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 Sujet du message: Le port de commerce
MessagePosté: Dim 26 Oct 2008 22:51 
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Le port de commerce


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Yarthiss est une puissante cité gérée par une puissante famille de marchands dominant aussi bien les terres que les mers. Le port est au centre du commerce mais, petit à petit, celui de Tulorim lui fait de l'ombre, d’où des tensions entre les deux cités.

Le quartier du port possède les meilleurs marins que vous pouvez engager pour votre bateau, mais attention il y a aussi les pires coquins prêts à tout pour gagner des yus !

La particularité du port est qu'il est sur le fleuve, mais à cet endroit l'eau est profonde et le fleuve assez large pour que le commerce soit florissant.


Faites vos RPs ici jusqu'à embarquement dans un bateau

Bateaux à la vente :

Pour plus de renseignement, se reporter à la règle spécifique sur les bateaux.

Bateau à vitesse standard (x1, 6km/h) : Gratuit (Yus non débités de la fiche mais l'achat sera à jouer en RP)
Bateau à vitesse avancée (x2, 12km/h) : 400yus
Bateau à vitesse rapide (x3, 18km/h) : 1000yus
(Il est toujours possible de faire améliorer son bateau par la suite en payant la différence !)

Un nouveau sujet sera ouvert dans la partie trajet et voyage, pour que puissent s'y faire les RPs à bord du bateau acheté. Pour que le GM puisse le faire, lorsque vous voulez faire l'achat, mettez dans la demande ceci complété (Ce sera ce qui apparaîtra dans le sujet) :
Citation:
Titre : Le nom du bateau et entre parenthèse, à qui ou quelle guilde il appartient
Une image (Facultative)
Dans la présentation : Le type de bateau (Voilier, navire, gallion,...) ainsi qu'une description : à quoi il ressemble, son capitaine, ses matelots et leur nombre approximatif.
Sa vitesse (Vitesse standard (x1) / avancée (x2) / rapide (x3) )

Les bateaux sont rachetés à 1/4 de leur prix.

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

(((Si vous voulez être servi dans des temps raisonnables, n'oubliez pas de demander aux GM dans le SUJET DES INTERVENTIONS GMIQUES de s'occuper de valider vos achats en jouant le commerçant. Nous ne faisons pas le tour des boutiques... merci de votre compréhension )))

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 Sujet du message: Re: Le Port de Commerce
MessagePosté: Ven 11 Déc 2009 20:39 
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< Les Rues de la Cité >

Midi, Le soleil réchauffait l’air. J’errais de boutiques en boutiques. Puis lassé de voir du poisson en paguaille, je tentai ma chance dans les ruelles sombres et sales, proches du port, on pouvait encore entendre les vendeurs à la crié qui essayaient tant bien que mal à vendre leurs poissons infâmes et peu ragoûtants aux promeneurs. J’avais un mauvais pressentiment ces ruelles ne m’inspiraient pas confiance, et j’avais raison, deux marins armés d’épées vinrent à ma rencontre.

(Mais qu’est-ce ils me veulent...)

Ils me bousculèrent puis un des deux voulu m’attraper, j’esquivais sa main (plus grosse que Myro) aisément, son attaque était lente, malgré sa corpulence avantageuse, je restais le plus rapide, le second apparemment plus âgé, m’attaqua avec son sabre de front, j’eus le temps de sortir ma hache et de parer son coup, quand je compris qu’ils en voulaient à ma bourse, je me mis à attaquer, attaquer, et encore attaquer. Les deux hommes parèrent mes coups et m’assénèrent de violents assauts, je bondis en arrière, puis esquivai un coup d’estoc qui aurai pu m’être fatal, je m’accroupis et d’un coup d’un seul je sautai sur le marin le plus proche ma hache au dessus de ma tête prise par mes deux mains, je l'abaissai fortement et rapidement et je brisai le bras du brigand. Ce dernier hurla de douleur puis se retrancha derrière son ami qui reculait de plus en plus, je compris qu’il avait peur de moi, alors j’en remis une couche :

« A qui le tour ? »

Il prit son ami par les épaules et s’enfuit. Je m’étais bien amusé puis je vis au sol un papier, appartenant peut être à un des brigand qui pendant sa fuite l'avait fait malencontreusement tombé, c'était une sorte d’affiche qui disait :

« Annonce à toute la population de Yarthiss,

Cherche individu qui pourrait m’aider à retrouver un bien qui m’a été dérobé, je donnerais bien sûr quelques Yus en échange de ce service, pour de plus amples informations me contacter au Temple de Moura...

Mr Ilewen... »

Cela m’intriguait, je décidai donc de mettre ce papier dans mon sac, l’apparition du mot « Yus » m’interpella plus que les autres mots, il y avait de l’argent en jeu et j’en avais besoin. Je longeai la rive du fleuve pour arriver aux portes les plus proches du temple de Moura.

< Les Portes de Yarthiss: Sud >

_________________
Et son chat : Myro

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On voit toujours l'aiguille dans l'oeil du voisin, mais jamais la poutre qu'on a dans le sien.


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 Sujet du message: Re: Le Port de Commerce
MessagePosté: Mer 8 Sep 2010 02:16 
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Cela faisait maintenant plus de deux mois que j’allais et venais, sans attache avec pour seul compagnon mon fidèle Annoryn. Je m’étais posée sur un banc au niveau du port et je regardais les gens descendre et monter des navires. En y pensant, je n’avais jamais pris le bateau, je ne m’étais jamais rendue sur cette étendue bleu qu’était l’océan. Venant des montagnes, cela n’était guère étonnant.

Je caressais la tête de mon compagnon. Je ne pourrais jamais me passer de lui, il avait été ce qui m’était arrivé de mieux, mis à part Wiwia. Je repensais souvent à elle, et à ce que je serrais devenue si elle ne m’avait pas recueillie.

Quand je l’avais rencontré, c’était une magnifique Phalange de Fenris aux cheveux très blonds et aux yeux rouges comme les miens. Elle était devenue une mère pour moi qui, n’en avait quasiment pas eu. J’éprouvais une immense colère vis à vis de ma mère biologique, Wiwia avait su apaiser ce ressentiment négatif. Elle m’avait fait partager sa douleur suite à la perte de son mari et grâce à elle j’avais pu mieux comprendre ce qui c’était passé dans la tête de ma mère, la douleur suite à la perte de son frère.

Mais une chose me hantait depuis ces années sombres de mon enfance. Qu’est-ce que mon père était devenu ? Avait-il été tué ou s’était-il enfui ? Je ne l’avais jamais revu depuis cette nuit où il m’avait déposé dans la forêt, caché dans la neige. J’avais toujours sur moi la lettre qu’il m’avait écrite mais je ne la lisais guère, trop de mauvais souvenirs étaient liés à elle. Je ne l’avais pas regardé depuis dix ans, je me souvenais à peine de ce qu’elle racontait.

Mes yeux étaient toujours fixés sur l’horizon et je ressentis une vive douleur en repensant à ces moments dont il ne me restait que des cauchemars. Annoryn du sentir mon chagrin car il s’empressa de monter sur le banc et de poser sa tête sur mes genoux.

"Ah toi ! Si je ne t’avais pas, je ne sais pas ce que je ferais."

Je déposais un baiser sur la tête de mon loup, et je vis une femme qui me regardait bizarrement. C’était une elfe magnifique, aux cheveux châtains clair. Je pouvais lire deux sortes de sentiments sur son beau visage : de la peur, par rapport à Annoryn, et de la curiosité vis à vis de moi, de mon apparence. Avant qu’elle ne puisse répliquer, je l’attaquais.

"Qu’est ce que vous regardez ? Vous n’avez jamais vu une Phalange de Fenris ?

Euh…oh…"

Elle se détourna vexée par mes paroles et s’en alla tout en jetant de temps en temps des regards noirs dans ma direction. Mais ma peau restait aussi blanche que la neige. Je souriais en repensant à ce qui venait de se passer.

"Et oui, on nous cherche pas nous hein ?"

Alors que je jouais avec mon ami, un homme s’approcha de moi. Il était grand et avait la peau quasiment aussi blanche que la mienne. Sans doute un homme de mon peuple.

"Excuse…Excusez moi de vous déranger mais…puis-je m’asseoir ?"

Je l’examinai avec attention. Il ne semblait pas avoir de mauvaises intentions, mais pouvais je pour autant le laisser s’asseoir ? Au pire, j’avais ma dague à ma ceinture seulement je n’étais pas bien placée pour la sortir sans me faire remarquer par l’individu. Il avait des yeux remplis de tristesse et une certaine compassion s’empara de moi.

Il était d’une beauté renversante, après avoir passé tant de temps sans voir un autre membre de mon peuple, c’était complètement surréaliste.

"Je m’appelle…Eoweimar. Je viens…de la même tribu que toi. Etheip, le tyran qui a régné sur la meute en prenant le pouvoir, était mon père…

Votre..euh…père ?

Oui."

Je répliquais vivement sans faire d’effort pour masquer ma colère.

"Et qu’est ce que vous me voulez ? Vous excusez pour le malheur que votre père a semé sur notre meute ?

Non…

Alors quoi ?!"

Aucun de nous ne prononça un mot pendant une bonne heure. Un silence pesant et lourd nous enveloppait, ce qui expliquait que personne tentait de se rapprocher de nous. Je regardais les bateaux, ils étaient là tranquilles et bercés par l’eau. Ce paysage était apaisant. Je tapotais le dos d’Annoryn pour qu’il se lève et que je puisse partir. Je me levais et Eoweimar en fit autant.

