, les guerriers s'énervent
et nous traitent de cœur tendre
Mais nous rions car toujours notre verve
Là où l'épée s'arrête, se fait entendre...


Oscurio de Syl


Dernière édition par Oscurio le Dim 18 Avr 2010 18:04, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Parc "La bise d'Ynorie"
MessagePosté: Jeu 15 Avr 2010 21:56 
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Theeftan sourit en réponse à la plaisanterie d' Oscurio.

-Être un elfe ne m'a pas empêché d' aller bouder en réponse à tes vers ! Jusqu'ici' ici, ma nature m'a causé plus de soucis qu'autre chose...


-Mes plans pour les prochains jours ? Je pense rester encore un peu en ville, maintenant que j'ai trouvé des compagnons d' aventure, si ils veulent encore bien de moi. Sûrement vendre mes services, comme tu l'as suggéré. Ensuite, quant j' aurai assez d' argent, je quitterai sûrement Kendra Kâr pour d'autres contrées. Peut-être une autre ville humaine, ou bien un autre peuple. Tu peux décider de me suivre ou pas, c'est comme tu voudras. Tu as amplement le temps d' y réfléchir...

Theeftan se releva et s' épousseta.

-Bien. Je pense que notre ami à peau pâle s'est réveillée maintenant, et nous ferions mieux de la suivre à distance pour l'empêcher d'étriper quelqu'un de passage qui n'aurait pas choisit la meilleure manière de finir la journée...

L' Elfe désescalada à toute vitesse l' arbre sur lequel ils étaient juchés. Une fois au sol, il fit appel à sa mémoire et se dirigea vers les écuries royales, attendant tout de même son nouveau ( et premier) compagnon d'aventures, ralentissant pour lui permettre d' arriver à sa hauteur.

_________________
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Theeftan, elfe, guérisseur


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 Sujet du message: Re: Parc "La bise d'Ynorie"
MessagePosté: Mar 20 Avr 2010 18:12 
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La Grand-Rue

Lorsque le demi-elfe pénétra dans le parc s'était essentiellement pour échapper au sentiment que la cité provoquait en lui même. Il avança un peu parmi la verdure, trouva un espace dégagé et tranquille et il s'assit dans l'herbe pour se calmer et mettre au clair ses impressions.


Il avait vu un nombre important de personnes mais chacune d'elle semblait être intéresser seulement par eux même.
( Une fournière dont chaque membre serait autant individuel ne fonctionnerait pas. Comment les humains y arrive? Individuellement ces personnes ne font que répondre à leur besoin naturel. Nourriture, Protection. Cela est-il suffisant?

La nourriture est sans doute le plus simple à obtenir. Par la chasse ou la cueillette, mais un tel nombre de personne sur une même zone éradiqueraient rapidement toute ressource. La solution Travail se substitue à la collecte de nourriture mais toujours pour obtenir cette dernière par le biais du troc.
La première réponse pour la sécurité est le nombre. Une meute est plus fort contre les agressions extérieurs. Toutefois Un tel nombre d'individu provoquera à coups sûr des conflits interne...

Non cette explication ne convient pas. Je ne peux comparer ainsi les hommes et les animaux. Il me faut plus d'information.
)

Bien évidemment ce n'était pas seulement la foule qui avait le plus troubler Galen mais belle et bien la ville elle même. Ne voir que des constructions non naturel avait ébranler le jeune homme, mais il ne s'aperçue de cela qu'après avoir écarter sa préoccupation sur les hommes.
Ce mode de vie ne lui paressait pas être naturel et il lui faudrait du temps pour s'y habituer.

Tout en mettant tout cela au clair, le jeune homme mangea sa pomme après quoi il déambula un moment dans l'espace vert. Mais ce lieu ne lui convenait pas. ce n'était qu'un substitue de la véritable beauté que les forêts pouvaient abriter. Tout y était trop lisse, trop dompter.

( Il manque les épines pour que ce lieu soit beau! C'est une rose sans épine. )
Pensa-t-il pour lui même en se dirigeant à nouveau vers la grand-rue puis aux thermes


---> Les thermes

_________________
Galen rodeur 4


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 Sujet du message: Re: Parc "La bise d'Ynorie"
MessagePosté: Sam 29 Mai 2010 23:42 
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Localisation: L'île des colliers maudits
((( [:attention:] Quelques phrases contiennent des propos qui peuvent être considérer comme ayant une connotation gore)))

Nous marchions tranquillement sur l’herbe encore blanche de la couche de neige tombée d’un coup. Ce caprice météorologique est un mystère en cette saison, mais c’était l’occasion d’une agréable surprise.

