Inscription: Lun 19 Déc 2011 22:57 Messages: 568
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ECHOS DE BATAILLE La corde de la passerelle n'avait même pas été âbimée. Alors qu'il visait un bras, ce fut une tête qui se détacha pour s'envoler, et atterrir après quelques petites dances aériennes exquises. Le sang avait jailli de la plaie et inondé l'arme du garzok, se mélangeant à celui du vieillard mourant qu'il avait pourtant aperçu en forme, et le visage de l'orque avait également reçu sa douche d'hémoglobines au même titre que ses protections. Mais ni le corps ni la tête du primate ne put servir de trophée puisque les deux parties détachées furent transportées loin de là par quelques compagnons horrifiés devant le spectacle qui s'offrait à leurs yeux.
Alors qu'il savourait ce premier sang, le hurlement strident des singes reprit de plus belle, et cette fois ci il était impossible à Rägrok de se boucher les oreilles, tenant son arme à deux mains. Un mince filet de sang ne tarda pas à s'écouler de ses lobes tandis que son ouïe vacillait pour quelques temps, le choc du son laissant derrière lui un filtre qui étouffait tous les bruits. Les hurlements des bêtes ne devenait qu'une vague voix grave et quelques macaques s'agitant, se rapprochant. Se rapprochant dangereusement, même, puisque ce fut l'une des boules de poils qui le réveilla en bondissant à son visage, ses pieds en appui sur son protège-mâchoire de fer, lui tirant légèrement la tête vers le bas alors que son crâne était roué de coups par les petites mains de l'animal enragé.
Le choc passé, la situation redevenait plus claire et les cris moins forts, se transformant plus en de véritables hurlements de combats qu'une symphonie accordée résonnant dans son crâne : il pouvait désormais se battre et souhaitait faire un carnage. Après cela, plus aucune de ces bêtes ne voudrait lui tenir tête, et Rägrok comptait les soumettre à la même façon que les gobelins. Une fois tâché du sang des leurs, ils comprendraient qui est réellement leur chef.
Le seul primate que Rägrok avait le privilège de voir était un des deux plus faibles, mais qui avait sans doute été le plus rapide au contact du Garzok. Ses coups n'étaient pas puissants mais l'énergie qu'y mettait le petit singe était tout de même impressionnante à voir et gênait véritablement le monstre de muscle et de nerfs auquel il s'était attaqué. C'était un véritable geste de bravoure, de désespoir et de camaraderie en hommage à leur compagnon blessé, mais de toute évidence la réaction du Garzok risquait de briser des os et trancher des chairs.
Empoignant l'hargneuse bestiole par la peau du cou, le Barbare l'aplati d'un mouvement sec et brutal à ses pieds avant de lui administrer un violent coup de pied qui le projeta à quelques mètres de là, pas assez fort pour le blesser sérieusement mais laissant au moins au Mâchefer le temps d'examiner un peu la situation : Deux d'entre eux avançaient sur les barrières de fortune de la passerelle tandis que le projectile vivant se remettait de sa chute, quelque peu sonné mais toujours apte à combattre.
Ce fut à gauche que l'assaut repris, le deuxième singe roux le plus faible se projetant avec une telle vitesse au visage de Rägrok qu'il ne sut jamais réellement s'il se prit la bête ou son coup de poing en premier, l'obligeant à reculer de quelques pas sous le choc. La pression du singe sur sa protection maxillaire lui fit pester d'un juron orc à propos de la mère de ses assaillants et la frappe de la bête lui avait arraché de l'émail sur sa canine droite : avoir une dent cassée était un signe de combattant chez les Garzok, mais être un combattant sans dents cassées était signe d'être un Grand Combattant : ce coup de poing en plein bouche avait de quoi passablement énerver le Barbare, et ce fut à son tour de se mettre en rogne, plongeant dans un furie sans nom à grand renforts de hurlements aussi bestiaux que ceux des singes.
