L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 296 messages ]  Aller à la page Précédente  1 ... 16, 17, 18, 19, 20
Auteur Message
 Sujet du message: Re: Rues et ruelles
MessagePosté: Ven 9 Déc 2016 16:28 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Ven 18 Nov 2011 16:07
Messages: 240
Toutes les rues de la ville étaient en effervescence! Les volontaires au recrutement allaient tous dans la même direction, sous le regard des habitants, poussant des "Oh" et des "Ah" au passage de certains, comme s'ils les connaissaient. Ce devait sans doute être des aventuriers qui avaient déjà dû participer au premier voyage, et à voir l'harnachement de certains, il était sûr que c'était des gros bonnets! Si seulement l'un d'eux pouvait m'aider dans ma quête...

Soudain au détour d'une rue, j’aperçus le gros bonhomme dégoutant qui était à ma recherche, nos yeux se croisèrent et je pus lire la satisfaction s'afficher sur son visage. Il me tenait... A moins que... Sans vraiment prendre le temps de réfléchir, je me faufilais sveltement entre les admirateurs et me glissais près d'une sorte de guerrier tout peinturluré dans la file qui se dirigeait je ne savais où pour quitter ce monde. J’espérais ainsi pouvoir perdre le gros lard dans la foule. Encore quelques dizaines de mètres et ce devrait être bon... Au bout de cinq minute de marche aux coté du combattant aussi silencieux que coloré, je commençai donc à me rapprocher du bord du rassemblement, avant de me raviser : Il était toujours là, me suivant de près... Il devait sans aucun doute savoir où tout le monde allait et savait trouver des raccourcis... J'étais donc condamnée à continuer d'avancer dans le cortège jusqu'au bâtiment dont j'allais apprendre d'ici peu que c'était le quartier général de la milice de la ville...

_________________


Haut
 

 Sujet du message: Re: Rues et ruelles
MessagePosté: Ven 20 Jan 2017 12:06 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mer 25 Nov 2015 22:27
Messages: 554
Localisation: Oranan
Après avoir quitté le vieil homme, l'enquêtrice s'enfonça de plus en plus dans le quartier pauvre de la ville d'or. D'après les regards interrogateurs et méfiants des passants, les patrouilles de la Milice devaient se faire rares dans ces ruelles sordides. La ville bienveillante se montrait de plus en plus sombre, éveillant en la jeune femme un amer sentiment de déjà-vu. Alors qu'elle avait fui les ténèbres d'Omyre, la voici de retour dans les tréfonds de la plèbe. Hild avait appris malgré elle à se protéger de cette noirceur qui l'envahissait peu à peu alors les simples murmures du pauvre peuple d'Oranan glissaient sur elle sans même l'effleurer.
Les yeux avaient beau se lever et les lèvres s'entrouvrirent à son passage, la milicienne n'avait que sa destination et la résolution de cette affaire en tête.

Les pensées et les hypothèses d'Hild ne cessaient de fuser dans son esprit avant qu'elle n'arrive à la scène de crime : une simple ruelle obscure où ni un mendiant ni un chat errant n'y avait voulu y trouver refuge. Quelques portes en bois vétustes donnaient sur l'allée ténébreuses mais la poussière de la ville et la naissance des toiles d'araignée témoignaient d'une utilisation peu fréquente de celles-ci.
La milicienne s'avança avec prudence dans la ruelle où des tonnelets avaient été renversés. La jeune femme s'était probablement débattu avant qu'on ne l'assassine. Des traces de pas étaient profondément enfoncées dans la fange de l'allée, dont Hild s'empressa d'inspecter la taille, la forme et la fraicheur.
Une fois l'analyse effectuée, elle s'approcha des tonnelets, cherchant à en decourvri le contenu ou une trace quelconque qui l'aiderait dans son enquête.
Cependant, quelque chose attira l'attention de l'enquêtrice, l'arrêtant un instant dans son analyse des tonnelets. S'approchant peu à peu du centre de la ruelle, Hild remarqua une trace noirâtre trônant sur le mur opposé aux portes. Les souvenirs d'Omyre refaisaient surface malgré elle mais la simple pensée du corps sans vie de Tsuna à la morgue de la Milice donnait le courage à l'ancienne esclave d'affronter ses fantômes et de s'approcher de la marque.
Une fois face à elle, l'enquêtrice tenta de décrypter un quelconque message ou image. Puis, elle passa délicatement la naissance de ses doigts sur le mur afin de découvrir la matière de l'anomalie ténébreuse. Ses yeux atterrirent ensuite sur le sol, où un indice, même des moindres, aurait pu trouver y refuge en attendant d'être découvert pour venger la mort de la pauvre Oranienne.

_________________
Image

Merci à Itsvara pour la signature

Multi de Irina, Shaakte, Fanatique et Herenndil, Hinïonne, Guerrière


Haut
 

 Sujet du message: Re: Rues et ruelles
MessagePosté: Jeu 26 Jan 2017 11:50 
Hors ligne
Admin
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Lun 17 Nov 2008 23:14
Messages: 5862
Dirigé pour Hild


La jeune femme enquêtait dans l’allée. Les indices commençaient à s’assembler sous ses yeux. Si la fouille des tonneaux ne lui apprit rien d’intéressant, ses yeux tombèrent sur quelque chose qui pouvait tout à fait attirer son attention : un pic à glace ensanglanté et maculé de boue. Il semblait y avoir, mélangé à la boue, une sorte de mélasse noirâtre, mais il était difficile d’en juger dans l’obscurité de la ruelle.