"N’essayer plus de rentrer en contact avec moi, compris ? Je ne veux plus jamais avoir à me remémorer cette époque !"

Je me retournais en étouffant un sanglot et commençais à partir lorsqu’il m’attrapa le bras, me força à me retourner, m’attira contre lui et m’embrassa avec une passion sauvage. Je sentais tous les ports de ma peau s’ouvrir. Prise d’une soudaine pulsion je lui rendis son baiser et m’accrochais à son cou. À la fin de ce baiser torride je lui demandais.

"Mais que diable me voulez vous ? Par Fenris, répondez moi !

[color=#004040]C'est à propos de vous. Vous êtes…


Oui ?

La fille de l’actuel chef. Il est mourant et il souhaite te voir Adweinna."

Toujours dans ses bras, je restais bloquée face à ce qu’il venait de m’apprendre. Mon père était le chef de la meute ? Comment cela pouvait-il être ? Après m’avoir abandonné, il avait dû être puni ou il avait réussi à tuer le chef ce soir là. Mais dans ce cas, pourquoi ne pas être revenu me chercher ?

"Comment ?...Je veux dire comment cela peut-il être ?

[color=#004040]Votre père…il…


Quoi ? Bah allez y maintenant que vous m’avez mis à fleur de peau lâchais le morceau !

Il était le cerveau de la conspiration contre le premier chef que tu as connu. Ta mère l’a découvert et c’est pour ça qu’elle…

S’est suicidée… Non ! Vous me mentez !"

Je ne pouvais pas y croire, c'était impossible. Je rejetais tout en bloc.

"Crois moi Adweinna je voudrais que ce soit le cas."

Je retournais sur le banc, mes jambes ne me portaient plus. Heureusement que je ne pouvais pas pâlir.

"C’est pour ça qu’il n’est pas venu me récupérer…cette nuit là dans les bois…

En effet. Suite à ça il à épouser une femme de la tribu et ils ont aujourd’hui trois enfants."

Ma tête était en train d'exploser sous ce flot ininterrompu d'informations.

"STOP ! Arrêtes, je t’en supplies arrêtes !"

Je ne pleurais pas, je retenais seulement ma colère et il le vit dans mes yeux.

"Calme toi, n’explose pas ici, pas au milieu de tous ces gens…

Je peux pas…Te rends tu comptes de ce que tu viens de m’apprendre ? De la flèche qui vient de me transpercer le cœur ?

Oui, je m’en rends compte ! Crois tu que j’ai été ravi d’apprendre qui était réellement mon père !

Apparemment je suis gagnante sur ce tableau, le mien est pire !

Tu crois ça ? Ton père avait juste soif de pouvoir, il n’a pas tué des innocents !"

Alors que la dispute montait de plus en plus, je m’étais relevée et je le tenais tête et plus ça allait plus on se rapprochait l’un de l’autre.

"Il ne les a peut être pas tué, mais c’est tout comme !

On est pareil toi et moi !

Oui je suis d’accord !"

Et l’on s’embrassa avec rage, une rage qui contenait une immense douleur.

"On t’attend quelque part ?

Non.

Une pulsion morbide, ça te dit ?"

Je compris tout de suite où il voulait en venir.

"Oh ! que oui !"


=> L'Auberge de l'Au-Delà

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 Sujet du message: Re: Le Port de Commerce
MessagePosté: Sam 5 Nov 2011 02:01 
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=} Les Rues de la Cité {=

Icar s’approcha tranquillement du troisième ponton, à l’Est du fleuve, celui près duquel Bérik et lui avait convenu de se retrouver. Le jeune voleur avait besoin de l’aide du marin cet après-midi, une prise de contact avec un client compliqué était prévu, Bérik était très pratique pour passer inaperçu. Il était tellement remarquable qu’il attirait tous les regards, éclipsant littéralement l’ensemble des gens qui évoluaient en sa compagnie. Grace à lui, les gens oublieraient Icar pour se concentrer sur son compagnon, laissant ainsi les coudées franches au jeune homme.

Après quelques minutes d’attente, un corpulent personnage d’1m75 doté d’une calvitie marquée et portant une horrible pèlerine verte défraîchie s’engagea sur le ponton d’une démarche pour le moins chaloupée. Icar soupira, haussa les yeux aux ciels et interpella l’énergumène :

« Eh, vieille branche ! Je t’avais prévenu que je te voulais sobre ce jour, ta présence ne m’est d’aucune utilité si tu avances comme une orque en cloque ! »

« Holà p’tiot ! Tu *hic* sais pas c’que tu dis*hic* Je suis frais comme un gardon, et aussi sobre qu’une vierge *hic* » baragouina Bérik d’une voix chevrotante.

« Bon bon, si tu le dis, j’imagine que je dois te faire confiance ! Très bien allons-y alors, nous aurons tous le temps de discuter après que tu te sois séché l’ancêtre » précisa le jeune homme en souriant largement.

"Oh oh … Nooonn, tu n’oserais *hic* pas faire ça à un vieil *hic* ami ; je te dis que je suis tout à fait apte » dit le marin en commença à reculer doucement.

Icar se précipita en avant, saisi son vis-à-vis par le col et le propulsa dans le fleuve, qui à cette époque de l’année était encore relativement chaud. Bérik fit un joli vol plané avant de plonger dans l’eau, action qui s’accompagna d’un cri somme toute assez féminin. Le jeune voleur pouffa en voyant la tête outragée du marin jaillir de l’eau, quelques secondes plus tard, une plante aquatique dans la bouche.

" Je savais bien que tu étais imbibé, mais à ce point … Tu me déçois vieil homme, allez maintenant que tu as tous tes esprits, nous pouvons y aller je suppose. Ah, et ne pense même pas à me rendre la pareille, si tu ne veux pas réitérer cette humide expérience ! » expliqua Icar en voyant son ami sortir de l’eau avec un regard mauvais et un sourire malicieux.

« C’est noté, laisse-moi juste le temps de me sécher le derrière au soleil, et nous pourrons y aller … Au fait, tu ne m’a pas encore félicité, t’as r’marqué que j’avais drôlement maigri hein ? » demanda Bérik avec une once de mauvaise foi évidente tout en essorant ses vêtements.

« Mmmmmh oui, bien sûr … Nous en reparlerons en chemin si tu le veux bien » précisa Icar en observant le soleil dans sa course. « Nous devons être à la Porte de Enfers dans moins de trente minutes, tu te sécheras en chemin ! »

Sans attendre de réponse, le jeune homme s’engagea dans la rue principale menant à la dites taverne, suivi de près par son compagnon.

=} Les Rues de la Cité {=

_________________
Icar Damodred, Voleur Kentran niveau 1


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 Sujet du message: Re: Le Port de Commerce
MessagePosté: Mar 11 Sep 2012 11:11 
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<<venant de les-rues-de-la-cite-t251-105.html#p318525>>

......Mereimm avait réussi à sortir du bordel sans que sa mère ne fasse trop trainer les choses. Elle lui avait donné très rapidement des nouvelles de ses anciens compagnons Rudio, Steras et Malof...

Rudio avait été retrouvé quelques mois plus tôt, pendu à une pierre au fond du fleuve, il n'y avait pas eu d’enquête de la garde et son corps avait été jeté dans une fosse commune. Malof avait arrêté de trainer dans la rue et travaillait depuis un an dans la réserve du Magasin Bricobrac, Mereimm savait désormais où le trouver mais Steras avait fait son petit trou dans la guilde des voleurs de la ville . Il était maintenant sous sa protection et devait être bien plus dur à atteindre mais Mereimm connaissait son point faible: Miria la dodue, son amie depuis qu'il étaient enfants.
Miria vivait toujours sur les docs et son logement, que Mereimm connaissait sur le bout des ongles, était le meilleur endroit pour l’intercepter.... quand on est un obsédé des bourrelets on va les secouer tout les jours...ils en riaient adolescent, maintenant Mereimm en souriait...

S’approchant de la petite maison deux pièces que Miria possédait prés des docs, Mereimm tapota sa toge de cuir au niveau de ses reins et attendit que Morve, mr rat, veuille bien sortir de la poche qu'il avait investi dés qui avait fini de s'habiller après son bain...

Sa mère avait fait garder le silence sur le retour de son fils et c'est le coeur tranquille que Mereimm s'approcha de la maison....

Deux choix lui étaient possible, le tuer lui, les tuer tout les deux...Miria tenait un petit commence de chanvre sur les docs : cordages, bouts, amarres et matière première , un possible pécule l'attendait chez elle et il serait plus facile d'orchestré un "accident" aux deux que de craindre l’enquête de la guilde s'il s'occupait que de lui....la décision était prise...

(Deux pour l'incendie de l'un...)

Trouver de l'huile sur des quais est aussi facile que de trouver des morpions de 10 grammes dans une cellule du château et il ne lui en fallait que peu, Myria avait peur de dormir dans le noir et possédait au moins trois lampes dans sa chambre....Mereimm connaissait les planches qui grincaient, savait comment ouvrir l'unique porte sans qu'elle traine bruyamment sur le sol et surtout il connaissait le refus de la dodue d'avoir des armes dans sa chambre

-" la seule arme qui a le droit de rentrer dans ma chambre c'est ta grosse matraque et elle je n'en ai pas peur..."

....Steras devrait être au lit nu, sans armes et subirait la surprise de le voir dans la chambre s'il venait à se réveiller...

La porte ouverte délicatement, Mereimm déposa Morve sur le sol et claqua la langue dans un code travaillé deux ans en cellule, le rat noir taché de gris au train arrière se faufila dans la maison et disparut en silence... Moins de trois minutes plus tard il ressortit, fit deux fois le tour du pied droit de son maitre et s'assit en couinant de joie: personne en bas rien a craindre pour rentrer dans la pièce principale...

