L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Rues et ruelles
MessagePosté: Jeu 14 Juin 2018 23:25 
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Dans le chapitre précédent…

Deuxième Arc : L’art de faire parler la Foudre

Chapitre I.1 : La Mouette


(C'est quand même dommage que ce cynore ne soit pas en état de marche.)

(Et oui, la faute à pas de chance… C'est pas grave Cherock, on en prendra un pour le retour.)

Cherock était allongé sur le banc d'un bateau à fond plat utilisé pour descendre le canal parcourant la ville. Ce moyen de transport était le plus rapide pour rejoindre le port oranais quand la circulation piétonne était dense comme aujourd'hui. Le batelier, un vieil homme à la peau tannée par le soleil et les mains noueuses, guidait lentement sa barque sur l'eau, croisant des embarcations chargées de textiles. Ce canal servait également au transport du grain vers la mer pour que les marchands puissent l'exporter de par le monde et la barque du jeune homme suivait justement l'une de ces péniches à fond plat pour progresser dans son sillage. Indéniablement, le batelier connaissait son affaire en poussant de sa longue perche pour se maintenir derrière la péniche. Les yeux rivés sur le ciel, Cherock aperçut une ombre passer au-dessus de lui : un cynore. Ces immenses machines volantes, fruit de l'inventivité sans limite des Sindels, défiaient l'entendement. Elles pouvaient engloutir des centaines de kilomètres par jour. Hormis les elfes de Air Gris, nul ne savait comment fonctionnaient ces machines.

Shory se trouvait à environ trois mois de marche d'Oranan, soit moitié moins avec une monture ou une caravane. Mais ce cheval devait se reposer, contrairement au cynore qui peut continuer à fonctionner bien plus longtemps. En deux jours le trajet pouvait être plié ! Le seul souci résidait dans le fait que le vaisseau affrété à la liaison Oranan / Shory avait subi une avarie et que la ligne était par conséquent coupé. Il aurait pu attendre que le problème soit réglé mais sa résolution pouvait bien prendre deux comme dix jours. Il ne voulait pas rester dans autant d'incertitude et ronger son frein maintenant que l'impatience et l'excitation le guettait.

Tournant la tête sur le côté, il vit son sac de voyage réalisé la veille. Sa mère n'avait pas énoncé d'objection en entendant son fils déclarer vouloir traverser le continent, elle s'était juste contentée de l'aider à emballer ses affaires en lui donnant toute une série de conseils et de recommandations. Il avait lu une pointe d'inquiétude poindre dans son regard mais vite s'éteindre, comme lorsqu'elle voyait son époux partir vers une énième escarmouche avec les Garzoks du Nord. Elle lui avait néanmoins fait garder son bijou, la sphère argentée attachée à une bague d'argent également.

« Comme ça, un petit morceau de ta mère continu de veiller sur toi. »

Souriant à cette formulation, l'enchanteur sorti la bague pour la glisser à son doigt puis joua un temps avec, machinalement.

(Ces maîtres magiciens, cela te dit quelque chose Amy ? A part quelques rares mentions dans des ouvrages magiques, je n'en sais pas plus.)

Une brusque secousse ébranla l'embarcation : une autre barque avait quelque peu percuté celle de Cherock et les deux bateliers s'invectivèrent en se rejetant mutuellement la faute.

(J'en connais quelques-uns en effet oui. C'est un titre honorifique qu'on attribue aux magiciens et magiciennes les plus doués de leur temps, ayant des capacités bien au-delà de l'imagination des personnes lambdas. S'ils sont toujours vivants ou déjà nés, ça en revanche…)

(Comment ça, déjà nés ?) la formulation fit tiquer l'enchanteur.

(J'ai eu plusieurs maîtres venant du futur par rapport à toi Cherock je te rappelle ! J'ai même pu croiser ta descendance si ça se trouve.)

(Mmh, pas faux. Et le maître magicien Frans, il te dit quelque chose ?)