Sur le mur, il semblait y avoir une marque de sang, faite par une main assez grande et quelques gouttes de sang qui étaient tombées sur le sol, comme si quelqu’un s’était appuyé là quelques instants en se vidant de son sang.

L’enquête de la jeune femme ne put pas aller plus loin car soudain, deux ombres apparurent de chaque côté de la ruelle, lui bloquant le passage. Il s’agissait d’hommes ou de femmes, difficile d’en juger au vu de leurs vêtements noirs et amples et de leur visage masqué sous des bouts de tissus. Ils se mirent à s’avancer vers elle, la démarche déterminée. Il était impossible pour Hild de passer au travers du rempart qu’était leur corps, placé entre la ruelle sombre et la liberté.

Soudain, une autre ombre apparut, venant du dessus. Elle se laissa tomber sur Hild qui fut assommée. Elle sentit son corps choir sur le sol avant que les ténèbres ne la happent.

***


Petit à petit des sons se faisaient entendre, perçant au travers de l’obscurité qu’était son esprit. Elle pouvait sentir une corde enserrer ses poignets, mais elle avait les jambes libres et se trouvait adossée contre un mur. Une douleur était présente à l’arrière de son crâne, là où elle avait été frappée. Si elle ouvrait les yeux, elle verrait qu’elle était assise sur de la paille dans ce qui ressemblait fortement à un sous-sol éclairé de quelques torches. Il y avait plusieurs tonneaux autour d’elle et quelques denrées comme s’il s’était agi d’un cellier, pourtant la porte devant elle était grillagée, comme celle d’une prison. Dans le couloir de pierre, derrière le grillage, elle pouvait distinguer deux personnes.

Il s’agissait des personnes qui l’avaient tirée de son inconscience : des gens qui se disputaient.

Il s’agissait de deux hommes vêtus de noirs et de vêtements masquant presque chaque parcelle de leur corps. Ils portaient également des foulards qui se remontaient aisément pour cacher leurs visages. Il semblaient avoir vingt-cinq ans tout au plus.

Image


Le premier, pourvu d’une coiffe serrée sur sa tête, dit au second d’un air véhément :

- Elle est de la milice, imbécile ! Tu veux nous faire tuer ?

Le second, dont la tête était ornée d’un grand chapeau, répliqua :

- Comment tu voulais que je le devine, moi ? Ils ne viennent jamais ici, je pensais que c’était l’un d’eux ! Il faisait noir dans cette fichue ruelle, on a rien vu !

- Et toi t’assommes comme ça des gens sans…

La voix fut coupée par des bruits de pas et ils levèrent les yeux vers la source du bruit, qui descendait des marches au fond du couloir.

Une jeune fille en descendait. Elle était vêtue de vêtements blancs et beiges, presque diaphanes et semblait particulièrement déplacée dans ce milieu, tant elle semblait pure et innocente. Sa longue chevelure noire cascadait dans son dos. Elle semblait avoir une quinzaine d’années.

Image


Juste après elle vinrent d’autres bruit de pas qui, eux, dévoilèrent une autre femme, antithèse de la jeune fille. Vêtue de noir, quoi que pourvue de vêtements tout aussi diaphanes, elle portait arborait un air impérieux et assuré et se mouvait avec une grâce langoureuse et chacun de ses gestes semblait minutieusement calculé. Sur son épaule et se bras se trouvait un grand tatouage et un autre était présent sur son front tandis que sa bouche était maquillée par un trait rouge vertical. Ses mains, lorsqu’elle aperçut Hild, se resserrèrent sur l’éventail.

Image


- Elle est réveillée, fut tout ce qu’elle dit, d’une voix froide et grave.

Cela suffit pour que la jeune fille qui l'accompagnait lance un regard curieux à Hild et pour que les deux jeunes hommes se retournent vers elle, alertés.

_________________
Image


Une question ? Par ici.
Pour une demande de corrections, de dirigé,
par là.
Pour une demande d'intervention ou de sévices,
de ce côté.


Haut
 

 Sujet du message: Re: Rues et ruelles
MessagePosté: Lun 30 Jan 2017 00:42 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mer 25 Nov 2015 22:27
Messages: 554
Localisation: Oranan
Les tonneaux n'apprirent rien à la rousse, mais ce qui semblait être l'arme du crime trônait encore sur le sol. Un pic à glace maculé de sang, qu'Hild imagina à l'instant où elle le prit dans sa main planté dans le dos blanc de la pauvre Tsuna. Au second coup d'œil, la milicienne aperçut, camouflé dans la boue qui recouvrait l'objet macabre, une substance noirâtre, dont il était difficile d'en connaître la nature de part l'obscurité de la ruelle. La tâche noirâtre sur le mur attirant son attention, Hild s'accroupit et glissa l'arme du crime dans son sac, jugeant qu'une inspection plus méticuleuse pouvait être remise à plus tard. Se relevant, l'enquêtrice n'eut pas de mal à identifier ce avec quoi la trace avait été faite. Le sang avait laissé l'empreinte d'une main, anormalement grande pour que ce soit celle de la victime. Cependant, la milicienne comprit rapidement que la main ensanglantée n'appartenait pas à son ravisseur mais à une seconde victime, comme en témoignaient les gouttelettes de sang sur le sol que l'homme blessé avait dû perdre. Tsunami n'était donc pas seule au moment de sa mort et l'homme qui l'accompagnait s'en était probablement sorti. Qui cela pouvait il être ? Et surtout, comment le savoir ?

