L'Univers de Yuimen déménage !


Nouvelle adresse : https://univers.yuimen.net/




Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 194 messages ]  Aller à la page Précédente  1, 2, 3, 4, 5, 6 ... 13  Suivante
Auteur Message
 Sujet du message: Re: Voyages en Aliaénon
MessagePosté: Mer 1 Fév 2017 20:02 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Jeu 28 Juin 2012 18:15
Messages: 686
Localisation: ~Quête 35~
~Auparavant~

~9~



Réunis autour du feu de camp, la troupe échange, écoute, s'organise et se restaure. À mon inquiétude concernant les buffapas, le Ser Thersien prend le temps de me donner quelques informations. Apparemment, hormis l'humain et le dragon, cette créature n'a pas de prédateur naturel. Son côté calme est développé au point qu'elle n'est pas du genre à céder à la panique. Si l'apprendre me rassure quant à la nuit à venir, je ne peux que rejoindre mon interlocuteur quant aux interrogations sur ce qui a pu pousser le troupeau jusque-là. Fan-Ming se trouve au nord, ce me semble. La cité, dont je crois me souvenir qu'elle devait se consacrer à l'étude de phénomènes magiques à mon départ, serait-elle impliquée d'une quelconque façon ? Aucun moyen de le confirmer ou son contraire pour le moment.

La soirée progresse, et si j'étais volontaire pour le second tour de garde, voir autant de mes compagnons de route penser la même chose me fait me raviser. Je demeure donc debout lors des premières heures, attentif, jusqu'à ce qu'il soit temps d'éveiller la relève. Dès que les nouvelles sentinelles sont prêtes, je rejoins ma tente où je m'installe à genoux, une couverture sur les épaules après avoir ôté mon armure. Yeux clos, je plonge profondément dans mes pensées, les réorganisant sous la silencieuse supervision de ma faera. Une sensation étrange m'envahit, comme si j'étais en pleine discussion avec elle, sans prononcer un mot et sans comprendre ce qui se dit.

Pourtant, rien de cette impression ne subsiste lorsque je rouvre les yeux, un duo d'heures plus tard. J'avise ma main que je resserre doucement, à la fois content de ne plus passer autant de temps à dormir, mais inquiet de me sentir de moins en moins... Humain. De nouveau équipé, je fais doucement le tour du campement, m'amusant de ronflements par-ci, de sons étouffés par là, et du côté presque hypnotisant de la sérénité des buffapas. Je finis par m'asseoir et vérifier mon équipement sans prononcer une parole.

Le jour finit par se lever, accueilli par l'odeur d'une boisson amère préparée par le Chevalier d'Or. Quelque chose d'énergisant qu'il appelle café. Une amertume peut-être un peu moins prononcée que celle de certains thés que j'ai pu goûter, mais assez forte pour tirer certains aventuriers de leur état somnolent. Rapidement, le campement est levé et la route reprise. Il ne nous faut qu'une poignée d'heures pour atteindre la lisière de la forêt et nous séparer des autres. Le Chevalier d'Or nous salue, tout comme Dame Asheara à laquelle je réponds d'un sobre mais sincère sourire. Prenant la tête du groupe en poussant ma monture dans le passage, j'avise mes compagnons de route, m'assurant que tous sont prêts, puis nous nous lançons.

La forêt est encore plus belle que dans mes souvenirs. Verdoyante, teintant même la lumière de ce coloris. Cependant, l'humeur n'est pas à la détente. Sous ma selle, je sens le cheval tendu, raide à mes directives. Il obéit, mais à plusieurs reprises sa tête se détourne vers quelque ombre jouxtant la voie. Habitué aux caprices de Ganko, je n'ai pas grande difficulté à tenir en selle, mais je préfère ralentir légèrement l'allure, de crainte qu'un de mes compagnons n'ait pas cette chance. Bientôt, Ser Célémar vocalise ce que tous pensent : nous sommes observés.

Quelques heures plus tard, les estomacs se faisant entendre, mon groupe s'arrête pour prendre un repas. Mais là encore, je ne peux pas m'empêcher de scruter les alentours. Serait-ce par hasard les hommes du Capitaine Diasgo qui nous surveillent ? Je porte pourtant une armure de Treeof. Si tel était le cas, ils se seraient manifestés, non ? À côté de moi, le gigantesque loup noir fait passer un message à la ronde, nous apprenant que l'archisorcier lui a parlé de liykors vivants dans les environs, mais que s'ils ne nous ont pas encore attaqué malgré le temps passé, c'est qu'ils ne comptent pas le faire. Sagement, il conseille la prudence et la diplomatie. À la lecture, je reprends une expression attentive mais moins tendue avant de hocher la tête.

Subitement, trois silhouettes font irruption à proximité de mon groupe. J'écarquille les yeux, mettant un instant à réaliser ce que je vois. Un premier être globalement humain, armé d'une lame, mais surtout à tête de... Hibou. Juste à côté, c'est un cerf blanc par la tête et les membres inférieurs, à la ramure impressionnante. Le dernier, et le seul à s'adresser à nous, ressemble à une sorte d'homme grandement poilu à cornes de bouquetins ou de chèvre bipède. Il nous demande qui nous sommes pour entrer ainsi dans leur territoire. Je rencontre le regard du Ser Algaries, me renvoyant la même conviction que j'ai déjà : j'ai mené ces gens ici, je suis responsable d'eux. Ser Vassiliev se pose en défenseur de Dame Galelia, les Dongho sont sur leur garde, et je suis certain que si ces trois individus devant nous se sont montrés sans crainte, c'est qu'ils ne sont pas seuls.

J'avance d'un pas, me postant entre mes camarades et les arrivants. S'ils peuvent parler, alors peut-être pouvons-nous trouver un terrain d'entente.

"Salutations. Je pensais la forêt d'Emeraude sous la protection des Hommes Pâles. J'ignorais que d'autres revendiquaient ce territoire."

Je colle mon poing contre mon buste et effectue une salutation à l'ynorienne avant d'aviser notre interlocuteur. Rapide réflexion. Ma décision : prendre toutes les responsabilités pour ceux qui m'accompagnent.

"Je suis le Sergent D'Esh Elvohk Kiyoheiki, d'Oranan. Je conduis ce groupe à la cité Pâle de Treeof."

J'étends légèrement le bras, geste aussi bien destiné à présenter mes compagnons de route qu'à empêcher un éventuel mouvement. J'ai été honnête, peut-être trop. Reste à espérer que ces individus ne sont pas en conflit ouvert avec les Pâles.

"Puis-je savoir à qui nous avons l'honneur ?"

Pourquoi personne ne nous a informé de la présence de cette peuplade dans la forêt ? Est-ce un peuple réellement inconnu ? Tous semblent mâles. Serait-il possible que les hommes du peuple Pâle aient aussi acquis la capacité de se métamorphoser ? Encore bien des questions sans réponse, pour le moment.




(1 017 mots. Méditation de 2 à 4h)

_________________


Dernière édition par Kiyoheiki le Dim 5 Fév 2017 12:04, édité 1 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Voyages en Aliaénon
MessagePosté: Mer 1 Fév 2017 23:17 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 6 Déc 2015 20:43
Messages: 309
Localisation: Aliaénon
...

Charis, finalement, hocha simplement de la tête pour accepter la venue de la petite fille dans l'équipe. Ce fut ensuite Karz qui se joignit à eux et tout rentre en ordre. Alors que le Chevalier répondait à la question de Kiyoheïki, Yurlungur s'approcha de Celemar qui s'apprêtait lui aussi à se coucher. Un sourire malicieux sur le visage, elle demanda d'une voix doucereuse :

« Est-ce que vous seriez capable de me faire peur avec une histoire, ce soir ? »

La réponse était presque rhétorique, songea-t-elle. De toute façon, il n'y arriverait pas – c'était l'évidence même. Mais il fallait qu'il tente le diable pour voir ce qu'elle avait dans les tripes. Et puis, une histoire “qui fait peur”, ce serait sûrement une berceuse pour elle et elle ne s'endormirait que plus facilement.

Il secoua la tête et refusa platement la demande, sous prétexte qu'il avait à s'inspirer de l'“essence de ce monde”. Elle le regarda s'écarter, une colère sourde montant en elle. Elle ravala sa fierté, se rendit, les poings serrés, dans la tente qu'elle partageait avec Dorika, puis s'enroula dans la couverture et, ainsi emmitouflée, se laissa rapidement sombrer entre les bras de Morphée.

Elle ne se réveilla que lorsque la main d'un des aventuriers du premier tour de garde vint secouer son pied, la tirant d'un sommeil sans rêve. Encore à moitié inconsciente, elle se leva et, prenant garde à ne pas faire trop de bruit ni gêner sa voisine, elle sortit. Charis était déjà là, assise à côté du feu, tandis que Karz s'était posté un peu plus loin.

L'enfant se redressa et se frotta les yeux, son esprit morcelé reprenant petit à petit une contenance. Elle vint s'asseoir à côté de la femme du désert, l'observant du coin de l'œil. Elle était belle. Une grâce mêlée à une dignité profonde s'inscrivaient sur les traits de son visage, les cheveux agréablement châtains et... un grognement la tira de sa contemplation béate alors que sa cervelle peinait à s'extirper de sa torpeur languissante.

Il n'en fallut pas moins pour qu'elle se dressât brutalement, les yeux grands ouverts tournés vers l'endroit approximatif d'où était venu le bruit et les sens immédiatement en alerte. Était-ce un monstre abominable, une créature affreuse ou un Dieu venu les empêcher de lui nuire ?

Mais elle s'était montrée trop imaginative. Ce n'était que l'un de ces massifs Buffapas, qui ne semblait pas réellement vouloir les agresser en ce moment. Elle se retourna et soupira, lorsque Charis se tourna vers elle et lui demanda ce qui poussait la gamine à venir sur Aliaénon, précisant aussitôt qu'aucune réponse n'était obligatoire. C'était peut-être cette dernière phrase qui fit s'inscrire une moue boudeuse sur le visage de l'enfant, prenant conscience au milieu de la nuit qu'elle n'avait en aucun cas à raconter son histoire à tout le monde si elle ne le souhaitait pas – ce qui était justement le cas. La honte d'avoir cru à une attaque alors qu'il ne s'agissait que d'un simple Buffapa, la rancœur qui lui pesait encore sur le cœur d'être mal considérée ici alors que tout lui souriait à Dahràm – sauf cette garce d'Asmodée – ou encore la simple fatigue de la journée rendirent son ton presque odieux :

« Je l'ai déjà dévoilé à l'un des membres de votre expédition. Et... je n'aime pas beaucoup me répéter. »

Elle lança un coup d'œil à Karz. Il était assez loin, en train de veiller à la sécurité du campement.

« Je ne doute pas que, de toute façon, tout cela n'a aucune importance. Qu'importe que je sois une enfant, une petite vieille ou un géant de deux mètres du moment que je peux me rendre utile ? »

Après tout, c'était bien vrai. On lui reprochait depuis le matin sa présence ici, jusqu'au plus profond de la nuit et, là, si elle n'avait pas cloué le bec à cette femme qui se croyait suffisamment prétentieuse pour la rabaisser encore... À moins qu'elle n'ait jamais voulu la sous-estimer ? (Oui, eh bien, au moins, comme ça, elle saura à quoi s'en tenir avec moi.)
Grisée par le faux génie de sa réplique, elle adressa un sourire assuré à la femme du désert et enchaîna :

« Enfin, vous ne serez ni la première ni la dernière à croire que je n'ai pas ma place ici. Son expression se durcit – il ne serait pas dit qu'elle n'aurait pas réussi à s'imposer. Sachez que je fais ce que je veux et que vous n'êtes pas ma mère. »

Voilà, c'était dit. Sa mère n'était pas dans ce monde, ni même dans l'autre, alors que quelqu'un ait le toupet de se faire passer pour elle, c'était tout de même gros. Observant la réaction de Charis, celle-ci arqua un sourcil avant de hausser les épaules et de replonger son regard dans le feu, reconnaissant qu'elle n'avait aucun rôle maternel à jouer (et précisant qu'elle ne le souhaitait même pas), avant d'ajouter qu'elle n'avait pas du tout parlé d'utilité. La petite connaissait les jeux comme ça : celui qui voulait gagner devait avoir le dernier mot. Elle savait jouer à ça et, si certains s'avérait tenaces, elle gagnait. Enfin, de temps en temps. Du tac-au-tac, elle répondit, un sourire amusé sur le visage :

« Mais vous avez souligné ma jeunesse, tout comme tous les autres aventuriers venus ici. (Même si certains d'entre eux se sont contentés d'un regard méprisant pour me faire comprendre ce qu'ils pensaient de moi...) compléta-t-elle en refoulant un agacement amer. L'auriez-vous fait si j'avais eu le même âge mais que, par le hasard d'une croissance anormale, j'étais déjà plus grande et mieux bâtie que vous ? »

Si elle trouvait quoi répondre à cela, elle était forte. La fillette était fière d'avoir placé son adversaire pour cette joute verbale devant un fait qu'elle ne pouvait nier, et l'exemple qu'elle prenait n'était même pas improbable – elle avait déjà croisé de ces humanoïdes bizarres, souvent à moitié Garzoks, qui payaient leur condition physique extraordinaire par une stupidité incommensurable (n'avait-elle pas réussi à faire croire à l'un d'eux que les serpents de Moura étaient apprivoisables ? Le pauvre avait curieusement disparu peu après.)

Elle ne devait pas se déconcentrer, toutefois. Charis, loin d'abandonner la bataille, leva à nouveau son sourcil et adopta la même lueur amusée dans le regard pour affirmer qu'elle l'aurait également fait et qu'elle l'avait déjà fait avec certains de leurs compagnons de voyage. (Hmm.) (Tu es battue, je crois,) intervint la Faera dans son esprit. Elle était là, elle ? Préférant ignorer son commentaire sarcastique, Yurlungur leva les yeux au ciel, lasse.

« Eh bien, tant pis, autant admettre que je me suis fourvoyée. Pourtant, je ne comprends pas bien l'intérêt de la démarche. Pourquoi voulez-vous savoir ce qui pousse chacun de nous à venir par ici ? »

C'était la deuxième fois qu'elle utilisait “par ici”, sans réellement y prêter garde, pour parler d'Aliaénon. (Il s'agit bien d'un autre monde, si c'est ce sur quoi tu hésites.) (Je le sais très bien,) répliqua-t-elle sèchement. Restait à savoir à quel point sa raison était en inadéquation avec ce que pouvait admettre son pauvre cœur.

Charis replongea son regard dans le feu dansant et Yurlungur se concentra à nouveau sur sa réponse – il n'aurait pas été étonnant que cette femme cherchât à tester ses compagnons pour savoir lesquels étaient dignes de confiance et cela, la fillette ne pouvait l'admettre : chacun devait pouvoir faire ce qu'il voulait. Elle en particulier. La dame du désert expliqua que les histoires d'une personne étaient souvent en rapport avec son expérience et son être même, l'ayant forgé jusqu'à la rendre telle qu'elle était actuellement. C'était... C'était exactement ce qu'en pensait Asmodée.

(Tu ne trouveras ton bonheur que dans l'action...)

La voix était faible, criarde et lointaine, provenant d'une profondeur monstrueusement sombre, amalgame obscur de tortures du passé ; les poils de la nuque de l'enfant se dressèrent et elle se retint. Non, ce n'était qu'une douce brise dans les arbres. Charis avait marqué une pause, mais elle reprit sans se rendre compte de la soudaine terreur qui avait étreint l'enfant.

Yurlungur, cherchant à cacher son trouble, écouta la suite en plongeant à son tour son regard dans le feu. Étrangement, ce mouvement perpétuel et naturel l'apaisa : la danse harmonieuse et sensuelle des flammèches qui dévoraient le bois qu'elle avait ramassé tout à l'heure était à la fois purement sauvage et tout à fait compréhensible. Les choses rentraient dans l'ordre. Une fois que son interlocutrice eut fini, précisant qu'elle portait de l'importance aux actes qu'allaient faire ses compagnons sur Aliaénon mais peu à leur passé, la fillette se décida à répondre sans quitter le feu à l'effet lénitif.

« Je vois. Dans ce cas, mon passé lui-même n'a pas besoin d'être dévoilé, n'est-ce pas ? »

Y avait-il un quelconque honneur à révéler qu'elle avait vécu dans la ville des pirates, suivi voleurs, malfrats et assassins, puis qu'elle avait elle-même assassiné quelques menues personnes ? Qu'elle pouvait être prise de folie de pure destruction, que, par sa négligence, tous les êtres auxquels elle tenait avaient péri ?

« Sachez que je suis ici pour, pour... me distraire. C'est le mot ! s'exclama-t-elle. »

C'est aussi ce qu'elle avait dit tout à l'heure à Karz. Il n'y avait qu'une seule chose dans sa vie qu'elle ne pouvait tout à fait contrôler – et cette chose, cette monstruosité devait être contrôlée par l'oubli, pur et simple. Ainsi, et seulement ainsi, elle ne reparaîtrait plus, plus jamais... Il ne fallait pas lui en laisser l'occasion. Préférant sauter à un autre sujet, elle demanda, le regard malicieux :

« Est-ce que vous savez pourquoi les gens ont inventé les distractions, les jeux, et toutes les histoires du monde, alors que ça n'a que peu d'intérêt pratique ? »

Elle regardait fièrement Charis, l'excitation palpable. Elle savait, elle – c'était ce que lui avait raconté sa mère, comme quoi à l'origine, le mot désignait ce qui détournait l'homme de ses peurs, et en particulier de la plus grande d'entre toutes : celle de mourir. Elle savait, donc, et elle ne pouvait s'empêcher de s'en vanter.

Charis n'insista heureusement pas sur le passé de Yurlungur mais la contredit sur un point, expliquant porter beaucoup d'intérêt aux histoires et aux jeux avec un regard en coin. Sans s'en être rendue compte, la gamine était allée plus loin que sa propre pensée et elle s'exclama :

« Ah ! Ce n'est pas ce que je voulais dire. Elles ont un intérêt, oui, mais l'intérêt le plus profond est caché. Enfin, finit-elle par préciser : c'est ce qu'on m'a expliqué, et je le trouve plutôt avéré. »

La femme du désert approuva, précisant que l'intérêt profond était social et personnel : mais les yeux de l'enfant, après un haussement d'épaules, s'étaient déjà détournés et fixaient maintenant le feu dans une contemplation sereine.

« Il est joli, ce feu. On dirait qu'il danse ! commenta-t-elle. »

C'était agréable de laisser sa pensée sortir sans filtre, sans avoir à se bâillonner. Certains sujets, évidemment, ne pouvaient être abordés : mais celui-ci était si badin que, dans la fatigue qui commençait à l'envelopper, elle ne parvenait pas à s'empêcher de le faire remarquer. Charis avait la même impression, indiquant l'existence d'un feu en elle. Cela aurait pu avoir une importance, mais dans l'esprit de Yurlungur, rien n'avait plus d'intérêt que sa propre souffrance – celle d'être loin de tout, à la fois juste à côté de cette femme si amicale et profondément isolée par le secret qui entourait son passé et l'épuisement qui l'attirait dans les profondeurs de la nuit.