(Pas lui non. J'ai déjà rencontré le maitre magicien de la foudre Azgara, mais pas ce Frans.) répondit la Faera après avoir pris un air songeur, flottant dans la tête de Cherock, ses ailes nimbées de vert.

Le fulguromancien se souvint de la première fois qu'il avait vu ce nom, mentionné comme l'auteur de l'ouvrage « Applications avancées de la Météorologie des orages. ». Un livre aussi complexe que passionnant sur l'emploi des fluides de foudre dans la création de nuages orageux, mais dont la complexité dépassait totalement le jeune homme lorsque venait la pratique. Il s'était alors juré de le retrouver un jour pour apprendre auprès de lui si l'occasion se présentait.

Quelque chose lui revint subitement en mémoire et Cherock plongea sa main dans son sac pour en ressortir plusieurs pierres, les runes qu'il avait ramassées jusqu'alors. L'une d'elle l'avait été juste après son combat avec le père d'Hiwa pendant les épreuves de la Kizoku. Il n'avait pas eu le temps de tenter de l'identifier mais il avait le temps maintenant. D'un rapide coup d'œil aux bâtiments environnant, il estima qu'il arriverait au port d'ici une poignée de minutes ce qui lui laissait le temps de tenter une identification. Il ferma les yeux, serra la rune dans la paume de sa main gauche et écouta les pulsations fluidiques de la pierre.

A suivre…

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 Sujet du message: Re: Rues et ruelles
MessagePosté: Sam 7 Juil 2018 14:14 
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Au vu des derniers événements, je ne voulais plus rester à la Tour d’Or. Je ne voulais pas non plus rentrer à Kendra Kâr. Je m'étais senti coincé. J’avais eu besoin de changer d’air. Me relever et quitter l’appartement de Simaya avait été l’effort le plus difficile. Cela m’avait pris le reste de la journée et une nuit entière pour me décider de ne plus me morfondre. J’avais aussi eu l’espoir que Sim’ réapparaisse. J’avais espéré pouvoir faire mon deuil avec elle mais j’avais dû me rendre à l’évidence. Elle ne rentrerait pas et rien ne me certifiait qu’elle voudrait encore m’adresser la parole. Voir, croiser mon regard. Y songer m’avait causé une vive souffrance. J’avais refusé de rester inactif les jours suivants. Mû par la volonté de me reconstruire, j’avais quitté la Tour d’Or, refusant le confort proposé par les conseillers. J’avais rejoint la bourgade s’étendant à leurs pieds. J’avais proposé mon aide aux différents habitants en échange d’un toit et d’un peu de nourriture. Ainsi, j’avais regoûté au travail pénible de l’agriculture. La couleur dorée des champs n’avait pas rendu le travail moins pénible. Bêcher, fourcher et arroser avaient remplacé ma douleur par une autre. Plus physique, plus palpable mais le mal demeurait. Plusieurs fois par jour j’avais levé la tête en espérant apercevoir une silhouette blonde. J’avais tout de même repris une certaine joie de vivre en compagnie de la petite famille de fermiers qui m’avait accueilli. Un type à peine plus vieux que moi qui venait de Fan-Ming. Il avait été présent à la bataille cinq années auparavant. Il m’avait reconnu quand j’étais venu frapper à sa porte et ne semblait pas en croire ses yeux. Son air ahuri m’avait arraché un mince sourire. Les cheveux courts, déjà presque gris, le regard fatigué mais jovial. Il était généreux et avait le goût du travail bien fait. Sa femme, elle, n’était pas de Fan-Ming, native d’Aliaénon mais d’une origine qu’elle n’avait pas dit et que je n’avais pas eu l’audace de demander. A peine plus jeune, elle était un peu ronde mais possédait une grâce de danseuse. Il y avait aussi deux fils. L'un assez âgé pour aider le père dans les champs, l'autre se contentait pour l'instant d'observer et d'apprendre en s'amusant.

