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 Sujet du message: Re: Route entre Kendra Kâr et les Duchés des montagnes
MessagePosté: Sam 5 Mar 2011 21:41 
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Pour seule réponse, Lydia répondit en souriant que si les bêtes étaient amicales, il n'en était probablement pas de même pour l'ours qui courait derrière elle. Victoire se retourna, apercevant à son grand dam le grand mammifère qui avait commençait sa course dans sa direction. Le nez orange, il avait sûrement trouvé le nid et recherchait autre chose à manger ou, tout simplement, son territoire avait été dérangé.

La raison n'avait cependant aucune utilité, l'adolescente tendant aussitôt la main vers une branche de l'arbre qu'occupait Lydia, pour se hisser. Avant qu'elle n'ait fini l'effort, ressurgissant de sa mémoire, un enseignement de Roland lui revint:

"Lorsque tu es armée d'une arme courte, comme une dague et qu'au contraire l'adversaire tient une épée, le meilleur moyen et de te rapprocher suffisamment pour que toi tu puisses utiliser ton arme sans que lui ne le puisse. C'est aussi vrai si c'est toi qui a une arme plus longue, veille à ce qu'il soit toujours à portée."

En l'occurrence, l'ours n'avait pas d'épée et Victoire ne comptait pas utiliser sa dague. La stratégie était pourtant on ne peut plus d'actualité: si Victoire montait sur le même arbre que Lydia, celle-ci aurait beaucoup moins de manœuvre pour tirer. Surtout si l'ours commençait à grimper

La jeune fille regarda donc très rapidement autour d'elle, sentant déjà le sol trembler sous la charge de l'ours. Elle repéra un arbre mort, suffisamment proche pour qu'elle puisse s'y rendre et suffisamment éloigné pour que Lydia puisse être efficace. Serrant précieusement son sac, elle se mit à courir une nouvelle fois, mettant une fois de plus sa cheville à rude épreuve.

Dès qu'elle atteignit le tronc, elle tenta de se hisser, sur les plus grosses branches qui étaient hélas très sèches. Sentant qu'elles risquaient facilement de craquer, elle se força à prendre son temps, ne voulant pas tomber sur le sol quand la créature serait à son niveau.

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 Sujet du message: Re: Route entre Kendra Kâr et les Duchés des montagnes
MessagePosté: Sam 5 Mar 2011 21:51 
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Dès lors que tu veux commencer ton ascension, la branche sur laquelle tu mets pied craque aussi brusquement que bruyamment et tu te heurte le menton contre l'écorce en chutant en avant.

Jet de réflexe : 26 - tu te rattrapes tardivement, aussi, tes jambes pendent en l'air à la portée de la bête.
Jet d'attaque Lydia : 96 réussite critique - Elle décoche une flèche qui frappe l'ours sur la croupe handicapant sa course.

Tu peux essayer de remonter, ou alors de redescendre, voyant les bêtes courir dans tous les sens en couinant de peur, l'ours semblait plus intéressé par tes fruits que par ces boules de poils mais cependant, il préférerait peut être l'une d'elles plutôt que de rentrer bredouille...

- Tu as le choix de laisser les Prüü se débrouiller seuls en espérant qu'au moins un en réchappera, d'encourager Lydia à tuer la bête monstrueuse, ou alors de sauver une, deux voire les trois bestioles. Pour indication, elles sont grosses comme une balle de volley -

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 Sujet du message: Re: Route entre Kendra Kâr et les Duchés des montagnes
MessagePosté: Sam 5 Mar 2011 22:28 
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Victoire sentit une branche craquer sous sa jambe, se heurtant le menton et manquant de se mordre la langue. Elle ne tomba pas à terre, mais se retrouva les jambes pendant dans le vide, battant stupidement dans les airs.

Un sifflement se fit entendre, la bête poussant un grognement sourd sous le choc qui avait sans doute été violent. Elle continua cependant sa course, boitant mais ne perdant pas en détermination. Victoire était convainque que c'étaient les fruits qui intéressaient l'ours, mais les Prüü qui étaient totalement désespérées feraient aussi un excellent lot de consolation.

Le problème, c'est qu'il n'était pas clair si c'étaient les fruits qui avaient des vertus thérapeutiques, les bestioles ou bien les deux. Elle prit donc son courage à deux mains, se rapprochant du tronc. Calée, elle saisit sa dague de la main gauche, avant de l'enfoncer dans le bois, y faisant pendre son sac de fruits.

Elle redescendit ensuite, attrapant la première bestiole qu'elle trouva avant de reprendre son ascension, bloquant son trophée sous le bras. Ce n'était sûrement pas le plus efficace, mais elle ne pouvait risquer de laisser toutes les créatures se faire dévorer. Ce n'était pas tant de la compassion, simplement qu'elle voulait avoir toutes les chances de son côté pour aider Lydia.

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 Sujet du message: Re: Route entre Kendra Kâr et les Duchés des montagnes
MessagePosté: Sam 5 Mar 2011 22:56 
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L'ours s'arrêtait en chemin pour renifler un arbre, il commença à s'y frotter sans la moindre gêne, situation cocasse sachant que quelques secondes plus tôt il vous courrait après. Maintenant, les Prüü continuaient à courir à tout va sans même se soucier des arbres qu'ils heurtaient bêtement parfois.

L'ours quitta les lieux, une flèche plantée dans l'arrière, tu ne tardera pas à voir Lydia victorieuse tomber de l'arbre en faisant tomber la moitié de ses flèches. Les bestioles se ruèrent vers elle, toutes deux commençaient à la lécher tandis qu'elle ramassait ses flèches aux courbes cruelles. Celle que tu tiens captive battais des pattes et tentait de rejoindre ses soeurs pour se lancer dans la fête.

- Tu peux profiter de cet interlude pour soigner Lydia, elle se laissera faire, tu as le champ libre pour appliquer la méthode qu'il te plaira -

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 Sujet du message: Re: Route entre Kendra Kâr et les Duchés des montagnes
MessagePosté: Sam 5 Mar 2011 23:45 
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L'ours finit par tout simplement s'arrêter devant un autre arbre, le reniflant avant de se frotter dessus comme si de rien n'était. Victoire resta incrédule, la bestiole toujours sous le bras, observant le prédateur qui n'avait plus grand chose à faire de son repas. Les prùù étaient totalement fous, sautant dans tous les sens dans une confusion véritablement ridicule. C'en était à se demander comment pareilles créatures avaient pu tout simplement survivre dans la nature.

L'ours partit finalement, tentant de rester digne malgré la flèche qui était restée plantée dans son arrière-train. Ce ne fut pas chose gagnée...

Victoire, soulagée, regarda dans la direction de Lydia. Celle-ci lui fit un signe de victoire, avant de soudain glisser de sa branche, tombant sur le sol. Le sang de la jeune fille ne fit qu'un tour: elle attrapa sa dague et le sac, descendant de son perchoir avant de se précipiter.

L'archère s'était un peu redressée quand l'adolescente l'atteignit, ramassant ses flèches qui s'étaient éparpillées lors de la chute. Les bestioles qui avaient suivi Victoire profitèrent de l'occasion pour se ruer sur Lydia, passant leur langue sur ce qu'elles pouvaient atteindre. Victoire libéra la troisième créature, s'agenouillant auprès de Lydia, l'aidant à se mettre dans une position assis.

"Les flèches attendront, vous n'allez vraiment pas bien. Ne bougez pas."