« Vous, vous devez connaître des histoires, n'est-ce pas ? »

Sans lui laisser le temps de répondre, elle enchaîna, prenant le ton d'une critique acerbe et catégorique, même s'il était évident que son réel sentiment était celui du dépit et de la déception :

« Vous savez, ce Celemar, là... Il m'a dit qu'il connaissait des tas d'histoires : mais lorsque je lui ai demandé de m'en raconter une tout à l'heure, il s'est complètement défilé ! »

Était-ce un petit sourire qui s'affichait sur le visage de Charis ? Mais ce n'était qu'insignifiance que ce sourire : il fallait qu'elle sache, qu'elle sache si cette femme pouvait parvenir à la faire rêver, à la transporter vers un autre univers où son malheur serait peut-être moins grand. Et, effectivement, Charis connaissait des histoires, précisant que certaines étaient mêmes véridiques. Lorsqu'elle proposa d'en conter une, un sourire de pure joie apparut sur le visage enfantin :

« Si vous en avez, oui ! Avant que vous ne partiez vers Meth... »

Elle ne se souvenait plus du nom. Mais qu'était un simple nom, qu'était une ville entière au regard de son excitation à l'idée d'entendre cette histoire ? Elle poursuivit malgré tout :

« …la ville du désert. Parce que je serai toute seule avec Dorika et que... »

Elle se pencha vers Charis, parlant plus doucement – l'attitude exacte qu'aurait eu un enfant qui souhaiterait révéler un secret dont la futilité serait à la hauteur de l'exagération du ton.

« Elle n'a pas l'air très bavarde, laissa-t-elle finalement tomber avec la solennité du docteur qui traite un patient en état critique. »

Elle se redressa et rajouta, songeuse :

« Ce n'est pas forcément un défaut, ceci dit. »

Charis la reprit sur la prononciation de la ville et demanda si une légende de Yuimen serait acceptable. Yurlungur, prenant cela comme un jeu, s'efforça de le répéter correctement :

« Meth... Elle butait encore un peu. Methbe-el. »

Elle venait de réussir et même si cela ne lui avait demandé presque aucun effort, un grand sourire vint illuminer son visage, puis elle répondit :

« C'est vous qui choisissez, mais si vous en connaissez d'Aliaénon, ce n'est pas plus mal. »

Prenant place face à la conteuse proclamée, elle s'assit en tailleurs, les yeux grands ouverts et les doigts agités – ils semblaient essayer de saisir une forme indistincte dans l'air, à moins que ce ne fût que la conséquence d'une simple bougeotte. Et Charis commença son histoire.

Il était question d'un désert flamboyant, d'un apprenti audacieux et d'une divinité joueuse. L'ensemble menait à un dénouement tragique, à une malédiction brutale, à une injustice flagrante. La petite écoutait, évidemment, mais sa tête dodelinait déjà, un sourire béat sur les lèvres alors que ses paupières ne résistaient plus aussi bien à l'éveil. Enfin, Charis indiqua que l'armure qu'elle portait était celle de l'héroïne du récit, tandis que le méchant démon, Vâkkar Tï, n'était autre que le fameux Sans-Visage. Pourtant, du point de vue de l'enfant, ce dernier s'était montré très ingénieux – ne dit-on pas que, lorsque les Dieux veulent punir les mortels, ils leur accordent leurs vœux ? Fixant quelques instants l'armure de la légende, elle opina du chef avant de demander :

« Et c'est pour ça que vous allez dans le désert, entre autres, n'est-ce pas ? Parce que vous cherchez Vâkkar Tï... »

Charis, étonnamment, nia ce fait, expliquant qu'elle cherchait avant tout à démêler les tensions qui troublaient le peuple du désert. Un bâillement fit se décrocher la mâchoire de Yurlungur qui, après s'être étiré les bras, annonça :

« Je me sens un peu fatiguée. »

C'était un euphémisme pur et simple.

« La journée a été riche en découvertes ! On va bientôt se coucher, à notre tour ? »

Il lui serait agréable de pouvoir rejoindre un lit douillet. Non pas que veiller, en principe, lui causât tant de mal que ça, mais plutôt qu'une journée entière à cheval, cumulée à toutes les révélations qu'elle avait essayé d'assimiler stoïquement, lui avaient arraché l'intégralité de ses forces, ou peu s'en faut.

La dame du désert, heureusement, l'autorisa à aller se coucher, précisant qu'elle allait veiller encore un peu puis réveiller les suivants. L'enfant bâilla à nouveau, mais c'était de satisfaction :

« Merci pour cette histoire. Bonne nuit à vous aussi... »

Elle se leva et se dirigea vers sa tente, avant de se faufiler à l'intérieur et de se laisser sombrer comme une masse, sans bruit, au fond d'un somnolent océan.

***


Le lendemain, elle se leva la tête dans les choux alors que les autres commençaient à se réveiller. Chose curieuse, son sommeil quoique long lui avait semblé peu régénérateur, peut-être parce qu'il était le premier qu'elle faisait dans un monde toute à fait nouveau. Serait-elle tendue à cause de cette nouvelle aventure ? Il n'y avait pourtant pour l'instant aucun danger...

Se rapprochant de Ser Thersien qui, assis avec d'autres en train de déjeuner, préparait un étrange breuvage, elle reçut de sa part un gobelet en contenant. Elle lança un regard suspicieux au liquide brun - l'eau, c'était déjà bien assez pour elle – puis se décida à goûter. C'était amer et elle ne put s'empêcher de faire la grimace. Mais, alors qu'elle essayait de trouver un endroit où jeter la chose pour ne pas avoir à la boire en entier, elle remarqua que le chevalier la regardait, attendant peut-être une réaction de sa part. Penaude, ne sachant comment s'échapper de ce traquenard, il lui fallut bien le boire en entier avant de se rabattre sur d'autres vivres pour chasser ce goût définitivement trop aigre. Elle était remontée.

Enfin ils démontèrent toutes les tentes, rangèrent leur matériel et repartirent, Yurlungur toujours silencieuse et mise en croupe avec Dorika. Une petite heure plus tard, heure que l'enfant avait passée à observer avec une méfiance croissante la forêt inquiétante qu'ils longeaient, Ser Thersien s'arrêta et informa le groupe qu'ils se séparaient. La fillette adressa un simple signe de la main à Kiyoheïki, bien que celui-ci ne semblât pas le remarquer. Puis ils repartirent.

La journée ne fut pas ennuyeuse, mais monotone. La forêt semblait interminable, uniquement ponctué par un arrêt pour manger puis l'arrivée au bout de la forêt d'Émeraude. Devant eux s'étalaient de vastes plaines, qui passaient au fur et à mesure de l'éloignement d'un vert agréable à un brun asséché. Au loin, indiqua le chevalier, se trouvait la cité d'Arothiir, qu'ils apercevaient minuscule : il expliqua également que les plaines étaient dangereuses puisqu'un gaz irritant, provenant d'une drogue, pouvait se révéler problématique. Mais la solution était toute trouvée : il suffisait d'un bout de tissu pour se protéger le visage. Passant la main dans les cheveux, Yurlungur sentit entre ses doigts la texture délicate de son ruban. Même s'il n'était certainement pas prévu pour, il suffirait amplement.

Ils prirent la décision de se reposer sur place mais, maintenant que la cité que Dorika et elle visaient, il n'y avait plus le temps pour se prélasser lentement. La mystérieuse jeune femme semblait avoir compris elle aussi l'impératif, fixant sans broncher Arothiir. Se rapprochant d'elle, la gamine, quelque peu intimidée, demanda :

« Excusez-moi ? »

Évidemment, le seul air que pouvait avoir Dorika en se tournant vers elle était exaspéré, presque courroucé mais, sans se démonter, Yurlungur continua – elle avait des choses sérieuses à dire.

« Je pense qu'il faudrait que l'on s'organise une couverture lorsqu'on sera à Arothiir. J'imagine que vous souhaitez également enquêter là-bas sans trop attirer l'attention sur vous... »

C'était clair, au vu de son accoutrement et de sa provenance d'Exech. Dorika et Yurlungur, malgré les apparences, provenaient du même monde.

« …et révéler de but en blanc que nous venons de Yuimen me paraît la chose la plus idiote à faire. »

Son ton s'affermissait à mesure qu'elle continuait, de la même manière que Dorika semblait se détendre, comme si ce qu'énonçait la fillette était digne d'intérêt, tout compte fait.

« Est-ce que vous accepteriez de vous faire passer pour ma sœur ? Ou ma mère, même si j'imagine que l'écart d'âge est un peu court. J'ai treize ans. »

Finalement, l'Exechienne en vint même à approuver l'explication d'un signe affirmatif de la tête, approuvant l'idée des sœurs, pointant tout de même les failles du stratagème : le fait qu'ils en sachent si peu sur ce monde, la raison de leur présence et la présence des autres aventuriers. Mais Yurlungur, ayant déjà pu réfléchir à cela – c'étaient, tout comme pour Dorika, les premières questions qui lui étaient venues à l'esprit -, répondit sans hésiter :

« Il faudra nous séparer d'eux un peu avant l'arrivée en ville, je pense. Nous aurons de toute façon le temps de nous expliquer et j'ai pu commencer à faire connaissance avec les deux là-bas... »

Elle désigna d'un signe du menton Charis et Karz qui s'affairaient à l'installation du campement.

« Si nous leur expliquons les raisons de notre séparation, je ne doute pas qu'ils ne s'en offusqueront pas, enchaîna-t-elle avant de se rendre compte que la formulation était un peu étrange – tant pis. Quant à notre méconnaissance du monde... nous pourrions prétexter que nous venons de loin, d'en-dehors du Royaume Pâle. Peut-être d'Esseroth ? Le Chevalier en vient, nous pourrions lui demander des précisions sur sa patrie, ce qui pourrait nous permettre de ne pas être trop facilement démasquées. Et puis, si je me souviens bien ce qu'a dit... Sombreroc ? Oui, elle s'appelait comme ça... »

Le titre, qu'il soit “dame” ou “dragon”, n'avait somme toute que peu d'importance en l'occurrence.

« Eh bien, elle a parlé de l'idéal de liberté des Esserothiens, non ? Ça vaut le coup de parier là-dessus pour expliquer notre volonté de découvrir de nouveaux endroits. »

Elle prit un instant de réflexion, pour ramener à elle les idées qu'elle avait déjà élaborées au cours des deux journées précédentes. Inutile de toutes les présenter, seule la plus facile à jouer et la plus pratique pour elles était importante :

« Et puis, pour couronner le tout, si nous sommes seules et sans parents – surtout moi – cela devrait donner quelques indications sur les raisons de notre déplacement. Disons que nous essayons d'oublier quelques souvenirs liés à leur... disparition ? Cela a aussi l'avantage que toute tentative d'en apprendre plus à leur sujet de la part d'une nouvelle connaissance est très indiscrète et facilement rejetable. »

Voilà, tout était dit. Elle releva ses yeux vers Dorika, non sans une certaine angoisse aux tripes – le regard de cette femme avait quelque chose de troublant – avant de demander d'une voix qu'elle trouva instantanément trop petite :

« Qu'en pensez-vous ? »

Celle-ci opina à nouveau du chef, lentement, avant d'accepter ce plan. Le côté tragique ne la gênait pas, au contraire, elle affirma que ce serait un rôle aisé, demandant cependant à ce que Yurlungur se charge de la conversation avec l'Esserothéen, puisqu'elle-même n'était guère douée pour cela. Un sourire de soulagement s'installe sur le visage de l'enfant qui commente sur le même ton :

« Je n'aurai pas non plus grand-mal à jouer mon rôle. »

Le regard de Dorika était entendu, puis elle se détourna vers la cité d'Arothiir, comme pour continuer à la contempler, un soupir troublant simplement cette observation marquée d'une assurance absolue. Un instant, Yurlungur se demanda si elle pouvait partir dès à présent, mais la jeune femme reprit, sans quitter sa cible des yeux, demandant ce que cherchait Yurlungur là-bas.

Celle-ci était détendue, mais elle venait de se troubler, interloquée, remarquant un fait notable. Elle fixait son interlocutrice avec des yeux ronds, comme stupéfaite.

« Vous... Vous me vouvoyez ? »

C'était effectivement le cas mais c'était suffisamment étrange pour en être déstabilisant. Charis aussi l'avait traitée avec respect, mais c'était plus naturel chez elle, alors que tant d'autres l'avaient tutoyée. Enfin, elle croyait. En fait, elle n'y avait pas réellement fait attention jusqu'à présent. Parce que, quand même, c'était Dorika, la fille bizarre qui se montrait rarement satisfaite, toujours sévère et à la limite du mépris... du moins jusqu'à peu.

« Il faudra que l'on apprenne à nous tutoyer, si nous voulons être “sœurs”... expliqua-t-elle après un court instant, mal à l'aise, soulignant implicitement que ce n'était pas plus acquis pour elle. Mais je ne souhaite pas particulièrement me rendre à Arothiir. C'est ce monde qui me sert de refuge le temps que les choses se tassent à Yuimen... Enfin, pas seulement là-bas. Arothiir n'est qu'une destination comme les autres... je crois. »

C'était difficile à expliquer. Elle n'avait pas fait un choix du cœur et, si elle cherchait quelque chose, c'était plus dans tout Aliaénon qu'à un endroit précis. La décision d'aller vers cette ville-là était plus rationnel qu'autre chose. Quant à ce qu'elle espérait trouver... La paix ? Une vulgaire sérénité ? L'oubli ? Tout était à la fois vrai, et faux : elle ne savait pas.

« Et... toi ? finit-elle par demander après un court silence, le ton très embarrassé et dénué de toute assurance. Il n'était pas aisé de se comporter avec cette femme, à la fois si impérieuse et si implacable, comme s'il s'agissait d'une connaissance proche, à plus forte raison lorsqu'on ne la connaissait que depuis deux jours. »

Ce fut seulement à ce moment précis que Dorika se retourna, rivant des yeux d'une fermeté sans égale sur l'enfant et, sans commenter le reste, répondit qu'elle y avait été envoyée. Par qui ? Quand ? Comment ? Les questions se bousculaient – mais Yurlungur n'osaient pas les poser, surtout que, si ça n'avait pas été un secret, la conversation aurait certainement été plus fournie. Le regard perçant de la jeune femme se détourna et tomba sur ses propres mains lorsqu'elle demanda plus de précisions, cherchant à comprendre pourquoi Arothiir plutôt qu'une autre.

« C'est là où le culte est censé être le plus important, répondit honnêtement la gamine. Il me paraît évident qu'un culte, lorsqu'il cherche à devenir puissant, va essayer d'endoctriner des enfants. »

L'affirmation était posée sans la moindre gêne. N'avait-elle pas elle-même été initiée très jeune à l'adoration de Phaïtos d'abord, puis de Thimoros ? Elle ne pouvait nier ne pas croire en eux, quoique sa foi fût sans doute plus fidèle et passionnelle envers le premier.

« Et puis, je sais bien mentir, continua-t-elle, ce qui signifiait : “je sais avoir l'air naïve au possible et tout à fait amicale avec ces gens-là”. L'idéal serait de l'infiltrer en nouant contact avec les plus jeunes habitants de cette cité. C'est ce que j'ai pensé tout de suite... »

Ça, c'était à moitié vrai. Elle avait bien sûr pensé que son utilité serait optimale dans un tel cadre, là où il serait question d'infiltration, de mensonges et de ruses, mais le reste était venu après. Toutefois, la conversation n'était pas finie et, malgré tout, la petite fille osa demander après avoir lancé un regard vers les autres aventuriers qui n'étaient pas si loin :

« J'imagine que nous ne nous connaissons pas suffisamment pour que vous me dévoiliez qui vous envoie, si ? »

La réponse, en un mot, fut quant à elle suffisamment abrupte pour ôter toute trace d'espoir de dévoiler cette part de mystère. Dorika sembla approuver le plan, indiquant simplement qu'elle avait d'autres choses à faire, sans réellement préciser quoi. Quelque part, Yurlungur se sentait lésée d'avoir ainsi tout expliqué à sa coéquipière, mais sans donner l'air de se formaliser, elle répondit en hochant de la tête :

« Très bien. Si ça ne vous dérange pas, il faudra que nous prenions le tour de garde ensemble cette nuit, afin de préparer une histoire valide. Ce serait tout de même dommage, continua-t-elle avec un sourire sarcastique, que nous nous fassions repérer parce que nous ne racontons pas la même chose sur notre famille, nos origines, et ainsi de suite. Demain, nous n'aurons qu'à chevaucher aux côtés de Ser Thersien pour qu'il nous donne des éléments supplémentaires sur Esseroth. »

Elle attendit un moment puis indiqua :

« Si c'est tout, je vais aller annoncer ça aux autres. »

Dorika ne rajouta rien, opinant derechef, mais reprit à son tour la fillette sur le vouvoiement qu'elle avait employé. Celle-ci, rougissant, se détourna et bredouilla, penaude :

« Je ne peux que m'améliorer, maintenant... »

Lançant un dernier regard vers le mystère sur pattes, elle crut apercevoir l'ébauche d'un sourire, bien que ce fût difficile à distinguer du fait de la bouche masquée de la femme. Mais cela suffit pour la rassurer, un peu. (Au moins, elle affiche quelques émotions, de temps à autres.)

Repartant vers le campement, avec l'assurance d'avoir avec elle la seconde aventurière se rendant explicitement à Arothiir, elle aida à la fin du montage du camp puis, lorsque tout fut prêt et qu'ils s'étaient rassemblés pour manger ensemble, elle se leva et toussota pour attirer l'attention sur elle. Un sourire contenu sur les lèvres, alors que les regards se tournaient vers elle, une ample respiration suffit pour la lancer sur la bonne voie.

« J'aurais quelque chose à vous annoncer. Tout à l'heure, Dorika et moi avons élaboré l'esquisse du plan qui nous permettra d'agir à Arothiir. Nous préférerions passer incognito là-bas et nous faire passer pour des habitants d'Aliaénon. »

Elle lança un fugace regard vers l'autre concernée, sachant toutefois pertinemment que cette dernière n'interviendra pas.

« Nous avons décidé de nous faire passer pour des Esserothéens, aussi aurons-nous besoin de votre aide, Ser Thersien, afin que vous nous en appreniez suffisamment sur cette nation pour que notre couverture ne soit pas trop invraisemblable. Enfin, nous n'allons pas chercher à nous étaler non plus. L'idée serait de se faire passer pour deux... sœurs en exil après des événements tragiques. »

Une idée surgit dans sa cervelle et, sans pouvoir s'en empêcher, elle eut l'envie de la mettre immédiatement en action. Elle prit donc une pose théâtrale, la main levée et un sourire en coin sur les lèvres alors qu'elle déclamait :

« Ô Arothiir ! Vois en moi l'image d'un humble vétéran de vaudeville, distribué vicieusement dans les rôles de victimes et de vilain par les vicissitudes de la vie. Mes parents, mes pauvres parents, où sont-ils donc passés ? Pourquoi m'avoir chassée de ma contrée bénie ? »

Elle rabaissa son bras, le sourire maintenant triomphant avant d'enchaîner, satisfaite de son petit intermède :

« Bref, vous voyez le tableau. Une conséquence notable pour notre groupe est toutefois que nous aurons à nous séparer après-demain, probablement le matin, afin que nous ne soyons pas assimilées à vous, puisque vous seriez rapidement reconnus. Et, c'est tout, mais vous voilà prévenus. »

Elle se rassit en souriant, les derniers relents de stress s'évaporant.




