L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Rues et ruelles
MessagePosté: Ven 9 Déc 2016 16:28 
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Toutes les rues de la ville étaient en effervescence! Les volontaires au recrutement allaient tous dans la même direction, sous le regard des habitants, poussant des "Oh" et des "Ah" au passage de certains, comme s'ils les connaissaient. Ce devait sans doute être des aventuriers qui avaient déjà dû participer au premier voyage, et à voir l'harnachement de certains, il était sûr que c'était des gros bonnets! Si seulement l'un d'eux pouvait m'aider dans ma quête...

Soudain au détour d'une rue, j’aperçus le gros bonhomme dégoutant qui était à ma recherche, nos yeux se croisèrent et je pus lire la satisfaction s'afficher sur son visage. Il me tenait... A moins que... Sans vraiment prendre le temps de réfléchir, je me faufilais sveltement entre les admirateurs et me glissais près d'une sorte de guerrier tout peinturluré dans la file qui se dirigeait je ne savais où pour quitter ce monde. J’espérais ainsi pouvoir perdre le gros lard dans la foule. Encore quelques dizaines de mètres et ce devrait être bon... Au bout de cinq minute de marche aux coté du combattant aussi silencieux que coloré, je commençai donc à me rapprocher du bord du rassemblement, avant de me raviser : Il était toujours là, me suivant de près... Il devait sans aucun doute savoir où tout le monde allait et savait trouver des raccourcis... J'étais donc condamnée à continuer d'avancer dans le cortège jusqu'au bâtiment dont j'allais apprendre d'ici peu que c'était le quartier général de la milice de la ville...

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 Sujet du message: Re: Rues et ruelles
MessagePosté: Ven 20 Jan 2017 12:06 
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Après avoir quitté le vieil homme, l'enquêtrice s'enfonça de plus en plus dans le quartier pauvre de la ville d'or. D'après les regards interrogateurs et méfiants des passants, les patrouilles de la Milice devaient se faire rares dans ces ruelles sordides. La ville bienveillante se montrait de plus en plus sombre, éveillant en la jeune femme un amer sentiment de déjà-vu. Alors qu'elle avait fui les ténèbres d'Omyre, la voici de retour dans les tréfonds de la plèbe. Hild avait appris malgré elle à se protéger de cette noirceur qui l'envahissait peu à peu alors les simples murmures du pauvre peuple d'Oranan glissaient sur elle sans même l'effleurer.
Les yeux avaient beau se lever et les lèvres s'entrouvrirent à son passage, la milicienne n'avait que sa destination et la résolution de cette affaire en tête.

Les pensées et les hypothèses d'Hild ne cessaient de fuser dans son esprit avant qu'elle n'arrive à la scène de crime : une simple ruelle obscure où ni un mendiant ni un chat errant n'y avait voulu y trouver refuge. Quelques portes en bois vétustes donnaient sur l'allée ténébreuses mais la poussière de la ville et la naissance des toiles d'araignée témoignaient d'une utilisation peu fréquente de celles-ci.
La milicienne s'avança avec prudence dans la ruelle où des tonnelets avaient été renversés. La jeune femme s'était probablement débattu avant qu'on ne l'assassine. Des traces de pas étaient profondément enfoncées dans la fange de l'allée, dont Hild s'empressa d'inspecter la taille, la forme et la fraicheur.
Une fois l'analyse effectuée, elle s'approcha des tonnelets, cherchant à en decourvri le contenu ou une trace quelconque qui l'aiderait dans son enquête.
Cependant, quelque chose attira l'attention de l'enquêtrice, l'arrêtant un instant dans son analyse des tonnelets. S'approchant peu à peu du centre de la ruelle, Hild remarqua une trace noirâtre trônant sur le mur opposé aux portes. Les souvenirs d'Omyre refaisaient surface malgré elle mais la simple pensée du corps sans vie de Tsuna à la morgue de la Milice donnait le courage à l'ancienne esclave d'affronter ses fantômes et de s'approcher de la marque.
Une fois face à elle, l'enquêtrice tenta de décrypter un quelconque message ou image. Puis, elle passa délicatement la naissance de ses doigts sur le mur afin de découvrir la matière de l'anomalie ténébreuse. Ses yeux atterrirent ensuite sur le sol, où un indice, même des moindres, aurait pu trouver y refuge en attendant d'être découvert pour venger la mort de la pauvre Oranienne.

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 Sujet du message: Re: Rues et ruelles
MessagePosté: Jeu 26 Jan 2017 11:50 
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La jeune femme enquêtait dans l’allée. Les indices commençaient à s’assembler sous ses yeux. Si la fouille des tonneaux ne lui apprit rien d’intéressant, ses yeux tombèrent sur quelque chose qui pouvait tout à fait attirer son attention : un pic à glace ensanglanté et maculé de boue. Il semblait y avoir, mélangé à la boue, une sorte de mélasse noirâtre, mais il était difficile d’en juger dans l’obscurité de la ruelle.

Sur le mur, il semblait y avoir une marque de sang, faite par une main assez grande et quelques gouttes de sang qui étaient tombées sur le sol, comme si quelqu’un s’était appuyé là quelques instants en se vidant de son sang.

L’enquête de la jeune femme ne put pas aller plus loin car soudain, deux ombres apparurent de chaque côté de la ruelle, lui bloquant le passage. Il s’agissait d’hommes ou de femmes, difficile d’en juger au vu de leurs vêtements noirs et amples et de leur visage masqué sous des bouts de tissus. Ils se mirent à s’avancer vers elle, la démarche déterminée. Il était impossible pour Hild de passer au travers du rempart qu’était leur corps, placé entre la ruelle sombre et la liberté.

Soudain, une autre ombre apparut, venant du dessus. Elle se laissa tomber sur Hild qui fut assommée. Elle sentit son corps choir sur le sol avant que les ténèbres ne la happent.

***


Petit à petit des sons se faisaient entendre, perçant au travers de l’obscurité qu’était son esprit. Elle pouvait sentir une corde enserrer ses poignets, mais elle avait les jambes libres et se trouvait adossée contre un mur. Une douleur était présente à l’arrière de son crâne, là où elle avait été frappée. Si elle ouvrait les yeux, elle verrait qu’elle était assise sur de la paille dans ce qui ressemblait fortement à un sous-sol éclairé de quelques torches. Il y avait plusieurs tonneaux autour d’elle et quelques denrées comme s’il s’était agi d’un cellier, pourtant la porte devant elle était grillagée, comme celle d’une prison. Dans le couloir de pierre, derrière le grillage, elle pouvait distinguer deux personnes.

Il s’agissait des personnes qui l’avaient tirée de son inconscience : des gens qui se disputaient.

Il s’agissait de deux hommes vêtus de noirs et de vêtements masquant presque chaque parcelle de leur corps. Ils portaient également des foulards qui se remontaient aisément pour cacher leurs visages. Il semblaient avoir vingt-cinq ans tout au plus.

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Le premier, pourvu d’une coiffe serrée sur sa tête, dit au second d’un air véhément :

- Elle est de la milice, imbécile ! Tu veux nous faire tuer ?

Le second, dont la tête était ornée d’un grand chapeau, répliqua :

- Comment tu voulais que je le devine, moi ? Ils ne viennent jamais ici, je pensais que c’était l’un d’eux ! Il faisait noir dans cette fichue ruelle, on a rien vu !