Une fois le singe de gauche encaissé, celui de droite se mit en quête de foncer à son tour sur l'orque massif, mais ce fut sans compter sur Rägrok, qui déjà empoignait la bête ayant élu domicile sur son visage et la tirait hors de portée de ses dents : ce ne fut qu'au dernier moment qu'il aperçut le vilain primate tentant sournoisement de l'attaquer en traitre, mais tout ce qu'il eut fut un vilain coup de hachoir à hauteur du torse : Rägrok ne l'avait pas entaillé mais bel et bien balayé du plat de sa lame, lui coupant le souffle pour une bonne durée : il devait agir le plus vite possible pour récupérer ses appuis, hurlant au visage de celui qui lui avait bondit dessus. Son arme dans sa main droite, il ne pouvait réellement l'entailler et se contenta de lui asséner un violent coup de boule pour finalement le jeter au devant de lui, hélàs trop en avant pour pouvoir le ruer de coups à son tour.
Le petit manège des singes continuait toujours, et celui qui avait tâté des bottes de l'orc revenait déjà à la charge, se fracassant violemment contre le tibia de l'orc comme s'il fallut enfoncer une porte, tentant ensuite de griffer les jambières de cuir qui le séparaient de la peau verte du meurtrier de leur ami. Rägrok grimaça sous le choc et sa jambe manqua de peu de fléchir, d'autant plus que le deuxième singe, celui qu'il avait frappé à l'aide de sa tête, sautait de nouveau sur lui, lui tenant cette fois-ci le bras gauche dans le but de le priver d'une de ses mains. Et tant qu'à faire, il n'hésita pas à mordre le Garzok jusqu'au sang, qui s'écoulait en ruisselant sur l'avant bras blessé, et dans un geste de rage, menant le Barbare à secouer violemment son membre endolori. Lorsque ce fut sa jambe qui remua, le petit singe à ses pieds se retrouva détaché un court instant, instant qui lui fut fatal : le pied de l'orque s'abattit sur lui, lui brisant un côte et l'aplatissant à terre, et à peine la chausse ôtée de sur son torse, ce fut la lourde lame de Rägrok qui s'abattit ensuite sur son plexus solaire, le sternum de l'animal se transformant alors en une bouillie d'os envolées en éclats, broyant ses organes internes sous l'effet contondant qu'avait le Grand Hachoir, et les chairs découpées, elles, se mirent alors à saigner abondamment comme pour noircir un peu plus le bilan des dégâts. Les poumons et le coeur violemment comprimés, ce fut d'étouffement qu'expira le primate dans un bruit de soufflet fatigué.
Comme pour indiquer aux deux singes la mort de leur camarade, Rägrok hurla de son terrible cri de guerre, se frappant la poitrine de son bras blessé et balayant le cadavre en contrebas de la petite plateforme, offrant à la végétation un rôle de sépulture pour leur deuxième compagnon décédé.
Le plus costaud des deux singes avait repris du poil de la bête et s'était balancé dans l'abdomen de l'orc, qui malgré sa protection perdit un moment sa respiration et se retrouva coupé dans son cri et dans son élan, ployant un genou dans un triste signe de faiblesse alors que son visage redevenait la cible du féroce primate. Celui qui le mordait, lui, ne lâchait pas prise et redoublait de fureur, comme un chien de chasse au cou d'un sanglier : quitte à s'y rompre le cou, il ne lâcherait pas tant que le Garzok ne se serait pas vidé de son sang.
Encaissant les enchaînements de baffes, de coups de poings, se faisant sans autre forme de procès boxer par la petite bête hargneuse, la tête du Mâchefer prenait des tournures de vert violacé, les bleus s'accumulant sur son visage déjà marqué par les combats, son arcade sourcilière libérant abondamment du sang le long de ses joues tant et si bien qu'on eut dit que Rägrok en pleurait presque du sang, la moitié de sa tête étant alors recouverte d'hémoglobine, aussi bien la sienne que celle de ses victimes. Il faiblissait.
