L'Univers de Yuimen déménage !


Nouvelle adresse : https://univers.yuimen.net/




Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 221 messages ]  Aller à la page Précédente  1 ... 11, 12, 13, 14, 15  Suivante
Auteur Message
 Sujet du message: Re: Le marché
MessagePosté: Ven 21 Nov 2014 00:32 
Hors ligne
Admin
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Lun 7 Sep 2009 04:57
Messages: 13066
Intervention rp 2 pré-quête 31 pour Annette Chausse-Trappe


En voyant Annette s'approcher d'elle, la petite fille lui sourit et répond gentiment à sa question.

« Les sinolgures sont de jolis animaux à fourrures. Inoffensif, ils sont de la taille d'un gros chien. Ils sont menacés d'instinction, il faut leur venir en aide ! Nous sommes une petite expédition, vous voulez en faire partie ? »

_________________
Image

À votre service, pour le plaisir de rp !


Haut
 

 Sujet du message: Re: Le marché
MessagePosté: Dim 23 Nov 2014 17:03 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 9 Nov 2014 13:32
Messages: 1092
Localisation: Kendra Kâr
La fillette arrêta de frapper ses deux brassards l'un contre l'autre et se tourna vers Annette.

« Les sinolgures sont de jolis animaux à fourrures. Inoffensif, ils sont de la taille d'un gros chien. Ils sont menacés d'extinction, il faut leur venir en aide ! Nous sommes une petite expédition, vous voulez en faire partie ? », dit-elle tout sourire.

De jolis animaux, de jolis animaux... Annette n'aimait pas vraiment les animaux. Ils n'étaient pas digne de confiance car trop imprévisible et puis la plupart semblaient immenses par rapport à sa petite taille. La petite kender fit une petite moue puis reprit une bouchée de pain.
Elle réfléchit quelques instants, elle qui avait toujours voulu faire partir d'une aventure, c'était l'occasion rêvée. Seulement, pour des animaux, elle hésitait.
Quand on lui parlait d'aventure, elle imaginait des choses épiques, des histoires fabuleuses de héros que l'on congratule en chanson, pas de gardiennage de bêtes à poils. D'un autre côté, la petite fille parlait d'une expédition, Annette pensait alors aux groupes de légendes qui parcourent le monde pour contrer le mal.

Le mal, elle ne savait pas vraiment le définir, mais on dit que dans toute expédition, il y a pleins de choses à trouver et ça doit être sûrement plus beau et plus utile que les vieilleries que l'on trouve ça et là dans la cité de Kendra Kâr.

« Et si j'accepte, on voyagera ? Le but c'est de traquer les gros toutous ? », répondit la kender d'un ton suffisant.

_________________


Haut
 

 Sujet du message: Re: Le marché
MessagePosté: Lun 24 Nov 2014 01:45 
Hors ligne
Admin
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Lun 7 Sep 2009 04:57
Messages: 13066
Intervention rp 3 pré-quête 31 pour Annette Chausse-Trappe


La fillette sourit et pointa la porte

« Bien sûr qu'on voyagera et ça commence tout de suite en franchissant cette porte... Traquer.....hum, dison plutôt sauver » Termina-t-elle avec un petit sourire

_________________
Image

À votre service, pour le plaisir de rp !


Haut
 

 Sujet du message: Re: Le marché
MessagePosté: Lun 24 Nov 2014 18:33 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 9 Nov 2014 13:32
Messages: 1092
Localisation: Kendra Kâr
La fillette haussa très rapidement les sourcils par surprise.

« Bien sûr qu'on voyagera et ça commence tout de suite en franchissant cette porte... Traquer.....hum, disons plutôt sauver » , répondit-elle en souriant et en désignant la porte derrière elle avec sa main.

Annette se pencha légèrement pour observer la porte puis elle se remit droite, face à la petite humaine. Elle prit une nouvelle bouchée de pain.

« Chomp, chomp. Oui, oui, je voulais dire sauver. »

Sauver ou traquer, quelle importance, du moment qu'elle voyage et qu'elle trouve de nouveaux trésors, cela lui suffisait amplement.
De plus, la petite fille avait parlé d'une récompense pécuniaire. Annette n'était pas une kender cupide mais elle savait que l'argent ouvrait énormément de portes et qu'il était toujours bon d'en avoir sur soi. L'or permet aussi des relations et c'est toujours avantageux quand on habite en ville. Elle était familière du commerce grâce à ses parents épiciers et elle avait déjà négocier plusieurs transactions d'objets trouvés ça et là et qui ne lui était d'aucune utilité. Du coup, voyager tout en gagnant de l'argent, ce serait parfait.

La curiosité de la kender l'obligea à se pencher de nouveau. Qu'est-ce qui pouvait bien y avoir derrière cette porte ? Cette question lui traversa rapidement l'esprit, au final, elle s'en foutait un peu et tourna les yeux vers la gamine.

« Allez, on va sauver tes toutous. Je veux bien venir. Je te suis. »
, lança-t-elle avant d'avaler sa dernière bouchée de pain.

_________________


Haut
 

 Sujet du message: Re: Le marché
MessagePosté: Mar 25 Nov 2014 00:09 
Hors ligne
Admin
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Lun 7 Sep 2009 04:57
Messages: 13066
Intervention rp 4 pré-quête 31 pour Annette Chausse-Trappe


Tout heureuse d'avoir recruter une autre personne, la petite prend les devants tout en poussant la porte et pénétra dans le lieu de rencontre.

En franchissant la porte, tu peux lire sur un écriteau :

Image

Lorsque tu franchis le seuil de la porte tu aboutis ICI

_________________
Image

À votre service, pour le plaisir de rp !


Haut
 

 Sujet du message: Re: Le marché
MessagePosté: Sam 18 Juin 2016 16:54 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 22 Aoû 2015 19:53
Messages: 527
Localisation: Kendra-Kâr (Dispensaire des Pivoines)
Achat primordial


La place du marché, enfin. Comme à l'accoutumée, les lumières sont visibles jusqu'en bas de la Grand-Rue. L'endroit déborde de monde malgré l'heure qui se fait de plus en plus tardive. Qu'importe, je suis méconnaissable. Telle une ombre, je me glisse derrière un groupe de passants qui traîne des pieds en baladant les yeux sur les différents étales pour progresser dans les allées, gardant mes mains bien rangées dans mon dos. C'est incroyable comme tout change. Depuis ma dernière visite, j'ai comme l'impression que le nombre de marchands n'a cessé de croître au fil du temps. Je me souviens encore de l'époque où la place était la scène des crieurs publics et des vendeurs à la sauvette qui se contentaient d'aborder les passants pour leur vendre leurs babioles. Et maintenant, on peine à avancer comme un troupeau de vaches jusqu'aux abattoirs.

(En parlant de ça, j'ai le souvenir d'un bâtiment qui puait le sang séché et la charogne à des lieux à la ronde. Mais tout a tellement changé maintenant. Il va falloir se renseigner, on dirait.)

Le groupe devant moi ralentit doucement et bientôt, je force l'arrêt devant un stand aux odeurs de sel marin. Hors les caisses de poissons et la bonne femme qui hurle le détail de la pêche matinale, un vieux bougre reste assis sur un petit tabouret de bois. Entouré de caisses miteuses contenant nombres de cordages, il semble ne prêter que peu d'attention à ses clients. Je m'extirpe de la foule avec une idée derrière la tête, puis observe le matériel d'un œil intéressé. Si plusieurs d'entre elles sont usées par le temps, la plupart des cordes sont neuves et de bonne facture, en atteste l'absence de marques. Le vieillard lève légèrement la tête et me dévisage un court instant, avant de reprendre son tressage avec plus d'ardeur. Pour ma part, je plonge ma main dans l'une des caisses et sélectionne une belle corde d'une bonne dizaine de mètres. L'outil n'a pas encore de réel utilité, mais je suis persuadé de pouvoir lui en trouver une au cours de cette mission d'infiltration.