Une minute suffit a Mereimm à s’habituer à la luminosité, et il constata qu'il avait bien fait d'attendre, de nouveaux meubles avaient prit place dans la pièce et il n'aurait pu atteindre la chambre sans au moins en cogner un...De l'entrée, il entendit distinctement deux ronflements de l'autre coté de la porte. Sur la table outre, les objets usuels, il découvrit la ceinture à double fourreaux que son ancien compagnon avait confectionné lui même quelques années auparavant, les couteaux anciens avaient été changées pour des lames plus récentes, courbées, du meilleur effet...Mereimm les empocha rapidement et commença à fouiller la pièce, la dodue avait l’habitude de cacher ses richesses dans le pied creux d'un banc de chêne qui trônait au fond de la salle, Mereimm le vida directement dans sa bourse sans regarder la nature des pièces et voyant tout de même distinctement une bague l'espace d'une seconde....

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(Ce qui est mien le restera, ce qui est votre, sous peu, disparaitra ,
ce que vous recherchez bientôt sera à moi ,
résistez et sur votre cadavre erreront mes doigts.)


mereimm-voleur-niv-1-t5121.html#p318519

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Dernière édition par Noth Netep le Mar 11 Sep 2012 17:54, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Le Port de Commerce
MessagePosté: Mar 11 Sep 2012 14:29 
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((( [:attention:] Certaines scènes de ce rp sont à forte connotation sexuelle/violente/gore, aussi est-il recommandé aux lecteurs sensibles d'y réfléchir à deux fois avant d'en entamer la lecture.)))


L'avantage avec une grosse dormeuse c'est que le bruit à émettre pour les réveiller doit être suffisamment daudible pour passer outre les ronflements , comme Steras avait lui même prit au moins huit kilos, Mereimm put se retrouver prés deux sans aucune difficulté ....Lors de sa dernière nuit libre, Mereimm avait distinctement vu Malof tenter quelquechose mais Steras n'avait pas eu ce genre de principe, il avait été le premier à fuir ...

Délicatement Mereimm humidifia le lit d'un litre d'huile, déversa la réserve d'une des lampes en arcs de cercle autour du lit puis dessina une mèche liquide venant jusqu'au siège qu'il avait posté devant la porte....

Fouillant les cendres de la petite cheminée du salon, Mereimm y sélectionna quelques braises rougeoyantes dans un verre en gré et s’assit finalement devant la porte regardant le couple entrelacé....Il attendit quelques minutes se demandant s'il voulait rester pour le voir cramer mais finalement il se leva rangea la chaise et la remplaça par une autre lampe à huile posée en plein dans le passage de la porte...et jeta le verre sur le lit...

Il entendit des cris bien avant d'avoir quitté la ruelle, il s'y posta à plus de cinquante mètres et contempla le feu qui embrasa en deux phases distinctes la maison...La dodue était bien trop ronde pour tenter de faire quelquechose mais Steria lutta pour sa survie: Mereimm le vit jaillir dans la ruelle criant en se jetant contre un mur et ainsi de suite sur une vingtaine de mètres laissant cinq marques distinctes et enflammées sur la pierre...Le problème, quand la peau brule, c'est qu'on ne peut pas la retirer brusquement comme un vêtement, la peau tombe toute seule en flammes dans un crépitement de graisse et c'est ce que fit Steria, parsemant la ruelle de flaques poisseuses brulantes...

L'odeur était forte, acre ( ou âpre) et lui remplissait les narines,.., telle une bougie recroquevillée et difforme , le corps commença à se consumer dans un gargouillis...

Il fallait partir avant que quelqu'un vienne mais Mereimm eut beaucoup de mal à quitter le cadavre des yeux...

( surprenante cette odeur, elle donne autant faim que la nausée)

S'éloignant du brasier...

(Et de deux...)


<<allant vers le-magasin-bricobrac-t238.html#p284697>>

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mereimm-voleur-niv-1-t5121.html#p318519

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Dernière édition par Noth Netep le Mar 11 Sep 2012 15:32, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Le Port de Commerce
MessagePosté: Sam 19 Jan 2013 17:49 
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Plus il s'éloignait de la fange boueuse où il avait mis en terre son père, plus il semblait respirer. Cela était en partie dût également au fait qu'il s'approchait à grand pas du quartier portuaire. Étrangement, malgré les années passés à Yarthiss, il n'en connaissait rien d'autre que ce quartier, et les ruelles menant aux divers établissements qu'il devait ravitailler. Pourtant il n'avait de relation avec aucun des clients, et ceux-ci étaient devenus bien moins nombreux depuis que le véritable marchand, Haradin, avait perdu tout sens commun. Désormais livré à lui même, Gaultier était venu ici, là où il savait trouver les dernières personnes qui lui étaient un minimum familières.
L'obscurité nocturne n'était pas encore totale, et des marins s'affairaient encore ça et là mais il n'y prêta pas attention. Il se dirigea, après un moment d'hésitation, vers un navire amarré. « Le Faucon », un nom qui était peint grossièrement sur la coque. Même en faisant usage de toute son imagination, Gaultier avait du mal à déterminer en quoi ce nom était représentatif du navire. Ce dernier n'avait en effet rien de majestueux et, pour l'avoir vu plusieurs fois quitter le port, il savait qu'il n'avait la grâce d'aucun volatile, encore moins d'un faucon.
Il s'agissait pourtant d'un vaisseau qui avait beaucoup voyagé, prouvant son efficacité dans le domaine du transport de marchandises. Le mat unique, pour l'instant dénudé de sa voilure, était démesurément petit compte tenue de la largeur de la soute, qui rappelait certains navires esclavagiste. Gaultier s'était toujours figuré que l'armature du Faucon avait été conçu à l'image de son capitaine. Un homme obèse prénommé Tavos ; l'homme auquel il devait la plus grosse somme d'argent. 400 Yus qu'il était loin de posséder...

C'est donc avec un nœud au ventre qu'il monta à bord. Le seul membre d'équipage présent somnolait contre le bastingage et il atteint le pont sans aucun soucis. La porte de la cabine du capitaine était entrebâillée, laissant filtrer un faible rayon de lumière. Prudent, Gaultier frappa faiblement sur la lourde porte. Il n'eut aucune réponse. Alors qu'il s'apprêtait à partir, le bruit caractéristique d'une chute se fit entendre depuis l'intérieur. Suivit instantanément de plusieurs autres sons, comme si la chute avait entraîné avec elle toute sortes d'objets.
Lentement, Gaultier ouvrit la porte, dévoilant petit à petit le décor de la cabine. Elle n'était pourvue que d'un seul tableau, représentant un navire voguant dans une tempête déchaînée. Il ne s'agissait plus vraiment d'une œuvre d'art, car la toile avait été en partie déchirée et le cadre menaçait de tomber à chaque instant. De part et d'autre du bureau de cèdre qui se trouvait au centre, des écuelles vides ou en parties se trouvaient ça et là. Des restes de nourritures jonchaient même le sol, surplombés par plusieurs mouches.

Dans son souvenir, cette pièce dégageait une ambiance pesante et chaude de nourriture et de crasse. Cela n'avait pas changé, en réalité c'était pire ; l'atmosphère était suffocante. Dans un coin de la pièce, il reconnut un objet. Une cape grise et soignée. Un objet dont Gaultier avait du se séparer pour éponger une partie de ses dettes. Une cape Elfique.
Il s'en approcha et la prit entre ses mains, appréciant la texture. Il la porta à hauteur du visage et fut désagréablement surpris de constater que la subtile odeur de forêt qui s'en échappait lorsqu'il l'avait connue avait été remplacé par celle de la viande. Néanmoins elle ne semblait pas abîmée, et il ne doutait pas une seconde qu'elle ait conservée les propriétés qu'il lui avait connue. Car, plus qu'un simple objet, cette cape fut pour ainsi dire sa seule amie durant les mois où il en avait prit possession. Il la revêtait et usait de son pouvoir lorsqu'il voulait s'isoler, disparaître aux yeux du monde. S'en séparer avait été la chose la plus difficile qu'il avait dût faire au nom du commerce de son père. Pourtant il l'avait fait. Et désormais il se trouvait dans la demeure du porc qui avait sut le mieux tirer profil de son manque d'expérience...
Achetant à des taux ridicules, vendant à des prix exorbitants, Tavos avait toujours sut profiter de la naïveté de Gaultier. Pourtant ce dernier accepterait volontiers de devoir payer ses dettes injustes en travaillant pour celui qui avait profité de lui.
Néanmoins, alors qu'il continuait à caresser l'étoffe de la cape, sa conscience se réveilla. Non, il devait faire autre chose, quitter cette ville. Qui sait, peut-être même apprendre à vivre seul !

Il en était en tout cas là de ses réflexions lorsqu'il vit la main posé sur le rebord du bureau. Elle semblait inerte et il reconnut les doigts boudinés de Tavos, ainsi que ses nombreuses bagues clinquantes.

« Monsieur Tavos ? Capitaine ? »

Sa voix était faible, comme s'il avait peur de réveiller l'homme. Tout en approchant, il découvrit qu'il n'avait aucune craintes à se faire à ce sujet. Car, alors que la main glissait pour se rabattre sur le ventre proéminent de celui qui fût le capitaine du Faucon, Gaultier s'arrêta net, écarquillant les yeux face à son créancier.