- Et toi t’assommes comme ça des gens sans…

La voix fut coupée par des bruits de pas et ils levèrent les yeux vers la source du bruit, qui descendait des marches au fond du couloir.

Une jeune fille en descendait. Elle était vêtue de vêtements blancs et beiges, presque diaphanes et semblait particulièrement déplacée dans ce milieu, tant elle semblait pure et innocente. Sa longue chevelure noire cascadait dans son dos. Elle semblait avoir une quinzaine d’années.

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Juste après elle vinrent d’autres bruit de pas qui, eux, dévoilèrent une autre femme, antithèse de la jeune fille. Vêtue de noir, quoi que pourvue de vêtements tout aussi diaphanes, elle portait arborait un air impérieux et assuré et se mouvait avec une grâce langoureuse et chacun de ses gestes semblait minutieusement calculé. Sur son épaule et se bras se trouvait un grand tatouage et un autre était présent sur son front tandis que sa bouche était maquillée par un trait rouge vertical. Ses mains, lorsqu’elle aperçut Hild, se resserrèrent sur l’éventail.

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- Elle est réveillée, fut tout ce qu’elle dit, d’une voix froide et grave.

Cela suffit pour que la jeune fille qui l'accompagnait lance un regard curieux à Hild et pour que les deux jeunes hommes se retournent vers elle, alertés.

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 Sujet du message: Re: Rues et ruelles
MessagePosté: Lun 30 Jan 2017 00:42 
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Les tonneaux n'apprirent rien à la rousse, mais ce qui semblait être l'arme du crime trônait encore sur le sol. Un pic à glace maculé de sang, qu'Hild imagina à l'instant où elle le prit dans sa main planté dans le dos blanc de la pauvre Tsuna. Au second coup d'œil, la milicienne aperçut, camouflé dans la boue qui recouvrait l'objet macabre, une substance noirâtre, dont il était difficile d'en connaître la nature de part l'obscurité de la ruelle. La tâche noirâtre sur le mur attirant son attention, Hild s'accroupit et glissa l'arme du crime dans son sac, jugeant qu'une inspection plus méticuleuse pouvait être remise à plus tard. Se relevant, l'enquêtrice n'eut pas de mal à identifier ce avec quoi la trace avait été faite. Le sang avait laissé l'empreinte d'une main, anormalement grande pour que ce soit celle de la victime. Cependant, la milicienne comprit rapidement que la main ensanglantée n'appartenait pas à son ravisseur mais à une seconde victime, comme en témoignaient les gouttelettes de sang sur le sol que l'homme blessé avait dû perdre. Tsunami n'était donc pas seule au moment de sa mort et l'homme qui l'accompagnait s'en était probablement sorti. Qui cela pouvait il être ? Et surtout, comment le savoir ?

Hild eût à peine le temps de former ses interrogations que deux ombres se formèrent de chaque extrémité de la rue. Deux silhouettes humanoïdes, vêtues de sombres vêtements amples et le visage caché d'un foulard s'avançaient vers elle avec détermination.
Face à cette situation de danger immédiat, Hild ne laissa pas sa peur la dominer et contrairement à n'importe quel apprenti bien éduqué et formaté, la milicienne porta sa main immédiatement vers son arc, arme qui lui semblait être sa seule parade aux deux ombres menaçantes. Mais à peine sa main effleura le bois de son arc, une ombre ample apparut sous ses pieds, avant de sentir le poids de la Terre s'abattre sur son corps et que les ténèbres à nouveau l'envahissent.

*

Des bruits sourds... Deux voix... Deux hommes... De la lumière...

( C'est... flou. Ou est ce que ... ? Aouch !!)

Les yeux de Hild qui peinaient déjà à s'ouvrit se plissèrent lorsque de violents maux de têtes se déclarèrent. Quelques instants furent nécessaires à la jeune femme pour se rappeler son état actuel. Les poings liés, allongée sur une paillasse, l'ancienne esclave émergeait non sans mal de sa léthargie. Après s'être acclimatée à la lumière de la pièce, émanante des quelques torches, la milicienne arriva à distinguer son environnement, un sous sol qui semblait être un garde manger de par la présence de nombreux tonneaux et vivres mais des barreaux à la porte firent prendre à la pièce une toute autre utilisation. Derrière ce grillage se tenaient d'ailleurs l'origine de son réveil. Deux hommes, à peine plus âgés qu'Hild, se disputaient à propos de l'arrestation de la jeune femme. C'étaient donc bien ses ravisseurs et d'après leur conversation, la milicienne n'était pas la cible escomptée. Qui comptaient ils donc arrêtés ? Ces hommes pourraient très bien être les assassins de Tsuna, ou bien l'un était il le propriétaire de l'empreinte sanglante de la ruelle ? Hild tenta du fond du cellier d'apercevoir une trace de sang ou de blessures sur l'un des hommes malgré leurs vêtements sombres.
À peine avait elle eu le temps de prêter attention à ce détail que les hommes s'arrêtent net dans leur dispute lorsque quelqu'un descendit des marchés au fond du couloir. Et de la pénombre de la pièce arriva une jeune fille vêtue de soie fine et immaculée, dont la candeur et l'innocence qu'elle personnifiait tranchait avec le décor sombre qui les entouraient. Ces longs cheveux noirs tombaient avec grâce le long de son dos et donnait à son visage déjà pur un aspect encore angelique. Suivait une autre femme, contraste parfait avec la précédente. Toute noir vêtue, malgré la transparence du tissu, elle se mouvait avec une air royal, cherchant avec chacun de ses mouvements calculés à dominer son entourage. Un tatouage très détaillé arborait le bras de cette Oranienne, tandis qu'un autre trônait sur son front. De tous, elle fut la première à remarquer le réveil d'Hild, attirant tous les regards, curieux et alertes, sur elle.
Cette sensation d'être observée et l'ignorance de ce qu'on allait faire d'elle, Hild ne connaissait que trop bien ces sentiments qui la rongeaient chaque jour dans la cité d'Omyre. Mais la Milice d'Oranan devait la délivrer de ces maux et la voilà à nouveau dans cette situation de peur, dans l'incapacité de pouvoir agir sur son destin.

( Phaitos, pourquoi ne m'as tu toujours pas délivrée de cette sensation horrible ?)

Hild savait que cette prière qu'elle avait effectuée durant toutes ces années d'esclavage n'avait jamais portée ces fruits alors pourquoi en aurait elle maintenant ? Elle se secoua légèrement la tête comme pour retrouver ces esprits.

( Absurde. Reprends toi. Tu dois faire quelque chose.)

La jeune femme chercha un instant ses effets du regard mais en vain, il fallait s'en douter.
Rien autour d'elle ne pouvait la défendre, elle ne savait même pas où elle se trouvait. Il était encore bien trop tôt pour que la Milice ne remarque son absence et peu probable que quelqu'un puisse la tirer de ce mauvais pas. Seule à nouveau face au reste du monde.
Les hommes en noir avait clairement l'avantage sur elle et quoiqu'elle tente, la milicienne serait vite mise au tapis. Et le silence ne lui apporterait, elle avait besoin de réponse, quitte à essuyer un refus d'obtempérer voire un coup, ou même pire. Mais si Hild était encore en vie, c'est que ces Oraniens étaient aussi curieux qu'elle d'avoir des réponses.
L'enquêtrice tenta tant bien que mal de se lever, prenant appui sur un des tonneaux et s'approcha de la grille afin de faire face à ces quatre interlocuteurs, prenant garde à ne pas se tenir trop prêt des barreaux. Ce premiers mots furent adressés aux deux gardes

" Je ne pense pas avoir été celle que vous vouliez avoir. Je me trompe ?"