Sans même le saluer, j'attire l'attention du vieux et tente de le faire revenir à sa condition de marchand.

"La corde, là. Je la prends. C'est combien ?"

Après un court silence, j'abuse une nouvelle fois de son temps pour lui demander la direction à prendre.

"J'aurais aussi besoin d'un renseignement. Pour les abattoirs, quelle direction ?"

_________________
La milice de Kendra Kâr recherche des renseignements sur les agissements ou la localisation du fugitif "Ellyan Crow". L'approche et le contact avec l'individu sont tous deux fortement déconseillés.


Multi de Kalas, Shaman du Loup et Allen, Guerrier de Wiehl.


Dernière édition par Ellyan Crow le Ven 5 Aoû 2016 01:08, édité 1 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Le marché
MessagePosté: Sam 18 Juin 2016 18:07 
Hors ligne
Admin
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 26 Oct 2008 15:46
Messages: 13910
Intervention pour Ellyan Crow


Le vieil homme lève ses yeux légèrement myopes et sourit aimablement :

"20 yus le rouleau, messire ! De la qualité... ça fait plus de 50 ans que j'en fais !"

Puis, il réfléchit.

"Hum... les abattoirs ? Juste à mi-chemin entre ici et la grande porte, vous pouvez pas les rater, il y a un immense hangar pour débarquer les charrettes."

_________________
Chibi-Gm, à votre service !


La règle à lire pour bien débuter : c'est ICI !
Pour toutes questions: C'est ici !
Pour vos demandes d'interventions GMiques ponctuelles et jets de dés : Ici !
Pour vos demandes de corrections : C'est là !
Joueurs cherchant joueurs pour RP ensemble : Contactez vous ici !


Haut
 

 Sujet du message: Re: Le marché
MessagePosté: Dim 19 Juin 2016 16:07 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 22 Aoû 2015 19:53
Messages: 527
Localisation: Kendra-Kâr (Dispensaire des Pivoines)
Ils me cherchent


Le regard de l'homme change lorsque je parle d'acheter, argumentant et prônant sur la qualité de son produit. Je n'écoute que le prix et lui tend les Yus demandés d'un geste nonchalant avant d'écouter plus attentivement sa réponse au sujet des abattoirs. Le vieil homme m'indique la direction du doigt, l'agitant occasionnellement vers les tournants à prendre au fil du trajet. Je le remercie d'un signe de tête en finissant d'enrouler la corde, puis la range dans ma sacoche avant de m'enfoncer à nouveau dans la foule.

Les conseils du marchand portent rapidement leurs fruits et bientôt, j'arpente un chemin sur lequel règne une odeur particulièrement puissante d'hémoglobine. Satisfait, je m'engage sur la route de pavés en quittant le gros des passants, loin de la place centrale du marché. Il ne me faut qu'une poignée de secondes pour discerner au milieu du ciel désormais étoilé le toit des hangars à bétails. Malgré les volets rabattus, je parviens à entrevoir une lumière particulièrement vive de parts et d'autres de l'entrepôt, trahissant la présence d'activité malgré l'heure tardive.

(La situation prend un aspect inattendu. Je ne m'attendais pas à devoir infiltrer un bâtiment occupé... Voilà qui me complique la tâche.)

Progressivement, la route perd en passant et badauds pour finalement se terminer face à deux larges portes battantes en bois. Un large panneau en bois abîmé par le temps contenant de nombreux papiers administratifs indique ici la fin de la zone publique et proscrit l'accès à l'abattoir sous peine de mise aux fers. Je termine de lire l'avertissement, dûment signé par le capitaine de la Milice Kendrane, puis parcours le reste de l'affichage par simple curiosité. Celui-ci ne contient que des informations aux sujets des fêtes et des festivals à venir, de la campagne de recrutement de la Milice ainsi que la localisation des différents temples de la cité. Rien de particulièrement intéressant, en somme. Ne reste qu'une petite affichette clouée à la va-vite dans l'un des coins de la pancarte.

"Qu'est-ce que... La Milice recherche activement le criminel Ellyan Crow depuis son évasion des sous-terrains pénitenciers. Accusé d'enlèvements, de meurtres et de conspiration à l'encontre de la cité, le fugitif est condamné à mort par la Haute autorité de Kendra-Kâr. L'individu possède un physique long et fin ainsi que de nombreux stigmates sur la totalité du corps. Son dernier accoutrement répertorié se compose d'un tablier de boucher et d'un masque en jute. Si vous possédez des informations sur ses agissements et sa localisation, vous êtes priés de vous rendre auprès du bâtiment de la Milice. L'approche et le contact avec l'individu sont fortement..."

L'avis de recherche se termine brusquement, déchiré sur sa partie inférieure. Je me redresse en gonflant mes poumons, me doutant pertinemment de la mise en circulation d'une prime sur ma tête. Une pointe de déception subsiste cependant à l'absence du montant, mais je ne peux retenir un sourire en apprenant l'initiative de la Milice. Ainsi espèrent-ils toujours me mettre la main dessus ? Je pensais être resté sage suffisamment longtemps pour endormir leurs inquiétudes. Mes yeux se reposent une nouvelle fois sur l'affiche de recherche, comme attiré par le nouveau défi auquel me soumet ma ville. D'un geste soigné, je déchire le papier de son attache et l'enroule avec précaution avant de le ranger dans mon sac.

"Qu'ils essayent."

La distraction passée, je m'éloigne du panneau pour m'intéresser aux portes de l'abattoir. Du moins, il s'agit de la cour par laquelle accèdent les charrettes et autres transports de marchandises. Une fois à l'intérieur, je devrais trouver un moyen de m'infiltrer dans le bâtiment, mais c'est un autre problème. Pour l'heure, le constat est clair : l'accès est verrouillé. J'insiste une dernière fois sur la poignée censée glisser la porte sur le côté, mais rien à faire. Il va falloir escalader le mur comme un vulgaire cambrioleur. Même si la tâche ne semble pas réellement ardue au vu de la faible hauteur de la façade, je ne dispose d'aucune information sur la présence de garde ou de chien une fois l'obstacle franchi. Peu satisfait de la tournure que prend les choses, je me colle au mur et pousse les jambes d'un coup sec pour en atteindre le sommet. Mon ascension se fait dans le silence et la prudence, m'allongeant le plus doucement possible sur le haut de la paroi pour observer les environs. La nuit est noire, mais j'ai une vue totale sur la cour et les alentours du bâtiment, vide de monde et de lumière. Il semble y avoir un autre accès à l'opposé de celui-ci, mais ce dernier semble être alloué à l'arrivée du bétail et des différents animaux. Une écurie et un enclos, tous deux vides, rejoignent un abattoir central encore en activité. Construit sur deux étages, la bâtisse est éclairée à tous les niveaux par une vive lumière artificielle parfois voilée par les allers-retours de silhouettes humaines.

Je note dans un coin de ma tête le second accès avant de descendre de mon perchoir avec l'agilité d'un félin. Quelques regards à gauche, puis à droite et je me faufile aussi discrètement que possible en direction de l'entrée du bâtiment, prêt à m'infiltrer dans les abattoirs en pleine activité.

_________________
La milice de Kendra Kâr recherche des renseignements sur les agissements ou la localisation du fugitif "Ellyan Crow". L'approche et le contact avec l'individu sont tous deux fortement déconseillés.


Multi de Kalas, Shaman du Loup et Allen, Guerrier de Wiehl.


Dernière édition par Ellyan Crow le Ven 5 Aoû 2016 01:09, édité 2 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Le marché
MessagePosté: Mer 22 Juin 2016 23:48 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 22 Aoû 2015 19:53
Messages: 527
Localisation: Kendra-Kâr (Dispensaire des Pivoines)
Échec total


((( [:attention:] Certaines scènes de ce rp sont à forte connotation violente/gore, aussi est-il recommandé aux lecteurs sensibles d'y réfléchir à deux fois avant d'en entamer la lecture.)))


