L'Univers de Yuimen


Forum de Jeu de Rôle Médiéval-Fantastique




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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Lun 24 Sep 2018 03:57 
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L’union fait la force ! Sibelle ne connaissait pas cette expression et sans doute n’avait-elle pas encore été prononcée par qui que ce soit. Mais peu importe les termes choisis pour l’exprimer, le concept en lui-même existait réellement et malheureusement, ce n’était qu’en période de crise, de guerre, où à des moments où sa propre survie est en jeu, que certaines gens se résignaient en fin à l’utiliser. L’individualité était la cause de disparition de bien d’individus et pour avoir combattu sur maints champs de bataille, Sibelle en était pleinement consciente.

Ce fut ainsi que sans hésitation, elle s’était précipitée à la rescousse du jeune Jorus qui lui-même avait distrait la bête afin de sauver Endar. Ses deux armes en l’air, au pas de course déterminée plus que jamais, elle fonçait sur la bête alors que Jorus s’utilisait lui-même comme cible pour attirer la monstruosité vers l’autel lumineux, suivant le conseil du mage Xël. Pendant ce temps, l’elfe noir s’était relevé et avait décoché une flèche en direction de leur proie commune. Le projectile s’était bien fiché là où l’elfe noir l’avait décidé, mais malheureusement, ce tir n’eut pas l’effet escompté. La bête déchaînée, aucunement ralentie, fonçait tête baissée vers l’homme qui l’avait meurtri à l’aide de son grappin.

Sibelle redoubla d’efforts afin d’atteindre sa cible avant que lui-même n’atteigne la sienne. La bête bondit sur le jeune humain au moment même où Sibelle arrivait à sa hauteur, ce fut dans un dernier élan, usant toute l’énergie possible qu’elle se propulsa, les armes en avant. La puissance de la guerrière fut telle que ses armes pénétrèrent sans difficulté dans ces chairs putréfiées. Sa victime vacilla et tomba sur sa patte meurtrie s’effondrant contre l’autel de fluide. Entrainée par son élan, l’hinionne termina sa course par une roulade bien exécutée digne de son agilité.

La guerrière se releva rapidement craignant un déferlement de la magie provenant de l’autel. Elle n’eut que le temps de jeter un coup d’œil vers Sirat qui enlaçait Simaya qu’elle entendit celle-ci émettre un cri à défoncer les tympans. La magie de l’autel se libéra alors automatiquement avec une redoutable force brutale, propulsant Xël, Jorus, Kivan, Sibelle et même Endar. Mais ce fut la créature immonde qui subit le plus de dégâts. Étant directement contre le meuble de pierre, elle explosa en innombrables morceaux puants et visqueux qui se répandirent sur tous les compagnons à proximité, touchant même Endar, plus éloigné.

Et puis, le calme revint et le silence reprit ses droits dans cette sombre caverne.

Étendue sur le sol de pierre, Sibelle ressentit une douleur intense comme si tous les os de son corps s’étaient brisés en mille morceaux lors de son atterrissage. Affreusement secouée, Sibelle n’eut pas la force de se relever. À peine consciente, elle se sentait incapable de se tourner la tête pour voir l’état de ses compagnons. Sa vision embrouillée, elle vit des ombres se déplacer autour d’elle. Elle ferma ses yeux croyant que c’était la fin. Elle se sentit transportée et ne fit rien pour résister. Peu à peu, elle sombra dans l’inconscience.

***

Elle entendit d’abord des bruits de pas auquel s’ajouta le cliquetis des chaînes de métal. Située entre la veille et le sommeil, Sibelle n’ouvrit pas immédiatement ses yeux. Elle tentait d’abord de sortir de l’état de léthargie dans lequel elle se trouvait. Puis, comme à peu près tout le monde le fait en se réveillant, elle porta ses mains à son visage afin de se frotter les yeux. Enfin, il serait plus juste de dire qu’elle tenta de le faire sans y parvenir. Perplexe, surprise, de ne pouvoir exécuter ce mouvement si anodin et familier, elle ouvrit brusquement ses yeux pour voir des bracelets de fer à ses poignets réunis par de lourdes chaînes. Couchée sur un matelas confortable, elle leva sa tête pour examiner ses pieds. Comme elle s’en était doutée, ils étaient également attachés. Ce ne fut qu’à ce moment qu’elle constata qu’on lui avait retiré son équipement et ses vêtements pour lui enfiler une tunique de lin simple et propre.

Demeurant silencieuse, Sibelle tenta de comprendre où elle se trouvait. Bien que les murs fussent en pierre, elle devina rapidement qu’elle n’était plus dans la caverne. L’air y semblait plus sain et l’endroit semblait plus… propre. Comme meuble, elle ne vit que les lits de pierre, deux rangées qui se faisaient face, tous de pierre, pourvus de paillasse assez confortable pour les circonstances. Tournant sa tête vers la gauche, elle reconnut Sirat et poussa, bien malgré elle, un long soupir de soulagement. Bien qu’elle ne veuille pas se l’avouer, elle avait été incapable de couper les liens avec ce dernier. Ils ne partageaient pas les mêmes valeurs et elle se doutait que tôt ou tard, ils allaient s’affronter en combat dont elle connaissait déjà l’issue.

Une voix masculine et bienveillante se fit entendre. Il se présentait de la manière qu’un hôte le fait avec ses invités de marque. Il se prénommait Elurien d’Assamoth et il était Archi-sorcier d’Elscar’Olth. Sibelle se tourna vers cette voix profonde agréable à ses oreilles. Lors de leur arrivée à la tour d’Or, Honoka leur avait parlé de lui comme successeur à de Thensoor Val’Crooh comme Archisorcier. À l’extrémité de la pièce, entouré de six mages encapuchonnés et masqués, il portait une longue tunique dont le capuchon rabaissé sur ses épaules, dévoilait un jeune visage encadré de cheveux bruns descendant presqu’aux épaules. Le plus frappant fut son regard qu’il promena sur chacun des aventuriers. Conservant une extrême politesse, il s’excusa de les avoir attachés à leur lit. Curieuse d’en connaître la raison, Sibelle l’écouta attentivement. Ils avaient retrouvé Simaya Sombreroc, étendue sur le sol de la caverne, poignardée dans le dos.

(Poignardée !?)

Instinctivement, le regard de Sibelle se détacha de l’hôte pour aller vers Simaya qui gisait elle aussi sur un lit de pierre, sans lien aux mains ni au pied. Et puis, son regard se tourna vers celle qu’elle soupçonna immédiatement : Yurlungur. Sibelle l’avait déjà vu œuvrer de sang-froid lors de sa première mission sur Aliaénon et ne voyait qu’elle pour accomplir un tel acte dans les circonstances qu’ils avaient vécu.

Elurien poursuivit en expliquant qu’il avait agi par prudence, ne sachant s’ils étaient des ennemis ou des alliés. Avant de libérer les aventuriers qu’il avait sauvés d’une mort certaine, il leur demanda, comment ils s’étaient retrouvés là, en la compagnie de Simaya et pourquoi elle avait été poignardée.

Il venait tout juste de terminer de parler que Yurlungur s’empressa de se dénoncer comme s’il s’était s’agit d’un acte de bravoure et non de tentative d’assassinat. Les traits de l’hinionne se crispèrent et ses poings se serrèrent. Bien qu’elle disait la vérité au sujet du comportement étrange de la membre du conseil d’Or, Sibelle considérait que le geste de la jeune fille était gratuit et injustifié. Et puis, contrairement à ce qu’affirmait Yurlungur, elle n’avait pas cherché à protéger ses compagnons, elle s’était plutôt réfugiée dans un coin jusqu’à la toute fin.

Ce fut Endar qui prit la relève, confirmant les dires de la petite en rajoutant que certains d’entre eux c’étaient promis de protéger Simaya cinq ans plus tôt. Puis, il demanda de se faire retirer ses liens. Et la suite, ne concernait que lui, ce qui ne surprit pas Sibelle qui avait payé pour les actes égoïstes d’Endar. La guerrière leva un sourcil lorsqu’Endar dévoila la raison de sa présence en lande noire. Il voulait aider à créer une alliance, mais Sibelle n’en comprit pas davantage. Il termina finalement en annonçant avoir Thimoros pour seule allégeance, ne travaillant pas pour le conseil d’Or, ou Vallel ou Oaxaca.

Ce fut au tour de l’humoran de prendre la parole. Il se présenta, indiqua son grade auprès de Khynt, indiqua que Vallel avait été son allié dans la grande guerre, et affirma ne parler qu’en son nom. Ses révélations surprirent quelque peu Sibelle, mais au moins, cette fois, il avait fait preuve de transparence. Sirat avait l’avantage sur les autres de connaître Elurien. Puis enfin, il confirma les dires des deux autres compagnons quant à l’état de Simaya. Mais il précisa toutefois qu’il désapprouvait le geste de Yurlungur même si son intention était de les sauver. Et puis, il ajouta une information que Sibelle ne connaissait pas. En fait, lorsqu’il s’était approché d’elle, il avait réussi à communiquer par la pensée et elle répétait toujours les mêmes mots à la manière d’une litanie : "il n’est pas mort, il est vivant ", suivi d’une énumération de noms incluant celle de leur hôte.

Lorsque Sirat eut terminé, Sibelle jugea que c’était son tour. La princesse Honoka avait mentionné de se méfier de cet homme, mais n’avait pas indiqué de lui cacher le but de leur mission.

« Je me prénomme Sibelle. Avant d’en dire plus, je vous remercie de nous avoir sauvé la vie et nous avoir accueillis dans votre demeure. Je vous suis redevable. »

Pour Sibelle, il avait été primordial de montrer sa reconnaissance envers leur hôte avant de répondre à ses interrogations.

« Comme vous le savez, moi et quelques aventuriers ici présents sommes en mission sur vos terres mandatées par le conseil d’Or. Nous sommes à la recherche de Naral qui a disparu depuis quelques mois. Nous étions donc dans la caverne où vous nous avez trouvés, non loin de l’autel de fluide. Simaya est apparu, les yeux révulsés et a créé un monstre à partir de cadavres. La plupart d’entre nous avons tenté de vaincre le monstre, Sirat a tenté de calmer Simaya et je viens d’apprendre comme vous que Yurlungur l’a attaqué de son poignard. »

Elle lança un regard à Sirat avant de poursuivre :

« À présent que vous savez ce qui s’est passé, je vous saurai gré de nous libérer de nos liens, afin que nous puissions commencer notre enquête. J’apprécierais pouvoir me lever et me dégourdir les jambes. »



((( 1 647 mots))

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Sibelle, Maître d'armes


Dernière édition par Sibelle le Mer 10 Oct 2018 03:18, édité 4 fois.

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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Lun 24 Sep 2018 19:57 
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La bête se laisse entraîner, poursuivant l'appât qu'est devenu Jorus. Je me mets de côté, me protégeant d'une violente attaque dont pourrait être capable l'autel. Je vois une flèche filer. Mon regard est attiré vers Sirat qui enlace Simaya. Il ne perd pas le nord le salaud mais était-elle revenue elle-même ? Un mince sourire se dessine sur mon visage en l'espérant. Le soulagement de la revoir en vie effaçant les craintes qu'elle me rejette à nouveau. Mais mon visage se fige. Mon corps se redresse, se tend à l'extrême. Yurlungur, la gamine, la petite peste. Elle surgit dans le dos de la blonde, j'aperçois l'éclat d'une lame. Voilà qu'elle frappait à nouveau dans le dos. Mais pas une inconnue cette fois. Il s'agit de Simaya. Une femme que j'aime, une femme à qui je tiens. Ma gorge se noue et retient mon cri. Mon estomac se tord à la pensée qui m'enserre le crâne. Je déteste cette enfant. Elle venait de commettre l'irréparable, l'inexcusable. J'avais envie de réagir. D'user de ma magie pour annihiler cette saleté de gosse. Penser une telle chose d'une enfant me donne envie de vomir. Une contradiction qui va à l'encontre de toute ma morale. Les enfants devraient être protégés. Jamais ils ne devraient être la cause d'une telle rage. Mais il est clair que Yurlungur est différente. Différente de tous les enfants que j'ai connu, vu ou rencontrés à Kendra Kar. Mes fluides s'agitent, bouleversés par mon esprit hésitant. Ils sont torturés comme moi, je peux le sentir. Tiraillés entre la vengeance violente ou la morale. J'avais pardonné Thrag d'avoir tué Fin'. Je ne pardonnerais pas à cette gosse cet assassinat lâche. Le cri de Simaya m'arrache une larme. Mon bras de dresse contre mon visage pour me protéger du sort qu'elle lance pour se défendre. La petite et Sirat sont propulsés contre les parois de la caverne. Elle, s'écrase directement contre la roche derrière elle mais l'Humoran rebondit encore et encore contre le sol. Je subis soudainement, moi aussi, un choc rude. Quelque chose frappe l'arrière de mon crâne. Je tombe en avant. Ma vue se trouble. En tournant la tête je peux simplement constater que nous sommes tous à terre et alors que garder les yeux ouverts est devenu trop difficile, je perçois des ombres s'avancer dans la caverne avant que tout devienne noir.

***

Je me réveille. Perturbé par un étrange vrombissement. Mes yeux s’ouvrent. Je me sens étrange. Propre. Sans douleur malgré le choc reçu. Le souvenir de mon réveil à la Tour d’Or après la bataille contre le Titan passe dans mon esprit. J’espère na pas avoir encore pioncé un an. J’essaie de passer une main sur mon visage mais quelque chose me retient. Ma tête se défait de son état de semi-ivresse. Je regarde ma main qui ne peut pas atteindre mon visage. Je remarque enfin le son que mes mouvements produisent. Des chaînes. Une voix amicale attire mon attention. Un type louche, entouré de six autres types louches. Masqués ceux-là en plus. Le type louche sans masque se présente. Il s’agit d’Elurien d’Assamoth, le dirigeant de la Lande Noire. Je me redresse autant que mes chaînes me le permettent pour affronter son regard de glace. Mais mon air ne reste pas longtemps méfiant. Il ne semble pas hostile. Il s’excuse de sa prudence, expliquant qu’il nous a retrouvés dans la caverne avec Simaya poignardée à nos côtés. Simaya ! Mon regard scrute la pièce et je pousse un soupir soulagée quand je la vois parmi nous, dénués de chaînes. Il nous demande des explications Yurlungur est la première à s'exprimer. Le son de sa voix ravive ma colère. Elle avoue être responsable de la blessure de l'Esserothéenne. Mes poings se serrent. Elle ose prétendre avoir fait ça pour nous protéger. Endar prend la suite, partant dans un de ses monologues barbant que je n'écoute même plus. Sirat à son tour se présente. J'entends qu'il réprouve la méthode utilisée pour neutraliser Sim'. Il précise qu'il l'a toujours protégé. C'est vrai. Je m'en souviens. Nous étions entêtés à le faire. De Nagorin jusqu'à Ouesseort en passant par Fan-Ming. Nous étions unis par la volonté de protéger Simaya. Il fait ensuite référence au même message qui a surgit dans mon esprit. Il n'est pas mort, il est en vie. Sibelle poursuit, elle se présente à son tour avant d'expliquer notre présence dans la Lande, retrouver le trouduc de dragon rose. Elle décrit ensuite ce qu'il s'était passé dans la caverne. Mon regard se détache de Yurlungur pour pénétrer celui d'Elurien. Je me présente à mon tour, brièvement, d'un ton monotone.

"Mon nom est Xël. Merci de nous avoir sauvé."

Mes remerciements sont sincères malgré mon air las. Je tourne ensuite un regard plus sévère vers l'enfant qui nous accompagne.

"Toi. Arrête de raconter des conneries. Tu ne l'as pas poignardé pour nous protéger. Tu l'as fait parce que tu aimes ça. Parce que planter des lames dans le dos des gens, c'est ton truc. D'abord Talia, maintenant Simaya. Quand on veut neutraliser quelqu'un sans attention de le tuer, on ne se sert pas d'un poignard. Ne t'avises plus de t'approcher d'elle."

Mon ton est devenu froid, mon visage dur. Ce ne sont pas des paroles en l'air. Je ne veux plus la voir rôder près d'elle. Je me tourne ensuite vers Sirat pour lui apporter une hypothèse.

"Je pense qu'elle parle de Finarfin. Je lui ai annoncé sa mort quand nous sommes revenus de Treeof."

Je jette un nouveau coup d'œil froid vers la gamine. Je n'ai pas oublié la façon dont elle s'est sauvée en emportant l'humaine masquée quand Thrag a commencé à perdre la raison.

"Elle a quitté la Tour d'Or juste après et le Conseil ne l'a pas revu depuis. Je pense que son esprit n'arrive pas à l'accepter."

Je pose un regard à la fois inquiet et attristé sur la belle Esserothéenne avant de demander au dirigeant des lieux. Rien d'autre que l'état de Sim' ne m’intéressait à présent. Cela passait même au dessus de ma libération de ces chaînes.

"Comment va-t-elle ?"

((1000 mots.))

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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Mar 25 Sep 2018 08:40 
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La première réponse de l’inconnu me fait un instant penser qu’il me prend pour une idiote. Il peut me voir en ouvrant l’œil dans cette obscurité impénétrable ?

(Hum, je peux te voir en ouvrant les yeux…)

Je tourne la tête vers Al, le regard alerte mais aveugle, je ne sens que sa présence. Il n’a pas tord, mon voisin de cachot a peut-être lui aussi cette capacité de voir presque aussi bien que si le constructeur des lieux avait daigné y placer une source lumineuse.

"Vous êtes donc un borgne qui peut voir dans le noir ?" demandé-je sur un ton légèrement empreint d’ironie. J’enchaîne agacée lorsque mon interlocuteur sous-entend que j’aurais l’air bête. "Eh bien ne perdez pas de temps à poser des questions dont vous avez déjà la réponse alors !"