Lydia ne se défendit pas, sachant pertinemment que la jeune fille était dans le vrai. Cette dernière défit lentement le peu qu'il restait du pansement improvisé qu'elle avait nettoyé deux jours avant, arrachant un gémissement à la guerrière lorsqu'elle dut décoller la plaie collée. Victoire fut prise d'inquiétude en découvrant la blessure qui n'avait pas bien cicatrisé: elle était un peu sale, mais surtout il commençait à y avoir du pus. L'odeur même était vive.

Victoire du écarter les créatures pour le moment, ouvrant son petit sac. Elle n'avait rien pour nettoyer la plaie, ses propres mains étant terreuses et crottées. Elle plongea cependant les doigts dans les fruits, les écrasant, ce qui rendit les prùù pratiquement hystériques.

Elle étala ensuite les fruits écrasés contre la blessure, tentant tant bien que mal de la nettoyer et d'enlever les saletés.

"Vous savez, j'ai déjà tiré à l'arc, quelques fois. C'était avec Roland, l'ainé de la famille. Il m'a appris les rudiments, mais aussi à tenir une épée, même si je suis loin d'être douée."

Parlant pour que Lydia se concentre sur autre chose que la douleur, elle continua sa tâche ingrate, épongeant avec l'intérieur du sac improvisée les endroits les plus sales.

"Vous voudriez bien m'apprendre quelques techniques? Je n'arriverai jamais à votre niveau, mais ce serait déjà cela."

Une fois qu'elle eut bien préparé le terrain, elle saisit une unique bestiole, donnant aux autre le reste des fruits. L'empêchant de bouger les pattes, pour ne pas qu'un geste inconsidéré ne blesse Lydia, elle approcha la tête affamée du petit monstre de la plaie badigeonnée. La créature sortit aussitôt sa grande langue, léchant goulument Lydia, la faisant d'abord gémir.

Malgré son aversion récente pour le Panthéon, Victoire se mit à prier pour que cela fonctionne. "Gaïa, ce n'est pas pour moi que je t'appelles, mais pour Lydia. C'est une héroïne, elle a sauvé des vies, dont la mienne, prenant mille risques qu'elle n'était pas obligée de prendre. Elle ne mérite pas de mourir de cette blessure, elle mérite de vivre. Ne la punissez pas, je vous en prie."

Elle laissa finalement les deux créatures jalouses se mêler au festin, surveillant tout de même qu'elles ne faisaient que donner des coups de langue.

"Cela vous fait toujours autant mal?"

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 Sujet du message: Re: Route entre Kendra Kâr et les Duchés des montagnes
MessagePosté: Dim 6 Mar 2011 03:34 
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Lydia s'étant laissée faire durant l'instant, prenant soin de surveiller les environs de crainte que l'ours ne revienne à la charge se sentait étrangement mieux, sa peau ne tirait plus et cette sensation de brûlure étrange dû à l'exposition de la plaie au plein air n'était qu'un mauvais souvenir.

Elle écoutait tes propos avec attention, elle savait qu'elle était rarement égalée dans le domaine de l'arc, c'était bien sa grande force par ailleurs, celle la même qui lui avait mérité le respect d'une armée entière à Kendra Kâr. Même si ses hommes avaient tous étaient passés par le fer orque, elle jouissait d'une réputation dans le domaine.

« Continuons. J'aurai bien le temps de voir si je vais mieux en chemin... Au fait... Merci, c'est un geste que je n'oublierai pas. »

Vous marcherez jusqu'à atteindre une petite cascade, située dans un terrain acculé à des roches brunes, Lydia pensait cet endroit idéal pour un repos, même s'il n'avait rien d'imprenable, il ferait l'affaire pour la nuit. Les orques n'avaient pas coutumes de s'aventurer trop loin des routes, de peur de se perdre tant ils étaient crétins.

***


Au bord du feu, autour d'une carcasse de lapin, les trois Prüü qui semblaient fous de vous, Lydia et toi pouvez enfin récupérer. Elle avait fait une trouvaille intéressante, une énorme plaque d'écorce détachée d'un arbre mort qu'elle avait arrangé avec des fougères, des mousses et des plantes. Une paillasse confortable, même assez grande pour que les Prüü s'invitent à côté de vous lorsque vous souhaiteriez dormir.

***


« Que savez-vous faire avec un arc ? Non, plutôt, ne dis rien, je verrai bien. Un archer doit être précis, même dans les situations les plus complexes. Peu importe le temps, le froid, le bruit... Regardez, l'arbre, il se trouve à près de ... Cent pas, à un poney près. Je vais joindre le geste à la parole. »

Elle t'indiqua sa cible, une petite branche coupée qui pointait dans votre direction. La taille de celle-ci était deux fois plus grande qu'une pièce de un Yu. Elle tirait la corde, bougeait légèrement et finalement décocha une flèche qui, sans surprise pour elle à force d'habitude fit mouche et écorcha la branche. Même avec les trois peluches bruyante à ses pieds qui sautillaient comme des ressorts, elle avait bien tiré. Les trois Prüü d'ailleurs couraient derrière la flèche dès qu'elle fut partie.

Lorsqu'elle te tendit son arc, les bestioles sautillaient niaisement sous la flèche ancrée dans l'abre. C'était ton tour. Lydia, durant la manœuvre te conseilla :
***

« On respire un grand coup, et dès lors que c'est fait, on cesse, on bloque son corps et ses muscles...»
***

« N'oubliez pas, les flèches sont à la fois légères et mortelles, elles sont sensibles à tout, le vent, la respiration, mais la pointe cruelle n'aura de limite que si l'adversaire est une vraie carapace ou si le tireur est aveugle... »

- Tu es libre d'ajouter ces conseils dans ton rp, c'était au cas où, tu peux très bien les ignorer, tu as le contrôle des réactions de Lydia, à toi de bien travailler ça en respectant son Bg, ça entrera dans un bonus dont je tais le montant en Xp ! Scène d'apprentissage (Tir précis) à toi de le faire selon l'usage, tu as le droit à 5 flèches, un seul poste. -

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 Sujet du message: Re: Route entre Kendra Kâr et les Duchés des montagnes
MessagePosté: Dim 6 Mar 2011 14:02 
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Lydia cessa bien vite de gémir, comme si la douleur disparaissait lentement, sous l'action des prùù. L'archère n'aurait su dire si les effets allaient être durables ou s'ils n'étaient que de passage, ce qui n'empêcha pas Victoire de pousser un soupir de soulagement. Elle sentit des larmes de joie monter doucement, sans pour autant les laisser sortir, même si cela fut difficile.

La soldate énonça qu'il était temps de partir et que les femmes verraient bien si la blessure allait vraiment mieux en temps et en heure. Elle remercia Victoire, lui disant que c'était quelque chose qu'elle n'oublierait pas. La jeune fille ne répondit rien, se contentant d'adresser un sourire à celle qu'elle considérait de plus en plus comme son amie. Elle l'aida par la suite à ramasser les flèches de ses doigts gluants, avant que toutes deux ne s'en aillent, toujours suivies par les bestioles qu'elles n'avaient ni l'une ni l'autre à cœur de manger.

Elles marchèrent ainsi, le cœur bien plus léger que précédemment, bien que restant sur leurs gardes. Victoire avait eu envie de poser mille et une questions sur le chemin, mais sa gorge sèche par la soif l'en dissuada bien vite.

Au bout d'un moment, le son reconnaissable d'une cascade se fit entendre. Les deux femmes s'y dirigèrent, rejoignant bientôt en effet un petit point d'eau vive et clair, entouré de rochers. Lydia décida bien vite que ce serait là leur refuge pour la nuit. Assoiffée, Victoire n'attendit pas plus longtemps, se dirigeant aussitôt sur les rochers, faisant attention de ne pas tomber. Les prùù la suivirent, enchantés par l'agitation nouvelles de la jeune fille.