Aucune lumière n'éclaire ma route, mais j'atteins la porte dans le noir comme si j'avais toujours su où elle se trouvait. Le dos collé au mur, je prends un court instant pour imaginer la suite des événements tout en guettant la moindre présence humaine adjacente. La plus simple des idées est certainement de fouiller l'endroit à la recherche de la fameuse livraison, puis d'accomplir ma tâche avec professionnalisme. Un plan parfait s'il n'y a pas âme qui vive.

(Bien... On dirait qu'il va falloir improviser. J'agirais en fonction de mes découvertes, ne reste qu'à être le plus discret possible.)

De faibles filets de lumière s'échappent des imperfections de la porte comme pour m'inciter à y jeter un œil. Je m’exécute en posant mes doigts décharnés sur le bois, découvrant une salle à la lumière tamisée par les lanternes qui la composent. De nombreuses bottes de pailles maladroitement rangées encombrent les coins de la pièce, ne laissant que peu d'espace pour y travailler. Certainement utilisée comme lieu de stockage, le personnel de l'abattoir y installe également de nombreux outils liés au découpage de la chair. Ainsi, pinces, feuilles de boucher et scies à os jonchent les murs encore tachés du sang des bêtes. Je laisse quelques instants défiler pour m'assurer d'une intrusion sans risque, puis pousse lentement la poignée métallique. Le bruit des pas écrasant le parquet au-dessus de moi est plus audible qu'au dehors et m'incite à me presser dans ma démarche. Je ferme rapidement la porte aux bruits traîtres de l'extérieur et m'aventure dans la pièce, laissant mes sens me guider vers la bonne direction. Ma main glisse sur la paille tandis que je progresse à pas de chat vers la salle adjacente dans laquelle je peux déjà apercevoir les marches d'un escalier en bois. Une fois l'étage atteint, je devrais aisément pouvoir me débarrasser de ses occupants et rechercher la précieuse cargaison en toute tranquillité.

"Mais...! Vous êtes qui, bordel de merde ?!"

Mon cœur lâche presque au moment où la voix qui surgit dans mon dos pénètre dans mes oreilles. Je me retourne brusquement et repère la silhouette d'un homme qui me dévisage en plissant des yeux, s'écarquillant finalement en comprenant ma nature d'intrus. S'extirpant de derrière l'une des bottes de foin, l'indésirable dévoile son accoutrement de boucher à la lumière, tablier blanc et foulard sur la tête. Mon corps réagit aussi rapidement que la crainte de le laisser hurler me le permet et j'élance le bras vers lui, main tendue et au pas de course. Les quelques mètres qui nous séparent disparaissent et une fois à sa portée, je vois sa glotte se mouvoir sous l'effet du beuglement qui lui remonte la gorge. Dans un excès de panique, j'écrase ma prise sur sa mâchoire et retient en grande partie le son de sa peur qui tente de s'échapper, serrant aussi fort que mes doigts me le permettent. Son visage se déforme sous l'effet de la terreur et bientôt, ses premiers gestes de contestation se manifestent sous l'image de coups de pieds et de poings. Si ses frappes brassent majoritairement l'air autour de moi, le bougre parvient tout de même à me défaire de mon déguisement, dénouant mon foulard et froissant mon chapeau qui tombe au sol. Veines saillantes et visages rouges se dessinent sur chacun de nous malgré nos objectifs opposés. Ses essais répétés de se dégager la bouche pour hurler échouent continuellement, nous apportant respectivement plaisir et malheur. Les traits de mon visage se dévoilent à la lumière des lanternes, réveillant chez ma victime un besoin encore plus pressant de s'extraire de ma prise. Sa terreur l'emporte sur ma volonté de le faire taire alors que je tente maladroitement de sortir mon scalpel de ma poche, lui offrant ainsi l'occasion de croquer dans la chair entre mon pouce et mon index. La douleur me fait lâcher prise et le pouilleux n'oublie pas d'avertir son partenaire à l'étage.

"DRO...DROOOOOOOOOM !!! VIENS-VOI...."

Reprenant rapidement mes esprits, je secoue la main par réflexe et lui expédie un crochet du droit qui l'envoie à terre sans retour possible. Le type s'étale au sol et sa tête rebondit sur la poussière qui recouvre les pavés, le laissant sonné quelque secondes. Sans attendre, je me saisis enfin de mon scalpel et attrape les cheveux du braillard en pleurs qui proteste en sentant sa tête se soulever vers l'arrière.

"NON, PITIÉ ! JE VOUS EN SUPPLIE, PITIÉ !"

Le geste vif, je place la lame au niveau de sa carotide et déchire sa chair, muant progressivement ses suppliques en gargouillements infâmes. Chacune de ses respirations peint le sol de gerbes de sang et le condamné s'effondre les yeux ouverts, son uniforme blanc désormais teinté d'un rouge particulièrement vif. Comme une suite logique des choses, j'entends l'escalier gronder des pas du confrère, dévalant les marches comme le trépas. La main contre le mur pour se rattraper de son élan trop brusque, le second boucher débarque dans la pièce adjacente, lame au fil encore sanglant. Visiblement interrompu en plein découpage, il observe quelques secondes le corps de son collègue sans dire un mot, les yeux écarquillés par l'inattendu. Alors que je me jette sur lui pour profiter de sa distraction, le costaud empoigne ma main armée et la tord, m'arrachant par la même occasion la force de riposter. La douleur est telle que je ne peux que m'agenouiller en tentant de me libérer de sa prise, mais ce foutu monstre semble bien plus confiant que le baiseur de poules étendu au sol.

"T'es qui, pauvre merde ?! Pourquoi t'as buté Merry ?!"

Je ne réponds mot, trop concentré à tenter de retrouver les sensations dans mon poignet désormais bleu comme la peau d'un cadavre. Le géant n'apprécie pas mon silence et m'envoie embrasser le sol d'un revers de la main qui se répercute dans chacun de mes membres. Le choc avec la surface dure et froide de la pierre m'étourdit un court instant pendant lequel le boucher, en position de force, réitère ses interrogations.

"RÉPONDS ! QU'EST-CE QUE TU FOUS ICI ?!"

Ma vue se fixe à nouveau et le sifflement dans mes oreilles disparaît progressivement alors que je sens mon palais s'imbiber du goût du sang. La situation prend des proportions dramatiques, si bien que rien n'empêche cet enfoiré de me découper avec sa lame pour me jeter dans l'une des fosses à merde de la cité. Un étrange ressentiment m'envahit l'esprit et me presse de réagir par n'importe quel moyen, soulevant ma main endolorie au-dessus de ma tête. Alors que je serre mon scalpel de ma paume abîmée, mon avant-bras résiste à l'ordre que je viens de lui donner pour finalement lâcher mon arme qui rebondit dans un bruit métallique en s'échouant au sol. Le boucher ne perd pas de temps et m'enfonce le plat de sa chaussure dans les côtes à plusieurs reprises en soufflant comme un bœuf, trop heureux de passer sa frustration sur quelque chose. Les coups ne cessent que lorsque je m'étale au sol de tout mon être, incapable de faire face au courroux du lourdaud à la feuille de boucher. L'amertume de mon impuissance remplace peu à peu le goût du sang dans ma bouche, dessinant sur mon visage les traces de la colère et de l'indignation. La mission tourne à l'échec total par la faute de deux connards occupés à faire des heures supplémentaires au milieu de la nuit. Dans une ultime tentative de me relever, le géant met un terme à ma rébellion en posant son pied sur l'arrière de ma tête, avant d'appuyer aussi fort que possible. Dans un dernier moment de conscience, je vois le sol se rapprocher à une vitesse fulgurante, puis tout s'assombrit.

_________________
La milice de Kendra Kâr recherche des renseignements sur les agissements ou la localisation du fugitif "Ellyan Crow". L'approche et le contact avec l'individu sont tous deux fortement déconseillés.


Multi de Kalas, Shaman du Loup et Allen, Guerrier de Wiehl.