[sommeil de 22h à 2h puis de 3h30 à 9h : total = 9h30]
[petite toilette (visages, mains, l'essentiel)]

(((5000 mots (désolé...) + citation de V for Vendetta)))

...

_________________


Thème musical


Dernière édition par Yurlungur le Ven 10 Fév 2017 20:12, édité 1 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Voyages en Aliaénon
MessagePosté: Ven 3 Fév 2017 12:06 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 26 Nov 2016 14:50
Messages: 22
Hélas, il semblerait que le luxe de me laisser me restaurer soit bien trop demander aux hommes. Ma réponse évasive ne lui suffit pas, et ne quittant pas sa position, il continua sa petite croisade pour avoir une réponse.

Pour lui, ce n’était pas une réponse. Et donc, qu’est-ce qu’une réponse correcte pour lui ? Il ajouta que jouer les héros c’était simple, jusqu’à rencontrer la première difficulté, et se répéta sur un ton plein d’une “autorité”. Autorité qui lui permettait de nous poser des questions sans vergogne ni respect pour nous, et qu’il justifiait par le fait qu’il soit Chevalier d’Or.

Je n’ai jamais apprécié l’autorité. Jamais. Enfant, je m’y pliais de mauvaise grâce, et me forcer à quoique ce soit était assurer que je mette le moins d’efforts possibles pour faire quelque chose et avec le plus de mauvaise foi au passage.

Alors peine perdue, l’ami. Je serai toujours peu précise si l’on tente de me forcer la main. Sa tentative peu discrète de nous interroger face au silence d’Ernold et ma réponse vague s’était transformée en véritable interrogatoire sous couvert de sa position de Chevalier d’Or.

La pression retomba quelque peu quand derrière nous venait d’entrer une des elfes blanches qui était présente lors du passage sur Aliaénon. Elle avait probablement tenté de nous rattraper. Je lui adressai un petit signe de la main pendant que mon compagnon de route, acerbe, lui répondit que cela ne le regardait en rien, que la Tour d’Or, nous en venions, que nos buts ne le regardaient en rien et qu’il devait nous laisser tranquille.

Mettant la main sur la garde de son arme, il se tourna à nouveau vers moi, voyant si j’avais quelque chose à rajouter.

Énervée, je me levai et commençai à les houspiller.

Bon, cela suffit. Ah, les hommes je vous jure. Votre petite dispute, je m’en désolidarise. Mon but à moi, c’était de me restaurer et de me reposer, mais évidemment, cela n’est plus possible. Merci beaucoup. Et puis vous, qu’est-ce qui nous prouve que vous êtes Chevalier d’Or ? Je vais vous le répéter, moi, Chevalier ou pas. Nous venons de la Tour d’Or, et nous sommes des voyageurs. Des voyageurs fatigués. Vous pourrez nous poser des questions après. S’il vous plaît. Laissez-nous juste ça. Si je dois être égorgée pour ne pas y avoir répondu, je préfère mourir le ventre plein.

Et adressant aux deux un regard noir, je me rassis pour terminer mon bol de soupe, incitant Ernold à faire de même. J’avais oublié Laewllyn, l’elfe blanche.

Tiens, nous rejoindrez-vous pour partager le repas ?” demandai-je avec un sourire calme.

[474 mots]

_________________


Multi de Yuélia.


Haut
 

 Sujet du message: Re: Voyages en Aliaénon
MessagePosté: Ven 3 Fév 2017 18:11 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Ven 18 Nov 2011 16:07
Messages: 238
Je finis par trouver un hongre semblant suffisamment placide pour que je le monte sans encombres. Il me fallu tout de même m'y reprendre à trois fois avant d'arriver enfin à me hisser sur le dos de l'animal... Je n'avais qu'à serrer un peu les talons pour que l'équidé se mette en marche, et le guidage de la bête resta assez aisé, puisqu'il n'avait qu'à suivre les autres sans broncher. Tout le monde vint donc se grouper autour du chevalier entièrement caparaçonné afin de recevoir les instructions concernant le voyage, la petite fille assise en croupe de la femme au visage dissimulé derrière un foulard tandis que les autres était juché sur leur propre monture, arborant chacune une robe différente. Tous semblaient assez à l'aise à cheval et j'allais encore une fois être la seule que l'on remarquerait pour son manque d'expérience...

Lorsque le convoi se mît en branle, je me retrouvais presque en queue de peloton mais mon petit hongre suivait relativement bien le rythme, ce qui me permit de me concentrer au maximum sur la conservation de mon assiette. Au bout d'une dizaine de minutes je commençais déjà à avoir mal au fondement et aux cuisses à force de les serrer et de les bouger pour garder un semblant d'équilibre. Je ne pus même pas profiter du magnifique paysage qui défilait autour de moi... Les conversations allaient bon train entre les aventuriers et je les jalousais secrètement pour la facilité déconcertante qu'ils avaient à chevaucher, comme s'ils avaient toujours vécu à cheval...

Au bout de deux heures de trajet, j'étais totalement fourbue, mes muscles me lançaient et semblaient crier grâce. Et pourtant, plutôt que de demander une halte, je préférais souffrir en silence, même si ma mine crispée et les perles de sueur brillant sur mon front ne devait tromper personnes, mais comme je me l'étais promis avant le départ, ma faiblesse ne sera pas un frein pour les autres! Bien entendu, l'animal sous moi était lui aussi tendu ce qui forcément n'aidait pas... Ce fût Krayne qui vint une nouvelle fois à ma rescousse, menant sa monture à ma hauteur et me conseillant de me laisser aller et de me concentrer sur le rythme des pas du cheval, que le reste viendrait tout seul. Il resta juste à coté de moi et sa présence me rasséréna si bien que j'abandonnais toute lutte. Il fallu un bon quart d'heure pour que la douleur de mes jambes soit plus supportable et même si mon derrière me faisait toujours souffrir, le voyage fut bien moins pénible. Remerciant mon comparse, je me hasardais même à quelques regards autour de moi.

Encore une fois l'or était présent partout, que ce soit sur le pavage de la route ou dans les feuilles des plantes environnantes, à croire que le précieux métal était tombé du ciel sous forme de pluie étincelante pour s'imprégner en chaque chose. Peut-être était juste de la couleur, peut-être que les trèfles étaient en or massif, mais si c'était le cas, la quantité faramineuse qu'il devait y en avoir ici rendait ce minerai aussi peu estimable que le cuivre sur notre monde... Peu à peu, cependant l'or devint parsemé de couleurs puis ne fût plus que tâches avant de disparaitre totalement pour laisser place à un paysage plus commun, les collines succédant à la plaine alors que le soleil, plus bas dans le ciel, allait bientôt disparaitre derrière une muraille d'arbres. Quand ce fût le cas et que la nuit l’emportât sur le jour, rendant notre progression trop difficile, le chevalier qui menait l'expédition donna le signal de la halte, avant de nous faire signe que nous allions passer la nuit ici. Je pus également voir la cause du remue-ménage qui me venait depuis quelques minutes et que je pensais dû à la fatigue... Je pus également mettre un nom sur la source de ce brouhaha : des Buffapas.

Nous nous écartâmes légèrement de la route pour trouver un endroit suffisamment dégagé au milieu du troupeau afin de monter un campement. La descente de cheval fût une rude épreuve et je tombais lourdement sous les yeux de Krayne qui sembla inquiet. Un geste de la main lui appris que je n'avais rien et qu'il valait mieux me laisser là quelques minutes. Tout autour, les aventuriers s'affairaient à monter les tentes ou à aller chercher du bois pour le feu. Je restais allongée au sol, mon hongre venant me brouter les cheveux avant que je ne lui donne une tape sur le museau pour qu'il arrête. Le sang revint peu à peu dans mon arrière-train avec une très désagréable sensation de picotement et je pus enfin me lever en douceur. Attrapant la bride de ma monture, je la menais donc auprès des autres pour qu'elle puisse paître en paix. Pour une première expérience à cheval, je m'en étais pas trop mal sortie... Après tout, je n'étais pas tombée, ni ne m'était prise un coup de sabot! J'aperçus alors mon guerrier à la hache en pleine conversation avec l'humain dénommé Xël et je fus saisie par la jalousie. A moi, il ne m'avait décroché que quelques mots depuis notre départ de la tour... Ne voulant pas les déranger, je poursuivis donc ce que j'étais en train de faire, en me promettant d'aller parler à Krayne dans la soirée.

Je rejoignis la bande de joyeux farceurs installés autour du feu pour pouvoir profiter d'un repas frugal qui se résuma à un morceau de viande séchée et quelques fruits. Mes muscles protestèrent encore lorsque je m'accroupis pour me mettre à l'aise et profiter de la chaleur bienfaitrice du braiser. Tout le monde était là, même mon guerrier à la hache, bien qu'il se tint un peu à l'écart du groupe... Peu à peu, tout le monde alla se coucher, je ne fus pas la dernière, et seuls restèrent ceux qui étaient de garde pour la première partie de la nuit. N'ayant pas de tente, et ayant trop la flemme de demander à quelqu'un, je me saisis de ma couverture et allait m'allonger.

Comme la plupart des elfes, juste une phase de méditation aurait dû suffire pour me remettre d'aplomb, mais les émotions de la journée combinées à la chevauchée cauchemardesque ne me permirent pas de trouver une concentration suffisante pour trouver le repos, je me tournais donc vers une solution un peu plus terre-à-terre, dormir purement et simplement.

Il me fallu une dizaine de minutes pour trouver une position confortable puis je finis par tomber dans les bras de Morphée... Ce fût une nuit sans rêve et lors que je me réveillais, j'avais l'impression d'avoir juste fermé les yeux une minutes. Le soleil n'était pas encore levé la rosée était déjà tombée, ce qui voulait dire que l'aube n'était pas très loin.

Je me levai donc en lâchant un grognement devant la réticence de mes muscles à vouloir bouger, puis j'allais me dégourdir les jambes entre les buffapas. Les bêtes ne semblaient pas dérangée par ma présence et même si certains ouvraient de temps en temps un œil énorme pour me suivre du regard, elles finissaient rapidement par se rendormir. Du moins jusqu'à ce qu'un jeune animal vienne vers moi en courant et me percute suffisamment fort pour me faire tomber sur les fesses. Un mugissement apeuré se fit entendre non loin mais le bébé ne semblait pas vouloir retourner à sa mère et préférait me tourner autour en sautillant, voulant probablement jouer. J'aurai bien aimé participer mais je n'avais ni la masse ni l'ossature épaisse permettant d'amortir les coups de boutoir. Je commençais alors à lui parler calmement, tendant a main ouverte vers lui afin qu'il s'apaise et sente mon odeur. Lorsque ce fût fait, je m'approchais et lui grattais le front, chose qu'il sembla apprécier. Non loin, sa mère non observait avec attention sans pour autant se montrer plus troublée que ça. Comme l'avait dit hier soir le chevalier à Kiyoheiki, nous n'étions absolument pas une menace pour eux. L'adulte lâcha alors un grondement qui fît immédiatement revenir son petit à elle, il logea contre sa panse et se mit à téter. Ce fût à ce moment que je décidais de rebrousser chemin et de retourner vers le camp.

Alors que j'étais sur le chemin menant aux tentes et tandis que le ciel commençait à changer de couleur à l'est, je remarquais une forme massive en périphérie du campement. Un simple regard sur l'arme énorme posée à ses coté me suffit pour reconnaitre mon garde du corps. Il avait dû remarquer mon absence mais ne voulant pas me déranger, avait sans doute préféré prendre le dernier quart. D'humeur joviale, voire joueuse, je m'approchais de lui aussi discrètement que possible avant de me raviser. Le surprendre ainsi me paraissait tout de suite une moins bonne idée en imaginant sa hache de plantant entre mes côtes... Je commençais donc à siffloter doucement une chanson que me chantais ma mère lorsque j'étais plus jeune tout en m'approchant un peu plus bruyamment.

M'asseyant à coté de lui, je le regardais avec un sourire plein de franchise accroché aux lèvres avant de lui lancer un "Bonjour! Vous avez passé une bonne nuit?" Il me regarda puis poussa un grognement en guise de salut. Ce fût tout ce dont il me gratifia et son visage resta fermé. J'enchainais donc :

"Écoutez... je ne vous suis que trop reconnaissante pour tout ce que vous faites pour moi, mais... j'espère que vous ne vous sentez pas obligé de rester avec moi...

Même si ma tournure n'était pas interrogative, j'espérais pouvoir tirer quelques mots de mon cerbère. Sa réponse ne fût pas celle que j'escomptais :

"J't'ai dit que je te protégeais. Donc j'te protège. Si tu veux plus d'moi comme protecteur, tu le dis et j'me barre. Mais en attendant, j'suis là, et il t'arrivera rien."

Aimable comme une porte de prison... Il allait falloir que je tente de réchauffer l'ambiance, surtout si nous étions amenés à nous côtoyer de près pendant plusieurs jours voire semaines...

"Ce n'est pas que je ne veux pas de vous, bien au contraire... Hormis Nastya, vous êtes une des seules personnes qui ont été aimable avec moi après ce qui m'est arrivé... Comme nous allons faire un bout de chemin ensemble, pourquoi ne pas faire plus amples connaissances?"

Je ne lui laissais pas le temps de répondre pour ne pas qu'il m'envoie balader mais je perçus son nouveau grognement. Enfin, il me laissa tout de même aller jusqu'au bout de ma phrase.

"Je suis originaire de Cuilnen, j'y vivais avec mon père, ma mère et mon frère. Pour faire court, ma mère nous a quitté, atteinte d'un mal mystérieux, mon père est un magistrat du conseil de la ville et un traitre à sa patrie, travaillant en réalité pour Oaxaca... C'est lui qui l'a tué en expérimentant des trucs sur elle, et son cobaye aillant rendu l’âme, il s'est reporté sur moi et m'a injecté des trucs bizarre dans le corps... Je l'ai découvert et j'ai fui, aidée par mon frère. Je ne l'ai pas revu depuis... Mon but est la vengeance, mon père ne l'est plus et je ne vis que pour le trainer en justice et qu'il paye pour ce qu'il a fait, d'abord lui puis les autres, les treize, cette ordure d'Oaxaca... tous!"

Je m'étais laissée allée à la colère mais il fallait que je retrouve mon calme... je restais silencieuse un court instant en inspirant et expirant longuement. Il semblait être d'accord avec moi et la tension qui était palpable lorsque je faisais mon récit se retrouva dans ses paroles qui suivirent les miennes :

« Ouais ! Il faut qu’ils paient ! Tous ! »

A ces mots, je commençais a me rendre compte que je m'étais sans doute faite un réel allié. Je l'encourageais donc à continuer et à aller plus loin dans son histoire :

"A votre tour, Krayne, racontez moi tout."

C'était la première fois que je l'appelais par son prénom, que j'osais l'appeler par son prénom. Hélas, cela ne suffit pas à le déraidir, bien au contraire, il sembla se refermer davantage avant de se lancer dans une brève présentation :

« Je viens des Dûchés des Montagnes, près de Luminion. Oaxaca et ses orques m’ont tout pris. Tout. Et pour ça aussi ils paieront, en ce monde comme dans d’autres. »

Le fait qu'il appuya sur le mot "tout" me fit ressentir un sentiment de tristesse intense. Je commençais à m'imaginer un village en proie aux flammes avec un Krayne agenouillé devant une chaumière à moitié effondrée, une silhouette inanimée dans les bras...

Posant ma main sur son avant-bras et plongeant mon regard dans le sien, je lui assurais ma sympathie :

"Même si je suis plus un fardeau qu'autre chose actuellement, vois pourrez compter sur moi pour vous aider dans votre tâche une fois de retour sur Yuimen..."

Cela commençais à remuer sur le campement, notre guide était le premier levé et s'affairait autour du feu. Le départ allait sans doute bientôt être donné.

"Le chevalier est déjà debout et les autres ne vont probablement pas tarder, nous ferions mieux d'y aller."

Il fait un signe d'assentiment de la tête et ne prononça plus un mot... Je m'en voulu pour lui avoir remémoré des souvenirs qui semblaient extrêmement peu plaisants. Le laissant donc ruminer dans son coin, je me dirigeais vers le reste du groupe qui dégustait un breuvage très foncé et très odorant préparé par Thersien. J'en bus un peu juste pour lui faire plaisir mais le goût très amer de ce "café' ne me plaisait que peu... Le campement rangé, les braises étouffées sous de la terre, et nous étions de nouveau en selle.

Ce fût au départ comme si j'avais totalement oublié la façon de faire qui m'était venue la veille, puis je finis par me détendre et tout se passa pour le mieux, même si mon équilibre n'était pas toujours très stable et que le froid du matin avait du mal à nous laisser. Heureusement, ma cape me permis de m'en prémunir un minimum . Peu à peu, les arbres se firent plus présents jusqu'à former un réel mur devant nous, sombre et peu engageant... la forêt d'émeraude qu'ils l'appelaient... le nom était bien plus enchanteur que le lieu... Seul un large passage entre les troncs indiquait la voie et ce fût à ce moment que le chevalier décida de séparer le groupe, partant de son coté vers le désert avec six de nos camarades. Ne restèrent plus avec moi que Krayne, les deux frères, le petit elfe noir et la créature lupine.

Ce fût d'ailleurs elle qui ouvrit la marche à travers les bois, son instinct et ses sens développés lui permettant sans doute de repérer les possibles embuches avant nous. Nous suivîmes donc, avec du mal, notamment pour moi, car même si ma monture était docile, quelque chose la rendait nerveuse et difficile à maitriser allant même jusqu’à essayer de me faire choir. Heureusement Krayne fût suffisamment rapide pour intervenir avec son éternel grognement, et resta à coté de moi au cas où l'animal tenterait une nouvel rebuffade. L'un des frères, l'archer, annonça alors que quelqu'un nous observait... et je me demandais comment il avait pu s'y prendre pour arriver à cette conclusion. Hormis le comportement des chevaux, rien n'était visible dans ce camaïeux de vert, à moins que ce ne soit l'habitude et des compétences hors normes...

Nous finîmes par nous arrêter pour prendre une collation, ce fût pour ma part de la viande séchée et quelques fruits et un morceau de pain, mais personne ne parlait et tout le monde semblait aux aguets, jusqu'à ce que le loup sorte un papier et n'écrive dessus que d'autres bêtes comme lui vivaient ici et qu'ils ne nous attaqueraient sûrement pas. Malgré ses dires, je n'étais pas plus rassurée et l'apparition subite de trois êtres plus animaux qu'humains me fit sursauter. L'un s'approchait plus du hibou tandis que le second était clairement cervidé et que le dernier était plutôt caprin. Certains eurent le réflexe de porter les mains à leurs armes, Krayne se campa carrément devant moi, mais personne ne lança l'assaut, ce qui était tout aussi bien. Le faune prit alors la parole, puis Kiyoheiki. Son rôle de meneur lui allait comme un gant, alors autant qu'il s'occupe de ce problème.