Malgré l'épuisement après une journée de labeur, j’avais continué à m'exercer au maniement du bâton le soir sous le regard attentif du plus jeune fils qui me demandait à chaque fois si je pouvais lui montrer ma magie et affichait une moue boudeuse après mon refus ce qui me faisait sourire un peu plus jour après jour. Je répétais les exercices vus avec Dromi. Au bout de quelques semaines j’étais parvenu enfin à avoir une certaine adresse. Celle de ne plus laisser l'arme m'échapper des doigts ou de me cogner les chevilles, les épaules ou la tête avec.

Un jour, alors que j'arrosais les champs de blés d'or, j'avais levé la tête. Peut-être était-ce la chaleur ou la fatigue mais j'avais aperçu, ou plutôt cru apercevoir, une silhouette connu. Un corps mince, frêle. Un visage fin à l'air ahuri surplombé d'une chevelure en bataille de couleur blonde. Finarfin rentrait à la Tour d'Or. J'avais lâché mon arrosoir pour me précipiter vers la route sous le regard médusé du fermier et de son fils. En arrivant sur une route complètement vide, j'avais compris qu'ici, entre les visions de Fin' et l'attente désespérée de Simaya, jamais je ne pourrais me reconstruire.

Le soir même, j'avais annoncé à ceux qui m'avaient accueilli que j'allais partir. Ils avaient hochés gravement la tête et le lendemain j'avais pris la direction de la Tour d'Or pour emprunter le fluide et retourner à Oranan.

Me voici donc de retour dans la capitale Ynorienne, devant la milice au petit matin. Les rues sont encore calmes, rafraichie par une douce brise venant de la mer et caressée par la lueur du soleil levant. A nouveau, les fluides magiques s'agitent en moi et plus autour de moi. Les quelques fioles ingurgités pendant les semaines passées sur Aliaénon se ressentent à présent et m'avaient même un peu secoués dès que j'avais posé un pied sur Yuimen. J'en avais gardé le contrôle, appelant intérieurement au calme mais j'avais d'abord cru que ma poitrine allait exploser.

Je dois maintenant me décider. Je ne veux pas rentrer à Kendra Kar. Enfin si, j'en ai très envie. C'est même ce que je désire le plus au monde mais je ne peux pas m'y résoudre. Je ne suis pas prêt à regarder ceux que je connais en face. Le destin, dirait l'Humoran, me guide vite sur la voie à suivre. Une troupe de cavaliers passe devant moi, l'un d'eux s'arrête et m'interpelle.

"Vous. Je vous reconnais ! Vous êtes Xël ! Un héros d'Aliaénon !"

Celui qui le suivait s'arrête et m'observe à travers son casque qui représente un visage monstrueux qui tire la langue. Moi, j'ouvre des yeux étonnés, encore surpris d'être ainsi reconnu dans la rue. Le cavalier poursuit.

"Un Troll a été aperçu dans la forêt à l’est, on craint qu'il ne s'attaque à un petit village près d'où on l'a vu. Votre aide serait utile."

Il me tend la main alors que celui au masque se remet en route en nous pressant de faire vite. Jamais je n'avais aperçu de Troll et j'avais entendu très peu d'histoires sur eux. Mais je sais que ce sont de grandes créatures dangereuses, si ces villageois sont en danger, je dois les aider. Je saisis la main gantée de cuir en inspectant le visage de celui qui me la tend. Enfin ce que je peux en apercevoir. L'homme couvre lui aussi son visage d'un casque, ou plutôt d'un masque en tissu sombre et un voile, ne me laissant voir que ses yeux bridés de couleur marron. Il m'aide à me hisser derrière lui et nous repartons au galop pour rejoindre les quatre autres membres de son groupe aux portes de la cité. Tous sont casqués et se tournent vers moi, semblant interroger ma présence. Cependant aucun d'eux ne prend la parole pour demander clairement qui je suis et ce que je fous là. Le cavalier au masque de monstre fait un signe de tête et nous nous mettons en route. Vers l’est.