Hild eût à peine le temps de former ses interrogations que deux ombres se formèrent de chaque extrémité de la rue. Deux silhouettes humanoïdes, vêtues de sombres vêtements amples et le visage caché d'un foulard s'avançaient vers elle avec détermination.
Face à cette situation de danger immédiat, Hild ne laissa pas sa peur la dominer et contrairement à n'importe quel apprenti bien éduqué et formaté, la milicienne porta sa main immédiatement vers son arc, arme qui lui semblait être sa seule parade aux deux ombres menaçantes. Mais à peine sa main effleura le bois de son arc, une ombre ample apparut sous ses pieds, avant de sentir le poids de la Terre s'abattre sur son corps et que les ténèbres à nouveau l'envahissent.

*

Des bruits sourds... Deux voix... Deux hommes... De la lumière...

( C'est... flou. Ou est ce que ... ? Aouch !!)

Les yeux de Hild qui peinaient déjà à s'ouvrit se plissèrent lorsque de violents maux de têtes se déclarèrent. Quelques instants furent nécessaires à la jeune femme pour se rappeler son état actuel. Les poings liés, allongée sur une paillasse, l'ancienne esclave émergeait non sans mal de sa léthargie. Après s'être acclimatée à la lumière de la pièce, émanante des quelques torches, la milicienne arriva à distinguer son environnement, un sous sol qui semblait être un garde manger de par la présence de nombreux tonneaux et vivres mais des barreaux à la porte firent prendre à la pièce une toute autre utilisation. Derrière ce grillage se tenaient d'ailleurs l'origine de son réveil. Deux hommes, à peine plus âgés qu'Hild, se disputaient à propos de l'arrestation de la jeune femme. C'étaient donc bien ses ravisseurs et d'après leur conversation, la milicienne n'était pas la cible escomptée. Qui comptaient ils donc arrêtés ? Ces hommes pourraient très bien être les assassins de Tsuna, ou bien l'un était il le propriétaire de l'empreinte sanglante de la ruelle ? Hild tenta du fond du cellier d'apercevoir une trace de sang ou de blessures sur l'un des hommes malgré leurs vêtements sombres.
À peine avait elle eu le temps de prêter attention à ce détail que les hommes s'arrêtent net dans leur dispute lorsque quelqu'un descendit des marchés au fond du couloir. Et de la pénombre de la pièce arriva une jeune fille vêtue de soie fine et immaculée, dont la candeur et l'innocence qu'elle personnifiait tranchait avec le décor sombre qui les entouraient. Ces longs cheveux noirs tombaient avec grâce le long de son dos et donnait à son visage déjà pur un aspect encore angelique. Suivait une autre femme, contraste parfait avec la précédente. Toute noir vêtue, malgré la transparence du tissu, elle se mouvait avec une air royal, cherchant avec chacun de ses mouvements calculés à dominer son entourage. Un tatouage très détaillé arborait le bras de cette Oranienne, tandis qu'un autre trônait sur son front. De tous, elle fut la première à remarquer le réveil d'Hild, attirant tous les regards, curieux et alertes, sur elle.
Cette sensation d'être observée et l'ignorance de ce qu'on allait faire d'elle, Hild ne connaissait que trop bien ces sentiments qui la rongeaient chaque jour dans la cité d'Omyre. Mais la Milice d'Oranan devait la délivrer de ces maux et la voilà à nouveau dans cette situation de peur, dans l'incapacité de pouvoir agir sur son destin.

( Phaitos, pourquoi ne m'as tu toujours pas délivrée de cette sensation horrible ?)

Hild savait que cette prière qu'elle avait effectuée durant toutes ces années d'esclavage n'avait jamais portée ces fruits alors pourquoi en aurait elle maintenant ? Elle se secoua légèrement la tête comme pour retrouver ces esprits.

( Absurde. Reprends toi. Tu dois faire quelque chose.)

La jeune femme chercha un instant ses effets du regard mais en vain, il fallait s'en douter.
Rien autour d'elle ne pouvait la défendre, elle ne savait même pas où elle se trouvait. Il était encore bien trop tôt pour que la Milice ne remarque son absence et peu probable que quelqu'un puisse la tirer de ce mauvais pas. Seule à nouveau face au reste du monde.
Les hommes en noir avait clairement l'avantage sur elle et quoiqu'elle tente, la milicienne serait vite mise au tapis. Et le silence ne lui apporterait, elle avait besoin de réponse, quitte à essuyer un refus d'obtempérer voire un coup, ou même pire. Mais si Hild était encore en vie, c'est que ces Oraniens étaient aussi curieux qu'elle d'avoir des réponses.
L'enquêtrice tenta tant bien que mal de se lever, prenant appui sur un des tonneaux et s'approcha de la grille afin de faire face à ces quatre interlocuteurs, prenant garde à ne pas se tenir trop prêt des barreaux. Ce premiers mots furent adressés aux deux gardes

" Je ne pense pas avoir été celle que vous vouliez avoir. Je me trompe ?"

Ses yeux noirs suspicieux se tournèrent vers la jeune fille, adoptant un regard aussi doux qu'une ancienne esclave brisée puisse avoir.