[[2651 mots sans les paroles de Krayne, repas léger le soir, quelques fruits au matin et repas un peu plus copieux à midi (pain, viande, fruits), sommeil de 23h à 5h]]

_________________


Haut
 

 Sujet du message: Re: Voyages en Aliaénon
MessagePosté: Ven 3 Fév 2017 22:05 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 26 Nov 2016 22:48
Messages: 66
Localisation: Aliaénon
L'Elfe se lança dans ce monde inconnu avec l'étrange impression, exaltante, de débuter véritablement sa nouvelle vie. Elle retrouva avec plaisir la solitude, la nature et les joies de l'équitation, se sentant équipée et parée pour n'importe quel voyage. Les distances ne l'effrayaient pas, plus, combien de jours avait-elle passé à voyager en quelques dix-sept siècles, combien de chemin parcouru? Elle n'en avait pas la moindre idée et ne s'en souciait guère, si bien qu'elle se contenta d'apprécier le paysage. De vastes étendues dorées d'herbe et de blé défilèrent l'après-midi durant, elle ne vit nulle trace des deux aventuriers partis avant elle, mais ne trouva pas vraiment cela inquiétant, ou étonnant, n'étaient-ils pas tous partis comme des guêpes pressées d'en découdre?

La plaine d'or laissa place à des plaines sèches, immensité d'herbes rudes et de pans rocheux, se perdant au loin dans la légère brume, un spectacle tel que l'Elfe s'arrêta pour l'admirer. Pensive, elle grignota un bout de pain et quelques fruits secs, se désaltéra puis se remit en route. La nuit tombait lorsqu'elle découvrit au bord de la route une auberge pour les voyageurs, aux murs de pierre et de bois et au toit de chaume. Elle supposa que les deux Yuimeniens y avaient sans doute fait halte, et si ce n'était pas la cas, tant pis pour eux. Elle chercha un endroit où laisser son cheval pour la nuit et s'occupa de sa monture lorsqu'elle l'eut trouvé. Elle vérifia consciencieusement les sabots et les jambes, le brossa en le flattant et en le remerciant de l'avoir portée, puis s'assura qu'il ait à boire et à manger avant d'entrer enfin dans l'auberge.

Des voix fortes et tendues provenaient d'un coin de la salle, et l'Elfe fut surprise de voir impliqués dans cette dispute, car c'en était indubitablement une, les deux aventuriers partis avant elle. Par la Mère, ne pouvaient-ils vivre une journée entière sans se chamailler et se bagarrer? Laewllyn haussa légèrement un sourcil d'incrédulité, puis elle poussa un infime soupir et se dirigea vers les belligérants de sa plus gracieuse démarche, un discret sourire aux lèvres. Elle salua d'une inclinaison du visage l'aubergiste et un vieux hère assis lorsqu'elle passa devant lui, puis elle rejoignit le rouquin excité et la jeune Ynorienne qui faisaient face à un imposant guerrier vêtu d'une armure matelassée et d'un heaume. Elle vit sa main posée sur le pommeau de son épée, prête à dégainer apparemment, et l'écouta sans surprise se présenter comme un de ces fameux chevaliers d'or et exiger une explication à la présence des deux Yuimeniens. L'Elfe se retint de rire en entendant le rouquin riposter, sèchement, sans la moindre diplomatie, puis la jeune fille lui emboîter gaillardement le pas, allant jusqu'à se lever dans son visible énervement.

Lunatique, la jeune femme se rassit aussitôt et reprit son repas, puis releva soudain la tête pour demander à Laewllyn si elle souhaitait se joindre à eux pour manger. L'Elfe hocha simplement la tête et fit face au chevalier, un sourire serein aux lèvres:

"Bonsoir, Messire Chevalier. Nous feriez-vous l'honneur et le plaisir de vous installer à notre table, et de laisser votre sainte épée en son fourreau? Nous serons mieux installés, puisqu'il semble que vous souhaitiez bavarder avec nous, ne pensez-vous pas?"

Elle se tourna ensuite vers les deux Yuimeniens, et leur demanda aimablement:

"Dame, Messire, aurions-nous quelque but inavouable à cacher, pour refuser de répondre aux preux chevaliers d'or envoyés rétablir la paix par notre employeur? Soyons courtois et bavardons, voulez-vous? Notre bon chevalier est homme d'expérience, il a certainement nombre d'aventures passionnantes à nous conter."

L'Elfe pivota souplement et sourit de son air le plus curieux et charmeur au chevalier:

"Nous conterez-vous vos héroïques aventures, votre noble quête, Messire? Oh. Je me nomme Laewllyn, et comme mes compagnons je viens de la tour d'or, dont le conseil nous a mandaté. Allons, faites-nous le plaisir de vous asseoir à notre table, nous ne saurions inquiéter plus longtemps ce brave aubergiste, n'est-ce pas?"

Laewllyn alla s'installer sur un siège libre et, une moue subtilement amusée aux lèvres, désigna d'un geste gracieux la place libre se trouvant en face d'elle, :

"Dois-je vous appeler chevalier, ou auriez-vous d'aventure un nom plus...personnel?"

(env.750 mots)

_________________


Haut
 

 Sujet du message: Re: Voyages en Aliaénon
MessagePosté: Sam 4 Fév 2017 05:49 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 11 Oct 2014 20:24
Messages: 21604
Localisation: Aliaénon
Le Chevalier d'Or accepta la proposition d'Anastasie, qui prit donc le premier quart, et tous partirent se coucher, chacun leur tour, à l'exception du dénommé Ezak et d'elle-même. Il ne lui fallut pas longtemps pour engager la conversation, demandant d'abord la confirmation de son nom. Une formule rhétorique plus qu'une réelle question, mais la jeune femme consentit néanmoins à y répondre.

Anastasie hocha la tête aux paroles d'Ezak.

« C'est bien cela. »

Vint ensuite la vraie raison de sa prise de parole : il s'interrogeait, selon ses propres dires, sur ses motivations, ayant eu le temps d'apprendre celles d'Elysea et du Chevalier. Elle détourna les yeux de lui pour les plonger dans le feu, pensive. Après quelques secondes de silence, elle répondit finalement.

« Je ne sais pas vraiment. Il fallait commencer quelque part... Je me suis dit que je serais efficace auprès d'Elysea, pour éviter qu'elle ne commette des méfaits au nom de Gaïa. Et puis j'ai quelques pouvoirs en réserve contre les morts-vivants. Et vous ? »

Il lui répondit qu'il recherchait quelqu'un qu'il avait jadis rencontré sur ces terres et perdu de vue à Jésuir. Et c'était, en prime, un bon endroit pour rechercher le Sans-Visage. Mais il revint vite sur le sujet de la jeune théurgiste aux cheveux platines qui les accompagnait, repérant à ses paroles qu'Anastasie la connaissait. Une manière détournée de lui demander comment, certainement.

« Je lui ai parlé pour la première fois aujourd'hui, » répondit-elle. « Mais j'ai un peu travaillé pour le Temple de Kendra Kâr, dans lequel elle a elle-même été formée, nous nous connaissons donc de réputation. Le fanatisme dont elle fait preuve, cependant, alors même que toute son éducation martiale et morale a été faite, ce me semble, au Temple de Gaïa, me laisse... perplexe. »

Elle poussa un soupir, fixant toujours le feu de camp.

« J'ai peu dialogué avec les prêtres, mais je ne voyais pas le Temple dédié à la connaissance inculquer de telles valeurs. J'espère qu'elle n'est qu'un cas isolé et non le témoin d'un problème plus profond. »

Elle laissa un nouveau silence planer avant de retourner son regard vers le Kendran.

« Ainsi vous connaissez Aliaénon ? » demanda-t-elle, intriguée. « Qu'avez-vous contre le Sans-Visage pour participer à cette mission ? Je douterai personnellement de sa culpabilité tant que je n'en aurai pas eu la preuve, ou de meilleurs témoignages que celui de ce Naral Shaam. »

Le guerrier lui confia avoir été sur ces terres cinq ans auparavant, selon la chronologie de ces terres. Mais il n'avait encore jamais entendu parlé de leur soi-disant ennemi avant d'entrer dans la salle du Conseil en la compagnie de tout le monde, détrompant la supposition de la Comtesse. Il observa celle-ci quelques secondes, comme la jaugeant du regard, avant de lui demander si elle doutait du bien fondé de leur mission. Elle réfléchit quelques secondes, se remémorant les événements de la journée. Ils n'avaient eu aucune information concrète sur le danger que représentait cette personne qu'il fallait à tout prix mettre hors d'état de nuire, d'une manière ou d'une autre. Certes tous ne semblaient pas aussi catégorique que Naral Shaam, mais aucun ne remettait en cause le fait qu'il représente bel et bien une menace. Et pourtant, à part pour parler de trouble de l'ordre, ils ne savaient dire ce qu'il pouvait bien faire de si néfaste.

« Des doutes... ? Oui, on peut dire ça. »

Elle laissa planer un léger silence avant de reprendre.

« Je ne crois pas que l'on nous ai menti. Mais déjà les informations que nous avons eues me semblent... légères. Nous avons pris en chasse un être qui, visiblement, ne fait rien d'autre qu'exister. Incite-t-il ses disciples à la violence et à la haine ? Aucun du Conseil n'a été en mesure de nous l'affirmer. S'est-il rendu coupable d'un quelconque crime selon les lois d'un des pays d'Aliaénon, depuis l'éveil des Titans ? Je n'ai rien entendu de la sorte. Si je suis le mouvement, c'est que je veux être là lorsque nous établirons un contact avec lui. Pour éviter que le sang ne coule inutilement avant que l'on soit en mesure de mesurer la culpabilité de chacun. »

Elle laissa un nouveau temps de pause avant de reporter ses yeux vers le feu de camp.

« Mais jusqu'à présent tout ce que je vois c'est une poignée de peuples partant en guerre par la seule peur de représailles dont ils n'ont pas encore vu l'ombre. Le Sans-Visage a peut-être fauté par le passé, mais nous n'avons jusqu'à présent eu qu'un son de cloche, et même là rien de ce que je n'ai entendu ne me semble passible de peine de mort. »

Elle se tourna de nouveau vers Ezak.

« N'êtes vous pas d'accord ? »

Ce n'était pas une question rhétorique ; elle s'enquerrait réellement de son avis sur la question, incertaine de la position de son interlocuteur sur le sujet. La réponse qu'elle reçut fut mitigée. Le jeune guerrier remettait ces questions géopolitiques entre les mains de leurs commanditaires, plus aptes selon lui à juger des mesures à prendre. Ce à quoi lui pensait était la manière dont ils allaient l'arrêter : par la diplomatie ou par la violence, si tant est que cette dernière option soit possible. Il se doutait que la plupart des aventuriers choisiraient la première option, mais lui, faisant confiance à Naral Shaam, optait pour la seconde. Anastasie fronça les sourcils à ces paroles.

« Vous faites confiance à cet elfe ? » s'étonna-t-elle. « Elfe qui nous a menti avant même notre arrivée en ce monde ? J'avoue ne pas comprendre. Et désapprouver. »

Elle s'arrêta quelques instants avant de continuer, d'un ton grave.

« Quoiqu'il en soit nous œuvrerons donc dans un but opposé. Je ne peux vous laisser tuer un être vivant sans sommation ni preuve de sa culpabilité. »

Ezak leva un sourcil avant de la rassurer sur ses intentions ; s'il chercherait effectivement un moyen d'arrêter le Sans-Visage par la force, ce n'était selon ses dires qu'une précaution, pour se préparer à l'éventualité d'un affrontement. Une décision pragmatique, en somme, et non purement sanguinaire. Le visage de la jeune femme se détendit à la rectification d'Ezak.

« Si nous parlons simplement de précautions, alors, tout va bien. »

Quant à sa confiance en Naral Shaam, il ne l'explicita pas clairement et se contenta de dire que l'elfe l'avait gagnée. Il ajouta qu'il ne lui en voudrait pas de ne pas comprendre, certainement conscient de l'étrangeté de la chose. Le visage de la jeune femme se rembrunit une fois de plus.

« Fiable ? Ses premiers mots à notre égard ont été un mensonge. Je ne vous comprends effectivement pas. »

Après une courte pause, cependant, elle reprit, plus compréhensive.

« Mais chacun a son histoire et ses raisons. Peut-être aurais-je conclu à la même chose devant votre position... Et je n'ai moi-même pas toujours été comprise dans des choix qui me semblaient pourtant évident. Ainsi je ne vous jugerai pas. »

Après cela, Ezak la fixa intensément quelques secondes, avant de pousser un soupir et de reprendre la parole. Il déclara que, puisque le Sans-Patrie et Elysea étaient au courant, il pouvait aussi bien le lui dire à elle. La jeune femme fronça les sourcils, intriguée. Quel pouvait être cette révélation qu'elle semblait être la seule à ignorer ? La réponse lui fut vite apportée : cinq ans plus tôt, le jeune homme avait rencontré un peuple de Nécromants à Jésuir, et il craignait la réaction de la jeune femme. Si a jeune femme haussa légèrement les sourcils à l'entente de l'information, elle n'était pas tant surprise par celle-ci, finalement.

« Je suppose que je m'étais attendu à quelque chose comme cela. Un royaume où règne la mort... »

Elle laissa quelques secondes de flottement, repensant à sa rencontre avec les Messagers des Corbeaux, au Château d'Endor, avant de reprendre la parole.

« Je ne suis pas certaine d'approuver la nécromancie... Mais il y a un pas que je ne franchirai pas entre la désapprobation et la mise à mort. Tant que ce peuple n'est pas un danger, vous aurez mon soutien pour contenir les... fanatismes de notre compagnonne. »

Elle jeta un regard vers la tente de celle-ci, inquiète.

« Tant que nous essayons au maximum de ne pas la blesser... Pas tant que je n'aurai pas pu juger de qui son fanatisme est la faute... La sienne ? Ou celle du Temple ? »

Ezak déclara que tous étaient responsables de leurs propres actes, raison pour laquelle il n'appréciait guère les dévots, abandonnant leur liberté au profit de leurs divinités. Il la fixa ensuite avec un sourire avant de déclarer qu'elle était une bonne surprise. La Comtesse sourit à son tour, acceptant le compliment sans se faire prier. Mais le jeune homme, fatigué, se leva bientôt, déclarant qu'ils reprendraient cette conversation plus tard, le sommeil l'appelant. Anastasie lui adressa un hochement de tête en signe de salut et, de nouveau seule, se concentra sur son tour de garde.

Rien de particulier ne se passa lors de son tour de garde, pendant lequel elle ne fit rien d'autre qu'attendre, tâchant de ne pas s'endormir, et manger une ration de son sac de survie. Au moins, celui-ci, elle ne l'avait pas oublié. Après quelques temps, enfin, elle alla réveiller le Chevalier d'Or et prit sa place dans sa tente, s'endormant immédiatement.


Elle fut réveillée en plein milieu de la nuit par Elysea et le Sans-Patrie, qui les avertissaient de l'arrivée de silhouettes, qui les encerclaient, torche à la main. La Comtesse s'affaira rapidement et sortit à temps pour voir des guerriers aux armures et armes variées les embusquer. Ils étaient dirigés par un homme imposant, plus caparaçonné encore que ses sbires. Il leur somma de déposer leurs armes et de leur donner leurs biens, sous peine de mort. Elysea, près d'Anastasie, brandit sa lance de lumière, alors que le Chevalier d'Or soulevait lui ses deux épées. La Comtesse, à son tour, brandit son bâton, le préférant à sa rapière en sous-nombre, mais elle tâcha en premier lieu de tenter de résoudre les choses sans violence. Si elle n'aurait aucune peine à les tuer pour se défendre, elle se souvenait encore des paroles de Fitzekiel au sujet des gredins : tous n'avaient pas eu la vie qu'elle avait mené, et pour certains le vol était le seul moyen de survivre. Elle fit un unique pas en avant vers le chef et prit la parole d'une voix forte et assurée.

« C'est vous qui devriez déposer vos armes, » fit-elle.

Elle se souvenait des paroles entendues à la Tour d'Or, tant au sujet du Dragon Mauve que des aventuriers de Yuimen, aussi décida-t-elle d'utiliser leur renommée à leur aventage.

« Vous vous trouvez en présence de Yuiméniens, » déclara-t-elle. « Ainsi que d'un Chevalier d'Or et du Seigneur Naral lui-même, grand héros de la bataille de Fan-Ming. »

Elle s'arrêta l'espace d'une seconde, comme pour leur laisser assimiler cette information, avant de reprendre la parole.

« Croyez-vous être en nombre suffisant pour affronter le célèbre Dragon Mauve accompagné de plusieurs guerriers sur-entraînés ? »

Sa carte était jouée : si ils refusaient d'abandonner maintenant, elle devrait probablement se résoudre à les affronter.



(((+1 800 mots. A mangé. S'est couchée environ 3H après l'arrivée au campement.)))

_________________
 
 
Image


_________________


Haut
 

 Sujet du message: Re: Voyages en Aliaénon
MessagePosté: Sam 4 Fév 2017 06:23 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Ven 18 Sep 2009 18:11
Messages: 7532
Localisation: Quête 35
Quand je suis réveillé par Xël, je me rends compte qu'encore une fois, mes yeux ont fait n'importe quoi pendant que je dormais. Même si je commence à m'y faire, ça fait toujours un choc comme ça, au réveil. Je le gratifie d'un « Merci l'ami » alors que tranquillement, je remets mes pupilles en place. Mon ami le clodo ne manque pas de me faire une petite blague sur le sujet, me demandant si avec ses yeux, j'ai aussi la sensation de tête dans le cul. Ah, s'il savait. Certes, mes yeux ne piquent pas quand j'ai sommeil ou que je n'ai pas assez dormi certes ma vue ne se trouble pas ou peu quand je suis fatigué, mais le coup des zooms surprises est une alternative assez surprenante. C'est d'ailleurs sur ce point que je décide de lui répondre.

« En fonction de ce qu'il y a en face de moi quand j'ouvre les yeux, je peux même l'avoir dans celui des autres! »


Il me tend ensuite la main pour m'aider me relever, se retenant visiblement de rire et il attaque directement sur des questions plus sérieuses. Comme ça, sans prévenir, dès le réveil. Il me demande ce que je peux lui dire sur Naral, cet enfoiré de lézard mauve, parce que je donne visiblement de le connaître. Sauf que ce gars je le connais pas plus que les autres. Au final, je ne suis pas sûr que quiconque puisse dire qu'il connaît Naral. Mais bon, je vais quand même essayer de bricoler une réponse. Baîllant, je me donne quelques petites claques sur le visage pour finir de me réveiller avant de poursuivre.

« Ce que je peux te dire sur Naral ? Pas grand chose. J'ai beau l'avoir côtoyé un peu plus longtemps que certains, je ne le connais pas plus que ça. Je sais juste qu'il est fourbe. Fourbe et très intelligent ce qui le rend d'autant plus dangereux. Et ça, c'est sans parler de sa capacité à faire fondre les gens avec son haleine. »

Tout ce que je dis n'a pas vraiment l'air d'étonner Xël. A dire vrai, il ne semble pas aussi jouasse que d'habitude. Naral, ou tout du moins l'implication de ce dernier dans tout ce que nous vivons et allons vivre semble le tracasser. Il se demande même si tout n'est pas qu'une ruse du Lézard Violet. C'est fort possible. On ne sait jamais avec cet enfoiré de Naral. Mais Xël veut mon avis alors autant lui donner, lui dire ce que je pense de tout ce bordel avec le Dragon et le Sans-Visage.

"C'est possible, je n'en sais rien. Mais je sais que laisser le Sans-Visage faire ce qu'il veut n'est pas franchement une solution acceptable non plus."


