Suivre son instinct
(((
![Attention [:attention:]](./images/smilies/attention.gif)
Certaines scènes de ce rp sont à forte connotation violente/gore, aussi est-il recommandé aux lecteurs sensibles d'y réfléchir à deux fois avant d'en entamer la lecture.)))
Le goût sucré du sang m'extraie de ma torpeur et mon corps se réveille progressivement. Le paysage se dessine lentement autour de moi, embrumé des larmes dû à la forte concentration de lumière dans la pièce. Alors que je reprends conscience dans un endroit inconnu, mes mains refusent de quitter le bas de mon dos, fermement maintenues par des liens qui me liment les poignets. Ma gorge est si sèche que l'air me manque soudainement et m'oblige à prendre de longues et profondes respirations pour ne pas suffoquer. Je comprends rapidement ma condition de prisonnier, stupéfait de ne pas avoir trouvé la mort de la main du lourdaud à la feuille de boucher. Une épaisse silhouette voile la lueur des lanternes alentours et s'agenouille suffisamment près de mon visage pour que je reconnaisse les traits de cet enfoiré, occupé à me gifler pour me garder éveillé. Sa voix est à peine audible et je dois cesser de respirer comme un condamné pour comprendre ce qu'il me dit.
"T'es avec moi, là ? Réveille-toi, pauvre enculé."Comme par Magie, je stabilise mon souffle et ravale ma salive ensanglantée avant de l'écouter en soufflant par le nez. Je bascule la tête en arrière pour le regarder plus distinctement tant mes paupières sont lourdes et enflées par le passage à tabac reçu plus tôt. Tout chez lui traduit à la perfection le métier de boucher, qu'il s'agisse de ses joues exagérément rondes et rouges ou bien du ventre poilu qui déborde à moitié de sa chemise. Je me demande même comment il est possible pour un porc aussi engraissé que lui de nouer son tablier à la taille. Une dernière claque de sa part m'extirpe de mes pensées sanguinaires à son égard et je replonge des yeux injectés de sang dans les siens, n’exagérant aucunement sur ma volonté de le saigner avec ses propres outils.
"Qu'est-ce que tu fous ici, connard ? Pourquoi t'as buté Merry ?"Une nouvelle fois, le silence est la seule réponse qu'il obtient. Cependant, le bougre ne prend pas la mouche et garde son calme en baissant des yeux. Comme pour m'intimider, il fronce des sourcils et réitère sa question, me faisant comprendre par la même occasion qu'il ne lâchera pas le morceau. Acculé, je prends le risque de lui répondre en ravalant un glaire ensanglanté qui me descend dans la gorge comme une lame de couteau.
"J'avais faim, je cherche de quoi manger depuis plusieurs jours... Je voulais pas, je suis désolé..."Comme attendu, le dos de sa main embrasse une nouvelle fois ma joue, cette fois-ci avec plus de force. Je tousse le sang qui me chatouille la langue et relève les yeux vers lui, soufflant par le nez la morve qui me gêne pour respirer.
"Arrête de te foutre de ma gueule."Toujours serein, le boucher se relève et s'approche d'une petite table en bois pleine de papiers et d'autres choses indiscernables de là où je me trouve. Dos à moi, je le vois attraper un sac que je repère comme étant le mien à mesure qu'il se rapproche à nouveau. D'une main, il en ressort mon uniforme de travail qu'il observe d'un air sévère.
"Et c'est quoi ces merdes, là ? Un tablier ? Tu bosses pour un autre abattoir ? T'es de la concurrence ou quoi ?... Et ce masque, là ? C'est quoi ce déguisement ? Tu veux faire peur à qui, avec ça ?"Visiblement intrigué, le costaud lâche mon sac non loin de lui, avant de se diriger à nouveau vers la table pleine de papiers.
"Attends un peu..."Les feuilles volent dans tous les sens et se renverse à mesure que le gros tas fouille la table. Je garde les yeux rivés sur lui, curieux de savoir ce qu'il va en ressortir, avant de me mordre l'intérieur de la joue en reconnaissant l'objet de toutes ses intentions.
"Mais tu serais pas ce type que la milice recherche depuis plusieurs semaines ? J'y crois pas !...se compose d'un tablier de boucher et d'un masque en jute... Putain, mais c'est toi ! Bon dieu de merde, j'ai attrapé un putain de criminel !"Son visage s'illumine d'un sourire à mesure que ses yeux avale le texte écrit sur l'avis de recherche pour finalement s'esclaffer comme un gamin. De sa démarche de dindon, le boucher s'agenouille à mes côtés et m'incite à relire l'affiche tachée du sang séché sur ses doigts graisseux.
"Regarde, mon con ! REGARDE-BIEN ! Putain de merde, tu coûtes sept mille Yus, mort ou vif ! SEPT MILLE ! Je vais pouvoir quitter ce boulot de merde et m'installer autre part !"Le spectacle est consternant. Tandis que le lourdaud agite son ventre en dansant de joie suite à la découverte de mon identité, j'observe les environs d'un air dépité. Visiblement, il semble m'avoir traîné jusqu'à l'étage au vu de la longue traînée de sang qui relie les escaliers au fond à gauche de la pièce. Celle-ci est certainement l'endroit où a lieu tout le découpage et le taillage de la viande avant sa livraison. Plusieurs pots de sel sont stockés dans un coin près des larges plans de travail désormais imbibés du sang des bêtes. Mais contre toute attente, mon observation s'interrompt subitement de la main de mon gardien qui m'attrape d'un main ferme par le col de ma tunique. Doté d'une force ridiculement exagérée, le costaud me soulève sur mes jambes qui flanchent à ma première tentative de me relever. Peu enclin à m'aider, le monstre me tire vers les escaliers, trop heureux d'imaginer la suite des événements.