Ses yeux noirs suspicieux se tournèrent vers la jeune fille, adoptant un regard aussi doux qu'une ancienne esclave brisée puisse avoir.

" Puis je savoir pourquoi je me trouve ici, ligotée ? Qui êtes vous ? Pourquoi avez vous besoin de moi ? Il aurait pourtant été plus simple de me liquider dans cette ruelle, comme l'a été ma prédécesseure, qui ne vous ait pas inconnue je pense. "

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 Sujet du message: Re: Rues et ruelles
MessagePosté: Jeu 2 Fév 2017 17:35 
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Ce ne furent ni les deux gardes, ni la jeune fille qui réagirent aux propos de Hild, mais la femme vêtue de noire. L’éventail toujours en main, elle vint se tenir devant la milicienne, le visage impassible. Derrière elle, les deux gardes se regardaient avec gêne, se dandinant d’une jambe à l’autre tandis que la jeune fille la suivait d’une démarche gracile.

- Tu es ligotée parce que trois imbéciles ont assommé une milicienne et l’ont amenée sous terre. Hors, nous ne tuons pas les miliciens. Nous n’avons aucune estime pour eux, mais nous ne sommes pas des meurtriers.

Elle se tapota les lèvres à l’aide se on éventail.

- Quoi que je n’aie pas la moindre idée de ce que je vais faire de toi…

La jeune fille s’avança à son tour, proche des barreaux sans être assez proche pour que Hild puisse tenter un geste contre elle. Pure et innocente, elle semblait curieuse de voir ce personnage bien différent des autres ynoriens.

- Nous sommes membres de la Plume Ecarlate, dit-elle d’une voix douce, éthérée, presque. Nous enquêtons sur la disparition d’enfants dans le quartier pauvre d’Oranan.

La femme en noir lui lança un regard sombre, mais ne répondit pas. La jeune fille baissa la tête vers le sol, une grande tristesse marquée sur son visage.

- Tsuna… nous ne sommes pas ceux qui l’ont tué. Nous cherchons ses meurtriers. Hiro vous a prise pour l’un d’eux, c’est pour ça qu’il vous a assommé…

La femme en noir ferma brutalement son éventail.

- Il suffit, Sakuya.

La jeune fille hocha la tête et se recula d’un pas, la tête toujours penchée vers le sol, contrite.

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 Sujet du message: Re: Rues et ruelles
MessagePosté: Dim 5 Fév 2017 03:14 
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De ces quatre interlocuteurs, ce fut la jeune femme en noire qui répondit aux questions de la milicienne, tandis que les deux gardes se regardaient, pénaux. La voix aussi glaciale que ses yeux, l'Ynorienne répondit d'un ton sec qu'elle et sa troupe n'était pas des assassins mais que le statut de milicienne de Hild l'important peu.

( Soit. Ce n'est pas comme cela que je m'identifie. )

Alors que la froide jeune femme se tapotait délicatement la lèvre, cherchant avec mépris le sort qui sera réservé à l'enquêtrice, la jeune fille s'approcha discrètement et farouchement de la grille, à la fois animée de curiosité et de prudence comme face à un animal inconnu.
Avec toute l'innocence du monde, la demoiselle présenta sa troupe comme les membres d'une certaine organisation, la Plume écarlate, qui serait chargée d'enquêter sur la disparition d'enfants dans les ruelles pauvre de la ville d'Or.
La mort de Tsuna n'était donc pas un fait isolé, quelque chose de bien plus monstrueux se cachait derrière tout ça. Mais la jeune fille parla d'enlèvement : que s'était il donc passer pour que cette fois ci, l'enlèvement vire au meurtre ? Quelles sont les motivations des ravisseurs ? Encore une fois, une réponse soulevait bien plus de questions qu'elle n'en résolvait.
Aux mots de la jeune Ynorienne, celle ci baissa la tête, les yeux emplis de tristesse. Cette enquête semblait bien plus l'affecter que ces semblables. Elle n'était qu'une enfant après tout, ces émotions ne pouvaient être dominées, de plus que cette affaire visait des personnes de son âge. La femme en noire tenta malgré tout de la contraindre au silence par un sourd regard noir mais la jeune fille était bien trop troublée pour clore ses lèvres.
Elle évoqua alors le nom de Tsuna, en stipulant qu'ils étaient à la recherche de ses meurtriers. L'innocence et la pureté émanant de l'Ynorienne rendait Hild confuse : ces vertus l'avaient quittée il y a bien longtemps, c'est pourquoi l'archère ne comprenait pas que l'on puisse se confier autant et ainsi s'exposer à quelqu'un d'inconnu. Était ce le plastron de la Milice qui était l'origine de cette confiance trop tôt accordée ? Peut être le séjour à Omyre de l'ancienne esclave avait il brisé son humanité.
Alors qu'Hild était déconcertée par les aveux de la jeune innocente, c'était loin d'être le cas pour son accompagnatrice. La femme en noire ferma d'un coup sec son éventail, élevant le ton pour contenir les confidences de sa jeune consœur. La jeune fille, nommée Sakuya, se recula, contrainte au silence, toujours aussi bouleversée.

Hild comprit alors que pour obtenir de nouveaux aveux, il fallait faire fondre le mur glaciale que représentait l'Ynorienne en noire. La Milicienne savait qu'il fallait user de tact, qualité qu'il lui était dépourvue, sans qu'elle ne dévoile ses faiblesses. Tâche ardue mais pas insurmontable.
L'ancienne esclave s'adressa directement à la gardienne noire, essayant de cacher sa nature de rebelle que pouvait trahir son regard.

- Que je sois milicienne ou non n'est pas important. Ce qui compte, c'est que nous ayons le même objectif : venger Tsuna. Qu'importe vos motivations, ou même les miennes, nous voulons la même chose. Je vous propose donc de nous allier pour réussir nos missions propres. Je ne souhaite ni vous saboter ni devenir votre amie mais seulement à exterminer l'origine de l'atrocité dont a été victime Tsuna. Qu'en dites vous ?

Le regard fixé sur la femme en noire se décala un instant sur l'enfant innocent, cherchant peut être une aide pour appuyer sa demande.

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 Sujet du message: Re: Rues et ruelles
MessagePosté: Jeu 23 Fév 2017 12:52 
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    Le visage de la femme en noir était fermé, réfléchissant manifestement à la proposition de Hild. La jeune fille, Sakuya, la regardait, expectative, tandis que les deux hommes derrières s’agitaient d’une jambe à l’autre, incertains.

    La femme en noir finit par rouvrir brutalement son éventail en disant, sans quitter Hild du regard :

    - Hiro, fais-là sortir et excuses-toi. Après tout, nous n’allons pas la laisser croupir ici indéfiniment.

    Hiro, celui au grand chapeau, s’avança vers la porte d’une démarche incertaine, regardant craintivement la femme en noir qui se décala pour le laisser passer. Il sortit une clé, ouvrit la porte et entra dans la pièce pour détacher à l’aide d’un poignard les liens qui enserraient les poignets de Hild.

    - Je suis désolé, mademoiselle, je ne savais pas que vous étiez milicienne. C’est-à-dire que… C’est-à-dire qu’on est un peu à cran en ce moment avec le meurtre de… de Tsuna.

    Il ravala sa salive, comme si prononcer ce nom lui était difficile. Lorsqu’il reprit la parole, ce fut d’une voix plus ferme.