" Puis je savoir pourquoi je me trouve ici, ligotée ? Qui êtes vous ? Pourquoi avez vous besoin de moi ? Il aurait pourtant été plus simple de me liquider dans cette ruelle, comme l'a été ma prédécesseure, qui ne vous ait pas inconnue je pense. "

_________________
Image

Merci à Itsvara pour la signature

Multi de Irina, Shaakte, Fanatique et Herenndil, Hinïonne, Guerrière


Haut
 

 Sujet du message: Re: Rues et ruelles
MessagePosté: Jeu 2 Fév 2017 17:35 
Hors ligne
Admin
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Lun 17 Nov 2008 23:14
Messages: 5862
Dirigé pour Hild


Ce ne furent ni les deux gardes, ni la jeune fille qui réagirent aux propos de Hild, mais la femme vêtue de noire. L’éventail toujours en main, elle vint se tenir devant la milicienne, le visage impassible. Derrière elle, les deux gardes se regardaient avec gêne, se dandinant d’une jambe à l’autre tandis que la jeune fille la suivait d’une démarche gracile.

- Tu es ligotée parce que trois imbéciles ont assommé une milicienne et l’ont amenée sous terre. Hors, nous ne tuons pas les miliciens. Nous n’avons aucune estime pour eux, mais nous ne sommes pas des meurtriers.

Elle se tapota les lèvres à l’aide se on éventail.

- Quoi que je n’aie pas la moindre idée de ce que je vais faire de toi…

La jeune fille s’avança à son tour, proche des barreaux sans être assez proche pour que Hild puisse tenter un geste contre elle. Pure et innocente, elle semblait curieuse de voir ce personnage bien différent des autres ynoriens.

- Nous sommes membres de la Plume Ecarlate, dit-elle d’une voix douce, éthérée, presque. Nous enquêtons sur la disparition d’enfants dans le quartier pauvre d’Oranan.

La femme en noir lui lança un regard sombre, mais ne répondit pas. La jeune fille baissa la tête vers le sol, une grande tristesse marquée sur son visage.

- Tsuna… nous ne sommes pas ceux qui l’ont tué. Nous cherchons ses meurtriers. Hiro vous a prise pour l’un d’eux, c’est pour ça qu’il vous a assommé…

La femme en noir ferma brutalement son éventail.

- Il suffit, Sakuya.

La jeune fille hocha la tête et se recula d’un pas, la tête toujours penchée vers le sol, contrite.

_________________
Image


Une question ? Par ici.
Pour une demande de corrections, de dirigé,
par là.
Pour une demande d'intervention ou de sévices,
de ce côté.


Haut
 

 Sujet du message: Re: Rues et ruelles
MessagePosté: Dim 5 Fév 2017 03:14 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mer 25 Nov 2015 22:27
Messages: 554
Localisation: Oranan
De ces quatre interlocuteurs, ce fut la jeune femme en noire qui répondit aux questions de la milicienne, tandis que les deux gardes se regardaient, pénaux. La voix aussi glaciale que ses yeux, l'Ynorienne répondit d'un ton sec qu'elle et sa troupe n'était pas des assassins mais que le statut de milicienne de Hild l'important peu.

( Soit. Ce n'est pas comme cela que je m'identifie. )

Alors que la froide jeune femme se tapotait délicatement la lèvre, cherchant avec mépris le sort qui sera réservé à l'enquêtrice, la jeune fille s'approcha discrètement et farouchement de la grille, à la fois animée de curiosité et de prudence comme face à un animal inconnu.
Avec toute l'innocence du monde, la demoiselle présenta sa troupe comme les membres d'une certaine organisation, la Plume écarlate, qui serait chargée d'enquêter sur la disparition d'enfants dans les ruelles pauvre de la ville d'Or.
La mort de Tsuna n'était donc pas un fait isolé, quelque chose de bien plus monstrueux se cachait derrière tout ça. Mais la jeune fille parla d'enlèvement : que s'était il donc passer pour que cette fois ci, l'enlèvement vire au meurtre ? Quelles sont les motivations des ravisseurs ? Encore une fois, une réponse soulevait bien plus de questions qu'elle n'en résolvait.
Aux mots de la jeune Ynorienne, celle ci baissa la tête, les yeux emplis de tristesse. Cette enquête semblait bien plus l'affecter que ces semblables. Elle n'était qu'une enfant après tout, ces émotions ne pouvaient être dominées, de plus que cette affaire visait des personnes de son âge. La femme en noire tenta malgré tout de la contraindre au silence par un sourd regard noir mais la jeune fille était bien trop troublée pour clore ses lèvres.
Elle évoqua alors le nom de Tsuna, en stipulant qu'ils étaient à la recherche de ses meurtriers. L'innocence et la pureté émanant de l'Ynorienne rendait Hild confuse : ces vertus l'avaient quittée il y a bien longtemps, c'est pourquoi l'archère ne comprenait pas que l'on puisse se confier autant et ainsi s'exposer à quelqu'un d'inconnu. Était ce le plastron de la Milice qui était l'origine de cette confiance trop tôt accordée ? Peut être le séjour à Omyre de l'ancienne esclave avait il brisé son humanité.
Alors qu'Hild était déconcertée par les aveux de la jeune innocente, c'était loin d'être le cas pour son accompagnatrice. La femme en noire ferma d'un coup sec son éventail, élevant le ton pour contenir les confidences de sa jeune consœur. La jeune fille, nommée Sakuya, se recula, contrainte au silence, toujours aussi bouleversée.

Hild comprit alors que pour obtenir de nouveaux aveux, il fallait faire fondre le mur glaciale que représentait l'Ynorienne en noire. La Milicienne savait qu'il fallait user de tact, qualité qu'il lui était dépourvue, sans qu'elle ne dévoile ses faiblesses. Tâche ardue mais pas insurmontable.
L'ancienne esclave s'adressa directement à la gardienne noire, essayant de cacher sa nature de rebelle que pouvait trahir son regard.