« Alors, que fait l’onguent que tu as reçu ? »

Je sentais le ton professionnel poindre dans cette curiosité. C’est pour ainsi dire son domaine de prédilection et elle avait hâte de découvrir ce que ce sinari pouvait offrir. Je replongeai mon regard dans le bout de parchemin accompagnant le petit pot d’argile.

« Un baume d’invisibilité… Apparemment, il suffirait de s’en enduire pour disparaitre à la vue de tous ! »

Elle écarquilla les yeux un instant, puis se renfrogna.

« Encore un truc magique. Un gadget contre-nature… »

« Je te signale que ton engrais de croissance exponentielle est tout aussi enchantée. »

« C’est différent. Il a des composants magiques, certes, mais il est en communion avec la nature. Il aide les plantes, c’est tout. »

« Tout comme les soins magiques aident les gens à guérir. »

Frustrée par ma réponse, elle tapa du pied, écrasant la neige tendre. Avec ce que je savais de son passé, c’était plutôt facile de comprendre son énervement. Difficile d’avouer apprécier et utiliser certaines magies quand les magies les plus bénéfiques n’ont pas permis de sauver la vie de sa mère. C’était un miracle que j’ai réussi à négocier avec elle de l’aide pour apprendre un sort.

« Bon, on pourrait commencer… »

« Oui je sais ! »

Elle-même choquée par sa réponse sèche, elle se retourna vers moi d’un air désolé, puis esquissa un sourire en remettant derrière son oreille une mèche baladeuse.

« Excuse-moi. Alors, on se trouve un coin pour s’asseoir et on s’y met. »

Son ton joyeux sonnait faux, mais comme elle essayait de faire bonne figure, je faisais mine de ne rien voir. J’acquiesçais et repris la marche. On finit par trouver un petit banc de pierre au bord de l’eau.

« Alors, comment je peux t’aider ? »

« Euh… C’est sort de guérison lié à mon élément, la glace. Mais la médecine est quelque chose de complètement imperméable pour moi. Comment le froid sert pour soigner en temps normal ? »

« Alors, évidemment, le froid est très efficace contre les brulures. Utilisé à temps, il limite les dégâts et il soulage la douleur. C’est aussi un bon moyen de soigner les petits bobos comme les entorses qui dégonfleront plus rapidement. Sinon, il permet de réduire la gravité des symptômes d’une fièvre, ou d’une infection avec l’inflammation d’organes. Mais ça ne guérit pas, ça améliore juste la période de maladie le temps que le système immunitaire fasse son travail. En fait, ça peut avoir son utilité, mais je ne vois pas comment ça pourrait marcher en sort de soin… »

Après avoir écouté sagement ses paroles, je sortis le parchemin de « Froid Réparateur » et le déroulai pour examiner son contenu. Visiblement, ça n’avait rien à voir avec la médecine traditionnelle. Il était question ici de soigner des blessures en combat.

« Regarde, c’est différent. Comment la glace peut fermer des plaies ? »

Elle lu le parchemin et blêmit.

« Elle ne peut pas. C’est illogique. Je ne vois pas comment. Attends… »

Sa réserve battue par sa curiosité, elle me prit le rouleau des mains. Complètement absorbée par sa lecture, elle était silencieuse et immobile. Tombant sur ce qu’elle cherchait, elle fronça les sourcils.

« C’est des… sutures. »

« Des su… pardon ? »

« Des sutures. La glace servirait à recoudre les plaies. Mais c’est un peu plus que ça. C’est comme si ça figeait la blessure le temps qu’elle cicatrise. »

« Des fils de glace pour recoudre la plaie ! Non ? »

« Je pense que c’est plus compliqué que ça, plus fin. Les sutures sont une image. La glace doit mettre en place une sorte de stase, un état figé pour la blessure. Si on tend la peau à coté, la plaie ne s’ouvre pas. Les impuretés ne rentrent pas dedans. Les saignements sont stoppés. »

« Comment ça fonctionne alors ? »

Elle éclata de rire.

« Là, c’est à toi de me le dire ! »

Je commençais à me faire une petite idée.