    - On cherche à choper un de ces types pour le faire parler, pour qu’il nous dise où est-ce qu’ils emmènent les gamins.

    Il l’aida, si elle le souhaitait, à se relever avant que la femme en noir ne leur fasse signe à tous de la suivre. Sakuya lui emboîta le pas et les deux hommes firent signe à Hild de la suivre, se mettant ainsi en dernier. La jeune femme n’avait donc d’autre choix que de suivre.

    La femme en noir les mena jusqu’à l’escalier et ils débouchèrent sur une chambre aux draps défaits, décorée dans un style tout ynorien. Elle était vide, mais Hild pu apercevoir la lumière au-dehors. Manifestement, l’aube était passée, mais pas depuis longtemps.

    Sans accorder le moindre regard à la pièce, la femme en noir poursuivit son chemin, sortant de la pièce pour atteindre un couloir très décoré dans les tons rouges, or et bois. S’ils ne croisèrent tout d’abord personne, ils virent néanmoins une femme peu vêtue passer la tête par un battant en feuille de riz, sursauter, incliner le buste à l’adresse de la femme en noir avant de refermer le battant. Plusieurs chambres s’étalaient ainsi les unes à la suite des autres, toutes fermées par des battants. Elles étaient calmes, même si parfois de l’une d’elles émanait le ronflement d’un homme ou des voix étouffées. Le groupe finit par arriver face à un nouveau battant que la femme en noir ouvrit, les laissant pénétrer dans un bureau dans le même style que le reste de l’établissement. Il était grand, cependant, et ses murs ne laissaient passer aucun son. Il n’y avait pas de chaises, mais une table basse de l’autre côté de la quelle la femme en noir s’agenouilla, leur indiquant de prendre place à leur tour en face d’elle. Seule Sakuya s’assit à sa droite, son regard doux posé sur Hild.

    - Je me nomme Akane, je suis la patronne de la Maison du Printemps. Je suis également à la tête de la Plume Ecarlate et nous vous présentons humblement nos plus plates excuses pour cette méprise commise par mes hommes et espérons que vous ne nous en tiendrez pas rigueur. Il semblerait que nous poursuivions un but commun : celui de découvrir les raisons de la mort de Tsuna. Acceptez-vous nos excuses et cette collaboration que vous avez proposée ?

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 Sujet du message: Re: Rues et ruelles
MessagePosté: Dim 26 Mar 2017 20:10 
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Un silence s'installa un instant dans la pièce sombre tandis que la grande Ynorienne réfléchissait à la proposition de la milicienne. Puis, comme pour manifester son ouverture d'esprit, la gardienne noire déploya son éventail d'un coup sec et maîtrisé de son poignet. Elle ordonna alors à l'un des deux gardes pénaux, manifestement nommé Hiro, de la libérer de ses liens.
Celui muni du grand chapeau s'approcha alors de la grille, sous l'œil inquisiteur de la belle Ynorienne. Il ouvrit alors la porte grillagée, puis se dirigea vers Hild, poignard en main. Conditionnée par ses anciens mauvais traitements, l'ancienne esclave recula d'un pas mais l'homme prit rapidement en main les liens de la milicienne, les coupant d'un simple mouvement de lame. Contraint aux excuses, l'Ynorien demanda pardon à la jeune femme, expliquant que son esprit était lui même perturbé par le meurtre de Tsuna. La simple évocation de son nom semblait être ardue pour le garde mais il reprit rapidement en justifiant la nature de leur mission actuelle.
Une fois la milicienne libre, l'Ynorienne vêtue de noir fit demi tour, incitant la petite troupe de la suivre. La jeune Sakuya la suivait de près, tandis que les deux gardes invitèrent la jeune femme aux cheveux de feu de suivre les deux femmes. Alors que les hommes fermèrent la marche juste derrière elle, Hild se sentait comme prise au piège. Aucune issue ne s'offrait à elle et sa position la mettait à l'aise. Trop souvent elle fut dans cette configuration de marche, chacun les uns derrière les autres, attendant leur sort en espérant qu'une mort rapide et sans souffrance se trouvait à la fin de la file, comme un soulagement. Délivrance dont elle n'a jamais eu droit. Bien que cette situation soit bien moins morbide que celles dans le Temple de Thimoros d'Omyre, Hild ne se sentait pas en sécurité pour autant. Mais il n'y avait pas d'autres choix que de suivre la chef de file.
À chaque pas, Hild était aux aguets de chaque parcelle de son environnement, terrain qui lui était pour l'instant complètement inconnu.
De l'escalier, la troupe déboucha sur une riche chambre au style typique ynorien. Les draps et rideaux étaient ouverts, ce qui laissa passer les quelques rayons du soleil matinal.

(L'aube est déjà passé. Depuis combien de jours suis-je enfermée ?)

La femme vêtue de noire traversa la chambre avec indifférence et s'engagea dans un couloir tout aussi richement décoré que la chambre, où le bois sculpté mêlait le rouge sang et l'or puissant. Le long et large couloir donnait sur de nombreuses pièces aux portes coulissantes. Le silence régnait dans ce corridor, bien que quelques ronflements ou bruits étouffés s'échappaient des interstices des portes. Alors qu'Hild se demandait quelle pouvait être la nature de ce lieu, la vision d'une jeune femme peu vêtue, montrant un signe de respect envers l'Ynorienne vêtue de noir, confirma ses soupçons. Ce type d'établissement était malheureusement familier à la jeune femme, où le silence n'y était pas d'or comme les murs de celui-ci. Les bâtiments qu'elle avait fréquentés réveillaient plutôt en elle les multiples déchirures de son corps et de son âme, dues à la violence de ses "clients" et les hurlements d'effroi et de douleur de ses "collègues".

Tentant d'effacer ses lourds souvenirs de son esprit, la milicienne suivait les deux femmes, jusqu'à une pièce au fond du couloir. La chef de file ouvrir le battant, donnant sur une pièce tout aussi richement décoré que le reste des l'établissement, où trônait une table basse au centre. La grande Ynorienne s'agenouilla de l'autre côté du meuble, invitant Hild à s'installer en face d'elle. Au lieu de prendre place de suite, la milicienne suivit du regard la docile Sakuya se poser près de la maîtresse des lieux, tandis que son regard innocent se quittait pas la nouvelle venue.
Telle un chien tâtant son panier avant de s'y installer, Hild inspecta farouchement l'assise et prit doucement place autour de la table.
L'Ynorienne se présenta alors sous le nom de Akane, patronne de la maison de passe et chef à la tête de la Plume Écarlate. Elle s'excuse à nouveau pour la méprise de ses hommes et réitéra la proposition initialement lancée par la milicienne.
Plutôt farouche, la milicienne trouva étrangement en l'innocence de la jeune Sakuya la garantie d'une alliance efficace entre la Plume Écarlate et elle. Jaugeant les deux gardes autour d'elle de la tête au pied, comme pour s'assurer que cette offre ne soit qu'un attentat maquillé, Hild répondit ensuite à Akane.