Il gisait là, son gros ventre rabattu sur son côté droit, la tête reposant sur l'un des barreau de sa chaise. La bouche entrouverte, bougeant faiblement et difficilement. Pourtant aucun son ne sortait. Et pour cause, du sang mêlée à une bouillit qui ressemblait à du grain s'échappait par à coup de ses lèvres aux commissures tranchées, lui donnant un rictus étrange ressemblant à un sourire dément. De son unique orbite valide, il regardait Gaultier avec une expression folle de désespoir mêlée d'espérance. Son second œil, lui, pendant sur sa joue, des filaments visqueux le rattachant encore à la position qui fut jadis la sienne.

« Qu'est ce qu'il vous est.... »

Sans pouvoir le contrôler, un flot de gerbe monta en lui et il dégobilla sur le corps de Tavos qui poussa un mugissement désemparé.

« D...désolé je.... »

Alors qu'il mit une mains devant sa bouche, - l'autre agrippant toujours la cape – s'éloignant en titubant, il aperçut les pieds nues de celui qui gisait là. Deux broches de cuissons étaient enfoncés sous l'ongle des deux gros orteils et tous les autres avaient étés cassés de sorte à se replier sur le pied. De nouveau, Gaultier fut malade devant ce spectacle horrible, aucune autre pensée ne traversait son esprit à part « va t'en, tout de suite, le plus vite que tu peut ». Pourtant il ne pouvait détacher son regard ahuri du spectacle qui s'offrait à lui. Et plus il faisait face, plus il se sentait mal. Lorsqu'il remonta son regard vers le pantalon baissé de Tavos, et qu'il découvrit ce qu'il était advenu de certains de ses membres tranchés, il ne put réprimer une nouvelle envie de vomir. Cette fois il tenta de se retenir pour ne pas ajouter encore une fois au tableau qui se présentait devant lui et c'est en s'aspergent lui même qu'il se plaqua contre une bibliothèque pratiquement vide qui se trouvait derrière lui.

Il tenta de reprendre le contrôle, mais ses jambes tremblaient, tout comme le reste de son corps. Il tenta d'avancer vers la porte de sortie, mais trébucha et fit tomber la maquette inachevée d'un voilier qui explosa au sol.
Dos au mur, il se figea à l'instant où une voix se fit entendre.

« Capitaine, vous allez bien ? J'ai entendu un bruit bizarre et.... »

Alors qu'une ombre s'étirait lentement vers la pièce, dont la porte était désormais totalement ouverte, une unique goûte s'écrasa sur le front de Gaultier. Une larme rouge qu'il étala en y portant ses doigts. Il leva les yeux au plafond et son sang se glaça.

« Capitaine, vous êtes là ? »

L'ombre du marin s'approcha un peu plus, dévorant le bureau, mais le temps semblait s'être ralentit. Les yeux rivés vers le plafond, serrant désormais son unique amie contre lui, tel une peluche aidant les enfants à lutter contre les terreurs nocturnes, il se mit à pleurer de désespoir.

En lettre de sang, se trouvait, recouvrant le plafond d'une écriture dégoulinante :

« Gaultier Laurens paie toujours ses dettes ».

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 Sujet du message: Re: Le Port de Commerce
MessagePosté: Dim 20 Jan 2013 15:19 
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Immobile, il retenait sa respiration, ses yeux brillants de larmes fixant l'inscription. Gaultier Laurens, son propre nom peint d'écarlate sur la scène d'un crime atroce. Bien qu'il n'avait plus Tavos dans son champ de vision, des images de son corps mutilé se pressaient dans son esprit, l'empêchant de réfléchir. Pourtant, alors que l'ombre du marin alerté par le vacarme s'approchait, il prit une inspiration féroce et referma la porte de la cabine brutalement, la claquant presque au nez de l'homme.

« Qu'est-ce qu'il se passe la dedans ?! »

Le son mat d'un poing se fit entendre à plusieurs reprise. La sentinelle tambourinait tout en braillant. Mais Gaultier n'entendait qu'un son atténué, comme un marteau s’abattant sur une pile de linge. Sa bouche était remplie de ouate et sa vision embrumée de larmes. De nouveau, il se sentit malade, l'odeur de la pièce et de ses vêtements couverts de gerbe lui emplissant les narines. En cet instant, il aurait voulut s'effondrer en boule dans un coin et disparaître. Mais il ne le pouvait pas. Pourtant, son cerveau, contre toute attente, restait en activité. Il savait pertinemment qu'il serait accusé de ce meurtre si on le voyait ici. Pire encore ; la marque de sa culpabilité était tracé sur les murs pour une raison qu'il ne cernait absolument pas.
Il referma le loquet de la porte et s'éloigna de celle-ci, qui tremblait toujours sous les coups et les cris de celui qui tentait d'entrer...

Les yeux de Gaultier s'agitèrent nerveusement, sa respiration lourde était entrecoupé de hoquets, mais les spasmes qui animaient son corps semblaient s'être calmés. Son regard filait sur les détails de la pièce, passant de l'inscription aux divers objets présents. Une porte. Elle se trouvait derrière le bureau. Et donc derrière Tavos. Il déglutit, puis se précipita vers celle-ci, ignorant les suppliques sourdes du capitaine agonisant. Se pressant sur le battant, il gémit. Elle était fermée. Donnant un unique coup de poing sur celle-ci, il se mit à glisser vers le sol, la tête appuyée contre le bois. Quant soudain, un éclat métallique accrocha son regard. C'était le capitaine, un large trousseau était accroché à sa ceinture.
Pendant ce temps, la porte principale de la cabine vrombissait littéralement et d'autres cris vinrent se lier au premier. Visiblement plusieurs autres membres d'équipage avaient étés réveillés, mais leurs hurlement n'étaient, pour l'instant du moins, pas tournés vers la pièce où se trouvait Gaultier.

« C'est pas finit se bordel ! Tu va arrêter de gueuler ! »

S'ensuivit une pseudo discutions braillée depuis le pont, alors que l'infortuné prisonnier, dans sa cabine, tirait de toutes ses forces pour tenter d'arracher le trousseau au pantalon baissé sur les genoux de Tavos.
Finalement, il y parvint, faisant se retourner le corps du capitaine sur lui même dans un bruit particulièrement dérangeant de sucions. En effet, de son dos ne restait plus qu'une large plaque rouge de sang, parcourut de trous noirs. Gaultier suffoquât, alors qu'il considérait les trois piques enfoncés dans le planché, là où se trouvait Tavos un moment plus tôt.
Un ultime râle se fit entendre et il n'eut pas besoin de le vérifier pour savoir que l'homme était mort. Il venait de mettre fin à ses souffrances. Alors, son sang ne fit qu'un tour et il s'activa violemment, se remettant sur ses jambes et manipulant le trousseau pour ouvrir la petite porte. Il dût s'y reprendre à trois fois, encombré par la cape elfique qu'il tenait toujours dans sa main droite, manquant de lâcher les clés à plusieurs reprises, alors que la porte principale, elle, commençait à craquer.
Finalement, il réussit à ouvrir et s'engouffra directement dans la pièce suivante. Celle-ci ne donnait sur rien d'autre que la chambre du capitaine, petite pièce étroite ne contenant qu'un lit et un pot de chambre. Aucune sortie ne semblait possible...

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Dernière édition par Gaultier Laurens le Lun 28 Jan 2013 16:44, édité 3 fois.

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 Sujet du message: Re: Le Port de Commerce
MessagePosté: Dim 20 Jan 2013 17:34 
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Il ne lui restait plus beaucoup de temps, déjà la porte principale commençait à céder, chaque martèlement étant accompagné d'un craquement plus violent que le précèdent. Plusieurs personnes étaient maintenant agglutinées derrière... certaines aidant le premier marin, d'autres, reconnaissables au son de leurs voix plus lointaines, semblaient assister à la scène passivement.

« Si vous faites ça pour rien, Tavos va vous passer un sacré savon les gars... »

Septique, l'une des voix semblait tenter de calmer les hardeurs de ses compagnons, pourtant ces derniers persistaient dans leurs efforts.

« J'ai entendu un bruit, puis quelqu'un à refermé la porte à clé ! Je te dis qu'il y à du monde la dedans, et le capitaine ne répond pas ! »

Pendant cette altercation, Gaultier était retourné dans la cabine, tenant le pot de chambre dans la main gauche. Il mit la cape sur ses épaules puis, prenant l'objet dans ses deux mains, il le projeta vers le plafond pour en asperger le contenu. Ce dernier était remplit d'urine et par chance, cela suffit à effacer, du moins en partie, l'inscription macabre. Ne subsistait plus que « ….tier Laurens.... jours ses dettes », ce qui était déjà un début, bien que la phrase restait facilement identifiable...
Il s'apprêtait à lancer le reste du contenu lorsque la porte céda définitivement, emportant avec elle les deux hommes qui s'évertuaient à l'ouvrir de force.
Gaultier lâcha le pot et s'en recula vers un coin de la pièce, se mettant accroupis et recouvrant son corps avec sa cape elfique. Espérant que son pouvoir était aussi efficace que par le passé.
Ce fut le cas. Et les marins ne virent qu'une cabine aux murs dégoûtants de pisse, un pot de chambre à moitié vide déversant son contenu au sol en roulant.

« Par les dieux, qu'est-ce-qui c'est passé ici... »

Le second marin, bien plus trapus que la vigile qui avait agit en premier, poussa son comparse sans ménagement.

« Capitaine ? »

Il y eu un moment de silence, Gaultier n'osant bouger pour observer la scène, emmitouflé qu'il était dans sa cape. Par chance, le jet qu'il avait fait avait éteint l'une des deux bougies présentes sur le bureau, ne laissant plus qu'une volute de fumée stagnante au dessus de cette dernière. La semi-pénombre qui régnait désormais lui fut salutaire.
Finalement, les membres de l’équipage présents tombèrent sur Tavos, et il y eu un moment de stupeur totale. Et même si la plupart étaient restés sur le pas de la porte, ils comprirent vite ce qui c'était produit à l'expression que firent leurs deux camarades.