(Cela devait ressembler au sort qui avait touché ma mère, cette gangue de glace. Cela confirmerait mon intuition éclose lors du passage devant Phaitos, comme quoi elle serait encore en vie… Je sais donc ce que j’ai a faire. Du moins, j’ai la théorie largement expliquée par Milanne, et la pratique comme lointain souvenir.)

Regardant Milanne d’un air espiègle, je lui répondis qu’on verra bien. Puis brusquement, je canalise mes fluides pour faire jaillir un pic de glace dans ma main droite et me lacérer le bras gauche dans la foulée. Surprise, mon amie pousse un cri strident.

« Qu’est-ce que tu fais ?! »

« Je passe à la pratique de l’apprentissage »

« Mais… »

Désespérée par ma désinvolture, elle soupira. J’avais beau faire le malin, ça faisait un mal de chien, même avec l’entrainement que j’ai eu malgré moi avec Caacrinolas. Je regardais un dernier coup les schémas et descriptifs des effets du sort, expliquant comment orienter les fluides vers une branche particulière de la protection : la conservation. C’était plus de la prévention, c’était agir une fois le mal fait. Comme d’habitude, la magie du parchemin fit effet et l’encre s’effaça tandis que je sentis monter en moi de nouvelles possibilités de manipulation de mes fluides. Puis je posai ma main sur ma blessure pour lancer le sort.

« Attends ! Euh… fait attention. Tu sais sûrement ce que tu dois faire, mais il y a quand même des risques. Le froid peut amener des gangrènes s’il est trop important. »

« Merci, ça me rassure ça… »

(Comment faire si le contact du froid protège et détruit à la fois ? Pourtant, mon bouclier des mages me colle à la peau. Je suis recouvert d’une pellicule de glace protectrice sans jamais souffrir de son contact. Je dois puiser dans la façon dont ce sort interagit avec moi pour le sort froid réparateur. C’est beau la magie, ça permet des choses impossibles !)

Fermant les yeux, je me concentrai sur ma plaie. Je visualisai les bords de la coupure et les vaisseaux laissant échapper un sang fluide, puis je me focalisais sur mes fluides. Puisant dans mes réserves, j’apportai mon froid magique. Je l’imaginai contracter les vaisseaux sanguins, tandis que des petits filaments resserraient les rives de la blessure. Je sentais l’écoulement de sang se réduire et la douleur s’estomper. Une croute de glace commençait à se former. D’un coup, je sens une nouvelle douleur, profonde.

« Aie ! »

Heureusement, Milanne réagit vite. Comprenant le problème, elle avait saisi mon pic de glace et utilisa son extrémité affutée pour me trancher la peau du bras. Elle prit autour de la blessure pour pouvoir retirer en urgence la glace créée par mon sort, quitte à agrandir la plaie. La douleur aigue due à mon sort cessa aussitôt, remplacée par celle de l’ouverture élargie.

« A croire que tu m’écoutes pas ! »

Me voir ainsi sermonné avait le don de m’exaspérer, mais l’inquiétude dans sa voie était touchante.

« J’ai essayé. Je ne comprends pas ce qu'il s'est passé. »

« En fait, j’ai l’impression que ton sort s’est étendu hors de la blessure, qu’il dépassait la zone ciblée… »

Je regardai le morceau de glace teinté de pourpre. Un collier de chair l’entouré, bleuit par le froid, et l’on pouvait même apercevoir des petites stalactites de gel, suivant le circuit de quelques veines.

« Je vois ce que tu veux dire. Je dois concentrer le sort pour qu’il ne déborde pas. Bon, je m’y remets. »

Et il était temps car ma nouvelle blessure était plus importante que la précédente. Je repris ma concentration et recommençait mon sortilège, visualisant vraiment ma blessure comme élément isolé, forçant la magie à rester confinée. Les sensations de soulagement revinrent, la blessure se recouvrait d’une croute de glace à la fraicheur confortable. Une partie de la peau s’était refermée, mais le milieu était encore fragile, le derme à nu sous la pellicule de glace.

« Voilà, ça marche ! Merci, j’aurais jamais réussit sans toi ! »

« Oui, on voit bien que tu as besoin d’être aidé. »

« Arrête de te moquer… Quant à toi, on peut voir que la magie ne te gêne plus tant que ça. Tu étais très studieuse. »

Son rire se figea. Elle fit une moue boudeuse, mais capitula.