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 Sujet du message: Re: Rues et ruelles
MessagePosté: Jeu 12 Juil 2018 03:39 
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Malgré ses discussions avec Borte et Celemar et malgré le bien-fondé de leurs explications respectives, une déception amère hantait toujours Sibelle. Elle aurait souhaité une fin différente. Même si elle tentait de se convaincre que c’était mieux ainsi, son cœur, ses sentiments prenaient le dessus sur la raison. Ainsi était la guerrière elfe blanche. Toute en émotion et en impulsivité, il lui fallait du temps pour digérer ses contrariétés.

D’un bon pas, de celle qui sait où elle va même si ce n’était pas le cas, Sibelle empruntait rues et ruelles aléatoirement. Elle marchait ainsi sans but depuis près d’une heure lorsqu’elle entendit des couinements ressemblant à celle d’un bébé affamé, d’un chat en colère ou d’un quelconque animal blessé. En fait, Sibelle n’avait aucune idée de ce qui criait ainsi, mais elle voulait savoir de quoi il en retournait afin d’apporter son aide le cas échéant. En alerte, la guerrière se dirigea au pas de course dans la direction où semblaient provenir les cris. Elle emprunta d’abord une ruelle vers l'Est puis une autre beaucoup plus étroite direction Nord. L’elfe blanche venait tout juste de pénétrer dans cette dernière que le cri cessa et qu’un gros chien noir aux poils hirsutes, apeuré, l’oreille droite en sang et boitant de la patte gauche, la bouscula tout en s’enfuyant aussi vite que lui permettaient ses blessures. Il avait apparemment eu affaire à plus féroce que lui. Sur ses gardes, la maître d’armes pénétra plus à fond dans cette sombre ruelle devenue soudainement silencieuse. La terre battue permit à Sibelle d’avancer sans faire de bruit, tout en prêtant une oreille attentive. Mis à part quelques vieilles boîtes de bois vides et quelques détritus traînant sur le sol, l’endroit semblait vide. Elle allait rebrousser chemin lorsqu’elle perçut un léger froissement d’ailes non loin d’une caisse vide de pommes à sa droite. Elle s’arrêta immédiatement et déplaça ladite caisse. Aussitôt les cris reprirent de plus belles et Sibelle en vit l’auteur. Ses yeux noirs dardant Sibelle, son bec gris ouvert dévoilant le bout crochu paré à déchirer quiconque s’approchait de trop près, ses ailes déployées, le faucon hostile semblait prêt à attaquer.

Interdite, Sibelle s’immobilisa. Tout en observant l’animal, elle s’interrogeait sur la raison de la présence de cet oiseau à cet endroit et surtout pourquoi il ne s’était tout simplement pas envolé à son arrivée.

(Sans doute une mère protégeant ses œufs ou ses petits)

Quoi que censée, cette hypothèse s’avéra fausse. En baissant légèrement le regard, Sibelle vit aussitôt la patte droite de la bête coincée dans une espèce de piège utilisé par les chasseurs pour attraper de gros gibiers.

(Un piège ici dans les ruelles d’Oranan ?)

En effet, il était plutôt surprenant de voir un animal sauvage piégé en plein milieu d’une cité. Sans se poser plus de questions, Sibelle s’approcha doucement de l’oiseau avec l’intention de le libérer de ce piège à ours. Effarouché, l’oiseau ne la laissa pas s’approcher davantage, la menaçant à coup de becs bien sentis. Sibelle grimaça, mais se retint de crier, son orgueil aidant à tolérer cette situation. Une autre aurait peut-être abandonné la tentative de libération, laissant l’oiseau blessé récalcitrant à son propre sort. Mais Sibelle plutôt entêtée, déchira un bout de sa tunique et s’y enveloppa la main gauche.

Après quoi, elle dégaina son épée de la main droite et l’approchant de la tête de l’oiseau, elle le menaça, les dents serrées.