« Que personne ne descende du navire ! Regroupez tout ceux qui sont ici sur le pont ! Je m'en contre fou si vous les réveillez ! Tavos est mort ! Le capitaine à été assassiné ! »

Celui qui donnait les ordres, c'était Baradin, John Baradin, le second de Tavos, Gaultier le reconnu en osant un regard, une fois que le bruit des pas agités lui aient attestés que la plupart des marins étaient en trains d'exécuter les ordres. Le second, lui, était resté dans la pièce, observant le corps de son ancien supérieur, une main plaqué sur la bouche.
Il resta ainsi quelques instants, semblant réfléchir. Jusqu'à ce que l'urine ruisselant du plafond attire son attention. Il plissa les yeux, visiblement peu habitué à la lecture. Puis dit à mis voix.

« … tier... Laurens... Foutre bleu ! Haradin ! »

Sa concentration fût pour Gaultier l'ocasion de lui fausser compagnie. D'ordinaire hésitant, il était maintenant dans une situation dont il souhaitait se soustraire au plus vite. Aussi rapide qu'il le put, il se mis debout et prit ses jambes à son coup en direction de la porte. Malheureusement pour lui, il n'avait jamais été très adroit, et il se prit les jambes dans sa cape, manquant trébucher, s'avachissant contre le mur avant de réussir à s'extirper.
Ce fut le temps nécessaire au second pour réagir et il l'agrippa par le bras puis le retourna vers lui.

« Toi ! »

Alors que leurs visages se rencontrèrent face à face, John fût prit d'un étonnement qui n'était pas seulement dût à l'apparition subite de Gaultier. Non, c'est ce qu'il vit dans ses yeux qui le troubla. Ce n'était pas le regard d'un tueur cherchant à fuir le lieu de son crime, il reflétait la détresse et le désespoir de quelqu'un qui ne comprend rien à ce qui lui arrive.
Sans même y prendre gare, il relâcha légèrement sa prise, ce qui permis à Gaultier de se libérer, et de sortir de la cabine. Ce dernier tomba à genoux dehors, la pluie s’abattant sur son visage décati par les événements.
Il se redressa presque instantanément alors qu'un marin, posté entre lui et le ponton, le héla.

« Hé ! Qui tes toi ? Bouge pas ! Bouge pas ! »

Sans réfléchir, il se rua vers lui. Ou plutôt vers la passerelle qui le ferait quitter le Faucon, ce bateau où c'était passé l'horreur. Cela sembla surprendre l'homme, ou plutôt le jeune homme, qui ne réagit pas à temps.
Il le fit tomber à l'eau, sans arrêter sa course folle. Ce n'est qu'une fois à terre qu'il reprit son souffle, tenant ses genoux entre ses mains, haletant.
Il n'eut malheureusement pas le loisir de se reposer ici, car des cris s'élevèrent derrière lui.

« Arrêtez cet homme ! »

Jetant sa cape par dessus ses épaules, il s'enfuit vers les ruelles de Yarthiss dans un claquement de tissu.



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 Sujet du message: Re: Le Port de Commerce
MessagePosté: Mer 24 Juil 2013 19:25 
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Garn parcourut les petites ruelles tortueuses et boueuses, et déboucha sur les quais. L'effervescence des ouvriers et des marchands, l'allée venu des carrioles et des convoies de marchandises ne l'attiraient pas beaucoup, mais il s'interrogeait vraiment sur les chances de la ville en cas de siège prolongé. Se mêlant à la foule, et toujours en évaluation des probabilités d'un incendie accidentel aux conséquences irrémédiables, il s'engagea sur les tréteaux de bois qui tapissaient le sol, profitant de l'humidité du fleuve pour se rafraichir. Malgré le côté agréable de la chose, il s'inquiétait de ne pas trouver de toit avant la nuit. De nature peu bavarde, il décida d'écouter les conversations des passants, ce dont il avait fait sa spécialité, et s'appuyant contre un chariot, il se concentra sur le brouhaha alentours pour en déceler les informations dont il avait besoin.
Il aurait sûrement été plus simple de questionner l'un d'entre eux, mais Garn s'ennuyait vite à parler à des inconnus, et finalement se détournait toujours du discours de son interlocuteur, fusse une indication capitale, un secours ou même un arrêté royal. C'est tout en le sachant que Garn avait développé cette capacité à se détacher du monde et des mots. Cela lui permettait de comprendre une phrase non pas pour ses sonorités, mais pour son contexte et son sens global, et ainsi ne retenir que l'essentiel, afin d'oublier tous le reste.

Un groupe de marchands qui conversait près d'un entrepôt lui donna l'information dont il avait besoin :

"Le convoie ne partira pas avant trois jours, mon cher, les vivres ne sont pas encore embarqués. Et Dame Charyon n'est même pas à Yarthiss !", affirma un première homme, à l'allure aimable d'un bon négociateur.

"Peut-être, mais nous avons déjà du retard sur le voyage, et vous savez ce qu'on fait à ceux qui n'arrive pas dans les temps...n'est-ce pas ?"

Celui-ci était plus petit, et un léger embonpoint laissait penser à un statut plus élevé que les deux autres, si on ne l'avait pas compris à ses vêtements luxueux, qu'il se gardait de trainer dans la boue.

"Est-ce une menace, que vous proférez à mon père", rétorqua un homme plus jeune, d'un ton posé mais tranchant.

"Mon fils, ne rentre pas dans son jeu. Nous connaissons notre place", dit-il, en faisant glisser son regard jusqu'à l'être enrobé qui le fixait encore, un sourire étiré sur la largeur complète de son double menton. Et il ne fait aucun doute que nous arrivions dans les temps. Après tout, le client est ROI, n'est-ce pas ?

Puis, à son fils :
"Va réserver une chambre pour MESSIRE Ydgen, un peu de repos ne rendra son humeur que plus agréable."


Le jeune homme se détourna en saluant bien bas son père, et bien plus bas encore l'autre énergumène, et partit en direction du sud des quais. Garn engagea sa filature sans écouter la fin de la conversation ( cela ne le concernait pas et il n'était pas curieux), et on eu espéré qu'il puisse arriver à bon port, si un tant soit peu, il en avait gardé l'intention...ou l'envie jusqu'aux portes de l'Auberge.

[Les rues de la cité, Pont - Yarthiss]

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 Sujet du message: Re: Le Port de Commerce
MessagePosté: Mer 7 Aoû 2013 03:06 
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Le début d'une longue aventure-Partie 4

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L'aube de la terreur

Je me sentais lasse. Comme si rien, ne pourrait plus rien arrivé. Je nageais dans un monde de noir et de blanc. Parfois, quelques voix parvenaient à mes oreilles et disparaissaient avant que je n'ai eu le temps d'identifier une voix en particulier. Je ne savais plus combien de temps avait passé avant que je me réveille, mais je savais seulement que ce n'était pas réelle. Quelque chose me forçait à me réveiller. Quelque chose de puissant que je ne ressentais que dans des moments de grands dangers. Je me dis, alors, que les choses devaient être peu reluisantes, si le sentiment que je ressentais était si grand.

Le danger m'assaillait de toute part. Tel une ombre, elle s'étendait sur moi et sur mon esprit. Devais-je choisir de faire confiance en mon instinct? Qui, cela-dit, était rarement en état de fatigue. Ou continuer à dormir tel l'ange que je fus une vingtaine d'années plus tôt? Le combat se déroulait à l'intérieure de moi, alors que j'étais inconsciente. Je parviens par suivre mon instinct.

Sortir de ma torpeur fut plus difficile que prévus, car j'étais bien dans cet état de latence. Jamais, je n'avais été plus sereine, malgré le sentiment de danger qui comprimait mon cœur. Après plusieurs essais sans succès, je réussis à entrouvris les yeux légèrement pour apercevoir des couleurs dansées devant mes yeux. Les conversations étaient de plus en plus claires dans ma tête. Je parvins à voire les deux hommes qui se parlaient et j'entendis qu'ils prononçaient le nom de femme pour me décrire. Une curieuse injustice pour les femmes dans une ville qui est prétendue neutre. Deux hommes discutèrent de mon cas, dans un de mes moments de lucidité. Ils parlaient de moi, c'était évidement.

-Qu'est-ce qu'on va faire de cette espionne de malheur, sergent! Depuis deux jours, nous la laissons là! Vous pensez avoir une bonne prise.

-J'ai dans cette femme, une prise de plus de 14 000 yus. Sans compter, que le client pourrait en demander plus. Son visage m'est familier. Il y a quelques années, j'ai vu une jeune femme qui vendait ses services. Je l'ai abordée, mais je n'avais pas la force de l'éviter, tant elle était belle, je préférais ne pas me faire attraper par un autre garde qui m'aurait enfermé dans les cachots pour mon impertinence. Maintenant, je suis sûr que c'est elle. D'après toi, qu'est-ce que je devrais faire? La vendre ou la conserver pour moi.

-Je suis pas le patron, mais je pense que je la vendrai. Tout le beau pognon qu'on pourrait ce faire avec ça.

-Toujours à penser aux pognons. Hein! La vendre pourrait être bien plus utile que de la garder pour moi seule. La garde en a besoin. Heureusement, j'ai déjà envoyé un des serviteurs du client. J'ai hâte de voir comment elle vaut. J'espère que ce sera autour de 20 000 yus. Ça nourrirait tes amis, les soldats, qui mangent toujours comme des goinfres. HA, HA, HA!