Mon irritation retombe aussitôt lorsque l’homme me donne le nom du lieu où nous nous trouvons. Voilà mon dérisoire début d’explication démoli en quelques mots, si nous sommes bien dans l’équivalent des oubliettes, le nom d’Elscar’Olth ne me dit strictement rien. Et pourtant l’autre prisonnier vient de m’annoncer cela comme s’il s’agissait d’une vérité connue de tout Yuimen. Lorsqu’il reprend la parole pour se présenter, je me demande un instant s’il n’est pas là depuis fort longtemps et qu’il a perdu la tête, s’inventant une vie dans un monde imaginaire.

Alors que je réponds machinalement à la nouvelle pique envoyée par l’inconnu, j’interroge silencieusement Al sur les noms propres qui viennent d’être égrenés. Je n’ai pour réponse que la perception de son désarroi qui semble être aussi grand que le mien.

"J’espère bien que vous m’excuserez de ne pas tout de suite penser aux conventions sociales en me réveillant dans un lieu sombre et mystérieux sans savoir comment je suis arrivée là."

Dans un réflexe mes mains se mettent à palper l’ensemble de mon corps pour vérifier qu’aucun de mes vêtements et équipements ne m’a été enlevé. Je suis étonnée de voir que qui que ce soit qui nous a enfermé ici m’a laissé toutes mes possessions, armes comprises.
Ma main gauche termine sa recherche près de mon visage, mes doigts frottent un instant mes yeux avant de s’arrêter sur l’arête de mon nez. Je prends une large inspiration par ce dernier et laisse sortir l’air bruyamment.

"Bon Erthog reprenons du début et si cela peut vous permettre de vous accrocher à un semblant de normalité dans cette situation, vous pouvez m’appeler Ariane." Je ne sais pas à qui je parle, je ne sais pas où je suis, il n’est pas question que je prononce le nom de mon père et encore moins celui de mon clan. "Votre patronyme, quant à lui, m’est complètement inconnu, tout comme Elscar’Olth qui semble pour vous tomber sous le sens. Et je ne connais pas non plus le Duché d’Orsan, à part ceux des montagnes, je ne vois pas..."

Sauf que je ne suis peut-être plus sur Nirtim, la dernière fois que j’ai été kidnappée – ce qui soit dit en passant semble devenir chez moi une habitude – j’étais à Tulorim sur le continent d’Imiftil et me suis réveillée à Dahràm au nord de Nirtim, autrement dit deux continents et un océan traversés sans que j’en ai conscience !

(Au moins la dernière fois tu m’a trouvé…)

Je souris dans le noir à ce souvenir, qui vais-je trouver maintenant alors ? L’autre Al-Ayrad ? Je me rembrunis à cette pensée et secoue la tête pour la chasser, me concentrant de nouveau sur le moment présent.

"Et puis je vais vous dire Erthog, quelque soit l’endroit où nous sommes, ce n’est pas la question la plus importante. La principale c’est : comment sort-on d’ici ? !"

Sur ces mots je commence à sonder les murs, examinant chaque coin où mes bras peuvent accéder. Mon compagnon qui me peut me voir faire n’a pas l’air convaincu par mon action, mais je ne peux pas rester là les bras ballants.

(Tu ne vois vraiment rien Al ? Au plafond ? Sur le sol ?)

"Et ce bruit ? Savez-vous ce que c'est ?"

Je compte bien faire le tour de cette basse-fosse puis inspecter à nouveau la porte.


(((705 mots)))

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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Mar 25 Sep 2018 16:30 
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C’est étrange, mais c’est dans des moments comme celui-ci que l’on comprend certaine chose de la vie qui nous échappe. Là en l’occurrence, je saisis mieux ce côté obnubilé que peut avoir le gibier face à un prédateur. Mon regard croise pénètre de la créature composée de chairs mortes et je me sens comme hypnotisé. J’en oublie totalement la magicienne complètement cinglée aux prises avec l’Humoran. Il faudra d’ailleurs que je prenne le temps de lui expliquer le fond de ma pensée à celle-là.

Il faut croire que ce chien des enfers l’a plutôt mauvaise. Lui aussi ne semble voir que moi après lui avoir arraché quelques morceaux. Il décide de bondir sur moi alors que je suis parvenu au niveau de l’autel. Soit la créature est dénuée d’intelligence, soit la rage l’empêche de réfléchir correctement. Trop rapide pour réagir, la masse de chair s’approche de moi la gueule ouverte et je sens mon dernier moment arrivée. Une vision de ma vie défile devant moi. J’ai déjà entendu parler de ce phénomène, mais je n’imaginais pas le voir arriver si jeune.

Je revois l’incendie qui m’a séparé de mes parents et ressens même la chaleur des flammes. Je revis mes années de vol à la tire en compagnie de mon meilleur amie et d’Ysolde, mon premier amour. Ce sont mes meilleurs moments malgré les difficultés à nous nourrir. Puis la malheureuse rencontre avec un noble qui a reconnu mon médaillon, le dernier souvenir de mon paternel, engendrant ma fuite à bords de la perle brune durant trois longues années, avant mon retour à Eniod. Mes retrouvailles avec mon vieil ami et la révélation de la mort de mon premier amour. J’ai fui encore une fois, les regrets et mauvais souvenirs comme si en mettant de la distance je pourrais m’en détacher. Si j’ai fait la connaissance, comme beaucoup avant moi, des raids Shaakts, j’ai également fait la connaissance de celui qui est devenu mon maître l’espace d’un bref moment : Panaka et son étrange voie de l’harmonie. Les évènements se sont rapidement enchaînés par la suite. La femme du chef de convoi qui tombe malade, mon expédition pour trouver les origines de la source curative du temple, ma rencontre avec ma faéra, l’apparition d’un assassin qui en avait après moi et ce moment difficile avec l’esprit des glaces. Panaka qui démontre une implacabilité dont je ne l’imaginais pas capable et qui me quitte pour s’occuper du commanditaire de l’assassin, tandis que je pars pour le côté opposé. Cette fois encore je fais une mauvaise rencontre avec ce maudit mage qui me prive de ma faéra je ne sais comment et m’envoie tuer un forgeron puis dérober un objet. Avec l’aide d’un prêtre je parviens à faire croire la mort de l’artisan et de retour avec l’objet volé, tout explose. L’esprit enfermé ne reconnait pas le maître de la faéra et le bras droit finit par décéder à la place de son maître. Finalement j’ai bien fait d’avoir délivré la Taurionne Castamir du cachot. Sans elle je n’aurais pas été capable de faire chuter ce vieux fou du haut de la falaise. Une chute techniquement mortelle dont il a survécu. Fichu magie ! Je quitte le continent avec l’elfe verte en rencontrant des pirates en chemins. J’ai bien faillit finir sous les eaux à force de jouer les puces sauteuses à bords du vaisseau ennemis. Même si l’elfe verte m’a veillé, j’ai fini par la décevoir en la quittant pour Aliaénon. J’étais pourtant sûr de moi. De peur que le magicien ne nous poursuive, l’idée de se séparer pour brouiller les pistes n’était pas si mauvaise, mais elle était surtout égoïste. Le voyage se termine sur Aliaénon, face à cette bête contre laquelle je ne peux rien.

Et puis je revois tout en sens inverse et termine sur une dernière image. Mes parents, l’incendie et un homme à leur côté. Mais qui est-il ? Pourquoi n’ais-je jamais entendu parler de lui ? Et est-il responsable de ce fameux incendie ? Ces questions me ramènent au présent avec un désir de vivre soudain. L’elfe guerrière bondit sur la créature et dans un coup de lame ravageur, touche sévèrement la bête. En retombant sur sa patte blessée, elle s’écrase au sol. C’est ma chance ! Je frappe aussi fort que possible l’autel magique alors qu’un hurlement à m’en faire saigner les oreilles déferle dans la caverne. La suite est difficile décrire tant le chaos est présent. L’autel nous offre une nouvelle onde de choc, la créature explose littéralement en un nombre de morceaux incalculables, puis c’est le néant.

J’ouvre les yeux dans un lieu nouveau. Loin de la caverne je suis dans une salle, une vraie je veux dire, quelque chose de construit par la main de l’homme, ou de la patte de ce qui réside en ces lieux. J’entends des bruits autour de moi. Nous sommes tous ici, ceux de la caverne avant l’explosion, allongé sur des lits de pierre avec une paillasse pour donner un certain confort et…menottés ? Pas que les poings, les pieds également. Des fois que j’aurais caché quelque chose dans ma bouche et que j’utiliserais mes pieds pour le prendre et ouvrir mes liens.

(Beurk ! C’est répugnant !)

(Ysolde ? Tu n’as rien ?)

(Non ça va pas du tout ! J’ai la sensation d’avoir tes pieds dans la bouche maintenant !)

(Tu sais où on est ?)

(Non, je ne suis capable de ressentir que ce que toi tu perçois. En revanche je sens qu’on va avoir des infos.)

Effectivement, au bout de la pièce se trouve un homme entouré de six hommes qui puent la magie. Pas sûr qu’ils aient choisi la bonne vocation sur Aliaénon. Le principal intéressé se présente sous le nom de Elurien d’Assamoth, archi-sorcier d’Elscar’Olth et le dirigeant de la Lande Noire.

(Son nom me dit quelque chose.)

(Oui Honoka l’a évoqué à la réunion. C’est bien le dirigeant Elscar’Olth, la capitale de la Lande Noire. Selon elle, il ne devrait pas être un problème pour nous, mais il était affilié à Vallel et donc à Oaxaca.)

(Mmm d’accord, faut pas s’en faire un ennemi alors.)

Il s’excuse de la présence de nos liens et le justifie par la dague plantée dans le dos de Simaya. Un bref coup d’œil m’indique qu’elle est avec nous, mais sans être enchaînée. D’ailleurs il y a mes propres effets personnels à mes pieds.

(Evitons de remercier publiquement la personne qui en est responsable.)

Il affirme savoir que nous sommes originaires de yuimen à la solde du Conseil d’Or. Si autrefois il était notre ennemi, surtout celui de mes prédécesseurs, il n’a pas la rancune de Vallel et ne possède plus de lien avec Oaxaca. C’est bon à savoir. Seul l’intérêt de sa cité lui importe et nous ne serons pas ses ennemis s’il n’est pas le nôtre.

(Alors, tu comptes révéler pourquoi vous êtes là ?)

(Je sais pas. Le Conseil nous a dit de nous méfier donc je vais laisser le soin à ceux qui sont déjà venus d’expliquer ou pas pourquoi nous sommes ici.)

C’est en première Yurlungur qui s’explique. C’est à elle que je dois remercier d’avoir frappé Simaya et elle continue en expliquant que c’est cette femme qui nous a agressés en première avec sa bête horrible. Elle se défend cependant d’avoir voulu la tuer.

(Bon une lame dans le dos, c’est rarement utile pour les massages soit dit en passant.)

Ensuite vint le Shaakt et avec lui, le souvenir de lui avoir sauvé la vie. J’aurais mieux fait de me casser une jambe ce matin ! Il confirme les dires de la jeune fille et enchaîne avec une promesse de protéger Simaya Sombrecroc faite il y a cinq ans. Il explique être ici pour aider à former l’indépendance qui leur tient à cœur, puis poursuis avec son désir de parler aux matriarches de son peuple et de l’exploitation de la mine d’Arthim’Olth.

(Lécher les bottes dans un premier temps avant de soumettre une proposition. Plus flagrant tu meurs !)

Il continue en affirmant son allégeance à Thimoros, le contraire m’aurait surpris, puis déclare qu’il n’a aucune raison d’être lié à Vallel et que tous deux possèdent un ressentiment envers l’autre. Il ne sert pas plus le Conseil d’Or qu’Oaxaca ou ses sous-fifres. Il continue son long discours destiné à amadouer hautes instances de la ville avant de proposer une aide financière et de parler à la reine noire en son nom.

(Mais il ne vient pas de dire qu’il ne la servait pas ?)

(Laisse tomber, il ne doit servir que celui ou celle qui lui apportera ce qu’il souhaite et passera au maître suivant ! Mais écoutes-le, voilà qu’il propose lui-même de nous libérer comme s’il était au-dessus de nous !)

La colère monte en moi lorsque je regarde le Shaakt. Que le Conseil aurait accepté quelqu’un comme lui me dépasse totalement. Ensuite vient au tour de l’Humoran de se présenter :

"Je me nomme Sirat Ybelinnor,..."

(Bon ben maintenant je sais comment il se nomme, c’est déjà ça.)

"… lieutenant de Khynt,..."

(Aucune idée de qui c’est, mais il doit être important pour qu’il le nomme.)

"… allié de Vallel dans la grande guerre."

(QUOI ! Mais c’est une blague !)

Apparemment Sirat et notre hôte se sont déjà croisés auparavant sans échanger et espère y remédier. Il confirme les propos concernant l’état étrange de Simaya et justifie l’acte de la mettre hors d’état de nuire, bien qu’il réprouve le moyen utilisé pour se faire. Il détaille avoir établie un lien psychique avec la mage qui répétait sans cesse qu’il n’était pas mort, qu’il était en vie. Elle a simplement cité le nom d’Elurien de Thensoor et d’autre encore.

Sibelle se présente à son tour. Je m’attends à de nouvelles révélations fracassantes, mais il n’en est rien. L’elfe n’a pas du sang de démon en elle après un pacte avec Oaxaca. C’est elle qui révèle la raison de notre présence sur les terres de la Lande Noire : Naral. Elle explique l’apparition de la créature grâce à la magie de Simaya et confirme que si Sirat a tenté de calmer la mage, c’est bien Yurlungur qui l’a poignardée.

Pour finir Xël se présente et remercie notre hôte, tout comme les autres, de nous avoir sauvé. Il se trouve ensuite vers la jeune fille et contredit ses propos. Selon lui, elle n’a pas agi ainsi dans le but de la stopper, mais simplement par plaisir de tuer. Il évoque une certaine Talia qui aurait connu le même sort.

(Pourtant elle m’avait donné une bonne impression, dès le premier coup d’œil !)

Il revient sur les propos tenus par Simaya. D’après lui, elle parle de Finarfin. Lorsque Xël lui a annoncé sa mort, elle aurait quitté la Tour d’Or et le conseil ne l’aurait pas revu depuis. Il pense que ce n’est que son esprit qui refuse d’accepter la réalité.

Tandis qu’il s’inquiète de son état c’est à mon tour de me présenter, au vu des regards des mages qui portent sur moi. Je me déplace vers le sommet de mon lit, tirant au maximum sur les chaînes de mes pieds et donnant du mou à mes bras pour me relever.

"Je me nomme Jorus Kayne. Mandaté par le Conseil d’Or, contrairement à d’autres, pour retrouver Naral et le ramener de grés ou de force. Je ne le connais pas, mais de ce que j’ai compris de lui, son intérêt pour le sans visage est tel qui pourrait bien mettre la Lande Noire à feu et à sang pour arriver à ses fins. En ce sens, nous n’avons effectivement aucun intérêt à nous mettre des bâtons dans les roues mutuellement."

Je tourne mon regard sur Endar et Sirat et poursuis.

"Vu que la question semble être soulevée, je ne suis ni un laquais d’Oaxaca et certainement pas l’allié des hommes qui traitent en son nom."

Je reviens à Elurien d’Assamoth et poursuis.

"Que vous ayez rompu les liens qui vous associaient à la reine noire vous honore et si vos intérêts ne concernent que la survie et l’affranchissement de votre cité, je serais même d’accord pour vous prêter main forte durant mon séjour ici, si bien entendu vous n’êtes pas du genre à soumettre les peuplades autour pour ce faire. J’aimerais également vous remercier pour votre aide, mais très sincèrement si cette femme ne nous avait pas attaqués, nous nous serions présentés par la grande porte."

Citation:
2077 mots.

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Multi : Relonor et Nhaundar


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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Mar 25 Sep 2018 23:28 
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Les évènements s’enchaînent avec une rapidité et une précision toutes deux redoutables : une partie des aventuriers a ferré le molosse cadavérique et est en train de l’attirer auprès de l’autel lumineux suite à l’injonction de l’homme qui nous a rejoins, Sibelle et moi, quelques minutes auparavant. Cette dernière charge la bête de côté et la puissance du choc la fait s’effondrer juste avant de pouvoir toucher le jeune homme qui la tient « en laisse ». C’est à cet instant qu’un cri de femme retentit un peu plus loin dans la grotte et après un premier choc lumineux je vois deux silhouettes projetées au loin. Je fronce les sourcils. La nécromancienne doit y être pour quelque chose…

Un second choc magique, bien plus proche cette fois, attire à nouveau mon regard vers l’autel et j’ai tout juste le temps de voir l’horreur nécrotique se faire pulvériser que la vague lumineuse m’atteint de plein fouet, m’envoyant bouler contre le mur et me recouvrant des chairs décomposées de notre ennemi. Pris d’un haut-le-cœur, c’est à ce moment-là que je perds le contrôle sur mes fluides et ces derniers, pris d’une folie destructrice commencent à pulser au contact de la matière visqueuse, l’envoyant recouvrir le groupe dans des explosions de lumière et de mort.

Puis, c’est le silence. Un long silence mortifère qui s’insinue à pas de loup dans la grotte. Mon corps, enseveli sous des morceaux putrides est douloureux et chaque mouvement est une véritable torture. Mes fluides m’ont complètement quitté lors de la perte de contrôle de ma tentative de sortilège. Il me sera impossible de compter sur la magie pour m’en sortir. Je respire péniblement, les yeux mi-clos. Mourir ici c’est bien trop con, mais je n’ai plus la force de réaliser le moindre mouvement. Mes sens s’embrouillent, ma vision se trouble et je sombre dans l’inconscience, sans remarquer les ombres qui s’activent autour de moi.