" Je suis toujours partante pour que nous collaborions. Je pense que vous devriez commencer par me donner les informations que vous avez déjà à ce sujet. Et j'aimerais en connaître un peu plus sur votre organisation, la Plume Écarlate. Quel est son but ? Pourquoi a-t-elle été créée ? Quels en sont les membres ? "

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Merci à Itsvara pour la signature

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 Sujet du message: Re: Rues et ruelles
MessagePosté: Dim 16 Avr 2017 03:59 
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Le chant des cigales ne discontinuait pas, hypnotique, insaisissable, il semblait omniprésent. Les petits êtres invisibles se passaient le mot, crissaient en crescendo, à mesure que la chaleur du midi s’installait. Des fois, sans que je ne susse pourquoi, leur chanson s’arrêtait brusquement, pour laisser un soliste battre le rythme et reprendre la partition millénaire depuis le début.

Du restaurant auquel j’étais appuyé me parvenait l’écho des voix, des ustensiles et de l’huile frémissante. On y parlait beaucoup. Continuellement. Cela me changeait de cette petite voix. Mais si je venais ici, c’était pour l’odeur. On y faisait frire du poisson et des beignets toute la journée, jusqu’à tard dans la nuit. Et cela attirait les passants.

Des raclements de poussière approchaient et s’éloignaient, parfois accompagnés de discussions banales, jamais très intéressantes. On parlait des récoltes, de l’humeur de la mer ou simplement de la canicule. Tous se plaignaient du climat torride. Même mes pieds, qui fuyaient la morsure du soleil, qui reculaient sous l’ombre du toit, diminuant inexorablement sous le lent basculement du soleil au zénith.

Au-delà du crissement des cigales, d’autres intonations familières montaient dans la ruelle et s’adressaient aux passants. « Une petite pièce ? », demandaient-elles, faiblardes et implorantes. Ma petite voix, elle, n’avait pas besoin de sortir. Il me suffisait de lever la tête lorsqu’une présence était perceptible, d’ouvrir les yeux et d’observer les promeneurs. Oh, je ne les voyais pas. Mais eux oui. La miséricorde envers les nécessiteux n’était pas commune à tous, mais la pitié envers les aveugles était généralisée…

Un tintement résonna dans le récipient taillé dans le bois. J’inclinais alors la tête en signe de respect, comme à chaque fois.

« Je vous remercie. Que Rana veille sur vous. » dis-je en joignant les mains.

Un froissement de tissu m’indiqua qu’on s'inclinait aussi, puis on s’éloigna. J’attrapais mon bâton adossé à mon épaule et réajustais mon séant. Des maugréement montaient à l’autre bout de la ruelle. Apparemment certains n’appréciaient pas la concurrence, qui était, clairement déloyale. J’attrapais la pièce et l’étudiais avec mon pouce, avant de la reposer dans mon socle de subsistance. Ils pouvaient grogner autant qu’ils le voulaient, si j’avais des yeux, je ne resterais pas ici. Plutôt mourir. Enfin… mourir…

Sans que je ne le réalisasse, les discussions avoisinantes s’étaient arrêtés.

Un étrange silence s’était installé. Les promeneurs marchaient à petits pas et même les cigales semblaient s'être tu. Alors les voix des mendiants affluèrent, plus prudentes que d’habitude, petit à petit, s’approchant de moi. Je tendis l’oreille : plusieurs démarches assurées progressaient au centre de la rue, cinq ou six hommes, tout au plus. Il y avait le bruit caractéristique des scandales et la tonalité ligneuse des sabres amarrés à leurs ceintures, mais j'en devinais un autre, plus discret, à peine perceptible. C’était un pas léger et incroyablement silencieux, au point que je doutasse de sa présence. Je restais perplexe, mais il s’arrêta distinctement devant moi. Les autres se figèrent aussitôt.

Je levais la tête et ouvris les yeux. Il eut un raclement de gorge en hauteur, un grognement masculin, puis, autre part, le grelottement d’une bourse s’extirpant de la soie. Quelqu’un s’agenouilla devant, s’approcha très près, au point que je pusse sentir son parfum délicat. Ensuite, le tintement eut lieu. La présence s’éloigna et le bourdonnement des cigales reprit son cours.

« Je vous remercie. Que Rana veille sur vous. »

Je cherchais la nouvelle pièce au creux du récipient et l’identifiai avec mon pouce. Elle était étrange. Plus large que les autres. Je la portais à mon nez. Elle n’avait pas l’odeur du cuivre, ni du bronze. Rien d’apparent aux alliages classiques. Je la fis ensuite passer sous ma canine. Résistante. Je pouvais au moins espérer. J’étudiai alors le relief poinçonné du bout des doigts. Une écriture circulaire entourait un portrait, c’était donc un yus Kendran, à l’effigie de Solennel IV. Cela m’arrangeais, car ces yus étaient toujours marqués de leur valeur numéraire. Je passai donc du côté pile et caressais le chiffre qui en ressortait. Je ne pus contenir ma surprise et m’écarquillai. Il y avait plusieurs chiffres. Mon doigt s’agitait et tirait toujours la même conclusion : 500 yus.

« Une pièce… en argent ? »

- II -

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 Sujet du message: Re: Rues et ruelles
MessagePosté: Jeu 4 Mai 2017 18:36 
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Une fois entre les murs, Oranan se montra sous son véritable jour. Les murs fortifiés cachaient un véritable cocon où la vie battait son plein. Les militaires, guerriers et miliciens étaient certes nombreux à patrouiller dans les rues de la ville mais chaque habitant semblait avoir trouvé sa place dans cette cité idyllique. Entre les commerçants, les auberges et les habitations, tous les Oraniens avaient l’air heureux à l’écœurement, comme à Kendra Kar, avec un soupçon d’exotisme.
Derrière le verre opaque de la fenêtre de la caravane, Irina regardait la vie pulluler dans les rues. Ses yeux voyageaient d’un humain à un autre, trouvant en aucun d’eux une envie ou un désir particulier de conquête. Soit la chasse serait trop rapide, soit inutile tant le gibier était insignifiant. Aucun ne trouvait grâce à ses yeux. Alors que son esprit était devenu proie à la lassitude, Densho entra dans la caravane, la cape de sa dulcinée à la main. L’homme s’approcha de la Shaakte, attachant alors le tissu autour du cou de la belle, le visage trahissant la tristesse.

« Nos chemins se séparent ici, Irina. Le convoi s’est arrêté au plus près de la milice, comme tu le souhaitais. Tu n’auras qu’à effectuer quelques mètres sous ta capuche pour arriver à la porte. »


Irina plongea ses yeux conquérants dans le regard mélancolique du marchand. La main cendrée attrapa le visage de l’Ynorien, pour que son attention ne soit braquée que sur la sublime créature.

« Nous nous reverrons, Densho Batô. En attendant, vis comme tu l’as toujours fait. Le jour où nos chemins se recroiseront, ton existence sera de nouveau mienne. »

Sur ces dernières paroles, Irina remit sa capuche et s’orienta vers la sortie de la caravane.

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 Sujet du message: Re: Rues et ruelles
MessagePosté: Lun 19 Juin 2017 20:00 
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- I -

Les ombres du soir s’étiraient et se délayaient jusqu’à devenir imperceptibles. La chaleur s’était ténue et retombait doucement, persistant dans les recoins sans brise, dernier souffle de l’ardente journée. Les passants commençaient à se raréfier. Il n’était pas bon de sortir à cette heure du soir, ou du moins, pour un honnête citoyen. Les quartiers alentour du port recelaient des bandes qui frappaient à la nuit tombée, enchainaient petits larcins et provocations désinhibés à la sortie des échoppes.