Je me souvenais que quelques années auparavant, un garde s'était sauvé avant même que je lui propose mes prix. Je l'avais toujours pris pour une singlé qui ne voulait qu'attirer l'attention. Maintenant, je savais qui il était et qu'il allait me vendre pour un sacrifice stupide. Il me fallait trouver le moyen de sortir de là avant que l'émissaire de leur client n'arrive. Je ne trouvais que des brides d'idée. J'avais bien le temps d'y penser. J'avais aussi dans la tête d'essayer de trouver un moyen de prévenir les disparitions dans la ville, mais je me rendais compte que n'importe qui pouvait prétendre ne pas prendre part dans ses disparitions et en être le complice. J'allais devoir en parler avec Bertrand de Comptois.

Ma vue et mon audition se corrigèrent avec le temps. Quelques heures à peine après mes premières prises de contacts, je percevais tout. Je savais que je me trouvais dans un cachot. Le bruit des pas sur le sol humide me le confirmaient. Ma peau était humide, car j'étais couchée sur la pierre dure et froide. Je bougeai un peu pour me défaire de cette position inconfortable que j'avais prise. Le soldat m'avait surement entendue bouger, car il me donna un coup de pied dans les côtes qui me fit un mal atroce.

-Enfin, la putin est réveillée. On se demandait bien quand la belle au bois dormant se réveillerait. Sa fait déjà deux jours que le sergent se demande se qui pourrait bien faire d'elle.

-Ah! Que m'avez-vous fait? J'ai mal à la tête.

-Princesse à mal à la tête, maintenant ! J'aurais dû donner un coup plus fort pour le faire disparaître.

-Qu'est-ce que tu fais, Clovis? Arrête de discuter avec notre prisonnière, sauf pour un interrogatoire. Deuxièmement, on ne donne pas de coup à la prisonnière. Le client les préfère sans blessure. Qui t'as entraîné. Ce freluquet de Gyulvain! Ça ne m'étonnerais même pas malgré. Il y a des sergents cent fois meilleure que lui.

-On s'amuse bien pourtant! Et parler pas Gyulvain comme ça! Je l'ai bien aimé moi. Autant que vous même.

-Clovis!

-Ok! Je me tais.

Le sergent hocha la tête. Satisfait de son travail. Pendant ce temps, j'avais déjà échafaudé un plan. Récoltant toutes les énergies qui me restaient. Je lançai un sort d'Armure Acide. Le sort me coûta de nombreux fluides que je n'avais qu'en quantité suffisante.J'allais payer le prix dans quelques heures. L'Armure Acide les blessaient, mais refusaient de venir les laisser mourir. J'étais terrifiée que mon sort ne soit pas plus puissant. Le sergent fut si choqué de cette intervention de ma part qu'il se lança sur moi. Pendant que les deux soldats étaient occupés à se rendre compte de se qui venait de se passer. J'étais déjà dans le corridor à trouver où je devais me rendre. Aucune sortie ne vint dans mon champ de vision. Une douleur me transperça la jambe. Je perçus une dernière parole.

-Une mage! Je vais être riche si sa continue comme ça. Je ne m'en serais douté.

Je m'écroulai, tel un pantin sans corde.

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 Sujet du message: Re: Le Port de Commerce
MessagePosté: Lun 3 Fév 2014 22:56 
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Après avoir passé un pont, je vis une soudaine agitation.

(Je crois que j'y suis )

Des bateaus débarquait de toutes part. Des petits, des gros, de commerces ou de pêche. C'était un véritable cafarnaum. Je criais :

"Quelqun a besoin d'aide, de main d'oeuvre ?"

Mais le bruit couvrait ma voix. J'essayai donc d'aller voir un bateliers. Je m'approchai d'un d'eux.

( Pouah. Vu son haleine, il a du boire une ou deux bouteilles en trop. )

"Monsieur ? Monsieur !
_Tu m'veux quoaaaaa touais ?"


( Pas de doute, il est bourré )

"Non, rien"

Dis-je en m'ėloignant. Je me remis à la recherche d'un employeur, sobre, cette fois . J'en vis un qui vantait ses produits venu de Kendra Kâr. Je lui demandais :

"Engagez vous des mousses ?
_Ca dépend. Savez vous faire la cuisine ?"


(Merci Maman pour tes lecons de cuisine )

"Oui
_Et le menage ?
_Oui
_Les corvées ?
_Ca devrait le faire.
_Et pendant combien de temps ?
_Un voyage


Le batelier m'examine du regard, me permettant de le détailler un petit peu. Il ėtait detaille moyenne, une grosse barbe, une grosse moustache. L'archétype du marin quoi. Je le vis marmonner dans sa barbe, puis il s'esclama.

"D'accord pour ce voyage mon garcon . Est ce l'argent ou l'aventure qui t'intésses ?
_Un peu les deux.
_Soit...
_En parlant de cela, à combien s'élèvera mon salaire ?
_Desolé mon garçon, mais vu tes bras et tes connaissances, 5 Yus par jour, paas plus.
_D'accord, on embarque quand ?
_Tout de suite, mais attendez...


Il regarde sa bourse et me dévisage.

En fait, ce ne sera pas possible.
_Pourquoi
_Trop de... ratami
_Hein ?
_Desole, on ne peut pas vous prendre.
_Et si je paye ? 5 Yus et vous m'emmener à Tulorim.
_Pourquoi pas ?


Et me voila parti en direction de Tulorim.

(((Un GM pourrait il me retirer les 5 yus ?)))

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 Sujet du message: Re: Le Port de Commerce
MessagePosté: Dim 1 Fév 2015 19:43 
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Les pas d’Esmé la ramenèrent vers la ville. Alors que les murs se profilaient, et avec eux les maisons, l’odeur propre aux grandes réunions humaines, l’animation d’une cité que gagne l’ombre, elles sentaient une certaine nostalgie l’envahir, et avec elle l’envie de tourner les talons, de retourner près du ruisseau malgré la fraîcheur de la nuit, d’écouter l’eau s’écouler, et communier avec les souvenirs minéraux du saule. Que lui viennent de telles pensées la révolta, car elle trahissait ainsi une faiblesse qu’elle ne pouvait se permettre. L’attachement ne devait pas venir avant d’avoir réglé ses comptes avec l’Autre et le monde qui l’avait mise sur son chemin. Les portes de la ville passées, elle trouva sans trop de peine le chemin du port, mettant la main sur divers badauds trop pressés de rentrer chez eux pour se permettre une excuse, optant alors pour un franc renseignement sur la direction d’un geste de la main.

Dans le quartier du port, la sorcière ne peut réprimer quelques reniflements de désapprobation. Ce n’est pas que la vue de femmes faisant le trottoir la dérange, pas plus que les ivrognes qui vides leurs bourses pour leurs charmes – ses compétences l’avaient trop souvent amenée dans les bordels de Tulorim pour qu’elle s’émeuve – simplement, c’est un commerce qu’elle n’approuve guère, et encore moins dans la manière dont elle le voit ici pratiqué. Qu’une indépendante ouvre les cuisses pour financer ses vieux jours, lorsque sa beauté aura fané, ou pour accumuler une mise de départ en vue d’un projet quelconque est une chose. Les femmes mal fardées, rendues plus belles qu’elles ne le sont réellement par l’alcool dans le sang des clients et la lumière douteuse sous laquelle elles s’exhibent, en est une autre. Certaines laissent voir les ravages de la faim, ou de maladies diverses, d’autres ceux de leurs souteneurs, des protecteurs au coup facile ; la pâleur de leur peau n’est pas celle de l’oisive fortunée, et les ombres qu’elle exhibe ne sont pas que cosmétiques. Bien sûr, il y a de tout, et elle connaît quelques rouages de ce marché du corps : certaines s’en sortent mieux que d’autre, comme partout ailleurs. Cependant, dans le spectacle du quotidien qui se joue, Esmé n’est pas convaincue par la prestation des acteurs malgré eux.

En revanche, les racoleuses lui donnent sans trop de mal l’information qu’elle désire ; la robe noire et le chapeau pointu assorti font hausser des sourcils, mais presque toutes finissent par dire ce qu’elles savent. Le guérisseur leur est connu, notamment parce qu’elles recourent parfois à ses services. L’une d’elles signale qu’il est cher, mais fiable, et que ses prestations sont à la hauteur du prix qu’il demande. La somme à verser, la sorcière n’en a cure, de l’argent elle en a assez, et puis s’il le faut, elle peut en gagner, et même mettre certains de ses effets au clou. L’important est que Gringoire s’en sorte.

La boutique du guérisseur ne paie pas de mine. Au premier bâtiment, en dur, est accolé une sorte de remise de planches et de bois flotté, le tout assez solidement cloué pour faire un abri fiable, couvert d’un assemblage hétéroclite ; cet ajout architecturalement douteux est borgne, et une malheureuse fenêtre tendue de peau huilée dispense un jour trop faible. De toute manière, le soleil automnal est déjà bien bas sur l’horizon lorsqu’Esmé pousse la porte. A sa grande surprise, l’intérieur est propre, bien tenu. Les bocaux sont soigneusement alignés sur des étagères, quelques grimoires tenus à l’abri de l’humidité et du feu, les mèches des chandelles convenablement coupées, le sol de terre battue n’est pas encombré de déchets. Rien de l’extérieur ne laissait présager un foyer si soigné.