La Forêt. L’Enfant. La Femme des Bois. L’Arbre d’or. L’Arbre mort. La promesse. La liseuse de rêves. Tout s’embrouille dans l’esprit, mélangeant subtilement le rêve et la réalité.

☙ ❧


Je me réveille en sursaut. Sur un lit. Et lorsque je veux bouger, je remarque avec horreur que mes pieds et poings sont enchainés, me forçant à rester sur cette couche. Mon rythme cardiaque s’accélère. Je tente de me calmer en fermant les yeux et en respirant le plus doucement possible. Une fois apaisé, je rouvre les yeux et commence à scruter la pièce dans laquelle je me trouve désormais, analysant chaque détail pour chercher des réponses aux nombreuses questions qui se bousculent dans mon esprit. La pièce est large et épurée, seulement meublée de deux rangées de lits, tous occupés, se faisant face. C’est à ce moment que je constate que j’ai été lavé et changé, l’ensemble de mes maigres possessions se trouve au pied du lit dans lequel je suis allongé. Une première bonne nouvelle, si notre geôlier avait voulu nous achever, il n’aurait sûrement pas pris le temps de nous décrasser auparavant. Je ne m’étais jamais senti aussi propre depuis mon départ de Bouhen. Instinctivement, je fais circuler mes flux magiques et constate avec satisfaction que ceux-ci se sont régénérés pendant mon inconscience. Ceux-ci sont encore fortement agités mais de manière plus contrôlée qu’en présence de l’autel. Je constate alors un léger vrombissement constant qui empli l’air. Ce dernier me fait immédiatement penser à l’autel de la grotte et ce lieu doit lui aussi être empreint d’une forte magie. Qui semble muselée…

Je me relève péniblement et constate que nous sommes huit sur les lits. Six autres sont enchainés comme moi, et émergent eux aussi de leur sommeil comateux. Je reconnais parmi eux la chevelure rousse de Sibelle. Les autres me sont inconnus, mais je pense pouvoir les identifier comme le reste du groupe d’aventuriers et mercenaires dépêché par la milice d’Oranan. La huitième couchette est occupée par une femme blonde et plantureuse. Je reconnais avec horreur la nécromancienne qui nous avait attaqué dans la grotte. Une voix d’homme retentit alors, m’arrachant à mon inspection de la pièce et je constate qu’un groupe est présent dans la pièce. Celui qui vient de s’adresser à nous est tête nue, les six autres étant encapuchonnés et masqués. Il déclare se nommer Elurien d‘Assamoth et être l’Archi-Sorcier d’Eslcar’Olth et le dirigeant de Lande Noire. Ce dernier nom fait écho à la mission proposée par la milice d’Oranan. Première bonne nouvelle depuis mon arrivée tumultueuse sur Aliaénon : je suis au moins au bon endroit. L’homme au regard de glace désigne la magicienne toujours étourdie, la nommant Simaya Sombreroc, et déclarant qu’elle a été retrouvée poignardée à côté de nos corps. Ne nous considérant ni comme alliés, ni comme ennemis pour le moment, il a préféré prendre ses précautions et entendre nos explications avant de décider de nos sorts. Il précise par la suite qu’il n’est pas affilié à Oaxaca. Ce nom me fait trembler car nul sur Nirtim ne peut ignorer les agissements de la fille de Thimoros. Ce dernier point me rassure. L’homme se tait alors, attendant nos éclaircissements sur la situation, balayant la pièce de son regard froid. Comme il arrive ordinairement que plus l’on s’empresse, moins l’on avance, je préfère ne pas parler en premier, étant le moins au fait des évènements récents et laissant le soin aux autres aventuriers cette délicate tâche.

La première à prendre la parole est une jeune fille à peine rentrée dans l’adolescence. Son âge apparent tranche avec sa manière de se tenir et son comportement général. On dirait un vieux général, rompu aux affres de la guerre, réincarné dans une fillette au regard perçant. Elle déclare avoir poignardé la dénommée Simaya. Elle justifie son acte par le fait que la nécromancienne nous a attaqué en relevant l’abomination et qu’elle souhaitait nous protéger. Si je ne peux m’empêcher de reconnaître une certaine fascination dans son honnêteté presque candide, je me dis que cette fille cache bien son jeu et qu’elle est bien plus dangereuse qu’elle n’en a l’air. A surveiller du coin de l’œil.

Le deuxième à parler est un elfe à la peau d’ébène. Un shaakt… Celui-ci ne prend pas non plus le temps de se présenter et se lance dans un monologue qui ne fait que confirmer ce que je craignais : ce dernier s’écoute parler, ventant son allégeance à Thimoros et aux matriarches qui tiennent leur société d’une main de fer. Il connait en revanche la nécromancienne, ce qui ne me surprend guère. Prenant son geôlier de haut, il lui propose même un marché de son aide en échange d’une entrevue avec Oaxaca… Je frémis Un être tout aussi dangereux que la fillette mais pour des raisons différentes. Le plus loin je me trouverai de lui, le mieux je me porterai.

Le suivant, un colosse musculeux et poilu à l’épaisse crinière rousse issu d’une race dont je n’avais jamais entendu parlé auparavant prend enfin le temps de se présenter. Ce dernier se prénomme Sirat et il confirme les propos des deux précédents prisonniers. Il connaît lui aussi la sorcière et mentionne le fait qu’il a pu établir un contact mental avec elle pendant la bataille. Je prends cependant en note le fait qu’il fut allié d’un certain Vallel, nom associé précédemment dans la conversation à celui d’Oaxaca… Je manque de m’étouffer. La milice d’Oranan a des critères de recrutement bien étranges… Encore une personne de qui se méfier dans ce groupe.

Les trois suivants me sont moins inconnus. Sibelle se présente. Elle est la première à reconnaître sa mission envers la milice d’Oranan et le fameux Conseil d’Or pour retrouver le dénommé Naral. En écoutant son discours je peux identifier la fillette à Yurlungur. Le suivant, l’homme sur lequel je suis littéralement tombé, se prénomme Xël. Il agresse directement verbalement la jeune fille et confirme ma méfiance à son égard. Il connait cependant aussi la magicienne qui nous a attaqué dans la grotte et s’enquiert de son état de santé. Le dernier à s'introduire est le jeune homme qui s’était présenté à moi comme Jorus en me tendant sa torche. Lui aussi assume son affiliation au Conseil d’Or et sa non-affiliation à Oaxaca et ses suivants. Il propose son aide à Elurien.

Les regards commencent à se poser sur moi et il va être temps pour moi de me présenter. Je déglutis. Je ne sais pas exactement dans quel merdier je viens de me fourrer et des milliards de questions occupent désormais mon esprit.

« Mon nom est Kívan. Merci pour votre aide. Je suis moi aussi envoyé par la milice d’Oranan. Je ne connais pour le moment aucune des personnes présentes ici, ceci incluant la dénommée Simaya. Pas plus que je n’ai rencontré le Conseil d’Or, mon arrivée ici s’étant directement faite dans la grotte où vous nous avez trouvé. Je ne pourrai donc pas plus vous en apprendre sur les évènements récents. »

Puis, plus bas.

« Et je ne vais pas vous cacher que j’ai moi-même beaucoup de questions à poser pour essayer de comprendre ce qui s‘est passé… »

Mon regard renfrogné se pose tour à tour sur Simaya, Yurlungur, l'elfe noir et Sirat. Je préfère pour l’instant omettre les véritables raisons de ma venue sur Aliaénon. Peut-être que je les dévoilerai en temps et en heure mais cela me semble superflu pour le moment. Je préfère aussi cacher le fait que je peux me rendre utile concernant l’amélioration de l’état de santé de la nécromancienne, tant que la situation n’aura pas été éclaircie.





(((1689 mots)))

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Dernière édition par Kívan le Ven 12 Oct 2018 23:17, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Jeu 4 Oct 2018 09:58 
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Elscar’Olth – Infirmerie.

    Elurien d’Assamoth écouta chaque aventurier avec attention avant de s’avancer entre eux dans la salle, commentant sans se départir de son flegme :

    « Que de dissensions dans un groupe que je pensais soudé par la réalisation d’un même objectif. »

    Il approcha de Xël, et tout en répondant à ses propos, défit ses liens.

    « Nul doute que vous ne voulez pas de mal à Dame Sombreroc. Vous êtes le seul à penser à elle avant de penser à vos liens. Je ne saurais répondre pour l’heure à votre question, cependant : elle reste inconsciente depuis que nous l’avons trouvée. La plaie du poignard est en voie de guérison, mais si j’en crois vos dires, son mal est plus profond… »

    Il se tourna vers Sirat et œuvra de même, le libérant de ses liens.

    « J’ignore qui est Finarfin, mais je suis inquiété d’avoir été cité par son esprit. Je suis d’accord avec vous : il existe bien d’autres moyens d’écarter une menace qu’un coup de poignard. Les geôles de cette ville sont remplies d’anciens fidèles de Vallel et d’Oaxaca, qui n’ont pu… transitionner à la fin de la guerre. Je serais mal placé de vous reprocher vos fidélités d’alors. Sachez cependant qu’elles n’ont plus leur place ici. »

    Puis, concluant en regardant Xël et Sirat :

    « Vos liens avec Simaya Sombreroc semblent forts. Restez un peu ici, en ma compagnie, si vous le souhaitez, pour comprendre ce qui lui est arrivé. »

    Sans attendre leur réponse, cependant, il s’approcha de Sibelle, qu’il libéra.

    « Naral Shaam s’est présenté à Elscar’Olth, voici de nombreux mois. Il cherchait des informations sur le Sans-Visage et ses motivations, la source de ses pouvoirs, si j’ai bien compris. Nous n’avons guère pu l’éclairer, et il s’en est allé. Nous n’avons plus ici de nouvelles depuis : vous ne trouverez guère plus d’informations sur lui en cette cité, je le crains. Vous êtes libres, bien entendu, de parcourir la Lande Noire à sa recherche, cependant. »

    Il transita vers Kivan, qu’il libéra de même.

    « Nul doute que vos compagnons pourront vous éclairer sur cet endroit et ce qui s’y est passé : nombre d’entre eux ont déjà foulé ces terres, à ce que j’ai compris. »

    Ce disant, il s’en alla vers Jorus et lui délivra mains et pieds.

    « Il n’est aucunement dans mon esprit de demander votre aide pour le développement de notre cité : comme je le précisais, nous sommes fiers de l’indépendance que nous avons retrouvée. Ce n’est pas pour nous lier davantage à d’autres, surtout s’ils sont envoyés par le Conseil d’Or, qui tend à vouloir gouverner l’ensemble de ce monde. Une optique de rassemblement que nous ne partageons pas, ici, dans la Lande Noire. »

    Il s’approcha d’Endar et hésita un instant avant de le libérer.

    « Je pensais avoir été clair : nos liens avec Oaxaca et ses sbires sont des plus ténus désormais. Je ne souhaite en rien renouer le contact avec elle. Concernant Arthim’Olth, je vous en déconseille l’entrée : vos semblables la dirigent effectivement, toujours fidèles à votre déesse noire, pour leur part. C’est là que s’est déporté son bastion en ces terres. Nul doute qu’elle fera payer le prix du sang à quiconque ne lui prête pas une parfaite allégeance. Il arrive que des groupes de faces sombres comme vous traversent la cité d’Elscar’Olth en transportant le fruit de leur travail dans la mine d’Argent Noir. Nous leur autorisons, mais je vous déconseille vivement de tenter de les approcher ici : je ne permettrai pas que l’ordre et l’équilibre de la cité soit mis en danger par votre intervention. »

    Il défit ses liens, mais garda le regard froid planté dans celui du Shaakt.

    « Je ne vous fais pas confiance, mais n’ai aucune raison de vous retenir prisonnier. Ce lieu n’annihile pas vos pouvoirs, et je regretterais presque qu’il ne réduit pas davantage votre assurance. Faites attention, en usant de propos si impérieux : ceux-ci pourraient se retourner contre vous. »

    Il se tourna vers l’ensemble des libérés.

    « Sauf si vous souhaitez dépérir ici, avec le sieur Ybelinnor et le sieur Xël, s’ils le souhaitent, je vous invite à vous rendre dans la salle voisine, où une collation a été préparée. Ou à commencer votre enquête si l’urgence l’impose. Ma cité vous est ouverte. Mais je le répète : vous n’y trouverez pas grand-chose concernant vos recherches. »

    Il se tourna enfin vers Yurlungur, dont il ne défit pas les liens, se contentant de les détacher de la table.

    « Quand à vous, jeune fille, je regrette d’avoir à le faire, mais la prudence m’impose de vous mener dans les geôles de cet endroit, le temps que nous déterminions de la survie de Simaya Sombreroc et de votre volonté réelle de lui nuire. N’y voyez aucun ressentiment personnel : les éléments semblent tous pointer que vous n’êtes pas si innocente que vous le clamez. »

    Il fit un geste, et deux de ses sbires encapuchonnés vinrent la saisir pour la faire avancer vers la porte qu’un troisième venait d’ouvrir, invitant les aventuriers à la passer pour se rendre à côté. Ceux encadrant la jeune adolescente ne s’arrêtèrent pas et la conduisirent fissa dans les geôles de la cité.

    [HJ : suite dans les geôles pour Yurlungur, dans la Salle de convenance pour les autres. Ce qui suit ici ne concerne que Sirat et Xël, s’ils restent, ainsi que tout aventurier souhaitant poursuivre autour de Simaya.]

    Lorsque ceux qui n’avaient pas été invités à rester furent partis, en compagnie du reste de la clique d’encapuchonnés, Elurien s’adressa à ceux restant tout en s’approchant de la belle blonde inconsciente.

    « Je vais avoir besoin, avec votre accord, du moindre détail sur ce qui a pu la mettre dans l’état que vous décriviez plutôt, messieurs. Afin que nous puissions ensemble retracer ce qui a pu lui arriver. »

    Puis, regardant Sirat :

    « Vous parliez d’un… lien psychique ? »


Elscar’Olth – Salle de Convenance.

    Les aventuriers sortis de l’infirmerie purent se retrouver dans une salle de convenance aux abords confortables, malgré les murs qui vibraient inlassablement à l’unisson de ce vrombissement permanent. Des pièces de viande en sauce ou rôties étaient disponibles, accompagnées de pains ou de blé cuit. Assez peu de denrées fraîches comme des légumes, cependant : la Lande Noire n’était pas le lieu rêvé pour les cultures. Les encapuchonnés les avaient accompagnés là, et si certains s’en allèrent, dont les deux qui accompagnèrent Yurlungur en cellule, deux restèrent au cas où ils avaient des questions, en tant qu’hôtes, bien qu’ils ne prirent pas part au repas.

    [HJ : apartés possibles, bien entendu.]


Elscar’Olth – Geôles.

    La voix rugueuse répondit d’un ton égal à Ariane.

    « Un borgne qui voit dans le noir, oui. C’est bien cela. J’ai le regret de vous annoncer que nous ne sortons pas d’ici. Voici plusieurs années que je suis prisonnier de ces geôles, pour n’avoir pas retourné ma veste et être resté fidèle à mes principes. Ce sont les geôles d’Elscar’Olth : fermées magiquement et protégées de sortilèges puissants ne nécessitant pas même la présence de gardes. »

    Il marqua une pause alors qu’Ariane s’agitait pour fouiller sa cellule, sans rien trouver de probant.

    « C’est affligeant que vous ne connaissiez pas ces lieux majeurs de la Lande Noire. À moins que… peut-être n’êtes-vous pas d’ici. Est-ce qu’Aliaénon, ça vous dit quelque chose ? »

    Au moment où Ariane s’approcha de la porte, celle-ci s’ouvrit avec fracas, et elle se retrouva face à deux êtres masqués et encapuchonnés qui menaient une jeune fille entravée. Sans un mot, ni particulièrement de rudesse, ils la firent entrer et, sans demander leur reste, fermèrent la porte derrière, comme s’ils n’avaient pas été inquiétés un instant de la présence d’Ariane proche d’eux. Erthog se fit silencieux. Yurlungur, puisqu’il s’agissait d’elle, venait d’entrer dans une cellule sombre qu’une jeune femme au teint mat et un lion semblaient occuper…

    [HJ : Apartés disponibles également]



[HJ général : la màj laisse peu de temps, d’ici samedi. Aussi vais-je fixer l’échéance au samedi d’après, le 13 octobre. Le temps que vous puissiez profiter d’éventuels apartés. Je répondrai toutefois ce samedi à l’occasion d’une mini-màj, pour ceux qui auront déjà répondu.
On cherchera cette semaine une citation de 13 mots dans le post d’Ariane.]


[Yurlungur : 0,5 (introspection) + 0,5 (aveux) + 0,5 (bonus longueur).
Endar : 1 (introspection) + 0,5 (tentative de manipulation) + 1,5 (bonus longueur).
Sirat : 1 (introspection) + 0,5 (paroles sincères) + 1,5 (bonus longueur).
Sibelle : 0,5 (introspection) + 0,5 (paroles sincères) + 1 (bonus longueur) + 0,5 (seconde place du jeu des citations).
Xël : 0,5 (introspection) + 0,5 (accusation) + 1 (bonus longueur).
Ariane : 0,5 (introspection) + 0,5 (questions) + 0,5 (fouille) + 0,5 (bonus longueur) + 1 (vainqueur du jeu des citations)
Jorus : 1 (introspection) + 0,5 (paroles sincères) + 1,5 (bonus longueur).
Kivan : 0,5 (introspection) + 0,5 (aveu d’ignorance) + 1 (bonus longueur).]