Je me retirais donc, bâton à la main, dans une ruelle transversale. J’agitais le bois de gauche à droite en le faisant cogner pour prendre mes repères dans cette rue familière. Il me faudrait ensuite passer dans le renfoncement de gauche, pour passer sous les arches basses, pour enfin rejoindre le rivage. J’aimais cet endroit. Je ne m’en éloignais jamais depuis ma cécité. J’avais pris pour habitude de dormir au bord d’une falaise. Au-dessus des roches penchait un pin, courbé par les embruns, auquel je m’accoudais. Delà me parvenait l’épanchement des vagues et le ressac des cavernes en contrebas. Il n’y avait pas de plus douce musique. Je n’y étais pas encore mais je l’entendais déjà. Elle apparaissait généralement en même temps que la fatigue, aux confins de mon esprit, lorsque j’étais paisible.

Cette douce balade, ainsi que la pièce d’argent que je manipulais précieusement au fond de ma poche, m’inspirèrent une idée nouvelle. J’avais pris l’habitude d’économiser pour subsister. Mais aujourd’hui, c’était une recette de plus d’un mois que je venais de récolter. Je pouvais en profiter. Non pas le dépenser, mais investir.

D’autres accords plus rapides me vinrent en mémoire.

« Je devrais m’acheter un shamisen. »

Je me souvins d’une halte à la nuit tombée, jadis, lors de mes campagnes militaires. Les officiers et moi-même avions rejoint une auberge rouge. L’endroit regorgeait de bons hommes, dont la moitié s’était éclipsée à notre venue (surement la moins bonne partie) et qui déjeunaient et buvaient en fort couteuse compagnie. Alors que nous allions nous asseoir à une table, une jeune femme sortit des coulisses et s’engagea sur l’estrade, à touts petits pas, pour s’agenouiller sur un drap plié. Nous eûmes le temps de nous installer confortablement et engager une conversation avant qu’elle ne distille sa première note dans le brouhaha. Ce fut comme une flèche tirée au centre de notre table. J’avais totalement décroché au son de sa guitare. Elle jouait avec une incroyable finesse. Sa voix mélancolique… d’une tristesse absolue, m’avait réellement touché. Ce n’était que lorsque la plupart des clients s’en étaient allés, achevant sa représentation dans un calme relatif, qu’elle ouvrit enfin ses yeux, vitreux et fixes. Je compris qu’il s’agissait d’une goze.

Dans notre société les aveugles n’avaient aucune utilité propre, pratique aux travaux de la république. Ainsi, la plupart versaient dans les arts, ils parcouraient les routes de leurs pas rythmés et dispensaient leurs musiques aux passants, paysans, voyageurs, s’arrêtant dans les masures festives à la recherche de quelques pièces. Bien que l’usage voulait que les goze fussent uniquement des femmes, je m’efforçais de trouver l’idée plaisante.

Je devais faire quelque chose de mes mains. Je ne connaissais rien de la musique, mais tout s’apprend. Après tout, j’ai été un virtuose de l’épée. Je pouvais bien réussir à réunir quelques notes…

Alors que je réfléchissais à l’endroit où je pourrais faire l’acquisition d’une guitare, je butais contre une paroi. Je fouillais alors l’endroit, suivant une palissade, rencontrant un coin, suivant le fil du bâton vers un nouveau coin. J’ignorais où j’étais. Cela ressemblait à une cour intérieure, entre plusieurs habitations. J’effleurais à nouveau le mur et rencontrais une cabane improvisée, qui s’éboula légèrement, et un filet de vent. J’avais beaucoup de mal à modéliser l’endroit, du droit au-devant, de l’arrière, à l’entrée.

Survinrent alors des voix jusqu’à moi. Je les captais s’approchant et surement d’où j’étais venu. Cela m’arrangeait. Je traversais le vide quand elles se firent frontales.

« Le voilà ! Je t’avais dit qu’il était passé par là. »

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 Sujet du message: Re: Rues et ruelles
MessagePosté: Ven 2 Fév 2018 15:24 
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Dans le chapitre précédent…

Interarc : Lame & Faera

Chapitre I.2 : La Kizoku Hana


Une fois dans la ville, l'enchanteur s'adressa à sa Faera.

(Alors, par où on commence ?)

(Marche dans la ville, je vais t'expliquer en chemin.)

Cherock s'exécuta alors que dans sa tête, le ton d'Amy se faisait plus sérieux. L'image du symbole du Kizoku Rana apparut également : c'était une fleur de lotus d'un gris sombre, stylisée, formée de cinq pétales en tout. L'ensemble était symétrique, au centre un pétale et le cœur de la fleur, de part et d'autre deux pétales se chevauchant ainsi qu'un cercle disposé juste en dessous complétaient la Kizoku Hana, la Fleur de Noblesse.

(Comme tu peux le voir, on peut séparer la Fleur de Noblesse en trois parties ; celle de gauche, de droite et du milieu. Cette tri-partie n'est pas par hasard. Pour manier le Kizoku Rana, plusieurs qualités sont indispensables, et chaque partie représente l'une d'elle.

Les pétales de gauche sont ceux du Courage. Porter le Kizoku Rana, c'est s'exposer à de nombreux, très nombreux risques. Le courage est donc nécessaire pour faire face aux dangers que tu rencontreras sur la route. Cependant, courage ne signifie pas témérité : en homme intelligent, tu dois savoir dans quels combats tu peux ou non te lancer, tout en suivant ta Voie.)


(Ma Voie ?)

(Tout porteur a un but, une ligne de conduite, une Voie à suivre. C'est une Voie qui te tient à cœur, la ligne directrice qui te guidera toute ta vie. C'est la Voie à laquelle tu mettras ton bras et ta vie en jeu. Tes convictions les plus profondes.)

(Ce qui me tient au plus profond de moi… La liberté… La justice ?)

(C'est ce que je pensais. La déesse Rana incarne la sagesse, elle sait que les mortels ont tous des conceptions différentes de notions comme la Justice, la paix ou la vengeance. C'est pourquoi elle met à disposition cette arme qui aide son détenteur à suivre sa Propre Voie sans jamais s'en détourner. Et c'est aussi pour ça que mon rôle est crucial : trouver les personnes dont l'idéal apporte le plus au monde.)

Cherock pensa à tous les héros qui avaient bercés son enfance. Tout en étant des parangons de vertus, ils s'étaient efforcés à accomplir une mission tout en protégeant ce qui était autour d'eux. Chaque manieur du Kizoku avait essayé de poursuivre cette tâche et certain avaient réussi. (Ma Voie… Quelle est exactement ma Voie ?)

Amy reprit alors.

(Revenons aux pétales de Courage. Tu n'es pas omniscient ni omnipotent. Suivre ta Voie te mènera peut-être à te remettre en question ou te retrouver dans uns situation où tu es impuissant. Savoir quand ton courage doit être refréné ou non, avoir le courage d'assumer ses erreurs, ses torts. Montre que tu es digne de montrer le Courage à la hauteur de ta Voie.

Viennent ensuite les pétales de Sagesse. La lame a été faite en l'honneur de la déesse de la Sagesse Rana, il est normal que cette notion soit importante et d'une certaine manière elle est connectée à celle de Courage. La Kizoku Rana est une arme extrêmement puissante et tu dois savoir lorsqu'il est judicieux de l'utiliser ou non. Pas seulement lorsque l'adversité est trop forte, mais également quand celle-ci est trop faible. Tu dois être capable de faire le discernement entre les moments nécessitant les relations pacifiques et l'emploi de force brute. Dans cette optique, tu devras faire montre d'une intelligence et d'une sagesse pour aborder chaque problème de la façon la plus approprié qui soit.