Dernière édition par Ellyan Crow le Ven 5 Aoû 2016 13:20, édité 5 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Le marché
MessagePosté: Dim 26 Juin 2016 21:25 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 22 Aoû 2015 19:53
Messages: 527
Localisation: Kendra-Kâr (Dispensaire des Pivoines)
Suivre son instinct


((( [:attention:] Certaines scènes de ce rp sont à forte connotation violente/gore, aussi est-il recommandé aux lecteurs sensibles d'y réfléchir à deux fois avant d'en entamer la lecture.)))


Le goût sucré du sang m'extraie de ma torpeur et mon corps se réveille progressivement. Le paysage se dessine lentement autour de moi, embrumé des larmes dû à la forte concentration de lumière dans la pièce. Alors que je reprends conscience dans un endroit inconnu, mes mains refusent de quitter le bas de mon dos, fermement maintenues par des liens qui me liment les poignets. Ma gorge est si sèche que l'air me manque soudainement et m'oblige à prendre de longues et profondes respirations pour ne pas suffoquer. Je comprends rapidement ma condition de prisonnier, stupéfait de ne pas avoir trouvé la mort de la main du lourdaud à la feuille de boucher. Une épaisse silhouette voile la lueur des lanternes alentours et s'agenouille suffisamment près de mon visage pour que je reconnaisse les traits de cet enfoiré, occupé à me gifler pour me garder éveillé. Sa voix est à peine audible et je dois cesser de respirer comme un condamné pour comprendre ce qu'il me dit.

"T'es avec moi, là ? Réveille-toi, pauvre enculé."

Comme par Magie, je stabilise mon souffle et ravale ma salive ensanglantée avant de l'écouter en soufflant par le nez. Je bascule la tête en arrière pour le regarder plus distinctement tant mes paupières sont lourdes et enflées par le passage à tabac reçu plus tôt. Tout chez lui traduit à la perfection le métier de boucher, qu'il s'agisse de ses joues exagérément rondes et rouges ou bien du ventre poilu qui déborde à moitié de sa chemise. Je me demande même comment il est possible pour un porc aussi engraissé que lui de nouer son tablier à la taille. Une dernière claque de sa part m'extirpe de mes pensées sanguinaires à son égard et je replonge des yeux injectés de sang dans les siens, n’exagérant aucunement sur ma volonté de le saigner avec ses propres outils.

"Qu'est-ce que tu fous ici, connard ? Pourquoi t'as buté Merry ?"

Une nouvelle fois, le silence est la seule réponse qu'il obtient. Cependant, le bougre ne prend pas la mouche et garde son calme en baissant des yeux. Comme pour m'intimider, il fronce des sourcils et réitère sa question, me faisant comprendre par la même occasion qu'il ne lâchera pas le morceau. Acculé, je prends le risque de lui répondre en ravalant un glaire ensanglanté qui me descend dans la gorge comme une lame de couteau.

"J'avais faim, je cherche de quoi manger depuis plusieurs jours... Je voulais pas, je suis désolé..."

Comme attendu, le dos de sa main embrasse une nouvelle fois ma joue, cette fois-ci avec plus de force. Je tousse le sang qui me chatouille la langue et relève les yeux vers lui, soufflant par le nez la morve qui me gêne pour respirer.

"Arrête de te foutre de ma gueule."

Toujours serein, le boucher se relève et s'approche d'une petite table en bois pleine de papiers et d'autres choses indiscernables de là où je me trouve. Dos à moi, je le vois attraper un sac que je repère comme étant le mien à mesure qu'il se rapproche à nouveau. D'une main, il en ressort mon uniforme de travail qu'il observe d'un air sévère.

"Et c'est quoi ces merdes, là ? Un tablier ? Tu bosses pour un autre abattoir ? T'es de la concurrence ou quoi ?... Et ce masque, là ? C'est quoi ce déguisement ? Tu veux faire peur à qui, avec ça ?"

Visiblement intrigué, le costaud lâche mon sac non loin de lui, avant de se diriger à nouveau vers la table pleine de papiers.

"Attends un peu..."

Les feuilles volent dans tous les sens et se renverse à mesure que le gros tas fouille la table. Je garde les yeux rivés sur lui, curieux de savoir ce qu'il va en ressortir, avant de me mordre l'intérieur de la joue en reconnaissant l'objet de toutes ses intentions.

"Mais tu serais pas ce type que la milice recherche depuis plusieurs semaines ? J'y crois pas !...se compose d'un tablier de boucher et d'un masque en jute... Putain, mais c'est toi ! Bon dieu de merde, j'ai attrapé un putain de criminel !"

Son visage s'illumine d'un sourire à mesure que ses yeux avale le texte écrit sur l'avis de recherche pour finalement s'esclaffer comme un gamin. De sa démarche de dindon, le boucher s'agenouille à mes côtés et m'incite à relire l'affiche tachée du sang séché sur ses doigts graisseux.

"Regarde, mon con ! REGARDE-BIEN ! Putain de merde, tu coûtes sept mille Yus, mort ou vif ! SEPT MILLE ! Je vais pouvoir quitter ce boulot de merde et m'installer autre part !"

Le spectacle est consternant. Tandis que le lourdaud agite son ventre en dansant de joie suite à la découverte de mon identité, j'observe les environs d'un air dépité. Visiblement, il semble m'avoir traîné jusqu'à l'étage au vu de la longue traînée de sang qui relie les escaliers au fond à gauche de la pièce. Celle-ci est certainement l'endroit où a lieu tout le découpage et le taillage de la viande avant sa livraison. Plusieurs pots de sel sont stockés dans un coin près des larges plans de travail désormais imbibés du sang des bêtes. Mais contre toute attente, mon observation s'interrompt subitement de la main de mon gardien qui m'attrape d'un main ferme par le col de ma tunique. Doté d'une force ridiculement exagérée, le costaud me soulève sur mes jambes qui flanchent à ma première tentative de me relever. Peu enclin à m'aider, le monstre me tire vers les escaliers, trop heureux d'imaginer la suite des événements.

"On va aller voir Barty. A cette heure-ci, il doit encore être en train de faire sa ronde près du marché... Putain, sept mille Yus ! J'irais claquer le cul d'une belle donzelle pour te remercier, l'horreur !"

Comme le cadavre d'un vulgaire chien, je me fais traîner par l'arrière en tapant l'épaule contre les pieds d'une table qui manque de se renverser sous l'impact. Je tente de me débattre par n'importe quel moyen en raclant le sol avec mes pieds ou en tirant le torse vers l'avant, mais rien à faire. La prise de mon geôlier est bien trop ferme, retenant par la même occasion mes espoirs d'évasion. Rapidement, la panique prend le dessus sur ma détermination c'est ainsi que disparaît momentanément l'homme calme et réfléchi qu'est Ellyan Crow, Boucher des Murènes, au profit d'un homme terrifié à l'idée de pourrir à nouveau dans une cellule.

"ARRÊTE ! LÂCHE-MOI OU JE TE SAIGNE COMME LE SALE PORC QUE TU ES ! JE VAIS TE TUER, PUTAIN DE SOUS-RACE ! RAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !!! "

La haine que je crache n'a que peu d'effet sur le boucher, bien trop occupé à imaginer les formes de la putain qui va partager son lit cette nuit. La mission n'est plus qu'un lointain souvenir alors que je m’apprête à rencontrer les cachots putrides de la cité avant le lever du jour qui commencera certainement par ma pendaison au milieu de la place commune. Je n'ai pas repris mes activités pour buter contre le premier lourdaud venu, aussi costaud soit-il. Les premières marches de l'escalier me tape le postérieur à mesure de la descente, secouant mon corps et mon esprit. Dans un ultime moment de conscience mêlant panique et assurance, je plie les genoux contre la marche la plus haute et m'éjecte le plus fort possible vers l'arrière, heurtant directement les jambes du lourdaud qui dégringole dans un cri de surprise. L'élan m'écrase la tête et le dos contre le mur tandis que le choc m'étourdit un moment, incapable de me relever dans l'immédiat. De son côté, le géant s'emmêle les pieds et trébuche, dévalant l'escalier comme un cadavre jeté aux oubliettes, pour finalement s'échouer à l'étage inférieur sans la moindre protestation. Mon souffle me revient avec difficulté et mes esprits se remettent en place, m'obligeant à cligner plusieurs fois des yeux pour récupérer une vue correcte. Le corps du gros tas gît à plusieurs mètres de moi, sans le moindre signe de vie. Libre de son emprise, je glisse le long du mur pour me redresser, épargnant mes mains encore endormies après le choc qu'elles ont subies. L'effort me demande un niveau de concentration extrême et c'est au bout de plusieurs tentatives que je parviens enfin à me retrouver sur mes deux jambes, la tête et les doigts en bouille.