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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Ven 5 Oct 2018 14:05 
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Une fois que nous sommes tous présentés Elurien s'avance vers moi après un petit commentaire cynique. Il défait mes liens et m'explique qu'elle est inconsciente depuis qu'ils l'ont retrouvée dans la grotte. Il précise que sa blessure au couteau est en voie de guérison mais que le mal est sans doute plus profond. Il libère ensuite Sirat et nous invite à rester avec lui pour comprendre les raisons du mal de Simaya. J'incline la tête avant de me diriger vers elle et de lui prendre la main. Elurien libère tout le monde à l'exception de la jeune Yurlungur qui est menée au cachot. Cela me procure un grand soulagement bien qu’une légère pointe de culpabilité se pique dans mon cœur. Une gamine allait croupir dans une cellule, ça ne devrait pas arriver.
Le dirigeant de la Lande Noire raconte à Sibelle que Naral est venu à Elscar'olth il y a longtemps mais qu'il est reparti sans en apprendre plus sur le Sans-Visage ou la source de son pouvoir. Plus de nouvelles depuis. Ça pourrait correspondre avec le dernier message que j'ai reçu de lui. Avant que sa pierre ne se brise. Peut-être que quelqu'un ici l'a vu et a voulu l'empêcher de poursuivre ses recherches. Si c'est le cas, nous pourrions aussi être en danger. Je secoue la tête. Le dragon rose n'est pas ma priorité. Pour l'instant je veux aider Simaya. Elurien nous demande de l'aider à retracer ce qui a pu arriver à l'Esserothéene. Il se tourne vers l’Humoran et lui demande d’en dire plus sur un lien psychique. J’ajoute avant que l’Humoran ne réponde.

"Elle m’est apparue aussi quand j’ai lancé un sort contre le dragon noire. Dans la caverne aussi. Elle criait qu’il est vivant. D’ailleurs, vous pouvez me dire quelque chose sur l’autel qui est présent dans la caverne ?"

J’attends des précisions de la part de Sirat et peut être quelques réponses d’Elurien.

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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Sam 6 Oct 2018 06:03 
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sibelle prit la parole juste après lui, elle se présenta, sobrement et sur un ton direct, sans fioriture. La guerrière ne s'embarrassait pas de petit détail. Elle jeta un regard à l'humoran, que voulait il dire, lui en voulait elle pour ses révélations, les approuvait elle. Elle se garda bien d'en dire plus a ce sujet et reprit en lui demandant d'être libéré. Xel se présenta, le jeune mage s'emporta et vociféra en direction de la gamine. elle ne le méritait pas pensa Sirat. Mais le mage était habitué à être impulsif et à suivre ses émotions et le sort de Simaya lui importait énormément.

Il expliqua à Sirat qu'il pensait que Simaya parlait de Finarfin, un jeune mage mort il y a peu et a qui il lui avait annoncé la triste nouvelle. Elle avait mal réagit et avait disparu. Il avait pensé en premier lieu à la conseillère, il s'était inquiété de son état de santé, le colosse sur son lit attaché lui ne l'avait pas fait. était il devenu si hermétique a tout sentiment, il ne ressentait pas de peur, juste une profonde lassitude. Il en voulait plus à Yurlungur, pour lui avoir casser ses effets alors qu'il arrivait à faire quelque chose de concret. L'humain qui suivit s'appelait Jorus Kayne, cela permettait au moins de reprendre les présentation que l'humoran avait survolé à la tour d'or. Il était jeune, vingt an tout au plus, les cheveux bruns coupé courts sur un corps agile.

Une petite tête de bellâtre, bourreaux des cœurs, que faisait il ici, Aliaénon rendait les coups pensa l'humoran, dommage pour son joli sourire. Il foudroya l'elfe noire et le zélote d'un regard sombre ajoutant qu'il n'était pas de ceux qui suivent la sorcière noire. le deuxième était un homme, ou un elfe, ou les deux, dur de savoir. Svelte, un grand gaillard, une chevelure brune épaisse et une barbe sur une peau pâle qui se nommait Kivan.

Il était arrivé là, on ne savait pas vraiment comment et n'était pas présent au conseil. Sirat fit la moue, soit cet homme mentait, soit c'était une pauvre victime collatérale. Elurien s'exprima, ce groupe était réellement disparate. Il avait pas tord, Sirat rêvait d'un groupe le suivant dans sa quête, mais comme les sélections étaient faite par le conseil cela n'était qu'un doux rêve lointain.
Il détacha les liens de chacun.

Il hésita pour Endar, là encore, Sirat espéra qu'il l'envoie croupir dans une geôle. Mais il coupa ses liens, avec une mise en garde, c'est la gamine qui fut emmener en cellule. Endar, vexer surement, se fendit d'une petite palabre assassine, pour Sirat et une mise en garde. Sirat observa cela, ennuyer, pour Yurlungur, les piques d'Endar il en avait l'habitude. il allait avoir besoin d'elle, il faudra donc la libérer. Mais il ne pouvait se le permettre de jouer cette carte devant Elurien maintenant, surtout que celui proposait à Xel et Sirat de rester avec lui.
Le reste du groupe s'en alla, même la rouquine, sans dire un mot.

Le trio improbable resta auprès de Simaya inconsciente. Elurien demanda à Sirat de s'expliquer sur son lien psychique. Mais Xel ajouta avant qu'il puisse répondre qu'il avait vue Simaya quand il avait lancé un sort contre le dragon noire, elle criait qu'il était vivant aussi. Il demanda des précisions sur l'autel.

Sirat lui répondit.


Quand j ai vue simaya je la pensai posséder ou incapable de géré la magie de l’endroit. L autel est soit une entité soit un puits à magie ou un truc du genre enfin c’est ce que je pensais mais rien n’est moins sûr.

Il regarda Elurien. S'approcha de la jeune femme et lui toucha les cheveux.

J’ai essayé l approche physique j’ai frappé fort mais elle n a pas broncher alors j’ai attaquer psychiquement. L’attaque n’a pas marcher mais un lien c’est crée. Elle semblait en colère et répétait la même chose. Il n’est pas mort, vivant, puis elle a cité vos noms xel, finarfin, naral, thensoor, elurien, sans visage, vallée .... je cherche le lien mais il m’échappe. La lande noire?

Il laissa sa question en suspens

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Dernière édition par Sirat le Dim 14 Oct 2018 09:18, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Sam 6 Oct 2018 07:31 
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...

Suite à ses aveux, les autres aventuriers, se présentent, un à un. Et par la même occasion, ils se prêtent tous à ce petit jeu de l'abandonner, de nier leur complicité, de la désigner comme seule fautive : comme s'ils avaient eu l'idée d'une autre solution pour vaincre Simaya qui, en cette occasion, aurait pu tous les anéantir. Mais aucun d'eux ne crut bon de reconnaître la légitimeté de l'acte de défense devant leur geôlier, préférant jouer l'innocence.

Si Endar, en premier, fut l'un des rares à ne pas émettre de jugement de valeur quant à son action, il en vint bien vite à parler de lui, se présentant – sans grand étonnement de la part de quiconque au vu de ses origines – comme le digne (et surtout humble) serviteur de Thimoros. Sirat ensuite se désolidarisa de l'acte de l'adolescente, essayant de jouer sur ses accointances avec Simaya elle-même pour s'attirer les faveurs du maître des lieux.

Yurlungur n'attendait rien de Sibelle quoiqu'il en soit, mais le commentaire de Xël la fit grincer des dents, les sourcils froncés. Elle aimait ça ? Elle aimait risquer sa vie – elle avait parfaitement remarqué le reflux d'énergie magique qui avait frappé Sirat lorsque ce dernier avait tenté de frapper Simaya – et il se permettait de faire un commentaire sur ce qu'elle appréciait, elle, qu'il ne connaissait qu'à peine ? Et il évoquait Talia, omettant de préciser qu'il n'avait ni assisté à cette rencontre, ni que ladite Talia, lorsque Yurlungur l'avait agressée, était précisément en train de se jeter, poignard à la main, sur l'Ombre qui accompagnait la petite.

Mais tout cela n'avait guère d'importance. Les deux suivants à se présenter, elle les écouta à peine, remarquant simplement que l'un d'eux, comme il l'annonçait, était apparu comme par magie, au beau milieu du champ de bataille.

La jeune fille s'attendait à un verdict sévère quoiqu'il en soit, mais ce n'était pas le pire. Elle en voulait à Xël de l'avoir ainsi rejetée, enfoncée, alors qu'elle savait parfaitement ce qu'elle faisait. Ce n'était pas parce qu'il ne savait pas maîtriser sa propre magie qu'elle-même ne contrôlait pas où est-ce que ses lames s'enfonçaient et qu'elle ne savait pas veiller à ce que ces dernières n'atteignent pas d'organes vitaux : mais cette donnée semblait lui échapper.

Consciente que tout ce qu'elle pourrait ajouter risquait de se retourner contre elle, à présent que la totalité des aventuriers était probablement liguée contre elle, l'ayant officiellement désignée comme la brebis galeuse du groupe, elle attendit, mine fermée, qu'Elurien n'arrive jusqu'à elle, se fendant d'un commentaire pour chacun avant d'annoncer la sentence pour elle.

« Je n'ai pas dit être innocente, répondit-elle, et c'est en pleine possession de mes moyens que je l'ai frappée... J'expliquais seulement... »

Il se détournait déjà.

« J'expliquais seulement n'avoir pas tenté de la tuer mais seulement de la neutraliser ! »

Mais deux de ses acolytes venaient déjà l'emmener, enchaînée, au loin des autres aventuriers.

Une rancœur amère monta en elle et elle eut seulement le temps de crier :

« Xël ! Souviens-toi que ni Simaya, ni Talia ne sont mortes ! »

Voilà pour sa défense, coupée alors qu'on lui faisait descendre les marches qu'elle voyait à peine arriver. Ils la soulevaient presque par les bras tandis qu'elle se démenait pour ne pas perdre l'équilibre : jusqu'à ce qu'une porte devant eux ne s'ouvre sur une cellule noire, qu'on ne lui retire prestement ses chaînes, et qu'on ne l'envoie dedans, la porte claquant derrière elle.

Une autre pensionnaire venait de se lever, tentant vainement de demander aux deux mages quelque chose sans que ces derniers n'aient seulement relevé sa présence.

La gamine, le dos courbé, était en train de pester en silence. Ces aventuriers, ces yuiméniens, ils l'avaient purement et simplement abandonnée, non contents de se débarrasser d'elle, l'enfant qu'ils espéraient contrôler, mâter, mais qui se révélait bien trop forte pour eux. La jeune fille de qui ils souhaitaient se venger, pour certains, comme le montrait l'évocation de Talia par Xël : celle qui les gênait. Arsok avait tort : elle n'avait pas besoin d'eux et ils lui étaient au contraire bien plus nuisibles qu'autre chose.

Son regard se porta finalement sur sa compagnonne de cellule : une jeune femme, plus grande et élancée qu'elle, à la peau mate et qui conservait encore, étonnamment, tout son équipement, comme une lame et un arc. Et soudain, un mouvement non loin dans l'obscurité attira l'attention de l'assassine : ni plus ni moins qu'un massif fauve se tenait là, pourtant apparemment plus curieux que désireux de lui bondir dessus pour la dévorer toute crue.

Était-ce une punition ? Cette femme était-elle une geôlière qui terrorisait ses prisonniers avec sa bête ? Pourtant, n'avait-elle pas tenté de s'adresser sans succès aux gardes, ce qui confirmait plutôt l'hupothèse de l'enfermement ? Mais alors, pourquoi lui avoir laissé toutes ses armes ?

« Qui es-tu ? Qu'est-ce que c'est que cet... animal ? » 

L'étrangère confirma qu'elle était emprisonnée ici, de même que ce qu'elle nomma un “lion”, mot encore inconnu pour Yurlungur. Mais le “lion” ne semblait guère méchant, au contraire, ressemblant plutôt à un gros, gros chat. Pressentant sans doute une méfiance naturelle, l'inconnue précisa toutefois qu'il s'agissait d'un ami. Elle l'aurait donc dressé ?

Celle-ci, après s'être assise, expliqua néanmoins n'avoir pas eu le souvenir d'être entrée ici, demandant à en savoir plus sur la situation. Cela rappela à Yurlungur, l'étonnement de la rencontre passé, tout ce qu'elle savait justement sur les raisons de sa présence en ces lieux et, sans même réfléchir à la question posée, elle pesta :

« J'ai été trahie par mes compagnons. Ils ont préféré se débarrasser de moi et me faire croupir en prison, afin d'être libre quant à eux ! »

Elle prit une inspiration, cherchant à se calmer. L'Archisorcier avait laissé entrevoir la possibilité d'une libération future, mais le risque qu'il ne la condamne à une peine encore plus lourde planaît encore. Quoiqu'il en soit, elle ne désirait pas se soumettre au pouvoir d'un sorcier, aussi “archi” fût-il. Ces gens-là ne sont pas recommandables.

Puisque l'autre prisonnière n'avait rien ajouté, elle demanda :

« Et vous ? Pourquoi vous êtes là avec ce... lion ? »

L'inconnue répondit qu'elle avait repris conscience par ici, sans savoir précisément ce qui avait pu lui valoir d'être enfermée : chose déjà déroutante, mais encore plus lorsqu'elle ajouta, l'air de rien, qu'elle se trouvait “il y a une heure à peine” sur la route de Kendra Kâr.

Or, si Yurlungur n'était pas experte en la géopolitique d'Aliaénon, elle pouvait être certaine que cette ville n'existait bien que sur Yuimen.

« Kendra Kâr ? Sur Yuimen ? »

L'étrangère répliqua avec un brin de sarcasme qu'elle ne saurait guère où placer la cité autrement.

La jeune fille s'adossa à l'un des murs de la cellule. Une yuiménienne. Ici. Et visiblement inconsciente d'avoir changé de monde... Ou était-ce une farce ? Non, impossible : ça n'avait tout simplement aucun sens. Cette jeune femme s'était purement et simplement transportée ici, par magie, ce qui semblait arriver de plus en plus souvent ces derniers temps.

Il fallait qu'elle lui dise... Ou qu'elle essaie de comprendre ce qui avait pu se passer avec cette prisonnière si intrigante. Si elle était emprisonnée ici, peut-être était-elle un personnage d'importance pour l'Archisorcier, quelqu'un qu'il fallait neutraliser, ou que savait-elle encore ?

« Je ne m'attendais pas à trouver une yuiménienne dans les geôles d'Escar'Olth. Vous êtes... bien loin de chez vous, éluda-t-elle. Et vous n'avez aucune idée de comment vous êtes arrivée ici ? Pas même l'ombre d'un soupçon, personne qui n'aurait évoqué le nom d'Aliaénon, par mégarde, dans votre entourage ? »

Elle ne répondit pas. Yurlungur avait-elle laissé échapper une parole de trop ? Pourtant, rien dans ses propos, à part l'évocation d'Escar'Olth, lieu fort probablement inconnu de l'étrangère, et d'Aliaénon, ne pouvait amener à penser qu'elle avait pu changer de monde – à moins que, bien sûr, elle ne se soit déjà rendue en ces terres, autrefois...

Elle ferma les yeux, visiblement sous le choc, avant d'expliquer qu'elle ne croyait cela n'être que le délire d'un “pensionnaire”. Le mot sonna bizarrement : qui avait bien pu lui parler de tout cela ? Quelqu'un qu'elle aurait rencontré sur la route de Kendra Kâr ? Étrange... L'assassine préféra laisser quelques instants à l'inconnue de reprendre le contrôle de ses pensées, puis celle-ci demanda pourquoi elle était pour autant appelée yuiménienne.

Était-elle en train d'avouer à demi-mot qu'elle n'était pas originaire de Yuimen ? Le visage de la jeune fille, qui n'arrivait pas un seul instant à imaginer que l'autre n'ait pu saisir tout à fait ce qui venait de lui arriver, répondit avec assurance :

« Peut-être que je me trompe. Mais Kendra-Kâr se trouve sur Yuimen et les aventuriers qui ont l'opportunité de passer d'un monde à l'autre sont rares... Si vous n'êtes pas yuiménienne, d'où veniez-vous avant de vous trouver sur la route de Kendra Kâr ? »

Ce fut peut-être la révélation de trop. Elle était bouche bée, répétant béatement ce qu'elle avait entendu : qu'elle avait changé de monde. Était-ce seulement possible qu'elle l'ignorât réellement ?

« Oui, Aliaénon est un autre monde, » répond brièvement Yurlungur, un brin agacée. « Mais bon, d'habitude, lorsqu'on fait ce genre de voyage, on est au courant de tout ça. »

Ce changement de ton donna un coup de fouet à la prisonnière qui s'emporta, répétant ce qui lui était arrivée, qu'elle venait de se réveiller dans ce cachot depuis une route de Yuimen. Ah. Donc elle ne savait vraiment pas. Mais son emportement fut de courte durée : déjà, l'ampleur de la nouvelle la rattrapait. Elle tourna la tête vers son lion domestique et ils se regardèrent un instant, d'une façon étrange, sensible, pleine de compassion. Mais...

Non, ils ne pouvaient pas discuter par la pensée. Ce genre de choses n'arrivait que dans les contes... Et après réflexion, il y avait des tas de choses qui n'arrivaient “que dans les contes” que Yurlungur avait déjà croisées au cours de sa courte mais intense existence.

Et finalement, l'étrangère se confia, un peu. Elle, tout ce qu'elle voulait alors, c'était retourner sur Imiftil, là d'où elle venait probablement. Elle s'était effectivement éloignée encore plus de son objectif par cette mésaventure... Et elle conclut par une question, que Yurlungur crut lui être adressée – comment cela était seulement possible. Avec sérieux, la jeune fille précisa :

« En fait, la milice d'Oranan possède un portail magique permettant de passer de Yuimen à Aliaénon. Et j'ai cru comprendre qu'il y en avait un à Omyre, aussi... Mais je ne connais pas d'autre moyen pour faire le trajet. »

Des explications aussi rationnelles eurent pour mérite de faire reprendre à la voix de l'inconnue un ton plus normal. Ces deux villes lui parlaient, quoiqu'elle ne s'y soit jamais rendue – ce qui excluait déjà la possibilité qu'elle soit passée par l'un de ces deux-là... Peut-être y en avait-il d'autres ?