- Que je sois milicienne ou non n'est pas important. Ce qui compte, c'est que nous ayons le même objectif : venger Tsuna. Qu'importe vos motivations, ou même les miennes, nous voulons la même chose. Je vous propose donc de nous allier pour réussir nos missions propres. Je ne souhaite ni vous saboter ni devenir votre amie mais seulement à exterminer l'origine de l'atrocité dont a été victime Tsuna. Qu'en dites vous ?

Le regard fixé sur la femme en noire se décala un instant sur l'enfant innocent, cherchant peut être une aide pour appuyer sa demande.

_________________
Image

Merci à Itsvara pour la signature

Multi de Irina, Shaakte, Fanatique et Herenndil, Hinïonne, Guerrière


Haut
 

 Sujet du message: Re: Rues et ruelles
MessagePosté: Jeu 23 Fév 2017 12:52 
Hors ligne
Admin
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Lun 17 Nov 2008 23:14
Messages: 5862
Dirigé pour Hild


    Le visage de la femme en noir était fermé, réfléchissant manifestement à la proposition de Hild. La jeune fille, Sakuya, la regardait, expectative, tandis que les deux hommes derrières s’agitaient d’une jambe à l’autre, incertains.

    La femme en noir finit par rouvrir brutalement son éventail en disant, sans quitter Hild du regard :

    - Hiro, fais-là sortir et excuses-toi. Après tout, nous n’allons pas la laisser croupir ici indéfiniment.

    Hiro, celui au grand chapeau, s’avança vers la porte d’une démarche incertaine, regardant craintivement la femme en noir qui se décala pour le laisser passer. Il sortit une clé, ouvrit la porte et entra dans la pièce pour détacher à l’aide d’un poignard les liens qui enserraient les poignets de Hild.

    - Je suis désolé, mademoiselle, je ne savais pas que vous étiez milicienne. C’est-à-dire que… C’est-à-dire qu’on est un peu à cran en ce moment avec le meurtre de… de Tsuna.

    Il ravala sa salive, comme si prononcer ce nom lui était difficile. Lorsqu’il reprit la parole, ce fut d’une voix plus ferme.

    - On cherche à choper un de ces types pour le faire parler, pour qu’il nous dise où est-ce qu’ils emmènent les gamins.

    Il l’aida, si elle le souhaitait, à se relever avant que la femme en noir ne leur fasse signe à tous de la suivre. Sakuya lui emboîta le pas et les deux hommes firent signe à Hild de la suivre, se mettant ainsi en dernier. La jeune femme n’avait donc d’autre choix que de suivre.

    La femme en noir les mena jusqu’à l’escalier et ils débouchèrent sur une chambre aux draps défaits, décorée dans un style tout ynorien. Elle était vide, mais Hild pu apercevoir la lumière au-dehors. Manifestement, l’aube était passée, mais pas depuis longtemps.

    Sans accorder le moindre regard à la pièce, la femme en noir poursuivit son chemin, sortant de la pièce pour atteindre un couloir très décoré dans les tons rouges, or et bois. S’ils ne croisèrent tout d’abord personne, ils virent néanmoins une femme peu vêtue passer la tête par un battant en feuille de riz, sursauter, incliner le buste à l’adresse de la femme en noir avant de refermer le battant. Plusieurs chambres s’étalaient ainsi les unes à la suite des autres, toutes fermées par des battants. Elles étaient calmes, même si parfois de l’une d’elles émanait le ronflement d’un homme ou des voix étouffées. Le groupe finit par arriver face à un nouveau battant que la femme en noir ouvrit, les laissant pénétrer dans un bureau dans le même style que le reste de l’établissement. Il était grand, cependant, et ses murs ne laissaient passer aucun son. Il n’y avait pas de chaises, mais une table basse de l’autre côté de la quelle la femme en noir s’agenouilla, leur indiquant de prendre place à leur tour en face d’elle. Seule Sakuya s’assit à sa droite, son regard doux posé sur Hild.

    - Je me nomme Akane, je suis la patronne de la Maison du Printemps. Je suis également à la tête de la Plume Ecarlate et nous vous présentons humblement nos plus plates excuses pour cette méprise commise par mes hommes et espérons que vous ne nous en tiendrez pas rigueur. Il semblerait que nous poursuivions un but commun : celui de découvrir les raisons de la mort de Tsuna. Acceptez-vous nos excuses et cette collaboration que vous avez proposée ?

_________________
Image


Une question ? Par ici.
Pour une demande de corrections, de dirigé,
par là.
Pour une demande d'intervention ou de sévices,
de ce côté.