Celle-ci ne frémit qu'un instant quand ses souliers entrèrent dans l'eau glaciale, se baissant tout en joignant les mains, buvant alors du précieux liquide avec délice. Lydia fit de même, avec un peu plus de sobriété certes, mais l'eau leur avait manqué depuis deux jours à présent.

Lydia annonça qu'elle allait chasser, en espérant avoir plus de chance que dans l'après-midi. Victoire dut promettre qu'elle resterait bien là et ne chercherait pas à la rejoindre. Elle n'aimait pas être seule, mais cela lui donnait l'occasion de se laver, première fois depuis qu'elle avait quitté le château. Elle choisit un rocher près de la cascade, où il serait difficile d'accéder si quelqu'un la surprenait. Vérifiant méticuleusement que la seule compagnie était celle des prùù, elle ôta sa robe, la posant ensuite sur la pierre froide. Ses souliers la rejoignirent presque aussitôt.

Elle entra dans l'eau, d'abord simplement jusqu'aux cuisses, faisant très attention à là où elle marchait ainsi qu'au courant, qui n'était pas des plus violents. Les créatures hésitaient, piaillant en touchant l'eau qui était bien froide pour eux. Victoire ne put s'empêcher de les éclabousser, les faisant courir dans tous les sens en criant à la mort, avant de toujours se rapprocher.

Prenant son courage à deux mains, elle entra totalement dans l'eau, gémissant tout en se frottant vigoureusement la peau et le visage. C'était très froid, mais pas insurmontable, ne serait-ce que par le manque qu'elle avait vécu pendant ce temps. De plus, l'eau avait quelque chose de purifiant, chassant d'elle la souillure et l'horreur qu'elle avait vécu. Les chassant pour un temps en tout cas.

Quelque chose passa contre ses jambes, la faisant pousser un petit cri. La peur nouvelle des serpents la figea, mais elle se rendit bien compte que ce n'était qu'un poisson. Ce fut alors la faim qui la saisit, son ventre émettant un gargouillis audible. Elle plongea les mains dans l'eau, visant gauchement le poisson. Ses doigts effleurèrent celui-ci, mais il fila bien vite hors de portée.

S'étant trouvé une activité utile, elle continua cependant, essayant maladroitement de pêcher, armée de ses seules mitaines. Cela lui prit du temps, mais, elle parvint au bout d'une lutte acharnée à jeter hors de l'eau une petite truite qui s'agita vainement sur la berge, sous le regard amusé des prùù. Victoire décida que c'était le moment de sortir de l'eau, ayant peur même d'avoir attrapé froid. Elle frotta sa peau pour chasser l'humidité, n'ayant pas de serviette, avant d'enfiler sa robe. Si elle eut froid au début, au moins se sentait-elle propre.

Sa dague cloua au sol le poisson, tandis qu'elle entreprit de ramasser du bois mort, ne s'éloignant guère de la cascade. Elle revint les mains pleines, choisissant un endroit sec. Préparant du petit bois auquel elle ajouta un peu d'herbe séchée, elle tenta plutôt en vain de frictionner deux morceaux de bois entre eux pour faire partir le feu. Heureusement, Lydia ne tarda pas, se faisant tout de suite accueillir par les prùù. Elle avait de nouveau pu capturer un lapin et sembla contente de voir le poisson gésir sur le sol.

Concernant le feu, elle ne le fit pas elle-même, laissant continuer Victoire sur sa bonne initiative, lui conseilla seulement de plutôt frictionner du bambou. L'adolescente prit donc la branche que lui avait indiquée Lydia, s'échinant de nouveau à créer la chaleur qui ferait partir le feu. Ce n'est que lorsqu'elle eut mal aux mains qu'une petite braise commença à poindre. Suivants les instructions de l'archère, elle souffla légèrement, jusqu'à ce qu'une timide flamme ne fasse son apparition, léchant bientôt les herbes mortes, puis les brindilles.

Satisfaite, Victoire se vit attribuer la responsabilité du feu, sans pour autant échapper à des cours accélérés d'évidage et de découpage. La jeune fille profita du savoir-faire de Lydia, s'y intéressant sincèrement, tâchant de mémoriser chaque étape pour les prochaines fois. Elle participa même aux tâches qui ne risquaient pas de gâcher la viande. Le repas qui suivit fut pour le moins délicieux: le lapin grillé était mille fois meilleur que le lapin cru, la truite ayant aussi vraiment bon goût.

Une fois repues, Lydia montra encore jusqu'où son ingéniosité pouvait aller, arrivant à préparer une paillasse digne de ce nom avec seulement une grande écorce et des fougères. Les prùù l'étreignirent bientôt, prouvant que cela avait l'air en effet d'être plutôt confortable. L'archère, satisfaite, prit son arc en main, demandant à Victoire ce qu'elle savait faire avant de se rétracter, expliquant qu'elle le verrait bien assez tôt. Elle expliqua que l'archer se devait d'être d'une implacable précision, quelques soient les conditions. Pour démontrer ces propos, elles désigna une cible à une centaine de pas.

Victoire regarda Lydia encocher une flèche, se plaçant face à l'arbre dans une position droite et presque académique, avant de tirer sur la corde tout en visant, avant de relâcher la pression. La flèche siffla, fondant vers la cible dans laquelle elle se planta sans effort. Les prùù suivirent le projectiles en gambadant, tandis que la jeune fille estimait la difficulté énorme de ce simple tir.

Lydia tendit son arc à la jeune fille, qui hésita un court instant avant de le saisir. L'arme était lourde, pesant sur le bras fin de Victoire. L'archère lui demanda de faire la même chose, pour juger de la qualité de sa technique. Elle rappela les créatures, tandis que Victoire encochait lentement la flèche sur la corde de tendon. Elle se plaça de profil, tentant d'imiter tant bien que mal ce qu'elle avait vu quelques instants plutôt.

Le simple fait de tendre la corde fut une épreuve de force, la jeune fille passant un moment à simplement armer le tir. Une fois prête, elle commença à viser, les bras tremblant légèrement sous la tension de l'arc. Elle prit une profonde inspiration, avant de libérer le projectile qui prit très rapidement de la vitesse, sifflant dans les airs. Il rata cependant l'arbre, se fichant dans la terre un peu en arrière.

Victoire regarda Lydia, qui n'avait pas l'air satisfaite pour un sou. Elle se leva, lui demandant de recommencer, la guidant cette fois-ci à chaque étape du tir. En premier lieu elle s'occupa de la position des pieds, qui était extrêmement importante pour apporter de la stabilité. Le plus simple était d'avoir les pieds parallèles, suffisamment espacés mais pas trop, pour que la ligne de tir prolonge l'alignement des pointes. Cependant, si c'était le plus facile, elle conseilla à Victoire de se mettre en position ouverte, c'est à dire que la ligne de tir n'était pas exactement parallèle. Elle montra ainsi à la jeune fille où se placer, et quel serait l'axe de tir.

Ce n'était pas naturel, son frère ne lui ayant jamais appris à faire ainsi. Ceci dit, Roland n'égalait pas Lydia loin s'en fallait, Victoire se pliant donc aux conseils de la dernière. L'archère montra ensuite à son apprentie comment pincer la corde, par rapport à l'encoche, ainsi que comment tenir l'arc. Il fallait que le poids de celui-ci repose selon un certain angle, là encore pour une question d'équilibre.