(Rien à foutre de cette connerie de mission. Je me casse d'ici le plus vite possible, je réfléchirais à tout ça plus tard...)

La corde brûle la chair chaude de mes poignets une nouvelle fois, léchant à chaque mouvement ma peau qui s'arrache progressivement. Je dois trouver un moyen de couper ces liens où je ne parviendrais jamais à escalader les murs de l'abattoir pour me tirer de cet enfer. Alors que je descends les marches qui couinent sous mon poids, le gros porc émerge soudainement sans même relever la tête. Ses lourdes mains poilus s’appuient sur le sol et c'est dans un gémissement de truie en chaleur qu'il se redresse avec toute la peine du monde. Malgré son front ruisselant de sang, la mine sévère de son visage m'arrête dans ma fuite, conscient qu'à cet instant présent, il désire bien plus mon sang que ma prime. Obnubilé par son regard haineux, je m'extirpe de mes pensées et avale les mètres qui me séparent de lui au pas de course, trop pressé de quitter cet endroit. Le boucher tente une nouvelle fois de se redresser, mais son corps refuse toujours de lui obéir après sa douloureuse chute dans les escaliers. Sans ralentir, j'enfonce mon pied vengeur au milieu de sa figure en hurlant de rage, sentant l'os de son nez craquer par la même occasion. La violence du coup le revoit à terre sans controverse et repeint son uniforme de son propre sang, chose qui doit certainement lui arriver pour la première fois depuis le début de sa carrière. Le géant crie, hurle, pleure et chacune de ses complaintes s'accompagne de nombreux gestes dignes d'un mioche. L'élan de la frappe manque de me faire trébucher, mais je parviens tout de même à conserver mon équilibre avant de me retourner pour constater avec plaisir le résultat. Conscient que le temps m'est compté, je quitte aussitôt la scène en direction des outils accrochés au mur, véritables instruments de ma libération.

(Une lame de scie, un couteau, un hachoir, N'IMPORTE QUOI, BORDEL !)

Sauvé. A mi-hauteur d'homme, une scie à os dont la lame dentelée dépasse est enfoncée dans une bûche abîmé. La hâte me fait courir sans attente dans sa direction, tapant par la même occasion dans le cadavre du braillard égorgé plus tôt, gisant toujours sur le sol. Commence alors une tâche qui demande un doigté certain, mais que j'exécute avec autant de calme et de finesse qu'une bête sauvage enfermé dans une cage. La lame emporte une infime partie de mes chairs à chaque mouvement, mais je sens l'étreinte de la corde s'amoindrir à mesure de cette torture. Finalement, les liens tressés tombe à terre, libérant mes mains de leur douloureuse prison. Le frottement de ma paume sur mes poignets est aussi jouissif que de baiser une pucelle, mais je suis rapidement ramené à la réalité lorsque la silhouette du lourdaud charge dans ma direction, son hachoir dans la main et la bouche pleine d'écume.

_________________
La milice de Kendra Kâr recherche des renseignements sur les agissements ou la localisation du fugitif "Ellyan Crow". L'approche et le contact avec l'individu sont tous deux fortement déconseillés.


Multi de Kalas, Shaman du Loup et Allen, Guerrier de Wiehl.


Dernière édition par Ellyan Crow le Ven 5 Aoû 2016 13:20, édité 3 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Le marché
MessagePosté: Lun 4 Juil 2016 17:21 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 22 Aoû 2015 19:53
Messages: 527
Localisation: Kendra-Kâr (Dispensaire des Pivoines)
L'élévation


((( [:attention:] Certaines scènes de ce rp sont à forte connotation violente/gore, aussi est-il recommandé aux lecteurs sensibles d'y réfléchir à deux fois avant d'en entamer la lecture.)))


Comment appelle t-on un boucher qui découpe des Hommes ? Un meurtrier ? Un dégénéré mental ? Non. C'est un artiste, un génie, un visionnaire. Le peintre se limite t-il à exercer ses talents sur une toile ? Loin de là. Il s'essaie sur des murs, des plafonds et même des êtres humains, mais personne ne tente de l'arrêter. On l'acclame, le paye et l’idolâtre pour son travail, on s'en inspire et on l'admire. Une certaine ouverture d'esprit, c'est ce qui doit manquer à la nature humaine pour comprendre et apprécier mon travail. Tout compte fait, je suis un artiste incompris. Je gage qu'un jour, on me donne le respect qui m'est dû, plutôt que des coups de fouets et des insultes. Mais pour l'heure, je dois faire face à l'un de ceux qui préfère me voir avec une corde autour du cou plutôt qu'une couronne sur la tête. Si deux bouchers doivent s'affronter ce soir, qu'il en soit ainsi.

La charge enragée du gros tas me laisse perplexe quelques secondes, conscient que le combat est désormais inévitable entre nous deux. Le sol tremble à chacun de ses pas, accompagnant son hurlement de bataille d'une percussion presque rythmée. En moins de temps que prévu, le lourdaud arrive à ma portée et tranche l'air de son hachoir sans réellement regarder devant lui, la vue toujours brouillée par le sang. De mes yeux ahuris, je vois la lame glisser à un cheveu près de mon nez dans un sifflement métallique, manquant de me découper l'os de façon très nette. Son arme termine sa trajectoire dans une poutre qui s'enfonce profondément dans le bois, obligeant son possesseur à tirer sur le manche pour l'en dégager. L'occasion est trop belle pour ne pas en profiter et c'est avec la vivacité d'un félin que je lui saute à la gorge pour l'éloigner le plus loin possible de son hachoir. Son corps s'écrase au sol en soulevant la poussière, mais il est le seul à souffrir de l'impact de la chute. Mon genou fermement appuyé sur l'un des ses avant-bras pour le bloquer, je commence à serrer mes mains rachitiques autour de son cou dodu dans l'espoir d'en finir à cet instant précis. Le visage du gros porc se teinte de la même couleur que son sang malgré ses protestations à moitié inaudibles, l'amenant à chaque seconde qui déroule vers une mort certaine. Sous l'effet de l'adrénaline, aucun d'entre nous ne prête attention aux filets de bave et aux postillons ensanglantés qui volent dans l'air, témoins de notre détermination. Mais malgré ma volonté de fer, l'envie de vivre du bougre me surpasse et je lâche soudainement ma prise lorsque son poing libre s'écrase sur ma joue et me renverse sur le côté. Le coup me sonne quelques secondes et laisse le géant me retourner comme une marionnette avant de reprendre le travail manqué. Ses doigts boudinés se resserrent à leur tour sur ma gorge, bloquant avec bien plus d'efficacité que moi l'arrivée d'air de mon cerveau.

En un temps record, je sens ma vue se brouiller à mesure que son étreinte se raffermit, incapable de l'en empêcher. Son front baigné de sang goutte sur mon visage désormais bleu, comme une douche qui me permet de ne pas perdre conscience. Sur ses lèvres pincées par l'effort qu'il fournit, je crois percevoir un demi-sourire satisfait qui reflète certainement l'état d'esprit de cet enfoiré persuadé d'avoir gagné. Sa vitesse d'exécution et la force de ses mains ne me laisse même pas le temps de me lamenter sur mon sort, m'offrant ainsi la mort la plus pitoyable à laquelle je peux espérer. Finalement, j'entre dans un état d'agonie que j'expérimente pour la première fois, chose que j'aime pourtant offrir à mes victimes par pur plaisir.