Haut
 

 Sujet du message: Re: Rues et ruelles
MessagePosté: Dim 26 Mar 2017 20:10 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mer 25 Nov 2015 22:27
Messages: 554
Localisation: Oranan
Un silence s'installa un instant dans la pièce sombre tandis que la grande Ynorienne réfléchissait à la proposition de la milicienne. Puis, comme pour manifester son ouverture d'esprit, la gardienne noire déploya son éventail d'un coup sec et maîtrisé de son poignet. Elle ordonna alors à l'un des deux gardes pénaux, manifestement nommé Hiro, de la libérer de ses liens.
Celui muni du grand chapeau s'approcha alors de la grille, sous l'œil inquisiteur de la belle Ynorienne. Il ouvrit alors la porte grillagée, puis se dirigea vers Hild, poignard en main. Conditionnée par ses anciens mauvais traitements, l'ancienne esclave recula d'un pas mais l'homme prit rapidement en main les liens de la milicienne, les coupant d'un simple mouvement de lame. Contraint aux excuses, l'Ynorien demanda pardon à la jeune femme, expliquant que son esprit était lui même perturbé par le meurtre de Tsuna. La simple évocation de son nom semblait être ardue pour le garde mais il reprit rapidement en justifiant la nature de leur mission actuelle.
Une fois la milicienne libre, l'Ynorienne vêtue de noir fit demi tour, incitant la petite troupe de la suivre. La jeune Sakuya la suivait de près, tandis que les deux gardes invitèrent la jeune femme aux cheveux de feu de suivre les deux femmes. Alors que les hommes fermèrent la marche juste derrière elle, Hild se sentait comme prise au piège. Aucune issue ne s'offrait à elle et sa position la mettait à l'aise. Trop souvent elle fut dans cette configuration de marche, chacun les uns derrière les autres, attendant leur sort en espérant qu'une mort rapide et sans souffrance se trouvait à la fin de la file, comme un soulagement. Délivrance dont elle n'a jamais eu droit. Bien que cette situation soit bien moins morbide que celles dans le Temple de Thimoros d'Omyre, Hild ne se sentait pas en sécurité pour autant. Mais il n'y avait pas d'autres choix que de suivre la chef de file.
À chaque pas, Hild était aux aguets de chaque parcelle de son environnement, terrain qui lui était pour l'instant complètement inconnu.
De l'escalier, la troupe déboucha sur une riche chambre au style typique ynorien. Les draps et rideaux étaient ouverts, ce qui laissa passer les quelques rayons du soleil matinal.

(L'aube est déjà passé. Depuis combien de jours suis-je enfermée ?)

La femme vêtue de noire traversa la chambre avec indifférence et s'engagea dans un couloir tout aussi richement décoré que la chambre, où le bois sculpté mêlait le rouge sang et l'or puissant. Le long et large couloir donnait sur de nombreuses pièces aux portes coulissantes. Le silence régnait dans ce corridor, bien que quelques ronflements ou bruits étouffés s'échappaient des interstices des portes. Alors qu'Hild se demandait quelle pouvait être la nature de ce lieu, la vision d'une jeune femme peu vêtue, montrant un signe de respect envers l'Ynorienne vêtue de noir, confirma ses soupçons. Ce type d'établissement était malheureusement familier à la jeune femme, où le silence n'y était pas d'or comme les murs de celui-ci. Les bâtiments qu'elle avait fréquentés réveillaient plutôt en elle les multiples déchirures de son corps et de son âme, dues à la violence de ses "clients" et les hurlements d'effroi et de douleur de ses "collègues".

Tentant d'effacer ses lourds souvenirs de son esprit, la milicienne suivait les deux femmes, jusqu'à une pièce au fond du couloir. La chef de file ouvrir le battant, donnant sur une pièce tout aussi richement décoré que le reste des l'établissement, où trônait une table basse au centre. La grande Ynorienne s'agenouilla de l'autre côté du meuble, invitant Hild à s'installer en face d'elle. Au lieu de prendre place de suite, la milicienne suivit du regard la docile Sakuya se poser près de la maîtresse des lieux, tandis que son regard innocent se quittait pas la nouvelle venue.
Telle un chien tâtant son panier avant de s'y installer, Hild inspecta farouchement l'assise et prit doucement place autour de la table.
L'Ynorienne se présenta alors sous le nom de Akane, patronne de la maison de passe et chef à la tête de la Plume Écarlate. Elle s'excuse à nouveau pour la méprise de ses hommes et réitéra la proposition initialement lancée par la milicienne.
Plutôt farouche, la milicienne trouva étrangement en l'innocence de la jeune Sakuya la garantie d'une alliance efficace entre la Plume Écarlate et elle. Jaugeant les deux gardes autour d'elle de la tête au pied, comme pour s'assurer que cette offre ne soit qu'un attentat maquillé, Hild répondit ensuite à Akane.

" Je suis toujours partante pour que nous collaborions. Je pense que vous devriez commencer par me donner les informations que vous avez déjà à ce sujet. Et j'aimerais en connaître un peu plus sur votre organisation, la Plume Écarlate. Quel est son but ? Pourquoi a-t-elle été créée ? Quels en sont les membres ? "

_________________
Image

Merci à Itsvara pour la signature

Multi de Irina, Shaakte, Fanatique et Herenndil, Hinïonne, Guerrière


Haut
 

 Sujet du message: Re: Rues et ruelles
MessagePosté: Dim 16 Avr 2017 03:59 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Jeu 13 Avr 2017 14:20
Messages: 5
Le chant des cigales ne discontinuait pas, hypnotique, insaisissable, il semblait omniprésent. Les petits êtres invisibles se passaient le mot, crissaient en crescendo, à mesure que la chaleur du midi s’installait. Des fois, sans que je ne susse pourquoi, leur chanson s’arrêtait brusquement, pour laisser un soliste battre le rythme et reprendre la partition millénaire depuis le début.

Du restaurant auquel j’étais appuyé me parvenait l’écho des voix, des ustensiles et de l’huile frémissante. On y parlait beaucoup. Continuellement. Cela me changeait de cette petite voix. Mais si je venais ici, c’était pour l’odeur. On y faisait frire du poisson et des beignets toute la journée, jusqu’à tard dans la nuit. Et cela attirait les passants.