Une fois la jeune fille en position, celle-ci dut de nouveau tirer sur la corde, se brûlant un peu les doigts fins, sans pour autant se plaindre. L'archère lui plaça le bras directeur de manière convenable, afin que l'avant-bras ne détourne pas la flèche au moment du lancer. Elle força aussi Victoire à se redresser, lui indiquant que les muscles les plus utilisés devaient être ceux du dos, et non ceux du bras. L'adolescente se rendit en effet vite compte qu'il était plus facile de tenir ainsi, sans que les bras n'aient la tremblote.

Victoire était alors en position de tir, qui était fort différente de celle qu'elle avait prise quelques instants auparavant, preuve qu'elle avait de très mauvaises bases. L'avant dernière étape était la visée. Lydia lui montra comment bien ancrer sa flèche, ainsi que où placer la corde par rapport à son œil directeur. C'étaient dans les petits détails que l'on reconnaissait un grand archer.

Enfin, ne restait plus qu'à lâcher la flèche. La dernière indication de Lydia était déjà connue de Victoire: ne cesser de viser que lorsque la cible était percutée, pas avant.

La jeune fille se concentra donc, gardant précieusement sa position sous le regard attentif de la formatrice. Elle lâcha la corde, la flèche filant à toute vitesse jusqu'à l'arbre dans lequel elle s'enfonça avec force. Lydia ne fut hélas toujours pas satisfaite, demandant à Victoire de recommencer, seule cette fois.

Les conseils qui suivirent furent moins académiques, plus personnels. Il fallait qu'elle ne respire qu'une grande fois avant de se figer, qu'elle lâche la corde rapidement mais sans à coup ou encore que la main d'encoche devait rester au niveau de l'oreille après le tir.

Victoire recommença donc, faisant attention à tous les détails, ou du moins à la plupart d'entre eux. Les pieds, les bras, les épaules, l'œil... Tout devait être parfaitement coordonné. Il était beaucoup plus délicat de bien se placer sans l'aide de Lydia, la jeune fille en faisant les frais en laissant une flèche rater mollement sa cible. Cela ne l'empêcha pas de recommencer, encochant un quatrième projectile, corrigeant au mieux qu'elle le pouvait la trajectoire.

Malheureusement, cette fois-ci ce fut de l'autre côté de l'arbre que la flèche s'égara. Le conseil suivant de Lydia fit mouche cependant: il ne s'agissait pas de s'entrainer sur un arbre. Le tir à l'arc était un combat et ce qu'elle visait était un ennemi qui la mettait en danger. Elle devait prendre son temps, se détacher, mais savoir qu'il fallait qu'elle touche. Sans le besoin de tuer, tirer ne servait tout bonnement à rien.

Victoire en prit bonne note, armant de ses frêles bras un nouveau tir. Elle ferma un instant les yeux, imaginant son pire ennemi, le duc Tristan, à cent pas d'elle. Rouvrant les paupières, elle se força à l'imaginer, dînant dans son propre château, après avoir tué sa famille. Elle sentit en elle un sentiment sombre prendre le dessus, un sentiment de vengeance et de colère, mais une colère froide.

Visant Tristan, elle savait qu'elle ne devait pas le rater. Que c'était sa seule et unique chance de se faire justice. Elle se concentra sur sa position, sur la tension de chacun de ses muscles, puis elle inspira une dernière fois, se tendant de tout son corps.

Quand la flèche partit, elle sut que Tristan n'était plus...

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 Sujet du message: Re: Route entre Kendra Kâr et les Duchés des montagnes
MessagePosté: Dim 6 Mar 2011 14:28 
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Lydia, sans dire un seul mot avança vers l'arbre. Les Prüü sautaient autour d'elle, visiblement, ils étaient intéressés par ses flèches, ils semblaient loin de se douter qu'il s'agissait d'une arme, prenant plus ça pour un jouet. D'ailleurs, l'un d'eux réussit à extraire de la terre la flèche que tu avais planté au sol.

Un Prüü fuyait ses compères qui lui courraient après pour venir vers toi, on dirait qu'il t'offrait un cadeau... Lydia arrachait à l'écorce les flèches, vérifiant la pointe de sorte qu'elle ne soit pas brisée.

Elle revenait souriante, visiblement, elle trouvait que le résultat en peu de flèche ressemblait à quelque chose, elle avoua malgré ça que ce genre d'exercice se fait en plusieurs mois d'entrainement non intensif.

« Mon mentor m'apprenait à tirer sur des pommes suspendues. Il est difficile de toucher un objet de la sorte. Il nous privait de nourriture jusqu'à ce que nous touchions la pomme, je dois avouer avoir eu de grosse difficulté. Ho c'était de l'intentif avec lui. Il visait juste, mais était pénible. Au final, de nombreux élèves dépassaient le maître. Cependant, c'est lui qui m'avait enseigné comme tirer à cheval. C'est bien plus compliqué qu'on le croit. »

Elle trottinait après le Prüü affolé qui ne voulait pas qu'on lui prenne sa flèche, Lydia courrait après la bête bestiole suivie de ses deux comparses dans des couinements joueurs et amusés. Elle parvint enfin à mettre la main dessus, souriante elle éloigna du pied la boule de poils joueuse.

« Vous... Avez l'intention de les garder ?»

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 Sujet du message: Re: Route entre Kendra Kâr et les Duchés des montagnes
MessagePosté: Dim 6 Mar 2011 16:39 
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Lydia alla chercher les flèches, vérifiant qu'elles étaient en bon état avant de les ranger de nouveau dans le carquois. Elle fut accompagnée par les boules de poils bleues qui n'arrêtaient toujours pas leur manège, au final plutôt épuisant. L'un des prùù fut plus rapide qu'elle cependant, ramassant un des projectiles que l'adolescente avait si maladroitement planté en terre, revenant vers celle-ci comme l'aurait fait un animal de compagnie.

L'archère revint en marchant, souriant. L'effort de Victoire n'avait pas été des plus convaincants, mais il n'avait pas non plus été ridicule. Lydia lui conta alors comment elle-même avait du apprendre, se faisant même affamer jusqu'à ce qu'elle réussisse à toucher sa cible. C'était là très difficile, mais cela expliquait comment elle avait fait pour devenir aussi douée. Sans passer par de grands extrêmes de la sorte, il faudrait plusieurs mois d'entrainement pour simplement avoir un niveau convenable. Cela était plus ou moins vrai de chaque discipline.

Le prùù voleur s'enfuit quand Lydia tenta de lui reprendre son bien, semblant outré que l'on puisse avoir l'outrecuidance de vouloir lui dérober sa trouvaille. Victoire tenait toujours l'arc, se demandant si un jour elle pourrait elle-aussi être une combattante respectable. Sa mère n'avait jamais apprécié qu'elle apprenne l'épée, jugeant cela indigne d'une jeune fille bien élevée. C'était probablement cette indigne occupation qui valait à Victoire d'être encore en vie après tant d'épreuves. Si elle avait simplement appris à tisser, aurait-elle eu la force d'en arriver jusque là? Certainement pas.

L'arrachant de ses pensées, Lydia, qui avait enfin capturé le bandit, lui demanda ce qu'elle comptait faire des prùù. Une bonne question à laquelle l'adolescente n'avait pas encore réfléchi, mais qui pourtant risquait de devenir très vite d'actualité:

"Je ne sais pas. Ce serait mieux qu'ils restent dans leur habitat, je les imagine difficilement en ville."

Mine de rien Victoire commençait à s'habituer aux petites créatures, dont la joie naturelle était communicative. Depuis qu'elle était tombée sur elles, tout avait été pour le mieux.