Et soudain, elle évoqua deux noms : Dahràm et Mertar. Le second n'avait aucune importance, mais la première cité, par la simple grâce d'être nommée, se rappela brutalement au souvenir de la jeune fille, dont le visage s'éclaira d'un sourire douloureux. Cela faisait si longtemps qu'elle l'avait quittée... À peine quelques mois, pourtant : mais c'était déjà une éternité pour une gamine de treize ans, une éternité dont elle était incapable d'entrevoir la fin. Et, malgré tout ce qu'elle avait vécu là-bas, toute la souffrance, toutes les trahisons et toutes les morts, elle éprouvait comme... de la nostalgie ?

C'était absurde. La nostalgie, c'était pour les vieux. Les enfants n'en ont pas, eux : incapables de penser à autre chose qu'à l'instant présent, c'est seulement lorsqu'on vieillit qu'on commence à se rappeler avec émotion de ses années passées.
Elle ne pouvait donc pas éprouver de la nostalgie... C'était seulement... de la tendresse ?

La dresseuse de lion s'excusa de son accès de colère, mais cela n'avait aucune importance et ses explications étaient fort crédibles et naturelles. Et puis, elle la questionna sur ses propres origines : le ton enjoué, Yurlungur ne pouvait pas résister à l'envie d'en demander un peu plus et, qui sait, peut-être, de pouvoir se souvenir un peu de la cité des pirates...

« Non, évidemment. Vous êtes passée à Dahràm ? C'est là où j'ai vécu presque toute ma vie. Et puis, je suis partie... »

C'était la partie la moins agréable de sa courte mémoire. Elle se tut un instant, puis chassa ces inopportunes pensées, essayant de glisser quelques mots pour continuer la conversation :

« Votre histoire est tout de même étrange, votre surprise n'est guère étonnante... »

Et puis, après un instant d'hésitation :

« Et Dahràm, vous avez aimé ? »

Ç'aurait été trop beau si ç'avait été le cas. Le rictus qui se forma sur la tête de la jeune femme, dont le lion vint se blottir contre elle, indiquait déjà qu'elle n'allait pas en dire du bien. Yurlungur aurait mieux fait d'éviter cette question : rares sont les voyageurs capables de comprendre la philosophie si... particulière de la ville, et de l'apprécier à sa juste mesure.

L'inconnue était passée à Dahràm sept ans plus tôt – les souvenirs de cette époque étaient flous dans la tête de Yurlungur – et précisa qu'elle avait été enlevée à Tulorim, se retrouvant dans la cale d'un navire après avoir été enlevée et faisant sans gêne le parallèle avec sa situation actuelle. Son ressentiment était palpable : son arrivée à Dahràm n'était que le fruit de circonstances tragiques pour qu'elle ait aujourd'hui un souvenir plaisant de la ville.

À mi-voix, la jeune fille répondit, toute trace d'enjouement disparu :

« Oui, les coutumes de Dahràm peuvent être un peu... brutales. C'est aussi un peu pour ça que je l'ai quittée. »

Mais la prisonnière avait déjà repris du poil de la bête – et ce n'était pas parce qu'elle flattait la crinière de sa bête apprivoisée. Tout ce qu'elle souhaitait, à présent, c'était retourner sur Yuimen : elle demanda comment sortir d'ici, cherchant aussi à comprendre comment Yurlungur avait pu arriver jusque là.

« Je vous ai déjà dit ce qui m'était arrivé. J'étais accompagnée d'autres yuiméniens, mais ceux-ci ne m'aimaient guère et, pour sauver leur peau, ils m'ont livrée comme coupable au maître de cette cité, l'Archisorcier... » Elle hésita. Quel était le nom exact de ce type arrogant, déjà ? « Eluren ? Ou quelque chose comme ça. »

Elle secoua la tête. Ces formalités n'avaient aucune importance : elle ne comptait pas rester suffisamment longtemps ici pour lui laisser le temps de la juger en bonne et dûe forme. Tout de même, elle n'avait pas grandi à Dahràm pour rien.

« Nous pourrions essayer de sortir au moment où l'on nous apportera à manger... Ou alors, vous savez faire un peu de magie ? »

Qui sait : si elle savait parler aux lions, peut-être savait-elle lancer une boule de feu, ce qui, sur ce monde, était à peu près équivalent à savoir se téléporter à trois kilomètres en un seul morceau... avec un peu de chance. Mais ce n'était pas la question : l'autre voulait surtout savoir comment une bande de yuiméniens avaient pu arriver sur ce monde, précisant également qu'elle n'y connaissait goutte en magie, préférant de loin le langage des armes, ce qui arracha un sourire d'accointance à la jeune fille. Voilà quelqu'un qui lui plaisait déjà plus que cet idiot de Xël – la jeune fille regrettait déjà d'avoir à la laisser partir, rejoindre la Tour d'Or puis Yuimen, alors qu'elle aurait sans doute fait une amie et alliée plus agréable que le reste du groupe. Et elle fit remarquer qu'elle avait encore toutes ses armes et qu'elle envisageait, déjà, une tentative de sortie par la force, si seulement elle arrivait à percevoir le moment où les gardes arriveraient, ce qui n'était pas facile avec ce vrombissement constant.

« Ça ne fait rien, pour la magie. La force physique est bien plus fiable sur ce monde où les arcanes sont incontrôlables... »

Elle agita les mains, avant de se rendre compte que son acolyte ne pouvait pas la voir.

« Moi, on m'a tout pris. Il faudra que j'essaie de récupérer mes affaires, d'ailleurs, sinon je risque d'être un peu inutile... Vous n'auriez pas une petite dague ou quelque chose comme ça ? Ça m'ira très bien. »

L'autre n'avait rien – tant pis. Ses coups de poings étaient au moins aussi terribles qu'un coup de lame après son entraînement avec Arsok... En théorie. Ce n'était pas un domaine dans lequel elle s'était particulièrement exercée.

« Enfin... quant à la raison de notre présence ici, c'est que nous avons été recrutés et envoyés par la milice d'Oranan. Cela dit, ce recrutement a été fort mal mené, ajouta-t-elle aussitôt, vu la propension de ces individus à abandonner une jeune fille en prison sans le moindre état d'âme. »

Il n'y avait pas de raison qu'elle ne ligue pas à présent cette compagnonne d'infortune contre les traîtres qui formaient le groupe. Dans tous les cas, il ne faisait aucun doute que ceux-ci, dès lors qu'elle les rencontrerait, en feraient de même vis-à-vis d'elle et répandraient à son propos des idées fortement biaisées...

« Actuellement, nous sommes à la recherche de Naral Shaam, un elfe qui a disparu dans la Lande noire. Mais inutile de préciser que la plupart des yuiméniens ici présents sont davantage motivés par leur propre intérêt ou des désirs de vengeance vis-à-vis d'anciennes connaissances que par le sauvetage de cet elfe. »

Et puis, après quelques secondes de pause :

« Au fait, moi, c'est Yurlungur. »

Elle ne s'était pas présentée : et l'autre non plus qui, à sa première question, n'avait pas souhaité donner son nom dans un premier temps. Comme si l'assassine était si terrifiante que ça... Elle qui avait un cœur d'or.

Et dès lors qu'elle serait sortie de cette cellule, Xël allait y goûter, à son cœur d'or.


(((3000 mots)))

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Dernière édition par Yurlungur le Dim 14 Oct 2018 19:23, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Sam 6 Oct 2018 10:06 
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Tandis que je progresse doucement autour de la geôle rocheuse, Al m’ayant répondu par la négative, mon voisin prend à son tour la parole confirmant qu’il a bien la possibilité de voir dans le noir malgré son unique œil. Je ne sais pas s’il continue de m’observer, maintenant que je suis probablement de retour dans son champ de vision depuis le petit trou dans le mur qui nous sépare, mais je secoue la tête lorsqu’il m’affirme que nous ne sortirons pas d’ici. Je ne veux pas un instant nous imaginer croupir indéfiniment dans ce cachot étranger, s’il est ici depuis longtemps c’est qu’il est nourri et que donc quelqu’un finira par venir.

(Des années... Ma théorie du vieux fou en train de dépérir au fond de sa cellule n’est peut-être pas si loin de la vérité.)

(Sa voix ne semble pourtant pas avoir d’écho de folie…)

Je hausse les épaules à la réflexion de mon ami, je ne veux juste pas croire tout de suite à ce que nous explique notre compagnon d’infortune. Mais quand il continue de débiter des noms de lieux inconnus, je me tourne vers où je pense que le lion se trouve et lui jette un regard appuyé que j’espère il pourra bien voir, l’air de dire que tout de même les phrases de cet homme n’ont aucun sens !

"Alia… Eh non toujours pas, ni la Lande Noire. Je ne sais pas qui de nous trois est le plus égaré." J’hésite un instant avant de me décider à ajouter où nous nous trouvions avant d’être ici. "Nous étions à une heure de Kendra-Kâr, j’ai du faire une mauvaise chute et quelqu’un en a manifestement profité."

(Sauf que moi je ne suis pas tombé Ariane. Nous étions là-bas en plein jour et en un instant la nuit s’est faite.)

J’arrête un moment mon inspection de la cellule, déconcertée.

(Nous aurions survécu à sept années d’escarmouches et de batailles rangées aux côtés des Thorkins contre les sbires d’Oaxaca pour finir notre vie ici Al ? Nous avons perdu notre bonne étoile…)

Sentant mon désarroi naissant, le lion s’approche et vient mettre sa truffe humide dans le creux de ma main.

(Non, celle-là est toujours en nous, peut-être parfois voilée mais comme les étoiles sont éclairées pour que chacun puisse un jour retrouver la sienne, elle n’arrêtera jamais de briller, c’est à nous de décider de la suivre ou non…)

Je sonde l’esprit d’Al-Ayrad et perçois un mélange de sérieux et d’amusement.

(Al, la prochaine fois que tu voudras me servir de la sagesse des anciens du désert, choisi un autre endroit qu’une grotte où il fait aussi sombre que dans le fondement d’un ver des sables !)

Mais son intervention fonctionne et le poids qui commençait à s’installer sur ma poitrine disparaît pendant que je poursuis mon examen des murs. Je ne dois plus être très loin de la porte lorsque celle-ci manque s’abattre sur moi. Je m’écarte d’un bond et lève mon bras pour protéger mes yeux de la lumière qui se fait. Les quelques secondes qu’il me faut pour supporter cette nouvelle vision me font perdre l’occasion d’agir et je n’ai que le temps de héler les deux personnes dont je devine la silhouette.

"Salutations, puis-je parler à quelq..."

Je n’ai pas terminé ma phrase que les deux gardes ont fait entrer un troisième personnage dans la pièce et ont aussitôt refermé la porte, ignorant totalement ma phrase où j’ai pourtant essayer de mettre les formes.

(Ils reviendront. Eux ou d’autres.)

(Mmh… Espérons qu’ils ne seront pas aussi expéditifs à chaque fois !)

Je me tourne vers la demoiselle qui après un court silence me demande qui je suis et ce qu’est Al, je laisse échapper un soupir et vais m’asseoir à même le sol en face de la porte pour ne pas rater la prochaine venue.

(J’aimerais bien savoir comment je vais retrouver mon étoile Al, il semble que je sois la seule à n’y voir goutte ! Ne dis rien, je sais, elle est censée briller...)

Me voilà aux côtés de trois êtres capables de percer les ténèbres, bien que l’un d’eux se trouve de l’autre côté d’un mur, me mettant de ce fait hors de sa portée… normalement, je suis rassurée d’avoir l’un d’entre eux comme proche compagnon. Je lève la tête et regarde sans voir vers où doit se trouver la jeune femme que je n’ai pas entendu bouger. Sa question n’est pas sans résonner telle une ritournelle dans ma tête, me rappelant de nouveau la dame Elylia du manoir de Kendra-Kâr. Les gens semblent accorder une grande importance au nom que revêt une personne, à son identité nominative plus qu’à ce qu’ils sont en eux, simplement.
Sans relever son utilisation directe du tutoiement, je répond brièvement d'un ton neutre.

"Clairement une prisonnière comme vous. Et lui c’est un lion, captif comme nous."

(Ariane…)

(Oui je sais, elle s’inquiète peut-être plutôt de savoir si tu vas nous dévorer. Bon…)

J’ajoute après ce bref échange mental, trois mots qui devrait rassurer mon interlocutrice sur la présence ou les intentions d’Al-Ayrad.

"C’est un ami."

(Satisfait ?)

J’étends mes jambes où Al vient poser un instant sa grosse tête sans plus de commentaire. Je fouille ma besace, mes doigts passent sur le briquet, j’hésite mais l’allumer ne ferait que consommer l’amadou inutilement, Erthog a raison, nous ne sortirons probablement pas d’ici à moins que nos gardiens ne le décident. Celui qui s’est présenté comme le dirigeant d’un Duché inconnu n’a d’ailleurs plus prononcé un mot et je respecte son silence, bien qu'il ait omis volontairement ou non de me répondre quant au bruit sourd qui emplit ce lieu, je le laisse décider s’il veut de nouveau intervenir. Ma main se pose sur l’outre d’eau que je fais glisser à l’extérieur pour en boire une simple gorgée avant d’en verser une dans la gueule d’Al-Ayrad.

"Nous n’avons juste pas souvenir d’être arrivés ici par la porte, vous devez probablement en savoir plus que nous." finis-je par ajouter à l’attention de ma nouvelle compagne de cellule.

Alors que je n’ai rien demandé, cette dernière explique plus ou moins sa présence ici par la fourberie possible de compagnons qui n’en mériteraient alors pas le nom. Bien que je frémis intérieurement au mot trahie, je n’en laisse rien paraître. La jeune dame souhaite visiblement entamer la conversation et me retourne une question que je ne lui ai jamais posé.
Je ne réponds pas tout de suite, rangeant la gourde dans le sac que je referme soigneusement. Ignorant l’hésitation que j’ai perçu dans les mots de mon interlocutrice quant à Al, je me résous enfin à poursuivre le dialogue, il n’y a de toute façon pas grand chose d’autre à faire dans ce lieu clos.

"Ce que nous faisons ici ? Nous aimerions bien le savoir. Quand je vous ai dit que nous ne sommes pas arrivés par la porte c’est que nous nous sommes réveillés dans ce cachot." Après une courte pause, j’ajoute d’une voix toujours égale. "J’ai l’impression qu’il y a une heure à peine nous étions encore sur la route de Kendra-Kâr."

Ce dernier mot semble presque avoir sur la demoiselle le même effet que la ribambelle de noms propres que le sire Dol’Ther vient tout juste de me soumettre. Sauf que cette fois-ci, elle paraît connaître la ville que je viens de citer, me demandant de confirmer que c’est bien Kendra-Kâr… sur Yuimen. Ce à quoi je lui réplique aussitôt, ne pouvant retenir une légère pointe d’ironie dans ma voix.

"Et où voudriez-vous que Kendra-Kâr se trouve ?"

Bien que la voix qui me répond cette fois a repris contenance, je fronce brièvement les sourcils lorsqu’elle me désigne comme une yuiménienne. Certes cela n'est pas faux mais c’est la première fois que j’entends quelqu’un poser une catégorie aussi large sur ma personne. Ne laissant rien paraître de ce léger trouble, j’écoute avec avidité la suite de ses paroles lorsqu’elle prononce le mot Elscar’Olth. Soit tout le monde dans cette région a perdu la tête, soit notre voisin m’a dit la vérité. Je n’ai après tout pas mis les pieds sur tous les continents de Yuimen et il est fort probable que nous nous retrouvions encore sur une terre inconnue bien que n’ayant aucune idée de comment nous avons pu être transportés ici. De par mes voyages, je suis presque absolument sûre qu’il est impossible que nous nous trouvions sur Imiftil mais je ne connais pas toute l’étendue de Nirtim, ni les autres continents.
Tout à mes pensées, j’ai fermé les yeux pour mieux réfléchir. Je les ouvre de nouveau, bien que cela soit inutile dans l’obscurité qui m’entoure, et dans un soupir à la rencontre de l’amusement et de la stupéfaction je répète les mots inconnus.

"Aliaénon, Elscar’Olth… Je croyais que c’était là l’imagination d’un pensionnaire." Je laisse planer un silence, me demandant si Erthog va se décider à faire connaître sa présence à la nouvelle venue, puis poursuis, légèrement hésitante. "Pourquoi me nommez-vous yuiménienne ?"

Difficile de rester stoïque à la réponse de la jeune fille, ma bouche s'arrondit de surprise lorsqu’elle évoque un passage… d’un monde à l'autre. Je ne suis pas sûre d’avoir bien entendu et ne peux m’empêcher de redire à voix haute.

"D’un monde à l’autre... Qu’est-ce que..."

Je ne sais plus vraiment quoi dire. Est-elle tombée sur la tête ? Est-ce que nous avons été jetés au milieu d’aliénés ? Je n’ai de toute façon pas le temps de formuler mes interrogations, la demoiselle me coupe la parole, légèrement irritée. Son exaspération alors qu’elle m’affirme que Aliaénon est un autre monde, sous-entendant sûrement que je dois être stupide pour ne pas le savoir, a le don de me remettre d’aplomb. Un noir sentiment que je ne connais que trop bien se presse dans mon ventre et je rétorque avec hargne mais sans éclat de voix.