Des raclements de poussière approchaient et s’éloignaient, parfois accompagnés de discussions banales, jamais très intéressantes. On parlait des récoltes, de l’humeur de la mer ou simplement de la canicule. Tous se plaignaient du climat torride. Même mes pieds, qui fuyaient la morsure du soleil, qui reculaient sous l’ombre du toit, diminuant inexorablement sous le lent basculement du soleil au zénith.

Au-delà du crissement des cigales, d’autres intonations familières montaient dans la ruelle et s’adressaient aux passants. « Une petite pièce ? », demandaient-elles, faiblardes et implorantes. Ma petite voix, elle, n’avait pas besoin de sortir. Il me suffisait de lever la tête lorsqu’une présence était perceptible, d’ouvrir les yeux et d’observer les promeneurs. Oh, je ne les voyais pas. Mais eux oui. La miséricorde envers les nécessiteux n’était pas commune à tous, mais la pitié envers les aveugles était généralisée…

Un tintement résonna dans le récipient taillé dans le bois. J’inclinais alors la tête en signe de respect, comme à chaque fois.

« Je vous remercie. Que Rana veille sur vous. » dis-je en joignant les mains.

Un froissement de tissu m’indiqua qu’on s'inclinait aussi, puis on s’éloigna. J’attrapais mon bâton adossé à mon épaule et réajustais mon séant. Des maugréement montaient à l’autre bout de la ruelle. Apparemment certains n’appréciaient pas la concurrence, qui était, clairement déloyale. J’attrapais la pièce et l’étudiais avec mon pouce, avant de la reposer dans mon socle de subsistance. Ils pouvaient grogner autant qu’ils le voulaient, si j’avais des yeux, je ne resterais pas ici. Plutôt mourir. Enfin… mourir…

Sans que je ne le réalisasse, les discussions avoisinantes s’étaient arrêtés.

Un étrange silence s’était installé. Les promeneurs marchaient à petits pas et même les cigales semblaient s'être tu. Alors les voix des mendiants affluèrent, plus prudentes que d’habitude, petit à petit, s’approchant de moi. Je tendis l’oreille : plusieurs démarches assurées progressaient au centre de la rue, cinq ou six hommes, tout au plus. Il y avait le bruit caractéristique des scandales et la tonalité ligneuse des sabres amarrés à leurs ceintures, mais j'en devinais un autre, plus discret, à peine perceptible. C’était un pas léger et incroyablement silencieux, au point que je doutasse de sa présence. Je restais perplexe, mais il s’arrêta distinctement devant moi. Les autres se figèrent aussitôt.

Je levais la tête et ouvris les yeux. Il eut un raclement de gorge en hauteur, un grognement masculin, puis, autre part, le grelottement d’une bourse s’extirpant de la soie. Quelqu’un s’agenouilla devant, s’approcha très près, au point que je pusse sentir son parfum délicat. Ensuite, le tintement eut lieu. La présence s’éloigna et le bourdonnement des cigales reprit son cours.

« Je vous remercie. Que Rana veille sur vous. »

Je cherchais la nouvelle pièce au creux du récipient et l’identifiai avec mon pouce. Elle était étrange. Plus large que les autres. Je la portais à mon nez. Elle n’avait pas l’odeur du cuivre, ni du bronze. Rien d’apparent aux alliages classiques. Je la fis ensuite passer sous ma canine. Résistante. Je pouvais au moins espérer. J’étudiai alors le relief poinçonné du bout des doigts. Une écriture circulaire entourait un portrait, c’était donc un yus Kendran, à l’effigie de Solennel IV. Cela m’arrangeais, car ces yus étaient toujours marqués de leur valeur numéraire. Je passai donc du côté pile et caressais le chiffre qui en ressortait. Je ne pus contenir ma surprise et m’écarquillai. Il y avait plusieurs chiffres. Mon doigt s’agitait et tirait toujours la même conclusion : 500 yus.

« Une pièce… en argent ? »

- II -

_________________
.

Thème


Dernière édition par Vent Souterrain le Lun 19 Juin 2017 20:04, édité 1 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Rues et ruelles
MessagePosté: Jeu 4 Mai 2017 18:36 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Mer 15 Juin 2016 00:52
Messages: 501
Localisation: Kendra Kar
Une fois entre les murs, Oranan se montra sous son véritable jour. Les murs fortifiés cachaient un véritable cocon où la vie battait son plein. Les militaires, guerriers et miliciens étaient certes nombreux à patrouiller dans les rues de la ville mais chaque habitant semblait avoir trouvé sa place dans cette cité idyllique. Entre les commerçants, les auberges et les habitations, tous les Oraniens avaient l’air heureux à l’écœurement, comme à Kendra Kar, avec un soupçon d’exotisme.
Derrière le verre opaque de la fenêtre de la caravane, Irina regardait la vie pulluler dans les rues. Ses yeux voyageaient d’un humain à un autre, trouvant en aucun d’eux une envie ou un désir particulier de conquête. Soit la chasse serait trop rapide, soit inutile tant le gibier était insignifiant. Aucun ne trouvait grâce à ses yeux. Alors que son esprit était devenu proie à la lassitude, Densho entra dans la caravane, la cape de sa dulcinée à la main. L’homme s’approcha de la Shaakte, attachant alors le tissu autour du cou de la belle, le visage trahissant la tristesse.

« Nos chemins se séparent ici, Irina. Le convoi s’est arrêté au plus près de la milice, comme tu le souhaitais. Tu n’auras qu’à effectuer quelques mètres sous ta capuche pour arriver à la porte. »


Irina plongea ses yeux conquérants dans le regard mélancolique du marchand. La main cendrée attrapa le visage de l’Ynorien, pour que son attention ne soit braquée que sur la sublime créature.