« Je peux vous aider ? » demande d’un air peu affable un homme dérangé en plein repas. Le ton de sa voix laisse clairement entendre que la seule aide qu’il est disposé à fournir est d’indiquer le chemin de la sortie. Cela, la sorcière s’en fiche comme de son premier patient. Maîtresse des intonations cassantes, elle n’y était plus sensible de puis belle lurette.

« On vous a déposé un patient. L’air jeune, passablement endormi. Celui qui l’a amené s’appelle Isaac. » explique-t-elle, sans se laisser démonter.

Sur les traits du guérisseur, l’expression change du tout au tout. Abandonnant son bol de bouillon gras et le morceau de fromage dans lequel il s’apprêtait à croquer, il invite d’un geste Esmé à passer dans l’autre pièce, fermée d’un simple rideau, tout en expliquant : « Un cas pas banal. J’crois bien qu’il est passé d’l’aut’ côté, si vous voyez c’que j’veux dire. Et Isaac l’a ramené. Il m’a dit que vous passeriez. Il m’a aussi dit d’vous dire que vous avez rien à payer. Et y m’a menacé des pires choses si j’acceptais d’l’argent d’vous, alors me proposez rien, je sais pas si je réussirais à refuser. Et à lui, j’peux rien cacher. »

La seconde pièce, celle adossée à la construction en dure, toute de bois construite, se révèle être la chambre du guérisseur. Pour l’occasion, il a cédé son lit à Gringoire, et une paillasse rudimentaire occupe la place restante sur le sol. La sorcière s’arrête sur le seuil, observant son ancien compagnon de cellule. Elle lui trouve l’air presque innocent, à ce jeune homme, endormi comme il l’est. Reposé, comme si les évènements du voyage n’étaient que des mauvais rêves évanouis avec le jour qui s’était levé.

« Il va s’en remettre ? »

« Sans aucun doute. La magie ne peut pas tout, faut quand même attendre que l’âme se recolle au corps, et puis que l’esprit et les forces lui reviennent. J’vais pas le réveiller avant l’heure, faut que la nature suive son cours. Gaïa a déjà beaucoup fait pour lui, maintenant à nous d’être patient. »

« Si son état ne s’améliore pas, faites moi chercher à l’auberge de l’Au-Delà. »

« Comme vous voudrez m’dame. »


Après avoir remercié le guérisseur et quitté son humble demeure, Esmé retourne à l’auberge où elle a posé ses bagages, un peu maussades, trouvant que son nom n’est guère de bon augure.

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Esmé, sorcière à plein temps


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 Sujet du message: Re: Le Port de Commerce
MessagePosté: Jeu 16 Juil 2015 17:58 
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Plus Ellébore s'approchait de Yarthiss et plus celle-ci lui paraissait imposante. L'appréhension montait en elle, la gagnant un peu plus à chaque battement d'ailes. Sinistre dans son habit de pierre, semblant vouloir dissuader les étrangers trop curieux, l'enceinte, gardienne de la cité des Hommes, se dressait maintenant face à elle.

L'Aldryde pouvait déjà apercevoir les premières habitations aux pieds des remparts et le dépaysement commençait à faire son œuvre. Non sans un pincement au cœur, la jeune femme découvrait ce que les humains faisaient de tout ce bois qu'ils coupaient dans sa forêt. Des constructions bizarres, ressemblant à des cubes posés les uns à côté des autres qui lui paraissaient, malgré la distance encore lointaine, assez petits et misérables pour accueillir les géants qu'ils étaient.

(Vivent-ils dans des boîtes?)

Cette idée surprenante la laissa pantoise. Elle s'était imaginée tant de choses à leur sujet, les avait tellement rêvés, que la brutalité de cette soudaine réalité l'attrista profondément. Dépassant sans y prêter trop attention une barque de pêcheur qui mouillait sur sa gauche, Ellébore se perdait dans les méandres de ses désillusions et de ses doutes.

( Et si je faisais fausse route ? Ce que l'on dit sur eux est peut-être vrai…)

Son regard vissé sur les quartiers populaires hors de la cité et se remémorant le long cortège funèbre sur lequel elle avait navigué, la native des bois ne pouvait plus en douter.

(Yuimen, Mon Dieu, pourquoi les laisser faire ? Ils dépeuplent nos forêts, massacrent à tour de bras pour... ça! Regarde ! Ne vois-tu pas ? Ce ne sont que des barbares !)

Une ombre planant sur les reflets du fleuve la tira de son réquisitoire. La Sylphide n'eut pas à lever la tête pour comprendre ce qui la menaçait. Si elle avait été bien imprudente une fois encore, son instinct ne lui faisait pas défaut.
La distance à parcourir jusqu'à la ville était encore trop importante pour qu'elle puisse espérer échapper à un prédateur qui ne manquerait pas de fondre sur elle. Se mettre à couvert sous les arbres ? C'était jouable, mais combien de temps devrait-elle rester là à se cacher alors que son objectif n'était plus qu'à quelques encablures. Une telle idée ne l'enchantait guère.
Ce fut donc une autre option qui retint son attention.

(La barque!)

La jeune femme vira à gauche toute, amorçant un arc de cercle qui la ramena quelques mètres en amont, puis se laissant glisser jusqu'à l'embarcation s'y posa sans un bruit. En équilibre, les pieds sur le bord et faisant balancier de ses ailes à moitié déployées, l'Aldryde jeta enfin un œil vers le ciel.
L'oiseau de proie planait dans les hautes sphères, empruntant les courants et décrivant de longues courbes dans l'azur. Était-il là pour elle ? Cela lui semblait fort probable, mais quoiqu'il en soit, résolue à ne pas lui servir de dîner, elle se félicitait déjà de s'être mise sous la protection du pêcheur qui lui semblait pour l'heure bien moins dangereux.

De l'autre côté de l'esquif, accroupi et tournant le dos à sa nouvelle passagère, le Vieux Pêcheur, qui n'avait pas remarqué sa présence, parlait.

- Le repas va encore être bien maigre ce soir, je le crains.

(A qui parle-t-il?)

Ellébore regarda dans le bateau.

(Personne !)

Perplexe, elle observa plus attentivement, mais la taille de l'embarcation et sa voile repliée ne laissaient que peu de place à une cachette ou au doute.

(A moins que…)

Elle se pencha sur le côté pour examiner l'orifice d'un objet oblongue en osier, qui avait un peu la forme d'un entonnoir. Mais non.

(Dans le panier peut-être ? C'est ridicule… Il faudrait qu'il soit bien petit, un peu comme moi), se dit-elle incrédule.

Se penchant en avant et s'étirant au maximum, Ellébore se hissa sur la pointe de pieds pour tenter d'apercevoir si le sujet de ses recherches ne se trouvait pas dans l'eau de l'autre côté de la barque. Mais il fallait bien admettre qu'il lui manquait encore quelques centimètres, même sur une si petite embarcation. C'était peine perdue.
Se faisant, l'attitude du vieil homme, qui palabrait toujours, commençait à l'inquiéter, tandis que l'ombre semblait grandir de manière angoissante à la surface de l'eau.

(Je suis trop à découvert. De toute manière, il va bien falloir que je leur parle aux Hommes… Personne ne lui répond, il a peut-être perdu la raison ? Sauvages ou pas, fou ou pas, je n'ai plus trop le choix…, se dit-elle en levant une fois encore un regard tendu vers le ciel, Allez courage, c'est maintenant!)

La jeune femme prit une bonne inspiration et salua le pêcheur.

- Bien le bon jour, mon vieux.

Elle était assez fière de son entrée en matière, et ne douta pas un instant de l'à propos de sa formule de politesse pour l'avoir maintes fois entendue dans les échanges entre bûcherons.
Pourtant, cela n'eut pas l'effet escompté. Le vieil homme, totalement étranger à sa remarque, continuait son monologue.

- … aahhh, elle est loin la belle époque de la pêche au thon… t'en souviens-tu?

- Mmm, Mmm… Bien le bon jour, mon vieux, répéta-t-elle en poussant la voix.

Un léger tressaillement parcourut le corps du pêcheur, sa tête pivota en direction de cette toute petite voix, ses yeux s'agrandir et un sourire s'esquissa sur son visage tanné comme un vieux cuir aux multiples replis.

- Bah, ça alors… si je m'attendais…, lança-t-il avant de lui tourner une nouvelle fois le dos.

Tandis que le vieil homme prenait appui sur le bord de l'embarcation pour se redresser, l'Aldryde, peu habituée comme l'étaient les siens à côtoyer des personnes d'un âge certain, réprima l'expression de dégoût qui naissait sur ses traits face à cette vision d'une peau brunie et dont les rides en de profonds sillons en lézardaient la surface.

Le deux mains sur les hanches pour se donner un peu plus de contenance, elle mit à profit ce petit moment pour effacer de sa mine cet air nauséeux qui venait mourir aux bords de ses lèvres qui se paraient à présent de nuances bleutées.

(Allez, allez ! Ressaisis-toi Ellébore!)

- Ça fait bien longtemps que je n'ai eu une aussi charmante visite, dit-il en terminant de se redresser, puis se retournant vers elle en une sorte de révérence amusée, il surenchérit : Le bon jour à toi, jeune amie.

(Il a de bien jolies manières...), se disait l'Aldryde qui, n'ayant pas compris le trait d'humour, se voyait rassurée qu'un pareil monstre ne la dévora pas toute crue.

- Et que fait une Aldryde si loin de ses terres ?

(C'est une excellente question ! Qu'est-ce que je fais ici dans cette galère avec un vieillard sénile et un rapace cherchant pitance ?).

Ellébore leva subrepticement les yeux. Il était toujours là, tournoyant en cercles de plus en plus concentriques à la verticale de la barque.

- Je vais à Yarthiss, asséna-t-elle pour toute explication.