C'est vrai. Le Sans-Visage n'est pas plus digne de confiance que le Dragon Mauve. Ils sont tous les deux du même accabit. Pas un pour rattraper l'autre. Et quand le clodo me demande ce qu'il en a été de ma discussion avec le dieu fantoche. Je ne peux pas m'empêcher de sentir une légère colère poindre dans le creux de mon estomac. Bordel.

"Ce qu'il m'a dit ? Qu'il n'avait aucune intention d'aider les peuples d'Aliaenon quand les armées Oaxiennes ravageaient son monde. Que c'était l'évolution ou une connerie du genre, qu'il ne voulait pas intervenir et laisser les choses se faire. Il jouait avec les habitants d'Aliaenon comme un enfant joue avec des fourmis. Et maintenant qu'il se rend compte que les hommes et les Titans cohabitent, qu'il se rend compte qu'il sert plus à rien. Il nous fait un caprice et essaye de reprendre le contrôle ? Qu'il aille se faire foutre. Il n'a aucune légitimité."

Oui, je ne l'aime pas. Mais Xêl se pose vraiment un tas de questions. Il semble vraiment beaucoup réfléchir à la situation et essaye de comprendre. Il me demande pourquoi le Sans-Visage nous a donné des sifflets, nous a « aidé » s'il n'en avait vraiment rien à faire. D'instinct, je lui réponds.

"Pourquoi donner des épées à deux condamnées dans une arène ?"

Il comprends tout de suite où je veux en venir. Le spectacle. Rien d'autre. Je lève le pouce pour lui montrer qu'il a visé en plein dans le mille. Le Sans-Visage nous a vaguement aidé pour rendre le spectacle un peu plus divertissant. Juste un autre enfoiré. C'est tout. Xël comprends visiblement ce que j'essaye de lui dire, continuant de dire qu'il ne compte pas pour autant faire confiance à Naral. Heureusement, ce n'est pas du tout ce que j'ai voulu lui dire. Naral aussi est juste un enfoiré. C'est tout.

"Bien sûr. Ni Naral ni le Sans-Visage ne sont digne de confiance. C'est à nous de démêler le vrai du faux, de nous faire notre propre opinion et d'agir en conséquence."


Il enchaîne ensuite en diabolisant les Chevaliers d'Or, comme tout le monde semble majoritairement le faire. Les gens ne les comprennent pas, ou plutôt ont du mal à concevoir leur manière de faire. Ils ne sont pas de simples soldats que Naral manipule comme des marionnettes en se cachant derrière un masque pour tuer une divinité. Je pense qu'ils ont vraiment à cœur de protéger leur monde, leur patrie, leur foyer. Ils réagissent juste comme pourraient le faire des ynoriens devant une bande de garzok. Taper d'abord parler ensuite. Rien de mal là-dedans dans l'absolu.

"Les chevaliers d'Or font ce qu'ils estiment être juste. Contrairement à Naral, ils ne cachent pas leur intentions. Ils sont des habitants de ce monde, comme la plupart des membres du Conseil d'Or."


Mon ami le clodo affirme qu'il se pose peut-être trop de question. Peut-être...MAis est-ce un mal dans le fond. Des gens qui réfléchissent, qui se posent des questions, il en faut. Il faut que je le rassure. Enfin, que j'essaye tout du moins. M'approchant de lui, je lui fait un amicale tape sur l'épaule avant de lui dire :

"Et je ne m'en pose sans doute pas assez. Se poser des questions n'est pas un mal, loin de là c'est comme ça que l'on s'approche de la Vérité. Mais il ne faut pas se laisser submerger et avancer progressivement, avec ce que l'on sait. Ne pas se noyer sous les hypothèses et les "Mais si.." ou les "Peut-être que...", c'est tout."


Il semble retrouver un peu de contenance et de bonne humeur si j'en crois le mince sourire qui se dessine sur son visage. J'espère juste qu'il ne va pas trop cogiter cette nuit et parvenir à trouver le sommeil. D'ailleurs quand il évoque Charis qui doit m'attendre et son départ imminent pour un bonne nuit de sommeil, je lui signifie qu'il peut dormir sur ses deux oreilles.

"Dors tranquillement M'sieur le clodo, je veille sur toi."

Que ce soit pour cette nuit ou pour le reste du voyage. Je vais veiller sur lui. Je vais broyer ses inquiétudes et le protéger. C'est à mon tour d'être son garde du corps et de faire en sorte qu'il ne perde pas sa joie communicative face aux horreurs qui risquent de paver notre chemin. Et alors qu'il s'éloigne, je remarque que Charis est en pleine discussion avec la gamine. Ne voulant pas m'imiscer dans une conversation qui ne me regarde peut-être pas, je m'éloigne quelques peu du campement et vais m'asseoir un peu plus loin. Fixant le ciel étoilé. Oui...Protéger les gens. Je ne sais pas encore si j'en ai les capacités, la force mais...Mais j'ai la volonté.

Quelques minutes plus tard, alors que je suis encore perdu dans mes pensées, j'entends des bruis de pas derrière-moi qui un « Puis-je? ». C'est Charis. Sans un mot, je lui fait signe de la main qu'elle peut effectivement prendre place à mes côtés. Elle ne dit rien. Le silence s'installe. Mais pas de ces silences gênant que personne n'ose vraiment briser. Non, un silence apaisant. Puis une question. Une sacrée question. Je pensais que Xël n'y était pas allé de main morte tout à l'heure...Mais là. D'un seul coup, la Porte-Braise me demande ce qui me pousse à aider les peuples d'Aliaenon et...Je n'ai pas de réponse. A vrai dire, je n'y ai jamais vraiment pensé, je les aide un point c'est tout. Le pourquoi est-il vraiment important ? Sans doute, mais comment l'expliquer ? Tout n'est tellement qu'à base de ressenti qu'il me faut un instant de réflexion pour trouver mes mots. Les bons mots. Les jambes repliées, bras croisés sur ces dernières, je reste encore un instant le regard perdu dans le vide avant de répondre.

"Je ne sais pas vraiment. Lors de ma première venue j'ai été envoyé en tant qu'espion au service d'Oaxaca et j'ai débarqué à Esseroth en plein siège de la ville..."


Je soupire lentement avant de poursuivre.

"Sur Yuimen, la guerre est présente, mais peu de gens y sont directement confrontés. J'ai pris une claque et j'ai décidé de prendre part au combat. Une chose en entrainant une autre, je me suis attachés au Esserothéens et à d'autres....J'ai déjà échoué à protéger ceux en qui je tenais, j'ai juste juré que ça ne se reproduirait plus."

Mon affiliation à Oaxaca, la guerre, la bataille de Fan-Ming, tout ça me paraît si proche et si lointain à la fois. D'ailleurs Oaxaca, après ma réponse, le sujet vient bien évidemment sur la table. Elle précise que je n'ai pas à répondre si cela me dérange. Ce n'est pas le cas bien sûr, mais surtout, j'ai promis de répondre à ses questions aussi précisément que possible. Est-ce que j'avais déjà trahis Oaxaca en arrivant sur Aliaenon ? Et avant ça, pourquoi avoir rejoint ses rangs ? Si la première question est d'une simplicité enfantine, la deuxième à le mérite d'être un peu plus complexe. Caressant la chitine de mon arc je réponds d'un ton calme.

"J'ai avoué mon affiliation au Capitaine Atsuhiko juste avant de prendre le fluide puis, en arrivant à Esseroth j'ai compris qu'elle garce elle était vraiment."

Je serre les poings aussi fort que possible en me remémorant le siège d'Esseroth les morts par centaines et tout ce que la guerre à de plus joyeux.

"Sinon, ce qui m'a fait les rejoindre ? Un ensemble de choses je dirai. La recherche de puissance, la peur, la colère et surtout une méthode de recrutement assez...persuasive. Elle broie les gens avant de leur offrir un misérable porte de sortie. Que la Catin d'Omyre aille se faire foutre."


Je reste assez vague quand à l'épisode du bagne de la Tour d'Omyre. Non pas que je cherche à le cacher, mais je n'ai pas envie de lui mettre de telles images dans la tête au beau milieu de la nuit. Il est des choses qu'il n'est pas forcément bon de savoir. Elle semble comprendre, compatir presque avant de changer de sujet...ou presque. Elle fini naturellement par s'intéresser à la bestiole qui campe sur mon bras. Cherchant à savoir si cette dernière est lié à la Catin d'Omyre. Avant même de répondre, je tapote sur la tête de l'insecte qui prends la forme d'un arc puis je le tends à ma camarade.

"Pendant la session de recrutement, je suis devenu le Champion de Cwedim, le Roi des Rampants Visqueux. C'est arme est un cadeau de sa part. Je le garde comme symbole de ma détermination à lutter. Pour ne pas oublier."

Non, je ne veux pas oublier. Ce serment que j'ai fait près du grand brasier lors de la fête qui a suivi notre réveil dans la Tour d'Or. Je ne l'oublierai pas. Faire payer la Catin d'Omyre et ses Treize larbins. Et alors que Charis me rend mon arme et que je le laisse reprendre la place qui est sienne, elle provoque chez moi un haussement de sourcil avec deux simples questions. Est-il vivant ? A-t-il un nom ? Sérieusement ? Voilà bien une chose à laquelle je n'ai jamais pensé. Pour moi il ne s'agit que de mon arme, d'un simple outil rien d'autre. Et je ne vois pas l'intérêt de donner un nom à une arme.

"Il bouge et m'obéit, c'est tout ce que je sais. Créature vivante ou simple objet magique bizarre, là, le mystère reste entier et...Non, il n'a pas de nom. Je ne l'ai jamais vu comme autre chose que comme une arme alors je n'y ai jamais pensé. Mais si vous avez une idée, libre à vous de le baptiser."


Après tout, ça pourrait être amusant. Je la regarde réfléchir et d'un seul coup un nom émerge : Rufus le Funeste. Je ne sais pas d'où ça sort, mais je ne peux m'empêcher d'éclater de rire avant de vite me contenir pour ne pas réveiller tout le campement.

"Allons-y pour Rufus alors."


Je regarde alors mon arc un instant. Rufus. Mon arc s'appellera donc Rufus. Il va falloir que je m'y habitue. Puis, mes pensées reviennent sur quelques sujets un peu plus sérieux et je décide de couper court à cet élan de bonne humeur.

"Et sinon, redevenons un peu plus sérieux. Vous, qu'est-ce qui motive vos actions sur les terres d'Aliaenon ?"

Elle me raconte son histoire. Le massacre de son clan et de son promis. Sa fuite, la première fois qu'elle a pris une vie. Je l'écoute calmement et respectueusement. Cette histoire, je la connais déjà. C'est le mienne. A quelques détails près bien sûr, mais dans les grandes lignes, elle a vécu exactement les mêmes choses que moi. Je pense savoir la peur qu'elle a ressentie, ses angoisses. Et tout comme moi, elle a trouvé en Aliaenon, un nouveau foyer.

" Je pense savoir ce que vous avez ressenti. Nous sommes nombreux à fuir de la sorte, sans doute trop. Et nous somme quelques uns à avoir trouvé en Aliaenon un nouveau foyer. Protégeons-les. Ensemble."


Je me tourne vers elle, un grand sourire barrant mon visage.

"C'est complètement cliché mais..."

Et elle – souriante aussi – complète ma phrase en disant que cela n'en est pas moins vrai. Puis vient l'autre question que j'attendais. Celle qui doit brûler les lèvres d'un paquet de personnes. Comment je me suis retrouvé avec cette tronche et des bras en ferraille. Comme à chaque fois que je pense à ma transformation ou que je dois en parler, je joue avec mes pupilles. Passant en mode vision nocturne, zoomant sur ce qu'il y a au loin, puis revenir à ma vision de base. Je fais tout ça machinalement, sans vraiment m'en rendre compte. Et je commence mon histoire, la deuxième.

"Je suis mort. Dans le désert où nous nous rendons d'ailleurs..."


Je souris. Je n'ai pas vraiment de mal à parler de ma mort. Je me suis fait à l'idée maintenant et ce n'est pas vraiment un sujet douloureux. Je ne saurais pas l'expliquer...c'est comme ça.

" A ce moment, je me suis retrouvé sous forme de fantôme ? Esprit ? En bref, personne ne pouvait me voir et je pouvais me déplacer à très grande vitesses? Je pouvais aussi prendre possession d'un autre corps. J'ai trouvé celui-ci dans la Tour d'Orsan, un endroit où de terribles expériences sont menées. L'âme de son propriétaire n'était que terreur et souffrance pure. Tout humanité avait disparu. Je me suis imposé dans son corps en éjectant celle qui y résidait. Et c'est ainsi que ce corps est devenu mien."


J'ai l'impression que ça remonte à des années. D'une certaine manière oui, sur Aliaenon, cet événement a eu lieu il y a plus ou moins six ans maintenant, mais pour moi, il reste relativement récent. Pourtant...

Je laisse le temps à Charis de digérer la nouvelle. Car même si pour moi cette histoire est presque banale maintenant, je me doute qu'elle ne doit pas forcément facile à entendre, à appréhender. Elle me dit qu'elle a du mal à imaginer ce que cela peut faire et je la comprends, moi-même j'aurais du ma à lui expliquer tout ce que j'ai ressenti en détail. Puis ensuite, viennent les questions que je pourrais qualifier de plus « techniques ». Mon corps est-il encore fait de chair ou entièrement composé de métal ? Ai-je encore des sensations humaines ? Effectivement, je suppose que ces questions sont naturelles et pas si bêtes.

"Tout mon corps n'est pas fait de métal non. Seuls mes bras, mes yeux et ma colonne vertébrale ne sont pas organiques. Tout le reste est fait de chair tout ce qu'il ya de plus classique. Pour ce qui est des sensations...Mes bras sont recouvert d'une fausse peau transparente. J'ai encore le sens du touché, mais ne ressent plus la douleur."


Je pourrais sans doute lui montrer plus en détail tout ça, mais à cette simple idée...non non et non. Je ne peux pas me le permettre. Je sens le rouge me monter aux joues tant la situation que je viens d'imaginer peut s'avérer relativement gênante. Je lui tends alors ma mains, paume vers le haut pour qu'elle puisse se rendre compte de tout ce que je viens de dire. Ce qui est bien mieux que ce qui m'a traverser l'esprit.

"Pour le reste, je pourrais vous le montrer, mais j'aurais peur de paraître inconvenant, que ce soit un peu trop déplacé."


Mais...mais...Non. Je ne viens pas de dire ça hein ? Ces mots ne viennent pas vraiment de sortir de ma bouche ? Je ne sais vraiment plus où me mettre. Parfois, il faudrait vraiment que je fasse un peu plus comme Xël et que je me décide à réfléchir, plutôt que de sortir comme ça ce qui peut me passer par la tête. Je tourne malgré tout la tête vers la demoiselle quand elle bredouille - rougissant elle aussi – qu'elle me croit sur parole et que je n'ai donc pas à me dévêtir. Le ridicule de la situation vient alors me frapper en pleine face et je craque. J’éclate littéralement de rire. Me libérant de la tension et de la gêne que je venais d'installer. Oui cette scène est franchement comique. Et maintenant que je me sens un peu plus à l'aise, je décide de m'excuser et d'expliquer le pourquoi du comment.

"Désolé. Je ne voulais pas créer de gêne. Je ne suis pas franchement doué quand il s'agit des interactions sociales de base."


Il faut dire que ça ne fait pas si longtemps que ça que je côtoie d'autres personnes. J'ai vécu pendant tellement longtemps reclus comme un ermite. Si j'en crois ses dire, elle aussi n'est pas forcément une experte en communication et je me sens quelque peu rassuré. Je finis par me relever. Me dépoussiérant les fesses, je tends une main à Charis pour l'aider à se relever.

"Bon, je pense qu'il est temps de passer le relais pour ce qui est du tour de garde. Il faut que j'aille réveiller la lopette!"


Avec mon aide elle finit par se relever et je décide de poursuivre tout en m'étirant.

"Le reste du voyage ne sera sans doute pas aussi facile qu'aujourd'hui."


Elle me remercie et ne manque pas de dire dire bonne nuit à Rufus également...ce qui ne manque pas de m'arracher un sourire. Puis elle s'éloigne en me souhaitant bonne nuit. Je lui réponds d'un signe de tête et je remarque qu'elle est passé du vouvoiement au tutoiement. J'en prends bonne note et je me dirige moi aussi vers le camp. M'approchant de la tente de Krayne, la lopette. Je le réveille doucement en lui signifiant que c'est à son tour avant de filer me coucher.
***


La nuit aura été bonne et relativement réparatrices et c'est de bonne humeur malgré quelques courbature au niveau des cuisses que je me lève à l'aube. Il est temps de ranger notre bordel et de reprendre la route. Aidant les uns et les autres à tout remettre en ordre tout en grignotant une pomme ou deux. Nous finissons par partir alors que le soleil pointe le bout de son nez. Quelques heures plus tard, on finit par larguer ceux qui comptent se diriger vers la forêt. Je salue ceux que je connais d'un signe de tête. Je passe le reste du voyage à réfléchir à des choses et d'autres. Je regarde Xël discuter avec le nain et le Chevalier d'Or se tenant fièrement sur sa monture. Bref, je reste relativement silencieux. Puis vint enfin le moment de s'arrêter. Visiblement, selon le dires de Thersien, les choses sérieuses vont commencer demain. Une plaine à traverser..Facile non ? Bah bien sûr que non, il faut qu'on y rajoute un gaz naturelle qui vous rend dingue à trop forte dose. Joie. Remarque, enfin quelque chose que je n'ai pas encore croisé dans mes aventures, le gaz qui rend fou. Ca a au moins le mérite d'être original.

Je finis d'aider à monter le camp et vais m'installer auprès du feu. Cette nuit, je pense prendre le premier tout de garde.

[3469 mots. Tour de garde de deux heures. A dormi une ou deux heures avant et jusqu'à l'aube après.]

_________________

Car celui qui aujourd'hui répand son sang avec le mien,sera mon frère. - William Shakespeare


Haut
 

 Sujet du message: Re: Voyages en Aliaénon
MessagePosté: Sam 4 Fév 2017 09:41 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 29 Nov 2008 22:29
Messages: 1498
Localisation: Aliaénon
L’aide était visiblement bienvenue pour Elysea D’Astenor car, elle me remercia poliment.

« Ne me remerciez pas. Nous allons évoluer ensemble un moment alors autant s’entraider."

J’étais sincère dans mes propos. Il était vrai que je la trouvais dangereuse, tant pour elle que pour le groupe. Sauf que jusqu’à cet instant présent rien ne nous divisait. Ou rien ne nous divisait encore…
Ce moment en tête-à-tête était une formidable occasion d’en avoir le coeur net. C’est pourquoi je levai la tête de mon activité de montage de tente pour la regarder dans les yeux, et sonder son regard.

"Au moins jusqu'à ce qui nous oppose finisse par nous diviser. N'est-ce pas ? »

La jeune femme ne baissa pas les yeux. Je pouvais y lire une détermination sans faille. Les sourcils froncés, elle me répondit sans détour :

"Cela vous semble inévitable. Je suis déçue, je pensais trouver un allié en vous. Sachez que je saurai me montrer sans pitié si vous vous dressez contre moi. La Foi de Gaïa ne souffre d'aucun rempart."