« Je vais te libérer de ton piège, mais ne t’avise pas de m’attaquer de nouveau, sinon ta jolie petite tête quittera ton cou. »

Paroles bien inutiles puisque l’animal ne pouvait la comprendre, quoique le ton de la voix et la mimique de la belle était sans équivoque. Elle n’hésiterait pas à le tuer, s’il tentait de l’attaquer de nouveau. Ainsi dans la plus pure coïncidence, l’oiseau de proie ferma son bec et replia ses ailes. Sibelle glissa sa lame entre les deux mâchoires du piège afin de l’ouvrir suffisamment pour retirer la patte blessée. Elle repoussa ensuite le piège au loin et tâtonna délicatement la patte de l’oiseau devenu docile et constata que celle-ci était malheureusement cassée à plusieurs endroits.

« Voilà tu es libéré de ce piège. Je ne voulais pas de faire de mal, tu sais. »
Dit-elle d’une voix douce si rare de sa part, tout en caressant délicatement les plumes dorsales de l’oiseau.

« Mais je ne peux te laisser partir ainsi, je dois d’abord soigner ta patte cassée. »

Ce disant, Sibelle ramassa une planchette de bois et la cassa en morceaux de taille adéquate pour servir de tuteur. Elle déroula ensuite le bout de tissu qui camouflait sa main. Elle prit méticuleusement le membre blessé et s’apprêtait à y faire une attelle improvisée lorsque le faucon déposa fermement ses serres sur la main de la guerrière. Contrariée par ce geste agressif, promptement la guerrière leva les yeux vers la tête de l’oiseau. Ce dernier la fixa alors de ses yeux noirs perçants. Son regard devint si intense qu’elle fut incapable de s’en soustraire. Figée, elle eut l’impression qu’il pénétrait son cerveau et fouillait son esprit, comme s’il était devenu un livre ouvert et que l’âme de cet oiseau en feuilletait les pages. Dans un ultime effort, elle tenta de l’expulser de son crâne.

« Stop ! » S’écria-t-elle enfin.

Aussitôt, l’intrusion, dont elle était victime, cessa. Secouée et agacée par cette expérience singulière qu’elle venait de vivre malgré elle, elle l’interrogea fermement :

« Qui es-tu ? Pourquoi as-tu fait ça ? »

Pour toute réponse, il darda son regard dans celui de la guerrière. Elle craint un moment qu’il s’infiltre à nouveau dans son esprit, mais ce ne fut pas le cas. Sans pouvoir détacher son regard, elle vit ce dernier se modifier. L’œil rond du faucon s’agrandit et s’étira. Une pupille noire prit forme au centre, alors que l’iris adopta une teinte marron irisé de petites lignes légèrement plus pâles. Des cils encerclèrent ces yeux désormais humains et la guerrière put enfin prendre du recul. Le faucon n’était plus. Un bel humain d’une trentaine d’années le remplaçait. Interdite, Sibelle ne dit mot, l’observant d’un œil à la fois admirateur et inquisiteur.

« Je me prénomme Marcus. La vue de votre médaillon des Danseurs d’Opales m’a rassuré. Mais je me suis tout de même introduit dans votre esprit afin de vous sonder avant de vous faire connaitre ma vraie apparence. »

Sibelle acquiesça de la tête, sans commenter, invitant ainsi l’homme arborant des cheveux bruns courts joliment ondulés à poursuivre.

« J’étais en mission, mais on m’a démasqué et piégé. Je dois me rendre à l’auberge des hommes libres afin de protéger une famille. » Dit-il en faisant mine de se lever.

Sans prévenir, Sibelle le repoussa fermement sans difficulté, malgré sa charpente musclé et sa haute stature, l’obligeant ainsi à rester en position assise.

« Vous n’êtes pas en état de protéger qui que ce soit, vous avez besoin de soin. » Justifia-t-elle fermement.