"Dites, vous êtes bouchée ou quoi ? Je viens de vous dire que nous nous sommes réveillés dans ce cachot il y a à peine quelques minutes alors que nous nous tenions en plein jour à une heure de Kendra-Kâr la seconde d’avant… sur Yuimen." Dans ce dernier mot, mon agressivité retombe un peu.

Étendu le long de mes jambes, Al-Ayrad n’a pas bougé et n’a rien dit depuis un moment, mais sentant ma contrariété face aux évènements me pousser vers un chemin qu’il ne veut pas me voir prendre, il tourne sa lourde tête vers moi.

(Respire, calme-toi. Quoi qu’il nous arrive, où que nous soyons, cette jeune fille n’y est probablement pour rien.)

Je suis loin de perdre le contrôle mais depuis toutes ces années mon ami a appris à déceler les petits éléments qui risquent de me faire glisser sur une pente malsaine, me menant à une colère aveugle et au-delà. Le regardant sans le voir, je m’accroche au calme qu’il dégage et prend une grande inspiration par le nez. Si je poursuis à voix haute, je ne sais pas vraiment à qui je m’adresse.

"Le seul voyage que nous voulions faire c’était retourner à Tulorim, sur Imiftil… notre continent… sur notre monde..." Ma voix faiblit. "Ça va nous prendre un peu plus longtemps si nous voilà perdus dans ce… Tu en voulais des étoiles ?" dis-je avec un sombre amusement. "Comment est-ce même possible ?"

(Désolée Al, je ne me sens pas vraiment bien depuis que nous nous sommes réveillés. Je savais qu’il y avait quelque chose d’étrange, mais un autre monde ? !)

(Je suis aussi abasourdi que toi par cette possibilité mais nous ne savons que si peu de choses...)

Ne semblant pas avoir pris ombrage de mon courroux et ayant peut-être enfin conscience que je ne sais vraiment pas où nous nous trouvons, la jeune femme ajoute quelques explications. Aux noms connus, quoi que ne portant sûrement pas l’un d’entre eux dans mon cœur, je retrouve un certain équilibre en moi et c’est d’un ton redevenu posé que je réponds.

"Ces noms me parlent bien mieux, quoi que je n’y ai jamais mis les pieds. Nous sommes seulement allés de Darhàm à Mertar..."

Je m’interromps brusquement alors que j’allais laisser échapper que nous avons vécu et combattu à Stanrock pendant de longues années. Inutile de préciser tout cela, quoi que nous soyons peut-être fort loin des préoccupations de Yuimen, je n’ai pas envie d’amener Oaxaca dans le discours, ne sachant pas qui j’ai en face de moi.

(Aussi aberrant que tout cela puisse paraître, cette damoiselle semble être à l’aise avec. Il serait peut-être de bon ton de rester courtois et d’en apprendre plus.)

Je regarde Al sans le voir, il sait que je n’aime pas quand il me morigène… Surtout parce que je sais au fond de moi qu’il a bien souvent raison et que dans ces moments ma susceptibilité serait parfois capable de m’étouffer. Mais quelle femme revêche et morose serais-je devenu sans lui. Il est toujours là pour me tirer vers le haut, pour tenter de me faire retrouver le chemin de la petite fille qu’il a croisé.
Je me décide donc à m’excuser, quoi que légèrement à contre cœur.

"Désolée de m’être emportée. C’est juste qu’en plus d’avoir été, je suppose, enlevés, découvrir que nous avons été expédiés sur… un autre monde." Je bute sur les mots, toujours sidérée par cette idée. "Ça fait beaucoup." Il me faut faire la conversation pour en savoir plus mais je sens que mes mots suivants sont maladroits. "Et… vous êtes d’ici ?"

Comme si nous étions tranquillement attablées à une auberge quelconque autour de fraîches chopes de bière, la jeune fille me répond presque gaiement qu’elle est aussi originaire de Yuimen et qu’elle a longuement vécu à Darhàm. Fait que je ne suis pas sûre de pouvoir qualifier de positif. Encore moins lorsque sur le ton d’une anodine conversation elle me demande si j’ai apprécié la ville. Apprécier Darhàm ? Un rictus apparaît sur mon visage et cette fois-ci Al-Ayrad ne se contente pas de me regarder mais vient reposer sa tête sur mes jambes, poussant gentiment l’un de mes bras pour que je vienne mettre ma main dans sa crinière. Mes lèvres retombent, un voile de tristesse traverse mon visage avant que celui-ci ne redevienne impassible. L’agacement et la surprise que j’ai pu laisser transparaître jusque alors ne sont plus. C’est d’une voix monocorde que je réponds.

"Je n’ai pas vraiment eu le temps de faire du tourisme. C’était il y a sept ans..."

Darhàm, elle, ne m’a sûrement pas aimé après que j’ai fait sauter la capitainerie et une bonne partie du port en m’échappant de cette autre geôle… Les habitants qui ont peut-être assistés à nos combats dans les ruelles ne me porteront probablement pas non plus dans leur cœur et s’il était encore en vie le marchand qui nous a retenu prisonniers ne pourrait être content d’avoir eu son équipe et lui-même décimé au fil d’une épée et des griffes d’Al-Ayrad.

"Étrange dites-vous ? Darhàm je m’y suis réveillée à fond de cale, prisonnière, la seconde d’avant j’étais à Tulorim… Le rapt semble être une façon de découvrir de nouveaux continents et mondes qui me sied."

Mon ton est devenu acide et Al grogne doucement. Al, que j’ai retrouvé dans les tréfonds de cette ville après tant d’années alors que nous ne connaissions pas vraiment. Al qui est ensuite resté près de moi lorsque les évènements se sont enchaînés, tous plus tordus les uns que les autres, entre amis et déments. Salmon El, Seheiah, Maen, Lothindil, Azzormir,… Lanai, Jilara, le doux visage d’Iluz… l’horrible Lark et Argoal… Al grogne de nouveau, voulant me tirer de ces réminiscences à l’amer arrière-goût.

"Mes souvenirs sont mitigés."

Je prends de nouveau une grande inspiration avant d’expirer longuement et de sourire à Al-Ayrad pour le rassurer.

(Bien, soyons pragmatique alors mon ami. Nous sommes sur Aliaénon, dans les cellules d’Elscar’Olth, lieu de la Lande Noire. Il existe des… portails entre ce monde et Yuimen dont au moins deux se trouvent à Omyre et Oranan. Pourquoi ne pas aller visiter Oranan ? Parce que en ce qui concerne Omyre, je crois que nous avons assez soupé de l’empire oaxien.)

Si jamais nos geôliers se décident à nous faire sortir de cette cage, il faut que j’ai une meilleure idée de la façon de retourner sur Yuimen. Cette femme en vient elle aussi et elle a l’air d’être venue de son plein gré… au moins au début, elle sait donc comment faire.

"Je ne sais pas si nous retournerons jamais à Darhàm mais je compte bien remettre les pieds sur Yuimen. Il est hors de question que nous moisissions ici. Vous êtes de Yuimen aussi, pourquoi et comment êtes-vous arrivée ici ? Existe-t-il une chance que l’on puisse sortir ?"

Quand elle me répète qu’elle a été livrée par d’autres yuiméniens au dirigeant d’Elscar’Olth, je secoue la tête, ce n’est pas ça que je veux savoir. J’ouvre la bouche pour lui préciser ma question alors qu’elle formule à voix haute l’idée que j’ai eu tout à l’heure de tenter une sortie lorsque les prochains gardes se montreront.

"Je voulais dire comment et pourquoi avez-vous pu arriver sur ce monde pour commencer ? Qu’est-ce que faisait une bande de… de yuiméniens alors puisqu’il faut nous appeler ainsi, sur un autre monde ?"

Je poursuis pour couper court à ses idées d’évasion et répondre à sa question sur la pratique de la magie.

"Pas du tout, la magie a toujours été et restera un mystère pour moi. J’ai suivi la voix guerrière… D’ailleurs cet Eluren doit être très puissant ou très imbu de lui-même car lui ou ses sbires ne se sont pas inquiétés de me délester de mes armes.
J’ai pensé comme vous à tenter de sortir la prochaine fois que cette porte s’ouvre mais non seulement avec ce vrombissement il est impossible de les entendre approcher et je crains maintenant de plus en plus que toute tentative d’évasion serait vouée à l’échec..."


J’écoute avec attention les précisions qu’elle apporte sur Aliaénon, la magie n’y semble pas la bienvenue. Lorsqu’elle m’annonce qu’elle n’a plus une seule affaire à elle et qu’elle souhaiterait bien avoir au moins une arme légère, je secoue la tête, je n’ai pas d’arme dont je pourrais ni voudrais me délester. Ce qu’elle m’apprend par la suite est bien plus intéressant, elle vient bien donc d’Oranan, un retour doit y être possible. Faisant fi de ses jérémiades quant à ses précédents compagnons, je prends note au cas où du nom de Naral Shaam, sans savoir de quel type d’elfe il peut s'agir, ni même savoir si c’est un elfe de Yuimen. Quel type de peuple peut bien vivre sur Aliaénon ? En parlant du peuple de ce monde. Est-ce que le sire Dol'Ther va se décider à reprendre la conversation ? Avec ce qu’il a dû entendre des informations qu’a délivré la demoiselle, il devrait bien avoir quelque chose à dire...


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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Ven 12 Oct 2018 17:48 
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Je ne cesse de fixer Sirat et Endar après avoir affirmé ma répugnance pour tout ce qui touche de près où de loin à Oaxaca, sauf quand ça consiste à lui jouer un tour là je dis pas. Finalement, l’humain qui est arrivé d’on ne sait comment à défaut de savoir sur qui se présente lui-même. Comme je le pensais, lui aussi envoyé par la milice d’Oranana. Les perturbations magiques sont bien plus fortes que je ne l’imaginais s’il est arrivé directement ici sans passer par le conseil. L’avantage est qu’il n’a pas eu à traverser tout le territoire à pied puisque le dernier dragon qui nous était allié à d’autres chats à fouetter, ou alors il risque de ne plus revenir avant un p’tit moment ici. L’homme volant se nomme Kivan et semble plus perdu que moi à mon arrivée.

(Ca se comprend. Arriver en plein affrontement avec une magicienne complètement fêlée et son animal de compagnie fait de chaire et de sang de victimes précédentes n’est pas le meilleur moment pour faire plus ample connaissance. Si en plus il s’aperçoit que quelques-uns d’entre nous sont du côté d’Oaxaca et qu’il ignore la raison de l’appel de la milice, il y a de quoi être perdu.)

Je n’aime pas savoir que deux des nôtres sont du côté de la reine noire, cela ne peut amener que des problèmes et notre hôte semble partager mon avis. Il se rend vers Xël pour lui défaire les liens et lui confesser qu’il ne pense pas que le magicien cherche à faire du mal à Simaya. Pour preuve, Xël s’est d’abord inquiété pour l’état de la dame plutôt que de ses propres liens. Elurien ignore cependant comment est son état actuellement. Si la blessure qu’elle a subi ne risque pas de poser de problème pour guérir complètement, elle reste inconsciente depuis leur arrivée. Selon lui, un mal plus profond serait à l’origine de ce long sommeil et confirmerait les dires de Xël et Sirat.

C’est justement vers ce dernier qu’Elurien se dirige. Il libère ses liens et répond à l’Humoran qu’il s’inquiète d’avoir été cité par l’esprit de la dame. Il s’en suit un bref échange sur les autres moyens de supprimer une menace sans un coup de poignards mortel. Il insiste sur le fait que nombre d’anciens alliés et fidèles à Oaxaca et Vallel pullulent dans les geôles de la cité. Si lui-même ne peux reprocher à l’Humoran et au Shaakt leur allégeance, il précise tout de même qu’elle ne leur sera d’aucun secours en ces lieux.

(Voilà un homme que j’apprécie de plus en plus.)

Il invite Xël et Sirat à rester en sa compagnie pour échanger sur l’état de Simaya. Je n’aime pas laisser Xël en compagnie de l’Humoran, le mage est capable de cataclysme que je n’ai, fort heureusement, pas encore eu le loisir de connaître. Mon p’tit doigt me dit que le maître d’Escar’Olth ne permettra pas que l’un de ses invités se fasse malmener, il n’y a donc pas de crainte à avoir. Tout en déliant la guerrière il détaille la présence de Naral, arrivé il y a plusieurs mois. Il cherchait des informations sur le sans visage sans vraiment y parvenir. L’absence de réponse l’a visiblement éloigné de la ville depuis et nous sommes autorisés à parcourir librement la Lande Noire à sa recherche.

Il délivre Kivan en l’encourageant de chercher les réponses auprès de ceux étant déjà venu auparavant, avant de venir me libérer. Son désir est clair, il ne souhaite en aucune façon être redevable envers quiconque et prône l’indépendance de la cité avant toute chose. Sans me faire prier, je rassemble mes affaires posées au bout du lit.

S’il fait de même avec les liens de l’elfe noir, il avertit cependant le Shaakt qu’il ne souhaite pas renouer contacte avec la reine noire ou un de ses fidèles. Il l’encourage même à ne pas s‘approcher d’Arthim’Olth, à moins qu’il ne désire faire une profonde allégeance pour la matriarche locale. En tout cas il n’autorise pas d’éventuelles altercations avec les faces sombres, comme il les désigne, qui sont autorisés à parcourir les terres jusqu’à la mine d’argent Noir.

(Le nom ne me dit rien qui vaille !)

Après avoir défait les liens du Shaakt, celui-ci à droit à une forte recommandation sur la façon qu’il z d’ouvrir sa bouche. Si notre hôte était une femme, je pourrais tomber amoureux de lui. Il termine la séance en nous invitant à nous restaurer dans la pièce voisine et tandis que Xël et Sirat sont invités à méditer sur le sort de Simaya, Yurlungur est emmenée de force dans les geôles de la cité en attendant de savoir si elle cherchait réellement à tuer la magicienne par plaisir ou par devoir.

L’annonce d’un banquet sort mon estomac de sa torpeur et hurle son dû. Avant de partir je souhaite cependant revenir sur la proposition d’aide que j’ai annoncée.

"Seigneur Elurien, n’y voyez pas dans ma proposition un moyen de vous amadouer. Vous vous êtes émancipé d’un destin tissé par Oaxaca et vous êtes purgé d’un mal profond pour le bien de votre cité. Cela vous honore et me force à réitérer ma proposition. Si d’aventure vous avez besoin d’une quelconque aide et si mon devoir me le permet, je répondrais à votre appel sans autre arrière-pensée que d’aider un peuple à garder son indépendance, même du Conseil d’Or."

Je le salue brièvement avant de le laisser à ses priorités. Je passe la porte et mes yeux transmettent au reste de mon corps la vue d’un plaisir à venir. La table qui nous est proposée est un ensemble de mets savoureux principalement composé de viande. Je me saisis d’un morceau particulièrement juteux accompagné d’un bout de pain pour étancher la faim qui me tiraille le ventre. Une fois mon appétit calmé sans être rassasié, le doute s’empare de moi. Le conseil nous a envoyé en mission et finalement je m’aperçois que notre groupe est non seulement composé d’individualité, mais certains ont même des allégeances pour Oaxaca. Comment une chose est possible ? Non loin de moi la guerrière se sustente également. C’est grâce à elle que je dois la vie face au monstre, la moindre des choses est de lui montrer ma reconnaissance. La guerrière possède cette aura de force qui m'intimide encore. Pourtant, à l'heure où notre groupe est désuni de par ses objectifs, je me dois de passer outre. Dos à moi, je lui tapote l'épaule pour attirer son attention. L’elfe m’a vraisemblablement entendu puisqu’elle se tourne vers moi sans être surpris par ma présence.

"Sibelle ? Je voulais te remercier de m'avoir sauvé quand nous étions à l'autel. Si tu n'avais pas été là, je ne serais plus de ce monde, ni d'autres mondes d'ailleurs. Alors merci." Dis-je en m'inclinant respectueusement.


Elle me fixe quelque peu avant de me répondre que son geste n’était que l’acte normal face à une situation comme celle que nous avons rencontrée. Elle-même me présente comme courageux pour avoir détourné l’attention de l’animal qui chargeait Endar. Je détourne la tête comme si le rappel du sauvetage du shaakt était une vision de dégoût.

(Oui décidément, j’aurais dû me casser une patte au lieu de venir ici. Un Shaakt vivant de moins c’est toujours ça de pris ! J’arrive pas à croire que j’ai sauvé la vie d’un elfe noir !)

Elle poursuit sur la déclaration de notre hôte concernant les dissensions dans notre groupe et prône pour sa part qu’une union est possible pour certain d’entre nous. Personnellement, si une autre créature devait arriver, moi je suis du côté de la guerrière !

Contemplant le buffet qui nous est offert je tiens cependant à lui faire comprendre que mes intentions n’étaient pas si louables.

"Ce n'était que pour un temps, face à une créature comme elle tous les bras sont bons à prendre. De plus c'était une occasion en or pour accrocher le grappin et l'attirer vers l'autel."

(Malheureusement notre groupe est loin d’œuvrer dans le même sens.)

Je fixe le regard de la guerrière et guette la réponse qu'elle va donner à ma question.

"Je suis d'accord avec vous. Nous sommes ici pour Naral, mais je crains que cet objectif ne soit pas partagé. Vous qui semblez être déjà venu ici, pourquoi le conseil aurait accepté des individus comme le Shaakt ou l'Humoran ? Ils sont tous deux des serviteurs de leur ennemi non ?"