(Pu...tain...Ça peut pas...se finir...comme ça...)

Moi, Ellyan Crow, je suis censé finir ma vie dans un endroit aussi pouilleux que celui-ci ? Je dois certainement être le premier homme, à l'exception de celui que j'ai égorgé plus tôt, à mourir dans un abattoir pour animaux. C'est affligeant. Il me faut un miracle pour sortir de ce merdier en vie, mais je ne suis rien. Je n'ai aucune maîtrise de fluides comme ces mange-merdes de Magiciens et je manie l'épée comme un puceau manie sa bite. Le gros porc qui m'étrangle va pourtant finir sa soirée avec ma prime, le cul d'une donzelle et le sentiment d'être un héros. Ça me donne envie de vomir. Je ne suis pas le gibier d'un chasseur, ni une récompense à donner. Je suis celui qui provoque la peur, pas celui qui la subit.

"Je...vous...tuerais...tous..."

"HAHAHA ! Je t'entends pas ! Qu'es'-tu racontes ?"

(Je vous tuerais. Tous.)

Plus aucune parole ne sort de ma bouche. Un faible sifflement s'échappe encore d'entre mes lèvres, mais mes yeux sont presque exorbités. Je ne comprends pas le phénomène qui semble me ramener à la vie, atténuant presque tous mes sens. Mes doigts ne ressentent plus le contact avec les doigts boudinés du boucher que je tente de défaire. Je le vois parler, mais aucun son ne parvient jusqu'à mes oreilles. L'odeur du sang s'envole et laisse place à un froid soudain qui me gèle l'intérieur des narines. Mon corps s'extirpe de mon contrôle et s'affaisse comme celui d'un cadavre, laissant mon esprit et mes yeux témoins du plus incroyable des spectacles. Sur l'uniforme blanc de mon bourreau, la forme d'une main noire comme la nuit se dessine et se glisse vers son cou avec la furtivité d'une ombre. Cette main, ce n'est pas la mienne. Ni la sienne, d'ailleurs, ou celle de son collègue étendu face contre terre. Rien ne semble même indiquer qu'il s'agit la d'une main humaine, mais la forme ne fait aucun doute. Je vois bien une paume et ses cinq doigts se glisser doucement jusqu'au cou graisseux du gros porc qui ne prête aucune attention au phénomène.

"SEPT MILLE ! SEPT MILLE YUS, BORDEL DE M-*Nhhg*..."

La voix du géant se bloque brusquement alors que la masse noire enlace les contours de sa gorge. Comme de l'encre, la main s'allonge jusqu'à sa nuque et le prive d'air comme ma volonté le crie à cet instant précis. L'étreinte du gros porc cesse aussitôt et mes sens se réveillent soudainement, m'arrachant une toux des plus violentes. Tentant de lutter contre ce qu'il ne comprend pas, le lourdaud s'échoue sur le côté et roule dans tous les sens en braillant dans le vide, incapable de se défaire à son tour. Comme un pantin articulé, je me redresse et crache les derniers glaires ensanglantés qui me bloquent la gorge avant de reposer les yeux sur le spectacle morbide qui se déroule face à moi, stabilisant mon souffle qui revient progressivement. Un long moment dure encore pendant lequel il s'accroche, mais l'issue semble déjà déterminé et bientôt, sa dernière tentative de se libérer se conclue par un échec cuisant. La dernière étincelle de vie quitte ses yeux et le boucher tombe aux côtés de son collègue à la gorge ouverte, tous deux morts par ma volonté.

Un silence pesant envahit la pièce, momentanément rompu par les dernières brides d'une toux résistante. Le souffle saccadé par l'incompréhension, je fixe le cadavre bedonnant sans admettre ce qui vient de se passer. L'homme n'est pas mort naturellement et personne n'a pu entrer dans cet endroit sans que je l’aperçoive. Nous sommes restés isolés, lui et moi au bord de la mort. Je suis le seul à avoir pu provoquer une chose pareille, alors cela n'aboutit qu'à une unique solution.

(De la Magie... Moi ?)

Et pourtant, l'information remonte jusqu'à mon cerveau comme un brasier de forêt. Dans mes veines coule un pouvoir que je n'ai jamais réussi à maîtriser, une force qui m'élève loin au-dessus des Hommes. Ma vision du Monde s'effondre pour en construire une nouvelle, plus adaptée à mes nouveaux pouvoirs. Je ne veux plus tenter de soumettre le peuple, je veux y parvenir. Et pour la deuxième fois de ma vie, depuis ma naissance, des larmes de joie et d'incompréhension s'écoule sur mon visage en remerciement. Qu'il s'agisse d'un Dieu ou davantage, j'utiliserais ce don pour mes propres ambitions. Trois Hommes sont morts ce soir, mais un seul se relève avec le sentiment d'être bien plus, désormais.

_________________
La milice de Kendra Kâr recherche des renseignements sur les agissements ou la localisation du fugitif "Ellyan Crow". L'approche et le contact avec l'individu sont tous deux fortement déconseillés.


Multi de Kalas, Shaman du Loup et Allen, Guerrier de Wiehl.


Dernière édition par Ellyan Crow le Sam 29 Juil 2017 15:07, édité 4 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Le marché
MessagePosté: Mar 5 Juil 2016 01:11 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Sam 22 Aoû 2015 19:53
Messages: 527
Localisation: Kendra-Kâr (Dispensaire des Pivoines)
Démission


Au milieu de la nuit, l'abattoir n'a jamais aussi bien porté son nom. Si le seul son de mes pas résonne dans la pièce, l'odeur du sang est aussi puissante que celle du foin. Debout sur mes deux jambes, je retrouve lentement mes sensations et mes esprits, appuyé contre la poutre pour conserver mon équilibre. Les consignes de Katalina émergent comme le tintement d'une cloche et bientôt, le devoir me rattrape. Si je n'ai aucune envie de poursuivre ma mission, j'imagine mal retourner au Dispensaire les mains propres. Sans un mot de protestation, j'avale ma salive et titube vers l'étage en m'aidant de la rampe de l'escalier. Bien plus large qu'en bas, l'endroit dispose de plusieurs plans de travail certainement utilisés pour les séances de découpage. Sceaux, bacs à viande et meubles vides sont répartis dans différents coins de la pièce, mais c'est la table pleine de paperasse à moitié renversée qui attire mon regard. M'approchant de la lumière artificielle d'une lanterne, je balade mes yeux pendant plusieurs minutes sur les nombreux documents, feuillets et lettres qui recouvre le bois de la table.

(Bilan mensuel, bons de commande, notes au personnel... Il y a même un autre exemplaire de mon avis de recherche. Rien d'intéressant.)

Malgré mon défaitisme, je finalise mes recherches sur un dossier épais de quelques pages dont la couverture est cachetée. Malgré le sang séché imprimé par les doigts sales d'un employé maladroit, le nom de l'auberge "La Taverne du Paladin" y est rédigée en bas de la page. Indéniablement, je m'empare du paquet et le feuillette avec attention jusqu'à trouver une information digne d’intérêt. Les quantités attendues par les différents abattoirs, la liste des invités et le détail de la prestation y sont décrits avec une incroyable précision.

"... Et pour finir, Monsieur Lotric Banel, propriétaire des abattoirs Kendrans "Cuisse de Porc" présentera son nouveau partenariat avec "l'Amicale des Bons Vivants", avant de laisser les convives profiter du banquet.".. Je vois. Lotric Banel. Il doit certainement être celui que je dois éliminer.

Je grave le nom de ma cible dans un coin de mon esprit et reprends ma lecture, sautant les passages inutiles et barbants.

"La réception des produits se finira à l'aube du quatrième jour de Wylialartëa. Passé ce délai, les marchandises restantes seront acheminées à différents points de distribution... Hmm. Les livraisons se sont donc terminées hier. Je ne trouverais rien ici ou dans un autre abattoir. Si les festivités commence l'après-midi du cinquième jour de Wylialartëa comme c'est indiqué ici, il me reste une demi-journée pour m'introduire dans l'auberge et y empoisonner la cargaison. Ca m'a l'air faisable, mais je dois partir maintenant."