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 Sujet du message: Re: Route entre Kendra Kâr et les Duchés des montagnes
MessagePosté: Dim 6 Mar 2011 19:12 
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Lydia baillait, visiblement encore un peu fatiguée, ou lasse des pitreries de ces peluches. Elle s'empressa d'ajouter que lors de sa partie de chasse infructueuse, elle avait vu depuis les hauteurs des cimes la ville de Kendra Kâr à quelques heures de marche. Sa voix mélangeait excitation de savoir que tout était presque terminé, et fatigue accumulée. En d'autre cas, elle aurait perdu patience, mais elle avait l'air ravie d'avoir pu te retrouver sur les routes.

« Tu as sans doute raison, mais ... Ils n'arrêtent plus de nous suivre, et je n'aurai pas le cœur de leur faire du mal. Quoique... S'il s'avise encore de me piquer mes flèches je peux bien faire un effort pour lui botter le train. »

Bon, fit-elle en reprenant l'arc, maintenant, partons, avec un peu de chance, on trouvera un marchand pour nous y amener, on y sera d'ici ce soir si tout se passe bien.

Jet de rencontre : 100/100 ... Bon bin réussite totale quoi.

- Tu peux décider de ce qui te conduira à Kendra Kâr lorsque tu aura gagné les routes. Si tu le souhaites, poste directement aux portes de la ville, je reprendrai le jeu jusqu'à contrôler le roi. - Let's go !

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 Sujet du message: Re: Route entre Kendra Kâr et les Duchés des montagnes
MessagePosté: Jeu 31 Mar 2011 14:33 
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<< La Grand-Rue de Kendra-Kâr

Je suis un instant saisi par la longue route qui s'allonge devant moi et disparaît au loin au milieu des arbres ; les pavés qui bordent l'entrée de la cité se substituant petit à petit à la terre de Nirtim. Aucun autre être humain ne foule encore cette large voie dans la fraicheur du petit matin et c'est une sensation fort plaisante que de débuter ainsi cette nouvelle étape de mon voyage, seul au milieu de ces champs inconnus et pourtant encore si près de la civilisation. Aussi loin que peut aller mon regard la piste est toujours plate bien que louvoyant sûrement au gré du paysage ; ma marche n'en sera que plus aisée, loin de mes contrées hostiles et pourtant aimées où il faut sans cesse gravir des monts ou franchir des cols enneigés. N'ayant pas vu de carte du continent je ne sais pas quelle distance me sépare du bas des Duchés, mais l'horizon où s'effilochent seulement quelques nuages sur le ciel qui s'éclaircit est vide de tous monts et laisse présager un long cheminement monotone en rase campagne.

Tout autour de moi j'entends et ressens la nature qui s'éveille, encore humide de rosée ; dans les arbres les oiseaux piaillent doucement, tandis qu'au sol la flore s'étire, ouvrant ses corolles à cette nouvelle journée qu'éclairent maintenant les rayons du soleil qui se lève lui aussi sur ma droite. Subjugué, je m'arrête un instant pour observer cette écrasante boule jaune orangé qui s'élève avec une lenteur majestueuse au dessus de la cime des arbres, dispersant sa divine lumière alentour pour donner au bleu du ciel des reflets ambrés et flamboyants. Que ce soit en montagne, sur mer ou sur ces plates terres, cet éveil de l'astre du jour reste toujours un fascinant renouveau, qui n'aura de cesse, même après ma mort.

M'arrachant à ma contemplation, je prend une large inspiration, gonflant mon ventre et ma cage thoracique afin d'emplir mes poumons de l'air matinal. Un instant indécis, mon regard se tourne en arrière vers la grande cité des hommes : Kendra-Kâr ; je grave ce nom dans ma mémoire aux côtés des souvenirs de ces trois dernières semaines. En ressassant pour la énième fois les évènements qui m'ont poussé à quitter mes terres et ceux qui ont découlé de cette décision, mon bras ne peut s'empêcher de tirer l'Épée des Glaces de son fourreau. Je ne l'ai pas regardé depuis que l'homme de foi du temple de Yuia me la remise. Le visage de la déesse a disparu, laissant place à un vide glacial qui pourtant reflète le paysage qui m'entoure ; fait étrange, seule la nature miroite dans la froide lame : je ne parviens pas à m'y apercevoir, pas plus que les murs de la ville derrière moi. Ne montrerait-elle que ce qui est et non ce qui a été construit ? Et parmi ce qui est, seules les choses immuables et non les mortels ? Pourtant arbres et fleurs peuvent mourir, et comme eux nous sommes l'œuvre des dieux.

Tout à mes pensées je remet cette étrange arme à mon côté et reprend ma marche vers d'hypothétiques réponses ou de futures interrogations. Il me faut avancer, surtout que derrière moi les gardes commencent à s'interroger sur mon étrange comportement ! Après une première étape couronnée de succès, il serait dommage de me faire arrêter pour folie manifeste. M'élançant sur la route des Duchés à grandes enjambées, j'accélère le pas au fur et à mesure que mes muscles s'échauffent, nullement gêné par mes blessures de la veille que les incantations du prêtre ont entièrement guéries.

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 Sujet du message: Re: Route entre Kendra Kâr et les Duchés des montagnes
MessagePosté: Ven 1 Avr 2011 18:42 
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À peine sorti de la ville, je lance Lune au grand galop sans plus me retourner. Ma destination n’est pas claire, mais je sais que je me rends quelque part dans les Duchés des Montagnes. La route est donc toute tracée : c’est vers le Nord que je me rends, traversant les plaines et les champs kendran à vive allure. La sensation de liberté d’une vaillante chevauchée est vite retrouvée, et je sens Lune se lâcher complètement. Sans doute mon étalon n’a guère souvent eu l’occasion de galoper sur d’aussi longues distance, pendant trop longtemps, et je sens toute sa fougue d’antan renaître dans ses enjambées galopantes, sa course folle.

Le soleil est haut dans le ciel au début de mon voyage, et je profite de sa douce chaleur, alors que le vent du début de l’été me fouette le visage avec force. Mes cheveux lâchés flottent derrière moi, et mes mèches blanches se mêlent aux noires sans distinction. Les yeux plissés, les mains fermement serrées autour des rênes, les jambes fermement campées sur la selle, et les pieds engouffrés solidement dans les étriers, je me laisse voyager rapidement.

La journée passe et le temps file autant que les pavés de la route sous les sabots de Lune. Mes pauses sont rares, et souvent courtes. Elles ne servent qu’à abreuver ma fière monture, et lui laisser le temps de respirer un peu, alors que je me désaltère à ses côtés, dans un petit ru des campagnes. Je ne rencontre que peu de monde, sur la route, et ces rencontres n’en sont finalement pas vraiment. Je file tellement vite que ça ne me laisse guère le temps de saluer marchands, fermiers ou voyageurs loin de leur demeure.