Après quelques secondes de silence où la guerrière semble réfléchir à ma question, elle m’explique que la situation est plus complexe qu’il n’y paraît. Bien qu’elle soit déjà venue sur Aliaénon, elle n’a pas fait partie du groupe d’aventuriers qui portent le titre de sauveur comme l’Humoran et le Shaakt venus cinq ans auparavant. Une statue en or est d’ailleurs érigée pour chacun d’entre eux dans la grand place, non loin de la tour d’or. S’ils n’ont pas avoué leur allégeance, le titre qu’ils ont acquis leur vaut un accueil particulier. Elle ramasse un pain puis m’annonce que le conseil n’est pas dupe et qu’ils savent que Sirat et Endar veulent eux aussi retrouver Naral, même pour des buts différents. Malgré l’allégeance qu’ils ont faite, ils restent tous deux de puissants guerriers et des atouts importants pour une troupe d’aventuriers.

Je me place dos à la table et baisse la tête en croisant les bras autour de mon torse. Après quelques secondes de réflexions je fais le point sur ce que l'on m'a révélé.

"Donc si je comprends bien, ils ont tous deux sauvé Aliaénon mais ils semblent avoir également des intentions qu'ils peuvent avoir cachées au conseil de part le lien avec Oaxaca."

Je prends le temps de prendre une grande inspiration avant de reprendre.

"Je ne sais pas pour ce Sirat, mais Endar ne semble pas avoir rencontré le conseil et a visiblement ses propres projets comme on a pu le voir. Même Kivan qui est venu répondre à l'appel d'Oranan ne l'a pas rencontré. En gros tant qu'on ne mettra pas la main sur Naral, ils auront le loisir de faire à leur guise et de ce que Xël m'a révélé, Naral est un être des plus dangereux. J'ignore comment on va s'y prendre pour le retrouver, on n’a pas un début de piste."

Bien que mes interrogations me semblent judicieuses, l’elfe me répond assez brièvement. Elle déclare que le Shaakt est resté sur Aliaénon et ne l’a plus quitté. Cela explique pourquoi il n’est pas passé par le portail et le conseil comme nous. Elle prend le temps de mastiquer un bout de pain avant d’enchaîner. Elle me confirme que Naral ne fait pas l’unanimité sans préciser s’il s’agit des yuiméniens ou des peuples d’Aliaénon. Contrairement à Xël elle n’a pas de grief contre lui et de plus il est un allié du Conseil d’Or.

(Oui enfin, moi non plus je n’ai rien contre lui personnellement, mais de savoir qu’il est responsable de la mort d'un grand nombre de personnes suffit à me méfier de lui !)

Je m’apprête à lui expliquer que malgré l’absence de conflit direct, le passif de la personne est tout de même à prendre en compte. Malheureusement pour moi elle me quitte comme si cette discussion n’avait aucun intérêt et déclare qu’après avoir répondu à mes questions, elle souhaite elle aussi des réponses de la part de nos hôtes. Un bref salut et elle se rend vers un des hommes d’Elurien.

Je reste pantois face à sa réaction soudaine avec l’impression d’avoir fait quelque chose de mal, mais sans mettre le doigt dessus. Je lève timidement ma main jusqu’à hauteur d’épaule et tandis qu'elle me tourne déjà le dos je lui réponds:

"Heu…salut."

(C’est marrant j’avais comme l’impression qu’elle voulait nouer un lien avec ceux qui si dirigeait vers un but commun et là… j’ai l’impression de lui avoir chié sur les bottes !)

(Elle m’a surtout semblée être une personne peu bavarde. Essaie de ne pas trop prendre ça pour un affront, les conflits majeurs commencent toujours par une petite querelle.)

Même si ma faéra peut avoir raison, je préfère me venger sur ce qui ressemble à du raisin pendant que j’essaie de me calmer.

(Bon dans un sens elle n’a pas tort, c’est pas en papotant entre nous que nous allons avancer !)

Je me dirige vers un des hommes d’Elurien qui nous ont accompagné pour leur demander.

"Pourrais-je vous demander une chose ? Sir Elurien a fait mention de recherche qui se sont avérées vaine. Peut-on avoir les documents que Naral Shaam a parcourus ? Nous pourrions connaître les pistes qu’il a envisagées et écartées."

(Ou éventuellement mettre la main sur des informations qu’il n’a pas avouées.)


Citation:
2116 mots.
Demande d'avoir accès aux documents que Naral Shaam a utilisé pour ses recherches.

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Multi : Relonor et Nhaundar


Dernière édition par Jorus Kayne le Sam 13 Oct 2018 06:10, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Ven 12 Oct 2018 23:16 
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Notre hôte écoute chacun d’entre nous avec attention, ne perdant aucun détail des différentes justifications de notre groupe. Ce dernier fait par ailleurs la remarque que nous sommes aussi soudés qu’une meute de chats enfermés dans une pièce sans nourriture. Je ne peux m’empêcher de regarder mes pieds comme un enfant que l’on réprimande à cet instant, n’étant moi-même pas tout à fait honnête concernant ma venue sur ce monde. S’il est vrai que l’adage déclare que l’union fait la force, ce groupe comporte cependant quelques éléments à l’allégeance plus que discutable de mon point de vue. Seuls deux d’entre eux, Sibelle et Jorus, revendiquent ouvertement leur affiliation avec la milice d’Oranan et le Conseil d’Or qui m’est inconnu. Il me faudra donc dans un premier temps plutôt compter sur leur aide avant de comprendre les méandres de l’énigme donnée par la liseuse de rêve d’Oranan, bien que l’un des deux soit humain et l’autre semble plutôt du type peu commode.

Elurien s’approche des dénommés Xël et Sirat et les libère tous deux, jugeant que leurs attaches avec la magicienne qui nous a attaqué dans la grotte sont suffisantes pour justifier leur innocence. Il leur propose de rester à son chevet pour comprendre les raisons qui l’on poussées à nous attaquer. Il libère par la suite Sibelle et lui donne les informations connues concernant Naral Shaam, qui reste l’objectif officiel de notre venue dans la Lande Noire. Il lui fait part que ce Naral s’intéressait tout particulièrement au Sans-Visage, son but et la source de ses pouvoirs sans pour autant avoir pu trouver les réponses à ses questions dans cette ville. Ce n’est pas la première fois que ce Sans-Visage est nommé et ces révélations ne m’éclairent guère quant à sa véritable nature.

Elurien s’approche de moi et me défait de mes liens. Je le remercie d’un mouvement de tête silencieux. Il me déclare que je pourrai obtenir les réponses à mes nombreuses questions auprès du reste des aventuriers. Je fais fonctionner mes articulations engourdies par les chaines et jette un regard rapide aux restes des aventuriers. Si je retire ceux qui ne m’inspirent pas confiance il ne reste plus que l’humain qui a l’air aussi paumé que moi et l’elfe rousse aux répliques cassantes. Me voilà donc bien servi… Le sorcier se rapproche désormais de Jorus et le libère à son tour non sans lui préciser qu’il préférerait se dispenser de sa proposition d’aide. Enfin, il s’approche du Shaakt volubile et après un temps d’hésitation, le libère aussi. Cette fois, une mise en garde polie lui est adressée, pour rappeler à l’elfe noir sa place et les manières à adopter en ce lieu. En espérant que cela ne se retourne pas contre lui, on raconte que ces elfes sont prompts à la vengeance.

Le maitre des lieux se retourne vers tous les libérés et nous invite à aller nous sustenter dans la pièce d’à côté avant de poursuivre nos recherches. Il enjoint cependant Xël et Sirat à rester auprès de lui pour discuter de l’état de la sorcière comateuse. Je remarque que seule la jeune fille, Yurlungur, est restée enchainée. Elurien se tourne alors vers elle et déclare qu’il la juge suffisamment coupable pour la garder emprisonnée le temps que l’état de Simaya s’améliore. Elle tente à nouveau de justifier son action, mais il est déjà trop tard, des encapuchonnés se saisissent d’elle et l’emporte hors de la pièce. S’il est vrai que son acte peu paraître barbare au premier abord, il s’agit en revanche de la seule qui a pu neutraliser efficacement la menace de cette nécromancienne qui nous a attaqué gratuitement dans la grotte…

N’ayant pas envie de croupir avec la sorcière dont le sort m’importe peu pour le moment, je récupère rapidement mes maigres affaires et emboite silencieusement et discrètement le pas à Sibelle et Jorus qui se dirige vers la pièce indiquée par Elurien. Je remarque que les vibrations ressenties dans l’infirmerie sont aussi perceptibles dans cette nouvelle pièce. Je m’approche de la table pour constater que celle-ci n’est recouverte que de viandes et de pains, les produits frais ne semblant pas être au menu aujourd’hui. Je saisis un pain que je grignote tranquillement tout en observant de loin les deux aventuriers discuter ensemble. Je ne cherche pas à prendre part à la discussion, préférant digérer dans mon coin le flot d’informations par lequel j’ai été récemment submergé. L’inconnu principal autour duquel semble tourner l’ensemble de cette histoire de disparition est ce Sans-Visage. Qui est-il ? Une entité magique qui évolue sur ce monde ? S ‘agit-il de cette force inconnue dont m’a parlé la liseuse de rêve ? De cet être que je suis sensé observer pour juger de son impact sur l’équilibre naturel ? Tout est bien trop confus pour le moment et il me faudra sûrement plus d’informations avant de pouvoir essayer de comprendre le message sibyllin de la liseuse. Mieux vaut en attendant se concentrer sur la disparition de Naral Shaam tout en essayant de collecter des informations supplémentaires sur le Sans-Visage.

Je finis d’engloutir mon morceau de pain le regard perdu dans le vide, essayant de me faire oublier du reste des personnes présentes dans la salle. Deux des hommes encapuchonnés se tiennent debout, chacun à un bout de la salle dans laquelle nous nous trouvons. Sibelle et Jorus étant toujours en pleine discussion près de la table, je décide alors de m’approcher de l’un de ces hommes masqués pour essayer d’en savoir plus sur cette entité. Arrivé à son niveau je l’interpelle d’un mouvement de tête.

« C’est quoi ce Sans-Visage dont tout le monde parle depuis tout à l’heure ? »

Le bourdonnement ne cesse de retentir et en m’approchant de l’homme je constate que les murs vibrent en suivant le rythme imposé par ce vrombissement. Mes fluides continuent de s’agiter à l’intérieur de moi, provoquant une sensation relativement désagréable par rapport à ce que j’ai pris l’habitude de ressentir sur Yuimen lorsque je me concentre dessus. Par curiosité, et en attendant la réponse de l’homme masqué, je décide de concentrer une petite portion de mes fluides dans la paume de main et poser cette dernière sur le mur vrombissant pour voir comment mes fluides réagissent à son contact.






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Dernière édition par Kívan le Ven 19 Oct 2018 22:57, édité 2 fois.

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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Sam 13 Oct 2018 04:25 
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Sitôt que Sibelle eut terminé ses explications, ce fut Xël qui prit la parole. Mais au lieu de parler à Elurien, ce fut avec émotion et hargne qu’il apostropha la jeune fille. Sans la ménager, il lui cracha au visage ses quatre vérités. Il affirma, avec raison, que Yurlungur n’avait pas poignardé Simaya pour se protéger, mais par plaisir de tuer. Sur un ton enflammé, il rappela qu’elle avait fait de même avec Talia. Il termina en lui sommant de ne plus approcher de l’Esserothienne.

Reprenant son calme, il expliqua à Sirat qu’il pensait que Simaya faisait référence à Finarfin. Il s’adressa enfin à l’hôte, mais non dans l’intention d’expliquer sa présence, seul l’état de santé de Simaya l’intéressait. Bien que dans le passé Sibelle avait reproché à Xël d’utiliser sans réfléchir ses pouvoirs, sans se soucier de répercussions sur les autres, elle le voyait à présent sous un autre jour et le considérait désormais comme un homme bon et sensible… et écervelé par moment.

Le suivant à s’exprimer fut Jorus Kayne. Après s’être présenté, il mentionna, tout comme l’avait fait Sibelle qu’il avait pour mission de trouver et ramener Naral. Il proposa ensuite son aide afin de prêter main-forte au dirigeant de cette cité. Il conclut en remerciant Elurian de l’avoir soigné.

Le dernier à prendre la parole fut Kivan. Il dit lui aussi être envoyé par la milice d’Oranan. Contrairement aux autres, il n’avait pas rencontré le conseil d’or et s’était rendu directement dans la grotte d’une façon plutôt inattendue.

Après avoir écouté attentivement chaque aventurier, Elurien s’avança vers eux tout en faisant remarquer calmement le manque de cohésion de ce groupe. Ce fut vers Xël qu’il se dirigea d’abord. Tout en défaisant ses liens, il lui expliqua qu’il n’avait aucun doute sur son innocence, qu’il savait bien qu’il n’aurait jamais fait de mal à Simaya. La preuve en était qu’il avait été le premier à s’informer de son état. Il en profita donc pour répondre à l’unique interrogation de Xël. La plaie de Simaya se cicatrisait, mais il avait conscience que son mal était plus profond.

L’humoran fut le second à être libéré. Tout en lui rendant la liberté, il avoua ne pas connaître Finarfin et exprima son inquiétude d’avoir été nommé par l’esprit de Simaya. Et tout comme Sirat, il jugeait qu’un coup de poignard n’était pas le moyen adéquat d’écarter une menace. Il conclut en le prévenant que les fidèles de Vallel et d’Oaxaca n’avaient plus de place ici.

Sibelle regardait l’humoran, songeuse. Elle ne savait plus quoi penser de lui. Par moment, elle le considérait comme un compagnon hors pair et par d’autres, il avait des agissements ou faisait des alliances qu’elle désapprouvait. Poussant un soupir d’exaspération, elle décida de ne plus chercher à comprendre, de tenter de poursuivre sa mission sans se préoccuper de l’humoran…à moins qu’il ne soit en danger.

Elle avait d’autres préoccupations pour le moment. Elle demeurait perplexe quant aux pouvoirs de l’autel magique, la raison de son existence et de son emplacement. Lorsqu’il s’était présenté, Elurien avait mentionné qu’il les avait trouvés dans une caverne secrète… mais en avait pas fait davantage allusion. Bien qu’au départ, elle croyait que Simaya puisait ses forces dans l’autel, elle se mit à se demander si ce n’était pas plutôt ce dernier qui avait ascendance sur elle… ou encore si le Sans-Visage ne faisait pas partie de l’équation.

Elle croyait qu’Elurien avait des réponses à ses questionnements, il restait à savoir s’il accepterait de les lui fournir. Sibelle était consciente que le moment n’était pas opportun. Leur hôte devait d’abord s’occuper de la santé de Simaya. Elle décida donc de prendre son mal en patience et de remettre ses questions à plus tard.

Elurien s’approcha de Sibelle et lui délia également les mains et les pieds tout en donnant le peu d’information qu’il avait à propos de Naral Shaam. Ce dernier s’était en effet présenté à Elscar’Olth, il y avait de cela plusieurs mois. Puisque personne n’avait pu répondre à ses questions concernant les motivations et les sources du pouvoir du Sans-Visage, il s’en était reparti. L’enquête dans la cité ne la conduirait à rien. Par contre, il lui permettait de parcourir la Lande noire à sa recherche.

Sibelle n’eut que le temps de le remercier avant qu’il ne se dirige vers un autre prisonnier. Elle n’écoutait plus que d’une oreille ce qui se racontait alors dans l’infirmerie. La guerrière se demandait si son hôte très aimable et poli lui avait raconté la vérité au sujet de Naral. Malgré les recommandations d’Elurien, elle était tentée de faire une enquête dans la cité avant d’aller plus loin dans la Lande Noire.

Lorsqu’elle sortit de sa réflexion, Jorus et Kivan étaient libérés. C’était avec une froideur bien palpable que le maître des lieux s’adressait à Endar. Il refusa l’offre de l’elfe noir concernant Oaxaca, signifiant clairement qu’il ne souhaitait aucunement renouer contact avec elle. Sibelle ne connaissait pas les lieux qu’il nommait, ni les peuplades concernées, mais le ton de leur hôte était sans équivoque, son discours se résumait en conseils et remontrances à l’égard d’Endar. Sans perdre l’elfe noir des yeux, il lui signifia sans retenue qu’il ne lui faisait pas confiance.

Après avoir libéré personnellement un à un ses prisonniers du moment, il les invita à se rendra dans la salle adjacente ou un léger repas les attendait.

C’est à ce moment seulement que Sibelle remarqua que la jeune fille n’avait été encore libérée. Ayant esquissé un geste vers la salle de convenance, Sibelle s’arrêta, curieuse de connaitre le sort de la jeune traitresse. Se la réservant pour la fin, Elurian s’approcha enfin de la fillette et la détacha de la table sans pour autant lui délier mains et pieds. Il lui annonça qu’elle séjournerait dans les prisons tant qu’ils n’auraient pas enquêté plus à fond sur ses réelles intentions. Répondant au geste de leur maître, deux des six hommes encapuchonnés se saisirent de Yurlungur pour l’emmener dans ses nouveaux quartiers.
Jugeant qu’elle ne connaissait pas suffisamment Symaya et qu’elle ne pourrait lui apporter secours dans son enquête, Sibelle laissa Elurien avec Xël et l’humoran et se rendit dans la salle d’à côté.

*****

Plantée debout devant un buffet bien appétissant, Sibelle n’y toucha guère, elle avait l’esprit ailleurs. Tout d’abord, il y avait ce bruit continu qui en faisait vibrer les murs et puis, cet autel magique qui l’intriguait. Son ouïe aiguisée perçut des bruits de pas venant dans sa direction. Elle ne fut donc pas surprise lorsqu’on l’interpella en lui tapotant l’épaule droite. Lorsqu’elle se retourna, elle vit Jorus Kayne, un jeune homme plutôt timide qui venait la remercier de l’avoir sauvé de l’assaut de l’espèce de monstres de ramassis de cadavres, soulignant que sans elle, il ne serait plus là.