Satisfait, je referme le livret et le pose sur la table avant de me diriger vers l'endroit où le gros tas m'a gardé prisonnier. Sans m'attarder sur les traces de sang, je récupère un morceau de corde tranché avant de reconnaître l'achat fait sur la place en début de soirée. L'enfoiré l'a tailladée à de nombreuses reprises avant de réussir à m'attacher correctement, la rendant inutilisable par la même occasion. Grommelant quelques copieuses insultes à son égard dans ma barbe, je ramasse mon tablier et mon masque que j'enfonce dans ma sacoche avant d'en passer la lanière sur mon épaule. Ma petite inspection me permet également de découvrir une caisse pleine de linge propre dans laquelle je me sers sans le moindre ménagement. Vétû d'un uniforme de boucher flambant neuf, l'infiltration dans l'auberge n'en sera que facilitée. Mes habits communs soigneusement rangés et après un rapide passage par le bureau pour récupérer le feuillet d'informations, je suis fin prêt à quitter cet endroit. Je descends les escaliers, enjambe les cadavres une dernière fois et emprunte la porte qui se ferme dans un claquement sinistre.

_________________
La milice de Kendra Kâr recherche des renseignements sur les agissements ou la localisation du fugitif "Ellyan Crow". L'approche et le contact avec l'individu sont tous deux fortement déconseillés.


Multi de Kalas, Shaman du Loup et Allen, Guerrier de Wiehl.


Dernière édition par Ellyan Crow le Ven 5 Aoû 2016 01:11, édité 3 fois.

Haut
 

 Sujet du message: Re: Le marché
MessagePosté: Mar 5 Juil 2016 16:10 
Hors ligne
Admin
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Ven 29 Avr 2011 17:58
Messages: 301
Intervention gmique pour Aliéron


Au premier stand, ce fut un homme trapu d'un certain âge qui regarda la lame l'accepta et te tendit la cape avec une demande de retour de quatre-vingt-douze yus.

Pour ce qui est du deuxième stand, ce fut un jeune marchand très volubile qui te vendit gourde et fluide pour la remplir.

Et enfin au dernier stand, le vieil homme aux cheveux tout blanc et à la barde de quelques jours regarda les pierres que tu lui tendis. Sans dire un mot, il les déposa sur la table, ouvrit un gros bouquin usé par le temps et l'utilisation, le feuilleta quelques minutes, en jetant de petits coups d'oeil à tes pierres. Il ferma ensuite son gros recueil, te remit les pierre et t'expliqua:

"Ce que vous avez là ne sont pas de simples pierres. Il s'agit de runes. Vous ne savez ce que sont les runes je suppose ? Ce sont des pierres magiques assez rares et peu connu de la plupart des gens. Elles contiennent une magie lié à Zewen et peuvent avoir des effets très puissants. Malheureusement, qui dit dieu du temps et du hasard dit aléatoire. Les runes peuvent réserver bien des surprises, souvent au mauvais moment. Pour faire simple, voilà comment les utiliser. Chaque rune a un nom, correspondant à un mot lié à son effet. En serrant la rune dans la main et la nommant, son effet s'active. On peut aussi l'apposer sur un objet ou une personne, toujours en la nommant, pour cibler plus précisément l'effet désiré. On dit que penser fortement à ce que l'on souhaite aide la rune à agir dans le sens que l'on veut, mais cela n'a jamais été prouvé. Sachez aussi que l'on peut combiner plusieurs runes pour faire un effet plus ciblé ou plus puissant."


Il s'arrêta pour reprendre son souffle de vieillard et repris de plus belles, apparemment fier de délivrer son savoir:

"Les runes que vous avez ne sont pas communes, il s'agit de runes supérieures, on le voit par l'écriture doré sur ces pierres. Elles sont plus puissantes. La première se nomme Aol, ce qui signifie Air. C'est cet élément qui se déclenchera lorsque vous l'activerez. La seconde s'appelle Vi, ce qui signifie Attaquer, il s'agit d'une rune d'action. Il est aussi possible de faire incruster une rune sur un arme, cela prolonge son utilisation."

Après un bref sourire à ton égard, il se détourna pour servir le client suivant.

_________________
La règle à lire pour bien débuter c'est ICI !
Pour toutes questions: C'est ici !
Pour vos demandes d'interventions GMiques ponctuelles et jets de dés : Ici !
Pour vos demandes de corrections : C'est là !
Joueurs cherchant joueurs pour RP ensemble : Contactez vous ici !


Haut
 

 Sujet du message: Re: Le marché
MessagePosté: Jeu 20 Oct 2016 20:30 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Dim 16 Oct 2016 19:12
Messages: 96
Localisation: Oranan
Personne ne pouvait deviner ce que tu t'apprêtais à faire. Bien que tu serrasses tes mâchoires avec force, que ta main gauche ne pût se détacher de la garde de ta courte arme, que ton corps tout entier tremblât avec fièvre et agitation. Mais tromper le monde, ne lui montrer qu'illusions - les tiennes - c'était ce que tu savais faire le mieux - en dehors de voler. Ne t'étais-tu pas rendu au temple comme si de rien n'était, avant d'abandonner cruellement ta fiancée ? N'étais-tu pas parvenu à pénétrer dans la salle du trésor et à y dérober une épée légendaire sans que quiconque eût pu deviner que ton cœur n'était plus aussi pur qu'il se devait de l'être ? Qu'était-ce que donner le change à une foule, à côté ? Tu te forças à respirer calmement. Ça allait bien se passer. Tu te répétas d'ailleurs cette phrase plusieurs fois comme si tu voulais, non plus t'en convaincre, mais en convaincre le Monde lui-même.

(Ça va bien se passer.)

Pourquoi étais-tu aussi nerveux ? Ce que tu étais sur le point de faire, ne l'avais-tu pas déjà accompli avant ? Et n'avait été-ce pas plus dangereux, pas plus compliqué ? Tu faisais taire ton cœur - ou plutôt, tu essayais. Une partie de ton esprit s'étonnait que ton acte pût te répugner à être accompli, alors même que tu ne cessais de le minimiser. L'autre tentait de museler ta conscience. Et tu te répétais que ce n'était rien, que ce ne serait qu'un petit larcin de rien du tout, que tu allais choisir le moment où le commerçant aurait le dos tourné, que même personne ne s'apercevrait qu'un vol avait été commis. Pourtant, inutile : cela te dérangeait. Le vol de l'épée d'Oborö, tu l'avais, cœur impur et fallacieux, considéré comme une œuvre d'art. Tu t’enorgueillissais d'avoir pu tromper la vigilance des gardes du palais pourtant si réputés, d'avoir réussi un tel acte ! Mais tu ne te considérais pas comme un voleur de bas étage, un malin qui dérobait pour étancher sa soif, sa faim. La main furtive, presque invisible, qui dérobait en un clin d’œil ce qui se trouvait sur l'étalage, non, ce n'était pas toi.

(Mais j'ai trop faim.)

Tu raffermis ta résolution car il était hors de question que tu te laissasses mourir d'une cause si ridicule et infamante pour un guerrier de Kers. Toi, dans cette entrelacs de rues occupées de toute part par des stands et des marchands dont la voix rugissait à qui mieux mieux. Tu étais entouré, cerné de toute part et pourtant seul. Tu avançais, la démarche insouciante. Voilà, tu le repéras, celui qui allait être ta victime. Un homme à l'embonpoint certain, aux vêtements verts et gris et qui présentement, conseillais une femme d'âge mûr avec le but avoué de la pousser à lui acheter ce qu'il avait. Ta main sort discrètement des pans de tes vêtements où elle s'était enfouie, tentant de calmer les tremblements qui l'agitaient. Ta trajectoire s'incurve pour te faire passer, sans qu'aucun soupçon ne pût s'élever, à côté de cet étal. Des gouttes de sueur viennent coller le bout de tes mèches noirs sur ton front. Tu passes. Tu passes et ta main vient se saisir du fruit le plus proche du bord. Rapide. Silencieux. Tu poursuis ton chemin, sûr que ta rapine est passée inaperçue.