Et j’avais ma réponse… Je grimaçai à l'énonciation de nom de la déesse Gaïa. Ces fidèles et leurs dieux… Ces êtres m’agaçaient au plus au point. Je fis un effort surhumain pour me retenir et ne pas retomber dans mes vieux travers, faisant valoir ce que je pensais. Le lieu et l’instant n’étaient pas adaptés à un débat théologique. Mais c’était sans compter sur le fait que j’étais Ezak D’Arkasse. L’insolence de mes convictions ne pouvait se taire face à cette croyante.

" Vous n'avez pas fini d'être déçue. Sachez que je hais votre déesse. En fait, je hais tous vos dieux, tous autant qu'ils sont. »
répondis-je dans un sourire provocateur qui contrastait avec la teneur de mes propos. Je continuai tout de même pour lui montrer ma bonne foi dans cette situation.

"Vous voyez ! Nous sommes différents, mais pour moi cela ne nous empêchera pas d'être alliés. Il n'y a rien d'inévitable. Je vous l'ai dit et vous le répète avec autant de fermeté : la seule chose que je vous demande est de ne pas attenter à ma vie à cause de votre comportement. »


« Je défends la vie, je ne la mets pas en danger. »

Croyait-elle… Je l’avais touchée, et cela se voyait sur son visage qui s’était figé comme la glace. Je tentai une réflexion pour tenter de la détendre :

« Vous semblez vexée... Ça vous va bien."
Je ris de ma réplique. C’était plus fort que moi, face à cette blonde si sûre et certaine de ses convictions, il fallait que je lui démontre l’absurdité de son comportement.

Je continuai ma besogne un instant en silence, détournant enfin mon regard d’elle, réfléchissant à un moyen simple de lui faire comprendre sa propre dangerosité, avant de reprendre :

"Très bien ! Voyons voir quel point vous défendez la vie comme vous le prétendez ! Vous avez l'occasion de détruire le Sans-Visage où d'annihiler un groupe de nécromant pacifique. Que vous dictera votre cœur ? »

Elle resta silencieuse un moment, avant de finalement répondre :

"Je n'ai aucun goût à votre petit jeu, sire d'Arkasse. Pas plus que de cœur à me livrer à des situations fantasques juste pour votre plaisir. Sachez une chose, cependant : c'est ma foi qui me dicte mes actions, non mon cœur. Peut-être qu'un jour, vous comprendrez la nécessité de ces mots. Je l'espère pour vous. »

Je fus fortement agacé par ce nouveau discours religieux auquel elle me mêla. Le coeur, la foi, l’âme, quelle importance cela avait ? Pour moi, c’était juste une manière religieuse de définir sa soumission à une entité divine. Qui était-elle pour espérer quoi que je m'abaisse à comprendre ses mecanismes religieux. Je voulais lui retirer cette idée de la tête.

« Cessez d'espérer ! La seule foi qui m'anime est celle que j'ai en la supériorité de mes convictions. Jamais je ne comprendrais les dévots comme vous. Nous sommes tout les deux à des lustres de pouvoir nous comprendre."

Ma voix était ferme mais pas agressive pour autant. Je continuai tout en montant la tente :

"Je hais ce que vous représentez, c'est vrai ! Mais je ne vous hais pas personnellement malgré tout. C'est pourquoi je vais vous prévenir de bon cœur : ma question n'était pas un jeu. Il y a sur les terres que nous allons parcourir un peuple de Nécromancien appelé les Ol'Toga que tous ici, pensent disparus."

J’observai ses mains, se serrant d’une colère contenue alors que je finissais de monter sa tente. Je relevai un regard neutre vers elle, pour lui proposer une dernière main tendue :

"Maintenant, nous sommes à armes égales. Vous avez ce que je sais. Alors quand vous agirez, je saurais maintenant que c'est en âme et conscience. Voyez, toute ma bonne foi. Je ne vous prends pas en traitre. Je vous dois au moins ça, entre Kendrans. »


Et c’était la seule chose que je lui devais, ma sincérité la plus complète. Mais mes paroles avaient clairement des relents d'avertissements. A présent que la situation était claire, je n’accepterais aucune excuse si cette folle de Gaïa agissait contre nos intérêts. Peut-être l’avait-elle compris à en juger par le regard froid qu’elle me lança.

"Merci pour votre aide sur le montage de la tente, ser. Je vais dormir, maintenant. »

Ô tristesse. Ma Dame ne pouvait plus me voir en peinture. Soit ! Si c’était ce qu’elle voulait.

Je lui souris de toutes mes dents, hypocritement et inclina la tête, avec la secrète intention de la provoquer encore plus.

"Ce fut un plaisir chère Dame. »

Je me retournai et mon sourire hypocrite, masque soigneusement choisi, s’effaça d’emblée. À cet instant, j’en étais sûr, cette femme était juste une catastrophe annoncée. J’allais devoir la suivre de près.
Bien que je n’eus pas voulu lui montrer, j’étais très contrarié et je me dirigeai vers le lac pour calmer le feu qui animait mes entrailles. Je plongeai mon regard dans l’eau remuante, et laissai le silence faire parler mes pensées.
Comment allais-je me sortir de cette situation inconfortable ? J’étais très mal entouré, pour sûr. D’Astenor était une femme aveuglée par sa foi idiote. Quant au Sans-Patrie, je craignais que son esprit chevaleresque le pousse à prendre le pli de cette chienne de Gaïa.
Dans ce groupe m’accompagnant, il n’y avait finalement que Naral Shaam en qui j’avais confiance, sauf qu’il allait bientôt continuer sa route seul vers la Lande Noire. Je me demandais sincèrement, si je ne ferais pas mieux de l’accompagner et laisser ces gens mourir entre eux. Le passage par le Bagne d’Oaxaca m’avait rendu encore plus violent, mais aussi plus prudent. Certains y auraient peut-être vu de la paranoïa, mais je voulais en premier lieu être entouré d’alliés fiables. Si seulement Karz était avec moi j’aurais au moins eu une épaule solide sur qui me reposer. Ici, j’étais affreusement seul et je n’aimais pas ça.
Enfin seul, peut-être pas…

Je me retournai vers le campement, tous étaient allé se reposer. Sauf cette Kendranne, Anastasie Terreblanc qui montait la garde près du feu. Il n’y avait qu’elle que je n’avais pas encore sondée.
Je me rapprochai du feu de camp, et m’assis à même le sol pour avaler l’une de mes rations. Tout en mangeant, j’observai la jeune femme silencieusement. C'est seulement lorsque j’eus finis de me repaître que je daigna m’adresser à elle :

" Anastasie Terreblanc. C'est bien cela ? "

Question rhétorique, auquel elle répondit par l’affirmative. Je continuai :

"Je connais les intentions de la Dame D'Astenor et du Sans-Patrie et je m'interroge sur les vôtres. Qu'est-ce qui vous amène à les suivre dans leur mission ? »

Elle détourna les yeux pour les plonger dans le feu crépitant, comme réfléchissant à ses propres motivations. Elle répondit alors ne pas vraiment savoir pourquoi elle était venue, qu’il fallait bien commencer notre mission quelque part. Qu’elle voulait être auprès d’Elysea pour l’empêcher de mal agir au nom de Gaïa. Et qu’elle avait en plus des pouvoirs efficaces face aux mort-vivants. Puis elle me retourna la question.

« Je recherche quelqu'un que j'ai jadis connu sur ces terres. Nos chemins se sont séparés à Jésuir. Et c'est aussi une bonne occasion de voir si le Sans-Visage se cache par là-bas. »
repondis-je, en humanisant probablement plus Légion que ce que je devrais. Il n’était au final qu’une arme de plus que j’avais choisi de subtiliser à ma catin de Reine.

Alors même que je lui répondis, j’étais resté absorbé par ce qu’elle m’avait révélé. Elle semblait connaître la fanatique et faisait, elle aussi référence à Gaïa. Mais je ne comprenais pas bien les rapports qu’elles entretenaient. C’est le fruit de mes pensées qui s’exprima à haute voix :

"Alors, vous connaissez cette fanatique…»

Ce qui n’était pas tout à fait exact, car elle me précisa l’air troublée, ne lui avoir parlé pour la première fois qu’en ce jour, mais qu’ayant oeuvrées au sein du même Temple de Gaïa, elles se connaissaient de nom. Elle rajouta être perplexe devant son fanatisme et qu’elle imaginait mal son temple enseigner de tels preceptes.

Je fus tout de suite plus détendu face à elle en entendant les mots qui sortirent de sa bouge. Heureux d’apprendre que je n’étais plus le seul ici, à condamner l'esprit rigide d’Elysea d’Astenor.

Anastasie Terreblanc rebondit sur le fait que je connaisse Aliaénon, sûrement pour en savoir plus. Et me demanda les motifs de mes griefs contre le Sans-Visage, expliquant que de son côté, elle doutait de sa culpabilité autant qu’elle doutait des témoignages de Naral Shaam.

"Oui, j'étais ici il y a cinq ans. Mais je n'ai pas eu autant de bonnes fortunes que ces héros d’Aliaenon."

Je réfléchis un court instant au sujet de notre ennemi avant de reprendre :

« Cependant, je n'avais jamais entendu parler du Sans-Visage avant d'avoir mis les pieds dans la salle du conseil. Je n'ai donc rien de personnel envers lui."

Je restai interloqué par sa réflexion sur Naral Shaam, et j’essayais de lire la réponse sur son visage.

"Vous avez des doutes sur le bien-fondé de notre mission ? »

Elle répondit par l’affirmative, l’air pas nécessairement convaincu, de ses propos. Elle précisa ne pas penser que nos commanditaires mentaient, mais qu’elle trouvait que ce Sans-Visage n’était pas coupable de grand chose, si ce n’était que d’exister. Qu’elle n’était là que pour établir un contact avec lui et s’assurer qu’il n’y ait pas de vies perdus sans aucune preuve de culpabilité de sa part. Elle ne voyait dans notre action qu’une guerre lancée sous peur de représailles, non fondées.
Elle me demanda mon avis sur la question. J’y réfléchis un instant. Il était vrai que je ne m’étais pas posé autant de question, mais je ne croyais pas vraiment en la légitimité de ses doutes.

« Je pars du principe que ceux qui nous ont appelés savent ce qu’ils font et connaissent mieux Aliaénon et ses énigmes que nous, Yuimenien. Il nous faudrait probablement des années pour pouvoir comprendre toute la géopolitique de ce monde qui nous est étranger. S'ils se sont donné la peine de créer un ordre de chevalier uniquement dédié à cette mission, c’est qu’il doit y avoir quelque chose. Ne dit-on pas qu’il n’y a jamais de fumée sans feu ? »

Je réfléchis à nouveau avant de continuer :

« Le vrai débat est ailleurs selon moi. Tuer cet être - en admettant que ce soit possible - ou régler cette affaire diplomatiquement. J’imagine que la plupart des aventuriers chercherons une solution diplomatique. Comme personnellement, je fais bien plus confiance à Naral qu’en la supposée nature conciliante d’un dieu, je suis pour trouver un moyen à son exécution. »

La jeune femme fronça les sourcils à mes derniers mots. Elle ne comprenait pas comment je pouvais faire confiance à Naral Shaam, alors qu’il nous avait menti. Avant de me prévenir qu’elle ne me laisserait pas tuer cet être sans que sa culpabilité ne soit prouvée.

Je levai un sourcil assez surpris, tant par ses propos, que du caractère dont elle faisait montre.
Elle avait l’air très à cheval sur la notion de justice. Je commençais à comprendre la source de sa dévotion à Gaïa. Cependant, elle faisait fausse route sur mes intentions.

« Vous extrapolez légèrement mes propos, il me semble. Je n’ai pas dit que je le tuerais, je n’en suis qu’à l’étape de trouver le moyen de le faire. Comme je l’ai clamé haut au conseil : si une solution diplomatique est trouvée, tant mieux, le sang ne coulera pas inutilement. Cependant, je ne serais pas de ceux qui œuvrent pour la paix, tout en ne se préparant pas à l’éventualité d’une guerre. Avoir deux coups d’avance est toujours souhaitable lorsque l’on joue une partie d’échec. Qu’il y a-t-il de mal à être prudent ? »

Un léger sourire déforma le coin de mes lèvres. Je savais que mon approche était non-criticable. Mais je me gardai bien de lui dire que je voyais tout de même la possibilité de tuer ce Dieu comme un défi valorisant. Elle sembla, de son côté, tout de suite plus détendue et je continuai.

« Quant au Dragon Mauve…»

Je détournai le regard vers le Lac. J’avais déjà bien eu le loisir de réfléchir à cette question, ma réponse fut clair et concise.

" Ma confiance, il l’a gagné. Et je vous assure que ce ne fut pas simple. Il est ce qu’il est, mais il est fiable. »

Je fronçais les sourcils le regard toujours fixé sur le lac. Je n’en dis pas plus à ce sujet. Je l’avais épaulé dans son entreprise pour tuer l’Ancien Dragon Mauve, Mongoor Vlash. Nous y avions tous laissé des plumes et beaucoup d’amis. Ce fut la seule fois et je pensais la dernière, que j’avais vu cet elfe pleurer, triste d’avoir perdu son fidèl ami, Tiniis. Et nous nous étions retrouvés dans ce Bagne réuni par Oaxaca. Où, excédé que la mémoire de nos amis perdus puissent se retrouver salie par la renaissance du pouvoir de Vlash, je tentai de le tuer. Action, qu’il ne punit pas, alors même qu’il aurait pu. Et j’avais tenu les essences de sa transformation, scellant mon sort au sien et réglant définitivement la question. Il s’était cependant justifié de son action disant vouloir juste atteindre le but ultime de son ancien maitre avant qu’il s’en soit lui-même détourné : Être un dragon libre. Et il l’avait prouvé, car alors même qu’il avait comme moi juré allégeance à la Reine Noire, comme moi, il resta fidèle à ses désirs de liberté. Il était aujourd’hui un Heros, il avait sauvé l’Ynorie ma deuxième patrie. Alors oui, il ne servait sans doute que lui-même, mais j’avais une confiance infini en cet homme. Il y avait bien plus de choses qui nous rapprochaient que le contraire.

« Ce n'est pas moi qui vous en voudrais de ne pas comprendre. » Conclus-je, ne m’attendant effectivement pas à ce qu’elle puisse comprendre tous les liens qui m’unissaient à cet elfe.

La jeune femme me répondit au sujet du Sans-Visage qu’elle appréciait bien plus mes intentions présentées comme telles. Mais son visage se ferma quand elle affirma ne pas comprendre ma confiance au Dragon Mauve, mais qu’elle pouvait comprendre que chacun pouvait avoir ses raisons, parfois difficiles à comprenrdre pour d'autres. Arguant qu’elle même avait déjà été dans ce cas de figure.

Je fus assez surpris par tant de comprehensivité, si bien que je tournai la tête vers elle pour voir si son expression était vraiment sincère. Je la trouvais décidément pleine de surprises, moi que lui imaginait un esprit un peu plus fermé, en tant que servante de Gaïa. Mais non, elle semblait le penchant totalement opposé d’Elysea. Peut-être que j’avais trouvé quelqu’un ici, à qui je pouvais, au moins modérément, faire confiance. Cependant, j’avais encore du mal à me dire que j’arrivais à trouver un quelconque même point de vu avec une servante de divinité. Je finis pas lâcher un long soupir, assez fatigué de devoir être autant sur mes gardes. J’allais poser clairement la situation :

" Le Sans-Patrie et la fanatique sont maintenant au courant. Alors j'imagine qu'il n'y a aucune raison pour que vous ne le soyez pas non plus."

Je réfléchis un instant avant de poursuivre :

" Il y a cinq ans, j'ai croisé la route d'un peuple de Nécromant à Jesuir, sur les terres ou nous nous rendons. Déjà à l'époque la quasi-totalité de ce monde les croyaient disparus. Ce qui, vous l'aurez deviné était faux."

Après une nouvelle pause, je la prévins sans détour :

" J'ose espérer que vous êtes moins psychorigide que votre amie."

La jeune femme haussa légèrement les sourcils. Elle n’avait pas l’air tant surprise par mes révélations. Ce qu’elle confirma en disant s’être attendu à une telle éventualité là où nous nous rendions. Avant de me préciser ne pas savoir si elle approuvait la nécromancie, mais que je pouvais compter sur elle et son soutien pour lutter contre le fanatisme d’Astenor.

Elle me demanda en échange d’essayer au maximum de ne pas la blesser, tant qu’elle ne saurait pas d’où son fanatisme prenait sa source. Si en elle en était la seule coupable ou si c’était la faute du Temple de Kendra-Kâr en somme. Je trouvai son questionnement tellement absurde, et pour cause : elle était elle-même l’exemple qui le prouvait.

"On est tous responsable de nos actes. Personne ne vous a obligé à voué un culte à quiconque, il me semble. C'est votre choix, c'est le sien."

Légèrement emporté, je secoue la tête de dépit.

"Ça fait partie des raisons pour lesquelles je ne supporte pas les dévots. Se débarrasser ainsi de sa capacité à choisir son destin est un non-sens absolu ! C'est abandonner sa nature d'homme libre ! »

Je me radoucis par la suite, me rappelant que mon interlocutrice échappe pour l'instant totalement au portrait que je venais de peindre, et un sourire sincère prend naissance sur mes lèvres.

"En cela vous êtes une bonne surprise."

Un bâillement vînt déformer mon visage et je portai ma main à ma bouche. Je compris alors que je suis trop fatigué pour poursuivre une discussion qui risque de tourner à la théologie.

" Mais nous reprendrons cette discussion plus tard. Je suis navré de ne pas pouvoir vous tenir compagnie cette nuit, mais mon corps réclame du repos après une longue route pour rallier Oranan. Je vous revaudrais ça à notre prochaine nuit."


Je me levai et la saluai tout sourire, interieurement reconnaissant de m’être trouvé une possible alliée.

"Je vous souhaite une agréable nuit Dame Terreblanc. »
conclus-je en me dirigeant vers ma propre tente.

Je ne mis pas longtemps à m’endormir, très fatigué par la journée, mais la nuit fut de courte durée. Je fus réveillé par le Chevalier et Elysea en pleine nuit. Quelque chose n’allait pas. Je sortis de ma tente le visage déjà crispé par la situation. Au loin, des torches se détachaient dans la noirceur de la nuit, se rapprochant toujours plus de nous. Je me joignis aux autres, me préparant à défendre le campement, les mains posées sur les gardes de mes lames . Les scélérats
ne mîrent pas longtemps à nous encercler, laissant le lac derrière nous comme seule et unique issue…mortelle. Ils étaient à peine plus nombreux que nous, tous bien équipés. Leur chef, imposant comme pas deux nous pria de rendre nos armes et nos biens, ou de lui faire plaisir en nous défendant.

Mes compagnons sortirent leurs armes, à l’exception de Naral Shaam qui vu son ricanement ne doutait pas de l’issue du combat. Les mains toujours sur les gardes de mes lames, je jetai une expression de dédain profond au groupe face à nous, alors qu’Anastasie prit la parole pour les sommez, eux, de déposer les armes en jouant sur notre qualité de Yuimenien et ce celle de Naral Shaam, le Dragon Mauve. Je ne me dis pas prier pour en rajouter, trop vexé par les insinuations de leur chef. C’est pourquoi je repris presqu’à l’identique sa formule pour les menacer à mon tour.