Sibelle n’était pas femme à se vanter des exploits qu’elle réalisait. Ainsi elle ne se sentait pas très à l’aise de recevoir des remerciements. De plus, elle considérait son geste de normal et naturel en la situation. Ce qu’elle exprima :

« Mon geste était tout à fait normal. Nous devions tuer cet animal, et ce n'est qu'en travaillant de concert que nous pouvions y arriver. Tu as toi-même courageusement détourné l'attention de l'animal qui allait s'abattre sur Endar.... Malgré les dires de Elurien, je pense qu'il est possible pour certains d'entre nous de former un groupe uni. »

À la surprise de Sibelle, Jorus détourna la tête comme s’il n’approuvait pas lui-même son geste envers Endar. En si peu de temps, avait-il déjà cerné le personnage ? Bien que tout comme elle, il avait annoncé à Elurien leur mission consistait à retrouver Naral, il craignait que cet objectif ne soit pas partagé par les autres yuimeniens l’accompagnant. Sachant que Sibelle n’était pas à sa première aventure sur Aliaénon, il lui demanda pourquoi le conseil aurait accepté des individus tels que Sirat et Endar, puisque ces derniers avaient déclaré être le serviteur de leur ennemi. Sibelle demeura quelques secondes silencieuse avant de se décider à parler, il n’était pas si facile pour elle de se détacher de celui qu’elle avait considéré comme un ami.

« En fait, c’est un peu plus complexe. Je suis venue sur Aliaénon, il y a quelques mois certes, mais Endar et Sirat sont venus, ici, il y a cinq ans, alors qu'une grande guerre faisait rage. Avec d'autres compagnons, ils ont sauvé Aliaénon. Ils portent d'ailleurs le titre de sauveur d'Aliaénon et une statue en or est érigée pour chacun d'entre eux. Elles se trouvent dans la grande place, non loin de la tour d'or. À l'époque, ils n'avaient sûrement pas avoué leur allégeance à qui que ce soit. Je ne sais pas ... mais leur titre acquis leur permet un accueil sans pareil ici. »

Après s’être ramassé un pain, elle poursuivit: « Et puis, le conseil d'or n'est pas dupe. Ils savent que Sirat et Endar veulent aussi retrouver Naral, même si leur but n'est pas le même. Ce sont tous les deux de puissants guerriers, des atouts dans une troupe d'aventuriers. »

Le jeune homme changea de position et tout en se croisant les bras, la tête baissée, il s’autorisa quelques secondes de réflexions avant de poursuivre son raisonnement sur les deux autres aventuriers. Il se posait encore des questions au sujet de Sirat et de Endar. Il soupçonnait que ce dernier n’ait pas rencontré le conseil, auquel cas, selon lui sa présence aurait été refusée dans ce monde. Puis il compléta que Naral s’avérait dangereux et qu’il se demandait comment ils allaient le retrouver.

Sibelle qui n'est pas encline aux longues discussions répondit brièvement cette fois: « En fait, Endar a passé par le conseil à la première mission et il n'a pas quitté Aliaénon et n'a donc pas eu besoin du conseil, puisqu'il était déjà ici. »

Elle ramassa un bout de pain de blé, et prit le temps d’en prendre une bouchée, de bien la mastiquer et de l'avaler avant de répondre à Jorus.

« Naral ne fait pas l'unanimité, certains l'aiment et d'autres pas. Je n'ai personnellement rien contre lui. Et puis, il est un allié du conseil d'Or. »

Sibelle avait répondu de bon cœur aux interrogations de Jorus, mais elle avait vu de coin de l’œil deux des hommes encapuchonnés qui semblaient faire office de gardes et elle voulait leur parler avant qu’ils ne partent.

« À présent que j'ai répondu à vos questions, j'aimerais bien en poser à mon tour à ces hôtes encapuchonnés. »

Elle salua Jorus comme un compagnon le fait à un autre, puis partit en direction de l'un des hommes d'Elurien.

«J’aimerais m’entretenir quelques minutes avec vous si vous le permettez. Mais d’abord, je vous remercie de nous avoir rescapés, soignés et restaurés. Mais cette caverne où nous étions, Elurien l’a qualifiée de secrète… Est-ce à cause de cet autel mystérieux ? De quoi s’agissait-il ? »

Je m’arrêtai quelques secondes avant de poursuivre sur un tout autre sujet qui m’intriguait depuis un moment :

« Et ce puissant vrombissement ? Va-t-il perdurer ? A quoi est-il dû ? »

La guerrière se doutait bien qu’elle n’aurait pas réponse à toutes ses questions, mais le cas échéant, ce ne serait pas faute de ne pas les avoir posées.

((( 1876 mots )))

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Sibelle, Maître d'armes


Dernière édition par Sibelle le Mer 17 Oct 2018 03:45, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Sam 13 Oct 2018 08:38 
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La discorde régnait en maître dans cette sombre pièce et Endar s’en nourrissait, s’en délectait avec plaisir, toutefois il dut vite se reprendre alors que chaque individu se présentait auprès de leur actuel geôlier, Elurien d’Assamoth. L’elfe noir était étonné d’entendre Sirat Ybelinor se proclamer sergent d’Oaxaca, non qu’il ne connaissait pas depuis fort longtemps cette information, avec d’autres personnes de surcroît, mais l’humoran ne tarda pas à se faire quelques ennemis parmi leur actuel groupe. Deux alliés d’Oaxaca attiraient invariablement les regards des autres aventuriers, toutefois Sirat, tout comme lui, semblait fortement s’en moquer. L’acher-mage devait toutefois admettre que les propos suaves de l’humoran à l’attention de l’actuel archi-sorcier d’Elscar’Olth n’étaient guère à son goût. Le zélote de Zewen était devenu bien calme tout d’un calme, loin du tumulte qui l’agitait naguère lorsqu’il avait évoqué sa belle sorcière des glaces. L’elfe connaissait suffisamment l’humoran pour se méfier de cette apparente quiétude qui annonçait la tempête à venir. Le chaton bâtardé s’attirait les bonnes grâces d’Elurien, lui la brute qui avait endommagé les murailles de Fan Ming il y a cinq ans, se mettait à jouer le diplomate sans doute pour rallier à sa folle cause quelques partisans.

A la suite survint Sibelle qui annonça tout de go la raison de leur présence en ces lieux. Cela valait bien la peine de trouver une autre raison pour tromper l’opportuniste, mais il était trop tard pour rattraper son erreur. Il n’écouta que d’une oreille distraite par la suite les autres présentations, remarquant toutefois l’inconnu qui semblait humain, mais à le regarder de plus près étrangement svelte pour un humain normal. Avait-il quelques origines elfiques ? Qu’importe, cela relevait du détail à ses yeux, seul l’intéressait en ce moment le sort d’Aliaénon et les peuples constituant ce monde.

Elurien tarda à le libérer, se tenant impérieux devant lui comme si ce dernier avait le pouvoir de vie et de mort sur sa personne. Endar n’allait pas laisser un opportuniste tel que lui, l’emprisonner sans agir, mais il n’eut pas besoin de se déchaîner puisque le sorcier considéra, sans doute avec regret, qu’il ne pouvait rien lui reprocher. L’elfe noir attendit patiemment qu’il lui enlève ses chaînes, leur regard se défiant, sachant pertinemment que ni l’un ni l’autre n’était digne de confiance. Il refusa son marché, ce qui ne lui faisait ni chaud ni froid en réalité. S’il refusait, cela ne lui doutait que plus de légitimité auprès des troupes d’Oaxaca s’il désirait le tuer ou le capturer avant de l’envoyer dans le portail d’Elscar’Olth jusqu’à Omyre. Cependant, il avait d’autres choses plus importantes à faire pour l’instant, comme sauver un saurien du nom de Naral Shaam qui s’était perdu au-delà des trois cités de la Lande Noire. Cela allait être un voyage plus dangereux que prévu et beaucoup plus long surtout en raison de l’actuelle superficie de la Lande.

Les informations que le drow avait récoltées lui étaient précieuses et surtout révélaient la réussite de son plan commencé il y a de cela cinq longues années. Ainsi Arthim’Olth était dirigée par une matriarche de son peuple, sans qu’il ne connaisse pourtant la cité et son clan d’appartenance et les siens convoyaient jusqu’ici les produits de la mine produisant l’Argent Noir. Il lui déconseilla vivement de rentrer en contact à Elscar’Olth avec les siens, toutefois il ne choisit pas suffisamment bien ses mots. Il ne s’agissait là que d’un conseil et non d’une interdiction à son égard, il pouvait donc librement les contacter et en apprendre plus sur l’actuel fortin d’Oaxaca. En le libérant, il lui distilla quelques paroles assassines qui n’eurent aucun effet sur sa personne. Endar avait une mission, une mission sacrée oubliée par certains Sauveurs alliés à l’Unique, et peu importait les moyens qu’il allait utiliser pour la remplir. Elurien finissant de les libérer, sauf Yurlungur qui allait demeurer dans les cachots pour l’instant, les invita à se sustenter dans la pièce voisine tandis qu’il allait discuter de l’état de la conseillère d’Or avec Xël et Sirat.

Le dernier à partir, il s’arrêta un instant, tournant le dos à Elurien d’Assamoth avant de s’exprimer calmement.

- N’oubliez pas Elurien d’Assamoth grâce à qui vous avez votre actuel poste... Quant à Simaya, la fillette n’aurait pas eu à la poignarder si Sirat Ybelinor avait décidé de tuer la créature comme il en avait la capacité, toutefois il a dû se dire qu’il allait pouvoir faire deux pierres d’un coup sans doute. J’espère pour vous que votre intérêt à l’égard de l’ancienne disciple de Thensoor n’est pas aussi malsain que l’intérêt que lui portait Vallel. Si vous voulez vraiment l’aider, il va falloir ramener Naral Shaam en vie, le saurien connaît plus les Titans qu’il n’ose le dire et Simaya depuis cinq années fait des cauchemars à cause de son lien avec le Titan de magie.

Il se tut finalement et entra dans la pièce jouxtant l’infirmerie où les attendaient plusieurs serviteurs masqués ainsi qu’une table couverte de mets. Malgré sa prudence en avisant qu’aucun serviteur ne mangeait, la faim le poussa à manger quelques pièces de viande et la soif, de vider sa gourde. Les autres aventuriers discutaient entre eux et avec les serviteurs alors qu’il s’était assis tranquillement sur une chaise, arborant une mine grave et solennelle. Ce n’est que lorsque Kivan demanda à un des serviteurs masqués qui était le Sans Visage, qu’Endar se mit à parler pour répondre presque à la place du sorcier.

- Le Sans Visage ou l’Unique est une ancienne entité d’Aliaénon dépourvue de visage qui régnait sans partage sur ce monde avant l’éveil des Titans lors de la Grande Guerre qui opposait le camp ynorien et Oaxacien. A cette fin, certains d’entre nous ont acquis le titre de Sauveur d’Aliaénon et le Conseil d’Or a été créé pour éviter d’autres guerres. Personne ne connaît véritablement sa nature exacte, Naral n’en connait guère plus d’ailleurs à son sujet même s’il nous a convoqué il y a de cela plusieurs mois pour tuer cette entité pareille à un dieu.

Il continua, mais cette fois-ci d’une voix légèrement empreinte de colère, le poing serré dans son gantelet.

- Certains comme Sirat sont ouvertement alliés avec le Sans Visage, d’autres comme moi refusent la tutelle qu’impose cet être pathétique sur les peuples d’Aliaénon qui se portent bien mieux depuis sa perte d’influence sur ce monde. La tombe, voilà le seul cadeau que j’offrirai aux serviteurs de l’Unique ! Les Sauveurs qui sont alliés avec cette abomination sont des traîtres à mes yeux, ils ont trahi leur vocation sacrée de protéger les peuples de ce monde ! Ce qui n’a rien d’étonnant pour Sirat qui ne s’est lié avec aucun peuple.

Il termina sur le sujet de Naral Shaam en reprenant contenance.

- Si Naral est bien au-delà des trois cités de la Lande Noire, le voyage risque d’être bien plus dangereux que ce que nous avons connu jusqu’ici. J’ai une petite idée de qui contacter pour réduire notre champ de recherche, mais ce sera dangereux, potentiellement mortel même. Je vous en ferais part une fois que nous serons tous là.

(1182 mots)

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 Sujet du message: Re: Episode 2 : Du Mauve et du Noir
MessagePosté: Sam 13 Oct 2018 11:22 
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Elscar’Olth – Infirmerie.

    Elurien, avant de répondre à quoique ce soit, attendit de voir si d’autres aventuriers que Xël et Sirat allaient rester avec eux. Aucun ne sembla saisir l’opportunité, et seul Endar commenta au dirigeant de la ville son départ. Commentaire auquel il réagit après le départ du shaakt, en soufflant :

    « Je ne dois ma place qu’à moi-même et au peuple de ma cité. Eux seuls m’ont choisi. »

    Il reporta son attention sur les deux aventuriers restés sur sa demande et entreprit de leur répondre, acquiesçant de la tête aux premières paroles de l’humoran.

    « Nous ne savons pas grand-chose de cet autel. Nous en ignorions l’existence, pour tout vous dire. Comme le sieur Ybelinnor le décrit, il semble être lié à la magie. A celle de Simaya tout particulièrement. Une sorte de catalyseur. Peut-être l’a-t-elle elle-même créé. Ce qui est certain, c’est que même en son inconscience, il semble garde l’accès aux profondeurs de cette grotte. A la manière d’une tourelle de défense. Nous n’avons guère pu y pénétrer plus avant et récupérer des indices sur les raisons de la présence de Simaya en ces lieux. »

    Il se tut un instant, puis poursuivit.

    « Ainsi elle vous serait apparue dans l’esprit. Sans doute essayait-elle de faire passer un message… mais lequel ? J’avoue avoir espéré davantage d’informations de votre part sur les raisons et les motivations de sa présence par ici. Quant à déterminer un lien entre tous ces noms… Je ne les connais guère tous. Je doute que la Lande soit liée intimement à cette liste : si moi-même, Thensoor, Vallel et Gregan y sont liés, ce n’est pas le cas de Xël, Naral ou même ce Finarfin dont j’ignore l’existence. Semblablement pour le Sans-Visage. Sans doute faudra-t-il davantage fouiller pour trouver le lien… »

    Lorsque Sirat posa la main sur les cheveux de Simaya, il sentit une résurgence de son lien avec elle dans ses doigts. Le contact était rompu, mais il se prit comme une petite décharge magique, qui le fit reculer. Elurien le perçut et regarda Xël.

    « Vous êtes comme moi sur cette liste de noms… Essayons un… contact commun avec elle. »

    Et il approcha sa main du visage de la jeune femme.



Elscar’Olth – Salle de convenance.

    Jorus n’obtint aucune réponse orale à sa demande. En lieu et place, le mage masqué dessina dans les airs des lettres qui prirent forme et couleur. Un texte doré flottant dans les airs pour toute réponse.

    « Aucun document. Ce n’est pas dans les livres que le savoir est enfermé. »

    Voilà qui sonnait presque comme une énigme. Sans parler du fait que la forme de la réponse était plutôt inattendue. Celui auquel Kivan faisait face dressa la main vers Endar, proposant sans doute au guérisseur de se satisfaire de la réponse que le shaakt proposait. Celui de Sibelle inclina humblement sa tête masquée quand elle le remercia, puis haussa les épaules à sa première question. À la seconde, il signa aussi dans les airs, jusqu’à ce que sa réponse apparaisse de même en lettrines d’or flottant devant elle.

    « La magie est le sang de cette Lande. C’est elle qu’on entend et sent vrombir en ses veines. »

    Ils ne tireraient sans doute pas plus que ces obscures affirmations, de la part de ces conjurateurs masqués. Ils devaient désormais choisir eux-mêmes leur voie, leurs actions. Choisir quel chemin emprunter pour réaliser leurs buts. En sachant qu’une exploration sans indice de l’entièreté de la Lande Noire serait… infaisable et dangereux, à moins de compter sur une chance insolente.



Elscar’Olth – Geôles.


    En réponse à la discussion entre la jeune fille et la femme du désert, la voix d’Erthog, une voix grumeleuse et grave, mais aux intonations distinguées, répondit au travers du mur.

    « Toute tentative d’évasion par la force ou la ruse est compromise, oui. Et vous n’obtiendrez guère plus en discutant avec eux. Vous ne sortirez d’ici que lorsqu’ils l’auront décidé. Et votre sort ne sera alors guère plus enviable. »

    Puis, après un instant :

    « Vous faites également erreur : la porte qu’abrite cette cité mène à Nargrum, un monde d’où viennent les miens, qui est lui-même lié à Omyre. Vous ne semblez pas maîtriser les subtilités du voyage entre mondes. Comprenez-vous toutes deux la raison de votre présence entre ces murs ? »

[HJ : pas de citation spécifique pour le moment à trouver. Je me penche sur une révision du jeu des citations ou son remplacement par un autre auquel vous serez plus nombreux à participer.]

[Xël : 0,5 (question).
Sirat : Noté quand complété.
Yurlungur : 0,5 (introspection) + 0,5 (aparté) + 1 (bonus longueur) + 0,5 (seconde place du jeu des citrations)
Ariane : 0,5 (introspection) + 0,5 (aparté) + 1 (bonus longueur).
Jorus : 0,5 (introspection) + 0,5 (aparté) + 0,5 (question) + 1,5 (bonus longueur).
Kivan : 0,5 (introspection) + 0,5 (question) + 1 (bonus longueur).
Sibelle : 0,5 (introspection) + 0,5 (aparté) + 0,5 (questions) + 1,5 (bonus longueur) + 1 (Vainqueur du jeu des citations).
Endar : 0,5 (introspection) + 0,5 (réponses à la question de Kivan) + 1 (bonus longueur).]

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