Ce n’est que lorsque le soleil commence à descendre bas dans le ciel, colorant celui-ci de chaudes couleur crépusculaires, que je ralentis la cadence pour ne plus voyager qu’au petit trot. Je sens Lune vibrer d’une énergie retrouvée, et harassé de cette journée complète de chevauchée. Je garde cette allure plus lente jusqu’à ce que le soleil soit entièrement couché, et qu’il ne subsiste plus de lumière qu’un pâle rayon à l’horizon, dont le mauve se perd dans le bleu sombre de la nuit. J’avais espéré trouver un hameau, une ferme ou une habitation abandonnée pour passer la nuit, mais je n’ai pas cette chance. Aujourd’hui, je dormirai à la belle étoile, seul à côté de mon cheval. Voilà bien longtemps que cela ne m’était plus arrivé…

Pour cette première nuit, je préfère attacher la bride de Lune à une branche. Cela fait longtemps que mon étalon n’a plus passé de temps en liberté à mes côtés, et il faut d’abord le réhabituer à ma présence. Il s’ébroue alors que je lui caresse l’encolure pour le flatter de sa performance diurne. Puis, je me saisis de la couverture roulée derrière la selle, et je m’allonge non loin de lui, sans même prendre la peine d’allumer un feu. La température nocturne est assez douce, et je sais que je peux compter sur Lysis pour m’avertir d’un éventuel danger. Un feu ne ferait, sans doute, qu’attirer d’éventuels indésirables vers ma position… Et cela, je veux l’éviter. Je n’ai guère plus envie de dégainer cette lame qui me ronge, et je sais que si un combat se présente, je ne saurai me résoudre du contraire. Car je l’aime et je la déteste. Elle me dévore de l’intérieur, boit mon âme et se rit de moi. La colère sourde repliée au fond de mon esprit teinte mon sommeil de cette nuit…

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 Sujet du message: Re: Route entre Kendra Kâr et les Duchés des montagnes
MessagePosté: Lun 4 Avr 2011 14:00 
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Alternant marche et course toute la matinée, l'astre du jour n'est pas encore à son zénith qu'il me faut me rendre à l'évidence : je ne pas pas garder ce rythme, il fait beaucoup trop chaud ! Habitué à de faibles degrés, souvent négatifs, le climat tempéré de ces nouveaux continents ne m'avait pas encore particulièrement gêné, mais sans le vent glacé des Monts Éternels pour accompagner mes déplacements, le voyage devenait fort peu agréable ! Je sens mes pieds mariner dans mes bottes et la sueur couler dans des endroits où je ne pensais pas qu'il était possible de transpirer.

(Les dieux pourraient m'essorer comme un vulgaire torchon !)

Avisant un coin d'ombre dans les hautes herbes qui poussent entre le bord du chemin et les champs, je décide de m'octroyer une pause à l'abri des salvatrices branches des arbres de Nirtim. M'écartant de la route, je jette mon bissac de toile au pied d'un tronc noueux et me débarrasse de mon bouclier. Ôtant fourrures, bottes, chausses et cape, je m'étends de tout mon long dans l'herbage frais et m'abîme dans la contemplation des petites feuilles de l'arbre qui siège là avec noblesse depuis bien plus longtemps que moi, ses lourdes branches touchant presque le sol où saillent ses racines. Allongé entre elles j'observe un instant ces perles vertes qui s'agitent dans la faible brise soufflant depuis ce matin, comme autant d'oiseaux qui voudraient s'envoler, battant infiniment des ailes sans jamais atteindre le ciel bleu, au dessus d'eux, limpide et pur, promesse de liberté.

(Te voilà encore à rêvasser Rurik.)

Cette réflexion que je me fais, c'est Tynong qui la prononce. Qu'il est étrange de me retrouver là seul, je n'ai que bien rarement pérégriner sans mon frère. Ma solitude et l'éloignement des miens semblent soudain me sauter au visage, tout paraît s'être dérouler si vite depuis que j'ai pris ma décision. Il y a trois ans encore, je pensais ne jamais quitter nos terres malgré la prédiction d'Arrordra Tyiravn, je me voyais grandir et vieillir auprès de ma famille, trouver une fille bien au village, peut-être l'une de mes conquêtes de jeunesse, nous construire une nouvelle hutte, avoir des enfants... Hélas l'image de ce futur bien ordonné avait bien vite volée en morceaux lorsque les rumeurs de la guerre qui faisait rage sur Nosvéris étaient parvenues jusqu'aux plus hauts sommets des montagnes.

(Oaxaca...)

Par la faute de cette haine destructrice, j'ai perdu deux frères, peut-être trois ou... Je n'ose imaginer ce qui a pu se passer depuis mon départ. Ce dernier était-il nécessaire pensé-je en regardant le pommeau de l'Epée des Glaces. Peut-être aurais-je dû désobéir à mon paternel et rejoindre mes frères à Henehar pour repousser les orques.

(Ne suis-je pas candide de croire que le Set de Yuia pourra y changer quelque chose ?)

Lorsque Miyash Nùùrg avait évoqué cet ensemble d'objets forgé par la déesse elle-même, mon esprit s'était enflammé, j'imaginais tous les guerriers de Nosvéris rassemblés par l'aura de courage et d'ardeur qui irradierait des biens de la Déesse.
Je n'ai pas la prétention de porter ces armes moi-même, mais le souhait de les rassembler pour les ramener sur nos terres en péril s'est imposé en moi, n'envisageant pas d'autres alternatives. Peut-être qu'un...

"- Corne de bouc de ventre-dieu ! "

(Qu'est-ce que...)

"- Horace, surveille donc ton langage en présence des enfants s'il te plait ! "

Ramené à la réalité par un chapelet de jurons bien sonores, je me remets sur mon séant tandis qu'une voix féminine rabroue l'homme fautif. Je me rhabille, prenant le temps de rouler ma cape pour la glisser dans ma besace, puis récupère mon fatras entendant l'homme répondre en grommelant que ce "voyage est de toute façon une mauvaise idée" , que "les roues ne sont plus ce qu'elles étaient" et que "sa belle-mère se portait sûrement comme un charme". Sans comprendre ses dernières paroles je m'avance d'un pas léger, quittant la fraîcheur des arbres où j'étais invisible depuis le sentier.

Un roncin à la robe fauve et au crin noir se tient droit sur la piste de terre, visiblement indifférent aux tracas de son maître. Ce dernier, un individu de taille et de poids moyens, vêtu dans les mêmes teintes que son cheval, agite les boucles noires qui recouvrent sa tête : il me tourne le dos, les mains sur les hanches il observe le chariot encore fixé à l'attelage du roussin mais présentant un angle d'inclinaison fort étrange. Une malle et quelques sacs sont encore sur le plateau de la carriole, mais une partie du chargement est dispersé sur le sol, couvrant en partie une roue à rayons. Juste derrière se tient une dame à peine plus petite que celui qui doit être son époux, ses cheveux châtains et lisses encadrent un fin visage où se lit le désarroi. Portant une robe d'un vert émeraude sur sa svelte silhouette, ses deux bras sont chacun prolongés par un autre plus petit. Au dessus deux binettes identiques et friponnes : ses filles m'observent de leurs grands yeux ronds et noirs, sous leur chevelure dorée et frisottante.
J'esquisse un salut de la main en direction de ces deux petites poupées qui s'empressent de gazouiller :

"- Bonjour messire le géant !
- Bonjour mesdemoiselles. "


Au son de ma voix, leur mère relève la tête et son trouble se mue en un étonnement alarmé tandis qu'instinctivement elle pousse sa progéniture dans son dos.

"- Horace... "

Le bonhomme ne répond pas, tout occupé qu'il est à examiner l'essieu de sa charrette, il ne m'a même pas entendu. Mon salut se transforme en un geste de paix : mes bras à demi-levés, j'ouvre grand les mains, paumes en avant et affiche un sourire qui se veut amical.

"- Messire, pardonnez-moi, mais il semble que vous ayez besoin d'aide. Je ne voulais pas inquiéter vos dames.
- Qu'est-ce donc ? "


Réplique mon interlocuteur en se retournant d'un bloc. Sous ses yeux sombres, la barbe de quelques jours qui mange ses joues rebondies ne parvient pas à cacher totalement son effarement lorsqu'il se retrouve nez à nez avec moi, ou plutôt devrais-je dire nez à torse !