« Tu me passe ton baume d’invisibilité ? J’aimerais l’examiner un peu. »

Le temps filaint et les lumières du couchant donnaient à la bise d’Ynorie des couleurs chatoyantes. La neige apportait à l’herbe moelleuse une fraicheur bienfaisante et se reposait dessus était bien mérité après ces derniers temps. Je jouais avec les flocons, les faisant danser sur mes doigts, pendant que Milanne, le nez dans mon pot d’argile, trouvait une partie de sa composition par l’odeur des plantes. Une belle fin de journée.

_________________
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* Lillith, humain, Aurion et Cryomancien nv23 *
En mission pour les Amants de la Rose Sombre


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et arborant ses tendancieux 6969 messages dans les archives de Yuimen


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 Sujet du message: Re: Parc "La bise d'Ynorie"
MessagePosté: Lun 28 Juin 2010 01:43 
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>> La boutique magique du vieux Moboutou

Reprenant leur chemin vers le quartier du marché, Eucalyptus trépignait d'impatience à l'idée d'enfin arriver. Il ne perdait pas une miette des architectures kendranes et les trouvait magnifiques quoi que manquant de plantes et d'arbres. Et là, soudain, il vit la Bise d'Ynorie...

"WAaaaouuuuhhh"
"C'est beau, hein !"
"Encore mieux que la clairière à la cascade de Bouhen ! Il faut que j'y aille... Maintenant !"
"Mais... Bon... Tu sauras trouver le marché où tu veux que je vienne te chercher plus tard..."
"Plus tard !"

Eucalyptus avait déjà bondi hors de la charette et n'avait pas entendu les dernières paroles de son ami, qui lui conseillait de rester prudent. Le jeune lutin, sa sacoche d'aventures sur le dos, posait ses premiers pas sur le sol verdoyant de la Bise d'Ynorie et on put facilement deviner à quel point il était heureux ici, rien qu'en voyant son sourire immense et ses yeux brillants. Il se promena une bonne demi-heure, en prenant soin de respirer chaque fleur et chaque écorce exotique qu'il ne connaissait pas puis se rendit près du ruisseau pour en écouter les douces sonorités. Bien qu'il ne connaissait de Kendra-Kâr que sa grande rue, ses remparts et sa boutique de magie, il éleva le parc kendran au rang de lieu préféré de la ville, lieu qu'il visiterait toujours en premier quand il reviendrait... Après avoir trouvé un petit rocher qui permettait de voir le ruisseau, ce joli cerisier en contrebas et quelques enfants qui jouaient un peu plus loin, il s'assit et sortit de son fourreau dorsal un des parchemins qu'il venait d'acheter ainsi que son fifre. Avec délicatesse et professionnalisme lutin, il décacheta le parchemin et le déroula pour pouvoir ensuite le lire.

(Cà, trop facile... Mouais... Hinhinhin, les doigts dans le nez ! Pourquoi acheter un torchon pareil que tout bon mage sait faire sans les mains... Ah... Humm hummm... C'est là que ça se corse... Ah bon ? mais je ne savais pas du tout... Hihihihihi... Ce sortilège est à mourir de rire... )

Eucalyptus était plongé dans la lecture de son parchemin fraîchement acheté, donnant de temps en temps un petit coup d'oeil autour de lui, amusé par le croassement d'une grenouille ou par les rires des enfants. Il relut le parchemin une seconde fois puis s'enquit de son fifre pour le faire tourner autour de ses doigts alors qu'il le relisait une troisième fois. Il voulait être sur d'avoir bien tout compris et bien tout mémorisé avant de passer à la pratique. Cependant, plus il relisait, et plus certains passages devenaient de plus en plus énigmatiques...

( Et dire que c'était censé être un sort facile... Rappelle toi les préceptes de Lumbo, petite noisette... )

Eucalyptus fit alors une pirouette sur sa pierre et se mit en tailleur avant de ranger son fifre et le parchemin dans son fourreau. Il prit alors une grande respiration et ferma les yeux, tentant alors de se concentrer et de ressentir les fluides aériens ambiants. Ses cheveux dansant dans la brise chatouillaient son nez et l'effort de concentration devenait de plus en plus difficile. Alors qu'il se mettait à se rappeler qu'il n'avait plus une seule crêpe fourrée dans son paquetage, sa méditation était loin, bien loin, aussi loin même que pouvait être Bouhen... Quand on était un lutin, et jeune de surcroît, ce genre d'activités était plus que compromis. Alors qu'il s'apercevait qu'il n'arrivait pas à être concentré plus d'une minute sans penser à des pitreries ou à des sucreries, il ouvrit les yeux et souffla de désespoir...