« Nous nous reverrons, Densho Batô. En attendant, vis comme tu l’as toujours fait. Le jour où nos chemins se recroiseront, ton existence sera de nouveau mienne. »

Sur ces dernières paroles, Irina remit sa capuche et s’orienta vers la sortie de la caravane.

_________________
Image

Multi de Hild, Humaine de Wiehl, Archère et Herenndil, Hinïonne, Guerrière


Haut
 

 Sujet du message: Re: Rues et ruelles
MessagePosté: Lun 19 Juin 2017 20:00 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Jeu 13 Avr 2017 14:20
Messages: 5
- I -

Les ombres du soir s’étiraient et se délayaient jusqu’à devenir imperceptibles. La chaleur s’était ténue et retombait doucement, persistant dans les recoins sans brise, dernier souffle de l’ardente journée. Les passants commençaient à se raréfier. Il n’était pas bon de sortir à cette heure du soir, ou du moins, pour un honnête citoyen. Les quartiers alentour du port recelaient des bandes qui frappaient à la nuit tombée, enchainaient petits larcins et provocations désinhibés à la sortie des échoppes.

Je me retirais donc, bâton à la main, dans une ruelle transversale. J’agitais le bois de gauche à droite en le faisant cogner pour prendre mes repères dans cette rue familière. Il me faudrait ensuite passer dans le renfoncement de gauche, pour passer sous les arches basses, pour enfin rejoindre le rivage. J’aimais cet endroit. Je ne m’en éloignais jamais depuis ma cécité. J’avais pris pour habitude de dormir au bord d’une falaise. Au-dessus des roches penchait un pin, courbé par les embruns, auquel je m’accoudais. Delà me parvenait l’épanchement des vagues et le ressac des cavernes en contrebas. Il n’y avait pas de plus douce musique. Je n’y étais pas encore mais je l’entendais déjà. Elle apparaissait généralement en même temps que la fatigue, aux confins de mon esprit, lorsque j’étais paisible.

Cette douce balade, ainsi que la pièce d’argent que je manipulais précieusement au fond de ma poche, m’inspirèrent une idée nouvelle. J’avais pris l’habitude d’économiser pour subsister. Mais aujourd’hui, c’était une recette de plus d’un mois que je venais de récolter. Je pouvais en profiter. Non pas le dépenser, mais investir.

D’autres accords plus rapides me vinrent en mémoire.

« Je devrais m’acheter un shamisen. »

Je me souvins d’une halte à la nuit tombée, jadis, lors de mes campagnes militaires. Les officiers et moi-même avions rejoint une auberge rouge. L’endroit regorgeait de bons hommes, dont la moitié s’était éclipsée à notre venue (surement la moins bonne partie) et qui déjeunaient et buvaient en fort couteuse compagnie. Alors que nous allions nous asseoir à une table, une jeune femme sortit des coulisses et s’engagea sur l’estrade, à touts petits pas, pour s’agenouiller sur un drap plié. Nous eûmes le temps de nous installer confortablement et engager une conversation avant qu’elle ne distille sa première note dans le brouhaha. Ce fut comme une flèche tirée au centre de notre table. J’avais totalement décroché au son de sa guitare. Elle jouait avec une incroyable finesse. Sa voix mélancolique… d’une tristesse absolue, m’avait réellement touché. Ce n’était que lorsque la plupart des clients s’en étaient allés, achevant sa représentation dans un calme relatif, qu’elle ouvrit enfin ses yeux, vitreux et fixes. Je compris qu’il s’agissait d’une goze.

Dans notre société les aveugles n’avaient aucune utilité propre, pratique aux travaux de la république. Ainsi, la plupart versaient dans les arts, ils parcouraient les routes de leurs pas rythmés et dispensaient leurs musiques aux passants, paysans, voyageurs, s’arrêtant dans les masures festives à la recherche de quelques pièces. Bien que l’usage voulait que les goze fussent uniquement des femmes, je m’efforçais de trouver l’idée plaisante.

Je devais faire quelque chose de mes mains. Je ne connaissais rien de la musique, mais tout s’apprend. Après tout, j’ai été un virtuose de l’épée. Je pouvais bien réussir à réunir quelques notes…

Alors que je réfléchissais à l’endroit où je pourrais faire l’acquisition d’une guitare, je butais contre une paroi. Je fouillais alors l’endroit, suivant une palissade, rencontrant un coin, suivant le fil du bâton vers un nouveau coin. J’ignorais où j’étais. Cela ressemblait à une cour intérieure, entre plusieurs habitations. J’effleurais à nouveau le mur et rencontrais une cabane improvisée, qui s’éboula légèrement, et un filet de vent. J’avais beaucoup de mal à modéliser l’endroit, du droit au-devant, de l’arrière, à l’entrée.

Survinrent alors des voix jusqu’à moi. Je les captais s’approchant et surement d’où j’étais venu. Cela m’arrangeait. Je traversais le vide quand elles se firent frontales.

« Le voilà ! Je t’avais dit qu’il était passé par là. »

_________________
.

Thème


Haut
 

Afficher les messages postés depuis:  Trier par  
Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 296 messages ]  Aller à la page Précédente  1 ... 16, 17, 18, 19, 20


Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 0 invités


Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets
Vous ne pouvez pas éditer vos messages
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages

Aller à:  
Powered by phpBB © 2000, 2002, 2005, 2007 phpBB Group  

Traduction par: phpBB-fr.com
phpBB SEO

L'Univers de Yuimen © 2004 - 2016