Un petit sourire d’amusement se dessina sur le visage de l’homme :

« J’avais bien décelé ce fort caractère lors de mon intrusion… alors soit, vous devrez les protéger à ma place ! »

Sibelle réfléchit un très bref instant, puis accepta.

« Oui, je veux bien vous aider s’il s’agit d’honnêtes gens. Mais je ne vous laisse pas ici. Je vais faire une attelle pour votre jambe blessée et ensuite je vous transporterai à l'auberge des hommes libres, où je réserverai une chambre pour vous y déposer. »

Cela dit, Sibelle se mit à la besogne. Choisissant deux planches un peu plus longues et plus larges, elle en mit une de chaque côté de la jambe qui était cassée à plusieurs endroits. Elle utilisa alors le bout de tissu déjà déchiré en lanières pour fixer l'attelle solidement, évitant tout mouvement des os.

Lorsqu'elle eut terminé, il tenta immédiatement de se mettre debout, mais la guerrière l'en empêcha :

« Reprenez plutôt votre forme animal, ce sera plus discret. Il me sera aussi plus simple de vous transporter et vous serez moins facile à repérer. »

L’homme acquiesça et se couvrit de sa cape. Sous les yeux ahuris de Sibelle, il diminua de taille et la cape brune prit peu à peu l’aspect du ravissant plumage brun, marbré à certains endroits.

Avec précaution, l’hinionne le prit dans ses bras, le colla tout contre elle et le dissimula sous sa cape et prit sans tarder le chemin la menant à l’auberge.

((( 1 401 mots )))

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Dernière édition par Sibelle le Sam 14 Juil 2018 02:45, édité 8 fois.

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 Sujet du message: Re: Rues et ruelles
MessagePosté: Ven 13 Juil 2018 17:00 
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L’oiseau camouflé sous sa cape, Sibelle arpentait les rues avec cette fois une destination bien précise. Au bout d’un moment, une voix chaude et agréable, celle de l’homme blessé, parvint dans l’esprit de Sibelle :

(« Vous avez décidément une plus grande affinité avec les oiseaux qu’avec les humains. Lorsque je suis sous ma forme de faucon, je découvre une toute autre femme. Votre voix est plus douce, vous.. tu me tutoies, tu caresses mon plumage et tu sembles plus détendue. »)

Surprise et comme si elle était prise en flagrant délit de tendresse, Sibelle cessa subitement toute caresse à l’endroit de l’oiseau. En fait, elle ne s’était pas aperçue de son geste avant qu’il lui en fasse la remarque. Et pour toute réponse, l'hinionne dit à voix haute d’un ton contrarié:

« Vous n’êtes pas en train de fouiller mes souvenirs là ? »


Une femme maigre d’une cinquantaine d’année occupée à balayer l’entrée de son logement leva la tête, se demandant si Sibelle s’adressait à elle. Le regard sévère de la guerriere à son endroit la convint rapidement que ce n’était pas le cas.

(« Non, rassures-toi, je ne me le permettrai plus. J’ai agi ainsi pour ma sécurité et ce n’est plus désormais nécessaire. »)

Sibelle ne commenta pas, continuant sa marche d’un bon pas, tout en reprenant sans s’en rendre compte ses caresses sur le plumage de son protégé. Cette fois-ci, le faucon se garda bien de lui faire la remarque profitant de ce massage gratuit qui lui apportait un certain réconfort.

Ce ne fut qu’à une rue de l’auberge que l’oiseau sortit sa tête de la cape et intervint de nouveau de sa voix aimable:

(« La boutique de Nataku Arashimasi n’est pas loin d’ici. Vas-y afin d’acheter des potions de soin, cela accéléra ma guérison. Je te rembourserai à l’auberge, une fois que j’aurai retrouvé ma forme humaine »)

La guerrière ralentit un peu la cadence afin de se repérer puis se dirigea vers l’endroit demandé.

((( 332 mots)))


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