" Si vous tenez à la vie, vous devriez l’écouter. Où faites-moi plaisir, et défendez-vous, que ce qui reste de vos corps exsangues flottent bientôt sur le Lac. »


Je ne bluffais pas. Vraiment, ça me démangeait.

Citation:
3279 mot sans les paroles d'Elyséa. S'est nourrit/Aura dormi jusqu'à 2 h.

_________________

"L'objet de la guerre n'est pas de mourir pour son pays, mais de faire en sorte que le salaud d'en face meure pour le sien."

- George Smith Patton


Dernière édition par Ezak le Lun 6 Fév 2017 23:56, édité 2 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Voyages en Aliaénon
MessagePosté: Sam 4 Fév 2017 16:48 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 26 Oct 2008 16:27
Messages: 39606
Voyage Tour d’Or > Arothiir/Methbe-El (20h-15h).

    Une fois de plus, la nuit se passa sans qu’aucune mésaventure ne fut à déplorer. Les tours de garde se succédèrent tranquillement, même si la proximité de la forêt d’Emeraude n’était pas rassurante. Une sombre présence semblait les observer, et la nuit fut ponctuée de plusieurs bruits d’animaux étranges, invisibles dans les sous-bois, dont ils ne sortirent pas. À l’aube, tout le monde était reposé, et le premier jour de voyage dans les plaines d’Arothiir pouvait commencer, accompagné d’un nouveau café préparé par Thersien d’Esseroth. La matinée se déroula sans trop de problème, même si les premières heures furent ralenties par la descende d’une paroi rocheuse délimitant la frontière de la forêt d’Emeraude, au-dessus de laquelle ils avaient passé la nuit. Des sentes rocailleuses, friables, où il fallut descendre de cheval pour avancer précautionneusement afin de ne pas provoquer un éboulement ou une chute malencontreuse.

    Par chance, tout le monde en sortit indemne, et ils purent monter dans les plaines et collines ensoleillées qu’ils avaient pu apercevoir la veille. À mesure qu’ils descendaient vers le sud, la température se réchauffait assez rapidement, jusqu’à atteindre celle d’un été fort ensoleillé dans les contrées de Tulorim. L’air était présent, bien sûr, et les végétaux garantissaient une certaine humidité (à moins que ce ne fut l’inverse), mais il faisait déjà bien chaud. Ils avaient déjà pu, la veille, de manière moins flagrante, observer un doux réchauffement à mesure que la journée passait.

    Ils purent partager un repas convivial vers midi, et reprirent la route vers une zone plus aride et rocailleuse, où quelque brume jaunâtre stagnait en certains points, qu’ils contournèrent habilement, bien qu’elle soit parfois omniprésente sur les chemins, sous les sabots de leurs chevaux, semblant sortir des rocs jaune clair de la région.

    Image


    Thersien rappela son avertissement de la veille, concernant ces vapeurs dangereuse. Dorika n’avait guère besoin de protection supplémentaire, portant déjà un masque lui couvrant la partie basse du visage. Chacun dut protéger son cheval ainsi que son propre visage. Thrag, lui, semblait s’en moquer un peu, affirmant à qui voulait l’entendre que sa barbe n’avait jamais laissé passer aucun gaz renfermé des mines de Mertar, et que ça n’allait pas commencer à l’air libre. Thersien n’insista pas, comptant sans doute sur l’endurance naturelle des nains pour rejeter les effets néfastes du gaz de Thiir.

    La progression était rude, et même protégé, chacun eut quelques difficultés à progresser sous un soleil permanent, sans ombre pour se protéger.

    Indépendamment de la chaleur, les effets du gaz, malgré les protections, se firent connaître : Quelques vertiges purent se faire sentir chez les aventuriers, des effets seconds, des somnolences passagères, des tournis inexpliqués… Aucun ne sembla y réchapper. Pas même le nain, qui au beau milieu de l’après-midi eut la conséquence directe de l’effet du gaz sur son organisme : il chuta de cheval, groggy, et sa monture, subitement paniquée, le traina sur plusieurs mètres au galop alors que son pied était coincé dans un étrier. Il ne s’en sortit que grâce à sa force : se repliant sur lui-même, il parvint à dégainer une dague qu’il portait dans une de ses bottes et à trancher d’un coup vif la sangle de cuir qui le retenait, blessant profondément le cheval dans le même temps, sur le flanc. Un liquide purpurin s’échappa de la plaie, alors que Thrag Varag roulait dans la poussière jaune, toussant et hoquetant. Le cheval s’arrêta, une fois libéré, et tomba sur le côté, mis à mal par sa plaie. Thersien, pour sa part, avant accéléré sa monture pour rattraper la cavalcade involontaire du Thorkin, et était descendu de celle-ci à portée du rouquin, qui se relevait péniblement, affichant un air courroucé, rougi par la rage et la honte de s’être ainsi donné en spectacle. Il avait dans le regard une lueur malsaine… Comme s’il était possédé. Furieux, il détacha son immense marteau des attaches qui le fixaient dans son dos, et regarda vers Thersien avec fureur. Le Chevalier d’or leva les mains pour l’amener au calme, mais rien ne semblait y faire : le nain se tourna vers sa monture blessée, et d’un coup colossal, vient tuer la bête en brisant os et chairs sans la moindre compassion. Le sang gicla dans tous les sens, et Thrag y vit comme une motivation supplémentaire pour cautionner sa boucherie. Il répéta encore et encore des coups frénétiques de son arme immense sur la carcasse déformée de sa monture, éclaboussant tous les alentours, et sa propre armure, son propre visage, jusqu’à ce que plus une parcelle de sa peau ne soit visible sous le sang.

    Thersien, lui, s’était tourné vers les autres aventuriers, les intimant à rester à distance :

    « Il est sous l’effet du Thiir. Prenez garde, il ne reconnaitra plus en nous des alliés, tant que l’effet sera présent. Il nous faut parvenir à le maîtriser, sans lui faire de mal. Il n’est plus lui-même. »

    Et ça n’allait pas être simple : le nain était loin d’être un guerrier néophyte, et son armure était épaisse, tout comme son marteau. De plus, le thiir semblait galvaniser sa force et sa fureur guerrière. Un défi inattendu, pour la compagnie. Dorika resta à bonne distance, sans descendre de sa monture, et murmura à Yurlungur, toujours en monte avec elle :

    « Peut-être est-il temps de nous séparer de leur compagnie. »

    Pour elle, pas d’hésitation : elle n’avait pas l’air de vouloir être ralentie par l’incident. Une occasion à saisir ? Ça dépendrait de la réponse de la jeune fille.

[HJ : Vous pouvez RP la nuit et la journée jusqu’à l’incident, et dire ensuite comment vous agissez. Les apartés sont possibles avant celui-ci. Je règlerai sans doute progressivement vos tentatives au fur et à mesure que vous le posterez cette semaine, pour ne pas faire attendre inutilement la résolution de celle-ci dans la màj suivante.]

[Charis : 0,5 (introspection) + 0,5 (légende) + 1 (apartés) + 2 (bonus longueur). Forme : RAS.
Xël : 1 (apartés) + 1 (bonus longueur). Forme : Pas mal de coquilles dans le texte : des oublis de lettres, des erreurs de genre, des confusions entre forme conjuguée et participe passé… Plus pas mal de reprises de paroles de Karz ou Thrag. Je préfère largement une introspection de ces paroles dans la narration plutôt qu’une simple citation. De plus, tes paragraphes sont courts et peu construits, au niveau du style. Il y a largement moyen d’étoffer ceux-ci en donnant un peu moins l’impression de passer du coq à l’âne avec trop de sauts à la ligne.
Yurlungur : 0,5 (introspection) + 1 (apartés) + 0,5 (plan) + 2 (bonus longueur). Forme : RAS.
Karz : 0,5 (introspection) + 1 (apartés) + 1,5 (bonus longueur). Forme : quelques coquilles persistent dans le texte, sans que j’aie pu relever une récurrence problématique toutefois.]

_________________
Image
Image
Image



Haut
 

 Sujet du message: Re: Voyages en Aliaénon
MessagePosté: Dim 5 Fév 2017 12:32 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 26 Oct 2008 16:27
Messages: 39606
Voyage Tour d’Or > Landes Tanathéennes. (2h10)

    Les paroles d’Anastasie et d’Ezak jetèrent un froid sur l’assemblée. Un silence pesant naquit entre les deux camps : les bandits étaient en train d’hésiter, de peser le pour et le contre. À son tour, le Chevalier d’or dans sa fastueuse armure émit un commentaire, s’adressant directement au chef des assaillants.

    « Vous êtes un Chevalier sans Bannière, n’est-il pas ? Qu’est-ce qui vous a poussé à renier vos vœux en vous entourant d’une telle racaille pour piller les innocents voyageurs ? Tremblez de voir le jugement choir sur vous et vos erreurs. »

    Aussitôt, et surprenamment rapidement pour un guerrier vêtu d’une armure aussi lourde, le chef des bandits dégaina sa propre lame et bondit vers le Chevalier d’Or, balayant l’air devant lui de son arme, et choquant fermement, rudement les deux lames du chevalier d’or, qui sans qu’il puisse rien faire allèrent virevolter plus loin sur sa droite, près d’Ezak. Le guerrier colossal donna alors un coup de sa main gantée de fer ouverte sur le torse armuré d’or du chevalier, ce qui l’envoya bouler en arrière, droit sur ses fesses. L’ennemi faisait preuve d’une force extraordinaire, et d’une rapidité surprenante. Il grogna dans son casque.

    « Crétin de fanatique aliéné au Conseil d’Or. Mon attachement à notre ordre est plus méritant que le tien. J’ai juré, comme toi, de protéger ces terres. Votre obsession du Sans-Visage vous a aveuglés sur vos tâches réelles : je ne pille pas, j’empêche de dangereuses personnes lourdement armées de parcourir nos terres, mettant en péril la paix du Royaume Pâle. »

    Il se tourna vers Ezak et Anastasie :

    « Yuimeniens. Qu’importe, nous vous aurions tués avant même que vous ayez dégainé votre hargne belliqueuse. Vous êtes la plaie de ce monde, des corbeaux de tempête, annonçant guerre et mort. »

    Naral s’interposa cette fois, sec :

    « Il suffit, maintenant. »

    Le chevalier errant rengaina aussitôt son arme, sous le regard médusé de ses hommes, qui ne savaient plus sur quel pied danser. Le butor poursuivit :

    « Seigneur Shaam, menez ces troubles-paix loin de ces terres, qu’on ne les y revoit plus. »

    Apparemment la menace d’un combat s’éloignait. Jusqu’au moment où d’un amas d’ombres magique sortirent deux nouveaux arrivants : une liche à l’aspect inquiétant, et son suivant aux pupilles pourpres. Aussitôt, Elysea se détourna du groupe de bandits pour menacer de sa lance étincelante le mort-vivant qui venait d’apparaître. Le chevalier renégat, lui, recula d’un pas, main de nouveau sur le manche de son épée… La situation venait de prendre un autre tournant…

[HJ : les interactions sont possibles entre vous, dans le présent sujet (pas d’apartés). Je répondrai également à celles-ci au fur et à mesure. N’hésitez donc pas à poster plusieurs fois, d’ici samedi prochain.]


[Anastasie : 0,5 (aparté) + 0,5 (tentative d’intimidation) + 1 (bonus longueur).
Ezak : noté lorsque squelette complété.]

_________________
Image
Image
Image



Haut
 

 Sujet du message: Re: Voyages en Aliaénon
MessagePosté: Dim 5 Fév 2017 12:54 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 26 Oct 2008 16:27
Messages: 39606
Voyage Tour d’Or > Fan-Ming. – Auberge du Poney Ecartelé (22h10)

    Aux paroles vindicatives et puériles d’Hisaya, Ernold lui asséna un regard éberlué et incrédule, écarquillant les yeux comme s’il ne comprenait pas ce qui venait de se passer. Le Chevalier, lui, n’hésita plus à dégainer ses deux épées, courroucé apparemment par un tel discours. Sans doute aurait-il même été jusqu’à attaquer sans sommation supplémentaire la jeune ynorienne, si l’elfe blanche n’était pas intervenue à son tour. À ses mots, le chevalier rengaina ses lames et, toisant l’elfe, répondit à cette dernière.

    « Je n’ai aucune intention de partager votre repas, ou de vous conter quoique ce soit. Je pose une question, et j’aimerais maintenant avoir une réponse précise : Que faites-vous en ces terres ? Vous dites être mandatés par le Conseil d’Or. Dans quel but ? Qui êtes-vous, et d’où venez-vous ? Vous ne devez pas être habitués de ces landes, si vous osez demander le nom d’un chevalier sans bannière. Car nous n’en avons guère. »

    Une fois de plus, il attendit sa réponse, ne daignant pas accéder à la requête d’Hisaya de les laisser manger en paix. Derrière son comptoir, l’aubergiste était transi, immobilisé par la crainte de voir le désordre se faire dans son auberge. Le vieillard, lui, restait là à observer la scène d’un air nonchalant. Ernold, lui, s’adressa avec un fatalisme patenté à l’elfe blanche.

    « Hé bien dites-lui donc, ce que nous faisons là, puisque ça n’est pas secret ! »

    Il y avait comme un ton de reproche dans sa voix de rouquin.



[HJ : interactions dans le présent sujet possible, avec réponses ponctuelles régulières, afin de ne pas perdre de temps sur la màj de samedi prochain. Pas d’aparté possible pour le moment.]


[Hisaya : 0,5 (introspection) + 0,5 (tentative de gagner du temps).
Laewllyn : 0,5 (introspection) + 0,5 (calme le jeu) + 0,5 (bonus longueur).]

_________________
Image
Image
Image



Haut
 

 Sujet du message: Re: Voyages en Aliaénon
MessagePosté: Mer 8 Fév 2017 11:03 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Ven 10 Aoû 2012 23:33
Messages: 1233
Localisation: Quête 35
Le ciel nocturne m'offre un spectacle que je n'avais plus l'habitude d'observer. A Kendra Kar, c'était courant que je m'allonge sur un toit pour contempler l'infinité de lumières scintillantes, me demandant d'où elles pouvaient provenir. Les torches qui éclairent les nuits d'autres mondes ? Ou des soleils qui éclairent les journées. Je n'en avais aucune idée et je doutais de le savoir un jour.
Peu importais au final, le spectacle était magique mais très diffèrent de ce que je vivais maintenant sur Aliaénon. En ville, il y avait toujours un bruit dérangeant qui venait perturber mes divagations. Un ivrogne qui hurle, un claquement de volet, de porte, de baffe, un rire gras. Des bruits communs au milieu de la nuit dans une cité animée.

Je découvre maintenant le silence, ajoutant aux étoiles brillantes un sentiment accru d'immensité.

Happé par l'infini, je me laisse surprendre par un bruit étrange venant de la forêt.

Je me redresse, m'approche des arbres étouffants sans quitter la zone réconfortante qu'offre la lumière du feu de camp. J'observe plusieurs minutes, les yeux plissés, cherchant à déceler la provenance des cris dans l'obscurité. En vain.

Le sentiment de bien-être contemplatif est terminé. Je ne me sens pas tranquille, je me sens observé par une présence que je ne peux pas voir.

Je recule, me remet près des flammes, m'installant face aux bois pour ne pas me faire surprendre.

Pour me changer les idées et ne pas rester fixé sur cette impression je fouille dans mon sac, cherchant de quoi m'occuper. J'entends un tintement de verre, une des fioles de fluide. Je la sors de mon sac, l'inspectant avec attention.

Une tornade en bouteille. Un liquide qui semble pourtant gazeux. Une curiosité qui n'avait pour moi pas d'explication si ce n'est que c'est de la magie.

Je me remémore l'effet que m'a fait l'absorption du fluide à Oranan. Le fait d'être envahit de magie, la sentir grandir, me parcourir, trouver sa place avant de disparaître pour ne laisser qu'une sensation de force magique plus importante et un frisson parcourant le dos.

J'ouvre la fiole pour consommer le fluide, laissant comme la dernière fois le liquide se changer en flux d'air qui parcourt mon corps. Je secoue la tête, souriant pour me remettre de la réaction qui, bien qu'agréable, n'a rien de tendre.

Le temps s'écoule sans incident. Mon sentiment n'était sans doute dû qu'a l'excitation ou la fatigue du voyage.

Je réveille mon remplaçant et vais m'allonger dans ma tente où je m'endors rapidement.

A l'aube, je me réveille en pleine forme et sors sans attendre, à l'air libre, pour aider à démonter le camp et prendre un petit déjeuner. Je refuse poliment le café du Chevalier d'Esseroth, me contentant d'un peu d'eau et d'un fruit.

Avant de partir, je me passe un coup d'eau sur le visage, la poitrine, les aisselles et les mains.

La température avait déjà commencé à monter et en s'approchant du désert ça allait forcement augmenter. Je devais prendre l'habitude de me débarrasser de ma sueur pour ne pas dégager une odeur de charogne.

Comme l'a conseillé Thersien, je me prépare un bout de tissu humide pour résister aux gaz de Thiir.

Nous descendons ensuite la paroi rocheuse à pied, arpentant un étroit sentier rocheux manquant de s'effondrer sous nos pieds.

Nous parvenons tous au pied de la paroi indemne et reprenons la route à cheval. Je remonte mes manches pour rafraîchir mes avants bras, la chaleur et l'humidité se faisant plus forte au fur et à mesure de notre progression dans les collines.

Nous partageons un repas avant de continuer. J'adresse un grand sourire à Charis qui s'approche de moi en me demandant comment j'encaisse ces derniers jours à cheval et si ma monture ne se montre pas trop récalcitrante.

Je lui réponds en riant:

"J'ai mal au cul, un peu au dos mais c'est supportable. Gaika est une blagueuse mais elle a l'air de bien connaître son rôle."

Je tapote le cou de ma monture tandis qu'elle acquiesce en souriant, reconnaissant que Gaika semble en effet être une bonne monture et qu'elle préférait les blagueurs aux passifs en flattant l'encolure de la sienne.

Elle m'en apprend ensuite plus sur son clan et la façon dont ils choisissaient les chevaux pour la reproduction. Je l'écoute avec attention, elle a beaucoup à m'apprendre et c'est grâce à elle que je peux voyager ainsi sans me retrouver le cul par terre.

J'incline la tête avant de la remercier, elle incline la tête à son tour avant de me demander ce qui m'a mené sur Aliaénon.

Souriant, je lui demande si elle veut savoir pour la première ou la seconde fois. Elle hausse les épaules en me répondant que les deux l’intéressent si ce n'est pas trop indiscret.

Je ris encore.

"Non pas du tout. La première fois c'était par erreur. J'ai mal compris une indication on va dire. Puis par hasard je suis tombé sur Karz et le capitaine m'a chargé de le surveiller. Karz lui a demandé de confier cette tâche à quelqu'un qui a plus de prestance."

Je marque une courte pause, amusé, me souvenant des mots plus durs qu'il avait utilisé.

"Enfin ça c'est la version courtoise."

Charis me regarde intrigué, le sourcil levé. Visiblement elle n'avait pas encore entendu le vocabulaire fleuri qui enrichissait parfois les paroles de mon ami archer. Je me contente de lui sourire avant de lui expliquer les raisons de ma venue cette fois.

"J'aime autant ce monde que j'aime Yuimen. Je m'y sens chez moi. Quand j'ai appris qu'ils avaient besoin d'aide je suis venu sans me poser plus de questions. Enfin je dis Yuimen mais à part Kendra Kâr je n'ai jamais rien vu d'autre."