Ce fut au profit d'un instant de repos du singe pugiliste que l'Orque Barbare put se redresser, retrouvant une position de force alors qu'il frappait le primate qui l'avait dévisagé à l'aide de l'autre primate : ce fut le coup de trop pour celui qui s'improvisait au rôle de gant de fourrure, et sa prise ne fut pas suffisante pour qu'il puisse correctement encaisser le coup : alors que le plus costaud reculait prudemment de quelques pas, le deuxième ne put se rétablir de sa chute en plus de son choc et ne put se relever à temps, ce fut donc un hachoir tenu à deux mains qui s'abattit sur lui, tranchant si fort dans son flanc qu'il eut presque été coupé en deux, son intérieur se vidant hors de lui alors que résonnait un deuxième cri de guerre, toujours plus fort, toujours plus puissant, par un orque toujours plus victorieux, toujours plus affaibli.
Il n'en restait plus qu'un, aussi amoché que Rägrok, aussi affaibli que lui, sinon plus, et dont la mort de ses deux amis semblait avoir profondément bouleversé l'esprit : à mi chemin entre la fuite et la rage, il ne semblait plus en mesure de réagir, et la peur gangrénait lentement chacun de ses mouvements : le Mâchefer titubait vers lui, son arme traînant à son côté, le regard empli de désirs de mort et de sang, sa carcasse imposante contrastant avec celle dépouillée de ses tripes. Le Barbare marcha sans même y faire attention dessus et ce petit geste déclencha un dernier élan de lucidité dans la tête du petit singe roux, qui se rua alors sur Rägrok. Mais cette fois-ci, plus de privilège dans la prise d'initiative : l'Orque laissa chuter son arme alors qu'il se jetait lui aussi, tous bras tendus, sur sa proie : le choc fut violent et le singe se retrouva malheureusement sous des kilos de haines et de guerre, tandis qu'un ultime coup de poing le fit sombrer dans l'inconscience.
Mais plus de cris de guerre, plus de vengeance. Rägrok s'éloigna un instant du singe inconscient pour dégager le corps sans vie de son camarade éventré de la passerelle, l'invitant à rejoigner le premier défunt. Ceci fait, son lourd bouclier l'attendait plus loin. Le ramasser fit comprendre à Rägrok que le combat avait pris fin, qu'il avait vaincu, et alors que les lanières se resseraient sur son bras sanguinolent, un long soupir s'échappa de sa bouche mi-ouverte, un soupir mélancolique, qui dura jusqu'à ce que le Barbare ne put mettre la main sur son arme, l'attachant à sa ceinture.
Au chevet du singe inconscient se tenait maintenant celui qui l'avait agressé et mis dans cet état, mais il n'était plus question de l'achever ou le blesser plus que de raison. Dans son épaisse main se tenait deux petites gourdes, l'une finissant dans le gosier de Rägrok et l'autre écoulant son contenu dans celui de la petite créature, pas de quoi la faire renaître en pleine forme, mais au moins de quoi la garder en vie. Parfois il fallait tuer, d'autres fois c'était inutile. Et puis ce singe était jusque là le seul témoin de la force de Rägrok. Soulevant le blessé, l'Orque le prit dans ses bras, attendant qu'il ne se réveille pour savoir s'il pouvait marcher. Lentement, lui même se mit en marche, accompagné de son nouveau serviteur pas encore réveillé, en direction de là où s'étaient enfuis les autres singes, se demandant quelle serait leur réaction en voyant le Garzok couvert du sang des leurs...- "Tu t'es bien battu, poil roux. Je vais t'appeler Kra'hal."((Consommation d'une dose de potion aigre pour Rägrok (21/30 PDV donc) et d'une dose de potion aigre pour Kra'hal. (GM8: PV modifiés dans la fiche )))
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