"Je n'y arriverai jamais..."
"Tu n'arrives pas à méditer ?"
"Fara !"

Le petit lutin sauta de sa pierre et après un quelques bonds, vint enlacer le cou d'une elfe taurion distinguée. Elle avait une jolie tunique dans les doux bleus scintillants et ses cheveux noirs et bouclés étaient relevés dans un chignon encerclés de plusieurs fleurs. Elle semblait douce et l'était encore plus lorsque l'on avait la chance de la connaître...

"Tu m'as troooooop manqué ! C'est toi qui vient me chercher du coup ? Ton gros fainéant de fils fait la sieste ?"
"Non et oui pour ta dernière question. Je voulais profiter du calme et de la sérénité de la Bise avant le spectacle de ce soir... J'ai apporté de quoi manger aussi et si tu me le permets, je voudrais bien méditer avec toi..."

Couché sur la tunique aussi douce qu'un nuage de printemps et profitant des caresses bienfaisantes de Fara, Eucalyptus était aux anges. Fara était comme une mère pour lui, à ceci près qu'elle mesurait presque six fois sa taille, et avait le don inné de calmer les passions du lutin. L'odeur des crêpes de sa vraie mère, Bobine, avait le même effet et maintes fois le lutin avait pensé que Fara en avait dû être une dans une vie antérieure, il en était même persuadé. Sagement, ils se racontèrent des secrets d'oreilles pointues et alors qu'il lui confiait qu'il n'arrivait pas à comprendre son parchemin, qu'il avait surement été écrit par un mage un peu saoul, preuve à l'appui, le dit parchemin s'éroda tranquillement dans le vent, parsemant son savoir mystique au gré du vent. Eucalyptus n'en croyait pas ses yeux et fut d'abord terriblement en colère contre le vieux Moboutou...

"C'est de la camelote ce machin !" dit-il avec une voix d'outretombe, comme si une liche venait de parler...
"En es-tu si sur ?"

Sans s'en rendre compte et alors qu'il crachait littéralement son venin contre le parchemin, Eucalyptus venait de percer les mystères du changement de voix. Il accorda ce prodige à la présence de son amie et la remercia vivement, lui promettant de vénérer son nom à travers les contrées. Avec un subtil et raffiné sourire, l'elfe ainsi honorée sortit de son panier de provisions un paquet cadeau en forme de tube, ficelé avec de la soie bleue.

"Nous n'avons pu être là pour ton anniversaire alors j'espère que tu accepteras ce cadeau, de la part de mon époux et de moi."

Eucalyptus passa de la joie immense d'avoir appris ce sort à une joie quasi divine, son sourire était si élargi que l'on voyait toutes ses petites dents et ses yeux étaient si brillants d'émotion que le lutin était à deux doigts de pleurer de joie. Il sautilla sur place, excité à l'idée de découvrir une surprise et à mesure qu'il déficelait son cadeau, il se rendit compte que même le ruban de soie était en soi un cadeau.

(Aussi douce, aussi bleue, de manufacture elfique, c'est forcément Fara qui a tissé cette soie délicate...)

Eucalyptus passa d'abord le ruban autour de son cou, l'improvisant ainsi en écharpe distinguée puis ouvrit enfin son paquet avant d'en admirer son contenu. Il 'agissait d'un parchemin* d'aéromancie qui provenait de chez Moboutou ainsi que d'un petit flacon* au liquide des plus étranges. A la vue de ces deux merveilles, Eucalyptus fit un énorme bisou à Fara et en promit un de plus à son époux lorsqu'il le verrait. Tandis que Fara préparait leur pique-nique aux bords du ruisseau, Eucalyptus rangea précautionneusement son nouveau parchemin dans son fourreau puis posa des questions sur le contenu du flacon avant de l'ingérer aussitôt les explications fournies. Le menu qui suivit était fort au goût du lutin, il y avait du lembas, du raisin, des noix et son second dessert préféré, un délicieux gâteau aux noisettes. Le tout étant accompagné d'une aussi douce et complice partenaire, le repas n'en fut que meilleur...



* : objets obtenus par cette correction.

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Dernière édition par Eucalyptus le Mar 29 Juin 2010 19:04, édité 1 fois.

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