La fille du désert reste silencieuse en regardant la route et hochant la tête avant de déclarer qu'elle comprenait et que c'était pour les mêmes raisons qu'elle était ici. Je lui demande, curieux, les raisons de sa première venue sur ce monde.

Elle me raconte alors que son clan venait d'être massacré, détruit sous ses yeux. J'ouvre de grands yeux, surpris. Jamais je n'aurais imaginé qu'elle avait subi de telles horreurs. Je baisse la tête, gêné de l'avoir amené sur ce sujet pendant qu'elle m'explique qu'elle était venue ici pour éviter à d'autres de vivre ce qu'elle avait vécue mais que c'était surtout pour se donner l'impression d'être utile.

Il est clair que pour moi elle n'avait rien à prouver, elle est d'une grande aide maintenant et je me souviens d'elle à Fan-Ming, sur la porte, en face dragon rose.

Je garde le silence après lui avoir évoqué ma peine pour ce qui est arrivé à elle et son clan. Puis je garde le silence, ne sachant pas quoi dire pour changer de sujet.

J'ouvre la bouche peu de temps après pour briser le silence gênant.

"Tu étais une fille importante de ton clan, non ?"


Elle hoche la tête en me répondant qu'elle est la Cheikha, la fille du chef de clan. Une sorte de princesse rajoute-elle avec dérision.

"Je l'aurais presque deviné. Tu as des manières et une façon de parler qui m'a fait penser aux nobles. Mais sans le côté pompeux et trou du cul de celles de Kendra Kâr. Plutôt les bonnes manières. Tu vois ce que je veux dire ?"

Elle m'adresse un sourire amusé qui me rassure. Elle n'avait jamais vu de nobles de chez moi mais apparemment des femmes pompeuses vivaient aussi parmi les clans du désert. Elle me précise toutefois que son père n'aurait jamais permis que cela lui arrive.

"Il a bien fait, vraiment ! Ce sont des femmes insupportables."

Je ne peux m'arrêter de penser à ce qu'elle m'a raconté. Perdre tout. Ses amis, sa famille. Je jette un regard vers le nain, présent ici pour la vengeance.

"Tu vas aussi chercher à venger les tiens comme Thrag ?"

Elle garde le silence, l'air réfléchi avant de me répondre qu'elle ne sait pas. Qu'elle ignore même qui est le responsable et pourquoi il a agi et que même si elle le découvre un jour, elle n'entrainerait pas un bain de sang.

J'hoche la tête, l'air grave. Qu'est-ce que je ferais si ça m'arrivait ? Si quelqu'un tuait Méli, les enfants, gros Bob. Je ne peux imaginer ma réaction entre déclencher un ouragan de colère, de tristesse ou sombrer dans la folie et la dépression. Non vraiment, je ne peux pas imaginer.

Les yeux toujours posés sur le nain, je me demande à quel point il est tourmenté par le sort de ses semblables.

"J'ai décidé de l'accompagner une fois que nous aurons fini dans le désert. J'aimerais avoir des réponses sur les horreurs noires, savoir à qui elles obéissent depuis qu'elles se sont tournées contre Vallel. Krayne aussi, la lopette."
Précisais-je en souriant. "Il veut l'accompagner."

La princesse du désert me répond qu'elle ne sait pas encore si elle va nous accompagner bien que ce soit probable puis elle me demande si j'ai vécu quelque chose de similaire à son passé.

Je secoue la tête, visiblement ma réflexion ne lui a pas échappé.

"Non je me demandais ce que je ferais si ça m'arrivait."

Elle secoue la tête à son tour en disant qu'on ne peut l'imaginer avant que ça n'arrive et qu'elle n'a jamais autant changé qu'après cet évènement.

Je lui réponds qu'en effet je n'y arrivais pas et qu'elle, semble s'en être sortie plus forte.

Elle hausse les épaules et un sourcil m'expliquant que c'était sans doute le cas avant de m'expliquer que dans son peuple, les hommes considèrent que les femmes n'ont rien à faire en politique et qu'elle a mis un certain temps à briser cette idée.

Je lui réponds en riant que dans tous les endroits où j'ai grandi c'étaient des femmes qui portaient la culotte.

Elle affiche un léger sourire avant de me demander comment c'est de grandir à Kendra Kar.

Un sourire béat m'éclaire la face en repensant à la cité blanche. Je lui réponds en plaisantant.

"C'est chouette. Le climat est tempéré. Il n'y a pas de gaz qui rend dingue, ni de magie incontrôlable..."

Je continue à lui faire une liste des choses désagréables qu'on croise sur Aliaénon, lui provoquant un éclat de rire qui réchauffe ma poitrine. J'observe encore sa beauté visible qu'elle ne cache pas derrière un bout de tissu tandis qu'elle m'annonce qu'elle s'y rendra peut être un jour pour visiter l'orphelinat.

"Excellente idée ! Je pourrais te faire visiter le reste de la cité."

Elle me sourit en me disant que ce sera volontiers.

D'ailleurs, je ne l'avais pas vraiment remercié d'avoir participé au don.

"Ça me fait penser, pour te remercier."

Je fouille dans mon sac à la recherche d'une petite fiole que j'extirpe du bazar que je trimballe. Je lui tends en expliquant.

"Karz m'en a fait cadeau, un fluide de feu. Ça te sera sans doute plus utile qu'à moi."


Elle me regarde, surprise, me demandant si je ne voulais pas l'utiliser.

Je secoue la tête en souriant.

"Non, je trouves que l'air me correspond mieux."

Même si j'ai du mal à expliquer pourquoi, je me sens proche de cet élément alors que le feu ne m'attire pas. Il sonne comme destructeur à mes oreilles et ce n'est pas ce à quoi j'aspire.

Elle acquiesce en me remerciant, paraissant vraiment surprise de recevoir un cadeau. Je lui offre également un sourire tandis que nous pénétrons dans une zone plus aride où stagnent de lourds nuages jaunes. Thersien nous remet en garde contre l'effet du gaz et je m'empresse d'humidifier le morceau de tissu que j'avais préparé pour couvrir mon nez et ma bouche avant de m'occuper de faire de même pour Gaika. Seul Thrag refuse de porter un masque, prétextant que sa barbe suffirait.

La suite du voyage est épuisant. Sous un soleil brulant, sans ombre pour s'en protéger. Fait de la chaleur ou du gaz, je me sens parfois somnolent, vacillant sur ma monture, me rattrapant juste avant de chuter. Secouer vivement la tête puis me coller des gifles n'y changeait rien.

Soudain le nain chute de sa monture provoquant un mouvement de panique chez elle qui entraine le nain sur plusieurs mètres.

Par reflexe, je tire sur mes rênes pour arrêter Gaika qui se fige en râlant.

Le nain parvient à se dégager de son étrier d'un coup de dague qui blesse aussi l'animal qui tombe sur le côté après avoir relâché le poids qu'elle trainait.

Thersien avait mis pied à terre et s'approchait maintenant du nain qui se relève péniblement avec un air colérique, il s'empare de son marteau en fixant le chevalier d'une lueur malsaine.

Gaika s'agite, semblant sentir que quelque chose allait mal se passer.

Thersien lève les mains, appelant le nain au calme mais celui-ci, l'air possédé, se tourne vers sa monture pour l'écraser sous sa masse. Frappant et frappant encore, maculant le sol jaune de rouge.

Je peine à calmer Gaika qui manque de me faire chuter pendant que Thersien nous intime de rester à distance et de trouver un moyen de maitriser le nain tant qu'il est sous l'effet du gaz.

Une fois ma monture rassurée, je mets pied à terre. Gardant la bride en main, je tends un fruit à Gaika avant de m'adresse à Thrag d'une voix forte.

"Thrag ! Ressaisis-toi ! Comment comptes-tu venir en aide à tes amis dans les mines dans cet état ! Comment comptes-tu sauver ton honneur ?!"


Je reste à bonne distance, en cas d'attaque de sa part, j'aurais le temps de réagir. En espérant que ma magie ne le fasse pas valser sur des kilomètres.

Je me concentre, cherchant à sentir les flux d'air autour de moi, comme à Ouesseort, comme à Fan-Ming. Je canalise cette force, la stockant dans un coin, prêt à stopper le nain dans sa course s'il lui prenait l'idée de charger.

((Environ 2300 mots. Sommeil: 23h->8h. Hygiène: Lavage du visage, des mains, du haut du corps. Absorption d'un fluide d'air (1/4). Don d'un fluide de feu (1/2) à Charis. Préparation d'un sort pour repousser une éventuelle charge du nain.))

_________________


Haut
 

 Sujet du message: Re: Voyages en Aliaénon
MessagePosté: Mer 8 Fév 2017 21:16 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 26 Nov 2016 14:50
Messages: 22
A la fin de ma tirade, Ernold me regarda abasourdi. Il ne comprenait certainement pas ce qu’il se passait.

Les mâles, n’ont pas besoin de comprendre. Encore que cet homme semble pour le moment...encore normal. Entre guillemets. Il n’a pas encore montré de signes aggravants, ni dénigré les femmes.

En revanche, le soi-disant Chevalier d’Or à qui son autorité monte à la tête, si. Il avait dégainé, n’hésitant plus soudainement. Il fallait vraiment être puéril soi-même pour s’énerver face à des propos aussi immatures que ceux que j’ai tenu plus tôt.

J’admets volontiers avoir exagéré. Mais que voulez-vous, c’est un homme. Grâce à Laewllyn, le pire fut cependant évité. C’est qu’il m’aurait attaquée, sa seule réponse face à une attitude puérile et immature, une attitude d’enfant en somme, étant la violence.

L’elfe blanche, sûrement la plus diplomate d’entre nous, lui proposa de se joindre à notre table pour bavarder avec convivalité, en rangeant au passage ses épées dans leur fourreau. Je l’approuvais, semblant bien plus subtile que nous autres qui avions envoyé paître le Chevalier auto-proclamé.

En revanche, je ne fus de son côté lorsqu’elle nous demanda si notre but était donc inavouable pour que nous voulions le lui cacher. Livrer des informations au premier venu, parce qu’il se proclame chevalier prêt à défendre la veuve et l’orphelin, l’elfe, comme toute personne censée, devait sûrement savoir que ce n’était efficace. Les partisans du Sans-Visage auraient tôt fait de nous retrouver, les murs ayant des oreilles. Et si ce n’était sûrement pas tous des fanatiques aveuglés, ils pourraient être tentés de nous supprimer, tout simplement.

L’amadouant, elle lui demanda de nous conter quelques aventures héroïques, en précisant notre provenance et évidemment qui nous avait mandaté. Elle avait le droit de donner des informations en ce qui la concernait, mais pas sur nous. Et si nous nous souhaitions cacher quelques informations sur nous ? Après, en parlant de nous comme ses compagnons, il avait bien compris que nous étions “liés” les uns aux autres. Elle finit en lui demandant son nom.

Le Chevalier la rembarra aussi sec. Il n’était pas là pour causer autour d’un verre de vin en bons amis avec un récit de quête épique en fond. Ayant trouvé comment obtenir des réponses à ses questions en la personne de Laewllyn, un véritable déluge d’interrogations s’abatit sur nous. Ernold, des reproches dans la voix, dit à l’elfe blanche que puisque ce n’était pas si secret, elle n’avait qu’à lui dire ce que nous faisions là.

Exaspérée, je faillis lâcher un soupir. Pour le coup, je me sentais solidaire du rouquin. L’elfe, sans gêne aucune, avait dévoilé l’identité de notre mandataire, notre provenance sans nous consulter au préalable, sans chercher un semblant d’approbation dans notre gestuelle, notre posture, notre regard. Toute seule, comme une grande, elle avait pris sa décision. Qui pourrait éventuellement nous porter préjudice.

Quitte à se mettre dans la merde, on le fait seule.

Je lançai à mon compagnon un regard bien expressif sur mon point de vue, qui devait être assez semblable au sien, avant de jeter un coup d’oeil réprobateur à Laewllyn et de me replonger sur ma nourriture.

[523 mots]

_________________


Multi de Yuélia.


Haut
 

 Sujet du message: Re: Voyages en Aliaénon
MessagePosté: Mer 8 Fév 2017 21:50 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 15 Avr 2012 10:12
Messages: 23771
Localisation: Le monde d'Aliaénon
Dans la tour, ils retrouvèrent Al'Sabbar, qu'Azra ne connaissait que très peu, ayant échoué à lui venir en aide. Il salua poliment l'étrange homme qui les regardait avec les yeux dans ses mains. De son côté, Thensoor avait fait baisser la lumière, car il avait maintenant besoin d'ombre pour employer son pouvoir... il avait donc été diminué ? Décidément, que de changements...

Finalement, ils allaient se rendre auprès de l'expédition déjà en route pour les landes Thanatéennes... Azra aura préféré les devancer, mais il était sans doute trop tard. Apparemment, le groupe avait des ennuis. Il se dirigea donc avec Daemon en direction de la main tendue de l'archisorcier. Le jeune homme lui chuchota une question sur ce qu'il faudrait faire des servantes de la lumière.

« Pour l'instant, rien. Nous aviserons plus tard. »

Il toucha la main tendue... et fut projeté à travers l'espace. Comme des ombres... voilà donc comment se déplaçaient les Ol'Toga morts... cela rappelait un peu son propre pouvoir similaire.

Soudain, il émergea dans l'ombre de la nuit, une nuit où brillaient torches et feux de camp. Son regard mit quelques instants à s'habituer. Alors comme ça il y avait une situation difficile ici ? Rien que quelques cadavres ne puissent régler. Les cadavres réglaient tout, c'était pour ça qu'il les aimait au point d'en être devenu un.

Il reconnaissait vaguement la région. Ils devaient en effet être non loin du lac Andel, mais il aurait été incapable d'en dire plus.

Il y avait du monde. Une guerrière pointait sa lance lumineuse vers lui. Elle n'était pas seule... elle et sa compagne, blonde à l'épée étincelante, devaient être les servantes de Gaïa. Un rude chevalier et ses sbires, peut-être des hommes-pâles semblaient vouloir encercler le groupe dont l'éclat semblait terni par la nuit. C'est ainsi, avec les serviteurs de la lumière... ils oublient toujours que la nuit ne recule jamais éternellement, et qu'elle éclipse toute leurs belles apparences... Mais dans ce groupe, se trouvaient également deux formes plus sombres qu'Azra reconnu aussitôt : La première n'était autre que Naral Shaam, qu'il salua d'une courbette ironique :

« Seigneur Naral... Azra, pour vous servir, de nouveau contre son gré, sans doute... »

La deuxième n'était autre qu'Ezak, l'homme en armure sombre qui l'avait jadis aidé, mais qu'il avait soupçonné d'être un agent d'Oaxaca.

« Ezak ? Je vous croyais mort depuis longtemps ! Quelle étrange surprise... »

Son ton était neutre. Il ne savait toujours pas trop quoi penser de cet homme. Puis, faisant face à tous, y compris les assaillants, il lança, goguenard :

« On me connaît sous bien des noms... Lord Azraël, le Premier Messager du Corbeau, le roi d'Esseroth... Mais j'ai déjà mon comptant de victoires en Aliaénon. Je ne cherche pas les ennuis, mais j'ai une tâche à accomplir ici et personne ne se mettra en travers de mon chemin. »

Il planta ses mains sur ses hanches, fier et hautain. Les vivants étaient dangereux, mais la peur est inconnue à qui a déjà triomphé de la mort.

((( 504 )))

_________________
Image

Merci et à Inès pour la signature
et à Isil pour l'avatar!
Le thème d'Azra
David le nerd


Haut
 

 Sujet du message: Re: Voyages en Aliaénon
MessagePosté: Mer 8 Fév 2017 22:56 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 26 Nov 2016 22:48
Messages: 66
Localisation: Aliaénon
Le chevalier rétorqua cavalièrement qu'il n'avait aucun désir de se joindre au petit groupe, pas plus que de lui conter quelque aventure que ce soit. Il déversa un déluge de questions et exigea promptes réponses, avant de souligner qu'il fallait être bien ignorant pour oser demander son nom à un chevalier d'or qui, l'Elfe ne l'ignorait pas, s'en était départi en endossant sa charge. Le rouquin, fataliste, se déchargea de toute responsabilité en demandant à l'Elfe de se débrouiller pour expliquer au belliqueux ce qu'ils faisaient là, puisque d'après elle le but n'avait rien de secret. Laewllyn décela une nuance de reproche dans son ton, mais cela ne la perturba pas le moins du monde, pas plus que le reproche muet que lui adressèrent les prunelles de la juvénile humaine. L'Elfe venait de leur éviter un sérieux accrochage, s'ils n'étaient pas capables de le réaliser, elle n'en avait cure. Elle fixa le caparaçonné d'un regard froid et hautain et lui répondit d'un ton sévère:

"Sieur, dans mon pays ce n'est pas seulement à une grande vaillance dédiée à la protection des faibles que l'on reconnaît les vrais chevaliers, mais aussi à une courtoisie sans faille envers les dames. Et de courtoisie il en va comme de votre nom: vous n'en avez guère."

L'Hinïonne était bien trop âgée et trop fière pour se laisser ainsi traiter par un blanc-bec arrogant, fusse-t'il armé jusqu'aux dents et largement capable de la trucider sans transpirer. Elle laissa planer un bref instant de silence, puis reprit avant que l'énergumène n'ait le temps de répondre:

"Nous sommes chargés de faire un état des lieux sur la dangerosité des chemins car, voyez-vous, le gouvernorat d'Ynorie, entre autres, s'inquiète pour ses intérêts commerciaux. Je dois vous avouer être fort étonnée que le premier accroc à notre périple soit du fait d'un chevalier d'or, le conseil nous avait assuré que vous oeuvriez à assurer la paix de ces terres et que vous pourriez nous aider dans notre tâche."

L'Elfe désigna du menton l'aubergiste livide:

"Etes-vous certain d'user des bonnes méthodes, sieur? Votre présence devrait rassurer les honnêtes gens, or je ne vois là qu'effroi. Par ailleurs, vous me demandez qui je suis? Je me suis présentée, aimablement ce me semble, mais sans doute votre couvre-chef de ferraille vous a-t'il empêché de bien entendre. Laissez-moi donc répéter: je me nomme Laewllyn. Et s'il vous faut plus amples détails, je vous suggère d'aller en quérir auprès du Conseil d'Or, nul doute qu'il se fasse un plaisir de vous renseigner s'il le juge utile. Je n'ai pas autorité pour vous en dire davantage."

Ayant dit, Laewllyn fit signe à l'aubergiste qu'elle souhaitait commander quelque chose, snobant désormais le chevalier discourtois de manière à ce qu'il comprenne bien qu'il n'obtiendrait rien de plus d'elle en se comportant comme le dernier des cuistres.

(env. 500 mots)

_________________


Haut
 

Afficher les messages postés depuis:  Trier par  
Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 194 messages ]  Aller à la page Précédente  1, 2, 3, 4, 5, 6 ... 13  Suivante


Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 0 invités


Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets
Vous ne pouvez pas éditer vos messages
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages

Aller à:  
Powered by phpBB © 2000, 2002, 2005, 2007 phpBB Group  

Traduction par: phpBB-fr.com
phpBB SEO

L'Univers de Yuimen © 2004 - 2016