La dernière partie, la partie centrale, représente la Force. C'est la partie la plus simple : un porteur de la lame se retrouvera souvent face à des situations où le seul recours possible est celui de la force. Il se doit donc d'être un combattant chevronné, pour se protéger, protéger le sabre ainsi que sa Voie.

Le cœur de la fleur correspond enfin à la symbiose de ces trois parties, ta Voie. Les trois parties se recoupent en ce point et doivent se refléter de façon plus ou moins marquées. C'est la quintessence de la Force, le Courage et la Sagesse et sera la preuve que tu es digne de prétendre aux épreuves de la Kizoku Rana.)


Le long monologue d'Amy se finit alors. Cherock réfléchissait à tout ce qu'elle avait pu lui dire. La lame exigeait bien des conditions pour pouvoir être manier, ce qui était une sécurité compréhensible. (Mais quand est-il de ma Voie ?)

La première chose qui lui était venu à l'esprit était les mots « liberté » et « justice ». Il écarta finalement « liberté », qui était en soi la volonté de tous sans forcément être la sienne. Justice en revanche… (La justice est différente pour tous. Chacun est juge de ses actes et de ceux des autres. En suivant la Loi de Valyus, ma conception de la justice s'est modelé : la justice doit être clémente, mais impitoyables aussi. C'est ce que je pense. Est-ce vraiment suffisant pour considérer cela comme une Voie ?)

S'asseyant un instant sur un banc de pierre, le jeun homme se plongea davantage dans son introspection. Puisque la conception de la justice différait selon les personnes, pouvait-il vraiment la prendre comme ligne directrice ? Il serait amené à se battre pour cette justice, aussi devait-elle être la plus solide possible. (Non… Je me trompe.) Le Courage d'admettre ses torts et la Sagesse de pouvoir discerner le vrai du faux. (L'important n'est pas ma vision de la justice, c'est que ce soit ce que j'ai envie d'apporter aux autres. C'est aussi pour ça que le mot « liberté » m'était venu à l'esprit. Tout le monde doit être libre de pouvoir bénéficier d'une justice juste, autant les victimes que les coupables. Il y a aussi…)

(Eh Cherock ? A quoi tu penses ?) résonna la voix d'Amy en le tirant de ses pensées.

(J'essaye de trouver ma Voie.)

(Oh ? Et pourquoi cela te prend autant de temps ?)

(Comment ça ?) demanda-t-il mentalement, interrogateur.

(La Voie, TA Voie, ce n'est pas quelque chose qui se réfléchit. C'est ce que tu penses au plus profond de toi, de la manière la plus pure possible. Te torturer l'esprit ne fausseras que ton jugement.)

(Je vois ce que tu veux dire.. A trop ressasser, revenir sur mes paroles, modifier, revenir au point de départ, je me suis perdu et ai plus détruits de points de repère qu'autre chose.) reconnut Cherock.

(Ce n'est pas grave cela prouve que tu sais te remettre en question. Le premier pas vers l'amélioration, c'est l'échec ! Maintenant, peux-tu me dire qu'elle est ta Voie ?)

(Et bien… Ma Voie regroupe mes croyances. La liberté aérienne de Rana, la puissante justice de Valyus. A travers le Kizoku Rana, je veux pouvoir avoir les moyens d'apporter la justice pour ceux qui en ont besoin. Je veux être libre de pouvoir donner ma vision de la justice sans être oppressé ou corrompu par d'autres personnes. Punir les coupables avec clémence, mais avoir les moyens de les exécuter si la situation le nécessite.)

(Et si le coupable s'avère avoir raison ?)

(Là n'est pas la question. Si les apparences désignent un coupable mais que la situation le dédouane, c'est que les apparences sont trompeuses. Ma justice se fonde sur l'équité et non pas l'égalité. Chaque individu est différent et même si nous devons tous respecter les mêmes règles, nous ne sommes pas tous égaux. Nos passés sont tous différents, comme nos expériences, nos caractères. Adapter le jugement pour que la justice soit rendue une fois que les personnes concernées sont mises sur le même niveau, c'est ma volonté. C'est ma Voie.)

(Un idéal de justice ? Comme on pouvait s'y attendre d'un fils de Valyus ! Ca me plait !) s'exclama la Faera dans sa tête. A la fin de sa phrase, une désagréable sensation de brûlure se manifesta sur le dos de sa main. Et l'enchanteur s'empressa de retirer son gantelet de Faerunne. Ce qu'il vit l'estomaqua, confirmant nombreuses légendes à ce sujet. Faiblement, une marque en forme de losange couché aux bords arrondis brilla en se matérialisa sur sa main. Lorsque la désagréable sensation disparut, la marque arrêta de briller et prit une teinte d'un doré assombri.

(C'est… !)

(Oui, c'est le cœur de la Kizoku-Hana. Ta Voie a pu faire apparaitre le début du sceau, signe que tu peux désormais passer les épreuves du Courage, de la Sagesse et de la Force. D'ailleurs, il semblerait que cela commence maintenant !)

Alors que Cherock finissait de remettre ses protections, des éclats de voix furieux retentirent dans une ruelle adjacente et un homme en sorti en trombe, talonné de près par des gardes d'Oranan. L'un d'eux le rattrapa au bout de quelques mètres et le plaqua violemment au sol. Alors que les gardes l'immobilisaient pour l'attacher, celui-ci se débattait en hurlant.

« Arrêtez ! Je suis innocent ! INNOCENT ! »

Son regard fou et désespéré croisa celui de Cherock. (Comment a-t-elle sut qu'il arriverait- Peu importe. Je m'occupe de ça, on verra après pour les questions.) D'un pas rapide, Cherock s'approcha des gardes tandis que la voix d'Amy résonnait dans sa tête.

(Que la 1ère épreuve commence !)

A suivre…

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Dernière édition par Tergeist le Jeu 8 Fév 2018 01:36, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Rues et ruelles
MessagePosté: Jeu 8 Fév 2018 01:35 
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Chapitre II.1 : Une famille compliquée


L'homme arrêta rapidement de se débattre. Immobilisé et entouré de gardes armés, il ne pouvait rien faire de plus. De par ses traits, sa stature imposante et ses cheveux courts et blonds comme les blés, Cherock identifia en lui un homme de Weihl, tous comme son père. Des Samourais arrivèrent rapidement sur les lieux pour embarquer l'homme attaché, parmi lesquels Cherock reconnu d'ailleurs son père. Il courut dans sa direction pour l'interpeler.

« Eh Papa, il se passe quoi ?

- Cherock ? Mais qu'est-ce que tu fais là ? Tu ne devais pas être au temple de Rana pour le rituel ? lui demanda son père, surpris.

- Oui mais je suis revenu après avoir entendu le Souffle du Voile, j'avais quelques courses à faire. Donc ?

- Un pauvre type qui est entré par effraction dans la maison de son ex-femme. Il voulait sauver son enfant, mais on a un peu du mal à croire cette histoire.

- Mmmh d'accord, vous l'emmenez au siège de la Milice alors ? Je peux venir ?

- Hein ? Bien sûr comme ça tu pourras revoir les autres, mais quel intérêt ?

- Cette histoire m'intrigue… dit Cherock vaguement en pointant du menton le prisonnier qui avançait sous bonne garde maintenant.

- Comme tu voudras. Allez les gars, en route ! »

(C'est bien lui que je dois suivre ?) demanda Cherock à Amy en suivant le groupe de miliciens et de Samourais.