D'une belle stature, bien que voûté par les ans, l'humain portait une barbe blanche de patriarche et un vieux chapeau de paille. Une simple tenue de toile élimée et ses pieds nus témoignaient, s'il en était besoin, de sa faible condition sociale. Remarquant son manège inquiet, celui-ci se contenta de remonter sa ligne et leva l'ancre.

- Ça tombe bien, j'allais rentrer. Ça ne mord guère aujourd'hui. Si c'est pas une misère dans un fleuve aussi poissonneux ! Moura doit m'en vouloir ces temps-ci ! Et reste pas au bord comme ça, tu vas chavirer ou pire…, conclut-il en tapotant la traverse sur laquelle il venait de prendre place, lui signifiant ainsi de s’asseoir à ses côtés.

Avant de se laissait porter par le courant en direction de la cité, la barque libérée de son entrave marqua un à-coup qui déstabilisa légèrement l'Aldryde. Se rééquilibrant de ses ailes, le petit brin de femme alla rejoindre l'homme, qui à l'arrière du bateau manœuvrait déjà le gouvernail. Peu rassurée, elle s'en remit à la protection de son ombre.
Les épaules et les ailes rentrées, les mains crispées sur son sac et les pieds ballants dans le vide, la frêle créature n'était manifestement pas à son aise. Son regard nerveux alla des cieux au visage de ce colosse qui à contre-plongée lui semblait encore plus terrifiant.



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Dernière édition par Ellébore le Dim 23 Aoû 2015 14:37, édité 3 fois.

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 Sujet du message: Re: Le Port de Commerce
MessagePosté: Mar 21 Juil 2015 13:31 
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- Ellébore, je m'appelle Ellébore, se décida-t-elle à articuler après quelques instants qui lui parurent une éternité. Je m'excuse pour mon attitude un peu…

La jeune femme peinait visiblement à trouver ses mots et ce fut le vieil homme qui vint, une fois encore, à son secours avec la délicatesse et l'élégance qui caractérisaient son âme.

- Ne t'inquiète donc pas pour cela, ta compagnie m'est très agréable et cela faisait longtemps que ne n'avait pas eu le plaisir de croiser une aldryde. Bien longtemps oui ! Moi c'est Anraël, pour te servir. Capitaine de ce fier Swann qui va te conduire à bon port, fit-il en désignant avec dérision la vieille barque.

Toujours impressionnée par les différences de proportions et d'âge, Ellébore se laissait néanmoins gagner par le charme de son hôte. Sa voix, bien que caverneuse pour de si petites oreilles, laissait filtrer la chaleur et la douce compréhension dont il semblait coutumier.

- Pas facile de tout laisser derrière soi, hein ?, lâcha-t-il après un court laps de temps.

Comment le savait-il ? L'Adrydre dut se rendre à l'évidence, cet homme semblait lire en elle comme les Seshats dans le Livre.

- Cela se voit tant que ça ? La moue de la jeune femme en disait aussi long que sa réplique sur son assentiment.

- Et bien comment te dire…, fit-il d'un air amusé, tu as un peu l'air d'un oisillon tombé du nid, avec ton sac trempé auquel tu sembles tenir comme si ta vie en dépendait et si j'en crois tes yeux inquisiteurs, tu n'as pas dû voir beaucoup d'humains d'aussi près. Peut-être même que je suis le premier…

Tandis que le Swann glissant sur le fleuve approchait de la cité, le regard d'Ellébore descendait sur ses genoux, où ses mains, telles deux accusées prises sur le fait, ne pouvaient pas nier. Elle desserra l'étreinte de ses doigts sur la besace et, saisissant toute l'absurdité de la situation, laissa éclater de bonne grâce son rire cristallin.

- Tu as raison ! Un oisillon tombé du nid doublé d'une poule mouillée !

La magie opéra. Aller comprendre par quelle alchimie ces deux êtres, si dissemblables et se rencontrant tout juste, devinrent en quelques éclats de rire des âmes liées serait peine perdue. Cela advint, c'est tout.

- … tu ne pars pas à l'aventure, tu fuis ! De cette manière, tu ne seras jamais à ta place nulle part. Tu seras en errance perpétuelle, cherchant à réparer je ne sais quoi, entrant en réaction, au lieu d'agir! Dépouille-toi de ton passé, coupe les attaches comme on largue les amarres, ne garde aucune possibilité de retour et tu pourras enfin avancer droit devant, vivre ta vie et être celle que tu as décidé d'être. Comprends ceci Ellébore : il n'y a rien à réparer, il y a à renoncer. Le renoncement est la clé de tout.

Assise en tailleur et désormais tournée vers Anraël, son sac négligemment posé au fond du bateau, la jeune femme, plus détendue que jamais et absorbée par leur conversation, n'avait pas vu le temps passer, pas plus qu'elle n'avait prêté attention à la disparition de l'aigle.

- Te voilà arrivée ! Donc là, le port de commerce, le château et… et tu verras bien par toi-même, commenta-t-il en désignant la partie est de Yarthiss. Et ne rentre pas trop tard, les rues sont peu sûres à la tombée de la nuit.

La barque virait déjà, Ellébore, qui avait accepté l'invitation à séjourner chez le Vieux Pêcheur, ramassa ses affaires, se redressa et défroissant son plumage posa sa main menue sur le bras de son ami qu'elle sentait inquiet.

- Que les dieux te gardent Anraël, pour tout ce que tu fais. Je serai prudente, une simple balade, promis.

L'Aldryde prit son envol tandis que le vieil homme lui criait une dernière recommandation.

- Ah, oui ! Un simple bonjour fera amplement l'affaire, évite les « mon vieux » avec des inconnus, ce sera mieux et… le reste fut emporté par un vent frais qui semblait ne souffler que pour elle.

En cette instant, tout sembla lui être destiné comme si le centre de l'univers résidait en sa petite personne. Les masures des quartiers pauvres, où vivait son ami, avaient laissé place à des bâtiments dont la pierre accrochait les rayons du soleil avant d'en inonder la ville. Les navires, aux voiles chamarrées et aux boiseries sculptées, faisaient retentirent leurs cliquetis sous les allées et venues incessantes des mouettes qui en chefs d'orchestres zélés criaient leurs ordres à la ronde.

S'arrêtant un instant en vol stationnaire et pivotant sur elle-même, elle contempla Yarthiss qui s'offrait telle une fleur épanouie n'attendant plus qu'à être cueillie.
Son regard fut alors attiré par quelque chose sur l'une des rives du second îlot. A cette distance, l'Aldryde n'aurait pu en jurer, mais il lui semblait familier. S'approchant, l'impression laissa place à la certitude. Aussi improbable que cela pouvait paraître, il était là.

(Mes vêtements...)

Accroché à quelques branchages, le miraculé semblait attendre que son heureuse propriétaire vienne le retrouver. Le dégageant, non sans difficultés, Ellébore finit par s'en saisir et le traîna au sec sur la berge. Au lieu de se réjouir, elle resta là perplexe car l'Aldryde était sûre d'une chose : le hasard n'existait pas. Les Dieux étaient facétieux et délivraient leurs messages aux mortels de manière parfois très inattendue. Qu'essayaient-ils de lui faire comprendre ?

Pourquoi Zewen lui rendait-il, maintenant, ce qu'il lui avait soustrait si peu de temps auparavant ? Se remémorant les événements qui avaient jalonné ce début de journée, Ellébore y cherchait une raison, un sens, comme un fil invisible la guidant sur une voie connue de lui seul.
Plus elle y songeait, plus naissait en elle l'étrange certitude que tout cela avait été écrit pour la mener pas à pas vers cet humain. Les rondins, l'aigle et Anraël… sur sa barque… un passeur entre deux mondes, celui d'un avant et d'un après.
Le sac maintenant lui faisait face. Les mots raisonnaient dans sa tête : « Le renoncement est la clé de tout ».

(La clé… la clé de quoi ? De moi? C'est bien ce qu'il a dit ?).

Sur cet îlot face au port de commerce, l'Aldryde s’allongea dans les hautes herbes et oubliant un instant la vie se plongea dans l'azur et s'y perdit.

Lorsque la jeune femme se redressa enfin, l'incertitude, les hésitations et cet air de chat sauvage, qui ne l'avait pas quittée de la journée, s'étaient volatilisés. Un large sourire se peignit sur son visage désormais empli de sérénité et de douce détermination.

- Zewen, Mon Dieu, soit loué jusqu'à la fin des temps, s’enthousiasma-t-elle en se mettant à genoux, puis levant les paumes vers le ciel, elle pria.

- Ô toi, Dieu des dieux, qui présida au commencement du monde, père de toutes choses, qui dans les fluides trempa ta plume et fit danser le néant. Dieu du premier cri et du dernier souffle, l'omniprésent et l'omniscient, je te rends grâce des lumières que tu daignes m'accorder dans ta grande sagesse.
Ô toi, le Tout-Puissant, détenteur du Livre, accepte l'offrande d'une fidèle parmi tes fidèles et que ton nom soit célébré en chaque demeure de Yuimen et en chaque âme qui vive.


Ellébore se redressa, attrapa son sac et le rendit au fleuve. Elle le jeta de toutes ses forces et aussi loin qu'elle le put. Puis regardant sa besace, elle eut l'air d'hésiter avant de se défaire à son tour de tout ce qu'il contenait. L'Aldryde ne garda qu'une simple lame et quelques aiguillons, avec sa sarbacane cela lui suffirait largement à l'avenir.
Légère, elle s'envola en effleurant de sa main la surface de l'eau et, de ricochets en arabesques, gagna la rive est de Yarthiss.



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