"On va aller voir Barty. A cette heure-ci, il doit encore être en train de faire sa ronde près du marché... Putain, sept mille Yus ! J'irais claquer le cul d'une belle donzelle pour te remercier, l'horreur !"Comme le cadavre d'un vulgaire chien, je me fais traîner par l'arrière en tapant l'épaule contre les pieds d'une table qui manque de se renverser sous l'impact. Je tente de me débattre par n'importe quel moyen en raclant le sol avec mes pieds ou en tirant le torse vers l'avant, mais rien à faire. La prise de mon geôlier est bien trop ferme, retenant par la même occasion mes espoirs d'évasion. Rapidement, la panique prend le dessus sur ma détermination c'est ainsi que disparaît momentanément l'homme calme et réfléchi qu'est Ellyan Crow, Boucher des Murènes, au profit d'un homme terrifié à l'idée de pourrir à nouveau dans une cellule.
"ARRÊTE ! LÂCHE-MOI OU JE TE SAIGNE COMME LE SALE PORC QUE TU ES ! JE VAIS TE TUER, PUTAIN DE SOUS-RACE ! RAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !!! "La haine que je crache n'a que peu d'effet sur le boucher, bien trop occupé à imaginer les formes de la putain qui va partager son lit cette nuit. La mission n'est plus qu'un lointain souvenir alors que je m’apprête à rencontrer les cachots putrides de la cité avant le lever du jour qui commencera certainement par ma pendaison au milieu de la place commune. Je n'ai pas repris mes activités pour buter contre le premier lourdaud venu, aussi costaud soit-il. Les premières marches de l'escalier me tape le postérieur à mesure de la descente, secouant mon corps et mon esprit. Dans un ultime moment de conscience mêlant panique et assurance, je plie les genoux contre la marche la plus haute et m'éjecte le plus fort possible vers l'arrière, heurtant directement les jambes du lourdaud qui dégringole dans un cri de surprise. L'élan m'écrase la tête et le dos contre le mur tandis que le choc m'étourdit un moment, incapable de me relever dans l'immédiat. De son côté, le géant s'emmêle les pieds et trébuche, dévalant l'escalier comme un cadavre jeté aux oubliettes, pour finalement s'échouer à l'étage inférieur sans la moindre protestation. Mon souffle me revient avec difficulté et mes esprits se remettent en place, m'obligeant à cligner plusieurs fois des yeux pour récupérer une vue correcte. Le corps du gros tas gît à plusieurs mètres de moi, sans le moindre signe de vie. Libre de son emprise, je glisse le long du mur pour me redresser, épargnant mes mains encore endormies après le choc qu'elles ont subies. L'effort me demande un niveau de concentration extrême et c'est au bout de plusieurs tentatives que je parviens enfin à me retrouver sur mes deux jambes, la tête et les doigts en bouille.
(Rien à foutre de cette connerie de mission. Je me casse d'ici le plus vite possible, je réfléchirais à tout ça plus tard...)La corde brûle la chair chaude de mes poignets une nouvelle fois, léchant à chaque mouvement ma peau qui s'arrache progressivement. Je dois trouver un moyen de couper ces liens où je ne parviendrais jamais à escalader les murs de l'abattoir pour me tirer de cet enfer. Alors que je descends les marches qui couinent sous mon poids, le gros porc émerge soudainement sans même relever la tête. Ses lourdes mains poilus s’appuient sur le sol et c'est dans un gémissement de truie en chaleur qu'il se redresse avec toute la peine du monde. Malgré son front ruisselant de sang, la mine sévère de son visage m'arrête dans ma fuite, conscient qu'à cet instant présent, il désire bien plus mon sang que ma prime. Obnubilé par son regard haineux, je m'extirpe de mes pensées et avale les mètres qui me séparent de lui au pas de course, trop pressé de quitter cet endroit. Le boucher tente une nouvelle fois de se redresser, mais son corps refuse toujours de lui obéir après sa douloureuse chute dans les escaliers. Sans ralentir, j'enfonce mon pied vengeur au milieu de sa figure en hurlant de rage, sentant l'os de son nez craquer par la même occasion. La violence du coup le revoit à terre sans controverse et repeint son uniforme de son propre sang, chose qui doit certainement lui arriver pour la première fois depuis le début de sa carrière. Le géant crie, hurle, pleure et chacune de ses complaintes s'accompagne de nombreux gestes dignes d'un mioche. L'élan de la frappe manque de me faire trébucher, mais je parviens tout de même à conserver mon équilibre avant de me retourner pour constater avec plaisir le résultat. Conscient que le temps m'est compté, je quitte aussitôt la scène en direction des outils accrochés au mur, véritables instruments de ma libération.
(Une lame de scie, un couteau, un hachoir, N'IMPORTE QUOI, BORDEL !)Sauvé. A mi-hauteur d'homme, une scie à os dont la lame dentelée dépasse est enfoncée dans une bûche abîmé. La hâte me fait courir sans attente dans sa direction, tapant par la même occasion dans le cadavre du braillard égorgé plus tôt, gisant toujours sur le sol. Commence alors une tâche qui demande un doigté certain, mais que j'exécute avec autant de calme et de finesse qu'une bête sauvage enfermé dans une cage. La lame emporte une infime partie de mes chairs à chaque mouvement, mais je sens l'étreinte de la corde s'amoindrir à mesure de cette torture. Finalement, les liens tressés tombe à terre, libérant mes mains de leur douloureuse prison. Le frottement de ma paume sur mes poignets est aussi jouissif que de baiser une pucelle, mais je suis rapidement ramené à la réalité lorsque la silhouette du lourdaud charge dans ma direction, son hachoir dans la main et la bouche pleine d'écume.