(Exactement. Tu verras, ça va te réserver bien des surprises.)

(Mais je me posais une question… Si tu peux voir l'avenir et savoir ce qui va se passer, pourquoi me tester ? Tu dois bien savoir comment je vais réagir non ?)

Pendant un moment, le silence régna dans l'esprit de Cherock. Puis la voix d'Amy résonna, plus las.

(Tu sais Cherock… J'ai vécu auprès de milliers de maîtres. J'ai vu des centaines de futurs et je vois des dizaines d'embranchement rien qu'ici. Mais ces embranchements, je ne suis pas en mesure de les voir distinctement. Leur précision est toute relative, je ne sais pas ce qui s'y passe, juste les grandes lignes. Je vois des futurs où tu prends le Kizoku en main, d'autres où tu meurs. Beaucoup de choses peuvent se passer.)

(Je vois. Donc tu ne sais pas comment je vais réagir aux différents événements ?)

(Beaucoup de choses vont se passer autour de ces événements. C'est tout ce que je sais.)

(Très bien… Allons-y alors.)

Malgré tout, Cherock remarqua que le ton d'Amy était différent. Moins enjouée, comme si quelque chose lui pesait. Mais il n'avait pas le temps de penser à ça. (Je lui demanderai plus tard.)

A suivre…

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 Sujet du message: Re: Rues et ruelles
MessagePosté: Jeu 8 Mar 2018 01:00 
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Dans le chapitre précédent…

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Chapitre IV.1 : "A vivre sans péril, on meurt sans Courage."


Cherock courait dans les rues d'Oranan aussi vite que ses jambes lui permettaient. Il jetait frénétiquement des coups d'oeil dans le ciel pour essayer de distinguer l'oiseau en fuite, mais celui-ci se déplaçait bien plus vite que le jeune homme à pied qui devait remonter une des grandes artères de la ville, remplies de personnes. Heureusement, le ravisseur semblait tout de même handicapé par son otage et remontait plein nord, restant toujours dans le champ de vision de Cherock.

Il se posait d'ailleurs des questions sur cet oiseau, ce Glenas. Il en avait déjà entendu parler, un oiseau vivant dans la grande majorité des forêts. Il pouvait facilement enlever du petit bétail sans soucis dans les fermes et les pâturages. Dans la forêt entourant le temple de Rana, il avait également parfois entendu leur gloussement caractéristique, ressemblant à celui d'un énorme dindon avec une poignée de gravier au fond de la gorge. Le fait que ce Glenas soit Hiwa ne laissait pas de doute à Cherock, bien que ça l'étonne au plus au point. (Un humain qui se transforme en animal, j'aurai décidément tout vu aujourd'hui !)

Une sensation de brûlure le prit soudain à la main. Au début, l'enchanteur n'y fit pas attention, bien trop occupé à se faufiler entre les passants qui s'arrêtaient parfois brusquement en entendant les cris de terreur de l'enfant. Certains hommes commençaient également à courir après l'oiseau pour essayer de secourir sa proie. Après avoir esquivé une femme et son enfant qui ramassait les bris d'un pot cassé par la stupeur du spectacle aérien, la douleur s'intensifia de plus belle. Elle n'était pas si douloureuse que ça mais son origine était tellement improbable qu'il ne put l'ignorer plus longtemps. En voyant que plusieurs personnes étaient à la poursuite de l'animal, Cherock sut qu'il n'aurait pas de mal à retrouver la piste de l'oiseau. Il s'autorisa alors un bref instant de répit et défit le gantelet de Faerunne gauche.Sur le dos de la main, il vit une curieuse marque rayonner, ressemblant à deux pétales stylisés se superposant, au-dessus d'un cercle. Leur pointe était du côté de son pouce et leur couleur tournait sur un bleu cobalt. La marque brilla encore une fois puis s'éteignit, laissant une marque d'un gris étouffé en aillant emporter avec elle la sensation de brûlure. Cherock passa le doigt dessus et ne sentit rien de particulier étrangement.

(Amy, ça ne serait pas...)

(Exactement. Cherock, en proposant une troisième solution et grâce à la perspicacité de ta réflexion durant les évènements, j'ai jugé que ta Sagesse était suffisante pour manier le Kizoku. Prendre le temps de réfléchir avant d'agir et de dégainer son arme est un des pré requis fondamental à tout porteur de cette lame. Ton idéal de justice y a répondu avec justesse. Je t'offre donc les Pétales de Sagesse, qui forment avec ceux de la Force et du Courage la Kizoku Hana. Assemble la fleur et tu seras digne de porter ma lame.)

Dans la tête de Cherock, le symbole du Kizoku flotta : les pétales de gauche brillaient d'une lueur verte, ceux du milieu de rouge et ceux de droite de bleu. Les deux cercles situés sous les pétales de gauche et de droite prenaient également la couleur respective de leurs pétales.

Alors qu'il levait la main à la hauteur de son visage pour contempler la marque, Cherock entendit une voix dans son dos.

« Mmmh, ton tatouage m'a tout l'air d'être spécial, mais il lui manque un petit quelque chose... »

Derrière lui, adossée une porte en fer forgé noir, se trouvait une ravissante jeune femme. Ses cheveux cendrés tombait en une cascade souple dans son dos et couvrait un tatouage dont les ramifications s'étendaient jusqu'à ses épaules. Un sourire séducteur sur les lèvres et un regard magnétique captivèrent presque assez Cherock pour qu'il ne remarque pas la tenue de la jeune femme.

« Euh, il ne vous manquerait pas des vêtements ? » demanda maladroitement Cherock devant la tenue vaporeuse et sensuelle de la jeune femme. Celle-ci éclata de rire avant de regarder le jeune homme droit dans les yeux.

« Quelle innocence ! Tu me plais bien. Je suis Anthelia, la tatoueuse. Tu m'as l'air bien occupé, mais passe me voir quand tu auras terminé tes tâches, nous pourrons avoir une discussion... Intéressante. »

Dans un dernier sourire, la volcanique jeune femme rentra dans sa boutique en laissant derrière elle un Cherock complètement médusé. Son cerveau avait arrêté de fonctionner, complètement surchargé par la foule d'informations et de sentiments contradictoires qui l'assaillait. C'est l'apparition d'Amy dans son esprit qui le ramena à ses esprits. Les cheveux de la Faera étaient d'un rouge éclatant dont les pointes tiraient sur le vert sombre.

(Eh Cherock ! T'as pas autre chose à faire que de te faire embobiner par cette allumeuse ?!)

(Euh oui oui !)

Remettant ces idées à plus tard, le jeune homme reparti aussitôt en direction des portes Nord de la ville qu'il apercevait au loin. La pause avait duré une trentaine de secondes, lui laissant à peine le temps de reprendre correctement son souffle. Lorsqu'il arriva enfin aux portes de la ville, l'agitation était quant à elle grande. Toutes les personnes présentes étaient tournées dans une seule direction en parlant dans un vacarme assourdissant du survol du Glenas. Les Miliciens présents sur les remparts avaient un arc en main avec une flèche encochée, mais s'étaient résignés à ne pas pouvoir tirer. (Blesser l'enfant serait vite arrivé, d'autant plus que la chute du Glenas touché lui aurait été fatal.)

Le jeune homme sorti en trombe de la ville et se dirigea à pleine vitesse dans la direction de tous les regards : les falaises au nord d'Oranan.

A suivre…

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