"- Qui... Qui êtes-vous ? !
- Je me prénomme Rurik, simple voyageur. Je puis vous assurer que je n'ai aucune mauvaise intention à votre égard.
- Je dirige alternativement mon regard vers l'homme et la femme, espérant les rassurer tous deux, les jeunes demoiselles ne semblant pas prendre ombrage de mon allure. - Je prenais du repos sous le couvert des arbres lorsque je vous ai entendu.
- Bien, bien, c'est que... Enfin vous...
- Oui da, je comprend votre surprise. Je ne suis pas de ce continent et mon aspect peut vous avoir choqué.
 - Avancé-je dans un sourire. "

Reprenant contenance, l'homme échange un regard avec son épouse avant de poursuivre.

"- Hum, et bien messire Rurik, hum... Si vous êtes disposé à nous aider... Je n'ai de toute manière pas d'autre choix, nous sommes loin d'être arrivés et je ne peux retourner sur mes pas en laissant femme et enfants.
- Et les petites ne peuvent pas marcher bien longtemps... "


La dame s'est avancé à son tour, gardant tout de même ses fillettes près d'elle.

"- Mesdames. A la force de deux hommes, nous aurons tôt fait d'arranger cet incident. - Puis m'adressant de nouveau à son mari. - La roue ne semble pas avoir été abimée.
- Non point. Mais c'est qu'il faut lever ce damné char pour pouvoir la remettre ! "

Alors qu'il prononce cette dernière phrase, ses yeux se posent innocemment sur mes bras à demi-dénudés et dont la circonférence doit être à peu près égale à celle de ses cuisses.

"- Cela ne devrait pas me poser problème, si vous pensez pouvoir réparer le tout. "

Appuyant ma réponse d'un nouveau sourire pour les tranquilliser, je dépose mes affaires sur le sol et m'approche de l'arrière du chariot.

"- Puis-je retirer votre coffre et vos ballots pour réduire le poids ?
- Bien sûr, je vais vous aider... "


C'est l'épouse qui me propose son assistance, laissant enfin ses filles libres d'aller et venir. Ses dernières ne vont pas bien loin, semblant grandement intéressées par la tournure que prennent les évènements. La femme tire les musettes les plus légères et les posent près des autres, je fais de même avec la caisse, cependant que l'homme rassemble la roue, les fixations de bois et un maillet qu'il prend dans ses bagages. Je me rapproche de lui, m'accroupis et passe mes deux mains sous la plate-forme de l'attelage.

"- Dites moi lorsque vous êtes prêt.
- Allons-y ! "


Forçant sur mes genoux, je me relève doucement entraînant la carriole avec moi. L'homme glisse rapidement la roue sur l'essieu allégeant mon fardeau et de quelques coups de mailloche bien placés, il replace la fixation.

" - Vous devriez pouvoir lâcher. "

Je rends lentement ma charge aux roues, vérifiant que l'ensemble tient bon. Notre effort combiné est salué par des applaudissements enfantins et le rire de soulagement de la dame. L'action semble rapprocher les hommes, car je vois naître un sourire sur le faciès du mari qui me tend une main reconnaissante.

" - Merci beaucoup Rurik. J'avoue que votre carrure m'a quelque peu inquiété au début, mais elle nous a été d'un grand secours ! Je m'appelle Horace, Eldridge est mon épouse et voici nos deux princesses : Evy et Nina. 
- Heureux de rencontrer une si jolie famille messire Horace et d'avoir pu me rendre utile. Voyagez-vous vers les Duchés ?
- Oui et si vous aussi, progressons donc ensemble, vous nous en direz plus sur vous et votre contrée ! "


Ravi de trouver dans cette petite tribu des compagnons de voyage, j'accepte la proposition d'Horace. Alors que nous rechargeons leur charrette, il m'explique qu'il est commerçant à Kendra-Kâr où il vend en particulier les pommes que cultive le frère d'Eldridge au village d'Akinos. Lors de sa dernière livraison, ce dernier leur a annoncé que leur mère était grandement malade et qu'elle sollicitait la présence de sa fille. Ils avaient donc confié leur boutique à un cousin pour prendre la route.

Ses dames installées, Horace saisit la bride de son canasson et remet le convoi en route. Marchant à ses côtés, je répond à ses interrogations en contant depuis le début mon histoire que j'ai ruminée tant de fois, atténuant certains passages pour ne pas apeurer les jeunes filles. L'après-midi se déroule au gré de mon récit, ponctué par les questions d'Horace et de sa femme. Le soleil se couche sur le sombre destin de mes terres, et bien qu'ayant tu certaines parties, je vois dans le regard du couple qu'ils ont compris le mal et l'oppression qui règne là-bas sur Nosvéris et les doutes que j'éprouve quant à ma quête.

C'est sur un ton plus léger que nous nous installons pour la nuit, Eldridge narrant des contes à ses enfants. Après m'avoir invité à partager leur victuailles, Horace me prévient que des voleurs peuvent rôder, nous partageons alors les tours de gardes alors que les femmes s'endorment autour du feu. Enroulé dans ma cape, je suis le premier à veiller sur la famille kendraine, bien que je vois Horace à moitié endormi, peut-être encore sur ses gardes.

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Dernière édition par Rurik le Lun 11 Avr 2011 19:29, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Route entre Kendra Kâr et les Duchés des montagnes
MessagePosté: Lun 4 Avr 2011 17:20 
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Les lueurs pastel de l’aube me tirent de mon repos. J’ai passé une partie de la nuit à dormir, et l’autre à veiller, allongé sur le dos, laissant simplement le temps à ma monture de refaire ses forces pour la journée qui nous attend, et qui sera sans doute plus rude que la veille. Je me suis alors perdu dans mes pensées, voyageant dans mon âme et dans mon passé, à la recherche des clés qui me construisaient, à la recherche de tout ce qui est oublié, de toute mon histoire et ma personnalité. Vains ressacs de pensées, en vérité. Sans les éléments qui me manquent encore, je ne peux rien savoir de plus sur moi que ce que je connais déjà. Je me rappelle ce prêtre de Rana, qui un jour m’apprit que ma mère était en vie, quelque part sur une île dénommée l’Orme de Vie, entre Nirtim et l’Imiftil. Une île dédiée à Gaïa, dont elle était prêtresse. Mais d’elle, je n’en sais pas plus.

Je me souviens aussi n’avoir aucune information concrète sur mon père. Juste un rêve perturbant, qui m’avait pris une fois, où je m’étais vu, nourrisson, dans un landau. Mon père se trouvait au dessus, paniqué, et confiait ma garde à un barbare humain à la peau sombre. Celui-là qui, quelques jours plus tard, m’abandonnerait contre sa volonté dans la sombre forêt de Tulorim. De la figure paternelle, je ne garde que ce vague souvenir, sans visage. Tout juste ai-je la certitude qu’il est Sindel, noble, certainement, ou riche tout au moins, et en difficulté. S’il est en vie, je n’en sais rien. Pas plus que l’endroit où il peut se trouver maintenant.

Mais ce que je ne pourrais oublier, c’est l’existence de ma sœur. Une sœur jumelle que j’ai déjà rencontrée, mais qui n’avait de sœur plus que le corps. Son âme, bien que liée à la mienne, avait été déchirée par la plus sombre entité qui soit, Sisstar, servante des desseins obscurs d’Oaxaca. L’une des Treize, pour sa résurrection, avait choisi domicile dans le corps de ma frangine.