"Eh, oh ! Toi ! Eh ! Au voleur ! Au voleur ! Rattrapez ce jeune homme !"

Brusquement, le sang te rugit aux tempes et ton rythme cardiaque s'emballa. Tu ne t'autorisas qu'un rapide regard en arrière pour constater que le marchand dépouillé te pontait de son doigt boudiné et qu'un soldat, sur son cri, t'avait pris en chasse. Tes jambes manquèrent de s'emmêler, mais tu parvins à te mettre à courir. Tout allait mal. Tout allait très mal. Une vague de désespoir s'abattit sur ton pauvre esprit.

_________________

Multi d'Ædräs


Haut
 

 Sujet du message: Re: Le marché
MessagePosté: Dim 30 Avr 2017 22:01 
Hors ligne
Avatar de l’utilisateur
 Profil

Inscription: Lun 25 Jan 2016 21:23
Messages: 116
Localisation: Les égouts de Kendra Kâr
Chapitre 5 - A la recherche d'informations.

Chapitre II-6 Faire ses courses


Un autre des avantages à être un elfe est cette capacité à rapidement récupérer par le biais d’une méditation. C’est revigoré que Relonor se dirigea vers le marché à la recherche de sa cible. Si tôt le matin, les rues ne sont fréquentées que par les travailleurs assidus et les fêtards à la recherche d’une taverne encore ouverte, ou sur le chemin du retour quand ils ne dorment pas à même la rue, trop saoul pour avancer.

La place du marché commençait sa première affluence, composée des marchands installant leurs stands, avant de voir arriver la seconde vague quant à elle, pleine de clients avides de produits frais. Marchant au milieu d’une horde d’ouvrier rompu à l’exercice, sa peau noir et son inactivité interpella rapidement un gaillard, peu content de voir quelqu’un traîner dans leurs pattes.

"Qu’est-c’tu fous là sale raclure de shaakt ? On veut pas de toi ici alors dégage !" Commença l’homme avec une voix caverneuse.

(Ce que je fais là ? J’viens embrocher ta tête sur une pique sac à merde !)

Le moment n’était pas à étancher sa soif de sang. Non seulement les ouvriers auraient vite raison de lui, mais Relonor doutait que l’humain en face de lui en ai besoin. Une veste chaude sans manche, laissait transparaître des bras massifs et très velus. Son expression faciale peu aimable était accentuée par un regard sévère sous des sourcils broussailleux et une dentition aux mille teintures jaunâtre sous l’amas touffu de sa moustache. Nul doute que s’il n’avait pas envie de briser des sangliers à mains nues, il pourrait fournir un fabricant de tapis et vêtements avec de vrai poils humains.

"Veuillez m’excuser du dérangement de ma présence. Je cherche une certaine Elsia. Une Earion qui vend du poisson en ces lieux." Répondit le Shaakt en s’inclinant respectueusement face à l’homme. Agir ainsi était tout ce qu’il détestait, mais il devait en être ainsi s’il ne voulait pas risquer de se voir faire éjecter à coups de pieds.

L’homme le toisa un instant puis face à sa passivité, ne put que le guider. "C’est par là. Après tu suis l’odeur et t’avises pas de foutre le bordel !"

"Merci infiniment monsieur." Fit l’elfe dans une dernière révérence avant de se diriger vers la zone indiquée.

La piste de l’odeur était déjà présente tant le fumet des poissons imprégnait les lieux. Il se dirigea vers le premier Earion avec du poisson et lui demanda :

"Veuillez m’excuser du dérangement. Je cherche une certaine Elsia qui travaille ici."

"On t’as mal renseigné." Le toisa l’elfe bleu du même regard que le précédent homme à qui il avait eu affaire. Pourtant ces mots résonnèrent différemment dans l’esprit du Shaakt.

(T’es au bon endroit mais hors de question de t’aider. Va donc te creuser un trou et ne plus en sortir !)

"Je vois. Si d’aventure une telle personne venait à se présenter, dites-lui qu’il y a eu un problème avec un certain Kyorn."

"Kyorn vous avez dit ?" Déclara une voix féminine en retrait.

L’elfe noir chercha du regard la personne et trouva une magnifique Earion en robe bleue tâchée par les produits marins qui le fixait du regard.

"Tout à fait madame. Je travaille pour monsieur Yorgensen et un messager est venu à nous. Je m’apprêtais à partir à la rencontre de Kyorn quand on m’a demandé de vous prévenir. Je suppose que vous devez être sa fe…"

"Je pars avec vous !" La stoppa-t-elle.

"Ce n’est pas une bonne idée Elsia." Fit le premier elfe bleu, mettant sa main pour barrer le passage de la femme. "C’est un Shaakt, tu ne vas tout de même pas t’en aller avec lui."

"Je croyais que vous ne la connaissiez pas ?" Taquina Relonor avant de revenir à Elsia. "Il a raison, non pas que je sois un Shaakt chose qui est sûr, mais à l’heure actuelle j’ignore encore l’étendue du danger, on ne m’a pas autorisé à en savoir plus pour éviter que les informations ne soient divulguées. Monsieur Yorgensen est très pointilleux à ce sujet. Nul doute que j’en saurais davantage lorsque j’aurais rejoint le reste des hommes."

(Après avoir mis la peur dans son esprit, un petit coup de pression la fera flancher !)

"Je ne puis faire attendre les autres. Si vous souhaitez venir c’est maintenant."

"Tu vois il ne sera pas seul !" Rétorqua la femme. "Laisser moi rassembler mes affaires et je vous suis."

"Bien je vous attends à l’extérieure madame." Termina l’elfe noir en jubilant intérieurement. Il regarda Elsia faire demi-tour, lui laissant le loisir de l’observer sous un autre angle.

(Excellent bretteur et en plus il a un excellent goût pour les femmes. Je hais ce type !)

Une fois à l’extérieur, il attendit à peine une minute la femme de Kyorn.

"Avant de partir, je dois moi aussi prendre des affaires pour le voyage chez moi. C’est sur le chemin."

Tout est une question de point de vue. Sur le chemin pouvait dire que la maison était réellement sur le chemin ou comme ici, faire un détour non négligeable dans des rues sordides.

Arrivé chez lui, Relonor invita la femme à entrer, non sans instiller la peur en elle.

"Je n’en ai pas pour longtemps. Cependant, ces rues ne sont pas pour une dame comme vous et je serais plus tranquille si vous entriez. Je comprendrais votre refus, mais je serais incapable de vous protéger si quelque chose devait vous arriver."

Peu enclin à rester dehors, la femme entra avec tout de même une certaine réticence. Il faut dire que ce quartier de la ville avait mauvaise réputation et que bon nombre d’habitants y avaient disparu sans laisser de trace. Les relents d’eaux usées, les ivrognes tenant à peine debout et les cadavres d’animaux éventrés qui faisaient offices d’ambiance locale n’étaient pas du goût de tout le monde.

_________________
Je boirai vos âmes.


multi de Jorus Kayne et Nhaundar


Haut
 

Afficher les messages postés depuis:  Trier par  
Poster un nouveau sujet Répondre au sujet  [ 221 messages ]  Aller à la page Précédente  1 ... 11, 12, 13, 14, 15  Suivante


Qui est en ligne

Utilisateurs parcourant ce forum: Aucun utilisateur enregistré et 2 invités


Vous ne pouvez pas poster de nouveaux sujets
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets
Vous ne pouvez pas éditer vos messages
Vous ne pouvez pas supprimer vos messages

Aller à:  
Powered by phpBB © 2000, 2002, 2005, 2007 phpBB Group  

Traduction par: phpBB-fr.com
phpBB SEO

L'Univers de Yuimen © 2004 - 2016