La lueur du soleil perçant par-dessus l’horizon me ramène à la réalité de ma condition. Je suis encore et toujours sous l’emprise de cette satanée malédiction. Est-ce à elle que je dois toutes ces pensées nocturnes ? Je ne peux le décréter, même si je sens l’effet dévastateur qu’elle a sur mon âme, cette arme détestable dont je ne peux me débarrasser.

Je profite du ruisseau tout proche pour me débarbouiller un instant, avant de rattacher toutes les pièces de mon équipement correctement, afin de ne pas les perdre dans ma folle chevauchée. Instinctivement, ma main se porte sur la broche attachée dans ma chair, et se développant dans mon corps. J’ai fini par accepter la sensation étrange de présence qu’elle place en moi, comme si elle faisait depuis toujours partie de moi, et qu’il en sera toujours ainsi.

Une fois prêt, je détache Lune et lui grimpe sur le dos après lui avoir flatté les flancs. En un hennissement, nous revoilà lancé au grand galop dans les plaines kendranes. Nous n’y restons cependant pas longtemps, arrivant vite dans une zone boisée, au pied des montagnes. Les premiers reliefs se font sentir, et ralentissent déjà la course de Lune. Je ne le force pas à aller au-delà de ses compétences, sachant que ce qui nous attend, cette escalade des monts, sera rude à réaliser à grande vitesse.

Nous vaquons donc dans ce paysage forestier paisible, ne rencontrant sur notre route que des arbres, de petits animaux farouches, qui fuient souvent à notre approche. L’état de la route est nettement amoindri, par rapport aux plaines. Désormais, les vaillants pavés blancs sont recouverts de terre, de feuilles et déplacés par des racines. La route est moins aisée à pratiquer, mais malgré tout, Lune est expérimenté dans ce type de voyage.

Nous arrivons donc sans grande difficulté jusqu’aux premiers arpents rocheux des montagnes, vers la fin de la matinée, pour commencer notre escalade…

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 Sujet du message: Re: Route entre Kendra Kâr et les Duchés des montagnes
MessagePosté: Lun 4 Avr 2011 18:46 
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Le soleil est déjà levé lorsque je sors de mes songes, je le sens sur mon corps et perçois sa lumière à travers mes paupières pourtant encore fermées. Ouvrant les yeux, je reste allongé et étends doucement mes membres pour éveiller mes muscles. Étouffant un bâillement, je m'assois pour constater que notre petit camp dort encore, seul Horace est bien réveillé, ayant pris son tour de garde durant la nuit. Il me salue silencieusement sans engager la conversation pour ne pas déranger sa famille endormie.

Restant assis, j'ouvre mon sac pour attraper un des fruits que m'avait gentiment préparés Alnia à mon départ de Kendra-Kâr. Dans un léger scintillement un petit objet tombe de ma besace alors que je sors une pomme : c'est un simple anneau d'acier que je ramasse intrigué, sachant qu'il ne m'appartient pas. Retournant le bijou entre mes doigts, j'aperçois une mince gravure à l'intérieur : un prénom entouré de deux symboles semblables à des soleils, que je reconnais être l'emblème de la grande cité que je viens de quitter ; le prénom c'est celui de Mayako, le défunt époux d'Alnia. Je reste un instant interdit devant ce présent qui, bien que pouvant sembler banal, devait beaucoup compter aux yeux de la mère de Belkas. Hésitant un moment, je décide de le passer à l'annulaire de ma main droite où il glisse parfaitement, émettant durant un court instant une vague de chaleur rassurante. Je ne peux la comparer à celle que me procure le talisman polaire, mais les deux bijoux ont sans aucun doute un effet bénéfique sur ma personne.

Je croque dans la pomme, perdu dans mes rêveries sur cette magie qui paraît s'exercer partout dans le monde tout en restant une énigme pour moi. Alentour, la famille d'Horace s'éveille et se prépare un petit-déjeuner pendant qu'Evy et Nina viennent fureter ingénument autour de moi.

Moins d'une heure après nous sommes de nouveau sur la route. Comme hier, les dames sont installées parmi les bagages tandis que je marche aux côtés d'Horace qui entraîne son roussin.

" - J'ai repensé à ton récit Rurik. Surtout ce que tu m'as dit de ce parchemin... "

Je tourne la tête vers ce brave marchand kendrain qui accepte la présence d'un étranger aux côtés de sa famille, mais ne l'interrompt pas. Levant sa main, il indique l'horizon devant nous.

" - Les Duchés se rapprochent, je pense que ce soir nos routes se sépareront. "

Acquiesçant à ses premières paroles, j'observe l'ombre des montagnes qui se profilent au loin sous les chauds rayons matinaux. Horace reprend la parole sans me laisser le temps de l'interroger sur ses derniers mots.

" - Je te dis cela, car je pense que ce n'est pas vers Akinos que tu dois te diriger. J'ai réfléchis cette nuit et le temple dont tu nous as parlé ne m'est pas inconnu. Du moins par les récits ! C'est un cousin d'Eldridge qui nous en a parlé. Je n'en sais pas plus, mais Kenmare... C'est le nom du cousin... Kenmare vit à Amaranthe. Je ne suis sûr de rien vois-tu, mais c'est peut-être une piste à suivre pour toi. J'en ai brièvement parlé avec mon épouse ce matin et elle est d'accord, n'est-ce pas ma belle ? 
- Oui, je pense que cousin Kenmare pourra vous aider Rurik. C'est un bon montagnard qui connait bien les environs de son village. Akinos est à l'ouest et Amaranthe à l'est de cette route, et bien plus enfoncé dans les montagnes. "


Le couple se tait me laissant assimiler ces nouvelles informations. Un temple en ville est aisé à trouver, mais je savais que les simples mots du mort ne me mettaient que sur une vague piste. Comment retrouver un sanctuaire dans des montagnes sans en connaître l'emplacement exact ? Horace et sa femme avaient raison, il me fallait rencontrer des habitants du cru. Si ce Kenmare connaissait la chaîne des Duchés comme je connaissais les Monts Eternels, il serait d'une grande aide.

" - Je ne sais comment vous remercier, sans vous j'aurai peut-être erré des lunes entières sans jamais trouver mon but.
- C'est un juste retour des choses Rurik. Nous vous remettons sur la bonne route comme vous l'avez fait pour nous.
- Mais dommage que ces routes doivent déjà se séparer. Depuis que j'ai quitté Faerlöm, je n'ai guère le temps de lier des amitiés, et pourtant les bonnes gens ne manquent pas sur Nirtim ! "


Nous échangeons des sourires amicaux et poursuivons la route racontant à tour de rôle des histoires et des détails de nos deux continents bien différents et pourtant semblables. La journée se déroule sans que nous fassions de fâcheuses rencontres, les seules personnes que nous croisons sont d'autres forains ou de simples pèlerins.

Le soir et la fin de notre marche commune arrivent à regret. Horace me fait promettre de passer à " La pomeronde " , son commerce à Kendra-Kâr si je dois y retourner. Eldridge me salue poliment et ses fillettes me gratifient chacune d'un baiser sur chaque joue. Combien sont étranges et pourtant si simples les enfants ! Je regarde le petit convoi s'éloigner sur la route dans le soleil couchant, avec un pincement au cœur pour cette image de famille unie et heureuse.

Mais il n'est plus temps de se morfondre, les monts se dressent devant moi et je décide de marcher jusqu'à leur pied pour pouvoir débuter mon ascension demain au lever du jour, Horace m'ayant donné de précieuses indications pour trouver le chemin d'Amaranthe.

_________________


Dernière édition par Rurik le Lun 11 Avr 2011 19:30, édité 1 fois.

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